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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Quand la classe relais vient en aide aux jeunes en grande difficult&#233; scolaire</title>
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		<title> Jeunes en grande difficult&#233; scolaire</title>
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&lt;p&gt;Des enseignants et des travailleurs sociaux collaborent &#233;troitement pour tenter de sauver des &#233;l&#232;ves compl&#232;tement paum&#233;s. Objectif principal : les r&#233;ins&#233;rer dans un cursus classique et une vie normale. Explications sur un ambitieux projet qui veut &#233;viter la dramatique rel&#233;gation promise &#224; certains enfants &lt;br class='autobr' /&gt;
Les choix politiques en mati&#232;re d'&#233;ducation ont abouti depuis 25 ans &#224; la r&#233;duction des fili&#232;res d'orientation (le nombre des 4e et 3e technologiques sont en diminution d'ann&#233;e en ann&#233;e) et &#224; la (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des enseignants et des travailleurs sociaux collaborent &#233;troitement pour tenter de sauver des &#233;l&#232;ves compl&#232;tement paum&#233;s. Objectif principal : les r&#233;ins&#233;rer dans un cursus classique et une vie normale. Explications sur un ambitieux projet qui veut &#233;viter la dramatique rel&#233;gation promise &#224; certains enfants&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les choix politiques en mati&#232;re d'&#233;ducation ont abouti depuis 25 ans &#224; la r&#233;duction des fili&#232;res d'orientation (le nombre des 4e et 3e technologiques sont en diminution d'ann&#233;e en ann&#233;e) et &#224; la massification d'un enseignement dont l'objectif fix&#233; est bien de se montrer comp&#233;tent &#224; instruire et &#233;duquer, au travers du coll&#232;ge unique tous les &#233;l&#232;ves d'une m&#234;me classe d'&#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In&#233;vitablement, et tr&#232;s vite, s'est pos&#233;e la question de ces enfants marqu&#233;s par le refus total du savoir scolaire. L'Education nationale a con&#231;u trois types de dispositifs permettant de r&#233;pondre &#224; cette r&#233;alit&#233; : le &#171; dispositif en plus &#187;, qui pr&#233;voit une intervention ponctuelle d'un psychologue ou d'un &#233;ducateur aupr&#232;s du jeune en difficult&#233;. Le &#171; dispositif &#224; c&#244;t&#233; &#187; qui permet d'alterner des p&#233;riodes en classe ordinaire et des prises en charge de l'&#233;l&#232;ve &#224; certains moments ou en cas de trop grande tension : c'est le principe des classes sas. Enfin, le &#171; dispositif &#224; part &#187; qui pr&#233;voit un d&#233;tachement du jeune vers une scolarisation sp&#233;cifique : c'est le cas de la classe relais qui l'accueille &#224; temps complet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res classes relais datent de 1985. Mais, jusqu'en 1991, les pionni&#232;res restent bien isol&#233;es : on en d&#233;nombre alors pas plus de trois sur tout le territoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Les classes relais : &#233;tat des lieux Les dispositifs existants au cours de (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Puis, la violence en milieu scolaire aidant, la pertinence de ces exp&#233;riences finit par convaincre les autorit&#233;s, et en 1995, elles sont au nombre de 35. En 1996, de nombreuses instructions du minist&#232;re de l'Education nationale encouragent leur multiplication. Mais, c'est v&#233;ritablement la circulaire du 12 juin 1998 qui lance le mouvement de cr&#233;ation : &#171; C'est en nous r&#233;f&#233;rant &#224; ces exp&#233;riences r&#233;ussies que nous invitons les recteurs &#224; prendre l'initiative de cr&#233;er de nouvelles classes relais en coll&#232;ge quand le besoin s'en fait clairement sentir. &#187; En septembre 1999, 130 classes se sont implant&#233;es et la commande minist&#233;rielle en pr&#233;voit au total 200.