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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>La force des repr&#233;sentations dans le champ du travail social</title>
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		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
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&lt;p&gt;Loin de lui l'id&#233;e de demander aux travailleurs sociaux de remiser leurs repr&#233;sentations au vestiaire. Au contraire, c'est en les confrontant &#224; celles des autres qu'ils pourront &#233;viter les certitudes trompeuses ou la neutralit&#233; bienveillante et repenser le sujet dans sa complexit&#233;. C'est le point de vue de David Bouaziz, docteur et chercheur en sciences de l'&#233;ducation et directeur g&#233;n&#233;ral de l'association gestionnaire de l'institut de formation d'&#233;ducateurs de Normandie au Havre &lt;br class='autobr' /&gt;
Y a-t-il une diff&#233;rence (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-824-" rel="tag"&gt;824&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Loin de lui l'id&#233;e de demander aux travailleurs sociaux de remiser leurs repr&#233;sentations au vestiaire. Au contraire, c'est en les confrontant &#224; celles des autres qu'ils pourront &#233;viter les certitudes trompeuses ou la neutralit&#233; bienveillante et repenser le sujet dans sa complexit&#233;. C'est le point de vue de David Bouaziz, docteur et chercheur en sciences de l'&#233;ducation et directeur g&#233;n&#233;ral de l'association gestionnaire de l'institut de formation d'&#233;ducateurs de Normandie au Havre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il une diff&#233;rence entre les repr&#233;sentations d'hier et celles d'aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r que les repr&#233;sentations d'hier ne sont pas celles d'aujourd'hui et sont diff&#233;rentes de celles de demain. Poser cette question, c'est en fait se demander : &#171; Si hier c'est aujourd'hui et si aujourd'hui c'est demain ? &#187; Les repr&#233;sentations naissent, s'&#233;laborent et se construisent &#224; partir d'&#233;l&#233;ments individuels, contextuels, sociaux qui sont relativement identifiables : l'&#233;volution du monde dans lequel nous vivons, les conditions dans lesquelles nous &#233;voluons, l'&#233;ducation que nous recevons, les modes des transmissions sociales, la solidarit&#233;, la citoyennet&#233;&#8230; l'accompagnement social. Mais elles changent aussi et &#233;voluent avec le temps, se construisent, se d&#233;construisent parce que le monde change, parce que des ph&#233;nom&#232;nes sociaux prennent des formes de plus en plus &#171; multi &#187; ou &#233;clatent en morceaux parce que des rep&#232;res sociaux fiables jusqu'alors ne sont plus que de vagues souvenirs de fiabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de travail social, les repr&#233;sentations se modifient avec la perception de soi et l'&#233;volution de l'action &#224; r&#233;aliser. Plusieurs aspects peuvent favoriser leurs &#233;volutions : les textes de loi, le registre politique, le changement, l'innovation, la reformulation d'un projet social ou institutionnel&#8230; Ces repr&#233;sentations doivent constituer autant de balises pour nous rappeler que le travail que nous faisons est infiniment impr&#233;gn&#233; d'humain, de relation&#8230; d'alt&#233;rit&#233;&#8230; Elles nous rappellent que le relationnel est &#233;minemment subjectif. Une repr&#233;sentation qui fluctue, c'est un humain qui r&#233;fl&#233;chit &#224; son positionnement, &#224; ses postures, c'est un travailleur social qui se pose la question de la complexit&#233; du travail de soutien qu'il va devoir mener. Une repr&#233;sentation qui change, c'est une pens&#233;e qui se pose, c'est un humain qui se m&#233;tamorphose, c'est le t&#233;moignage d'une maturation, d'une r&#233;flexion, d'une volont&#233; de reconna&#238;tre que les ph&#233;nom&#232;nes sociaux commencent par se pr&#233;senter et se repr&#233;senter dans leur complexit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable probl&#232;me, c'est quand les repr&#233;sentations ne changent pas alors que l'objet du travail, son contexte et ses formes mutent ou &#233;voluent. Ce qui fait du tort au travail social, c'est quand les repr&#233;sentations se sont cristallis&#233;es ou atrophi&#233;es. Par exemple en &#233;ducation ou en situation d'accompagnement, nous sommes confront&#233;s quelquefois &#224; des conduites et pratiques &#233;ducatives qui datent de la nuit des temps. Certains vouent les bienfaits d'une fess&#233;e, d'autres essaient de prouver &#224; quel point ils sont meilleurs que la famille&#8230; d'autres encore pensent que seul le pouvoir qui fait peur et &#233;crase est valide&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les travailleurs sociaux ne peuvent donc pas s'&#233;manciper de leurs repr&#233;sentations ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout acte &#233;ducatif se situe dans des processus d'interactions multiples entre des individus, des groupes, des institutions. Ces interactions pr&#233;supposent des repr&#233;sentations sociales de l'&#233;ducation qui, au niveau plus large, s'inscrivent dans le champ de l'id&#233;ologie. &#192; tous les niveaux hi&#233;rarchiques, du plus &#233;lev&#233; au plus pr&#232;s du terrain, les travailleurs sociaux sont des &#234;tres humains qu'on ne peut r&#233;duire &#224; une fonction, des missions, des savoirs ou des techniques. Leur &#234;tre et leur personne sont tr&#232;s largement impliqu&#233;s. Et il nous faut alors constater que des repr&#233;sentations sont &#224; l'&#339;uvre et op&#233;rantes dans leurs interventions et dans leurs intentions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul ne peut dans son processus d'intervention, faire totalement abstraction de sa vision id&#233;ologique et de ses repr&#233;sentations ou de celles qui dominent en soci&#233;t&#233;. Il peut et doit n&#233;anmoins pour les prendre en compte, savoir qu'elles existent et qu'elles sont inh&#233;rentes &#224; la mise en &#339;uvre du travail social, de la relation d'aide, du travail d'accompagnement et de soutien des familles et des usagers. Ce n'est qu'ainsi qu'il pourra &#233;vincer tous les poncifs et les discours de sens commun qui parlent d'objectivit&#233; sans afficher de valeurs, de philosophie de travail, de projet, d'utopie &#233;ducative pourtant sous-jacentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc totalement impossible au professionnel de s'en &#233;manciper. Reconna&#238;tre cette &#233;vidence et en &#234;tre conscient semble s&#251;rement un des meilleurs moyens de fonder des d&#233;cisions sur des bases solides. Chercher &#224; s'&#233;manciper de ses repr&#233;sentations, c'est, il me semble, ce qui arrive &#224; tous ces travailleurs sociaux qui se consid&#232;rent et se d&#233;crivent comme des &#171; techniciens du social &#187;, capables d'objectiver une relation, utilisant des discours empreints de &#171; neutralit&#233; &#187; d'o&#249; aucune repr&#233;sentation (trace affective concernant l'objet du travail) ne transpara&#238;t, ni m&#234;me ne transpire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment faire alors pour prendre de la distance &#224; l'&#233;gard de ces repr&#233;sentations ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre &#224; distance&#8230; Ce n'est pas l'option que je prendrais&#8230; Je dirais plut&#244;t faire avec et ne pas les ignorer&#8230; J'ai trop peur que prendre de la distance &#224; leur &#233;gard puisse devenir synonyme de neutralit&#233; ou d'objectivit&#233;. Une connaissance approfondie de soi-m&#234;me est un v&#233;ritable avantage lorsqu'il s'agit de mettre en commun et de partager. Ceci peut permettre alors de r&#233;fl&#233;chir sur les ambigu&#239;t&#233;s, les paradoxes, les ambivalences des postures professionnelles et des pratiques sociales qui s'effectuent en direction des usagers et qui sont influenc&#233;es par les repr&#233;sentations. L'espace o&#249; peuvent se travailler ces repr&#233;sentations, c'est l'&#233;quipe qui, au travers des d&#233;saccords et de la mise en commun des images mentales qu'elle peut permettre, met en &#233;vidence les diff&#233;rentes influences, vision, &#233;ducation, pratiques de chacun&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail met en demeure chaque travailleur social de mettre au grand jour son incontournable subjectivit&#233;, indispensable &#224; la recherche de compl&#233;mentarit&#233;s &#233;ducatives et professionnelles. Les repr&#233;sentations doivent, &#224; mon humble avis, &#234;tre ou devenir l'objet d'un travail institutionnel o&#249; chacun am&#232;nera du personnel au service de l'institutionnel, o&#249; le projet collectif n'est normalement rien d'autre que l'expression de repr&#233;sentations communes collectivement &#233;labor&#233;es. Le danger que l'on rencontre souvent dans les discours de chefs d'&#233;tablissements, c'est que le personnel (priv&#233; et intime) doit rester au dehors ; au vestiaire comme disent certains. Or, sans repr&#233;sentations, aucun travail social n'est envisageable, puisque de cet espace psychique naissent les notions de projet, les conceptions et les valeurs relatives &#224; toute action &#233;ducative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment les formations initiale et continue peuvent-elles contribuer &#224; identifier ces repr&#233;sentations et aider &#224; faire avec ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant la formation initiale, je pense qu'elle doit rendre le sujet apprenant perm&#233;able et r&#233;ceptif au doute et &#224; la complexit&#233;&#8230; L'&#233;tudiant aura &#224; cultiver ces notions et les faire siennes comme outil de travail incontournable d'appr&#233;hension du r&#233;el. Cette posture m'int&#233;resse parce qu'elle r&#233;v&#232;le, chez le sujet concern&#233;, une prise en compte de ses ambigu&#239;t&#233;s, de ses contradictions et de sa cr&#233;ativit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation doit avoir pour effet de d&#233;stabiliser le sujet, de l'emp&#234;cher de fabriquer des certitudes, v&#233;ritables remparts &#224; la mise en condition de la machine &#224; penser le r&#233;el complexe. La pr&#233;paration &#224; l'exercice du travail social ne peut &#234;tre con&#231;ue seulement comme une formation &#224; des t&#226;ches et &#224; des techniques, &#224; la simple acquisition d'une somme de nombreuses connaissances ou encore &#224; l'assimilation des pr&#233;requis d'une identit&#233; professionnelle. Elle doit aussi &#234;tre &#233;labor&#233;e comme un processus actif pr&#233;parant l'&#233;tudiant &#224; s'impliquer dans la dimension du savoir-&#234;tre professionnel en &#233;tant capable de percevoir au travers de ses actes ses questionnements, ses contradictions, ses tensions ainsi que ses paradoxes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe donc de permettre &#224; l'&#233;tudiant et au stagiaire d'&#233;viter les &#233;cueils que sont le plaquage de notions th&#233;oriques pour expliciter une pratique, la prise de recul insuffisante, voire la reproduction d'actes reposant sur une analyse approximative. Si la formation n'a pas pour but de produire un mod&#232;le professionnel standardis&#233; et unique, elle doit proposer des r&#233;f&#233;rences th&#233;oriques &#233;clectiques en lien avec des pratiques professionnelles r&#233;alistes, adapt&#233;es et transf&#233;rables autant que faire se peut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche clinique semble &#234;tre la plus pertinente car elle consiste &#224; partir d'observation de situations &#224; envisager et engager un d&#233;tour th&#233;orique, une &#233;lucidation conceptuelle. La th&#233;orie devient alors un &#233;clairage, un &#233;tayage, un outil de distanciation, de m&#233;diation et de compr&#233;hension. Ceci est d&#233;j&#224; un travail sur son propre espace de repr&#233;sentations. Le travail sur les repr&#233;sentations peut aussi se r&#233;aliser en formation continue. Mais il ne demeure pas une priorit&#233; puisque nous travaillons le plus souvent sur des demandes ou commandes institutionnelles qui privil&#233;gient rarement cette dimension. Nous sommes plut&#244;t sollicit&#233;s pour transmettre une information (plus ou moins approfondie) sur des sujets tr&#232;s diversifi&#233;s concernant le travail social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, un travail de questionnement de repr&#233;sentations s'effectue obligatoirement lorsque nous intervenons en situation de m&#233;diation, de r&#233;gulation ou de supervision d'&#233;quipe&#8230; de conflits ou de crise institutionnelle&#8230; Mais, c'est un travail qui s'av&#232;re difficile parce qu'il s'agit d'&#233;couter ce que chacun a &#224; dire, avec les propres repr&#233;sentations de l'humain qui se trouve derri&#232;re le superviseur. Se savoir porteur de repr&#233;sentations, les reconna&#238;tre, et ne pas les laisser trop transpara&#238;tre constitue alors un v&#233;ritable travail de m&#233;diation de soi au service des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; des directions des services et des &#233;tablissements du secteur reste et restera centrale afin d'&#233;viter que les espaces de parole o&#249; peuvent se d&#233;ployer les repr&#233;sentations ne soient verrouill&#233;s, et ainsi chacun pourra amener du soi au service des autres et de l'institutionnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Regard sur cinquante ans de travail social</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Regard-sur-cinquante-ans-de-travail-social</link>
