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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Le sida, entre espoir et oubli</title>
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		<dc:subject>836</dc:subject>

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&lt;p&gt;Si le co&#251;t des trith&#233;rapies a significativement baiss&#233;, la gratuit&#233; de l'acc&#232;s aux soins est loin d'&#234;tre acquise pour les pays qui en ont le plus besoin. M&#234;me si l'on en meurt moins en France, le virus continue de se propager et le nombre de personnes touch&#233;es par l'infection est en augmentation &lt;br class='autobr' /&gt;
Du 29 au 31 mars, la quatri&#232;me conf&#233;rence francophone VIH/Sida r&#233;unissait 1 500 sp&#233;cialistes francophones &#224; Paris, en vue d'un &#171; &#233;change de donn&#233;es m&#233;dicales, &#233;pid&#233;miologiques et sociales &#187; sur la prise en charge (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si le co&#251;t des trith&#233;rapies a significativement baiss&#233;, la gratuit&#233; de l'acc&#232;s aux soins est loin d'&#234;tre acquise pour les pays qui en ont le plus besoin. M&#234;me si l'on en meurt moins en France, le virus continue de se propager et le nombre de personnes touch&#233;es par l'infection est en augmentation&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Du 29 au 31 mars, la quatri&#232;me conf&#233;rence francophone VIH/Sida r&#233;unissait 1 500 sp&#233;cialistes francophones &#224; Paris, en vue d'un &#171; &#233;change de donn&#233;es m&#233;dicales, &#233;pid&#233;miologiques et sociales &#187; sur la prise en charge de la pand&#233;mie. Sans surprise, l'Afrique demeure de loin la r&#233;gion la plus touch&#233;e : 30 millions de personnes y vivent avec le virus (pour 40 millions d'individus atteints par l'infection sur le globe), dont 2,2 millions d&#233;c&#232;dent chaque ann&#233;e, la plupart en Afrique subsaharienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syst&#232;mes de sant&#233; d&#233;faillants, m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques inaccessibles, commerce international verrouill&#233;&#8230; Les obstacles &#224; l'acc&#232;s aux traitements dans les pays en d&#233;veloppement sont connus et reconnus, souvent d&#233;nonc&#233;s par les associations concern&#233;es. Ils cristallisent en tout cas les in&#233;galit&#233;s entre pays riches et pays pauvres et remettent violemment en cause le d&#233;veloppement du continent africain. Pourtant, le co&#251;t annuel d'une trith&#233;rapie g&#233;n&#233;rique est aujourd'hui de 150 &#8364; alors que ce traitement valait 10 000 &#8364; par an en 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques gouttes d'eau essaient d'enrayer l'in&#233;luctable processus : en f&#233;vrier dernier, l'association Solidarit&#233; sida et plusieurs r&#233;gions de France ont officiellement lanc&#233; un fonds solidarit&#233; sida Afrique pour l'acc&#232;s aux traitements et aux soins des populations. Jusqu'au 19 avril, la collecte du Sidaction permettra d'engranger probablement davantage que les 4, 2 millions d'euros recueillis il y a une semaine, &#233;quivalent grosso modo au chiffre obtenu l'an dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques travaux r&#233;cents ont pourtant permis d'affiner certaines r&#233;ponses : selon l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) et Onusida, la circoncision permettrait, selon de r&#233;centes &#233;tudes, de r&#233;duire la transmission sexuelle du virus de la femme &#224; l'homme, et &#171; doit d&#233;sormais faire partie des strat&#233;gies de pr&#233;vention &#187;. Des &#233;tudes men&#233;es au Kenya, en Ouganda et en Afrique du Sud d&#233;montrent en effet, par ce moyen, une r&#233;duction notable de 55 % &#224; 60 % des risques d'infection par le virus du sida&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre d&#233;bat, celui de la transmission du virus par l'allaitement : si le risque est patent et ne peut &#234;tre ni&#233;, certaines &#233;tudes ont soulign&#233; qu'un b&#233;b&#233; perdant les b&#233;n&#233;fices nutritionnels du lait maternel &#233;tait encore plus menac&#233; de mourir d'une maladie infectieuse aigu&#235; que susceptible de contracter le VIH. En effet, s'ils sont environ 300 000 enfants africains &#224; risquer chaque ann&#233;e la transmission du sida par le biais du lait maternel, ils sont 1,5 million &#224; &#234;tre menac&#233;s de mourir d'autres maladies s'ils &#233;taient priv&#233;s de ces d&#233;fenses naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le sujet, l'Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS) a initi&#233; plusieurs travaux : elle tente ainsi d'&#233;valuer l'impact d'une trith&#233;rapie par antir&#233;troviraux sur le passage du virus dans le lait maternel pendant que la femme allaite. Et en septembre prochain, une recherche compl&#233;mentaire de la m&#234;me ANRS tentera d'&#233;valuer l'efficacit&#233; &#224; titre pr&#233;ventif des antiviraux chez un enfant allait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;En France, les politiques de r&#233;duction des risques ont port&#233; leurs fruits&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir que dans certains pays en d&#233;veloppement, seuls 5 % des malades du sida b&#233;n&#233;ficient de traitements efficaces. De nombreux experts internationaux et associations &#8212; telles, en France, le Conseil national du sida (CNS) ou Act Up &#8212; plaident depuis longtemps pour la gratuit&#233; des soins. &#171; L'acc&#232;s aux soins sans paiement au point de d&#233;livrance des m&#233;dicaments appara&#238;t aussi comme un soutien &#224; l'&#233;conomie familiale et une contribution directe au d&#233;veloppement, il &#233;vite de faire travailler les enfants &#187;, estimait ainsi un r&#233;cent document du CNS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Organisation des Nations unies s'est d'ailleurs engag&#233;e en faveur d'un acc&#232;s universel &#171; aux traitements, aux soins et aux services d'appui &#187; pour l'ann&#233;e 2010. Fin mars, le fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria avait exprim&#233;, quant &#224; lui, un objectif global : &#171; Dans cinq ans, 60 % des personnes qui ont besoin d'un traitement doivent y avoir acc&#232;s. C'est-&#224;-dire six &#224; sept millions de malades &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet est aussi, chez nous, sur les &#233;crans. Depuis quinze ans (Les Nuits fauves, Cyril Collard, 1992), la mise en