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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Risque et responsabilit&#233; : les travailleurs sociaux face &#224; la loi p&#233;nale</title>
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		<dc:creator>M&#233;lanie-LS</dc:creator>


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		<title>Pourquoi le mythe du risque z&#233;ro est dangereux</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Pourquoi-le-mythe-du-risque-zero-est-dangereux</link>
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		<dc:subject>Risque professionnel</dc:subject>
		<dc:subject>535</dc:subject>

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&lt;p&gt;On peut comprendre que toute faute soit recherch&#233;e et condamn&#233;e, mais on peut se demander si certains exc&#232;s ne vont pas rendre l'exercice de la profession tout simplement impossible. &lt;br class='autobr' /&gt;
La finalit&#233; du droit civil comme du droit administratif est bien de chercher la meilleure indemnisation des victimes en regard des pr&#233;judices subis. &#171; Tout fait quelconque de l'homme qui cause &#224; autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arriv&#233;, &#224; r&#233;parer &#187; affirme ainsi l'article 1382 du Code Civil. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-535-" rel="tag"&gt;535&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On peut comprendre que toute faute soit recherch&#233;e et condamn&#233;e, mais on peut se demander si certains exc&#232;s ne vont pas rendre l'exercice de la profession tout simplement impossible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La finalit&#233; du droit civil comme du droit administratif est bien de chercher la meilleure indemnisation des victimes en regard des pr&#233;judices subis. &#171; Tout fait quelconque de l'homme qui cause &#224; autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arriv&#233;, &#224; r&#233;parer &#187; affirme ainsi l'article 1382 du Code Civil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela concerne tout d'abord la faute : &#171; chacun est responsable du dommage qu'il a caus&#233; non seulement par son fait, mais encore par sa n&#233;gligence ou son imprudence &#187; (article 1383 du Code Civil) C'est, par exemple, le domaine de la mauvaise information. Telle, cette assistante sociale qui sugg&#232;re l'orientation d'un enfant vers un &#233;tablissement o&#249; finalement celui-ci sera gravement maltrait&#233;. La famille se retournera contre elle pour l'avoir mal conseill&#233;e. Ou encore ce placement par l'aide sociale &#224; l'enfance d'un mineur dans une colonie. Celui-ci y agressant un autre pensionnaire, la justice condamnera le Conseil g&#233;n&#233;ral pour d&#233;faut d'information de l'organisme de vacances sur la dangerosit&#233; de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ensuite la probl&#233;matique du d&#233;faut de surveillance. Tel cet enfant fuguant &#224; 18h et se suicidant &#224; 21h, les recherches n'ayant &#233;t&#233; entreprises qu'&#224; 22h 30, l'&#233;tablissement l'ayant sous sa garde sera tenu pour responsable par la justice. Ou encore, cette assistante maternelle condamn&#233;e pour n'avoir pas su emp&#234;cher le d&#233;c&#232;s d'un enfant handicap&#233; mental vivant dans son foyer, apr&#232;s qu'il ait aval&#233; de la soude caustique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, la responsabilit&#233; n'est pas engag&#233;e seulement en cas de faute. Cela concerne aussi les atteintes provoqu&#233;es par ceux dont on a la garde : &#171; On est responsable non seulement du dommage que l'on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est caus&#233; par le fait des personnes dont on doit r&#233;pondre, ou des choses que l'on a sous sa garde &#187; (article 1384 du Code Civil) Ainsi, de ce jeune majeur plac&#233; en CAT et b&#233;n&#233;ficiant d'une certaine libert&#233; d'action au cours de laquelle il mettra le feu &#224; une for&#234;t. La pr&#233;somption de responsabilit&#233;, sans