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		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>824</dc:subject>

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&lt;p&gt;Au cours d'un colloque, l'association ADAEA a analys&#233; l'&#233;volution de ses pratiques professionnelles. Cette r&#233;trospective, dont l'int&#233;r&#234;t d&#233;passe largement le cadre de l'institution, retrace les &#233;volutions que le travail social a d&#251; accomplir pour s'adapter aux mutations de la soci&#233;t&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale que l'action sociale a, dans notre pays, vraiment pris de l'ampleur. Les premi&#232;res associations qui virent alors le jour ont pour beaucoup d'entre elles r&#233;sist&#233; &#224; l'usure du (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-824-" rel="tag"&gt;824&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au cours d'un colloque, l'association ADAEA a analys&#233; l'&#233;volution de ses pratiques professionnelles. Cette r&#233;trospective, dont l'int&#233;r&#234;t d&#233;passe largement le cadre de l'institution, retrace les &#233;volutions que le travail social a d&#251; accomplir pour s'adapter aux mutations de la soci&#233;t&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale que l'action sociale a, dans notre pays, vraiment pris de l'ampleur. Les premi&#232;res associations qui virent alors le jour ont pour beaucoup d'entre elles r&#233;sist&#233; &#224; l'usure du temps, sachant &#233;voluer et s'adapter aux mutations des pratiques et des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Association d&#233;partementale pour l'aide &#224; l'enfance et aux adultes en difficult&#233; (ADAEA), intervenant dans le d&#233;partement de l'Eure, f&#234;tait l'ann&#233;e derni&#232;re son jubil&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='ADAEA - 2 rue Ars&#232;ne Meunier - 27004 Evreux cedex. T&#233;l. 02 32 39 79 60. mail (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Fond&#233;e en 1956, elle d&#233;buta modestement par la mise &#224; disposition d'une assistante sociale de la CAF qui attendra de nombreux mois avant d'obtenir un bureau dans les locaux du palais de justice. Elle s'est depuis &#233;toff&#233;e, renfor&#231;ant les services offerts aux diff&#233;rents magistrats. Elle assure aujourd'hui les mesures ordonn&#233;es par les juges des enfants (aide &#233;ducative en milieu ouvert, enqu&#234;tes sociales, investigations d'orientation &#233;ducative, tutelles aux prestations sociales enfant), par le juge des tutelles (tutelles aux majeurs prot&#233;g&#233;s, tutelles aux prestations sociales adulte) ou encore par le juge des affaires familiales (lieu de rencontres entre parents et enfants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour f&#234;ter cet anniversaire, l'ADAEA proposait, le 12 octobre 2006, un colloque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Famille en mouvement : mod&#232;les familiaux pluriels, approches (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; consacr&#233; aux &#233;volutions &#224; la fois de la famille et des pratiques professionnelles destin&#233;es &#224; lui venir en aide.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8226; Les &#233;volutions des pratiques professionnelles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Philippe Boucquiaux, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et chef de service &#233;ducatif du service tutelle de l'ADAEA, est venu pr&#233;senter le r&#233;sultat d'un travail de recherche assur&#233; par un groupe de salari&#233;s de l'association sur les rapports d'activit&#233; qui se sont &#233;chelonn&#233;s pendant cinquante ans, ainsi que sur certains &#233;crits d'enqu&#234;te sociale, d'AEMO ou de tutelle. Ces documents refl&#232;tent des pratiques professionnelles fortement marqu&#233;es par leur &#233;poque, par les repr&#233;sentations et conceptions qui fondaient alors les actions des intervenants, explique-t-il en introduction de son intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place et la fonction de la famille ne constituent pas un th&#232;me r&#233;cent, comme le prouve cette d&#233;finition de l'action &#233;ducative qui &#171; est destin&#233;e &#224; restaurer la famille dans son r&#244;le de cellule positive et vivante de la soci&#233;t&#233; &#187; (rapport d'activit&#233; 1984). Pour autant, les normes dominantes de l'&#233;poque marqu&#232;rent fortement la vision des professionnels. Quelques extraits de documents datant des ann&#233;es 1960/1970 rendent bien compte de cette approche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monsieur est d&#233;prav&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en 1961, n'h&#233;site-t-on pas &#224; pr&#233;senter les familles comme &#171; fragiles &#187;, r&#233;v&#233;lant &#224; la fois leurs insuffisances &#233;ducatives (l'autorit&#233; paternelle &#233;tant devenue inop&#233;rante vis-&#224;-vis de l'enfant) et leur mode de vie d&#233;fectueux (concubinage, alcoolisme, paresse, travail irr&#233;gulier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1965, on parle des &#171; d&#233;viations morales &#187; des parents, de leur &#171; incomp&#233;tence &#224; concevoir une organisation familiale d'o&#249; d&#233;coulent l'ins&#233;curit&#233;, l'in&#233;ducation, le d&#233;s&#339;uvrement des enfants. &#187; On &#233;voque l'&#171; ignorance &#187; qui &#171; rappellerait l'&#233;poque moyen&#226;geuse &#187;, les t&#226;ches des assistantes sociales et des &#233;ducatrices &#233;tant pr&#233;sent&#233;es comme presque insurmontables. Et de disserter en 1965 sur la paresse qui serait l'aboutissement des chutes successives de la morale, de l'autorit&#233; des rites familiaux : &#171; Beaucoup d'enfants issus des familles suivies ont un genre de vie ralenti, restreint, pauvre. Ils m&#233;connaissent les principes &#233;l&#233;mentaires qui aident &#224; d&#233;couvrir les bienfaits de l'&#233;ducation, des relations avec les autres. Du reste leur pauvret&#233; verbale les emp&#234;che de proc&#233;der &#224; des &#233;changes valables, de communiquer avec un autre monde que le leur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1975, on soutient la dimension de reproduction interg&#233;n&#233;rationnelle de ces modes de vie : &#171; Les r&#233;cidives des d&#233;viances familiales se constatent h&#233;r&#233;ditairement. Nous constatons le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne qui se reproduit avec les enfants devenus parents, c'est-&#224;-dire la rusticit&#233; qui emp&#234;che l'&#233;volution. &#187; Tel p&#232;re est pr&#233;sent&#233; en 1967 comme &#171; r&#233;put&#233; courageux et alcoolique, comme ses parents d'ailleurs. &#187; Les p&#232;res en g&#233;n&#233;ral sont abord&#233;s &#224; partir de leur fonction instrumentale : pourvoyeur de revenus, leur rapport au travail est essentiel : &#171; Les ressources sont suffisantes bien que le p&#232;re ne travaille pas. Comme il y a un enfant chaque ann&#233;e et parfois deux dans les bonnes ann&#233;es, le montant des allocations familiales s'&#233;l&#232;ve tous les ans. &#187; (1964) ou encore &#171; Monsieur est paresseux, vit en parasite de la soci&#233;t&#233;. &#187; (1964), sans oublier les jugements particuli&#232;rement stigmatisants : &#171; Monsieur semble avoir abandonn&#233; son penchant pour la bouteille. &#187; (1965), ou encore &#171; Monsieur est un homme d&#233;prav&#233; par l'alcool, p&#232;re consid&#233;r&#233; comme une ruine, un d&#233;chet, irr&#233;cup&#233;rable, compl&#232;tement abruti. &#187; (1968).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la m&#232;re, elle est assign&#233;e au foyer, &#224; l'accomplissement des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res et d'&#233;ducation : &#171; La m&#232;re est tr&#232;s fatigu&#233;e, mauvaise ma&#238;tresse de maison, elle ne fait aucun effort pour tenir son foyer. &#187; (1962), &#171; Nous estimons que le m&#233;tier de veilleuse de nuit &#224; l'h&#244;pital n'est gu&#232;re conciliable avec le r&#244;le d'une m&#232;re de deux tr&#232;s jeunes enfants et bient&#244;t d'un troisi&#232;me, et nous souhaiterions que madame quitte cet emploi pour se consacrer &#224; ses enfants. Madame est &#224; surveiller et &#224; contr&#244;ler. &#187; (1978) &#171; La jeune m&#232;re, peu pr&#233;par&#233;e &#224; son destin d'&#233;pouse, de m&#232;re et de m&#233;nag&#232;re. &#187; (1975) &#171; La m&#232;re est de m&#339;urs l&#233;g&#232;res. Le logement est tr&#232;s isol&#233;, ce qui est un inconv&#233;nient car madame peut recevoir ses amants en l'absence de son mari qui travaille &#224; 6 km &#187; (1964)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1960/1970 &#233;taient tr&#232;s fortement marqu&#233;es par des pr&#233;occupations sanitaires. Le traitement socio-&#233;ducatif pr&#233;conis&#233; portait sur les cons&#233;quences de d&#233;faillances o&#249; l'hygi&#232;ne et le suivi m&#233;dical &#233;taient particuli&#232;rement soulign&#233;s. Les pratiques &#233;taient alors tr&#232;s cibl&#233;es dans ces domaines. On peut ainsi lire dans le rapport d'activit&#233; de 1963 que la cr&#233;ation du centre social qui ouvrit cette ann&#233;e-l&#224; &#171; a permis, entre autre, d'offrir la possibilit&#233; de proc&#233;der &#224; la toilette des enfants, d'utiliser des douches&#8230; Rechercher l'acquisition des habitudes de propret&#233;, t&#226;che qui peut appara&#238;tre bien simple, est pour les enfants une amorce au progr&#232;s social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les milieux mis&#233;reux, qui sont nos milieux de travail, sont perp&#233;tu&#233;s souvent par la malpropret&#233; corporelle, l'accoutumance aux odeurs malodorantes. La crasse ancestrale d&#233;t&#233;riore les personnalit&#233;s d'enfants et transforme leur psychisme. Ces enfants ont acquis peu &#224; peu des habitudes de l'incolore et de l'informe. Ils vivent trop agglutin&#233;s dans la cuisine et dans la chambre (quelle chambre souvent !) autour de leur m&#232;re ou sans elle, sans l'habitude des contacts sociaux, sans &#234;tre occup&#233;s. &#187; Rien que pour le plaisir, une petite derni&#232;re : l'euph&#233;misme qui permettait alors de parler &#224; demi-mot de l'inceste : &#171; Les fillettes notamment posent des probl&#232;mes s&#233;rieux par leur pr&#233;cocit&#233; qui les entra&#238;ne &#224; des exp&#233;riences troubles, clandestines souvent d&#233;couvertes dans le milieu familial. &#187; (1965).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mots utilis&#233;s, la mani&#232;re parfois &#171; directe &#187; de d&#233;signer, de stigmatiser la ou les personnes d&#233;viantes t&#233;moignent &#224; eux seuls de l'&#233;volution du regard pos&#233; et par voie de cons&#233;quences des pratiques qui s'y rattachent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rira-t-on de nous dans cinquante ans ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce qui valait hier ne vaut plus aujourd'hui ou plus exactement ce qui pr&#233;dominait hier n'est plus aussi actif aujourd'hui. La soci&#233;t&#233; &#233;volue, des mod&#232;les culturels apparaissent, d'autres s'estompent, sont moins actifs. Les pratiques &#233;voluent, de nouvelles apparaissent, d'autres s'estompent, certaines sont bannies &#187;&lt;/i&gt; conc&#232;de Philippe Boucquiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pratiques de l'ADAEA conna&#238;tront la m&#234;me &#233;volution que dans le reste du secteur. L'analyse du fonctionnement des familles entrera progressivement dans la logique de la complexit&#233;, se d&#233;gageant du mod&#232;le explicatif &#171; lin&#233;aire et causal &#187;, au profit d'une interrogation &#171; circulaire &#187; int&#233;grant tant une prise en compte du contexte que des effets produits par l'intervention socio-&#233;ducative elle-m&#234;me. La stigmatisation, la d&#233;signation des mauvais parents ou des enfants qui ont des conduites d&#233;viantes n'appara&#238;tront plus de mani&#232;re aussi tranch&#233;e et sans appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On per&#231;oit &#224; la fin des ann&#233;es 1970 l'amorce de ces nouvelles pratiques. L'intervenant n'est plus seulement celui qui observe de l'ext&#233;rieur, celui qui renseigne, celui qui conseille, celui qui impose un mod&#232;le dominant en se r&#233;f&#233;rant &#224; des valeurs &#224; fortes connotations morales, en se substituant aux parents d&#233;faillant, mais il est aussi celui qui &#339;uvre pour requalifier (aupr&#232;s des adultes concern&#233;s, aupr&#232;s des enfants et aupr&#232;s de l'environnement) une image parentale souvent disqualifi&#233;e et disqualifiante, qui &#339;uvre pour revaloriser des personnes en favorisant le d&#233;veloppement de leur(s) potentialit&#233;(s), commente Philippe Boucquiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ADAEA a eu le courage de regarder son pass&#233; qui est aussi le n&#244;tre. Ce coup de projecteur en arri&#232;re ne doit pas seulement nous faire sourire. &lt;i&gt;&#171; Il doit nous inciter &#224; l'humilit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;agira un participant au colloque qui rappellera qu'encore aujourd'hui on n'h&#233;site pas &#224; &#233;crire qu'un enfant est sale, en lieu et place d'&#233;voquer des probl&#232;mes qu'il rencontre avec l'hygi&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re la dimension technicienne qu'ils revendiquent, les travailleurs sociaux continuent &#224; fonctionner &#224; partir de leurs repr&#233;sentations, d&#233;montrera David Bouaziz, directeur de l'Association gestionnaire de l'institut de formation d'&#233;ducateurs de Normandie (Agifen), qui leur a consacr&#233; une &#233;tude de 800 pages (&lt;a href='https://www.lien-social.com/La-force-des-representations-dans-le-champ-du-travail-social' class='spip_in'&gt;lire son interview&lt;/a&gt;). Qu'ils s'appuient sur un registre normatif, qu'ils privil&#233;gient leurs affects ou revendiquent la dimension &#233;thique, ce n'est jamais le r&#233;el dont ils rendent compte mais la construction qu'ils s'en font.