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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Comment conduire le changement dans le secteur socio-&#233;ducatif ? </title>
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		<title>Conduire le changement dans le secteur socio-&#233;ducatif</title>
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&lt;p&gt;Le monde se transforme et il faut &#233;voluer avec lui. Mais changer ne prouve rien en soi. Encore faut-il savoir pourquoi et comment on change. Exemple &#224; travers deux institutions &lt;br class='autobr' /&gt;
Toute tentative de modification dans l'organisation du travail provoque in&#233;vitablement des ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;sistance au changement : inertie face aux propositions d'&#233;volution, refus de modifier son syst&#232;me de pens&#233;e ou de repr&#233;sentation, blocage dans la mise en application des transformations d&#233;cid&#233;es&#8230; &#192; ce r&#233;flexe se rajoutent (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le monde se transforme et il faut &#233;voluer avec lui. Mais changer ne prouve rien en soi. Encore faut-il savoir pourquoi et comment on change. Exemple &#224; travers deux institutions&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toute tentative de modification dans l'organisation du travail provoque in&#233;vitablement des ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;sistance au changement : inertie face aux propositions d'&#233;volution, refus de modifier son syst&#232;me de pens&#233;e ou de repr&#233;sentation, blocage dans la mise en application des transformations d&#233;cid&#233;es&#8230; &#192; ce r&#233;flexe se rajoutent un certain nombre d'autres caract&#233;ristiques propres au secteur socio-&#233;ducatif : une culture professionnelle de rapport de force faite d'opposition et de suspicion, une h&#233;sitation parfois face aux risques inh&#233;rents au mythe du risque-z&#233;ro, sans oublier l'inertie institutionnelle qui freine les prises d'initiative ou le corporatisme qui am&#232;ne &#224; se m&#233;fier des autres professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, si les r&#233;flexes face au changement sont parfois conservateurs, les &#233;volutions propos&#233;es ne sont pas par essence, ni salutaires, ni profitables. Ainsi, l'utilisation de concept telle la rationalisation des co&#251;ts budg&#233;taires ou l'&#233;vocation d'une &#233;valuation permettant d'identifier la rentabilit&#233; des dispositifs sociaux ont pu faire craindre un alignement sur des modes de fonctionnement de type lib&#233;ral, voire une ouverture du social au secteur priv&#233;. On assiste par exemple &#224; une tentative d'application au travail social de la d&#233;composition taylorienne du travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='R. Bertaux, Y. Schleret et S. Bernardi dans &#171; Les mutations du travail (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, certains managers du social semblent vouloir s'inspirer d'un tel mod&#232;le : d&#233;coupage de l'action des professionnels en contenus et t&#226;ches pr&#233;d&#233;finis (accueil/diagnostic/intervention), sp&#233;cialisations des interventions (sp&#233;cialistes du logement/sp&#233;cialiste de l'insertion/sp&#233;cialiste de l'aide financi&#232;re&#8230;), hi&#233;rarchisation entre la conception et l'ex&#233;cution (les t&#226;ches &#233;l&#233;mentaires &#233;tant confi&#233;es &#224; des personnels moins form&#233;s, les t&#226;ches d'organisation devenant le monopole des &#233;tats-majors compos&#233;s de cadres et d'experts). Dans une telle configuration, l'intervenant social se d&#233;finirait non pas &#224; partir d'un m&#233;tier et d'un savoir-faire, mais en fonction de sa capacit&#233; &#224; trouver sa place &#224; l'int&#233;rieur d'une organisation technique et d'un syst&#232;me de postes et de r&#244;les dont il constituerait un rouage finalis&#233;. On lui demanderait alors de d&#233;crypter les informations re&#231;ues et d'y r&#233;pondre par un certain nombre de proc&#233;dures d&#233;finies &#224; l'avance et en dehors de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre d&#233;rive, l&#224; aussi