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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>L'&#233;cole n'est pas faite pour les pauvres</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Une &#233;cole de classe &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre syst&#232;me &#233;ducatif est sans nul doute le meilleur au monde. Mais pour seulement la moiti&#233; des &#233;l&#232;ves : ceux issus des classes sociales les plus ais&#233;es. Certes, il y a 80&#8239;% de r&#233;ussite au BAC. Mais, si 90&#8239;% des enfants de cadres le d&#233;crochent, c'est le cas de seulement 40&#8239;% dans le milieu ouvrier. Effectivement, le nombre de sorties s&#232;ches sans dipl&#244;mes a baiss&#233; de 140 000&#8239;&#224; 90 000 depuis 2010. Mais les d&#233;crocheurs sont 5&#8239;% chez les premiers et 45&#8239;% chez les seconds. Si la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Ecole" rel="tag"&gt;&#201;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Psychose" rel="tag"&gt;Psychose&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1327-" rel="tag"&gt;1327&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton10558-8512d.jpg?1693673554' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#233;cole de classe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre syst&#232;me &#233;ducatif est sans nul doute le meilleur au monde. Mais pour seulement la moiti&#233; des &#233;l&#232;ves : ceux issus des classes sociales les plus ais&#233;es. Certes, il y a 80&#8239;% de r&#233;ussite au BAC. Mais, si 90&#8239;% des enfants de cadres le d&#233;crochent, c'est le cas de seulement 40&#8239;% dans le milieu ouvrier. Effectivement, le nombre de sorties s&#232;ches sans dipl&#244;mes a baiss&#233; de 140 000&#8239;&#224; 90 000 depuis 2010. Mais les d&#233;crocheurs sont 5&#8239;% chez les premiers et 45&#8239;% chez les seconds. Si la massification de l'&#233;cole est l'&#339;uvre de la droite gaullienne et giscardienne, les vingt ann&#233;es de pouvoir de la gauche n'ont pas compl&#233;t&#233; cette d&#233;mocratisation quantitative par un r&#233;tablissement de l'&#233;galit&#233; des droits. Face &#224; ces constats implacables, l'auteur formule des propositions concr&#232;tes. R&#233;&#233;quilibrer les budgets : notre pays d&#233;pense 10&#8239;% de budget en moins pour l'&#233;cole primaire que ses voisins et 30&#8239;% de plus pour ses lyc&#233;es. Et il consacre quarante-cinq fois plus dans le dispositif d'accompagnement apr&#232;s les cours des classes pr&#233;paratoires que pour l'&#233;ducation prioritaire. Le changement passe donc par donner plus &#224; ceux qui ont moins et non pas le contraire. Autre urgence, revaloriser les revenus des enseignants qui sont les moins pay&#233;s de toute l'OCDE : un professeur des &#233;coles percevait en 1982 2,3 fois le SMIC&#8230;, et 1,2, en 2021 ! Si, dans les comparaisons internationales, ils sont parmi les plus dipl&#244;m&#233;s, ils sont aussi ceux qui re&#231;oivent le moins de formation en p&#233;dagogie. Quant au s&#233;paratisme social et scolaire qui rel&#232;gue les &#233;l&#232;ves les plus en difficult&#233; dans des ghettos et les plus dou&#233;s dans des &#233;tablissements d'&#233;lite, il s'oppose &#224; une mixit&#233; qui aide les plus faibles sans mettre &#224; mal les plus ais&#233;s. Le choix est clair : comp&#233;tition et &#233;litisme ou solidarit&#233; et coop&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jacques Tr&#233;mintin&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. Le bord de l'eau, 2022, (150 p. &#8211; 14 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Refus scolaire anxieux</title>
