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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Vivre apr&#232;s l'inceste</title>
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		<title>Vivre apr&#232;s l'inceste</title>
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		<dc:subject>Abus sexuel</dc:subject>
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&lt;p&gt;En regroupant, voici dix ans, des jeunes filles victimes d'agression sexuelle dans un m&#234;me lieu, les professionnels de la maison d'accueil Jean Bru &#224; Agen s'avan&#231;aient sur un terrain inconnu. Solidement encadr&#233;e par un comit&#233; scientifique, la d&#233;marche semble assez concluante pour qu'un centre destin&#233; cette fois aux jeunes gar&#231;ons ouvre prochainement ses portes &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quand j'ai pris la direction de la maison, j'ai restaur&#233; l'&#233;cole obligatoire &#187;, d&#233;clare en souriant Michel Louvet, directeur de la maison (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En regroupant, voici dix ans, des jeunes filles victimes d'agression sexuelle dans un m&#234;me lieu, les professionnels de la maison d'accueil Jean Bru &#224; Agen s'avan&#231;aient sur un terrain inconnu. Solidement encadr&#233;e par un comit&#233; scientifique, la d&#233;marche semble assez concluante pour qu'un centre destin&#233; cette fois aux jeunes gar&#231;ons ouvre prochainement ses portes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Quand j'ai pris la direction de la maison, j'ai restaur&#233; l'&#233;cole obligatoire &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;clare en souriant Michel Louvet, directeur de la maison d'accueil Jean Bru, &#224; Agen&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Maison d'accueil Jean Bru - 17, boulevard de la R&#233;publique - 47000 Agen. T&#233;l. (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette maison, unique en France, h&#233;berge des jeunes filles victimes de violences sexuelles et plus particuli&#232;rement d'inceste. Elle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 1996 par Nicole Bru, h&#233;riti&#232;re des laboratoires UPSA et pour la petite histoire, c'est dans les murs de cet h&#244;tel particulier de 1500 m2 que fut invent&#233; le cachet effervescent&#8230; Dans le vaste couloir d'entr&#233;e, &#224; c&#244;t&#233; des photos des fondateurs, sont &#233;galement accroch&#233;s de beaux portraits en noir et blanc des jeunes filles de la maison. Elles y prennent, comme toutes les ados de leur &#226;ge, des airs mutins, &#233;nigmatiques ou boudeurs. &#171; Elles sont terriblement normales &#187; constate dans un soupir Michel Louvet, faisant allusion &#224; leurs perp&#233;tuelles chamailleries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette fin d'ao&#251;t, la maisonn&#233;e vit encore au rythme des vacances et dans le r&#233;fectoire, &#224; presque midi, quelques filles, la t&#234;te &#233;bouriff&#233;e et les yeux gonfl&#233;s de sommeil, se versent de grandes rasades de corn flakes en &#233;changeant leurs projets pour la journ&#233;e. Plus loin, dans la salle des &lt;i&gt;&#171; grandes &#187;&lt;/i&gt;, trois ados ne perdent pas un mot de leur s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Elles sont ici chez elles et notre grande satisfaction c'est de les entendre r&#233;pondre &#224; leurs copines au t&#233;l&#233;phone, &#8220;je t'appelle de chez moi&#8221; &#187;&lt;/i&gt; se r&#233;jouit Alexis Sandou, psychologue et adjoint du directeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du fond de la cuisine montent des &#233;clats de voix et de rire, c'est l'anniversaire d'Ang&#232;le&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et pour ses quinze ans, la petite tribu pr&#233;pare un g&#226;teau. Ana&#233; fait fondre le chocolat sous l'&#339;il attentif de Laurence, l'&#233;ducatrice. Le g&#226;teau commence &#224; cuire dans le four quand on s'aper&#231;oit qu'elle a oubli&#233; d'incorporer les blancs d'&#339;uf battus en neige. Aussit&#244;t Ana&#233;, qui adore cuisiner et entre en BEP restauration, laisse &#233;chapper un : &#171; De toute fa&#231;on je suis nulle, j'oublie tout, je saurai jamais faire la cuisine &#187;. Et Laurence, tout en battant &#233;nergiquement le m&#233;lange, d'ajouter que ce n'est pas grave, que &#231;a arrive &#224; tout le monde&#8230; de rassurer &#224; coup de petits mots chauds ces personnalit&#233;s si fragiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoy&#233;es l&#224; par d&#233;cision de justice, ces jeunes filles, qui viennent des quatre coins du pays, ont d&#233;j&#224; connu de nombreux placements et pas mal d'&#233;checs. &lt;i&gt;&#171; Elles ont &#224; leur disposition peu de fils conducteurs, peut-&#234;tre parce qu'il y a eu beaucoup de hasard dans les d&#233;cisions de placements prises les unes apr&#232;s les autres. En t&#233;moigne l'absence de dossier remembrant une vue d'ensemble pour chacune, ce qui les aiderait &#224; construire leur propre vie &#187;&lt;/i&gt; regrette Jacques Ma&#238;tre, chercheur au CNRS, au cours d'un colloque organis&#233; &#224; Agen sur le th&#232;me &lt;i&gt;&#171; Le d&#233;voilement et apr&#232;s&#8230; &#187;&lt;/i&gt;. Pour preuve, le parcours d'une des filles qui a d'abord pass&#233; deux ann&#233;es dans une maison d'enfants, puis est retourn&#233;e vivre dans sa famille avant d'&#234;tre confi&#233;e six mois plus tard &#224; une famille d'accueil qu'elle quittera au bout d'une ann&#233;e seulement pour entrer &#224; la maison Jean Bru.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ne pas m&#233;langer le soin et l'&#233;ducatif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Cette maison, Nicole Bru l'a voulue pour s'occuper des enfants viol&#233;s car il n'existait rien de sp&#233;cifique pour eux &#187;&lt;/i&gt; rappelle Jacqueline Alexandre, pr&#233;sidente de l'association Jean Bru. Pour la premi&#232;re fois, des enfants ayant souffert des m&#234;mes s&#233;vices vont &#234;tre regroup&#233;s ensemble. Cette initiative laisse d'ailleurs de nombreux professionnels perplexes. &lt;i&gt;&#171; On cherche les bons outils, on t&#226;tonne, on est pragmatique un peu &#224; la mani&#232;re des Anglo-saxons qui sont en g&#233;n&#233;ral davantage tourn&#233;s vers la pratique que les Fran&#231;ais &#187;&lt;/i&gt;, explique Alexis Sandou. Un comit&#233; scientifique pr&#233;sid&#233; par Marceline Gabel (&lt;a href='https://www.lien-social.com/La-maison-Jean-Bru-est-devenue-un-veritable-laboratoire' class='spip_in'&gt;lire l'interview&lt;/a&gt;) et compos&#233; de trois m&#233;decins analystes, d'une psychanalyste et de magistrats, encadre n&#233;anmoins la structure et propose des orientations