<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Lien Social</title>
	<link>https://www.lien-social.com/</link>
	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lien-social.com/spip.php?id_mot=430&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Lien Social</title>
		<url>https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L144xH45/siteon0-7409c.png?1693463828</url>
		<link>https://www.lien-social.com/</link>
		<height>45</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Suppl&#233;ance ou substitution : quel r&#244;le pour les maisons d'enfants ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Suppleance-ou-substitution-quel-role-pour-les-maisons-d-enfants</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Suppleance-ou-substitution-quel-role-pour-les-maisons-d-enfants</guid>
		<dc:date>2006-09-07T15:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>807</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Michel Chapponnais et Gilles Chenet sont tous deux directeurs d'une maison d'enfants &#224; caract&#232;re social. Leurs avis divergent quant aux fonctions que doit jouer cet outil. Nous avons propos&#233; &#224; chacun de s'expliquer &lt;br class='autobr' /&gt;
L'internat &#233;ducatif a mauvaise presse en France : quelles en sont &#224; votre avis les raisons ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Gilles Chenet : Je vois plusieurs causes &#224; cela, tout d'abord la m&#233;connaissance de ce qu'il s'y fait. Tout un imaginaire constitu&#233; de repr&#233;sentions subjectives les plus diverses se projette sur eux. (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-807-" rel="tag"&gt;807&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_716 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/IMG/jpg/place_-jiho.jpg' width=&#034;770&#034; height=&#034;395&#034; alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Chapponnais et Gilles Chenet sont tous deux directeurs d'une maison d'enfants &#224; caract&#232;re social. Leurs avis divergent quant aux fonctions que doit jouer cet outil. Nous avons propos&#233; &#224; chacun de s'expliquer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Michel Chapponnais est directeur de la maison d'enfants &#171; Les Marronniers &#187; &#224; (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'internat &#233;ducatif a mauvaise presse en France : quelles en sont &#224; votre avis les raisons ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilles Chenet&lt;/strong&gt; : Je vois plusieurs causes &#224; cela, tout d'abord la m&#233;connaissance de ce qu'il s'y fait. Tout un imaginaire constitu&#233; de repr&#233;sentions subjectives les plus diverses se projette sur eux. Du fantasme s&#233;curitaire en passant par la r&#233;&#233;ducation et le redressement jusqu'&#224; l'abandon, les images que l'on en a correspondent bien souvent &#224; des &#233;poques r&#233;volues. Les internats ont une histoire qui les enracine dans ce contexte et dont ils peinent &#224; se d&#233;barrasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre raison est qu'en masquant l'enfant, l'internat offre les parents au regard collectif qui les stigmatise, faisant abstraction de leurs potentiels pour ne mettre en avant que leurs dysfonctionnements. De plus, l'internat arrivant souvent en fin de parcours lorsque tous les autres types de mesure ont &#233;chou&#233;, viendrait symboliser le fiasco d&#233;finitif des parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin je crois que les r&#233;sultats de ces prises en charge sont difficilement &#233;valuables et que l'on n'a pas forc&#233;ment su le faire. La pertinence des placements n'est pas d&#233;montr&#233;e &#224; long terme, ce qui entra&#238;ne parall&#232;lement l'id&#233;e souvent v&#233;hicul&#233;e que cela co&#251;te trop cher face &#224; des r&#233;sultats al&#233;atoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Chapponnais&lt;/strong&gt; : Plut&#244;t qu'internat &#233;ducatif, nous devrions dire &#171; les internats &#187; car il r&#232;gne une grande diversit&#233; parmi le millier de structures existantes du fait des enfants, des adultes qui les habitent et des moyens variables mis &#224; la disposition de chacune (personnel, &#233;quipement, environnement). Rappelons que l'internat scolaire se porte plut&#244;t bien mais que l'internat &#233;ducatif sp&#233;cialis&#233; est souvent associ&#233; &#224; l'id&#233;e d'enfermement, de milieu clos contraignant. Le collectif de nos jours sied mal, individualisme oblige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re d'internat, chacun y va de sa subjectivit&#233; en fonction des exp&#233;riences qu'il a v&#233;cues ou des repr&#233;sentations qu'il s'est forg&#233;es. Disons rapidement que l'internat est associ&#233; &#224; l'id&#233;e de s&#233;paration, parfois douloureuse mais parfois salvatrice, nous y reviendrons. On op&#232;re souvent un amalgame entre le concept d'internat et celui de placement contraint : dans ce cas la fonction colore l'organe, pourtant il y a des placements volontaires qui satisfont l'enfant et la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains opposants au placement se laissent emporter par l'id&#233;ologie familialiste en oubliant que la famille est aussi le lieu privil&#233;gi&#233; de la maltraitance, m&#234;me si chacun r&#234;ve d'une famille heureuse et harmonieuse. Nous avons &#224; conna&#238;tre des familles maltraitantes voire tortionnaires dont les comp&#233;tences sont difficilement mobilisables, h&#233;las ! Aussi, il existe toute une litt&#233;rature lib&#233;ratrice et ancienne, &#224; l'encontre du placement du tr&#232;s jeune enfant (Spitz, Bolwby, Aubry, etc.) dont les conclusions ont &#233;t&#233; &#233;tendues abusivement &#224; tout placement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les ann&#233;es 2000 &#224; 2003 nous avons vu s'&#233;panouir un discours anti-placement qui visait &#224; r&#233;duire de moiti&#233; le nombre d'enfants plac&#233;s. Les professionnels se sont m&#234;me engag&#233;s dans un d&#233;bat entre substitution et suppl&#233;ance parentale comme s'il fallait choisir entre deux postures suppos&#233;es oppos&#233;es plut&#244;t que compl&#233;mentaires. Tout ceci contribue &#224; fa&#231;onner une repr&#233;sentation collective du placement. Enfin, si l'internat a mauvaise presse, c'est que les structures ne communiquent sans doute pas suffisamment sur les services qu'elles rendent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les avantages et inconv&#233;nients majeurs de cette forme de prise en charge ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilles Chenet&lt;/strong&gt; : Tout d'abord les internats ont le m&#233;rite de prot&#233;ger et d'offrir un cadre de vie coh&#233;rent &#224; des jeunes qui ne peuvent b&#233;n&#233;ficier de suffisamment de s&#233;curit&#233; psychique et physique &#224; leur domicile. De par la prise en charge globale qu'ils proposent, ils restent encore une bonne r&#233;ponse dans un certain nombre de situations. Enfin ils poss&#232;dent des moyens importants en terme de savoir-faire, de techniques, d'outils et d'&#233;quipement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les inconv&#233;nients sont nombreux : le d&#233;placement des usagers vers des lieux qui leur sont &#233;trangers les coupe de leur r&#233;seau affectif, social, de leurs rep&#232;res et parfois de leur histoire. Ensuite le placement invalide l'autorit&#233; parentale et emp&#234;che une juste &#233;valuation du lien. La capacit&#233; &#224; &#234;tre parent, la parentabilit&#233;, est ainsi peu sollicit&#233;e car il est plus simple de faire &#224; leur place. De plus l'internat a &#233;t&#233; pens&#233; pour donner des r&#233;ponses en plein qui laissent peu de marge aux acteurs. Ainsi l'usager, loin de b&#233;n&#233;ficier de ce qui lui est apport&#233;, met souvent en &#233;chec la mesure qui, agissant en trompe-l'&#339;il, dissimule