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&lt;p&gt;Le refus de l'&#233;cole &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a d'abord le constat : cette pathologie invalidante en constante augmentation qui se manifeste sous forme de tristesse, de troubles du sommeil, d'attaques de panique, de pouss&#233;e suicidaire, d'hyper sensibilit&#233;, de peur du regard des autres&#8230; que l'on diagnostique sous la d&#233;signation de &#171; phobie scolaire &#187; ou &#171; refus scolaire anxieux &#187;. Il y a ensuite les &#233;v&#232;nements pr&#233;cipitants : un d&#233;m&#233;nagement, une maladie, une s&#233;paration des parents, le d&#233;c&#232;s d'un grand-parent, un conflit mineur (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1327-" rel="tag"&gt;1327&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L102xH150/arton10559-de584.jpg?1693673554' width='102' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le refus de l'&#233;cole&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord le constat : cette pathologie invalidante en constante augmentation qui se manifeste sous forme de tristesse, de troubles du sommeil, d'attaques de panique, de pouss&#233;e suicidaire, d'hyper sensibilit&#233;, de peur du regard des autres&#8230; que l'on diagnostique sous la d&#233;signation de &#171; phobie scolaire &#187; ou &#171; refus scolaire anxieux &#187;. Il y a ensuite les &#233;v&#232;nements pr&#233;cipitants : un d&#233;m&#233;nagement, une maladie, une s&#233;paration des parents, le d&#233;c&#232;s d'un grand-parent, un conflit mineur avec un autre &#233;l&#232;ve ou un enseignant. Encore, certaines des causes sous-jacentes potentielles : l'id&#233;ologie de la comp&#233;tence, de la r&#233;ussite &#224; tout prix, de l'&#233;valuation d&#233;cisive, du rapport &#224; la norme, des &#233;ch&#233;ances scolaires. Enfin, non un guide de bonnes pratiques &#224; adopter, mais des exemples de r&#233;ponses apport&#233;es qui &#233;pousent la sp&#233;cificit&#233; de chaque situation pr&#233;sent&#233;e. Voil&#224; un ouvrage qui, sans se montrer exhaustif, d&#233;crit la probl&#233;matique en partant de l'exp&#233;rience de terrain de deux professionnelles en prise directe avec ces publics. Plusieurs constantes &#233;mergent. Renoncer &#224; la culpabilisation tour &#224; tour de l'enfant, de sa famille ou des enseignants, pour &#224; l'inverse favoriser l'alliance th&#233;rapeutique et la confiance r&#233;ciproque, la synergie et la co-construction partenariale. Respecter le rythme et la temporalit&#233; de l'&#233;l&#232;ve bien diff&#233;rents de ceux de l'&#233;cole, des parents ou des soignants. Renoncer &#224; toute protocolisation automatique, chaque adolescent(e) se (re) construisant d'une mani&#232;re &#224; chaque fois singuli&#232;re. Relativiser les notions de r&#233;ussite scolaire, de progr&#232;s de la th&#233;rapie et d'effort individuel : le chemin sera simple pour les uns, compliqu&#233; pour les autres. Les quinze vignettes cliniques expos&#233;es ici viennent illustrer et concr&#233;tiser la complexit&#233; de l'accompagnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jacques Tr&#233;mintin&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. Chronique Sociale, 2021, (150 p. -14 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Tais-toi et &#233;coute &#187;...</title>
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		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Psychiatrie</dc:subject>
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&lt;p&gt;La parole constitue l'outil principal de l'&#233;ducateur. Pourtant, il existe des circonstances o&#249; son meilleur usage est d'y renoncer, le temps de laisser la place au silence. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour, entre deux bouff&#233;es de cigarette, tu m'as dit que le silence en psychiatrie &#231;a valait le plus grand des discours. &#192; l'&#233;poque, je ne comprenais pas tr&#232;s bien ce que tu entendais par l&#224; car, dans ma t&#234;te, mes repr&#233;sentations foisonnaient tant qu'elles me laissaient &#224; croire que le silence, c'&#233;tait le Rien. Le Vide. Le N&#233;ant. La (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Psychose" rel="tag"&gt;Psychose&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1259-" rel="tag"&gt;1259&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La parole constitue l'outil principal de l'&#233;ducateur. Pourtant, il existe des circonstances o&#249; son meilleur usage est d'y renoncer, le temps de laisser la place au silence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un