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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Face &#224; la d&#233;linquance, un engagement dans la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e est indispensable</title>
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		<title>Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e : d&#233;linquance et n&#233;cessit&#233; d'engagement</title>
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		<dc:subject>Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e</dc:subject>
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&lt;p&gt;La pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e est aujourd'hui dans une situation difficile, pour au moins quatre raisons : la situation g&#233;n&#233;rale des quartiers d'habitat social class&#233;s &#171; zones urbaines sensibles &#187;, la situation &#233;conomique et sociale d'une partie de la jeunesse de ces quartiers (et l'enracinement d'une d&#233;linquance d'exclusion), l'&#233;volution du m&#233;tier d'&#233;ducateur et de ses conditions d'exercice, l'&#233;volution politique et la mise en question de la philosophie m&#234;me de la pr&#233;vention et de l'action &#233;ducative. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est autour (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-754-" rel="tag"&gt;754&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e est aujourd'hui dans une situation difficile, pour au moins quatre raisons : la situation g&#233;n&#233;rale des quartiers d'habitat social class&#233;s &#171; zones urbaines sensibles &#187;, la situation &#233;conomique et sociale d'une partie de la jeunesse de ces quartiers (et l'enracinement d'une d&#233;linquance d'exclusion), l'&#233;volution du m&#233;tier d'&#233;ducateur et de ses conditions d'exercice, l'&#233;volution politique et la mise en question de la philosophie m&#234;me de la pr&#233;vention et de l'action &#233;ducative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est autour de ces quatre enjeux ou de ces quatre s&#233;ries de questions que s'articulent nos propos et que nous positionnons notre engagement dans le conseil d'administration d'un club de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au terme de plus de vingt ans d'&#233;tudes sociologiques sur les &#171; banlieues &#187; et de diagnostics li&#233;s &#224; la politique de la Ville, la d&#233;monstration n'est plus &#224; faire. Les &#171; zones urbaines sensibles &#187; concentrent les situations de pr&#233;carit&#233; et les processus d'exclusion. La r&#233;gion parisienne les cumule et les vit souvent dans leur intensit&#233; maximale. La situation du secteur d'intervention de l'ACASA (association des centres d'aides et de secours &#224; l'adolescence) en est une illustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons clair et listons les probl&#233;matiques les plus communes de ces territoires : familles nombreuses voire tr&#232;s nombreuses, logements exigus et quelquefois insalubres, pr&#233;carit&#233; du statut juridique et difficult&#233;s d'adaptation pour certaines familles &#233;trang&#232;res primo-arrivantes, handicaps objectifs de nombreux parents et de leurs enfants face &#224; l'&#233;cole, discriminations de toutes sortes subies en raison du lieu d'habitation, des pratiques culturelles (fa&#231;ons de se v&#234;tir, de s'exprimer, de se comporter, de porter sur soi des &#171; signes religieux &#187;, ne serait-ce que la barbe chez les hommes d'origine maghr&#233;bine) et parfois de la couleur de la peau, conditions &#233;conomiques pr&#233;caires et quelquefois mis&#233;reuses, relations ambivalentes avec les institutions (services sociaux, services administratifs municipaux et pr&#233;fectoraux, &#233;coles, forces de l'ordre) qui renvoient une image n&#233;gative de soi (sentiments de d&#233;pendance, d'inf&#233;riorit&#233;, voire de m&#233;pris, de suspicion et de violence) tant individuelle que collective, absence de repr&#233;sentation politique et de structuration politique au sens large (syndicale, associative), absence de mixit&#233; sociale, sentiment d'ins&#233;curit&#233; au sens le plus large (ins&#233;curit&#233; civile mais plus encore ins&#233;curit&#233; sociale), sentiment d'enfermement, d'abandon voire de rejet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de verser dans le mis&#233;rabilisme et de pr&#233;senter ces populations comme d&#233;nu&#233;es de capacit&#233;s d'action et d'&#233;volution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir Michel Kokoreff, La force des quartiers. De la d&#233;linquance &#224; (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'av&#232;re en effet que ces territoires contiennent des ressources li&#233;es &#224; une forte conscience sociale des probl&#233;matiques d&#233;crites plus haut. Une partie des habitants exprime une demande de coop&#233;ration et un potentiel de mobilisation, certes peu visibles et explor&#233;s d'ordinaire par les partenaires institutionnels et les dispositifs de la politique de la Ville, mais qui se r&#233;alisent aussi bien dans des &#233;v&#233;nements &#171; n&#233;gatifs &#187; (rapports tendus avec la police, r&#233;actualisation de vieux contentieux avec des bandes de quartiers proches, etc.) que sous des formes plus positives (actions de solidarit&#233; et d'entraide, demandes aupr&#232;s des adultes r&#233;f&#233;rents du quartier, volont&#233; de s'en sortir, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail de consultation accompli &#224; l'ACASA au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es aupr&#232;s d'une quinzaine de groupes repr&#233;sentant pr&#232;s de 300 jeunes du quartier qui ont &#233;lu des d&#233;l&#233;gu&#233;s se r&#233;unissant r&#233;guli&#232;rement dans notre local est un indice de ce potentiel et de l'importance du travail men&#233; pour entendre et valoriser cette parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'il faut aussi dire les choses comme elles sont, sans jugement de valeur, dans la violence des constats. Car la situation ne s'arrange pas. Les comparaisons r&#233;guli&#232;rement effectu&#233;es &#224; quelque dix ans d'&#233;cart &#224; partir des donn&#233;es de l'INSEE montrent au contraire que le processus de ghetto&#239;sation se poursuit, au carrefour de la crise du logement, des processus d'exclusion scolaire et du ch&#244;mage de masse. L'&#233;volution actuelle n'est pas bonne, le nombre de ch&#244;meurs et de Rmistes est en augmentation forte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Ainsi le nombre