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	<title>Lien Social</title>
	<link>https://www.lien-social.com/</link>
	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Malvoyance, apprendre &#224; compenser le handicap</title>
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		<dc:subject>Sensoriel</dc:subject>
		<dc:subject>790</dc:subject>

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&lt;p&gt;De tous les handicaps, la d&#233;ficience visuelle est celui que l'Education nationale prend le mieux en charge. Au fil du temps, les instituts qui s'&#233;taient sp&#233;cialis&#233;s dans l'enseignement se sont adapt&#233;s. Reportage &#224; Vertou, pr&#232;s de Nantes, o&#249; l'institut les Hauts Th&#233;baudi&#232;res aide les malvoyants de tous &#226;ges &#224; construire un projet de vie global dont la scolarit&#233; n'est bien souvent qu'un &#233;l&#233;ment. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Pourriez-vous m'indiquer o&#249; se trouve l'accueil ? &#187; Perdu au milieu des b&#226;timents de l'institut pour jeunes (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De tous les handicaps, la d&#233;ficience visuelle est celui que l'Education nationale prend le mieux en charge. Au fil du temps, les instituts qui s'&#233;taient sp&#233;cialis&#233;s dans l'enseignement se sont adapt&#233;s. Reportage &#224; Vertou, pr&#232;s de Nantes, o&#249; l'institut les Hauts Th&#233;baudi&#232;res aide les malvoyants de tous &#226;ges &#224; construire un projet de vie global dont la scolarit&#233; n'est bien souvent qu'un &#233;l&#233;ment.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pourriez-vous m'indiquer o&#249; se trouve l'accueil ? &lt;/i&gt; &#187; Perdu au milieu des b&#226;timents de l'institut pour jeunes aveugles des Hauts Th&#233;baudi&#232;res &#224; Vertou,&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Institut Les Hauts Th&#233;baudi&#232;res - BP 2229 - 44122 Vertou cedex. T&#233;l. 02 51 79 (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pr&#232;s de Nantes, j'interpelle une adolescente et son accompagnatrice qui croisent ma route. La jeune fille n'h&#233;site pas un seul instant &#224; me venir en aide. Son visage porte les stigmates de la malvoyance. Elle me pr&#233;c&#232;de dans le b&#226;timent dans lequel elle entre d'un bon pas en se guidant avec sa canne et me d&#233;signe, apr&#232;s quelques m&#232;tres dans le couloir, une porte au loin : &lt;i&gt;&#171; Vous allez tout droit et c'est ensuite &#224; droite &#187;&lt;/i&gt;. Je la remercie, &#233;tonn&#233; par tant de v&#233;locit&#233; et de pr&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette premi&#232;re rencontre ne peut surprendre que le candide que je suis, plus ou moins persuad&#233; que la malvoyance signifie perte totale de la vue. La r&#233;alit&#233; est bien plus complexe. La nuit totale ne concerne que 3,5 % des malvoyants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cat&#233;gorie et pr&#233;valence de la malvoyance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On estime, en France &#224; 1 700 000 environ le nombre de d&#233;ficients visuels, soit une pr&#233;valence totale atteignant 29 pour 1000 habitants. Mais toutes ces personnes n'ont pas des d&#233;ficiences de m&#234;me degr&#233; de s&#233;v&#233;rit&#233; ni les m&#234;mes difficult&#233;s. On distingue quatre degr&#233;s de s&#233;v&#233;rit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 61 000 personnes (3,5 %) seraient aveugles c'est-&#224;-dire priv&#233;s de toute vision,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 146 000 (8,5 %) seraient malvoyants profonds, ayant une vision r&#233;siduelle limit&#233;e &#224; la distinction de silhouettes,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 932 000 personnes (55 %) seraient malvoyantes moyen, avec une incapacit&#233; visuelle s&#233;v&#232;re en vision de loin (beaucoup de difficult&#233;s ou une incapacit&#233; totale &#224; reconna&#238;tre un visage &#224; quatre m&#232;tres) ou en vision de pr&#232;s (beaucoup de difficult&#233;s ou incapacit&#233; totale &#224; lire, &#233;crire ou dessiner).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; enfin, un peu plus 560 000 personnes (33 % des d&#233;ficients visuels) seraient malvoyantes l&#233;g&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ficience visuelle est relativement stable avant l'&#226;ge de 50 ans (moins de 2 % de la population, tous degr&#233;s de s&#233;v&#233;rit&#233; confondus). Mais la pr&#233;valence augmente progressivement &#224; partir de 60 ans et plus encore &#224; partir de 80 ans : 20 % environ des personnes &#226;g&#233;es de 85 &#224; 89 ans et 38 % &#224; partir de l'&#226;ge de 90 ans. Les d&#233;ficients visuels sont majoritairement des personnes &#226;g&#233;es : 61 % sont &#226;g&#233;s de 60 ans ou plus et 39 % sont &#226;g&#233;s de 75 ans ou plus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;ficience va de la c&#233;cit&#233; compl&#232;te aux difficult&#233;s pour voir de pr&#232;s ou de loin, en passant par la seule distinction de silhouettes et l'incapacit&#233; &#224; reconna&#238;tre un visage au-del&#224; de quelques m&#232;tres. En outre, elle peut affecter la vision centrale ou p&#233;riph&#233;rique, voire les deux, perturber la perception des couleurs ou du relief. Elle peut, en outre, provoquer des troubles d&#232;s qu'il fait un peu sombre (h&#233;m&#233;ralopie) et d&#232;s qu'il y a trop