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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Quel accompagnement &#233;ducatif pour l'enfant carenc&#233; ? </title>
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		<title>Quel accompagnement &#233;ducatif pour l'enfant carenc&#233; ?</title>
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&lt;p&gt;Comment &#234;tre &#233;ducateur aupr&#232;s d'enfants carenc&#233;s ? Quelle attitude &#233;ducative adopter face &#224; la qu&#234;te avide de ces enfants ? Paul Fustier , psychologue, &#233;voque ce probl&#232;me tout au long du livre qu'il vient de publier : Les corridors du quotidien ou &#8220;La relation d'accompagnement dans les &#233;tablissements sp&#233;cialis&#233;s pour enfants&#8221; aux Presses universitaires de Lyon. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteur fustige sans nuance tous les &#233;ducateurs qui pr&#233;tendent jouer aux sauveurs : ils d&#233;cevront obligatoirement cet espoir absolu mis en eux et (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment &#234;tre &#233;ducateur aupr&#232;s d'enfants carenc&#233;s ? Quelle attitude &#233;ducative adopter face &#224; la qu&#234;te avide de ces enfants ? Paul Fustier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Paul Fustier est professeur de psychologie &#224; l'universit&#233; Lumi&#232;re-Lyon 2. Ses (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, psychologue, &#233;voque ce probl&#232;me tout au long du livre qu'il vient de publier : Les corridors du quotidien ou &#8220;La relation d'accompagnement dans les &#233;tablissements sp&#233;cialis&#233;s pour enfants&#8221; aux Presses universitaires de Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur fustige sans nuance tous les &#233;ducateurs qui pr&#233;tendent jouer aux sauveurs : ils d&#233;cevront obligatoirement cet espoir absolu mis en eux et l'enfant communiquera sa d&#233;ception par la violence et par la haine. Peu d'&#233;ducateurs du terrain pouvaient mieux que Jean Cartry&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Jean Cartry est l'auteur de deux livres : Les parents symboliques et Tony la (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;pondre &#224; Paul Fustier. Il l'a fait en se livrant &#224; un commentaire fleuve et passionnant qui ne n&#233;cessite pas d'avoir lu le livre de Paul Fustier pour &#234;tre compris, mais qui risque de donner, &#224; plus d'un, l'envie d'en prendre connaissance&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Lettre ouverte d'un &#233;ducateur &#224; un psychologue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il existe une fa&#231;on traditionnelle de rendre compte d'un livre au moment de sa publication, qui est de lui consacrer une note synth&#233;tique au &#8220;coin lecture&#8221; des revues sp&#233;cialis&#233;es et de passer &#224; autre chose. Tel n'est pas mon projet &#224; propos de votre dernier ouvrage. Ce n'est pas aux lecteurs de Lien social que j'ai d'abord envie d'en parler, c'est &#224; vous, comme s'il s'agissait d'une affaire en quelque sorte personnelle, d'une affaire entre vous et moi, &#224; propos de laquelle les lecteurs seraient d'abord convoqu&#233;s comme t&#233;moins. Au &#8220;winnicottien&#8221; que vous &#234;tes, car votre livre est plein de Winnicott, il plaira sans doute que je commence par &#233;noncer un paradoxe : j'aime trop votre livre, je suis trop d'accord avec vous, j'y ai pris trop de plaisir. Il faut que je comprenne ce qui m'arrive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, le sous-titre de votre ouvrage : &#8220;La relation d'accompagnement dans les &#233;tablissements sp&#233;cialis&#233;s pour enfants&#8221; me tenait &#224; une distance confortable. Travaillant en &#8220;famille