sc&#232;ne du fl&#233;au s'est faite sur des tons vari&#233;s : lacrymal et tol&#233;rant (Philadelphia, Jonathan Demme, 1994), d'une lucidit&#233; d&#233;sesp&#233;r&#233;e (N'oublie pas que tu vas mourir, Xavier Beauvois, 1995) ou ludique et musical (Jeanne et le gar&#231;on formidable, Olivier Ducastel et Jacques Martineau, 1997). Sur les &#233;crans actuellement, Les T&#233;moins (Andr&#233; T&#233;chin&#233;) rappelle avec force les d&#233;buts, d&#232;s 1984, de la propagation du sida, dans une ambiance de panique et de confusion d&#233;j&#224; tomb&#233;e, semble-t-il, dans les oubliettes de l'Histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, en France, malgr&#233; une baisse des cas de sida depuis l'introduction il y a dix ans de puissants traitements antir&#233;troviraux (3 000 morts en 1996 contre 400 en 2005), la vigilance reste de mise. En effet, le nombre de personnes touch&#233;es par l'infection est, elle, en augmentation : 134 000 actuellement, dont 20 % environ ont d&#233;velopp&#233; la maladie. Quoi qu'il en soit, les politiques de r&#233;duction des risques (&#233;change de seringues, traitements de substitution) ont port&#233; leurs fruits : en 2005, les usagers de drogue repr&#233;sentaient 9 % des nouveaux diagnostics de sida contre 24 % en 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la veille du Sidaction, l'Institut national de veille sanitaire (INVS) rappelait tout de m&#234;me que l'infection continuait de se propager : chaque ann&#233;e, entre 6 000 et 7 000 personnes d&#233;couvrent leur s&#233;ropositivit&#233;. Parmi celles-ci, davantage de femmes (40 % depuis 2003), souvent africaines. La solidarit&#233; avec les pays du Sud, la lutte contre les in&#233;galit&#233;s de sant&#233; et la pr&#233;carit&#233; sont &#233;videmment, encore, &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Vivre la boulimie. La qu&#234;te &#233;perdue d'une identit&#233; </title>
		<link>https://www.lien-social.com/Vivre-la-boulimie-La-quete-eperdue-d-une-identite</link>
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		<dc:subject>Souffrance</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le vieux mot fran&#231;ais d'addiction signifie : &#171; Donner son corps en gage pour une dette non pay&#233;e &#187;. Cette d&#233;finition colle au plus pr&#232;s de la boulimie qui constitue une authentique toxicomanie &#224; la nourriture et une pathologie du manque. On ne peut comprendre ce comportement si l'on ne part pas du d&#233;calage entre ce qui est apparent et ce qui est v&#233;cu de l'int&#233;rieur. Les crises de boulimie arrivent sans pr&#233;venir et sont incoercibles. Un vide diffus s'installe, m&#233;lange de malaise d'angoisse et d'excitation (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L100xH150/arton1752-19bb5.jpg?1694177130' width='100' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le vieux mot fran&#231;ais d'addiction signifie : &#171; Donner son corps en gage pour une dette non pay&#233;e &#187;. Cette d&#233;finition colle au plus pr&#232;s de la boulimie qui constitue une authentique toxicomanie &#224; la nourriture et une pathologie du manque. On ne peut comprendre ce comportement si l'on ne part pas du d&#233;calage entre ce qui est apparent et ce qui est v&#233;cu de l'int&#233;rieur. Les crises de boulimie arrivent sans pr&#233;venir et sont incoercibles. Un vide diffus s'installe, m&#233;lange de malaise d'angoisse et d'excitation qui se fixe sur l'aliment convoit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le survoltage qui s'ensuit provoque une v&#233;ritable paralysie de la volont&#233; : toute possibilit&#233; de raisonnement dispara&#238;t, tout acte compensatoire devient impossible. Seule compte la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rative de remplir son manque &#224; vivre et ce, jusqu'&#224; ce que brutalement, il n'y ait plus rien &#224; engouffrer. Au-del&#224; du rassasiement, la nourriture devient r&#233;ponse &#224; tout, seule fa&#231;on pour calmer la tension, pour r&#233;agir &#224; la faille existentielle. C'est bien l&#224; une ingestion compulsive, sans pr&#233;paration, que l'on commet avidement, avec une sorte de retrait des affects, en ne se pr&#233;occupant plus que de la prise alimentaire et de sa mise en sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur explique comment elle restera longtemps ali&#233;n&#233;e au postulat qu'elle croyait irr&#233;vocable : &#171; Ce que j'ai &#224; dire ne peut &#234;tre entendu, compris, je ne peux que me d&#233;brouiller seule avec mon existence et soulager mon angoisse, en mangeant &#187;. Prise au pi&#232;ge d'un mode de satisfaction archa&#239;que et d'une fa&#231;on absurde d'exister et de lutter contre l'angoisse, il lui faudra pour s'en sortir, plonger au c&#339;ur d'elle-m&#234;me, chercher les racines de son mal-&#234;tre, comprendre le sens de son existence. Ce qui d&#233;boucha sur plusieurs th&#233;rapies. Elle comprit, d&#232;s lors, que si elle ne voulait pas maigrir, c'est que sa couche de graisse constituait une enceinte protectrice contre le monde ext&#233;rieur. Et que cette n&#233;cessit&#233; de pr&#233;server son univers int&#233;rieur contre les pressions qui auraient pu l'annihiler, provenait d'une peur infantile de se laisser envahir que sa m&#232;re n'avait pu l'aider &#224; d&#233;passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, s'&#233;paissir lui permettait de s'&#233;loigner de l'autre, v&#233;cu comme mena&#231;ant. Elle prit conscience du grand d&#233;sordre qui l'habitait entre ses besoins physiologiques d'un c&#244;t&#233; et de l'autre sa vie affective, &#233;motionnelle et relationnelle. En &#233;coutant et en parlant, elle r&#233;alisa combien parler de soi est essentiel : se dire au lieu de se maudire, lib&#233;rer le flot de ses humeurs en une parole authentique, oser exprimer sa d&#233;tresse, son insatisfaction et ses difficult&#233;s cach&#233;es&#8230; C'est cette acquisition d'une v&#233;ritable s&#233;curit&#233; int&#233;rieure qui lui permit de se d&#233;barrasser de sa graisse, en apprenant &#224; satisfaire intelligemment ses besoins, en utilisant mille ressources afin de d&#233;jouer les recours syst&#233;matiques &#224; la nourriture, en sachant diff&#233;rer la satisfaction imm&#233;diate et apprivoiser la privation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Chronique sociale, 2006 (155 p. ; 14,20 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Ab&#233;c&#233;daire d'une anorexique</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Abecedaire-d-une-anorexique</link>