jour, entre deux bouff&#233;es de cigarette, tu m'as dit que le silence en psychiatrie &#231;a valait le plus grand des discours. &#192; l'&#233;poque, je ne comprenais pas tr&#232;s bien ce que tu entendais par l&#224; car, dans ma t&#234;te, mes repr&#233;sentations foisonnaient tant qu'elles me laissaient &#224; croire que le silence, c'&#233;tait le Rien. Le Vide. Le N&#233;ant. La Mort m&#234;me, dans son impr&#233;gnation symbolique. La mort des id&#233;es. La mort de l'&#233;change, du partage. La mort du sens. Le silence, c'&#233;tait lorsque l'on n'avait rien &#224; se dire, lorsque l'on n'en avait rien &#224; faire. C'&#233;tait l'interstice d'une temporalit&#233; mise en suspend o&#249; plus rien ne se passe si ce n'est seul le Temps lui-m&#234;me, et o&#249; tout devenait g&#234;nant, parce que l'on n'y ma&#238;trisait plus grand-chose. Fort de mes &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, je tentais face &#224; ta souffrance de combler cette absence d'oralit&#233; par des phrases pr&#233;con&#231;ues qui, pour tout t'avouer, ne rassuraient r&#233;trospectivement que moi. C'est vrai quoi, qu'auraient fait ces autres, s'ils t'avaient entendu exprimer comme &#224; moi la violence de ton verbe, sali par le tranchant de ta propre existence : &lt;i&gt;&#171; Je n'en peux plus, je voudrais mourir ! &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; La vie n'a aucun sens, je voudrais qu'elle s'arr&#234;te ! &#187;&lt;/i&gt;, ou bien : &lt;i&gt;&#171; Regarde-moi, je patauge dans ma propre merde &#224; plus de soixante ans ! &#187;&lt;/i&gt; Mince, si je ne viens pas te dire qu'il y a encore de belles choses &#224; tisser en ce monde, si moi, l'&#233;ducateur bien pensant, je ne viens pas interdire par la candeur de mes mots tes injonctions mortif&#232;res, si je ne viens pas remplir ce Rien qui risque de succ&#233;der &#224; cet amoncellement de douleurs et d'angoisses, qui le fera, puisque la raison t'a si m&#233;chamment abandonn&#233; ? &lt;i&gt;&#171; Mais tais-toi, TAIS-TOI bon sang ! TAIS-TOI !!! &#187;&lt;/i&gt;, me r&#233;torquais-tu, tandis que je m'effor&#231;ais de croire que la seule r&#233;ponse &#224; donner &#224; ta peine &#233;tait une succession interminable de particules syntaxiques qui te renvoyait &#224; ton inexorable impossibilit&#233; d'y adh&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je continuais &#224; te ra&#173;con&#173;ter l'histoire d'une vie dont j'ignorais l'issue, et dont je ne pouvais que fantasmer la pour&#173;suite. &lt;i&gt;&#171; Mais tais-toi s'il te pla&#238;t, mais tais-toi&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, m'implorais-tu presque maintenant, priant pour que le silence me vienne, enfin. Quel myst&#232;re. Quel inconnu. Voil&#224; que tu &#233;tais l'exp&#233;diteur d'un message dont tu refusais tout destinataire. Quelle ambivalence, mais quel paradoxe ! Quelle folie ! L&#224;, assis dans la baignoire, recouvert de salive, d'urine et d'excr&#233;ments, tu me criais et d&#233;criais la violence avec laquelle tu vivais l'injustice de ta situation ; tu d&#233;peignais la r&#233;alit&#233; de l'instant avec un lexique des plus indigestes et dans la foul&#233;e, tu me demandais d'annuler mon souhait d'&#233;dulcorer ce dernier avec des mots plus arrondis, plus color&#233;s, moins fatals. Diable, dans quelle position me mettais-tu&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu &#224; peu, tu as doucement tent&#233; de m'apprendre que, parfois, l'instantan&#233;it&#233; du verbe est plus corrosive que cet apr&#232;s que l'on ne contr&#244;le jamais vraiment. &lt;i&gt;&#171; Tu sais en psychiatrie, les gens causent, &#231;a piaille, &#231;a jacte, vous &#234;tes dou&#233;s pour &#231;a. &#187;&lt;/i&gt; &#199;a, c'&#233;tait dans tes bons jours o&#249;, entre deux bouff&#233;es de cigarette, tu tentais sans t'en rendre compte de me donner les bons outils pour mieux accompagner ta propre parole. &lt;i&gt;&#171; Des fois, il n'y a rien &#224; dire, mais il y a tout &#224; faire. &#187; &#171; La vie, ce n'est pas du blabla, la vie, &#231;a ne se contr&#244;le