<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Lien Social</title>
	<link>https://www.lien-social.com/</link>
	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lien-social.com/spip.php?id_mot=418&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Lien Social</title>
		<url>https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L144xH45/siteon0-7409c.png?1693463828</url>
		<link>https://www.lien-social.com/</link>
		<height>45</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Un s&#233;jour de rupture comme dernier tremplin</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Un-sejour-de-rupture-comme-dernier-tremplin</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Un-sejour-de-rupture-comme-dernier-tremplin</guid>
		<dc:date>2006-05-25T16:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>798</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; des activit&#233;s structurantes et un travail psycho-&#233;ducatif intensif, les mineurs d&#233;linquants multir&#233;cidivistes plac&#233;s au CER de l'Arpaij parviennent en quelques mois &#224; retrouver confiance en eux, &#224; &#233;tablir des relations pacifi&#233;es avec leur entourage et &#224; envisager un projet de vie en soci&#233;t&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce matin-l&#224;, le groupe d'adolescents qui rejoint le Centre &#233;ducatif renforc&#233; (CER) sur le plateau du Vercors apr&#232;s 10 jours de chantier &#224; l'ext&#233;rieur n'est pas au complet : deux jeunes ont profit&#233; de l'agitation (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Delinquance" rel="tag"&gt;D&#233;linquance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-798-" rel="tag"&gt;798&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_731 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/IMG/jpg/jiho-mntgn.jpg' width=&#034;600&#034; height=&#034;468&#034; alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; des activit&#233;s structurantes et un travail psycho-&#233;ducatif intensif, les mineurs d&#233;linquants multir&#233;cidivistes plac&#233;s au CER de l'Arpaij parviennent en quelques mois &#224; retrouver confiance en eux, &#224; &#233;tablir des relations pacifi&#233;es avec leur entourage et &#224; envisager un projet de vie en soci&#233;t&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce matin-l&#224;, le groupe d'adolescents qui rejoint le Centre &#233;ducatif renforc&#233; (CER) sur le plateau du Vercors apr&#232;s 10 jours de chantier &#224; l'ext&#233;rieur n'est pas au complet : deux jeunes ont profit&#233; de l'agitation du d&#233;part pour prendre la fuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, quelques jours auparavant, cinq d'entre eux s'&#233;taient carapat&#233;s durant la nuit et avaient trac&#233; la route avant d'&#234;tre retrouv&#233;s au petit matin par la police &#224; quelque 50 kilom&#232;tres de l&#224;. &lt;i&gt;&#171; C'est le troisi&#232;me chantier. D'habitude on n'a jamais de fugue &#224; ce stade du s&#233;jour, mais deux jeunes du groupe sont dans un refus total du placement et ne supportent pas de voir les progr&#232;s des autres &#187;&lt;/i&gt;, explique Sophie Elliot, psychologue, qui intervient dans les deux CER g&#233;r&#233;s par l'Arpaij (Association Rh&#244;ne-Alpes pour l'accompagnement &#233;ducatif et l'insertion des jeunes)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Arpaij - 3541, vieille route - 38250 Lans en Vercors. T&#233;l. 04 76 94 02 (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;ducateur essaie de comprendre : &lt;i&gt;&#171; Pourtant on a fait un bon chantier, on &#233;tait content d'eux et on leur a peut-&#234;tre trop dit, c'&#233;tait tellement calme, certains gamins ne supportent pas quand &#231;a se passe bien &#187;.&lt;/i&gt; Au rez-de-chauss&#233;e, les adolescents semblent moins perturb&#233;s que les adultes par la fugue du matin et d&#233;jeunent paisiblement en compagnie de leurs &#233;ducateurs. Dans l'entr&#233;e, des photos et des coupures de presse locale montrent les jeunes en pleine action pendant les stages sportifs et les chantiers. L'ambiance et les locaux, avec vue sur le Vercors ensoleill&#233;, &#233;voquent plut&#244;t un lieu de vacances qu'un centre de r&#233;&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant les pensionnaires &#226;g&#233;s de 13 &#224; 18 ans ne sont pas des enfants de ch&#339;ur. Coupables &#224; plusieurs reprises de vols avec violence, agressions &#224; l'arme blanche, trafic de stup&#233;fiants, racket ou viol en r&#233;union, le CER est pour certains d'entre eux la derni&#232;re chance avant la prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Objectif du placement judiciaire : mettre un terme &#224; l'escalade des d&#233;lits par un travail psycho-&#233;ducatif et &#233;laborer un projet de vie en soci&#233;t&#233;. &lt;i&gt;&#171; Le s&#233;jour de rupture peut ressembler &#224; un rite de passage de l'enfance vers l'&#226;ge adulte tel qu'il en existe dans certaines soci&#233;t&#233;s traditionnelles, avec la s&#233;paration du milieu d'origine, la confrontation &#224; diff&#233;rentes &#233;preuves et apprentissages et l'acc&#232;s &#224; un nouveau statut &#187;&lt;/i&gt;, fait observer Rachid Mesbahi, fondateur et directeur de l'Arpaij. Ce dernier a longtemps travaill&#233; comme &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; en internat avant de diriger la premi&#232;re UEER (unit&#233; &#224; encadrement &#233;ducatif renforc&#233;, anc&#234;tre des CER) cr&#233;&#233;e en 1996 par la Sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence de l'Is&#232;re. En 2002, il quitte la Sauvegarde pour cr&#233;er l'Arpaij et son propre projet de CER.