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		<dc:subject>Maladie mentale</dc:subject>
		<dc:subject>836</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Margot Rochet a connu, &#224; l'&#226;ge de 18 ans, un grave &#233;pisode anorexique. Ayant d&#233;cid&#233; de ne pas d&#233;passer les 40 kilos, elle en pesait alors 37. Elle nous d&#233;crit dans ce livre de t&#233;moignage sa longue descente aux enfers. Condamn&#233;e &#224; errer dans un labyrinthe dont elle ne voyait pas d'issue, elle atteint le fond des abysses. Puis, avec la pointe des pieds, elle r&#233;ussit &#224; donner une impulsion qui lui permit de d&#233;buter une longue, tr&#232;s longue ascension. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi s'est-elle ainsi inflig&#233; une torture aussi (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L101xH150/arton1751-238bd.jpg?1694177130' width='101' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Margot Rochet a connu, &#224; l'&#226;ge de 18 ans, un grave &#233;pisode anorexique. Ayant d&#233;cid&#233; de ne pas d&#233;passer les 40 kilos, elle en pesait alors 37. Elle nous d&#233;crit dans ce livre de t&#233;moignage sa longue descente aux enfers. Condamn&#233;e &#224; errer dans un labyrinthe dont elle ne voyait pas d'issue, elle atteint le fond des abysses. Puis, avec la pointe des pieds, elle r&#233;ussit &#224; donner une impulsion qui lui permit de d&#233;buter une longue, tr&#232;s longue ascension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi s'est-elle ainsi inflig&#233; une torture aussi &#233;pouvantable que de s'interdire de manger &#224; sa faim ? Son trouble anorexique marque le sympt&#244;me du malaise de son milieu familial : manque affectif d'une m&#232;re, disparition d'un p&#232;re d&#233;c&#233;d&#233; bien trop t&#244;t, absence de reconnaissance, d&#233;valorisation importante par une cellule familiale compl&#232;tement ferm&#233;e et repli&#233;e sur elle-m&#234;me. Le manque d'amour provoqua un vide immense et excessivement angoissant. Elle &#233;tait seule face &#224; ses questions et ses d&#233;tresses de petite fille. C'est comme si elle n'avait pas le droit de les dire dans une famille o&#249; seules comptaient les apparences. Un adulte doit &#234;tre fort et apaisant pour un enfant, pensait-elle : en refusant de grandir, elle finirait bien par se faire consoler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la recherche perp&#233;tuelle de personnes susceptibles de la soutenir, elle ne put jamais, en fait, partager son fardeau avec qui que ce soit. &#171; J'avais un immense besoin d'&#234;tre rassur&#233;e mais je n'existais pour personne &#187; (p.19). Une premi&#232;re rencontre avec un psychiatre l'aida beaucoup. Mais le traitement hypercalorique prescrit ne fut pas suivi par une m&#232;re trop peu &#224; l'&#233;coute des soucis de ses enfants. Celle-ci, trop investie &#224; l'ext&#233;rieur, n'entendit pas la demande de sa fille : &#171; Occupe-toi de moi, pense &#224; moi, soigne-moi, sois une maman, regarde-moi, j'existe &#187; (p.18). Il lui fallut des ann&#233;es pour r&#233;gulariser sa sensation de faim. C'est une seconde th&#233;rapie qui lui permit vraiment d'accepter de ne jamais retrouver cet amour dont elle avait tant manqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut une p&#233;riode difficile o&#249; altern&#232;rent des moments d'angoisse insoutenables et de calme plat, sans pour autant qu'elle se retrouve dans les m&#234;mes &#233;tats que par le pass&#233;. Son inconscient s'&#233;tant progressivement construit sur ces angoisses, il lui fallut analyser le fonctionnement familial dont elle &#233;tait issue, pour le comprendre et prendre conscience d'un certain nombre d'&#233;l&#233;ments de sa vie : sa m&#232;re l'avait nourrie de son vide alors qu'elle voulait manger de la vie. Elle le sait aujourd'hui : elle gardera toujours une certaine fragilit&#233; &#233;motionnelle. Mais, en prenant la d&#233;cision de rompre avec sa famille, elle r&#233;ussit &#224; se lib&#233;rer de toutes ses &#233;motions engrang&#233;es. &#171; Maintenant quelque chose est mort en moi, b&#226;tissant un chemin de naissance et de vie &#187; (p.90).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail d'&#233;criture qu'elle nous livre ici aura &#233;t&#233; lib&#233;rateur. En jetant sa col&#232;re sur un clavier d'ordinateur, elle a mis sa douleur au pass&#233; et a trouv&#233; dor&#233;navant la s&#233;curit&#233;, l'apaisement et la joie de vivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Chronique sociale, 2007 (96 p. ; 10,90 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D&#233;mocratiser les m&#233;tiers du social</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Democratiser-les-metiers-du-social</link>
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		<dc:subject>836</dc:subject>

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&lt;p&gt;Jean-Marie Pierre, tr&#233;sorier de l'&#201;cole normale sociale de l'Ouest, association qui assure la formation des assistants de service social et des &#233;ducateurs de jeunes enfants sur Nantes et Angers le reconna&#238;t : les frais d'&#233;tudes auxquels sont soumis les &#233;tudiants en travail social sont trop &#233;lev&#233;s. &#192; d&#233;faut d'obtenir la gratuit&#233;, il pr&#233;conise le d&#233;veloppement de la voie de l'apprentissage, seule &#224; m&#234;me de permettre aux plus d&#233;favoris&#233;s d'acc&#233;der &#224; ces m&#233;tiers &lt;br class='autobr' /&gt;
Que pensez-vous, en tant que tr&#233;sorier d'une (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jean-Marie Pierre, tr&#233;sorier de l'&#201;cole normale sociale de l'Ouest, association qui assure la formation des assistants de service social et des &#233;ducateurs de jeunes enfants sur Nantes et Angers le reconna&#238;t : les frais d'&#233;tudes auxquels sont soumis les &#233;tudiants en travail social sont trop &#233;lev&#233;s. &#192; d&#233;faut d'obtenir la gratuit&#233;, il pr&#233;conise le d&#233;veloppement de la voie de l'apprentissage, seule &#224; m&#234;me de permettre aux plus d&#233;favoris&#233;s d'acc&#233;der &#224; ces m&#233;tiers&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que pensez-vous, en tant que tr&#233;sorier d'une association gestionnaire de deux &#233;coles de travail social, des montants demand&#233;s aux &#233;tudiants, tant en ce qui concerne les frais d'inscription aux concours que ceux demand&#233;s pour la