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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Accompagner les victimes de violences conjugales</title>
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		<title>Accompagner les victimes de violences conjugales</title>
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		<dc:subject>Violences conjugales</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; la proposition de loi renfor&#231;ant la pr&#233;vention et la r&#233;pression des violences au sein du couple doit passer en seconde lecture &#224; l'Assembl&#233;e nationale, nous avons essay&#233; d'approcher au plus pr&#232;s la r&#233;alit&#233; de la violence conjugale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux reportages, l'un &#224; Toulouse, l'autre &#224; Rennes, dans des structures qui prennent en charge les femmes battues, nous montrent &#224; quel point il est important de les soutenir depuis la d&#233;nonciation jusqu'&#224; la r&#233;insertion. Les t&#233;moignages d'un m&#233;decin et d'une juriste (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; la proposition de loi renfor&#231;ant la pr&#233;vention et la r&#233;pression des violences au sein du couple doit passer en seconde lecture &#224; l'Assembl&#233;e nationale, nous avons essay&#233; d'approcher au plus pr&#232;s la r&#233;alit&#233; de la violence conjugale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux reportages, l'un &#224; Toulouse, l'autre &#224; Rennes, dans des structures qui prennent en charge les femmes battues, nous montrent &#224; quel point il est important de les soutenir depuis la d&#233;nonciation jusqu'&#224; la r&#233;insertion. Les t&#233;moignages d'un m&#233;decin et d'une juriste d'unservice de m&#233;decine l&#233;gale nous &#233;clairent sur les m&#233;canismes psychiques qui animent victimes et bourreaux. De son c&#244;t&#233;, une psychologue &#233;voque les r&#233;percussions que la violence conjugale peut avoir sur les enfants et, pour sa part, une assistante sociale nous livre son exp&#233;rience en rappelant l'obligation de prot&#233;ger les enfants&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; Toulouse, le CHRS le Touril accueille des femmes victimes de violences&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un long travail d'accompagnement est mis en place pour aider ces femmes &#224; se reconstruire et &#224; repartir dans la vie.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenue &#224; moiti&#233; sourde sous les claques de son mari, Mathilde a aussi du mal &#224; rester debout depuis qu'un mauvais coup lui a bris&#233; un disque lombaire. Op&#233;r&#233;e &#224; plusieurs reprises, elle est aujourd'hui reconnue invalide &#224; 40 %. &lt;i&gt;&#171; Quand j'ai rencontr&#233; celui qui allait devenir mon mari, mes parents et mes fr&#232;res m'ont mise en garde, mais je n'ai rien voulu entendre. Petit &#224; petit, cet homme que j'aimais est devenu jaloux et violent et m'a coup&#233;e de toutes mes relations. Il me tapait, puis le regrettait et se tra&#238;nait &#224; mes pieds en pleurant. Et moi je pardonnais. On s'est mari&#233;, on a eu des enfants, je pensais que &#231;a le rassurerait, que &#231;a irait mieux ensuite, mais rien ne changeait&#8230; Un jour j'ai compris que je finirais par mourir sous ses coups, j'ai pris les enfants et je me suis enfuie &#187;&lt;/i&gt;, raconte-t-elle calmement, comme si cette histoire &#233;tait arriv&#233;e &#224; une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Preuve s'il en faut du long chemin parcouru depuis son arriv&#233;e au Touril il y a un an et demi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='CHRS Le Touril - 8 rue de la Hache - 31000 Toulouse. T&#233;l. 05 62 26 84 (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Avant d'&#234;tre orient&#233;e dans ce centre d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS) sp&#233;cialis&#233; dans l'accueil de femmes en tr&#232;s grande difficult&#233;, elle &#233;tait venue &#224; Toulouse trouver refuge chez une connaissance, tr&#232;s loin de chez elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les responsables du Touril s'en d&#233;fendent : &lt;i&gt;&#171; Nous n'accueillons pas seulement des femmes victimes de violences conjugales &#187;&lt;/i&gt;, pour les gens du quartier, le Touril, c'est avant tout la maison des femmes battues. Cr&#233;&#233; il y a trente ans par des militants, des hommes et des femmes qui s'&#233;taient regroup&#233;s en association pour ouvrir ce lieu, l'&#233;tablissement est l'un des premiers du pays &#224; s'&#234;tre sp&#233;cialis&#233; dans l'accompagnement de femmes en d&#233;tresse et de leurs enfants. La vaste b&#226;tisse, construite dans un ancien couvent du XVIIe si&#232;cle au c&#339;ur du vieux Toulouse, ressemble &#224; une forteresse. &lt;i&gt;&#171; Il arrive que des hommes viennent harceler leurs ex jusqu'ici &#187;, &lt;/i&gt; regrette Hugues Marty, le directeur, mais un syst&#232;me de vid&#233;o/surveillance et un filtrage syst&#233;matique &#224; l'entr&#233;e leur garantissent la s&#233;curit&#233; qu'elles sont venues chercher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugues Marty a pris la direction de l'&#233;tablissement il y a presque cinq ans et se r&#233;jouit d'&#234;tre le premier homme &#224; occuper ce poste : &lt;i&gt;&#171; Je suis celui qui repr&#233;sente l'autorit&#233;, pas le pouvoir ou la violence imb&#233;cile de leurs anciens compagnons. Il y a &#233;galement un autre homme au Touril charg&#233; de tous les travaux d'entretien. Symboliquement, dans la vie de ces femmes cass&#233;es, c'est bien que ce soit un homme qui r&#233;pare &#187;&lt;/i&gt;, ajoute-t-il dans un sourire. Deux psychologues, l'une &#224; temps plein l'autre &#224; mi-temps, aident ces femmes &#224; se reconstruire, &#224; restaurer leur image ainsi que leur autorit&#233; aupr&#232;s de leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers sont souvent perturb&#233;s, t&#233;moins de la violence subie par leur m&#232;re, ils d&#233;marrent dans la vie avec une vision compl&#232;tement fauss&#233;e des rapports humains, amoureux ou filiaux. &lt;i&gt;&#171; ll faut savoir que certains enfants, avant d'arriver ici, refusaient d'aller &#224; l'&#233;cole pour rester &#224; la maison et prot&#233;ger leur m&#232;re. Parfois, ce sont les enfants eux-m&#234;mes qui pr&#233;venaient la police quand elle se faisait battre. Un enfant qui voit sa m&#232;re d&#233;molie est un enfant que l'on d&#233;molit &#187;&lt;/i&gt;, rappelle Marie-Jacques Bidan, psychologue au Touril o&#249; un accompagnement psychologique est &#233;galement mis en place pour les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CHRS n'est pas un asile, mais comme son nom l'indique un espace de r&#233;insertion. Ainsi les responsables accueillent-ils uniquement les femmes qui peuvent s'en sortir. Deux &#233;ducatrices sp&#233;cialis&#233;es et deux conseill&#232;res en &#233;conomie sociale et familiale accompagnent les r&#233;sidentes dans leur projet de r&#233;insertion. Les demandeurs du droit d'asile qui rel&#232;vent des CADA (Commission d'acc&#232;s aux documents administratifs), comme les personnes d&#233;pendantes &#224; la drogue ou &#224; l'alcool et celles souffrant de pathologies n&#233;cessitant des soins lourds sont syst&#233;matiquement &#233;cart&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un premier entretien t&#233;l&#233;phonique qui permet de rep&#233;rer les cas incompatibles, la personne est re&#231;ue par le directeur, une assistante sociale et une psychologue. L&#224;, elle raconte son histoire, d&#233;couvre le fonctionnement de l'&#233;tablissement et d&#233;crit ses objectifs. Elle dispose de deux jours en moyenne, plus si elle est trop affect&#233;e psychologiquement, pour signer son projet d'insertion. &lt;i&gt;&#171; Elle s'engage par &#233;crit &#224; honorer ses souhaits et nous, &#224; adapter notre aide en fonction de ses besoins. Nous passons un vrai contrat et je ne veux pas de march&#233; de dupes &#187;&lt;/i&gt;, menace Hugues Marty.