une partie de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, &#224; partir du moment o&#249; l'enfant se trouve sous le regard permanent de l'institution, celle-ci tend &#224; croire qu'il se trouve dans le meilleur des mondes possibles pour lui. Intervenir en direction d'un usager &#171; captif &#187; donne l'illusion que le ma&#238;triser va le rendre &#233;ducable et r&#233;ceptif aux stimuli. Cela masque en fait un ensemble de paradoxes et de ph&#233;nom&#232;nes parasites li&#233;s au conflit de loyaut&#233; que le placement induit. Plus l'institution se montre bonne et pallie les carences, plus le jeune constate en retour les failles parentales. Ce ph&#233;nom&#232;ne provoque chez lui une tendance &#224; rejeter ce qui lui est apport&#233;, dans le d&#233;sir inconscient de renarcissiser ses parents, ce qui peut expliquer en partie les ruptures de placement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps les parents qui se vivent d&#233;poss&#233;d&#233;s et jug&#233;s, qui sont assign&#233;s &#224; montrer leur capacit&#233; &#224; faire aussi bien que les professionnels mais ne peuvent pourtant compter sur les m&#234;mes moyens qu'eux, vont avoir tendance &#224; interdire &#224; leur enfant de r&#233;ussir et d'aller bien (pour preuve, la r&#233;currence des &#233;checs scolaires chez les enfants plac&#233;s). Souvent l'adolescent fugue afin d'aller v&#233;rifier qu'il appartient toujours au syst&#232;me familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois parents et enfant vont viser un projet commun : le retour au domicile non pas comme fruit d'un cheminement n&#233;goci&#233; mais dans un rapport de force avec l'institution. On assiste alors &#224; un bras de fer permanent entre les acteurs qui vont mobiliser leur &#233;nergie en visant l'appropriation de l'enfant par l'une ou l'autre des parties, ce que j'appelle le syndrome de s&#233;paration. J'&#233;voque surtout l&#224; les placements judiciaires ou contraints mais ces difficult&#233;s n'en restent pas moins pr&#233;sentes par certains aspects dans le cadre administratif car derri&#232;re l'accord des parents peut se profiler leur d&#233;sengagement ou faire porter &#224; l'enfant lui-m&#234;me la responsabilit&#233; de ses difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'internat peut cr&#233;er une d&#233;pendance qui habitue l'usager &#224; tout recevoir de l'institution, ce qui oblit&#232;re la perspective de son retour en famille dans laquelle le niveau de satisfaction ne serait plus aussi bon, ainsi les parents perdent petit &#224; petit toute capacit&#233; et parfois toute volont&#233; de se mobiliser, ce qui d&#233;bouche sur des placements au long cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Chapponnais&lt;/strong&gt; : Commen&#231;ons par les inconv&#233;nients. L'absence d'une v&#233;ritable politique de diagnostic des difficult&#233;s de l'enfant conduit les travailleurs sociaux &#224; orienter des enfants qui pr&#233;sentent des troubles graves dans des structures &#224; caract&#232;re social qui ne sont pas &#233;quip&#233;es pour faire face aux besoins de ces enfants. Les dossiers d'admission sont souvent argument&#233;s d'un point de vu social, &#233;conomique ou scolaire, alors que parfois les besoins r&#233;els rel&#232;vent plut&#244;t de la p&#233;dopsychiatrie. Les enfants sont alors admis au nom du service rendu &#224; tous publics ou plus prosa&#239;quement, pour des causes budg&#233;taires li&#233;es au nombre de journ&#233;es &#224; r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains enfants &#171; cas limite &#171; , le s&#233;jour en milieu collectif d'ailleurs est une contre-indication du fait de leurs difficult&#233;s de relation &#224; l'autre. L&#224; encore, le choix des conditions de placement doit &#234;tre &#233;valu&#233; et diagnostiqu&#233;. De fait, le placement en milieu collectif doit r&#233;pondre &#224; une indication r&#233;fl&#233;chie pour que le th&#233;rapeutique de la s&#233;paration ne se dissolve pas dans le caract&#232;re h&#244;telier du placement. Les avantages &#224; pr&#233;sent : pour peu que le projet de l'&#233;tablissement alterne les temps de vie collectifs et les moments d'&#233;coute individualis&#233;e, qu'il reste ouvert sur l'ext&#233;rieur et soucieux de la parole de tous les enfants, l'internat est un r&#233;el outil de changement psychique. Cela suppose une &#233;quipe qui ne soit pas seulement un groupe de personnes. Seule une &#233;quipe pluridisciplinaire, poss&#233;dant une culture de diagnostic et de projet, peut prendre le relais aupr&#232;s d'enfants qui parfois peuvent &#234;tre usants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, pour les parents, il est parfois plus facile de confier leur enfant &#224; une structure qu'ils qualifient pudiquement d'internat scolaire plut&#244;t que de les confier &#224; une bonne famille avec qui ils seront en rivalit&#233;. Enfin, dans les situations o&#249; l'enfant doit &#234;tre prot&#233;g&#233; de ses parents, une institution peut &#234;tre un r&#233;el rempart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faut-il d&#233;velopper les formes alternatives au placement en maison d'enfants ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilles Chenet&lt;/strong&gt; : Bien s&#251;r c'est inexorable et une tendance lourde existe d&#233;j&#224;. Des formes alternatives s'exp&#233;rimentent sur le terrain allant de l'accueil s&#233;quentiel jusqu'au retour accompagn&#233; dans le milieu d'origine. Nombre de projets ont vu le jour, le SAPMN (service d'adaptation progressive en milieu naturel), l'accompagnement &#233;ducatif externalis&#233; et d'autres dont le socle commun est une praxis qui vise &#224; sortir des r&#233;ponses substitutives en donnant aux usagers les moyens de devenir acteur de leur devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'internat se repositionne en partenaire des parents autour de l'enfant et non plus en rival, met en &#339;uvre un processus qui tend &#224; cr&#233;er les conditions suffisantes de s&#233;curit&#233; et d'&#233;ducation au domicile. Le mineur souffrant de son placement tout en ayant besoin de ce qu'il lui apporte, les parents tout en n'arrivant pas &#224; garantir le cadre n&#233;cessaire revendiquant son maintien ou son retour aupr&#232;s d'eux, il fallait faire dispara&#238;tre ce point d'achoppement afin que l'aide devienne pertinente et accept&#233;e. C'est en consid&#233;rant l'h&#233;bergement dans l'internat comme une modalit&#233; et non plus comme une finalit&#233; que de vraies alternatives se sont esquiss&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si cette approche pose encore bien des questions, &#233;thiques, l&#233;gales, &#233;conomiques, on constate un mieux-&#234;tre des jeunes, une confiance nouvelle qui s'installe entre parents et professionnels et des prises en charge beaucoup plus courtes. Ainsi l'internat, plus que de contenir et d'&#233;duquer, devient un vecteur d'&#233;ducation et de parentalisation. Les moyens humains, techniques, mat&#233;riels dont il dispose sont mis &#224; disposition du bin&#244;me familial, il s'initie un travail de co&#233;ducation qui &#233;vacue les conflits, la souffrance et permet &#224; l'&#233;nergie des acteurs de se centrer sur l'int&#233;r&#234;t de l'enfant. Les enjeux de rivalit&#233; tombent d'eux-m&#234;mes car tous concourent au m&#234;me objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces alternatives demandent maintenant &#224; &#234;tre institu&#233;es afin de devenir mod&#233;lisables. Je crois que les professionnels qui travaillent dans les internats sont sortis des positionnements id&#233;ologiques dans lesquels il faudrait choisir entre placement ou famille. Il est n&#233;cessaire &#224; la fois de prot&#233;ger l'enfant tout en y associant les parents. Dans ce sens les internats restent de formidables outils &#224; condition qu'ils s'adaptent et &#233;valuent leurs actions tout