scolarit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les frais de s&#233;lection et de scolarit&#233; de nos &#233;coles sont effectivement &#233;lev&#233;s et emp&#234;chent nombre de candidats de se pr&#233;senter. Actuellement, mis &#224; part l'universit&#233; (et encore&#8230; !), il est tr&#232;s difficile de faire des &#233;tudes gratuites. Mais &#224; moins de d&#233;crocher un sponsor, ce qui est risqu&#233; en termes d'ind&#233;pendance et de privatisation, nos seules sources de finances sont la R&#233;gion, quelques collectivit&#233;s territoriales et&#8230; les &#233;tudiants. Les ressources tir&#233;es des &#233;preuves d'admission nous ont rapport&#233; 70 000 &#8364; en 2005. Les frais d'inscription et de scolarit&#233; repr&#233;sentent 13 % de nos produits. C'est l&#224; une variable d'ajustement qui nous permet d'&#233;quilibrer nos comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, ce n'est pas le fait du prince. La R&#233;gion des Pays-de-la-Loire qui nous finance &#224; 80 % et nous contr&#244;le depuis 2005, s'int&#233;resse &#224; ce que les &#233;tudiants nous versent et nous demande de d&#233;tailler les services rendus. Nous travaillons en tr&#232;s bonne intelligence avec notre tutelle qui, ayant conscience des difficult&#233;s de financement, a adopt&#233; une politique volontairement favorable &#224; la formation professionnelle dans le secteur social et m&#233;dico-social. Je dirai m&#234;me qu'elle semble avoir pour les &#233;tudiants &#171; les yeux de Chim&#232;ne &#187;. Nous avons d&#251; ainsi avancer toutes les &#233;preuves de s&#233;lection en d&#233;but d'ann&#233;e civile (nous avons eu d&#233;but 2007 : 1300 candidats pour 60 places &#224; Angers et autant &#224; Rez&#233;-les-Nantes), pour que les dossiers de bourses soient d&#233;pos&#233;s rapidement et permettre ainsi aux futurs boursiers de conna&#238;tre les moyens financiers dont ils disposeront &#224; la rentr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles autres solutions imaginer : gratuit&#233; des &#233;tudes, augmentation des bourses ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tr&#233;sorier que je suis ne peut que souhaiter la disparition des frais de concours, d'inscription et de scolarit&#233;. Je suis dispos&#233; &#224; m'en passer si la R&#233;gion prend &#224; sa charge le manque &#224; gagner&#8230; Je ne sais pas si c'est vraiment le choix qu'elle entend faire dans les ann&#233;es &#224; venir, &#233;tant donn&#233; la p&#233;riode de resserrement des budgets sociaux dans laquelle nous nous trouvons. Il y a, par contre, une solution &#224; laquelle le minist&#232;re est actuellement en train de r&#233;fl&#233;chir pour les assistants sociaux, comme elle existe d&#233;j&#224;, entre autres, pour les moniteurs &#233;ducateurs et les &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s : l'apprentissage. Il y a des r&#233;ticences dans la profession, certains &#233;voquant un probl&#232;me au regard du secret professionnel. C'est un faux proc&#232;s. Je ne vois pas en quoi un apprenti serait moins tenu &#224; ce secret que les stagiaires actuels. Bien s&#251;r, tout le monde ne pourra se former ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela restera limit&#233; &#224; un nombre relativement restreint. Mais, cela permettrait notamment d'ouvrir ces formations &#224; des cat&#233;gories socioprofessionnelles relativement modestes. Il faut pour cela pouvoir s'appuyer sur des employeurs acceptant de d&#233;passer un possible &#171; d&#233;lit de faci&#232;s &#187; et de construire avec des jeunes issus des minorit&#233;s des projets de professionnalisation. Il y a actuellement, en seconde ann&#233;e de formation, vingt deux apprentis &#233;ducateurs dans les Pays-de-la-Loire : on constate d&#233;j&#224; un fr&#233;missement dans le recrutement, on voit arriver des enfants d'ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les obstacles qui nuisent au d&#233;veloppement de cette solution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle approche de la professionnalisation ne demande pas, pour se d&#233;velopper, que des adaptations r&#233;glementaires. Il faut aussi que se produise une v&#233;ritable r&#233;volution des mentalit&#233;s. En France, il y a une m&#233;fiance traditionnelle &#224; l'&#233;gard de l'apprentissage. Bien s&#251;r, il y a des ing&#233;nieurs qui ont obtenu leur dipl&#244;me de cette mani&#232;re. Mais culturellement, le fran&#231;ais moyen ne veut pas que son enfant s'engage dans cette voie parce qu'elle est identifi&#233;e pour l'essentiel &#224; une r&#233;ponse &#224; l'&#233;chec scolaire et qu'on consid&#232;re qu'elle est r&#233;serv&#233;e aux &#171; pauvres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;quence, c'est que ceux qui se lancent dans la formation par ce moyen peuvent ressentir un complexe d'inf&#233;riorit&#233; par rapport &#224; ceux qui la suivent par la voie directe. Tout va d&#233;pendre de la bonne volont&#233; des employeurs. M&#234;me s'ils re&#231;oivent des aides, cela repr&#233;sente pour eux un co&#251;t suppl&#233;mentaire non n&#233;gligeable, ne serait-ce que pour remplacer l'apprenti quand il est en regroupement &#224; l'&#233;cole, ou le ma&#238;tre d'apprentissage quand il est en formation. Un certain nombre de conseils g&#233;n&#233;raux n'apparaissent pas d'embl&#233;e oppos&#233;s. Mais c'est la fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut encore convaincre tout le secteur associatif. Cette nouvelle forme de professionnalisation n&#233;cessitera aussi une mutation chez les formateurs qui sont g&#233;n&#233;ralement issus de la voie directe et qui ne sont pas d'embl&#233;e familiaris&#233;s avec cette nouvelle approche. Il faut &#233;viter que l'apprentissage ne soit stigmatis&#233; et per&#231;u comme une voie de facilit&#233;, voire de sous qualification, et rappeler que les apprentis passeront les m&#234;mes dipl&#244;mes et seront soumis aux m&#234;mes &#233;preuves. Bref, il va nous falloir d&#233;ployer une grande force de conviction pour encourager cette voie, osant imaginer qu'un jour prochain de nombreux candidats admis &#224; une formation en voie directe choisissent l'apprentissage !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Je suis contente de revenir &#224; l'&#233;cole le lundi matin &#187;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Je-suis-contente-de-revenir-a-l-ecole-le-lundi-matin</link>