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mots un peu forts, qui peuvent para&#238;tre inappropri&#233;s dans le cas de personnes tellement fragilis&#233;es, en disent long sur la volont&#233; de l'&#233;quipe de consid&#233;rer les r&#233;sidentes comme des citoyennes et non comme des victimes. D&#232;s le jour de leur arriv&#233;e, les responsables fixent la dur&#233;e du s&#233;jour au Touril, qui pourra &#234;tre prolong&#233;e si n&#233;cessaire. &lt;i&gt;&#171; M&#234;me si en r&#233;alit&#233; il n'y a plus de limite dans la dur&#233;e des s&#233;jours, il ne faut pas qu'elles restent trop longtemps, elles pourraient se laisser aller et ne plus essayer de s'en sortir &#187;,&lt;/i&gt; pr&#233;vient-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour remettre sur pied cette petite communaut&#233; meurtrie, l'&#233;quipe &#233;ducative reconna&#238;t qu'elle marche parfois sur des sables mouvants et que les outils dont elle se sert ne fonctionnent pas forc&#233;ment &#224; tous les coups. La priorit&#233; est d'aider ces femmes &#224; retrouver le sens de la responsabilisation et de l'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute l'organisation du Touril a &#233;t&#233; repens&#233;e dans ce sens, des plus petits gestes de la vie aux grandes d&#233;cisions. &lt;i&gt;&#171; Quand je suis arriv&#233;, c'&#233;taient les &#233;ducateurs qui s'occupaient du linge des h&#233;berg&#233;es et qui faisaient les machines &#224; laver. Je ne trouvais pas &#231;a tout &#224; fait normal et j'ai eu envie d'installer une laverie automatique &#187;&lt;/i&gt;, raconte Hugues Marty. Il a &#233;t&#233; suivi dans ce projet par le conseil d'administration de l'association et a pu acheter deux machines &#224; laver, un s&#232;che-linge et une presse professionnelle. D&#233;sormais, chaque r&#233;sidente entretient elle-m&#234;me son linge et celui de ses enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me esprit, un syst&#232;me de r&#233;servation a &#233;t&#233; mis en place &#224; la cantine. Tous les soirs, les r&#233;sidentes doivent d&#233;poser un ticket dans une bo&#238;te si elles veulent manger au r&#233;fectoire le lendemain. &lt;i&gt;&#171; Ce syst&#232;me de ticket leur permet de se projeter, de ne plus &#234;tre dans l'imm&#233;diatet&#233; &#187;&lt;/i&gt;, estime-t-il. Apr&#232;s le repas, les m&#232;res d&#233;barrassent leur table et lavent leur vaisselle. Il est demand&#233; &#224; chaque r&#233;sidente d'apporter sa propre vaisselle qu'elle range dans un petit casier. &lt;i&gt;&#171; Elles participent aussi au m&#233;nage, j'organise des roulements. J'essaie de g&#233;rer le quotidien &#187;&lt;/i&gt;, explique Marie-Fran&#231;oise Dussol, &#233;ducatrice et ma&#238;tresse de maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Volontairement, aucune garderie n'est propos&#233;e au Touril, comme chez elles les m&#232;res doivent s'occuper de leurs enfants. Elles peuvent s'entendre entre r&#233;sidentes, se garder mutuellement les enfants. Pour leur faciliter les d&#233;marches, le Touril vient de passer une convention avec la mairie de Toulouse qui accueillera les enfants des r&#233;sidentes dans les centres de loisirs de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, pour r&#233;server une place il faut en principe s'inscrire longtemps &#224; l'avance, ce que ne peuvent pr&#233;voir ces femmes qui quittent leur foyer dans l'urgence et qui souvent viennent d'une autre ville.&lt;i&gt; &#171; D&#233;sormais, des places sont r&#233;serv&#233;es pour les enfants du Touril. On leur a m&#234;me concoct&#233; un tarif tr&#232;s bas, sur mesure, il est important qu'elles paient pour se resocialiser comme il est important qu'elles am&#232;nent r&#233;guli&#232;rement leurs enfants au centre de loisirs une fois qu'ils sont inscrits. Elles doivent tenir leur engagement &#187;&lt;/i&gt;, insiste Marie-Jacques Bidan. Cette rigueur les aide &#224; se reconstruire : &lt;i&gt;&#171; Tant qu'elles n'ont pas mis en place de nouveaux rep&#232;res, tant qu'elles n'ont pas retrouv&#233; leur &#233;quilibre psychologique, elles ne peuvent pas s'ins&#233;rer. Pour les accompagner nous formons tous, des cuisiniers &#224; l'homme d'entretien, une communaut&#233; &#233;ducative. Chaque acte que nous posons est un acte &#233;ducatif, il n'y a pas de hi&#233;rarchisation des impacts &#187;&lt;/i&gt;, estime Hugues Marty.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi toute l'&#233;quipe, des cuisiniers &#224; l'homme d'entretien, est-elle invit&#233;e &#224; regarder r&#233;guli&#232;rement le cahier de liaison pour y d&#233;couvrir les &#233;l&#233;ments qui surviennent dans la vie des r&#233;sidentes. Quand Hugues Marty a pris les commandes de l'&#233;tablissement, il a commenc&#233; par redistribuer les fonctions de chacun afin de rendre chaque poste le plus op&#233;rationnel possible : &#171; J'ai chang&#233; beaucoup de choses en concertation avec toute l'&#233;quipe, nous avons fait un travail d'analyse des pratiques et cherch&#233; des pistes d'am&#233;lioration &#187;. Ainsi le m&#233;decin du Touril, qui ne servait plus tellement &#224; grand-chose, chaque r&#233;sidente ayant la CMU, a-t-il &#233;t&#233; licenci&#233;. Un poste d'adjointe &#224; la direction et un poste d'accueil ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s &#224; la place. Ce dernier est actuellement occup&#233; par une r&#233;sidente en contrat emploi-solidarit&#233;. Chaque fois que c'est possible des emplois sont propos&#233;s aux r&#233;sidentes, travailler les aide &#224; se d&#233;coller de leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, d&#233;munies, d&#233;sempar&#233;es, isol&#233;es, elles ont souvent tendance &#224; s'accrocher &#224; eux. L&#224; aussi, l'&#233;quipe &#233;ducative et particuli&#232;rement une &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e et une aide m&#233;dico-psychologique aident ces m&#232;res &#224; trouver la juste place avec leur enfant. Au sein du Touril et pour mieux se socialiser, les enfants disposent de salles de jeux, d'une ludoth&#232;que et d'un atelier peinture. Des b&#233;n&#233;voles viennent aussi les aider &#224; faire leurs devoirs. Avec succ&#232;s. L'an dernier, un petit gar&#231;on est arriv&#233; sans conna&#238;tre un seul mot de fran&#231;ais et a pu d&#232;s cette rentr&#233;e passer dans la classe sup&#233;rieure. Au Touril, la vie continue le plus normalement possible pendant que les m&#232;res essaient de se redresser. &lt;i&gt;&#171; Il faut qu'elles parlent, qu'elles racontent ce qu'elles ont v&#233;cu pour inscrire ce traumatisme dans leur histoire afin qu'il ne soit plus une zone d'ombre, de honte et de culpabilit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, ajoute Marie-Jacques Bedan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monique Castro&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; Rennes, l'Asfad s'occupe des femmes, mais aussi des hommes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1996, cette association qui va sur ses quarante ans a cr&#233;&#233; Dyade. Un service d'accompagnement individuel destin&#233; aux conjoints violents qui &#233;tablit une s&#233;paration franche entre le conjugal et le parental.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; D&#232;s qu'une femme est h&#233;berg&#233;e avec ses enfants dans un appartement de l'association, nous envoyons un courrier au p&#232;re afin de le pr&#233;venir &#187;&lt;/i&gt;, souligne d'embl&#233;e R&#233;gine Seigneur, travailleur social au service d'&#233;coute et d'accompagnement de l'Asfad&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Asfad (Association pour l'action sociale et la formation &#224; l'autonomie et au (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De fait, &#224; partir du moment o&#249; une femme est prise en charge par le centre d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale, d&#233;marre une p&#233;riode de non-droit juridique. C'est pourquoi cette lettre est toujours accompagn&#233;e d'une brochure pr&#233;sentant les missions de Dyade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Quand une femme part, elle ne donne pas l'adresse &#224; son mari. C'est son droit. Mais quid de la relation p&#232;re-enfants ? &#187;&lt;/i&gt;, questionne Michel J&#233;z&#233;quel, directeur de l'Asfad. Et d'ajouter : &lt;i&gt;&#171; Fond&#233;e en 1969, l'association f&#233;minine des chefs de famille portait une inspiration f&#233;ministe et excluait les hommes. Au fil des ann&#233;es, les travailleurs sociaux ont bien compris qu'il fallait &#233;voluer sur cette question &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : depuis bient&#244;t dix ans, deux travailleurs sociaux &#8212; un homme et une femme &#8212; et un psychologue sont sp&#233;cialement affect&#233;s &#224; Dyade qui s'adresse &#233;galement aux hommes vivant en couple et rencontrant des probl&#232;mes de violences. &lt;i&gt;&#171; Chaque ann&#233;e, cela repr&#233;sente une quinzaine d'hommes &#187;,&lt;/i&gt; indique Fran&#231;ois Rabouin, l'un des deux travailleurs sociaux de ce service sp&#233;cialis&#233;. &lt;i&gt;&#171; On