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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Comment faire face aux insultes des usagers ?</title>
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		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>1341</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les insultes des usagers sont monnaie courante dans nos professions. Vieux marronnier, il n'y a pourtant pas de fatalit&#233; &#224; les subir, lorsque l'on peut les penser et y r&#233;pondre de mani&#232;re adapt&#233;e, sur le terrain, comme s'y pr&#233;parer en formation initiale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Ludivine Spanneut, formatrice en travail social &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment le sujet des insultes des usagers &#224; l'endroit des travailleurs sociaux est-il pris en compte, travaill&#233; dans le cadre de la formation ? Je dois dire qu'&#224; chaud, je me suis demand&#233; si (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Paroles-de-me%CC%81tiers" rel="directory"&gt;Paroles de me&#769;tiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Violence-391" rel="tag"&gt;Violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1341-" rel="tag"&gt;1341&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les insultes des usagers sont monnaie courante dans nos professions. Vieux marronnier, il n'y a pourtant pas de fatalit&#233; &#224; les subir, lorsque l'on peut les penser et y r&#233;pondre de mani&#232;re adapt&#233;e, sur le terrain, comme s'y pr&#233;parer en formation initiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Ludivine Spanneut, formatrice en travail social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comment le sujet des insultes des usagers &#224; l'endroit des travailleurs sociaux est-il pris en compte, travaill&#233; dans le cadre de la formation ? Je dois dire qu'&#224; chaud, je me suis demand&#233; si j'aurais suffisamment de mati&#232;re &#224; apporter sur le sujet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce que ce sujet n'est pas trait&#233; en tant que tel et isol&#233;ment en formation. Il rel&#232;ve plus largement du positionnement professionnel dans la relation d'aide. Il est travaill&#233; de fa&#231;on transversale, autant dans le cadre des domaines de comp&#233;tences &#171; c&#339;ur de m&#233;tier &#187; qu'au travers des cours relatifs &#224; la communication, au travail d'&#233;quipe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je remarque chez les travailleurs sociaux en formation initiale ou continue des r&#233;actions h&#233;t&#233;rog&#232;nes face aux insultes. Certains ont int&#233;gr&#233; le fait de se faire insulter comme &#171; un allant de soi &#187; faisant partie du job et ne les rel&#232;vent pas, plus, ou peu. D'autres au contraire r&#233;agissent, voire surr&#233;agissent, se mettant parfois au m&#234;me niveau que les personnes accueillies. D'autres encore attendent que ce soit l'institution qui sanctionne les personnes insultantes. Chacun interpr&#232;te subjectivement l'insulte - et y r&#233;agit - tout aussi subjectivement.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s lors, il est n&#233;cessaire qu'au cours de leur formation les &#233;tudiants prennent conscience que se faire insulter ne fait pas partie de la fiche de poste, mais qu'&#224; l'instar d'autres m&#233;tiers qui symbolisent &#171; la loi, l'&#201;tat &#187; pour les usagers, les travailleurs sociaux sont expos&#233;s &#224; ce risque ; que bien souvent lorsqu'ils re&#231;oivent une insulte de la part d'un usager, elle ne leur est pas destin&#233;e personnellement, mais destin&#233;e &#224; ce qu'ils repr&#233;sentent professionnellement et institutionnellement, et m&#234;me symboliquement, pour la personne. C'est un poncif de dire que chaque &#234;tre humain a un seuil de tol&#233;rance diff&#233;rent vis-&#224;-vis de ce qu'il interpr&#232;te comme &#233;tant insultant. Un cadre institutionnel r&#233;fl&#233;chi en &#233;quipe, et associant les usagers, doit donc &#234;tre pens&#233; pour contenir et border cette &#233;vidente subjectivit&#233;, pour que les travailleurs sociaux ne r&#233;agissent pas en tant que personne mais en tant que professionnel, et que chacun dans l'institution - usagers et travailleurs sociaux - se sente prot&#233;g&#233;. Lorsque les positionnements professionnels et institutionnels sont justes, coh&#233;rents, solides, alors ils sont &#171; pr&#233;ventifs &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En formation, nous travaillons donc &#171; les r&#233;ponses &#187; autour de la relation &#233;ducative, l'&#233;coute active, la communication non violente, la gestion des conflits, des &#233;motions&#8239;etc. Ces cours visent &#224; &#171; outiller &#187; les futurs professionnels pour qu'ils prennent aussi conscience de ce qui se joue dans leur relation &#224; l'usager. Il y a souvent derri&#232;re l'insulte une &#233;motion, col&#232;re, tristesse, d&#233;ception, d&#233;sarroi&#8239;etc. Une maman &#224; qui on annonce que son enfant va &#234;tre plac&#233; a le droit d'&#234;tre triste et en col&#232;re. Si elle m'insulte, ce n'est pas moi qu'elle insulte mais ce que je repr&#233;sente pour elle &#224; ce moment-l&#224; de notre relation. Il s'agit de d&#233;coder ce qui se cache derri&#232;re l'insulte pour acc&#233;der &#224; l'&#233;motion, l&#233;gitime pour la personne. &lt;span class='spip_document_7014 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH452/capture_d_e_cran_2023-05-31_a_08.11.10-d9685.png?1693480847' width='400' height='452' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; C'est aussi au travailleur social, qui occupe la &#171; position haute &#187; dans la relation d'aide, d'amener la personne &#224; mettre des mots sur ses &#233;motions de la fa&#231;on la plus adapt&#233;e et apais&#233;e possible. Et parfois quand on ne ma&#238;trise pas les grands mots, la seule fa&#231;on d'exprimer ses &#233;motions c'est avec les gros mots.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Jean-Marie Vauchez, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, membre du haut conseil du travail social (HCTS) et formateur &#224; l'&#233;cole de la protection de l'enfance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ta m&#232;re &#224; poil dans un bocal &#187;&lt;/i&gt;. Apr&#232;s 30 ans de m&#233;tier d'&#233;duc, s'il y a une insulte dont je devrais me souvenir, c'est bien celle-ci. C'&#233;tait l'&#233;poque des &#171; ta m&#232;re &#187;, que je n'entends plus gu&#232;re. Elle est nimb&#233;e de la nostalgie de mes premi&#232;res ann&#233;es d'&#233;duc et je n'en vois plus maintenant que les r&#233;sonances po&#233;tiques et les accents surr&#233;alistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Combien d'insultes en 30 ans de m&#233;tier ? beaucoup ! il y a celles qui fusent alors que la tension est &#224; son maximum et qui sonnent comme une alerte qu'il faut savoir d&#233;coder, rep&#233;rer avant d'agir en cons&#233;quence. Il y a celles prononc&#233;es avec un petit sourire en coin, sur le ton d'une gal&#233;jade phoc&#233;enne, qui tiennent plus de la connivence que de l'outrance. Il y a celles impr&#233;gn&#233;es de d&#233;dain et de suffisance, qui ne visent qu'&#224; rabaisser et humilier. Il y a encore celles qui sont le signe d'un trop-plein, d'une situation intenable.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 30 ans, j'ai appris &#224; les &#233;couter et &#224; tenir compte des mots qui les composent. Est-ce donc un hasard si le &#171; ta m&#232;re &#187; &#233;voque justement cette figure maternelle qui est tellement malmen&#233; ou malmenante pour celui qui la prononce ? Celle-l&#224; m&#234;me dont la fonction premi&#232;re serait justement d'apporter une s&#233;curit&#233; &#224; l'enfant, et qui lui fait autant d&#233;faut ? &#171; L'encul&#233; &#187; traduit de mani&#232;re, presque explicite le trouble des adolescents face aux &#233;motions qui les assaillent. Or, parfois, leurs propres corps donnent des signes troublants qui indiquent que leur sexualit&#233; n'est pas tourn&#233;e vers le sexe f&#233;minin de mani&#232;re aussi claire qu'ils ne le voudraient. Et lorsqu'on doit d&#233;fendre sa place dans la bande, quoi de mieux qu'un vocabulaire outrageusement viril&#8230; Bref, quand on a commenc&#233; &#224; entendre les mots qui sont derri&#232;re les insultes, on se prend rapidement au jeu !&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'&#233;cole d'&#233;duc, on m'a expliqu&#233; qu'il ne fallait pas prendre pour soi les insultes qu'on allait recevoir dans nos pratiques. On m'avait dit, s&#251;rement &#224; raison, que chaque &#233;duc devrait avoir lu Rouzel et plus particuli&#232;rement &lt;i&gt;&#171; le transfert dans la relation &#233;ducative &#187;&lt;/i&gt; (1). C'est un chouette bouquin o&#249; l'auteur explique que l'&#233;ducateur est un &#171; fonctionnaire &#187; c'est-&#224;-dire qu'il doit occuper une fonction pour la personne qu'il accompagne. Lorsqu'une insulte est prononc&#233;e &#224; l'endroit d'un &#233;ducateur, elle ne l'est pas tant &#224; la personne, mais &#224; ce qu'elle repr&#233;sente : lorsque j'incarne une fonction plut&#244;t centr&#233;e sur le besoin de limites et de cadre d'une personne, alors il est pr&#233;visible que je sois l'objet de sa frustration. En revanche, lorsque mon boulot est de contribuer &#224; la s&#233;curisation d'une personne qui a besoin d'&#234;tre rassur&#233;e, alors ma r&#233;ponse &#224; la m&#234;me insulte sera toute autre ! En prenant les choses ainsi, je peux recevoir des propos blessants sans me sentir atteint puisque je sais qu'ils ne s'adressent pas &#224; ma personne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; tout, il faut bien dire qu'une insulte, &#231;a fait mal ! C'est fait pour, d'ailleurs ! On peut bien avoir lu tout Rouzel, Freud et Lacan r&#233;unis que les mots touchent souvent l&#224; o&#249; l'on est le plus fragile. Winnicott, dans un bel article, disait que le m&#233;tier d'&#233;ducateur consiste &#224; survivre (2). Il nous encourage &#224; ne pas abdiquer de notre fonction d'&#233;ducateur en se laissant aller &#224; la vengeance. Parfois les mots simples ont du bon !!! Alors, si 30 ann&#233;es de pratiques servent &#224; quelque chose, je peux dire que je n'h&#233;site plus &#224; me mettre en retrait lorsque je me sens trop atteint.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) J. Rouzel, &lt;i&gt;Le transfert dans la relation &#233;ducative&lt;/i&gt;, &#233;d. Dunod.