faute du gardien ayant &#233;t&#233; retenue, l'&#233;tablissement a d&#251; indemniser les victimes &#224; hauteur de 5 397 768 F, jugement confirm&#233; en appel et en cassation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre illustration, la condamnation d'une association de Rouen pour les d&#233;g&#226;ts commis par une jeune fille de 16 ans, confi&#233;e par un magistrat et plac&#233;e en autonomie dans un studio. Faute ou pas faute, surveillance ou pas surveillance, la responsabilit&#233; de l'institution est ici engag&#233;e (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Des-professionnels-menaces-d-etre-condamnes' class='spip_in'&gt;lire le cas de Patricia&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace de la justice p&#233;nale est le lieu de la mise &#224; mort, de la corrida de celui qui est soup&#231;onn&#233; d'avoir faut&#233; : &#171; Le caract&#232;re infamant d'une telle condamnation constitue en lui-m&#234;me un mode de satisfaction du d&#233;sir de justice des victimes &#187; remarquait le Conseil d'Etat dans un rapport. La responsabilit&#233; des professionnels peut tout d'abord &#234;tre incrimin&#233;e en cas d'atteintes involontaires (&#171; par maladresse, inattention n&#233;gligence, ou manquement &#224; une obligation de s&#233;curit&#233; ou de prudence impos&#233;e par la loi ou les r&#232;glements imprudence &#187; affirme l'article 221-6 du code p&#233;nal).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la d&#233;cision de la Cour d'Appel de Poitiers datant de 1991 et condamnant une &#233;ducatrice &#224; deux mois de prison avec sursis, pour n'avoir pas su emp&#234;cher la mort d'un adolescent de 14 ans jouant sur la plage, enseveli sous le sable alors qu'elle &#233;tait all&#233;e se baigner. Ou cet &#233;ducateur condamn&#233; &#224; un an de prison ferme pour n'avoir pas su d&#233;celer dans son suivi d'AEMO, le danger qui mena&#231;ait un enfant maltrait&#233; qui finira par &#234;tre assassin&#233; par son beau-p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela peut relever aussi de la non-assistance &#224; personne en danger. Le nouveau code p&#233;nal, entr&#233; en vigueur en 1994, a laiss&#233; aux intervenants sociaux tenus au secret professionnel, la libert&#233; de d&#233;cider en conscience de signaler ou non une situation de maltraitance. D&#233;noncer ne peut leur &#234;tre reproch&#233;, tout comme le fait de ne pas d&#233;noncer, et ce contrairement aux termes plus flous de la loi avant la r&#233;forme du code (circonstances qui ont amen&#233; une jurisprudence contradictoire tels les jugements d'Auch d&#233;cidant la relaxe et du Mans amenant dans l'affaire Montjoie &#224; une condamnation confirm&#233;e par la cour de cassation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, s'ils ne peuvent &#234;tre sanctionn&#233;s par la justice pour non-d&#233;nonciation d'un crime pass&#233;, ils peuvent l'&#234;tre pour n'avoir pas emp&#234;ch&#233; un crime &#233;ventuel et pr&#233;visible, constituant clairement un p&#233;ril imminent devant n&#233;cessiter une intervention imm&#233;diate. Ce peut &#234;tre le cas, par exemple, d'un inceste non r&#233;v&#233;l&#233; au procureur, se reproduisant apr&#232;s que le professionnel ait eu connaissance de la r&#233;v&#233;lation de la victime. &#192; ce jour, aucune jurisprudence n'est venue &#233;claircir les &#233;ventuels d&#233;veloppements judiciaires de ce cas de figure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre incrimination, celle relevant de la mise en danger d'autrui qui implique la violation d'une obligation de s&#233;curit&#233; et un risque imm&#233;diat et dangereux. Cela concerne par exemple des projets p&#233;dagogiques aberrants refus&#233;s par les tutelles et n&#233;anmoins appliqu&#233;s ou des loisirs propos&#233;s, alors qu'ils &#233;taient inaccessibles aux personnes prises en charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression croissante des victimes qui prennent de plus en plus leur place au sein de la justice et l'&#233;volution