qui sont corrig&#233;es quand elles ne s'av&#232;rent pas concluantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, en 1996, lors de la cr&#233;ation de la structure, l'&#233;quipe &#233;tait essentiellement constitu&#233;e de th&#233;rapeutes et le suivi psychologique des jeunes filles se d&#233;roulait tout naturellement &#224; l'int&#233;rieur de la maison. Mais les choses ne se passaient pas bien, une grande confusion r&#233;gnait. La psychanalyste Ginette Raimbault qui assurait alors la pr&#233;sidence du comit&#233; scientifique modifia la composition de l'&#233;quipe en recrutant davantage d'&#233;ducateurs et surtout d&#233;cida que les soins auraient lieu &#224; l'ext&#233;rieur. &lt;i&gt;&#171; En agissant ainsi elle donnait une orientation psychanalytique. Elle disait que cette confusion entre le soin et l'&#233;ducatif reproduisait le traumatisme de l'inceste puisque dans l'inceste, c'est la confusion qui r&#232;gne, personne n'est &#224; sa place &#187;&lt;/i&gt;, commente le p&#233;dopsychiatre et psychanalyste Patrick Ayoun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est lui qui assure la supervision des professionnels de la maison Jean Bru. Tous les quinze jours, les jeudis apr&#232;s-midi, une rencontre a lieu pour discuter, analyser et prendre du recul. &lt;i&gt;&#171; La probl&#233;matique de l'inceste anesth&#233;sie les professionnels, on risque de ne plus assez r&#233;fl&#233;chir ou plus assez bien. Ces rencontres nous donnent l'occasion d'&#233;vacuer tout ce qu'on a ressenti et d'avoir des &#233;clairages nouveaux, de poser des questions. On n'est pas l&#224; pour &#234;tre jug&#233;s mais pour am&#233;liorer notre pratique. La supervision permet &#233;galement de ne pas se laisser contaminer par le d&#233;sespoir des jeunes filles et d'&#233;viter l'&#233;puisement professionnel &#187;&lt;/i&gt;, &#233;num&#232;re Alexis Sandou. &#192; l'usage, les professionnels se sont aper&#231;us que ces r&#233;unions pl&#233;ni&#232;res ne suffisaient pas : &lt;i&gt;&#171; Nous avons mis en place des rencontres en groupe restreint pour r&#233;fl&#233;chir &#224; des cas particuliers et pour r&#233;introduire de la complexit&#233;. Je me souviens d'un cas de d&#233;ni de justice qui sautait aux yeux et pourtant on ne l'avait pas vu &#187;&lt;/i&gt;, ajoute Patrick Ayoun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par principe, il ne rencontre jamais les r&#233;sidentes, ce qui l'oblige &#224; croire sur parole ce qu'on lui dit : &lt;i&gt;&#171; Cela me permet aussi de r&#233;fl&#233;chir sur la repr&#233;sentation que ces professionnels se font des filles &#224; partir de leur propre subjectivit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Entre autres r&#232;gles internes, il a &#233;t&#233; &#233;galement d&#233;cid&#233; que les jeunes filles ne devaient pas entretenir de rapport privil&#233;gi&#233; avec un &#233;ducateur, elles savent que si elles confient quoi que ce soit &#224; l'un d'entre eux, ce sera r&#233;p&#233;t&#233; &#224; toute l'&#233;quipe. Peut-&#234;tre une protection n&#233;cessaire pour r&#233;sister &#224; ces filles particuli&#232;rement adh&#233;sives. Quand elles quittent la maison, elles ont la possibilit&#233; d'y passer aussi souvent qu'elles le souhaitent mais ne peuvent toujours pas entretenir de relations personnelles avec un &#233;ducateur : &lt;i&gt;&#171; Le directeur ne veut pas que l'assistante sociale et mon &#233;ducatrice viennent me voir chez moi, je trouve &#231;a d&#233;gueulasse, parce que mon &#233;ducatrice elle m'aidait&#8230; je voulais qu'elle voit o&#249; je vis, ce que je suis devenue &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;clare une ancienne &#224; l'ethnologue Agn&#232;s Martial qui a fait une &#233;tude sur ce qu'&#233;taient devenues les anciennes de la maison Jean Bru.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude a d'ailleurs montr&#233; la n&#233;cessit&#233; d'accompagner plus longtemps certaines de ces jeunes filles. D&#233;sormais, celles qui le souhaitent peuvent signer un contrat jeune majeur (conseil g&#233;n&#233;ral, jeunes, maison Jean Bru) et partir vivre quelques rues plus loin dans un appartement lou&#233; par la maison Jean Bru. Suivies par une &#233;ducatrice, elles font leurs premiers pas vers l'autonomie. Elles ont la clef de la maison, et si elles font ce qu'elles veulent dans la journ&#233;e, le soir une surveillante est l&#224; de 18h 30 &#224; 9h le lendemain. &#192; l'heure actuelle elles sont trois dans l'appartement, elles s'occupent du m&#233;nage et des repas et cohabitent tr&#232;s bien ensemble. Elles se destinent &#224; devenir l'une assistante en maternelle, l'autre auxiliaire pu&#233;ricultrice et la derni&#232;re&#8230; &#233;ducatrice &#224; la PJJ !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La pr&#233;sence le soir pour &#233;viter les fugues&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au quotidien, les quatorze filles qui vivent actuellement dans la maison sont encadr&#233;es par trois &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s, une assistante sociale, trois moniteurs &#233;ducateurs et une ma&#238;tresse de maison, pr&#233;sente tous les soirs de 17 h &#224; 22 h. &lt;i&gt;&#171; La pr&#233;sence de ce petit bout de femme est un vrai soulagement, depuis qu'elle est l&#224; on n'a plus les probl&#232;mes de scarification, les fugues ou les tentatives de suicide qu'on avait autrefois &#187;&lt;/i&gt;, se f&#233;licite le directeur m&#234;me si au d&#233;part c'&#233;tait plut&#244;t un infirmier psychiatrique qu'il recherchait. Mais comme il n'en a pas trouv&#233;, il a engag&#233; Ang&#233;lique, une jeune femme d'une trentaine d'ann&#233;es : &lt;i&gt;&#171; Elle n'a pas de dipl&#244;me et n'est pas sp&#233;cialement form&#233;e pour ce genre de fonction. Et pourtant, par sa seule fa&#231;on d'&#234;tre, sa mani&#232;re d'&#233;couter, elle joue un r&#244;le &#233;norme. Elle sait apaiser les angoisses et les malaises qui montent une fois la nuit venue &#187;&lt;/i&gt; explique-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la seule nouveaut&#233; que ce directeur a mise en place : &lt;i&gt;&#171; Quand je suis arriv&#233;, il y a deux ans, la majorit&#233; des filles n'allait pas en classe et tra&#238;nait toute la journ&#233;e. Elles se confortaient dans leur statut de victimes, le fait qu'elles aient subi un traumatisme justifiait &#224; leurs yeux l'absent&#233;isme scolaire ou le d&#233;sordre dans les chambres. Alors qu'au contraire, elles sont ici pour d&#233;passer leur souffrance et se reconstruire &#187;&lt;/i&gt; insiste Michel Louvet, heureux de pouvoir annoncer que cette ann&#233;e les quatorze filles de la maison passent toutes dans la classe sup&#233;rieure. &#192; la