de lumi&#232;re (photophobie), les deux affections se cumulant parfois. La perte de la vue peut &#234;tre brutale ou progressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets se r&#233;percutent tout d'abord dans les activit&#233;s mettant en jeu la vision centrale : lecture, &#233;criture, reconnaissance des d&#233;tails&#8230; Mais cela vient aussi perturber les d&#233;placements, surtout dans les environnements inconnus ou comportant des obstacles impr&#233;vus. Pour autant, le retentissement fonctionnel dans la vie de tous les jours est tr&#232;s variable d'une personne &#224; l'autre : une personne totalement aveugle peut &#234;tre bien plus autonome qu'une autre qui sera seulement malvoyante. Cette diversit&#233; a conduit un institut comme celui des Hauts Th&#233;baudi&#232;res &#224; adapter au fil du temps ses modalit&#233;s d'intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tablissement a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1975 quand l'institut mixte de La Persagoti&#232;re, fond&#233; &#224; Nantes en 1873, s'est s&#233;par&#233; de la prise en charge des d&#233;ficients visuels. Ces derniers ont alors int&#233;gr&#233; des locaux tout neufs construits dans la commune du pr&#233;sident de la commission des affaires sociales du conseil g&#233;n&#233;ral de Loire-Atlantique. L'institut public pour d&#233;ficient visuel des Hauts Th&#233;baudi&#232;res fonctionne comme une &#233;cole. Des enseignants assurent une scolarit&#233; adapt&#233;e et le pensionnat est encadr&#233; par des ma&#238;tres d'internat gu&#232;re diff&#233;rents de ceux qui interviennent dans les autres lyc&#233;es de l'&#201;ducation nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, une Section d'&#233;ducation avec handicaps associ&#233;s (SEHA) accueille d&#232;s le d&#233;but une quarantaine d'enfants et d'adolescents lourdement d&#233;ficients, pour qui l'apprentissage des connaissances ne peut progresser normalement. Mais, la centaine d'autres pensionnaires pr&#233;sents suit une scolarit&#233; adapt&#233;e certes (les classes ne d&#233;passent pas huit &#233;l&#232;ves), mais qui d&#233;bouche sur une qualification professionnelle. La section d'&#233;ducation et d'enseignement sp&#233;cialis&#233;e (&#233;quivalent du primaire et du coll&#232;ge) est relay&#233;e par la section de premi&#232;re formation professionnelle qui pr&#233;pare des qualifications en cannage et paillage, en ameublement, en vannerie, en rotin, en entretien de b&#226;timent et &#233;tude musicale. Au tournant des ann&#233;es 1990, l'institut change de cap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apprendre &#224; compenser&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Progressivement, la formation scolaire, qui &#233;tait la raison d'&#234;tre de l'institut, va laisser la place &#224; l'accompagnement social et &#224; la compensation du handicap. &lt;i&gt;&#171; Pourquoi chercher &#224; concurrencer l'&#201;ducation nationale sur un terrain o&#249; elle est tout &#224; fait efficiente ?&lt;/i&gt;, explique Thierry Arnoux, responsable p&#233;dagogique. &lt;i&gt;Il fallait nous recentrer sur notre c&#339;ur de m&#233;tier. &#187;&lt;/i&gt; C'est la cr&#233;ation, en 1988, du service d'aide &#224; l'acquisition de l'autonomie et &#224; l'int&#233;gration scolaire (SAAAIS) qui va &#234;tre l'un des d&#233;clencheurs de ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau dispositif (qui correspond sous un autre sigle aux SESSAD intervenant &#224; domicile dans le handicap mental) propose aux familles de scolariser leur enfant dans une &#233;cole &#224; proximit&#233; de leur r&#233;sidence, les professionnels de l'institut (enseignants, r&#233;&#233;ducateurs et &#233;ducateurs) se d&#233;pla&#231;ant &#224; leur domicile, &#224; l'&#233;cole et dans les divers lieux de socialisation, pour assurer sur place le suivi et l'accompagnement. La d&#233;monstration &#233;tait faite que les enfants et les jeunes atteints de d&#233;ficience visuelle pouvaient fort bien &#234;tre int&#233;gr&#233;s dans des &#233;tablissements ordinaires. Autre facteur &#224; l'origine de la mutation : &lt;i&gt;&#171; Autrefois, on &#233;tait dans une logique institutionnelle o&#249; ce qui comptait avant tout, c'&#233;tait l'&#338;uvre qui formait des musiciens pour les paroisses et des ouvriers rempailleurs pour fabriquer des chaises &#187;&lt;/i&gt;, explique Louis Rival, chef de service qui a v&#233;cu l'&#233;volution des trente derni&#232;res ann&#233;es. Ce sont des ordres religieux qui structureront longtemps les instituts pour enfants atteints de d&#233;ficience.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;strong&gt;La prise en charge des d&#233;ficiences visuelles et auditives en France&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise en charge de la d&#233;ficience auditive et visuelle constitue l'une des premi&#232;res actions &#233;ducatives sp&#233;cialis&#233;es ayant jamais &#233;t&#233; dispens&#233;e en direction des enfants et des adolescents, tr&#232;s longtemps avant le handicap physique, mental ou l'inadaptation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en effet, d&#232;s 1760 que l'abb&#233; de L'&#201;p&#233;e jeta les bases d'une &#233;ducation des infirmes sensoriels en ouvrant, &#224; ses frais, une &#233;cole destin&#233;e &#224; accueillir et &#233;duquer les enfants sourds et muets. Suivant son exemple, Valentin Ha&#252;y cr&#233;a, en 1786 &#224; Paris, une