(2) &lt;i&gt;Le placement en institution consid&#233;r&#233; comme th&#233;rapeutique, D&#233;privation et d&#233;linquance&lt;/i&gt;, &#233;d. Payot.&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Souffrance dans le travail social &#8226; Plonger ou rebondir ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Souffrance-dans-le-travail-social-o-Plonger-ou-rebondir</link>
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		<dc:subject>&#201;thique</dc:subject>
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		<dc:subject>Risque professionnel</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Dans ce num&#233;ro sp&#233;cial, les travailleurs sociaux &#8211; parmi les professionnels en premi&#232;re ligne dans la souffrance au travail &#8211; nous livrent leurs t&#233;moignages : d&#233;gradation des conditions d'exercice de leur m&#233;tier, injonction &#224; faire toujours plus &#224; moyens constants, voire avec moins de ressources financi&#232;res et humaines, souffrance &#233;thique&#8230; La cons&#233;quence ? Perte de sens, multiplication des arr&#234;ts maladie, burn out, d&#233;missions en cascade. Malgr&#233; tout, nombre de professionnels arrivent &#224; garder la flamme. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Educateur" rel="tag"&gt;&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Usure-professionnelle" rel="tag"&gt;Usure professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Conflit" rel="tag"&gt;Conflit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Travail-social-186" rel="tag"&gt;Travail social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Moniteur-educateur" rel="tag"&gt;Moniteur &#233;ducateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Risque-professionnel" rel="tag"&gt;Risque professionnel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Souffrance" rel="tag"&gt;Souffrance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pratique-professionnelle" rel="tag"&gt;Pratique professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Travailleur-social" rel="tag"&gt;Travailleur social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Violence-391" rel="tag"&gt;Violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Harcelement" rel="tag"&gt;Harc&#232;lement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/1320-21" rel="tag"&gt;1320-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L107xH150/arton10285-35d84.png?1693464265' width='107' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ce num&#233;ro sp&#233;cial, les travailleurs sociaux &#8211; parmi les professionnels en premi&#232;re ligne dans la souffrance au travail &#8211; nous livrent leurs t&#233;moignages : d&#233;gradation des conditions d'exercice de leur m&#233;tier, injonction &#224; faire toujours plus &#224; moyens constants, voire avec moins de ressources financi&#232;res et humaines, souffrance &#233;thique&#8230; La cons&#233;quence ? Perte de sens, multiplication des arr&#234;ts maladie, burn out, d&#233;missions en cascade.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; tout, nombre de professionnels arrivent &#224; garder la flamme. Ils se rassemblent en collectifs, battent r&#233;guli&#232;rement le pav&#233; pour obtenir une reconnaissance de leurs m&#233;tiers. D'autres nous offrent des pistes de r&#233;sistance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un long entretien, Christophe Dejours, psychiatre, psychanalyste, fondateur de la psychodynamique du travail, nous rappelle que la souffrance est li&#233;e &#224; l'organisation du travail et c'est sur elle qu'il convient d'agir si l'on veut reprendre la main.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;HR&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Vocation en p&#233;ril &lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Je suis venue te dire que je m'en vais &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Romane B.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le social est-il social ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par C.B.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;HR&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Burn Out &lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Deux ans de burn out &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Estelle A.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Le burn out, encore tabou &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Carla&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;La lente descente &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Laurie Carrot&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Jeune dipl&#244;m&#233;e, d&#233;j&#224; d&#233;go&#251;t&#233;e &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Lisa&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;HR&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Perte de sens &lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Lettre de d&#233;part &#224; mes tr&#232;s ch&#232;res &#233;quipes &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Isabelle Aimer&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Je vous aime... Donc je pars &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par E.B.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Entendre sans &#233;couter &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Agathe Jeanjot-Emery&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Travailler &#224; l'ASE c'est... &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Virginie Lindenberger&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;HR&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Garder la flamme &lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Panser c'est bien, penser c'est mieux ! &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Vincent Convert&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Lettre ouverte d'une salari&#233;e &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Marion Cl&#232;ve&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Travailler dans le handicap &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Ariane Ehrlich&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Inaudibles &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Marion Fournier&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;HR&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Quand l'espoir rejaillit &lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Plonger ET rebondir &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Alice Mathevet&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Ouf, on a supervision ! &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Fran&#231;oise Mazuir&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Petites p&#233;pites &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par St&#233;phanie Sanchez &lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Faire des pas de c&#244;t&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Arnaud Porcher Br&#233;t&#233;ch&#233;&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Passion, col&#232;re, r&#233;flexion et rebond &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;par Alexandra Loriau&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Entretien avec Christophe Dejours &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Fondateur de la psychodynamique du travail &lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;HR&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Offres d'emploi &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;HR&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'oeil et l'oreille : Livres &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Travail social et violences &#8226; L'engrenage dangereux</title>
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		<dc:date>2022-01-03T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Risque professionnel</dc:subject>
		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>1308</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La violence des personnes accompagn&#233;es envers les travailleurs sociaux conduit certaines structures &#224; recourir aux services d'agents de s&#233;curit&#233;. D'autres optent pour des formations qui pr&#233;parent les &#233;quipes &#224; pr&#233;venir, d&#233;samorcer et surmonter les passages &#224; l'acte violents. Cons&#233;quence de la d&#233;gradation continue des conditions de travail, ce climat de tension concerne une minorit&#233; des 1,2&#8239;millions de professionnels, mais aggrave n&#233;anmoins les difficult&#233;s de recrutement et impacte la qualit&#233; de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L106xH150/arton8835-78edb.png?1693504275' width='106' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La violence des personnes accompagn&#233;es envers les travailleurs sociaux conduit certaines structures &#224; recourir aux services d'agents de s&#233;curit&#233;. D'autres optent pour des formations qui pr&#233;parent les &#233;quipes &#224; pr&#233;venir, d&#233;samorcer et surmonter les passages &#224; l'acte violents. Cons&#233;quence de la d&#233;gradation continue des conditions de travail, ce climat de tension concerne une minorit&#233; des 1,2&#8239;millions de professionnels, mais aggrave n&#233;anmoins les difficult&#233;s de recrutement et impacte la qualit&#233; de l'accompagnement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Social actu&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La plume de C&#233;lia Carpaye&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Joyeuse(s) lutte(s)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'humeur de Jacques Tr&#233;mintin&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Discours toxique&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Sur le vif d'&#201;tienne Liebig&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &#201;PUIS&#201;S !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Tribune des R&#233;sistances&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Personnes exil&#233;es&lt;/strong&gt; &#8226; C&#233;dez le passage&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Angle droit&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Amendes&lt;/strong&gt; &#8226; Stupeur et endettement&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Dans Lien Social il y a 30 ans&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Paroles de m&#233;tier&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Quelle place pour les travailleurs pairs ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Mati&#232;res &#224; pens&#233;es &lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Vers une approche int&#233;grative dans le travail social ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Dossier&lt;/strong&gt; : travail social et violence
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'engrenage dangereux&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Gestion de la violence&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Agents de s&#233;curit&#233; en intervention sociale&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec Nasser Bouzouika&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#201;clairer la clinique&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;&#201;chos du terrain&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Un week-end d'une famille d'accueil d'urgence&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Espace du lecteur&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Cr&#233;mation&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Petit gaulois, ditepien dans l'&#226;me&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Rapport d'activit&#233; (r&#233;flexive) 2020 : aux confins du confinement&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Offres d'emploi&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'&#339;il et l'oreille&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Livres&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Cin&#233;&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Regard adolescent&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Podcast&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Tabou ultime&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Travail social et violence &#8226; L'engrenage dangereux</title>
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&lt;p&gt;La violence des personnes accompagn&#233;es envers les travailleurs sociaux conduit certaines structures &#224; recourir aux services d'agents de s&#233;curit&#233;. D'autres optent pour des formations qui pr&#233;parent les &#233;quipes &#224; pr&#233;venir, d&#233;samorcer et surmonter les passages &#224; l'acte violents. Cons&#233;quence de la d&#233;gradation continue des conditions de travail, ce climat de tension concerne une minorit&#233; des 1,2&#8239;millions de professionnels, mais aggrave n&#233;anmoins les difficult&#233;s de recrutement et impacte la qualit&#233; de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1308-" rel="tag"&gt;1308&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La violence des personnes accompagn&#233;es envers les travailleurs sociaux conduit certaines structures &#224; recourir aux services d'agents de s&#233;curit&#233;. D'autres optent pour des formations qui pr&#233;parent les &#233;quipes &#224; pr&#233;venir, d&#233;samorcer et surmonter les passages &#224; l'acte violents. Cons&#233;quence de la d&#233;gradation continue des conditions de travail, ce climat de tension concerne une minorit&#233; des 1,2&#8239;millions de professionnels, mais aggrave n&#233;anmoins les difficult&#233;s de recrutement et impacte la qualit&#233; de l'accompagnement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Au m&#234;me titre que la sexualit&#233;, la violence reste un sujet tabou en formation initiale&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore Christophe Ferneron, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; depuis vingt-cinq ans dans un foyer d'accueil d'urgence de l'aide sociale &#224; l'enfance en Haute-Vienne. &#171; &lt;i&gt;Des jeunes manifestent leurs &#233;motions par des passages &#224; l'acte violents et, pendant longtemps, on ne parlait pas de l'impact que &#231;a pouvait avoir sur les professionnels. Je voyais des coll&#232;gues venir au travail la boule au ventre. Suite &#224; une succession de violences, ils ne pouvaient plus intervenir face &#224; elles, ils &#233;taient sid&#233;r&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Pour pallier cette situation, l'ensemble de l'&#233;quipe a suivi une formation en gestion des situations de violence (G&#233;sivi). Christophe Ferneron est m&#234;me devenu formateur de cette m&#233;thode. &#171; &lt;i&gt;&#8239;J'ai vu tellement d'&#233;quipes au fond du trou dans lesquelles, le sujet n'&#233;tant pas trait&#233;, des travailleurs sociaux restent avec leur traumatisme, font des burn out ou se retrouvent en arr&#234;ts maladie &#224; r&#233;p&#233;tition. J'aimerais pouvoir les aider &#224; surmonter et mieux appr&#233;hender la violence.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Malgr&#233; cette volont&#233;, les difficult&#233;s d'organisation emp&#234;chent l'agent d'&#234;tre d&#233;tach&#233; de son poste d'&#233;ducateur pour diffuser cette formation.