fin de chaque trimestre, celles qui ont progress&#233; ou obtenu des encouragements sont symboliquement r&#233;compens&#233;es par un peu d'argent de poche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et n'allez pas dire &#224; Michel Louvet ou &#224; Alexis Sandou que cette m&#233;thode a un c&#244;t&#233; un peu vieux jeu. Ils jugent au contraire parfaitement naturel d'encourager celles qui ont fourni un effort : &lt;i&gt;&#171; Dans leur enfance les rep&#232;res ont &#233;t&#233; lamin&#233;s, on est l&#224; pour les accompagner comme il se doit. Nous, on fait des choses simples, du travail de base : on ne monte pas sur le Mont-Blanc &#187;&lt;/i&gt;, plaisante Alexis Sandou. Et pour donner &#224; &lt;i&gt;&#171; leurs filles &#187;&lt;/i&gt; toutes les chances de r&#233;ussir, une &#233;tudiante vient, chaque soir de la semaine et le mercredi apr&#232;s-midi, les aider &#224; faire leurs devoirs. Toutes les r&#233;sidentes sont normalement scolaris&#233;es &#224; l'ext&#233;rieur de l'&#233;tablissement et m&#232;nent une vie la plus normale possible. &lt;i&gt;&#171; Nous leur apprenons &#224; ne pas se cacher mais aussi &#224; ne pas mettre en avant ce qu'elles ont v&#233;cu &#187;&lt;/i&gt; ajoute Michel Louvet.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Papa, je t'aime m&#234;me si tu m'as maltrait&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ancien colonel de gendarmerie, il s'est retrouv&#233; &#224; ce poste apr&#232;s avoir dirig&#233; une association d'aide aux victimes et de contr&#244;le judiciaire. &lt;i&gt;&#171; C'est bien pour la maison, ce directeur qui repr&#233;sente la loi &#187;&lt;/i&gt; rappelle Marceline Gabel. Ferme sans &#234;tre dur, il embrasse les filles deux fois par an : pour leur anniversaire et pour leur souhaiter une bonne ann&#233;e. C'est tout. En revanche, il ne repousse pas &#201;milie quand dix, vingt fois par jour elle se jette dans ses bras. &lt;i&gt;&#171; L'adulte doit &#234;tre sain dans les yeux, les gestes et la parole. Il ne doit pas y avoir d'ambigu&#239;t&#233;. Elles ont &#233;t&#233; tromp&#233;es et il faut restaurer ce lien avec l&#8216;adulte &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/i&gt; explique-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petite personne &#233;corch&#233;e vive, &#201;milie est la plus jeune et la plus ancienne des r&#233;sidentes, celle aussi qui a le plus souffert. Arriv&#233;e &#224; huit ans, et aujourd'hui &#226;g&#233;e de treize ans, elle a un souvenir derri&#232;re chaque recoin et chaque arbre du jardin : &lt;i&gt;&#171; L&#224;, dans le coin du portail, c'est l&#224; o&#249; j'allais me calmer quand j'&#233;tais petite &#187;&lt;/i&gt; et, d&#233;signant un espace de terre battue, &lt;i&gt;&#171; autrefois, il y avait un cerisier, c'est moi qui l'ai cass&#233; un jour o&#249; j'&#233;tais &#233;nerv&#233;e &#187;&lt;/i&gt;. Dans sa petite chambre sous les toits, &#201;milie a deux aquariums et quatre poissons rouges : Blabla, Mimi, Titi et Tic-tac. Juste au-dessus, &#233;pingl&#233;s sur le mur bleu, deux petits mots &#233;crits de sa main d'enfant : &lt;i&gt;&#171; Papa je t'aime m&#234;me si tu m'as maltrait&#233;e &#187; et &#171; Maman je t'aime m&#234;me si je ne te connais pas &#187;&lt;/i&gt;. Abandonn&#233;e &#224; quatre ans, elle tend un nounours borgne et &#233;lim&#233; : &lt;i&gt;&#171; C'est le seul cadeau que j'ai de mes parents, m&#234;me pas une photo &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'horreur de ce qu'elles ont v&#233;cu, ces jeunes victimes continuent &#224; aimer leurs parents : &lt;i&gt;&#171; On ne peut d&#233;truire les liens de filiation, un p&#232;re restera toujours un p&#232;re quoiqu'il ait fait &#187;&lt;/i&gt; indique le psychiatre Luc Massardier (&lt;a href='https://www.lien-social.com/La-prise-en-charge-de-peres-en-milieu-penitentiaire' class='spip_in'&gt;lire l'interview&lt;/a&gt;). C'est lui qui rencontre les familles des jeunes filles plac&#233;es &#224; la maison Jean Bru pour comprendre ce qui a pu se passer. Il pr&#233;pare &#233;galement le terrain &#224; d'&#233;ventuelles rencontres entre la jeune fille et sa famille &lt;i&gt;&#171; Il y a deux ans, nous avons cr&#233;&#233; un service famille au sein de la maison pour maintenir certains liens avec les fr&#232;res ou la m&#232;re par exemple &#187;&lt;/i&gt;, dit Patrick Ayoun. Ce n'est pas toujours facile pour eux de se positionner apr&#232;s la d&#233;nonciation, ils n'arrivent pas toujours &#224; avoir une position nette par rapport &#224; l'inceste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res rencontres, quand elles ont lieu, se d&#233;roulent dans un endroit neutre en pr&#233;sence de l'&#233;ducateur ou de l'assistante sociale. Le fait que les familles soient &#233;galement approch&#233;es par un psychiatre rassure les jeunes filles : &lt;i&gt;&#171; C'est tr&#232;s important pour elles, elles se disent je suis aid&#233;e, mais ma famille l'est &#233;galement : je ne suis donc pas le seul &#233;l&#233;ment dysfonctionnant &#187;&lt;/i&gt;, rapporte Michel Louvet avant d'ajouter, &lt;i&gt;&#171; nous permettons &#224; ces familles de repartir. C'est long, il faut y aller &#224; dose hom&#233;opathique. &#187;&lt;/i&gt; Pour ces jeunes filles, ces rencontres ne sont pas forc&#233;ment &#233;videntes mais sont le fruit d'un long travail : &lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s ce qu'elles ont v&#233;cu on leur conseille de suivre une th&#233;rapie &#187;&lt;/i&gt; explique Alexis Sandou. Le jour de la pr&#233;admission, Michel louvet est clair sur ce point : &lt;i&gt;&#171; Ici, deux choses sont obligatoires : l'&#233;cole et la rencontre, au moins une fois, avec un th&#233;rapeute &#187;&lt;/i&gt;. &#192; elles apr&#232;s de voir si elles ont besoin ou pas de ce soutien psychologique. &#192; elles aussi, de d&#233;cider si elles veulent tenter l'exp&#233;rience de la maison Jean Bru ou pas. Elles ont une journ&#233;e pour se d&#233;cider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'entretien avec le directeur elles sont laiss&#233;es libres, toute la journ&#233;e elles peuvent d&#233;couvrir la maison &#224; leur guise et s'entretenir avec les autres r&#233;sidentes. &lt;i&gt;&#171; D'ailleurs, les autres filles sont pr&#233;par&#233;es &#224; leur arriv&#233;e et les attendent &#187;&lt;/i&gt;, ajoute-t-il. Le soir, elles dorment &#224; l'h&#244;tel avec leur r&#233;f&#233;rente ASE, ce n'est que le lendemain matin qu'elles font conna&#238;tre leur d&#233;cision d'int&#233;grer ou pas la maison.