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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Le cadre &#233;ducatif des CEF en d&#233;bat</title>
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		<dc:subject>763</dc:subject>

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&lt;p&gt;Bernard Lesbros, directeur de l'association Montjoie qui doit ouvrir prochainement deux CEF et Roland Janvier, directeur de la Sauvegarde d'Ille-et-Vilaine et oppos&#233; aux CEF justifient leur position &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Centres &#233;ducatifs ferm&#233;s ne marquent-ils pas la d&#233;rive d'une soci&#233;t&#233; plus pr&#233;occup&#233;e par la r&#233;pression que par la pr&#233;vention des comportements d&#233;linquants ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Roland Janvier : Tout &#224; fait ! Il faut se rappeler que ce soi-disant nouveau concept &#171; &#233;ducatif &#187; est n&#233; pendant la campagne pr&#233;sidentielle de 2002 (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-763-" rel="tag"&gt;763&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bernard Lesbros, directeur de l'association Montjoie qui doit ouvrir prochainement deux CEF et Roland Janvier, directeur de la Sauvegarde d'Ille-et-Vilaine et oppos&#233; aux CEF justifient leur position&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Centres &#233;ducatifs ferm&#233;s ne marquent-ils pas la d&#233;rive d'une soci&#233;t&#233; plus pr&#233;occup&#233;e par la r&#233;pression que par la pr&#233;vention des comportements d&#233;linquants ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Janvier&lt;/strong&gt; : Tout &#224; fait ! Il faut se rappeler que ce soi-disant nouveau concept &#171; &#233;ducatif &#187; est n&#233; pendant la campagne pr&#233;sidentielle de 2002 anim&#233;e par le th&#232;me client&#233;liste de l'ins&#233;curit&#233;. Ce jeu de surench&#232;re politique a conduit &#224; une inversion radicale des conceptions. La loi de 2002 r&#233;novant l'action sociale et m&#233;dico-sociale visait &#224; promouvoir une &#171; citoyennet&#233; de plein exercice &#187; pour les usagers. La philosophie &#233;tait la suivante : la coh&#233;sion sociale sera garantie par l'acc&#232;s de chaque citoyen &#224; ses droits et &#224; une int&#233;gration sociale par la garantie de ses libert&#233;s fondamentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 2002, la loi d'orientation et de programmation pour la justice cr&#233;e les CEF pour les mineurs d&#233;linquants multir&#233;cidivistes. La philosophie est l'inverse de la pr&#233;c&#233;dente : la coh&#233;sion sociale est garantie par la mise &#224; l'&#233;cart des fauteurs d'ins&#233;curit&#233;. Plus question alors de garantie des droits et libert&#233;s fondamentales : alors que la mise sous &#233;crou est une pr&#233;rogative exclusive de l'administration p&#233;nitentiaire, les CEF d&#233;l&#232;guent la gestion d'une quasi-incarc&#233;ration (au moins d'une mesure fortement privative de libert&#233;) au secteur priv&#233; (fut-il associatif). Certains ont m&#234;me parl&#233; de d&#233;tention ill&#233;gale de mineurs&#8230; Les CEF ont pour effet, du fait de la m&#233;canique juridique, de conduire &#224; une possible incarc&#233;ration de jeunes de moins de 16 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard Lesbros&lt;/strong&gt; : Le d&#233;bat autour des CEF est fauss&#233; s'il repose sur l'a priori qu'ils rel&#232;vent du r&#233;pressif, ce que je conteste d'embl&#233;e. S'il est exact que notre soci&#233;t&#233; se trouve plus pr&#233;occup&#233;e qu'auparavant par les questions s&#233;curitaires, cela enl&#232;ve-t-il pour autant la dimension &#233;ducative de ce type de structure ? Nous avons tendance &#224; consid&#233;rer comme r&#233;pressif ce qui n'est pas pr&#233;ventif, et &#224; proclamer qu'on ne peut mener simultan&#233;ment une politique de pr&#233;vention et cr&#233;er des structures &#233;ducatives &#171; contenantes &#187;. Le fait d'emp&#234;cher, dans certaines circonstances, y compris par la contrainte, certains jeunes de s'enliser dans des comportements destructeurs et autodestructeurs ne me semble pas relever d'une atteinte insupportable &#224; la libert&#233; et &#224; l'&#233;ducation. Je pr&#233;tends m&#234;me que ne pas le faire rel&#232;verait de la maltraitance. La vraie d&#233;rive ne serait-elle pas plut&#244;t dans l'abstention face &#224; l'expression d&#233;brid&#233;e des pulsions de certains jeunes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; un jeune qui multiplie les passages &#224; l'acte existe-t-il une solution autre que l'incarc&#233;ration quand toutes les mesures prises &#224; son &#233;gard ont &#233;chou&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Janvier&lt;/strong&gt; : Avant l'incarc&#233;ration, tout doit &#234;tre tent&#233; au plan &#233;ducatif. C'est la qualit&#233; d'un travail en r&#233;seau qui permet d'offrir au mineur un &#233;ventail de solutions qui garantit la continuit&#233; de l'accompagnement. Les CEF, par leur seule logique de &#171; mise &#224; l'&#233;cart &#187; ne permettront jamais de mobiliser la souplesse de r&#233;ponses diff&#233;renci&#233;es ! Cependant, pour stopper l'agir d&#233;linquant, la prison peut constituer une r&#233;ponse. &#192; condition d'assortir cette privation de libert&#233; d'un fort accompagnement &#233;ducatif, dans un contexte adapt&#233; aux besoins des mineurs. Les moyens financiers d&#233;bloqu&#233;s pour les CEF auraient pu &#234;tre mobilis&#233;s par la cr&#233;ation de v&#233;ritables centres de d&#233;tention pour mineurs associant des gardiens et des &#233;ducateurs (le plan Perben en pr&#233;voit).