th&#233;rapeutique&#8221; depuis quelque dix-huit ans, je ne me sentais pas directement concern&#233; par ce qui se passe en &#233;tablissement sp&#233;cialis&#233;. Mais, &#224; la lecture, ce n'est jamais d'&#233;tablissements qu'il s'agit mais d'institutions et les occurrences de ce mot sont constantes dans votre texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rant que la &#8220;Famille&#8221; (o&#249; je travaille) est la matrice de toutes les institutions, je n'ai pas pu lire votre livre avec une confortable distance critique et votre propos a percut&#233; de plein fouet notre pratique quotidienne. Nous avions fui les institutions il y a dix huit ans et voil&#224; que votre analyse institutionnelle nous rattrape ! Ensuite, votre livre est &#233;crit en r&#233;f&#233;rence constante aux enfants carenc&#233;s relationnels tels que les d&#233;crit Winnicott (ou Lemay) et qui nous sont tellement familiers ! Enfin, j'ai moi-m&#234;me &#233;crit un livre dont la th&#232;se (l'engagement total avec les enfants carenc&#233;s) peut para&#238;tre radicalement contraire &#224; la v&#244;tre. (Les Parents Symboliques, Fleurus 1988). Et, (paradoxe winnicottien ? ) je suis globalement d'accord avec vous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre propos est : &#8220;une tentative d'&#233;laboration d'une th&#233;orie de l'accompagnement de la vie ordinaire en institution&#8221;. Cette tentative est organis&#233;e autour des carenc&#233;s relationnels, ces enfants &#224; &#8220;tendance antisociale&#8221;. C'est le th&#232;me de votre ouvrage compos&#233; comme du meilleur Bach, avec coda, variations et fugue finale. C'est dire la rigueur de votre construction. Cette vie ordinaire s'&#233;coule dans une institution pour enfants qui condense toutes celles o&#249; vous prenez vos vignettes cliniques, instituts m&#233;dico-p&#233;dagogiques ou foyers pour adolescents (tes). Et cette institution vous appara&#238;t toute emplie de &#8220;d&#233;votion maternelle&#8221; comme disait Winnicott qui parlait aussi de &#8220;pr&#233;occupation maternelle primaire&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette institution est &#8220;le mod&#232;le d'un plein qui comble un vide&#8221;, contrairement &#224; la cure analytique qui est une sorte de &#8220;creux&#8221; o&#249; l'analyste propose &#224; l'analysant une pr&#233;sence-absence intentionnellement frustrante et qui appelle le transfert. L&#224;, dites-vous, &#8220;l'accueil de la souffrance et du manque ne se r&#233;alise pas par un remplissage mais par un retrait&#8221;. Du c&#244;t&#233; de l'analyse, le creux, du c&#244;t&#233; de l'institution d'accueil et de vie partag&#233;e, le plein. La b&#233;ance carentielle a horreur du vide. Il faut combler, nourrir. Le carenc&#233; appelle path&#233;tiquement une transfusion d'amour. Pour cette raison, le projet p&#233;dagogique institutionnel est sous-tendu par un &#8220;organisateur psychique&#8221; inconscient (c'est un concept de Kaes) o&#249; se manifeste notre identification projective au carenc&#233;, comme l'identification de la m&#232;re &#8220;suffisamment bonne&#8221; (Winnicott) &#224; son b&#233;b&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et vous postulez qu'il n'y a pas de transfert dans la relation &#233;ducative au sein de l'institution, mais qu'il s'agit &#8220;d'une relation d'objet par &#233;tayage&#8221;. C'est-&#224;-dire que cette relation que nous vivons avec l'enfant est &#233;tay&#233;e, construite, fond&#233;e sur les types de choix d'objets primordiaux effectu&#233;s par l'enfant et par nous-m&#234;mes. Vous citez Freud : &#8220;On aime selon le type de choix d'objet par &#233;tayage : la femme qui nourrit et l'homme qui prot&#232;ge, et les lign&#233;es de personnes substitutives qui