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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Entretien avec ma&#238;tre Sanac, avocate de Mathilde, partie civile</title>
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&lt;p&gt;&#8220;Quand une personne a envie de signaler quelque chose de grave ou d'anormal, elle ne sait pas ce que va devenir son signalement &#8211; cela vaut aussi pour les victimes&#8221; &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus de cinq ans d'attente pour ce jugement, attente g&#233;n&#233;ratrice de doutes sur l'action de la justice, parfois d'un sentiment d'abandon chez les proches des victimes. Pourquoi un d&#233;lai si long ? Ce que je retiens d'abord de cette journ&#233;e, c'est l'attente &#233;prouvante qu'ont support&#233;e les personnes convoqu&#233;es &#224; 14h 00 pour un proc&#232;s qui ne (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#8220;&lt;strong&gt;Quand une personne a envie de signaler quelque chose de grave ou d'anormal, elle ne sait pas ce que va devenir son signalement &#8211; cela vaut aussi pour les victimes&lt;/strong&gt;&#8221;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus de cinq ans d'attente pour ce jugement, attente g&#233;n&#233;ratrice de doutes sur l'action de la justice, parfois d'un sentiment d'abandon chez les proches des victimes. Pourquoi un d&#233;lai si long ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je retiens d'abord de cette journ&#233;e, c'est l'attente &#233;prouvante qu'ont support&#233;e les personnes convoqu&#233;es &#224; 14h 00 pour un proc&#232;s qui ne commence qu'&#224; 23 heures ! Dans quel &#233;tat sont les juges pour appr&#233;hender une affaire d&#233;licate comme celle-ci apr&#232;s huit heures d'audience consacr&#233;es &#224; d'autres affaires ? Quant au d&#233;lai, il faut savoir qu'il y a eu un report d'audience en correctionnelle quelques mois apr&#232;s le premier signalement car d'autres victimes venaient d'&#234;tre rep&#233;r&#233;es. La longueur de l'instruction et l'encombrement du tribunal expliquent aussi cette attente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'accus&#233; ayant &#224; l'&#233;poque une charge de famille a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une mise en libert&#233; sous contr&#244;le judiciaire, il n'&#233;tait donc pas prioritaire pour &#234;tre jug&#233;. Ensuite, je verrais plut&#244;t un sentiment d'impuissance d&#251; &#224; certaines carences de la justice mais c'est pour les victimes que je retiens cependant la notion d'abandon car elles ne me semblent pas avoir obtenu l'aide n&#233;cessaire : comment a-t-on expliqu&#233; &#224; ces personnes handicap&#233;es tous ces &#233;v&#233;nements et cette attente ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce proc&#232;s et son issue restaurent-il selon vous la dignit&#233; de ces jeunes femmes abus&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui pour Mathilde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que je d&#233;fendais car elle a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e &#224; sa rencontre avec l'institution judiciaire. Elle a ainsi visit&#233; et appris ce qu'est un tribunal bien avant. Pr&#233;sente &#224; l'audience, elle y est rest&#233;e jusqu'&#224; la fin et a parfaitement entendu la sanction. Le pr&#233;sident l'a d'ailleurs f&#233;licit&#233;e pour son courage. Elle a &#233;t&#233; digne tout au long du proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les parents des victimes pr&#233;sents au proc&#232;s estiment que le verdict de la cour n'est pas &#224; la hauteur de la gravit&#233; des faits commis : ils esp&#233;raient une peine d'emprisonnement pour cet infracteur sexuel. Cette revendication est-elle l&#233;gitime ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je partage leur insatisfaction et la revendication me para&#238;t l&#233;gitime. Les atteintes &#224; la personne sont pour moi bien plus graves que les atteintes aux biens. C'est un point important. Contrairement &#224; mon confr&#232;re qui d&#233;fendait les autres victimes, et ainsi qu'on me l'a confirm&#233;, &#224; un aucun moment je n'ai &#233;t&#233; favorable &#224; une dispense de peine d'emprisonnement, mesure reprise par le procureur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au cours du proc&#232;s, vous insistez sur les dysfonctionnements et les n&#233;gligences de l'institution et citez comme exemple les insuffisances du m&#233;decin psychiatre. Comment expliquer que des personnes mises en cause exer&#231;ant des postes &#224; responsabilit&#233; ne soient pas, ou tr&#232;s rarement, sanctionn&#233;es ? N'est-ce pas le r&#244;le d'autorit&#233;s administratives ou sanitaires comme la Ddass ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile de r&#233;pondre. C'est un probl&#232;me r&#233;current dans nombre de dossiers. Posons-nous d'abord la question de savoir qui embauche ? Sur quels crit&#232;res ? N'oublions pas non plus que toute personne est aux ordres de l'&#233;tablissement. Pour le cas &#233;voqu&#233;, s'il y a lieu de sanctionner, cela rel&#232;ve alors du droit du travail. Il [le psychiatre] pourrait se voir reprocher, comme indiqu&#233; dans le rapport de la Ddass, de n'avoir &#171; pas pris la mesure de la souffrance des handicap&#233;s maltrait&#233;s&#8230; Il a minimis&#233; les faits &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les parents auraient pu &#233;galement porter plainte contre l'&#233;tablissement et son directeur. Il faut savoir qu'un &#233;tablissement peut &#234;tre mis en cause d&#232;s lors qu'une infraction y est commise. La jurisprudence en la mati&#232;re montre que la responsabilit&#233; de l'&#233;tablissement est engag&#233;e lorsqu'il a le pouvoir d'organiser et contr&#244;ler la prise en charge de personnes handicap&#233;es. Supposons qu'une jeune femme confi&#233;e &#224; un &#233;tablissement sp&#233;cialis&#233; tombe enceinte des suites de relations intimes &#224; l'int&#233;rieur de celui-ci ou encore devienne s&#233;ropositive. Ce sont bien l&#224; des infractions, les parents oseront-ils se retourner contre la direction ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au r&#244;le de la Ddass, jusqu'&#224; aujourd'hui, j'ignore sa position par rapport &#224; l'association et la direction. Cela m'&#233;chappe totalement. Y a-t-il eu sanction ? Il faudrait l'interroger pour que l'enqu&#234;te soit compl&#232;te. Quelles cons&#233;quences tire-t-elle des dysfonctionnements mentionn&#233;s ? L'association a-t-elle r&#233;agi ? Qu'est-ce qui a chang&#233; dans cet &#233;tablissement ? Si &#224; la t&#234;te ce sont toujours les m&#234;mes personnes, j'imagine mal le changement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais l'&#233;thique ne compte-t-elle pas aussi dans la mise &#224; jour de responsabilit&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons d'&#233;thique justement car il n'existe pas de code de d&#233;ontologie dans ce secteur. Il s'agit de r&#232;gles que les professionnels et les &#233;tablissements se fixent. Or quelles sont les r&#232;gles dans une situation pareille lorsque de jeunes femmes handicap&#233;es qui font vivre des salari&#233;s, cadres compris et l'association qui les repr&#233;sente ne sont pas soutenues et accompagn&#233;es ? Quelles sont-elles lorsque rien n'est dit, les travailleurs ne sont pas inform&#233;s de ce qui se passe, un moniteur d'atelier fait l'objet d'une lettre de licenciement en catimini par une direction redoutant alors le scandale et une saisie des prud'hommes en repr&#233;sailles ? L&#224; o&#249; il faut une transparence absolue, c'est l'opacit&#233; totale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des affaires similaires &#224; celle-ci ne sont pas d&#233;voil&#233;es parce qu'elles rencontrent des r&#233;ticences de la part des personnes qui en sont les t&#233;moins. Les moyens de pression de la hi&#233;rarchie pouvant conduire jusqu'au licenciement sont fr&#233;quemment &#233;voqu&#233;s. Il existe pourtant une loi qui prot&#232;ge l'employ&#233; qui d&#233;nonce des faits de maltraitance. On peut alors se demander si celle-ci prot&#232;ge r&#233;ellement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand une personne a envie de signaler quelque chose de grave ou d'anormal, elle ne sait pas ce que va devenir son signalement &#8211; cela vaut aussi pour les victimes. En g&#233;n&#233;ral elle n'ose pas dire ce qu'elle a vu ou subi parce que, &#224; partir du moment o&#249; elle parle, elle est compl&#232;tement d&#233;poss&#233;d&#233;e de son histoire, dont se saisissent des autorit&#233;s comme la police, la gendarmerie, le juge d'instruction, le m&#233;decin l&#233;giste&#8230; On constate ainsi que des plaignants ou t&#233;moins regrettent d'avoir fait des r&#233;v&#233;lations lorsqu'en retour les cons&#233;quences produisent des effets inverses &#224; ce qu'ils attendaient. D'o&#249; un n&#233;cessaire accompagnement avant de s'engager dans un parcours du combattant. C'est un premier aspect de r&#233;ticences rencontr&#233;es. D'autres, malgr&#233; l'existence de cette loi qui prot&#232;ge le salari&#233;, sont li&#233;es aux conditions de travail insupportables qu'il peut se voir infliger. De l'ordre du psychologique, elles sont source de maladie, d&#233;pression, voire d&#233;mission. Autre obstacle : par peur de perdre leur emploi et la difficult&#233; &#224; en retrouver un autre, certains pr&#233;f&#232;rent se taire. Enfin, il reste toujours difficile d'apporter la preuve de ce que l'on avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'attitude timor&#233;e des salari&#233;s ne rend-elle pas aussi compte d'une m&#233;connaissance du droit, d'un manque de sensibilisation aux aspects juridiques dans les centres de formation de travailleurs sociaux ? Paradoxalement, le droit et le droit civil ne sont pas la tasse de th&#233; des travailleurs sociaux alors que l'exercice de leur mission les y renvoie en permanence&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est s&#251;r qu'il y a un manque. J'ai donn&#233; des cours pendant plus de trente ans dans un centre de formation et j'ai toujours regrett&#233; qu'il n'y ait qu'une dizaine d'heures de droit pratique, hormis les cours sur la l&#233;gislation du secteur. Le droit p&#233;nal et civil reste le parent pauvre de la formation compar&#233; &#224; la psychologie et la sociologie, pourtant je trouve qu'il m&#233;rite autant d'heures que ces disciplines. C'est &#224; l'image de l'&#233;ducation physique et du dessin &#224; l'&#233;cole ! La formation est &#224; approfondir en droit de la famille, droit des personnes, droit de l'enfant, droit du travail, sur les questions de responsabilit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette affaire n'est-elle pas finalement un cas d'&#233;cole, quel enseignement peut-on en tirer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire est arriv&#233;e jusqu'au jugement et elle n'a pas &#233;t&#233; &#233;touff&#233;e mais effectivement elle n'est pas banale et on peut l'envisager comme telle avec les cons&#233;quences &#224; en tirer. Je compte d'ailleurs m'en resservir comme document de travail dans le cadre des formations aupr&#232;s des directeurs. On peut regretter qu'elle ne soit pas ou peu reprise par les journaux. Des affaires comme celles de l'Yonne ou Outreau sont certes importantes mais pour moi celle-ci l'est tout autant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Ce que dit la loi en quelques rep&#232;res</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Les agressions sexuelles sont d&#233;finies par les articles 222-22 &#224; 222-33 du code p&#233;nal. Guid&#233;es par un motif sexuel, elles constituent un acte (p&#233;n&#233;tration, attouchements, exhibition, harc&#232;lement) qu'une victime sous la contrainte ne peut emp&#234;cher en raison de son &#233;tat physique ou psychique. Un distinguo est fait entre viol et agression sexuelle : &#171; Tout acte de p&#233;n&#233;tration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, menace, contrainte ou surprise est un viol &#187; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les agressions sexuelles sont d&#233;finies par les articles 222-22 &#224; 222-33 du code p&#233;nal. Guid&#233;es par un motif sexuel, elles constituent un acte (p&#233;n&#233;tration, attouchements, exhibition, harc&#232;lement) qu'une victime sous la contrainte ne peut emp&#234;cher en raison de son &#233;tat physique ou psychique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un distinguo est fait entre viol et agression sexuelle : &#171; Tout acte de p&#233;n&#233;tration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, menace, contrainte ou surprise est un viol &#187; (art. 222-23).&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise &#187; (art. 222-22).