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_4143 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH332/capture_d_e_cran_2021-12-21_a_11.22.46-4a121.png?1693504276' width='500' height='332' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Actuellement notre centre de formation compte sept formateurs, il en faudrait quinze pour r&#233;pondre &#224; la demande.&lt;/i&gt; &#187; Ex-&#233;ducateur de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), Didier Jaffiol est co-fondateur de la m&#233;thode G&#233;sivi. &#201;labor&#233;e pour apporter des r&#233;ponses concr&#232;tes, elle vise &#224; doter les travailleurs sociaux d'une trousse &#224; outils qui leur permette de faire face &#224; la violence : l'agressivit&#233; verbale, les menaces et les passages &#224; l'acte physiques. M&#234;lant th&#233;orie et mises en situation, elle s'appuie sur des &#233;tudes psychologiques, l'interpr&#233;tation du langage corporel, la communication non violente, la pratique des n&#233;gociateurs du RAID (corps d'&#233;lite de la police) et le d&#233;briefing fa&#231;on pompiers. Pour les cas o&#249; les techniques de d&#233;samor&#231;age &#233;chouent, la formation enseigne &#233;galement une dizaine de mouvements de base qui permettent de se d&#233;sengager &#171; &lt;i&gt;en maintenant la bienveillance&#8239;&lt;/i&gt; &#187; quand l'agression devient physique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son fondateur r&#233;sume son ambition en une phrase : &#171; &lt;i&gt;Appelez-nous pour apprendre la contention, on vous apprendra &#224; l'&#233;viter&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. Depuis sa cr&#233;ation en 2014, sept mille personnes, dont 95&#8239;% exercent dans le m&#233;dicosocial, ont &#233;t&#233; form&#233;es par G&#233;sivi. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but, nous intervenions aupr&#232;s d'institutions recevant des d&#233;linquants, les centres &#233;ducatifs ferm&#233;s, les foyers de la PJJ. Aujourd'hui, la demande explose au niveau des instituts th&#233;rapeutiques &#233;ducatifs et p&#233;dagogiques (Itep) et des maisons d'enfants &#224; caract&#232;re social (Mecs), des structures qui prennent en charge des publics autistes, des &#233;quipes de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, des h&#233;bergements de nuit, des services d'aide &#224; domicile.&lt;/i&gt; &#187; R&#233;cemment, un foyer ouvert a sollicit&#233; les formateurs sp&#233;cialis&#233;s apr&#232;s avoir d&#251; faire appel &#224; une soci&#233;t&#233; de s&#233;curit&#233; pour assurer les remplacements : quatorze salari&#233;s sur vingt &#233;taient en arr&#234;t maladie ou en accident du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;tier &#224; risque&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mutation s&#233;curitaire s'op&#232;re &#224; bas bruit. En effet, par crainte de stigmatiser les publics qu'ils accompagnent, par culpabilit&#233; de ne pas avoir su enrayer le passage &#224; l'acte violent, par r&#233;signation au fait que &#171; &lt;i&gt;&#231;a fait partie du m&#233;tier&lt;/i&gt; &#187;, les travailleurs sociaux gardent pour eux cette r&#233;alit&#233;. Seuls les drames brisent l'omerta comme en 2015, l'assassinat dans les locaux de l'aide sociale &#224; l'enfance de Nantes de Jacques Gasztowtt, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, ou en mai 2021, celui d'Audrey Adam, conseill&#232;re en &#233;conomie sociale et familiale, tu&#233;e par balles lors d'une visite &#224; domicile. &lt;span class='spip_document_4142 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH464/capture_d_e_cran_2021-12-21_a_11.23.18-26f10.png?1693504276' width='500' height='464' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Face au silence des politiques, une p&#233;tition du collectif Travail social de demain pour &#171; &lt;i&gt;&#8239;Audrey et tous les travailleurs sociaux tu&#233;s dans l'exercice de leur fonction&#8239;&lt;/i&gt; &#187; brise le tabou de la violence ordinaire v&#233;cue par les travailleurs sociaux. &#171; &lt;i&gt;Nous sommes garants de la paix sociale, parfois au d&#233;triment de notre vie et souvent au d&#233;triment de notre s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt;, affirme ce texte qui recueille plus de dix mille signatures en 48&#8239;heures. &lt;i&gt;Nous sommes nombreux &#224; avoir connu des situations de violences lors de visites &#224; domicile, de permanences, parfois m&#234;me dans les tribunaux&#8230; Nos professions font partie de celles avec le plus haut niveau de risques psychosociaux. Nous sommes tous les jours menac&#233;s, insult&#233;s&#8230; Aujourd'hui, nous nous sentons abandonn&#233;s par la R&#233;publique !&lt;/i&gt; &#187; Cette missive adress&#233;e au Pr&#233;sident de la R&#233;publique et &#224; ses ministres (Int&#233;rieur, Justice, Travail, Solidarit&#233;s et sant&#233;, Fonction publique) vise &#224; obtenir &#171; l&lt;i&gt;e soutien et la reconnaissance des travailleurs sociaux&lt;/i&gt; &#187; mais traduit surtout le malaise d'une profession.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;j&#224; en 2001, le rapport &#171; &lt;i&gt;&#8239;Violence et champ social&#8239;&lt;/i&gt; &#187; du Conseil sup&#233;rieur du travail social, r&#233;v&#233;lait le besoin d'&#233;coute et d'expression des professionnels sur le sujet. Avec vingt mille r&#233;ponses, l'enqu&#234;te se pr&#233;sentait comme l'une des plus larges r&#233;alis&#233;es dans le champ du social. Au-del&#224; d'une augmentation des passages &#224; l'acte violents dans les services sociaux, il alertait sur une violence plus insidieuse : l'impression de ne pas remplir sa mission, le sentiment d'impuissance et de culpabilit&#233; du fait de l'incapacit&#233; &#224; r&#233;pondre aux demandes. En 2005, les directions g&#233;n&#233;rales de la sant&#233; et de l'action sociale publient Souffrances ou troubles psychiques, r&#244;le et place du travailleur social. Le document pr&#233;conise des pistes de bonnes pratiques pour limiter les circonstances favorisant l'expression violente des usagers : facilitation de l'acc&#232;s des publics, am&#233;nagement de l'espace d'accueil, bonne coordination des professionnels, rep&#233;rage des situations d'urgence et pr&#233;cautions &#224; prendre pour l'accueil des personnes pr&#233;sentant des indicateurs de risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Climat d'ins&#233;curit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la compression de personnel, le recrutement de &#171; &lt;i&gt;faisant fonction&lt;/i&gt; &#187;, les &#233;valuations quantitatives, la traque des allocataires fraudeurs, la d&#233;mat&#233;rialisation des d&#233;marches&#8230; les politiques sociales empruntent un chemin diam&#233;tralement oppos&#233; &#224; ces pr&#233;conisations. R&#233;sultat, la page Facebook Travail social de demain, compile des t&#233;moignages de s&#233;questrations, de couteau brandi dans le bureau, de morsures, de coups,&#8239;etc. Au-del&#224; de la description d'un climat d'ins&#233;curit&#233; d&#233;l&#233;t&#232;re pour l'&#233;quilibre mental des professionnels et donc pour l'accompagnement des usagers, ces r&#233;cits soulignent l'absence de r&#233;ponses institutionnelles satisfaisantes tant au niveau des auteurs de violences que dans le soutien aux salari&#233;s victimes. &#171; &lt;i&gt;J'ai une certification en gestion de crise, des protocoles existent mais ils ne sont jamais appliqu&#233;s sur le terrain parce que cela suppose de former toute l'&#233;quipe, co&#251;te de l'argent et prend du temps&lt;/i&gt;, explique une &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e de 31 ans qui multiplie les remplacements dans le secteur du handicap. &lt;i&gt;Partout o&#249; j'interviens, je fais le m&#234;me constat. On nous demande d'effectuer un travail de service psychiatrique alors que nous ne sommes ni assez nombreux, ni assez form&#233;s. Je vois des &#233;quipes qui n'en peuvent plus, qui d&#233;missionnent et des directions qui ne savent plus faire non plus. M&#234;me quand nous avons de bons chefs de service &#224; nos c&#244;t&#233;s, ils restent d&#233;munis parce qu'ils ne trouvent plus de personnel.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; des conditions de travail peu attractives, les plus dipl&#244;m&#233;s choisissent des postes moins expos&#233;s. D&#232;s lors, les moniteurs-&#233;ducateurs font fonction d'&#233;ducateurs, les accompagnants &#233;ducatifs et sociaux exercent comme moniteurs-&#233;ducateurs et toute l'&#233;quipe perd en comp&#233;tence. Ex-infirmier psychiatrique devenu directeur d'un service de l'aide sociale &#224; l'enfance, Laurent Frion observe, lui, un manque dans la formation des travailleurs sociaux. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Ils ne sont pas arm&#233;s pour prendre soin de la souffrance psychologique. Quand il y a une crise clastique, ils renvoient syst&#233;matiquement vers la p&#233;dopsychiatre. Je crois que les psychologues ont une vraie aide &#224; nous apporter dans ce domaine, en &#233;tant pr&#233;sents aupr&#232;s des enfants dans leur vie au quotidien, le matin pour le lever et parfois le soir. Ensuite, il faut qu'ils puissent expliquer aux &#233;ducateurs ce qui se passe. Nous avons &#233;galement besoin de l'&#233;tayage des &#233;quipes mobiles p&#233;dopsychiatriques et d'infirmiers psy pour nous donner des cl&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Il regrette aussi la difficult&#233; &#224; cr&#233;er des &#233;quipes soud&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Le prendre soin n&#233;cessite d'&#234;tre en capacit&#233; de recevoir les &#233;motions de l'autre, donc d'&#234;tre au point avec les siennes. Sans cela, on se prot&#232;ge avant de prot&#233;ger l'autre. En psychiatrie, on apprenait &#224; livrer nos sentiments, on avait des comit&#233;s de retour d'exp&#233;rience. Pour arriver &#224; &#231;a, l'&#233;quipe doit &#234;tre en confiance. Sauf qu'aujourd'hui, avec le turn over, ce n'est pas trop &#224; la mode de se livrer sans craindre de se montrer faible. Je mets en place &#233;norm&#233;ment d'analyses de pratique &#224; destination des &#233;quipes, des cadres et de la direction, mais nos professionnels ne s'y impliquent plus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Situ&#233; dans les quartiers nord de Marseille, l'institut r&#233;gional du travail social vit depuis cette rentr&#233;e un climat de violence in&#233;dit. Un r&#233;seau de dealers op&#232;re d&#233;sormais devant ses portes. Dans ce contexte, les &#233;tudiants assistants de service social sont partis en vacances un peu plus t&#244;t cet automne. Directeur de l'institut, Fran&#231;ois Sentis se refuse &#224; commenter cette situation en &#171; &lt;i&gt;&#8239;cette p&#233;riode d'&#233;lection pr&#233;sidentielle propice aux extr&#234;mes&lt;/i&gt; &#187;. Il affirme n&#233;anmoins pr&#233;parer les &#233;l&#232;ves &#224; la probl&#233;matique de la violence, surtout depuis qu'une assistante de service social de la maison des solidarit&#233;s du d&#233;partement a &#233;t&#233; sauv&#233;e in extremis alors qu'un usager voulait la pousser sous le m&#233;tro. &#171; &lt;i&gt;Nous avons engag&#233; un travail avec la section clinique pour adopter la bonne attitude en fonction du profil des personnes violentes. La question est d'apaiser, d'amortir et non de potentialiser la col&#232;re ou l'agressivit&#233;. Rationaliser le discours ne va pas apaiser, au contraire. Le mat&#233;riel est g&#233;n&#233;rateur d'angoisse, il faut dont faire un pas de c&#244;t&#233; pour aller sur l'existentiel. &#199;a demande du professionnalisme.&lt;/i&gt; &#187; Il &#233;voque quand m&#234;me le stage &#224; la maison des solidarit&#233;s comme &#171; &lt;i&gt;&#8239;l'&#233;preuve du feu&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, m&#234;me si ces structures sont souvent dot&#233;es d'un service de s&#233;curit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Se prendre la mis&#232;re sociale 35 heures par semaine sans solutions &#224; proposer, c'est dur. Il y a un ph&#233;nom&#232;ne syst&#233;mique de manque de professionnels, puisque beaucoup de nos &#233;tudiants d&#233;cident de ne pas exercer le m&#233;tier apr&#232;s le dipl&#244;me.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; La violence institutionnelle provoque des r&#233;actions violentes chez les usagers, une &#233;quation d&#233;motivante pour les professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi : &lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/&#9632;-ACTU-Violences-et-travail-social-o-Sortir-du-silence&#034;&gt;Actu. Lien Social : Violence et travail social, sortir du silence.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/-1165-&#034;&gt;Lien Social n&#176;1165 : Le travail social face &#224; la violence&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gestion de la violence &#8226; Agents de s&#233;curit&#233; en intervention sociale</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Reportage-Agents-de-securite-en-intervention-sociale</link>
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		<dc:date>2022-01-03T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Risque professionnel</dc:subject>
