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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Les &#034;majeurs prot&#233;g&#233;s&#034; sont-ils bien... prot&#233;g&#233;s ?</title>
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		<title>Les &#171; majeurs prot&#233;g&#233;s &#187; sont-ils bien... prot&#233;g&#233;s ?</title>
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		<dc:subject>Tutelle curatelle</dc:subject>
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&lt;p&gt;Un rapport d'enqu&#234;te est venu, il y a un peu plus d'un an, mettre le feu aux poudres en d&#233;non&#231;ant des dysfonctionnements dans le petit monde tut&#233;laire. De plus, la pr&#233;carit&#233; sociale a mis ces derni&#232;res ann&#233;es &#171; sur le march&#233; &#187; de nouveaux b&#233;n&#233;ficiaires qui ne rel&#232;vent pas forc&#233;ment des m&#233;thodes classiques de protection. Des usagers en augmentation, un dispositif en difficult&#233;, une technique en recherche.., voil&#224; qui semble suffisant pour envisager du changement dans le travail de tutelle, et bien s&#251;r chez les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-515-" rel="tag"&gt;515&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un rapport d'enqu&#234;te est venu, il y a un peu plus d'un an, mettre le feu aux poudres en d&#233;non&#231;ant des dysfonctionnements dans le petit monde tut&#233;laire. De plus, la pr&#233;carit&#233; sociale a mis ces derni&#232;res ann&#233;es &#171; sur le march&#233; &#187; de nouveaux b&#233;n&#233;ficiaires qui ne rel&#232;vent pas forc&#233;ment des m&#233;thodes classiques de protection. Des usagers en augmentation, un dispositif en difficult&#233;, une technique en recherche.., voil&#224; qui semble suffisant pour envisager du changement dans le travail de tutelle, et bien s&#251;r chez les professionnels. Explications&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le juge des tutelles prononce une mesure de protection lorsque l'alt&#233;ration du majeur a &#233;t&#233; constat&#233;e par un m&#233;decin sp&#233;cialiste. De 500 000 personnes au 31 d&#233;cembre 1996, le nombre des majeurs prot&#233;g&#233;s avoisine aujourd'hui le chiffre de 600 000. Les placements de majeurs sous protection juridique ayant progress&#233; de plus de 44 % entre 1990 et 1996, et le flux annuel des ouvertures de r&#233;gimes &#233;tant nettement sup&#233;rieur au flux des cl&#244;tures &#8212; 50 000 contre 42 000 pour l'ann&#233;e 1996 &#8212;, les associations tut&#233;laires ont donc &#224; faire face &#224; une charge grandissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, le dispositif est r&#233;gi par deux lois : int&#233;gr&#233;e au code de la S&#233;curit&#233; sociale, celle du 18 octobre 1966 a pour objet &#8212; par l'interm&#233;diaire de la gestion des prestations &#8212; l'exercice d'une action &#233;ducative et d'accompagnement social aupr&#232;s de familles et d'adultes momentan&#233;ment en difficult&#233; ; celle du 3 janvier 1968 r&#233;forme le droit des Incapables majeurs et d&#233;finit les r&#233;gimes de protection de ces derniers, en affirmant deux grands principes : la nullit&#233; d'un acte juridique si son auteur ne dispose plus de ses &#171; facult&#233;s de discernement &#187;, mais aussi la responsabilit&#233; civile de l'auteur de l'acte priv&#233; de ses facult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela se passe-t-il harmonieusement ? Une triple inspection g&#233;n&#233;rale des finances, des services judiciaires et des affaires sociales &#233;tablissait, en juillet 1998, un rapport d'enqu&#234;te plus que s&#233;v&#232;re sur le (dys) fonctionnement du dispositif de protection des majeurs : co&#251;tant de plus en plus cher &#224; la collectivit&#233;, il &#171; d&#233;rive par rapport &#224; son cadre juridique initial &#187;, pour cause de mauvaise coordination des intervenants, de cadre institutionnel &#171; complexe et peu coh&#233;rent &#187;, d'&#233;rosion des principes fondateurs, d'in&#233;galit&#233;s et