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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Le r&#233;f&#233;rent : aide-t-on les usagers &#224; s'y retrouver ?</title>
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		<title>Le r&#233;f&#233;rent : professionnel ressource ou substitut parental ?</title>
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&lt;p&gt;En d&#233;signant une seule personne qui fera office de r&#233;f&#233;rence &#224; tous les intervenants qui gravitent autour de lui, aide-t-on l'usager &#224; s'y retrouver ? Avantages et inconv&#233;nients d'une pratique en vogue &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;f&#233;rence &#233;ducative est une pratique qui s'est impos&#233;e avec le temps au sein des institutions prenant en charge des mineurs ou des adultes pour qui une intervention sp&#233;cialis&#233;e s'av&#232;re n&#233;cessaire. Pourtant, ce type de fonctionnement devrait pouvoir &#234;tre interrog&#233; quant &#224; ses tenants et ses aboutissants, ses (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En d&#233;signant une seule personne qui fera office de r&#233;f&#233;rence &#224; tous les intervenants qui gravitent autour de lui, aide-t-on l'usager &#224; s'y retrouver ? Avantages et inconv&#233;nients d'une pratique en vogue&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence &#233;ducative est une pratique qui s'est impos&#233;e avec le temps au sein des institutions prenant en charge des mineurs ou des adultes pour qui une intervention sp&#233;cialis&#233;e s'av&#232;re n&#233;cessaire. Pourtant, ce type de fonctionnement devrait pouvoir &#234;tre interrog&#233; quant &#224; ses tenants et ses aboutissants, ses avantages et ses inconv&#233;nients, ses richesses et ses d&#233;rives. Aussi n'est-il pas inutile de nous poser aujourd'hui sur ce concept, en essayant de questionner ce qui est devenu une &#171; &#233;vidence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Psychiatre, psychologue, psychoth&#233;rapeute, psychomotricien, orthophoniste, kin&#233;sith&#233;rapeute, ergonome, m&#233;decin, instituteur, professeur, formateur, correspondant de la mission locale, tuteur de stage, ma&#238;tre d'apprentissage, animateur, entra&#238;neur sportif&#8230;, avec la multiplication des professionnels qui gravitent autour de l'enfant, il y a parfois de quoi s'y perdre. Nombre de parents ont exp&#233;riment&#233; la difficult&#233; de cheminer dans ce labyrinthe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout se complique encore quand l'usager est admis dans une structure qui est charg&#233;e de faire face &#224; la gestion de sa globalit&#233; et s'intercale entre lui et sa famille. Que ce soit l'enfant ou l'adulte, ils sont confi&#233;s &#224; un service sur une d&#233;cision de la CDES, de la COTOREP, du Juge des enfants ou sous la forme d'un contrat administratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de l'admission, directeur, chef de service ou assistante sociale jouent souvent un r&#244;le essentiel dans l'accueil et la pr&#233;sentation du projet p&#233;dagogique de l'&#233;tablissement. C'est ensuite toute une &#233;quipe pluridisciplinaire qui va prendre en charge l'usager. Il est fr&#233;quent n&#233;anmoins qu'un professionnel soit d&#233;sign&#233; pour suivre personnellement ce dernier. Il servira de pivot et d'interlocuteur privil&#233;gi&#233; tant pour celui-ci que pour sa famille et les partenaires internes ou externes : c'est le r&#233;f&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle place pour le r&#233;f&#233;rent ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'enfant est un &#234;tre en voie de maturation tant physique que psychologique. Le majeur prot&#233;g&#233; quant &#224; lui, conserve une fragilit&#233; certaine. L'un et l'autre restent largement d&#233;pendants de leur entourage. Cela subsiste quand bien m&#234;me toute la raison d'&#234;tre du travail &#233;ducatif consiste &#224; favoriser l'autonomisation et la prise en charge de sa vie par le