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce colloque de l'ADAEA a permis de regarder derri&#232;re nous. Mais comment seront jug&#233;s nos propos et nos &#233;crits actuels dans une cinquantaine d'ann&#233;es ? Feront-ils rire eux aussi ? Le recours &#224; l'euph&#233;misme parfois d'une mani&#232;re d&#233;cal&#233;e fera peut-&#234;tre l'objet de moqueries. Cette fa&#231;on de parler des ch&#244;meurs (demandeurs d'emploi), des pauvres (gens modestes), des gr&#232;ves (mouvements sociaux), du balayeur de rue (technicien de surface), du clochard (sans domicile fixe), de la prison (espace carc&#233;ral), du vandalisme (incivilit&#233;), du viol collectif (tournante), du bordel (salon de massage), de la prostitu&#233;e (travailleuse du sexe) etc. qui permet de contourner et d'&#233;viter les r&#233;alit&#233;s conflictuelles pourrait &#224; son tour faire l'objet d'acerbes critiques. Cette aseptisation du langage ne permet-elle pas de verrouiller le d&#233;bat en utilisant des mots de plus en plus d&#233;sincarn&#233;s et vides de sens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un ouvrage r&#233;cent, &#201;ric Hazan&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; LQR. La propagande du quotidien &#187;, &#201;ric Hazan, &#233;d. Raisons d'agir, 2006, (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d&#233;nonce ainsi le remplacement de la notion d'exploitation par celle d'exclusion : &#171; Ce glissement s&#233;mantique am&#232;ne en effet &#224; accepter que la lutte contre l'injustice soit remplac&#233;e par la compassion, et la lutte pour l'&#233;mancipation par les processus de r&#233;insertion et l'action humanitaire. &#187; Donnons-nous donc rendez-vous au colloque de l'ADAEA en 2056, pour le centi&#232;me anniversaire de cette association, afin d'entendre la suite du travail de recherche sur les repr&#233;sentations des professionnels des cinquante prochaines ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_667 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH407/aujourd_hui-87f8a.jpg?1694184440' width='500' height='407' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8226; Les mutations familiales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La vision que nous avons de la famille, explique Claude Martin, sociologue et directeur de recherche au CNRS, au cours du colloque, est li&#233;e aux trente glorieuses. Cette &#233;poque fut celle d'une croissance de cinq points par an, de la reconstruction, de l'&#233;laboration de la protection sociale et du ch&#244;mage marginal. Le mod&#232;le familial qui s'y d&#233;ploya correspondait &#224; la cellule nucl&#233;aire stable et f&#233;conde. Cette structuration &#233;tait bas&#233;e sur une stricte r&#233;partition du travail : l'homme &#233;tait destin&#233; &#224; la production (Monsieur Gagnepain) et la femme &#224; la reproduction (Madame Aufoyer). Le sujet entrait rapidement dans l'&#226;ge adulte. Le jeune homme se mettait en m&#233;nage peu de temps apr&#232;s la fin de son service militaire, trouvait un travail conforme au m&#233;tier qu'il avait appris, occupait un logement et &#171; faisait famille &#187;, sa femme mettant au monde des enfants et se consacrant &#224; leur &#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela a &#233;t&#233; bouscul&#233; par des conditions de vie qui ont compl&#232;tement chang&#233;, tant au niveau du travail que du logement ou des loisirs. Avec des r&#233;sultats que l'on conna&#238;t bien aujourd'hui : une r&#233;gression de la nuptialit&#233; (275 000 mariages en 2005 contre 387 400 en 1975), une explosion du nombre de divorces (42 pour 100 mariages), 48,3 % d'enfants naissant hors du mariage etc. Mais cette &#233;volution n'est pas que quantitative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Lazartigues, professeur de p&#233;dopsychiatrie &#224; l'universit&#233; de Brest proposa une distinction qualitative entre la famille des ann&#233;es 1960 et celle d'aujourd'hui. La famille d'autrefois, explique-t-il, s'appuyait sur l'autorit&#233; : les places interg&#233;n&#233;rationnelles y &#233;taient asym&#233;triques et une grande d&#233;pendance reliait ses membres. La transmission des valeurs se faisait d'une fa&#231;on verticale. Elle favorisait l'int&#233;riorisation des interdits et laissait une place importante &#224; l'alt&#233;rit&#233; qui s'imposait de par une dominante hi&#233;rarchique forte. La famille contemporaine s'appuie, tout au contraire, sur une logique consensuelle. Les places des parents et des enfants y sont sym&#233;triques, chacun &#233;tant incit&#233; &#224; l'autonomie et &#224; l'individualisme. La transmission des valeurs est horizontale. Ce qui l'emporte en son sein, c'est bien l'&#233;panouissement affectif de chacun. Les instances psychiques de contr&#244;le des interdits y sont largement affaiblies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;sir sous tutelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde dominante marquante de la famille traditionnelle &#233;tait le devoir. La place du collectif y &#233;tait exigeante, les id&#233;aux et mod&#232;les jouant un r&#244;le d'identification essentiel. Chaque membre vivait un fort sentiment d'appartenance. Le principe de d&#233;sir y &#233;tait mis sous tutelle, la l&#233;gitimation des comportements &#233;tant fond&#233;e sur l'exigence du collectif. La famille contemporaine se fonde quant &#224; elle sur l'h&#233;donisme. Les besoins individuels l'emportent sur les besoins collectifs : ce qui compte c'est la recherche de satisfaction des sensations individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre appara&#238;t tr&#232;s vite comme pers&#233;cuteur, en ce qu'il peut s'opposer au principe de plaisir