d'incoh&#233;rences&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est, des dysfonctionnements interviennent tout au long de la mise en &#339;uvre des mesures : signalements mal filtr&#233;s, d&#233;cisions &#171; prononc&#233;es &#224; l'issue d'une instruction sommaire &#187;, d&#233;faut de contr&#244;le g&#233;n&#233;ralis&#233;, pratiques r&#233;pr&#233;hensibles, absence g&#233;n&#233;rale d'&#233;valuation&#8230; &#171; Le dispositif, tel qu'il est actuellement organis&#233; et g&#233;r&#233;, n'est plus adapt&#233; aux enjeux et doit donc &#234;tre r&#233;form&#233; &#187;, concluent les r&#233;dacteurs en fin de premi&#232;re partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souvient aussi alors des rapports d'inspection interne &#224; l'Assistance publique des h&#244;pitaux de Paris et du contr&#244;le de la chambre r&#233;gionale des comptes d'Ile-de-France qui avaient, deux ans auparavant, mis en lumi&#232;re des pratiques pour le moins frauduleuses de g&#233;rants de tutelle au d&#233;triment des personnes dont ils &#233;taient charg&#233;s de g&#233;rer les biens : des malades sous tutelle &#233;taient carr&#233;ment victimes de spoliations graves &#8212; d&#233;tournements, abus de confiance, faux et usage de faux, ou spoliations post mortem&#8230; &#8212; dans sept h&#244;pitaux franciliens !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ensemble de propositions &#233;tait alors soumis par la triple inspection : am&#233;nager les crit&#232;res d'attribution des mesures, pr&#233;ciser les r&#244;les de chacun, refondre les m&#233;canismes de financement ; en outre, un &#171; dispositif mieux r&#233;gul&#233; &#187; doit, selon les r&#233;dacteurs, passer par une responsabilisation et une coordination accrues des acteurs, une r&#233;gulation plus stricte des flux d'entr&#233;e et des proc&#233;dures d'instruction mieux formalis&#233;es ; enfin, une r&#233;organisation des proc&#233;dures de contr&#244;le est recommand&#233;e : instauration d'une obligation de d&#233;p&#244;t des exc&#233;dents courants &#224; la Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignations, mise en place obligatoire d'un compte de r&#233;partition qui assure la r&#233;mun&#233;ration des sommes plac&#233;es au seul b&#233;n&#233;fice des majeurs, approfondissement du contr&#244;le des comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, le renforcement des exigences de qualit&#233; &#8212; r&#233;glementation de l'acc&#232;s aux m&#233;tiers li&#233;s &#224; la protection des majeurs, introduction de normes de qualit&#233; &#8212; est-il pr&#233;conis&#233;. Ces propositions, estiment les auteurs de la triple inspection, &#171; constituent un retour aux principes fondateurs de la loi de 1968 &#8212; &#224; savoir des mesures de protection dict&#233;es par le principe de n&#233;cessit&#233; et organis&#233;es dans le seul int&#233;r&#234;t des majeurs &#8212; tout en tenant compte des nouveaux besoins d'accompagnement social qui se sont manifest&#233;s depuis lors &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la virulence de ce rapport, une enqu&#234;te est alors missionn&#233;e, dirig&#233;e par Jean Favard, conseiller &#224; la cour de cassation. Mais les principales associations et f&#233;d&#233;rations charg&#233;es du monde de la tutelle ne tardent pas &#224; r&#233;agir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='F&#233;d&#233;ration nationale des associations tut&#233;laires (FNAT) &#8211; 94, rue Saint-Lazare (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : le 10 d&#233;cembre 1998, tout en souscrivant &#224; certaines des propositions &#233;mises, elles &#233;crivaient : &#171; Les propositions faites par l'inspection nationale sont travers&#233;es par une contradiction importante : tout au long du texte, il appara&#238;t que notre soci&#233;t&#233; se doit d'apporter une plus grande qualit&#233; d'assistance juridique et d'accompagnement des personnes, dans le moment m&#234;me o&#249; il est propos&#233; de r&#233;duire les financements, de les rendre plus complexes encore, voire