en descendent&#8221;. L'institution, dites-vous, comporte &#8220;des zones institutionnelles d'&#233;tayage&#8221;, ce sont des espaces-temps (repas, levers, couchers, soins corporels) que le dispositif institutionnel met en place pour des activit&#233;s que l'on doit comprendre comme des activit&#233;s maternelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; justement que nous attend l'illusion (Winnicott), illusion de toute-puissance &#224; gu&#233;rir un enfant carenc&#233; par un maternage totalisant autant que... totalitaire. Nous sommes tent&#233;s par l'omnipotence, et le tentateur est le petit d&#233;mon de notre narcissisme primaire, le petit m&#233;galo que nous f&#251;mes au temps de la toute-puissance infantile. Le dispositif institutionnel nous incite &#8220;&#224; &#234;tre un sauveur &#224; qui rien ne r&#233;siste&#8221;. Il s'agit bien de comprendre en quoi &#8220;l'appel du gosse&#8221; (Joubrel) &#8220;provoque une r&#233;surgence du narcissisme des origines&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la r&#233;ponse paradoxale du carenc&#233;, n&#233;gative, souvent cruelle, qui nous d&#233;sillusionne : l'amour ne suffit pas, trop d'amour suscite la fusion et la confusion, l'impossibilit&#233; pour l'enfant de mentaliser le manque. (cf. le concept de comportement de brisure de Lemay). La relation &#233;ducative doit comporter absolument un espace de respiration pour le symbolique. La m&#232;re suffisamment bonne doit &#234;tre aussi suffisamment &#8220;mauvaise&#8221; et quitter r&#233;guli&#232;rement son b&#233;b&#233; afin qu'il commence &#224; l'halluciner et &#224; mentaliser. De m&#234;me, l'&#233;ducateur, l'&#233;ducatrice sont appel&#233;s, paradoxalement, &#224; &#234;tre en quelque sorte &#8220;insuffisants&#8221;, &#8220;mauvais&#8221;, &#224; faire le deuil d'une illusion : celle d'&#234;tre une m&#232;re id&#233;ale dans une institution toute-puissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous insistez beaucoup sur la notion d'un &#8220;&#233;chec n&#233;cessaire&#8221;, celui d'un parentage total. Paradoxalement, vous pr&#233;conisez la r&#233;ussite de cet &#233;chec. Il faut faire le deuil d'&#234;tre la m&#232;re id&#233;ale et d&#233;vou&#233;e, ce travail est indispensable pour introduire l'ordre du symbolique. Et, vous &#233;crivez : &#8220;Nous n'invitons pas &#224; une transformation radicale du dispositif de r&#233;alit&#233; qui constitue l'institution, nous insistons pour une modification de l'esprit de la prise en charge, de sa signification ; peut-&#234;tre trouve-t-elle son efficacit&#233; l&#224; o&#249; justement on ne l'attendait pas&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est-&#224;-dire que, dans la relation &#233;ducative, ce que nous proposons &#224; l'enfant, cette &#8220;offrande&#8221;, ce &#8220;don&#8221;, n'est pas forc&#233;ment ce dont il profite. A notre insu, il prend en nous &#8220;autre chose&#8221; qui est indicible et qui constitue la production d'une circulation entre l'int&#233;rieur de l'enfant et l'ext&#233;rieur que nous repr&#233;sentons. Par cons&#233;quent, c'est bien d'espace transitionnel qu'il s'agit : l'institution d'accueil, la relation &#233;ducative, la personne de l'&#233;ducateur sont un &#8220;trouv&#233;&#8221; dont l'enfant carenc&#233; va faire un &#8220;cr&#233;&#233;&#8221;. C'est bien du mouvement pendulaire entre jeu et r&#233;alit&#233; qu'il s'agit, d'une interaction entre la r&#233;alit&#233; int&#233;rieure et la r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure. Mais, c'est aussi un travail de d&#233;sillusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous conduisez votre lecteur au coeur de la pens&#233;e de Winnicott selon lequel la question de l'illusion est inh&#233;rente &#224; la