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe relais ne concerne pas les &#233;l&#232;ves qui sont accueillis dans l'enseignement adapt&#233; ou sp&#233;cialis&#233; d&#233;j&#224; existant : SEGPA (ancienne SES), 4e d'aide et de soutien, 3e d'insertion, CIPPA. Elle n'est pas non plus destin&#233;e &#224; recevoir les adolescents qui n&#233;cessitent une prise en charge lourde dans les Centres &#233;ducatifs relevant du minist&#232;re de la justice ou de l'aide sociale &#224; l'enfance. La classe relais s'adresse &#224; ces jeunes qui sont en &#233;chec scolaire et qui pr&#233;sentent une extr&#234;me passivit&#233;, une attitude de repli et d'auto-d&#233;pr&#233;ciation syst&#233;matique, un refus de tout investissement r&#233;el et durable, &#224; ces adolescents qui ont construit leur r&#244;le de perturbateur &#224; partir de leur impossibilit&#233; &#224; s'inscrire dans le jeu scolaire&#8230; public particuli&#232;rement familier aux professionnels socio-&#233;ducatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'intelligence normale, ils se font n&#233;anmoins remarquer par leur absent&#233;isme plus ou moins chronique, leur refus du travail d'apprentissage ou des r&#232;gles de vie tant scolaires que sociales. Sur un coll&#232;ge de 500 &#233;l&#232;ves, cela ne concerne parfois pas plus d'une dizaine de jeunes qui n&#233;anmoins &#233;puisent les &#233;quipes p&#233;dagogiques et provoquent des situations qui, tr&#232;s vite, deviennent ing&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe relais va proposer &#224; ces jeunes en grande difficult&#233; deux types d'objectif. Cr&#233;er, tout d'abord, des conditions pour favoriser leur resocialisation : fixer des rep&#232;res, recadrer leurs comportements &#224; partir d'un certain nombre de normes qui ne sont pas celles de la rue mais celles du respect de l'autre, en un mot, leur faire vivre l'apprentissage de la vie sociale et collective. Ensuite, arriver &#224; les remotiver, en restaurant leur image d'&#233;l&#232;ves capables d'apprendre et de r&#233;ussir, expliciter aupr&#232;s d'eux les proc&#233;dures d'acquisition des savoirs, tout cela devant aboutir &#224; leur r&#233;int&#233;gration dans le syst&#232;me scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ambitieux projet implique d'&#233;viter toute id&#233;e de rel&#233;gation. L'orientation en classe relais ne peut en aucun cas &#234;tre le r&#233;sultat d'une sanction disciplinaire. Elle est d&#233;cid&#233;e par l'inspecteur d'acad&#233;mie qui s'appuie pour cela sur une commission d'admission. La demande en est faite par le coll&#232;ge d'origine qui doit justifier de tous les efforts engag&#233;s pour trouver des solutions en interne. Cette proposition est conditionn&#233;e par l'accord du jeune et de sa famille, certaines classes relais ayant m&#234;me institu&#233; la signature d'un contrat. En outre, elle est con&#231;ue comme une p&#233;riode transitoire qui doit aboutir &#224; un retour dans l'&#233;tablissement d'origine auquel le jeune continue d'appartenir, et ce, apr&#232;s une p&#233;riode modulable dans le temps qui peut aller de quelques semaines &#224; plusieurs mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de son s&#233;jour, le contact est maintenu avec les enseignants des &#233;tablissements d'origine afin de pr&#233;parer le retour du jeune. Cette proximit&#233; du syst&#232;me scolaire est aussi l'enjeu de la localisation de la classe relais. Dans la moiti&#233; des cas elle est int&#233;gr&#233;e dans un coll&#232;ge, ce qui a l'avantage d'&#233;viter l'ostracisme plus ou moins inh&#233;rent &#224; une mise &#224; part. Dans l'autre moiti&#233; des classes relais, le choix a &#233;t&#233; fait de favoriser la remotivation en cassant le cadre ancien responsable de l'&#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les p&#233;dagogies, qui sont employ&#233;es au sein des classes relais, tournent le dos aux m&#233;thodes de cours classiques et font largement appel aux ressources d'&#233;veil et aux supports attractifs. Les &#233;l&#232;ves s'y voient proposer une alternance entre les phases d'acquisition des notions de base (en fran&#231;ais comme en math&#233;matiques) et les phases d'activit&#233; de groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re dominante, c'est l'individualisation des apprentissages : &#224; partir de logiciels informatiques ou de fiches autocorrectives, le jeune fait le point sur l'&#233;tat de ses connaissances et tente de combler ses lacunes. En accord avec l'enseignant, il se fixe un objectif pr&#233;cis : acqu&#233;rir telle notion (la division &#224; virgule, les fractions, telle conjugaison&#8230;) ou d&#233;passer tel blocage. &#192; l'issue de sa d&#233;marche, le bilan est fait sur ce qui a pu &#234;tre assimil&#233; ou non et un nouveau contrat est &#233;tabli, reprenant ce qui n'a pas &#233;t&#233; int&#233;gr&#233; ou passant &#224; un autre apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, le travail collectif est incontournable si l'on veut progresser sur la socialisation. De nombreuses activit&#233;s en commun sont am&#233;nag&#233;es sur des cr&#233;neaux permettant une rem&#233;diation sociale : activit&#233;s sportives, culturelles (expression corporelle, th&#233;&#226;tre&#8230;), d&#233;couverte du milieu professionnel (visites d'entreprises), contact avec des intervenants ext&#233;rieurs. Les temps d'expression collective peuvent &#234;tre aussi un moment particuli&#232;rement important, tant en mati&#232;re de groupe de parole que d'&#233;laboration du r&#232;glement int&#233;rieur ou de conseil d'&#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut illustrer cette phase essentielle de la vie de la classe relais en donnant l'exemple de ce &#171; Grand conseil &#187; implant&#233; dans certaines d'entre elles et qui est directement inspir&#233; des m&#233;thodes Freinet et de la p&#233;dagogie institutionnelle. Il regroupe toutes les personnes mineures ou adultes concern&#233;es par le fonctionnement de la classe. Un jeune en tient la pr&#233;sidence &#224; tour de r&#244;le, un autre assure le secr&#233;tariat et sera charg&#233; de r&#233;diger le compte rendu. L'ordre du jour doit &#234;tre fix&#233; la veille au plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les v&#233;cus et incidents qui ont eu lieu au cours de la semaine y sont &#233;voqu&#233;s. Des sanctions peuvent y &#234;tre d&#233;cid&#233;es. C'est l&#224; un lieu d'expression et de propositions o&#249; les avanc&#233;es et les progr&#232;s, mais aussi les dysfonctionnements et difficult&#233;s peuvent &#234;tre nomm&#233;s et explicit&#233;s. C'est aussi l'endroit o&#249; l'on apprend &#224; ma&#238;triser la gestion des conflits. La parole s'y &#233;difie progressivement. Elle est, au d&#233;but, chaotique et non-construite, mais finit par s'ordonner et s'&#233;laborer dans une logique d'apprentissage de la citoyennet&#233; et du respect de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des aspects essentiels du dispositif est l'intervention de professionnels de l'Education nationale et de l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e dans de nombreuses classes relais. La Protection judiciaire de la jeunesse y prend une grande part. &#192; partir de 1976, les jeunes pris en charge par cet organisme (alors appel&#233;e Education surveill&#233;e) ont cess&#233; d'&#234;tre scolaris&#233;s en interne et ont relev&#233; du syst&#232;me de droit commun. Tr&#232;s vite, la n&#233;cessit&#233; d'une coop&#233;ration s'est av&#233;r&#233;e n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1985, une circulaire commune des ministres de la Justice et de l'Education nationale a fix&#233; le cadre d'une collaboration entre les deux administrations qui n'a cess&#233; depuis de s'amplifier. Le dernier recensement, en date de l'ann&#233;e 1998/1999 faisait &#233;tat de la pr&#233;sence d'&#233;ducateurs dans 65 % des dispositifs. Sur les 50 intervenants ainsi r&#233;pertori&#233;s, 40 &#233;taient issus de la PJJ, les 10 autres se r&#233;partissant entre des mises &#224; disposition des conseils g&#233;n&#233;raux et des professionnels directement salari&#233;s par les cr&#233;dits de fonctionnement des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la classe relais, il ne s'agit pas de proposer une fili&#232;re distincte, mais d'agir pour r&#233;duire l'&#233;cart entre ce que l'&#233;l&#232;ve est et ce qu'il devrait &#234;tre. Ce qu'on cherche &#224; r&#233;aliser, c'est bien une transformation suffisante du jeune permettant son retour en scolarit&#233; normale. Cela est jug&#233; possible d&#232;s lors qu'il manifeste des signes de changement manifeste quant &#224; son comportement en groupe, sa relation &#224; l'adulte et son rapport &#224; l'apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est justement l&#224; : m&#234;me si beaucoup de jeunes qui la fr&#233;quentent reconnaissent eux-m&#234;mes avoir trouv&#233; dans la classe relais un lieu de parole, d'&#233;coute et d'aide, cette communication &#233;tant alors cr&#233;atrice de lien social et d'&#233;ducation &#224; la citoyennet&#233;, l'&#233;volution des r&#233;sultats scolaires s'av&#232;re le plus souvent faible voire inexistante. D&#232;s lors, le retour dans l'&#233;tablissement d'origine est porteur de risques importants quant au renouvellement de l'&#233;chec scolaire quotidien, avec la r&#233;surgence in&#233;vitable des comportements ant&#233;rieurs : absence d'&#233;coute, agressivit&#233;, insultes, mutisme, fuite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, pour &#233;viter que la classe relais ne se referme sur elle-m&#234;me, encore faut-il que les conditions du retour en aval puissent &#234;tre am&#233;nag&#233;es. Pour les 15-16 ans, il y a toujours l'ouverture vers le