en les faisant conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Chapponnais&lt;/strong&gt; : Oui pour les situations d'immersion ou de d&#233;part progressif et pour les situations qui ne rel&#232;vent pas de la n&#233;cessit&#233; d'une s&#233;paration th&#233;rapeutique affirm&#233;e. Pour les autres situations, cet assouplissement ne doit pas conduire &#224; des marchandages de s&#233;jours entre la famille ou l'institution, ni &#224; une abdication du r&#244;le protecteur de l'&#233;tablissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;voluer, certains enfants ont besoin de se sentir prot&#233;g&#233; de leurs parents par un tiers bienveillant mais ferme. Dans les situations d'abus sexuels pr&#233;sum&#233;s, l&#224; o&#249; le secret emp&#234;che l'enfant de penser, il n'y a r&#233;v&#233;lation que s'il y a attachement aux &#233;ducateurs, &#224; la structure. Pour cela il faut du temps, car un enfant ne change pas en quelques semaines ou quelques mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, tous ces enfants emp&#234;ch&#233;s de penser ont besoin d'une scolarit&#233; sp&#233;cialis&#233;e qu'ils peuvent trouver durant le placement pour peu que l'&#233;tablissement dispose d'une &#233;cole interne sp&#233;cialis&#233;e. Il est illusoire de s&#233;parer le cognitif de l'&#233;motionnel. Pour conclure, il n'y a pas de formes de prises en charges souveraines mais il faut se garder de placer en aveugle ou de rester sourd aux b&#233;n&#233;fices du placement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;ponse de Gilles Chenet &#224; Michel Chapponnais&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Malgr&#233; son professionnalisme ind&#233;niable, les propos de Michel Chaponnais alimentent la rh&#233;torique qui participe &#224; la mise &#224; l'&#233;cart du syst&#232;me familial par les professionnels socio-&#233;ducatifs au nom de l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur de l'enfant consid&#233;r&#233; comme &#233;l&#233;ment isol&#233;. C'est le m&#234;me discours qui a domin&#233; pendant des d&#233;cennies en justifiant les solutions primaires de substitution tout en taxant d'id&#233;ologie familialiste toute volont&#233; de remettre la famille au centre de l'intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, si l'on suit le raisonnement de Michel Chaponnais, l'internat id&#233;al ne devrait abriter que les seuls usagers dont les parents repr&#233;sentent un danger av&#233;r&#233; et avec lesquels aucun travail n'est possible ou avec lesquels tout &#224; &#233;t&#233; tent&#233;, mais est ce que cela correspond &#224; la r&#233;alit&#233; ? La r&#233;ponse est bien entendu n&#233;gative, les enfants maltrait&#233;s et abus&#233;s ne constituent qu'une minorit&#233; des usagers accueillis. Mais prendre d'embl&#233;e des exemples extr&#234;mes masque tous les autres et sert bien souvent &#224; justifier cette approche. La mat&#233;rialisation de la protection, par le recours &#224; des murs protecteurs sacralis&#233;s, concourt &#224; l'illusion qu'elle ne peut (ne doit ?) se penser autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;ponse de Michel Chapponnais &#224; Gilles Chenet&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Bien s&#251;r que d'embl&#233;e nous devons avoir une position empathique et de soutien avec les parents, mais il ne faut pas craindre, dans certaines situations, qu'ils soient &#171; d&#233;poss&#233;d&#233;s &#187; car les enfants, sujets en devenir, ne sauraient &#234;tre des objets de possession&#8230; Dans les situations de maltraitance, il convient de faire en sorte que le parent maltraitant se d&#233;partisse de cet objet et que l'enfant, prenant une distance, d&#233;veloppe un regard critique sur le parent qui l'a malmen&#233;. Les liens dont on parle si souvent sont parfois plus des garrots que des attaches. Restaurer les liens soit, mais il faut du r&#233;alisme, du pragmatisme et de l'&#233;valuation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;paration n'est pas une fatalit&#233;, un discr&#233;dit, ce peut &#234;tre une mesure salutaire tant pour l'enfant que pour la famille. Rompre avec ses attaches peut &#234;tre une perte irrempla&#231;able ou un d&#233;chirement constructif et un nouveau d&#233;part. D'autre part, il est parfois des comp&#233;tences parentales qui, malgr&#233; les bonnes volont&#233;s, ne pourront jamais &#234;tre mobilis&#233;es au regard de nos moyens. L'id&#233;ologie de la famille et celle du parent biologique p&#232;sent lourdement sur les jugements et sur les fins de placement. Le retour en famille ne devrait pas &#234;tre prononc&#233; en fonction d'une dur&#233;e, ou d'une parentalit&#233; id&#233;alis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers temps le placement se porte court, m&#233;fions-nous de la mode, elle ne convient pas &#224; tous. Pour les enfants victimes, il ne saurait y avoir une alternance n&#233;goci&#233;e jusqu'&#224; la d&#233;liquescence du b&#233;n&#233;fice th&#233;rapeutique de la s&#233;paration. La modernisation n'est pas une affaire de longueur, mini ou maxi, mais une affaire de qualit&#233; et de sujet &#224; prot&#233;ger. Il faut trouver les moyens de diagnostiquer, certes pour rendre compte de nos pratiques et satisfaire la loi&#8230; mais surtout nous devons arrimer nos actions &#224; une &#233;valuation clinique au service des enfants qui nous sont confi&#233;s et des parents par r&#233;percussion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Chapponnais est directeur de la maison d'enfants &#171; Les Marronniers &#187; &#224; Versailles, auteur de &#171; Placer l'enfant en institution : MECS, foyers &#233;ducatifs et village d'enfants &#187;, Dunod, 2005.&lt;br class='manualbr' /&gt;Gilles Chenet est directeur de la maison d'enfants &#171; Marie Dominique &#187; &#224; Vernaison (pr&#232;s de Lyon), auteur de &#171; En finir avec le placement ou j'habite chez mes parents &#187;,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;ditions Jeunesse et droit, 2004, (&lt;a href='https://www.lien-social.com/En-finir-avec-le-placement' class='spip_in'&gt;lire la critique&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les maisons d'enfants &#224; l'&#233;preuve du temps</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Les-maisons-d-enfants-a-l-epreuve-du-temps</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Les-maisons-d-enfants-a-l-epreuve-du-temps</guid>
		<dc:date>2006-09-07T15:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Internat</dc:subject>
		<dc:subject>807</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;H&#233;riti&#232;res des sinistres orphelinats d'antan, les maisons d'enfants &#224; caract&#232;re social ont fait peau neuve et n'ont pas toujours bonne r&#233;putation. On les critique souvent, mais on ne sait pas s'en passer. Retour sur une institution incontournable &lt;br class='autobr' /&gt;
