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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Face &#224; l'horreur SDF&#8230;</title>
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&lt;p&gt;Le dossier sur les SDF s'ouvre sur le cri de r&#233;volte du psychanalyste Patrick Declerck qui d&#233;nonce la &#171; c&#233;cit&#233; &#171; et le &#171; sadisme &#187; de la soci&#233;t&#233; &#224; l'&#233;gard des sans-abri. Des hommes et des femmes que la vie n'a pas &#233;pargn&#233;s mais qui sont avant tout victimes de la pr&#233;carisation de la soci&#233;t&#233;. La journaliste V&#233;ronique Mougin les conna&#238;t bien et nous explique comment on arrive &#224; la rue. Ensuite, cap &#224; l'Ouest, pour un reportage &#224; Rennes, ville qui jouit d'une certaine r&#233;putation dans le petit monde de l'errance pour (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le dossier sur les SDF s'ouvre sur le cri de r&#233;volte du psychanalyste Patrick Declerck qui d&#233;nonce la &#171; c&#233;cit&#233; &#171; et le &#171; sadisme &#187; de la soci&#233;t&#233; &#224; l'&#233;gard des sans-abri. Des hommes et des femmes que la vie n'a pas &#233;pargn&#233;s mais qui sont avant tout victimes de la pr&#233;carisation de la soci&#233;t&#233;. La journaliste V&#233;ronique Mougin les conna&#238;t bien et nous explique comment on arrive &#224; la rue. Ensuite, cap &#224; l'Ouest, pour un reportage &#224; Rennes, ville qui jouit d'une certaine r&#233;putation dans le petit monde de l'errance pour l'accompagnement qu'elle propose aux plus d&#233;munis &lt;a href='https://www.lien-social.com/Le-pole-precarite-et-insertion-une-structure-multi-cartes' class='spip_in'&gt;lire le reportage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vivre &#224; la rue peut tuer. Patrick Declerck, comme l'association M&#233;decins du monde, le r&#233;p&#232;te inlassablement. Pourtant, nombre de femmes et d'hommes continuent &#224; dormir dans la rue. Quand cette non-assistance &#224; personnes en danger cessera-t-elle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivre &#224; la rue est une torture, y laisser les gens une atteinte aux droits de l'homme. Psychanalyste, auteur &#171; Des Naufrag&#233;s &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#201;ditions Plon, collection Terre Humaine, 2001. Le sang nouveau est arriv&#233;. (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Patrick Declerck le r&#233;p&#232;te inlassablement. Il vient de publier un pamphlet &#171; Le sang nouveau est arriv&#233;. L'horreur SDF &#187; (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Le-sang-nouveau-est-arrive-L-horreur-SDF' class='spip_in'&gt;lire la critique&lt;/a&gt;). Il soutient l'action de l'association M&#233;decins du monde qui, depuis le premier jour de l'hiver, propose une tente aux personnes dormant dans les rues de Paris. Au-del&#224; de cette op&#233;ration symbolique, l'association se mobilise pour r&#233;clamer des mesures concr&#232;tes : le droit &#224; un h&#233;bergement sans limite de dur&#233;e ; la sortie des dispositifs d'urgence et la mise en &#339;uvre de solutions durables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivre dans la rue d&#233;truit la sant&#233; et peut provoquer la mort : au d&#233;but de l'hiver, dix personnes d&#233;j&#224; &#233;taient mortes de froid. Des mesures ont certes &#233;t&#233; prises ces derni&#232;res ann&#233;es pour ouvrir davantage de places en centres d'h&#233;bergement, surtout l'hiver, mais elles restent insuffisantes et inadapt&#233;es. Nombreux sont les femmes et les hommes qui continuent &#224; dormir &#224; m&#234;me le sol, malgr&#233; la violence, le froid et la pluie. M&#233;decins du monde refuse de &lt;i&gt;&#171; continuer, en toute s&#233;r&#233;nit&#233;, &#224; aller dans la rue pour apporter des soins de base, distribuer des caf&#233;s, sandwichs, sacs de couchage &#187;&lt;/i&gt; alors que leur r&#244;le est de veiller &#224; la protection des personnes rencontr&#233;es et &#224; l'am&#233;lioration de leur sant&#233;. L'association ne veut plus continuer &#224; proposer un h&#233;bergement al&#233;atoire (le 115 est toujours satur&#233;, nul ne l'ignore), cautionnant ainsi les d&#233;faillances du syst&#232;me de mise &#224; l'abri des personnes en danger dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; La soci&#233;t&#233; hait les SDF &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; des personnes sans-abri, Patrick Declerck la conna&#238;t bien. En 1982, apr&#232;s des &#233;tudes de philosophie puis d'anthropologie, il &#233;tudie la population SDF. En 1986, devenu psychanalyste, il cr&#233;e la premi&#232;re consultation d'&#233;coute en France pour cette population au sein de la mission France de M&#233;decins du monde et travaille durant dix ans dans le centre d'h&#233;bergement de Nanterre (92). En tant qu'anthropologue, il fait lui-m&#234;me l'exp&#233;rience de la vie &#224; la rue, de la mendicit&#233; et de &lt;i&gt;&#171; l'hospitalit&#233; &#187;&lt;/i&gt; des centres d'h&#233;bergement d'urgence. De ses exp&#233;riences de psychanalyste et de ses observations d'anthropologue na&#238;tra le livre &#171; Les naufrag&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme M&#233;decins du monde, il consid&#232;re le dispositif d'aide actuel inacceptable pour des raisons &#233;thiques. &lt;i&gt;&#171; Il ne s'agit plus de n&#233;gocier un &#233;ni&#232;me bricolage en demandant une extension du nombre de lits, davantage de distribution de soupe, mais de faire basculer la probl&#233;matique des personnes sans-abri de la culture du don &#224; la logique du droit. &#187;&lt;/i&gt; Dans son premier livre, il d&#233;crit le rapport au monde des personnes SDF ainsi qu'&#224; elles-m&#234;mes, au temps, &#224; l'espace et &#224; leur corps. Avec le succ&#232;s de cet ouvrage, il est invit&#233; &#224; une multitude de d&#233;bats publics qui, dit-il, le &lt;i&gt;&#171; confrontent &#224; une v&#233;ritable haine vis-&#224;-vis des SDF, &#224; la volont&#233; que ces personnes &#171; oisives &#187; soient punies &#187;&lt;/i&gt;. Estimant que dans &#171; Les naufrag&#233;s &#187;, il n'a pas suffisamment mis l'accent sur la soci&#233;t&#233; qui les entoure, il r&#233;dige &lt;i&gt;&#171; Le sang nouveau est arriv&#233;. L'horreur SDF &#187;&lt;/i&gt;, pour d&#233;noncer &lt;i&gt;&#171; la c&#233;cit&#233; totale &#187;&lt;/i&gt; de la soci&#233;t&#233;, &lt;i&gt;&#171; son sadisme &#187;&lt;/i&gt; vis-&#224;-vis des personnes sans-abri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#192; travers un pamphlet outrancier, injurieux, je veux montrer que la soci&#233;t&#233; est une soci&#233;t&#233; d'oppression et de gestion des limites de l'acceptable. Elle ne tient pas &#224; soulager la souffrance des personnes sans-abri, mais avant tout &#224; mettre en sc&#232;ne une le&#231;on de moralit&#233; publique &#187;&lt;/i&gt;, insiste-t-il. &lt;i&gt;&#171; Elle programme et gradue leur souffrance. Les plans d'urgence d&#233;finissent par exemple le seuil de froid et de souffrance tol&#233;rable. Or, chez les personnes SDF la souffrance est chronique, la vie &#224; la rue est une torture p&#233;renne, la remise &#224; la rue apr&#232;s un h&#233;bergement, une agression inacceptable. &#187;&lt;/i&gt; Selon lui, la souffrance des gens &#224; la rue a une fonction sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre exclues, les personnes SDF sont inclues car, en y jouant un r&#244;le, elles n'&#233;chappent pas au joug de la soci&#233;t&#233;. Le spectacle de leur souffrance &lt;i&gt;&#171; sert de le&#231;on de moralit&#233; publique aux esclaves volontaires que nous sommes. Il nous dit &#171; Regardez ce qui va vous arriver si vous vous laissez d&#233;river en dehors du champ de la normalit&#233; et de ses obligations &#187;&lt;/i&gt;, ass&#232;ne Patrick Declerck. &lt;i&gt;Les morts &#224; la rue sont voulus. Avec des h&#233;bergements aussi chichement donn&#233;s en fonction du froid, consid&#233;rer qu'il s'agit d'accidents rel&#232;ve de la plaisanterie. C'est le r&#233;sultat direct d'un choix de soci&#233;t&#233;. Je suis content que l'association M&#233;decins du monde, &#233;thiquement irr&#233;prochable, choisisse de confronter les uns et les autres &#224; leurs contradictions et &#224; leur culpabilit&#233; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la soci&#233;t&#233; civile ne r&#233;agit-elle pas avec plus de d&#233;termination face &#224; cette r&#233;alit&#233; ? &lt;i&gt;&#171; Nous &#233;prouvons vis-&#224;-vis des personnes SDF une ambivalence qui oscille entre la haine et l'amour. Soit nous nous identifions au clochard et clamons : sauvons-le ! Soit nous estimons que ces gens sont des monstres que la r&#233;alit&#233; du r&#233;el doit mettre au pas, afin de les sortir de leur oisivet&#233; choisie. Deux positions inad&#233;quates &#187;&lt;/i&gt;. Et de citer l'exemple de Dominique de Villepin qui, le 27 novembre dernier, r&#233;clamait que les personnes sans domicile salari&#233;es b&#233;n&#233;ficient d'un h&#233;bergement cons&#233;cutif de trente jours, introduisant ainsi une discrimination entre les personnes sans-abri, pourtant toutes &#233;gales face au froid, &#224; la pluie et au manque de sommeil. &lt;i&gt;&#171; Le Premier ministre partage les personnes SDF en deux cat&#233;gories : les m&#233;ritantes et laborieuses dont on peut avoir piti&#233; et les personnes perverses qu'il renvoie &#224; leur suppos&#233;e responsabilit&#233; et dont la souffrance programm&#233;e doit tenir lieu d'apprentissage de la normalit&#233;. Qu'elles cr&#232;vent donc pour