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, nous avons cr&#233;&#233; des structures hybrides qui ne tiendront jamais leurs promesses : ni v&#233;ritables lieux d'enfermement (Cf. les fugues), ni v&#233;ritables espaces &#233;ducatifs (6 &#224; 12 mois, &#231;a ne peut &#234;tre le temps, n&#233;cessairement long, de l'accompagnement &#233;ducatif de jeunes en grande difficult&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard Lesbros&lt;/strong&gt; : Certains jeunes semblent mettre en &#233;chec tout notre syst&#232;me &#233;ducatif et soignant, ils d&#233;passeront toujours nos limites et, dans certaines situations, je ne vois pas d'autres solutions que d'arr&#234;ter leur d&#233;rive. Il y a les CEF et pour les cas les plus graves l'incarc&#233;ration. Les CEF ne rel&#232;vent pas de l'incarc&#233;ration mais de l'&#233;ducation renforc&#233;e en milieu ferm&#233;. La dimension &#233;ducative est omnipr&#233;sente dans les Centres &#233;ducatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant la cr&#233;ation de Centres &#233;ducatifs ferm&#233;s ne doit pas nous d&#233;tourner des autres actions &#224; mettre en &#339;uvre. Par exemple, simultan&#233;ment &#224; la cr&#233;ation de 20 places en CEF, nous avons ouvert &#224; Montjoie, pour la m&#234;me population, plus de quarante places dans des centres de jour, s&#233;jours &#224; l'&#233;tranger, lieux de vie etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;ducatif est-il compatible avec l'enfermement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Janvier&lt;/strong&gt; : Eduquer, c'est mettre en lien, ouvrir sur la vie, le monde et la soci&#233;t&#233;. Ce qui suppose que le cadre &#233;ducatif soit un espace suffisamment large, ouvert &#224; son environnement. Pour autant, ce n'est pas un espace dilu&#233; qui n'offre aucune contenance. Il faut introduire une distinction essentielle entre la fonction contenante de l'acte &#233;ducatif et le r&#244;le de contention de l'acte r&#233;pressif. L'enfermement, c'est la contention. Il est n&#233;cessaire quand le sujet ne peut plus &#234;tre contenu par les cadres sociaux ordinaires. Le cadre carc&#233;ral peut &#234;tre rendu incontournable pour des mineurs il ne peut en aucun cas constituer un cadre &#233;ducatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la raison pour laquelle il faut introduire pour les mineurs, en compl&#233;ment des mesures de contention, un cadre &#233;ducatif qui aura vertu contenante. L'&#233;ducatif me semble donc compl&#233;mentaire de l'enfermement, &#224; condition qu'il s'inscrive comme finalit&#233; &#8211; et donc que l'enfermement ne soit qu'un moyen provisoire. Dans les CEF, &#171; enferm&#233; &#187; par un effet d'annonce politique, l'&#233;ducatif est subordonn&#233; &#224; la finalit&#233; enfermante de ces structures : le jeu est fauss&#233;. Les Centres &#233;ducatifs renforc&#233;s, parce qu'ils ne sont pas soumis &#224; l'injonction de la fermeture, ne pr&#233;sentent pas ce vice de forme intrins&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard Lesbros&lt;/strong&gt; : Oui. Mais il faut expliciter ce qu'on entend par &#233;duquer. Eduquer, ce serait permettre &#224; un jeune de d&#233;velopper tous ses potentiels, intellectuels, affectifs, spirituels, relationnels etc. pour devenir un adulte, une personne, un citoyen libre. Eduquer vise la libert&#233; et suppose la libert&#233;. Mais de quelle libert&#233; parle-t-on ? La libert&#233; fondamentale de l'homme ne s'exprime pas seulement dans la relation entre l'homme et son environnement mais dans la relation entre l'homme et lui-m&#234;me. C'est pourquoi, tout comme on peut ne pas &#234;tre libre &#171; dehors &#187;, on peut, dans une certaine mesure et certaines limites, &#234;tre libre en &#233;tant contenu, voire m&#234;me enferm&#233;&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, la &#171; fermeture &#187;, loin d'&#234;tre un obstacle &#224; la libert&#233;, peut-elle parfois en &#234;tre une condition. C'est le cas avec le CEF, lorsqu'il permet &#224; un jeune de se lib&#233;rer de ses pulsions ou de son environnement afin de devenir accessible &#224; l'&#233;ducation. Il faudra s'appuyer sur des r&#233;sultats concrets et pr&#233;cis, ce que la loi de 2002 nous demande explicitement et que pr&#233;voit le programme national des Centres &#233;ducatifs ferm&#233;s, afin de rep&#233;rer ce qui est pertinent et ce qui ne l'est pas. Seule cette &#233;valuation permettra de confirmer ou d'infirmer le bien fond&#233; des Centres &#233;ducatifs ferm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;action de Roland Janvier aux propos de Bernard Lesbros&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais revenir sur trois points. Les CEF sont n&#233;s dans un climat d&#233;non&#231;ant les co&#251;ts trop &#233;lev&#233;s de l'action sociale justifi&#233;s par une demande &#224; court terme d'efficacit&#233;, de visibilit&#233;, d'&#233;valuation. Ils d&#233;cevront une attente sociale qui ne peut correspondre &#224; la n&#233;cessaire patience de toute &#233;ducation. Quand Bernard Lesbros affirme : &#171; certains jeunes mettent en &#233;chec notre syst&#232;me &#233;ducatif et d&#233;passeront toujours nos limites &#187;. Ces mineurs d&#233;linquants multir&#233;cidivistes nous renvoient une image de nos &#233;checs qu'il est difficile d'entendre. Ce qui nous am&#232;ne &#224; ne retenir que leur responsabilit&#233; personnelle, en occultant trop souvent les deux autres dimensions que sont la souffrance qu'ils expriment &#224; travers leur attitude et l'incapacit&#233; de nos institutions &#224; y apporter des r&#233;ponses adapt&#233;es. Il me semble utile de complexifier notre approche pour int&#233;grer une remise en cause n&#233;cessaire des pratiques et des conduites des dispositifs &#233;ducatifs (depuis l'&#233;cole jusqu'&#224; l'h&#244;pital psychiatrique en passant par le social et le m&#233;dico-social).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la contenance, voire m&#234;me la contention, je partage totalement l'opinion de Bernard Lesbros, sur sa n&#233;cessit&#233; : elle est effectivement parfois une condition et non un obstacle &#224; la libert&#233; du sujet. Non seulement il faut que le jeune dispose d'un cadre &#233;ducatif qui garantisse son autonomie mais il faut, c'est la condition premi&#232;re, que le cadre &#233;ducatif jouisse d'une autonomie de pens&#233;e, d'&#233;laboration et de conduite, qui assure l'ouverture n&#233;cessaire &#224; l'acte &#233;ducatif. Il ne me semble pas que les CEF &#8211; compte tenu des conditions de leur cr&#233;ation, du cahier des charges qui fixe leurs modalit&#233;s de fonctionnement, de l'attente politique qui les presse &#8211; offrent ces conditions minimales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;action de Bernard Lesbros aux propos de Roland Janvier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avant d'aborder le fond, deux d&#233;tails&#8230; Le concept, sinon le nom, de centre &#233;ducatif ferm&#233; n'est pas n&#233; lors de la campagne pr&#233;sidentielle, il est n&#233; bien avant chez de nombreux professionnels qui r&#233;clamaient depuis longtemps que notre dispositif &#233;ducatif soit compl&#233;t&#233; par des structures plus contenantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le fond, je constate que nous ne sommes pas si &#233;loign&#233;s que cela. Nous privil&#233;gions tous les deux les modes d'intervention &#233;ducative en amont et partageons l'id&#233;e qu'il faut tout tenter avant d'en arriver au placement en Centre &#233;ducatif ferm&#233; ou &#224; l'incarc&#233;ration. Nous nous opposons, mais est-ce si net que cela, sur l'id&#233;e que l'on peut faire de l'&#233;ducatif en Centre &#233;ducatif ferm&#233;. Pour moi, c'est un pari qui vaut d'&#234;tre tent&#233; et seuls les faits, c'est-&#224;-dire une &#233;valuation rigoureuse et honn&#234;te, pourront nous d&#233;partager si tant est que cela soit n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Quelle place pour l'&#233;ducatif dans les centres ferm&#233;s ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Quelle-place-pour-l-educatif-dans-les-centres-fermes</link>