est souvent dans la demande contrainte : la femme insiste pour que son mari vienne mais cela peut &#234;tre &#233;galement les d&#233;l&#233;gu&#233;s du procureur de la R&#233;publique qui nous envoient des hommes violents &#187;&lt;/i&gt;, poursuit-il. Toutefois, il faut noter que l'an pass&#233;, aucun contact ne s'est fait via la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les 221 appels t&#233;l&#233;phoniques re&#231;us par Dyade en 2004, pr&#232;s d'un tiers provenait de femmes. &lt;i&gt;&#171; Elles nous demandent ce que l'on peut proposer &#224; leur conjoint. Et c'est seulement lorsqu'elles savent qu'une structure d'accompagnement existe qu'elles s'autorisent &#224; quitter le domicile &#187;,&lt;/i&gt; remarque Fran&#231;ois Rabouin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier objectif de Dyade est d'arr&#234;ter la violence et d'&#233;viter tout risque homicidaire ou suicidaire. Les trois professionnels accordent donc une importance toute particuli&#232;re au premier appel t&#233;l&#233;phonique mais acceptent aussi des visites sans rendez-vous. &lt;i&gt;&#171; Certains connaissent notre adresse depuis plus de trois mois sans avoir os&#233; prendre contact &#187;&lt;/i&gt;, peut-on lire dans le rapport d'activit&#233;s 2004. Aussi, toute personne qui frappe &#224; la porte sans rendez-vous, est-elle re&#231;ue, ne serait-ce que quelques minutes. Reconnecter la personne avec son environnement imm&#233;diat mais aussi susciter la prise de rendez-vous sont en effet, dans ces moments de crise, les priorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;_&lt;i&gt; &#171; Au minimum, deux entretiens sont n&#233;cessaires pour faire connaissance, &#233;valuer la situation de la personne et voir si nous pouvons poursuivre un travail &#187;,&lt;/i&gt; pr&#233;cise Fran&#231;ois Rabouin. Puis, la commission d'admission examine le cas et d&#233;cide si la d&#233;marche (6 mois renouvelables) peut commencer. Se met alors en place un calendrier de rendez-vous avec Fran&#231;ois Rabouin ou sa coll&#232;gue mais aussi avec le psychologue. &lt;i&gt;&#171; Il faut parfois plusieurs mois pour que la personne puisse &#234;tre envoy&#233;e chez le psychologue &#187;&lt;/i&gt;, note-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce niveau, le but de la d&#233;marche est de &lt;i&gt;&#171; faire en sorte qu'un homme qui a exerc&#233; une violence dans une situation de crise, ne r&#233;agisse pas de la m&#234;me fa&#231;on lorsqu'il rencontrera une autre crise &#187;.&lt;/i&gt; Dans ce cheminement, le rapport &#224; la loi constitue un outil fondamental. Mais la parentalit&#233; reste l'appui primordial. &lt;i&gt;&#171; Le fait d'&#234;tre p&#232;re est un moteur sur lequel nous nous appuyons pour aider ces hommes &#224; reconstruire quelque chose &#187;&lt;/i&gt;, insiste Fran&#231;ois Rabouin. &#201;videmment, un long travail est parfois n&#233;cessaire pour que les m&#232;res autorisent leurs enfants &#224; voir leur p&#232;re. Install&#233; dans un pavillon d'un quartier de Rennes, volontairement &#233;loign&#233; du centre d'h&#233;bergement, Dyade permet l'accueil de familles dans le cadre de droits de visite ou d'h&#233;bergement sur des temps courts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes &#226;g&#233;es demandent aussi de l'aide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour leur part, les femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='La tr&#232;s grande majorit&#233; des appels proviennent de femmes. En 2005, un homme (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; arrivent &#224; l'Asfad via le service d'accompagnement et d'&#233;coute. Dot&#233; de quatre postes de travailleurs sociaux mais &#233;galement d'un psychologue, le SEA est porteur d'un num&#233;ro vert ouvert 24 heures sur 24, valable pour l'ensemble du d&#233;partement d'Ille-et-Vilaine et toujours anim&#233; par un professionnel. &lt;i&gt;&#171; En 2005, un peu plus de 2 000 appels ont &#233;t&#233; re&#231;us et 1 300 dossiers ont &#233;t&#233; ouverts. Les tranches d'&#226;ge les plus repr&#233;sent&#233;es sont les 20-29 et les 30-39 ans &#187;&lt;/i&gt;, informe Michel J&#233;z&#233;quel. &lt;i&gt;&#171; Nous avons de plus en plus d'appels relatifs &#224; des violences psychologiques et nous observons &#233;galement une augmentation des appels des plus de soixante ans &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;taille R&#233;gine Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce niveau de contact, tous les cas de figure existent : certaines appellent pour un h&#233;bergement d'urgence (84 familles ont b&#233;n&#233;fici&#233; de ce dispositif en 2004), d'autres r&#233;fl&#233;chissent &#224; un d&#233;part, d'autres sont psychologiquement &#224; bout, etc. &lt;i&gt;&#171; Nous suivons un grand nombre de femmes hors h&#233;bergement. Dans ce cas, elles ont toutes un travail. Mais nous les accompagnons dans la r&#233;flexion. Le temps est dans ce cadre extr&#234;mement important. Et puis, comme pour les auteurs de violence, nous aidons les victimes &#224; s'interroger sur le &#171; comment &#187;. &#171; Comment en sont-elles arriv&#233;es l&#224; ? &#187; est une question essentielle pour qu'une d&#233;cision, soit de quitter le conjoint soit de rester, puisse &#234;tre prise en toute connaissance &#187;&lt;/i&gt;, assure R&#233;gine Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines sont rapidement orient&#233;es vers le service d'insertion sociale (SIS) qui fonde son action sur un projet d'h&#233;bergement. Pour ce faire, le SIS dispose sur place de 22 logements meubl&#233;s ouvrant droit &#224; l'APL mais loue &#233;galement une trentaine d'appartements aupr&#232;s d'organismes HLM.&lt;i&gt; &#171; Mais attention, il ne s'agit absolument pas d'une fili&#232;re d'acc&#232;s au logement. Les dossiers des personnes soutenues par l'Asfad sont &#233;tudi&#233;s en commission locale de l'habitat &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;viennent les responsables. L&#224; encore, la phase &#171; &#233;valuation-construction d'un projet &#187; se d&#233;roule les deux premiers mois. &#192; ce terme, un contrat de s&#233;jour est &#233;labor&#233;. &lt;i&gt;&#171; La loi du 2 janvier 2002 l'a rendu obligatoire mais nous le faisions d&#233;j&#224; avant : cela permet &#224; la personne de savoir o&#249; elle va &#187;&lt;/i&gt;, consid&#232;re Serge Marhic du service d'insertion sociale. Le plus souvent les personnes souhaitent prioritairement un logement, mais selon les travailleurs sociaux de l'Asfad, &lt;i&gt;&#171; cette demande cache souvent bien d'autres choses &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Rennes et dans toute l'agglom&#233;ration o&#249; la crise de l'immobilier est extr&#234;mement aigu&#235;, trouver un logement reste une gageure. &lt;i&gt;&#171; La commission locale de l'habitat nous en attribue environ un par mois mais c'est loin de r&#233;pondre &#224; nos besoins &#187;&lt;/i&gt;, regrette Serge Marhic.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis tr&#232;s longtemps l'Asfad travaille avec des baux glissants : pour d&#233;marrer la location, l'association signe le bail avec l'organisme HLM. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis progressivement, une fois que la personne est bien ancr&#233;e dans un processus de stabilisation et d'autonomie, l'appartement passe &#224; son nom. &lt;i&gt;&#171; Ce dispositif fonctionne plut&#244;t bien. M&#234;me si certaines d'entre elles h&#233;sitent fortement quand il faut franchir le pas de l'autonomie &#187;, constate Michel J&#233;z&#233;quel. Peut-&#234;tre parce que l'occupation d'un logement de fa&#231;on ind&#233;pendante signifie la fin de la prise en charge par le service d'insertion sociale. &#171; Nous le leur signalons par lettre mais elles peuvent toujours avoir acc&#232;s au service d'&#233;coute et d'accompagnement &#187;&lt;/i&gt;, mod&#232;re Serge Marhic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail sur le long terme a toujours eu la pr&#233;f&#233;rence d'une association comme l'Asfad. &#192; telle enseigne que si l'&#233;loignement du domicile de l'auteur de violence pr&#233;vu dans la loi Perben de janvier 2005 appara&#238;t &#224; cette &#233;quipe comme une bonne mesure, elle craint n&#233;anmoins qu'&#171; il ne r&#232;gle pas tout &#187;. &lt;i&gt;&#171; Il ne faut pas d&#233;connecter le traitement des violences conjugales de l'h&#233;bergement. C'est pr&#233;cis&#233;ment parce que nous accueillons les victimes que nous avons acc&#232;s &#224; elles mais aussi &#8212; dans une moindre mesure &#8212; aux conjoints violents &#187;&lt;/i&gt;, rappelle Michel J&#233;z&#233;quel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, l'Asfad r&#233;fl&#233;chit actuellement &#224; la mise en place d'une antenne ambulatoire m&#234;lant des travailleurs sociaux du SEA et de Dyade. Un tel service pourrait s'installer dans les services de police, les instances de la justice, les cdas (Centres d&#233;partementaux d'action sociale) mais aussi au domicile des personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nathalie Bougeard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;decine l&#233;gale, un service au c&#339;ur de la complexit&#233; humaine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Difficile pour une femme d'avouer que son bourreau est l'homme qu'elle aime. En venant faire expertiser ses blessures elle brise le silence et accomplit un premier pas vers le lib&#233;ration.