apprendre &#224; vivre ! &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; est de plus en plus complexe, le travail non qualifi&#233; dispara&#238;t et ne reviendra pas. Les conditions de possibilit&#233;s minimales d'acc&#232;s &#224; un fonctionnement dit normal se complexifient et augmentent en nombre. &lt;i&gt;&#171; Maintenir les gens dans une soci&#233;t&#233; en esp&#233;rant que l'inconfort les force &#224; aller vers un mieux est totalement illusoire &#187;&lt;/i&gt;, estime Patrick Declerck. Il d&#233;crypte soigneusement les chiffes de l'&#233;tude publi&#233;e par l'Insee en 2001, estimant &#224; 387 800 le nombre de personnes vivant &#224; la rue. Ces chiffres ne prennent pas en compte les squats, les personnes qui &#233;vitent tout contact et ne formulent aucune demande et les SDF des villes de moins de 20 000 habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, de l'avis g&#233;n&#233;ral, les choses se sont consid&#233;rablement aggrav&#233;es depuis 2001, particuli&#232;rement en ce qui concerne les familles. Conclusion de Patrick Declerck : &lt;i&gt;&#171; Oui, il est bien raisonnable d'estimer &#224; une centaine de milliers les hommes, les femmes et les enfants &#224; la rue en temps T. Et oui, grosso modo, au total entre 400 000 et 500 000 personnes gravitent autour de ce trou noir qu'est la rue &#187;&lt;/i&gt;. Il remet &#233;galement en cause les r&#233;sultats d'une enqu&#234;te r&#233;cente publi&#233;e par Emma&#252;s (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Enquete-Emmaus-les-travailleurs-sociaux-reconnus' class='spip_in'&gt;lire l'interview&lt;/a&gt;) et r&#233;alis&#233;e avec l'institut de sondage BVA aupr&#232;s des usagers des centres d'h&#233;bergement de l'association &#224; Paris et en r&#233;gion parisienne. Elle souligne que les centres d'accueil et le 115 sont jug&#233;s essentiels pour trouver un h&#233;bergement, liste les difficult&#233;s quotidiennes auxquelles sont confront&#233;es les personnes sans-abri, relaie leur jugement &#224; l'&#233;gard du syst&#232;me d'aide sociale, l'importance accord&#233;e au r&#244;le des travailleurs sociaux, livre leur opinion sur leur situation actuelle et leur vision de l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce dernier point, 77 % des personnes interrog&#233;es, malgr&#233; les difficult&#233;s &#233;voqu&#233;es &#8211; et elles sont l&#233;gion &#8211; pensent que leur situation va s'am&#233;liorer et se disent &lt;i&gt;&#171; fonci&#232;rement optimistes &#187;&lt;/i&gt; pour l'avenir. Une conclusion qui fait bondir Patrick Declerck : &lt;i&gt;&#171; Comment les personnes accueillies dans une association et interrog&#233;es en son sein peuvent-elles s'exprimer authentiquement ? Le plus grave est que les journaux reprennent ces chiffres sans recul, sans critique. Les SDF sont &#224; 77 % fonci&#232;rement optimistes ? Tout irait donc bien. Dans ce cas pourquoi la soci&#233;t&#233; s'indignerait-elle ? Ce genre d'initiatives douteuses renvoie pour moi &#224; la confusion mentale du monde caritatif &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'aura compris, les institutions caritatives ne trouvent pas gr&#226;ce aux yeux de l'auteur qui les juge &lt;i&gt;&#171; &#233;thiquement corrompues &#187;&lt;/i&gt;. Il estime que &lt;i&gt;&#171; leurs indignations sont souvent ritualis&#233;es, confin&#233;es aux soigneuses marges de l'audible et de l'acceptable car en fin de compte, il importe de ne f&#226;cher personne et in fine, les uns et les autres passent &#224; la caisse de l'&#201;tat &#187;&lt;/i&gt;. Il ajoute : &lt;i&gt;&#171; Les associations caritatives servent beaucoup plus qu'elles ne le mesurent de courroies de transmission &#224; l'id&#233;ologie dominante vis-&#224;-vis de laquelle elles ne font pas suffisamment preuve de vigilance critique &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il appelle de ses v&#339;ux le passage d'une &#171; culture de don &#224; une logique de droit &#187;, le droit &#224; un abri viable &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e et &#224; un revenu minimum d'existence (RME), sans contrepartie ni contr&#244;le moralisateur. &lt;i&gt;&#171; Si nous voulons que ce fantasme fondateur appel&#233; Contrat social ait la moindre chance d'&#234;tre pris au s&#233;rieux, en contrepartie de l'ali&#233;nation d'une partie de notre libert&#233;, la soci&#233;t&#233; doit s'engager &#224; assurer &#224; tous des conditions de survie minimum. Si elle refuse, le masque tombe et on voit que derri&#232;re notre d&#233;mocratie se tapit un totalitarisme de la normalit&#233; dont le principe est &#171; travaille ou cr&#232;ve &#187;. Le RME est une mesure aussi fondamentale que la couverture maladie universelle (CMU) et doit se compl&#233;ter de mesures qui permettent &#224; minima de survivre d&#233;cemment &#224; l'abri de la cruaut&#233; du monde. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes publi&#233;s par la CIA listent les techniques de torture : privation de sommeil, de nourriture, hypothermie, isolement&#8230; autant de techniques qui visent &#224; rendre le sujet confus, d&#233;sorient&#233; dans le temps et l'espace, &#224; l'affaiblir en vue d'un interrogatoire. &lt;i&gt;&#171; C'est ce que vivent les gens &#224; la rue,&lt;/i&gt; estime Patrick Declerck.&lt;i&gt; La vie dans la rue constitue une torture inflig&#233;e par la soci&#233;t&#233; &#224; des personnes qui sont, bien malgr&#233; elles, incapables de se cantonner dans le champ de la normalit&#233; et du labeur &#187;&lt;/i&gt;. Fort de son exp&#233;rience aupr&#232;s des personnes SDF, il sait que la souffrance dans la rue est immense, la demande de soins aussi. &lt;i&gt;&#171; Personne ne choisit &#224; la l&#233;g&#232;re de rester dans la rue &#187;&lt;/i&gt;, rappelle-t-il &lt;i&gt;&#171; le pr&#233;tendre &#233;vite de s'interroger sur les raisons pour lesquelles des personnes pr&#233;f&#232;rent la rue &#224; certains centres d'h&#233;bergement o&#249; elles peuvent attraper des parasites, subir des vols ou des violences physiques &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;decins du monde a adress&#233; une lettre ouverte au pr&#233;sident de la R&#233;publique ainsi qu'aux d&#233;put&#233;s et s&#233;nateurs demandant &lt;i&gt;&#171; la remise &#224; plat de tout le syst&#232;me d'h&#233;bergement &#187;&lt;/i&gt;. Patrick Declerck partage ce souhait :&lt;i&gt; &#171; Le premier souci est d'arr&#234;ter l'h&#233;morragie, assurer un bas seuil viable et d&#233;cent, mettre fin &#224; cette infamie &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'errance ne frappe pas au hasard&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec V&#233;ronique Mougin, journaliste et auteur de Les SDF, &#233;d. Le Cavalier Bleu, 2005 et Femmes en gal&#232;re, enqu&#234;te sur celles qui vivent avec moins de 600 euros par mois, &#233;d. La Martini&#232;re, 2005 (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Femmes-en-galere' class='spip_in'&gt;lire la critique&lt;/a&gt;)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le sigle SDF d&#233;signe aujourd'hui une multiplicit&#233; d'hommes et de femmes aux parcours bien diff&#233;rents. Qui sont-ils ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Insee, en 2001, d&#233;nombrait 86 000 personnes sans-domicile fr&#233;quentant les services d'aide. On croise des migrants d&#233;bout&#233;s du droit d'asile ou en demande de papiers (donc interdits de travail), des travailleurs pr&#233;caires, des expuls&#233;s, des errants de longue dur&#233;e, des ch&#244;meurs en attente de HLM, des jeunes sans famille et sans RMI, des femmes battues parties de chez elles, des femmes mari&#233;es de force en cavale, des personnes toxicomanes, des anciens d&#233;tenus, des fous sans asile, des seniors sans maison de retraite&#8230; La plupart sont victimes, &#224; des niveaux diff&#233;rents, de la crise du logement : HLM manquants, syst&#232;me d'h&#233;bergement d'urgence et d'insertion satur&#233;, maisons de retraite on&#233;reuses, places en h&#244;pitaux psy en chute libre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les raisons pour lesquelles ces personnes se retrouvent sans toit ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour justifier leur situation, 37 % des personnes SDF invoquent la perte de leur conjoint. 