&lt;br class='manualbr' /&gt;L'abus d'autorit&#233;, d&#233;fini comme le fait d'abuser de l'autorit&#233; que conf&#232;rent ses fonctions, est un &#233;l&#233;ment constitutif de l'infraction ou un &#233;l&#233;ment d'aggravation de la peine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Obligation de signalement versus secret professionnel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'article 434-3 du code p&#233;nal para&#238;t suffisamment explicite pour les personnels des &#233;tablissements et services sociaux et m&#233;dico-sociaux : &#171; Le fait pour quiconque ayant eu connaissance de privations, de mauvais traitements ou d'atteintes sexuelles (loi du 17 juin 1998) inflig&#233;s &#224; un mineur de quinze ans ou &#224; une personne qui n'est pas en mesure de se prot&#233;ger en raison de son &#226;ge, d'une maladie, d'une infirmit&#233;, d'une d&#233;ficience physique ou psychique ou d'un &#233;tat de grossesse, de ne pas en informer les autorit&#233;s judiciaires ou administratives est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. Sauf lorsque la loi en dispose autrement, sont except&#233;es des dispositions qui pr&#233;c&#232;dent les personnes astreintes au secret dans les conditions pr&#233;vues par l'article 226-13 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au secret professionnel, il est une obligation de silence impos&#233;e &#224; certaines personnes, un devoir dont la violation est sanctionn&#233;e par l'article 226-13 &#171; La r&#233;v&#233;lation d'une information &#224; caract&#232;re secret par une personne qui en est d&#233;positaire soit par &#233;tat ou par profession, soit en raison d'une fonction ou d'une mission temporaire, est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende &#187;. Mais qui est tenu au secret professionnel ? Plut&#244;t que des cat&#233;gories de personnes d&#233;finies, c'est, argumentent Pierre Verdier et Jean-Pierre Rosenczveig&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Verdier (Pierre), Rosenczveig (Jean-Pierre), Les responsabilit&#233;s en travail (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'existence de textes sp&#233;cifiques qui indiquent si une personne est tenue ou non au secret professionnel. Ainsi par exemple, si m&#233;decins, infirmi&#232;res et assistantes sociales sont soumis &#224; cette obligation par des textes, en revanche les &#233;ducateurs, les psychologues, voire les directeurs d'&#233;tablissements (non inscrits &#224; l'article 209 du CASF) ne le sont pas mais ils peuvent l'&#234;tre par fonction ou mission d&#232;s lors qu'ils sont vis&#233;s par un texte sp&#233;cifique les y contraignant (cas des personnels des missions de l'ASE ou d'instances telles que la CDES ou la COTOREP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe toutefois des exceptions &#224; l'obligation de secret professionnel envisag&#233;es par l'article 434-3 (&#171; sauf lorsque la loi en dispose autrement &#187; et mentionn&#233;es &#224; l'article 226-14, &#171; L'article 226-13 n'est pas applicable dans le cas o&#249; la loi impose ou autorise la r&#233;v&#233;lation du secret... &#187;. Et c'est en l'occurrence uniquement aux &#171; autorit&#233;s judiciaires, m&#233;dicales ou administratives &#187; que les personnes tenues au secret professionnel doivent signaler les cas de mauvais traitements sur enfant ou personne vuln&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, rappelons qu'une loi prot&#232;ge les travailleurs sociaux d&#233;non&#231;ant de tels faits. D&#233;j&#224; pr&#233;sent dans la loi de lutte contre les discriminations, un nouvel article a &#233;t&#233; ins&#233;r&#233; &#224; la loi 2002-2 du 2 janvier 2002 : &#171; Dans les &#233;tablissements et services mentionn&#233;s &#224; l'article L.312-24, le fait qu'un salari&#233; ou un agent a t&#233;moign&#233; de mauvais traitements ou privations inflig&#233;s &#224; une personne accueillie ou relat&#233; de tels agissements ne peut &#234;tre pris en consid&#233;ration pour d&#233;cider de mesures d&#233;favorables le concernant en mati&#232;re d'embauche, de r&#233;mun&#233;ration, de formation, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement du contrat de travail, ou pour d&#233;cider la r&#233;siliation du contrat de travail ou une sanction disciplinaire. En cas de licenciement, le juge peut prononcer la r&#233;int&#233;gration du salari&#233; concern&#233; si celui-ci la demande &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Verdier (Pierre), Rosenczveig (Jean-Pierre), Les responsabilit&#233;s en travail social, Dunod, &#233;ditions Jeunesse et droit, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre cet ouvrage, on pourra aussi consulter Lhuillier (Jean-Marc), La responsabilit&#233; civile, administrative et p&#233;nale dans les &#233;tablissements sociaux et m&#233;dico-sociaux, deuxi&#232;me &#233;ditions ENSP, 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Abus sexuels en institution, le d&#233;ni jusqu'&#224; la complicit&#233;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Abus-sexuels-en-institution-le-deni-jusqu-a-la-complicite</link>
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		<dc:subject>Institution</dc:subject>
		<dc:subject>803</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant plusieurs ann&#233;es, sept jeunes femmes d&#233;ficientes mentales et prises en charge dans un foyer d'accueil sp&#233;cialis&#233; du midi toulousain ont subi des s&#233;vices sexuels, brutalit&#233;s et humiliations de la part d'un moniteur d'atelier en qu&#234;te de &#171; proies faciles &#187;. La question des droits de la personne et de l'&#233;thique dans les institutions est relanc&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Vous &#234;tes plut&#244;t du registre des pr&#233;dateurs, un type normal, intelligent qui ne se refuse rien et c'est ce qui est inqui&#233;tant ! &#187; Laconique, c'est en ces (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-803-" rel="tag"&gt;803&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant plusieurs ann&#233;es, sept jeunes femmes d&#233;ficientes mentales et prises en charge dans un foyer d'accueil sp&#233;cialis&#233; du midi toulousain ont subi des s&#233;vices sexuels, brutalit&#233;s et humiliations de la part d'un moniteur d'atelier en qu&#234;te de &#171; proies faciles &#187;. La question des droits de la personne et de l'&#233;thique dans les institutions est relanc&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Vous &#234;tes plut&#244;t du registre des pr&#233;dateurs, un type normal, intelligent qui ne se refuse rien et c'est ce qui est inqui&#233;tant ! &#187; Laconique, c'est en ces termes que le juge s'est adress&#233; &#224; l'ancien moniteur du foyer d'accueil sp&#233;cialis&#233; Ernest Bou&#233; de l'Association pour adultes et jeunes handicap&#233;s (Apajh), &#224; la p&#233;riph&#233;rie de Toulouse, pour qualifier ses d&#233;viances sexuelles durant plusieurs ann&#233;es aupr&#232;s de sept jeunes femmes handicap&#233;es, d&#233;ficientes mentales et, comme le rappelle la loi, particuli&#232;rement vuln&#233;rables (l'une d'entre elles est d&#233;c&#233;d&#233;e apr&#232;s les faits). L'homme comparaissait au tribunal correctionnel de Toulouse le vendredi 12 mai 2006 pour agressions sexuelles sur personnes vuln&#233;rables par ascendant ou personne ayant autorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Je reconnais que j'ai d&#233;rap&#233;&#8230; &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre exemplaire, l'affaire l'est &#224; plus d'un titre, m&#234;me si elle ne b&#233;n&#233;ficie pas du m&#234;me retentissement m&#233;diatique que celles de l'Yonne ou d'Outreau o&#249; les dysfonctionnements de la justice ont profond&#233;ment marqu&#233; les esprits. Depuis que les &#233;tablissements et services doivent se conformer aux exigences de la loi du 2 janvier 2002 r&#233;novant l'action sociale et m&#233;dico-sociale, cette affaire interroge sur la place r&#233;elle de la personne handicap&#233;e en institution et du droit &#224; la dignit&#233; qu'elle est en mesure de faire valoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lumi&#232;re des faits rapport&#233;s ci-apr&#232;s, on s'aper&#231;oit que la volont&#233; du l&#233;gislateur de lutter contre les maltraitances et violences institutionnelles rencontre des r&#233;sistances tenaces, notamment quand elles se d&#233;roulent dans des lieux fonctionnant en vase clos (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Ce-que-dit-la-loi-en-quelques-reperes' class='spip_in'&gt;lire ce que dit la loi&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Embauch&#233; comme moniteur &#224; l'atelier horticole de l'&#233;tablissement, Jean C.