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&lt;p&gt;De plus en plus de structures sociales font appel &#224; des agents de s&#233;curit&#233; pour prot&#233;ger salari&#233;s et usagers des risques de d&#233;rapages violents. Aux 5Ponts, nouveau dispositif accueillant un public en grande exclusion &#224; Nantes, les professionnels travaillent en bonne intelligence avec des agents de s&#233;curit&#233; &#224; la fibre sociale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vendredi soir 18 h 30, une petite foule d'hommes et de femmes s'agglutine devant le portail du centre d'accueil des 5Ponts &#224; Nantes (Loire-Atlantique), port&#233; par l'association (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Risque-professionnel" rel="tag"&gt;Risque professionnel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Violence-391" rel="tag"&gt;Violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1308-" rel="tag"&gt;1308&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De plus en plus de structures sociales font appel &#224; des agents de s&#233;curit&#233; pour prot&#233;ger salari&#233;s et usagers des risques de d&#233;rapages violents. Aux 5Ponts, nouveau dispositif accueillant un public en grande exclusion &#224; Nantes, les professionnels travaillent en bonne intelligence avec des agents de s&#233;curit&#233; &#224; la fibre sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vendredi soir 18 h 30, une petite foule d'hommes et de femmes s'agglutine devant le portail du centre d'accueil des 5Ponts &#224; Nantes (Loire-Atlantique), port&#233; par l'association Les Eaux Vives - Emma&#252;s. La nuit est d&#233;j&#224; tomb&#233;e, un froid hivernal commence &#224; les saisir. &#171; &lt;i&gt;&#199;a va &#234;tre encore tendu ce soir, ils sont au moins 35 pour 30 places et en plus, il commence &#224; pleuvoir&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che S&#233;kou Diawara. Agent de s&#233;curit&#233; d'une soci&#233;t&#233; priv&#233;e, il a en charge la r&#233;gulation de l'accueil en bin&#244;me avec une intervenante sociale salari&#233;e : un moment toujours en tension. L'accueil des candidats &#224; une mise &#224; l'abri pour la nuit se fait en effet en direct, sans passer par le 115. Au bin&#244;me de d&#233;cider qui va entrer ou non en fonction de ce qu'il conna&#238;t des vuln&#233;rabilit&#233;s et comportements de chacun, et en s'appuyant sur le debrief fait en &#233;quipe juste avant. &#171; &lt;i&gt;D'un point de vue humain et &#233;motionnel, c'est le moment le plus dur du boulot&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, confie In&#232;s Babou, l'intervenante sociale. L'agent de s&#233;curit&#233; fait entrer les personnes au compte-goutte. Elles n'auront &#224; donner qu'un pr&#233;nom et un nom avant de pouvoir manger un morceau et se poser pour la nuit sur un matelas ou &#224; m&#234;me le sol. Les r&#233;criminations augmentent chez celles qui restent derri&#232;re la grille au fur et &#224; mesure que leur chance d'entrer diminue. &#171; &lt;i&gt;1&#8239;% des personnes se r&#233;signent, 99&#8239;% n&#233;gocient parfois avec insistance, voire agressivit&#233;, ce qui peut se comprendre puisque c'est souvent leur derni&#232;re chance de ne pas dormir dehors&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, met au point Christine Besnier, l'une des deux chefs de service du centre d'accueil. Malgr&#233; les difficult&#233;s &#224; g&#233;rer, la structure d&#233;fend cette mise &#224; l'abri en direct de son public cible de grands marginalis&#233;s, avec son lot d'addictions, de troubles psychologiques et d'animaux. &#171; &lt;i&gt;&#8239;La situation pourrait &#234;tre beaucoup plus explosive avec ces personnes accueillies ensemble avec leurs probl&#233;matiques, leur stress et leur manque de sommeil. Elles se r&#233;v&#232;lent plut&#244;t adaptables&lt;/i&gt; &#187;. Le centre d'accueil des 5Ponts, ouvert depuis cet &#233;t&#233;, r&#233;unit d&#233;sormais en un lieu plusieurs services de jour et de nuit autrefois dispers&#233;s (cf. encadr&#233;). Il concentre aussi les fragilit&#233;s. Adeline d'Halluin, directrice du p&#244;le nantais des Eaux vives compl&#232;te : &#171; &lt;i&gt;&#8239;Cela cr&#233;&#233; surtout des tensions et des actes violents surviennent parfois&lt;/i&gt; &#187;. Insultes, crachats, bagarres, voire coups de couteau&#8230; &lt;span class='spip_document_4146 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH250/capture_d_e_cran_2021-12-21_a_11.34.45-7307a.png?1693504276' width='500' height='250' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du ressenti de Jessica Barbosa, intervenante sociale depuis 5 ans, qu'elle dit partager avec d'autres coll&#232;gues dont certains sont en arr&#234;t. Elle l'explique notamment par &#171; &lt;i&gt;&#8239;la perte de rep&#232;res dans ce nouveau lieu, l'arriv&#233;e de nouveaux publics pr&#233;caris&#233;s et la pr&#233;sence importante de personnes avec des probl&#232;mes de sant&#233; ou des troubles somatiques, dont la prise en charge rel&#232;verait de structures m&#233;dicales.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; En pr&#233;vention le personnel &#233;ducatif ou non, suit une formation de quelques jours &#171; &lt;i&gt;&#8239;violence et agressivit&#233;&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, bien utile notamment aux &#171; i&lt;i&gt;ntervenants sociaux&#8239;&lt;/i&gt; &#187; des espaces collectifs recrut&#233;s sans formation initiale de travailleurs sociaux. Et pour rassurer, le choix a d&#233;sormais &#233;t&#233; fait d'une pr&#233;sence H24 d'un agent de s&#233;curit&#233; &#171; &lt;i&gt;en renfort des moyens d&#233;di&#233;s aux &#233;quipes sociales et non en substitution&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, assure la responsable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le centre d'accueil a confi&#233; cette mission de s&#233;curit&#233; &#224; l'agence Osmose S&#233;curit&#233;. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Depuis plusieurs ann&#233;es, nous avons appris &#224; travailler ensemble&lt;/i&gt; &#187;, se f&#233;licite Nabil Henni, son responsable. Il a laiss&#233; tomber les entr&#233;es de magasins pour se sp&#233;cialiser dans le gardiennage et les structures sociales (centres d'accueil de migrants, gymnases du plan hivernal,&#8239;etc.). Avant que la halte de nuit ne soit r&#233;install&#233;e ici, ses agents n'y intervenaient que sur les moments d&#233;licats de l'accueil du soir et du d&#233;part du matin. &#171; &lt;i&gt;Non sans difficult&#233;s au d&#233;but. Il a fallu apprendre &#224; se connaitre et &#224; dialoguer avec les personnes accueillies, leur faire comprendre que nous n'&#233;tions pas l&#224; pour jouer les gros bras mais simplement pour rappeler le r&#232;glement int&#233;rieur&lt;/i&gt; &#187;. &#192; pr&#233;sent, une dizaine d'agents se relaient en 3/8 au centre d'accueil des 5Ponts, dans le cadre d'un protocole avec des fiches de postes &#233;tablies conjointement. &#171; &lt;i&gt;&#8239;S&#233;curiser, s&#233;parer, savoir garder son sang-froid, rester en vigilance mais sans porter de jugement discriminatoire, &#233;couter et bien s&#251;r dialoguer&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, &#233;gr&#232;ne Nabil Henni, pr&#233;cisant que tous ses agents ont les qualifications s&#233;curit&#233; et pr&#233;vention incendie, parlent plusieurs langues et poss&#232;dent un sens relationnel. S&#233;kou Diawara en est un exemple : il &#233;tait auparavant intervenant social rempla&#231;ant &#224; la Halte de nuit. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Je me sens plus agent social qu'agent de s&#233;curit&#233;, ce sont les &#233;changes avec les personnes qui m'int&#233;ressent le plus&lt;/i&gt; &#187;, assure l'homme d'origine malienne qui utilise r&#233;guli&#232;rement son dialecte avec des personnes accueillies en exil. &#171; &lt;i&gt;Nous intervenons quand un salari&#233; est d&#233;pass&#233; et &#224; sa demande, pour temporiser et &#233;viter que la situation ne d&#233;g&#233;n&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise-t-il, tout en observant que certains salari&#233;s les appellent plus vite que d'autres&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_4145 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH198/capture_d_e_cran_2021-12-21_a_11.35.51-32594.png?1693504276' width='500' height='198' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Son coll&#232;gue Amor Benmihoub, &#233;galement ancien intervenant rempla&#231;ant, partage ce positionnement : &#171; &lt;i&gt;Cela ne nous emp&#234;che pas d'&#234;tre dans le lien, bien au contraire !&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. En t&#233;moigne un &#233;change amical avec Momo : &#171; &lt;i&gt;Toi tu es sympa mais tu es s&#233;rieux, tu nous surveilles et tu interviens quand on se prend la t&#234;te !&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, lance cet habitu&#233;, alcoolis&#233;. L'agent calme ensuite, en arabe, un jeune migrant au comportement visiblement psychotique. &#171; &lt;i&gt;Nous travaillons en &#233;quipe avec les salari&#233;s et les b&#233;n&#233;voles&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sument les deux agents de s&#233;curit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Tout d&#233;pend de nos postures comme de celles des agents de s&#233;curit&#233;. Sans mode d'emploi ni &#233;chelle rigide de sanctions, il faut savoir r&#233;agir ensemble au cas par cas. Notre nouvelle &#233;quipe doit encore trouver une coh&#233;rence de pratiques&lt;/i&gt;, pr&#233;vient Jessica Barbosa, intervenante sociale, dipl&#244;m&#233;e en psychologie. &lt;i&gt;La pr&#233;sence d'agents nous permet de nous sentir plus en s&#233;curit&#233; mais c'est &#224; double tranchant&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Elle peut aussi g&#233;n&#233;rer l'agressivit&#233; des personnes qui ont parfois une relation compliqu&#233;e avec l'autorit&#233; ou les forces de l'ordre&lt;/i&gt; &#187;, reconna&#238;t Christine Besnier, cheffe de service. C'est d'ailleurs pour cette raison que les agents d'Osmose ne portent pas d'uniformes. Et en dernier recours ou &#224; l'ext&#233;rieur des locaux, c'est la police qui est appel&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Nasser Bouzouika : &#233;clairer la clinique</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Entretien-avec-Nasser-Bouzouika-eclairer-la-clinique</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Risque professionnel</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233; entre 2004 et 2016, Nasser Bouzouika s'appuie encore sur cette exp&#233;rience pour aller vers ses patients et accompagner des travailleurs sociaux en supervision ou analyse de pratiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
La violence fait-elle partie du m&#233;tier du travailleur social ? &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si &#231;a ne justifie rien, elle commence quand on demande &#224; l'usager de s'adapter &#224; l'institution et non l'inverse. J'accompagne des &#233;tudiants moniteurs-&#233;ducateurs qui soumettent souvent des situations de violence en analyse de la pratique. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Risque-professionnel" rel="tag"&gt;Risque professionnel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Violence-391" rel="tag"&gt;Violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1308-" rel="tag"&gt;1308&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233; entre 2004 et 2016, Nasser Bouzouika s'appuie encore sur cette exp&#233;rience pour aller vers ses patients et accompagner des travailleurs sociaux en supervision ou analyse de pratiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_4144 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH149/capture_d_e_cran_2021-12-21_a_11.30.47-213ea.png?1693504276' width='500' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La violence fait-elle partie du m&#233;tier du travailleur social ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si &#231;a ne justifie rien, elle commence quand on demande &#224; l'usager de s'adapter &#224; l'institution et non l'inverse. J'accompagne des &#233;tudiants moniteurs-&#233;ducateurs qui soumettent souvent des situations de violence en analyse de la pratique. La difficult&#233; pour eux r&#233;side dans l'impression de ne pas y avoir &#233;t&#233; form&#233;s et pr&#233;par&#233;s. Chacun a ses m&#233;canismes de d&#233;fense, certains changent de projet professionnel, d'autres banalisent comme si &#231;a faisait partie du job. L'acte violent sur un professionnel doit &#234;tre d&#233;crypt&#233; pour en comprendre la cause. Or en r&#233;union d'&#233;quipe, quand le psychologue demande d'expliquer les circonstances qui ont d&#233;clench&#233; la violence, les professionnels ont du mal &#224; d&#233;crire la sc&#232;ne par crainte d'&#234;tre jug&#233;s. Pourtant le but est de comprendre ensemble pour que l'&#233;quipe &#233;vite de reproduire le contexte du passage &#224; l'acte. Paradoxalement, les professionnels se plaignent de la violence mais n'osent pas se saisir des outils qui permettent de l'analyser, de poser un cadre, de ritualiser la r&#233;ponse. Ils ne sont ni assez nombreux, ni assez form&#233;s pour prendre le temps d'&#233;clairer la clinique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Faudrait-il une meilleure formation en psychologie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, les travailleurs sociaux ne sont pas form&#233;s &#224; la psychose. L'&#233;ducateur en connait les effets - l'intrusion, le morcellement -, mais quand vous parlez d'un psychotique, ce n'est pas clair. Quand un jeune fait une crise clastique, tire les cheveux des &#233;ducateurs et casse tout, ce n'est pas un caprice, il pense qu'il va dispara&#238;tre. Il y a besoin de temps clinique pour parler de ce jeune et de ce qu'il fait vivre &#224; l'&#233;quipe, parce que c'est un peu ce que lui vit. On essaie de d&#233;crypter la situation. Face &#224; un jeune qui dit &#171; Ne m'approche pas, ne me touche pas &#187;, quasiment syst&#233;matiquement, j'ai vu des &#233;ducateurs user de contention. Quand je suis face &#224; des jeunes qui font des crises, je leur demande de m'expliquer leur mode d'emploi. Certains r&#233;pondent &#171; Foutez-moi la paix et revenez plus tard. Il ne faut surtout pas me toucher parce que c'est comme si vous me contaminiez, laissez-moi tout casser, je r&#233;parerai &#187;, d'autres demandent &#224; &#234;tre tenus, enrob&#233;s d'une couverture.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Que pensez-vous des institutions qui font appel &#224; des agents de s&#233;curit&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; &#224; mon &#233;poque, on se disait qu'on allait vers ce type de d&#233;rive. La parole de l'&#233;ducateur n'&#233;tait plus porteuse, on nous demandait seulement de cadrer, d'emp&#234;cher de sortir, d'obliger &#224; aller &#224; l'&#233;cole. On perdait le sens de notre travail parce qu'on subissait beaucoup de violence institutionnelle. L'&#233;ducateur promet des choses et au final, il trahit comme les autres sans pouvoir expliquer que &#231;a ne d&#233;pend pas de lui. Maintenant, il existe des formations pour apprendre aux travailleurs sociaux &#224; parer les coups, un comble pour un m&#233;tier de contact. &#199;a &#233;lude la question de la r&#233;ponse institutionnelle, la mise en place de temps cliniques sur la question de la psychose et de la violence, l'&#233;laboration de protocoles sanction, r&#233;paration, excuse, l'accompagnement d'un &#233;ventuel stress post traumatique et du sentiment d'&#233;chec chez le professionnel. Pour beaucoup d'&#233;ducateurs, le passage &#224; l'acte violent r&#233;sulte de leur &#233;chec. Cette culpabilit&#233; doit &#234;tre parl&#233;e en analyse de la pratique et je crains la disparition de ces temps de r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Auteur de l'article &#171; &lt;i&gt;Les travailleurs sociaux &#224; l'&#233;preuve de la violence&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, 2018. &lt;a href=&#034;https://bit.ly/3dFZ1RH&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Disponible ici&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La violence des usagers est-elle plus importante qu'avant ?</title>
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		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