condition humaine (illusion que &#8220;le sein&#8221; fait partie de l'enfant). Il s'agit pour l'enfant qui nous est confi&#233;, d'accepter la r&#233;alit&#233; gr&#226;ce &#224; la constitution d'une aire interm&#233;diaire d'exp&#233;rience, d'une membrane, d'un m&#233;dium (vous dites ce mot au sujet de l'&#233;ducateur...) et Winnicott &#233;crit : &#8220;Nous supposons ici que l'acceptation de la r&#233;alit&#233; est une t&#226;che sans fin et que nul &#234;tre humain ne parvient &#224; se lib&#233;rer de la tension suscit&#233;e par la mise en relation de la r&#233;alit&#233; du dedans et de la r&#233;alit&#233; du dehors ; nous supposons aussi que cette tension peut &#234;tre soulag&#233;e par l'existence d'une aire interm&#233;diaire d'exp&#233;rience (art, religion...). Cette aire est en continuit&#233; directe avec l'aire de jeu du petit enfant &#8220;perdu dans son jeu&#8221; (Jeu et R&#233;alit&#233;, p 24, Gallimard).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on comprend bien que l'espace transitionnel n'est pas... compr&#233;hensible, qu'il &#233;chappe &#224; tous les outils rationnels et qu'il n'est pas un produit de la pens&#233;e mais de l'exp&#233;rience pure, on acceptera peut-&#234;tre que la position de l'&#233;ducateur soit fonci&#232;rement ambigu&#235; : l'&#233;ducateur peut se d&#233;fendre de la demande anthropophagique (Lemay) du carenc&#233; en affirmant sa professionnalit&#233; de fa&#231;on agressive-d&#233;fensive, ou bien, il nie cette professionnalit&#233;, et fait croire &#224; l'enfant (c'est l'illusion) qu'il se trouve avec lui dans une r&#233;alit&#233; maternelle. Il est donc indispensable, dites-vous, que l'&#233;ducateur maintienne l'ambigu&#239;t&#233; de sa position &#8220;pour faire travailler le sens&#8221;, pour aider l'enfant &#224; faire le deuil de l'illusion. D&#233;&#231;u dans ses attentes magiques, l'enfant peut ha&#239;r l'&#233;ducateur mais sans pour autant le d&#233;truire. Non pas que l'&#233;ducateur soit insensible. Au contraire, il faut qu'il soit atteint, touch&#233; mais sans perdre son int&#233;grit&#233;. C'est, dites-vous : &#8220;un m&#233;dium mall&#233;able&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et vous souhaitez que le &#8220;client&#8221; ne s'installe pas dans l'institution comme dans un ventre maternel. Vous introduisez l'id&#233;e d'une &#8220;transposition institutionnelle de l'interdit oedipien&#8221;. Au plan proprement psychop&#233;dagogique, et pour revenir sur le terrain quotidien de la relation &#233;ducative, je pense &#224; ces &#233;ducateurs qui ne peuvent approcher les enfants que flanqu&#233;s d'un psychologue ou d'un analyste, et qui sont obs&#233;d&#233;s par l'interpr&#233;tation. Vous dites fort justement que les interpr&#233;tations ont souvent un effet intrusif et renvoient &#224; &#8220;un rapproch&#233; insupportable&#8221;. C'est-&#224;-dire que la place de l'&#233;ducateur n'est pas dans un bureau pour faire des entretiens mais dans le &#8220;brouhaha de la vie&#8221;, dans les corridors du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour le th&#232;me de votre livre. Suivent, brillantes, des variations. La premi&#232;re sur le paradoxe, avec une r&#233;f&#233;rence th&#233;orique &#224; la &#8220;formation paradoxale&#8221; de Palo Alto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plan du dispositif institutionnel, on peut rep&#233;rer : la structure r&#233;sidentielle et la professionnalit&#233; des intervenants, et la famille institutionnelle id&#233;alis&#233;e avec son &#8220;organisateur psychique&#8221; de bonne m&#232;re totale, avec les illusions que se font les &#233;ducateurs au sujet de leur toute-puissance (ou tentation d'omnipotence, comme dit Winnicott ) et les attentes illusoire