des textes l&#233;gislatifs qui recherchent avec autant de persistance le degr&#233; de responsabilit&#233; vont obliger le secteur m&#233;dico-social &#224; entrer dans une autre culture juridique. Les professionnels ne peuvent plus se contenter d'ignorer le droit et d'agir &#224; ses marges, comme cela s'est fait pendant longtemps. Peut-on craindre les d&#233;rives &#224; l'am&#233;ricaine, telle cette voyante touchant de lourdes indemnit&#233;s d'un h&#244;pital qu'elle accusait de lui avoir fait perdre son fluide apr&#232;s le passage sous un scanner ? La logique assurancielle qui semble gagner peu &#224; peu l'hexagone pourrait le faire craindre, sans que l'on puisse encore &#233;valuer l'ampleur de ces risques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les magistrats fran&#231;ais se r&#233;f&#232;rent &#224; des normes et &#224; des mod&#232;les qui &#233;voquent encore les agissements du &#171; bon p&#232;re de famille &#187; ou le professionnel &#171; conscient de ses responsabilit&#233;s &#187;. Quant &#224; la faute, elle est exon&#233;r&#233;e &#224; l'aune de circonstances telles &#171; l'impr&#233;visibilit&#233; du dommage &#187; ou encore &#171; la normalit&#233; des circonstances entourant celui-ci &#187;. Le travail de la justice consiste bien &#224; reconstituer m&#233;thodiquement les circonstances ainsi que la chronologie. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'une organisation des institutions qui passent par un &#233;crit fixant les responsabilit&#233;s de chacun (organigramme, fiches de poste, projet p&#233;dagogique, r&#232;glement int&#233;rieur, application du droit des usagers&#8230;). Il s'agit, en outre, d'&#233;laborer des proc&#233;dures qui facilitent les &#233;changes, pr&#233;viennent les difficult&#233;s et posent les probl&#232;mes pour mieux les appr&#233;hender et tenter de les r&#233;gler. Quant aux fautes involontaires, elles doivent faire l'objet d'une grande solidarit&#233; au sein de la profession. Car elles peuvent concerner tout le monde, y compris les meilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;preuve impos&#233;e &#224; des personnels dont le manquement d&#233;lib&#233;r&#233; n'est pas en cause a d'autant plus sensibilis&#233; l'Etat que de hauts fonctionnaires et des &#233;lus ont &#233;t&#233; &#224; leur tour, directement impliqu&#233;s. La r&#233;flexion actuelle du l&#233;gislateur tend &#224; mieux distinguer entre les fautes directes et indirectes, et entre celles qui sont graves et celles qui ne le sont pas. Jean-Marc Lhuillier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Intervention le 30 mars 2000, &#224; Nantes &#224; l'invitation de l'ANAS. Jean-Marc (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; rappelle n&#233;anmoins que &#171; les professionnels ont autant &#224; attendre de l'am&#233;lioration de l'organisation des services que d'un changement de la loi p&#233;nale &#187; (&lt;a href='https://www.lien-social.com/La-prise-de-risque-bientot-evaluee-a-la-baisse' class='spip_in'&gt;lire interview&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Intervention le 30 mars 2000, &#224; Nantes &#224; l'invitation de l'ANAS. Jean-Marc Lhuillier est docteur en droit et intervenant &#224; l'Ecole nationale de la sant&#233; publique &#224; Rennes, a publi&#233; en 1998 &#171; La responsabilit&#233; civile, administrative et p&#233;nale dans les &#233;tablissements et services sociaux et m&#233;dico-sociaux &#187; aux &#233;ditions ENSP&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La prise de risque, bient&#244;t &#233;valu&#233;e &#224; la baisse ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-prise-de-risque-bientot-evaluee-a-la-baisse</link>
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		<dc:subject>535</dc:subject>