On conna&#238;t depuis quelques ann&#233;es une offensive contre les placements d'enfants jug&#233;s pr&#233;judiciables aux familles. On se souvient de la mise en accusation d'ATD Quart-monde pr&#233;tendant que les s&#233;parations intervenaient surtout en raison de la pauvret&#233; des (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Internat" rel="tag"&gt;Internat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-807-" rel="tag"&gt;807&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_711 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/IMG/png/mieux-avant_jiho.png' width=&#034;700&#034; height=&#034;536&#034; alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;riti&#232;res des sinistres orphelinats d'antan, les maisons d'enfants &#224; caract&#232;re social ont fait peau neuve et n'ont pas toujours bonne r&#233;putation. On les critique souvent, mais on ne sait pas s'en passer. Retour sur une institution incontournable&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On conna&#238;t depuis quelques ann&#233;es une offensive contre les placements d'enfants jug&#233;s pr&#233;judiciables aux familles. On se souvient de la mise en accusation d'ATD Quart-monde pr&#233;tendant que les s&#233;parations intervenaient surtout en raison de la pauvret&#233; des parents. Le rapport Naves - Cathala (2000) fit justice de cette affirmation : &lt;i&gt;&#171; Aucun des enfants accueillis provisoirement ou plac&#233;s, dont la mission a examin&#233; la situation, n'a &#233;t&#233; s&#233;par&#233; de &#171; son milieu actuel &#187; du seul fait de la pauvret&#233; de ses parents, m&#234;me s'il est impossible de nier l'importance du facteur &#171; pr&#233;carit&#233; &#187; dans les s&#233;parations enfants-parents subies &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Accueils provisoires et placements d'enfants et d'adolescents &#187;, Pierre (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier rang des cibles des adversaires du placement, l'internat &#233;ducatif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='On compte dans notre pays 150 000 enfants s&#233;par&#233;s de leur famille, dont 100 (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui n'a jamais eu tr&#232;s bonne presse. Bien des raisons peuvent expliquer ce d&#233;ficit de cr&#233;dit. Pourtant, parmi les arguments le plus souvent avanc&#233;s, nombreux sont ceux qui ne se v&#233;rifient pas dans la r&#233;alit&#233;, relevant bien plus de la rumeur quand ce n'est pas de la mauvaise foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Chapponnais, directeur d'une maisons d'enfants &#224; Versailles a publi&#233; r&#233;cemment un ouvrage qui dresse un passionnant &#233;tat des lieux sur cette question (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Suppleance-ou-substitution-quel-role-pour-les-maisons-d-enfants' class='spip_in'&gt;lire l'interview&lt;/a&gt;). L'occasion pour nous de faire le point sur cet outil de protection de l'enfance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Placer l'enfant en institution &#187;, Michel Chapponnais, Dunod, 2005 (lire la (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un d&#233;samour qui remonte loin&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'abandon d'enfant reste, sous l'ancien r&#233;gime comme apr&#232;s la R&#233;volution fran&#231;aise, extr&#234;mement fr&#233;quent. Ainsi, au XVIIe si&#232;cle, il correspond dans la capitale &#224; environ 30 % des naissances. L'aide qui pouvait &#234;tre apport&#233;e aux m&#232;res et &#224; leurs enfants fut pendant longtemps peu diff&#233;renci&#233;e de l'assistance aux adultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les h&#244;pitaux g&#233;n&#233;raux et les hospices cr&#233;&#233;s d&#232;s le Moyen &#194;ge regroupaient indistinctement les enfants avec les vieillards, les indigents, les vagabonds et les infirmes. La mortalit&#233; infantile est alors terrifiante parmi ceux qui y trouvent refuge : beaucoup de b&#233;b&#233;s meurent en quelques mois, du fait du manque cruel d'hygi&#232;ne et des maladies qui r&#232;gnent en ma&#238;tre : scarlatine, rougeole, dipht&#233;rie et tuberculose font des ravages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, jusqu'au XVIIIe si&#232;cle, aucune loi particuli&#232;re ne prot&#232;ge l'enfance. La R&#233;volution change la donne. La loi du 27 juin 1793 pr&#233;cise que : &#171; La nation se charge d&#233;sormais de l'&#233;ducation physique et morale des enfants connus sous le nom d'enfants abandonn&#233;s et qui seront d&#233;sormais indistinctement appel&#233;s orphelins &#187;. Un arr&#234;t&#233; en date du 20 mars 1797 d&#233;cide de confier les enfants pauvres ou abandonn&#233;s &#224; des nourrices ou &#224; des particuliers, afin qu'ils soient &#233;lev&#233;s et instruits. D&#232;s que les orphelins atteignent leur douzi&#232;me ann&#233;e, le versement des pensions s'arr&#234;te. Un d&#233;cret du 19 janvier 1811 d&#233;cide qu'au-del&#224; de cet &#226;ge, ils seront plac&#233;s en apprentissage chez des laboureurs et des artisans (pour les gar&#231;ons), &#171; chez les m&#233;nag&#232;res ou couturi&#232;res ou dans les fabriques ou manufactures &#187; (pour les filles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point d'orgue de plus d'un si&#232;cle d'&#233;laboration d'une l&#233;gislation organisant le statut de l'enfant assist&#233;, la loi du 27 juin 1904 propose un dispositif de protection de l'enfance dont on retrouve encore les grandes lignes aujourd'hui. Y sont d&#233;finis les b&#233;n&#233;ficiaires, les conditions d'attribution des aides aux m&#232;res veuves, divorc&#233;es ou abandonn&#233;es par leur mari, le r&#233;gime tut&#233;laire pour le pupille, le cadre budg&#233;taire&#8230; L'Assistance publique se voit confier l'administration des enfants. Cette institution deviendra en 1964 la DDASS et changera &#224; nouveau de nom avec la d&#233;centralisation des ann&#233;es 1980, au gr&#233; des d&#233;partements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'option qui a &#233;t&#233; prise de plut&#244;t favoriser l'accueil familial n'a pas emp&#234;ch&#233; la cr&#233;ation d'internats. D&#232;s 1888, apparaissent des orphelinats sp&#233;cialis&#233;s dits &#171; correctionnels ou de pr&#233;servation &#187; qui se chargent de ramener les enfants dans le droit chemin. La loi du 28 juin 1904 &#171; relative &#224; l'&#233;ducation des pupilles de l'Assistance publique difficiles ou vicieux &#187; pr&#233;cise que le public concern&#233; est celui des mineurs ne pouvant &#234;tre confi&#233;s &#224; des familles en raison de &#171; leur indiscipline ou de leurs d&#233;fauts de caract&#232;re. &#187; Si celui qu'on d&#233;signe alors sous le terme de pupille commet &#171; des actes d'immoralit&#233;s, de violences ou de cruaut&#233; &#187;, il sera confi&#233; &#224; l'administration p&#233;nitentiaire pour &#234;tre orient&#233; vers une maison p&#233;nitentiaire ou une colonie correctionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de la l&#233;gislation sur la protection de l'enfance, l'internat est donc utilis&#233; comme une mesure r&#233;pressive qui vise les enfants les plus rebelles et le placement familial est privil&#233;gi&#233; comme lieu de la bonne &#233;ducation. Pourtant, quand on le regarde de plus pr&#232;s, celui-ci n'a alors vraiment rien d'idyllique. Il arrive parfois que les enfants meurent au cours du voyage qui les m&#232;ne dans les lointaines provinces o&#249; les attendent les familles d'accueil. La mortalit&#233; les frappe tout autant dans leurs nouveaux foyers du fait des dures conditions de vie qui leur sont faites et des maladies. Les nourrices ne sont en aucun cas inqui&#233;t&#233;es en cas de d&#233;c&#232;s des pupilles. Ces placements sont pour elles, avant tout, une op&#233;ration financi&#232;re dans laquelle le bien-&#234;tre de l'enfant n'a aucune place. En pratique, celui-ci sert le plus souvent de main-d'&#339;uvre gratuite et restera souvent &#224; l'&#226;ge adulte, comme ouvrier agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le placement familial d'aujourd'hui n'a plus rien &#224; voir avec cette situation. Les assistantes familiales se sont professionnalis&#233;es. Pour autant, le 119, le num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone national pour l'enfance maltrait&#233;e place en t&#234;te des institutions faisant l'objet d'appel de plainte pour mauvais traitements&#8230; les assistantes maternelles (25,50 %) &#224; quasi-&#233;galit&#233; avec les &#233;coles primaires (20,60 %)&#8230; les maisons d'enfants arrivant loin derri&#232;re avec 8 %. La cruaut&#233; des m&#339;urs n'a jamais &#233;pargn&#233; aucun dispositif, tout comme d'ailleurs les efforts d'humanisation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un internat aux inspirations tr&#232;s diversifi&#233;es&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Autre circonstance collant aux basques de l'internat, sa