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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Quand l'art rend possible l'ouverture &#224; l'Autre</title>
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&lt;p&gt;Rencontre avec Michel Bilhaut, directeur des services aux adultes du secteur de Bourg-en-Bresse (ADAPEI de l'Ain), et avec Mimi Bressot, architecte d'int&#233;rieur, plasticienne et animatrice d'ateliers au sein des foyers de l'ADAPEI &lt;br class='autobr' /&gt;
Pouvez-vous rappeler le point de d&#233;part du projet Alphab&#234;te ? Mimi Bressot : Au tout d&#233;but, il y a de la part des r&#233;sidents le d&#233;sir tr&#232;s fort d'&#233;crire un livre&#8230; Cette demande r&#233;pond sans aucun doute &#224; un besoin de reconnaissance ; ils avaient envie de montrer que, eux aussi, (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rencontre avec Michel Bilhaut, directeur des services aux adultes du secteur de Bourg-en-Bresse (ADAPEI de l'Ain), et avec Mimi Bressot, architecte d'int&#233;rieur, plasticienne et animatrice d'ateliers au sein des foyers de l'ADAPEI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pouvez-vous rappeler le point de d&#233;part du projet Alphab&#234;te ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mimi Bressot&lt;/strong&gt; : Au tout d&#233;but, il y a de la part des r&#233;sidents le d&#233;sir tr&#232;s fort d'&#233;crire un livre&#8230; Cette demande r&#233;pond sans aucun doute &#224; un besoin de reconnaissance ; ils avaient envie de montrer que, eux aussi, &#233;taient capables de cr&#233;er un bel objet. Et puis, il y a aussi dans leur demande une r&#233;elle envie de se plonger dans l'univers des mots, des lettres et de la lecture, domaine o&#249; cependant, beaucoup d'entre eux ont v&#233;cu des situations d'&#233;chec. Par-del&#224; son seul aspect utilitaire - devoir s'orienter en ville par exemple -, la lecture constitue pour eux une r&#233;elle ouverture sur le monde et sur l'imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment, en qualit&#233; de directeur, expliquez-vous ce besoin de recourir &#224; une artiste, et non aux &#233;ducateurs professionnels, pour r&#233;pondre &#224; une envie de lecture et d'&#233;criture exprim&#233;e par les r&#233;sidents des foyers ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Bilhaut&lt;/strong&gt; : Cela fait maintenant pr&#232;s de dix ans que Mimi Bressot travaille avec les &#233;quipes des foyers pour adultes et sa pr&#233;sence en ces lieux t&#233;moigne de l'importance de l'intervention de personnes ext&#233;rieures. Les &#233;ducateurs ne peuvent pas tout faire. Ils sont engag&#233;s dans un travail au quotidien aupr&#232;s des r&#233;sidents, avec souvent toutes les contraintes li&#233;es &#224; leur statut : rappel des r&#232;gles, r&#233;ponses aux crises li&#233;es au comportement, etc. La pr&#233;sence de l'artiste a pour effet de &#171; d&#233;sinstituer l'institution &#187; en faisant rentrer de nouveaux rythmes ou en d&#233;tournant les objets par exemple. Ainsi lorsque Mimi Bressot s'est attel&#233;e &#224; habiller tous les radiateurs d'un foyer avec du papier journal, &#224; la fa&#231;on de Cristo, cela a bouscul&#233; les rep&#232;res et provoqu&#233; une certaine r&#233;volution dans l'institution. Avec le temps, un &#233;tablissement s'installe dans ses habitudes ; le surgissement de l'artiste permet de provoquer des ruptures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mimi Bressot&lt;/strong&gt; : Il faut dire aussi que le lien avec le livre a toujours exist&#233; dans l'atelier. La pr&#233;sence du livre ou de la lecture y est permanente, soit parce qu'une r&#233;sidente am&#232;ne une revue de son choix et veut lire un article qui l'int&#233;resse - je pense par exemple &#224; une r&#233;sidente qui am&#232;ne syst&#233;matiquement une revue sur les b&#233;b&#233;s et les enfants - soit parce que je leur lis &#224; voix haute un texte que j'avais envie de partager avec eux. L'atelier tient une place &#224; part dans la vie des r&#233;sidents. Le caract&#232;re sensible des mat&#233;riaux qui servent &#224; la cr&#233;ation est propice &#224; l'&#233;mergence d'une certaine intimit&#233; qui facilit&#233; l'&#233;change de paroles. C'est sans aucun doute un espace privil&#233;gi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'entends Michel Bilhaut dire que vous &#234;tes en quelque sorte un trublion&#8230; Mais comment s'&#233;tablit le lien entre votre intervention et le travail de l'&#233;quipe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mimi Bressot&lt;/strong&gt; : Je dirais que &#171; &#231;a se passe ! &#187; J'occupe une place difficile dans la mesure o&#249; je ne veux rien avoir affaire avec les probl&#232;mes des r&#233;sidents dans la vie proprement dite du foyer. Je ne rentre pas dans les querelles ou les d&#233;saccords car je n'ai pas toutes les informations et je serais bien incapable d'&#233;mettre un avis quelconque. L'atelier est un temps entre parenth&#232;ses. Et c'est parce qu'il est &#224; la fois un temps &#224; part et un temps sp&#233;cifique o&#249; se trame un rapport