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au deuxi&#232;me sous-sol de l'h&#244;pital Rangueil de Toulouse, dans la salle d'attente de la consultation coups et blessures, une jeune femme, la jambe dans le pl&#226;tre, attend la psychologue. Un homme d'une cinquantaine d'ann&#233;es, la t&#234;te &#224; moiti&#233; enfouie dans le col de son pull-over, a rendez-vous avec la conseill&#232;re juridique. Comme eux, chaque ann&#233;e, environ 3500 victimes de violences volontaires, dont un quart de violences conjugales, sont examin&#233;es dans ce service. Il regroupe une vingtaine de personnes, des m&#233;decins et des infirmi&#232;res, ainsi qu'une psychologue et une conseill&#232;re juridique du service d'aide aux victimes et d'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre-Andr&#233; Delpla est m&#233;decin l&#233;giste et vice-pr&#233;sident du conseil de l'Ordre de la Haute-Garonne : &lt;i&gt;&#171; Il faut savoir que nous n'avons acc&#232;s qu'&#224; la partie &#233;merg&#233;e de l'iceberg. Il y a encore beaucoup de femmes violent&#233;es qui ne le signalent pas, en effet ce n'est pas parce que leur conjoint les bat qu'elles cessent de l'aimer &lt;/i&gt; &#187;, explique-t-il. Difficile de briser la sph&#232;re de l'intime, d'avouer qu'on souffre de violence au sein de son propre couple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les victimes sont souvent dans une grande ambivalence quand elles viennent rencontrer un m&#233;decin l&#233;giste, elles font constater leurs blessures mais ne sont pas pr&#234;tes &#224; enclencher une proc&#233;dure judiciaire. &lt;i&gt;&#171; Quand elles viennent en consultation, elles subissent la violence depuis longtemps. Les premi&#232;res fois en g&#233;n&#233;ral, elles ne disent rien, esp&#232;rent que &#231;a va s'arr&#234;ter, laissent une derni&#232;re chance au conjoint. Puis un jour c'est le coup de trop&#8230; Le fait que les enfants assistent &#224; la sc&#232;ne est &#233;galement un facteur d&#233;clenchant, &#231;a, elles ne l'acceptent pas &#187;&lt;/i&gt;, ajoute la juriste du service, Colette Pauwels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institution judiciaire fait peur, elle donne l'impression d'un rouleau compresseur qui se met en branle brutalement et que rien n'arr&#234;te : &lt;i&gt;&#171; Mon r&#244;le est d'accompagner les victimes, les informer sur leurs droits et les orienter. Je les aide &#224; lever leurs r&#233;ticences vis-&#224;-vis de l'institution &#187;, &lt;/i&gt; pr&#233;cise-t-elle. En 2004, elle a rencontr&#233; 315 femmes victimes de violences conjugales, mais aussi 25 hommes. Pour la moiti&#233; d'entre eux environ, il s'agit d'hommes venus faire constater leurs blessures contract&#233;es lors d'un &#233;change de coups avec leur femme. Pour les autres, il s'agit simplement d'hommes battus. Pierre-Andr&#233; Delpla confirme : &lt;i&gt;&#171; Chaque ann&#233;e j'examine entre 5 % et 8 % d'hommes. C'est difficile pour eux d'avouer qu'ils sont victimes de violence, narcissiquement, ils ne sont pas pr&#234;ts &#224; le reconna&#238;tre. Dans son statut, l'homme est celui qui doit faire r&#233;gner l'autorit&#233; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes qui font preuve de violence physique envers leur mari sont rares. Dans les conflits, elles utilisent parfois des armes plus subtiles relevant de la violence psychologique. Certaines, par exemple, rabaissent syst&#233;matiquement leur conjoint ou le m&#233;prisent devant autrui. D'autres, plus manipulatrices, essaient de soustraire les enfants aux p&#232;res, voire les accusent abusivement d'attouchements sexuels&#8230; ou pire, poussent les enfants &#226;g&#233;s de deux ou trois ans &#224; peine, &#224; faire de fausses d&#233;clarations. Et &#231;a marche, parfois certains dossiers ne reposent au d&#233;part que sur un seul t&#233;moignage de ce type.&lt;i&gt; &#171; C'est pourquoi, je recommande aux m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes qui sont &#233;galement les m&#233;decins de famille de ne pas aller trop vite dans ces situations, m&#234;me si dans certains cas il faut &#234;tre rapide, ils doivent prendre le temps de la v&#233;rification. Ils ne doivent pas remettre un certificat &#224; la m&#232;re sur le seul t&#233;moignage de l'enfant &#187;&lt;/i&gt;, insiste-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, il arrive parfois que des femmes battues se rendent au service de m&#233;decine l&#233;gale sans traces de coups. &lt;i&gt;&#171; On n'a pas toujours besoin de voir des traces pour &#233;tablir un certificat, il n'y a qu'&#224; observer la fa&#231;on dont la victime parle et la souffrance psychique dont elle fait &#233;tat pour en &#234;tre persuad&#233;. Aujourd'hui la justice &#233;coute de plus en plus la parole de la victime &#187;&lt;/i&gt; reconna&#238;t Pierre-Andr&#233; Delpla, tout en ajoutant :&lt;i&gt; &#171; La violence physique c'est comme une drogue autant pour celui qui en est l'auteur que pour la victime. Inconsciemment, cette derni&#232;re, qui redoute tant les coups, va reproduire malgr&#233; elle des situations susceptibles de d&#233;clencher la violence de son conjoint &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence physique c'est l'&#233;chec de la parole, et contrairement &#224; quelques lieux communs, elle n'est pas l'apanage des populations d&#233;favoris&#233;es. Il y a des hommes extr&#234;mement bien en vue, qui jouissent d'une bonne situation, brillants en soci&#233;t&#233; mais qui chez eux se comportent en tyrans domestiques. &lt;i&gt;&#171; En g&#233;n&#233;ral, ces hommes sont narcissiquement d&#233;faillants. Ils ont besoin d'appara&#238;tre comme des s&#233;ducteurs et quand ils sont d&#233;pourvus d'arguments ils ne savent pas taire leur force. On a beaucoup d'indulgence pour les crimes passionnels, moi je n'en ai pas ! On a beau &#234;tre tr&#232;s malheureux, &#231;a n'excuse rien. Ces hommes sont immatures, ils pensent que leur femme leur appartient. Aimer, c'est aimer l'autre pour ce qu'il est. Trop de couples fonctionnent sur une illusion&#8230; &#187;&lt;/i&gt; conclut-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monique Castro&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La souffrance de l'enfant t&#233;moin de violences conjugales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les r&#233;percussions des violences conjugales sur l'enfant ? Quelles mesures d'accompagnement et de pr&#233;vention adopter ? R&#233;ponses d'Anne Bretonni&#232;re-Fraysse, psychologue dans un centre de sant&#233; et conseill&#232;re conjugale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En France, une femme sur dix est victime de violences conjugales. Quelles sont les r&#233;percussions sur l'enfant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violences conjugales ont des cons&#233;quences directes et indirectes sur le d&#233;veloppement de l'enfant. Directes parce que la m&#232;re qui les subit est perturb&#233;e, moins disponible pour l'enfant, ce qui entra&#238;ne parfois des carences affectives, voire des n&#233;gligences &#233;ducatives. Il arrive aussi que l'enfant soit utilis&#233; comme &#171; bouclier &#187; par le parent agress&#233; pour se prot&#233;ger et par le parent agresseur pour provoquer. Des cons&#233;quences indirectes : l'enfant se trouve contraint de choisir entre ses deux parents, situation insupportable puisqu'il les aime tous les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la violence arrive soudainement, entra&#238;nant stress et ins&#233;curit&#233; chez l'enfant qui devient m&#233;fiant vis-&#224;-vis des adultes et de ses propres sentiments. L'amour lui est pr&#233;sent&#233; de mani&#232;re passionnelle