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		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Pour les uns, ils sont l'ultime chance avant la prison, pour tout &#233;ducateur qui se respecte un lieu de perdition&#8230; Loin des repr&#233;sentations id&#233;ologiques et des pol&#233;miques, et afin que chacun se fasse sa propre opinion, peut-&#234;tre est-il utile de savoir comment fonctionne concr&#232;tement un centre &#233;ducatif ferm&#233; ? Reportage &#224; Saint-Denis-le-Thiboult, l'un des premiers centres &#233;ducatifs ferm&#233;s, cr&#233;&#233; il y a deux ans &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils sentent le soufre et ont provoqu&#233; &#224; leur cr&#233;ation de violentes lev&#233;es de boucliers. Comme les (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour les uns, ils sont l'ultime chance avant la prison, pour tout &#233;ducateur qui se respecte un lieu de perdition&#8230; Loin des repr&#233;sentations id&#233;ologiques et des pol&#233;miques, et afin que chacun se fasse sa propre opinion, peut-&#234;tre est-il utile de savoir comment fonctionne concr&#232;tement un centre &#233;ducatif ferm&#233; ? Reportage &#224; Saint-Denis-le-Thiboult, l'un des premiers centres &#233;ducatifs ferm&#233;s, cr&#233;&#233; il y a deux ans&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ils sentent le soufre et ont provoqu&#233; &#224; leur cr&#233;ation de violentes lev&#233;es de boucliers. Comme les centres de placement imm&#233;diat d'abord, les centres &#233;ducatifs renforc&#233;s ensuite, les centres &#233;ducatifs ferm&#233;s sont &#224; l'origine de beaucoup de fantasmes qui s'estompent quelque peu, d&#232;s lors que leur mode de fonctionnement devient moins obscur. L'un des premiers CEF ouverts en 2003, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en Normandie &#224; l'initiative de l'association &#171; les nids &#187;. Il &#233;tait int&#233;ressant, deux ans apr&#232;s son ouverture, d'aller y voir de plus pr&#232;s. Pour arriver jusqu'aux portes du centre de Saint-Denis-le-Thiboult, il faut traverser une campagne normande verdoyante et bucolique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Association Les Nids - Centre &#233;ducatif ferm&#233; - 76116 Saint-Denis-le-Thiboult. (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien du charme et de la po&#233;sie pour un lieu qui a focalis&#233; tant de crainte et de r&#233;pulsion : avant m&#234;me qu'il n'ouvre, il avait d&#233;j&#224; fait l'objet de condamnations v&#233;h&#233;mentes, mais aussi de tags vengeurs et de manifestations de la part de ses farouches opposants. Nous voil&#224; enfin, au seuil d'un ch&#226;teau du XVIIIe si&#232;cle. Un vid&#233;ophone permet de s'annoncer. S'ouvre alors une premi&#232;re porte m&#233;tallique command&#233;e &#224; distance, puis apr&#232;s un sas de quelques m&#232;tres, une grille qui fait de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des barbel&#233;s symboliques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le grillage qui cerne la propri&#233;t&#233; est sur&#233;lev&#233; par trois rang&#233;es de barbel&#233;s. Bonjour l'ambiance ! Le jeune qui arrive ne peut &#234;tre que frapp&#233; comme l'est le simple visiteur, par un dispositif de s&#233;curit&#233; qui semble, au premier abord, bien sophistiqu&#233;. En fait, il n'en est rien. Le plus &#226;g&#233; des jeunes plac&#233;s ici arrive &#224; passer &#224; travers les barreaux de la grille. Quant &#224; la porte d'entr&#233;e, un peu d'agilit&#233; &#8212; et les ados n'en manquent pas &#8212; et hop, on passe par-dessus, sans grand effort. Un jour, un nouveau pensionnaire a lanc&#233; un d&#233;fi au directeur : &lt;i&gt;&#171; Tu ne crois quand m&#234;me pas que ce sont tes barbel&#233;s qui vont m'emp&#234;cher de partir d'ici ! &#187;&lt;/i&gt;. Et Nicolas Dufort de lui r&#233;pondre : &lt;i&gt;&#171; Si tu dois partir, ce que je ne souhaite pas, je pr&#233;f&#232;re encore que tu passes par-dessus la porte, tu risqueras moins de te blesser &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, le minist&#232;re voulait que soient pos&#233;es le long de la propri&#233;t&#233;, des haies en acacias, aux piques ac&#233;r&#233;s. Refus du directeur qui s'en est tenu aux classiques thuyas et charmilles. Ce sont les premi&#232;res fugues tr&#232;s m&#233;diatis&#233;es (imaginez-vous : des centres ferm&#233;s d'o&#249; l'on sort comme on veut, les journalistes s'en sont fait des gorges chaudes !) qui ont d&#233;cid&#233; la chancellerie &#224; exiger la pose de ces enceintes disgracieuses qui n'ont finalement r&#233;ussi &#224; impressionner&#8230; que le voisinage qui s'est cru bafou&#233; &lt;i&gt;&#171; Vous nous aviez dit qu'ils n'&#233;taient pas dangereux : ils doivent l'&#234;tre pour que vous preniez la peine de les enfermer derri&#232;re des barbel&#233;s ! &#187;&lt;/i&gt;. Dans le b&#226;timent principal comme dans les annexes, pas de barreaux aux fen&#234;tres. Juste une s&#233;curit&#233; aux persiennes des pi&#232;ces o&#249; logent les jeunes, permettant au veilleur de nuit d'&#234;tre alert&#233; quand elles sont ouvertes. Il y a bien des serrures pour fermer les chambres&#8230; mais uniquement en journ&#233;e, quand elles sont vides, pour &#233;viter les vols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fermeture appara&#238;t donc bien ici avant tout comme symbolique. Elle n'est pas l&#224; pour vraiment emp&#234;cher les &#233;vasions (sinon, on aurait pos&#233; des grillages de trois m&#232;tres de hauteur). Elle marque surtout des limites et mat&#233;rialise l'interdit qui va organiser la vie &#224; l'int&#233;rieur de l'&#233;tablissement pour des jeunes totalement d&#233;structur&#233;s que