sujet lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, l'instauration d'une relation personnalis&#233;e fait entrer peu ou prou le professionnel dans une logique de suppl&#233;ance parentale : il exerce en effet un r&#244;le d'&#233;coute, d'observation et de guidance, et assure la continuit&#233; et la coh&#233;rence de la vie de l'usager. Il prend tr&#232;s vite une place centrale dans son univers, &#233;tant facilement sollicit&#233; pour r&#233;pondre aux demandes, angoisses et probl&#232;mes de ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;alit&#233; est d'autant plus renforc&#233;e que l'outil de travail essentiel qui constitue la base du relationnel entre le r&#233;f&#233;rent et l'usager, se situe bien dans le domaine de la confiance r&#233;ciproque et de l'affectif. Du c&#244;t&#233; du professionnel, on ne peut s'atteler &#224; apprendre ou &#224; aider un &#234;tre humain &#224; g&#233;rer sa vie, sans tisser des liens empreints d'empathie, de compr&#233;hension et de grande proximit&#233;. Du c&#244;t&#233; de l'usager, s'en remettre &#224; un adulte-ressource, c'est pouvoir compter sur lui, se placer sous sa protection et essayer d'obtenir satisfaction &#224; partir de la relation privil&#233;gi&#233;e qu'il a &#233;tablie avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Mon &#233;duc &#187;&lt;/i&gt;, dira le jeune, marquant par l&#224; le processus d'appropriation dans lequel il est engag&#233;&#8230; &lt;i&gt;&#171; Mon jeune &#187;&lt;/i&gt;, affirmera l'&#233;ducateur au d&#233;tour d'une phrase. Le risque est ici tr&#232;s clair : celui de l'enfermement de l'un et de l'autre dans une relation fusionnelle marqu&#233;e par la confusion des r&#244;les et une illusion de toute-puissance. Le professionnel peut avoir le sentiment que le jeune lui appartient et le jeune qu'avec l'aide de son r&#233;f&#233;rent, il n'a vraiment rien &#224; craindre&#8230; Il existe n&#233;anmoins des balises pour &#233;viter de telles d&#233;rives.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La triangulation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La psychanalyse explique l'importance de la relation objectale qui permet &#224; l'enfant de distinguer l'existence d'un monde ext&#233;rieur au fonctionnement fusionnel qui l'unit &#224; sa m&#232;re dans la premi&#232;re ann&#233;e de sa vie. Cette prise de conscience est permise gr&#226;ce &#224; l'intervention d'une tierce personne qui est le plus souvent le p&#232;re. Le r&#244;le de l'&#233;ducateur (qu'il soit parent ou professionnel) consiste &#224; se placer &#224; l'interface entre la r&#233;alit&#233; et le d&#233;sir de l'enfant, entre la loi sociale et sa singularit&#233;. C'est cette action qui permet &#224; ce dernier de distinguer le Moi du non-Moi. Cette triangulation joue un r&#244;le tout aussi important dans le cas du r&#233;f&#233;rent. On peut rep&#233;rer au moins trois &#233;l&#233;ments qui jouent ce r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord le fait que celui-ci soit d&#233;sign&#233; par l'institution, qu'il soit en quelque sorte &#171; institu&#233; &#187;. C'est bien cette dimension symbolique qui permet d'&#233;viter des pratiques telles que le choix du r&#233;f&#233;rent par l'enfant ou le contraire. Si le facteur affectif est incontournable dans l'&#233;tablissement d'une relation de qualit&#233;, il ne doit pas constituer le point de d&#233;part du travail engag&#233;. Il ne s'agit ni d'une amiti&#233; ni d'une filiation plus ou moins artificielle, mais un rapport professionnel pour lequel l'adulte re&#231;oit un salaire et a des comptes &#224; rendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224; l'un des rep&#232;res importants : celui de la m&#233;diation exerc&#233;e par l'&#233;quipe &#224; laquelle appartient le r&#233;f&#233;rent. Cela peut prendre bien des formes : examen collectif r&#233;gulier de la situation de chaque usager, synth&#232;se avec tous les intervenants, rencontre avec les parents, analyse de la pratique du professionnel, groupe