li&#233;e &#224; la volont&#233; de s'inspirer du mod&#232;le lib&#233;ral et de limiter le social &#224; la vision d'un march&#233; qui relierait un prestataire &#224; un client : consid&#233;rer l'usager comme un simple consommateur dont il faut contenter l'exigence imm&#233;diate. Telle est bien l&#224; la conception que nous propose un certain nombre de grands groupes industriels qui lorgnent d&#233;j&#224; sur le secteur du service aux personnes et de l'intervention aupr&#232;s des personnes &#226;g&#233;es. Il est donc l&#233;gitime que les professionnels du social s'interrogent sur la nature de l'&#233;volution qu'on veut leur faire emprunter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, si le bouleversement des pratiques d'une institution provoque toujours dans son personnel inqui&#233;tude et m&#233;fiance on ne peut exclusivement placer ces r&#233;actions du c&#244;t&#233; du refus d'&#233;voluer ou de d&#233;fenses corporatistes : une direction d'une structure d'action sociale peut se pr&#233;senter comme, avant tout, anim&#233;e d'un vrai d&#233;sir de mieux faire correspondre l'offre de service aux besoins des usagers, mais elle peut aussi avoir comme dessein d'adopter les m&#233;thodes du secteur priv&#233;. Le changement n'est donc, en lui-m&#234;me, ni un progr&#232;s, ni une r&#233;gression. Tout d&#233;pend ce qu'il propose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En illustration de ces difficult&#233;s sur le changement, nous sommes all&#233;s rendre visite &#224; deux institutions intervenant dans le secteur de l'enfance en danger, qui vivent depuis quelques ann&#233;es une r&#233;organisation compl&#232;te de leur fonctionnement. &#192; leur t&#234;te deux directeurs g&#233;n&#233;raux, nomm&#233;s pour accompagner ces profondes mutations. Chacun d'entre eux a choisi un axe d'intervention dans la men&#233;e du changement : le consensus pour l'un, le paradoxe pour l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Premier exemple&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'association d&#233;partementale de sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence de Loire-Atlantique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation de l'association d&#233;partementale de sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence remonte &#224; 1888. Cette vieille dame a d&#233;cid&#233;, au milieu des ann&#233;es 1990, de se refaire une beaut&#233;, en essayant d'adapter son action aux nouvelles exigences de la protection de l'enfance. Forte de six internats et d'un service de placement familial accueillant au total 450 mineurs et jeunes majeurs encadr&#233;s par 130 professionnels et 200 familles d'accueil, elle a fait le choix de se r&#233;organiser autour d'une territorialisation en quatre secteurs (nord, sud, est, ouest).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit alors de passer de sept structures relativement ind&#233;pendantes les unes des autres, &#224; quatre p&#244;les proposant une palette tr&#232;s diversifi&#233;e de services &#224; la fois souples et adaptables mais surtout recentr&#233;es sur une population donn&#233;e et son territoire de vie. Chacun de ces dispositifs territoriaux offre des r&#233;ponses de proximit&#233; (soutien &#233;ducatif aux parents, h&#233;bergement alternatif ou momentan&#233;) et des r&#233;ponses relevant de la suppl&#233;ance des fonctions parentales (100 places d'enfants en internat ou familles d'accueil int&#233;grant l'accueil d'urgence).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque p&#244;le aura, en outre, &#224; g&#233;rer une prestation transversale s'adressant &#224; l'ensemble du public (quel que soit son domicile) : service de m&#233;diation familiale, service de l'administration ad'hoc, service de suivi et d'accompagnement d'enfants victimes d'abus sexuel et un lieu de vie associatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est bien l&#224; dans une volont&#233; de s'inscrire dans une approche sociale globale qui en m&#234;me temps s'articule &#224; la prise en compte de la sp&#233;cificit&#233; locale. Cette r&#233;organisation, l&#224; aussi, ne s'est pas faite aussi simplement que cela peut