rien jusque-l&#224; n'a r&#233;ussi &#224; arr&#234;ter. Car, ces adolescents confi&#233;s par la justice aux CEF ne sont pas des anges. Ils cumulent quasiment tous entre vingt et quarante affaires au p&#233;nal (avec un record de deux cents !), signant un ancrage av&#233;r&#233; dans un parcours d&#233;linquant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'arrivent ici que des r&#233;cidivistes qui risquent au minimum cinq ann&#233;es d'emprisonnement. &#201;tant donn&#233; la diminution par deux des peines encourues pour les mineurs, cela repr&#233;sente des infractions pouvant &#234;tre punies pour des adultes de dix ann&#233;es d'incarc&#233;ration. Les ordonnances de placement en CEF sont v&#233;rifi&#233;es par le parquet et si le quantum de la peine maximale pr&#233;vue pour le d&#233;lit commis est inf&#233;rieur aux cinq ann&#233;es d'emprisonnement, il y a annulation de l'ordonnance. L'admission en centre &#233;ducatif ferm&#233; n'intervient en outre, qu'en bout de course, quand toutes les autres solutions ont &#233;t&#233; &#233;puis&#233;es. Il s'agit bien d'une alternative &#224; l'incarc&#233;ration. Y aurait-il l&#224; une r&#233;ponse aux opposants des CEF qui &#233;voquent le risque d'une d&#233;rive, des magistrats pouvant &#234;tre tent&#233;s d'utiliser ces structures avec d&#233;sinvolture, comme moyen de mise &#224; l'&#233;cart, sans consid&#233;ration de la gravit&#233; des actes pos&#233;s par des d&#233;linquants stigmatis&#233;s avant tout pour leur jeunesse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que ceux qui sont plac&#233;s ici ont mis en &#233;chec tout le dispositif &#233;ducatif classique. Ils ont &#233;puis&#233; de nombreuses institutions, cumulant des passages &#224; l'acte, des agressions, des fugues qui leur ont valu des exclusions &#224; r&#233;p&#233;tition. Ils sont dans la pulsion du moment et vivent dans l'imm&#233;diatet&#233;. &lt;i&gt;&#171; Nous les accueillons, en leur rappelant qu'ils ont commis des actes graves. En m&#234;me temps, ce qu'ils sont devenus est le produit de situations personnelles ou familiales qu'ils n'ont jamais recherch&#233;es. La prise de conscience de leur responsabilit&#233; est un cheminement important, m&#234;me si l'on sait qu'ils n'en sont pas capables d'embl&#233;e. Nous cherchons &#224; prot&#233;ger la soci&#233;t&#233;, mais aussi &#224; les prot&#233;ger contre eux-m&#234;mes. Toute la difficult&#233; de notre travail consiste &#224; tenir tous les c&#244;t&#233;s &#224; la fois : les traiter ni comme des victimes, ni comme des coupables, mais les resituer comme acteurs &#187;&lt;/i&gt; explique Bernard Vossier, directeur g&#233;n&#233;ral de l'association gestionnaire. Les jeunes ne sont quasiment jamais d'accord pour aller en CEF et affirment souvent pr&#233;f&#233;rer la prison o&#249; ils pensent pouvoir regarder la t&#233;l&#233;vision toute la journ&#233;e et surtout ne pas se &#171; faire prendre la t&#234;te &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute admission est pr&#233;c&#233;d&#233;e d'une audience dans le bureau du juge des enfants. Cette &#233;tape indispensable doit permettre &#224; toutes les parties en pr&#233;sence d'entendre les m&#234;mes choses. La mesure de placement est d&#233;cid&#233;e pour six mois et peut-&#234;tre prolong&#233;e en fonction du comportement du jeune. En moyenne le s&#233;jour dure 8 mois. L'&#233;quipe du CEF s'engage &#224; rendre compte r&#233;guli&#232;rement du travail r&#233;alis&#233; avec le jeune, un projet individualis&#233; &#233;tant &#233;labor&#233; et actualis&#233; tous les deux mois. En &#233;change, elle attend une authentique r&#233;activit&#233; du magistrat. Il ne s'agit pas de le solliciter &#224; tout instant, mais de le tenir inform&#233; r&#233;guli&#232;rement de l'&#233;volution en cours et de le saisir dans les cas de transgression de la loi. Deux circonstances entra&#238;nent automatiquement une nouvelle audience : une fugue ou une agression physique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Eviter que les jeunes se retrouvent en groupe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le CEF de Saint-Denis a-t-il connu beaucoup d'incidents ? Sur vingt-cinq jeunes accueillis, il y a eu quatre fugues, trois jeunes ont &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233;s, un revenant tr&#232;s rapidement au CEF. S'il a fallu &#224; plusieurs reprises bloquer des acc&#232;s de col&#232;re, il n'y a pas eu d'agression contre un adulte. Qu'est-ce qui permet d'expliquer que ce centre ne soit pas devenu une poudri&#232;re de violence (c'est l&#224; une autre accusation fr&#233;quemment utilis&#233;e par les opposants &#224; ce type de structure) ? Trois explications sont donn&#233;es. Il s'agit, tout d'abord, de faire en sorte qu'aucun jeune ne reste oisif. La journ&#233;e est organis&#233;e de telle fa&#231;on qu'ils n'aient pas un instant de r&#233;pit. Certes, le programme n'est gu&#232;re effrayant pour tout adolescent normalement scolaris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour ces pensionnaires un peu particuliers, c'est diff&#233;rent : l'heure &#224; laquelle on les contraint &#224; se lever, c'est en g&#233;n&#233;ral le moment o&#249; ils se couchent ! Ici, le r&#233;veil est fix&#233; &#224; 7h 30 (sauf le week-end o&#249; il est &#233;chelonn&#233;). De 8h 30 &#224; midi, trois s&#233;quences, &#224; compter de 13h 30, il y en a deux ; apr&#232;s le go&#251;ter, l'activit&#233; est consacr&#233;e au sport collectif. Chaque jeune change d'activit&#233; toutes les heures. Les &#233;ducateurs interviennent &#224; 16h. C'est eux qui assurent le d&#238;ner et la soir&#233;e. Le coucher se fait &#224; 23h. La fatigue de la journ&#233;e et la possibilit&#233; de se retrouver enfin seul dans sa chambre font que la nuit est calme. Seconde explication possible, un taux d'encadrement permettant d'&#233;viter qu'un adulte seul ait &#224; faire face au groupe dans son entier. Les jeunes sont au nombre de huit. Ce n'est pas moins de cinq intervenants qui vont les prendre en charge dans la journ&#233;e, soit individuellement, soit par deux, bien plus rarement par trois. Il y a un instituteur, un animateur scolaire (qui propose des activit&#233;s multim&#233;dias), un moniteur d'atelier, un &#233;ducateur sportif et une psychologue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux &#233;ducateurs qui prennent le relais entre 16h 00 et 23h 00, ils interviennent &#224; trois, voire &#224; quatre en cas d'urgence. La consigne est la m&#234;me pour tous : &#233;viter que les huit jeunes ne se retrouvent ensemble. Il serait imprudent de sous-estimer les probl&#232;mes potentiels. Ce serait mettre en difficult&#233; les personnels et prendre le risque de faire vivre un nouvel &#233;chec aux adolescents accueillis. Pour autant, toutes ces pr&#233;cautions ne permettent pas de se garantir contre tout incident. Cela commence le premier matin, quand le jeune arriv&#233; la veille refuse de se lever !