humain qu'il devient le lieu de l'&#233;laboration d'une relation de confiance entre les r&#233;sidents et moi-m&#234;me. La collaboration avec les &#233;ducateurs commence et s'arr&#234;te &#224; la reconnaissance de l'existence du projet autour des ateliers d'art plastique, de son fonctionnement, du respect des horaires, et de la n&#233;cessaire participation des r&#233;sidents inscrits. Et c'est &#224; peu pr&#232;s tout ! Ce n'est pas &#224; vrai dire une &#233;troite collaboration. J'ajouterai toutefois que depuis la cr&#233;ation des ateliers, je tiens un cahier de ce que chaque r&#233;sident vit dans l'atelier, et que ce cahier est &#224; la disposition des &#233;ducateurs qui peuvent le consulter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Bilhaut&lt;/strong&gt; : Le lien c'est le cahier, en quelque sorte. Ceci dit, Mimi Bressot est un peu un &#233;lectron libre dans la vie du foyer. Elle est l&#224; ! Elle provoque des &#233;v&#233;nements, au sens fort du terme. Mais ces &#233;v&#233;nements sont li&#233;s de fa&#231;on sp&#233;cifique &#224; son activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui mais alors en quoi cet atelier participe-t-il de la mission des foyers ? Qu'apporte-t-il aux r&#233;sidents ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Bilhaut&lt;/strong&gt; : De l'envie, du d&#233;sir, du plaisir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pardon ? Vous voulez dire que les notions d'envie, de d&#233;sir ou de plaisir auraient encore du sens dans les institutions !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Bilhaut&lt;/strong&gt; : Votre remarque provocatrice est un peu dure vis-&#224;-vis des institutions ! Oui, il y a encore de la place pour l'expression des envies ou des d&#233;sirs des r&#233;sidents et pour la manifestation de leur plaisir. Je veux en voir la preuve dans l'&#233;motion et la sensibilit&#233; qui se sont exprim&#233;es lors de la rencontre entre les r&#233;sidents et les coll&#233;giens participant au projet Alphab&#234;te. De tels instants sont plut&#244;t rares et je ne peux pas les &#233;voquer aujourd'hui sans ressentir encore un certain frisson. Cette rencontre entre les r&#233;sidents et les coll&#233;giens a &#233;t&#233; l'occasion de d&#233;couvrir que l'autre est avant tout une personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mimi Bressot&lt;/strong&gt; : Oui, les adolescents, puisqu'il s'agissait d'&#233;l&#232;ves de 5&#232;me, ont pos&#233; aux personnes adultes en situation de handicap des questions qu'ils n'auraient sans doute jamais os&#233; poser &#224; un autre adulte ou auxquelles des adultes dits &#171; normaux &#187; n'auraient sans doute pas r&#233;pondu avec autant de simplicit&#233; et de spontan&#233;it&#233;. Les ados demandaient aux adultes hommes s'ils avaient une copine, quel travail ils faisaient, comment c'&#233;tait chez eux, etc. Ainsi des questions de sexualit&#233;, d'autonomie sociale, de parentalit&#233;, d'avenir professionnel, etc. ont &#233;t&#233; abord&#233;es sans tabous ni faux-semblants. Ce fut une v&#233;ritable rencontre !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Michel Bilhaut&lt;/strong&gt; : De telles rencontres laissent en chacun, ados, r&#233;sidents ou &#233;ducateurs, des traces durables parce qu'elles permettent de sortir de l'indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; une &#233;poque o&#249; l'on parle sans cesse d'efficacit&#233; dans les actions et o&#249; les moyens sont compt&#233;s, comment un tel projet demeure-t-il possible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Bilhaut&lt;/strong&gt; : Les moyens existent. Les institutions ont la possibilit&#233; budg&#233;taire de mener de tels projets dans la mesure o&#249; ils restent coh&#233;rents avec les objectifs de leur mission. L'efficacit&#233; du projet Alphab&#234;te est l&#224;. Les r&#233;sultats sont probants et m&#234;me mesurables si cela &#233;tait n&#233;cessaire. Cette initiative a permis de concr&#233;tiser le projet d'ouverture de l'institution sur l'ext&#233;rieur. En retour, des adolescents ont appris au contact d'adultes en situation de handicap et ces derniers ont re&#231;u de la part des adolescents des marques de respect et d'attention qui sont autant de signes de reconnaissance de leur appartenance &#224; l'espace social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mimi Bressot&lt;/strong&gt; : Les ados ont tir&#233; un r&#233;el b&#233;n&#233;fice de cette rencontre en termes de d&#233;couverte et d'&#233;changes. Leur satisfaction &#224; l'&#233;gard du projet a un effet miroir sur les personnes en situation de handicap qui se sentent reconnues, socialement utiles et pleinement vivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et maintenant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Bilhaut&lt;/strong&gt; : Le conseil g&#233;n&#233;ral de l'Ain nous permet de prolonger l'action, toujours dans le cadre de l'action Culture et handicap.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mimi Bressot : Oui, nous allons rebondir avec un nouveau projet intitul&#233; : &#171; masques-marques &#187;, quand un &#171; s &#187; donne l'&#171; r &#187; de rien une r&#233;ponse &#224; tout. Il s'agit d'amener les adolescents et les adultes handicap&#233;s &#224; r&#233;aliser des &#171; masques &#187; apr&#232;s avoir travaill&#233; sur cette notion de &#171; marques &#187;. L'enjeu, bien s&#251;r, &#233;tant de r&#233;fl&#233;chir autour du jeu de l'&#234;tre et du para&#238;tre. La phase finale sera la r&#233;alisation d'une sc&#233;nographie conjointement r&#233;alis&#233;e par les ados et les adultes de sorte que plus personne ne sache &#171; qui est qui ? &#187; ou, du moins, pourquoi il est tel qu'il est.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Des d&#233;ficients intellectuels apprivoisent l'alphabet</title>