paraitre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'articulation entre le fond et la forme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quand il est recrut&#233; en 1996 comme directeur g&#233;n&#233;ral, Maurice Loiseau a pour mission de faire &#233;voluer l'institution. S'il arrive avec l'ambition d'apporter des modifications majeures &#224; son fonctionnement, sa volont&#233; rencontre une dynamique pr&#233;existante. C'est pour lui, la premi&#232;re condition de d&#233;part n&#233;cessaire, sans laquelle il est illusoire d'imaginer vouloir faire changer les pratiques dans de bonnes conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pr&#233;lude &#224; son intervention, plusieurs questions se posent &#224; lui tant de fond que de forme. Au fond, tout d'abord : pourquoi changer ? Sa vision est tr&#232;s pr&#233;cise : le travail socio-&#233;ducatif est confront&#233; au d&#233;fi des profondes mutations socio-&#233;conomiques de la soci&#233;t&#233; contemporaine. Les dispositifs actuels d'intervention sont de qualit&#233;, mais se sont trop souvent cantonn&#233;s &#224; des &#238;lots de prestation isol&#233;s les uns des autres. Face au risque de &#171; d&#233;coupage en tranche &#187; de l'usager, il s'agit de se r&#233;approprier une approche globale de l'enfant et de sa famille. Une telle red&#233;finition rel&#232;ve bien d'un choix d'association. La d&#233;cision d'une telle r&#233;orientation ne peut &#234;tre que politique. C'est &#224; partir du regard que l'on porte sur les besoins &#224; satisfaire que l'on peut pr&#233;ciser les axes de priorit&#233;. C'est donc bien &#224; l'association gestionnaire &#224; qui il revient d'abord de se prononcer sur les grands axes directeurs de la r&#233;forme. Les professionnels de terrain ont leur r&#244;le &#224; jouer, mais dans un second temps. On ne peut baser la refondation d'un nouveau projet d'utilit&#233; sociale sur leurs pratiques au risque de la cantonner &#224; une approche technique autocentr&#233;e, auto-r&#233;f&#233;renc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre question, tout aussi importante, se pose au directeur g&#233;n&#233;ral nouvellement nomm&#233; : comment organiser le changement ? Plusieurs strat&#233;gies &#233;taient possibles : &lt;i&gt;&#171; Me placer dans les chaussures de mon pr&#233;d&#233;cesseur et voir venir ou bien profiter de l'&#233;tat de gr&#226;ce pour provoquer un &#233;lectrochoc &#187;&lt;/i&gt;. Mais, l'attentisme de la premi&#232;re solution et le risque conflictuel pr&#233;sent&#233; par la seconde ne lui conviennent alors ni l'une ni l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la question : comment bousculer tout, en &#233;vitant de perdre la ma&#238;trise de la situation, il r&#233;pond en optant en priorit&#233; pour un travail de d&#233;construction des repr&#233;sentations. Il s'agit alors de montrer la n&#233;cessit&#233; du changement, tout en utilisant pour le faire des mots plut&#244;t que des passages &#224; l'acte, de travailler avant tout au niveau symbolique, en cantonnant ainsi la crise potentielle dans les t&#234;tes. Il s'agit bien de faire en sorte que le conflit potentiel se m&#233;diatise, se dise, se parle dans l'imaginaire avant qu'il ne puisse se mat&#233;rialiser et se concr&#233;tiser dans les faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il commence donc par demander &#224; un consultant d'&#233;tablir un diagnostic &#224; partir des documents produits depuis quelques ann&#233;es par l'association. Le deuxi&#232;me acte important concerne l'instance ordonnatrice : le conseil d'administration s'engage sur les grands axes propos&#233;s. Puis, les prescripteurs et les financeurs (conseil g&#233;n&#233;ral et minist&#232;re de la Justice) sont &#224; consulter sur les orientations envisag&#233;es (ils donneront un avis tr&#232;s favorable). Ce n'est qu'&#224; ce stade qu'aura lieu la mobilisation des personnels. &lt;i&gt;&#171; Le choix politique &#233;tant fait, le technique devait alors reprendre le centre de la d&#233;marche pour en am&#233;nager les modalit&#233;s &#187; &lt;/i&gt; explique Maurice Loiseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les professionnels de l'institution s'engagent au sein de groupes