d'allocataires du RMI-RMA a-t-il augment&#233; de 10 % en 2004 par (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce contexte global p&#232;se naturellement sur l'action &#233;ducative et sur les acteurs de la pr&#233;vention comme sur tous les autres serviteurs de l'action publique. Mais il p&#232;se d'une fa&#231;on particuli&#232;rement lourde sur la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e parce qu'il accentue et dramatise la situation de la jeunesse qui constitue le public privil&#233;gi&#233; des &#233;ducateurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La situation &#233;conomique et sociale d'une partie de la jeunesse de ces quartiers et l'enracinement d'une d&#233;linquance d'exclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La jeunesse a des comportements qui traversent les &#233;poques, sans doute pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle est ce moment qui pr&#233;c&#232;de l'&#233;tablissement dans les mod&#232;les normatifs g&#233;n&#233;raux. Depuis des lustres, la sociabilit&#233; juv&#233;nile, l'affirmation de soi, l'&#233;panouissement des corps, la d&#233;couverte du sexe, le go&#251;t pour l'alcool et les conduites &#224; risque, le style de vie nocturne, les provocations envers les adultes et les institutions, la tentation du vol, caract&#233;risent cet &#226;ge de la vie, surtout chez les gar&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des raisons diverses (fragilit&#233;s familiales, &#233;checs scolaires, influence de certains pairs, &#233;v&#233;nements biographiques), certains feront m&#234;me une plus ou moins longue carri&#232;re dans des pratiques d&#233;linquantes plus structur&#233;es (comme le vol organis&#233; ou la revente de cannabis). Par ailleurs, il est &#233;galement classique que certains enfants, expos&#233;s pr&#233;cocement &#224; de la violence psychologique voire physique au sein de leur famille et de leur environnement, soient plus enclins &#224; user &#224; leur tour de la violence verbale et physique pour s'exprimer. La p&#233;riode actuelle perp&#233;tue ces sch&#233;mas anciens. Elle pr&#233;sente cependant deux sp&#233;cificit&#233;s relatives, l'une presque inconnue du d&#233;bat public, l'autre connue &#224; l'exc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est l'importance qu'a prise la comp&#233;tition pour la possession des biens de consommation, avec les pr&#233;dations et les agressions qui en d&#233;coulent. Dans la plupart des cas, les voleurs (et les cambrioleurs) ne sont pas des professionnels organis&#233;s et sp&#233;cialis&#233;s (comme les voleurs de voitures de luxe, les voleurs d'objets d'art), ils volent les biens ordinaires fabriqu&#233;s en s&#233;rie par la soci&#233;t&#233; de consommation : voitures, scooters, t&#233;l&#233;phones portables, lecteurs de disque MP3, etc. Les adolescents volent ou rackettent aussi parfois des v&#234;tements de marque. Peu d'argent liquide car nous avons maintenant tous des cartes bleues que l'on peut bloquer en quelques minutes. Ces voleurs ne sont pas non plus des professionnels. Ils volent pour poss&#233;der et jouir imm&#233;diatement ou bien revendre &#171; au noir &#187;, se faire un peu d'argent, c'est-&#224;-dire consommer un peu plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes ici face &#224; un constat qui est en r&#233;alit&#233; classique en sociologie de la d&#233;linquance et que nous avons h&#233;las trop souvent tendance &#224; oublier : c'est le constat de la liaison entre exclusion et d&#233;linquance d'appropriation dans les soci&#233;t&#233;s de consommation. Dit autrement, c'est le constat que certaines formes de d&#233;linquance sont li&#233;es de fa&#231;on structurelle &#224; cette soci&#233;t&#233; de consommation qui implante dans les esprits, d&#232;s le plus jeune &#226;ge, l'id&#233;e que le bonheur c'est d'avoir et qui organise l'ensemble de la vie sociale autour de la consommation. Ceux qui sont les vaincus de la comp&#233;tition sociale veulent pourtant consommer eux aussi. Dans la mesure o&#249; ils sont priv&#233;s d'autres sources de reconnaissance et de fiert&#233;, ils veulent m&#234;me consommer davantage encore que les autres et pour pouvoir aussi le montrer aux autres (la fiert&#233; c'est de para&#238;tre et c'est de d&#233;fier les autres), prenant ainsi une sorte de revanche sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons aussi qu'une partie des violences est en r&#233;alit&#233; occasionn&#233;e par ces vols et cambriolages. Notons enfin que l'enracinement du trafic de cannabis est aussi &#224; sa mani&#232;re une r&#233;ponse &#224; cette situation d'exclusion, qui fait de nombre de ces jeunes des &#171; smicards du business &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Dominique Duprez, M. Kokoreff, Le monde des drogues. Usages et trafics dans (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On ne comprend pas la l&#233;gitimit&#233; de ces trafics aux yeux des concern&#233;s si l'on ne la replace pas dans le contexte d'un taux de ch&#244;mage qui, chez les jeunes hommes &#226;g&#233;s de 16 &#224; 25 ans, sortis de l'&#233;cole sans dipl&#244;me ou avec un simple CAP, n&#233;s de p&#232;re ouvrier et &#171; issus de l'immigration &#187;, voisine avec les 50 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde sp&#233;cificit&#233; r&#233;side dans le fait que cette crise est en grande partie territorialis&#233;e, au sens o&#249; elle concerne davantage les territoires que les politiques de la Ville et les politiques de s&#233;curit&#233; ont recens&#233;s chacune &#224; leur mani&#232;re depuis deux d&#233;cennies. M&#234;me si le caract&#232;re surm&#233;diatis&#233; de cette localisation (&#171; les banlieues &#187;, &#171; les cit&#233;s &#187;), alli&#233; au ciblage discriminatoire de l'action polici&#232;re, tend tr&#232;s abusivement &#224; r&#233;duire les ph&#233;nom&#232;nes de d&#233;linquance juv&#233;nile &#224; ces territoires, il n'en demeure pas moins qu'ils y sont davantage pr&#233;gnants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre que ces territoires concentrent la pauvret&#233; et le ch&#244;mage, ils ont souvent une jeunesse pl&#233;thorique (donc une d&#233;linquance juv&#233;nile plus forte que dans d'autres quartiers ici par simple effet de structure d&#233;mographique) qui y fait rapidement l'exp&#233;rience de la discrimination dans les relations sociales ordinaires et dans le rapport aux institutions, et qui, pour une petite partie d'entre elle, y r&#233;agit dans un surcro&#238;t de d&#233;viance. Pour