des carenc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie institutionnelle de tous les jours, dans sa banalit&#233;, oscille constamment entre ces deux termes du paradoxe. Ce paradoxe est contenu, maintenu, pr&#233;serv&#233; lorsque &#8220;l'enfant constitue l'institution comme espace transitionnel&#8221; : l'enfant contr&#244;le le trouv&#233; et le met au service de sa r&#233;alit&#233; int&#233;rieure. Et l&#224;, vous d&#233;signez l'institution comme &#8220;une famille-non famille&#8221; et vous vous appuyez sur Winnicott : &#8220;Je demande qu'un paradoxe soit accept&#233;, tol&#233;r&#233;, et qu'on admette qu'il ne soit pas r&#233;solu&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce point que votre livre percute fortement notre pratique personnelle de &#8220;famille th&#233;rapeutique&#8221; et l'ouvrage qui s'y rapporte, et que votre r&#233;flexion paradoxale peut &#234;tre &#233;tendue au placement familial. Question : le placement familial institue-t-il la famille d'accueil dans &#8220;la d&#233;votion maternelle&#8221; absolue et dans les illusions qui s'y attachent, ou bien est-il capable de faire vivre quotidiennement l'enfant accueilli dans une famille-non famille ? Autrement dit, le placement familial est-il cr&#233;ateur d'espace transitionnel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma r&#233;ponse personnelle est affirmative, mais ce compte rendu n'est pas le lieu d'une d&#233;monstration. Toutefois, je pense que maintenir en famille le paradoxe famille-non famille est certainement plus difficile encore que dans une institution traditionnelle, parce que les adultes y sont express&#233;ment convoqu&#233;s en tant qu'images parentales. Heureusement, la vie quotidienne de la famille d'accueil est encore plus &#8220;ordinaire&#8221;, plus naturellement banale que la vie institutionnelle la plus ouverte. On n'y a m&#234;me pas besoin de... &#8220;corridors&#8221; pour ventiler les &#233;motions trop parentalis&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste que, en famille d'accueil, les occasions d'aplatir le paradoxe et d'annuler l'espace transitionnel sont nombreuses. Et vous expliquez tr&#232;s justement que si le paradoxe fait place &#224; une contradiction, tout le dispositif institutionnel s'affole, et tout le monde se met &#224; souffrir. Nous avons coutume de dire qu'en famille d'accueil, nous sommes &#224; l'&#233;vidence, dans une fonction parentale, mais que nous ne sommes pas &#224; la place des parents, que cette place est gard&#233;e (par le paradoxe). Il y a quelques jours, un tr&#232;s jeune enfant que nous accueillons depuis deux ans et qui vient d'avoir un petit fr&#232;re, Tom, a dit &#224; ma femme, en voiture &#8220;Je voudrais que Tom-maman vienne avec nous &#224; ta place !&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assertion tr&#232;s winnicottienne, s'il en fut, car ce petit gar&#231;on d'une part, a bien per&#231;u la totalit&#233; Tom-maman comme indivisible, et, d'autre part, il &#233;nonce clairement une tentative d'apltir le paradoxe, de produire une con-tradiction, une confusion, une rivalit&#233;, bref une irruption du r&#233;el cru dans une situation n&#233;cessairement ambigu&#235; et paradoxale d'o&#249; le symbolique serait banni. Relisons l'antienne de Winni-cott : &#8220;... je demande qu'un paradoxe soit accept&#233;...