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		<dc:subject>Mental</dc:subject>
		<dc:subject>773</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Parce que l'apprentissage de l'alphabet est la b&#234;te noire des personnes adultes en situation de handicap intellectuel, un foyer a fait appel &#224; des artistes pour trouver un moyen de contourner cet obstacle. L'Alphab&#234;te est n&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela fait pr&#232;s d'une dizaine d'ann&#233;es que l'atelier d'arts plastiques existe au sein du foyer Domagne, situ&#233; dans la proche banlieue de Bourg-en- Bresse . Dix ans au cours desquels les personnes ont appris &#224; cheminer ensemble, &#224; se conna&#238;tre autrement que par le biais de leur (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parce que l'apprentissage de l'alphabet est la b&#234;te noire des personnes adultes en situation de handicap intellectuel, un foyer a fait appel &#224; des artistes pour trouver un moyen de contourner cet obstacle. L'Alphab&#234;te est n&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela fait pr&#232;s d'une dizaine d'ann&#233;es que l'atelier d'arts plastiques existe au sein du foyer Domagne, situ&#233; dans la proche banlieue de Bourg-en- Bresse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Service aux adultes du secteur de Bourg-Ceyz&#233;riat - Foyer de Domagne. Tel. (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dix ans au cours desquels les personnes ont appris &#224; cheminer ensemble, &#224; se conna&#238;tre autrement que par le biais de leur d&#233;ficience, &#224; prendre des risques en int&#233;grant des groupes de personnes dites normales et en exposant leurs cr&#233;ations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au jour o&#249;, &#224; force de se coltiner les apprentissages de la lecture chez les personnes d&#233;ficientes intellectuelles, les &#233;ducateurs se sont demand&#233; pourquoi ne pas se saisir de la cr&#233;ation pour apprivoiser la cognition. L'usage de tels mots peut sembler exag&#233;r&#233; puisque, apr&#232;s tout, il ne s'agit &#171; que &#187; de personnes handicap&#233;es mentales&#8230; Et pourtant, c'est bien dans une immense aventure visuelle, &#233;motionnelle et intellectuelle que se sont engag&#233;s, durant dix-huit mois et &#224; raison de trois fois deux heures par semaine, vingt-six r&#233;sidents des foyers adultes de l'ADAPEI de l'Ain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel&#233;e &#224; l'aide, Mimi Bressot, artiste plasticienne et graphiste, dit que ce sont pourtant ses qualit&#233;s professionnelles d'architecte d'int&#233;rieur qui lui seront les plus utiles pour aider chacun &#224; trouver le meilleur moyen de se reconstruire de l'int&#233;rieur. Car la cr&#233;ation est bien plus qu'un processus de fabrication d'objets, fussent-ils de beaux objets. &#192; cet &#233;gard, peut-&#234;tre que trop d'ateliers d'activit&#233;s plastiques destin&#233;s &#224; des publics en situation de handicap se contentent de mettre en pr&#233;sence des mat&#233;riaux et des personnes &#224; l'int&#233;rieur d'un cadre, sans trop se soucier de ce qui peut r&#233;ellement se tramer entre l'individu et la mati&#232;re. Pour &#234;tre une &#339;uvre, l'objet produit doit &#234;tre habit&#233; par son auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est bien en cela que, au bout du compte, l'aventure de l'Alphab&#234;te ressemble &#224; une d&#233;marche artistique. Car, pour aller &#224; la d&#233;couverte d'un lien possible entre la lettre et la b&#234;te, il a fallu que chacun accepte d'aller explorer son imaginaire. En effet, renon&#231;ant &#224; la simplicit&#233; et &#224; la facilit&#233; d'accoler une lettre &#224; l'initiale d'un nom de b&#234;te, les cr&#233;ateurs de l'Alphab&#234;te ont d'abord recherch&#233; dans des ouvrages des histoires populaires d'animaux afin de conserver celles qui retenaient le plus leur attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de l&#224;, vingt-six noms d'animaux furent conserv&#233;s. Puis, dans une seconde &#233;tape, furent organis&#233;es de longues s&#233;ances de r&#233;p&#233;tition phon&#233;tique des noms de ces animaux pour trouver un lien subtil entre le bestiaire et l'alphabet &#224; illustrer. Ainsi, si c'est bien la gu&#234;pe &#224; la fine taille qui illustre la lettre &#171; G &#187;, en revanche, et contre