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Dufort s'en explique : &lt;i&gt;&#171; Les jeunes que nous recevons ont appris &#224; utiliser la violence comme moyen principal de communication. Si nous r&#233;pondions sur le m&#234;me registre, cela signifierait que c'est lui qui a gagn&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Et de pr&#233;ciser que chaque membre du personnel est tenu de suivre, avant de commencer &#224; travailler, un stage de quatre jours &#224; l'&#233;cole de police destin&#233; &#224; lui apprendre &#224; g&#233;rer les situations d'affrontement : savoir se placer dans une pi&#232;ce pour se prot&#233;ger, immobiliser quelqu'un sans se faire mal et surtout sans lui faire mal, contraindre sans avoir &#224; donner de coups&#8230; ces techniques permettent tr&#232;s vite de montrer au jeune que l'on est capable de le neutraliser ou de lui imposer ce qu'il ne veut pas faire, mais qu'on ne se battra pas avec lui. &lt;i&gt;&#171; J'ai le souvenir,&lt;/i&gt; continue le directeur, &lt;i&gt;d'un jeune qui m'a lanc&#233; : &#8220;Je vais vous mener la vie tellement dure que c'est vous qui allez me mettre dehors&#8221;. Au bout de deux mois, il m'a dit quelque chose de tr&#232;s fort : &#8220;Vous avez &#233;t&#233; capable de me supporter et de me tenir : vous me m&#233;ritez&#8221; ! &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis l'une des raisons permettant de comprendre le peu d'incidents, c'est bien que chaque jeune n'en soit pas au m&#234;me stade de son s&#233;jour. &#192; la diff&#233;rence des CER, les entr&#233;es ne se font pas sous forme de sessions o&#249; tout le monde arrive et repart en m&#234;me temps, ce qui risquerait de provoquer un sentiment d'int&#233;r&#234;t commun. Ici, les entr&#233;es et sorties sont permanentes. Les uns sont l&#224; depuis peu, les autres ne sont pas loin du d&#233;part : n'&#233;tant pas au m&#234;me stade de leur itin&#233;raire, ils ne r&#233;agissent pas de la m&#234;me mani&#232;re. Car le placement suit tout un cheminement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#233;tapes du s&#233;jour&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Trois modules sont propos&#233;s. Le module d'entr&#233;e est celui de l'observation. Il dure deux mois. Il est l'occasion de tests portant sur le niveau scolaire (ils ont tous moins de seize ans et sont d&#233;scolaris&#233;s depuis au moins deux ans), d'examens m&#233;dicaux, d'entretiens psychologiques, de d&#233;couverte de diff&#233;rents m&#233;tiers techniques (bois, fer, ma&#231;onnerie, espace vert&#8230;). Il s'agit d'embl&#233;e de dessiner avec le jeune des pistes d'orientation en vue de sa sortie. Le module qui suit est dit de &#171; mise en &#339;uvre &#187;. Tout un r&#233;seau d'artisans s'est constitu&#233; dans les environs qui ont accept&#233; d'accueillir les jeunes en stage. Cela commence par des demi-journ&#233;es en pr&#233;sence permanente d'un &#233;ducateur. Puis, au fur et &#224; mesure que la confiance est conquise, le jeune est laiss&#233; seul. Et &#231;a marche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre parce que le travail constitue pour eux une plan&#232;te tellement inaccessible que lorsqu'ils y sont admis, ils se sentent enfin reconnus et accept&#233;s ? Aucun patron n'a eu &#224; conna&#238;tre d'&#233;chec. Vient ensuite le module de sortie, celui qui permet de pr&#233;parer le d&#233;part. Le tout n'est pas de restructurer un jeune en l'espace de quelques mois. Il faut ensuite qu'un projet qui tienne la route l'attende &#224; l'ext&#233;rieur. Cette progression n'est pas lin&#233;aire. Le jeune qui arrive est souvent tr&#232;s provocateur. L'un se vante de porter sur le dos un blouson &#224; 1500 euros, l'autre proclame que sa seule ambition est d'acqu&#233;rir de grosses voitures et d'avoir une vie facile avec plein d'argent. Inutile de pr&#233;ciser l'hostilit&#233; manifest&#233;e d'embl&#233;e face au beau programme qui leur est propos&#233;. La patience et le savoir-faire de l'&#233;quipe n'ont de cesse que de les faire basculer dans une autre logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les mois, le chef de service fait un point individuel avec chaque jeune concern&#233;. Celui-ci est invit&#233; &#224; s'auto &#233;valuer avant d'entendre l'avis port&#233; sur lui. Un livret d'accompagnement est tenu tout au long du placement, pr&#233;cisant l'&#233;volution du projet et la progression constat&#233;e. Au d&#233;part, le jeune est souvent tr&#232;s peu coop&#233;ratif. Au bout de quelques mois, il finit par accepter de discuter et m&#234;me de signer son projet. Tout au long du s&#233;jour d'un jeune, un contact permanent est assur&#233; avec sa famille. Non pas tant pour travailler un retour qui s'av&#232;re la plupart du temps inenvisageable du fait des dysfonctionnements majeurs du milieu d'origine (&#224; sa sortie, il int&#233;grera plut&#244;t un foyer), mais tout simplement pour r&#233;introduire la place des parents qui, en positif ou en n&#233;gatif ont jou&#233; un r&#244;le et continuent &#224; en avoir un sur le destin de leur enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, que penser de ce type d'&#233;tablissement ? Nicolas Dufort parle d'une totale transparence. Il y a d'abord eu une inspection du Comit&#233; technique d'&#233;valuation nationale (organisme r&#233;unissant des membres de l'inspection PJJ et des membres du secteur associatif). Il y a eu aussi le reportage de Patrick Banquet diffus&#233; sur la 5 &#171; Au premier faux pas &#187; montrant l'itin&#233;raire de deux adolescents, l'un r&#233;ussissant &#224; s'en sortir, l'autre terminant en prison. Quant aux professionnels plus ou moins contraints au d&#233;part de collaborer avec le CEF, ils seraient plut&#244;t tent&#233;s de travailler &#224; nouveau avec lui. Bien s&#251;r, ce type d'institution ne constitue pas la panac&#233;e (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Le-cadre-educatif-des-CEF-en-debat' class='spip_in'&gt;lire les interviews crontrovers&#233;s de Bernard Lesbros et de Roland Janvier&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toute