toutes ces raisons &#8211; et en liaison aussi avec les politiques de peuplement des organismes publics et des &#233;lus locaux &#8211;, se concentre dans ces quartiers une population le plus souvent majoritairement &#233;trang&#232;re et d'origine &#233;trang&#232;re. De l&#224; l'apparente &#171; sur-d&#233;linquance &#187; des jeunes issus de l'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux caract&#233;ristiques sont r&#233;v&#233;latrices d'une double crise des structures d'int&#233;gration de la jeunesse dans le monde adulte. La premi&#232;re est &#233;conomique : l'acc&#232;s &#224; un statut social est rendu particuli&#232;rement difficile pour des centaines de milliers de jeunes hommes qui se trouvent d&#233;qualifi&#233;s par rapport &#224; la vie professionnelle, de fa&#231;on autant sinon plus symbolique que r&#233;elle (dans la mesure o&#249; il existe pour certains d'entre eux des emplois pr&#233;caires de type int&#233;rim mais qui ne conf&#232;rent pas un statut). Et il faut souligner le poids de ce statut dans l'ensemble du processus d'entr&#233;e dans l'&#226;ge adulte, son incidence sur l'ensemble des relations familiales et sociales des individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, les pouvoirs publics s'interrogent sur l'&#226;ge auquel un jeune commence &#224; d&#233;linquer. Or cette question n'est pas la seule importante pour une soci&#233;t&#233;. Il est probable que celle de savoir &#224; quel &#226;ge il sort des pratiques d&#233;linquantes l'est autant sinon davantage. La carri&#232;re d&#233;linquante a certes un d&#233;but, mais elle a aussi une fin. Et c'est sans doute ici que les changements les plus notables sont intervenus ces derni&#232;res d&#233;cennies. Si &#171; la jeunesse ne prend une certaine consistance sociale qu'&#224; partir du moment o&#249; se prolongent ces temps de passage qui d&#233;finissent une position sociale incertaine &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Olivier Galland, Les jeunes, Paris, &#233;d. La D&#233;couverte, 6&#232;me &#233;d, 2002, (p. (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, alors il faut admettre que l'on n'a jamais &#233;t&#233; jeune aussi longtemps que dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise de ces vingt derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'acc&#232;s &#224; l'emploi stable est ici centrale, elle a des cons&#233;quences sur les deux autres crit&#232;res classiques qui d&#233;finissent l'&#171; entr&#233;e dans l'&#226;ge adulte &#187; : l'accession &#224; un logement ind&#233;pendant et la formation d'un couple stable, pr&#233;lude &#224; la fondation d'une famille. Ce mod&#232;le de &#171; r&#233;ussite dans la vie &#187; (avoir un travail, un logement, une famille) est unanimement partag&#233; dans la soci&#233;t&#233;. Mais il est difficilement concevable pour beaucoup de ces jeunes qui sont, de fait, les &#171; inutiles &#187; du syst&#232;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Robert Castel, Les m&#233;tamorphoses de la question sociale, Paris, &#233;d. Fayard, (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde crise est symbolique et politique : l'acc&#232;s &#224; la citoyennet&#233; est rendu particuli&#232;rement difficile pour ces jeunes hommes qui se consid&#232;rent globalement disqualifi&#233;s par rapport au mod&#232;le dominant dans l'ordre politique, qui ne sont plus sollicit&#233;s ni repr&#233;sent&#233;s par les forces politiques traditionnelles, et qui sont relativement d&#233;munis pour construire des actions collectives autonomes, durables et non-violentes (par opposition aux &#233;meutes qui, survenant presque toujours &#224; la suite d'une mort d'homme, sont des d&#233;cha&#238;nements &#233;motionnels passagers).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la situation &#233;conomique, sociale et psychologique dans laquelle les &#233;ducateurs de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e interviennent. Et la situation rencontr&#233;e &#224; l'ACASA illustre pleinement ces probl&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;volution du m&#233;tier d'&#233;ducateur et de ses conditions d'exercice&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;tier d'&#233;ducateur moderne est l'h&#233;ritier des mouvements de jeunesse et d'&#233;ducation populaire, la&#239;cs ou religieux, qui se sont structur&#233;s depuis la fin du XIXe si&#232;cle et renouvel&#233;s dans les ann&#233;es 1950 et 1960 par le biais des &#171; clubs et &#233;quipes de pr&#233;vention &#187;. Puis, l'arr&#234;t&#233; interminist&#233;riel du 4 juillet 1972 est venu fixer le cadre de cette nouvelle &#171; pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e &#187;. Le Code de l'action sociale et de la famille d&#233;finit cette &#171; action &#233;ducative &#187; visant &#224; &#171; faciliter une meilleure insertion des jeunes &#187; l&#224; o&#249; &#171; les ph&#233;nom&#232;nes d'inadaptation sociale sont particuli&#232;rement d&#233;velopp&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#233;tier s'est ainsi professionnalis&#233; mais ne s'est gu&#232;re d&#233;velopp&#233; comme on aurait pu le souhaiter, de surcro&#238;t ce d&#233;veloppement est tr&#232;s in&#233;gal selon les territoires, en liaison avec la d&#233;centralisation de son financement de l'&#201;tat vers les d&#233;partements en 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#233;tier est ensuite devenu plus difficile &#224; exercer &#224; mesure que le processus de ghetto&#239;sation se d&#233;veloppait. Tr&#232;s concr&#232;tement, il ne va pas de soi d'implanter un club de pr&#233;vention, d'asseoir une l&#233;gitimit&#233; d'&#233;ducateur dans un quartier o&#249; tout ce qui repr&#233;sente les institutions peut &#234;tre vu comme une intrusion insupportable et une tentative de contr&#244;le social. Et il ne va pas de soi d'imposer la l&#233;gitimit&#233; de son discours et de sa pratique lorsque, au bout du compte, on ne trouve pas n&#233;cessairement de r&#233;ponse &#224; la question : &#171; Et si je fais tout &#231;a, tu vas me trouver un boulot ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#233;cartel&#233; entre la demande sociale, les besoins de la jeunesse et la commande politique, l'&#233;ducateur ne peut pas ne pas se poser la question du contr&#244;le social et ne pas s'y d&#233;battre en permanence. Et lorsque, pour des raisons diverses, son implantation est difficile, lorsque sa l&#233;gitimit&#233; n'est pas acquise sur le territoire d'intervention, lorsque son action se