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vastes locaux du hameau des Girards &#8211; une ancienne colonie de vacances &#8212; accueillent deux groupes de 6 ou 7 adolescents pour une session de cinq mois. Chaque groupe est encadr&#233; en permanence par trois &#233;ducateurs. Pour les plus jeunes, les activit&#233;s sont ax&#233;es sur les apprentissages scolaires et pour les plus &#226;g&#233;s sur des stages sportifs et des mises en situation de travail. L'Arpaij fonctionne uniquement avec des financements de la PJJ - 400 &#8364; par jour et par enfant, soit un budget annuel de 600 000 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le d&#233;jeuner, adolescents, &#233;ducateurs et psychologue se rassemblent comme &#224; chaque retour de chantier pour faire le point sur les probl&#232;mes, conflits mais aussi les r&#233;ussites. Les jeunes prennent la parole spontan&#233;ment et l'&#233;pisode de la fugue collective est largement d&#233;battu. La plupart d'entre eux regrettent de s'&#234;tre laiss&#233;s entra&#238;ner par les deux meneurs du groupe. Quant &#224; ceux qui n'y ont pas particip&#233;, l'un d'eux a pr&#233;f&#233;r&#233; se tenir tranquille &#224; l'approche de son jugement et l'autre avait gard&#233; un mauvais souvenir de sa premi&#232;re fugue dans la for&#234;t jurassienne par moins 25 degr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un cadre favorisant la r&#233;flexion et la parole&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ces jeunes sont dans le passage &#224; l'acte permanent et la qu&#234;te d'&#233;motions fortes pour &#233;viter d'&#234;tre rattrap&#233;s par des pens&#233;es qui les d&#233;rangent, &lt;/i&gt; explique Rachid Mesbahi, &lt;i&gt;notre travail est de les amener &#224; penser et &#224; mettre des mots sur leurs pens&#233;es, et toute l'organisation de la prise en charge est con&#231;ue pour accompagner ce travail &#187;&lt;/i&gt;. Le cadre est contenant et apaisant pour &#233;viter la violence et favoriser la r&#233;flexion : musique, t&#233;l&#233;phone portable et t&#233;l&#233;vision y sont interdits au profit de discussions &#224; th&#232;mes et cercles de parole. D&#232;s leur arriv&#233;e les pensionnaires prennent connaissance du r&#232;glement et le signent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rencontres hebdomadaires avec les deux psychologues pr&#233;sentes &#224; mi-temps sont obligatoires, en entretien individuel et en analyse de groupe. On leur impose un rythme de vie structur&#233; et dynamique qu'ils n'ont jamais connu : lever 7 heures, footing, douche, activit&#233;s manuelles, cuisine &#224; tour de r&#244;le, repas en commun, t&#226;ches m&#233;nag&#232;res, activit&#233;s de l'apr&#232;s-midi, coucher 21 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme du s&#233;jour est construit sur une alternance de cinq jours au centre suivis de dix jours de stage &#224; l'ext&#233;rieur. Il commence par trois stages sportifs suivis de cinq chantiers et de quatre semaines en entreprise. Les temps de retour au centre sont consacr&#233;s aux bilans, suivi m&#233;dical, entretiens psychologiques, rencontres avec les magistrats, etc. Deux retours en famille sont pr&#233;vus durant le s&#233;jour pour ceux qui y sont autoris&#233;s par la justice. &lt;i&gt;&#171; Le CER c'est pire que la prison&lt;/i&gt;, affirme Nicolas, 15 ans. &lt;i&gt;Quand on fait un truc interdit on doit faire 30 pompes ou un service de m&#233;nage. Le plus dur c'est qu'on nous oblige &#224; faire des choses qu'on n'a jamais faites : du ski de fond dans le Jura, dans le froid, de la sp&#233;l&#233;o, du cheval. &#192; c&#244;t&#233;, la prison c'est les vacances ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le bilan en petit comit&#233;, c'est l'heure du &#171; grand cercle de parole &#187;, rituel qui permet de rassembler toute l'&#233;quipe, de marquer la fin d'une exp&#233;rience et de pr&#233;senter le prochain chantier. Jorris Schotte, le chef de service, ouvre la discussion. Cette fugue collective l'a &#233;tonn&#233; &#224; un moment o&#249; le placement semblait accept&#233; par tous. Il invite les jeunes &#224; r&#233;fl&#233;chir aux cons&#233;quences sur la relation de confiance avec les &#233;ducateurs et ajoute que familles et magistrats en seront inform&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;ducateur pr&#233;sente le travail r&#233;alis&#233; durant le chantier &#8212; lambris, lasure, cr&#233;pi, placopl&#226;tre pour le local technique d'une mairie &#8211; puis fait des commentaires sur chacun des jeunes : &#171; Tr&#232;s volontaire, bonnes capacit&#233;s techniques, un bon chantier &#224; part la fugue &#187;, &#224; un autre : &#171; La force tranquille, ne se fait pas influencer par les deux meneurs mais se repose un peu dans le placement &#187;, &#224; un troisi&#232;me : &#171; Il ne supporte pas qu'on lui dise qu'il est bon, mais il se d&#233;brouille tr&#232;s bien, en plus il a trouv&#233; le m&#233;tier qu'il veut faire, dommage qu'il ait particip&#233; &#224; la fugue &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jeunes prennent la parole, l'ambiance est d&#233;tendue, les &#233;ducateurs expliquent, rassurent et n'h&#233;sitent pas &#224; distribuer des compliments. Nicolas admet quand m&#234;me que le CER a quelques aspects positifs : &lt;i&gt;&#171; Ici tout est diff&#233;rent du foyer, on est bien habill&#233;s, on mange bien, et je m'entends bien avec les &#233;ducateurs, j'arrive &#224; bien parler avec eux &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_732 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH269/linge-kamerer-3b2e5.png?1694637139' width='500' height='269' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une coordination &#233;troite entre &#233;ducateurs et psychologues&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Arpaij compte 18 &#233;ducateurs ayant des comp&#233;tences techniques ou sportives &#8212; niveau CAP, BEP ou BTS &#8212; et recrut&#233;s sur leur exp&#233;rience dans l'encadrement de jeunes et leur capacit&#233; &#224; contenir des adolescents. &lt;i&gt;&#171; Les &#233;ducateurs dipl&#244;m&#233;s ne veulent pas travailler dans ce genre de structure o&#249; les gamins sont durs et les horaires contraignants, &lt;/i&gt; constate Rachid Mesbahi, &lt;i&gt;&#224; d&#233;faut nous avons recrut&#233; des sportifs car ils n'ont pas peur du rapport au corps et de la violence de l'autre &#187;&lt;/i&gt;. Form&#233;s sur le tas, tous les &#233;ducateurs de l'Arpaij suivent des modules de professionnalisation avec la PJJ et une s&#233;ance d'analyse de la pratique deux fois par mois. Quatre d'entre eux pr&#233;parent le dipl&#244;me d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; ou technique en formation continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail &#233;ducatif est bas&#233; sur &#171; l'&#234;tre avec et le faire avec &#187; : pr&#233;paration des repas, t&#226;ches m&#233;nag&#232;res, activit&#233;s sportives, chantiers, animation des cercles de parole, les &#233;ducateurs font tout avec les jeunes. &lt;i&gt;&#171; C'est comme &#231;a que l'on peut les observer, voir leurs dysfonctionnements, leurs carences, leurs r&#233;actions, car rien n'est anodin dans le quotidien &#187;&lt;/i&gt;, affirme Jos&#233; Molina, &#233;ducateur en poste depuis trois ans &#224; l'Arpaij.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qui se fait en internat classique, les &#233;ducateurs sont pr&#233;sents dix jours d'affil&#233;e pendant les stages ou cinq jours au centre : &lt;i&gt;&#171; &#199;a permet une continuit&#233; dans le travail et dans la relation aux jeunes, on peut voir leur &#233;volution du d&#233;but &#224; la fin d'un chantier &#187;&lt;/i&gt;. Chaque adolescent a deux &#233;ducateurs r&#233;f&#233;rents qui sont en contact avec la famille, les magistrats, les m&#233;decins.&lt;i&gt; &#171; Pour eux on est une r&#233;f&#233;rence d'adulte mais aussi une figure paternelle,&lt;/i&gt; ajoute Jos&#233; Molina. &lt;i&gt;On les sanctionne quand il faut mais on passe parfois toute une nuit &#224; parler avec un gamin qui pleure parce qu'il est angoiss&#233;, m&#234;me si la journ&#233;e c'est la terreur du groupe &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les adolescents jouent au foot devant la maison, l'&#233;quipe &#233;ducative se r&#233;unit pour planifier la semaine du CER des plus jeunes. Les &#233;ducateurs font quelques observations sur un adolescent et les psychologues proposent des pistes d'analyse. &lt;i&gt;&#171; On leur apporte des r&#233;f&#233;rences th&#233;oriques et aussi des informations importantes confi&#233;es par les jeunes en entretiens individuels,&lt;/i&gt; explique Delphine Combier, psychologue, &lt;i&gt;ce choix du secret partag&#233; et ce travail en tandem sont une particularit&#233; importante de notre fonctionnement dont les jeunes sont inform&#233;s d&#232;s leur arriv&#233;e &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des points communs dans l'histoire personnelle de ces jeunes ont engendr&#233; des dysfonctionnements psychiques et le recours au passage &#224; l'acte d&#233;lictueux : &lt;i&gt;&#171; Des ruptures de liens importants dans la petite enfance &#8211; s&#233;paration, deuil, p&#232;re absent, m&#232;re d&#233;pressive &#8211; ont emp&#234;ch&#233; la construction d'une s&#233;curit&#233; interne et d'une estime de soi,&lt;/i&gt; constate Sophie Elliot. &lt;i&gt;Cette fragilit&#233; ressort &#224; la p&#233;riode difficile de l'adolescence &#187;&lt;/i&gt;. La plupart des jeunes, qui ne viennent pas tous de milieux sociaux d&#233;favoris&#233;s, ont &#233;t&#233; victimes de violence, connaissent des probl&#232;mes de sant&#233;, des carences affectives et ne sont plus scolaris&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Ils sont pris dans l'engrenage de la d&#233;linquance comme d'autres se r&#233;fugient dans la drogue, mais ce sont avant tout des mineurs en danger &#187;&lt;/i&gt; souligne la psychologue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe programme ensuite les retours en famille, les rendez-vous avec les &#233;ducateurs r&#233;f&#233;rents, les visites des psychologues aux familles, les rendez-vous m&#233;dicaux, les rapports de comportement et les convocations chez les juges &#8211; la plupart des jeunes &#233;tant impliqu&#233;s dans plusieurs affaires. Les activit&#233;s de la semaine porteront sur