structure nouvelle, effets pervers et dysfonctionnements apparaissent qui justifient des ajustements. Les opposants ne s'y trompent pas qui les montent en &#233;pingle et font la preuve de la nocivit&#233; intrins&#232;que de ce type d'institution. Malgr&#233; plusieurs invitations, aucun d'entre eux n'a accept&#233; de venir se rendre compte sur place. Les huit gamins accueillis &#224; Saint-Denis-le-Thiboult co&#251;tent &#224; la collectivit&#233; un prix de journ&#233;e s'&#233;levant &#224; 550 &#8364;. Leur prise en charge n&#233;cessite un personnel de 27 &#233;quivalents temps plein. Cela repr&#233;sente un investissement non n&#233;gligeable. Faible en comparaison des d&#233;g&#226;ts occasionn&#233;s par ces m&#234;mes jeunes s'ils n'&#233;taient pas arr&#234;t&#233;s dans leur d&#233;rive, diront les partisans des CEF. Dispendieux r&#233;pliqueront leurs opposants qui n'ont gu&#232;re de mal &#224; calculer le nombre d'&#233;ducateurs de pr&#233;vention qui pourraient &#234;tre financ&#233;s avec une telle somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric, arriv&#233; &#224; l'&#226;ge de 15 ans pour avoir commis de nombreuses violences dont huit viols, &#233;tait &#233;nur&#233;tique, encopr&#233;tique (incontinence des selles), de jour comme de nuit, analphab&#232;te et soumis &#224; un traitement psychiatrique lourd. S'il est l&#224; depuis deux ans, c'est parce qu'aucun des 250 &#233;tablissements contact&#233;s n'a accept&#233; sa candidature. Aujourd'hui, une solution a enfin &#233;t&#233; trouv&#233;e. Tous ses troubles physiques et psychiques ont disparu et il vient d'obtenir son certificat de formation g&#233;n&#233;rale. Bien s&#251;r, un arbre ne doit pas cacher la for&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;checs sont &#224; d&#233;plorer. Reste que si ce type d'&#233;tablissement ne doit effectivement concerner que les deux ou trois jeunes multir&#233;cidivistes pr&#233;sents en moyenne dans chaque juridiction qui ont mis en &#233;chec toutes les tentatives &#233;ducatives d&#233;ploy&#233;es &#224; leur intention, trois questions se posent : le travail qui y est accompli est-il &#224; ce point inutile ? L'&#233;ducatif y perd-il son &#226;me ? L'incarc&#233;ration est-elle pr&#233;f&#233;rable aux CEF ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Association Les Nids - Centre &#233;ducatif ferm&#233; - 76116 Saint-Denis-le-Thiboult. T&#233;l. 02 35 02 10 20&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Quelle place pour l'&#233;ducatif dans les centres ferm&#233;s ?</title>
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		<title>Un &#233;t&#233; comme un autre</title>
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		<dc:subject>763</dc:subject>

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&lt;p&gt;Juillet-ao&#251;t 2005. La marche du monde se poursuit, pas vraiment euphorisante. En France, comme souvent, la p&#233;riode semble propice pour imposer discr&#232;tement quelques mesures r&#233;pressives ou r&#233;gressives. Le survol de l'&#233;t&#233; peut laisser penser qu'un paysage amer se dessine encore plus pr&#233;cis&#233;ment, d'o&#249; la pr&#233;carit&#233; sera loin d'&#234;tre absente, le climat social s'annon&#231;ant tendu. Que nous r&#233;serve la rentr&#233;e ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le monde est noir et le festival d'Avignon l'a surlign&#233; cette ann&#233;e, jusqu'&#224; nourrir la pol&#233;mique : (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Decryptage" rel="directory"&gt;D&#233;cryptage&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Juillet-ao&#251;t 2005. La marche du monde se poursuit, pas vraiment euphorisante. En France, comme souvent, la p&#233;riode semble propice pour imposer discr&#232;tement quelques mesures r&#233;pressives ou r&#233;gressives. Le survol de l'&#233;t&#233; peut laisser penser qu'un paysage amer se dessine encore plus pr&#233;cis&#233;ment, d'o&#249; la pr&#233;carit&#233; sera loin d'&#234;tre absente, le climat social s'annon&#231;ant tendu. Que nous r&#233;serve la rentr&#233;e ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le monde est noir et le festival d'Avignon l'a surlign&#233; cette ann&#233;e, jusqu'&#224; nourrir la pol&#233;mique : repr&#233;sentations de l'obsc&#232;ne et du violent &#224; outrance, perte de rep&#232;res et confusion, souffrance et pulsions de mort, haine et d&#233;sespoir&#8230; Le monde est noir, nous r&#233;p&#232;te-t-on : les 65 accus&#233;s du proc&#232;s pour p&#233;dophilie d'Angers sont enfin lourdement condamn&#233;s, et 22 d'entre eux se voient retirer, partiellement ou totalement, leur autorit&#233; parentale, la justice p&#233;nalisant d&#233;sormais bien plus franchement les abus sexuels sur mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sombre est l'actualit&#233; : dans un grand h&#244;pital parisien, on d&#233;couvre 351 f&#339;tus ou corps d'enfants mort-n&#233;s, conserv&#233;s en toute ill&#233;galit&#233; et dans le plus grand m&#233;pris des familles. Plus largement, un projet de loi antiterroriste installe nos vies sous vid&#233;osurveillance, mesure s&#233;curitaire d&#233;nonc&#233;e par les associations de d&#233;fense des droits de l'homme. Catastrophes a&#233;riennes en s&#233;rie, autoroutes privatis&#233;es, s&#233;cheresse de plus en plus &#171; historique &#187; : peut-on compter sur le seul effet Zidane pour remonter le moral des Fran&#231;ais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; L'&#233;tat du monde reste bancal : les attentats-suicides de Londres et de Charm el-Cheikh font &#233;cho &#224; ce qui se passe quotidiennement en Irak, tandis qu'Isra&#235;l g&#232;re en &#233;quilibriste l'&#233;vacuation de Gaza et quelques promesses de colonisation, ou que des milliers d'enfants meurent dans la superbe indiff&#233;rence du reste du monde, au sud du Niger. L'arm&#233;e r&#233;publicaine irlandaise d&#233;cr&#232;te, il est vrai, la fin de la lutte arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#192; l'heure o&#249; le G5 se r&#233;unissait pour all&#233;ger la dette des pays les plus pauvres, les pays riches se barricadent : arrestation de sans-papiers et vols europ&#233;ens massifiant les expulsions. Fin juillet &#224; Paris, apr&#232;s le d&#233;part d'un premier charter Roissy-Kaboul, un rassemblement de protestation a r&#233;clam&#233; une nouvelle fois un moratoire sur les reconduites &#224; la fronti&#232;re, de m&#234;me qu'une r&#233;gularisation globale. Dans le m&#234;me temps, la Poste, v&#233;n&#233;rable institution, &#233;tait condamn&#233;e &#224; d&#233;dommager une femme sans-papiers pour lui avoir interdit l'acc&#232;s au livret A.