qui tient ici une place centrale. L'autorit&#233; et le devoir de la famille d'autrefois pr&#233;paraient au respect d'autrui, mais entravaient la r&#233;alisation du d&#233;sir individuel dont l'inhibition posait un vrai probl&#232;me pour l'&#233;panouissement personnel. Le consensus et l'h&#233;donisme de la famille d'aujourd'hui permettent de r&#233;aliser bien plus librement le d&#233;sir du sujet, mais le contraint &#224; entrer dans une relation conflictuelle avec l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la personnalit&#233; n&#233;vrotico-normale pass&#233;e s'oppose l'organisation narcissico-h&#233;doniste pr&#233;sente. &#192; la domination tr&#232;s souvent &#233;touffante du surmoi qui interdisait la r&#233;alisation individuelle d'hier r&#233;pond sa faible efficacit&#233; actuelle qui laisse la porte ouverte &#224; la manipulation perverse d'autrui au seul profit de la satisfaction de l'ego. Faut-il se tourner vers notre proche pass&#233; pour y voir un &#226;ge d'or qu'il conviendrait de retrouver ? Rien de moins s&#251;r, r&#233;plique &#201;ric Fiat, philosophe et ma&#238;tre de conf&#233;rence &#224; l'universit&#233; de Marne-la-Vall&#233;e, sauf &#224; se revendiquer de l'int&#233;grisme catholique. Auparavant le devoir opprimait le d&#233;sir : personne n'a vraiment envie d'y retourner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, c'est le d&#233;sir qui opprime le devoir : &lt;i&gt;&#171; Une soci&#233;t&#233; d'&#233;gaux est avant tout une soci&#233;t&#233; d'egos qui se heurtent les uns les autres &#187;&lt;/i&gt;, affirme-t-il. Aristote, pour qui la vertu est toujours juste mesure entre deux vices (l'un par d&#233;faut, l'autre par exc&#232;s), valorisait le courage face &#224; la l&#226;chet&#233; et &#224; la t&#233;m&#233;rit&#233; et la g&#233;n&#233;rosit&#233; face &#224; l'avarice et &#224; la prodigalit&#233;. La bonne famille ne serait-elle pas celle qui r&#233;ussirait &#224; trouver la juste mesure entre le devoir et le d&#233;sir ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ADAEA - 2 rue Ars&#232;ne Meunier - 27004 Evreux cedex. T&#233;l. 02 32 39 79 60. mail : &lt;a href=&#034;mailto:adae.info@wanadoo.fr&#034; class='spip_mail'&gt;adae.info@wanadoo.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Famille en mouvement : mod&#232;les familiaux pluriels, approches socio-&#233;ducatives singuli&#232;res &#187; ADAEA, Evreux, 12 octobre 2006&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; LQR. La propagande du quotidien &#187;, &#201;ric Hazan, &#233;d. Raisons d'agir, 2006, p.10&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Regard sur cinquante ans de travail social</title>
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		<dc:creator>M&#233;lanie-LS</dc:creator>


		<dc:subject>824</dc:subject>

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		<title>La mort au quotidien</title>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Mort</dc:subject>
		<dc:subject>824</dc:subject>

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&lt;p&gt;Toutes les soci&#233;t&#233;s ont &#233;t&#233; pr&#233;occup&#233;es par la mort. Quelle que soit l'&#233;poque, elles continueront &#224; &#234;tre hant&#233;es par le deuil. Pour autant, la modernit&#233; a inaugur&#233; un cours nouveau : la volont&#233; d'&#233;vacuer ces d&#233;c&#232;s devenus encombrants pour les vivants. Quelle est la raison de cette profonde mutation ? Jusqu'au XVIIIe si&#232;cle, la mort est proche, fr&#233;quente et famili&#232;re. La mortalit&#233; infantile forte de 250 pour mille ne permet pas de compter sur une esp&#233;rance de vie sup&#233;rieure &#224; 28 ans. Quand le cap difficile de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L94xH150/arton1590-f7e24.jpg?1694184440' width='94' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toutes les soci&#233;t&#233;s ont &#233;t&#233; pr&#233;occup&#233;es par la mort. Quelle que soit l'&#233;poque, elles continueront &#224; &#234;tre hant&#233;es par le deuil. Pour autant, la modernit&#233; a inaugur&#233; un cours nouveau : la volont&#233; d'&#233;vacuer ces d&#233;c&#232;s devenus encombrants pour les vivants. Quelle est la raison de cette profonde mutation ? Jusqu'au XVIIIe si&#232;cle, la mort est proche, fr&#233;quente et famili&#232;re. La mortalit&#233; infantile forte de 250 pour mille ne permet pas de compter sur une esp&#233;rance de vie sup&#233;rieure &#224; 28 ans. Quand le cap difficile de l'enfance est pass&#233;, on peut esp&#233;rer vivre jusqu'&#224; 40 ans. Tout individu conna&#238;t indiff&#233;remment le d&#233;c&#232;s de ses descendants autant que de ses ascendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les progr&#232;s scientifiques et m&#233;dicaux ont laiss&#233; croire que l'homme pourrait lutter contre sa finitude. Il pourrait devenir immortel d&#232;s lors qu'il respecterait une soci&#233;t&#233; s&#233;curis&#233;e et s&#233;curisante. Il ne peut normalement enterrer que ses ascendants. Le monde moderne est marqu&#233; par deux tendances. Celle d'abord du d&#233;ni. Mort, vieillesse, folie sont devenues des r&#233;alit&#233;s inconvenantes que l'on se doit de retirer du regard des vivants. La biens&#233;ance veut qu'au mieux, on n'en parle pas, au pire qu'on l'&#233;voque au travers de litotes ou d'euph&#233;mismes (&#171; Il nous a quitt&#233; &#187;, &#171; Elle s'est &#233;teinte &#187;&#8230;). On cache les morts en d&#233;l&#233;guant la fin de vie aux h&#244;pitaux, la veille des corps aux morgues, la toilette mortuaires aux sp&#233;cialistes en thanatologie&#8230; toutes choses longtemps prises en charge par les familles (et plus particuli&#232;rement par les femmes). Il en va m&#234;me jusqu'&#224; cette cr&#233;mation qui implique la disparition d&#233;finitive des corps (l&#224; o&#249; l'enterrement peut sembler un simulacre de perp&#233;tuation de la vie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule la mort des h&#233;ros et des martyrs est c&#233;l&#233;br&#233;e. Le refus de la finitude se retrouve jusque et y compris dans les annonces n&#233;crologiques qui noient litt&#233;ralement le disparu dans une multitude de vivants : les membres de la famille longuement cit&#233;s qui rappellent l'affection de ses proches, mais aussi sa survivance au travers de la m&#233;moire et de ses descendants. La seconde tendance contemporaine, c'est bien le sentiment d'injustice. Les al&#233;as semblant largement ma&#238;tris&#233;s, la vie est consid&#233;r&#233;e comme immortelle tant que la date probable de la fin n'est pas atteinte. La mort est inopportune et inacceptable jusqu'&#224; cette &#233;ch&#233;ance. La certitude temporelle marque notre vivant, l'incertitude atemporelle caract&#233;rise notre mort. Rares sont les cas o&#249; le vivant apprend sa mort prochaine : le malade en phase terminale ou le condamn&#233; &#224; la peine capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques d&#233;cennies, les morts ont donc cess&#233; d'exister socialement. Ils ont &#233;t&#233; progressivement rejet&#233;s hors de la circulation symbolique du groupe. Pourtant, on note depuis quelques ann&#233;es la r&#233;surgence des repr&#233;sentations de la mort : silhouettes noires le long des routes pour pr&#233;venir les accidents, annonces de risques mortels sur les paquets de cigarettes etc. Cela signe-t-il l'amorce d'un mouvement inverse ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. &#233;r&#232;s, 2006 (154 p. ; 15 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'enfant face &#224; la mort d'un proche</title>