toute attente logique, la lettre &#171; C &#187; c&#232;de &#224; sa voisine le &#171; D &#187;, l'illustration du crocodile. Et en effet, ce sont &#171; Des larmes de cocroDile &#187; en perles bleues qui fixeront &#224; jamais dans la m&#233;moire de ces adultes la forme de la lettre et sa signification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, c'est d&#233;sormais &#171; un coup de giraFe &#187; qui rendra le &#171; F &#187; familier &#224; tous les auteurs de l'Alphab&#234;te. Trop compliqu&#233; tout cela ? Pas si s&#251;r ! Les acquis seront-ils vite oubli&#233;s et les efforts accomplis demeureront-ils disproportionn&#233;s au regard des r&#233;sultats obtenus ? Rien de moins certain ! En effet, nous savons tous que les astuces mn&#233;motechniques empruntent rarement le chemin le plus court et que, n'en d&#233;plaise &#224; Ren&#233; Descartes et aux rationalistes de tout poil, l'intelligence est d'abord une affaire d'&#233;motions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, une fois r&#233;alis&#233;, l'Alphab&#234;te n'est pas rest&#233; terr&#233; dans une institution sp&#233;cialis&#233;e. Diffus&#233;s par le biais d'Internet, le projet et les photographies des &#339;uvres r&#233;alis&#233;es ont retenu l'attention de l'&#233;quipe p&#233;dagogique du coll&#232;ge de Brou &#224; Bourg-en-Bresse. Une exposition et une pr&#233;sentation des &#339;uvres devant des classes de 6e ont alors &#233;t&#233; organis&#233;es. Puis l'ensemble des vingt-six tableaux a &#233;t&#233; expos&#233; dans les couloirs du centre de formation de l'ADEA &#224; Bourg-en-Bresse. R&#233;alis&#233; dans le cadre de l'action Culture et handicap, le vernissage de l'exposition a donn&#233; lieu &#224; une communication de Claude Chalaguier, fondateur et metteur en sc&#232;ne du Groupe Signes &#224; Lyon. Il a rappel&#233; que l'acc&#232;s de tous &#224; la culture restait un droit &#224; d&#233;fendre et que l'Alphab&#234;te est une &#233;tape dans le long processus d'int&#233;gration des personnes en situation de handicap.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mimi Bressot est architecte d'int&#233;rieur&#8230; Mais elle ne s'occupe pas seulement de d&#233;coration ou d'am&#233;nagement d'espaces ; elle aide aussi des &#234;tres humains &#224; se reconstruire de l'int&#233;rieur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re rencontre avec Mimi Bressot se fait dans les couloirs de l'ADEA, un centre de formation install&#233; &#224; Bourg-en-Bresse. Face &#224; un public compos&#233; d'adultes d&#233;ficients intellectuels, d'&#233;l&#232;ves &#233;ducateurs, de formateurs et de professionnels, elle commente les &#339;uvres r&#233;alis&#233;es par les adultes, accueillis dans les foyers d'h&#233;bergement de l'ADAPEI, dans le cadre du projet Alphab&#234;te (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Quand-l-art-rend-possible-l-ouverture-a-l-Autre' class='spip_in'&gt;lire interview&lt;/a&gt;). Visiblement, ce petit bout de femme, aux cheveux courts, au visage &#233;maci&#233; mais aux grands yeux, bleus comme l'oc&#233;an, n'aime pas se mettre en avant. Pourtant sa voix porte ses passions et ce contraste lumineux entre calme ext&#233;rieur et tumulte int&#233;rieur est une invitation au voyage et &#224; la d&#233;couverte d'un personnage d'embl&#233;e hors normes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le tout d&#233;but des ann&#233;es 80, Mimi Bressot va au lyc&#233;e &#224; Bourg-en- Bresse. Depuis sa toute jeune enfance, elle aime lire et dessiner. Elle entre donc en seconde dans une fili&#232;re d'Art plastique. Le bac en poche, Mimi Bressot &#171; monte &#187; &#224; Paris, s'inscrit &#224; l'&#233;cole de S&#232;vres et suit simultan&#233;ment les cours de l'&#233;cole des Arts appliqu&#233;s Duperr&#233;. La jeune femme est fascin&#233;e par les arts &#233;ph&#233;m&#232;res et d&#233;j&#224; passionn&#233;e par les arts de la rue. Quand on lui demande : &#171; Pourquoi ? &#187; Elle r&#233;pond naturellement qu'elle aime la relation toute particuli&#232;re au public qu'entretiennent ces types de cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses pr&#233;f&#233;rences vont d&#233;j&#224; vers l'inattendu et l'improvisation. Avide de savoirs : &#171; Je n'ai de cesse d'apprendre &#187;, elle suit les cours d'Art d&#233;co dans la perspective de devenir architecte d'int&#233;rieur. Enfin, elle couronne ce parcours de formation d'un DEA en urbanisme. La voil&#224; parvenue &#224; un carrefour de sa trajectoire de vie, avec une voie ouverte sur le monde des arts d&#233;co et une autre sur un &#171; v&#233;ritable m&#233;tier &#187; d'architecte. Mais ce monde-l&#224; ne la s&#233;duit gu&#232;re. Elle le trouve empreint de superficialit&#233;s, trop accapar&#233; par la qu&#234;te de l'argent et le souci du beau. Elle d&#233;couvre un monde &#233;loign&#233; de son public et qui am&#233;nage des espaces sans tenir compte des gens appel&#233;s &#224; y vivre. Mimi Bressot r&#234;ve d'un autre rapport &#224; l'architecture. &#171; Je me suis rendu compte qu'en construisant leur maison, j'aidais les personnes &#224; se construire &#187; dit-elle. Sa vocation est l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de lui donner du corps, elle bidouille un peu, gagne suffisamment sa vie pour n'&#234;tre pas oblig&#233;e de trouver un travail &#224; plein temps. Elle t&#226;tonne et guette sa chance. Jusqu'au jour o&#249; celle-ci surgit sous la forme d'une petite annonce qui parle d'une Maison d'accueil sp&#233;cialis&#233;e sur Bourg-en-Bresse &#224; la recherche d'une musicoth&#233;rapeute. Le d&#233;clic se produit. Si ces gens-l&#224; ont besoin d'un tel apport, alors peut-&#234;tre que ses comp&#233;tences peuvent leur &#234;tre utiles. Elle envoie son curriculum vitae, re&#231;oit une r&#233;ponse positive et quitte Paris avec la seule promesse de deux heures de travail par semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Septembre 1992 voit la naissance d'Archim&#232;de, son entreprise individuelle. Les commandes arrivent. Celle, par exemple, de la Caisse d'allocation familiale qui lui demande d'intervenir aupr&#232;s des enfants en grande difficult&#233; scolaire sur un quartier particuli&#232;rement d&#233;sagr&#233;g&#233; de la ville. Elle apprend aux m&#244;mes &#224; bricoler des objets et &#224; exp&#233;rimenter des constructions afin de les aider &#224; s'approprier des savoirs et &#224; se reconstruire une identit&#233; propre. Elle les occupe &#224; monter des maquettes, &#224; rep&#233;rer des perspectives, &#224; calculer des proportions alors qu'ils &#233;taient compl&#232;tement allergiques &#224; la simple id&#233;e de faire des calculs. Les m&#244;mes font de la g&#233;om&#233;trie sans le savoir et renouent avec le plaisir d'apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; &#233;couter Mimi Bressot, on comprend qu'il n'est certainement pas facile d'&#233;viter l'&#233;chec scolaire &#224; des enfants issus de milieux en grande pr&#233;carit&#233; sociale mais que c'est possible. Aussi sa parole et son exp&#233;rience offrent-elles une grande le&#231;on d'humilit&#233; et d'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ce portrait serait incomplet s'il n'incluait pas une dimension priv&#233;e : celle de Mimi Bressot, m&#232;re d'un enfant porteur de trisomie. Elle parle de Gaylord avec beaucoup de passion, m&#234;lant sa col&#232;re contre la b&#234;tise des institutions trop rigides et sa tendresse pour un enfant &#233;tonnant. En effet, Gaylord savait lire avant d'entrer au CP ; il s'agit l&#224; d'un ph&#233;nom&#232;ne sans doute de plus en plus courant mais inattendu chez un enfant cat&#233;goris&#233; comme d&#233;ficient intellectuel. Aujourd'hui, la famille aimerait faire &#233;diter un livre que Gaylord a &#233;crit pour dire, de l'int&#233;rieur, ce qu'est la trisomie 21. Ce parcours et cet enfant hors normes, pour ainsi dire, animent chez Mimi Bressot sa passion de la rencontre avec tout ce qui fait l'humanit&#233; de l'homme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Service aux adultes du secteur de Bourg-Ceyz&#233;riat - Foyer de Domagne. Tel. 04 74 30 00 48&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Des d&#233;ficients intellectuels apprivoisent l'alphabet</title>
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		<dc:date>2005-11-10T06:57:00Z</dc:date>
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		<title>Ces enfants qu'on sacrifie&#8230; au nom de la protection de l'enfance</title>
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		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
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&lt;p&gt;Au vu d'un pareil titre, on pourrait s'&#233;tonner que l'auteur redemande des coups apr&#232;s ceux qu'il a re&#231;us, notamment de certains juges pour enfants &#224; cause de son ouvrage pr&#233;c&#233;dent sur &#171; L'&#201;chec de la protection de l'enfance &#187; (lire la critique). Pour le conna&#238;tre un peu et surtout pour l'avoir tr&#232;s attentivement lu, je suis persuad&#233; que Maurice Berger n'est pas un masochiste &#233;gar&#233; en p&#233;dopsychiatrie ! Certes, il d&#233;frise quelques perruques administratives et judiciaires qui ne lui pardonneront jamais. Mais, pour (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L96xH150/arton924-86af1.jpg?1694630271' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au vu d'un pareil titre, on pourrait s'&#233;tonner que l'auteur redemande des coups apr&#232;s ceux qu'il a re&#231;us, notamment de certains juges pour enfants &#224; cause de son ouvrage pr&#233;c&#233;dent sur &#171; L'&#201;chec de la protection de l'enfance &#187; (&lt;a href='https://www.lien-social.com/L-echec-de-la-protection-de-l-enfance' class='spip_in'&gt;lire la critique&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le conna&#238;tre un peu et surtout pour l'avoir tr&#232;s attentivement lu, je suis persuad&#233; que Maurice Berger n'est pas un masochiste &#233;gar&#233; en p&#233;dopsychiatrie ! Certes, il d&#233;frise quelques perruques administratives et judiciaires qui ne lui pardonneront jamais. Mais, pour bien comprendre et accueillir sa d&#233;marche, il faut d'abord situer cet auteur dans