et contradictoire - des coups suivis de r&#233;conciliations -, cette situation paroxystique lui donne l'impression que contr&#244;ler ses sentiments est impossible. Il peut adopter au fil du temps une attitude de froideur, de retrait dans sa vie familiale et sociale &#224; moins de devenir lui-m&#234;me auteur de violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les violences peuvent &#234;tre psychologiques. Qu'entra&#238;nent-elles pour l'enfant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les parents constituent les piliers qui permettent &#224; l'enfant de se construire, il s'identifie autant &#224; sa m&#232;re qu'&#224; son p&#232;re et surtout &#224; la relation qui existe entre ses parents. Si l'un des deux &#8211; la violence peut venir du p&#232;re comme de la m&#232;re &#8211; est en position de faiblesse, cette construction identificatoire est fragilis&#233;e et l'enfant aura une mauvaise image de lui-m&#234;me. Voir un parent disqualifier son conjoint est traumatisant, l'enfant peut m&#233;priser le parent humili&#233; ou a contrario vouloir le consoler, r&#233;parer les blessures inflig&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence entre ses parents peut aussi le culpabiliser car plus l'enfant est jeune, plus il croit que le monde tourne autour de lui. Il se pense alors responsable de la violence conjugale, persuad&#233; de ne pas &#234;tre l'enfant dont ses parents r&#234;vaient. Il se consid&#232;re comme &#171; mauvais &#187;, se met en situation d'&#233;chec, a des troubles du comportement ou encore attire les foudres du parent violent sur lui pour prot&#233;ger celui qui est agress&#233;. Se consid&#233;rant comme &#171; mauvais &#187;, il estime que c'est lui qui m&#233;rite d'&#234;tre puni. Enfin, il peut aussi agresser ses fr&#232;res et s&#339;urs ou ses camarades d'&#233;cole, justifiant ainsi inconsciemment le parent violent : &#171; Il n'est pas si m&#233;chant puisque je fais la m&#234;me chose que lui &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-il fr&#233;quent que les enfants t&#233;moins de violences conjugales subissent eux-m&#234;mes des violences ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile d'avancer un chiffre pr&#233;cis puisque l'enfant, sans &#234;tre t&#233;moin direct des violences conjugales, peut les entendre &#224; travers une cloison et s'impr&#233;gner des tensions familiales, les absorbant comme une &#233;ponge. Malheureusement, il risque de reproduire la violence dans le couple qu'il constituera lorsqu'il sera adulte, en position de victime ou d'acteur. Ses parents ne lui donnant pas un mod&#232;le de couple capable de g&#233;rer le conflit par la parole, le compromis, la distanciation, il int&#233;riorise le syst&#232;me violence-amour comme indissociable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une femme qui subit des violences conjugales sera-t-elle plus facilement violente vis-&#224;-vis de ses enfants ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, ce n'est bien &#233;videmment pas automatique et d&#233;pend de l'histoire de chacune. Il peut arriver qu'une femme battue ressente de l'agressivit&#233; envers son fils qui repr&#233;sente pour elle l'image du conjoint. Exer&#231;ant un d&#233;placement, elle sera alors violente avec l'enfant. Mais la m&#232;re peut aussi attendre qu'il la console et la comble affectivement. L'emp&#234;chant de prendre son autonomie, elle constitue de mani&#232;re indirecte une violence faite &#224; la libert&#233; de l'enfant contraint de rester aupr&#232;s de sa m&#232;re d&#233;prim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La violence conjugale augmente-t-elle dans certaines p&#233;riodes de la vie du couple ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en effet des moments de vuln&#233;rabilit&#233; qui peuvent favoriser le passage &#224; l'acte violent, en particulier pendant la grossesse et &#224; la naissance du premier enfant. Parfois l'homme se sent exclu de la relation fusionnelle entre la m&#232;re et l'enfant et devient violent. Les questions &#233;ducatives entra&#238;nent &#233;galement de nombreux conflits (repas, couchage, t&#233;l&#233;&#8230;). Chaque parent, &#224; travers les r&#232;gles &#233;ducatives, d&#233;fend sa culture familiale. Il s'ensuit un conflit conjugal qui peut conduire &#224; la violence pour imposer ses r&#232;gles &#233;ducatives ou religieuses. L'entr&#233;e de l'enfant dans l'adolescence est aussi un moment qui fragilise le couple, r&#233;active des conflits anciens notamment autour de la sexualit&#233; naissante de l'adolescent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la violence peut surgir lorsque l'un des conjoints s'&#233;mancipe, mettant en p&#233;ril l'&#233;quilibre du couple, surtout s'il &#233;tait auparavant sous l'emprise du partenaire. Le conflit est normal au sein d'un couple sans pour autant qu'il y ait violence physique ou psychologique. Lorsqu'il y a volont&#233; de d&#233;truire l'autre et refus de l'alt&#233;rit&#233;, alors il y a urgence &#224; r&#233;gler le probl&#232;me. Les adultes qui se retrouvent dans un sch&#233;ma de violence conjugale ont souvent &#233;t&#233; t&#233;moins de violence &#8211; agie ou verbale - chez leurs propres parents pendant leur enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment rep&#233;rer qu'un enfant assiste &#224; des violences conjugales ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un probl&#232;me d&#233;licat qui suppose prudence, &#233;coute vigilante et patiente. L'enfant n'en parle pas spontan&#233;ment mais plusieurs signaux peuvent nous alerter. Si un enfant tr&#232;s petit a un comportement violent, on peut s'interroger sur les raisons qui l'am&#232;nent &#224; mettre en sc&#232;ne cette violence. Contrairement aux id&#233;es re&#231;ues, la violence n'est pas inn&#233;e. Si l'enfant la met en sc&#232;ne, c'est qu'il en est la premi&#232;re victime ou qu'il essaye d'ext&#233;rioriser un &#233;v&#233;nement traumatisant dont il a &#233;t&#233; t&#233;moin. On peut &#233;galement s'inqui&#233;ter devant un enfant tr&#232;s froid affectivement, tr&#232;s en retrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise de risques &#224; l'adolescence constitue parfois un signal. Un adolescent peut par exemple devenir toxicomane pour d&#233;placer le sympt&#244;me sur lui et permettre ainsi &#224; ses parents de cesser de se battre pour s'occuper de lui. Dans ma pratique, je vois des jeunes filles qui se mettent en danger pour soulager leur m&#232;re, allant jusqu'&#224; attirer inconsciemment sur elles la violence du p&#232;re parfois jusqu'au passage &#224; l'acte incestueux. On ne peut jamais s&#233;parer le comportement d'un enfant ou d'un adolescent de l'environnement familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles mesures de pr&#233;vention pr&#233;conisez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'abord d'une pr&#233;vention pr&#233;coce, avec un travail d'accompagnement aupr&#232;s des jeunes parents par le personnel de la maternit&#233;, l'arriv&#233;e d'un enfant &#233;tant toujours un moment d&#233;licat m&#234;me s'il n'y a pas de violence. &#192; l'&#233;cole, il serait judicieux d'apprendre aux enseignants la gestion des conflits pour &#233;viter de r&#233;p&#233;ter la violence en famille. Dans les centres sociaux ou les lieux de loisirs on pourrait apprendre aux enfants et adolescents &#224; r&#233;fl&#233;chir sur la sexualit&#233;, la gestion de leurs &#233;motions, &#224; accepter les &#233;motions de l'autre. Enfin, nous savons que les parents qui b&#233;n&#233;ficient de groupes de paroles o&#249; s'expriment les difficult&#233;s rencontr&#233;es avec leurs enfants ou leur conjoint sont moins sujets &#224; la violence conjugale ou familiale, ces lieux de parole repr&#233;sentant un d&#233;gagement possible pour l'angoisse et l'agressivit&#233;, une possibilit&#233; de soutien et d'entraide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que constatez-vous dans votre pratique de conseill&#232;re conjugale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence conjugale rev&#234;t de nombreuses facettes. Il s'agit par exemple d'un mari qui a un enfant avec une autre femme et en informe son &#233;pouse seulement des ann&#233;es plus tard, lui infligeant une violence psychologique consid&#233;rable. Mon travail consiste alors &#224; accompagner les couples en souffrance pour transformer la violence physique ou psychologique en conflit, c'est-&#224;-dire en verbalisation des diff&#233;rences et des oppositions. Le conflit fait partie de la nature humaine puisqu'il t&#233;moigne