heurte &#224; des r&#233;sistances, des &#233;vitements voire des confrontations, des violences et des &#233;checs, il &#233;prouve logiquement la tentation du repli sur des actions plus balis&#233;es, sur les publics les moins difficiles et sur les partenariats institutionnels les plus confortables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, se posent la question du travail de rue (va-t-on r&#233;ellement au contact des jeunes dans la rue ou bien a-t-on tendance &#224; se replier sur son local, sur ses s&#233;jours, sur ses chantiers &#233;ducatifs et sur ses animations ?), la question du contact avec les publics les plus difficiles (va-t-on r&#233;ellement rencontrer ces jeunes, en soir&#233;e voire la nuit, l&#224; o&#249; ils tra&#238;nent, ou bien a-t-on de fait cess&#233; de travailler avec cette partie de la jeunesse autrement que dans quelques suivis individuels ?) et la question de la nature de l'action &#233;ducative (est-on dans l'occupation, dans l'animation, dans l'insertion, dans l'accompagnement psychologique, dans l'action collective ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'ACASA (le club de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e dans lequel nous nous sommes engag&#233;s), l'h&#233;ritage du pr&#233;c&#233;dent conseil d'administration pr&#233;sid&#233; par Marianne Monnet est celui d'une pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e entendue comme l'action &#233;ducative volontairement orient&#233;e vers les publics les plus en difficult&#233;, dans une d&#233;marche et dans des actions qui ne visent pas simplement &#224; les &#171; accompagner &#187;, &#224; les &#171; prendre en charge &#187; et &#224; &#171; faire des choses avec eux &#187;, mais aussi et peut-&#234;tre surtout &#224; leur redonner la parole, &#224; les rendre acteurs de leur vie sociale et, pour commencer, de la vie de ce qui est aussi leur club de pr&#233;vention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Embl&#233;matiques de cet &#233;tat d'esprit sont notamment la pratique de la concertation et la tenue r&#233;guli&#232;re des &#171; r&#233;unions des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#187; (les d&#233;l&#233;gu&#233;s sont des personnes que les groupes de jeunes interpell&#233;s par l'&#233;quipe &#233;lisent entre eux pour les repr&#233;senter au sein de l'association), le travail de rue poursuivi jusque tard dans la nuit, l'accompagnement des sortants de prison, ou encore le fait que l'&#233;quipe a recrut&#233; des jeunes du quartier, d'abord comme animateurs, avant de professionnaliser certains d'entre eux qui sont aujourd'hui des &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s dipl&#244;m&#233;s, constituant ainsi des figures valorisantes et valoris&#233;es aux yeux des jeunes du quartier. Ce type de pratiques &#233;ducatives ne se substitue pas aux actions plus traditionnelles des clubs de pr&#233;vention, il s'y ajoute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le quartier, l'&#233;quipe et l'association &#233;voluent en permanence, m&#234;me si les projets sont multiples ainsi que les publics concern&#233;s, c'est n&#233;anmoins cet &#233;tat d'esprit g&#233;n&#233;ral, cette &#233;thique de la solidarit&#233; envers tous et y compris les plus difficiles, cet attachement &#224; l'id&#233;e d'une d&#233;mocratie qui soit aussi participative, que nous entendons continuer &#224; insuffler en liaison &#233;troite avec le directeur du club qui apporte &#233;galement vingt ans d'exp&#233;riences et d'engagements dans l'action &#233;ducative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, les &#233;ducateurs de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e sont le dernier maillon d'une cha&#238;ne de solidarit&#233; politiquement de plus en plus mise en question (voire mise en cause), la derni&#232;re main tendue en direction des jeunes en voie de marginalisation, aux pratiques d&#233;viantes et parfois d&#233;linquantes. Ce qui am&#232;ne &#224; poser la question de la l&#233;gitimit&#233; politique de cette action &#233;ducative et de cette conception de la pr&#233;vention.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;volution politique et la mise en question de la philosophie m&#234;me de la pr&#233;vention et de l'action &#233;ducative&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;vention et l'action &#233;ducative ne se portent pas bien dans le d&#233;bat public. Elles sont assez clairement mises en question dans leurs pratiques (et, en amont, dans leur philosophie m&#234;me) par les pouvoirs publics actuels. Tandis qu'un projet de loi sur la pr&#233;vention est annonc&#233; depuis bient&#244;t deux ans au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur et porte une conception pour le moins particuli&#232;re de la pr&#233;vention (le chapitre 1 porte sur la vid&#233;osurveillance, le projet vise aussi &#224; imposer une obligation g&#233;n&#233;rale de signalement personnalis&#233;e aux travailleurs sociaux ainsi qu'&#224; constituer des nouveaux internats pour les enfants en difficult&#233; que l'on voudrait d&#233;pister de le plus pr&#233;cocement possible), le r&#233;cent rapport sur la pr&#233;vention de la d&#233;linquance du parlementaire Jacques-Alain B&#233;nisti (d&#233;put&#233; maire UMP du Val-de-Marne) voit fondamentalement dans la d&#233;linquance le r&#233;sultat du choc culturel entre la population fran&#231;aise &#171; de souche &#187; et la population issue de l'immigration&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Parmi les nombreuses r&#233;actions &#224; ce projet de loi et &#224; ce rapport, signalons (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, l'&#233;volution de ce que l'on appelle aujourd'hui les politiques de s&#233;curit&#233; et de pr&#233;vention est caract&#233;ris&#233;e au plan national comme au plan local par la recherche des moyens de contenir les d&#233;bordements de la jeunesse par des moyens policiers et judiciaires. Ce sont de plus en plus des politiques de dissuasion et de contention, qui peuvent d&#233;river &#8211; et ont parfois localement d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; d&#233;river &#8211; vers des politiques d'enfermement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention polici&#232;re et judiciaire est &#224; la fois l&#233;gitime et indispensable. Nul ne songe &#224; la remettre en cause. Mais si elle devait y &#234;tre arrim&#233;e d'une fa&#231;on ou d'une autre, la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e se verrait vid&#233;e de son sens, &#224; la fois