21 % d'entre elles l'impossibilit&#233; de payer le loyer et 13 % l'expulsion. L'&#233;v&#233;nement d&#233;clencheur du sans-abrisme peut &#234;tre une rupture familiale ou conjugale, une perte d'emploi qui implique une diminution de revenus&#8230; Mais l'errance ne frappe pas au hasard, la majorit&#233; de ces personnes &#233;tait d&#233;j&#224; en situation pr&#233;caire auparavant, vis-&#224;-vis du march&#233; du travail, de l'histoire familiale&#8230; : la plupart se recrutent dans les classes populaires ; 4 sur 10 ne poss&#232;dent aucun dipl&#244;me. &#192; un milieu d'origine modeste s'ajoute une enfance souvent difficile : placement, d&#233;c&#232;s d'un proche, mauvais traitements, incarc&#233;ration, addiction&#8230; Plus g&#233;n&#233;ralement, ce qui caract&#233;rise les personnes SDF est sans doute un cumul de handicaps : r&#233;seau familial faible, impossibilit&#233; de travailler (invalidit&#233;, manque de papiers&#8230;) ou pr&#233;carit&#233; de l'emploi (CDD &#224; r&#233;p&#233;tition)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La probabilit&#233; pour les femmes de se retrouver &#224; la rue est-elle particuli&#232;rement importante ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s la f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des associations nationales travaillant avec les sans-abri, 35 % des femmes SDF europ&#233;ennes se sont jet&#233;es &#224; la rue pour fuir un conjoint violent. En France, selon une enqu&#234;te men&#233;e par les services sociaux de Seine-Saint-Denis, environ 10 % des femmes momentan&#233;ment sans domicile d&#233;clarent se s&#233;parer d'un compagnon frappeur. Plus souvent violent&#233;es que les hommes, mais aussi plus souvent au ch&#244;mage et en contrats pr&#233;caires, moins bien pay&#233;es, plus souvent pauvres&#8230;, elles connaissent un risque plus grand que les hommes de se retrouver en situation de grande pr&#233;carit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Samu Social, entre 1998 et 2002, le nombre de femmes seules a augment&#233; de 38,5 %, celui des femmes vivant en couple a bondi de 10 % et le nombre de m&#232;res de famille a &#233;t&#233; multipli&#233; par 4 en cinq ans. Au Secours catholique, la gent f&#233;minine repr&#233;sente la majorit&#233; des accueillis (55 %). D'apr&#232;s l'Insee, 36 % des sans-domicile fr&#233;quentant les services d'aide sont des femmes, soit 22 000 personnes : beaucoup d'entre elles ont n&#233;anmoins un toit sur leur t&#234;te en &#233;tant log&#233;es en centre d'h&#233;bergement d'urgence, en r&#233;sidence maternelle&#8230; De nombreux chercheurs font ainsi &#233;tat d'une &#171; discrimination positive &#187; envers les femmes pr&#233;caires, surtout lorsqu'elles sont accompagn&#233;es d'enfants : la solidarit&#233; nationale, comme la solidarit&#233; familiale, semble jouer plus fortement en leur faveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, d'apr&#232;s l'Insee, 7 % des femmes SDF passent ponctuellement la nuit dehors ; 3 % ont v&#233;cu sur le trottoir plus d'un an. Sans compter celles qui &#233;chappent &#224; la statistique. Certains observateurs, associatifs et chercheurs soulignent une invisibilit&#233; plus grande des femmes SDF : elles seraient plus discr&#232;tes que les hommes dans leur pratique de manche, cach&#233;es dans les interstices urbains (squats, garages, caravanes&#8230;). Ce qui explique que l'opinion publique pense encore largement que les femmes sont &#224; l'abri de la rue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;ditions Plon, collection Terre Humaine, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sang nouveau est arriv&#233;. L'horreur SDF, Patrick Declerck, &#233;ditions Gallimard, 2005&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La psychiatrie en France quelles voies possibles ?</title>
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		<dc:subject>Psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>784</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Issu du rapport d'activit&#233; de la Mission nationale d'appui en sant&#233; mentale (MNASM), cet ouvrage pr&#233;cise comment la psychiatrie s'est profond&#233;ment modifi&#233;e en France depuis environ une dizaine d'ann&#233;es. Les hospitalisations, les urgences psychiatriques, les structures ambulatoires, la prise en charge au long cours, le travail avec les familles, les diff&#233;rents publics que sont les adolescents, les personnes &#226;g&#233;es, les personnes sous main de justice, les publics pr&#233;caires, les sujets d&#233;pendants &#224; l'alcool (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Issu du rapport d'activit&#233; de la Mission nationale d'appui en sant&#233; mentale (MNASM), cet ouvrage pr&#233;cise comment la psychiatrie s'est profond&#233;ment modifi&#233;e en France depuis environ une dizaine d'ann&#233;es. Les hospitalisations, les urgences psychiatriques, les structures ambulatoires, la prise en charge au long cours, le travail avec les familles, les diff&#233;rents publics que sont les adolescents, les personnes &#226;g&#233;es, les personnes sous main de justice, les publics pr&#233;caires, les sujets d&#233;pendants &#224; l'alcool ou autres substances&#8230; etc., autant de th&#232;mes ouverts &#224; un d&#233;bat n&#233;cessaire, d'autant plus n&#233;cessaire depuis l'&#233;volution de la psychiatrie &#224; la maladie mentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait donc reprendre le contexte historique et social de la prise en charge psychiatrique sur environ quarante ann&#233;es pour que le lecteur puisse comprendre son &#233;volution, comprendre &#233;galement le changement d'institutions, de l&#233;gislation, de dispositifs. Fort d'un maillage national de ses membres, la MNASM nous livre ici un instantan&#233; des nouvelles structures en mati&#232;re de maladie mentale en France et nous am&#232;ne &#224; suivre son questionnement sur les structures existantes et sur leur avenir. Un changement semble donc n&#233;cessaire. Le rapport d'activit&#233; de la MNASM propose quelques r&#233;ponses aux questions qu'il a lui-m&#234;me soulev&#233;es dans ce qu'il nomme &#171; un panier de services dans tous les secteurs et pour tous &#187; : la place reconnue et le travail avec les familles, y compris associ&#233;es au processus th&#233;rapeutique, la cr&#233;ation d'un ensemble de dispositifs offrant une large palette d'intervention comme des services de soins de courte dur&#233;e (pour p&#233;riode de crise aigu&#235;), une continuit&#233; des services ambulatoires, la psychiatrie infanto-juv&#233;nile, les strat&#233;gies d'accompagnement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan minist&#233;riel de sant&#233; mentale annonc&#233; en 2005 concernant les ann&#233;es 2005-2008 confirme cette prise en compte d'un besoin de changement, au-del&#224; d'une prise de conscience collective li&#233;e &#224; des situations dramatiques survenues dans l'ann&#233;e. Cet ouvrage, dense et document&#233;, aide fortement &#224; d&#233;passer ce sentiment de faits divers pour &#233;largir le champ vers la compr&#233;hension d'un syst&#232;me capital dans la prise en charge m&#233;dicale de certains patients relevant de la sant&#233; mentale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. ENSP, 2005 (96 p. ; 12 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le sang nouveau est arriv&#233;. L'horreur SDF</title>
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		<dc:subject>SDF</dc:subject>
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&lt;p&gt;La charge de Patrick Declerck est f&#233;roce, mais salutaire. L'auteur n'&#233;pargne pas grand monde. Et comme on le comprend. Le 24 d&#233;cembre au journal t&#233;l&#233;vis&#233; de 20h, il y aura du clodo. Victime certifi&#233;e &#224; 100 %. Fauch&#233; certes, mais digne. Cherchant comme il se doit du travail, mais, h&#233;las, trois fois h&#233;las, n'en trouvant pas (&#231;&#224;, c'est pour les journalistes). Ils sont jusqu'au mois de mars moins d&#233;risoires et moins seuls. Ils se r&#233;chauffent au malheur des autres : prostates et m&#233;nopauses s'&#233;vanouiront le temps (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La charge de Patrick Declerck est f&#233;roce, mais salutaire. L'auteur n'&#233;pargne pas grand monde. Et comme on le comprend. Le 24 d&#233;cembre au journal t&#233;l&#233;vis&#233; de 20h, il y aura du clodo. Victime certifi&#233;e &#224; 100 %. Fauch&#233; certes, mais digne. Cherchant comme il se doit du travail, mais, h&#233;las, trois fois h&#233;las, n'en trouvant pas (&#231;&#224;, c'est pour les journalistes). Ils sont jusqu'au mois de mars moins d&#233;risoires et moins seuls. Ils se r&#233;chauffent au malheur des autres : prostates et m&#233;nopauses s'&#233;vanouiront le temps d'un hiver au profit des chancres du voisin (&#231;a, c'est pour les b&#233;n&#233;voles). S'il est bien une posture tr&#232;s chic et tr&#232;s tendance, c'est celle du spectateur soignant sid&#233;r&#233; d'humanit&#233; devant l'&#171; autre &#187; souffrant, esp&#232;ce d'esth&#232;te de la mis&#232;re, de sp&#233;cialiste de l'horreur de l'homme, d'aficionados de l'affliction (&#231;a, c'est pour les humanitaires) &#171; En Europe et dans les pays riches, on n'arrive pas &#224; jouir de la vie, alors que chez les plus pauvres, on est &#233;panoui et chaque minute apporte la simple joie d'exister &#187; (citation de s&#339;ur Emmanuelle) : le christianisme, l&#232;pre de l'Occident, corrompt de son souffle f&#233;tide, de ses doigts pourris tout ce qu'il touche (&#231;a, c'est pour les cur&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'arrive-t-il donc &#224; Patrick Declerck ? Une incommensurable col&#232;re face &#224; l'immuable b&#234;tise du syst&#232;me d'aide et d'accompagnement des SDF que chacun contribue &#224; perp&#233;tuer, ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e. Ainsi, de ce protocole hivernal, limit&#233; dans le temps, qui semble d&#233;finir le seuil au-del&#224; duquel la mort &#233;ventuelle dans la rue ne fait plus scandale, mais est renvoy&#233;e &#224; la responsabilit&#233; et au choix du SDF. Ainsi, d'un dispositif qui se limite &#224; proposer quelques nuits &#224; l'abri, de la soupe ti&#232;de, quelques hardes pas &#224; la bonne taille et une condamnation au jeu infini des chaises musicales. Ainsi, d'un syst&#232;me d'aide organis&#233; autour de l'urgence du moment (qui ne fait que laisser en l'&#233;tat) et la r&#233;insertion au long cours (inatteignable).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'on sait que les SDF sont des &#233;corch&#233;s n&#233;cessitant des prises en charges longues et finement pens&#233;es, des soins complexes tant somatiques que th&#233;rapeutiques, un accompagnement sur un long terme par des personnels dot&#233;s de hautes comp&#233;tences&#8230; &#171; Curieuse psychiatrie sociale, &#233;trange dispositif th&#233;rapeutique o&#249; pour entrer se soigner, il faut d'abord gu&#233;rir &#187; (p.77). Et l'auteur de s'interroger sur l'attitude paradoxale de notre soci&#233;t&#233; qui &#224; la fois s'identifie &#224; ces populations et les exclut : virez-les, ils puent/aidez-les, ils souffrent. Double discours humanitaire et policier, r&#233;pressif et r&#233;parateur, agressif et culpabilis&#233;. Comme si le SDF &#233;tait l&#224; pour t&#233;moigner qu'il n'existe et qu'il ne peut exister d'alternatives viables au canon de la bonne norme. Comme s'il montrait, aux yeux de tous, le prix &#224; payer pour le p&#233;ch&#233; d'oisivet&#233;, d'anormalit&#233;, d'incapacit&#233; &#224; &#234;tre : &#171; Clodo est l&#224; pour enseigner cette terrible le&#231;on : la normalit&#233; est sans issue [&#8230;] L'ordre social est &#224; ce prix &#187; (p.82).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Gallimard, 2005 (91 p. ; 5,50 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Salauds de pauvres</title>