le th&#232;me du civisme et de la s&#233;curit&#233;. En l'absence de l'&#233;ducatrice scolaire, les jeunes suivront un atelier code de la route, une visite aux pompiers, une rencontre avec le secours populaire et le planning familial, et une s&#233;ance de topographie pour pr&#233;parer la prochaine randonn&#233;e. &lt;i&gt;&#171; On a constitu&#233; un bon r&#233;seau de partenaires ext&#233;rieurs,&lt;/i&gt; indique Jorris Schotte, le chef de service :&lt;i&gt; des associations culturelles, sociales, missions locales, municipalit&#233;s et artisans qui accueillent les jeunes en chantier et en stage &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant l'Arpaij a connu des d&#233;buts difficiles : s'implanter dans le paysage institutionnel de la r&#233;gion, trouver des financeurs, des appuis, faire reconna&#238;tre ses valeurs et ses capacit&#233;s a pris du temps. Son directeur s'efforce aujourd'hui encore de se d&#233;marquer d'exp&#233;riences de CER plus ou moins s&#233;rieuses et pas suffisamment contr&#244;l&#233;es selon lui. Mais d&#233;sormais l'Arpaij a fait ses preuves en mati&#232;re d'insertion. En t&#233;moigne l'&#233;volution des jeunes apr&#232;s cinq mois de s&#233;jour : la plupart sont sortis du passage &#224; l'acte et ont su &#233;tablir un nouveau mode de relation aux autres, ont repris confiance en leurs capacit&#233;s et envisagent &#224; nouveau un projet de vie en soci&#233;t&#233;. Le programme de la rupture et les grandes &#233;tapes que traversent les adolescents sont maintenant bien rod&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un parcours initiatique bien balis&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Durant les trois stages sportifs se jouent la notion d'individu, d'interdit, la valorisation dans l'effort et la relation aux adultes. &lt;i&gt;&#171; Pendant la premi&#232;re randonn&#233;e, ils provoquent l'autorit&#233; des adultes. Puis face aux contraintes naturelles et climatiques, ils testent leurs limites et exp&#233;rimentent une relation de confiance et de d&#233;pendance avec l'&#233;ducateur qui devient alors un adulte bienveillant et rassurant, &lt;/i&gt; explique Rachid Mesbahi. &lt;i&gt;Une grande premi&#232;re pour des adolescents qui ont souvent &#233;t&#233; trahis ou l&#226;ch&#233;s par les adultes &#187;&lt;/i&gt;. Le stage de sp&#233;l&#233;o, difficile techniquement et psychologiquement, n&#233;cessite une coop&#233;ration sans faille entre les membres du groupe et le respect des consignes vitales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le moment o&#249; les angoisses de l'enfance ressurgissent et o&#249; les adolescents commencent &#224; s'interroger sur leur histoire personnelle et les raisons de leur passage &#224; l'acte. Cela est repris en entretien psychologique individuel : &lt;i&gt;&#171; On les am&#232;ne &#224; un travail d'&#233;laboration, &#224; faire le lien entre leur v&#233;cu et leur fonctionnement actuel &#187;&lt;/i&gt;, explique Delphine Combier. &lt;i&gt;&#171; Ils apprennent &#224; comprendre et analyser leurs r&#233;actions : pourquoi dans tel contexte je suis violent ou insultant avec telle personne, &#224; quoi l'attitude de cette personne me renvoie dans mon v&#233;cu ? En psychodrame, je les fais aussi improviser sur des situations qui les inqui&#232;tent comme le tribunal ou l'expertise psychiatrique &#187;&lt;/i&gt;, ajoute Sophie Elliot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant le troisi&#232;me stage, deux jours de retour en famille sont un test de comportement en dehors du CER. La randonn&#233;e &#233;questre qui suit correspond &#224; une phase de d&#233;pression chez les jeunes &#171; priv&#233;s &#187; de passage &#224; l'acte depuis un mois et demi. &lt;i&gt;&#171; C'est l'occasion de travailler sur les cons&#233;quences de leurs actes et la notion de victime &#187;&lt;/i&gt;, le plus difficile selon Rachid Mesbahi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le s&#233;jour se poursuit avec cinq chantiers r&#233;alis&#233;s pour des collectivit&#233;s locales qui en contrepartie paient l'h&#233;bergement ou la nourriture. &lt;i&gt;&#171; Lors du premier chantier, les jeunes sont d&#233;stabilis&#233;s par la peur de l'&#233;chec, c'est pourquoi nous choisissons une t&#226;che simple au r&#233;sultat rapidement visible &#187;,&lt;/i&gt; indique un &#233;ducateur. Les chantiers suivants, plus techniques, sont l'occasion d'&#233;valuer leurs capacit&#233;s manuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confiants et valoris&#233;s par ces apprentissages, les adolescents sont alors pr&#234;ts &#224; effectuer un stage professionnel d'un mois avec un artisan - carrossier, m&#233;canicien auto, horticulteur, chef de cuisine - qui en g&#233;n&#233;ral se passe bien. &lt;i&gt;&#171; &#192; cette p&#233;riode proche du d&#233;part, les adolescents ont un sentiment d'abandon qu'il faut combler par un solide projet de suite, ce qui n'est pas toujours possible &#187;&lt;/i&gt; souligne le directeur.