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&lt;p&gt;Un grand danger, par exemple, est qu'on renferme les personnes alors que tous les efforts des derni&#232;res ann&#233;es &#233;taient de les sortir des &#233;tablissements. Explications de Jean-Marc Lhuillier, docteur en droit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous avez suivi de nombreuses affaires o&#249; des travailleurs sociaux ont &#233;t&#233; mis en cause par voie de justice. Leurs r&#233;actions sont diverses et certains s'inscrivent m&#234;me dans un processus de culpabilisation. Oui, il est frappant de noter les attitudes et la mani&#232;re dont r&#233;agissent les gens face &#224; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un grand danger, par exemple, est qu'on renferme les personnes alors que tous les efforts des derni&#232;res ann&#233;es &#233;taient de les sortir des &#233;tablissements. Explications de Jean-Marc Lhuillier, docteur en droit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez suivi de nombreuses affaires o&#249; des travailleurs sociaux ont &#233;t&#233; mis en cause par voie de justice. Leurs r&#233;actions sont diverses et certains s'inscrivent m&#234;me dans un processus de culpabilisation.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il est frappant de noter les attitudes et la mani&#232;re dont r&#233;agissent les gens face &#224; la justice. Il y a ceux qui int&#232;grent les fautes reproch&#233;es et les risques de condamnations p&#233;nales. Ils restent isol&#233;s. Il y a ceux qui sont plus &#171; extravertis &#187; qui vont se r&#233;volter contre le fonctionnement de la justice. Je crois qu'il faut trouver un &#233;quilibre entre ces deux types de r&#233;action. Toutefois, je pense qu'il faut lutter contre l'isolement et les effets des proc&#233;dures en mati&#232;re de justice p&#233;nale. C'est ce que l'on peut attendre d'un groupe professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut toutefois faire une distinction entre les fautes volontaires et involontaires. Il est certain que l'on ne va pas se solidariser avec quelqu'un qui est accus&#233; de crime volontaire mais au niveau des actes involontaires, il faut r&#233;agir. C'est l&#224; dessus que j'essaye de plus en plus de r&#233;agir. C'est &#224; l'image de ce qui se passe pour les &#233;lus accus&#233;s sur des motifs de responsabilit&#233; sur des actes involontaires. Une r&#233;flexion est engag&#233;e par le l&#233;gislateur avec des projets de changer la loi sur cette question. Cela n'emp&#234;che pas la mise en &#339;uvre d'une solidarit&#233; n&#233;cessaire au niveau des travailleurs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Finalement, justice et travail social font rarement &#171; bon m&#233;nage &#187;. Quels conseils pouvez-vous donner quand s'engage une proc&#233;dure judiciaire dans le cadre d'une intervention sociale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justice et travail social ne font pas bon m&#233;nage, mais il faudrait quand m&#234;me que les deux champs se rapprochent. Tout le monde est d'accord pour dire qu'il y a un lien n&#233;cessaire. Ce que l'on peut constater c'est que c'est quand m&#234;me le degr&#233; z&#233;ro de la coop&#233;ration quand l'un des partenaires met l'autre en prison. Ce qui diff&#233;rencie beaucoup le champs social de celui de la justice, c'est le rapport &#224; l'&#233;crit et l&#224; il pourrait y avoir des am&#233;liorations du c&#244;t&#233; social. Je crois qu'on n'&#233;crit pas assez dans le secteur social, or la justice fonctionne essentiellement sur des proc&#233;dures &#233;crites. Je crois que l&#224;, on aurait beaucoup &#224; apprendre, notamment dans le cadre de proc&#233;dures contradictoires. On aurait beaucoup &#224; apprendre dans le secteur social des m&#233;thodes &#233;labor&#233;es par la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conseil c'est toujours d'&#233;crire. &#192; partir du moment ou d&#233;bute une affaire, on sait qu'elle sera jug&#233;e 2 ans ou 3 ans apr&#232;s. S'il est question de jurisprudence administrative cela peut d&#233;passer les 10 ans. Vous comprendrez qu'il vaut mieux avoir des traces &#233;crites de ce que l'on a fait, de ce que l'on a pens&#233; plut&#244;t que de vagues souvenirs. C'est comme cela. J'aurais des craintes