(*) faisait preuve d'un savoir-faire ind&#233;niable dans sa sp&#233;cialit&#233; mais beaucoup moins lorsqu'il s'agissait de remplir sa fonction &#233;ducative aupr&#232;s des jeunes femmes qu'on lui confiait. De fait, profitant de leur vuln&#233;rabilit&#233;, il s'est accord&#233; sans vergogne quelques libert&#233;s qui l'ont amen&#233; &#171; &#224; d&#233;raper &#187; et commettre alors des agressions sexuelles &#224; r&#233;p&#233;tition comme il l'a confi&#233; aux gendarmes charg&#233;s de l'enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits incrimin&#233;s s'&#233;talent sur trois ann&#233;es, de 1998 &#224; 2000. Sciemment et d'abord &#224; l'insu des professionnels qui le c&#244;toyaient, l'auteur, &#224; l'abri de regards indiscrets, obligeait l'une ou l'autre de ces jeunes femmes &#224; s'isoler avec lui dans son atelier. Au d&#233;part, il n'&#233;tait question que de &#171; massages et de caresses &#187; qui se transform&#232;rent bien vite en un rituel abject et d&#233;gradant auquel elles durent se plier sous la menace et parfois la brutalit&#233; en cas d'insoumission : d&#233;shabillage, seins et sexe caress&#233;s, attouchements, sc&#232;ne de masturbation suivie d'&#233;jaculation&#8230; Ironie du sort, l'homme b&#233;n&#233;ficiait alors d'une grande estime pour son investissement dans des projets garantissant une promotion d'envergure : la culture de la violette et la cr&#233;ation d'une ferme p&#233;dagogique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est gr&#226;ce &#224; l'initiative d'un travailleur de l'&#233;tablissement qu'aura lieu une premi&#232;re d&#233;nonciation : intrigu&#233; par d'&#233;tranges bruits provenant de l'atelier, il s'en approcha et aper&#231;ut par le trou de la serrure l'agresseur, allong&#233; sur l'une des victimes et ex&#233;cutant des mouvements de va-et-vient. D&#233;tail plus sordide le confondant encore, des traces de sperme relev&#233;es au sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pour s'exon&#233;rer de tels agissements, l'agresseur se contentera de dire &#224; la barre que &#171; l'approche professionnelle du handicap &#187; lui manquait ! L'expertise psychiatrique le caract&#233;rise n&#233;anmoins comme un individu ayant des &#171; difficult&#233;s &#224; exercer un contr&#244;le pulsionnel &#187;. Plus navrant, en termes d'interdit moral, le surmoi a vraisemblablement manqu&#233; &#224; cet homme qui souhaitait se r&#233;aliser sur le terrain du handicap. Peu &#233;mu des souffrances qu'il a inflig&#233;es aux victimes, sa repentance tiendra en de plates excuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du d&#233;lib&#233;r&#233;, les attentes des familles des victimes ne furent qu'en partie satisfaites : le moniteur d'atelier a &#233;t&#233; reconnu coupable d'atteintes sexuelles commises sur six jeunes femmes particuli&#232;rement vuln&#233;rables, par violence, menace, contrainte ou surprise avec une circonstance aggravante pour avoir abus&#233; de l'autorit&#233; conf&#233;r&#233;e par ses fonctions. Il a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; cinq ans d'emprisonnement dont cinquante-cinq mois avec sursis, peine &#224; laquelle s'ajoutent un contr&#244;le judiciaire, une mise &#224; l'&#233;preuve de trois ans, l'obligation de soins, l'inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles et l'interdiction d'exercer dans le secteur social ou m&#233;dico-social. Le d&#233;dommagement pour chacune des parties civiles est de 10 000 euros, en plus de 750 euros par victime au titre des frais de justice. &#171; C'est le b&#233;n&#233;fice du temps qui a pass&#233; sinon le d&#233;part en prison &#233;tait certain ! &#187; a d&#233;clar&#233; au condamn&#233; le pr&#233;sident pour justifier la relative cl&#233;mence du d&#233;lib&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Inhib&#233;s par la peur du scandale&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le traitement de cette affaire, des critiques &#233;cornent l'image de l'&#233;tablissement : le manque de r&#233;activit&#233; et les dysfonctionnements qui ressortent des conclusions d'un rapport de mission diligent&#233; par la DDASS et effectu&#233; de janvier 2001 &#224; avril 2002 sur ordre du pr&#233;fet. &#192; juste titre, ma&#238;tre Sanac, avocate de Mathilde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, partie civile et seule victime pr&#233;sente au proc&#232;s, a trouv&#233; regrettable qu'un signalement imm&#233;diat n'ait pas &#233;t&#233; fait et s'est fait un point d'honneur &#224; rappeler la loi relative au devoir de signalement (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Entretien-avec-maitre-Sanac-avocate-de-Mathilde-partie-civile' class='spip_in'&gt;lire l'interview de ma&#238;tre Sanac&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi en raison des difficult&#233;s &#224; se faire entendre par la direction, de l'indiff&#233;rence du psychiatre de la structure et du manque de transparence que madame A., maman de Mathilde, dont les confidences avaient &#233;veill&#233; des doutes sur la probit&#233; de cet employ&#233;, a d&#233;cid&#233; de se d&#233;marquer pour &#233;viter toute manipulation. Position contraire &#224; celles d'autres parents qui ont pr&#233;f&#233;r&#233; suivre la ligne de conduite dict&#233;e par la direction et ma&#238;tre Cathala, l'avocat retenu par l'Apajh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec brio et force arguments, ma&#238;tre Sanac a point&#233; de grosses d&#233;faillances dans le fonctionnement de l'&#233;tablissement que n'a d'ailleurs pas contest&#233;es son confr&#232;re. Toujours &#224; l'appui de l'enqu&#234;te de la DDASS, elle a soulev&#233; le &#171; manque de vigilance &#187; et &#171; l'indiff&#233;rence &#187;, et mis &#233;galement en d&#233;faut la comp&#233;tence du psychiatre de l'&#233;tablissement qui selon elle &#171; a minimis&#233; les faits &#187;, d'o&#249; une &#171; fragilit&#233; &#187; ressentie. &#192; l'aune de sa diatribe un sentiment de gravit&#233; gagna