de la diff&#233;rence des &#234;tres. Il est aussi la cons&#233;quence des in&#233;vitables frustrations que g&#233;n&#232;re la vie &#224; deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux couples ont un id&#233;al de vie commune si exigeant qu'ils ne supportent aucun conflit. Pour d'autres, l'illusion amoureuse les conduit &#224; croire qu'ils sont tout pour leur conjoint. En voulant combler l'autre totalement, ils l'&#233;touffent. Le d&#233;calage entre r&#234;ve et r&#233;alit&#233; peut conduire &#224; des violences importantes. Pour aider l'enfant ou l'adolescent t&#233;moin de violences conjugales, il est n&#233;cessaire d'accompagner l'ensemble de la famille. J'ai re&#231;u une jeune fille anorexique qui n'accepte pas son corps de femme car elle associe la sexualit&#233; f&#233;minine &#224; la violence subie par sa m&#232;re. Lorsque nous &#233;coutons des enfants t&#233;moins de violences conjugales, il est important de ne pas diaboliser les parents, mais plut&#244;t d'essayer de comprendre de quelle histoire familiale ils sont prisonniers. Cela ne signifie pas minimiser la gravit&#233; des faits car tout acte violent doit &#234;tre puni. La punition d&#233;pend de la justice, le psychologue lui est au service de la souffrance de ses patients. C'est leur rendre service que de croire qu'ils sont plus que leurs actes violents, plus que des victimes ou des bourreaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Katia Rouff&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Violence conjugale et protection de l'enfance : dilemme en polyvalence&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De par la nature m&#234;me de sa position de proximit&#233;, une assistante sociale de polyvalence est r&#233;guli&#232;rement le premier maillon du traitement des situations de violence conjugale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme &#8212; une d&#233;marche masculine est rare dans ce domaine &#8212; vient confier l'enfer au quotidien. Au bout du rouleau, cass&#233;e, elle n'envisage qu'une issue, la s&#233;paration : la situation est trop explosive pour qu'&#224; ce stade une m&#233;diation soit envisageable. Elle vit la peur, la soumission, l'isolement, elle se sent nulle au point que toute d&#233;marche lui para&#238;t au-del&#224; de ses capacit&#233;s. Sa terreur est palpable, mais pour autant elle garde une ambivalence certaine &#224; l'&#233;gard de &#171; son homme &#187;, p&#232;re ou non des enfants. Tous ces facteurs feront que sa d&#233;termination va souvent vaciller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant il n'y a pas photo : le danger est bien l&#224;. Et au-del&#224; de la probl&#233;matique annonc&#233;e de violence conjugale se tapit, &#224; n'en pas douter, celle de l'enfance en danger. Car l&#224; o&#249; s&#233;vit la violence conjugale, l'enfant court un danger. Le dilemme &#171; qui aider, qui prot&#233;ger ? &#187; est donc ici plus que jamais au c&#339;ur de l'action du travailleur social et plusieurs points n&#233;vralgiques &#233;maillent cette action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord le fait que la femme, habitu&#233;e &#224; &#171; encaisser &#187;, poss&#232;de un seuil de tol&#233;rance tel que bien souvent elle n'a pas pris la mesure du danger encouru par les enfants, ou pas pu le voir. Donc cette femme qui, en d&#233;pit d'un total d&#233;sarroi, vient de franchir le pas - elle appelle &#224; l'aide et on sait le prix qu'il faut accorder &#224; cela -, il va falloir l'amener &#224; prendre conscience de ce danger et la responsabiliser dans la mise en place de moyens pour prot&#233;ger et aider les enfants. Faute de quoi la proc&#233;dure vers le juge des enfants devra &#234;tre mise en route, l'indication d'un &#233;ventuel placement se devant d'&#234;tre pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se trouve ainsi dans la situation d'avoir &#224; soutenir dans sa d&#233;marche de s&#233;paration une femme compl&#232;tement paum&#233;e et de devoir en plus charger le baudet d'une obligation de protection des enfants. Il est vrai qu'ayant malgr&#233; tout confus&#233;ment conscience de cet aspect du probl&#232;me - elle sait que ses enfants sont au moins malheureux -, elle ne tombe pas compl&#232;tement des nues. Et le fait qu'elle se pose pour r&#233;fl&#233;chir, qu'elle se sente soutenue, lui permet de se &#171; reprendre &#187;, de regarder la v&#233;rit&#233; en face et de r&#233;aliser que si elle ne bouge pas elle &#171; perd ses enfants &#187;. Non pas uniquement au sens o&#249; ils risquent d'&#234;tre plac&#233;s, mais parce qu'elle sait qu'en gardant le statu quo elle &#171; se grille envers eux &#187; : ils n'ont plus confiance en elle, elle se d&#233;valorise &#224; leurs yeux. Ainsi les enfants vont souvent constituer le levier de l'action de la m&#232;re. Ce qui n'est pas sans poser probl&#232;me : m&#234;me si c'est une marque d'amour de sa part, c'est aussi leur faire porter une bien lourde charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre point critique, le danger lui-m&#234;me : plus ou moins diffus, plus ou moins imminent, plus ou moins patent, les cas d'enfant victime directe de l'homme, coups, harc&#232;lement moral, n'&#233;tant pas syst&#233;matiques dans ce contexte. L'enfant n'est en effet g&#233;n&#233;ralement victime &#171; que &#187; par ricochet et ne court un risque &#171; que &#187; psychologique. Configuration requ&#233;rant une &#233;valuation que les services de polyvalence n'ont pas vraiment les moyens de mener (comp&#233;tence, temps) et qu'il est trop souvent impossible de faire entendre &#224; la justice, ses crit&#232;res de prise en compte du danger &#233;tant h&#233;las ce qu'ils sont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit, dans ce type de probl&#233;matiques crois&#233;es, l'accompagnement s'av&#232;re des plus acrobatiques : assurer le soutien &#224; la femme vers une incontournable prise en charge sp&#233;cialis&#233;e pour elle et les enfants, qui inclura l'homme si c'est opportun et possible. Tout en respectant son rythme et en sachant qu'elle peut ne pas bouger. &#201;valuer et caract&#233;riser en permanence le danger encouru par les enfants et les moyens mis ou non en place par la m&#232;re pour les prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout en sachant que, quoi qu'il en soit, s'il n'y a pas urgence d'un accueil provisoire, il faudra faire avec ce no man's land qui s'&#233;tend, voire s'&#233;tire, entre le moment o&#249; d&#233;marre le processus de protection et celui o&#249; il devient effectif. Et l&#224; il n'y a qu'&#224; croiser les doigts. Car, dans ces situations, un d&#233;rapage n'est jamais &#224; exclure tant les pathologies qui sous-tendent la violence de l'homme sont fr&#233;quemment lourdes, les incertitudes &#233;normes quant &#224; son comportement s'il vient &#224; deviner le projet de s&#233;paration. Quid des enfants si, d&#233;bord&#233; par sa souffrance, il s'en prend &#224; eux ? Quid des enfants s'ils s'interposent pour prot&#233;ger leur m&#232;re et re&#231;oivent un mauvais coup ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Myl&#232;ne B&#233;line&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;CHRS Le Touril - 8 rue de la Hache - 31000 Toulouse. T&#233;l. 05 62 26 84 00&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Asfad (Association pour l'action sociale et la formation &#224; l'autonomie et au devenir). T&#233;l. 02 99 59 60 01&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La tr&#232;s grande majorit&#233; des appels proviennent de femmes. En 2005, un homme (et ses enfants) a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une prise en charge par le SIS&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>L'&#338;dipe : le concept le plus crucial de la psychanalyse</title>
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		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