&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au chapitre 4, une seconde variation nous montre que la personne accueillie peut investir l'institution de fa&#231;on archa&#239;que, avec une puissante (et troublante) demande de d&#233;votion maternelle, et qu'elle peut aussi l'investir comme un espace transitionnel. Il y va donc de la vigilance des &#233;ducateurs &#224; contr&#244;ler le dispositif institutionnel dans ce qu'il rec&#232;le de tentations et d'illusions maternelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre troisi&#232;me variation est consacr&#233;e au concept de cadre, &#224; la fonction cadre de l'institution dont vous proposez trois caract&#233;ristiques constantes : le cadre doit pr&#233;exister &#224; la venue de la personne accueillie. Cette personne n'a pas le pouvoir de le modifier. L'institution ne peut exercer sa fonction cadre si elle se place au service d'un client-roi qui le modifie &#224; sa guise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, je comprends qu'il s'agit l&#224; d'un dispositif symbolique. En quelque sorte, il s'agit de la loi. C'est-&#224;-dire que l'enfant carenc&#233; ne peut pas mentaliser ses affects et ses pulsions &#8220;hors-cadre&#8221; sauf &#224; passer &#224; l'acte. Le cadre se pr&#233;sente &#224; mes yeux comme le &#8220;moule psychique&#8221; propos&#233; au carenc&#233;. Cette m&#233;taphore nous renvoie &#224; la fonction de contenance, celle qui a manqu&#233; &#224; l'adolescent &#224; &#233;volution psychopathique, comme &#224; ces enfants &#8220;&#233;tats-limites&#8221; si bien d&#233;crits par Mises ou Flavigny. En aucun cas, ou presque, l'enfant ne saurait exercer sa toute-puissance m&#233;galomaniaque &#224; fa&#231;onner ce cadre selon son bon plaisir. Le cadre est une r&#233;alit&#233; n&#233;cessairement limit&#233;e, un trouv&#233; coh&#233;rent et stable. C'est &#224; ces conditions que l'enfant peut y &#8220;jouer&#8221; au jeu du cr&#233;&#233; (qui n'est peut-&#234;tre pas tr&#232;s loin du For-Da freudien...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervient ici une tr&#232;s int&#233;ressante variation sur le don appuy&#233;e th&#233;oriquement sur le texte fondateur de Marcel Mauss : &#8220;Essai sur le don&#8221;. Vous projetez directement cet &#233;clairage sur un &#233;ducateur qui offre un repas au restaurant, &#224; un adolescent, avec l'argent du Foyer (et l'accord de l'&#233;quipe &#233;ducative). Vous interrogez la nature, l'ambigu&#239;t&#233; de ce &#8220;don&#8221;. Imposture institutionnelle ou paradoxe un peu laborieux ? Finalement, notre coll&#232;gue paye le caf&#233; de sa poche. Il est mal &#224; l'aise. Donne-t-il &#8220;pour de vrai&#8221;, quel &#8220;jeu&#8221; joue-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre part, dans un foyer, les &#233;ducateurs et les &#233;ducatrices ont pr&#233;par&#233; fi&#233;vreusement la f&#234;te de No&#235;l, cadeaux et repas. Tout finira en d&#233;sastre, les filles ont tout cass&#233;. L'insupportable d&#233;votion maternelle avait fait na&#238;tre l'espoir d'une r&#233;paration totale. Cet espoir se heurte &#224; l'inexorable r&#233;alit&#233; du manque et de la perte carentiels. C'est &#224; ce point que vous soutenez : il faut qu'un don soit incomplet, insatisfaisant, &#8220;lacunaire&#8221;. En effet, c'est dans l'insatisfaction que na&#238;t le symbolique, que se joue le jeu du trouv&#233;-cr&#233;&#233;. Vous affirmez, et vous avez raison, que r&#233;pondre &#8220;dans la r&#233;alit&#233;&#8221; aux sollicitations du carenc&#233;, comme une figure maternelle capable de &#8220;tout&#8221; donner, est une d&#233;marche vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. L'enfant s'offre alors comme un nourrisson d&#233;pendant, il op&#232;re un &#8220;contre-don&#8221; absolu. O&#249; bien, dites-vous, il faut adopter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avons fait !&lt;br class='manualbr' /&gt;Et nous sommes en train de v&#233;rifier, m&#234;me &#224; l'int&#233;rieur de ce don ultime, qu'il doit &#234;tre, lui aussi, lacunaire, qu'on ne peut pas tout donner, qu'un don doit &#234;tre n&#233;cessairement limit&#233;, pour, dites-vous &#8220;pr&#233;server la symbolisation de ce qu'il repr&#233;sente.