pr&#233;apprentissage ou l'apprentissage plus tourn&#233; vers le projet professionnel. Pour les 12-14 ans, les deux ou trois ans de scolarisation qui subsistent constituent une perspective angoissante que le passage durant quelques mois en classe relais ne permet pas toujours de d&#233;passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre difficult&#233; &#233;voqu&#233;e, celle de l'approche d'une population particuli&#232;rement d&#233;licate &#224; prendre en charge. Les jeunes accueillis forment, en effet, un public des plus h&#233;t&#233;rog&#232;ne. Les causes de leur d&#233;scolarisation peuvent &#234;tre multiples : familiale, sociale, culturelle, psychologique, ce qui rend complexe la r&#233;ponse &#224; apporter du fait de sa dimension unique et originale devant correspondre au parcours &#224; chaque fois diff&#233;rent de l'&#233;l&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela rend parfois un peu compliqu&#233; les relations entre l'enseignant et l'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;. Le premier, de par sa culture professionnelle travaille sur l'&#233;l&#232;ve &#224; partir de ce qu'il attend de lui : le jeune devrait laisser &#224; la porte de la classe une partie de son histoire et adopter l'attitude ad&#233;quate pour &#234;tre en mesure d'entrer dans la relation p&#233;dagogique. Le second travaille avec le jeune dans la complexit&#233; du sujet, dans son historicit&#233; et sa singularit&#233;. L'un intervient sur les &#233;l&#232;ves et lui demande de faire, le second est plus dans l'accompagnement et dans le vivre avec. D'o&#249; les in&#233;vitables formes d'articulation qui vont de la franche opposition et incompr&#233;hension r&#233;ciproque &#224; la collaboration respectueuse des logiques propres &#224; chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les adultes intervenant dans ces structures sont volontaires et s'engagent &#224; partir de leurs capacit&#233;s &#224; entrer en relation avec des jeunes en grande difficult&#233;. Cela aboutit n&#233;anmoins &#224; une inversion de la m&#233;thodologie de projet. En fait, celui-ci n'est pas &#233;labor&#233; comme pr&#233;alable &#224; la s&#233;lection de comp&#233;tences pouvant permettre sa concr&#233;tisation. Mais, c'est &#224; partir du volontariat qui se manifeste et des comp&#233;tences qui s'av&#232;rent ainsi disponibles que se construit le projet. Ce qui n'est pas sans poser de probl&#232;me en mati&#232;re de coh&#233;rence du dispositif dont l'une des grandes faiblesses se situe bien dans son &#233;valuation et la construction d'une m&#233;thodologie reproductible et mutualisable, les acteurs &#233;tant par ailleurs, souvent trop happ&#233;s par la gestion du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes relais renvoient &#224; l'Education nationale les limites de l'ambition du coll&#232;ge unique. Le d&#233;sir qu'elles v&#233;hiculent d'une r&#233;int&#233;gration plus ou moins rapide dans le syst&#232;me scolaire se heurte aux difficult&#233;s extr&#234;mes des jeunes qui ne vont pas reconstruire en quelques mois ce que des ann&#233;es d'&#233;cole n'ont pas permis d'&#233;laborer. D&#232;s lors, on peut se poser la question d'un dispositif alibi qui permettrait de se voiler la face et de se donner bonne conscience et s'interroger sur la n&#233;cessit&#233; d'une r&#233;flexion bien plus approfondie quant &#224; l'am&#233;nagement de conditions de retour dans le circuit ordinaire qui tiendrait compte de la sp&#233;cificit&#233; de ces publics. Mais n'est-ce pas l&#224; remettre en cause le sacro-saint postulat de la m&#234;me offre d'apprentissage offerte &#224; toutes et &#224; tous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des solutions existent, telles celles propos&#233;es par Marie-Danielle Pierrel&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Pourquoi vos enfants s'ennuient en classe, Marie-Danielle Pierrel&#233;e &amp; (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui concernent la r&#233;organisation du mode de fonctionnement des coll&#232;ges : instauration d'un syst&#232;me de tutorat, un professeur prenant en charge un groupe de dix &#233;l&#232;ves, les accueillant en d&#233;but de chaque journ&#233;e et les suivant dans leur itin&#233;raire scolaire, servant de m&#233;diateur tant par rapport aux autres professeurs qu'aux parents, diminution massive des horaires de cours qui doivent cesser de vouloir remplir une ambition encyclop&#233;dique, abandon du groupe-classe au profit de groupes de niveau o&#249; chaque enfant trouverait sa place en fonction de ses aptitudes (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Il-faudrait-que-les-eleves-se-sentent-bien-et-heureux' class='spip_in'&gt;lire l'interview de Gabriel Cohn Bendit&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; faire face &#224; la fantastique masse d'inertie d'un corps enseignant d'autant plus conservateur que les conditions d'enseignement qu'il s'agit ainsi de moduler sont justement celles qui ont pr&#233;sid&#233; &#224; leur propre r&#233;ussite. Alors, plut&#244;t que de tout vouloir r&#233;former, peut-&#234;tre faut-il commencer par donner la possibilit&#233; aux instits et aux profs qui veulent bien se lancer dans des actions exp&#233;rimentales, de le faire. Cela ne co&#251;tera pas bien cher, sauf &#224; bousculer quelques vieilles habitudes. Pour autant, les enjeux sont de taille : il en va de l'avenir de l'&#233;cole, de la s&#233;r&#233;nit&#233; de l'atmosph&#232;re qui y r&#232;gne et de la construction de la citoyennet&#233; d'une g&#233;n&#233;ration qui demain sera adulte.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un dispositif relais anti-d&#233;crochage original, mais qui, h&#233;las, ne connait pas le succ&#232;s m&#233;rit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion est venue de l'Education nationale et des associations de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e du d&#233;partement de Loire Atlantique : comment arriver &#224; remobiliser les &#233;l&#232;ves qui manquent beaucoup l'&#233;cole et quand ils y sont pr&#233;sents ne l'investissent pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ainsi &#233;t&#233; con&#231;ue l'id&#233;e d'organiser des semaines de sensibilisation qui seraient v&#233;cues en internat, par un groupe de 8 jeunes &#171; d&#233;crocheurs &#187; et les adultes les encadrant. Deux lieux &#233;loign&#233;s des villes ont &#233;t&#233; trouv&#233;s l'un pour un groupe de Nantes, l'autre pour un groupe de Saint-Nazaire. Quatre semaines avaient &#233;t&#233; pr&#233;vues, r&#233;parties dans l'ann&#233;e scolaire 1998/1999. Seules les trois premi&#232;res semaines ont pu &#234;tre financ&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque jeune partait de son &#233;tablissement avec une liste de t&#226;ches scolaires &#224; accomplir &#233;tablie par ses professeurs. Le matin, un certain nombre d'enseignants volontaires (en anglais, fran&#231;ais, math, histoire-g&#233;o et technologie) assuraient des cours, un second prof &#233;tant pr&#233;sent dans la classe en doublure pour reprendre avec les jeunes les phases de travail individuel demand&#233; ou les reformulations n&#233;cessaires. En cas de trop grande tension, l'un ou l'autre des &#233;l&#232;ves pouvait sortir et &#233;tait alors accueilli par un &#233;ducateur de pr&#233;vention qui faisait le point avec lui et l'aidait &#224; se remobiliser afin de pouvoir tr&#232;s vite r&#233;int&#233;grer le cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apr&#232;s-midi &#233;tait r&#233;partie entre la r&#233;alisation du travail scolaire fix&#233; par l'&#233;quipe enseignante d'origine et des activit&#233;s collectives (&#233;quitation et voile). L'ensemble &#233;tait programm&#233; sur un planning clair et pr&#233;cis. Les moments de vie d'internat &#233;taient assur&#233;s par l'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;. Chaque soir &#233;tait l'occasion d'un bilan de journ&#233;e. &#192; l'issue de la semaine, un bilan g&#233;n&#233;ral &#233;tait effectu&#233;, le jeune s'engageant dans une r&#233;solution qu'il devait tenir lors du retour dans son coll&#232;ge et qui &#233;tait adress&#233;e au prof principal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;rience tr&#232;s co&#251;teuse n'a pas &#233;t&#233; reconduite l'ann&#233;e suivante. Elle a permis de noter n&#233;anmoins la tr&#232;s grande mobilisation des enseignants engag&#233;s sur les semaines d'internat (leur intervention &#233;tant assur&#233;e en plus de leur emploi du temps) mais le peu d'investissement des &#233;quipes p&#233;dagogiques des &#233;tablissements d'origine (ainsi sur les 8 &#233;l&#232;ves de la premi&#232;re semaine dans l'un des groupes seul un est arriv&#233; avec des consignes claires de travail scolaire &#224; r&#233;aliser).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre difficult&#233;, celle concernant l'articulation entre les profs et les &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s un peu trop confondus par les premiers avec des agents de surveillance. La culture professionnelle diff&#233;rente n'a pas permis un travail d'&#233;quipe, ni une articulation pertinente, d&#233;montrant la n&#233;cessit&#233; d'une meilleure connaissance mutuelle pour arriver &#224; vraiment travailler ensemble.