dans sa d&#233;finition m&#234;me et dans ce que cette d&#233;finition induit sur les pratiques et les valeurs des acteurs concern&#233;s. Sur le constat, en mati&#232;re de d&#233;linquance juv&#233;nile, tout le monde est &#224; peu pr&#232;s d'accord. Les grandes perturbations familiales (et non la simple situation monoparentale qui est souvent transitoire et n'est pas en soi un facteur pr&#233;dictif de d&#233;linquance), l'&#233;chec scolaire, l'absent&#233;isme et la d&#233;scolarisation, la toxicomanie et d'autres pratiques addictives, la r&#233;p&#233;tition d'actes de petite d&#233;linquance, les conduites &#224; risque, sont autant de signaux qui nous disent qu'un adolescent est en difficult&#233; et qu'il faut intervenir. Mais de quelle fa&#231;on ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de d&#233;pistage et de traitement est un concept m&#233;dical. Or les humains ne sont pas simplement des cellules. La simplicit&#233; de l'id&#233;e cache ici le simplisme du raisonnement. On ne &#171; r&#233;pare &#187; pas un humain comme on soigne une grippe, ni comme on r&#233;pare une voiture. Et on ne fait pas &#233;voluer un esprit en lui lan&#231;ant une simple injonction, voire une menace, ni en le &#171; retirant &#187; purement et simplement du &#171; milieu criminog&#232;ne &#187; dans lequel on pense qu'il vit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fait &#233;voluer un esprit lorsque l'on est capable d'entendre et de comprendre sa souffrance, de le respecter comme sujet &#8211; ce qui ne veut pas dire accepter ou cautionner ses transgressions, mais on ne d&#233;cr&#232;te pas la loi, on y &#233;duque en construisant un respect mutuel &#8211;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='Rappelons ici ces justes pr&#233;conisations du Comit&#233; national de liaison des (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de lui offrir des moyens d'analyser la signification de ses attitudes, de d&#233;passer ses contradictions, de sortir de ses &#233;checs, de trouver des perspectives pour se projeter dans l'avenir. Tout ceci prend du temps, ne se r&#232;gle pas du jour au lendemain, il faut souvent plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, l'accompagnement et l'&#233;ducation sont des savoir-faire particuliers ; ils supposent des professionnels de la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e qui d&#233;veloppent leur action en s'appuyant sur des r&#233;f&#233;rences d&#233;ontologiques sp&#233;cifiques (refus de discrimination, neutralit&#233;, secret professionnel, obligation de moyens, respect de la volont&#233; de la personne, autonomie vis-&#224;-vis de l'employeur), qui n'ont rien &#224; voir avec le renseignement policier. Vouloir soumettre les professionnels de l'action sociale et &#233;ducative &#224; une obligation de signalement (au policier, au juge ou au maire) de tout ce qu'il voit et entend chez les personnes dont il s'occupe est ainsi une id&#233;e malheureuse. C'est de surcro&#238;t une id&#233;e dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la situation actuellement tr&#232;s difficile des travailleurs sociaux, qui sont confront&#233;s comme tous les repr&#233;sentants des institutions &#224; la perte de confiance et de l&#233;gitimit&#233; de l'action publique, ce type d'obligation aboutirait rapidement &#224; ruiner l'ancrage et la cr&#233;dibilit&#233; qu'ils ont encore dans les quartiers pauvres les plus difficiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre le simplisme et le caract&#232;re r&#233;gressif des raisonnements qui s'emparent de plus en plus du d&#233;bat public, il faut enfin rappeler que les probl&#232;mes des personnes ne sont pas uniquement des probl&#232;mes personnels. S'ils se signalent en mati&#232;re de d&#233;linquance par ceux qu'ils posent aux autres, c'est pr&#233;cis&#233;ment parce qu'ils trouvent leur origine et parce qu'ils s'expriment dans la relation avec les autres. Ainsi, les travailleurs sociaux portent bien leur nom : ce sont des travailleurs du social, des travailleurs du lien social. L'action sociale et &#233;ducative a donc aussi pour mission de s'exercer sur des contextes, sur des familles, sur des groupes, sur des quartiers, en rencontrant aussi dans cette action tous les acteurs publics et associatifs qui veulent s'inscrire dans la m&#234;me d&#233;marche : refaire soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; national de liaison des associations de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e rappelait encore : &#171; Globalement, les jeunes que rencontrent les &#233;quipes de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e ont besoin d'&#233;ducation, d'attention, de confiance, d'&#233;coute, de s&#233;curit&#233;, d'amour, de cadre, de formation, d'un revenu d'activit&#233;, de reconnaissance sociale, de propositions s'inscrivant dans un v&#233;ritable projet de soci&#233;t&#233; fond&#233; sur la lutte contre l'exclusion, contre le racisme et la discrimination et sur la restauration du lien social, dans le cadre des valeurs de la R&#233;publique &#187;. Nous faisons &#224; nouveau n&#244;tres ces conclusions, et nous effor&#231;ons de les mettre en pratique avec toute l'&#233;quipe &#233;ducative.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Laurent Mucchielli est sociologue, chercheur au CNRS, enseignant &#224; l'universit&#233; Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, directeur du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions p&#233;nales (CESDIP) et pr&#233;sident de l'association des centres d'aides et de secours &#224; l'adolescence (ACASA), club de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e dans le XIXe arrondissement de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Michel Kokoreff est sociologue, ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'universit&#233; Paris 5, chercheur au Centre de recherche psychotropes, sant&#233; mentale, soci&#233;t&#233; (CESAMES) et vice-pr&#233;sident de l'association des centres d'aides et de secours &#224; l'adolescence (ACASA).