l'auditoire lorsqu'elle aborda la question de la dignit&#233; de la personne. Sans les nommer, elle fustigea par ailleurs le r&#244;le des d&#233;cideurs : &#171; Mais qui prot&#232;ge-t-on ici ? &#187; pour mieux d&#233;noncer, rapport de la mission de la DGAS &#224; l'appui, la peur du scandale propag&#233;e jusqu'aux familles des victimes &#171; qui avaient peur du retentissement de cette affaire &#187;. Et d'ajouter &#171; Seules, madame A. et Mathilde ont fait preuve ici de courage &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier fait troublant enfin, le sort de quelques salari&#233;s qui, bien d&#233;cid&#233;s &#224; briser la loi du silence, se sont retrouv&#233;s en conflit avec une majorit&#233; du personnel et la direction pr&#233;f&#233;rant un traitement de l'affaire &#224; huis clos. C'est dans un climat d&#233;l&#233;t&#232;re qu'ils ont men&#233; un combat, refusant toute ali&#233;nation institutionnelle, pour qu'&#233;clate au grand jour la v&#233;rit&#233;. Inquiets du traumatisme psychique chez les jeunes femmes abus&#233;es, ils ont insist&#233; pour un soutien et un accompagnement des victimes et, pour &#233;viter la reproduction de tels actes, revendiqu&#233; des pratiques et m&#233;thodes plus en accord avec la d&#233;ontologie de la profession. Selon ces anciens salari&#233;s, on leur enjoignait de se taire sous couvert du secret professionnel. Les pressions, insupportables, les ont conduits &#224; quitter l'&#233;tablissement et se regrouper au sein de Parlons'en, association se saisissant de toute forme de maltraitance institutionnelle. On n'ose imaginer le d&#233;nouement de cette affaire sans leur d&#233;termination et le soutien apport&#233; &#224; Mathilde et sa m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Plus d'&#233;thique pour de meilleures pratiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le cas d&#233;velopp&#233; ci-dessus n'est pas isol&#233;. Sans que l'on puisse en &#233;valuer pr&#233;cis&#233;ment la proportion, l'analyse approfondie d'autres affaires r&#233;v&#232;le le recours &#224; des m&#233;thodes tr&#232;s contestables lorsqu'un acte intol&#233;rable et inavouable bat en br&#232;che le cr&#233;dit de l'institution : exercice du pouvoir sur un mode autocratique, astreinte au secret professionnel comme argument, recrutement sous l'influence du n&#233;potisme, mobilisation d'une partie du personnel contre les &#171; perturbateurs &#187;, censure de toute information nuisible &#224; l'image de l'&#233;tablissement, isolement, harc&#232;lement et pressions pour provoquer un d&#233;part&#8230; Dans &#171; Souffrance en France - La banalisation de l'injustice sociale &#187;, Christophe Dejours d&#233;crit ainsi en d&#233;tail le processus de refoulement qui incline l'individu &#224; un d&#233;ni de la r&#233;alit&#233; au point de devenir complice de situations inacceptables. Dans une strat&#233;gie de d&#233;fense individuelle, les &#171; &#339;ill&#232;res volontaires &#187; qu'il rev&#234;t sont destin&#233;es &#224; se prot&#233;ger d'une souffrance psychique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas de promulguer un arsenal de lois et d&#233;crets au nom d'un id&#233;al citoyen pour modifier des habitudes bien enracin&#233;es. Ni d'empiler des dispositifs manquant trop souvent de lisibilit&#233; et d'effectivit&#233;. Le tableau noir que dresse le r&#233;cent rapport de l'inspection g&#233;n&#233;rales des affaires sociales (IGAS) sur l'&#171; &#233;valuation du dispositif de lutte contre la maltraitance des personnes &#226;g&#233;es et des personnes handicap&#233;es mis en &#339;uvre par les services de l'Etat dans les &#233;tablissements sociaux et m&#233;dico-sociaux &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Rapport n&#176; 2005 179, mars 2006, Fran&#231;oise Bas-Theron et Christine Branchu, (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est &#224; cet &#233;gard significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus de voix s'&#233;l&#232;vent pour savoir ce qui se passe dans les &#233;tablissements et r&#233;clament des contr&#244;les plus efficaces, accompagn&#233;s de sanctions en cas de graves d&#233;faillances, quel que soit le grade de la personne concern&#233;e. En corollaire, un appel &#224; plus de d&#233;mocratie est souhait&#233;, mais comment l'exercer sainement ? L'&#233;thique, r&#233;flexion sur les normes morales d&#233;finie par Paul Ric&#339;ur comme &#171; la vis&#233;e de la vie bonne &#187; est alors convoqu&#233;e. Elle ne se d&#233;cr&#232;te pas ni ne se prescrit, mais ouvre le d&#233;bat sur la pratique et la responsabilit&#233; professionnelles de chacun au regard des besoins et d&#233;sirs des personnes confi&#233;es. Dans cette perspective, elle devrait contribuer, sinon au bien-&#234;tre, &#224; la bientraitance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(*)Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapport n&#176; 2005 179, mars 2006, Fran&#231;oise Bas-Theron et Christine Branchu, consultable sur le site la &lt;a href=&#034;http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/064000352/index.shtml&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Documentation fran&#231;aise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Abus sexuel en institution, le d&#233;ni jusqu'&#224; la complicit&#233;</title>
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		<dc:date>2006-06-29T09:06:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>M&#233;lanie-LS</dc:creator>


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		<title>Le projet individuel - Rep&#232;res pour une pratique avec les personnes gravement handicap&#233;es mentales</title>
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		<dc:subject>Usager</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#171; Il a son projet individuel ! Entendons-nous tr&#232;s fr&#233;quemment prononcer de mani&#232;re p&#233;remptoire par les professionnels au sujet de tel ou tel r&#233;sident. Il semble toutefois que cette formule recouvre bien souvent une sorte d'incantation magique qui r&#233;siste rarement &#224; l'&#233;preuve d'un questionnement plus pouss&#233; et surtout, qui fait le plus souvent l'impasse sur la clinique singuli&#232;re de ce sujet-l&#224; &#187;. Philippe Chavaroche, formateur au centre de formation de la Fondation John Bost en Dordogne, propose une (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton1332-6e4b7.jpg?1693476365' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Il a son projet individuel ! Entendons-nous tr&#232;s fr&#233;quemment prononcer de mani&#232;re p&#233;remptoire par les professionnels au sujet de tel ou tel r&#233;sident. Il semble toutefois que cette formule recouvre bien souvent une sorte d'incantation magique qui r&#233;siste rarement &#224; l'&#233;preuve d'un questionnement plus pouss&#233; et surtout, qui fait le plus souvent l'impasse