dimension qu'on imagine moins humaine et moins &#233;panouissante, plus autoritaire et plus stricte. On cite fr&#233;quemment les J&#233;suites comme &#233;tant &#224; l'origine m&#234;me du concept m&#234;me d'accueil des mineurs en pension. La p&#233;dagogie qu'ils mirent au point s'inspira largement des r&#232;gles r&#233;gissant la vie monastique : l'ob&#233;issance, la soumission &#224; l'autorit&#233;, l'humilit&#233; y c&#244;toient une vie rude, aust&#232;re, ritualis&#233;e et disciplin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#233;tonnamment, ils sont aussi &#224; l'origine du projet individualis&#233; et du r&#233;f&#233;rent &#233;ducatif (qui prend alors le nom de directeur de conscience !) dont l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e s'est empar&#233;e depuis. Ils tiennent aussi les parents &#224; l'&#233;cart pour mieux r&#233;genter l'&#233;ducation de l'enfant. On retrouve l&#224; le reproche de substitution fr&#233;quemment fait aux m&#233;thodes des internats &#233;ducatifs contemporains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce mod&#232;le, m&#234;me s'il a &#233;t&#233; premier, est bien loin de recouvrir la totalit&#233; des exp&#233;riences &#233;ducatives. Des &#233;ducateurs et des m&#233;decins, ainsi que des mouvements d'&#233;ducation populaire et des p&#233;dagogues ont anim&#233; des lieux d'accueil bien diff&#233;rents. On peut citer Pestalozzi qui regroupe une cinquantaine d'enfants pauvres et orphelins dans un domaine &#224; Birr, en Suisse. Adepte des principes &#233;ducatifs de Rousseau, il fonde le mode relationnel &#233;ducateur/enfant sur l'adh&#233;sion et la libert&#233; ainsi que sur l'apprentissage de la vie communautaire. Pionnier de l'&#233;ducation populaire, il cr&#233;era en 1806 un institut pour former des &#233;ducatrices de la petite enfance ainsi qu'un institut pour enfants sourds et muets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi les r&#233;publiques d'enfants con&#231;ues comme des microsoci&#233;t&#233;s, dot&#233;es de r&#232;gles &#233;tablies en commun et dont l'application repose tant sur les enfants que sur les adultes : la George Junior Republic fond&#233;e en 1885 et qui accueille sur 150 hectares les enfants pauvres de New York, la colonie de Gorki cr&#233;&#233;e par Makarenko en Russie en 1919, en pleine guerre civile, qui regroupe des enfants vagabonds ou sans famille, ou encore la maison des orphelins cr&#233;&#233;e par Janus Korczack &#224; Varsovie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a enfin ces exp&#233;riences p&#233;dagogiques qui mettent tout particuli&#232;rement l'accent sur les libert&#233;s individuelles et la confiance dans les potentialit&#233;s de l'enfant : c'est l'orphelinat du d&#233;partement de la Seine situ&#233; &#224; Cempuis qui est r&#233;organis&#233; par Paul Robin de 1880 &#224; 1893, c'est le domaine de La Ruche &#224; Rambouillet qui fonctionnera de 1904 &#224; 1917 ou encore le c&#233;l&#232;bre coll&#232;ge de Summerhill en Angleterre qui, ouvert en 1961, existe toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du monachisme aux r&#233;publiques d'enfants en passant par les mouvements p&#233;dagogiques nouveaux, les influences ont &#233;t&#233; multiples. Ces exp&#233;riences tr&#232;s dissemblables ont chemin&#233; c&#244;te &#224; c&#244;te, donnant aux internats des contenus diversifi&#233;s allant du pire au meilleur.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les d&#233;g&#226;ts du familialisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; Bruno Bettelheim d'&#233;crire une sentence qui allait alourdir encore la mal&#233;diction qui p&#232;se sur l'internat : &#171; La pire des familles vaut mieux que le meilleur des internats ! &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='appendix' title='in &#171; La forteresse vide &#187;, Bruno Bettelheim, Gallimard Commander ce (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; L'accusation est classique : la place des familles devrait &#234;tre premi&#232;re dans l'&#233;ducation de l'enfant et l'internat par sa d&#233;rive substitutive chercherait non seulement &#224; les remplacer, mais surtout &#224; les &#233;vincer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve l&#224; une confusion tr&#232;s r&#233;pandue, d&#233;nonc&#233;e depuis longtemps par Maurice Berger : l'id&#233;alisation du lien de filiation au d&#233;triment de l'attachement. Ce qui permet &#224; l'enfant de se structurer et de grandir dans de bonnes conditions, ce n'est pas tant de vivre avec ses g&#233;niteurs que de b&#233;n&#233;ficier de relations satisfaisantes avec eux. Ce dont il a besoin, ce n'est pas d'un lien avec ses parents biologiques qui serait par essence bon, mais de leur pr&#233;sence ad&#233;quate lui procurant un sentiment de s&#233;curit&#233; et d'estime de soi ainsi qu'un plaisir partag&#233;. Or, ces qualit&#233;s, on ne les retrouve pas d'embl&#233;e chez les parents. Leur capacit&#233; d'attachement peut &#234;tre suffisante et permettre un &#233;tayage suffisant. Mais elle peut tout autant s'av&#233;rer d&#233;fectueuse et s'exercer d'une fa&#231;on traumatisante, devenant alors source d'une excitation angoissante ou d'une d&#233;sorganisation pathologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi ne faut-il pas h&#233;siter &#224; le proclamer haut et fort : &#171; Il est des circonstances o&#249; les accidents de la vie obligent les institutions &#224; se substituer aux parents pour le bien de l'enfant. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='appendix' title='Michel Chapponnais, opus cit. p.51' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cela ne signifie pas qu'il faille le faire tout le temps et pour tous les enfants. Mais il arrive que cela soit n&#233;cessaire. Y renoncer, par principe et d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, revient &#224; sacrifier l'enfant au mythe de la famille &#171; creuset de l'humanit&#233; &#187; et &#171; cellule de base de l'&#233;ducation &#187; dans laquelle il faudrait le maintenir co&#251;te que co&#251;te. Il est de bon ton de s'appesantir sur la violence que repr&#233;sente la s&#233;paration de l'enfant d'avec sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop souvent, on fait silence sur les souffrances qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e et qui n'ont pas de commune mesure avec le placement lui-m&#234;me qui parfois constitue un v&#233;ritable soulagement. Les risques du placement ne signifient pas un placement &#224; risque, sauf &#224; le consid&#233;rer avant tout comme la punition et la d&#233;construction de la famille et non comme la protection et la reconstruction de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier argument venant prendre &#224; d&#233;faut la critique familialiste contre l'approche substitutive de l'internat : en France, la moyenne de s&#233;jour des enfants en internat &#233;ducatif est pour 42 % d'entre eux inf&#233;rieure &#224; un an, 23,4 % &#224; un an &#224; peine et 14 % &#224; deux ans. Les placements de 3 ou 4 ans ne repr&#233;sentent que 7 % du nombre d'enfants accueillis. Le syst&#232;me de protection de l'enfance en France aurait donc tendance non &#224; garder trop longtemps les enfants hors de leur famille, mais &#224; les y renvoyer tr&#232;s vite. D'o&#249; la mise en question de ce placement de si courte dur&#233;e : &#171; Peut-on en une ann&#233;e faire &#233;voluer psychologiquement un enfant, r&#233;duire sa souffrance psychique, effacer plusieurs ann&#233;es de maltraitance, combler ses lacunes d'apprentissage scolaire ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='appendix' title='Michel Chapponnais, op. cit. p.118' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision et la dur&#233;e du placement ne doivent pas &#234;tre prises pour satisfaire les parents ou leur &#171; redonner leur dignit&#233; &#187; mais en fonction de