institution pour enfants aveugles. Cet &#233;tablissement enseignait non seulement la lecture &#224; l'aide de livres appropri&#233;s, mais &#233;galement l'&#233;criture, le calcul, l'arithm&#233;tique, les langues, l'histoire, la g&#233;ographie et la musique. Et pour arracher &#224; la mendicit&#233; les plus d&#233;munis, il leur apprenait des petits m&#233;tiers : le tricot, la brochure de livres, l'imprimerie, le rouet&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette &#233;cole qu'un adolescent de 16 ans, Louis Braille, lui-m&#234;me atteint de c&#233;cit&#233;, mettra au point en 1824 la m&#233;thode alphab&#233;tique qui porte son nom, &#224; destination des malvoyants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#233;cole est devenue en 1791, par d&#233;cret de l'Assembl&#233;e constituante, l'institut des jeunes aveugles. Elle existe toujours, ayant essaim&#233; un peu partout en France et dans le monde. Pendant longtemps, les jeunes aveugles et les jeunes sourds ont cohabit&#233; dans les m&#234;mes &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, c'est encore le cas dans 18 instituts mixtes, m&#234;me si 87 instituts se consacrent exclusivement aux d&#233;ficients auditifs et 33 instituts aux seuls d&#233;ficients visuels.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les Hauts Th&#233;baudi&#232;res ne faisant pas exception &#224; la r&#232;gle, cet &#233;tablissement gardera un fr&#232;re directeur jusqu'en 1981. L'&#233;volution des pratiques que viendra formaliser la r&#233;forme des annexes XXIV (1989) fit basculer dans une autre logique, celle du service qui r&#233;pond &#224; des besoins diversifi&#233;s : apprendre &#224; se d&#233;placer et &#224; utiliser des outils, &#224; adapter son poste de travail, &#224; vivre en famille&#8230; D&#232;s lors, l'&#233;tablissement ne s'adresse plus seulement &#224; des &#233;l&#232;ves ayant besoin d'acqu&#233;rir un savoir, mais &#224; des sujets avec lesquels l'on cherche &#224; construire un projet de vie global dans lequel la scolarit&#233; n'est qu'un &#233;l&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dont il est question, c'est bien d'un accompagnement et non d'une normalisation : donner des outils permettant aux personnes de (re) construire leur vie en vivant avec leur d&#233;ficience, qu'elle soit acquise ou de naissance. Cela peut aller de l'orientation vers un foyer de vie sans perspective de travail jusqu'&#224; l'insertion professionnelle, en passant par tous les stades interm&#233;diaires du travail prot&#233;g&#233;. Il ne s'agit plus de proposer une formation, certes adapt&#233;e mais relativement standardis&#233;e, mais bien de r&#233;pondre aux besoins diversifi&#233;s qui constituent la probl&#233;matique de la malvoyance. Ce n'est plus &#224; l'usager de se couler dans le moule de l'institution, mais &#224; l'institution &#224; s'adapter pour fournir des services qui r&#233;pondent au plus pr&#232;s aux demandes des usagers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se diversifier pour mieux r&#233;pondre aux besoins&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institut public pour d&#233;ficients visuels des Hauts Th&#233;baudi&#232;res est sans doute l'un des rares services qui couvre tous les &#226;ges de la vie. Commen&#231;ons par la petite enfance. Le Service d'accompagnement familial et d'&#233;ducation pr&#233;coce (SAFEP) propose depuis 1993 un soutien aux familles &#224; destination des enfants de 0 &#224; 3 ans. Il a pour ambition de r&#233;pondre aux pr&#233;occupations des parents tant au moment de l'annonce du handicap, que pour favoriser son acceptation, mais aussi pour faciliter l'accomplissement des d&#233;marches n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, viennent les dispositifs de formation adapt&#233;e : une Classe d'int&#233;gration scolaire sp&#233;cialis&#233;e (CLIS) pour des enfants de maternelle et de primaire, une Section d'&#233;ducation et d'enseignement sp&#233;cialis&#233;e (SEES) correspondant au coll&#232;ge et enfin une Section de premi&#232;re formation professionnelle (SPFP) pour les 16-20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, la Section d'&#233;ducation avec handicaps associ&#233;s (SEHA), pr&#233;sente d&#232;s la cr&#233;ation de l'&#233;tablissement, continue &#224; fonctionner, accueillant 75 enfants et jeunes de 5 &#224; 20 ans pr&#233;sentant en plus de la d&#233;ficience visuelle d'autres difficult&#233;s invalidantes (troubles de la personnalit&#233;, handicap mental profond, handicap physique). &lt;i&gt;&#171; Nous ne recevons plus trop d'enfants en dessous de 6 ans, preuve sans doute qu'ils trouvent leur place en maternelle. C'est au CP que cela coince. Certains enfants ont un retard massif. Il leur faut &#233;norm&#233;ment de temps pour acqu&#233;rir les notions de base. Nous leur offrons la possibilit&#233; d'assimiler les pr&#233;requis scolaires en respectant leur rythme &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne &#201;lisabeth Gravouil, chef de service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il est vrai que certains enfants en sont encore &#224; sortir progressivement de leur &#233;tat de prostration. Ils n'ont parfois pas acc&#232;s &#224; la parole. Leur syst&#232;me de communication ne s'est pas encore organis&#233; en langage structur&#233;. Il faut les apprivoiser petit &#224; petit et leur permettre d'&#233;laborer leur propre syst&#232;me de reconnaissance