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dispositions discr&#232;tes et d&#233;crets estivaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res semaines, le r&#233;seau &#201;ducation sans fronti&#232;res &#233;tait r&#233;guli&#232;rement inform&#233; de tel ou tel placement en r&#233;tention de parent(s) &#233;tranger(s) avec enfant (et parfois en &#233;vitait l'expulsion)&#8230; Deux d&#233;crets estivaux ont significativement durci les conditions d'octroi de l'aide m&#233;dicale d'&#201;tat (AME), donc de l'acc&#232;s aux soins des &#233;trangers sans titre de s&#233;jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; En Ile-de-France, et probablement ailleurs aussi, la d&#233;linquance a progress&#233; dans les territoires les plus rel&#233;gu&#233;s. Toutefois, les enqu&#234;tes de victimation ont pr&#233;cis&#233;ment indiqu&#233; que c'&#233;tait bien le ch&#244;mage qui arrive en t&#234;te des pr&#233;occupations, loin devant l'ins&#233;curit&#233;. Dans la nuit du 14 juillet, quelques centaines de voitures ont &#233;t&#233; incendi&#233;es dans quelques cit&#233;s pas encore bien astiqu&#233;es au k&#228;rcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Pendant l'&#233;t&#233;, pourquoi se g&#234;ner ? Vot&#233;es en fin de session parlementaire en juillet, quelques dispositions avaient d&#233;j&#224; permis aux employeurs &#171; d'all&#233;ger leurs contraintes &#187; en termes de dur&#233;e de travail et de paiement d'heures suppl&#233;mentaires&#8230; Plus encore, le gouvernement assouplissait le droit du licenciement en permettant, via le contrat nouvelle embauche, aux entreprises de moins de vingt salari&#233;s de licencier sans justification un salari&#233; pendant les deux premi&#232;res ann&#233;es. Simultan&#233;ment, le contr&#244;le des ch&#244;meurs s'est fait plus draconien : r&#233;duction d'indemnit&#233;s (de 20 &#224; 50 %) et radiations sanctionneront d&#233;sormais bien plus facilement tout manquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays o&#249; le nombre d'exclus bancaires est &#233;valu&#233; entre 4 et 5 millions, &#171; existe-t-il une autre voie que l'accroissement des in&#233;galit&#233;s et la r&#233;duction des protections, m&#234;me transitoires, pour faire red&#233;marrer la croissance et l'emploi ? &#187; s'angoisse le pr&#233;sident d'Emma&#252;s, Martin Hirsch&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir &#171; Sans-grade &#187; et &#233;lites face &#224; face, in Le Monde du 23 juillet' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pi&#232;tre consolation, &#224; l'autre bout de la cha&#238;ne, un d&#233;cret oblige EDF &#224; pr&#233;venir, en cas d'impay&#233;s, des coupures d'&#233;lectricit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; handicap, le comit&#233; consultatif national d'&#233;thique (CCNE) a &#233;t&#233; saisi de la situation des autistes en France par les associations concern&#233;es, qui esp&#232;rent qu'un avis de l'instance poussera au &#171; respect des obligations &#233;ducatives &#224; l'&#233;gard de ces personnes &#187;. Par ailleurs, l'auteur de l'ouvrage controvers&#233; L'Enqu&#234;te interdite, handicap&#233;s &#8212; qui avait d&#233;nonc&#233; avec une parfaite mauvaise foi le fonctionnement actuel des centres d'aide par le travail &#8212; est condamn&#233; pour diffamation en cassation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Sur le front de la psychiatrie, le fondateur de la communaut&#233; de Taiz&#233; est assassin&#233; par une malade mentale, alors que les Journ&#233;es mondiales de la jeunesse &#8212; dont le financement par l'Union europ&#233;enne fait pol&#233;mique &#8212; r&#233;unit un demi-million de catholiques &#224; Cologne. Les journaux s'&#233;taient auparavant empar&#233;s de quelques &#233;vasions d'HP pour alarmer l'opinion : le ministre de la Sant&#233;, Xavier Bertrand, annon&#231;ait alors le 8 ao&#251;t l'acc&#233;l&#233;ration du plan de sant&#233; mentale en pr&#233;sentant des mesures suppl&#233;mentaires de s&#233;curisation des &#233;tablissements psychiatriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des unit&#233;s hospitali&#232;res sp&#233;cialement am&#233;nag&#233;es (UHSA), d'ailleurs d&#233;j&#224; pr&#233;vues dans la loi Perben II pour la prise en charge des personnes d&#233;tenues, ouvriront 450 lits en 2008, au lieu des 300 initialement d&#233;cid&#233;s. Le d&#233;blocage de quelques millions d'euros est annonc&#233;, mais certaines structures restent menac&#233;es de fermeture, tel l'Atelier du non-faire, lieu d'expression libre de l'h&#244;pital psychiatrique de Maison-Blanche (94).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#171; Sans-grade &#187; et &#233;lites face &#224; face, in Le Monde du 23 juillet&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Mauvais objet, mauvais sujet</title>
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&lt;p&gt;Commander ce livre &lt;br class='autobr' /&gt;
La compagne de Stanislas Tomkiewicz pr&#233;senta sa th&#232;se il y a 25 ans, peu de temps avant de dispara&#238;tre. On y trouve des propos d'une grande actualit&#233;, redonnant ses lettres de noblesse &#224; des comportements &#233;ducatifs qui, sous l'effet de la vague &#224; technicienne et psychologisante, n'osaient plus, d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque, s'afficher. On ne peut s'aimer soi-m&#234;me si l'on n'a jamais vraiment &#233;t&#233; ni aim&#233;, ni accept&#233;. Et pourtant, c'est cette auto acceptation qui conditionne ensuite l'amour envers les (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La compagne de Stanislas Tomkiewicz pr&#233;senta sa th&#232;se il y a 25 ans, peu de temps avant de dispara&#238;tre. On y trouve des propos d'une grande actualit&#233;, redonnant ses lettres de noblesse &#224; des comportements &#233;ducatifs qui, sous l'effet de la vague &#224; technicienne et psychologisante, n'osaient plus, d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque, s'afficher. On ne peut s'aimer soi-m&#234;me si l'on n'a jamais vraiment &#233;t&#233; ni aim&#233;, ni accept&#233;. Et pourtant, c'est cette auto acceptation qui conditionne ensuite l'amour envers les autres. Se pose donc la question de savoir comment combler ce grand vide qui, pour le jeune victime de carences affectives, constitue une terrible &#233;preuve : confront&#233; &#224; cette absence, il ne peut se construire, n'ayant comme seul choix que celui d'exploser ou d'imploser. &#171; Il est tout &#224; fait illusoire et m&#234;me pernicieux de vivre &#224; c&#244;t&#233; d'un adolescent en &#171; &#233;tat de manque &#187; affectif sans lui apporter le minimum d'attention affective qui provoquera un r&#233;amor&#231;age des relations &#187; (p.45).