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Les classes relais : &#233;tat des lieux&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Les dispositifs existants au cours de l'ann&#233;e 1998/1999 ont fait l'objet d'une &#233;valuation quantitative qui permet de se repr&#233;senter les contours des classes relais. Elles re&#231;oivent en moyenne 6 &#224; 8 &#233;l&#232;ves &#226;g&#233;s de 13 &#224; 14 ans sur une dur&#233;e allant de 4 &#224; 5 mois, ce qui repr&#233;sente 20 &#224; 25 jeunes sur l'ann&#233;e scolaire. Les enseignants sont &#224; 70 % des instituteurs sp&#233;cialis&#233;s, les professeurs intervenant plus ponctuellement dans leur discipline. Les autres acteurs sont les &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s, les aides-&#233;ducateurs, ainsi que les autres professionnels du coll&#232;ge en certaines occasions : assistante sociale, infirmi&#232;re, m&#233;decin scolaire, conseiller d'&#233;ducation, conseiller d'orientation professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pourquoi vos enfants s'ennuient en classe, Marie-Danielle Pierrel&#233;e &amp; Agn&#232;s Baumier, &#233;d. Syros, 1999. &lt;a href=&#034;http://ad.zanox.com/ppc/?15085919C80744305T&amp;ULP=http://www3.fnac.com/advanced/book.do?isbn=2841466493&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Commander ce livre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Il faudrait que les &#233;l&#232;ves se sentent bien et heureux</title>
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&lt;p&gt;Gabriel Cohn Bendit, p&#233;dagogue en retraite a &#233;t&#233; l'initiateur en 1982 du Lyc&#233;e exp&#233;rimental de Saint-Nazaire (qui fonctionne encore aujourd'hui) ainsi que du Groupement des retrait&#233;s &#233;ducateurs sans fronti&#232;res qui intervient dans diff&#233;rents pays du tiers-monde et a d&#233;j&#224; propos&#233; au minist&#232;re de l'Education nationale de venir renforcer les &#233;quipes p&#233;dagogiques dans les &#233;tablissements sensibles. Il a propos&#233; d'ouvrir sur le territoire une demi-douzaine de coll&#232;ges pionniers inspir&#233;s des m&#233;thodes propos&#233;es par (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Gabriel Cohn Bendit, p&#233;dagogue en retraite a &#233;t&#233; l'initiateur en 1982 du Lyc&#233;e exp&#233;rimental de Saint-Nazaire (qui fonctionne encore aujourd'hui) ainsi que du Groupement des retrait&#233;s &#233;ducateurs sans fronti&#232;res&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='GREF : 28 bd Bonne nouvelle - 75010 Paris. T&#233;l. 01 45 23 10 81 - Fax 01 48 (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui intervient dans diff&#233;rents pays du tiers-monde et a d&#233;j&#224; propos&#233; au minist&#232;re de l'Education nationale de venir renforcer les &#233;quipes p&#233;dagogiques dans les &#233;tablissements sensibles. Il a propos&#233; d'ouvrir sur le territoire une demi-douzaine de coll&#232;ges pionniers inspir&#233;s des m&#233;thodes propos&#233;es par Marie-Danielle Pierrel&#233;e et a &#233;t&#233; re&#231;u par Jack Lang &#224; ce sujet&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est votre sentiment sur l'&#233;volution de l'&#233;cole depuis une trentaine d'ann&#233;es. Tout est parti d'une bonne intention : renoncer &#224; la s&#233;lection qui s'est concr&#233;tis&#233;e, notamment, par ce coll&#232;ge unique qui continue encore aujourd'hui sur sa lanc&#233;e avec les projets de suppression des 4e technologiques&#8230; R&#233;sultat : quasiment toute une classe d'&#226;ge se retrouve de la 6e &#224; la 3e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, le fils de prolo ou de paysan allait en apprentissage apr&#232;s son certificat d'&#233;tude primaire. Celui des classes moyennes allait dans les lyc&#233;es et &#224; l'universit&#233;. C'&#233;tait clair : les enfants de pauvres suivaient une fili&#232;re pour les pauvres, ceux de riches allaient dans une fili&#232;re r&#233;serv&#233;e aux classes moyennes et sup&#233;rieures. Aujourd'hui le seul changement c'est qu'on fait la m&#234;me chose avec la quasi totalit&#233; d'un groupe d'&#226;ge qu'on faisait il y a cinquante ans avec seulement 20 % des &#233;l&#232;ves. Comment s'&#233;tonner alors qu'ils veuillent s'affirmer autrement ? Si on ne peut briller en classe, il ne reste plus qu'&#224; devenir un ca&#239;d dans la cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mouvement enseignant qui a