sur la clinique singuli&#232;re de ce sujet-l&#224; &#187;. Philippe Chavaroche, formateur au centre de formation de la Fondation John Bost en Dordogne, propose une r&#233;flexion soutenue sur la notion de projet et sa pratique aupr&#232;s de personnes handicap&#233;es mentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construit de mani&#232;re logique et lin&#233;aire, son ouvrage d&#233;bute par une &#233;vocation historique et une d&#233;finition du projet. Il d&#233;veloppe par la suite des chapitres d'un int&#233;r&#234;t certain sur la relation entre handicap mental lourd et projet individuel. &#171; Il convient de s'en saisir comme un outil pr&#233;sentant un int&#233;r&#234;t certain mais aussi [&#8230;] de soumettre celui-ci &#224; une rigoureuse analyse critique et de garder une juste distance, ni dans le d&#233;nigrement syst&#233;matique ni dans la d&#233;votion b&#233;ate &#187;. Ainsi, le projet doit s'inscrire dans la r&#233;alit&#233;, dans une certaine dimension rationnelle, technique, avec des indicateurs objectivables. C'est dans la mise en tension entre une dimension d'avenir et une dimension de r&#233;alit&#233; que se construit un projet individuel, en prenant garde de ne pas vouloir assujettir l'usager &#224; son projet parce qu'il doit suivre ce qui a &#233;t&#233; pens&#233; pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que l'auteur d&#233;crit les st&#233;r&#233;otypes du projet individuel : le maintien des acquis, le bien-&#234;tre, le plaisir, le trop ou le pas assez en passant par les potentialit&#233;s. Une mention sp&#233;ciale pour le chapitre intitul&#233; : &#171; Besoins et d&#233;sirs chez les personnes lourdement handicap&#233;es &#187;, qui apporte un &#233;clairage concret, &#233;tay&#233; th&#233;oriquement et particuli&#232;rement int&#233;ressant dans la prise de recul et la r&#233;flexion qu'il am&#232;ne &#224; effectuer et donne tout son sens &#224; ce livre. La notion de projet est ici, tout au long de l'ouvrage, d&#233;cortiqu&#233;e pour l'&#233;loigner d'une sorte de &#171; f&#233;tichisme &#187; comme en parlait d&#233;j&#224; Fran&#231;ois Tosquelles, et la ramener &#224; la question du sens de l'intervention. Une sage r&#233;flexion donc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. &#233;r&#232;s, 2006 (136 p. ; 10 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Echec scolaire : le travail avec les familles</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Echec-scolaire-le-travail-avec-les-familles</link>
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		<dc:subject>803</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le face &#224; face entre l'&#233;cole et les familles a longtemps &#233;t&#233; conflictuel. L'histoire de cette institution est indissociable d'une coupure structurelle entre l'espace scolaire et l'espace familial. L'instruction doit &#171; lib&#233;rer les enfants de l'amour de leurs parents &#187;, affirmait le philosophe Alain. Toutefois, apr&#232;s deux si&#232;cles de mise &#224; l'&#233;cart et de d&#233;sappropriation, les familles suscitent un regain d'int&#233;r&#234;t. D'abord parce que l'&#201;ducation nationale a progressivement abandonn&#233; son fonctionnement autarcique (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L97xH150/arton1334-21100.jpg?1693476365' width='97' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le face &#224; face entre l'&#233;cole et les familles a longtemps &#233;t&#233; conflictuel. L'histoire de cette institution est indissociable d'une coupure structurelle entre l'espace scolaire et l'espace familial. L'instruction doit &#171; lib&#233;rer les enfants de l'amour de leurs parents &#187;, affirmait le philosophe Alain. Toutefois, apr&#232;s deux si&#232;cles de mise &#224; l'&#233;cart et de d&#233;sappropriation, les familles suscitent un regain d'int&#233;r&#234;t. D'abord parce que l'&#201;ducation nationale a progressivement abandonn&#233; son fonctionnement autarcique pour s'ouvrir au monde qui l'entoure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, parce qu'elle a compris que le regard port&#233; par les parents sur la scolarit&#233; de leur enfant influe d'une mani&#232;re significative sur leur r&#233;ussite. Aussi, plut&#244;t que d'attribuer l'&#233;chec scolaire &#224; une socialisation familiale mal adapt&#233;e aux contraintes de l'enseignement, &#233;merge l'hypoth&#232;se tout aussi pertinente de l'inad&#233;quation des pratiques scolaires aux usages familiaux ! Pour autant, cette nouvelle collaboration se heurte &#224; bien des obstacles tant chez les familles que chez les professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des parents, on identifie traditionnellement trois types de strat&#233;gies face &#224; l'&#233;cole. La coop&#233;ration certes, qui se manifeste d'une mani&#232;re active (adh&#233;sion au discours des enseignants) ou passive (docilit&#233; li&#233;e &#224; une grande r&#233;signation). Mais aussi l'&#233;vitement et la fuite : l'inactivit&#233; socioprofessionnelle, les souffrances diverses, les probl&#232;mes de sant&#233; rencontr&#233;s peuvent facilement les &#233;loigner de la scolarit&#233; de leurs enfants. Sans compter un profond malaise li&#233; au complexe d'inf&#233;riorit&#233; &#233;ducatif et culturel initi&#233; ou renforc&#233; par l'institution. La strat&#233;gie critique, voire inquisitrice enfin, cons&#233;quence d'une m&#233;fiance ou d'une remise en cause des capacit&#233;s &#224; offrir les conditions attendues de la r&#233;ussite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, les r&#233;sistances sont aussi du c&#244;t&#233; des professionnels qui cultivent trop souvent des rapports de domination et d'infantilisation &#224; l'&#233;gard des familles. Situation encore aggrav&#233;e par le peu de consid&#233;ration avec laquelle les &#233;tablissements les re&#231;oivent. Il suffit pour s'en convaincre de constater la quasi inexistante de locaux d'accueil d&#233;cents propos&#233;s pour organiser ces rencontres. &#171; On a oubli&#233; que l'&#233;cole est un service public qui est au service des administr&#233;s et des contribuables et qu'&#224; ce titre, les parents et les enfants ont droit &#224; toute l'attention que n&#233;cessitent leurs questions, leurs inqui&#233;tudes et leurs difficult&#233;s &#187; (p.77). De l'intention &#224; la r&#233;alisation, il reste du chemin &#224; parcourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat, le partenariat entre l'&#233;cole et les familles se r&#233;duit trop souvent &#224; trois registres. Les familles sont soit instrumentalis&#233;es comme simples prestataires (apportant aide ou soutien ponctuel pour une f&#234;te ou un d&#233;placement), soit per&#231;ues comme objets et non actrices (elles doivent apprendre &#224; &#234;tre de bonnes familles), soit consid&#233;r&#233;es comme pr&#233;ceptrices (devant am&#233;liorer les performances scolaires). La l&#233;gitimit&#233; des parents au sein de l'&#233;cole est encore &#224; conqu&#233;rir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Dunod, 2006 (156 p. ; 21 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Accompagner le projet des parents en &#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Accompagner-le-projet-des-parents-en-education-specialisee</link>