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&lt;p&gt;Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le complexe d'&#338;dipe sans jamais oser le demander se trouve s&#251;rement dans cet ouvrage. L'auteur fait &#339;uvre de p&#233;dagogie, d&#233;taillant d'une fa&#231;on tr&#232;s didactique le concept central de Freud. Il nous pr&#233;sente tout d'abord le sc&#233;nario du petit gar&#231;on. J'ai 4 ans. Je sens des excitations au niveau de mon p&#233;nis. Je me crois omni-puissant. Je d&#233;sire &#224; la fois poss&#233;der sexuellement mes parents, &#234;tre poss&#233;d&#233; par eux et supprimer mon p&#232;re. J'ai plaisir &#224; fantasmer mes (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le complexe d'&#338;dipe sans jamais oser le demander se trouve s&#251;rement dans cet ouvrage. L'auteur fait &#339;uvre de p&#233;dagogie, d&#233;taillant d'une fa&#231;on tr&#232;s didactique le concept central de Freud. Il nous pr&#233;sente tout d'abord le sc&#233;nario du petit gar&#231;on. J'ai 4 ans. Je sens des excitations au niveau de mon p&#233;nis. Je me crois omni-puissant. Je d&#233;sire &#224; la fois poss&#233;der sexuellement mes parents, &#234;tre poss&#233;d&#233; par eux et supprimer mon p&#232;re. J'ai plaisir &#224; fantasmer mes d&#233;sirs incestueux. Mon p&#232;re me menace de me punir en me ch&#226;trant. Angoiss&#233;, je pr&#233;f&#232;re renoncer &#224; d&#233;sirer mes parents et sauver mon p&#233;nis. J'oublie tout et fais mienne leur morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite fille, quant &#224; elle, n'est pas en reste ! J'ai 4 ans. Je sens des excitations au niveau de mon clitoris. Je me crois omni-puissant. Je d&#233;sire poss&#233;der ma m&#232;re. Mais je m'aper&#231;ois que je n'ai pas de phallus et j'en souffre. Je me tourne vers mon p&#232;re pour qu'il me le donne. Je veux &#234;tre sa pr&#233;f&#233;r&#233;e. Je veux qu'il me poss&#232;de. Celui-ci refuse. Je deviens femme et me tourne vers un autre homme. Je d&#233;couvre mon sexe et le d&#233;sir de porter un enfant de mon compagnon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sc&#233;narios d&#233;crits ici, s'ils n'avaient pas &#233;t&#233; banalis&#233;s depuis des d&#233;cennies, pourraient appara&#238;tre comme totalement chim&#233;riques et abracadabrantesques. L'auteur nous le confirme : &#171; Le fantasme &#339;dipien est une hypoth&#232;se, une construction de l'esprit [&#8230;]. En fait, l'&#338;dipe n'est pas toujours un ph&#233;nom&#232;ne observable ni une hypoth&#232;se v&#233;rifiable. La psychanalyse n'est pas une science du comportement. Non. Il faut prendre l'&#338;dipe comme un sch&#233;ma th&#233;orique efficace ayant un impact ind&#233;niable dans la vie affective d'un individu et dans notre culture. C'est &#224; proprement parler un fantasme et un mythe &#187; (p.111). Cette figure permet aux th&#233;rapeutes psychanalystes d'identifier les origines des troubles psychiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souffrance d'un n&#233;vros&#233; s'explique par son besoin de r&#233;p&#233;ter compulsivement la m&#234;me situation dans laquelle il a subi l'impact d'une angoisse traumatique survenue en pleine p&#233;riode de l'&#338;dipe. Les phobies ? Elles proviennent de l'abandon r&#233;el ou imaginaire qui frappe l'enfant d'une immense d&#233;tresse. Les obsessions ? Elles sont le produit du fantasme de maltraitance ou d'humiliation. L'hyst&#233;rie ? Elle est l'aboutissement de l'intense et suffocant plaisir ressenti &#224; la suite d'un contact trop sensuel avec un adulte. La phobie ? C'est le r&#233;sultat de la projection de l'angoisse de castration sur le monde ext&#233;rieur. L'important est et reste de prendre conscience que &#171; nos conflits quotidiens proviennent du fait qu'au sein de nos sentiments les plus nobles et les plus chastes &#224; l'&#233;gard de ceux que nous aimons, s'agitent nos d&#233;sirs sexuels incestueux &#187; (p.139).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que cet &#233;chafaudage conceptuel permette &#224; certains de mieux vivre, nous voulons bien le croire. M&#234;me si bien d'autres &#233;coles psychologiques, partant de postulats diff&#233;rents, y arrivent tout autant. Mais qu'il puisse pr&#233;tendre &#233;tablir scientifiquement ce qu'est le fonctionnement psychique humain est d&#233;j&#224; bien plus al&#233;atoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Payot, (230 p. ; 16 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La psychanalyse peut-elle gu&#233;rir ?</title>
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		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#171; La gu&#233;rison advient par surcro&#238;t &#187;, affirmait Jacques Lacan. La psychanalyse se d&#233;sint&#233;resserait-elle donc de la r&#233;solution des souffrances de ses patients ? Ce petit opuscule vient r&#233;pondre avec pertinence &#224; ce questionnement, en commen&#231;ant par distinguer ce qui rel&#232;ve des angoisses consubstantielles de notre nature humaine et ce qui peut &#234;tre soign&#233;. Peut-on vraiment en finir avec son incompl&#233;tude, son manque et son d&#233;sir ? Ce n'est pas vivre que de vivre sans souffrance : il restera toujours une (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L86xH150/arton1114-1e282.jpg?1693571124' width='86' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La gu&#233;rison advient par surcro&#238;t &#187;&lt;/i&gt;, affirmait Jacques Lacan. La psychanalyse se d&#233;sint&#233;resserait-elle donc de la r&#233;solution des souffrances de ses patients ? Ce petit opuscule vient r&#233;pondre avec pertinence &#224; ce questionnement, en commen&#231;ant par distinguer ce qui rel&#232;ve des angoisses consubstantielles de notre nature humaine et ce qui peut &#234;tre soign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on vraiment en finir avec son incompl&#233;tude, son manque et son d&#233;sir ? Ce n'est pas vivre que de vivre sans souffrance : il restera toujours une souffrance irr&#233;ductible inh&#233;rente &#224; la vie qui non seulement restera &#224; jamais intraitable, mais qui constitue l'essence de notre condition humaine. Ce que peut apporter la cure psychanalytique, c'est essentiellement de permettre de modifier l'attitude adopt&#233;e vis-&#224;-vis de cette souffrance. Si le patient en identifie la source, il peut r&#233;ussir &#224; mieux vivre avec elle. Gu&#233;rir de son angoisse reviendrait finalement &#224; r&#233;ussir &#224; vivre avec elle, sans angoisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'elle est r&#233;ussie, la psychanalyse am&#232;ne le patient &#224; conqu&#233;rir une nouvelle facult&#233; psychique : celle de percevoir &#224; l'int&#233;rieur de lui-m&#234;me la cause inconnue des difficult&#233;s qui l'assaillent. Progressivement se d&#233;veloppent en lui une intelligence du dedans et une intuition int&#233;rieure qui lui permettent de g&#233;rer les crises de l'existence. Mieux se conna&#238;tre et s'accepter permet aussi de cultiver, au-del&#224; de soi, la capacit&#233; de d&#233;couvrir l'autre et d'appr&#233;cier la beaut&#233; de la vie, de profiter tant des grandes que des petites choses de l'existence. On comprend mieux alors que la gu&#233;rison soit per&#231;ue comme un b&#233;n&#233;fice annexe, l'essentiel &#233;tant dans l'&#233;mergence de la part inconsciente qui mine le sujet, non sous la forme d'un saut intellectuel qui irait de l'ignorance au savoir, mais de la r&#233;surgence d'une &#233;motion douloureuse et ignor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que les m&#233;canismes de r&#233;solution des sympt&#244;mes demeurent une &#233;nigme insondable : &#171; Nous ne savons pas quel est le ressort ultime de la gu&#233;rison &#187; (p.75). La psychanalyse ne se contente pas de fournir les moyens de mieux &#234;tre individuellement, elle constitue aussi une r&#233;f&#233;rence pour permettre &#224; la soci&#233;t&#233; d'aller mieux. Il y a trente ans, elle apparaissait comme une subversion capable de miner l'ordre social et familial en lib&#233;rant l'individu d'une culpabilit&#233; n&#233;vrotique et d'un surmoi &#233;touffant. Elle est devenue aujourd'hui la gardienne des limites, du rappel &#224; la loi et de la r&#233;f&#233;rence aux normes. Notre monde est submerg&#233; par la d&#233;mesure transgressive qui cherche &#224; noyer les fronti&#232;res ainsi que les rep&#232;res. La psychanalyse r&#233;siste aux tentations de tout autoriser, en pulv&#233;risant ainsi l'ordre symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est notre fa&#231;on d'&#234;tre ensemble et de faire soci&#233;t&#233;, c'est ce qui fait de nous des &#234;tres humains qui se trouvent au c&#339;ur de ce nouveau combat auquel les successeurs de Freud apportent une contribution indispensable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. de l'Atelier, 2005 (120 p. ; 10 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Que devient la question sociale ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Que-devient-la-question-sociale</link>