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&lt;p&gt;Il est de coutume de penser qu'un intervenant social qui aurait v&#233;cu les m&#234;mes gal&#232;res que celles et ceux qu'il pr&#233;tend aider serait en difficult&#233; pour adopter la sacro-sainte distance professionnelle qu'il se doit de tenir. Une telle g&#233;n&#233;ralisation appara&#238;t abusive, tout autant d'ailleurs que l'affirmation inverse qui pr&#233;tend que pour mieux comprendre un exclu de la vie, il faudrait avoir connu le m&#234;me sort que lui. Avec son itin&#233;raire atypique, Jacques Deroo montre surtout la diversit&#233; des cheminements (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est de coutume de penser qu'un intervenant social qui aurait v&#233;cu les m&#234;mes gal&#232;res que celles et ceux qu'il pr&#233;tend aider serait en difficult&#233; pour adopter la sacro-sainte distance professionnelle qu'il se doit de tenir. Une telle g&#233;n&#233;ralisation appara&#238;t abusive, tout autant d'ailleurs que l'affirmation inverse qui pr&#233;tend que pour mieux comprendre un exclu de la vie, il faudrait avoir connu le m&#234;me sort que lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son itin&#233;raire atypique, Jacques Deroo montre surtout la diversit&#233; des cheminements qui peuvent mener &#224; l'engagement dans un m&#233;tier du social. Retir&#233; de sa famille avec toute sa fratrie alors qu'il a &#224; peine cinq ans, il conna&#238;t trois familles d'accueil successives, plusieurs placements en foyer, un parcours d&#233;linquant pr&#233;coce, une condamnation &#224; 11 ans d'incarc&#233;ration &#224; l'&#226;ge de 22 ans. &#192; sa sortie de prison, il se sent paum&#233; : &#171; Profond&#233;ment seul, comme jamais je ne l'ai &#233;t&#233; de toute mon existence. Je n'ai pas d'amis, plus de vie sociale. J'ai perdu les r&#233;flexes qui me permettraient de me d&#233;brouiller. En moi, tout chavire. Je ne sais plus o&#249; j'en suis &#187; (p.81). Pas d'autres solutions que de gal&#233;rer dans la rue. La manche lui permet parfois d'obtenir suffisamment pour dormir &#224; l'h&#244;tel. Quand ses ressources ne le lui permettent pas, il se retrouve dans les planques aux c&#244;t&#233;s d'autres SDF pour passer la nuit. Il exp&#233;rimente le centre d'h&#233;bergement de Nanterre : &#171; les dortoirs o&#249; sont parqu&#233;s des SDF ivres qui vomissent partout, d&#233;gageant une odeur de pourri insoutenable &#187; (p.91)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Deroo sent bien alors qu'il n'a d'autre alternative pour s'en sortir que de replonger dans la d&#233;linquance. Ce qui lui permet de ne pas replonger, c'est l'Arm&#233;e du salut dont il croise la route, d'abord comme usager avant d'en devenir un actif intervenant. Mais la v&#233;n&#233;rable institution ne supportera pas cette remuante recrue dot&#233;e d'un esprit trop libre &#224; son go&#251;t. C'est que l'auteur a &#233;t&#233; l'un des premiers &#224; occuper un immeuble HLM de la ville de Paris pour y loger des familles &#224; la rue, et ce bien avant que le DAL ne g&#233;n&#233;ralise une telle pratique. Et puis, il y a sa vie sentimentale qui ne cadre gu&#232;re avec les pr&#233;ceptes religieux. Imaginez-vous : vivre dans le p&#233;ch&#233; avec une femme divorc&#233;e. Cela fait d&#233;sordre. Celui qui l'avait ramass&#233; dans la rue l'avertit : sa compagne est au service du d&#233;mon et le d&#233;tourne de sa mission : devenir soldat, voire officier de l'Arm&#233;e du salut&#8230; &#171; Patricia me convainc de ne pas r&#233;pliquer. Dieu sait pourtant que je br&#251;le de lui rendre visite pour lui en coller une &#187; (p.134)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Deroo choisira finalement une autre voie : il aura trois filles et suivra une formation de moniteur &#233;ducateur. Sa vie continuera &#224; suivre des m&#233;andres. Mais, malgr&#233; ses probl&#232;mes d'alcool, il continuera &#224; intervenir aupr&#232;s des SDF en animant une structure d'accueil de jour, jusqu'&#224; ce que celle-ci soit ferm&#233;e par cette Arm&#233;e du salut qui ne lui a jamais pardonn&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Gutemberg, 2006 (213 p. ; 15,50 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'in&#233;galit&#233; par le mal-logement</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-inegalite-par-le-mal-logement</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>784</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour la onzi&#232;me ann&#233;e cons&#233;cutive, la Fondation Abb&#233; Pierre a pr&#233;sent&#233; son rapport sur l'&#233;tat du mal-logement. Comme de coutume, les constats sont implacables, principalement en ce qui concerne le logement des jeunes. Il d&#233;montre cette ann&#233;e que cette question est devenue un v&#233;ritable facteur de paup&#233;risation et analyse le lien entre la crise du logement et celle des banlieues &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pav&#233; annuel de la Fondation Abb&#233; Pierre (FAP) d&#233;veloppe plusieurs rubriques. En premier lieu et &#171; dans l'&#339;il du cyclone &#187;, le (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour la onzi&#232;me ann&#233;e cons&#233;cutive, la Fondation Abb&#233; Pierre a pr&#233;sent&#233; son rapport sur l'&#233;tat du mal-logement. Comme de coutume, les constats sont implacables, principalement en ce qui concerne le logement des jeunes. Il d&#233;montre cette ann&#233;e que cette question est devenue un v&#233;ritable facteur de paup&#233;risation et analyse le lien entre la crise du logement et celle des banlieues&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pav&#233; annuel de la Fondation Abb&#233; Pierre (FAP) d&#233;veloppe plusieurs rubriques. En premier lieu et &#171; dans l'&#339;il du cyclone &#187;, le logement des jeunes qui, frapp&#233;s d'une &#171; double ins&#233;curit&#233; professionnelle et r&#233;sidentielle &#187;, voient leur vie quotidienne plus perturb&#233;e, leurs projets de vie bloqu&#233;s, sans parler des discriminations dont ils font l'objet. Puis le rapport s'alarme de la baisse de la solvabilit&#233; des m&#233;nages : le &#171; reste &#224; vivre &#187; devient un &#171; reste &#224; survivre &#187; du fait de l'augmentation constante des co&#251;ts li&#233;s au logement (loyer, charges, &#233;nergie, non-rattrapage de ces augmentations par les aides au logement&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la FAP dresse un parall&#232;le entre la crise du logement et celle des banlieues&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Fondation Abb&#233; Pierre - 3 -5 rue de Romainville - 75019 Paris. T&#233;l. 01 55 56 (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les &#233;v&#233;nements violents de novembre dernier sont &#224; mettre en lien, selon elle, avec une insuffisante production de logements sociaux et l'incapacit&#233; des politiques &#224; corriger les in&#233;galit&#233;s territoriales. &#171; Ces &#233;v&#233;nements ont aussi desservi &#8220;la cause&#8221; du logement social et des quartiers d'habitat social, masquant ainsi qu'ils constituent bien plus des amortisseurs de crise et des moyens de lutte contre les exclusions que les foyers de d&#233;linquance si souvent d&#233;nonc&#233;s &#187;, d&#233;plore au passage la fondation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; quelques vell&#233;it&#233;s chiraquiennes &#8212; le 21 novembre, le chef de l'&#201;tat avait engag&#233; les maires &#224; respecter l'obligation de construction de 20 % de logements sociaux &#8212;, la r&#233;alit&#233; se durcit dans le mauvais sens. Le 26 janvier dernier, les d&#233;put&#233;s adoptaient un amendement &#224; la loi dite Solidarit&#233; et renouvellement urbains (SRU) assouplissant encore ce qui &#233;tait en principe une obligation pour les maires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'action publique &#187;, d&#233;nonce la FAP (et, depuis longtemps, les travailleurs sociaux), &#171; est tr&#232;s nettement insuffisante dans les quartiers d&#233;favoris&#233;s &#187; : services &#224; la population, intervenants sociaux, services de sant&#233; (les ZUS, zones urbaines sensibles, par exemple, disposent de moiti&#233; moins d'&#233;tablissements de pratique m&#233;dicale que les autres quartiers), offre commerciale de proximit&#233; manquent de plus en plus cruellement. Et aux in&#233;galit&#233;s sociales, s'ajoutent les discriminations : l'&#171; in&#233;galit&#233; d'adresse &#187; fait qu'&#224; profils identiques, des jeunes issus de certains quartiers se verront proposer moins d'entretiens d'embauche.