&lt;i&gt; &#171; &#192; propos des r&#233;f&#233;rentes ASE, on constate une diff&#233;rence d'attitude effarante d'un conseil g&#233;n&#233;ral &#224; l'autre. Certaines connaissent bien les filles, nous appellent et se tiennent au courant de leur &#233;volution. D'autres ne t&#233;l&#233;phonent jamais et se contentent de g&#233;rer des dossiers de tr&#232;s loin &#187;&lt;/i&gt; regrette Michel Louvet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes filles restent &#224; la maison d'accueil aussi longtemps que n&#233;cessaire, en moyenne deux ans, parfois plus. Le jour o&#249; il faut partir, quand une nouvelle d&#233;cision du juge les renvoie chez elles, elles n'y sont pas toujours pr&#233;par&#233;es. La s&#233;paration est alors v&#233;cue comme une rupture&#8230; L'ethnologue Agn&#232;s Martial r&#233;sume ce que le passage &#224; Agen a pu repr&#233;senter pour elles : &lt;i&gt;&#171; La place que peut tenir une personne, en l'occurrence ici une &#233;ducatrice, pour une jeune fille est primordiale. Cette &#233;ducatrice a &#233;t&#233; la deuxi&#232;me maman. Avoir au moins ressenti d'&#234;tre quelqu'un pour l'autre et d'avoir une place est structurant et fondateur du sentiment d'avoir le droit de vivre &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.maisonjeanbru.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Maison d'accueil Jean Bru&lt;/a&gt; - 17, boulevard de la R&#233;publique - 47000 Agen. T&#233;l. 05 53 47 20 02&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Questions d'inceste</title>
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		<dc:subject>Abus sexuel</dc:subject>
		<dc:subject>769</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Illustrant le fonctionnement de la maison d'accueil Jean Bru &#224; Agen, l'ouvrage &#233;crit par trois psychiatres nous propose un regard sur l'inceste, &#224; distance d'une opinion publique prompte aujourd'hui &#224; r&#233;clamer vengeance pour des innocents qu'elle accusait hier encore d'affabulation. Repla&#231;ant en perspective la complexit&#233; de la probl&#233;matique, les auteurs expliquent qu'il y a mille fa&#231;ons d'aimer ou de mal aimer son enfant, d'&#233;tablir un lien incestueux avec lui ou encore de r&#233;pondre &#224; cette agression qu'on (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Illustrant le fonctionnement de la maison d'accueil Jean Bru &#224; Agen, l'ouvrage &#233;crit par trois psychiatres nous propose un regard sur l'inceste, &#224; distance d'une opinion publique prompte aujourd'hui &#224; r&#233;clamer vengeance pour des innocents qu'elle accusait hier encore d'affabulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repla&#231;ant en perspective la complexit&#233; de la probl&#233;matique, les auteurs expliquent qu'il y a mille fa&#231;ons d'aimer ou de mal aimer son enfant, d'&#233;tablir un lien incestueux avec lui ou encore de r&#233;pondre &#224; cette agression qu'on peut d&#233;finir comme &#233;tant &#171; toute participation d'un enfant ou d'un adolescent &#224; des activit&#233;s sexuelles qui sont inappropri&#233;es &#224; son &#226;ge et &#224; son d&#233;veloppement psycho sexuel, qu'il subit et qui transgresse les tabous sociaux &#187; (Kempe, cit&#233; p.43). Il ne faut pas pour autant imaginer une classification commune qui rassurerait tout le monde sur la nature du probl&#232;me et sa solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'inceste, on ne retient souvent que celui qui a marqu&#233; l'histoire de la psychanalyse (complexe d'&#338;dipe) et qui est pourtant le plus rare : le fils avec sa m&#232;re. On d&#233;nonce farouchement surtout la relation impos&#233;e par le p&#232;re sur sa fille. On le fait moins pour la m&#232;re avec son fils, banalis&#233;e car trop souvent confondue avec la tendresse &#171; naturelle &#187; maternelle et qui ne semble pas tant r&#233;pondre &#224; une recherche d'excitation sexuelle, qu'&#224; &#171; l'angoisse de perdre cet &#233;tayage narcissique indispensable pour combler une b&#233;ance sans fin que l'enfant est suppos&#233; remplir &#187; (p.16). Sans compter le p&#232;re avec le fils, plus rare que le grand-p&#232;re avec le petit-fils, la m&#232;re avec la fille et les relations au sein de la fratrie. L'acte incestueux est donc multiple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si tous les auteurs ne se ressemblent pas, ils partagent en commun de s'enfermer dans un d&#233;lire d'interpr&#233;tation du consentement de la victime o&#249; il n'y a plus de violence, mais simplement de l'amour et de la tendresse. Pourtant, la destructivit&#233; de cet acte n'est pas contestable. Elle tient d'abord dans l'afflux d'excitation qui d&#233;passe la capacit&#233; de ma&#238;trise et d'&#233;laboration psychique de l'enfant victime. Si celui-ci peut comprendre le parent en col&#232;re qui le frappe, l'agression sexuelle constitue pour lui un registre totalement &#233;tranger, car non r&#233;f&#233;renc&#233;. Mais il y a aussi ce brouillage du lien de filiation que provoque l'annulation de toute diff&#233;rence g&#233;n&#233;rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atteinte &#224; l'int&#233;grit&#233; est &#224; la fois physique (le corps peut d&#232;s lors &#234;tre per&#231;u comme un tas d'immondices et ne plus procurer que honte et r&#233;pulsion) et psychique (distorsions cognitives, affectives et identitaires &#224; l'origine d'une sid&#233;ration de la pens&#233;e et d'un an&#233;antissement des capacit&#233;s de mentalisation). Et les auteurs de citer les th&#233;ories psycho dynamique, cognitivo-comportementale, criminologique, syst&#233;mique, sociologique, biologique, anthropologique comme autant de voies d'approche et de traitements compl&#233;mentaires en fonction d'indications pr&#233;cises. &#171; C'est aux victimes qu'il convient de dire ce qu'elles ont v&#233;cu et c'est &#224; nous de nous effacer pour tenter de les comprendre et de les aider &#187; (p.10).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Odile Jacob, 2005 (310 p. ; 25,50 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'enfant maltrait&#233; ou l'enfant oubli&#233;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-enfant-maltraite-ou-l-enfant-oublie</link>
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		<dc:subject>Enfance maltrait&#233;e</dc:subject>