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Michel Kokoreff, La force des quartiers. De la d&#233;linquance &#224; l'engagement politique, Paris, &#233;d. Payot, 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi le nombre d'allocataires du RMI-RMA a-t-il augment&#233; de 10 % en 2004 par rapport &#224; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente (DRESS-CNAF, Le nombre d'allocataires du RMI, &lt;a href=&#034;http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/er340.pdf&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&#201;tudes et r&#233;sultats, 2004, n&#176;340&lt;/a&gt;), et l'on sait que les jeunes de moins de 25 ans n'y ont pas acc&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dominique Duprez, M. Kokoreff, Le monde des drogues. Usages et trafics dans les milieux populaires, Paris, &#233;d. Odile Jacob, 2000. Dire cela n'est pas se voiler la face sur l'existence de trafics illicites plus organis&#233;s et lucratifs dont le quartier n'est pas la &#171; plaque tournante &#187; mais qui peuvent certainement y transiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions rel&#232;vent de la comp&#233;tence polici&#232;re. Il n'est pas souhaitable que les &#233;ducateurs de pr&#233;vention se soucient d'avoir une connaissance fine de ces d&#233;linquances organis&#233;es et de leurs acteurs sur lesquels l'action &#233;ducative ne peut gu&#232;re avoir prise&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Olivier Galland, Les jeunes, Paris, &#233;d. La D&#233;couverte, 6&#232;me &#233;d, 2002, (p. 5)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Castel, Les m&#233;tamorphoses de la question sociale, Paris, &#233;d. Fayard, 1995&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parmi les nombreuses r&#233;actions &#224; ce projet de loi et &#224; ce rapport, signalons celles que nous avons publi&#233;es dans le journal &#233;lectronique de notre &lt;a href=&#034;http://www.groupeclaris.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;groupe CLARIS&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, les lecteurs int&#233;ress&#233;s trouveront sur ce site de nombreuses contributions au d&#233;bat sur la pr&#233;vention, le travail social et l'action &#233;ducative.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rappelons ici ces justes pr&#233;conisations du Comit&#233; national de liaison des associations de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e : &#171; L'&#233;ducation &#224; la loi est pr&#233;f&#233;rable &#224; la notion de rappel &#224; la loi. (&#8230;) Instaurer la loi aupr&#232;s de jeunes marginalis&#233;s ou rebelles suppose la rencontre avec des adultes respectueux et cr&#233;dibles dans leurs attitudes ; cela commence souvent par l'instauration de r&#232;gles claires, fond&#233;es, discut&#233;es avec les jeunes et appliqu&#233;es avec justice par les adultes de confiance auxquels ils se r&#233;f&#232;rent. L'instauration de la loi n'est pas la restauration de l'ordre. La loi permet l'humanisation alors que l'ordre renvoie &#224; l'ob&#233;issance, au maintien d'une organisation. (&#8230;) Or, la demande sociale et politique s'exprime souvent aujourd'hui en termes de r&#233;sultats imm&#233;diats. L'&#233;valuation de la performance &#233;ducative porte moins sur les capacit&#233;s du jeune &#224; acqu&#233;rir son autonomie (affective, psychologique ou mat&#233;rielle) que sur celles &#224; adapter son comportement conform&#233;ment &#224; un mod&#232;le social pr&#233;d&#233;fini. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette propension r&#233;duit l'acte &#233;ducatif au simple r&#232;glement d'une crise, au d&#233;triment de ses causes et de ses effets sur la personnalit&#233; des jeunes &#187; (CNL. APS, Pour une Convention nationale de la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, Paris, &#233;d. L'Harmattan, 2002).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Combattre les exclusions</title>
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		<dc:subject>754</dc:subject>
		<dc:subject>Exclusion</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'exclusion n'est ni fatale, ni d&#233;finitive [&#8230;] la soci&#233;t&#233; peut faire plus et mieux pour la pr&#233;venir, la r&#233;duire, l'&#233;liminer &#187; (p.19). C'est sur cette proposition de principe que l'auteur, universitaire, &#233;conomiste et ancien pr&#233;sident du mouvement Habitat &amp; Humanisme nous propose une r&#233;flexion pleine de sensibilit&#233; et d'intelligence. Il commence par un constat roboratif port&#233; sur la mont&#233;e d'une culture st&#233;rile de protestation-r&#233;signation qui se contente de mettre en accusation la mondialisation ou (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-754-" rel="tag"&gt;754&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Exclusion" rel="tag"&gt;Exclusion&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L104xH150/arton639-8b9cb.jpg?1693464524' width='104' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'exclusion n'est ni fatale, ni d&#233;finitive [&#8230;] la soci&#233;t&#233; peut faire plus et mieux pour la pr&#233;venir, la r&#233;duire, l'&#233;liminer &#187; (p.19). C'est sur cette proposition de principe que l'auteur, universitaire, &#233;conomiste et ancien pr&#233;sident du mouvement Habitat &amp; Humanisme nous propose une r&#233;flexion pleine de sensibilit&#233; et d'intelligence. Il commence par un constat roboratif port&#233; sur la mont&#233;e d'une culture st&#233;rile de protestation-r&#233;signation qui se contente de mettre en accusation la mondialisation ou l'&#233;go&#239;sme des nantis. Cette attitude pr&#233;sente l'inconv&#233;nient de simplifier une soci&#233;t&#233; faite certes de replis sur soi, d'app&#233;tits de domination et de rejet de l'autre, mais aussi de capacit&#233;s de g&#233;n&#233;rosit&#233;, de solidarit&#233; et d'ouverture vers celui qui est diff&#233;rent. Et puis, la contemplation morose de la macrodimension de notre monde pousse &#224; se complaire dans des lamentations d&#233;mobilisatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'auteur pr&#233;conise, c'est au contraire des micro-engagements responsables, qui ne vont certes pas changer notre soci&#233;t&#233; &#224; la vitesse que nous souhaiterions, mais qui ont l'avantage d'engager des actions tous azimuts. Car la complexit&#233; du ph&#233;nom&#232;ne de l'exclusion rend irr&#233;aliste les explications et les solutions simplistes qui privil&#233;gient un facteur proche ou lointain, parmi tous ceux qui sont en jeu. Les causes proviennent d'une multitude de m&#233;canismes qui se cumulent et s'amplifient r&#233;ciproquement. Pour avoir quelques chances de r&#233;ussir, toute d&#233;marche, inspir&#233;e de la maxime &#171; penser global, agir local &#187; doit &#234;tre men&#233;e dans tous les domaines (&#233;conomie, culture, &#233;ducation, sant&#233;, urbanisme&#8230;), &#224; tous les niveaux (proximit&#233;, &#224; l'&#233;chelle des villes des d&#233;partements, du national&#8230;) et par tous