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&lt;p&gt;Depuis le temps qu'on nous parle d'une violence de plus en plus brutale et de plus en plus jeune, &#224; quand des b&#233;b&#233;s en couche-culotte, Kalachnikov &#224; la main ? &#201;vitons le marronnier m&#233;diatique, le d&#233;ni et la psychose, &#233;coutons plut&#244;t l'expertise des travailleurs sociaux ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Ludwig Maquet, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, dipl&#244;m&#233; en sciences de l'&#233;ducation. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#192; notre &#233;poque, les enfants sont des tyrans. &#187; Cette c&#233;l&#232;bre phrase de Socrate illustre bien la r&#233;currence du &#171; c'&#233;tait mieux avant &#187;. Les usagers sont-ils plus (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le temps qu'on nous parle d'une violence de plus en plus brutale et de plus en plus jeune, &#224; quand des b&#233;b&#233;s en couche-culotte, Kalachnikov &#224; la main ? &#201;vitons le marronnier m&#233;diatique, le d&#233;ni et la psychose, &#233;coutons plut&#244;t l'expertise des travailleurs sociaux !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Ludwig Maquet, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, dipl&#244;m&#233; en sciences de l'&#233;ducation.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#192; notre &#233;poque, les enfants sont des tyrans.&lt;/i&gt; &#187; Cette c&#233;l&#232;bre phrase de Socrate illustre bien la r&#233;currence du &#171; &lt;i&gt;c'&#233;tait mieux avant&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. Les usagers sont-ils plus agressifs ou plus violents qu'auparavant ? Mais qu'avant quoi au fait ? Cassons les fantasmes. La connaissance de la violence d&#233;pend des capacit&#233;s d'obtenir des donn&#233;es &#224; ce sujet, et il devient plus difficile que par le pass&#233; de minorer ou de surestimer les faits de violence, &#233;tant donn&#233; que nous avons plus d'instruments de mesure aujourd'hui. Il n'y a pas plus de violence aujourd'hui qu'hier. Ne serait-ce qu'au regard du temps et de l'espace, des logiques sociales et culturelles. Les formes de violences tol&#233;r&#233;es aujourd'hui seront peut-&#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des sur-violences apr&#232;s-demain. Historiquement, les travaux de N. Elias sont les premiers &#224; affirmer le d&#233;clin de la violence depuis la fin du moyen &#226;ge. Marx et Engels montrent quant &#224; eux que l'histoire des soci&#233;t&#233;s est li&#233;e aux rapports de force. L'approche anthropologique montre que violence et nature humaine sont li&#233;es, la violence &#233;tant le principal moyen de maintenir de petites communaut&#233;s ind&#233;pendantes. Oui, nos soci&#233;t&#233;s seraient amn&#233;siques au regard de l'histoire car par exemple, bien que la d&#233;linquance juv&#233;nile &#233;volue avec la soci&#233;t&#233;, elle ne conna&#238;t pas non plus de &#171; r&#233;volution &#187;. Et &#224; chaque &#233;poque ses d&#233;nominations : apaches, blousons noirs, racailles. Mais il n'y a pas plus de violences dans la soci&#233;t&#233; d'aujourd'hui par rapport &#224; celles d'il y a vingt ou trente ans. La question &#224; se poser serait celle de notre tol&#233;rance &#224; l'&#233;gard de la violence du public accueilli et de la diminution de nos moyens pour y faire face. Savoir aussi que travailler avec l'autre en souffrance, dans la relation d'aide, appelle souvent &#224; rencontrer des situations de violence d&#233;bordantes. L'ins&#233;curit&#233;, la violence ne progressent pas, mais on y est plus sensible. En effet, notre soci&#233;t&#233; est elle-m&#234;me travers&#233;e par les violences qu'elle g&#233;n&#232;re. Par les exclusions sociales et spatiales, par les difficult&#233;s li&#233;es &#224; l'emploi. Cela favorise une inflation de la pr&#233;carit&#233;, de la d&#233;saffiliation et de la pauvret&#233;. Et la violence des usagers peut &#234;tre exacerb&#233;e, sa gestion compliqu&#233;e. Il faut aussi rappeler que l'Etat d&#233;tient le monopole de la violence, sa mission premi&#232;re &#233;tant d'assurer la s&#233;curit&#233; des citoyens, ayant donc recours &#224; la force, &#224; la violence l&#233;gitime. D.&#8239;Fassin, &#224; l'instar de Goffman et son travail sur la violence des institutions, avance que la plupart des soci&#233;t&#233;s se sont faites plus r&#233;pressives, parlant m&#234;me de moment punitif, comme une passion contemporaine. N&#233;anmoins, face aux violences des publics, il est utile de proposer des pistes de r&#233;solution. La question symbolique doit &#234;tre convoqu&#233;e : nous sommes un r&#233;ceptacle. La violence nous est renvoy&#233;e en lien avec ce que nous repr&#233;sentons, en interface. L'analyse des pratiques doit &#234;tre investie afin d'&#233;laborer le v&#233;cu. La formation professionnelle doit &#234;tre encourag&#233;e pour d&#233;samorcer un conflit, appr&#233;hender les postures, contenir avec bienveillance. L'&#233;quipe &lt;span class='spip_document_3236 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH287/capture_d_e_cran_2021-04-22_a_09.15.25-c5530.png?1693504277' width='350' height='287' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;pluridisciplinaire doit &#234;tre un socle, auquel se fier. Enfin, faire face &#224; la violence demande des moyens financiers et humains, qui doivent &#234;tre en augmentation. Besoin de structures, de professionnels form&#233;s, de transdisciplinarit&#233;, de cr&#233;ativit&#233; et d'innovation, d'ouverture des possibles, d'utopies. Si la violence a toujours exist&#233;, l'enjeu n'est-il pas d'&#233;laborer le sens de cette violence pour pouvoir la g&#233;rer ?&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par J&#233;r&#244;me Bouts, travailleur social, directeur g&#233;n&#233;ral d'association.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une pr&#233;caution s'impose qui est de dire ici que singuli&#232;rement, ce sujet de l'augmentation des ph&#233;nom&#232;nes de violence ne pourra &#234;tre r&#233;duit suffisamment en 3 600 signes ! Ces derniers mois, les affrontements entre bandes rivales se r&#233;p&#232;tent en France. &#171; &lt;i&gt;Ce sont l&#224; des m&#339;urs d'Apaches, du Far West, indignes de notre civilisation. Pendant une demi-heure, en plein Paris, en plein apr&#232;s-midi, deux bandes rivales se sont battues pour une fille&#8230;&#8239;&lt;/i&gt; &#187; pouvait-on lire dans le Petit Journal&#8230; en 1902. Ne remontons pas plus loin mais admettons la relativit&#233; du sujet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Yves est un ancien de foyer comme on dit, des ann&#233;es 1980. Tandis qu'il participe &#224; une r&#233;union d'anciens justement, il visite une structure de dix jeunes, habit&#233;e par ses pairs d'aujourd'hui. Son jugement est sans appel : &#171; &lt;i&gt;c'&#233;tait mieux avant&#8230; Nous &#224; l'&#233;poque on &#233;tait des durs !&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Je lui explique que les adolescents n'ont rien &#224; envier &#224; leurs anciens en termes de &#171; &lt;i&gt;&#8239;duret&#233;&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. J'illustre ces propos en lui racontant un &#233;v&#233;nement r&#233;cent : nous avions d&#251; prot&#233;ger un m&#233;decin appel&#233; sur les lieux, d'insultes et autres menaces prof&#233;r&#233;es par la dizaine de jeunes pr&#233;sents tandis qu'un ou deux jeunes restaient en retrait. Yves m'&#233;coute, interloqu&#233;. Son regard est lourd d'incompr&#233;hension. Il m'explique qu'&#224; &#171; son &#233;poque &#187; &#231;a aurait pu avoir lieu &#233;galement mais dans un ordre invers&#233; : &#171; &lt;i&gt;un ou deux d'entre nous auraient pu &#171; faire les cons &#187; comme &#231;a mais les huit autres les auraient fait rentrer dans le rang en les rappelant au respect oblig&#233; d'un docteur&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les plus anciens des travailleurs sociaux ont tous &#224; nous raconter des sc&#232;&#173;nes de grande violence auxquelles des personnes accompagn&#233;es ont pu les confronter. Des sc&#232;nes qui ne datent pas d'hier dans des contextes d'institutions qui pensaient peu l'alt&#233;rit&#233;. Les pratiques &#233;taient descendantes, peu respectueuses des usagers, les choses &#233;tant admises comme telles par chacun des protagonistes. Il me semble alors que nos institutions pensent davantage la question de la place des usagers &#8211; je parle ici des institutions en g&#233;n&#233;ral &#8211; une massification des rapports violents est &#224; l'&#339;uvre. Le rapport des individus aux contraintes collectives, &#224; l'autorit&#233;, aux institutions s'est transform&#233; ; une intol&#233;rance aux frustrations s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;e vers une &#171; &lt;i&gt;soci&#233;t&#233; des individus&#8239;&lt;/i&gt; &#187; nous dit Marcel Gauchet. Les institutions tendent &#224; ne plus avoir de valeur en soi et ce, d'autant moins qu'elles g&#233;n&#232;rent un fort sentiment d'in&#233;galit&#233; ou plut&#244;t d'injustice. Or, les usagers ont une connaissance de plus en plus grande des in&#233;galit&#233;s sociales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes dans une p&#233;riode de cr&#233;ation de grandes richesses o&#249; paradoxalement, la situation socio-&#233;conomique est tr&#232;s d&#233;grad&#233;e pour un grand nombre, cr&#233;ant ainsi des conditions de rapports violents. Ne parlons pas ici des &#201;tats entre eux totalement d&#233;complex&#233;s sur ces registres. Ne parlons pas non plus de la possible haine d&#233;vers&#233;e sur les r&#233;seaux num&#233;riques dit &#171; &lt;i&gt;&#8239;sociaux&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, comme si l'anonymat &#224; l'&#339;uvre pouvait faire soci&#233;t&#233;. Philippe Jeammet nous explique tr&#232;s bien comment les passa&#173;ges &#224; l'acte violents sont toujours li&#233;s &#224; un d&#233;faut de maitrise d'existence. Au moins sur le temps d'une crise clastique, d'un acte violent sur autrui ; le sujet, les groupes ont le sentiment de reprendre le contr&#244;le de leur destin&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les personnes que nous accompagnons sont demandeuses de positionnements r&#233;f&#233;renc&#233;s, de transmissions de valeurs et de justesse de r&#233;ponses seules susceptibles de les r&#233;concilier un peu avec leur environnement et donc de minorer les r&#233;actions violentes. En ce sens, la balle est aussi dans le camp de chacun d'entre nous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comprendre et g&#233;rer la violence en institution m&#233;dico-sociale</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Comprendre-et-gerer-la-violence-en-institution-medico-sociale</link>
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		<dc:subject>Violence</dc:subject>
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&lt;p&gt;Michel Brioul nous propose ici une somme passionnante sur la question de l'&#233;mergence de la violence dans le secteur m&#233;dico-social. Les actes qui en rel&#232;vent ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par quatre entre 2008 et 2013, sans que l'on sache distinguer entre l'accroissement r&#233;el des faits et le choix de les signaler plus fr&#233;quemment. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des mutations contemporaines peuvent n&#233;anmoins &#233;clairer une probable inflation : l'abolition de la fronti&#232;re entre la folie et la d&#233;ficience d'abord, mais aussi cette fragilisation de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Michel Brioul nous propose ici une somme passionnante sur la question de l'&#233;mergence de la violence dans le secteur m&#233;dico-social. Les actes qui en rel&#232;vent ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par quatre entre 2008 et 2013, sans que l'on sache distinguer entre l'accroissement r&#233;el des faits et le choix de les signaler plus fr&#233;quemment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mutations contemporaines peuvent n&#233;anmoins &#233;clairer une probable inflation : l'abolition de la fronti&#232;re entre la folie et la d&#233;ficience d'abord, mais aussi cette fragilisation de l'&#233;tayage professionnel durable propre &#224; restaurer chez l'usager les fonctions contenantes d&#233;fectueuses. Celles-ci se traduisent &#224; travers la substitution de la clinique par le fonctionnement formel, du besoin par la demande, du sens par l'efficacit&#233; tangible, sans oublier le remplacement du symbolique par l'&#233;conomique. Reste que, m&#234;me aggrav&#233;e par toutes ces d&#233;rives, la violence est inh&#233;rente &#224; toute relation humaine. C'est une r&#233;sultante de la transaction entre la comp&#233;tition et le pouvoir d'un c&#244;t&#233;, la n&#233;gociation et la coop&#233;ration de l'autre. Le passage &#224; l'acte intervient quand cette tension ne peut &#234;tre ni contr&#244;l&#233;e, ni g&#233;r&#233;e, ni m&#233;tabolis&#233;e. Les fronti&#232;res se d&#233;litant alors entre le licite et l'illicite, le bien et le mal, la l&#233;galit&#233; et la transgression, la d&#233;charge motrice d&#233;brid&#233;e se combine avec la d&#233;faillance de la mentalisation et l'&#233;chec de la symbolisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les carences affectives, &#233;ducatives et symboliques auxquelles sont souvent confront&#233;es les populations du secteur m&#233;dico-social sont autant de facteurs favorisants. Il en va de m&#234;me chez le patient psychotique en proie &#224; la porosit&#233; et aux failles des limites, &#224; l'absence du sentiment de continuit&#233; et de diff&#233;renciation, &#224; la confusion entre la pens&#233;e et le concret, l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur, l'imagin&#233; et le tangible. L'auto-agression constitue alors la seule option pour r&#233;pondre &#224; une angoisse ou &#224; un v&#233;cu insupportable. L'institution, m&#234;me si elle est garante de l'int&#233;grit&#233; et de la s&#233;curit&#233;, ne doit pourtant pas chercher &#224; &#233;radiquer cette violence dans une vis&#233;e normative, mais &#224; l'identifier au sympt&#244;me d'une &#233;nigme &#224; &#233;lucider. Il faut rejeter tant le laisser-faire (on n'y peut rien), que la tol&#233;rance z&#233;ro (r&#233;pression rigide).