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&lt;p&gt;Dominique Brunet re&#231;oit, en tant que psychologue, beaucoup d'enfants victimes de la s&#233;paration conflictuelle de leurs parents. Quand on sait l'instrumentalisation qui est faite de l'argument de la maltraitance et de l'agression sexuelle dans le contentieux familial, on ne peut qu'&#234;tre pris de m&#233;fiance face aux vignettes cliniques expos&#233;es ici qui mettent en sc&#232;ne des p&#232;res ou des m&#232;res chez qui l'enfant ne veut plus se rendre. Pourtant, l'argumentaire porte ses fruits. Les enfants ne savent pas toujours (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L91xH150/arton878-35e88.jpg?1694177778' width='91' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dominique Brunet re&#231;oit, en tant que psychologue, beaucoup d'enfants victimes de la s&#233;paration conflictuelle de leurs parents. Quand on sait l'instrumentalisation qui est faite de l'argument de la maltraitance et de l'agression sexuelle dans le contentieux familial, on ne peut qu'&#234;tre pris de m&#233;fiance face aux vignettes cliniques expos&#233;es ici qui mettent en sc&#232;ne des p&#232;res ou des m&#232;res chez qui l'enfant ne veut plus se rendre. Pourtant, l'argumentaire porte ses fruits. Les enfants ne savent pas toujours mettre en mots leur souffrance, explique l'auteur, parce qu'ils n'ont pas le vocabulaire n&#233;cessaire, qu'ils ont peur des repr&#233;sailles ou ne croient pas qu'on puisse vraiment les &#233;couter. Il arrive aussi que leur parole soit manipul&#233;e par un parent malveillant. Mais ce qu'ils ne peuvent dire, ils peuvent le montrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il faut &#234;tre prudent : qu'un enfant soit battu, qu'il subisse des s&#233;vices sexuels, qu'il soit &#233;lev&#233; par des parents instables ou indiff&#233;rents ou encore qu'il ait &#224; choisir entre deux parents qu'il aime autant, on peut constater les m&#234;mes manifestations symptomatiques de stress avec des troubles du sommeil, une &#233;nur&#233;sie nocturne, de l'ecz&#233;ma, une certaine atonie ou au contraire de l'agitation, un manque de concentration provoquant un &#233;chec scolaire. Mais au moins, l'attention est attir&#233;e sur leurs difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur propose une grille d'observation qui d&#233;finit quatre groupes de sympt&#244;mes. C'est tout d'abord les manifestations physiques : l'aspect malingre ou souffreteux, les douleurs abdominales, les naus&#233;es, vomissements, convulsions, les d&#233;s&#233;quilibres des fonctions physiologiques (troubles du sommeil, de l'app&#233;tit&#8230;). C'est ensuite les perturbations de la vie psychoaffective : tristesse, conduites d'&#233;vitement, agressivit&#233; et col&#232;re, absence de confiance en soi, instabilit&#233;, hyperactivit&#233;. Troisi&#232;me groupe : les troubles de l'apprentissage. Pour progresser, un enfant a besoin de se sentir en s&#233;curit&#233;. Pour que son cerveau r&#233;ceptionne et m&#233;morise sereinement les informations qu'il re&#231;oit, il ne faut pas que l'angoisse, l'appr&#233;hension, la peur le submergent, provoquant le blocage de ses capacit&#233;s mentales et intellectuelles. Enfin, quatri&#232;me domaine permettant d'identifier l'&#233;ventuelle situation de maltraitance : les productions verbales et non verbales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'esprit de l'enfant n'est pas an&#233;anti et qu'il peut se pr&#234;ter au jeu, plonger avec lui dans son imaginaire permet de l'&#233;loigner tant de la r&#233;alit&#233; directement traumatisante que des consignes parentales et de lui permettre d'exprimer ses impressions, ses &#233;motions et de r&#233;v&#233;ler ce qu'il vit. Jouets, modelage, dessins deviennent alors un miroir personnel o&#249; il rejoue librement et spontan&#233;ment ses souffrances. Il est possible d'identifier l'origine du mal-&#234;tre d'un enfant, affirme avec force l'auteur : encore faut-il s'en donner les moyens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. L'Harmattan, 2005, (315 p. ; 27 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Internet : vers une meilleure protection de l'enfance</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Internet-vers-une-meilleure-protection-de-l-enfance</link>
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		<dc:subject>769</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De nouvelles craintes &#233;mergent dans le domaine de la protection de l'enfance par rapport au cyberespace&#8230; D'une part et d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la consommation d'images pornographiques semble se banaliser de mani&#232;re inqui&#233;tante, d'autre part les familles sont fort peu prot&#233;g&#233;es actuellement contre les contenus illicites d'Internet. La derni&#232;re Conf&#233;rence de la famille s'est int&#233;ress&#233;e &#224; la question &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2003, le volet fran&#231;ais de l'enqu&#234;te Espad (European school survey project on alcohol and other drugs) &#8212; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De nouvelles craintes &#233;mergent dans le domaine de la protection de l'enfance par rapport au cyberespace&#8230; D'une part et d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la consommation d'images pornographiques semble se banaliser de mani&#232;re inqui&#233;tante, d'autre part les familles sont fort peu prot&#233;g&#233;es actuellement contre les contenus illicites d'Internet. La derni&#232;re Conf&#233;rence de la famille s'est int&#233;ress&#233;e &#224; la question&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2003, le volet fran&#231;ais de l'enqu&#234;te Espad (European school survey project on alcohol and other drugs) &#8212; interrogeant 10 000 &#233;l&#232;ves de la 4&#232;me &#224; la terminale &#8212; avait int&#233;gr&#233; pour la premi&#232;re fois, &#224; la demande du Conseil sup&#233;rieur de l'audiovisuel (CSA), des questions sur la pornographie. Participant &#224; la d&#233;marche, l'Inserm et l'Observatoire fran&#231;ais des drogues et des toxicomanies (OFDT) en avaient rapport&#233; quelques conclusions &#233;difiantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, 62 % des adolescents de 14 &#224; 18 ans avaient d&#233;j&#224; regard&#233; des images pornographiques au cours des douze derniers mois, principalement &#224; la t&#233;l&#233;vision. Si les gar&#231;ons sont d'ailleurs plus nombreux que les filles (respectivement 80 % et 45 %) &#224; s'adonner &#224; ce loisir, le quart d'entre eux en seraient consommateurs assidus, avec absorption d'au moins dix films X dans l'ann&#233;e. Si toutes les origines sociales &#233;taient concern&#233;es, un d&#233;but de corr&#233;lation avec les probl&#232;mes scolaires et les conduites &#224; risque avait pu &#234;tre mis en lumi&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de la moiti&#233; des familles fran&#231;aises (51 %) sont maintenant &#233;quip&#233;es d'ordinateurs, dont 42 % sont connect&#233;es &#224; Internet. 