eu lieu au cours des derniers mois a surtout revendiqu&#233; plus de moyens. N'est-ce pas une fa&#231;on de faire toujours plus de la m&#234;me chose sans s'interroger sur ce que l'on fait ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui lui manque avant tout ce sont des id&#233;es g&#233;n&#233;reuses. Il faut d'abord red&#233;finir le contenu de l'enseignement en le faisant correspondre aux fantastiques &#233;volutions des sciences humaines et de la nature. Actuellement 90 % des contenus ne donnent pas de plaisir aux &#233;l&#232;ves. Certains profs r&#233;ussissent &#224; les passionner par ce qu'ils sont ou par ce qu'ils disent. Mais la majorit&#233; n'y arrive pas. Le travail collectif s'impose comme une n&#233;cessit&#233; incontournable : les profs ne peuvent plus travailler en ignorant ce que font les autres. Pendant longtemps, l'instituteur comme le professeur participaient au m&#234;me titre que le p&#232;re, le cur&#233; ou le d&#233;put&#233; au maintien de la soumission &#224; l'autorit&#233;. Ce mod&#232;le a fait faillite. Certains pr&#233;tendent que les enseignant seraient laxistes et les parents d&#233;missionnaires. Je ne suis pas d'accord. La soci&#233;t&#233; ne fonctionne plus comme auparavant, en s'appuyant sur la soumission &#224; l'autorit&#233;. Les valeurs d'aujourd'hui c'est d&#233;montrer et convaincre. Ce qui nous manque, c'est un syst&#232;me d'adh&#233;sion bas&#233; sur la conviction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais pour faire &#233;voluer les choses, il faut que les acteurs principaux que sont les profs soient d'accord. Qu'en est-il de la volont&#233; de changement du corps enseignant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un foss&#233; s'est creus&#233; entre eux et les &#233;l&#232;ves. Pendant longtemps, il y avait coh&#233;rence entre leur origine sociale respective. Les instituteurs et la majorit&#233; des enfants &#233;taient de milieu populaire. Au lyc&#233;e, les professeurs &#233;taient comme les lyc&#233;ens issus des classes moyennes. Aujourd'hui, il y a divorce. Le recrutement des profs de coll&#232;ges de banlieue devrait passer &#224; mon avis par deux mois de colonie avec les gamins qu'ils vont avoir en classe ensuite. Apr&#232;s cela, s'ils sont toujours motiv&#233;s, on peut les envoyer dans les coll&#232;ges. Pour bien travailler, je crois qu'il faut d'abord avoir envie d'&#234;tre avec ces m&#244;mes et ces ados. Il faut aussi savoir donner envie aux &#233;l&#232;ves d'apprendre et de comprendre. La plupart des profs ne peuvent pas comprendre qu'on ne puisse pas comprendre. Les erreurs sont le signe pour eux d'un manque de travail alors qu'il s'agit d'un blocage inh&#233;rent &#224; un autre syst&#232;me culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#234;tes tr&#232;s critique face au syst&#232;me scolaire. Que proposez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie-Danielle Pierrel&#233;e a &#233;t&#233; &#224; l'initiative, en d&#233;but d'ann&#233;e, d'une p&#233;tition (&#171; halte au massacre des intelligences : manifeste pour une &#233;cole cr&#233;atrice d'humanit&#233; &#187;) qui propose de lancer des exp&#233;rimentations dans un nombre significatif d'&#233;tablissements anim&#233;s par des enseignants volontaires. Des milliers de signatures ont &#233;t&#233; r&#233;colt&#233;es. L'id&#233;e est simple. Organisons des dispositifs pilotes o&#249; l'on applique des p&#233;dagogies actives qui ont fait leur preuve depuis 50 ans. &#192; l'issue d'un d&#233;lai fix&#233;, on &#233;value l'efficacit&#233; des approches propos&#233;es. On pourrait m&#234;me proposer des exp&#233;riences o&#249; on laisserait 15 &#233;l&#232;ves par classe avec des m&#233;thodes traditionnelles et ensuite on compare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la question qui se pose pour beaucoup de m&#244;mes, c'est bien de savoir pourquoi il ferait des efforts quand le grand fr&#232;re avec le Bac gal&#232;re l&#224; o&#249; le grand fr&#232;re sans Bac se d&#233;brouille bien mieux en dealant. Cette relation entre la soci&#233;t&#233; et le syst&#232;me scolaire est compliqu&#233;e, ce dernier ne pouvant tout changer &#224; lui tout seul. Tout d'abord, il faut &#234;tre clair : l'&#233;cole n'est pas un ascenseur social. Elle ne fait que s'adapter aux besoins de l'&#233;conomie. Quand la soci&#233;t&#233; a eu besoin de salari&#233;s plus form&#233;s, l'&#233;cole a r&#233;pondu &#224; cette demande en organisant les promotions correspondantes. Aussi ne peut-on lui demander de r&#233;organiser le fonctionnement d'une