tactile, leurs propres rep&#232;res dans l'espace. Les activit&#233;s d'&#233;veil propos&#233;es cherchent &#224; obtenir une r&#233;gulation de leurs comportements : &#234;tre r&#233;gulier, stable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre dispositif que nous avons &#233;voqu&#233; pr&#233;c&#233;demment : le SAAAIS qui s'adresse aux 3-20 ans. Ce service participe &#224; l'int&#233;gration scolaire et sociale en milieu ordinaire, en proposant une prise en charge globale du jeune handicap&#233; visuel : suivi m&#233;dical, param&#233;dical, psychologique et social, suivi &#233;ducatif dans la recherche d'une autonomie maximale dans la vie quotidienne et les d&#233;placements, suivi p&#233;dagogique (information, conseil et &#233;change aupr&#232;s des enseignants, adaptation et am&#233;nagement des outils scolaires, apprentissage des techniques palliatives, soutien p&#233;dagogique aupr&#232;s de l'enfant ou de l'adolescent&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pass&#233; de 40 places en 1989 &#224; 90 en 2002, il sera sans doute agr&#233;&#233; pour 105, en 2006. De la prise en charge d'enfants lourdement d&#233;ficients &#224; l'int&#233;gration scolaire en coll&#232;ge, tous les niveaux sont donc repr&#233;sent&#233;s, depuis l'illettrisme jusqu'&#224; un niveau d&#233;j&#224; acquis de type brevet des coll&#232;ges, en passant par les CAP ou BEP acquis en interne ou en apprentissage. Cette diversit&#233; a rendu n&#233;cessaire une individualisation des processus de formation et une personnalisation des parcours de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'acquisition d'une qualification est-elle con&#231;ue non par groupe de niveau, mais plut&#244;t sur le mod&#232;le des ateliers p&#233;dagogiques personnalis&#233;s. Un projet individualis&#233; est &#233;labor&#233; avec la personne, en fonction du niveau d&#233;j&#224; atteint et de celui qu'elle veut obtenir. Ensuite, un parcours personnalis&#233; est &#233;labor&#233; qui pr&#233;voit la fr&#233;quentation &#224; un rythme et selon des modalit&#233;s chaque fois diff&#233;rentes, selon la scolarisation inexistante, partielle ou totale &#224; l'ext&#233;rieur, de tel ou tel module : atelier de compensation et d'adaptation (braille, informatique compens&#233;e, expression manuelle et technique, accompagnement &#224; la vie sociale, rem&#233;diation cognitive), atelier de formation g&#233;n&#233;rale (acquisition ou entretien des connaissances acquises dans la scolarit&#233;), atelier d'insertion et de recherche de projet (recherche de projet assist&#233;e d'un outil sp&#233;cialis&#233;, accompagnement individuel d'orientation, modules de techniques de recherche d'emploi ou de stage), ateliers techniques et pr&#233; professionnels (entretien des espaces verts, hygi&#232;ne et maintenance des locaux, art floral et d&#233;coration, sous-traitance et conditionnement) ou encore, ateliers de formation professionnelle qualifiante (CAP cannage et paillage en ameublement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Proposer une compensation sous toutes ses formes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'intervention de l'institut des Hauts Th&#233;baudi&#232;res ne s'en est pas arr&#234;t&#233;e l&#224;. Il s'est dot&#233; en 1995 d'un centre de r&#233;adaptation professionnelle qui accueille des adultes d&#233;ficients visuels tardifs, atteints de c&#233;cit&#233; partielle ou totale du fait d'une maladie &#233;volutive ou d'un accident du travail, et qui doivent changer de m&#233;tier. Une formation de 18 mois leur est propos&#233;e qui pr&#233;voit outre une r&#233;&#233;ducation fonctionnelle (apprentissage du braille, de l'informatique adapt&#233;e, aide aux d&#233;placements&#8230;), une formation qualifiante comme conseiller service client &#224; distance, agent d'accueil et d'information, paillage et cannage de chaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institut propose aussi aux salari&#233;s malvoyants demandeurs d'un compl&#233;ment de qualification, des cycles de formation continue dans les m&#234;mes domaines de qualification. Les progr&#232;s m&#233;dicaux, s'ils ont permis de r&#233;duire progressivement la c&#233;cit&#233; &#224; la naissance, ne diminuent pas les atteintes li&#233;es aux maladies et surtout au vieillissement de la population.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vivre une diminution progressive de la vue n'est pas chose facile : vivre &#224; son domicile, s'occuper de son int&#233;rieur, lire et faire son courrier, se d&#233;placer et faire ses courses, prendre les transports en commun devient de plus en plus difficile. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour r&#233;pondre &#224; ces cons&#233;quences angoissantes de la c&#233;cit&#233;, l'institut des Hauts Th&#233;baudi&#232;res a con&#231;u deux dispositifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier a &#233;t&#233; imagin&#233; en collaboration avec des praticiens lib&#233;raux (ophtalmologistes, orthoptistes), des pharmaciens, des opticiens : c'est le &#171; r&#233;seau de proximit&#233; basse vision &#187; qui propose un accompagnement de l'ensemble des d&#233;marches qui s'av&#232;rent n&#233;cessaires au moment o&#249; la d&#233;ficience est diagnostiqu&#233;e. Une coordinatrice g&#232;re la situation en orientant, en fonction des besoins de la personne, vers le professionnel idoine : sp&#233;cialiste m&#233;dical ou param&#233;dical, instructeur en activit&#233;s de la vie journali&#232;re, instructeur en locomotion, psychologue&#8230; qui peuvent ainsi &#233;tablir un diagnostic partag&#233;, faisant le point des difficult&#233;s et de leurs implications dans la vie quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second dispositif a &#233;t&#233; &#233;labor&#233; en collaboration avec le conseil g&#233;n&#233;ral de Loire-Atlantique. Il vient compl&#233;ter le pr&#233;c&#233;dent en fournissant une aide &#224; la vie quotidienne : d&#233;placements, d&#233;monstration et essai d'aides techniques, d&#233;couverte d'outils de communication, information et sensibilisation de la famille et de l'entourage au handicap visuel&#8230; Les particuliers ne sont pas les seuls &#224; solliciter ce service. Associations, maisons de retraite, centres culturels, commer&#231;ants&#8230; font aussi appel &#224; ses services pour adapter les expositions, les syst&#232;mes de signalisation, les acc&#232;s aux mal-voyants. Ce peut &#234;tre aussi des employeurs qui demandent une adaptation des postes de travail pour leurs employ&#233;s (comme par exemple une commande vocale sur un poste informatique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sentation de l'institut des Hauts Th&#233;baudi&#232;res ne serait pas compl&#232;te si on occultait son service d'adaptation des documents et son centre de documentation. Le service d'adaptation traduit en braille ou reproduit en gros caract&#232;res livres scolaires, formulaires, romans&#8230; On est l&#224; au c&#339;ur du principe de compensation : fournir des services qui permettent de contrebalancer la perte de vision. Chaque document agrandi est con&#231;u individuellement &#224; l'intention d'une personne particuli&#232;re : c'est la sp&#233;cificit&#233; de sa d&#233;ficience qui d&#233;terminera la grosseur et la police des caract&#232;res, la couleur d'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le service re&#231;oit de l'&#201;ducation nationale chaque sujet d'examen un mois avant l'&#233;preuve, sa mission consistant &#224; l'adapter au format ou le transcrire en braille afin que le candidat puisse concourir au m&#234;me titre que n'importe quel voyant. Le service r&#233;pond aussi aux sollicitations de particuliers qui lui adressent des documents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce peut &#234;tre des personnes elles-m&#234;mes malvoyantes, mais aussi des collectivit&#233;s, des mus&#233;es, voire m&#234;me des commer&#231;ants (restaurants voulant adapter leur menu et des vignerons leur &#233;tiquette de vin, des banquiers leur tenue de compte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela repr&#233;sente un travail de titan assur&#233; par cinq professionnels et une relectrice pour le braille. Ici on ne parle pas de rentabilit&#233; mais de service public. Quant au centre de documentation de l'institut, il a accumul&#233; au cours des ann&#233;es 350 titres d'ouvrages en braille et 500 en gros caract&#232;res. Il poss&#232;de en outre de pr&#233;cieuses partitions en braille, h&#233;ritage de la sp&#233;cialisation en musique de l'&#233;tablissement pendant de nombreuses ann&#233;es. Mais le plus &#233;tonnant est sans doute ces jeux et livres en relief produits par des salari&#233;s de l'institut qui se r&#233;unissent chaque ann&#233;e une semaine en juillet pour imaginer, concevoir et fabriquer ces objets tr&#232;s tactiles qui permettent aux enfants atteints de c&#233;cit&#233; de se plonger dans des activit&#233;s ludiques au m&#234;me titre que leurs petits copains qui ont la chance de voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Briens, directeur de l'institut qui regroupe un personnel fort de 224 salari&#233;s (dont une dizaine de d&#233;ficients visuels) pour 254 usagers est partie prenante de l'&#233;volution et de l'innovation de son institution : &lt;i&gt;&#171; L'id&#233;al serait d'externaliser au maximum nos services, pour permettre aux personnes atteintes de d&#233;ficience visuelle de vivre dans la soci&#233;t&#233; ordinaire, en b&#233;n&#233;ficiant pour ce faire des compensations que nous pourrions leur apporter, et de ne continuer &#224; recevoir en interne que pour de courts s&#233;jours d'adaptation ou de participation &#224; des ateliers sp&#233;cifiques. Malheureusement, il existera toujours un foss&#233; qui sera difficile &#224; combler totalement, concernant notamment celles et ceux dont le handicap est trop lourd pour envisager vraiment une int&#233;gration. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration passionnante de la r&#233;activit&#233; et de la capacit&#233; d'adaptation du secteur m&#233;dico-social aux &#233;volutions et aux mutations, l'institut public pour d&#233;ficient visuel des Hauts Th&#233;baudi&#232;res fait partie de ces &#233;tablissements et services qui agissent &#224; bas bruit, en innovant et en se diversifiant pour mieux r&#233;pondre aux besoins des usagers. Il eut &#233;t&#233; injuste de laisser son action dans l'ombre : voil&#224; qui est r&#233;par&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.thebaudieres.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Institut Les Hauts Th&#233;baudi&#232;res&lt;/a&gt; - BP 2229 - 44122 Vertou cedex. T&#233;l. 02 51 79 50 00&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Malvoyance, apprendre &#224; compenser le handicap</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Malvoyance-apprendre-a-compenser-le-handicap-9176</link>