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Or, on le sait bien, parler d'amour d&#233;clenche dans la profession des pouss&#233;es d'urticaire intellectuel, renvoyant &#224; la dame d'&#339;uvre, au boy-scout, &#224; la midinette, &#224; l'&#233;ducateur r&#233;tro-catho ou pire &#224; de douteuses motivations d'origine sexuelle&#8230; Il est de bon ton d'y opposer une saine r&#233;f&#233;rence professionnelle faite de prise de distance et de contr&#244;le de la situation. Pourtant, rappelle l'auteur, chacun de nos actes est motiv&#233; par le d&#233;sir d'&#234;tre aim&#233; ou par la peur de ne plus l'&#234;tre, et cela que nous soyons th&#233;rapeutes ou usagers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; C'est donc &#224; contre-courant des conceptions d&#233;j&#224; dominantes dans la profession, que l'&#233;quipe du Centre familial de jeunes de Vitry o&#249; travaillaient Stanislas Tomkiewicz et sa compagne, a con&#231;u la notion d'attitude authentiquement affective (AAA). Le premier principe explicit&#233; par Claude Martin est celui de l'authenticit&#233; qui s'oppose au &#171; faire semblant &#187;. Il n'est gu&#232;re possible de manifester un int&#233;r&#234;t fort et sinc&#232;re &#224; un adolescent, si au fond de soi-m&#234;me, il inspire r&#233;pugnance ou m&#233;fiance. D'ailleurs, le jeune sait tr&#232;s vite identifier et percer &#224; jour l'adulte qui lui fait face et rep&#233;rer s'il est aim&#233; ou non de lui. Aussi, mieux vaut-il passer la main, quand on sent de profondes r&#233;ticences en soi. Le reconna&#238;tre, c'est alors &#233;viter bien des d&#233;boires dans la relation d'aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Second principe de l'AAA, l'engagement affectif qui s'oppose au principe de neutralit&#233;. Ce dont il s'agit, c'est de montrer &#224; l'adolescent d&#233;linquant qu'il est dot&#233; d'une valeur et qu'&#224; ce titre il m&#233;rite d'&#234;tre aim&#233;. Cette id&#233;e si s&#233;duisante au d&#233;but, peut tr&#232;s vite basculer d&#232;s lors que l'adulte se heurte aux refus, aux agressions, au vol d'objets personnels&#8230; d'autant plus fr&#233;quents que le jeune abandonnique cherche &#224; mettre &#224; l'&#233;preuve celui ou celle qui cherche &#224; &#233;tablir une relation forte avec lui. L'AAA est donc fondamentalement double : engager &#224; fond ses investissements affectifs, tout en gardant &#224; l'esprit que l'adolescent garde &#224; tout moment le droit de les attaquer ou de les nier. Et cela doit pouvoir se faire sans que la relation ne soit entam&#233;e, ni que la pr&#233;sence de l'un ou l'autre ne soit remise en cause. C'est justement cette continuit&#233; et cette pers&#233;v&#233;rance qui montrent que si l'adulte vis&#233; a su r&#233;sister &#224; l'&#233;preuve, c'est qu'il est peut-&#234;tre digne de confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Cette inconditionnalit&#233; constitue justement le troisi&#232;me principe de l'AAA qui s'oppose &#224; tout chantage affectif. Affirmer &#224; un adolescent d&#233;linquant qu'on ne continuera &#224; l'aimer qu'&#224; condition qu'il cesse ses passages &#224; l'acte peut appara&#238;tre un bon moyen de pression. Il s'av&#232;re en r&#233;alit&#233; le plus souvent contre-productif et souvent destructeur. Car, c'est consid&#233;rer que le comportement du jeune rel&#232;ve de sa seule bonne volont&#233;. Ne pouvant parfois s'emp&#234;cher d'agir, celui-ci se vivra alors comme un mauvais objet qui n'a plus rien &#224; perdre. Mais le chantage ne doit pas non plus fonctionner dans l'autre sens, l'&#233;ducateur cherchant &#224; pr&#233;server ses bonnes relations, en &#233;vitant tout conflit. Il doit se montrer tant&#244;t ferme, tant&#244;t plus lib&#233;ral, en fonction des seules circonstances. Il doit donner de l'entendement &#224; la bienveillance qu'il d&#233;ploie : c'est l&#224; le quatri&#232;me principe, celui qui peut &#234;tre d&#233;fini comme un investissement conscient tout &#224; fait oppos&#233; au spontan&#233;isme affectif. La relation &#224; &#233;tablir ne peut &#234;tre de l'ordre d'impulsions librement exprim&#233;es, au gr&#233; des humeurs de l'&#233;ducateur qui ne contr&#244;lerait plus alors ni ses r&#233;actions d'enthousiasme, ni ses r&#233;actions de d&#233;pits, ni ses comportements de s&#233;duction, ni ses comportements d'agressivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adolescent subirait, au pr&#233;texte d'authenticit&#233;, les &#233;tats d'&#226;me de l'adulte. Toute autre est l'AAA qui donne du sens &#224; ses affects qui sont con&#231;us dans un but pr&#233;cis : aider le jeune &#224; retrouver une estime de soi et une valorisation personnelle lui permettant de progresser dans sa relation aux autres. Il ne s'agit donc pas que le professionnel utilise cette relation en la centrant sur lui. Et, c'est l&#224; le cinqui&#232;me et dernier grand principe que nous &#233;voquerons ici : la relation affective doit bien &#234;tre centr&#233;e sur le jeune et non combler un manque chez l'adulte. &#171; Travailler avec des gens qui demandent, c'est prendre une assurance contre la mort, la solitude, le non-amour, la vieillesse, &#224; c&#244;t&#233; d'autres motivations. Et, si nous nous gratifions au passage, c'est autant de gagn&#233; pour tout le monde [&#8230;] Encore, faut-il que ce b&#233;n&#233;fice personnel, non n&#233;gligeable ne soit pas le but ultime de notre action &#187; (p.46).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; une extr&#233;mit&#233;, l'on trouve une relation qui se pr&#233;tend neutre et qui est volontairement d&#233;saffectiv&#233;e. A l'autre bout de la cha&#238;ne, un copinage qui abolit les diff&#233;rences de statut et de g&#233;n&#233;ration. Entre le face &#224; face froid et distant d'un c&#244;t&#233;, le rapport fusionnel et confusionnel de l'autre, il y a cet engagement affectif, authentique, inconditionnel, conscient et centr&#233; sur l'enfant ou l'adolescent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Jeunesse et droit, 2004 (176 p. ; 17 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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