24 millions de Fran&#231;ais l'utilisent r&#233;guli&#232;rement, dont plus de 1,5 millions de jeunes de moins de 17 ans. Autrement dit, pour le Centre de recherche pour l'&#233;tude et l'observation des conditions de vie (Credoc), 87 % des 12-17 ans surfent sur la Toile. Ils peuvent, &#224; un d&#233;tour de clic, rencontrer l'apologie de l'anorexie, de la violence, du n&#233;gationnisme, de la haine raciale, du suicide ou de la pornographie. Qui prot&#232;ge les plus jeunes, les plus vuln&#233;rables ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s d'un million d'images pornographiques repr&#233;sentant des mineurs seraient en circulation permanente sur le r&#233;seau. Une population &#226;g&#233;e de 8 &#224; 12 ans, souvent originaire de pays d'Europe de l'Est, est utilis&#233;e pour ce trafic et la base d'images p&#233;dophiles saisies sur Internet par la gendarmerie en compte actuellement plus de 400 000, dont la d&#233;tention est actuellement punie par la loi de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 e d'amende. La recension des sites p&#233;do-pornographiques a par ailleurs commenc&#233;, de m&#234;me que celle des sites pr&#244;nant le terrorisme ou la haine raciale. La t&#226;che se complique du fait que les &#171; pr&#233;dateurs p&#233;dophiles &#187; d'Internet fr&#233;quentent assid&#251;ment les forums de discussion et les chats pour ados. Fin septembre, les polices de six pays europ&#233;ens ont ainsi conjointement op&#233;r&#233; 80 perquisitions, plusieurs arrestations et la saisie de nombreux fichiers informatiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les fournisseurs d'acc&#232;s sont tenus de proposer aux parents un logiciel de filtrage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais un enfant sur trois a d&#233;j&#224; pu, craint-on au minist&#232;re, se retrouver sans le vouloir sur un site pornographique, en cliquant simplement sur un lien a priori banal, de sport ou de musique. Les fournisseurs d'acc&#232;s sont tenus, depuis l'ann&#233;e 2000, de proposer aux parents un logiciel de filtrage, mais tr&#232;s peu se soumettent &#224; cette obligation de principe. Lorsqu'ils le font, le tarif demand&#233; est d'environ 45 e. On ne s'&#233;tonnera pas du fait que 83 % des familles ne soient toujours pas &#233;quip&#233;es d'un syst&#232;me de protection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de 60 000 faits de cybercriminalit&#233; ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s en 2004, falsifications et escroqueries &#224; la carte bancaire en occupant au moins 80 %. Venaient ensuite la diffusion d'images p&#233;do-pornographiques sur Internet (576 d&#233;lits pour l'ann&#233;e, en augmentation de 24 % par rapport &#224; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente), puis les incitations &#224; la haine raciale et les contrefa&#231;ons de logiciel. En avril, le Premier ministre annon&#231;ait mollement que les effectifs des policiers et gendarmes charg&#233;s de la surveillance du cyberespace passeraient de 300 &#224; 600&#8230; d'ici 2008, de m&#234;me que la cr&#233;ation prochaine d'une nouvelle infraction &#171; relative aux propositions sexuelles adress&#233;es &#224; des mineurs par Internet ou SMS &#187;. Des logiciels de filtrage et de contr&#244;le parental d'acc&#232;s &#224; Internet devraient prochainement &#234;tre &#171; disponibles automatiquement et pour tous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Issu d'un groupe de travail r&#233;unissant repr&#233;sentants de pouvoirs publics, associations et acteurs &#233;conomiques concern&#233;s, le rapport du Forum des droits sur l'Internet (FDI) avait toutefois distingu&#233;, au d&#233;but de cette ann&#233;e, la diffusion de contenus p&#233;do-pornographiques sur Internet d'une part, et le risque de contacts p&#233;dophiles d'autre part. Quelques recommandations avaient &#233;t&#233; &#233;mises, englobant les risques tenant aux nouveaux supports d'acc&#232;s : sensibilisation des jeunes internautes et de leurs parents, d&#233;veloppement d'outils de contr&#244;le (certains pr&#233;conisant une mise &#224; disposition gratuite par les fournisseurs d'acc&#232;s de logiciels parentaux de filtrage).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une r&#233;flexion &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme restant &#224; mener &#171; sur le droit et l'organisation du dispositif r&#233;pressif &#187;, de m&#234;me qu'&#233;tait pr&#233;conis&#233; le renforcement de la coop&#233;ration internationale judiciaire et polici&#232;re. Quelques id&#233;es techniques avaient &#233;galement &#233;merg&#233;, tel un nom de domaine sp&#233;cifique &#8212;. kid &#8212; r&#233;serv&#233; aux contenus pour enfants, &#171; s&#233;curis&#233; et r&#233;guli&#232;rement contr&#244;l&#233; par une autorit&#233; ind&#233;pendante &#187;. De m&#234;me, un r&#233;f&#233;rencement &#171; qualit&#233; famille &#187; pourrait labelliser les sites et les outils Internet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La maison Jean Bru est devenue un v&#233;ritable laboratoire</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-maison-Jean-Bru-est-devenue-un-veritable-laboratoire</link>
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		<dc:subject>769</dc:subject>

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&lt;p&gt;Il faut que les &#233;ducateurs soient soutenus, qu'il y ait beaucoup de supervision et de balises, pr&#233;cise Marceline Gabel, conseill&#232;re technique honoraire, consultante &#224; l'ONED (Observatoire national de l'enfance en danger) &lt;br class='autobr' /&gt;
La maison du docteur Jean Bru accueille exclusivement des filles victimes de violence sexuelle, est-ce b&#233;n&#233;fique de les regrouper au sein d'un m&#234;me &#233;tablissement ? Au tout d&#233;but, la question s'est pos&#233;e. Moi, j'&#233;tais contre. Il y a en France une sectorisation p&#233;dopsychiatrique qui prend (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il faut que les &#233;ducateurs soient soutenus, qu'il y ait beaucoup de supervision et de balises, pr&#233;cise Marceline Gabel, conseill&#232;re technique honoraire, consultante &#224; l'ONED (Observatoire national de l'enfance en danger)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La maison du docteur Jean Bru accueille exclusivement des filles victimes de violence sexuelle, est-ce b&#233;n&#233;fique de les regrouper au sein d'un m&#234;me &#233;tablissement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au tout d&#233;but, la question s'est pos&#233;e. Moi, j'&#233;tais contre. Il y a en France une sectorisation p&#233;dopsychiatrique qui prend en charge les enfants o&#249; qu'ils se trouvent, pourquoi les regrouper loin de chez eux alors qu'on doit faire tout un travail autour de la famille ? Quand j'ai quitt&#233; le minist&#232;re, je me suis rendue &#224; Agen pour voir ce que &#231;a donnait : incontestablement, c'est positif mais &#224; certaines conditions. La maison Jean Bru est devenue