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		<title>Entre les murs</title>
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		<dc:subject>&#201;cole</dc:subject>
		<dc:subject>790</dc:subject>

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&lt;p&gt;On ne se repr&#233;sente pas toujours tr&#232;s bien le quotidien d'une classe de coll&#232;ge dans ce qu'il peut avoir tant de prometteur que d'affligeant. Le roman de Fran&#231;ois Begaudeau a la profonde honn&#234;tet&#233; de &#171; montrer comment c'est, comment &#231;a se passe, comment &#231;a marche, comment &#231;a ne marche pas &#187;. Ce qui frappe au premier abord, c'est bien le profond d&#233;calage qui s&#233;pare les d&#233;tenteurs du savoir, de leurs &#233;l&#232;ves. Bien s&#251;r, il y a ces coll&#233;giens qui s'enflamment et s'&#233;nervent d'un seul coup, r&#233;pondant avec insolence (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L102xH150/arton1139-e18c1.jpg?1694025942' width='102' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On ne se repr&#233;sente pas toujours tr&#232;s bien le quotidien d'une classe de coll&#232;ge dans ce qu'il peut avoir tant de prometteur que d'affligeant. Le roman de Fran&#231;ois Begaudeau a la profonde honn&#234;tet&#233; de &#171; montrer comment c'est, comment &#231;a se passe, comment &#231;a marche, comment &#231;a ne marche pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe au premier abord, c'est bien le profond d&#233;calage qui s&#233;pare les d&#233;tenteurs du savoir, de leurs &#233;l&#232;ves. Bien s&#251;r, il y a ces coll&#233;giens qui s'enflamment et s'&#233;nervent d'un seul coup, r&#233;pondant avec insolence au prof. Tout comme ces d&#233;fis qu'ils lancent pour v&#233;rifier la r&#233;sistance et la solidit&#233; de l'adulte. Ou encore ces tentatives de d&#233;stabilisation pour tester son autorit&#233;. Rien que d'assez classique, finalement. Mais ce qui marque le plus dans le r&#233;cit qui nous est fait ici, c'est l'inexorable ennui qui semble engluer la majorit&#233; des &#233;l&#232;ves. Vouloir transmettre des connaissances et se heurter &#224; tant d'indiff&#233;rence ne peut que d&#233;cevoir et aigrir l'adulte anim&#233; de cette noble ambition. Certains craquent : &#171; J'peux plus les voir, j'vais en assommer un, c'est s&#251;r, ils sont d'une bassesse, d'une mauvaise foi, toujours &#224; chercher l'embrouille &#187;, explique un pion qui quittera tr&#232;s vite son poste. L'enseignant qui persiste est, quant &#224; lui, tent&#233; par un discours d'une violence incroyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roman s'&#233;gr&#232;ne au rythme des agressions verbales &#224; l'&#233;gard des &#233;l&#232;ves : &#171; C'est pas une insulte, c'est la v&#233;rit&#233;, si je dis que t'es une imb&#233;cile, c'est que t'es une imb&#233;cile, si je dis que t'es une idiote, c'est que t'es une idiote, si je dis que t'es b&#234;te, c'est parce que t'es b&#234;te &#187; (p.46). &#171; Rire comme cela en public, c'est ce que j'appelle une attitude de p&#233;tasse &#187; (p78). &#171; Elle est nulle ta vie. T'en n'as pas marre de ta vie de nul ? &#187; (p.142). &#171; Ta vie c'est rien. Parce que c'est une pauvre vie &#187; (p.249). Si le conseil de discipline intervient d&#232;s qu'un &#233;l&#232;ve ose &#171; traiter &#187; un adulte, la d&#233;marche inverse est inexistante. Le respect est une exigence unilat&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme ce vouvoiement exig&#233; envers l'adulte qui, lui, tutoie les coll&#233;giens. Quand deux &#233;l&#232;ves vont se plaindre au CPE de l'attitude irrespectueuse de leur enseignant, celui-ci s'en prend &#224; nouveau &#224; eux. R&#233;agissant &#224; quelques erreurs de syntaxe des deux coll&#233;giens, il leur r&#233;plique : &#171; Commence par apprendre le fran&#231;ais, si tu veux t'en prendre &#224; moi &#187; (p83). Quand le principal du coll&#232;ge ass&#232;ne dans un propos l&#233;nifiant &#171; que tout le monde peut r&#233;ussir ici, &#224; condition de le vouloir &#187; (p.266), on a tout d&#233;cod&#233; de la mentalit&#233; d'un corps enseignant qui ne comprend pas qu'on ne puisse pas comprendre son enseignement et qui, trop souvent, assimile ses &#233;l&#232;ves &#224; une bande de fumistes et de fain&#233;ants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore qu'un reportage, cette fiction nous permet de p&#233;n&#233;trer au c&#339;ur d'un dispositif qui, malgr&#233; les fr&#233;quents moments de complicit&#233; mis en sc&#232;ne, d&#233;montre que tant qu'il ne se sera pas profond&#233;ment remis en cause, il aura encore longtemps &#224; se plaindre des violences qu'il subit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Verticales, 2006 (272 p. ; 16,90 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Au-del&#224; du Noir et du Blanc</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Au-dela-du-Noir-et-du-Blanc</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Racisme</dc:subject>