projets constitu&#233;s &#224; partir d'un certain nombre de th&#232;mes (le travail avec les familles, la question des jeunes majeurs&#8230;) ou de r&#233;f&#233;rents-m&#233;tier (services g&#233;n&#233;raux, assistantes maternelles, psychologues, travailleurs sociaux&#8230;), mais aussi &#224; partir des quatre secteurs envisag&#233;s (avec pour participants un &#233;ducateur de chaque &#233;tablissement, un directeur et un chef de service). Il s'agit bien l&#224; de r&#233;fl&#233;chir aux modalit&#233;s pour mettre en &#339;uvre le travail en commun, tout en &#233;vitant la confusion des r&#244;les. Les diff&#233;rentiels qui vont in&#233;vitablement se cr&#233;er entre les diff&#233;rents groupes, loin de poser probl&#232;me, provoquent une stimulation et une dynamique propices &#224; l'&#233;laboration des solutions possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propositions concr&#232;tes ayant &#233;t&#233; &#224; nouveau valid&#233;es par le conseil d'administration, des groupes de r&#233;alisation se mettent en place se fixant pour objectif de concevoir les modalit&#233;s de passage. Puis, intervient la phase de proposition de l'affectation des cadres et de la r&#233;partition des personnels. L'ensemble de ces projections a &#233;t&#233; d'abord r&#233;alis&#233; dans les t&#234;tes avant de passer dans les faits, les transformations ne devant pas se concr&#233;tiser avant juin 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conduire cette r&#233;organisation, Maurice Loiseau &#233;voque des conceptions tr&#232;s claires : &lt;i&gt;&#171; La conduite de changement questionne &#224; tout instant, elle implique une gestion permanente des paradoxes et des contradictions : il faut les mettre en &#233;vidence et s'en servir comme moteur &#187; &lt;/i&gt; explique-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier de ces paradoxes, celui qui consiste &#224; aider &#224; la prise de conscience tout en n'h&#233;sitant pas &#224; forcer la main, &#224; rendre les personnels acteurs des transformations, tout en les y contraignant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Second paradoxe, celui qui cherche &#224; faire &#233;voluer les pratiques en ne privil&#233;giant pas l'avis des professionnels au d&#233;part, mais en sollicitant l'association gestionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me paradoxe, le rapport entre le particulier et le g&#233;n&#233;ral : le changement heurte les int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques et provoque de la r&#233;sistance, mais s'av&#232;re ensuite pertinent pour l'&#233;volution globale de l'association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me paradoxe : articuler la coh&#233;rence de l'ensemble tout en favorisant des mod&#233;lisations diff&#233;rentes, chaque p&#244;le d'activit&#233; &#233;tant laiss&#233; avec une certaine marge de man&#339;uvre en mati&#232;re d'initiatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de chercher &#224; &#233;viter de vivre ces contradictions, il s'agit pour Maurice Loiseau de les accompagner et de faire en sorte qu'elles expriment toute leurs potentialit&#233;s et leurs richesses, permettant ainsi des &#233;volutions qui pour n'&#234;tre pas sans grincements de dent ni inqui&#233;tudes, ne s'en concr&#233;tisent pas moins dans les faits finalement avec la participation active de l'ensemble des acteurs concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'avis des professionnels&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'une dynamique nouvelle passant notamment par un d&#233;cloisonnement de l'association a &#233;t&#233;, au d&#233;part, bien accueillie pensent le d&#233;l&#233;gu&#233; syndical CFDT, deux travailleurs sociaux et une assistante maternelle rencontr&#233;s. Mais, ce qui a, pour le moins, d&#233;rout&#233;, provoquant scepticisme et m&#233;fiance, c'est la fa&#231;on dont la d&#233;marche a &#233;t&#233; men&#233;e et plus particuli&#232;rement dont les questionnements des salari&#233;s ont &#233;t&#233; pris en compte. La volont&#233; du directeur g&#233;n&#233;ral de favoriser en premier lieu la d&#233;cision politique du conseil d'administration avant l'avis technique des