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le CER, et apr&#232;s ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En fin d'apr&#232;s-midi, les deux fugueurs ont &#233;t&#233; retrouv&#233;s et des &#233;ducateurs sont partis les chercher. Ils seront mis &#224; l'&#233;cart du groupe pendant quelques jours. Un pot de fin de chantier rassemble les autres autour d'un verre de jus d'orange : &lt;i&gt;&#171; Ces rituels rythment la vie de chaque session, on y &#233;voque les moments forts pour renvoyer &#224; chacun une image positive de ses actions et de son &#233;volution &#187;&lt;/i&gt;, explique le chef de service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade du s&#233;jour, les adolescents mesurent d&#233;j&#224; les progr&#232;s accomplis : &lt;i&gt;&#171; Avant j'&#233;tais violent, je cherchais le contact physique avec les adultes et je ne tenais pas cinq minutes dans le bureau d'un psychologue parce que j'avais peur d'&#234;tre fou, &lt;/i&gt; se souvient C&#233;dric, 16 ans.&lt;i&gt; Ici &#231;a m'a donn&#233; envie de changer, de ne pas finir en prison. &lt;/i&gt; &#187; Idem pour Alex : &lt;i&gt;&#171; Avant je ne supportais pas qu'on me fasse une remarque, maintenant je suis plus calme et quand je suis rentr&#233; chez moi je n'ai pas fait de connerie &#187;.&lt;/i&gt; Plus tard, Alex voudrait &#234;tre pl&#226;trier peintre, Nicolas charpentier et C&#233;dric&#8230; &#233;ducateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, l'apr&#232;s-CER demeure un vrai probl&#232;me : &lt;i&gt;&#171; Rien n'est pr&#233;vu pour leur r&#233;int&#233;gration sociale, ils restent &#233;tiquet&#233;s &#8220;mineurs d&#233;linquants&#8221; et personne n'en veut &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;plore le directeur. De fait, il n'existe aucun dispositif adapt&#233; pour poursuivre le travail entam&#233; en CER et accompagner le jeune au terme de son projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart retournent dans leur famille, avec une formation &#224; la cl&#233; dans le meilleur des cas. &lt;i&gt;&#171; M&#234;me s'ils ont repris confiance en eux, ces adolescents sont encore fragiles et ont besoin d'&#234;tre accompagn&#233;s sinon ils craquent &#187;&lt;/i&gt;, mart&#232;le Rachid Mesbahi. Selon lui, la pire des solutions est le retour en foyer, ils ne supportent pas et se font virer au bout de trois mois : &lt;i&gt;&#171; Cela donne des parcours ahurissants de jeunes qui font plusieurs s&#233;jours en CER, puis en Centre &#233;ducatif ferm&#233; pour finir en prison. Cela co&#251;te tr&#232;s cher et le r&#233;sultat est catastrophique &#187;.&lt;/i&gt; En effet selon d'anciens chiffres de la PJJ, 10 % des jeunes pass&#233;s par un CER se retrouvent devant la cour d'assises quelques ann&#233;es apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour limiter ces situations d'&#233;chec et proposer une coh&#233;rence dans le suivi &#233;ducatif, l'Arpaij a mont&#233; un projet de Dispositif d'accompagnement personnalis&#233; &#224; l'insertion (DAPI) qui prendrait en charge neuf adolescents &#224; leur sortie de CER. L'autre volet de ce dispositif proposerait des s&#233;jours de rupture d'un &#224; deux mois &#224; des adolescents traversant une crise temporaire dans leur placement, afin &#233;viter leur renvoi d'institution. Malgr&#233; les besoins criants et la validation du projet, les financements ne sont pas au rendez-vous du c&#244;t&#233; de la PJJ, la priorit&#233; &#233;tant donn&#233;e para&#238;t-il &#224; la cr&#233;ation d'un centre p&#233;nitentiaire pour mineurs &#224; Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d&#233;courag&#233; pour autant, le directeur de l'Arpaij n'h&#233;site pas &#224; frapper &#224; toutes les portes pour mener &#224; bien son projet de DAPI : il pr&#233;pare un mast&#232;re pour solliciter efficacement les aides du fonds social europ&#233;en et envisage de passer des conventions individuelles avec le conseil g&#233;n&#233;ral pour l'accueil de jeunes. Et de conclure : &lt;i&gt;&#171; Quand on est une petite association comme l'Arpaij, il faut avoir des appuis politiques sinon on ne peut pas tenir &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.arpaij.fr&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Arpaij&lt;/a&gt; - 3541, vieille route - 38250 Lans en Vercors. T&#233;l. 04 76 94 02 78&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le s&#233;jour de rupture comme dernier tremplin</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-sejour-de-rupture-comme-dernier-tremplin</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Le-sejour-de-rupture-comme-dernier-tremplin</guid>
		<dc:date>2006-05-25T09:09:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;lanie-LS</dc:creator>


		<dc:subject>798</dc:subject>

		<description>

-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/sommaires" rel="directory"&gt;Sommaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-798-" rel="tag"&gt;798&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L103xH150/arton9170-a4b3a.png?1694637139' width='103' height='150' /&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.lien-social.com/IMG/pdf/2006_-_798_-_basse_def.pdf" length="15986602" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le labyrinthe des l&#233;gumes</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-labyrinthe-des-legumes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Le-labyrinthe-des-legumes</guid>