une famille de pens&#233;e : celle des Myriam David, Michel Lemay, Paul Fustier, P. Steinhauer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Le moindre mal, la question du placement de l'enfant &#187;, Paris, Ga&#235;tan (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de quelques autres, ayant en commun le m&#234;me &#171; organisateur psychique &#187;, si l'on ose ainsi d&#233;tourner Kaes. Je veux dire qu'ils sont organis&#233;s par la recherche et la rigueur clinique et par l'engagement th&#233;rapeutique en raison de leur identification &#224; l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette organisation est explicitement formul&#233;e dans le paragraphe qui synth&#233;tise le dernier livre de Berger : &#171; Fonctionner sans r&#233;f&#233;rence &#224; la clinique de l'attachement, c'est se priver d'une boussole essentielle dans nos d&#233;cisions. Mais si on prend en compte l'importance pour un enfant de b&#233;n&#233;ficier d'une figure d'attachement fiable, s&#233;curisante et accessible, une grande partie des d&#233;cisions judiciaires et de nos dispositifs &#233;ducatifs se r&#233;v&#232;le gravement inad&#233;quate &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste que cet ouvrage n'est pas exactement un livre, c'est plut&#244;t un &#171; dossier &#187; constitu&#233; &#224; la suite du livre pr&#233;c&#233;dent sur l'&#233;chec de la protection de l'enfance. Ce dossier n'est pas r&#233;ducteur. Il rappelle les th&#232;mes majeurs des ouvrages de Berger (&#233;valuation clinique pr&#233;coce, identification &#224; l'enfant&#8230;) et r&#233;pond aussi &#224; de nombreuses critiques. Il d&#233;monte les &#171; Paroles fausses de juges des enfants &#187; (p.39) comme le faisait Flaubert des id&#233;es re&#231;ues dans son fameux Dictionnaire. Entendu des dizaines de fois : &#171; La loi du 2 janvier 2002 r&#233;novant l'action sociale et m&#233;dico-sociale impose que l'on respecte les droits des usagers, c'est-&#224;-dire des parents &#187; (p.42).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cet argument &#8212; &#233;crit Maurice Berger &#8212; &#233;nonce litt&#233;ralement le probl&#232;me. Cette loi est en effet tr&#232;s souvent interpr&#233;t&#233;e comme si les principaux usagers du dispositif de protection de l'enfance &#233;taient les parents&#8230; alors qu'on pourrait s'attendre &#224; ce que ce soient les enfants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout parent peut &#233;voluer &#187; dit un juge des enfants en 2003. Et l'auteur r&#233;pond : &#171; Faux. Il s'agit l&#224; d'un point essentiel. De nombreux parents pr&#233;sentent des troubles psychiques tels que, m&#234;me lorsqu'ils effectuent des tentatives sinc&#232;res de traitement psychoth&#233;rapique et/ou m&#233;dicamenteux, ils sont incapables d'&#233;voluer, en tout cas dans un d&#233;lai de plusieurs ann&#233;es, et ceci est incompatible avec un d&#233;veloppement affectif correct de leur enfant si ce dernier est laiss&#233; &#224; leur garde &#187; (p.48).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, parmi toutes les id&#233;es re&#231;ues que cite Maurice Berger, on note que &#171; Tout placement ne peut &#234;tre que transitoire &#187; (phrase entendue et lue de tr&#232;s nombreuses fois). (p.52)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cause de ces id&#233;es re&#231;ues cristallis&#233;es dans l'id&#233;ologie du lien de l'enfant avec ses parents que Maurice Berger insiste, une fois de plus, sur les processus d'attachement constitutifs du sentiment de s&#233;curit&#233; &#171; qui d&#233;veloppe - chez le tout jeune enfant &#8211; un sentiment de confiance en lui et dans les autres qui lui permet de s'&#233;loigner pour explorer le monde &#187; (p.22)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Winnicott appelle la &#171; bonne m&#232;re environnement &#187;. Quand on observe que cette clinique a &#233;t&#233; ouverte par Bowlby en 1958 dans son rapport fameux &#224; l'OMS, qu'elle a depuis &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e par maints auteurs, notamment ceux que je regroupe dans la &#171; famille &#187; de Maurice Berger, on peut &#224; tout le moins s'&#233;tonner que l'ensemble des acteurs sociaux, juridiques, judiciaires et politiques ne soient pas enfin convaincus de cet absolu : un enfant qui n'est pas en s&#233;curit&#233; dans son corps, dans le temps, dans l'espace et dans une relation humaine stable, durable et continue, sera parfois d&#233;prim&#233; au point d'en mourir psychiquement ; ou sera le plus souvent violent contre lui-m&#234;me et contre les autres et toujours retard&#233; dans son d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison de cet absolu fondateur du psychisme humain, toute d&#233;cision qui maintient un enfant, un adolescent dans l'ins&#233;curit&#233; existentielle est mortif&#232;re et irresponsable ; et toute d&#233;cision qui retire intempestivement un enfant ou un adolescent d'un placement contenant et s&#233;curisant contribue &#224; un meurtre psychique et social. Les enfants morts d'une overdose d'id&#233;ologie du lien ont exist&#233;. Maurice Berger en a rencontr&#233;, moi aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice Berger appelle donc une loi sp&#233;cifique consacr&#233;e &#224; la protection de l'enfance en constatant que cette protection n'inspire en droit fran&#231;ais que quelques articles et alin&#233;as du Code Civil. Proposition angulaire pour une loi sp&#233;cifique : &#171; L'int&#233;r&#234;t de l'enfant d&#233;fini comme la protection de sa s&#233;curit&#233;, de son d&#233;veloppement intellectuel et affectif, est le principe premier, ayant pr&#233;s&#233;ance sur tous les autres &#187; (p.123).