salari&#233;s n'est pas ici remise en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, les professionnels auraient pu &#234;tre mieux associ&#233;s, expliquent nos interlocuteurs, en partant bien plus des exp&#233;riences d&#233;j&#224; en cours, et en s'appuyant sur leur savoir-faire pour &#233;valuer la faisabilit&#233; des projections envisag&#233;es. Quant aux groupes de travail : &lt;i&gt;&#171; S'ils ont pu faire avancer la r&#233;flexion, ils ont aussi eu un effet pervers : celui de provoquer une m&#233;fiance r&#233;ciproque, chacun pouvant au travers de sa participation, se projeter, voire se placer en comp&#233;tition pour les places qui allaient &#234;tre redistribu&#233;es &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui semble avoir le plus d&#233;stabilis&#233; les personnes rencontr&#233;es, c'est l'approche de Maurice Loiseau qualifi&#233;e par lui de dialectique, mais que nos interlocuteurs ont v&#233;cu comme tr&#232;s ins&#233;curisante. La d&#233;marche initi&#233;e n'a pas toujours &#233;t&#233; comprise : &lt;i&gt;&#171; Il nous a demand&#233; de nous prononcer sur un projet p&#233;dagogique, alors que dans le m&#234;me temps il affirmait que c'&#233;tait &#224; nous de le construire. Au final, le projet reste dans le flou et l'incertitude &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre, la forme adopt&#233;e pour mener le changement, reste cette inqui&#233;tude sur le fond. La volont&#233; affich&#233;e de red&#233;ployer l'activit&#233; de l'association sans demande de moyens suppl&#233;mentaires, si elle peut effectivement satisfaire les tutelles, interrogent n&#233;anmoins les professionnels sur les implications des &#171; gains de productivit&#233; &#187; ouvertement &#233;voqu&#233;s. Cette approche a produit des r&#233;flexes de m&#233;fiance face &#224; des arguments qui, bien qu'abord&#233;s ici dans un contexte diff&#233;rent, sont utilis&#233;s par ailleurs dans le management lib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me pour les hypoth&#232;ses de vente des b&#226;timents utilis&#233;s actuellement dans le cadre de la r&#233;organisation des lieux d'activit&#233;, perspective provoquant une inqui&#233;tude quant &#224; l'avenir du patrimoine. Sans oublier les familles d'accueil inqui&#232;tes du nouveau r&#244;le qu'on va leur demander de jouer. Elles sont appel&#233;es &#224; une plus grande souplesse dans leurs modalit&#233;s de travail. Mais on ne peut leur demander de relayer les familles naturelles ou les foyers d'h&#233;bergement dans le court terme sans questionner les risques de d&#233;rives de ce type d'orientation. Sans compter la question de leur r&#233;mun&#233;ration quand l'enfant ne sera plus momentan&#233;ment chez elles. Les n&#233;cessaires &#233;volutions, nos interlocuteurs non seulement en conviennent mais en sont demandeurs, doivent &#234;tre jaug&#233;es &#224; l'aune des b&#233;n&#233;fices que pourront en attendre tant les usagers que le personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intentions des uns, attentes des autres, m&#233;thodologie &#233;labor&#233;e d'un c&#244;t&#233;, modalit&#233;s souhait&#233;es de l'autre, objectif vis&#233;, r&#233;sultats obtenus&#8230; l'&#233;cart est toujours difficile &#224; combler. Mais, pourra-t-il l'&#234;tre jamais ? L'important est surtout que des partenaires qui ne se situent pas &#224; la m&#234;me place et qui n'ont donc &#224; parler d'une m&#234;me voix, se positionnent dans une tension &#224; la fois intelligente et constructive pour tenter de faire avancer au mieux le cadre de travail au travers m&#234;me de leur confrontation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me exemple&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'association d'action &#233;ducative de Loire-Atlantique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AAE a pris son essor en 1961 et s'est d&#233;velopp&#233;e autour des activit&#233;s d'un service AEMO et d'un service d'enqu&#234;tes sociales, puis d'un secteur h&#233;bergement internat &#233;ducatif en 1971 ; en 1996, na&#238;tra un service de m&#233;diation et r&#233;paration p&#233;nale, puis un service d'investigation. Le personnel est compos&#233; de 95 