sur une justice trop rapide. Je crois que le temps permet aussi un recul par rapport &#224; l'&#233;v&#233;nement et je me m&#233;fierais d'une justice trop rapide ce qui de toute &#233;vidence n'est pas le cas actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La responsabilit&#233; p&#233;nale et civile des professionnels ne risque-t-elle pas d'&#234;tre paralysante pour le travail social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, je crois. Le grand probl&#232;me de la responsabilit&#233; p&#233;nale est qu'il y a des cons&#233;quences sur la prise en charge des usagers. On s'aper&#231;oit que la prise de risque, qui est n&#233;cessaire, va &#234;tre &#233;valu&#233;e d'une certaine mani&#232;re &#224; la baisse. Le grand danger par exemple est qu'on renferme les personnes alors que tous les efforts des derni&#232;res ann&#233;es &#233;taient de les sortir des &#233;tablissements. La prise de risque est diminu&#233;e dans les projets p&#233;dagogiques. Pour les professionnels, l'ambiance dans le travail et m&#234;me le plaisir de travailler est nettement diminu&#233;. Les cons&#233;quences les plus n&#233;fastes sont pour les usagers qui restent sous la pression des d&#233;cisions des magistrats. Ils le sont aussi en mati&#232;re civile avec les assureurs. Ces dimensions peuvent fortement influer sur les projets p&#233;dagogiques et les rendre moins innovants qu'ils n'&#233;taient ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vaut-il mieux trop signaler ou ne pas signaler suffisamment ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Vaut-il-mieux-trop-signaler-ou-ne-pas-signaler-suffisamment</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Risque professionnel</dc:subject>
		<dc:subject>535</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le doute, la pr&#233;vention doit l'emporter. La justice ne reprochera jamais aux professionnels de n'avoir pas r&#233;ussi &#224; mettre fin &#224; un p&#233;ril. En revanche, elle pourra toujours leur demander des comptes sur ce qu'ils ont mis en &#339;uvre pour tenter d'y arriver. &lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; la multiplication des d&#233;nonciations, av&#233;r&#233;es ou non, de violence &#224; enfant, les questions qui se posent &#224; toute direction de service ou d'&#233;tablissement socio-&#233;ducatif, mais aussi &#224; tout travailleur social sont nombreuses : faut-il signaler &#224; la (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le doute, la pr&#233;vention doit l'emporter. La justice ne reprochera jamais aux professionnels de n'avoir pas r&#233;ussi &#224; mettre fin &#224; un p&#233;ril. En revanche, elle pourra toujours leur demander des comptes sur ce qu'ils ont mis en &#339;uvre pour tenter d'y arriver.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; la multiplication des d&#233;nonciations, av&#233;r&#233;es ou non, de violence &#224; enfant, les questions qui se posent &#224; toute direction de service ou d'&#233;tablissement socio-&#233;ducatif, mais aussi &#224; tout travailleur social sont nombreuses : faut-il signaler &#224; la moindre inqui&#233;tude ? Faut-il v&#233;rifier au pr&#233;alable ou non la cr&#233;dibilit&#233; de la plainte ? Quel d&#233;lai est-il accord&#233; ? Quels sont les risques de devoir rendre des comptes &#224; la justice soit pour d&#233;nonciation trop tardive, soit pour d&#233;nonciation calomnieuse ? Peut-on faire confiance &#224; la justice ? Est-elle la mieux plac&#233;e pour juger la r&#233;ponse sociale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Pierre Rosenczveig, pr&#233;sident, respectivement, de l'ANCE et du tribunal pour enfant de Bobigny, propose des r&#233;ponses claires et pr&#233;cises &#224; tous ces questionnements dans une petite brochure &#233;dit&#233;e par l'ANCE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas souffrir de difficult&#233;s, explique tout d'abord Jean-Pierre Rosenczveig, il faut s'inscrire dans ce qu'il appelle le &#171; jeu des 7 lois &#187; que constituent les 7 registres normatifs