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		<dc:date>2007-04-12T09:06:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Six &#233;l&#232;ves assistants de service social, qui travaillent pour participer au financement de leurs &#233;tudes, racontent leur quotidien &lt;br class='autobr' /&gt;
Le cursus des &#233;tudiants en travail social s'&#233;tend sur trois ann&#233;es. Au cours de cette p&#233;riode, il faut se rendre &#224; l'&#233;cole pour les regroupements th&#233;oriques, mais aussi sur les lieux de stage. Aux co&#251;ts des concours d'entr&#233;e se rajoutent les frais de scolarit&#233;, d'h&#233;bergement quand la famille ne r&#233;side pas dans la ville o&#249; se situe l'&#233;cole, de transports, de nourriture, sans (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Six &#233;l&#232;ves assistants de service social, qui travaillent pour participer au financement de leurs &#233;tudes, racontent leur quotidien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le cursus des &#233;tudiants en travail social s'&#233;tend sur trois ann&#233;es. Au cours de cette p&#233;riode, il faut se rendre &#224; l'&#233;cole pour les regroupements th&#233;oriques, mais aussi sur les lieux de stage. Aux co&#251;ts des concours d'entr&#233;e se rajoutent les frais de scolarit&#233;, d'h&#233;bergement quand la famille ne r&#233;side pas dans la ville o&#249; se situe l'&#233;cole, de transports, de nourriture, sans oublier les loisirs etc. Les bourses sont l&#224; pour aider. Mais elles ne couvrent pas tout, loin de l&#224;. Le soutien financier des familles est souvent important, du moins quand celles-ci en ont les moyens. Les strat&#233;gies pour financer ses &#233;tudes impliquent aussi des jobs que l'on peut trouver en soir&#233;e, le week-end ou au moment des vacances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux comprendre comment cette r&#233;alit&#233; se vit au quotidien, six &#233;tudiants de l'&#201;cole normale sociale de l'Ouest, qui pr&#233;parent le dipl&#244;me d'assistant de service social&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Il s'agit de Charl&#232;ne Birot, Caroline Jeannard, Audrey Mabon, Aur&#233;lie (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ont accept&#233; de d&#233;crire comment ils s'organisent pour travailler parall&#232;lement &#224; leurs &#233;tudes. Ce qu'ils expliquent n'est en aucun cas repr&#233;sentatif, l'&#233;chantillon ayant &#233;t&#233; constitu&#233; sur la base du volontariat et non dans un souci de balayer la diversit&#233; des opinions et des situations. Il s'agit l&#224; simplement d'un instantan&#233; de vie propos&#233; au lecteur pour l'aider &#224; mieux percevoir ce que peut &#234;tre le quotidien d'aujourd'hui, quand on s'engage dans une formation dans le social. Invit&#233;s &#224; dresser le profil de leur groupe, ils ont commenc&#233; par situer la cat&#233;gorie socioprofessionnelle de leur famille : quatre se disent issus des classes moyennes et deux ont des parents employ&#233;s. Quatre sur six b&#233;n&#233;ficient de l'aide financi&#232;re de leurs parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'est pas suffisant pour faire face &#224; leurs besoins pendant leur apprentissage professionnel. Avant m&#234;me de penser comment financer leurs &#233;tudes, il leur a fallu commencer par passer l'&#233;tape de l'admission. Caroline a fait le choix de multiplier ses chances : &#171; J'ai investi 1200 &#8364; pour passer six concours afin d'&#234;tre s&#251;re d'&#234;tre prise au moins dans une &#233;cole &#187;. Cette strat&#233;gie a &#233;t&#233; la m&#234;me pour Aur&#233;lie : &#171; J'ai pass&#233; cinq concours la premi&#232;re ann&#233;e et deux la seconde. Chaque &#233;preuve m'est revenue &#224; 200 &#8364;, sans compter les frais &#187;. Encore fallait-il avoir les moyens de tels investissements. Aucun des autres &#233;tudiants pr&#233;sents ne pouvait le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Audrey, elle, a pr&#233;f&#233;r&#233; investir dans une ann&#233;e de pr&#233;paration aux m&#233;tiers du social pour un co&#251;t de 1600 &#8364; (ce qui fait passer les chances d'&#234;tre s&#233;lectionn&#233; d'une pour huit ou dix &#224; une pour deux). Une fois accept&#233; en premi&#232;re ann&#233;e, commencent les d&#233;penses. Aux 790 &#8364; de frais de scolarit&#233; annuels, ils doivent rajouter un minimum de 500 &#8364; mensuels pour faire face au quotidien. Certains b&#233;n&#233;ficient de bourses nationales (dont le maximum plafonne &#224; 3500 &#8364; annuels), d&#233;partementale voire communale (un seul en re&#231;oit) ou ont recours aux fonds d'aide aux jeunes qui peuvent d&#233;livrer des aides ponctuelles. Tous vivent en logement autonome pris en charge par les APL dans une proportion qui va d'un tiers au trois quarts (deux n'en b&#233;n&#233;ficiant pas). Aucun n'a voulu avoir recours &#224; un pr&#234;t &#233;tudiant, ne voulant pas commencer leur vie d'adulte avec des cr&#233;dits. Il ne leur restait plus qu'une solution : travailler pour payer leurs &#233;tudes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le travail et ses cons&#233;quences&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Charl&#232;ne travaille comme caissi&#232;re : 12 heures le samedi et 30 heures les semaines o&#249; elle est en vacances, pour un salaire mensuel de 400 &#8364;. Elle se r&#233;serve le dimanche pour souffler et consacre les soir&#233;es de la semaine &#224; travailler pour l'&#233;cole. Brice, lui, a fait le choix de chercher un emploi non en semaine, mais uniquement pendant les vacances. Il trouve assez facilement des missions int&#233;rimaires comme man&#339;uvre dans l'agroalimentaire ou en supermarch&#233;. Audrey, quant &#224; elle, a cumul&#233; des petits boulots : des m&#233;nages, un poste d'agent administratif, une place d'animatrice matin, midi et soir en accueil pr&#233; et post scolaire et &#224; la cantine. Elle sort de cours ou de stage pour aller travailler. Aur&#233;lie, de son c&#244;t&#233;, s'est essay&#233;e comme &#233;quipi&#232;re chez Mac Do. Elle a aussi fait du baby-sitting entre 17h et 19h trois soirs par semaine. Mais elle a d&#251; abandonner car ces horaires &#233;taient incompatibles avec les stages. Ses vacances, elle les passe comme ouvri&#232;re dans une chocolaterie et l'&#233;t&#233; dans l'entreprise de son p&#232;re. Amandine multiplie elle aussi les emplois d'&#233;t&#233; : t&#233;l&#233;conseill&#232;re, ouvri&#232;re dans un abattoir ou dans le calibrage lors des cueillettes, tri des crevettes ou mise en rayon, garde d'enfants&#8230; Ses parents paient ses frais de scolarit&#233; ainsi que sa