de parole, supervision&#8230; &#192; tout moment, le r&#233;f&#233;rent se doit de pouvoir expliquer &#224; ses mandants son action, ses choix, ses orientations. S'il a exerc&#233; son r&#244;le avec plus ou moins d'autonomie, c'est toujours par rapport au projet &#233;ducatif individuel initial qui a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; par l'&#233;quipe en collaboration, dans la mesure du possible, avec la famille et l'int&#233;ress&#233; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me balise non moins importante que les pr&#233;c&#233;dentes : le professionnel doit bien entendu &#234;tre conscient de ce dont il est porteur. Il y a un v&#233;cu, une histoire personnelle et des valeurs tant du c&#244;t&#233; du r&#233;f&#233;rent que de l'usager. Le d&#233;sir que le premier exprime pour le second ne doit pas supplanter le d&#233;sir de ce dernier. Les notions de transfert et de contre-transfert sp&#233;cifiques &#224; la psychanalyse pourraient &#234;tre utilis&#233;es ici pour d&#233;signer ce qui rel&#232;ve de l'inconscient dans ce qui se joue entre les uns et les autres. Qu'est-ce que le professionnel va projeter de sa propre enfance et de ses relations familiales sur celui qu'il cherche &#224; aider ? Et &#224; quoi l'usager va-t-il identifier celui qui lui propose soutien et &#233;coute ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chercher &#224; d&#233;finir le r&#233;f&#233;rent ne peut se limiter &#224; parler de la personne qui &#171; donne un sens &#224; la multiplicit&#233; des interventions &#187; ou encore d'un op&#233;rateur &#171; autour de qui la dynamique des &#233;changes s'ordonne &#187;. On est oblig&#233; de s'interroger sur l'aspect suivant : &#171; personne significative jouant un r&#244;le actif dans l'&#233;quilibre affectif, &#233;motif et psychique de l'usager &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De la th&#233;orie &#224; la pratique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S'il n'est pas forc&#233;ment facile de trouver un terrain d'entente sur une d&#233;finition commune, c'est encore plus compliqu&#233; d'en unifier l'exercice pratique. Justement peut-&#234;tre parce que la r&#233;f&#233;rence s'appuie sur l'affectivit&#233; et la relation interindividuelle, elle se d&#233;cline sur un mode tr&#232;s personnel. Chacun a sa propre fa&#231;on de l'assumer non seulement en fonction de sa propre personnalit&#233; mais aussi en fonction de la personnalit&#233; de chacun des usagers qu'il prend en charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, entre en ligne de compte d'une mani&#232;re importante, le cadre de travail. Que l'on exerce en internat ou en milieu ouvert, que l'on agisse sur les moments de vie plus collectifs ou plus intimes de l'usager, que l'on vive au quotidien avec lui ou qu'on le rencontre &#224; un rythme moins fr&#233;quent, qu'on ait cinq jeunes en r&#233;f&#233;rence ou trente&#8230; sont des conditions qui jouent dans la fa&#231;on dont le r&#233;f&#233;rent assure son travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de ces facteurs ne rend-il pas illusoire toute volont&#233; de faire de la r&#233;f&#233;rence une pratique codifi&#233;e et r&#233;pertori&#233;e ? Elle restera pendant longtemps encore sujet d'&#233;changes, de d&#233;saccords, voire de pol&#233;miques entre professionnels de services diff&#233;rents, mais aussi au sein des m&#234;mes services.