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice Berger pr&#233;cise, par ailleurs, qu'il existe deux sortes de dispositifs de protection de l'enfance : ceux qui, comme en France, sont centr&#233;s sur la famille, c'est-&#224;-dire, en fait, sur les parents ; et ceux d'autres pays qui sont centr&#233;s sur l'enfant. Le premier a pour effet de maintenir l'enfant &#224; tout prix dans sa famille. Le second, non id&#233;ologique, cherche activement quel mode de prise en charge (y compris le maintien en famille !) peut permettre la satisfaction de ses besoins essentiels. Le risque serait de chercher un compromis &#171; &#224; la fran&#231;aise &#187; entre ces deux dispositifs. Compromis impossible parce que les besoins de l'enfant sont indivisibles et non&#8230; n&#233;gociables entre les parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cente s&#233;ance solennelle de l'Institut de France avait pour propos de r&#233;fl&#233;chir sur le courage. Je salue chez Maurice Berger le courage de r&#233;fl&#233;chir et de se battre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Dunod, 2005 (167 p. ; 16 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le moindre mal, la question du placement de l'enfant &#187;, Paris, Ga&#235;tan Morin&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>L'urgence sociale est-elle urgente ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-urgence-sociale-est-elle-urgente</link>
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		<dc:subject>773</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le premier forum europ&#233;en de l'urgence sociale, fin octobre &#224; Paris, a compar&#233; les difficult&#233;s rencontr&#233;es par les m&#233;tropoles : logement, ch&#244;mage, fragilisation des liens sociaux et familiaux, acc&#233;l&#233;ration des flux migratoires&#8230; Centrale, la question du logement prend une acuit&#233; particuli&#232;re en France &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;cemment, une &#201;quipe de recherche sur les in&#233;galit&#233;s sociales (ERIS) avait mis en lumi&#232;re le ph&#233;nom&#232;ne NIMBY [&#171; not in my back yard &#187; = &#171; pas dans mon jardin &#187;] dans une enqu&#234;te effectu&#233;e en France aupr&#232;s de la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Decryptage" rel="directory"&gt;D&#233;cryptage&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-773-" rel="tag"&gt;773&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le premier forum europ&#233;en de l'urgence sociale, fin octobre &#224; Paris, a compar&#233; les difficult&#233;s rencontr&#233;es par les m&#233;tropoles : logement, ch&#244;mage, fragilisation des liens sociaux et familiaux, acc&#233;l&#233;ration des flux migratoires&#8230; Centrale, la question du logement prend une acuit&#233; particuli&#232;re en France&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;cemment, une &#201;quipe de recherche sur les in&#233;galit&#233;s sociales (ERIS) avait mis en lumi&#232;re le ph&#233;nom&#232;ne NIMBY [&#171; not in my back yard &#187; = &#171; pas dans mon jardin &#187;] dans une enqu&#234;te effectu&#233;e en France aupr&#232;s de la population vivant &#224; proximit&#233; de centres d'accueil et d'h&#233;bergement d'urgence. Les r&#233;actions recueillies &#233;taient pour la plupart paradoxales et ambigu&#235;s, parfois empreintes de mis&#233;rabilisme. Globalement, il y avait rejet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='ERIS - &#201;cole normale sup&#233;rieure - 48 bd Jourdan - 75014 Paris. T&#233;l. 01 43 13 (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;e en 1989 et comptant aujourd'hui 70 organisations repr&#233;sentant vingt pays, la f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des associations nationales travaillant avec les sans-abri (Feantsa) d&#233;veloppe un certain nombre d'activit&#233;s : lobbying aupr&#232;s des institutions europ&#233;ennes, recherche et &#233;changes transnationaux, mise en r&#233;seau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='appendix' title='FEANTSA - 194 chauss&#233;e de Louvain - 1030 Bruxelles - Belgique. T&#233;l. 32 2 538 (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8230; Dans son dernier rapport, le r&#233;seau donnait quelques indications : dans la plupart des pays, le profil r&#233;current d'une personne en situation d'urgence sociale est celui d'un homme seul, entre trente et soixante ans, avec un probl&#232;me fr&#233;quent de d&#233;pendance &#224; l'alcool. Toutefois de nouveaux profils