plus al&#233;atoires &#187;. Et les organismes tut&#233;laires de mettre en garde : &#171; Les changements de nature du handicap psychique, physique et/ou social exigent que les acteurs publics et associatifs aient sur ce point en particulier une r&#233;flexion qui pr&#233;c&#232;de les d&#233;cisions &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un groupe de travail de l'Union nationale des associations familiales se mettait &#233;galement en place, et rendait &#224; la commission d'enqu&#234;te, en juillet 1999, un dossier en vue de pr&#233;ciser &#171; diff&#233;rentes probl&#233;matiques &#187; : formation et qualification des intervenants d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; la tutelle, cr&#233;ation d'un Conseil patrimonial et social, qualit&#233; des missions et co&#251;ts, aide &#224; la tutelle familiale. L'Unaf, dans ce document, se d&#233;clare, par exemple, favorable &#224; une formation unique qui pr&#233;parerait &#224; l'exercice des mesures de protection des adultes, qu'il s'agisse de tutelle, de curatelle ou mesure de conseil patrimonial et social (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Les-tutelles-sur-des-majeurs-ou-la-difficile-gestion-d-un-paradoxe' class='spip_in'&gt;lire l'interview de Hubert Brin&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res Assises nationales de la tutelle, tenues &#224; Paris du 16 au 18 d&#233;cembre 1999, affichaient donc, de l'aveu m&#234;me des organisateurs, un enjeu &#171; politique &#187; et proposaient trois approches : &#171; Porter devant la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise des donn&#233;es fiables sur les b&#233;n&#233;ficiaires de toutes les mesures pr&#233;vues par les lois de 1966 et 1968 ; refuser une &#171; cat&#233;gorisation des publics &#187; &#224; partir seulement de leurs troubles ou de leurs manques, cat&#233;gorisation qui conduirait &#224; des mesures technicistes au lieu de r&#233;ponses globales, pertinentes et adapt&#233;es aux sp&#233;cificit&#233;s des personnes ; proposer d'inscrire les mesures de protection juridique dans des valeurs humanistes fond&#233;es sur le respect de la personne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confirmation y sera faite de l'augmentation du chiffre des majeurs prot&#233;g&#233;s en France : aujourd'hui, ils sont 600 000, caract&#233;ris&#233;s par un ensemble d'attributs : relatif &#233;quilibre de la proportion d'hommes et de femmes, croissance &#171; r&#233;guli&#232;re et marqu&#233;e &#187; des moins de 35 ans, tr&#232;s faible qualification professionnelle, ressources se situant entre le RMI et le SMIC pour 74 % des mesures, patrimoine &#171; le plus souvent tr&#232;s faible &#187;, endettement, isolement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau public est donc apparu ces derni&#232;res ann&#233;es, la pathologie mentale ayant fortement diminu&#233; au profit de causes li&#233;es &#224; la situation sociale et financi&#232;re des personnes. Autrement dit, l'augmentation des ph&#233;nom&#232;nes de pr&#233;carisation sociale est une &#171; donn&#233;e fiable &#187;. Cela implique, pour les associations tut&#233;laires, deux cons&#233;quences : une modification de la loi de 1968 &#171; si on estime que 60 000 personnes au moins ne correspondent pas aux cat&#233;gories propos&#233;es par cette loi &#187;, mais aussi une inflexion des m&#233;tiers de tuteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses pr&#233;conisations ont &#233;t&#233; &#233;mises aux Assises : aide aux tuteurs familiaux, cr&#233;ation d'administrateurs subrog&#233;s, m&#233;diation familiale, extension de la liste des personnes admises comme administrateurs, contr&#244;le juridictionnel plus &#233;troit de la notion de vacance de la tutelle, plus ample pr&#233;cision du contenu des mesures, &#171; articulation des solidarit&#233;s &#187;, possibilit&#233; de recours &#224; un avocat&#8230; Il a &#233;t&#233; utilement rappel&#233; qu'aussi minces que soient les capacit&#233;s d'une personne, il convient de ne pas les