		<dc:subject>790</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'auteur de Je suis Noir et je n'aime pas le manioc (lire la critique) persiste et signe dans ce nouvel ouvrage qui, en r&#233;pondant au passage &#224; certains de ses d&#233;tracteurs, approfondit sa pens&#233;e : &#171; Il y a simultan&#233;ment &#224; l'&#339;uvre dans les soci&#233;t&#233;s humaines des forces travaillant dans des directions oppos&#233;es : les unes tendant au maintien et m&#234;me &#224; l'accentuation des particularismes, les autres agissant dans le sens de la convergence et de l'affinit&#233; &#187; (p. 135). L'auteur s'engage clairement du c&#244;t&#233; de ce qui (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-790-" rel="tag"&gt;790&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L102xH150/arton1140-f3983.jpg?1694025942' width='102' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'auteur de &lt;i&gt;Je suis Noir et je n'aime pas le manioc&lt;/i&gt; (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Je-suis-noir-et-je-n-aime-pas-le-manioc' class='spip_in'&gt;lire la critique&lt;/a&gt;) persiste et signe dans ce nouvel ouvrage qui, en r&#233;pondant au passage &#224; certains de ses d&#233;tracteurs, approfondit sa pens&#233;e : &#171; Il y a simultan&#233;ment &#224; l'&#339;uvre dans les soci&#233;t&#233;s humaines des forces travaillant dans des directions oppos&#233;es : les unes tendant au maintien et m&#234;me &#224; l'accentuation des particularismes, les autres agissant dans le sens de la convergence et de l'affinit&#233; &#187; (p. 135).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur s'engage clairement du c&#244;t&#233; de ce qui rapproche et s'enrichit des diff&#233;rences. Il veut tout d'abord en finir avec l'h&#233;ritage du pass&#233;. Les relations contemporaines entre les Noirs et les Blancs sont marqu&#233;es par trois pages douloureuses : l'esclavage, la colonisation et l'importation de main-d'&#339;uvre subalterne &#224; bon march&#233; (l'immigration). Ces &#233;pisodes sont effectivement marqu&#233;s par des drames d'une brutalit&#233; indescriptible. Mais ce qui est encore plus regrettable, affirme-t-il, c'est que nous n'arrivions pas &#224; en sortir, en r&#233;duisant le destin des Noirs &#224; quatre si&#232;cles d'oppression avec rien avant et rien apr&#232;s : on reste la victime du pass&#233; si l'on ne trouve pas les ressorts n&#233;cessaires pour sortir et de sa prison et de sa dictature, rappelle-t-il. &#171; J'ai toujours pens&#233; que mon voisin ne pouvait &#234;tre tenu responsable de la barbarie de ses anc&#234;tres, que le Blanc et le Noir ne devaient pas se construire sur le lit d'une culpabilisation et d'une victimisation r&#233;ciproques &#187; (p.65).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque sinon est d'en arriver &#224; une inversion des absurdit&#233;s. Avant, un homme &#233;tait m&#233;prisable parce qu'il &#233;tait noir : aujourd'hui, une attitude m&#233;prisable ne saurait &#234;tre d&#233;nonc&#233;e comme telle par le seul fait que celui qui l'adopte est noir ! Autre d&#233;rive, cette tol&#233;rance des pires horreurs telles l'excision, l'infibulation, les mariages forc&#233;s, l'&#233;ducation des filles &#224; la soumission ou l'esclavage, au nom d'un pr&#233;tendument respect enfin trouv&#233; des cultures diff&#233;rentes. Il en va de m&#234;me pour l'affaire du pr&#233;fet musulman : l'auteur s'interroge sur la pertinence des quotas de cadres ethno-racialo-confessionalo-indig&#232;nes. Pourquoi ne pas alors r&#233;pondre favorablement aux demandes l&#233;gitimes des adeptes du vaudou dahom&#233;en, de l'hindouisme cachemiri, du tao&#239;sme cantonais, du bouddhisme tib&#233;tain, sans oublier ceux du kimbanguisme congolais ou de l'animisme bamil&#233;k&#233; ? &#171; D&#233;barrasse l'homme de la couleur de la peau, de la couleur des yeux et tu verras la couleur de l'&#226;me, la vraie couleur de l'homme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondant en &#233;cho &#224; cette m&#233;taphore du po&#232;te camerounais Ndjock Ngama, Gaston Kelman le proclame avec force : les hommes sont avant tout des hommes avant d'&#234;tre de couleur. L'homme noir n'est pas le produit d'une origine, mais celui d'un espace social d'&#233;ducation. Les racines ne sont pas fig&#233;es, mais mobiles et d&#233;termin&#233;es par les limites de ce qui a &#233;t&#233; v&#233;cu. Et l'auteur de pr&#233;coniser une citoyennet&#233; multiraciale qui transcende les barri&#232;res, oh combien factices, qui s&#233;parent les hommes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Mad Max Milo, 2005 (256 p. ; 18 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La g&#233;ographie de l'&#233;galit&#233; des chances</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-geographie-de-l-egalite-des-chances</link>
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		<dc:date>2006-03-22T23:00:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;D&#233;finitivement adopt&#233; par le parlement le 9 mars dernier, le Contrat premi&#232;re embauche (CPE) a mis la jeunesse et les syndicats dans la rue. R&#233;uni le m&#234;me jour, un comit&#233; interminist&#233;riel des villes et du d&#233;veloppement urbain (CIV) a voulu donner l'impression que la politique de la Ville accompagnait la lutte contre l'in&#233;galit&#233; des chances. Las, on a l'impression d'un saupoudrage sans grande consistance &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;uni le 9 mars dernier, le Comit&#233; interminist&#233;riel des villes et du d&#233;veloppement urbain (CIV) a pris (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;finitivement adopt&#233; par le parlement le 9 mars dernier, le Contrat premi&#232;re embauche (CPE) a mis la jeunesse et les syndicats dans la rue. R&#233;uni le m&#234;me jour, un comit&#233; interminist&#233;riel des villes et du d&#233;veloppement