l'int&#233;r&#234;t de l'enfant, qui pour &#234;tre li&#233; &#224; sa famille, existe malgr&#233; tout s&#233;par&#233;ment d'elle. Outil indispensable, l'internat &#233;ducatif doit &#234;tre utilis&#233; apr&#232;s une &#233;valuation au plus proche de la situation de l'enfant et de sa famille. La pr&#233;conisation de cette solution doit correspondre &#224; un diagnostic pr&#233;cis. C'est ce que tentent de faire au quotidien les travailleurs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand S&#233;gol&#232;ne Royal, ministre de la Famille, annon&#231;a en 2001 sa volont&#233; de r&#233;duire de 50 % les placements, un groupe de professionnels la moucha avec pertinence : &#171; 50 % de placements en moins et/ou 49,9 % d'enfants malheureux en plus ! &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-7' class='spip_note' rel='appendix' title='Association nationale des professionnels et acteurs de l'action sociale et (...)' id='nh2-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/004001642/index.shtml&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Accueils provisoires et placements d'enfants et d'adolescents&lt;/a&gt; &#187;, Pierre Naves et Bruno Cathala, La Documentation Fran&#231;aise, p.25&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On compte dans notre pays 150 000 enfants s&#233;par&#233;s de leur famille, dont 100 000 sont plac&#233;s en famille d'accueil, en lieu de vie, chez des tiers dignes de confiance ou chez un membre de leur famille et 50 000 accueillis en internat &#233;ducatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions de placement se r&#233;partissent en :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;199 foyers d&#233;partementaux de l'enfance (dont 188 en gestion publique) accueillant 9879 mineurs. 38,7 % d'entre eux disposent d'une capacit&#233; sup&#233;rieure &#224; 50 places. Ils re&#231;oivent 73 % de leurs pensionnaires sur d&#233;cision de justice, 13 % l'&#233;tant par d&#233;cision administrative, 11 % par d&#233;l&#233;gation de l'autorit&#233; parentale ou par tutelle. Seuls 1,4 % ont le statut de pupille. 57,2 % des mineurs accueillis y font un s&#233;jour inf&#233;rieur &#224; trois mois, justifiant ainsi du r&#244;le de gestion de l'urgence d&#233;volu aux FDE. &#192; l'issue du s&#233;jour, 41 % des mineurs retournent dans leur famille et 38,8 % sont orient&#233;s vers un autre placement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; 1126 maisons d'enfants &#224; caract&#232;re social (dont 61 en gestion publique) accueillant 41 800 mineurs. 52,3 % d'entre elles disposent de 26 &#224; 75 places (2,6 % proposent plus de 100 places). 41,2 % des mineurs concern&#233;s sont adress&#233;s par l'aide sociale &#224; l'enfance (mesure judiciaire et administrative), 32,7 % l'&#233;tant directement par le juge des enfants. 68,6 % arrivent directement des familles, 20 % ayant &#233;t&#233; r&#233;orient&#233;s depuis un autre &#233;tablissement. 49,6 % s&#233;journent moins d'un an. 52,3 % des mineurs plac&#233;s retournent dans leur famille &#224; l'issue de leur s&#233;jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; 17 villages d'enfants accueillant 900 mineurs. La gestion est exclusivement associative. 68 % des enfants sont issus de placements ant&#233;rieurs. 84,7 % d'entre eux sont confi&#233;s directement par l'aide sociale &#224; l'enfance. 30,1 % y s&#233;journent plus de 5 ann&#233;es, 23,3 % deux ann&#233;es et 19,3 % moins d'une ann&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Placer l'enfant en institution &#187;, Michel Chapponnais, Dunod, 2005 (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Placer-l-enfant-en-institution' class='spip_in'&gt;lire la critique&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;in &#171; La forteresse vide &#187;, Bruno Bettelheim, Gallimard &lt;a href=&#034;http://ad.zanox.com/ppc/?15085919C80744305T&amp;ULP=http://www3.fnac.com/advanced/book.do?isbn=9782070404346&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Commander ce livre&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Chapponnais, opus cit. p.51&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Chapponnais, op. cit. p.118&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-7' class='spip_note' title='Notes 2-7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Association nationale des professionnels et acteurs de l'action sociale et sanitaire en faveur de l'enfance&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les maisons d'enfants &#224; l'&#233;preuve du temps</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Les-maisons-d-enfants-a-l-epreuve-du-temps-9162</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Les-maisons-d-enfants-a-l-epreuve-du-temps-9162</guid>
		<dc:date>2006-09-07T09:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;lanie-LS</dc:creator>


		<dc:subject>807</dc:subject>

		<description>

-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/sommaires" rel="directory"&gt;Sommaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-807-" rel="tag"&gt;807&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L103xH150/arton9162-29997.png?1693569882' width='103' height='150' /&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.lien-social.com/IMG/pdf/2006_-_807_-_basse_def.pdf" length="16848019" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Placer l'enfant en institution</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Placer-l-enfant-en-institution</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Placer-l-enfant-en-institution</guid>
		<dc:date>2006-09-06T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Internat</dc:subject>
		<dc:subject>807</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'internat est n&#233; du besoin ressenti par l'&#201;glise de scolariser les enfants pour les soustraire &#224; l'influence du protestantisme. Et quelle meilleure fa&#231;on de veiller &#224; sauver leur &#226;me que de les s&#233;parer de leurs familles ? Le fonctionnement restera longtemps tr&#232;s collectif (repas et dortoir dans de grandes salles communes) et internalis&#233; (&#233;cole, loisirs en interne avec peu d'ouverture sur l'environnement). Utilis&#233;s pour &#233;loigner les enfants de l'influence de leurs familles, les internats seront aussi (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Internat" rel="tag"&gt;Internat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-807-" rel="tag"&gt;807&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L97xH150/arton1366-83658.jpg?1693569882' width='97' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'internat est n&#233; du besoin ressenti par l'&#201;glise de scolariser les enfants pour les soustraire &#224; l'influence du protestantisme. Et quelle meilleure fa&#231;on de veiller &#224; sauver leur &#226;me que de les s&#233;parer de leurs familles ? Le fonctionnement restera longtemps tr&#232;s collectif (repas et dortoir dans de grandes salles communes) et internalis&#233; (&#233;cole, loisirs en interne avec peu d'ouverture sur l'environnement). Utilis&#233;s pour &#233;loigner les enfants de l'influence de leurs familles, les internats seront aussi pr&#233;conis&#233;s pour ceux qui n'en ont pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;riti&#232;re de ces pratiques, l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e n'attendit pas, comme on le pr&#233;tend trop souvent, l'&#233;poque contemporaine pour se d&#233;barrasser de la mauvaise habitude d'&#233;loigner les parents. Il y a pr&#232;s de 40 ans que la collaboration avec les familles naturelles a fait l'objet d'une p&#233;dagogie adapt&#233;e aux situations des enfants accueillis : &#171; L'internat sera pour l'enfant s&#233;par&#233; de sa famille un milieu suppl&#233;ant et pour l'enfant priv&#233; de famille un milieu substitutif &#187; &#233;crivait le Docteur Mathis, en 1969.