ignorer, donc de ne jamais se substituer aux familles ; l'importance du diagnostic &#8212; consid&#233;rant la &#171; violence faite &#224; l'autre &#187; qu'est la mesure de tutelle &#8212; et d'une prise en charge au maximum adapt&#233;e aux besoins de chaque usager a &#233;t&#233; soulign&#233;e ; les associations ont d&#233;fendu l'id&#233;e d'un Observatoire national des tutelles, et d'une Conf&#233;rence budg&#233;taire annuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sans pr&#233;juger des conclusions d&#233;finitives du groupe interminist&#233;riel &#187;, la secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la Sant&#233; et &#224; l'action sociale, Dominique Gillot, a nettement insist&#233; sur l'importance pour la tutelle &#171; de se r&#233;nover dans ses pratiques, et de se recentrer sur ses missions &#187;. Surlignant de nouveau &#171; le caract&#232;re inflationniste des modes de financement &#187;, elle s'est fermement prononc&#233; pour un contr&#244;le &#171; syst&#233;matique et approfondi &#187; des associations et une formation plus adapt&#233;e, le d&#233;veloppement de la formation continue et l'introduction des r&#233;f&#233;rentiels, tout en souhaitant que se d&#233;veloppe l'harmonisation des comp&#233;tences (aujourd'hui, le m&#233;tier de tuteur r&#233;pond &#224; quatre domaines de comp&#233;tences : aide en &#233;conomie sociale et familiale, gestion financi&#232;re, droit, psychologie). La ministre a d'ailleurs pr&#233;conis&#233; une convention collective unique. Command&#233;e &#224; l'INED, a-t-elle enfin indiqu&#233;, une &#233;tude sera remise au minist&#232;re au mois de mars prochain, portant sur l'estimation par &#226;ge des majeurs prot&#233;g&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tutelle, curatelle et sauvegarde&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La tutelle est un r&#233;gime d'incapacit&#233; compl&#232;te, n&#233;cessitant le certificat d'un m&#233;decin inscrit sur une liste sp&#233;cifique. Elle est ouverte lorsqu'un majeur a besoin d'&#234;tre repr&#233;sent&#233; d'une mani&#232;re continue dans les actes de la vie civile (article 492 du Code civil). Le tuteur peut accomplir seul la majorit&#233; des actes dits &#171; d'administration &#171; , ceux qui concernent la gestion du patrimoine et des revenus de la personne prot&#233;g&#233;e ; en revanche, l'autorisation du juge est n&#233;cessaire pour les actes de &#171; disposition &#171; , vente d'immeubles ou de valeurs mobili&#232;res par exemple. Le tuteur rend compte de sa gestion annuellement au juge des tutelles (ou au greffier en chef du tribunal d'instance). Le majeur sous tutelle perd ses droits civiques et politiques, notamment le droit de vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La curatelle est un r&#233;gime d'incapacit&#233; partielle. Elle est ouverte lorsque le majeur, sans &#234;tre hors d'&#233;tat d'agir lui-m&#234;me, a besoin d'&#234;tre conseill&#233; ou contr&#244;l&#233; dans ses actes de la vie civile ou lorsque, &#171; par sa prodigalit&#233;, son intemp&#233;rance ou son oisivet&#233; &#171; , il s'expose &#224; tomber dans le besoin ou compromet l'ex&#233;cution de ses obligations familiales (articles 508 et 508-1 du Code civil). Le curateur est choisi parmi les parents, amis, toute personne s'int&#233;ressant &#224; la personne prot&#233;g&#233;e. Le juge peut distinguer les actes que la personne peut accomplir seule et ceux n&#233;cessitant le concours d'un curateur. Le majeur sous curatelle simple peut percevoir et utiliser seul ses revenus, conclure un bail d'habitation, &#233;tablir un testament, voter. En revanche, les actes comme la vente de biens immobiliers et de fonds de commerce, les donations, le mariage n&#233;cessitent l'assistance du curateur. La curatelle a l'avantage d'&#234;tre un r&#233;gime de protection beaucoup plus souple et adaptable aux besoins du majeur que la tutelle. Elle pourra &#234;tre all&#233;g&#233;e ou renforc&#233;e par le juge selon les cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sauvegarde