nourriture. Pour le reste, c'est elle qui se d&#233;brouille (voiture, t&#233;l&#233;phone, loisirs&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Caroline travaille depuis qu'elle est majeure. Elle a commenc&#233; par &#234;tre garde-malade aupr&#232;s d'une personne &#226;g&#233;e. Quand la dame est d&#233;c&#233;d&#233;e, elle a fait du baby-sitting et a donn&#233; des cours. Son premier &#233;t&#233;, elle l'a pass&#233; &#224; faire des m&#233;nages dans un h&#244;tel. L'ann&#233;e suivante, elle est devenue pompiste. Chacun(e), &#224; sa fa&#231;on, a r&#233;ussi &#224; trouver un job. Le Crouss fourmille de petites annonces : &#171; On peut trouver si on est de bonne volont&#233; &#187;, assure Caroline. Et puis il y a le bouche &#224; oreille (on se file des tuyaux) ou le piston. Pour autant, ce travail salari&#233; assur&#233; parall&#232;lement aux &#233;tudes n'est pas sans peser sur leur vie d'&#233;tudiant(e). Charl&#232;ne explique comment cela peut nuire &#224; sa concentration : &#171; Je suis contente de revenir &#224; l'&#233;cole le lundi matin, j'ai l'impression que je vais pouvoir me reposer un peu &#187;. Brice reconna&#238;t lui aussi, qu'au sortir des semaines de vacances au cours desquelles il a travaill&#233;, il arrive fatigu&#233; et que son travail d'&#233;tudiant est d'autant plus difficile &#224; assurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Audrey sort du cumul de sa journ&#233;e de formation et de travail &#224; 22h 30, elle avoue ne pas avoir toujours le courage de se plonger dans ses cours : elle est trop fatigu&#233;e. Aur&#233;lie rejoint l'avis de ses camarades de promotion : &#171; Le temps que l'on passe &#224; travailler nous emp&#234;che d'&#234;tre avec nos amis. &#187; Pour une g&#233;n&#233;ration qui a pris l'habitude des sorties et des f&#234;tes, cette situation nuit &#224; la vie sociale. Quant &#224; Amandine, elle le dit carr&#233;ment : &#171; Comment peut-on arriver fra&#238;che et dispos quand on fait des doubles journ&#233;es ? Va-t-on r&#233;ussir &#224; terminer l'ann&#233;e ? Je suis s&#251;re d'une chose : on finira sur les rotules et pas un sou dans les poches ! &#187; Caroline le reconna&#238;t : elle a tout arr&#234;t&#233; en troisi&#232;me ann&#233;e, voulant privil&#233;gier la pr&#233;paration du dipl&#244;me. Son objectif premier en renon&#231;ant au salariat : pouvoir &#224; nouveau dormir ! On mesure la tension et la pression qui s'exercent sur ces jeunes gens. Leurs constats sinc&#232;res pourraient les amener &#224; de l'amertume ou de la plainte. En fait, &#233;tonnamment, il n'en est rien.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;puis&#233;(e)s, mais sans regret&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord le cri du c&#339;ur de Charl&#232;ne : &#171; J'ai eu l'occasion de travailler en usine pour mettre du poulet en barquette : plus jamais cela ! Cela motive pour suivre des &#233;tudes et les r&#233;ussir ! &#187; Pour autant, l'activit&#233; salari&#233;e n'est pas v&#233;cue du simple point de vue de sa p&#233;nibilit&#233;, aussi stimulante puisse-t-elle &#234;tre. On sent dans le groupe d'&#233;tudiants une certaine fiert&#233; &#224; contribuer ainsi au financement de son projet professionnel : &#171; On ne peut compter &#233;ternellement sur nos parents pour nous entretenir &#187;, explique ainsi Charl&#232;ne qui rajoute : &#171; C'est aussi une question de milieu social certaines familles peuvent payer 5000 &#8364; par an pour l'&#233;cole de commerce de leur fille. La mienne n'a pas les moyens &#187;. &#171; Je vois bien tout ce que mes parents d&#233;pensent pour moi ; je ne me vois pas ne pas y participer &#187; poursuit Aur&#233;lie. On est aussi dans une logique de culture familiale : &#171; Dans ma famille on a toujours privil&#233;gi&#233; la valeur travail &#187;, affirme Amandine. &#171; Je viens d'une r&#233;gion o&#249; tous les jeunes travaillent l'&#233;t&#233;. Je n'imagine pas &#234;tre le seul &#224; ne pas le faire &#187;, rench&#233;rit Brice. Cet engagement est aussi une question d'&#233;ducation : &#171; Mes parents ne m'ont jamais habitu&#233;e &#224; tout avoir sans faire d'efforts &#187;, conclut Caroline. Au final, malgr&#233; la fatigue accumul&#233;e qui fait peser le risque d'un manque d'investissement dans leur apprentissage professionnel, l'activit&#233; salari&#233;e ne fait pas l'objet d'un regret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble du groupe affirme en tirer aussi un enrichissement humain qu'il perdrait si le statut d'&#233;tudiant entra&#238;nait d'embl&#233;e un revenu. Ils n'auraient pas alors autant l'impression de participer &#224; leur propre formation, comme c'est le cas aujourd'hui. Non, ce qui semble le plus les choquer, c'est la non reconnaissance du travail accompli pendant les stages. Rappelons que la formation en alternance comporte la moiti&#233; du temps sur le terrain aupr&#232;s de professionnels en poste. Si la premi&#232;re ann&#233;e est surtout l'occasion d'une observation, d&#232;s la seconde ann&#233;e, l'&#233;tudiant commence &#224; accomplir des t&#226;ches autonomes. En troisi&#232;me ann&#233;e, tr&#232;s rapidement, il accomplit des actes au m&#234;me titre qu'un professionnel, m&#234;me s'il est supervis&#233; en permanence. &#171; Je pr&#233;f&#233;rerais &#234;tre pay&#233;e pour le travail que j'accomplis sur mon lieu de stage que pour les jobs que je fais &#224; c&#244;t&#233; &#187;, explique Charl&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe en est d'accord : il ressent une forte d&#233;valorisation du fait que l'activit&#233; d&#233;ploy&#233;e sur le terrain ne soit pas indemnis&#233;e, indemnisation qui repr&#233;senterait pour eux une forme de reconnaissance de la qualit&#233; d&#233;ploy&#233;e qui n'est valid&#233;e que par une simple &#233;valuation finale. C'est peut-&#234;tre l&#224; o&#249; l'apprentissage prend tout son sens dans les m&#233;tiers du social. Cette formule a l'avantage d'assurer une autonomie financi&#232;re, source de s&#233;r&#233;nit&#233; et de s&#233;curit&#233; tout en faisant correspondre le travail accompli en tant que stagiaire avec la r&#233;mun&#233;ration re&#231;ue. Reste &#224; d&#233;velopper une formule encore largement n&#233;glig&#233;e dans le dispositif de formation des travailleurs sociaux (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Democratiser-les-metiers-du-social' class='spip_in'&gt;lire le point de vue de Jean-Marie Pierre, tr&#233;sorier de l'&#233;cole normale sociale de l'Ouset&lt;/a&gt;). Pour Charl&#232;ne, Caroline, Audrey, Aur&#233;lie, Amandine et Brice, ces soucis vont bient&#244;t dispara&#238;tre, l'&#233;ch&#233;ance ultime intervenant pour eux fin juin 2007. Ils passeront le relais &#224; une nouvelle promotion, d&#233;but septembre, certains &#233;tudiants devant &#224; leur tour passer nombre de leurs soir&#233;es, week-ends et vacances &#224; trouver les moyens de financer leurs &#233;tudes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit de Charl&#232;ne Birot, Caroline Jeannard, Audrey Mabon, Aur&#233;lie Pouteau, Amandine Rault et de Brice Samson, &#233;tudiant(e)s de troisi&#232;me ann&#233;e de l'ENSO de Rez&#233;-les-Nantes&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La pauvret&#233; en milieu &#233;tudiant</title>