		<dc:date>2006-05-24T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Handicap&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>798</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un polar chez les neu neu ! Le roman de Dominique Delpiroux est tout &#224; fait passionnant. On y fait la connaissance d'Ariane qui sert de fil tout au long du r&#233;cit. Cette jeune femme entre comme assistante m&#233;dico-p&#233;dagogique dans une maison d'accueil sp&#233;cialis&#233;e. Elle y rencontre des personnes souffrant d'un handicap profond, de naissance ou du fait d'un accident de la vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but, l'id&#233;e d'un zoo rempli d'&#233;tranges cr&#233;atures lui effleure l'esprit. Monsieur Fragny ? Une trogne d&#233;bordante d'incisives au (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Handicapes" rel="tag"&gt;Handicap&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-798-" rel="tag"&gt;798&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton1272-138d9.jpg?1694637139' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un polar chez les neu neu ! Le roman de Dominique Delpiroux est tout &#224; fait passionnant. On y fait la connaissance d'Ariane qui sert de fil tout au long du r&#233;cit. Cette jeune femme entre comme assistante m&#233;dico-p&#233;dagogique dans une maison d'accueil sp&#233;cialis&#233;e. Elle y rencontre des personnes souffrant d'un handicap profond, de naissance ou du fait d'un accident de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, l'id&#233;e d'un zoo rempli d'&#233;tranges cr&#233;atures lui effleure l'esprit. Monsieur Fragny ? Une trogne d&#233;bordante d'incisives au bout d'un corps immense, plein d'os hirsutes et de poils saillants. Madame Mouthouze ? Un monument de chair affal&#233; sur son lit. De la viande qui d&#233;borde de tous les c&#244;t&#233;s de la nuisette : 180 kilos au bas mot. Monsieur Antoine ? Un tronc difforme et tr&#232;s velu, une bouche qui se tord pour prononcer des borborygmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des monstres ? Non des personnes &#224; part enti&#232;re qu'on vouvoie, qu'on appelle par leur nom pr&#233;c&#233;d&#233; de monsieur ou madame et qu'on baigne, qu'on soigne, qu'on nourrit. Au milieu de cette population h&#233;t&#233;roclite, Monsieur Tr&#233;z&#232;ne, professeur d'histoire qu'Ariane a eu quand elle &#233;tait au coll&#232;ge. Victime d'un myst&#233;rieux accident, l'enseignant a miraculeusement surv&#233;cu, mais est rest&#233; prostr&#233; depuis dix ans. La jeune femme est &#224; la fois attrist&#233;e et heureuse de le revoir dans cet &#233;tat. Contrari&#233;e parce qu'elle l'aimait bien ce prof qui, pour tout dire, &#233;tait son pr&#233;f&#233;r&#233;. Contente finalement que ce soit elle qui soit l&#224; pour s'occuper de lui, maintenant qu'il est dans cet &#233;tat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle en a essay&#233; des m&#233;tiers, Ariane : un stage en supermarch&#233; o&#249; elle a d&#251; subir les algarades racistes de son chef, une formation en informatique qu'elle n'a pu terminer, son formateur lui ayant dit que ce n'&#233;tait pas pour elle, les six mois de travail dans une usine &#224; mettre du kraft sur six cents cartons par jour&#8230; C'est fini, c'est si loin. La page est tourn&#233;e. Aujourd'hui, la maison d'accueil est devenue sa famille. Elle les aime ces r&#233;sidents. Ni la morve, ni le vomi, ni le sang, ni la merde ne la d&#233;rangent plus. Pas un seul jour, elle n'a franchi avec regret la porte de l'&#233;tablissement. Quand elle a pris une semaine de vacances, au bout de quelques jours, les pensionnaires lui manquaient d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le cadre pos&#233;. La prise en charge de ces adultes par des professionnels plein d'humanit&#233; fleure n&#233;anmoins la routine. C'est le dernier endroit o&#249; l'on pourrait imaginer voir se d&#233;rouler la plus improbable et la plus extraordinaire des intrigues. Pourtant, ce Monsieur Tr&#233;z&#232;ne, que l'on croyait &#224; jamais &#233;teint, va se r&#233;veiller. Il sort de sa torpeur en ayant l'impression d'habiter une immense carapace, sans r&#233;ussir toujours &#224; en commander les gestes. Sans manifester &#224; aucun moment &#224; ses soignants sa renaissance, il va &#233;laborer un plan particuli&#232;rement ing&#233;nieux et machiav&#233;lique pour se venger de ceux qui sont responsables de son &#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne comptez pas sur nous pour vous en dire plus. Tout juste pouvons-nous r&#233;v&#233;ler que le suspense est haletant et captivant jusqu'&#224; la derni&#232;re page.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. L'&#233;cailler du sud, 2006 (312 p. ; 8,50 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;ducatrice aupr&#232;s des populations d&#233;favoris&#233;es</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Educatrice-aupres-des-populations-defavorisees</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Educatrice-aupres-des-populations-defavorisees</guid>