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; L'action publique est tr&#232;s nettement insuffisante dans les quartiers d&#233;favoris&#233;s &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le sillage du plan de r&#233;novation urbaine (2003), la loi de coh&#233;sion sociale du 18 janvier 2005 a pr&#233;vu, pour les cinq ann&#233;es &#224; venir, une belle production d'offres locatives sociales : 500 000 logements sociaux &#224; construire, 200 000 logements &#224; loyer ma&#238;tris&#233; conventionn&#233;s, 100 000 logements vacants remis sur le march&#233;. Mais un an apr&#232;s, force est de constater un &#171; &#233;cart d'autant plus inqui&#233;tant que la relance de la production se fait essentiellement au b&#233;n&#233;fice des logements sociaux aux loyers les plus &#233;lev&#233;s, donc les moins sociaux &#187;. Globalement, s'inqui&#232;te la FAP, &#171; que reste-t-il aujourd'hui du logement social &#224; bon march&#233; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle pr&#244;ne un projet volontariste de r&#233;novation urbaine, &#171; indissociable d'une dynamique &#233;ducative, int&#233;gr&#233;e tr&#232;s en amont des projets urbains &#187; et pour la production enfin massive d'une offre de logement socialement accessible et mieux r&#233;partie sur les territoires. Faute de quoi &#171; le risque est &#233;minent de voir se rejouer le drame des banlieues &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car dans un contexte d'incertitude induit par la d&#233;centralisation, les politiques &#171; prot&#232;gent de moins en moins les plus faibles &#187;, observe encore la Fondation : &#171; l'&#201;tat r&#233;duit sa capacit&#233; d'intervention directe, la transf&#232;re ou la d&#233;l&#232;gue &#187;. Logements sociaux plut&#244;t que tr&#232;s sociaux, &#171; grignotage &#187; du droit des locataires, &#171; jeu du mistigri : &#224; chacun ses pauvres &#187;&#8230; Qui plus est les politiques sont &#171; en d&#233;calage avec les besoins sociaux &#187; : sous-&#233;valuation chronique des besoins, insuffisante coh&#233;rence des politiques territoriales de l'habitat, solidarit&#233; &#171; qui ne fonctionne pas &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors ? Suivent une dizaine de propositions fortes pour am&#233;liorer l'acc&#232;s et le maintien des jeunes dans le logement, augmenter la production d'habitations &#171; &#224; loyers accessibles &#187; ou redonner aux aides personnelles au logement leur &#171; r&#244;le de solvabilisation des m&#233;nages modestes &#187;. La FAP pr&#233;conise &#233;galement &#8212; une fois de plus &#8212; de r&#233;tablir l'&#233;quilibre territorial dans la r&#233;partition des logements sociaux, d'&#233;radiquer l'habitat indigne, et de mieux pr&#233;venir les expulsions locatives (entre autres, rendre obligatoire et contradictoire l'enqu&#234;te sociale transmise au juge, ou proposer syst&#233;matiquement un accompagnement social &#224; la famille b&#233;n&#233;ficiaire d'un plan d'apurement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, la dimension sociale du parc priv&#233; doit &#234;tre r&#233;affirm&#233;e, et les dispositifs relatifs aux logements d'urgence et temporaires renforc&#233;s. Il s'agit &#233;galement, conclut le rapport, d'&#171; associer la coh&#233;sion sociale au renouvellement urbain &#187; en s'assurant par exemple que la reconstitution de l'offre de logement d&#233;moli ne conduise pas &#224; une baisse de logements &#224; loyer accessible&#8230; Derni&#232;re proposition : garantir le respect des lois (par exemple celle du 5 juillet 2000 relative &#224; l'accueil des gens du voyage&#8230;} et r&#233;affirmer le r&#244;le de l'&#201;tat. Dans le prolongement de la r&#233;flexion du Haut Comit&#233; pour le logement des personnes d&#233;favoris&#233;es pour un droit au logement opposable, la FAP demande l'instauration d'un recours aupr&#232;s d'une &#171; autorit&#233; responsable &#187;. Tout reste &#224; faire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.fondation-abbe-pierre.fr&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Fondation Abb&#233; Pierre&lt;/a&gt; - 3 -5 rue de Romainville - 75019 Paris. T&#233;l. 01 55 56 37 00&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Comme des enfants</title>
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		<dc:subject>784</dc:subject>

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&lt;p&gt;Des sans-abri rencontrent des enfants &lt;br class='autobr' /&gt;
Certains visages sont marqu&#233;s d'ecz&#233;ma, certaines bouches &#233;dent&#233;es, les l&#232;vres ab&#238;m&#233;es, les voix rauques ou &#233;raill&#233;es. Leurs regards sont parfois transparents d'avoir longuement survol&#233;, plant&#233;s &#224; des carrefours indiff&#233;rents, la fourmili&#232;re urbaine des gens press&#233;s&#8230; Le peuple invisible et &#224; peine d&#233;rangeant des SDF. Mais, une fois &#171; reconnus &#187; par l'autre, ils se m&#233;tamorphosent et leur part d'humanit&#233; vaut largement celle du bien portant, du bien log&#233;&#8230; Et lorsque l'autre (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-784-" rel="tag"&gt;784&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des sans-abri rencontrent des enfants&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Certains visages sont marqu&#233;s d'ecz&#233;ma, certaines bouches &#233;dent&#233;es, les l&#232;vres ab&#238;m&#233;es, les voix rauques ou &#233;raill&#233;es. Leurs regards sont parfois transparents d'avoir longuement survol&#233;, plant&#233;s &#224; des carrefours indiff&#233;rents, la fourmili&#232;re urbaine des gens press&#233;s&#8230; Le peuple invisible et &#224; peine d&#233;rangeant des SDF. Mais, une fois &#171; reconnus &#187; par l'autre, ils se m&#233;tamorphosent et leur part d'humanit&#233; vaut largement celle du bien portant, du bien log&#233;&#8230; Et lorsque l'autre est enfant, la rencontre se fait bouleversante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, trois partenaires, pour une exp&#233;rience hors normes : d'une part, le foyer Notre-Dame des sans-abri qui, avec ses 188 lits, constitue le plus gros centre d'accueil de nuit lyonnais ; d'autre part, l'&#233;quipe &#8212; travailleurs sociaux et b&#233;n&#233;voles &#8212; du service d'accompagnement renforc&#233; (SAR), suivant en permanence une vingtaine de personnes sans-abri ; enfin, les enfants &#8212; de 3 &#224; 12 ans &#8212; de la maison de l'enfance, un centre de loisirs particuli&#232;rement dynamique. &#192; l'initiative du projet, Jacques Doll&#233;, directeur de cette derni&#232;re structure, se souvient avoir &#233;t&#233; interpell&#233;, au tout d&#233;but de sa carri&#232;re, par une rencontre avec les r&#233;sidents du CHRS dans lequel il faisait ses premi&#232;res armes de professionnel : &#171; On ne nous regarde pas, on n'existe pas &#187;, ne cessaient alors de lui r&#233;p&#233;ter les r&#233;sidents. Aujourd'hui, de cette d&#233;marche interg&#233;n&#233;rationnelle sans-abri/enfants, il fait un bilan sensible : le &#171; regard clair &#187; des enfants aide, dit-il, &#224; ne pas coller &#224; des personnes aussi fragilis&#233;es soient-elles une &#171; &#233;tiquette de sauvages &#187; qu'on leur attribue encore trop ais&#233;ment et plus encore, leur &#171; redonne de la vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsable du SAR, Martine Buhrig, abonde en son sens : l'important c'est d'&#234;tre reconnu et ce lieu de vie, avec son &#233;ventail d'actions collectives, cr&#233;e assur&#233;ment du lien social. De plus, &#171; ces hommes sont nous-m&#234;mes, apr&#232;s un accident de la vie. Ils ont des valeurs essentielles et de quoi &#233;changer, par exemple sur leur pratique au quotidien : comment vivre en n'ayant rien ? &#187;, estime-t-elle. La principale mission du service d'accompagnement reste d'ailleurs de tenter de sortir les personnes sans-abri de leur isolement : par une relation bien s&#251;r, mais aussi des temps de parole, des animations artistiques, des sorties et des rencontres. C'est dans ce cadre que les &#171; passagers SDF &#187; du SAR ont rencontr&#233;, tout au long de l'ann&#233;e, les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images sont fortes : des plans souvent rapproch&#233;s empreints de pudeur, de respect et de savoir-faire. Une professionnelle rase un visage ou noue une cravate au cou de quelqu'un qui ne l'a pas fait depuis longtemps. Des adultes sans-abri jouent aux dominos, &#224; la construction d'un monopoly personnalis&#233; ou font de la peinture avec les gamins de la maison de l'enfance. Y trouvent du plaisir, y &#233;tablissent des relations. Quelques &#233;changes se font d'ailleurs sans concessions, transitant par la grande spontan&#233;it&#233; de l'enfance : &#171; Vous mangez trop de bonbons, vos dents elles sont toutes tomb&#233;es ? &#187; interroge, candide, une gamine. Un autre, consid&#233;rant un visage ab&#238;m&#233; : &#171; Il a la peau toute rouge, Michel&#8230; &#187;. Avec pudeur &#8212; car ils savent aussi &#233;viter certains sujets &#8212;, les SDF racontent leur vie, leurs douleurs, les placements de leur enfance, les ruptures familiales, les violences parfois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux des parents qui ont accept&#233; ces &#233;changes l'ont dit &#224; la cam&#233;ra : &#171; Les sans-abri leur paraissent maintenant moins &#233;trangers, nos enfants en ont moins peur, ils regardent les gens autrement &#187;. En effet : &#171; L'autre jour, les enfants sont pass&#233;s dans la rue, ils m'ont reconnu, j'ai eu quinze bises &#187;, sourit un des sans-abri, &#233;mu et ravi. Leurs pr&#233;noms sont connus, leurs anniversaires souhait&#233;s, ils re&#231;oivent m&#234;me des cadeaux &#224; No&#235;l.