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		<dc:subject>Formation</dc:subject>
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&lt;p&gt;Contrairement aux promesses d'&#233;galit&#233; sociale, les fils d'ouvriers sont peu repr&#233;sent&#233;s &#224; l'universit&#233;. Et quand ils y parviennent, les difficult&#233;s financi&#232;res sont telles qu'il doivent travailler tout en &#233;tudiant, ce qui r&#233;duit leurs chances de r&#233;ussite. Une forme de prostitution se d&#233;veloppe m&#234;me dans le monde &#233;tudiant. Un ph&#233;nom&#232;ne qu'il n'est pas possible de mesurer avec pr&#233;cision mais qui reste pr&#233;occupant &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 23 novembre 2006, l'&#233;mission Envoy&#233; Sp&#233;cial diffusait un sujet consacr&#233; &#224; la prostitution (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Contrairement aux promesses d'&#233;galit&#233; sociale, les fils d'ouvriers sont peu repr&#233;sent&#233;s &#224; l'universit&#233;. Et quand ils y parviennent, les difficult&#233;s financi&#232;res sont telles qu'il doivent travailler tout en &#233;tudiant, ce qui r&#233;duit leurs chances de r&#233;ussite. Une forme de prostitution se d&#233;veloppe m&#234;me dans le monde &#233;tudiant. Un ph&#233;nom&#232;ne qu'il n'est pas possible de mesurer avec pr&#233;cision mais qui reste pr&#233;occupant&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 23 novembre 2006, l'&#233;mission Envoy&#233; Sp&#233;cial diffusait un sujet consacr&#233; &#224; la prostitution &#233;tudiante o&#249; t&#233;moignaient des jeunes femmes contraintes de vendre leur corps pour payer leurs &#233;tudes ou boucler leurs fins de mois. Une recherche de la Kingston University, dans le Sud-Ouest de Londres, a pu d&#233;terminer une augmentation de 50 % de ces situations qu'elle a corr&#233;l&#233;e avec le triplement des frais d'inscription des universit&#233;s britanniques depuis 1998 (qui atteignent en moyenne 4500 &#8364;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, le syndicat Sud &#201;tudiant a lanc&#233; le chiffre de 40 000 jeunes gens qui se prostitueraient. Mais aucune &#233;tude statistique n'ayant jamais &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e sur cette question, il est difficile de valider une telle estimation. D'autant que l'Office central pour la r&#233;pression de la traite des &#234;tres humains (OCRTEH) consid&#232;re qu'il existe dans notre pays entre 12000 et 15000 prostitu&#233;(e)s adultes (12000 dans la rue et 3000 dans des lieux clos).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces chiffres ne recouvrent pas la prostitution occasionnelle, celle dont t&#233;moignait Jo&#235;l Weiss&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Jo&#235;l Weiss &#233;crivain est investi dans la lutte contre la prostitution' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, quand il &#233;voquait ces deux &#233;tudiants provinciaux mont&#233;s &#224; la capitale, un &#233;t&#233;, pour se prostituer afin de financer la suite de leurs &#233;tudes. Par manque de visibilit&#233;, il convient donc de rester prudent. S'il est impossible de mesurer la proportion exacte de la prostitution au sein du milieu &#233;tudiant, on peut par contre &#233;tablir avec pr&#233;cision la pauvret&#233; qui le frappe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux &#233;tudes ont &#233;t&#233; men&#233;es par l'Observatoire de la vie &#233;tudiante (OVE) en 1997 et en 2000. L&#224;, les chiffres sont pr&#233;cis : 100 000 &#233;tudiants vivent sous le seuil de pauvret&#233; et 225 000 &#233;tudiants ont du mal &#224; financer leurs &#233;tudes. Chaque ann&#233;e, 25 000 &#233;tudiants frappent &#224; la porte du Secours populaire qui leur fournit repas, v&#234;tements et tickets de restaurant universitaire. Avec l'esprit pr&#233;occup&#233; et l'estomac vide, il est difficile de se consacrer enti&#232;rement aux &#233;tudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation n'est gu&#232;re enviable pour les &#233;tudiants qui travaillent pour s'en sortir. Ils sont 52 % &#224; le faire : &#171; 15 % exercent une activit&#233; int&#233;gr&#233;e aux &#233;tudes, comme interne en m&#233;decine, laborantin&#8230; 14 % exercent un job chez les particuliers, type baby-sitting. Et 30 % font un boulot qui d&#233;passe le mi-temps, type gardiennage de nuit ou animation, qui empi&#232;te largement sur leur temps d'&#233;tudes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Louis Gruel, ma&#238;tre de conf&#233;rence, membre de l'Observatoire de la vie (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'exercice d'une activit&#233; salari&#233;e est souvent un obstacle &#224; la r&#233;ussite et &#224; la poursuite des &#233;tudes. La disponibilit&#233;, la concentration, le temps consacr&#233; &#224; l'&#233;tude personnelle ne font pas toujours bon m&#233;nage avec un travail qui prend une bonne partie du week-end, des vacances ou des soir&#233;es. Ces &#233;tudiants qui se privent de l'essentiel et qui mettent l'&#233;quilibre de leur corps en danger par manque de moyens financiers ou qui consacrent une partie notable de leur temps &#224; obtenir des revenus n&#233;cessaires au financement de leurs &#233;tudes, sont ceux qui en priorit&#233; redoublent, &#233;chouent ou tout simplement abandonnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans compter que &#171; les fili&#232;res les plus prestigieuses et les plus s&#233;lectives exigent que la vie des &#233;tudiants soit tout enti&#232;re organis&#233;e autour des &#233;tudes ; elles ne tol&#232;rent pas la concurrence d'une activit&#233; r&#233;mun&#233;r&#233;e r&#233;guli&#232;re. Les &#233;tudiants que le manque de ressources force &#224; travailler en sont pratiquement exclus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Rapport sur la pr&#233;carit&#233; des &#233;tudiants &#187; Observatoire de la vie &#233;tudiante, (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette r&#233;alit&#233;, qui peut para&#238;tre comme injuste, n'a rien d'&#233;tonnant : la d&#233;mocratisation de l'&#233;cole reste un mythe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la quasi-totalit&#233; d'une classe d'&#226;ge atteint aujourd'hui la 3&#232;me contre moins de la moiti&#233;, il y a 30 ans. Mais, si 70 % des fils (81 % des filles) de cadres entr&#233;s en 6&#232; acc&#232;dent en terminale, 19,6 % seulement des fils d'ouvriers (28,7 % des filles) font de m&#234;me. Le monde universitaire n'&#233;chappe pas &#224; cette s&#233;lection. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, la repr&#233;sentation des milieux populaires a connu une nette am&#233;lioration : si, en 1959, on comptait &#224; l'universit&#233; 0,8 % d'enfants d'ouvriers, ils sont mont&#233;s en 1982 &#224; la proportion de 6,9 % et en 1993 &#224; 13,2 %. Mais en 1997, il n'y avait toujours que 10 % des &#233;tudiants dont le p&#232;re gagnait au plus 5000 francs (750 euros). Si les enfants d'ouvriers repr&#233;sentent 13 % en premi&#232;re ann&#233;e de facult&#233;, ils ne sont plus que 5 % en troisi&#232;me cycle (contre 37 % d'enfants de cadres). Statistiquement, &#224; sa naissance, un enfant dont le p&#232;re est cadre sup&#233;rieur et la m&#232;re enseignante a cinquante fois plus de chances d'int&#233;grer polytechnique qu'un enfant d'ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les bourses qui apportent une aide non n&#233;gligeable, les &#233;tudes restent donc encore largement un privil&#232;ge de riche. Si les &#233;tudiants sont rarement tr&#232;s pauvres, c'est parce que les pauvres deviennent rarement &#233;tudiants, affirme l'OVE. On pensait que l'universit&#233; s'&#233;tait largement ouverte aux couches populaires. C'&#233;tait une illusion. Les plus pauvres qui y acc&#232;dent sont non seulement une minorit&#233;, mais sont aussi ceux qui ont le plus de mal &#224; financer leurs &#233;tudes et &#224; les terminer avec succ&#232;s. Et, l'une des causes principales est, sans conteste, &#224; rechercher du c&#244;t&#233; des difficult&#233;s de financement (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Je-suis-contente-de-revenir-a-l-ecole-le-lundi-matin' class='spip_in'&gt;lire le t&#233;moignage de six &#233;l&#232;ves assistants de service social&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jo&#235;l Weiss &#233;crivain est investi dans la lutte contre la prostitution&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Louis Gruel, ma&#238;tre de conf&#233;rence, membre de l'Observatoire de la vie &#233;tudiante in L'Humanit&#233; du 20 oct.2003&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.ove-national.education.fr/doc_lib/c346_rapport_precarite_2003.pdf&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Rapport sur la pr&#233;carit&#233; des &#233;tudiants&lt;/a&gt; &#187; Observatoire de la vie &#233;tudiante, d&#233;cembre 2003&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>La pauvret&#233; en milieu &#233;tudiant</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-pauvrete-en-milieu-etudiant-9106</link>
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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L104xH150/arton9106-e546d.png?1694177130' width='104' height='150' /&gt;
		
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		<title>N'oublions pas les jeunes ! </title>
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		<dc:subject>Logement</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#171; Une soci&#233;t&#233; qui, comme disait P&#233;guy, n'offre aux fils des b&#226;tisseurs de cath&#233;drales d'autres fonctions que, au mieux, d'en &#234;tre les sacristains, qu'elle ne s'&#233;tonne pas si ceux parmi ses fils qui n'ont pas la force de retrouver seuls les vrais chemins, finissent par jeter des pierres, pour se jouer, dans les vitraux du sanctuaire et par bafouer les gloires vieillies &#187;, sermonne l'Abb&#233; Pierre dans un ouvrage posthume &#171; N'oublions pas les jeunes ! &#187; La premi&#232;re partie du livre compile des textes vigoureux (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-836-" rel="tag"&gt;836&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton1753-3983a.jpg?1694177130' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Une soci&#233;t&#233; qui, comme disait P&#233;guy, n'offre aux fils des b&#226;tisseurs de cath&#233;drales d'autres fonctions que, au mieux, d'en &#234;tre les sacristains, qu'elle ne s'&#233;tonne pas si ceux parmi ses fils qui n'ont pas la force de retrouver seuls les vrais chemins, finissent par jeter des pierres, pour se jouer, dans les vitraux du sanctuaire et par bafouer les gloires vieillies &#187;, sermonne l'Abb&#233; Pierre dans un ouvrage posthume &#171; N'oublions pas les jeunes ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie du livre compile des textes vigoureux adress&#233;s par l'Abb&#233; Pierre aux responsables politiques, &#233;lus et citoyens durant plus de 50 ans d&#233;non&#231;ant l'exclusion des jeunes par le mal logement, la peur qu'ils inspirent, la pr&#233;carit&#233; de l'emploi&#8230; Il souligne le lien entre la crise des banlieues et celle du logement, fustige les &#233;lus qui refusent la construction de logements sociaux sur leur territoire. Son dernier d&#233;placement officiel, en janvier 2006, fut d'ailleurs pour l'Assembl&#233;e nationale o&#249; il alla &#171; porter un cri &#187; lorsque la loi imposant 20 % de logements sociaux dans toutes les communes a &#233;t&#233; remise en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde partie, r&#233;dig&#233;e par Christophe Robert, directeur des &#233;tudes &#224; la Fondation Abb&#233; Pierre, revient sur la double crise v&#233;cue par les jeunes, celle du logement et de l'emploi. &#171; Une situation dramatique &#187; qui s'&#233;largit aux jeunes qualifi&#233;s, disposant d'un emploi et de revenus. Les quinze-trente ans repr&#233;sentent dix millions de personnes en France auxquelles les conditions d'une r&#233;elle autonomie ne sont plus offertes, entra&#238;nant des probl&#232;me sociaux en cascade.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Descl&#233;e de Brouwer, 2007 (170 p. ; 14 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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