suivants : la loi p&#233;nale (qui organise la sanction de toute infraction, d&#233;lit ou crime), la loi civile (qui r&#233;git les conflits entre personnes physiques ou morales), le droit du travail (qui concerne les rapports entre les employeurs et les employ&#233;s), la morale ambiante (&#233;volutive dans le temps, &#224; l'image de ces &#233;crivains p&#233;dophiles qui pouvaient encore d&#233;crire publiquement et librement leurs m&#233;faits il y a de cela quelques ann&#233;es, qui ne le pourraient plus aujourd'hui), les r&#232;gles du service (r&#233;partition des responsabilit&#233;s, organigramme, habitudes de travail&#8230;), la d&#233;ontologie (normes convenues dans la profession) et l'&#233;thique (les valeurs qui font agir en conscience). Si tous ces crans normatifs sont au m&#234;me niveau, la m&#233;canique ne s'enrayera pas. Si l'un des crans n'est pas au m&#234;me niveau, il y a l&#224; une source de dysfonctionnement qui peut amener &#224; se justifier devant une instance judiciaire ou disciplinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de la justice, le l&#233;gislateur et la jurisprudence vont, depuis quelques ann&#233;es, dans le m&#234;me sens. Cette tendance peut s'entendre comme une hi&#233;rarchisation des objectifs : face au danger constitu&#233; pour un mineur, ce qui l'emporte, c'est tout d'abord de faire cesser l'agression. C'est ensuite d'&#233;viter son renouvellement. C'est enfin la punition de l'agresseur. Ce qui prime donc c'est bien la protection de la victime. Le secret professionnel n'est pas opposable au signalement de la maltraitance &#224; enfant de moins de 15 ans ou &#224; personne vuln&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'intervenant qui est tenu &#224; cette obligation, a le choix de parler ou de ne pas parler. Mais, si le fait de se taire permet &#224; l'agression de se perp&#233;tuer, le professionnel ne pourra pas &#234;tre jug&#233; pour non-d&#233;nonciation de crime ou de d&#233;lit mais pour non-assistance &#224; personne en p&#233;ril qui est sanctionn&#233;e de 5 ann&#233;es d'emprisonnement et 500 000 francs d'amende (l&#224; o&#249; la violation du secret professionnel fait encourir &#224; son auteur 1 an d'emprisonnement et 100 000 F d'amende).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le doute, ce qui doit l'emporter donc, ce n'est pas l'abstention, mais la pr&#233;vention. Si l'on est aussi garant de la dignit&#233; et de l'honneur des adultes soup&#231;onn&#233;s, en aucun cas, cette crainte ne doit &#233;viter un signalement. Tout au plus, peut-on demander conseil au parquet, en &#233;vitant dans un premier temps, par exemple, de donner l'identit&#233; de la personne soup&#231;onn&#233;e. Quant aux poursuites pour d&#233;nonciation calomnieuse, la condition pour qu'elles soient possibles ne se limite pas &#224; ce que le mis en cause soit innocent&#233;. Encore faut-il que la personne ayant signal&#233; ait eu une volont&#233; manifeste de nuire et ait eu connaissance pr&#233;alable de l'inexactitude partielle ou totale des informations transmises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute maltraitance &#224; enfant doit donc faire l'objet d'un signalement, que cette violence soit le fait des familles ou des professionnels. Le temps o&#249; l'on s'abstenait d'intervenir aupr&#232;s de tel ou tel membre du personnel pour &#233;viter de salir l'institution ou pour ne pas faire de vagues, doit &#234;tre r&#233;volu. Mais il ne faut pas se contenter d'&#234;tre ferme et intraitable quand les incidents surviennent. La meilleure pr&#233;vention, c'est aussi la promotion d'une pratique qui soit respectueuse de l'usager. Cela passe, par exemple, par une &#233;limination des pratiques individuelles ou collectives bas&#233;es sur la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, parfois, on ne peut toujours &#233;viter une contention violente, en aucune mani&#232;re cette intervention doit &#234;tre &#233;lev&#233;e au rang de syst&#232;me. Cela passe aussi par un projet p&#233;dagogique qui fixe