les acteurs (habitants, &#233;lus, b&#233;n&#233;voles, professionnels&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abordant tour &#224; tour le logement, le politique, l'&#233;ducation, l'auteur &#233;voque aussi l'&#233;conomie qui, en perdant trop souvent sa finalit&#233; au service de l'homme, peut laisser penser qu'elle ne peut fonctionner que sur les ressorts de l'int&#233;r&#234;t personnel et des motivations &#233;go&#239;stes, de l'accumulation des savoirs et de la volont&#233; de pouvoir. Ce serait l&#224; confondre ce qui est avec ce qui doit &#234;tre. Et de citer l'&#233;conomie sociale et solidaire qui d&#233;ploie bien d'autres dimensions ou encore la fondation Agir contre l'exclusion qui regroupe 400 PME. &#171; La g&#233;n&#233;rosit&#233; comme l'&#233;go&#239;sme, l'ouverture comme l'enfermement, l'humble recherche de la v&#233;rit&#233; comme l'affirmation p&#233;remptoire de slogans sont fort &#233;quitablement r&#233;partis dans tous les milieux culturels, &#233;conomiques, sociaux ou politiques &#187; fait-il remarquer avec pertinence (p.53). Si chacun s'&#233;panouit en d&#233;veloppant ses comp&#233;tences individuelles, c'est en donnant et en recevant qu'il gagne en humanit&#233; : en assumant son insuffisance tout d'abord et en se risquant &#224; la confiance ensuite, l'un et l'autre permettant de chercher la compl&#233;mentarit&#233; de l'autre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Chronique Sociale, 2004, (167 p. ; 16 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Oser r&#233;ussir l'insertion</title>
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		<dc:subject>Insertion</dc:subject>

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&lt;p&gt;La succession des dispositifs et des lois d'insertion &#224; laquelle nous assistons depuis trente ans n'a r&#233;ussi &#224; enrayer ni le ch&#244;mage, ni la paup&#233;risation. Au point de s'interroger sur le but recherch&#233; : ne s'agirait-il pas finalement de g&#233;rer un volant de ch&#244;meurs r&#233;put&#233;s incompressibles, tel un caut&#232;re destin&#233; &#224; panser sans jamais soigner ? Pour les uns, les demandeurs d'emploi souffriraient d'un d&#233;ficit d'&#171; employabilit&#233; &#187;, leurs comp&#233;tences &#233;tant trop d&#233;cal&#233;es par rapport aux exigences des employeurs. Et (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La succession des dispositifs et des lois d'insertion &#224; laquelle nous assistons depuis trente ans n'a r&#233;ussi &#224; enrayer ni le ch&#244;mage, ni la paup&#233;risation. Au point de s'interroger sur le but recherch&#233; : ne s'agirait-il pas finalement de g&#233;rer un volant de ch&#244;meurs r&#233;put&#233;s incompressibles, tel un caut&#232;re destin&#233; &#224; panser sans jamais soigner ? Pour les uns, les demandeurs d'emploi souffriraient d'un d&#233;ficit d'&#171; employabilit&#233; &#187;, leurs comp&#233;tences &#233;tant trop d&#233;cal&#233;es par rapport aux exigences des employeurs. Et il est vrai que les t&#226;ches demand&#233;es aux salari&#233;s ont beaucoup chang&#233; en quelques ann&#233;es : il est de moins en moins possible de pr&#233;d&#233;terminer, de programmer et de prescrire, le travail se complexifiant et n&#233;cessitant l'adoption de nouveaux comportements (flexibilit&#233;, r&#233;activit&#233;, savoir-&#234;tre productif, gestion des al&#233;as, intercommunication&#8230;). Mais la politique de formation s'est av&#233;r&#233;e peu efficace. Pour les autres, c'est l'&#201;tat qui se montre incapable de mener les actions ad&#233;quates pour r&#233;sorber l'exclusion, comme si l'adoption d'un dispositif pouvait cr&#233;er magiquement de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'auteur, les uns comme les autres oublient l'essentiel : il est impossible de lutter efficacement contre le ch&#244;mage sans s'appuyer sur les savoirs et les v&#233;cus des personnes concern&#233;es. Mettant en &#339;uvre la m&#233;thodologie centr&#233;e sur la personne, elle rappelle que vouloir explorer les connaissances des exclus, c'est les consid&#233;rer comme les acteurs de leur changement et porteurs de leurs solutions. D&#232;s lors, travailler &#224; un parcours de r&#233;ussite passe par la valorisation de leurs exp&#233;riences positives et constructives et l'&#233;mergence de leurs comp&#233;tences. Ce qui appara&#238;t ici comme central, c'est bien la coconstruction de l'insertion avec le public concern&#233;. Pour atteindre cet objectif, trois conditions sont requises. Il faut tout d'abord changer de regard. Trop souvent les personnes victimes d'exclusion sont r&#233;duites &#224; leurs probl&#232;mes et &#224; leurs limites, au point d'en oublier les capacit&#233;s dont elles sont dot&#233;es : &#171; reconna&#238;tre la personne en face de soi comme porteuse d'un savoir inestimable quant &#224; ses possibilit&#233;s d'insertion, c'est aussi reconna&#238;tre les pr&#233;misses de la r&#233;ussite individuelle &#187; (p.87).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si le ressort individuel est essentiel, encore faut-il qu'il soit accueilli et stimul&#233; dans une atmosph&#232;re de bienveillance et de valorisation : les formidables atouts ancr&#233;s en chacun, l'&#233;nergie int&#233;rieure souvent contenue n&#233;cessitent d'&#234;tre mis en lumi&#232;re avec tact et d&#233;licatesse. Enfin, les intervenants en insertion doivent renoncer &#224; croire qu'ils sont les seuls autoris&#233;s &#224; conna&#238;tre ce qu'il convient de faire pour l'autre. &#171; Combien de d&#233;sirs professionnels ont &#233;t&#233; rejet&#233;s parce que n'entrant pas dans les normes de faisabilit&#233; entretenues par les professionnels charg&#233;s de les &#233;couter et de les accompagner &#187; (p.87-88). La question ne serait donc pas tant de multiplier les mesures et les dispositifs que de les rendre plus souples et adaptables pour qu'elles soient compatibles avec les projets de chacun.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. de l'Atelier, 2005, (187 p. ; 22 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le cin&#233;ma t&#233;moin ou acteur de l'action sociale</title>