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un ou plusieurs r&#233;f&#233;rents ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La multiplication des intervenants aupr&#232;s des usagers fait que l'on peut en arriver &#224; la situation o&#249; l'on ne sait plus, d'un c&#244;t&#233;, qui fait quoi et de l'autre, qui est l'interlocuteur. Il est apparu donc &#224; la plupart des professionnels, la n&#233;cessit&#233; qu'un ou plusieurs personnages coordonne l'action commune. S'il n'y en a qu'un seul, n'y a-t-il pas un risque d'appropriation ou d'absence ? S'il y en a plusieurs, n'est-ce pas retomber dans l'&#233;parpillement que l'on voulait &#233;viter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Pour Yann Bocala, &#233;ducateur &#224; l'Aide sociale &#224; l'enfance, l'engagement est individuel et important : &#171; A l'ASE, le cadre de notre travail est fix&#233; soit par une d&#233;cision de justice, soit par un contrat sign&#233; entre les parents et l'Inspecteur &#224; l'enfance. C'est sur cette base que je suis d&#233;sign&#233; par mon service comme r&#233;f&#233;rent d'une situation. D&#232;s cet instant, je rentre dans la vie d'un jeune et de sa famille. Je vais m'int&#233;resser &#224; tout ce qui le concerne : sa scolarit&#233;, ses relations familiales, sa sant&#233;, ses loisirs, son &#233;quilibre, ses difficult&#233;s, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le degr&#233; et l'intensit&#233; de mon implication vont d&#233;pendre de l'&#233;valuation que je fais d'o&#249; en sont &#224; la fois le gamin et sa famille. Cela peut aller du simple soutien au r&#244;le parental &#224; un v&#233;ritable relais face &#224; des parents qui n'assurent pas. Dans certaines situations, on est vraiment les cales qui permettent &#224; l'ensemble de ne pas aller de guingois : on est l&#224; pour un bout de temps. Dans d'autres, on donne juste un coup de main limit&#233; dans le temps. On recadre, on repositionne et au bout de quelques mois &#231;a roule. C'est vrai qu'il y a des fois o&#249; on fait un peu partie de la famille. On pourrait presque nous installer un lit de camp !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du fait m&#234;me de cette proximit&#233;, les relations peuvent devenir tr&#232;s fortes. D&#232;s le d&#233;but, je m'engage aupr&#232;s du jeune, &#224; garder ce qu'il m'a dit sans aller le r&#233;p&#233;ter. Autant dire que j'en apprends des vertes et des pas m&#251;res. Il n'y a pas complicit&#233; dans la mesure o&#249; je ne cautionne jamais. Je dis toujours ce que j'en pense. Je marque ma solidarit&#233; avec les parents, les coll&#232;gues d'internat ou les profs. Mais je n'irai jamais leur raconter ce que le jeune m'a dit. Je perdrais la confiance du m&#244;me. Je pr&#233;f&#232;re travailler avec lui sur ses transgressions, ses d&#233;rapages pour l'aider. Seule exception : quand le jeune est en danger. Mais m&#234;me l&#224;, j'essaie toujours de n&#233;gocier avec lui ce que je vais dire pour essayer de le convaincre. La confiance est la base de notre relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du premier entretien, je dis toujours au jeune que je ne lui demande pas de me faire confiance rien qu'&#224; ma t&#234;te. C'est &#224; moi de faire mes preuves et de lui prouver qu'il peut me consid&#233;rer comme quelqu'un &#224; qui l'on peut faire cr&#233;dit. Avec certains, &#231;a va tr&#232;s vite. Avec d'autres, c'est plus long. Tout d&#233;pend des exp&#233;riences ant&#233;rieures qu'ils ont eues avec les adultes&#8230; s'ils se sont fait blouser ou non par eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un jeu qui peut &#234;tre dangereux si on ne prend pas de pr&#233;cautions. Pas tant pour nous que pour le gamin qui peut investir en nous autre chose que ce qu'on est. C'est &#224; nous d'&#234;tre vigilants. Agir en professionnel par rapport &#224; la r&#233;f&#233;rence, c'est &#224; mon avis faire avec tout cela : trouver un juste &#233;quilibre entre la trop grande proximit&#233; et une attitude trop distante. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Pour Adrien Julian, directeur d'un institut de r&#233;&#233;ducation, dans son &#233;quipe, le r&#233;f&#233;rent ne fonctionne pas avec ce niveau d'implication personnelle : &#171; Il y a un peu plus de vingt ans, nous pensions que d&#233;signer quelqu'un de pr&#233;cis aupr&#232;s de l'enfant, ce serait courir le risque d'une appropriation abusive. Rapidement, nous nous sommes aper&#231;us que plusieurs personnes avaient fait la m&#234;me d&#233;marche qui avait &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e en r&#233;union. Ou plus grave, que personne ne l'avait faite pensant chacun qu'un autre s'en chargerait. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autre part, nous nous rendions compte que nous nous occupions beaucoup de certains enfants et tr&#232;s peu d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, la Direction reste le r&#233;f&#233;rent officiel et l'on peut penser que cela est suffisant. Mais ce n'est pas le cas. Il faut, pour les usagers, qu'un interlocuteur privil&#233;gi&#233; soit d&#233;sign&#233; dans l'&#233;quipe. Ce doit &#234;tre obligatoirement un &#233;ducateur, car c'est le personnage central dans le processus &#233;ducatif, tous les autres ne font que lui pr&#234;ter leur concours. Doit-il &#234;tre celui avec lequel l'enfant a la meilleure relation ? Ce n'est pas certain. En tout cas, nous avons tendance &#224; consid&#233;rer plut&#244;t une trop forte relation comme r&#233;dhibitoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, nous pr&#233;f&#233;rons la notion de suivi &#224; celle de r&#233;f&#233;rence. La personne d&#233;sign&#233;e suit l'enfant beaucoup plus qu'elle ne l'accompagne. Tout le monde, dans l'institution, accompagne l'enfant &#224; un moment ou &#224; un autre. Mais qui coordonne ? Qui se pr&#233;occupe par exemple, des vacances qui arrivent, de l'orientation qui approche ? Qui surveille le dossier, qui y consigne les d&#233;cisions, les strat&#233;gies, veille &#224; leur accomplissement, les rappelle aux diff&#233;rents intervenants ? Eh bien, c'est cette personne charg&#233;e du suivi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai un exemple tr&#232;s pr&#233;cis qui illustrera peut-&#234;tre cette notion de suivi. A la sortie des synth&#232;ses, des enfants papillonnaient d'un adulte &#224; l'autre : &#171; Alors qu'est-ce qu'on a dit sur moi ? &#187; Les adultes ou bien donnaient chacun leur version &#224; chaud, ou bien se renvoyaient l'enfant. Il y a aussi les enfants qui ne demandent rien et dont personne ne se souciait. Aujourd'hui, c'est le professionnel qui a le suivi, qui fait ou doit faire cette premi&#232;re information. Ceci n'emp&#234;che pas apr&#232;s l'enfant d'aller voir ou d'&#234;tre appel&#233; par d'autres personnes. Mais seulement apr&#232;s avoir vu son suivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour pallier l'absence &#233;ventuelle de ce dernier et pour &#233;viter le risque d'un travail en solitaire, nous avons institu&#233; le double suivi. L'enfant conna&#238;t une deuxi&#232;me personne qui est en capacit&#233; de prendre la rel&#232;ve de l'&#233;ducateur qui a son suivi, en cas de p&#233;pin. C'est &#224; la fois le minimum de personnes que l'on peut d&#233;signer comme r&#233;f&#233;rents, et le maximum. Au-del&#224;, on retombe dans le probl&#232;me que l'on voulait &#233;viter : que tout le monde s'occupe de tout et de rien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Pour Alain Braconnier, psychiatre et psychanalyste : &#171; Plus un adolescent ou un enfant est en difficult&#233;, moins le r&#233;f&#233;rent peut agir seul. N&#233;anmoins, lorsque l'adolescent est dans un contexte social et familial de type classique et pr&#233;sente un simple tableau d&#233;pressif, il n'y a alors pas besoin de trois ou quatre r&#233;f&#233;rents ; par contre, lorsqu'il existe un polyhandicap (trouble du comportement, difficult&#233;s d'insertion scolaire ou professionnelle, souffrance affective profonde&#8230;), il est important alors que ce profil de jeunes puisse b&#233;n&#233;ficier de plusieurs r&#233;f&#233;rents. Tout le probl&#232;me &#233;tant que ceux-ci travaillent du mieux possible ensemble, et surtout dans le m&#234;me sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, &#224; quoi assiste-t-on souvent au niveau institutionnel ? Un &#233;ducateur peut juger opportun que le jeune dont il est r&#233;f&#233;rent ait besoin d'une aide psychologique, mais le th&#233;rapeute peut avoir le sentiment qu'il va renforcer les b&#233;n&#233;fices que ce jeune tire de