clairement les r&#232;gles du jeu et un fonctionnement largement ouvert vers le reste de la soci&#233;t&#233;. Sans oublier des fiches de poste pr&#233;cises, la professionnalit&#233; des intervenants assise sur une formation solide et une personnalit&#233; tremp&#233;e, une direction reconnue pour ses comp&#233;tences&#8230; autant de facteurs qui contribuent &#224; &#233;viter les d&#233;rives institutionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la justice ne reprochera jamais aux professionnels de n'avoir pas r&#233;ussi &#224; mettre fin &#224; un p&#233;ril, elle pourra toujours leur demander des comptes sur ce qu'ils ont mis en &#339;uvre pour tenter d'y arriver. C'est cette obligation de moyens qui fonde la responsabilit&#233; en la mati&#232;re. Et c'est l'honneur de ces professions que d'&#234;tre pr&#234;tes &#224; justifier de leurs actions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Des professionnels menac&#233;s d'&#234;tre condamn&#233;s</title>
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&lt;p&gt;La mort d'un enfant est un drame &#233;pouvantable pour sa famille. Mais elle n'a pas &#233;pargn&#233; l'&#233;quipe &#233;ducative et les jeunes du foyer. Les poursuites judiciaires ont provoqu&#233; un malaise qui a confin&#233; &#224; la parano&#239;a &lt;br class='autobr' /&gt;
Patricia vit une adolescence chaotique. &#192; 14 ans, elle multiplie, depuis un an et demi, fugue sur fugue et fr&#233;quente une bande de copains marginaux, &#226;g&#233;s eux-m&#234;mes de 30-40 ans. Souffrant d'un diab&#232;te insulino-d&#233;pendant (qui n&#233;cessite deux &#224; trois injections d'insuline par jour), elle arrive (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La mort d'un enfant est un drame &#233;pouvantable pour sa famille. Mais elle n'a pas &#233;pargn&#233; l'&#233;quipe &#233;ducative et les jeunes du foyer. Les poursuites judiciaires ont provoqu&#233; un malaise qui a confin&#233; &#224; la parano&#239;a&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Patricia vit une adolescence chaotique. &#192; 14 ans, elle multiplie, depuis un an et demi, fugue sur fugue et fr&#233;quente une bande de copains marginaux, &#226;g&#233;s eux-m&#234;mes de 30-40 ans. Souffrant d'un diab&#232;te insulino-d&#233;pendant (qui n&#233;cessite deux &#224; trois injections d'insuline par jour), elle arrive n&#233;anmoins &#224; g&#233;rer sa maladie. Ses parents le confirment : elle est autonome. Ce jour-l&#224;, elle r&#233;int&#232;gre son domicile pour venir chercher son chat. Son p&#232;re refuse de la laisser repartir et emploie pour cela la mani&#232;re forte. Le parquet, inform&#233; de la violence de l'altercation, d&#233;cide, par ordonnance de placement provisoire, de l'admission de l'adolescente au foyer d&#233;partemental de l'enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en septembre 1997. Une scolarisation est tr&#232;s vite programm&#233;e, mais l'assiduit&#233; de la jeune ne d&#233;passe pas une matin&#233;e. Elle revient toutefois le soir au foyer. Un samedi, elle ne rentre pas. La d&#233;claration de fugue est alors faite aupr&#232;s de la gendarmerie. Tout au long du week-end, Patricia t&#233;l&#233;phone au foyer. Elle est en &#233;tat d'&#233;bri&#233;t&#233;, mais assure prendre son traitement. Elle affirme vouloir partir avec les gens du voyage. Le dimanche soir, nouvelle communication t&#233;l&#233;phonique pour affirmer que finalement elle a d&#233;cid&#233; de revenir au foyer. Elle donne le num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone de l'appartement o&#249; elle se trouve. L'&#233;ducateur r&#233;ussit ainsi &#224; la localiser, mais pr&#233;f&#232;re attendre le retour annonc&#233;. Lundi matin, il termine son service et passe le relais &#224; son chef de service sans lui transmettre l'adresse qu'il est parvenu &#224; recueillir la veille. Pour le chef de service, Patricia se trouve donc toujours chez son ami et c'est l&#224; qu'il envoie les forces de l'ordre qui n'y trouvent personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or