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		<dc:date>2006-06-28T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>803</dc:subject>
		<dc:subject>Projet individuel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La perspective dans laquelle nous entra&#238;ne l'auteur est roborative. Le processus d'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e induit des risques de concurrence face aux familles. Partager l'&#233;ducation d'un enfant dont le d&#233;veloppement s'av&#232;re probl&#233;matique est source de conflictualit&#233;. Face au mal-&#234;tre et &#224; la souffrance dont il est t&#233;moin, le professionnel &#233;prouve des sentiments de compassion. Confront&#233; aux r&#233;gressions, aux blocages et aux refus, il sera tent&#233; de se retourner vers les parents qu'il rendra responsables, &#233;voquant (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La perspective dans laquelle nous entra&#238;ne l'auteur est roborative. Le processus d'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e induit des risques de concurrence face aux familles. Partager l'&#233;ducation d'un enfant dont le d&#233;veloppement s'av&#232;re probl&#233;matique est source de conflictualit&#233;. Face au mal-&#234;tre et &#224; la souffrance dont il est t&#233;moin, le professionnel &#233;prouve des sentiments de compassion. Confront&#233; aux r&#233;gressions, aux blocages et aux refus, il sera tent&#233; de se retourner vers les parents qu'il rendra responsables, &#233;voquant tant&#244;t leur surprotection, tant&#244;t leur rejet, tant&#244;t la pathologie familiale, tant&#244;t les troubles personnels qu'ils projettent sur leur enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, il devient difficile de distinguer ce qui rel&#232;ve chez le professionnel de conduites propices au d&#233;veloppement et &#224; l'&#233;quilibre de l'enfant et ce qui correspond &#224; des attitudes substitutives et &#224; des confusions de r&#244;le, g&#233;n&#233;ratrices de conflits de loyaut&#233; chez l'enfant et de d&#233;prise &#233;ducative chez les parents. C'est pourquoi l'auteur le rappelle haut et fort : il revient naturellement aux parents d'avoir &#224; &#233;duquer leur enfant, les institutions qui les entourent ayant, quant &#224; elles, vocation pour les &#233;pauler, non pour les remplacer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail des professionnels ne peut se construire qu'&#224; partir de ce qu'ont d&#233;j&#224; entrepris les familles. Tout objectif con&#231;u pour un enfant doit entra&#238;ner l'accord pr&#233;alable de ses parents. Et notamment, le fameux projet individuel qui reste le projet d'une &#233;quipe pour un enfant et non le projet de l'enfant. Le travail avec les parents passe par l'analyse critique des informations rassembl&#233;es &#224; leur sujet et la d&#233;construction des grilles d'interpr&#233;tation de leurs conduites. Car &#171; l'imaginaire institutionnel sur les parents irrigue l'interpr&#233;tation explicative des difficult&#233;s rencontr&#233;es avec l'une ou l'autre familles &#187; (p.43).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bertrand Dubreuil est trop fin observateur pour se laisser enfermer dans une vision globalisante. D'embl&#233;e, il a pr&#233;venu qu'il s'agissait de consid&#233;rer la complexit&#233; des situations rencontr&#233;es, en les analysant &#224; partir des &#233;l&#233;ments qu'elles fournissent et non selon un mod&#232;le g&#233;n&#233;ralisant. Aussi reconna&#238;t-il que la n&#233;cessaire relation de co&#233;ducation qu'il revendique s'av&#232;re impossible tant que les parents d&#233;nient leur responsabilit&#233; et rejettent la faute sur leur enfant. &#202;tre parent n'est pas un donn&#233; naturel mais un construit culturel, le lien biologique entre un g&#233;niteur et son enfant n'&#233;tant pas en soi constitutif d'un attachement. Certains parents, du fait de leur fragilit&#233;, sont dans l'incapacit&#233; d'exercer leur parentalit&#233; dans des conditions garantissant l'&#233;quilibre et la s&#233;curit&#233; de leur enfant. Mais de telles circonstances ne doivent pas constituer un pr&#233;texte qui permettrait de remettre en cause un principe essentiel : ce ne sont pas aux parents de s'impliquer dans le projet de l'enfant, mais aux professionnels de s'associer au projet des parents.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Dunod, 2006 (173 p. ; 21 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un autre travail social ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Un-autre-travail-social</link>
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		<dc:date>2006-06-28T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>803</dc:subject>

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&lt;p&gt;Un nouveau paysage soci&#233;tal aux contours rigidifi&#233;s se dessine, sur fond de surench&#232;re &#233;lectorale en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;. Le projet de loi de pr&#233;vention de la d&#233;linquance participe de cette logique. Attention, pr&#233;viennent les r&#233;seaux de professionnels, cela pourrait radicalement modifier la fonction du travail social &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Nos vies de moins en moins priv&#233;es, nos enfants de plus en plus suspects&#8230; &#187; Ainsi le collectif national unitaire de r&#233;sistance &#224; la d&#233;lation (CNU) r&#233;sume-t-il le projet de loi relatif &#224; la (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un nouveau paysage soci&#233;tal aux contours rigidifi&#233;s se dessine, sur fond de surench&#232;re &#233;lectorale en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;. Le projet de loi de pr&#233;vention de la d&#233;linquance participe de cette logique. Attention, pr&#233;viennent les r&#233;seaux de professionnels, cela pourrait radicalement modifier la fonction du travail social&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8220;Nos vies de moins en moins priv&#233;es, nos enfants de plus en plus suspects&#8230; &#187; Ainsi le collectif national unitaire de r&#233;sistance &#224; la d&#233;lation (CNU) r&#233;sume-t-il le projet de loi relatif &#224; la pr&#233;vention contre la d&#233;linquance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='CNU : www.abri.org/antidelation' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Celui-ci devait &#234;tre pr&#233;sent&#233; en conseil des ministres du 28 juin (sinon, le 4 juillet) avant d'&#234;tre examin&#233; au