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		<dc:subject>Mort</dc:subject>
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&lt;p&gt;Notre soci&#233;t&#233; &#233;prise de jeunesse et de beaut&#233; veut &#224; tout prix cacher la mort aux yeux des plus jeunes. Il est vrai que la confrontation &#224; cette &#233;preuve est plus facile quand la maturit&#233; donne des capacit&#233;s psychiques pour y faire face. Mais on a trop pris l'habitude de prot&#233;ger nos enfants, en leur proposant un monde sans frustration, sans solitude, sans absence, sans malheur, sans perte, sans s&#233;paration. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l&#224; une grave erreur : le risque est grand alors de ne pas les pr&#233;parer &#224; surmonter les (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Notre soci&#233;t&#233; &#233;prise de jeunesse et de beaut&#233; veut &#224; tout prix cacher la mort aux yeux des plus jeunes. Il est vrai que la confrontation &#224; cette &#233;preuve est plus facile quand la maturit&#233; donne des capacit&#233;s psychiques pour y faire face. Mais on a trop pris l'habitude de prot&#233;ger nos enfants, en leur proposant un monde sans frustration, sans solitude, sans absence, sans malheur, sans perte, sans s&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; une grave erreur : le risque est grand alors de ne pas les pr&#233;parer &#224; surmonter les &#233;preuves normales de la vie dont la mort fait partie, quand bien m&#234;me elle arrive trop t&#244;t. Autre erreur : croire qu'ils ne sont pas en capacit&#233; de percevoir ce qui arrive. Ils sont dot&#233;s de v&#233;ritables antennes qui leur permettent de ressentir que quelque chose de grave est en train de se passer. Face &#224; une situation qu'ils ne comprennent pas, ils vont b&#226;tir leurs propres hypoth&#232;ses, &#233;chafauder leurs propres explications qui peuvent &#234;tre bien pires. Au pr&#233;texte d'&#233;viter un pr&#233;sum&#233; traumatisme, on cr&#233;e un profond malaise qui lui est bien r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi difficile que cela puisse &#234;tre, il faut leur dire la v&#233;rit&#233; car le mensonge risque de faire plus de d&#233;g&#226;ts que l'explication de la r&#233;alit&#233;. &#192; chacun ensuite de moduler ses propos et de choisir ses mots entre le silence et la parole un peu trop crue, trop brutale, &#224; la pr&#233;cision trop anatomique qui pourrait heurter. Il faut tout autant proscrire les classiques m&#233;taphores qui leur font croire que le proche serait parti en voyage, au ciel ou dans les &#233;toiles. De m&#234;me, il ne faut pas craindre de montrer le corps de la personne d&#233;c&#233;d&#233;e. Contrairement &#224; ce qu'on imagine souvent, cette vision n'occultera pas celle du parent joueur, sportif, joyeux qu'il &#233;tait jusque l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette image ne constituera qu'une des pi&#232;ces d'un puzzle qui ne p&#232;sera pas bien lourd au regard des exp&#233;riences communes v&#233;cues dans le pass&#233;, de tous les bonheurs emmagasin&#233;s en m&#233;moire. L'enfant a surtout besoin de faire la synth&#232;se entre ces diff&#233;rentes repr&#233;sentations. La mort d'un proche est un &#233;v&#233;nement d'une telle violence qu'il est difficilement admissible pour le psychisme humain. L'enfant n'&#233;chappe pas &#224; cette &#233;preuve. Mais il la vit, &#224; sa fa&#231;on. Il pourra r&#233;agir d'une mani&#232;re diff&#233;r&#233;e, ayant besoin de temps pour assimiler l'information. Il pourra aussi adopter des attitudes tr&#232;s d&#233;cal&#233;es, en se montrant en apparence indiff&#233;rent. Mais le chagrin est toujours l&#224;, tapi au fond de lui, pr&#234;t &#224; resurgir &#224; la premi&#232;re occasion. Il pourra aussi montrer sa col&#232;re contre le d&#233;funt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Respecter l'enfant en tant que protagoniste &#224; part enti&#232;re du processus de deuil n&#233;cessite non seulement d'accepter son rythme propre, mais aussi de le faire participer au groupe qui va accompagner la personne d&#233;funte, montrant ainsi que le disparu est toujours bien vivant dans le c&#339;ur de ses proches.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Albin Michel, 2006 (131 p. ; 8,50 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'opposabilit&#233; du droit au logement enfin en vue</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-opposabilite-du-droit-au-logement-enfin-en-vue</link>
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		<dc:subject>824</dc:subject>

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&lt;p&gt;Certaines mobilisations citoyennes sachant engendrer une pression m&#233;diatique seraient-elles plus efficaces que le patient travail des associations ? Ou bien les premi&#232;res engrangeraient-elles les fruits des secondes ? Le succ&#232;s de l'initiative des Enfants de Don Quichotte est &#224; cet &#233;gard exemplaire. Le droit au logement opposable est d&#233;sormais enfin en vue &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a un an, dans une ambiance pol&#233;mique, M&#233;decins du monde avait distribu&#233; quatre cents tentes aux SDF parisiens, &#171; par devoir de protection, (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Certaines mobilisations citoyennes sachant engendrer une pression m&#233;diatique seraient-elles plus efficaces que le patient travail des associations ? Ou bien les premi&#232;res engrangeraient-elles les fruits des secondes ? Le succ&#232;s de l'initiative des Enfants de Don Quichotte est &#224; cet &#233;gard exemplaire. Le droit au logement opposable est d&#233;sormais enfin en vue&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a un an, dans une ambiance pol&#233;mique, M&#233;decins du monde avait distribu&#233; quatre cents tentes aux SDF parisiens, &#171; par devoir de protection, pour rendre visibles celles et ceux que l'on ne veut plus voir, et pour sortir des solutions d'urgence qui n'en sont pas &#187;. Tout en lan&#231;ant une p&#233;tition intitul&#233;e D'une toile de tente &#224; un toit, l'association appuyait sa d&#233;marche sur un durcissement de la situation des sans-abri, et demandait un nombre suffisant de places &#171; de stabilisation &#187;, une mise &#224; plat commune du syst&#232;me d'h&#233;bergement d'urgence et l'instauration du droit au logement opposable. Elle estimait le nombre des personnes sans abri &#224; cent mille, et celui des mal-log&#233;es &#224; trois millions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des centaines de tentes align&#233;es en plein Paris depuis mi-d&#233;cembre et des installations analogues dans plusieurs grandes villes&#8230; &lt;a href=&#034;http://www.lesenfantsdedonquichotte.