peu apr&#232;s, dans la nuit du lundi au mardi, Patricia tombe dans un coma diab&#233;tique dont elle ne se r&#233;veillera pas. La relation de la famille avec le foyer reste cordiale et respectueuse, jusqu'au jour o&#249; le carnet de sant&#233; de Patricia lui ayant &#233;t&#233; rendue, elle y d&#233;couvre un post-it sur lequel l'&#233;ducateur de permanence a not&#233; l'adresse qu'il avait pu obtenir par le num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone indiqu&#233; par Patricia. Pour la famille, il n'y avait plus de doute. Le foyer savait o&#249; se trouvait sa fille et n'avait pas fait son travail. Elle porte plainte. Le procureur requiert en f&#233;vrier 2000, 6 mois de prison avec sursis pour le chef de service et 4 mois avec sursis pour l'&#233;ducateur, la famille r&#233;clamant 300 000 F de dommages et int&#233;r&#234;ts. Le tribunal relaxe les professionnels du foyer d&#233;partemental de l'enfance avec comme motivation des consid&#233;rations sur la complexit&#233; d'un m&#233;tier dont la fonction consiste &#224; prendre en charge des jeunes en grande difficult&#233;. Mais ceux-ci restent toujours sous la menace d'une condamnation : la partie civile et le parquet ont fait appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort de Patricia est un drame &#233;pouvantable pour sa famille. Mais elle n'a pas &#233;pargn&#233; l'&#233;quipe &#233;ducative et les jeunes du foyer. Les poursuites judiciaires ont provoqu&#233; un malaise qui a pu confiner &#224; la parano&#239;a : r&#233;ticence &#224; l'accueil de population &#224; risque, h&#233;sitations &#224; organiser des sorties &#224; la mer ou en VTT, communication t&#233;l&#233;phonique imm&#233;diate &#224; la gendarmerie dans l'heure qui suit l'absence non programm&#233;e d'un jeune (compl&#233;t&#233;e par un fax). Sur 180 admissions de mineurs de plus de 12 ans, le foyer a eu &#224; g&#233;rer en 1999 pr&#232;s de 300 fugues (dont la dur&#233;e allait de 3 heures &#224; 2 mois, certains fugueurs ne r&#233;apparaissant jamais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuelle saisie syst&#233;matique de la gendarmerie submerge celle-ci de proc&#233;dures. Le drame dont a &#233;t&#233; victime Patricia a montr&#233; les failles d'un protocole qui n'&#233;tait peut-&#234;tre pas assez syst&#233;matique, mais qui avait fait ses preuves, depuis 1983, date d'arriv&#233;e du chef de service, puisqu'en 17 ann&#233;es &#224; ce poste expos&#233;, il n'a eu &#224; d&#233;plorer aucune cons&#233;quence dommageable. Une information non transmise a eu un effet d'une extr&#234;me gravit&#233;. L'erreur est manifeste, inutile de la nier ou de la minimiser. Pourtant, elle a &#233;t&#233; commise par deux professionnels exp&#233;riment&#233;s, tr&#232;s bien not&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En submergeant les gendarmeries et les brigades des mineurs d'informations, d&#232;s les premiers soup&#231;ons de fugue, avec pour objectif principal de se couvrir l&#233;galement, ne va-t-on pas paralyser l'action de ces instances qui n'arriveront pas &#224; traiter avec s&#233;r&#233;nit&#233; ce qui rel&#232;ve d'&#233;l&#233;ments d'inqui&#233;tude r&#233;elle et ce qui m&#233;rite d'&#234;tre relativis&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un poste expos&#233; &#224; la gestion de situations particuli&#232;rement difficiles, des actes aussi banals soient-ils, pos&#233;s par des professionnels aussi aguerris soient-ils, peuvent &#224; tout moment avoir des cons&#233;quences, selon les circonstances, tout autant b&#233;nignes que graves. Des proc&#233;dures claires et pr&#233;cises sont certainement n&#233;cessaires. Mais, r&#233;ussiront-elles &#224; r&#233;pondre &#224; tous les cas qui se pr&#233;sentent, &#224; toutes les situations qui n&#233;cessitent des initiatives et des prises de risque sans lesquelles aucun travail &#233;ducatif ne peut v&#233;ritablement avoir lieu ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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