de fait un v&#233;ritable laboratoire. Les d&#233;buts ont &#233;t&#233; tr&#232;s difficiles, il ne suffit pas d'avoir quatre murs, des &#233;ducateurs et un directeur pour qu'un projet, avec des enfants pr&#233;sentant de tels symt&#244;mes, fonctionne. Il faut que les &#233;ducateurs soient soutenus, qu'il y ait beaucoup de supervision et de balises. Il fallait un homme comme Michel Louvet &#224; la t&#234;te de la maison, quelqu'un qui repr&#233;sente la loi. La maison d'Agen est riche de dix ans d'exp&#233;rience et m&#251;re pour aborder le probl&#232;me des gar&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pensez ouvrir une maison semblable pour les gar&#231;ons ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, probablement &#224; Lyon. Pour les gar&#231;ons victimes d'abus sexuels, les cons&#233;quences sont souvent graves. Non qu'ils r&#233;it&#232;rent syst&#233;matiquement ce qu'ils ont v&#233;cu, mais disons qu'ils peuvent avoir plus facilement tendance &#224; passer &#224; l'acte adolescents ou plus tard &#224; l'&#226;ge adulte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement comment parvient-on &#224; se reconstruire apr&#232;s un inceste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d&#233;pend &#224; quel &#226;ge l'inceste a eu lieu, si &#231;a s'est pass&#233; une fois ou si cela a dur&#233; plusieurs ann&#233;es et surtout si les petites victimes ont &#233;prouv&#233; du plaisir, ce qui entra&#238;ne une certaine culpabilit&#233;. Mais, cette culpabilit&#233; n'est pas seulement due &#224; la jouissance, il y a aussi la culpabilit&#233; d'avoir pris la place de la m&#232;re ou celle d'avoir &#233;t&#233; choisie parmi la fratrie. Pour se reconstruire certaines ont besoin de th&#233;rapie, parfois &#224; un rythme soutenu, parfois plus espac&#233;, d'autres n'en n'ont pas besoin et parviennent tr&#232;s bien &#224; construire une vie, &#224; avoir des enfants et une sexualit&#233; normale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut s'interroger sur le sens de vouloir faire parler les victimes &#224; tout prix, c'est parfois en parlant que les traumatismes apparaissent. Quand je travaillais au minist&#232;re on avait demand&#233; &#224; un &#233;chantillon de femmes si elles avaient subi des agressions sexuelles dans leur enfance et si elles en avaient parl&#233; autour d'elles. On s'est aper&#231;u que de nombreuses femmes en avaient &#233;t&#233; victimes et n'en avaient jamais parl&#233;, ce qui ne les avaient pas emp&#234;ch&#233;es de mener une vie sexuelle et sociale normale et d'avoir des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces agressions sont souvent le fait des p&#232;res, les m&#232;res n'ont pas de doutes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart du temps, quand les m&#232;res apprennent cet inceste, elles sont abasourdies et engagent aussit&#244;t une proc&#233;dure de divorce. Il arrive que certaines sachent inconsciemment, mais cela leur para&#238;t tellement monstrueux qu'elles se le cachent &#224; elles-m&#234;mes. D'autres plus rares savent et laissent faire voire participent. Car il ne faut pas oublier que les m&#232;res elles-m&#234;mes abusent de leur fils ou de leur fille. Longtemps, sous la pression des mouvements f&#233;ministes, on s'est band&#233; les yeux, on pensait que seul l'homme pouvait abuser sexuellement son enfant : la femme aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des associations de victimes aimeraient voir l'inscription de l'inceste dans la loi, o&#249; en est-on ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que c'est une affaire close, que cette inscription n'aura pas lieu car elle ne changerait rien. En France, nous croulons sous les millefeuilles l&#233;gislatifs, ce n'est pas la peine d'en rajouter, tout est d&#233;j&#224; dans le code : le viol est puni et les peines sont alourdies d&#232;s lors qu'il est commis par une personne ayant autorit&#233; sur l'enfant. Bien s&#251;r, les victimes aimeraient que le mot inceste figure dans le code et &#231;a se comprend. Mais cela compliquerait aussi beaucoup les choses : dans les familles recompos&#233;es o&#249; commence et s'arr&#234;te l'inceste ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La prise en charge de p&#232;res en milieu p&#233;nitentiaire</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-prise-en-charge-de-peres-en-milieu-penitentiaire</link>
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&lt;p&gt;&#171; En prison, le travail de th&#233;rapie tente d'amener ces p&#232;res &#224; prendre conscience de la gravit&#233; des actes qu'ils ont commis sur leur fille &#187; explique Luc Massardier, psychiatre, praticien hospitalier &#224; l'h&#244;pital Sainte-Anne &#224; Paris et consultant en milieu p&#233;nitentiaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans quelles conditions exercez-vous votre travail ? J'interviens depuis douze ans en milieu p&#233;nitentiaire. Sept ans au SMPR (Service m&#233;dico-psychologique r&#233;gional) de Nice en tant que chef de service, puis depuis 2001 au SMPR de Paris la (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; En prison, le travail de th&#233;rapie tente d'amener ces p&#232;res &#224; prendre conscience de la gravit&#233; des actes qu'ils ont commis sur leur fille &#187; explique Luc Massardier, psychiatre, praticien hospitalier &#224; l'h&#244;pital Sainte-Anne &#224; Paris et consultant en milieu p&#233;nitentiaire&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans quelles conditions exercez-vous votre travail ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'interviens depuis douze ans en milieu p&#233;nitentiaire. Sept ans au SMPR (Service m&#233;dico-psychologique r&#233;gional) de Nice en tant que chef de service, puis depuis 2001 au SMPR de Paris la Sant&#233;. Il existe seulement 24 de ces services en France sur 187 prisons. Id&#233;alement, un SMPR comprend un chef de service, deux ou trois psychiatres temps plein, des psychologues, des infirmier (e) s, des assistantes sociales, des art th&#233;rapeutes et des secr&#233;taires. En r&#233;alit&#233; la pr&#233;sence de ces personnels soignants est tr&#232;s diff&#233;rente d'un &#233;tablissement &#224; l'autre et de nombreux services sont sous dot&#233;s particuli&#232;rement en province et dans les sites dits &#171; peu attractifs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors des SMPR, c'est-&#224;-dire dans la quasi-totalit&#233; des &#233;tablissements p&#233;nitentiaires, la couverture psychiatrique est assur&#233;e par les h&#244;pitaux de rattachement situ&#233;s dans l'aire g&#233;ographique d'implantation de la prison. La pr&#233;sence m&#233;dicale y est souvent tr&#232;s r&#233;duite, &#224; l'image du