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient d'abord de qualifier la violence agie : est-elle pathologique, d&#233;lictueuse, &#233;thique, psychologique, id&#233;ologique ou civique ? Puis, d&#233;terminer la capacit&#233; du sujet &#224; int&#233;grer une &#233;ventuelle sanction et/ou r&#233;paration. Encore, l'accompagner dans la r&#233;appropriation de ce qui s'est pass&#233;. Et surtout prendre soin de la victime traumatis&#233;e par la violence subie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. ESF, 2017, (172 p. &#8211; 18,90&#8239;&#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le travail social face &#224; la violence</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-travail-social-face-a-la-violence-4592</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>1165</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un nombre croissant de professionnels est confront&#233; dans sa pratique &#224; des r&#233;actions violentes, de l'insulte jusqu'&#224;, parfois, l'agression. Que faire de cette violence ? Comment r&#233;pondre ? En protection de l'enfance, mais aussi dans d'autres secteurs, les travailleurs sociaux accompagnent des familles et touchent parfois des cordes ultrasensibles. Au risque de l'&#233;tincelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux cent cinquante mille visites en deux jours. D'habitude, le blog de Didier Dubasque, assistant social , attire plus (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un nombre croissant de professionnels est confront&#233; dans sa pratique &#224; des r&#233;actions violentes, de l'insulte jusqu'&#224;, parfois, l'agression. Que faire de cette violence ? Comment r&#233;pondre ? En protection de l'enfance, mais aussi dans d'autres secteurs, les travailleurs sociaux accompagnent des familles et touchent parfois des cordes ultrasensibles. Au risque de l'&#233;tincelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Deux cent cinquante mille visites en deux jours. D'habitude, le blog de Didier Dubasque, assistant social&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='dubasque.org' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, attire plus modestement. En l'occurrence, cette fr&#233;quentation inhabituelle a lieu un week-end. Port&#233; par l'&#233;motion ressentie apr&#232;s le meurtre de Pierre Gastowtt, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, Didier &#233;crit un billet. &lt;i&gt;&#171; Ce qui s'est pass&#233; &#224; Nantes est un &#233;v&#233;nement majeur dont la port&#233;e d&#233;passe largement celle d'un fait divers. Cela a du sens pour tous les travailleurs sociaux &#187;&lt;/i&gt;, estime l'ancien pr&#233;sident de l'Association nationale des assistants de service social (ANAS). Et d'ajouter : &lt;i&gt;&#171; Autant de visites un samedi et un dimanche r&#233;v&#232;le le profond malaise et le mal-&#234;tre des travailleurs sociaux sur la question de la violence. &#187;&lt;/i&gt; Christine Daleau, assistante sociale de formation, confirme : &lt;i&gt;&#171; Quasiment tout le monde est concern&#233; par les d&#233;rapages verbaux, les menaces. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'insulte &#224; la violence physique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S&#233;verine, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e en zone rurale, a eu deux doigts retourn&#233;s par une m&#232;re qui remettait en cause les modalit&#233;s d'un droit de visite tr&#232;s restreint. Une autre fois, lors d'une visite m&#233;diatis&#233;e, une femme l'insulte et la bouscule violemment. Jean-Marie Vauchez, pr&#233;sident de l'Organisation nationale des &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s (ONES), se souvient d'un p&#232;re alcoolique prompt &#224; menacer ou &#224; mettre le feu au centre m&#233;dico-social lorsque quelque chose lui d&#233;plaisait. Mich&#232;le, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e dans un centre d&#233;partemental d'action sociale (CDAS) &#224; Rennes, raconte comment &lt;i&gt;&#171; un attroupement mena&#231;ant s'est form&#233; autour de moi alors que j'essayais de retenir un p&#232;re qui &#224; l'occasion d'une visite m&#233;diatis&#233;e avait emmen&#233; son fils sur le parking &#187;&lt;/i&gt;. V&#233;ronique, responsable d'un CDAS dans une ville moyenne, d&#233;plore que &lt;i&gt;&#171; pas une semaine ne se d&#233;roule sans incidents, le plus souvent des insultes et des menaces &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guy Lemari&#233;, retrait&#233; du poste de directeur du Service &#233;ducatif en milieu ouvert (SEMO) de Rennes, revoit, lui, le jour o&#249; un p&#232;re est entr&#233;, arm&#233; d'une carabine : &lt;i&gt;&#171; Il ne supportait pas le placement de son enfant, il voulait &#8220;faire la peau&#8221; du travailleur social. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au conseil d&#233;partemental du Morbihan, Anne Morvan-Paris, directrice Famille et Action sociale, exige de recevoir toutes les fiches d'incident. Elle constate deux &#233;volutions majeures : primo, l'augmentation du nombre de fiches depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e. Elle en re&#231;oit une quasiment tous les deux jours contre une par semaine, voire moins, l'an pass&#233;. Deuxio, l'expression de l'agressivit&#233; est diff&#233;rente : &lt;i&gt;&#171; Notamment en protection de l'enfance, ce n'est plus de l'insulte mais souvent &#8211; trop souvent ! &#8211; de la menace et m&#234;me de la menace de mort &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;clare -t-elle. Et de citer : &lt;i&gt;&#171; Plusieurs fois, on a entendu &#8220;Je saurai te retrouver, ta maison, tes enfants&#8221;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un sujet encore tabou&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certes, le seuil de tol&#233;rance d&#233;pend de la personnalit&#233; de chacun. Mais il appara&#238;t que celui des travailleurs sociaux est tr&#232;s &#233;lev&#233;. &#171; Apr&#232;s le drame de Nantes, j'ai organis&#233; une r&#233;union avec une trentaine de coll&#232;gues. L'une d'elles a indiqu&#233; qu'&#8220;elle ne tol&#233;rait plus l'insulte&#8221;. Elle &#233;tait minoritaire &#187;&lt;/i&gt;, assure Christine Daleau. Non pas que les professionnels ne r&#233;agissent pas mais ils n'en parlent pas forc&#233;ment &#224; leurs pairs ou &#224; la hi&#233;rarchie et, quelle que soit la nature de l'agression verbale, relativisent souvent en concluant par un &lt;i&gt;&#171; ce n'est pas si grave que cela &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si l'&#233;ducateur, l'assistant social craignait que son savoir-faire soit remis en cause. &lt;i&gt;&#171; C'est un sujet un peu tabou car quelque part, certains pensent que cela signifierait que la relation n'a pas &#233;t&#233; ma&#238;tris&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, regrette Didier Dubasque. Les travailleurs sociaux ne consigneraient donc pas syst&#233;matiquement les incidents de ce type. &lt;i&gt;&#171; Dans mon service, et je pense que c'est la m&#234;me chose ailleurs, les membres de l'&#233;quipe trouvent souvent des circonstances att&#233;nuantes &#187;&lt;/i&gt;, rel&#232;ve une cadre. &lt;i&gt;&#171; En tant que responsable, je veux &#234;tre au courant pour recevoir ensuite les personnes dans mon bureau. Car le recadrage par un responsable hi&#233;rarchique, &#231;a fonctionne souvent tr&#232;s bien. &#199;a permet de mettre un coup d'arr&#234;t &#224; une violence qui, sans &#231;a, pourrait aller plus loin &#187;&lt;/i&gt;, poursuit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de nombreuses structures, la hi&#233;rarchie souhaite &#234;tre inform&#233;e des insultes ou des menaces afin que l'auteur soit ensuite convoqu&#233; par un cadre : &lt;i&gt;&#171; Une insulte ne doit pas &#234;tre banalis&#233;e car plus on la banalise et plus on la d&#233;veloppe &#187;&lt;/i&gt;, consid&#232;re Guy Lemari&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, nombreux sont ceux qui se d&#233;brouillent seuls de la violence potentielle ou av&#233;r&#233;e de leurs vis-&#224;-vis. Quitte ensuite &#224; en souffrir : &lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s une agression, notamment verbale, les coll&#232;gues rechignent &#224; en parler. Et il arrive ensuite qu'ils somatisent &#187;&lt;/i&gt;, observe Didier Dubasque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, ce professionnel qui accepte de recevoir un parent m&#234;me s'il est alcoolis&#233; et qui explique : &lt;i&gt;&#171; Cela d&#233;pend des raisons de son &#233;bri&#233;t&#233; : si c'est pour se donner du courage avant l'entretien, &#231;a peut &#234;tre int&#233;ressant d'en discuter avec lui. &#187;&lt;/i&gt; Mich&#232;le, qui pratique le th&#233;&#226;tre en amateur, &#233;l&#232;ve parfois la voix bien plus haut que ses interlocuteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'un incident l'a, comme elle le dit, &lt;i&gt;&#171; cass&#233;e &#187;&lt;/i&gt; : lors d'une visite m&#233;diatis&#233;e, elle ordonne au p&#232;re de la laisser mener l'entretien via un &lt;i&gt;&#171; Vous, pour l'instant, vous vous taisez &#187;&lt;/i&gt;. Son autorit&#233; fonctionne et le rendez-vous se d&#233;roule sans nouvel incident : &lt;i&gt;&#171; Nous nous sommes dit &#171; au revoir &#187; tout &#224; fait normalement &#187;&lt;/i&gt;, se rappelle-t-elle. Quelques semaines plus tard, elle re&#231;oit pourtant une demande du juge. Le p&#232;re avait vu un avocat et l'accusait d'insultes. &lt;i&gt;&#171; Il fallait que je me justifie. Moralement, &#231;a a &#233;t&#233; tr&#232;s dur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Se prot&#233;ger&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tous les travailleurs sociaux sont unanimes : la violence est inh&#233;rente &#224; leur m&#233;tier. Serait-ce pour cette raison que, souvent, ils la relativisent et l'excusent ? &lt;i&gt;&#171; Dire que la violence fait partie du m&#233;tier est totalement insuffisant. Il faut aller plus loin dans la r&#233;flexion et poser des limites &#187;&lt;/i&gt;, proteste Anne Morvan-Paris. Pour Jean-Marie Vauchez, le probl&#232;me proviendrait d'un glissement lent mais destructeur vers une normalisation de plus en plus pouss&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Avant, nous &#233;tions peut-&#234;tre un peu trop dans l'analyse introspective mais aujourd'hui, &#224; trop vouloir &#233;viter la violence, nous glissons vers des r&#233;ponses normatives et proc&#233;durales. La relation n'est plus le c&#339;ur du travail &#233;ducatif. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai qu'apr&#232;s des drames comme celui de Marina, dans la Sarthe, ou l'assassinat de La&#235;titia Perrais, &#224; Saint-Nazaire, les travailleurs sociaux veulent se prot&#233;ger. &lt;i&gt;&#171; C'est comme si l'objectif &#233;tait de n'avoir rien &#224; se reprocher juridiquement &#187;&lt;/i&gt;, confirme Jean-Marie Vauchez. Imperceptiblement, le respect des proc&#233;dures entra&#238;ne un glissement dans la relation qu'entretiennent le professionnel et les personnes accompagn&#233;es et, dans une soci&#233;t&#233; qui promeut toujours plus le risque z&#233;ro, le professionnel est tent&#233; de s'assurer que rien ne pourra lui &#234;tre reproch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des parents parfois inaccessibles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'un professionnel met en cause l'exercice de la parentalit&#233; dans une famille, il d&#233;clenche forc&#233;ment des sentiments exacerb&#233;s. &lt;i&gt;&#171; J'observe un repli tr&#232;s fort&lt;/i&gt;, analyse Mich&#232;le. &lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; dit qu'un p&#232;re, une m&#232;re doivent &#234;tre capables d'&#233;lever leurs enfants sans aide et les gens en sont persuad&#233;s alors qu'autrefois, la communaut&#233;, la famille, les voisins intervenaient. Avec ce repli, les enfants sont devenus un bien, quelque chose qui &#8220;appartient&#8221; et cela devient tr&#232;s difficile de travailler avec les familles. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans tomber dans la nostalgie du &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait mieux avant &#187;&lt;/i&gt;, force est de constater que les &#233;volutions du secteur m&#233;dico-social consacrent beaucoup de temps aux &#233;crits professionnels. &lt;i&gt;&#171; C'est une tr&#232;s bonne chose, mais comme les effectifs n'augmentent pas &#8211; bien au contraire &#8211;, on passe de moins en moins de temps avec les personnes et nous les connaissons donc moins bien &#187;&lt;/i&gt;, note Lisa Gintz, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e en Rh&#244;ne-Alpes. &lt;i&gt;&#171; Soumis &#224; de multiples contradictions, comme le manque d'effectif ou la rationalisation du travail, les travailleurs sociaux connaissent de mieux en mieux leurs dossiers mais de moins en moins les personnes accompagn&#233;es. Celles-ci se sentent alors perdues dans les vastes dispositifs de la protection de l'enfance &#187;&lt;/i&gt;, abonde Jean-Marie Vauchez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bornes Internet et autres plates-formes t&#233;l&#233;phoniques concourent &#224; l'isolement des personnes et la robotisation de notre soci&#233;t&#233; joue un r&#244;le dans cette mont&#233;e de la violence. Avez-vous d&#233;j&#224; essay&#233; de rencontrer un employ&#233; d'un fournisseur d'&#233;nergie ? Ou m&#234;me de lui parler au t&#233;l&#233;phone ? Une informatisation de la soci&#233;t&#233; qui contribue &#224; renvoyer les plus d&#233;munis &#224; leurs difficult&#233;s. Et quand, enfin, un &#234;tre humain en chair et en os se pr&#233;sente &#8211; le plus souvent, un travailleur social &#8211;, le risque de p&#233;tage de plomb existe bel et bien. &lt;i&gt;&#171; La violence est une des cons&#233;quences de la politique de guichet : &#8220;Je vous donne la r&#233;ponse &#224; cette question pr&#233;cise mais si vous en avez une deuxi&#232;me dans un autre domaine, vous devrez vous adresser &#224; un autre guichet&#8221;&lt;/i&gt;, fulmine Jean-Marie Vauchez. &lt;i&gt;Or, les personnes que nous accompagnons veulent avoir en face d'elles un interlocuteur qui apporte des r&#233;ponses &#224; leurs questions. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces situations complexes, s'ajoutent les troubles psychiatriques qui, selon les professionnels, deviennent de plus en plus fr&#233;quents. &lt;i&gt;&#171; Sur des publics de plus en plus touch&#233;s, l'&#233;ducatif est insuffisant, conclut Anne Morvan-Paris. Notre service compte dix infirmiers et cela s'av&#232;re une comp&#233;tence tr&#232;s utile, compl&#233;mentaire aux savoir-faire des travailleurs sociaux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Normes et proc&#233;dures, la r&#233;ponse des institutions&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les conseils d&#233;partementaux multiplient les dispositifs pour limiter les risques d'agression et apporter des r&#233;ponses appropri&#233;es lorsqu'elles se produisent. Mais toutes ces mesures ne cachent-elles pas une impuissance &#224; penser le travail social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Face aux violences, les choses ont chang&#233;, nos responsables ont pris la mesure des difficult&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, se f&#233;licite S&#233;verine, &#233;ducatrice &#224; l'aide sociale &#224; l'enfance (ASE). &#192; des centaines de kilom&#232;tres, V&#233;ronique, aujourd'hui chef de service, a d&#233;marr&#233; comme assistante sociale en protection de l'enfance : &lt;i&gt;&#171; Il y a vingt ans, nous n'avions pas grand-chose. Pour aller en visite m&#233;diatis&#233;e, je m'&#233;tais m&#234;me achet&#233; une bombe lacrymog&#232;ne. Quand je vois tout ce qui a &#233;t&#233; mis en place depuis&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, compare-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai, il y a vingt ans, on ne croisait pas forc&#233;ment de vigiles &#224; l'entr&#233;e de centres d&#233;partementaux d'action sociale (CDAS). Aujourd'hui, des boutons-poussoirs aux portes des bureaux d'entretien &#233;quip&#233;es de hublots jusqu'aux messages d'alerte adress&#233;s aux coll&#232;gues en appuyant sur une touche de l'ordinateur, la technique limite le risque de passage &#224; l'acte. &lt;i&gt;&#171; Mais attention &#224; ne pas avoir tout le temps le doigt dessus, &#224; &#234;tre dans une attitude de d&#233;fiance &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;vient Didier Dubasque, assistant social et ancien pr&#233;sident de l'ANAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Ille-et-Vilaine, l'an pass&#233;, le conseil d&#233;partemental a &#233;quip&#233; tous les CDAS de ce dispositif ainsi que de portes avec hublots. &lt;i&gt;&#171; En zone rurale, le travailleur social peut &#234;tre seul dans les locaux avec la personne re&#231;ue &#187;&lt;/i&gt;, rel&#232;ve S&#233;verine. Dans le Morbihan, la collectivit&#233; s'appr&#234;te &#224; exp&#233;rimenter le bouton-poussoir sur un canton et envisage d&#233;j&#224; de le g&#233;n&#233;raliser. &lt;i&gt;&#171; Pendant sa permanence, le travailleur social est isol&#233;. Notamment sur les lieux ext&#233;rieurs comme des annexes de la mairie &#187;&lt;/i&gt;, reconna&#238;t Anne Morvan-Paris, directrice Famille et Action sociale au conseil d&#233;partemental.