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&lt;p&gt;Proposant un regard diff&#233;rent sur un quartier de banlieue en permanence stigmatis&#233;, L'Esquive rafle quatre C&#233;sars dont celui du meilleur film. &#192; Cannes, les derniers jours de Kurt Cobain sont &#233;voqu&#233;s (avec de puissantes images), la diversit&#233; cin&#233;matographique encourag&#233;e et l'importance du documentaire davantage reconnue. En parall&#232;le, des festivals m&#234;lent &#233;nergiquement cin&#233;ma et action sociale &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur l'&#233;cran, Bourvil, chapeaut&#233; de noir, p&#233;tri d'humanit&#233; et de force d'initiative, g&#232;re vaillamment sa petite (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Proposant un regard diff&#233;rent sur un quartier de banlieue en permanence stigmatis&#233;, L'Esquive rafle quatre C&#233;sars dont celui du meilleur film. &#192; Cannes, les derniers jours de Kurt Cobain sont &#233;voqu&#233;s (avec de puissantes images), la diversit&#233; cin&#233;matographique encourag&#233;e et l'importance du documentaire davantage reconnue. En parall&#232;le, des festivals m&#234;lent &#233;nergiquement cin&#233;ma et action sociale&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur l'&#233;cran, Bourvil, chapeaut&#233; de noir, p&#233;tri d'humanit&#233; et de force d'initiative, g&#232;re vaillamment sa petite entreprise, dans le lieu de vie qu'est devenue la scierie h&#233;rit&#233;e de son p&#232;re, avec l'aide de &#171; lib&#233;r&#233;s conditionnels &#187; (dont Lino Ventura), suivis par un &#233;ducateur en cravate et une administration tatillonne et rigide. Dans ce western vosgien solidement charpent&#233; (Les grandes gueules, Robert Enrico, 1965), &#224; peine dat&#233;, on trouve de belles bastons, du bel amour avec Marie Dubois (pr&#233;sente &#224; la projection), du solide b&#251;cheron en chemise &#224; carreaux et de la r&#233;insertion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes le 13 mai, &#224; la cl&#244;ture du festival du film d'action sociale, &#224; Montrouge, en banlieue parisienne. Depuis trois jours, s'y sont succ&#233;d&#233; des documentaires sur la prise en charge d'adolescentes en internat, la prise de parole publique dans une cit&#233;, la prostitution des jeunes, un projet artistique pour personnes &#226;g&#233;es, et tellement d'autres encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un concours avait &#233;t&#233; lanc&#233; pour un large &#233;ventail de cr&#233;ations : celles-ci pouvaient rev&#234;tir diff&#233;rents aspects &#8212; films d'animation, prise de parole d'usagers, fiction, t&#233;moignage, documentaire, jeu, outil de formation ou d'information, logiciel &#8212; et se pr&#233;senter sous forme de DVD, de CD-Rom ou de copies VHS. Quarante r&#233;alisations sont ainsi parvenues aux organisateurs du festival.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;lectionn&#233;es par un jury associant des professionnels de l'audiovisuel et de l'action sociale, quatre d'entre elles ont &#233;t&#233; distingu&#233;es : Sourds et musiciens (documentaire de Jean-Marc Descamps, 52 &#8216;) s'int&#233;resse &#224; un atelier musical pour enfants sourds et malentendants et se voit d&#233;cerner le premier prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me est attribu&#233; aux couleurs de notre d&#233;part (film de Fr&#233;d&#233;rique Arbouet, 18'), &#224; partir d'un spectacle r&#233;alis&#233; avec des adultes handicap&#233;s et des aides m&#233;dico-psychologiques, dont &#171; l'originalit&#233;, l'esth&#233;tique et la puissance p&#233;dagogique &#187; seront salu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me prix pour M&#233;content, pas contents, disent-ils (documentaire d'habitants d'une cit&#233;, 50') &#233;voquant la prise de parole de la population d'un quartier de Mons-en-Bar&#339;ul (Nord). &#192; adjoindre au palmar&#232;s, une &#171; mention sp&#233;ciale &#187; pour &#192; mon &#226;ge : Auguste (documentaire de Marine Place, 26') d&#233;crivant le projet artistique d'un homme de 85 ans. &#171; Faites renter la culture dans vos structures &#187;, conclut joliment un des jur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'importance de l'audiovisuel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'utilisation de l'audiovisuel dans le secteur socio-&#233;ducatif ne date pas d'aujourd'hui : vid&#233;o utilis&#233;e avec les adolescents par Stanislas Tomkiewicz et Jo Finder dans les ann&#233;es 70 ou dans les h&#244;pitaux psychiatriques (Charcot lui-m&#234;me se servait largement de photos), petits films de pr&#233;sentation des structures aux usagers, campagnes de pr&#233;vention, m&#233;moire du pass&#233;, r&#233;cits de vie enregistr&#233;s, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dans cette diversit&#233; de production, d'utilisation, il devient n&#233;cessaire d'effectuer un travail pour distinguer ce qui peut &#234;tre explicitement int&#233;gr&#233; &#224; une pratique professionnelle &#187;&lt;/i&gt;, se sont propos&#233;s en amont les initiateurs du festival du film d'action sociale. Cr&#233;&#233; en 1982 par le d&#233;partement Audiovisuel et multim&#233;dia de l'institut r&#233;gional de travail social de Lorraine, celui-ci, d'annuel, est devenu bisannuel. La manifestation a clairement pour objectif de &#171; promouvoir l'audiovisuel t&#233;moin ou acteur de l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e, et de permettre la diffusion des initiatives originales du monde du travail social &#187;. L'&#233;dition 2005 a vu na&#238;tre un nouveau partenariat avec l'IRTS francilien de Montrouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus ou moins confidentielles, d'autres initiatives existent aussi. L'une d'elles est en train de devenir institution : depuis quinze ans, l'Unit&#233; de formation de travailleurs sociaux (UFTS) de Clermont-Ferrand propose de belles Rencontres du film documentaire intitul&#233;es Traces de vie. Qu'elles soient sociales ou individuelles : &lt;i&gt;&#171; Le cin&#233;ma documentaire fait, de cet &#233;ph&#233;m&#232;re en train de se vivre, un v&#233;ritable patrimoine &#187;&lt;/i&gt;, estiment les organisateurs du festival, qui avaient, en 2003, prim&#233; La raison du plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prochain rendez-vous aura lieu du 21 au 27 novembre 2005, les &#339;uvres pouvant &#234;tre adress&#233;es au comit&#233; de s&#233;lection jusqu'en septembre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='UFTS Traces de vie - 113 rue Antoine Fabre - 63270 Vic-le-Comte. T&#233;l. 04 73 (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;UFTS Traces de vie - 113 rue Antoine Fabre - 63270 Vic-le-Comte. T&#233;l. 04 73 69 99 02. mail : &lt;a href=&#034;mailto:tdv-ufts@wanadoo.fr&#034; class='spip_mail'&gt;tdv-ufts@wanadoo.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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