salari&#233;s. Au milieu des ann&#233;es 80, certains professionnels s'interrogent quant &#224; l'inad&#233;quation architecturale, organisationnelle et p&#233;dagogique de l'&#233;tablissement, mais sans &#234;tre vraiment entendus. Une ambiance conflictuelle r&#232;gne. Un audit de l'URIOPSS intervient en 1991 qui fait &#233;tat d'une situation de blocage et qui pr&#233;conise un travail de remise &#224; plat de l'existant et de red&#233;finition des axes de travail. C'est avec le temps que la pertinence de cette &#233;volution n&#233;cessaire s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau directeur g&#233;n&#233;ral, Patrick Martin, recrut&#233; en 1995 par une association gestionnaire anim&#233;e &#224; ce moment-l&#224; d'une claire volont&#233; de changement l'explique bien : &lt;i&gt;&#171; Avec le conseil d'administration, nous avons eu la certitude qu'il fallait pr&#233;server les acquis, l'intuition qu'il fallait &#233;voluer et la conviction qu'il fallait associer les acteurs &#187;&lt;/i&gt; explique-t-il. Une &#233;tude diagnostique est demand&#233;e au CREAI. Les prescripteurs sont interrog&#233;s (conseil g&#233;n&#233;ral, protection judiciaire de la jeunesse, magistrats) visant &#224; prendre en compte les compl&#233;mentarit&#233;s d&#233;partementales et &#224; s'y inscrire. L'ensemble du personnel est &#233;galement entendu lors d'entretiens et lors d'une restitution orale du diagnostic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat est sans appel et vient confirmer les nombreux constats accumul&#233;s les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes : les modalit&#233;s offertes en mati&#232;re d'h&#233;bergement apparaissant de plus en plus d&#233;cal&#233;es par rapport aux besoins des populations en difficult&#233;. De plus en plus de jeunes vivent entre leur famille o&#249; certains dangers les emp&#234;chent de rester et un internat qui ne convient pas toujours au mode d'expression de leurs difficult&#233;s. En outre, ils sont aussi de plus en plus nombreux &#224; ne plus avoir de projet. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse de diversifier les r&#233;ponses pour &#234;tre en capacit&#233; d'offrir des solutions au plus pr&#232;s des probl&#232;mes rencontr&#233;s par les jeunes pris en charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la vieille structure qui n'avait pas chang&#233; depuis vingt ans regroupant, sur deux &#233;tages, trente adolescents, va na&#238;tre alors un nouveau dispositif compl&#232;tement r&#233;organis&#233; : construction d'un nouvel internat de 10 places, acquisition d'un pavillon au milieu d'un lotissement, de trois appartements et de trois studios et recrutement de deux familles relais susceptibles d'offrir un lieu d'accueil dans les situations de crise. Ce dispositif peut &#234;tre utilis&#233; souplement pour suivre par exemple un jeune qui vit dans la rue et qui peut int&#233;grer &#224; certains moments l'un des studios. Cela s'est encore fait tout r&#233;cemment avec l'accord du juge des enfants. Deux postes ont, en outre, &#233;t&#233; transform&#233;s pour permettre &#224; un atelier de mobilisation professionnelle de fonctionner en liaison avec un centre de formation des apprentis et ce, en direction des jeunes en rupture scolaire. Un projet est toujours en attente, esp&#233;rant l'accord de l'&#201;ducation nationale : l'ouverture d'une classe-relais qui serait anim&#233;e par des &#233;ducateurs techniques et un r&#233;p&#233;titeur scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;organisation en interne s'est doubl&#233;e d'une large ouverture de l'institution vers l'ext&#233;rieur. De l'internat tout d'abord en direction de la commune o&#249; la structure est situ&#233;e : h&#233;bergement du centre a&#233;r&#233; l'&#233;t&#233;, de l'&#233;cole de musique, stages propos&#233;s dans les services techniques de la mairie aux jeunes pris en charge, pr&#233;sence d'&#233;lus municipaux dans le conseil d'&#233;tablissement, ouverture &#224; la population &#224; l'occasion de la journ&#233;e du patrimoine. Des autres services de l'association ensuite, en direction des partenaires du secteur. Les professionnels ont &#233;t&#233; encourag&#233;s &#224; rejoindre