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des solutions pour les &#233;tapes sensibles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'organisation de l'accueil constitue un levier int&#233;ressant. &#192; Rennes, au centre social de Cleunay&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='dubasque.org' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, deux secr&#233;taires se relaient dans cette fonction avec &#224; proximit&#233; un travailleur social charg&#233; du soutien. Concr&#232;tement, face &#224; une personne &#233;nerv&#233;e, voire agressive, l'assistante propose qu'un professionnel &#8211; un travailleur social occupe ce poste de soutien &#224; mi-temps et quatre autres assurent chacun une demi-journ&#233;e par semaine &#8211; la re&#231;oive imm&#233;diatement. &lt;i&gt;&#171; &#199;a permet de r&#233;guler, d'isoler la personne agressive et de lui montrer qu'on prend imm&#233;diatement ses difficult&#233;s en consid&#233;ration &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne un professionnel. Et chaque mois, ceux qui assurent l'accueil et le soutien participent &#224; une r&#233;union de deux heures anim&#233;es par les chefs de service des trois entit&#233;s. &lt;i&gt;&#171; C'est tr&#232;s pointu : on entre dans le d&#233;tail du comportement de chaque personne qui a pos&#233; probl&#232;me &#187;&lt;/i&gt;, poursuit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce de la d&#233;cision de demander le placement, puis la visite m&#233;diatis&#233;e, constitue des moments qui cristallisent les tensions chez les parents. Dans une soci&#233;t&#233; qui place le &#171; z&#233;ro risque &#187; comme la norme &#224; atteindre, l'information pr&#233;occupante a en quelque sorte institutionnalis&#233; la d&#233;fiance. &lt;i&gt;&#171; La tol&#233;rance aux carences des parents a baiss&#233; &#187;&lt;/i&gt;, note Didier Dubasque. &lt;i&gt;&#171; La tendance est &#224; signaler rapidement alors que nous pourrions parfois tenter autre chose et que l'enfant pourrait se construire. Au final, cela peut provoquer des situations de crise &#187;&lt;/i&gt;, constate-t-il. Mich&#232;le, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e, soutient une ligne oppos&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Les phrases creuses comme &#8220;La meilleure famille d'accueil sera toujours moins bien que la famille d'origine&#8221; provoquent des d&#233;g&#226;ts. Face &#224; des parents d&#233;faillants, existent plusieurs outils et le placement en est un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; trop retarder cette d&#233;cision, les situations se d&#233;gradent et il devient ensuite extr&#234;mement difficile de travailler avec les parents. &#187;&lt;/i&gt; Ces situations en protection de l'enfance peuvent engendrer de la violence. Quant &#224; l'absence de parole, elle peut &#233;galement &#234;tre source de tension. Par exemple, autour du rapport du service social, la premi&#232;re pi&#232;ce vers&#233;e au dossier du juge. Si, pour certains professionnels, r&#233;sumer cet &#233;crit aux personnes concern&#233;es suffit, d'autres optent pour une lecture compl&#232;te suivie d'une explication. Objectif : que, chez le juge, la personne ne soit pas surprise par les mots employ&#233;s &#224; son &#233;gard. Ne pas s&#233;parer donc la forme du fond. Mais aussi consid&#233;rer l'interlocuteur comme un &#233;gal. &lt;i&gt;&#171; Il est fondamental de s'interroger sur la fa&#231;on dont le travail social infantilise les parents. M&#234;me s'il est vrai que ceux-ci s'installent parfois eux-m&#234;mes dans cette relation d'infantilisation &#187;&lt;/i&gt;, explique un cadre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Haute tension en visite m&#233;diatis&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La visite m&#233;diatis&#233;e n&#233;cessiterait parfois une approche plus pr&#233;cautionneuse. Ainsi, &#233;viter que des parents en crise se rencontrent ou annuler une visite du fait du travailleur social permettrait de pr&#233;venir des &lt;i&gt;&#171; p&#233;tages de plomb &#187;&lt;/i&gt;. Certains veulent aller plus loin : &lt;i&gt;&#171; Un lieu neutre, c'est neuf fois sur dix le centre m&#233;dico-socia&lt;/i&gt;l, ironise Jean-Marie Vauchez, pr&#233;sident de l'ONES. &lt;i&gt;Pourquoi, avec l'accord du juge, ne pas proposer une balade en for&#234;t ? &#187;&lt;/i&gt; Des &#233;volutions qui impliqueraient qu'en amont les relations entre l'&#233;quipe &#233;ducative et le magistrat soient de confiance. &lt;i&gt;&#171; Le droit de visite est, de mon point de vue, la situation la plus &#224; risques&lt;/i&gt;, consid&#232;re Anne Morvan-Paris. &lt;i&gt;Et cela demanderait des r&#233;flexions mieux partag&#233;es. &#187;&lt;/i&gt; De fait, le magistrat d&#233;cide &#224; partir de l'&#233;valuation r&#233;alis&#233;e par l'&#233;quipe mais sans forc&#233;ment associer celle-ci &#224; sa strat&#233;gie. Or, &lt;i&gt;&#171; quand la proposition du service n'est pas suivie par le juge, cela peut d&#233;cr&#233;dibiliser le professionnel. Dans ces conditions, comment reprendre ensuite contact avec le parent ? &#187;&lt;/i&gt;, s'interroge la directrice.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Soutien psychologique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Menace prof&#233;r&#233;e froidement, explosion de violence&#8230; face aux agressions, le professionnel doit r&#233;diger une fiche hygi&#232;ne-s&#233;curit&#233; dans laquelle il consigne l'ensemble des &#233;v&#233;nements de la fa&#231;on la plus pr&#233;cise. En r&#233;ponse, l'auteur des faits r&#233;pr&#233;hensibles re&#231;oit g&#233;n&#233;ralement une lettre d'admonestation de la hi&#233;rarchie ou une convocation &#224; un rendez-vous consacr&#233; &#224; son attitude, voire &#8211; exceptionnellement &#8211; l'information d'un d&#233;p&#244;t de plainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que si l'attitude des personnes accompagn&#233;es est prise en compte, peu de choses semblent en revanche &#234;tre pr&#233;vues pour le professionnel insult&#233; ou menac&#233;. &lt;i&gt;&#171; Nous essayons d'apporter une r&#233;ponse syst&#233;matique&lt;/i&gt;, insiste Anne Morvan-Paris. &lt;i&gt;L'assistante sociale du service Pr&#233;vention du travail ou ses coll&#232;gues m&#233;decin ou infirmier s'en chargent. Il est en effet important que cette &#233;coute soit assur&#233;e par un professionnel afin de ne pas &#234;tre anxiog&#232;ne. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me chose pour le d&#233;p&#244;t de plainte. Beaucoup de travailleurs sociaux s'y refusent, laissant souvent la collectivit&#233; seule auteure de la plainte. &lt;i&gt;&#171; &#199;a vient souvent mettre en jeu, interroger, tirailler, toutes les valeurs qui fondent l'engagement du professionnel. Et c'est dur &#224; supporter &#187;&lt;/i&gt;, observe Sylvie Taymont, psychologue lib&#233;rale. Aussi, plusieurs d&#233;partements comme les Ardennes ou la Loire-Atlantique offrent-ils la possibilit&#233; &#224; leurs agents de recourir &#224; des cabinets sp&#233;cialis&#233;s dans l'accompagnement psychologique des situations de souffrance au travail. Un soutien &#233;videmment utile mais qui porte en lui-m&#234;me ses limites puisque, d'une certaine fa&#231;on, il s'agit &#224; la fois d'un renversement de la difficult&#233; (c'est le salari&#233; qui pose probl&#232;me) et d'une forme d'externalisation de celle-ci, sa r&#233;solution &#233;tant confi&#233;e &#224; un tiers. &lt;i&gt;&#171; Ce qui manque aujourd'hui, ce sont des temps de r&#233;flexion en &#233;quipe. Dans un service social, cette dimension collective est fondamentale autant pour pr&#233;parer les situations que pour r&#233;agir apr&#232;s un incident &#187;&lt;/i&gt;, poursuit la psychologue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, multiplier ces temps de r&#233;flexion d&#233;pend de trois param&#232;tres majeurs : l'engagement financier de la collectivit&#233;, le projet de service et l'engagement professionnel de chacun. Sur le premier point, les indicateurs sont au rouge et, par voie de cons&#233;quence, le choix de r&#233;aliser des &#233;conomies conduit parfois &#224; utiliser les &#233;valuations individuelles &#224; mauvais escient (cf. l'interview de Sylvie Taymont). Sur le deuxi&#232;me, la n&#233;cessit&#233; d'aborder les moyens d'atteindre les objectifs doit &#234;tre approfondie : &lt;i&gt;&#171; Trop de projets p&#232;chent par leurs phrases grandiloquentes. Il faudrait revenir au terrain, au concret &#187;&lt;/i&gt;, lance ce cadre qui ne veut surtout pas dire son nom et qui, pr&#233;tend-il, &lt;i&gt;&#171; n'oserait jamais s'exprimer ainsi devant ses coll&#232;gues &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'engagement personnel de chacun, Mich&#232;le &#8211; du haut de ses quarante ann&#233;es de m&#233;tier &#8211; n'y va pas par quatre chemins : &lt;i&gt;&#171; Je le dis &#224; tous les stagiaires : &#8220;Ton outil de travail, c'est toi. Toi, dans ta relation &#224; l'autre. &#192; toi, donc, de le peaufiner par la formation, la r&#233;flexion, la lecture, les loisirs, les &#233;changes avec les coll&#232;gues et bien s&#251;r, la remise en question. &#187;&lt;/i&gt; Une philosophie valable pour les professionnels de terrain, et vraisemblablement pour les &#233;lus et les cadres dirigeants&#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion d'une visite en pr&#233;sence d'un tiers, M. X a &#233;t&#233; violemment pris &#224; partie par une m&#232;re dont les enfants avaient &#233;t&#233; plac&#233;s en urgence quelques semaines auparavant. Ce chef d'un service d'accueil familial explique pourquoi il a d&#233;cid&#233; de ne pas porter plainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se sont d&#233;roul&#233;s les faits ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#232;re n'acceptant pas le placement, nous d&#233;cidons que deux travailleurs sociaux seront pr&#233;sents pendant la visite et qu'un cadre du service les accompagnera au d&#233;but. &#192; un moment, elle a pris sa fille pour partir. Je lui ai demand&#233; de rester. Elle a lanc&#233; son sac &#224; main dans ma direction en m'insultant. Elle criait &#233;norm&#233;ment, &#233;tait hors d'elle. J'ai eu recours &#224; une contention. La police a &#233;t&#233; pr&#233;venue. Lorsqu'ils sont arriv&#233;s, la pression &#233;tait retomb&#233;e et ils ont seulement demand&#233; si tout se passait bien. En fait, apr&#232;s l'altercation, cette m&#232;re a &#233;t&#233; capable de se repositionner. Et, chose &#233;tonnante, elle a demand&#233; &#224; ce que ce soit moi qui reste dans la pi&#232;ce pendant la visite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment avez-vous v&#233;cu cet &#233;pisode ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me suis pas senti agress&#233;. C'est la fonction que la femme a agress&#233;e, pas moi personnellement. J'ai plus ressenti de l'agacement face &#224; ce que cette m&#232;re faisait vivre &#224; son enfant. &#192; l'occasion du debriefing, a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; la possibilit&#233; d'une plainte. &#192; mon sens, il y avait autre chose &#224; faire : en r&#233;f&#233;rer au juge bien s&#251;r, et que le magistrat re&#231;oive la m&#232;re en audience afin de lui expliquer de nouveau le sens du placement. Les visites ont &#233;t&#233; suspendues le temps qu'elle soit re&#231;ue par le magistrat. Et, pour ma part, je l'ai inform&#233;e de cette possibilit&#233; de plainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles relations le service entretient-il avec cette personne d&#233;sormais ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'audience, les visites ont repris en pr&#233;sence de deux professionnels. Cette m&#232;re doit se pr&#233;senter une dizaine de minutes en avance afin qu'elle s'entretienne avec un cadre. Depuis quelques temps, un seul professionnel accompagne la visite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment r&#233;agiriez-vous si elle vous agressait de nouveau ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette personne avait un geste physique agressif &#224; mon endroit, la question se poserait dans d'autres termes. Il ne faut pas &#234;tre tol&#233;rant avec l'agressivit&#233; mais s'interroger sur les moyens de l'appr&#233;hender.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par N.B.