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous touchez l&#224;, &#224; l'identit&#233; profonde de l'&#233;ducateur dont vous dites qu'il occupe une position n&#233;cessairement &#233;nigmatique. Et pour nous le faire mieux comprendre, vous introduisez la question de l'autre. Pour le carenc&#233;, l'autre est-il un pers&#233;cuteur ? Un d&#233;sir r&#233;alis&#233; ? : &#8220;Comment l'autre peut-il &#234;tre d&#233;sirable tout en restant autre, comment l'alt&#233;rit&#233; peut-elle renvoyer &#224; autre chose qu'&#224; une rupture du lien ?...&#8221;. Cette autre chose, que la rupture du lien, est justement ce qui nous occupe, nous les &#233;ducateurs, cet indicible, cet impalpable qui est le cr&#233;&#233; par l'enfant. Et tout le reste est litt&#233;rature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivent deux variations assez dr&#244;les sur les conflits hi&#233;rarchiques et sur la place du psychologue en institution. Le lecteur prendra du plaisir &#224; retrouver les injonctions paradoxales de la direction, du type : &#8220;soyez spontan&#233;s !&#8221; ou : &#8220;soyez responsables !&#8221;, et les lamentations tr&#232;s ancien combattant : &#8220;les &#233;ducateurs ne sont plus comme avant, ils comptent leurs heures de pr&#233;sence, etc.&#8221;. C'est-&#224;-dire que la position maternelle de l'institution continue de peser sur les consciences, de les culpabiliser, de susciter des clivages internes et des conflits d&#233;vorateurs d'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est &#224; l'oeuvre ici c'est une contradiction entre la position professionnelle et la position de d&#233;votion maternelle, alors que la vie quotidienne ne peut se vivre avec s&#233;r&#233;nit&#233; qu'&#224; la faveur d'une sorte d'oscillation entre ces deux termes, d'ambigu&#239;t&#233;, d'attitudes &#233;ducatives &#8220;&#233;nigmatiques&#8221;, et de dons lacunaires, tels qu'ils sont &#233;voqu&#233;s plus haut. Tr&#232;s int&#233;ressante aussi est la place du psychologue investi par les &#233;ducateurs d'une connaissance toute-puissante en rapport avec l'illusion sur la personne et sur son r&#244;le, illusion archa&#239;que au fond et capable de susciter les malentendus les plus cocasses ou les plus graves. Je me permets de renvoyer ici &#224; mon r&#233;cent article sur les &#233;ducateurs et les th&#233;rapeutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la derni&#232;re variation sur le th&#232;me initial de votre livre est &#233;crite en contrepoint d'un s&#233;minaire &#224; l'occasion duquel des &#233;ducateurs et des &#233;ducatrices ont le projet de r&#233;fl&#233;chir au sujet de la mixit&#233;. Il appara&#238;t tr&#232;s vite que c'est, en fait, de sexualit&#233; qu'il s'agit, dont les &#233;ducateurs parlent avec d'autant plus d'aisance qu'il est question des comportements sexuels plus ou moins aberrants et pathologiques des jeunes enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de cette discussion, la diff&#233;rence g&#233;n&#233;rationnelle adulte-enfant est bien &#233;tablie. Surgit alors le t&#233;moignage d'une &#233;ducatrice qui d&#233;couvre l'usage tr&#232;s &#233;rotis&#233; qu'un pr&#233;adolescent fait de son ours en peluche. Rires, g&#234;ne, silences, etc. L'objet transitionnel par excellence a chang&#233; de statut : Nounours a visit&#233; Playboy. Un commencement de sexualit&#233; &#8220;adulte&#8221; a fait irruption dans le ciel serein de la discussion, le clivage g&#233;n&#233;rationnel bascule et la sexualit&#233; des adultes est percut&#233;e par celle, non plus d'un enfant, mais d'un &#8220;partenaire potentiel&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous notez que, dans la diff&#233;rence