ce qui existe d&#233;j&#224; ou &#224; prendre l'initiative de nouvelles collaborations : des groupes de travail ont ainsi &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s avec les parents et les enseignants, la protection maternelle et infantile et d'autres parents, des travailleuses familiales, des acteurs de quartier sur la violence, des acteurs de la politique de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution s'int&#232;gre dans une politique associative, visant &#224; prendre en compte la mani&#232;re dont les questions sociales se posent et &#224; en &#234;tre acteur. M&#234;me si elle est expos&#233;e ici en quelques lignes, elle s'est r&#233;alis&#233;e sur une longue p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les axes du changement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Patrick Martin, directeur g&#233;n&#233;ral de l'AAE, avant d'exposer cette trajectoire, met en garde tout de suite son interlocuteur. Ce qu'il &#233;voque de la m&#233;thodologie adopt&#233;e pour faire &#233;voluer l'association ne rel&#232;ve ni d'un mod&#232;le, ni d'un livre de recettes. Ce qui s'est construit l'a &#233;t&#233; en un temps et des circonstances donn&#233;s. Cela n'est pas reproductible &#224; l'identique, ailleurs. En outre, ce qui a fonctionn&#233; &#224; un moment ne fonctionnerait peut-&#234;tre pas &#224; un autre moment, m&#234;me avec les m&#234;mes acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me pr&#233;caution qu'il met en avant rel&#232;ve de l'histoire : chaque &#233;poque privil&#233;gie des constructions en remettant en cause celles pr&#233;c&#233;demment &#233;difi&#233;es. Si l'on se penche sur la fa&#231;on dont le secteur associatif a r&#233;pondu aux besoins des personnes en difficult&#233; au cours des cinquante derni&#232;res ann&#233;es, on sera in&#233;vitablement amen&#233; &#224; relativiser la question de nos &#233;volutions actuelles et &#224; les consid&#233;rer d'une mani&#232;re bien plus modeste. Ce que l'on va tenter de modifier reste une &#233;laboration toujours ouverte, du fait m&#234;me que les convictions d'aujourd'hui sont appel&#233;es &#224; changer. &lt;i&gt;&#171; On ne cherche pas la v&#233;rit&#233;, puisque celle-ci est en &#233;volution constante &#187;.&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Fort de ces r&#233;serves qui lui semblaient essentielles d'&#233;voquer en pr&#233;alable, Patrick Martin explique le triptyque &#224; partir duquel il a conduit le changement de ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier axe s'articule autour de deux qu&#234;tes compl&#233;mentaires qui doivent pr&#233;sider &#224; toute d&#233;marche de transformation : une exigence de qualit&#233; professionnelle et une recherche d'accroissement de l'estime de soi des acteurs. L'amplification des comp&#233;tences individuelles permet de rendre un service de plus grande qualit&#233; aux usagers et &#224; la fois de renvoyer aux intervenants une image positive d'eux-m&#234;mes, l'un et l'autre se renfor&#231;ant mutuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me axe renvoie &#224; la n&#233;cessaire disponibilit&#233; &#224; l'&#233;volution des probl&#233;matiques sociales. Si une association d'action socio-&#233;ducative veut remplir son r&#244;le, elle doit en permanence essayer de r&#233;pondre au mieux aux besoins qui &#233;voluent en s'y adaptant, voire en les devan&#231;ant. Troisi&#232;me axe du renouvellement des pratiques : l'appropriation des projets par les professionnels. &lt;i&gt;&#171; Une politique &#233;choue autant par erreur sur l'homme que par erreur de strat&#233;gie &#187;&lt;/i&gt;. On ne fait rien sans les personnes directement concern&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Prendre le temps&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a le temps : ne pas vouloir aller trop vite, ne pas bousculer les individus, prendre les moyens de faire cheminer les r&#233;flexions et d'amener progressivement les mentalit&#233;s &#224; s'adapter aux n&#233;cessaires modifications. Patrick Martin est arriv&#233; &#224; son poste en 1995. Cinq ann&#233;es apr&#232;s, il continue patiemment &#224; avancer avec l'aide active du directeur