se pr&#233;senter comme quelqu'un qui a des difficult&#233;s, en utilisant son trouble au niveau psychologique et m&#233;dical, pour ne pas affronter les rendez-vous avec la PAIO, les stages, etc. et en affirmant : &lt;i&gt;&#171; Je suis suivi par un psy, et je ne peux faire aucune d&#233;marche concr&#232;te&#8230; &#187;&lt;/i&gt;. C'est pour cela que l'interaction r&#233;f&#233;rentielle est indispensable. Il s'agit donc de sortir des &#171; objectifs diff&#233;rents &#187; qui sont souvent stigmatis&#233;s ou induits par le jeune lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu toute une &#233;poque institutionnelle o&#249; les intervenants &#233;ducatifs, th&#233;rapeutiques et sociaux &#233;taient trop peu attentifs &#224; ces b&#233;n&#233;fices secondaires que le jeune tirait des situations. Il me para&#238;t indispensable qu'aujourd'hui plus aucun r&#233;f&#233;rent ne travaille &#171; sur le sujet et chacun dans son champ &#187;&#8230; car l'&#233;coute du champ de l'autre est importante pour le sujet lui-m&#234;me. On se rend d'ailleurs bien compte, au sein des institutions, que parler &#224; plusieurs d'un m&#234;me sujet, am&#232;ne une meilleure connaissance des multiples facettes de la r&#233;alit&#233; d'un jeune. Un seul r&#233;f&#233;rent renforce le clivage, et ces diff&#233;rents &#171; c&#244;t&#233;s &#187; peuvent d'autant se d&#233;structurer par leur manque d'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette pluralit&#233; des r&#233;f&#233;rents est d'autant plus valable lorsque l'enfant est &#171; morcel&#233; &#187;, car il ne va montrer qu'une facette &#224; chacun des r&#233;f&#233;rents, mais si ceux-ci se rencontrent, se parlent, et travaillent sur le morcellement lui-m&#234;me, ils obtiendront l'homog&#233;n&#233;isation, et l'unit&#233; de ce &#171; moi &#187; du jeune, que lui-m&#234;me a souvent du mal &#224; trouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, plus un adolescent est morcel&#233;, d&#233;structur&#233;, moins il faut tomber dans le mythe qu'un seul r&#233;f&#233;rent va &#234;tre magique. N'oublions pas qui plus est, que cet &#233;ducateur &#171; privil&#233;gi&#233; &#187; par le jeune, part chez lui le soir ou le week-end, alors que le jeune, lui, reste, si bien que lorsqu'il n'existe pas un lien entre les diff&#233;rentes personnes qui s'occupent du jeune, celui-ci va d'abord en profiter pour poser probl&#232;me &#224; partir de 19 heures et, d&#232;s lors, on ne fait que reproduire l'effort que le jeune tente et &#233;choue (car sinon il ne serait pas en institution&#8230;) de faire en lui-m&#234;me. Personne, face &#224; des jeunes en grandes difficult&#233;s, ne peut &#234;tre le seul r&#233;f&#233;rent, m&#234;me si &#224; tel ou tel moment, l'un d'entre eux (les r&#233;f&#233;rents) peut occuper une place privil&#233;gi&#233;e aupr&#232;s d'un jeune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre il s'&#233;tablit une telle relation de d&#233;pendance que lorsque celle-ci cesse pour des raisons d'&#226;ge du jeune ou de changements professionnels de l'adulte, la rupture est telle qu'il y a souvent des d&#233;compensations de la part du jeune. Or, quelle est la situation humaine dans laquelle nous ne sommes que deux ? C'est la relation d'amour. Alors, faut-il dans les institutions, cr&#233;er des situations amoureuses ? La multiplicit&#233; des r&#233;f&#233;rents &#233;vite ces d&#233;rives&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les avis divergent quelque peu sur le concept de r&#233;f&#233;rent comme l'illustrent ces trois positions. Une unanimit&#233; toutefois : donner &#224; l'usager des points de rep&#232;re dans la jungle d'intervenants qui l'entoure. La solution la plus adapt&#233;e ne serait-elle pas &#224; rechercher &#224; partir de la sp&#233;cificit&#233; de chaque &#233;quipe, qui varie en fonction des individus qui la composent et des objectifs qu'elle poursuit ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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