		<dc:date>2006-05-24T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>798</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La situation de pr&#233;carit&#233; se d&#233;finit par l'absence d'une ou plusieurs s&#233;curit&#233;s et de la mobilisation de toutes les &#233;nergies pour tenter de pr&#233;server ou r&#233;tablir un minimum d'&#233;quilibre, nous explique d'embl&#233;e Claire Pinon. Cet &#233;tat de fait peut confronter la personne &#224; des ruptures en mati&#232;re d'h&#233;bergement (avec ce que cela implique en terme de remise en cause de l'attachement &#224; un lieu g&#233;ographique et de la permanence &#224; des rep&#232;res spatiaux temporels, mais aussi de l'intimit&#233; et de l'hygi&#232;ne), en mati&#232;re (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Educateur" rel="tag"&gt;&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-798-" rel="tag"&gt;798&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L89xH150/arton1273-86457.jpg?1694637139' width='89' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La situation de pr&#233;carit&#233; se d&#233;finit par l'absence d'une ou plusieurs s&#233;curit&#233;s et de la mobilisation de toutes les &#233;nergies pour tenter de pr&#233;server ou r&#233;tablir un minimum d'&#233;quilibre, nous explique d'embl&#233;e Claire Pinon. Cet &#233;tat de fait peut confronter la personne &#224; des ruptures en mati&#232;re d'h&#233;bergement (avec ce que cela implique en terme de remise en cause de l'attachement &#224; un lieu g&#233;ographique et de la permanence &#224; des rep&#232;res spatiaux temporels, mais aussi de l'intimit&#233; et de l'hygi&#232;ne), en mati&#232;re d'emploi (avec ce que cela induit dans l'annihilation du sentiment d'utilit&#233; sociale et de la capacit&#233; &#224; &#234;tre acteur) ou encore en mati&#232;re de sant&#233;. C'est toute l'image que le sujet a de lui-m&#234;me et la notion de dignit&#233; qui sont min&#233;es. Aux fragilit&#233;s initiales de l'usager viennent s'ajouter les r&#233;ponses partielles et fragment&#233;es d'une action sociale qui d&#233;veloppe et entretient ce qu'elle pr&#233;tend combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que le professionnel intervient dans une dynamique qui se veut diff&#233;rente de celle du caritatif. L&#224; o&#249; la charit&#233; cantonne la personne &#224; recevoir sans avoir de comptes &#224; rendre, le travailleur social la place dans une position d'&#233;change, avec des droits et des devoirs. C'est l&#224; une diff&#233;rence essentielle. Si l'&#233;ducateur conseille, oriente, n&#233;gocie, pose un cadre et des limites, voire des sanctions, il sait aussi recevoir et apprendre de l'autre. Travailler &#224; partir du d&#233;sir de celui qu'on a en face de soi contraint &#224; respecter son autonomie, &#224; r&#233;duire la projection qu'on peut avoir sur le projet qu'il &#233;labore et chercher &#224; ce qu'il se l'approprie plut&#244;t qu'il ne se conforme. Cette qu&#234;te se heurte parfois &#224; l'incapacit&#233; de poser une demande explicite ou m&#234;me d'&#233;changer. Tout doit &#234;tre fait pour que ce soit possible, m&#234;me s'il faut accepter que parfois les efforts ne d&#233;bouchent pas sur les r&#233;sultats escompt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment alors amener &#224; une mobilisation, tout en respectant la fragilit&#233; de chacun ? C'est une d&#233;marche de tous les instants qui privil&#233;gie les initiatives de l'usager plut&#244;t qu'une intervention se substituant &#224; lui, qui encourage ses strat&#233;gies d'adaptation et qui l'incite &#224; accepter des r&#233;ponses qui ne sont pas toujours celles attendues et souhait&#233;es. Aider les populations en difficult&#233;, c'est avant tout valoriser leur potentiel : &#171; Si l'on conforte l'individu dans une position d'incapable ou de victime, on met un frein &#224; son &#233;volution, cr&#233;ant ainsi le risque de l'assigner &#224; une place d'exclu &#187; (p.108). Ce n'est pas r&#233;agir en miroir, mais tout au contraire travailler sur le temps, savoir diff&#233;rer une r&#233;ponse, se distancier de l'urgence et &#234;tre soi-m&#234;me capable d'anticiper et de se projeter. Finalement, l'&#233;ducateur doit trouver le juste milieu entre se d&#233;douaner de ses responsabilit&#233;s en pla&#231;ant celles de l'usager en avant et nier ce dernier, en pensant sa place et son r&#244;le comme indispensables.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. l'Harmattan, 2005 (144 p. ; 13,50 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'int&#233;gration des demandeurs d'asile, un vain mot</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-integration-des-demandeurs-d-asile-un-vain-mot</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/L-integration-des-demandeurs-d-asile-un-vain-mot</guid>
		<dc:date>2006-05-24T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>798</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelques dispositifs de formation performants facilitent l'arriv&#233;e en France des primo arrivants et des demandeurs d'asile. Que vont-ils devenir avec le nouveau projet de loi sur l'immigration ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Mi-mai, l'association France Terre d'asile (FTA) pr&#233;sentait dans ses locaux le premier bilan d'une action intitul&#233;e Formation d'acc&#232;s &#224; la citoyennet&#233; et &#224; l'int&#233;gration par la langue (Facil) aux membres du Haut Conseil &#224; l'int&#233;gration (HCI). Missionn&#233; par la Direction r&#233;gionale du travail, de l'emploi et de la (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Decryptage" rel="directory"&gt;D&#233;cryptage&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-798-" rel="tag"&gt;798&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelques dispositifs de formation performants facilitent l'arriv&#233;e en France des primo arrivants et des demandeurs