&lt;br class='manualbr' /&gt;Parfois d'&#233;tonnantes connexions s'op&#232;rent : plusieurs SDF se sont fait agresser et d&#233;pouiller de leurs quelques dizaines d'euros, en sortant de la Poste, le jour du RMI. Peu apr&#232;s, nous les retrouvons &#224; l'activit&#233; a&#239;kido des enfants. Les travailleurs sociaux leur demandent comment &#171; ils sortent de cette agression &#187; et prennent soin d'eux. Mais le fait d'entendre, dans ce lieu transg&#233;n&#233;rationnel, de la bouche du ma&#238;tre en arts martiaux, qu'&#171; une chute n'est pas une d&#233;faite &#187; les rend particuli&#232;rement attentifs. Plus tard, nous les rencontrons aussi au cimeti&#232;re, &#233;voquant, avec les professionnels du SAR, leurs disparus, conversant m&#234;me avec leurs morts avec un humour tendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le r&#233;alisateur &#8212; il l'explique &#8212; a pris le parti de ne pas montrer d'&#233;pisodes violents, les difficult&#233;s ne sont pas occult&#233;es : ainsi, La&#239;fa, Tunisien, n'est jamais all&#233; rencontrer les enfants : &#171; Je ne peux pas ; j'ai quitt&#233; mes enfants &#224; l'&#226;ge de 7 et 3 ans &#187; (le SAR l'aidera par la suite &#224; passer trois mois en Tunisie avec sa famille). De m&#234;me, l'un des sans-abri pris en charge depuis des mois dispara&#238;t un matin, mettant mal &#224; l'aise, presque d&#233;sempar&#233;e, l'&#233;quipe devant ce d&#233;part &#171; sans parole &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tournage a dur&#233; vingt jours &#233;tal&#233;s sur huit mois. Mais le cin&#233;aste n'a eu qu'un propos : toucher notre part commune d'humanit&#233;. D'&#233;vidence, il y a r&#233;ussi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Documentaire de 57mn (19 &#8364;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disponible &#224; &lt;a href=&#034;http://www.cocottesminute.fr&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Cocottesminute production&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;38 rue de l'Universit&#233;&lt;br class='manualbr' /&gt;69007 Lyon&lt;br class='manualbr' /&gt;T&#233;l. 04 72 98 30 09&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Enqu&#234;te Emma&#252;s : les travailleurs sociaux reconnus</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Enquete-Emmaus-les-travailleurs-sociaux-reconnus</link>
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		<dc:date>2006-02-08T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>784</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'association Emma&#252;s et l'institut de sondage BVA ont r&#233;alis&#233; une enqu&#234;te portant sur les opinions et attentes de 401 personnes sans-abri h&#233;berg&#233;es dans les centres d'accueil Emma&#252;s. Que r&#233;v&#232;le-t-elle ? Cette enqu&#234;te a &#233;t&#233; men&#233;e aupr&#232;s des personnes re&#231;ues dans les accueils de jour, h&#233;bergements d'urgence et d'insertion de l'association. Trente entretiens ont pu &#234;tre r&#233;alis&#233;s lors des maraudes et dans un accueil de nuit pour personnes n'ayant pas pu ou voulu trouver un lit pour la nuit. Ce public tr&#232;s d&#233;socialis&#233; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'association Emma&#252;s et l'institut de sondage BVA ont r&#233;alis&#233; une enqu&#234;te portant sur les opinions et attentes de 401 personnes sans-abri h&#233;berg&#233;es dans les centres d'accueil Emma&#252;s. Que r&#233;v&#232;le-t-elle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette enqu&#234;te a &#233;t&#233; men&#233;e aupr&#232;s des personnes re&#231;ues dans les accueils de jour, h&#233;bergements d'urgence et d'insertion de l'association. Trente entretiens ont pu &#234;tre r&#233;alis&#233;s lors des maraudes et dans un accueil de nuit pour personnes n'ayant pas pu ou voulu trouver un lit pour la nuit. Ce public tr&#232;s d&#233;socialis&#233; se trouve &#233;galement dans les accueils de jour (100 entretiens). La plupart des personnes interrog&#233;es consid&#232;rent les centres d'h&#233;bergement comme une solution &#171; par d&#233;faut &#187; et ne con&#231;oivent pas leur vie dans l'errance, leur objectif &#233;tant de se fixer. Il appara&#238;t que huit personnes sur dix pr&#233;f&#232;rent un lieu d'accueil &#224; la rue. Plus de la moiti&#233; d'entre elles privil&#233;gie un contact humain pour le trouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;65 % des personnes interrog&#233;es estiment que c'est &#224; l'&#201;tat et non &#224; la g&#233;n&#233;rosit&#233; publique de financer les dispositifs d'urgence et d'insertion. Pour 60 % d'entre elles, les travailleurs sociaux jouent un r&#244;le d'aide important. Nous avons con&#231;u le questionnaire le plus honn&#234;tement possible, prenant le risque de voir les structures et les travailleurs sociaux remis en question. Une seconde enqu&#234;te aupr&#232;s des personnes qui dorment durablement &#224; la rue compl&#233;terait ces donn&#233;es, mais sa r&#233;alisation pose des difficult&#233;s m&#233;thodologiques (taille de l'&#233;chantillon, r&#233;ceptivit&#233; aux entretiens&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquez-vous que malgr&#233; les difficult&#233;s rencontr&#233;es, 77 % des personnes interrog&#233;es se disent &#171; fonci&#232;rement optimistes &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces personnes ont l'espoir de vivre dans un appartement dans les cinq ans qui viennent, mais elles ne masquent pas les difficult&#233;s r&#233;elles rencontr&#233;es et les expriment sans fard (se nourrir, rester propre, se d&#233;placer, se soigner&#8230;). Certaines se disent sans doute optimistes pour tenir le coup, c'est humain. Notre sondage n'est qu'un barom&#232;tre &#224; un moment donn&#233;. Son objectif &#233;tait de voir comment les lieux d'accueil peuvent mieux s'ajuster aux besoins. 83 % des personnes interrog&#233;es pensent par exemple qu'il faut cr&#233;er d'autres accueils de nuit comme l'Agora, situ&#233;e dans le centre de Paris, sans h&#233;bergement mais ouvert jour et nuit, pour se r&#233;chauffer, boire un caf&#233;, rencontrer des travailleurs sociaux&#8230; On apprend aussi que la majorit&#233; d'entre elles pr&#233;f&#232;rent les h&#233;bergements en centre-ville ou encore que les s&#233;jours de rupture &#224; la campagne les motivent peu&#8230; autant de donn&#233;es qui nous permettront d'affiner nos projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclure que 77 % des personnes sans-abri se disent &#171; fonci&#232;rement optimistes &#187; ne risque-t-il pas de provoquer un effet pervers dans l'opinion publique : &#171; Puisqu'elles sont optimistes, vivre &#224; la rue ne doit pas &#234;tre si difficile ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces personnes &#233;voquent aussi et tr&#232;s fortement les difficult&#233;s qu'elles rencontrent dans la rue. L'optimisme qu'elles affichent montre qu'elles sont comme nous. Elles ont envie de se fixer quelque part, tendues vers cet espoir. L'errance n'est pas une situation choisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'opinion des personnes h&#233;berg&#233;es dans les centres de l'association Emma&#252;s sur leur vie quotidienne ainsi que sur l'h&#233;bergement d'urgence et insertion&lt;/i&gt;, enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e par l'association Emma&#252;s et l'institut de sondage BVA avec le soutien du journal Le Monde, de RTL et de la Direction r&#233;gionale des affaires sanitaires et sociales d'Ile-de-France (Drassif), d&#233;cembre 2005.&lt;br class='manualbr' /&gt;Contact association Emma&#252;s : T&#233;l. 01 44 82 77 20.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le p&#244;le pr&#233;carit&#233; et insertion, une structure multi-cartes</title>
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		<dc:subject>SDF</dc:subject>
		<dc:subject>784</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;put&#233;e dans le milieu de l'errance pour ses services, Rennes la capitale bretonne propose plusieurs lieux d'accueil comme la laverie, le restaurant, l'&#233;lection de domicile, le service logement, etc., g&#233;ographiquement dispers&#233;s. Histoire que les SDF puissent avoir un but dans leur journ&#233;e. Mais ces services permettent &#233;galement de maintenir un contact, voire de nouer une relation &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il ne s'agit pas que les errants &#224; Rennes s'installent &#224; Rennes. Nous mettons en place des dispositifs pour les accueillir (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-784-" rel="tag"&gt;784&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;put&#233;e dans le milieu de l'errance pour ses services, Rennes la capitale bretonne propose plusieurs lieux d'accueil comme la laverie, le restaurant, l'&#233;lection de domicile, le service logement, etc., g&#233;ographiquement dispers&#233;s. Histoire que les SDF puissent avoir un but dans leur journ&#233;e. Mais ces services permettent &#233;galement de maintenir un contact, voire de nouer une relation&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il ne s'agit pas que les errants &#224; Rennes s'installent &#224; Rennes. Nous mettons en place des dispositifs pour les accueillir dans les meilleures conditions. Cela dit, l'objectif est bien que les gens rebondissent, ne stagnent pas dans la rue ; il faut qu'ils s'en sortent &#187;&lt;/i&gt;, affirme d'embl&#233;e Jean Rio, directeur du p&#244;le pr&#233;carit&#233;-insertion &#224; la Sauvegarde de l'enfant &#224; l'adulte (SEA)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='SEA - 19 rue Legraverend - 35000 Rennes. T&#233;l. 02 99 27 50 60' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De fait, le CCAS (Centre communal d'action sociale) a d&#233;l&#233;gu&#233; une grande partie de ses comp&#233;tences &#224; cette association qui existe en Ille-et-Vilaine depuis la moiti&#233; du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle. &lt;i&gt;&#171; Depuis quelques ann&#233;es, la Sauvegarde se sp&#233;cialise dans l'errance &#187;&lt;/i&gt;, ajoute Jean Rio.