de justice est un r&#233;gime de capacit&#233; prot&#233;g&#233;e pour le majeur atteint d'une alt&#233;ration provisoire. Elle peut &#234;tre prononc&#233;e par le juge dans l'attente de l'ouverture d'une tutelle ou d'une curatelle, ou r&#233;sulter d'une simple d&#233;claration faite au procureur de la R&#233;publique par un m&#233;decin (article 491 du Code civil). Dans ce dernier cas, elle est valable deux mois, puis renouvelable par six mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tutelle aux prestations sociales adultes r&#233;sulte, elle, des dispositions de la loi du 18 octobre 1966, int&#233;gr&#233;e dans le Code de la S&#233;curit&#233; sociale, au m&#234;me titre que la mesure aux prestations sociales enfants. Elle consiste en une mission de gestion de prestations sociales servies &#224; des adultes (AAH, RMI, allocation logement) ; d'affectation de ces prestations aux besoins fondamentaux de l'adulte qui n'en fait pas l'usage pour lequel elles lui sont octroy&#233;es ; de r&#233;adaptation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Profils des majeurs sous tutelle et sous curatelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;62 % des personnes mises sous tutelle sont des femmes (contre 55 % en 1990) et l'&#226;ge moyen des entrants est de 66 ans (73 ans pour les femmes, 57 ans pour les hommes). Les mises sous tutelle sont concentr&#233;es au d&#233;but de la majorit&#233; et &#224; la fin de la vie. Autrement dit, elles concernent plus particuli&#232;rement les jeunes handicap&#233;s et les femmes tr&#232;s &#226;g&#233;es, ayant perdu leur facult&#233; d'autonomie et de discernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans 29 % des cas, la saisine du juge des tutelles est d'origine familiale, c'est-&#224;-dire &#224; la requ&#234;te d'un proche de la personne &#224; prot&#233;ger (conjoint, ascendant, descendant, fr&#232;re ou s&#339;ur&#8230;) ; mais dans plus de la moiti&#233; des proc&#233;dures, c'est le juge qui se saisit d'office apr&#232;s avoir eu connaissance de l'&#233;tat de sant&#233; de la personne &#224; prot&#233;ger, soit par son entourage, soit par les services sociaux ou le m&#233;decin traitant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le profil des majeurs plac&#233;s sous curatelle est tr&#232;s diff&#233;rent de celui des tutelles. Ils ont en moyenne 53 ans, et les hommes sont plus nombreux et plus jeunes (48 ans contre 59 ans) que les femmes. Entre 1990 et 1996, le nombre de curatelles a doubl&#233;, faisant appara&#238;tre un nouveau profil : il pourrait s'agir de personnes en situation de grande d&#233;tresse, li&#233;s &#224; des raisons professionnelles, psychologiques ou familiales, qui ne sont plus en mesure de g&#233;rer leurs ressources. La curatelle, m&#234;me au prix d'une privation importante de droits, peut leur permettre de sortir d'une situation de crise (ch&#244;mage, surendettement, exclusion). Elle s'accompagne souvent d'une tutelle aux prestations sociales afin que le curateur puisse aider la personne &#224; g&#233;rer l'ensemble de ses ressources.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tutelle familiale ou tutelle d'&#201;tat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le juge d&#233;cide &#224; qui il confie l'exercice de la tutelle &#224; partir de nombreux crit&#232;res : &#233;tat de sant&#233;, entourage familial, complexit&#233; du patrimoine&#8230; Dans la pratique, &#224; peine la moiti&#233; des tutelles rel&#232;ve d'une gestion familiale : conjoint non s&#233;par&#233;, ascendant, descendant, fr&#232;re ou s&#339;ur. De mani&#232;re plus marginale parce que lourde &#224; g&#233;rer (1,7 % des cas), la tutelle peut &#234;tre confi&#233;e &#224; un conseil de famille de quatre &#224; six membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;65 % des majeurs prot&#233;g&#233;s de moins de 30 ans rel&#232;vent d'une tutelle familiale. 