d'asile. Que vont-ils devenir avec le nouveau projet de loi sur l'immigration ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mi-mai, l'association France Terre d'asile (FTA) pr&#233;sentait dans ses locaux le premier bilan d'une action intitul&#233;e Formation d'acc&#232;s &#224; la citoyennet&#233; et &#224; l'int&#233;gration par la langue (Facil) aux membres du Haut Conseil &#224; l'int&#233;gration (HCI). Missionn&#233; par la Direction r&#233;gionale du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle (DRTEFP) et soutenu par le Fonds social europ&#233;en, le projet s'adresse &#224; des jeunes &#226;g&#233;s de 16 &#224; 20 ans. En l'espace de quatorze mois, ils ont &#233;t&#233; plus de 350 &#224; pouvoir b&#233;n&#233;ficier du dispositif, permettant &#224; environ 60 % d'entre eux de rejoindre un processus de formation classique ou un emploi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='France Terre d'asile - 25 rue Ganneron - 75018 Paris. T&#233;l. 01 53 04 39 99 (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les finalit&#233;s sont &#233;videntes : orienter ces jeunes &#8212; envoy&#233;s l&#224; par des missions locales et des permanences d'accueil, d'information et d'orientation (PAIO) &#8212; vers une formation (par apprentissage, par exemple), leur permettre d'acc&#233;der &#224; la citoyennet&#233; fran&#231;aise et favoriser leur autonomie et leur int&#233;gration (sociale, professionnelle, culturelle). Pour cela, 182 heures sont consacr&#233;es &#224; des apprentissages purement linguistiques. Les jeunes &#233;laborent un projet personnel et professionnels, et seront orient&#233;s vers une fili&#232;re scolaire (g&#233;n&#233;rale, professionnelle ou adapt&#233;e) ou un dispositif d'insertion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus sp&#233;cifique, un module &#201;galit&#233; des genres veillera &#224; faire int&#233;grer les droits des femmes, en particulier aupr&#232;s de jeunes filles primo arrivantes. Les probl&#232;mes sociaux des stagiaires sont trait&#233;s en lien avec le r&#233;f&#233;rent de la mission locale. &#192; noter : un stagiaire sur trois est de nationalit&#233; fran&#231;aise &#8212; majoritairement en provenance d'Afrique subsaharienne (57 %) ou d'Afrique du Nord (36 %) &#8212;, ne ma&#238;trisant pas la langue pour cause de retour au pays d'origine avant d'&#234;tre amen&#233; &#224; revenir en France.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La survie de la formation FACIL n'a rien d'assur&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'objectif du parcours est de faire &#233;merger des choix professionnels : il s'agit de &#171; construire des passerelles avec les CFA et que deux mondes se rencontrent &#187;. La question de la langue est donc essentielle : le niveau doit &#234;tre suffisant pour pouvoir aller jusqu'au CAP. La plupart des m&#233;tiers choisis sont les m&#233;tiers dits &#171; sous tension &#187;, tels ceux de l'h&#244;tellerie et de la restauration. Certains atouts &#8212; &#234;tre anglophone, par exemple &#8212; repr&#233;sentent un int&#233;r&#234;t certain &#224; prendre en compte&#8230; Les r&#233;sultats sont l&#224; : au final, 57, 3 % des stagiaires ont acquis un niveau suffisant pour poursuivre un parcours de formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicole et Ir&#232;ne, respectivement n&#233;es en Colombie et au Cameroun, Youn&#232;s, Nina, Soraya et d'autres viendront t&#233;moigner de leur investissement dans cette formation. Blandine Kriegel, pr&#233;sidente du HCI, se d&#233;clarera &#171; impressionn&#233;e &#187; par le niveau de fran&#231;ais acquis en quelques mois. Il n'emp&#234;che : la survie de la formation FACIL n'a, actuellement, rien d'assur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'ouverture du d&#233;bat parlementaire sur l'asile et l'immigration, France Terre d'asile envoie r&#233;guli&#232;rement des informations &#233;loquentes ou des vignettes de cas concrets. Ainsi, l'Office fran&#231;ais de protection des r&#233;fugi&#233;s et des apatrides (Ofpra) a exactement produit&#8230; 184 527 d&#233;bout&#233;s depuis 2001. Proportionnellement &#224; sa population, la France accueille beaucoup moins de demandeurs d'asile (0, 08 pour 100 habitants pour la p&#233;riode 2001-2005) que Chypre, l'Autriche, la Su&#232;de ou la Norv&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, consid&#233;rant les 128 amendements durcissant le projet de loi, FTA relevait le 75&#232;me, installant l'obligation du contrat d'accueil et d'int&#233;gration (CAI) pour les primo arrivants dont &#171; l'inscription aux formations connaissent aujourd'hui un taux d'abandon de 50 % &#187; d&#251; &#224; l'absence de services p&#233;riph&#233;riques (garde d'enfants) et &#224; l'impossibilit&#233; de concilier une vie professionnelle et l'obligation de formation. Et la loi pr&#233;voit que le premier renouvellement de la carte de s&#233;jour pourrait tenir compte du non-respect du CAI&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.france-terre-asile.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;France Terre d'asile&lt;/a&gt; - 25 rue Ganneron - 75018 Paris. T&#233;l. 01 53 04 39 99&lt;br class='manualbr' /&gt;Service Formation : 155-159 rue du Docteur Bauer - 93400 Saint-Ouen. T&#233;l. 01 49 21 12 00&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