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des services g&#233;ographiquement &#233;clat&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Restructur&#233; l'&#233;t&#233; dernier, le p&#244;le pr&#233;carit&#233;-insertion s'appuie sur plusieurs structures : la CAO (coordination, accueil, orientation), le Puzzle (lieu d'accueil de jour), le service logement, l'&#233;lection de domicile et les &#233;quipes de quartier. Car &#224; Rennes, pas question d'une grande maison de la pauvret&#233; ou des SDF. Les services propos&#233;s sont implant&#233;s sur des lieux diff&#233;rents et ont leur autonomie propre, du moins du point de vue des utilisateurs. De fait, on peut fr&#233;quenter l'un sans conna&#238;tre l'autre. Mais pour les travailleurs sociaux de la Sauvegarde, tout est li&#233; : &lt;i&gt;&#171; C'est un des principes du p&#244;le pr&#233;carit&#233;-insertion : les intervenants sont tous des professionnels et tous multi-lieux &#187;&lt;/i&gt;, indique Jean Rio qui coordonne l'ensemble depuis cet &#233;t&#233;. Concr&#232;tement, ces travailleurs sociaux ont tous deux mi-temps dont un en &#233;quipe de rue. Et si la rue reste un point de contact privil&#233;gi&#233;, l'accueil des&lt;i&gt; &#171; errants &#187;&lt;/i&gt; dans une des structures est largement favoris&#233;. Dans ce cadre, la CAO est un &#233;l&#233;ment fondamental du sch&#233;ma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouverte tous les jours, sa premi&#232;re mission est de &lt;i&gt;&#171; r&#233;pondre &#224; l'urgence &#187;&lt;/i&gt;. Mais pour ses cinq animateurs, &lt;i&gt;&#171; elle ne peut s'arr&#234;ter l&#224; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;En acc&#232;s libre tous les apr&#232;s-midi et le samedi matin, la CAO re&#231;oit chaque jour une vingtaine de personnes.&lt;i&gt; &#171; Avant l'ouverture, nous appelons tous les centres d'h&#233;bergement afin de conna&#238;tre le nombre de places disponibles &#187;,&lt;/i&gt; pr&#233;vient Christophe Rozioux, moniteur-&#233;ducateur. Pour entrer &#224; la CAO, il faut d'abord sonner. Une des deux personnes de permanence accueille alors l'usager et le dirige soit dans la salle d'attente, soit dans la pi&#232;ce d'accueil. &lt;i&gt;&#171; Pour chaque visiteur, nous remplissons une fiche avec l'objet de la demande &#187;&lt;/i&gt;, poursuit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demande d'aide alimentaire, d'un h&#233;bergement, ou encore d'argent. En fait, &#224; l'accueil, les gens veulent partir avec une r&#233;ponse &#224; leur probl&#232;me. C'est soit un rendez-vous, un ticket-service d'une valeur de 5 e pour manger, ou un lit.&lt;i&gt; &#171; Notre travail est de concilier l'aide imm&#233;diate et le plus long terme. Nous rencontrons tr&#232;s souvent des &#171; demandes &#233;cran &#187;. D'o&#249; la proposition quasi-syst&#233;matique d'un rendez-vous pour faire un point complet sur la situation &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;taille Christophe Rozioux. Toutefois, l'&#233;quipe se r&#233;serve la possibilit&#233; d'accorder quelques tickets-service &#224; des personnes tr&#232;s loin de l'insertion : l'id&#233;e est de faciliter une prise de contact et de ne pas engendrer de &#171; fuite &#187;, notamment chez les usagers les plus jeunes. En effet, sur les 1 315 personnes accueillies en 2004, 73 % &#233;taient des hommes et pr&#232;s d'un tiers avait moins de 25 ans. Quant aux 25-35 ans, ils repr&#233;sentent 55 % du public.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des entretiens approfondis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le but de cet entretien est d'&#233;voquer toutes les facettes des probl&#232;mes du SDF : sant&#233;, accompagnement social, surendettement, papiers d'identit&#233;, logement, etc. &lt;i&gt;&#171; Trois quarts d'heure suffisent. Apr&#232;s, on essaie de partir sur un projet comme la r&#233;alisation d'une carte d'identit&#233; ou la recherche d'un logement, mais en identifiant bien tous les obstacles. Notre fonctionnement permet d'accompagner la personne pendant six mois &#187;&lt;/i&gt;, souligne Jean Rio. Malgr&#233; ce suivi d'un semestre financ&#233; par le conseil g&#233;n&#233;ral, la t&#226;che est ardue. &lt;i&gt;&#171; SDF n'est ni un statut, ni une identit&#233; mais un &#233;tat transitoire. Nous visons un retour &#224; une situation de citoyen ordinaire mais les &#233;tapes sont longues &#187;&lt;/i&gt;, admet Rapha&#235;l Ravon, &#233;ducateur &#224; la CAO. De surcro&#238;t, plus de la moiti&#233; des usagers de la CAO n'y sont venus qu'une seule fois ; ce qui limite bien s&#251;r la port&#233;e des actions engag&#233;es. &lt;i&gt;&#171; Cela signifie &#233;galement qu'il y a une grande circulation de l'errance. Contrairement, &#224; ce que beaucoup pensent, les gens ne se fixent pas &#224; Rennes &#187;&lt;/i&gt;, note Jean Rio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la CAO, les &#171; errants &#187; ont acc&#232;s &#224; des endroits de repos comme Le Fourneau, le restaurant social (g&#233;r&#233; par le CCAS de la Ville de Rennes) o&#249; l'on sert des petits-d&#233;jeuners et des d&#233;jeuners pour la somme d'un euro, ou encore le Puzzle qui propose une caf&#233;t&#233;ria, des douches et une laverie (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Puzzle-passerelle-et-lieu-d-orientation' class='spip_in'&gt;lire article&lt;/a&gt;). &lt;i&gt;&#171; L&#224;, on est dans la reprise de contacts. Le travailleur social est comme le p&#234;cheur &#224; la ligne, il regarde beaucoup. Quand &#231;a mord, il peut essayer de ferrer le poisson. Quand celui-ci est totalement au fond de l'eau, il sait attendre &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume Jean Rio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais jamais n'est perdu de vue l'objectif d'insertion. Et dans ce cadre, les services d'&#233;lection de domicile (EDD) ou de logement constituent des pierres angulaires du dispositif global. Pour l'EDD, rendue obligatoire par la loi de juillet 1992, deux &#233;ducateurs se relaient &#224; mi-temps depuis qu'en janvier 2005, le CCAS a confi&#233; cette t&#226;che &#224; la Sauvegarde. Install&#233; dans un bureau qui donne sur un jardin, ce service a d&#233;pann&#233; l'an pass&#233; un millier de personnes. &lt;i&gt;&#171; Nous sommes un point de passage pour un accompagnement qui sera effectu&#233; dans un autre cadre. Ici comme ailleurs, on rep&#232;re les difficult&#233;s de la personne, mais rarement au premier accueil &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne Jean-Yves Pottin, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#232;gle est simple : une pi&#232;ce d'identit&#233; et une photo suffisent pour b&#233;n&#233;ficier gratuitement de l'EDD pendant trois mois. Cependant, d'aucuns &#233;tudient la possibilit&#233; de le faire payer. &lt;i&gt;&#171; Demander une contribution permettrait &#224; l'usager de s'interroger sur le caract&#232;re provisoire ou non de l'&#233;lection de domicile &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;fend Jean-Yves Pottin. Car nombreux sont ceux qui au terme du trimestre demandent un renouvellement. &lt;i&gt;&#171; C'est pour nous l'occasion de poser les questions sur les raisons conduisant &#224; ce besoin de renouvellement, &#224; ce qu'ils ont fait ou pas pendant cette dur&#233;e, etc. &#187;&lt;/i&gt;, souligne Jean-Yves Pottin.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le logement pour pr&#233;texte&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;tage au-dessus, Annette Hennequin se d&#233;m&#232;ne pour accompagner ses interlocuteurs dans l'accession au logement. &lt;i&gt;&#171; A partir du logement, il est vraiment possible d'avoir un accompagnement social et &#233;ducatif. Le logement devient un pr&#233;texte, un levier sur lequel nous nous appuyons &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume-t-elle.&lt;br class='manualbr' /&gt;Depuis la mise en place du dispositif FAJ (Fonds d'aide aux jeunes) en novembre 2001, le service dispose de 17 logements sur le territoire de Rennes M&#233;tropole, soit un bassin de population de quelque 350 000 habitants. &lt;i&gt;&#171; Nous avons des studios ou des petits T1. Ainsi pouvons-nous loger des couples &#187;&lt;/i&gt;, se f&#233;licite-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2004, 66 personnes ont b&#233;n&#233;fici&#233; du dispositif dont 15 jusqu'en 2005. En revanche, 74 demandes n'ont pas pu aboutir : &lt;i&gt;&#171; 45 jeunes relevaient d'un accompagnement par notre service mais nous n'avions pas de place au moment de la demande &#187;&lt;/i&gt;, regrette la responsable. Fait inqui&#233;tant : plus de 70 % des b&#233;n&#233;ficiaires ont moins de 25 ans &lt;i&gt; &#187;. Ce sont les plus d&#233;sarm&#233;s et les plus d&#233;munis. Trois quarts d'entre eux viennent du d&#233;partement. Ils ont d&#233;j&#224; &#233;puis&#233; les solutions de d&#233;pannage et sont d&#233;j&#224; tr&#232;s install&#233;s dans la marginalit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;plore Annette Hennequin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, la d&#233;marche d'insertion est au c&#339;ur du projet : ouvrir son courrier, suivre sa formation, aller voir un employeur, constituer un dossier de surendettement. &lt;i&gt;&#171; L'id&#233;e-force c'est un contrat &#233;crit o&#249; le jeune s'engage. Quand il n'en respecte pas les termes, on n&#233;gocie le d&#233;part. On veut n&#233;anmoins toujours trouver quelque chose de positif pour que le jeune continue de s'accrocher &lt;/i&gt; &#187;, revendique-t-elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