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&lt;p&gt;L'absence de statistiques concernant notre secteur et l'insuffisante prise en compte des besoins &#224; venir traversent deux rapports r&#233;cents : celui de l'Inspection g&#233;n&#233;rale des affaires sociales &#8212; qui pr&#233;conise aussi d'autres pratiques de travail social&#8230; &#8212;, et celui de la Cour des Comptes. La p&#233;nurie de dipl&#244;mes se fait sentir et la validation des acquis de l'exp&#233;rience peine &#224; se mettre en place, faute de moyens &lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; en d&#233;but d'ann&#233;e et intitul&#233; L'intervention sociale : un travail de proximit&#233;, le rapport (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'absence de statistiques concernant notre secteur et l'insuffisante prise en compte des besoins &#224; venir traversent deux rapports r&#233;cents : celui de l'Inspection g&#233;n&#233;rale des affaires sociales &#8212; qui pr&#233;conise aussi d'autres pratiques de travail social&#8230; &#8212;, et celui de la Cour des Comptes. La p&#233;nurie de dipl&#244;mes se fait sentir et la validation des acquis de l'exp&#233;rience peine &#224; se mettre en place, faute de moyens&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; en d&#233;but d'ann&#233;e et intitul&#233; L'intervention sociale : un travail de proximit&#233;, le rapport annuel de l'Inspection g&#233;n&#233;rale des affaires sociales (IGAS) &#233;voque le malaise des travailleurs sociaux et les lacunes de leur intervention aupr&#232;s des diff&#233;rents publics, principalement pour ce qui concerne les enfants maltrait&#233;s, les jeunes allocataires du RMI et les personnes isol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si &#171; les &#233;lus commencent vraiment &#224; s'int&#233;resser au travail social &#187;, une m&#233;connaissance globale du secteur &#8212; qualifi&#233; parfois de &#171; n&#233;buleuse &#187; ou de &#171; vaste mille-feuilles &#187;&#8230; &#8212; persiste. Les travailleurs sociaux (en premier lieu assistants sociaux, conseillers en &#233;conomie sociale et familiale, &#233;ducateurs) sont consid&#233;r&#233;s comme &#171; isol&#233;s et peu soutenus &#187;&#8230; Pourtant, la nouvelle phase de d&#233;centralisation (depuis le 1er janvier 2005, la r&#233;gion &#171; d&#233;finit et met en &#339;uvre la politique de formation des travailleurs sociaux &#187;), certains proc&#232;s retentissants en protection de l'enfance, de gravissimes incendies d'habitats pr&#233;caires et les &#233;meutes de novembre 2005 ont r&#233;cemment mis en lumi&#232;re les enjeux de l'action sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la d&#233;mographie des professions sociales m&#233;rite d'&#234;tre &#233;tudi&#233;e. Sont actuellement d&#233;nombr&#233;s 38 000 assistants sociaux, 93 000 &#233;ducateurs, 36 000 animateurs et 167 000 autres travailleurs sociaux : aides m&#233;dico-psychologiques, auxiliaires de vie sociale, techniciens de l'intervention sociale et familiale&#8230; Avec les assistantes maternelles (380 000) et les agents de d&#233;veloppement local, chefs de projet, ing&#233;nieurs sociaux, coordinateurs et charg&#233;s de missions divers, le total d&#233;passe 800 000&#8230; En France, note le rapport, les travailleurs sociaux sont d&#233;sign&#233;s comme tels par le minist&#232;re ; au Qu&#233;bec, ils sont reconnus comme tels par l'Ordre professionnel des travailleurs sociaux. Une piste &#224; suivre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'usager n'est pas encore reconnu comme acteur et coproducteur de l'intervention &#187;&lt;/i&gt;, constate encore l'IGAS, en ajoutant ironiquement : &lt;i&gt;&#171; Au regard des pr&#233;conisations europ&#233;ennes, force est de constater que la France ne se caract&#233;rise pas par une longue tradition de regroupement des usagers en association et de participation &#187;&lt;/i&gt;. L'Inspection g&#233;n&#233;rale recommande de partir &#171; des potentialit&#233;s plut&#244;t que des manques &#187; et de d&#233;velopper une approche plus globale et pr&#233;coce, en consid&#233;rant la personne dans son environnement et dans ses relations, plut&#244;t qu'en l'enfermant dans telle cat&#233;gorie fond&#233;e sur telle caract&#233;ristique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que l'avait &#233;tabli Michel Aut&#232;s voici quelques ann&#233;es, le travail social, rappelle l'&#233;crit, rel&#232;ve d'une triple g&#233;n&#233;alogie : suppl&#233;ance familiale, action &#233;ducative, &#233;ducation populaire. Mais l'approche doit aujourd'hui &#234;tre plus collective : &lt;i&gt;&#171; Le travail social communautaire est une technique d'intervention sociale fond&#233;e sur la mobilisation et la participation des citoyens pour r&#233;soudre leurs probl&#232;mes collectifs &#187;&lt;/i&gt;. Le d&#233;veloppement social local (DSL) doit &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;, mais aussi l'&#233;valuation des pratiques, dans un contexte de d&#233;cloisonnement du secteur : les instituts de formation sont invit&#233;s &#224; investir ces champs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La Cour des Comptes rel&#232;ve des besoins &#171; tr&#232;s importants &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La participation de l'&#201;tat dans l'intervention sociale est devenue tr&#232;s faible, &#233;tablit encore l'IGAS : en 2003, seulement 76 millions d'euros &#233;taient inscrits au budget de l'&#201;tat en cr&#233;dits d'intervention et de travail social, &#224; rapprocher des trois milliards de d&#233;penses de l'action sociale des caisses d'allocations familiales ou des quinze milliards de cr&#233;dits d'action sociale des d&#233;partements&#8230; &lt;i&gt;&#171; Il est n&#233;cessaire de d&#233;velopper les &#233;tudes &#233;conomiques et financi&#232;res sur les questions d'intervention sociale, de disposer d'ordres de grandeur robustes pour planifier l'action publique, notamment en termes de formation &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;conise le rapporteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, la Cour des Comptes consacre un chapitre important de son rapport annuel au r&#244;le de l'&#201;tat dans la formation des travailleurs sociaux &#224; l'heure de la d&#233;centralisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='L'intervention sociale : un travail de proximit&#233;, rapport IGAS 2005, et (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De fait, elle surligne le r&#244;le central de l'&#201;tat malgr&#233; les diff&#233;rentes &#233;tapes de la centralisation. Elle rel&#232;ve des besoins &#171; tr&#232;s importants &#187; de formation et un nombre de dipl&#244;mes &#171; encore insuffisant &#187; dans un contexte d'absence de pilotage, d'&#171; offre dispers&#233;e et insuffisamment connue &#187; : elle esp&#232;re que les &#171; plates-formes d'observation sociale &#187; install&#233;es dans les r&#233;gions pourront am&#233;liorer cet &#233;tat de fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il a augment&#233; d'environ 26 % entre 1999 et 2003, le nombre de dipl&#244;mes reste insuffisant, notamment pour les conseillers en &#233;conomie sociale et familiale (CESF) et dans le champ de la m&#233;diation familiale. La Cour d&#233;veloppe le &#171; cas sensible de l'aide &#224; domicile &#187; dont 80 % des professionnels ne sont pas dipl&#244;m&#233;s, d&#233;plorant un &#171; engagement fluctuant de l'&#201;tat &#187; dans ce secteur. Enfin, la mise en place de la validation des acquis de l'exp&#233;rience reste sous dimensionn&#233;e faute de moyens cons&#233;quents : la direction g&#233;n&#233;rale de l'action sociale devra probablement g&#233;rer 60 000 dossiers en 2006 (contre 5000 en 2003), tout cela &#171; en l'absence d'application informatique adapt&#233;e et de cr&#233;dits suffisants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq dipl&#244;mes seulement sont actuellement accessibles par la VAE, alors qu'il &#233;tait pr&#233;vu que tous les titres du travail social soient concern&#233;s &#224; la fin de l'ann&#233;e 2005 et que l'administration, visiblement, n'est pas &#171; en &#233;tat de faire face &#187; &#224; l'afflux des candidatures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/9782110060617/index.shtml&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;L'intervention sociale : un travail de proximit&#233;&lt;/a&gt;, rapport IGAS 2005, et &lt;a href=&#034;http://www.ccomptes.fr/Cour-des-comptes/publications/rapports/rp2005/travailleurs-sociaux.pdf&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Rapport annuel de la Cour des Comptes&lt;/a&gt;, La Documentation fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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