urbain (CIV) a voulu donner l'impression que la politique de la Ville accompagnait la lutte contre l'in&#233;galit&#233; des chances. Las, on a l'impression d'un saupoudrage sans grande consistance&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;uni le 9 mars dernier, le Comit&#233; interminist&#233;riel des villes et du d&#233;veloppement urbain (CIV) a pris un certain nombre de d&#233;cisions. Rempla&#231;ant les contrats de ville &#224; partir de janvier 2007, les &#171; Contrats urbains de coh&#233;sion sociale &#187; (CUCS) seront sign&#233;s &#8212; pour trois ans et reconductibles apr&#232;s &#233;valuation &#8212; entre l'&#201;tat et les communes sur &#171; une g&#233;ographie prioritaire red&#233;finie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;e avant l'&#233;t&#233; dernier, l'agence nationale pour la coh&#233;sion sociale et l'&#233;galit&#233; des chances en assurera le fonctionnement, en articulation avec l'Observatoire national des zones urbaines sensibles. Quinze nouvelles Zones franches urbaines (ZFU) sont cr&#233;&#233;es (dont trois en r&#233;gion parisienne et trois dans le Nord) dans les lieux de r&#233;novation urbaine connaissant les taux de ch&#244;mage les plus &#233;lev&#233;s ; plus d'une vingtaine de communes voient leur p&#233;rim&#232;tre de zone franche &#233;tendu &#171; dans la perspective de la prolongation du dispositif jusqu'en 2011 &#187;, selon le minist&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dispositif des zones franches va bient&#244;t avoir dix ans. Cr&#233;&#233;es en effet en 1997, celles-ci ont un objectif de revitalisation &#233;conomique : le dispositif incite les entreprises &#8212; mais aussi les associations &#8212; &#224; s'installer dans les quartiers rel&#233;gu&#233;s, moyennant exon&#233;rations fiscales. Avec les nouvelles ZFU, le minist&#232;re esp&#232;re sept mille emplois suppl&#233;mentaires, dont le tiers environ pour les habitants concern&#233;s, tout en tablant sur une augmentation de 50 % du nombre d'entreprises implant&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les acteurs de terrain &#187;, a promis le Premier ministre en ouvrant le CIV, &#171; sont confort&#233;s dans leurs missions aupr&#232;s des habitants des quartiers, notamment &#224; travers l'augmentation significative des financements des associations d&#232;s 2006. Les proc&#233;dures sont &#233;galement am&#233;lior&#233;es et elles seront mieux associ&#233;es aux projets locaux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;On se souvient que le gouvernement avait d&#233;clar&#233; l'&#233;galit&#233; des chances grande cause nationale 2006&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; insertion professionnelle, les &#233;coles de la deuxi&#232;me chance &#171; ayant fait leurs preuves en mati&#232;re d'insertion &#187; seront soutenues, et deux programmes mis en place, l'un permettant l'acc&#232;s de 2500 &#171; jeunes des quartiers &#187; aux m&#233;tiers du sport, l'autre inscrivant 6000 jeunes suivis par la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) en parcours d'insertion professionnelle. Par ailleurs, une &#171; r&#233;forme de l'&#233;ducation prioritaire &#187; renforcera les moyens en personnels des 249 coll&#232;ges &#171; ambition r&#233;ussite &#187; et quinze internats de r&#233;ussite &#233;ducative se verront labellis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la rubrique Citoyennet&#233;, le nombre d'adultes relais doublera cette ann&#233;e, passant de 3000 &#224; 6000. Les femmes-relais et autres m&#233;diatrices seront &#171; valoris&#233;es &#187; dans leur action au moyen d'un programme sp&#233;cifique mis en place le 20 mars dernier. C&#244;t&#233; sant&#233; mentale, des &#233;quipes mobiles de psychiatrie sont pr&#233;vues dans 25 sites de la politique de la Ville. Autre priorit&#233;, la r&#233;novation de l'habitat, avec prolongation jusqu'en 2013 de l'action de l'Agence nationale de r&#233;novation urbaine (ANRU). On se souvient que le gouvernement avait d&#233;clar&#233; l'&#233;galit&#233; des chances grande cause nationale 2006, et mis en place la Haute autorit&#233; de lutte contre les discriminations et pour l'&#233;galit&#233; (Halde) en juin 2005. Une vingtaine de fiches a concr&#233;tis&#233; l'ensemble des initiatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les troubles des quartiers rel&#233;gu&#233;s en novembre dernier ont probablement incit&#233; le gouvernement &#224; faire un certain effort financier : au total, pr&#232;s de 1, 2 milliard d'euros est d&#233;bloqu&#233; pour cette ann&#233;e, la plupart de ces dispositifs &#233;tant toutefois lanc&#233;e depuis belle lurette. Le gouvernement se rengorge de quelques initiatives : six pr&#233;fets, par exemple, sont cens&#233;s travailler sp&#233;cifiquement sur le dossier de l'&#233;galit&#233; des chances dans les d&#233;partements les plus en difficult&#233;. L'&#233;valuation des associations est plus que jamais &#224; l'ordre du jour, et des audits seraient m&#234;me confi&#233;s &#224; des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es. En vue de prochaines &#233;conomies ? Qui peut penser qu'un semblable saupoudrage peut r&#233;soudre l'immense question devenue structurelle de la pr&#233;carisation de la soci&#233;t&#233;, du ch&#244;mage de masse et des in&#233;galit&#233;s sociales ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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