du foyer, A. Regouby et avec l'ensemble du personnel, &#224; un rythme qui permet &#224; chacun (e) de s'y retrouver, l'important &#233;tant que tout le monde bouge en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, des craintes et des r&#233;sistances se sont manifest&#233;es. Quand on veut faire &#233;voluer un mode de fonctionnement, on provoque in&#233;vitablement de la m&#233;fiance et une opposition potentielle. Remettre en cause ses habitudes de travail n'est pas si facile que cela. Toutes ces r&#233;actions ont &#233;t&#233; accept&#233;es, reconnues, discut&#233;es et m&#233;diatis&#233;es. Leur expression a &#233;t&#233; garantie selon le principe du respect du contradictoire. Les salari&#233;s ont eu non seulement le droit d'exprimer leurs divergences, mais les moyens de le faire au travers des nombreuses r&#233;unions qui se sont tenues. Ce qui a permis de les d&#233;passer sans trop de difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, lorsqu'il s'est agi d'organiser la r&#233;partition des postes, chaque salari&#233; a &#233;t&#233; invit&#233; &#224; faire un courrier, puis a &#233;t&#233; re&#231;u par la direction pour envisager la faisabilit&#233; de ses v&#339;ux, une formation d'adaptation leur &#233;tant &#233;ventuellement propos&#233;e &#224; la cl&#233;. Patrick Martin insistera enfin sur l'importance, dans cette d&#233;marche, d'un encadrement qui ne doit &#234;tre ni trop distant, ni trop dirigiste. La r&#233;ussite de l'op&#233;ration d&#233;pend en grande partie de sa capacit&#233; &#224; s'approprier la d&#233;marche globale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'avis des professionnels&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Qu'en pensent les acteurs de terrain ? &lt;br class='autobr' /&gt;
B. Ribreau, &#233;ducateur &#224; l'AAE depuis 1981 et repr&#233;sentant d'une instance du personnel &#8212; qui a donc &#233;t&#233; au c&#339;ur de l'&#233;volution de l'institution &#8212; le reconna&#238;t : aujourd'hui &lt;i&gt;&#171; la politique du conseil d'administration et de la direction g&#233;n&#233;rale nous appara&#238;t positive et dynamique &#187;.&lt;/i&gt; Mais il rappelle aussi les propositions des personnels pour obtenir des conditions d'h&#233;bergement et de prise en charge adapt&#233;es aux besoins des jeunes ; et de s'interroger, &#224; la lumi&#232;re des difficult&#233;s du pass&#233;, sur les conditions &#224; cr&#233;er pour que les analyses et propositions des professionnels de terrain soient &#233;cout&#233;es et prises en compte dans une dynamique permanente. &#171; &lt;i&gt; L'accroissement de notre estime de soi ne passe-t-elle pas aussi par la reconnaissance de notre capacit&#233; d'expertise et notre place dans le d&#233;bat et les &#233;volutions des structures &#187;&lt;/i&gt;, remarque-t-il. &lt;i&gt;&#171; L'actuelle strat&#233;gie favorisant, d'une fa&#231;on fort int&#233;ressante les modifications de l'institution dans toutes ses dimensions, ne doit n&#233;anmoins pas occulter que cette construction collective n'est jamais &#233;vidente et doit faire l'objet d'une attention continue. Les diff&#233;rentes instances devant y &#234;tre associ&#233;es &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme de cette pr&#233;sentation, il appara&#238;t possible de r&#233;sumer la dynamique de changement v&#233;cue dans cette institution &#224; partir de trois cl&#233;s : la mobilisation de tous les niveaux de l'association et ceux de l'&#233;tablissement en particulier ; l'&#233;coute permanente de l'&#233;volution des probl&#233;matiques auxquelles sont confront&#233;s les usagers ; l'appui sur la professionnalit&#233; des acteurs qui garantit une construction institutionnelle du changement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Bertaux, Y. Schleret et S. Bernardi dans &#171; Les mutations du travail social &#187; sous la direction de J.N. Chopart, Dunod, 2000. (&lt;a href=&#034;http://ad.zanox.com/ppc/?15085919C80744305T&amp;ULP=http://www3.fnac.com/advanced/book.do?isbn=2100044109&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Commander ce livre&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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