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Les Enfants de Don Quichotte&lt;/a&gt; &#8212; qui se d&#233;finissent comme &#171; mobilisateurs de la soci&#233;t&#233; civile &#187; et auxquels se sont adjoints certains travailleurs sociaux &#8212; demandent l'ouverture des structures d'h&#233;bergement 24 heures sur 24 et 365 jours par an, la cr&#233;ation imm&#233;diate d'une offre de logements temporaires et le d&#233;veloppement r&#233;el du logement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin d&#233;cembre, une Charte du canal Saint-Martin recueillait un large consensus : les grandes associations &#8212; DAL, M&#233;decins du monde, Emma&#252;s, ATD Quart Monde, &#8212; soutiennent le mouvement, rappelant sans rel&#226;che leur principale revendication, celle d'un droit au logement opposable. Car s'il est r&#233;guli&#232;rement affirm&#233; dans la loi &#8212; loi Quillot en 1982, loi Mermaz en 1989, loi Besson en 1990, loi de lutte contre les exclusions en 1998 &#8212;, le droit au logement demeure sans effet, ne pouvant donner lieu &#224; un recours devant les tribunaux. Et, malgr&#233; environ cent mille places d'h&#233;bergement, le dispositif est satur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet est politiquement porteur. Dans une m&#234;me d&#233;magogie, Jospin avait promis en 2002 &#171; z&#233;ro SDF d'ici &#224; 2007 &#187;, Sarkozy faisant r&#233;cemment miroiter le m&#234;me mirage s'il &#233;tait &#233;lu. Mais, pression m&#233;diatique aidant, les avanc&#233;es ont d&#251; rapidement se concr&#233;tiser : le 27 d&#233;cembre, Catherine Vautrin, d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; la Coh&#233;sion sociale, annon&#231;ait l'extension des horaires d'ouverture des centres d'accueil d'urgence et le quadruplement dans les mois qui viennent du nombre de places en h&#233;bergement de stabilisation. Le 31 suivant, Jacques Chirac souligne la n&#233;cessit&#233; de mettre en place &#171; un v&#233;ritable droit au logement opposable &#187; : &#233;chaud&#233;es, les associations restent prudentes. D'autres initiatives &#233;mergent : un collectif regroupant trois associations &#8212; DAL, Jeudi noir et le mouvement d'animation culturelle et artistique de quartier (Macaq), qui ont cr&#233;&#233; le minist&#232;re de la Crise du logement le 11 janvier &#8212; r&#233;quisitionnent un immeuble vide dans Paris.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les associations rappellent que des mesures restent &#224; prendre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Haut comit&#233; pour le logement des personnes les plus d&#233;favoris&#233;es (Hclpd) r&#233;p&#232;te que l'opposabilit&#233; est &#171; l&#233;gitime et n&#233;cessaire &#187;. Le 3 janvier, Villepin, sous pression, proclame deux &#233;ch&#233;ances : la fin de l'ann&#233;e 2008 pour la mise en &#339;uvre du droit au logement opposable pour les SDF ; l'horizon 2012 pour le m&#234;me concept en direction de &#171; toutes les personnes log&#233;es dans des habitations insalubres ou indignes &#187;. Tout en se r&#233;jouissant, les associations demandent une &#171; conf&#233;rence de consensus &#187; r&#233;unissant les acteurs de l'urgence et de l'insertion &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#192; lire sur l'accompagnement et la &#171; n&#233;cessit&#233; de nouveaux m&#233;tiers du social &#187; : (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pression, acc&#233;l&#233;ration : le 7 janvier, Villepin promet des solutions &#171; dans les prochaines heures &#187;. Les Enfants de Don Quichotte rencontrent sur la question Borloo et Vautrin &#224; plusieurs reprises. Finalement, dans un &#171; plan d'action renforc&#233; &#187;, les mesures tombent : 27 100 nouvelles places dont 9000 en maisons relais, pr&#233;sentation prochaine du projet de loi sur l'opposabilit&#233; (au conseil des ministres le 17 janvier, au S&#233;nat fin janvier, &#224; l'Assembl&#233;e en f&#233;vrier), obligation de proposition d'une solution p&#233;renne &#224; chaque personne h&#233;berg&#233;e&#8230; Du coup, les Enfants de Don Quichotte proposent de lever leurs campements (ils ne seront pas suivis partout, certaines tentes ne se d&#233;montant qu'avec une proposition concr&#232;te de solution). Un comit&#233; de suivi s'installe le 17 janvier sous la responsabilit&#233; d'un membre de l'inspection g&#233;n&#233;rale des affaires sociales (IGAS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux vaut tard que jamais. Mais la d&#233;marche peut interroger : la &#171; loi du tapage &#187; m&#233;diatique, avec le consensus compassionnel qu'elle implique, vaudrait-elle mieux que le lent et profond travail des associations ? Ou justement, le fruit, longuement travaill&#233; par celles-ci, est-il tomb&#233; &#224; point ? Le gouvernement s'est saisi dans l'urgence d'un dossier synth&#233;tis&#233; depuis de longs mois par une plateforme pour un droit au logement opposable. Vigilantes, les m&#234;mes associations rappellent que des mesures restent &#224; prendre pour l'accompagnement des personnes dans une d&#233;marche d'insertion, pour d&#233;velopper les actions pr&#233;ventives &#224; l'exclusion, pour d&#233;velopper l'acc&#232;s aux droits, pour donner des moyens &#224; la formation des personnels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; lire sur l'accompagnement et la &#171; n&#233;cessit&#233; de nouveaux m&#233;tiers du social &#187; : Des rues et des hommes, Andr&#233; Lacroix, &#233;d. Dunod, 2006 (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Des-rues-et-des-hommes-Les-SDF-une-question-de-societe' class='spip_in'&gt;lire la critique&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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