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les structures de substitution se r&#233;duisent pour l'essentiel &#224; une poign&#233;e d'&#233;tablissements con&#231;us pour accueillir des enfants d&#233;laiss&#233;s (les villages d'enfants). L'&#233;crasante majorit&#233; des maisons d'enfants &#224; caract&#232;re social se fixe pour objectif de combler les d&#233;faillances passag&#232;res et provisoires des familles. Travail d&#233;licat qui n&#233;cessite de cr&#233;er les conditions de l'attachement, n&#233;cessaire &#224; une bonne &#233;volution des enfants accueillis, tout en &#233;vitant de les placer dans un conflit de loyaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux sur l'hospitalisme comme les critiques portant sur les placements assimil&#233;s &#224; des stigmatisations de la mis&#232;re ont contribu&#233; &#224; accro&#238;tre le discr&#233;dit sur l'internat comme outil &#233;ducatif. On oublie trop souvent que de toutes les institutions accueillant des enfants, ce sont bien les familles qui constituent le creuset de la violence et de la maltraitance (84,4 % des auteurs &#233;tant issus de la famille, contre 5,4 % de professionnels).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En surinvestissant la famille et en d&#233;nigrant les maisons d'enfant on se prive de la possibilit&#233; de disposer d'un lieu tiers qui permet &#224; l'enfant de se d&#233;connecter d'une r&#233;alit&#233; d&#233;structurante pour mieux se reconstruire ensuite. &#171; Le placement est une chance pour l'enfant lorsque l'institution joue pleinement son r&#244;le protecteur et qu'elle vient faire obstacle &#224; la toute-puissance du parent maltraitant sur son enfant &#187; (p.169).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Chapponnais nous propose ici un ouvrage tr&#232;s riche et tr&#232;s complet. Il nous dresse un tableau du dispositif g&#233;n&#233;ral tout en l'illustrant d'un exemple tr&#232;s concret de fonctionnement d'une maison d'enfants. Mais il ne se contente pas de pr&#233;senter l'existant, il r&#233;pond aussi aux arguments des anti-placements et se projette sur ce que pourrait &#234;tre la maison d'enfant de demain. Assur&#233;ment un ouvrage de r&#233;f&#233;rence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Dunod, 2005 (234 p. ; 24 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La peur de la s&#233;paration. De l'enfance &#224; l'&#226;ge adulte</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-peur-de-la-separation-De-l-enfance-a-l-age-adulte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/La-peur-de-la-separation-De-l-enfance-a-l-age-adulte</guid>
		<dc:date>2006-09-06T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Relation</dc:subject>
		<dc:subject>807</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s sa naissance, le b&#233;b&#233; ne se limite pas &#224; une simple demande de nourriture. Sa qu&#234;te va bien au-del&#224;, tentant de structurer une relation protectrice et s&#233;curisante avec son entourage et notamment avec la personne qui le materne. L'attachement qui va se tisser alors r&#233;pond directement &#224; ce besoin. Il permet d'&#233;tablir un investissement fort avec l'objet libidinal, objet d'amour et de d&#233;sir. Mais, ce lien privil&#233;gi&#233; &#233;tant appel&#233; &#224; ne pas &#234;tre permanent, &#171; l'angoisse de s&#233;paration d&#233;veloppementale (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Relation" rel="tag"&gt;Relation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-807-" rel="tag"&gt;807&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton1367-42428.jpg?1693569882' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s sa naissance, le b&#233;b&#233; ne se limite pas &#224; une simple demande de nourriture. Sa qu&#234;te va bien au-del&#224;, tentant de structurer une relation protectrice et s&#233;curisante avec son entourage et notamment avec la personne qui le materne. L'attachement qui va se tisser alors r&#233;pond directement &#224; ce besoin. Il permet d'&#233;tablir un investissement fort avec l'objet libidinal, objet d'amour et de d&#233;sir. Mais, ce lien privil&#233;gi&#233; &#233;tant appel&#233; &#224; ne pas &#234;tre permanent, &#171; l'angoisse de s&#233;paration d&#233;veloppementale constitue une donn&#233;e normale, obligatoire et attendue chez tout enfant &#187; (p.27).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure qu'il devient capable de se repr&#233;senter l'objet disparu, de discriminer ce qui l'entoure et de comparer avec un mod&#232;le int&#233;rioris&#233;, l'enfant va tol&#233;rer de plus en plus l'&#233;loignement des &#234;tres qui lui sont chers. L'acquisition de nouvelles comp&#233;tences, comme la parole par exemple, lui permet de renforcer sa capacit&#233; &#224; supporter la s&#233;paration, en mettant en &#339;uvre une m&#233;diation symbolique. Normalement, les manifestations d'anxi&#233;t&#233; ne durent pas dans le temps. Elles s'&#233;vacuent en trois &#233;tapes. Il y a d'abord la protestation face au v&#233;cu douloureux subi. Puis vient la phase du d&#233;sespoir qui r&#233;pond au travail de deuil. Enfin, survient le d&#233;tachement qui correspond &#224; l'adaptation &#224; la nouvelle situation. La crise d'angoisse intervient d&#232;s lors qu'une d&#233;tresse persiste, avec des paniques, des c&#233;phal&#233;es, des vertiges, des vomissements&#8230; autant de troubles persistants qui menacent le contenu mental de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De telles manifestations sont pr&#233;sentes chez environ 4 % des enfants et des adolescents. Bien des explications ont &#233;t&#233; &#233;mises pour essayer de comprendre les m&#233;canismes de production ou d'activation de cette angoisse : transmission g&#233;n&#233;tique de la propension &#224; la peur, r&#233;surgence d'un style d'attachement anxieux acquis dans la toute petite enfance, troubles d&#233;pressifs chez les parents, accumulation d'&#233;v&#233;nements traumatisants, manifestation clinique d'un dysfonctionnement du stress&#8230; Mais il n'existe pas de th&#233;orie unificatrice. Se pose la question de la ligne de partage entre le normal et le pathologique. Ce qui peut &#234;tre v&#233;cu comme adapt&#233; &#224; un &#226;ge donn&#233;, ne l'est plus &#224; un autre. Tout comme un m&#234;me comportement peut avoir une signification bien diff&#233;rente selon le contexte socio familial dans lequel l'enfant &#233;volue. Quelle attitude doivent adopter les parents ? Choisir une strat&#233;gie de soins ou de pr&#233;vention est chose d&#233;licate : entre la banalisation et la stigmatisation, la voie est &#233;troite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur d&#233;crit les pistes propos&#233;es par les th&#233;rapies psychanalytique, familiale, comportementale ou biologique. Ce que l'on peut dire, c'est que les conduites d'&#233;vitement tout autant que de surprotection constituent un facteur favorisant le trouble. Et que le renforcement de l'estime de soi de l'enfant, lui permettant de d&#233;couvrir par lui-m&#234;me ses ressources personnelles et ses limites, est plut&#244;t aidant. Il convient dans tous les cas d'apprendre &#224; l'enfant des strat&#233;gies d'adaptation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Odile Jacob, 2005 (218 p. ; 22 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;t&#233; angoiss&#233; des sans-papiers et de leurs enfants</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-ete-angoisse-des-sans-papiers-et-de-leurs-enfants</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/L-ete-angoisse-des-sans-papiers-et-de-leurs-enfants</guid>
		<dc:date>2006-09-06T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>807</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le concept d'immigration &#171; choisie &#187; vient d'&#234;tre illustr&#233; par cette &#171; op&#233;ration de r&#233;gularisation &#187; pour les enfants scolaris&#233;s de familles sans papiers. De fait, s'est op&#233;r&#233; un tri drastique &#8212; et arbitraire &#8212; entre les diff&#233;rentes situations. &#192; l'initiative du R&#233;seau &#233;ducation sans fronti&#232;res, une mobilisation citoyenne exceptionnelle a eu lieu &lt;br class='autobr' /&gt;