adulte-enfant, l'interg&#233;n&#233;rationnel fait sens. Il est structurant donc et laisse advenir le symbolique. Lorsque cet axe r&#233;f&#233;rentiel bascule, le sens bascule avec lui. Nous sommes dans un espace de signification brutale. Nous sommes aussi dans un instant o&#249; la relation &#233;ducative risque de basculer, un &#8220;flash&#8221;. &#8220;Contenir dans le temps deux modalit&#233;s qui s'excluent dans l'instant est alors la t&#226;che demand&#233;e &#224; l'&#233;ducateur&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est probablement le plus difficile car cette obligation postule notre capacit&#233; &#224; &#8220;regarder notre regard&#8221; selon le mot d'Edgard Morin. Cette situation est probablement le lieu de nos r&#233;sistances les plus fortes et renvoie th&#233;oriquement au &#8220;fantasme originaire de s&#233;duction&#8221; : l'enfant devient partenaire. S&#233;duit ou s&#233;ducteur ? L&#224; est la question. Et vous la d&#233;veloppez longuement, en passant notamment par le diagnostic d'enfant pervers et ses avatars. Vous n'&#233;vitez pas la question &#224; la fois r&#233;currente et taboue de la &#8220;p&#233;dophilie&#8221; des &#233;ducateurs. Votre r&#233;flexion fait appel au texte c&#233;l&#232;bre de Freud : &#8220;On bat un enfant&#8221;. J'eusse aim&#233; que vous convoquiez aussi &#224; votre r&#233;flexion le livre de Serge Leclaire &#8220;On tue un Enfant&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de l'enfant merveilleux, c'est-&#224;-dire du narcissisme primaire qui est (peut &#234;tre) &#8220;l'organisateur psychique&#8221; de la d&#233;marche professionnelle de nombreux &#233;ducateurs et &#233;ducatrices. De cet &#8220;enfant merveilleux&#8221;, Serge Leclaire &#233;crit : &#8220;C'est une repr&#233;sentation inconsciente primordiale o&#249; se nouent, plus denses qu'en toute autre, les voeux, nostalgies et espoirs de chacun. Dans la transparente r&#233;alit&#233; de l'enfant, elle donne &#224; voir, presque sans voile, le r&#233;el de tous nos d&#233;sirs. Elle nous fascine et nous ne pouvons ni nous en d&#233;tourner ni la saisir&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, Cher Monsieur, comment un &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, du terrain, a lu et relu votre livre. Probablement que je n'en ai pas fait exactement l'usage que vous souhaitiez. J'y ai pris ce que j'ai pu. Votre livre est un... donn&#233; et je vous renvoie mon... cr&#233;&#233; comme pour me lib&#233;rer de votre don ! Je vous remercie pour le bonheur de lire que vous m'avez offert et que je souhaite aux lecteurs de Lien Social. J'esp&#232;re vous rencontrer car vous &#233;crivez : &#8220;Le don n'est que le premier terme d'un &#233;change, et on ne peut s'esquiver apr&#232;s avoir donn&#233;.&#8221;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Fustier est professeur de psychologie &#224; l'universit&#233; Lumi&#232;re-Lyon 2. Ses recherches, portant sur les diff&#233;rentes modalit&#233;s de &#8220;prises en charge&#8221; et sur l'&#233;mergence de l'irrationnel en institution, le conduisent &#224; intervenir dans des institutions de soin psychiatrique, de r&#233;&#233;ducation et de formation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Cartry est l'auteur de deux livres : Les parents symboliques et Tony la carence. Il est &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et travaille en &#8220;famille th&#233;rapeutique&#8221;. Il re&#231;oit avec sa femme &#233;galement &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e 7 enfants confi&#233;s par les services sociaux. Jean et Janine Cartry sont eux-m&#234;mes parents de 9 enfants dont 3 qu'ils ont adopt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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