sous-&#233;quipement g&#233;n&#233;ral en personnels soignants des h&#244;pitaux du service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les SMPR suffisamment dot&#233;s permettent cependant de suivre convenablement les d&#233;tenus. C'est gr&#226;ce &#224; ce travail r&#233;alis&#233; en prison, qu'aujourd'hui nous sommes en mesure de comprendre la psychopathologie de certains p&#232;res incestueux. Il n'y a pas en France d'obligation de soin en prison sauf pour une minorit&#233; d'agresseurs sexuels condamn&#233;s &#224; un suivi sociojudiciaire avec injonction de soin et une incitation au traitement pendant leur incarc&#233;ration. Nous ne rencontrons donc que ceux qui acceptent volontairement de suivre une th&#233;rapie, m&#234;me si celle-ci leur est propos&#233;e de fa&#231;on syst&#233;matique. Nous ne rencontrons donc pas tous les agresseurs sexuels, notamment ceux qui contestent les faits comme ceux qui sont structur&#233;s sur un mode pervers et qui refusent l'id&#233;e m&#234;me de se faire soigner. En revanche, les p&#232;res qui ont entretenu un rapport &#171; amoureux &#187; avec leur fille, retrouvant avec elle l'illusion d'un &#171; amour absolu &#187; acceptent volontiers de se faire suivre. Ils repr&#233;sentent la majorit&#233; des p&#232;res incestueux que nous suivons en consultation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui ne va pas chez ces hommes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils souffrent de carences identitaires et narcissiques majeures avec une identit&#233; masculine vacillante. Quelque chose est rest&#233; bloqu&#233; dans leur d&#233;veloppement psycho sexuel. Ils sont peu s&#251;rs d'eux et ne parviennent pas &#224; nouer des relations conjugales normales avec leurs &#233;pouses ni de p&#232;re avec leur fille. Ils restent accroch&#233;s &#224; l'image d'une famille id&#233;ale qu'ils n'ont pas su ou pas pu construire et qui leur renvoie toujours leur manque et leur insatisfaction. Ils projettent sur leurs &#233;pouses la cause de leur mal-&#234;tre, les accusant de ne pas s'occuper assez bien de leur fille et d'eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur place de p&#232;re, ils vont peu &#224; peu glisser &#224; une place &#171; maternelle &#187; pour r&#233;parer leurs propres blessures narcissiques. Ils vont se mettre &#224; donner les bains, &#224; faire la toilette, &#224; jouer &#224; la poup&#233;e avec l'enfant. De ces rapproch&#233;s fusionnels appara&#238;tra secondairement l'excitation sexuelle, et petit &#224; petit, les choses vont d&#233;raper presque &#171; &#224; leur insu &#187; jusqu'&#224; l'inceste. La fille est devenue cet objet id&#233;al qui les comble et leur offre la compl&#233;tude et la s&#233;r&#233;nit&#233; qui leur a toujours fait d&#233;faut. Elle est une poup&#233;e magique qu'ils utilisent dans le d&#233;ni de la diff&#233;rence des sexes et des g&#233;n&#233;rations pour former avec elle un n&#233;o couple pervers construit sur la relation d'emprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment arrivent-ils &#224; assumer cette relation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils savent bien que &#231;a ne se fait pas. Ils vivent en permanence la compulsion &#224; la relation incestueuse dans la crainte de la d&#233;nonciation, mais ne peuvent pas s'en d&#233;tacher eux-m&#234;mes. Au moment de l'arrestation, nombre d'entre eux se d&#233;clarent soulag&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces p&#232;res amoureux, on distingue ceux qui d&#233;veloppent une r&#233;action de panique le jour o&#249; la relation devient sexuelle, surtout apr&#232;s l'orgasme. Ils se rendent alors compte de l'anormalit&#233; et de la monstruosit&#233; de leurs actes et obligent l'enfant au &#171; secret &#187;, lui demandant &#224; la fois pardon et lui promettant qu'ils ne recommenceront plus et surtout que le maintien de la coh&#233;sion familiale d&#233;pend de ce secret partag&#233;, gage de la s&#233;curit&#233; de toute la maison. Ils auront alors dans les jours qui suivent une conduite d'&#233;vitement, puis comme ils voient qu'il ne se passe rien, que la vie continue comme avant, un jour ils recommencent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; de ces p&#232;res il y a ceux, nettement moins nombreux et plus carenc&#233;s, qui ne connaissent pas cette panique et qui vivent presque normalement cette relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les diff&#233;rents profils des p&#232;res incestueux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut rep&#233;rer sch&#233;matiquement trois types de p&#232;res incestueux, le p&#232;re &#171; amoureux &#187; de sa fille que nous venons de d&#233;crire. Puis le p&#232;re tr&#232;s carenc&#233;, machiste et souvent alcoolique vivant dans un milieu d&#233;favoris&#233; o&#249; l'acte sexuel se r&#233;sume &#224; un acte pornographique impos&#233; comme un droit &#224; la femme qui doit lui &#234;tre soumise. Il couche avec sa fille parce qu'elle est l&#224;, qu'il est l'homme et qu'il a tous les droits. Il y a enfin le profil du pervers sadique qui jouit de la souffrance inflig&#233;e &#224; autrui, mais que l'on ne voit pas en consultation parce qu'il la refuse et qu'il n'en voit pas l'utilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se passe le travail en prison ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En prison, le travail de th&#233;rapie tente d'amener ces p&#232;res &#224; prendre conscience de la gravit&#233; des actes commis sur leur fille qui n'est pas &#171; leur objet &#187; mais un &#234;tre humain diff&#233;renci&#233; d'eux et victime de leurs actes. L'objectif th&#233;rapeutique, c'est de les aider &#224; retrouver dans leur histoire personnelle les param&#232;tres qui les ont conduits &#224; cette d&#233;viance, de rep&#233;rer leurs manques et le sens de leur passage &#224; l'acte incestueux. Ce sont des gens qui sont en proie &#224; la confusion mentale, il faut r&#233;introduire la loi de l'interdit de l'inceste et la prison repr&#233;sente un cadre qui permet cette prise de conscience indispensable pour reprendre leur place de p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ils sortiront de prison ou si leur enfant le leur demande un jour, ils devront lui rendre des comptes. Nous essayons de pr&#233;parer le p&#232;re &#224; trouver les r&#233;ponses qui pourront alors aider la victime pour qu'elle cicatrise son traumatisme et ne se sente plus coupable ou responsable de ce qu'il lui a inflig&#233;. Il faut sortir de la confusion. Les liens de filiation demeurent, le p&#232;re restera toujours le p&#232;re quoiqu'il ait fait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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