Adopt&#233;e le 30 juin 2006 par le Parlement et valid&#233;e trois semaines plus tard par le Conseil constitutionnel, la loi sur l'immigration et l'int&#233;gration a ouvert une (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Decryptage" rel="directory"&gt;D&#233;cryptage&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-807-" rel="tag"&gt;807&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le concept d'immigration &#171; choisie &#187; vient d'&#234;tre illustr&#233; par cette &#171; op&#233;ration de r&#233;gularisation &#187; pour les enfants scolaris&#233;s de familles sans papiers. De fait, s'est op&#233;r&#233; un tri drastique &#8212; et arbitraire &#8212; entre les diff&#233;rentes situations. &#192; l'initiative du R&#233;seau &#233;ducation sans fronti&#232;res, une mobilisation citoyenne exceptionnelle a eu lieu&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Adopt&#233;e le 30 juin 2006 par le Parlement et valid&#233;e trois semaines plus tard par le Conseil constitutionnel, la loi sur l'immigration et l'int&#233;gration a ouvert une br&#232;che &#224; l'arbitraire. Cette date du 30 juin repr&#233;sentait &#233;galement la fin du sursis accord&#233; aux familles sans papiers ayant des enfants scolaris&#233;s : une circulaire du ministre de l'Int&#233;rieur imposait le 13 juin aux pr&#233;fets de &#171; r&#233;examiner &#187; leur situation. Nombre d'enseignants, d'&#233;lus et de parents d'&#233;l&#232;ves s'&#233;taient alors engag&#233;s dans une d&#233;marche de parrainage, une demi-douzaine de mairies parisiennes et nombre de villes de banlieue et de province s'y impliquant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;d&#233;rant 80 organisations, le &lt;a href=&#034;http://www.educationsansfrontieres.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;R&#233;seau &#233;ducation sans fronti&#232;res&lt;/a&gt; (RESF) mobilise depuis deux ans, organise des rassemblements devant les pr&#233;fectures et lan&#231;ait, en d&#233;but d'&#233;t&#233; 2006, un syst&#232;me estival de veille et d'alerte pour emp&#234;cher les expulsions. D&#233;j&#224;, un appel en date du 11 mai avait pr&#233;venu : &#171; Nous les h&#233;bergerons et les nourrirons. Nous savons que nous risquons 5 ans de prison et 30 000 e d'amende &#187;. La p&#233;tition de RESF acheminera &#224; l'&#201;lys&#233;e plus de cent dix mille signatures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;seau a mis en place un num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone unique valable jusqu'&#224; la rentr&#233;e des classes, permettant, en cas d'arrestation, de mobiliser parents d'&#233;l&#232;ves, syndicats de transports a&#233;riens, parlementaires et personnalit&#233;s, de m&#234;me qu'un syst&#232;me d'alerte par e-mail permettant aux 15 000 personnes inscrites sur sa liste de veille de se manifester aupr&#232;s des autorit&#233;s en cas d'arrestation ou de placement en centre de r&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le premier message urgent avait pr&#233;venu la liste, le 4 juillet, de la n&#233;cessit&#233; de soutenir une famille tch&#233;tch&#232;ne menac&#233;e d'expulsion dans le Jura. D&#232;s le 1er juillet, de fortes manifestations avaient eu lieu, &#224; Paris et &#224; Marseille. Le 17 du m&#234;me mois, les militants avaient manifest&#233; devant le si&#232;ge de la Haute autorit&#233; de lutte contre les discriminations et pour l'&#233;galit&#233; (HALDE)&#8230; Le r&#233;seau a centralis&#233; tout au long de l'&#233;t&#233; les demandes de r&#233;gularisation : le 9 ao&#251;t, peu avant la date butoir du 13 ao&#251;t, RESF d&#233;posait encore, &#224; Paris, plusieurs centaines de dossiers &#224; la pr&#233;fecture de police.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des dysfonctionnements constat&#233;s lors du d&#233;p&#244;t des dossiers&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le gouvernement nommait le m&#233;diatique Arno Klarsfeld comme m&#233;diateur, avec la mission, &#233;videmment impossible, d'harmoniser les d&#233;cisions pr&#233;fectorales. Tr&#232;s vite, des indignations de tous horizons se sont fait entendre : plusieurs syndicats (CGT, CFDT, UNSA&#8230;) ont ainsi demand&#233; au pr&#233;sident de la R&#233;publique l'&#233;largissement des crit&#232;res de l'admission au s&#233;jour dans l'int&#233;r&#234;t des enfants concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Structures de proximit&#233; install&#233;es dans les quartiers populaires, les centres sociaux, eux aussi, se sont d&#233;clar&#233;s solidaires de la mobilisation. Un appel lanc&#233; fin juin &#224; Azouz Begag, ministre d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la Promotion de l'&#233;galit&#233; des chances, est rest&#233;, lui, lettre morte, le ministre se d&#233;clarant favorable &#224; la r&#233;gularisation &#171; au cas par cas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;fectures se sont rapidement trouv&#233;es d&#233;bord&#233;es par l'afflux des familles demandeuses, certaines associations &#8212; telle la Cimade &#8212; d&#233;non&#231;ant des disparit&#233;s de traitement des dossiers. Le 28 juillet, la Ligue des droits de l'homme &#8212; qui a &#233;voqu&#233;, elle, une &#171; chasse aux enfants &#187; &#8212; exp&#233;diait une lettre ouverte au pr&#233;fet de police, au ministre de l'Int&#233;rieur et au M&#233;diateur : &#171; Nous venons exprimer notre grande inqui&#233;tude face aux dysfonctionnements constat&#233;s lors du d&#233;p&#244;t et de l'examen des dossiers de demandes de r&#233;gularisation dans les centres de r&#233;ception des &#233;trangers (CRE) de Paris. En effet, selon le guichet et parfois m&#234;me d'un jour &#224; l'autre, la liste des documents demand&#233;s aux familles n'est pas identique &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crit&#232;res avaient &#233;t&#233; fix&#233;s par la circulaire : deux ans de r&#233;sidence en France pour l'un des parents au moins, scolarisation d'un des enfants depuis septembre 2005, enfant n&#233; en France ou arriv&#233; avant l'&#226;ge de 13 ans&#8230; Ceux qui n'ont pas strictement correspondu aux imp&#233;ratifs &#233;dict&#233;s ont commenc&#233; &#224; &#234;tre expuls&#233;s. Les premiers &#171; &#233;loignements &#187; ont eu lieu dans la premi&#232;re quinzaine de juillet : un lyc&#233;en marocain (entra&#238;nant l'occupation des locaux du M&#233;diateur), une lyc&#233;enne malienne, un jeune Nig&#233;rian le 30 ao&#251;t, etc. Dans Le Figaro, le ministre de l'Int&#233;rieur annon&#231;ait cet &#233;t&#233; qu'environ six mille &#233;trangers en situation irr&#233;guli&#232;re dont les enfants sont scolaris&#233;s devraient &#234;tre, au final, r&#233;gularis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Total d&#233;risoire en regard des dizaines de milliers de familles concern&#233;es&#8230; Et Sarkozy de montrer, une nouvelle fois, ses muscles : &#171; En 2005, nous avons r&#233;alis&#233; 20 000 &#233;loignements contre 10 000 en 2002. Cette ann&#233;e, j'ai fix&#233; l'objectif de 25 000 d&#233;parts &#187;. Objectif qu'il esp&#232;re bien d&#233;passer, arguant de la menace d'une &#171; fili&#232;re suppl&#233;mentaire d'immigration &#187;. En ces temps &#233;lectoraux, le danger est l&#224;. &#171; Cette r&#233;gularisation fort limit&#233;e va avoir pour cons&#233;quence d'augmenter le nombre de situations conflictuelles et d'installer le d&#233;bat sur l'immigration de la plus mauvaise mani&#232;re au c&#339;ur de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle &#187;, observait r&#233;cemment Pierre Henry, directeur g&#233;n&#233;ral de France terre d'asile.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