Parlement cet automne. Personnes fragiles &#8212; psychiquement ou en situation d'addiction, par exemple &#8212; faisant l'objet d'un traitement judiciaire renforc&#233;, signalement aux maires des familles pr&#233;sentant des &#171; difficult&#233;s sociales, &#233;ducatives ou mat&#233;rielles &#187;, d&#233;pistage pr&#233;coce d'enfants &#171; agit&#233;s &#187; (la p&#233;tition Pas de z&#233;ro de conduite pour les enfants de trois ans &#187; a engrang&#233; pr&#232;s de 200 000 signatures)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'inqui&#233;tants fichiers sont en voie d'installation : l'un, municipal, pour les enfants en &#226;ge scolaire (selon le pr&#233;sident de la Ligue des droits de l'homme, 21 d&#233;partements utilisent d&#233;j&#224; le fichage d'enfants scolaris&#233;s) ; l'autre, concernant les personnes hospitalis&#233;es d'office en psychiatrie, consultable par les autorit&#233;s judiciaires et la police. Un troisi&#232;me est &#233;voqu&#233;, fusionnant les &#171; rappels &#224; l'ordre &#187; adress&#233;s par le maire, sorte de casier judiciaire municipal&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maire se verrait attribuer d'&#171; exorbitants &#187; pouvoirs : contr&#244;leur de la vie de ses administr&#233;s, coordonnateur de l'action sociale, inspecteur de l'assiduit&#233; scolaire, responsable des placements psychiatriques d'office&#8230; Les possibles confusions &#8212; avec le conseil g&#233;n&#233;ral, l'institution judiciaire ou l'&#201;ducation nationale &#8212; pourraient bien faire perdre toute lisibilit&#233; &#224; l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est, la remise en cause du secret professionnel des travailleurs sociaux par le partage d'informations obligatoire viendrait dynamiter la pratique actuelle du secret partag&#233; entre professionnels du travail social ou de la sant&#233;, et romprait ipso facto le lien de confiance essentiel entre travailleur social et usager. Certains maires, d'ailleurs, contestent ce projet de loi : ainsi ceux du forum fran&#231;ais pour la s&#233;curit&#233; urbaine (FFSU qui regroupe 120 villes en France et 300 en Europe), ont clairement d&#233;nonc&#233; le 30 mai, dans leur manifeste des villes, les principales dispositions du texte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; L'opposition, large, de tous les secteurs concern&#233;s &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Association nationale des assistants sociaux (ANAS), la Conf&#233;rence permanente des organisations professionnelles du social (CPO), la F&#233;d&#233;ration nationale des &#233;ducateurs de jeunes enfants (FNEJE), le Conseil sup&#233;rieur du travail social (CSTS) et le Carrefour national d'action &#233;ducative en milieu ouvert (CNAEMO) avaient, le 15 juin dernier, &#233;t&#233; convi&#233;s &#224; une r&#233;union sur le projet de loi, men&#233;e par le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Comit&#233; interminist&#233;riel de pr&#233;vention de la d&#233;linquance (CIPD), le pr&#233;fet Bernard Hagelsteen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les professionnels avaient r&#233;clam&#233; l'instauration d'un &#171; v&#233;ritable d&#233;bat national sur le sujet &#187;, certaines organisations demandant, en l'&#233;tat actuel, le retrait du texte. Qui plus est, elles avaient enregistr&#233; une contradiction majeure entre le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du CIPD et un engagement r&#233;cent du ministre de l'Int&#233;rieur. Le premier affirmant formellement que des informations soumises au secret professionnel seraient bel et bien transmises au maire, alors que dans un courrier public au CNU en date du 20 mars dernier, le ministre avait indiqu&#233; qu'il n'avait jamais &#233;t&#233; envisag&#233; d'associer les maires aux &#233;changes d'informations entre professionnels soumis au secret&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CSTS avait lui aussi rendu le 17 mai un avis r&#233;quisitoire contre le texte. Rappelons que la loi conf&#232;re au conseil &#8212; dont la 5e mandature vient d'ailleurs d'&#234;tre prolong&#233;e jusqu'en d&#233;cembre &#8212; une mission d'&#171; expertise &#187; et de &#171; veille &#187; &#224; propos des pratiques professionnelles du travail social li&#233;es aux politiques publiques. Le CSTS a clairement d&#233;nonc&#233; &#171; une confusion entre difficult&#233;s sociales et d&#233;linquance, et la tentation d'enr&#244;ler le travail social au service de la lutte contre la d&#233;linquance &#187; (il y a deux ans, le 5 mars 2004, il avait d&#233;j&#224; alert&#233; sur ce qui n'&#233;tait encore qu'un pr&#233;-projet).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs &#171; incoh&#233;rences &#187; lui apparaissent encore aujourd'hui comme le t&#233;l&#233;scopage entre le r&#244;le central d&#233;volu au maire et la loi du 13 ao&#251;t 2004 relative aux libert&#233;s et responsabilit&#233;s locales, stipulant que le d&#233;partement est &#171; chef de file de l'action sociale &#187;. Dans un contexte de massification des probl&#232;mes sociaux, ajoutait le conseil &#8212; 1 240 000 b&#233;n&#233;ficiaires du RMI en 2005, un million et demi de personnes vivant avec moins de 400 &#8364; par mois, plus de 14 % de familles monoparentales dont 32, 2 % de m&#232;res inactives, trois millions de personnes mal log&#233;es, pr&#232;s de 22 % de la population fran&#231;aise adulte ayant des difficult&#233;s de lecture-&#233;criture, etc &#8212;, il convient de ne pas dissocier les r&#233;ponses d'une r&#233;flexion sur les transformations de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, l'opposition est nette : &#171; Il nous para&#238;t tr&#232;s pr&#233;judiciable &#8212; voire contre-productif &#8212; d'englober l'action sociale dans la pr&#233;vention de la d&#233;linquance, d'&#234;tre aussi impr&#233;cis sur le r&#244;le du maire et du coordonnateur, de modifier les textes fondamentaux de l'action sociale, notamment le code de l'action sociale et des familles, et de confondre la pr&#233;vention sociale avec la pr&#233;vention de la d&#233;linquance &#187;, &#233;crivait encore la r&#233;cente commission &#201;thique et d&#233;ontologie du CSTS, le 10 juin dernier, &#224; Catherine Vautrin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des rassemblements devant les pr&#233;fectures et des courriers envoy&#233;s aux &#233;lus (maires, d&#233;put&#233;s et s&#233;nateurs) avec demandes de rendez-vous, cette semaine de mobilisation, du 19 au 24 juin, a d&#233;montr&#233; l'opposition, large, de tous les secteurs concern&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;CNU : &lt;a href=&#034;http://www.abri.org/antidelation&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.abri.org/antidelation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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