La formule est tr&#232;s souple : les jeunes n'ont pas le statut de locataire mais d'&#171; h&#233;berg&#233; &#187;, paient le plus souvent un loyer (un euro par jour pour certains) et la dur&#233;e du bail est variable. Au final, cela va de quelques jours &#224; plusieurs mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ensuite, nous sommes confront&#233;s au probl&#232;me de la sortie : &#224; Rennes, il n'y a pas de logements et de surcro&#238;t, ils sont tr&#232;s chers &#187;&lt;/i&gt;, intervient Jean Rio. Ainsi, les listes d'attente pour une HLM sont-elles de l'ordre de deux ans et l'AIVS, agence immobili&#232;re &#224; vocation sociale cr&#233;&#233;e il y a une dizaine d'ann&#233;es, manque d'appartements. Mais la loi Borloo ouvre une petite fen&#234;tre : en collaboration avec la Mission Locale qui, avec la CAO, adresse pr&#232;s de 70 % des candidats au service &#171; logement &#187; de la Sauvegarde, un projet est &#224; l'&#233;tude. Au programme : huit nouveaux logements et un poste d'accompagnateur suppl&#233;mentaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;SEA - 19 rue Legraverend - 35000 Rennes. T&#233;l. 02 99 27 50 60&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Puzzle, passerelle et lieu d'orientation</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Puzzle-passerelle-et-lieu-d-orientation</link>
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		<dc:subject>784</dc:subject>

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&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;e en juillet 2000, cette maison du centre-ville de Rennes est ouverte chaque apr&#232;s-midi. Moyennant une participation aux frais, les personnes en errance y trouvent des sanitaires, des machines &#224; laver et un espace-d&#233;tente. Chaque ann&#233;e, Puzzle enregistre quelque 1100 passages &lt;br class='autobr' /&gt;
Derri&#232;re un grand portail vert, constamment ferm&#233; &#224; cl&#233;, se cache une petite maison aux huisseries peintes en jaune orang&#233;. Si vous sonnez, on viendra vous ouvrir. Mais avant que la clef ne tourne dans la serrure, vous aurez (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;e en juillet 2000, cette maison du centre-ville de Rennes est ouverte chaque apr&#232;s-midi. Moyennant une participation aux frais, les personnes en errance y trouvent des sanitaires, des machines &#224; laver et un espace-d&#233;tente. Chaque ann&#233;e, Puzzle enregistre quelque 1100 passages&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Derri&#232;re un grand portail vert, constamment ferm&#233; &#224; cl&#233;, se cache une petite maison aux huisseries peintes en jaune orang&#233;. Si vous sonnez, on viendra vous ouvrir. Mais avant que la clef ne tourne dans la serrure, vous aurez d&#233;j&#224; entendu le &#171; bonjour &#187; d'un des animateurs. &lt;i&gt;&#171; Avant m&#234;me d'avoir vu la personne, nous la saluons. La voix &#233;tonne toujours les gens. Ensuite, nous avons dix m&#232;tres pour engager le dialogue. Nous sommes en plein dans la p&#233;dagogie intrusive, nous allons sans cesse vers l'autre &#187;&lt;/i&gt;, explique Guy Andr&#233;, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#233;videmment, les dix m&#232;tres n&#233;cessaires &#224; gagner la maison suffisent rarement pour amorcer une conversation. Mais qu'importe, il faut toujours essayer. Les trois m&#234;mes questions reviennent toujours : Tu viens d'o&#249; ? Tu vas o&#249; ? O&#249; veux-tu t'enraciner ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le vouvoiement est &#233;galement utilis&#233;' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;&#171; Un chemin de quelques m&#232;tres comme celui-ci, c'est l'aller mais &#233;galement le retour. Aussi, raccompagnons-nous toujours les personnes &#187;&lt;/i&gt;, ajoute-t-il.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; d'un premier accueil, ce portail apparemment inhospitalier porte trois autres fonctions : il permet aux errants de laisser leurs chiens dans la cour (9 maximum), d'instaurer un rapport au territoire - bien souvent perdu chez ce public - et enfin d'assurer la s&#233;curit&#233; de tous.&lt;i&gt; &#171; En affirmant que n'importe qui n'y entre pas n'importe quand, nous gardons le lieu prot&#233;g&#233; &#187;&lt;/i&gt;, estime Jean Rio, responsable du p&#244;le pr&#233;carit&#233;-insertion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'int&#233;rieur, &#224; l'exception d'un bureau ferm&#233; qui &#224; l'occasion sert d'infirmerie, tous les espaces sont ouverts : de l'accueil, on aper&#231;oit les lavabos et le linge sale est d&#233;ball&#233; aux yeux de tous. Sur la gauche, la bagagerie est trop souvent monopolis&#233;e par les sacs des &#171; errants-s&#233;dentaires &#187;. Au fond, dans le coin &#171; d&#233;tente &#187;, bavardent, bouquinent ou s'occupent &#224; des jeux de soci&#233;t&#233; des personnes en peignoirs blancs pr&#234;t&#233;s par Puzzle le temps que le linge soit lav&#233; et s&#233;ch&#233;. D'autres viennent juste boire un caf&#233;, se r&#233;chauffer avec une soupe ou discuter avec des compagnons d'infortune. &lt;i&gt;&#171; Lorsqu'une personne arrive pour la premi&#232;re fois &#224; Puzzle, une consommation lui est toujours propos&#233;e gratuitement. Ensuite, c'est payant, 20 centimes d'euros. Nous ne sommes pas dans la charit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, insiste Guy Andr&#233;. M&#234;me chose pour l'utilisation des machines &#224; laver : 1 &#8364; pour la lessive, le lavage et le s&#233;chage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En permanence anim&#233; par deux travailleurs sociaux (infirmi&#232;res, &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s) souvent aid&#233;s d'un stagiaire, Puzzle est r&#233;gi par un r&#232;glement int&#233;rieur bas&#233; sur le respect des personnes et l'interdiction de consommer de l'alcool, de fumer du cannabis ou de s'injecter d'autres drogues. D'ailleurs, l'exclusion de certains usagers arrive de temps &#224; autre. Et pour envoyer un signal fort face aux consommations abusives, aux violences ou aux d&#233;gradations de mat&#233;riel, l'&#233;quipe a d&#233;j&#224; opt&#233; pour des fermetures temporaires. &lt;i&gt;&#171; Nous prenons parfois des sanctions mais il y toujours un signe positif en direction de la personne. Cela peut-&#234;tre une proposition d'accompagnement, de logement, de soin, etc. Nous veillons bien &#224; ce que la personne comprenne qu'elle n'est pas exclue de tous les endroits de la ville &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;fend Jean Rio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre la radio qui braille et les voix fortes de certains, les apr&#232;s-midi passent sans se ressembler. Pour s'occuper, les usagers ont &#224; leur disposition des jeux de soci&#233;t&#233;, une carte du monde ou encore un livre d'or. Mais pas question que les responsables organisent des activit&#233;s genre tournoi de belote ou de dames. &lt;i&gt;&#171; Il ne faut pas en faire des &#171; pauvres petits &#187;. De plus, notre attention serait monopolis&#233;e par les joueurs. Au contraire, nous devons &#234;tre disponibles &#224; tout moment pour chacun d'entre eux &#187;, &lt;/i&gt; revendique Guy Andr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;di&#233; aux personnes en errance, Puzzle est &#224; la fois une passerelle et un lieu d'orientation. Ici, Guy Andr&#233; et ses coll&#232;gues ne vont pas aider leurs &#171; clients &#187; &#224; b&#226;tir un nouveau projet de vie. Ils vont faire un bout de causette avec eux, les sensibiliser &#224; un probl&#232;me de sant&#233; ou encore leur pr&#234;ter le t&#233;l&#233;phone fixe pour appeler un proche. &lt;i&gt;&#171; Nous ne pouvons que faire &#233;merger des demandes, rarement y r&#233;pondre &#187;&lt;/i&gt;, admet Guy Andr&#233; qui a toujours dans sa poche un carnet contenant les pr&#233;cieuses coordonn&#233;es de coll&#232;gues sp&#233;cialis&#233;s, qui dans le logement, qui dans la drogue ou l'&#233;lection de domicile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouvert de 14h 30 &#224; 18h 30 sauf le lundi, Puzzle a fonctionn&#233; 296 jours en 2004. Aujourd'hui, la cohabitation avec les riverains de ce quartier chic se passe mieux (les plaintes pour aboiements ont &#233;t&#233; moins nombreuses) mais l'&#233;quipe d'animation attend toujours une chose : que Puzzle soit ouvert le matin. &lt;i&gt;&#171; Prendre une douche en plein milieu d'apr&#232;s-midi n'est pas une chose naturelle. M&#234;me si nos usagers ont parfois des pertes de rep&#232;res, leur permettre de se laver le matin serait b&#233;n&#233;fique &#187;&lt;/i&gt;, esp&#232;re-t-il.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le vouvoiement est &#233;galement utilis&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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