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Entretien avec Sylvie Taymont, psychologue&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ces agressions constituent une pression insidieuse &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Ancienne &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e, cette psychologue clinicienne du travail anime, &#224; Sedan, une consultation d&#233;di&#233;e &#224; la souffrance au travail o&#249; elle re&#231;oit des travailleurs sociaux victimes d'agressions. Quelle que soit la pertinence des outils apport&#233;s par l'institution pour prot&#233;ger les agents, elle d&#233;plore le manque de temps collectifs pour penser le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des outils pr&#233;ventifs, comme le bouton d'alerte sous le bureau, se d&#233;veloppent. Qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie au moins que le risque de violence est reconnu et pris en compte. C'est important, mais cela ne suffit pas. Il faut que ces outils techniques soient &#233;labor&#233;s en concertation avec les professionnels et qu'ils prennent en compte les sp&#233;cificit&#233;s de l'activit&#233;. Ainsi, dans un service d'accueil, l'agressivit&#233; de certains visiteurs a conduit &#224; la proposition d'installer une cam&#233;ra. Controvers&#233;e, cette id&#233;e a provoqu&#233; une discussion dans l'&#233;quipe : il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; que l'&#233;cran de contr&#244;le ne serait pas sous les yeux du professionnel mais tourn&#233; vers le public qui verrait &#8211; le cas &#233;ch&#233;ant &#8212; sa propre violence. Cela a permis de mod&#233;rer le comportement de plusieurs personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les professionnels sont-ils toujours conscients des risques encourus ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble que les professionnels ont en g&#233;n&#233;ral conscience du risque encouru mais qu'en font-ils dans l'activit&#233; au quotidien ? Ont-ils toujours la possibilit&#233; de travailler et de r&#233;fl&#233;chir autour de la peur et du risque ? La peur est une r&#233;action normale, voire utile, face &#224; un danger. C'est elle qui va permettre une adaptation &#224; la situation. Si dans une institution, dans un service, il n'y a pas de possibilit&#233; de penser autour de la peur, d'en parler avec ses coll&#232;gues, d'&#233;laborer une action autour de cette peur, donc de penser une action face au danger, elle perdra sa fonction d'alerte et deviendra un poids dans le travail pour la personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se d&#233;barrasser de la peur, il faut cesser de penser au risque. L'individu aura alors recours &#224; des strat&#233;gies de d&#233;fense. Un des moyens les plus fr&#233;quents et tr&#232;s g&#233;n&#233;ralement accessible en situation de travail, notamment dans les configurations actuelles du secteur m&#233;dico-social (flux tendu, restructuration, baisse des effectifs, normalisation, etc.), est l'auto-acc&#233;l&#233;ration ou &#171; activisme &#187; : avoir toujours quelque chose &#224; faire en urgence, &#234;tre d&#233;bord&#233;, ne pas se poser cinq minutes, ne plus avoir de temps pour penser, pour &#233;changer avec ses coll&#232;gues. Il y a aussi les ph&#233;nom&#232;nes de banalisation ou de d&#233;ni du danger. &#192; un moment donn&#233;, ces strat&#233;gies deviendront contre-productives et ne prot&#232;geront plus ; bien au contraire. Elles viennent en effet annihiler la capacit&#233; d'anticipation indispensable dans le travail de la relation : &lt;i&gt;&#171; je ne comprends pas, je n'ai rien vu venir &#187;&lt;/i&gt;. Pourtant, &#224; l'origine, l'anticipation est une dext&#233;rit&#233; de m&#233;tier chez les travailleurs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces strat&#233;gies de d&#233;fense peuvent m&#234;me aller jusqu'&#224; &#234;tre &#233;rig&#233;es en id&#233;ologie port&#233;e collectivement par le groupe pour pouvoir tenir collectivement. Et gare &#224; celui qui ne jouerait pas le jeu, il pourrait &#234;tre ostracis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On entend tr&#232;s souvent des formules comme &lt;i&gt;&#171; La violence fait partie du travail &#233;ducatif &#187;&lt;/i&gt;. Cela concourt-il &#224; sa banalisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse de m&#233;tiers comme soldat ou policier, o&#249; la violence fait r&#233;ellement partie du travail, elle est un risque encouru dans le champ m&#233;dico-social. M&#234;me si je comprends le propos, je pr&#233;f&#232;re apporter cette pr&#233;cision. En outre, sur le plan juridique, une agression dans le cadre de l'exercice de son activit&#233; est consid&#233;r&#233;e comme un accident du travail. Ce n'est donc pas du tout anodin. De fait, qu'est-ce qu'une conduite violente ? C'est la mise en actes par quelqu'un d'une intention d'atteindre, voire de d&#233;truire. Pour en revenir &#224; la formule : la violence est effectivement et malheureusement un risque encouru dans l'exercice du m&#233;tier mais elle ne fait pas partie du travail. Vous avez l&#224;, semble-t-il, le r&#233;sultat de la strat&#233;gie de d&#233;fense qui transforme et banalise cette question de la violence et la rend presque l&#233;gitime dans le propos. C'est parfois malheureusement &#224; ce prix de l'euph&#233;misation qu'il est possible de continuer de travailler.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi, dans les services sociaux, ne serait-il pas possible de penser autour de la peur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour de tr&#232;s nombreuses raisons. D'abord, l'organisation du travail : la pens&#233;e collective, l'&#233;change d'arguments entre coll&#232;gues sur un sujet ou une situation pr&#233;cise sont de moins en moins possibles. Au fil des ann&#233;es, est parfois &#233;vacu&#233; l'espace collectif d'&#233;laboration de l'&#233;quipe o&#249; l'on peut d&#233;battre, &#233;changer, s'interroger sur ses difficult&#233;s, se soutenir. Le travailleur social de terrain (mais c'est aussi valable pour les cadres) ne prend plus le temps de la r&#233;flexion ou de l'analyse. L'&#233;valuation individualis&#233;e des performances restreint &#233;galement la possibilit&#233; d'expression de l'agent. &lt;i&gt;&#171; Si je dis que j'ai peur, ne vais-je pas &#234;tre tax&#233; d'incomp&#233;tent ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles cons&#233;quences ont les acc&#232;s de violence des personnes accompagn&#233;es sur la sant&#233; des professionnels ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces insultes, ces menaces, ces agressions parfois pluri-quotidiennes constituent une pression insidieuse et entra&#238;nent une surcharge du fonctionnement psychique chez les professionnels. Depuis deux-trois ans, j'observe une augmentation des sollicitations des travailleurs sociaux sur le probl&#232;me des violences qu'ils subissent par les personnes accompagn&#233;es. Certains d&#233;veloppent des troubles du sommeil, d'autres du caract&#232;re ; en g&#233;n&#233;ral pas au travail mais dans la sph&#232;re priv&#233;e. Cela peut aussi prendre des formes cliniques mineures, comme l'anxi&#233;t&#233; larv&#233;e, la chronicisation du sentiment d'ennui, de lassitude, de repli sur soi ou d'insatisfaction. Les surconsommations de psychotropes, de tabac, d'alcool, de caf&#233; sont &#233;galement fr&#233;quentes puisqu'elles participent &#224; la d&#233;fense ; ils sont utilis&#233;s comme anesth&#233;siants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut de penser la peur, l'angoisse, la personne fait en sorte de ne plus la ressentir. Et, lorsque l'agression se fait plus &#171; rude &#187;, la surcharge mentale peut d&#233;boucher sur des crises psychiques aigu&#235;s comme les &#233;tats de stress post-traumatique. Les signes cliniques sont tr&#232;s vari&#233;s et les sympt&#244;mes diff&#233;rent d'un individu &#224; un autre. C'est d'ailleurs un des probl&#232;mes de la prise en compte de la souffrance au travail : si face &#224; ce type de difficult&#233;s, il existait une manifestation-type, cela inqui&#233;terait. Et le milieu de travail s'en soucierait. Mais l&#224;, cela peut passer presque inaper&#231;u.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On entend &#233;galement souvent &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas moi qui &#233;tait vis&#233; (par cette violence) mais l'institution &#187;&lt;/i&gt;. Comment analysez-vous ce propos ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r que, pour l'agresseur, le professionnel incarne l'institution, le syst&#232;me. Cette situation est particuli&#232;rement difficile : en insultant ou en agressant le professionnel, c'est l'institution ou la soci&#233;t&#233; qui est vis&#233;e et cela limite les pouvoirs d'agir du professionnel. Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, lorsque l'institution n'est pas parfaitement exemplaire vis-&#224;-vis de la personne accompagn&#233;e en reportant par exemple un rendez-vous, le professionnel a tendance &#224; comprendre la personne. On entend souvent &lt;i&gt;&#171; Son exasp&#233;ration &#233;tait un peu normale &#187;&lt;/i&gt; ou autres &lt;i&gt;&#171; Il n'avait pas tout &#224; fait tort &#187;&lt;/i&gt;. L&#224; encore, cette ambivalence du professionnel le place dans une forme d'impossibilit&#233; de r&#233;agir &#224; l'agression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s une agression physique, certains professionnels refusent de porter plainte. Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un acte particulier qui, de plus, va mettre &#224; mal la coh&#233;rence interne du professionnel. Cela peut en effet lui appara&#238;tre comme une contradiction vis-&#224;-vis de ce qu'il pense &#234;tre son m&#233;tier. Je note &#233;galement des refus de porter plainte quand le professionnel avait &#233;voqu&#233; &#224; plusieurs reprises les risques de crise avec un interlocuteur et que sa hi&#233;rarchie n'a pas pris les dispositions ad&#233;quates. Dans ce cas, le travailleur social ne veut pas porter plainte car, m&#234;me s'il est vrai que la personne a &#233;t&#233; violente, l'institution aurait pu, puisqu'alert&#233;e, &#233;viter cette violence. Enfin, des professionnels h&#233;sitent &#224; porter plainte ou s'y refusent par peur des repr&#233;sailles de la part de la personne accompagn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De nombreuses personnes sollicit&#233;es pour cette enqu&#234;te ont d&#233;clin&#233; la proposition ou r&#233;clam&#233; l'anonymat. &#192; votre avis, pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les strat&#233;gies de d&#233;fense sont puissantes ! Les institutions via leurs repr&#233;sentants, mais aussi leurs agents, ont parfois du mal &#224; nommer les choses. Car les nommer ce serait reconna&#238;tre que le danger existe bien et qu'il y a n&#233;cessit&#233; d'interroger le ph&#233;nom&#232;ne dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par N. B.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le travail social face &#224; la violence</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-travail-social-face-a-la-violence</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>1165</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un nombre croissant de professionnels est confront&#233; dans sa pratique &#224; des r&#233;actions violentes, de l'insulte jusqu'&#224;, parfois, l'agression. Que faire de cette violence ? Comment r&#233;pondre ? En protection de l'enfance, mais aussi dans d'autres secteurs, les travailleurs sociaux accompagnent des familles et touchent parfois des cordes ultrasensibles. Au risque de l'&#233;tincelle. L'essentiel de la quinzaine D&#233;cryptage par Marianne Langlet Accompagnement au rabais pour les mineurs isol&#233;s &#233;trangers Sur le vif (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Violence-391" rel="tag"&gt;Violence&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L107xH150/arton4587-7e829.jpg?1693504277' width='107' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un nombre croissant de professionnels est confront&#233; dans sa pratique &#224; des r&#233;actions violentes, de l'insulte jusqu'&#224;, parfois, l'agression. Que faire de cette violence ? Comment r&#233;pondre ? En protection de l'enfance, mais aussi dans d'autres secteurs, les travailleurs sociaux accompagnent des familles et touchent parfois des cordes ultrasensibles. Au risque de l'&#233;tincelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'essentiel de la quinzaine&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cryptage par Marianne Langlet&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Accompagnement au rabais pour les mineurs isol&#233;s &#233;trangers&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Sur le vif d'Etienne Liebig&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;L'art d&#233;licat de la haine&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'humeur de Jacques Tr&#233;mintin&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Sauvons l'&#233;lite !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La plume de C&#233;lia Carpaye&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Violences ordinaires&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Chronique internationale&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;C&#244;t&#233; d'Ivoire - B&#233;nin &#8226; Psychiatrie
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; L'homme qui brise les cha&#238;nes &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Angle droit&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Projet pour l'enfant &#8226; &lt;strong&gt; Une application discut&#233;e &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Transmission&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Sant&#233; mentale
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; La clinique et le coll&#232;ge en synergie &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Au c&#339;ur des m&#233;tiers&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Parentalit&#233; &#224; construire &#8226; &lt;strong&gt;Accompagner les parents pour prot&#233;ger l'enfant&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Tribune des r&#233;sistances&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Mairie FN Fr&#233;jus (suite) &#8226; &lt;strong&gt;Le centre social Villeneuve rebondit&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Dossier&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Le travail social face &#224; la violence
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Normes et proc&#233;dures, la r&#233;ponse des institutions&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Entretien avec &lt;strong&gt;Sylvie Taymont&lt;/strong&gt;, psychologue&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;i&gt;&#034;Ces agressions constituent une pression insidieuse&#034;&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Mati&#232;re &#224; pens&#233;es&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Entretien avec Marwan Mohamed, sociologue
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Emp&#234;cher la stigmatisation, pr&#233;venir la radicalisation&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'espace du lecteur&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;L'art d'emprunter un enfant &#224; sa famille&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Hulain, &#233;ducateur, faut-il choisir ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'&#339;il et l'oreille&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Livres&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le livre noir des banques&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, Attac &amp; Basta !&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;On marche sur la dette&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, C. Al&#233;v&#234;que et V. Glenn&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Homo Economicus, proph&#232;te (&#233;gar&#233;) des temps nouveaux&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, D. Cohen&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La caste cannibale&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, S. Coignard et R. Gubert&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Th&#233;&#226;tre&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Journal de ma nouvelle oreille&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Exposition&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Objets dans tous leurs &#233;tats&#8230; d'&#226;me !&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Les artisans du social&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Portrait de Julien Boucher &#8226; &lt;strong&gt; Un engagement ferme &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Annonces&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;Offres d'emploi, d&#233;l&#233;gation de service public, appel d'offre&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Jiho : affreux, sales et m&#233;chants&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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