51 % des personnes prot&#233;g&#233;es &#226;g&#233;es de 70 &#224; 80 ans sont elles aussi sous tutelle familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence de solution familiale, le juge d&#233;signe des g&#233;rants de tutelles ou confie la gestion de cette mesure &#224; l'&#201;tat. Lorsque la tutelle &#224; g&#233;rer est simple mais que l'entourage familial est inexistant ou d&#233;faillant, le juge d&#233;signe comme g&#233;rant de tutelle un pr&#233;pos&#233; administratif de l'&#233;tablissement de soins o&#249; le majeur est plac&#233; ou un administrateur sp&#233;cial. Cette mesure, en baisse r&#233;guli&#232;re, repr&#233;sente 34 % des tutelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, 17 % des tutelles sont d&#233;f&#233;r&#233;es &#224; l'&#201;tat, mais ce chiffre est en forte augmentation. La g&#233;rance est alors confi&#233;e au pr&#233;fet qui la d&#233;l&#232;gue au directeur d&#233;partemental de l'action sanitaire et sociale, ou &#224; une personne physique ou morale qualifi&#233;e figurant sur une liste &#233;tablie par le procureur de la R&#233;publique, ou exceptionnellement &#224; un notaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F&#233;d&#233;ration nationale des associations tut&#233;laires (FNAT) &#8211; 94, rue Saint-Lazare &#8211; 75009 Paris. T&#233;l. 01 42 81 46 11&lt;br class='manualbr' /&gt;Association nationale des g&#233;rants de tutelle (ANGT) &#8211; 1, rue Cabanis &#8211; 75674 Paris cedex 14. T&#233;l. 01 45 65 81 43.&lt;br class='manualbr' /&gt;UNAF &#8211; 28, Place Saint-Georges &#8211; 75009 Paris. T&#233;l. 01 49 95 36 00&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Les tutelles sur des majeurs ou la difficile gestion d'un paradoxe</title>
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&lt;p&gt;Hubert Brin, pr&#233;sident de l'Union nationale des associations familiales &lt;br class='autobr' /&gt;
Les dispositifs &#171; tutelles &#187; ont-ils pour premier objectif de donner ou de redonner l'autonomie aux personnes qu'ils prennent en charge ? Hubert Brin : Pour certains de ces majeurs prot&#233;g&#233;s, nous savons bien que la mesure de tutelle durera tout au long de leur vie et que l'acc&#232;s &#224; l'autonomie ne peut-&#234;tre raisonnablement un objectif de travail. Pour d'autres, au contraire, l'objectif est d'assurer le retour &#224; l'autonomie : il (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Hubert Brin, pr&#233;sident de l'Union nationale des associations familiales&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les dispositifs &#171; tutelles &#187; ont-ils pour premier objectif de donner ou de redonner l'autonomie aux personnes qu'ils prennent en charge ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hubert Brin : Pour certains de ces majeurs prot&#233;g&#233;s, nous savons bien que la mesure de tutelle durera tout au long de leur vie et que l'acc&#232;s &#224; l'autonomie ne peut-&#234;tre raisonnablement un objectif de travail. Pour d'autres, au contraire, l'objectif est d'assurer le retour &#224; l'autonomie : il s'agit alors pour le tuteur de mettre en &#339;uvre une protection active permettant aux personnes concern&#233;es d'apprendre ou de r&#233;apprendre la gestion de la vie quotidienne. Ces derni&#232;res mobilisent, du reste, l'ensemble des services d'action sociale car au-del&#224; de leurs difficult&#233;s, li&#233;es aux probl&#232;mes de pauvret&#233;, d'exclusion, de surendettement, s'ajoutent des probl&#232;mes psychologiques ou psychiques. C'est pour r&#233;pondre &#224; ces diff&#233;rents besoins qu'existent diverses mesures : tutelle, curatelle, dont certaines comme la tutelle aux prestations sociales doit obligatoirement &#234;tre limit&#233;e dans le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'explique l'augmentation du nombre des majeurs prot&#233;g&#233;s ? Par la mont&#233;e de l'exclusion ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais pas seulement. Bien s&#251;r, le ch&#244;mage, la comp&#233;tition de plus en plus rude plongent des personnes dans une grande d&#233;tresse mat&#233;rielle et morale, au point que certaines perdent les rep&#232;res &#233;l&#233;mentaires qui fondent