font leur apparition &#8212; femmes, jeunes et enfants, personnes venant d'institutions (prisons, orphelinats, h&#244;pitaux psychiatriques) &#8212;, part grandissante de travailleurs pauvres et de migrants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;tat des lieux de l'Observatoire europ&#233;en sur le sans-abrisme, coordonn&#233; par la Feantsa fin 2004, a fait le tour des politiques en mati&#232;re d'exclusion du logement. &#171; Dans la majorit&#233; des pays &#187;, y &#233;tait-il implacablement relev&#233;, &#171; la d&#233;centralisation des responsabilit&#233;s vers les collectivit&#233;s territoriales et le manque corollaire de leadership national entravent l'&#233;mergence d'une approche mieux coordonn&#233;e de d&#233;veloppement des politiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le logement reste une question majeure&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La f&#233;d&#233;ration pr&#233;conisait quelques am&#233;liorations &#224; diff&#233;rents niveaux : d'une part, les autorit&#233;s publiques &#171; devraient adopter des approches int&#233;gr&#233;es et &#224; long terme, pour intervenir dans l'urgence et envers l'exclusion li&#233;e au logement &#187;. D'autre part, la situation requiert, selon l'&#233;tude transnationale, une &#171; remise en cause &#187; du secteur associatif : &#171; une meilleure coordination voire un partenariat &#187; entre associations, de m&#234;me qu'une &#171; alliance entre les diff&#233;rents services publics et les associations de terrain &#187; &#233;taient vivement recommand&#233;es. &#171; En somme &#187;, r&#233;sumait la f&#233;d&#233;ration, &#171; la question essentielle des diff&#233;rents acteurs dans le domaine de l'urgence est de savoir si les dispositifs mis &#224; l'&#339;uvre s'inscrivent dans un cadre plus &#233;tendu et plus int&#233;gr&#233; qui comprend le travail de pr&#233;vention ainsi que celui d'accompagnement vers l'insertion apr&#232;s que la situation d'urgence ait &#233;t&#233; r&#233;solue &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que ce premier forum europ&#233;en de l'urgence sociale &#8212; r&#233;unissant 500 professionnels issus des 25 pays membres de l'Union europ&#233;enne, dont de nombreux &#233;lus &#8212; a pu voir la F&#233;d&#233;ration nationale des associations d'accueil et de r&#233;insertion sociale (Fnars), la fondation Abb&#233;-Pierre ou la Feantsa voisiner avec la Sncf, Sonacotra et m&#234;me la police avec sa brigade d'assistance aux personnes sans-abri (Bapsa)&#8230; Quelques associations &#171; historiques &#187; (Aurore, ou Arfog) y tenaient &#233;galement stand. Vingt-quatre ateliers sur sites ont trait&#233; dans diff&#233;rents lieux ad hoc d'inconditionnalit&#233; de l'accueil, de culture/insertion, de participation, de domiciliation, de jeunes en errance, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, il appara&#238;t que le logement reste une question majeure, qualifi&#233;e de &#171; premi&#232;re cause apparente &#187; par la Feantsa : crise du march&#233;, p&#233;nurie de logement social, co&#251;t des charges de plus en plus &#233;lev&#233;&#8230; Le 27 octobre, un colloque d'un type nouveau provoqu&#233; par le syndicat CFDT r&#233;unissait le pr&#233;sident d'Emma&#252;s, Martin Hirsch, le ministre de la Coh&#233;sion sociale et du Logement, Jean-Louis Borloo, et le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du syndicat, Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que. Pour celui-ci &#8212; reconnaissant que le logement, pour la premi&#232;re fois, devenait &#171; chantier &#224; part enti&#232;re de l'action revendicative &#187; &#8212;, ce sont 900 000 logements &#171; &#233;conomiquement accessibles &#187; qui font actuellement d&#233;faut, dans un cadre d'absence d'anticipation des besoins et de frilosit&#233; des &#233;lus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir Le ghetto fran&#231;ais &#8211; Enqu&#234;te sur le s&#233;paratisme social, &#201;ric Maurin, &#233;d. (...)' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et pendant ce temps-l&#224;, l'actualit&#233; continue largement d'illustrer l'urgence : le 28 octobre, la fondation Abb&#233;-Pierre demandait d'enrayer &#171; la hausse spectaculaire des expulsions locatives &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ERIS - &#201;cole normale sup&#233;rieure - 48 bd Jourdan - 75014 Paris. T&#233;l. 01 43 13 63 53. Responsable de l'enqu&#234;te : Marie Loison (&lt;a href=&#034;mailto:loison@iresco.fr&#034; class='spip_mail'&gt;loison@iresco.fr&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.feantsa.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;FEANTSA&lt;/a&gt; - 194 chauss&#233;e de Louvain - 1030 Bruxelles - Belgique. T&#233;l. 32 2 538 66 69&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-3' class='spip_note' title='Notes 3-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Le ghetto fran&#231;ais &#8211; Enqu&#234;te sur le s&#233;paratisme social, &#201;ric Maurin, &#233;d. du Seuil, 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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