soci&#233;t&#233; profond&#233;ment in&#233;galitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au contraire, ce qu'elle fait aujourd'hui, c'est surtout de renforcer les structures hi&#233;rarchiques. Si l'&#233;cole ne peut pas supprimer les classes sociales ni leur reproduction, elle peut n&#233;anmoins faire en sorte de ne pas aggraver les avantages acquis. Ce qui est possible de garantir, c'est l'acquisition de comp&#233;tences minimales que sont l'&#233;criture, la lecture, la r&#233;flexion. Je reste convaincu que ce qui importe ce n'est pas tant ce qui se pr&#233;pare &#224; l'&#233;cole mais ce qui s'y vit. Ce qui m'a beaucoup choqu&#233; ces derniers mois c'est l'histoire de cette gamine qui accouche dans les toilettes de son lyc&#233;e ou ce jeune qui se fait torturer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'il n'y ait pas eu un prof capable d'entendre la souffrance ou la d&#233;tresse de ces jeunes est tr&#232;s significatif. Je revendique qu'on r&#233;humanise une machine qui est devenue trop froide et impersonnelle. Cela peut trouver une solution au travers de ces tutorats qui placeraient un prof tr&#232;s proche de 10 ou 15 gamins, faisant le point avec eux une fois par semaine sur leurs difficult&#233;s ou leurs probl&#232;mes. L'&#233;cole doit &#234;tre une communaut&#233; de vie o&#249; chacun doit se sentir bien et m&#234;me heureux. &#192; raison de 6 heures par jour pendant 20 ans, l'&#234;tre humain passe le quart de sa vie &#224; l'&#233;cole. On ne peut accepter plus longtemps qu'il la vive sous une contrainte faite d'angoisse et d'anxi&#233;t&#233; alors que ce n'est pas si difficile de bien faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous connaissez bien l'argument de certains enseignants qui disent qu'ils ne sont pas l&#224; pour &#233;duquer mais pour transmettre un savoir. &#201;duquer serait du ressort de la famille&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui pr&#233;tendent qu'ils ne font qu'instruire &#233;duquent comme tous les autres. Ils &#233;duquent m&#234;me de fa&#231;on obsessionnelle. Ils exigent la ponctualit&#233;. Ils sanctionnent toute parole m&#234;me murmur&#233;e &#224; son voisin. Demander ou donner un renseignement est interdit. On travaille seul. Le moindre d&#233;placement, y compris pour aller aux toilettes, suppose l'autorisation du ma&#238;tre. Seul ce dernier peut distribuer la parole, y compris en obligeant &#224; parler. Les &#233;l&#232;ves sont assis c&#244;te &#224; c&#244;te et les uns derri&#232;re les autres pour ne pas communiquer entre eux. La seule question qui se pose n'est donc pas : instruction ou &#233;ducation, mais quelle &#233;ducation ? &#201;ducation &#224; l'individualisme, &#224; la comp&#233;tition &#224; la soumission &#224; l'autorit&#233; ou &#233;ducation &#224; l'entraide &#224; l'autonomie et &#224; la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, nos &#233;tablissements scolaires actuels fabriquent des moutons ou des casseurs mais s&#251;rement pas des citoyens. Ils ne laissent vraiment le choix qu'entre la soumission et la r&#233;volte. C&#233;lestin Freinet et l'ensemble des mouvements de p&#233;dagogie active ont pourtant prouv&#233; qu'on pouvait faire autrement. D&#232;s la maternelle, on peut cr&#233;er des conseils d'&#233;l&#232;ves o&#249; la petite collectivit&#233; apprend &#224; prendre des d&#233;cisions, &#224; &#233;laborer des r&#232;gles de vie, &#224; g&#233;rer des conflits. Et, au fur et &#224; mesure que les enfants grandissent, les champs de d&#233;cision s'&#233;tendent. C'est cet exercice qui fera des &#233;l&#232;ves des citoyens d&#233;mocrates. La violence &#224; l'&#233;cole est le r&#233;sultat de ce manque de d&#233;mocratie. Jusqu'&#224; ces derni&#232;res ann&#233;es les &#233;l&#232;ves se soumettaient passivement &#224; l'autorit&#233;, les rares fortes t&#234;tes &#233;taient exclues et tout rentrait dans l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le nombre de ces fortes t&#234;tes a beaucoup augment&#233; et les enseignants n'arrivent plus &#224; imposer leur autorit&#233;. Tout au contraire, l'&#233;cole doit &#234;tre un lieu d'apprentissage de la d&#233;mocratie et de la citoyennet&#233;. La responsabilit&#233; des enseignants est donc engag&#233;e dans l'existence de la violence qu'on d&#233;nonce avec v&#233;h&#233;mence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;GREF : 28 bd Bonne nouvelle - 75010 Paris. T&#233;l. 01 45 23 10 81 - Fax 01 48 01 08 69&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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