l'autonomie. Mais des transformations structurelles sont &#233;galement &#224; l'origine de l'&#233;mergence d'un nouveau public. Par exemple, la politique d'ouverture des &#233;tablissements psychiatriques a permis, et c'est bien, &#224; bon nombre de malades de quitter ces structures d'enfermement. Mais l'importance et la gravit&#233; de leurs pathologies conduisent les magistrats &#224; prononcer une mesure de tutelle afin de leur assurer une protection &#171; hors les murs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple, le vieillissement de la population en g&#233;n&#233;ral, et celui des personnes handicap&#233;es en particulier, g&#233;n&#232;re de nouvelles situations de d&#233;pendance. Dans un certain nombre de cas, la mesure de protection juridique est destin&#233;e &#224; permettre une gestion ordonn&#233;e de leur patrimoine. Nous avons propos&#233; &#224; M. Favard, pr&#233;sident de la Commission de r&#233;forme de la protection juridique des majeurs, la cr&#233;ation d'une mesure nouvelle, le Conseil patrimonial et social. Il s'agit d'une mesure destin&#233;e &#224; la gestion des prestations sociales avec un parti pris d'accompagnement et de gestion sociale destin&#233;s &#224; conduire vers plus d'autonomie. Nous avons en cela repris une demande d'un nombre important de juges des tutelles qui sont confront&#233;s eux aussi quotidiennement &#224; ces probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Existe-t-il des liens privil&#233;gi&#233;s entre la justice et les associations tut&#233;laires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyons clairs, ce sont les magistrats qui d&#233;cident et ordonnent les mesures de protection juridique. Ils peuvent le faire &#224; la suite d'une enqu&#234;te sociale ou d'une expertise confi&#233;e &#224; une association. Nous avons d'ailleurs fait des propositions concr&#232;tes pour faire reconna&#238;tre l'utilit&#233; de ces enqu&#234;tes afin de fixer leur d&#233;ontologie et les conditions de leur r&#233;alisation. Par ailleurs, il me para&#238;t normal que les juges des tutelles, et les juridictions en g&#233;n&#233;ral, entretiennent avec le monde associatif un partenariat confiant sans lequel les uns ne peuvent aider les autres. Mais il est faux de dire qu'il existerait un lobby des associations pour faire pression sur les juges. C'est m&#233;conna&#238;tre gravement l'ind&#233;pendance de la magistrature et le respect qu'ont les associations tut&#233;laires tant pour leurs partenaires que pour les familles qu'elles ont en charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est le r&#244;le des familles dans les mesures de tutelles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;50 % des mesures de protection juridique sont assur&#233;es par les familles elles-m&#234;mes. On oublie trop souvent l'importance des solidarit&#233;s familiales et les cons&#233;quences dramatiques qu'aurait leur d&#233;sengagement. Mais, il faut prendre conscience de la lourdeur que peut g&#233;n&#233;rer pour une famille la prise en charge d'un de ses membres mis sous tutelle. La mesure de tutelle contient un paradoxe &#8212; elle prot&#232;ge la personne en la privant de ses droits &#8212; qui la rend difficile &#224; g&#233;rer. C'est la raison pour laquelle nous avons propos&#233; la mise en place d'une aide aux tuteurs familiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Recevez-vous les moyens qui vous paraissent n&#233;cessaires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que certains veulent contenir l'extension de ce secteur et le prix mensuel d'une mesure de tutelle. Or, ces derni&#232;res ann&#233;es, la croissance du nombre des personnes prot&#233;g&#233;es a &#233;t&#233; de 12 &#224; 15 %. Les &#171; Assises de la tutelle &#187; ont traduit la volont&#233; des associations de faire &#233;voluer un syst&#232;me de protection qui a fait ses preuves mais qui doit s'adapter aux nouvelles donn&#233;es sociologiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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