pas. &#187;&lt;/i&gt; Oui mais bon sang, pouvais-je te laisser avec cette sensation d'in&#233;luctabilit&#233; si morbide, tandis que mon r&#244;le &#233;tait quand m&#234;me bien de te v&#233;hiculer du d&#233;sir de vivre, de projeter, de vouloir ? Toujours t&#234;tu, ind&#233;crottable &#233;ducateur, je notais tes propos sans en saisir le sens v&#233;ritable. Car oui il y a bien du silence en psychiatrie. Mais &#233;tait-ce vraiment celui dont tu me parlais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2281 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH629/screenshot_11-4-7dda4.png?1694651148' width='500' height='629' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure que le Temps a pass&#233;, tu as peu &#224; peu perdu tes moyens de disposer de la r&#233;alit&#233; telle que nous la percevions. Ce Temps, entit&#233; omnipr&#233;sente, omnisciente, a peu &#224; peu quitt&#233; ton champ de r&#233;f&#233;rence ; l'&#202;tre-l&#224;, lui, s'est fait n&#233;buleux et ta capacit&#233; &#224; te projeter dans un apr&#232;s s'est faite peu &#224; peu vaine, car, d&#232;s l'instant o&#249; le pr&#233;sent se m&#234;lait avec le nulle part ailleurs, l'avenir a peu &#224; peu cess&#233; de prendre sens chez toi. &lt;i&gt;&#171; J'en ai marre, je n'en peux plus de cette vie &#187;&lt;/i&gt;, me r&#233;p&#233;tais-tu encore. Et moi je restais l&#224;, &#233;bahi par l'injustice qui assaillait ta l&#233;gitimit&#233; &#224; vivre dignement. Et de temps en temps la r&#233;alit&#233; te rattrapait de plein fouet et me nouait la gorge : &lt;i&gt;&#171; J'ai soixante ans et je vis dans ma pisse, je dors, je bouffe. &#187; &#171; J'ai peur de l'hiver, je suis trop faible, je n'y arriverai pas. &#187;&lt;/i&gt; Voil&#224; que je me glissais doucement mais pas moins in&#233;vitablement dans ce drap silencieux, non pas r&#233;sign&#233;, mais &#224; court de mots. Et c'est &#224; ce moment qu'un tout nouveau langage s'est impos&#233; &#224; moi. On a tendance &#224; croire que c'est via la parole que vont se jouer les miracles de la relation &#233;ducative. Encore une fois, la parole rassure celui qui la prof&#232;re. Elle vient mat&#233;rialiser ce qu'il y a de parfois le plus inatteignable. En vain. &#192; tort. Je l'ignore. Pour autant, lorsque tu m'as &#233;tal&#233; ton trop-plein de ras-le-bol de cette vie qui t'a si souvent molest&#233;, c'est lorsque les mots m'ont fait d&#233;faut que tu m'as le plus souvent r&#233;pondu&#8230; &#192; ne point r&#233;pondre, je l&#233;gitimais d&#232;s lors ta souffrance, cet &#202;tre l&#224; si douloureux ; je ne le court-circuitais pas de palabres infinit&#233;simalement surfaits, non&#8230; Je l&#226;chais prise. Et si &#224; cet instant tu pensais fervemment que ta vie &#233;tait d&#233;gueulasse, alors soit. Que la vie soit d&#233;gueulasse. Qu'elle soit vile, douloureuse, injuste. Que la vie soit chienne, car, apr&#232;s tout, toi seul est le mieux plac&#233; pour m'en narrer la profondeur. Moi, je n'ai que la mienne comme point de r&#233;f&#233;rence, et comparer mon existence &#224; la tienne n'est pas synonyme d'empathie. L'empathie, c'est cette facult&#233; intuitive de se mettre &#224; la place d'autrui. Et si je veux me mettre &#224; ta place, je dois inexorablement abandonner mon champ de certitudes. Et face &#224; ta r&#233;alit&#233;, c'est vrai, sur le moment, il n'y a rien &#224; dire. Alors j'ai fini par ne plus rien dire&#8230; Et dans ce silence, auparavant si anxiog&#232;ne, pour moi surtout, se nichait alors un amoncellement de r&#233;ponses jusqu'alors insoup&#231;onn&#233;es. &lt;i&gt;&#171; J'en ai marre de la vie &#187; ; &#171; Je n'en peux plus de continuer comme &#231;a. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En silence, puis une main tendue, et c'est bient&#244;t l'&#233;paule qui se fait tutrice. Non, je ne dis plus rien en ce moment o&#249; tu n'es plus capable d'entendre ces longs sermons interminablement indigestes sur une vie que tu ne conna&#238;tras peut-&#234;tre jamais. Je te pr&#234;te ma main, mes bras, mes oreilles bien s&#251;r. Mais mes l&#232;vres, elles, restent scell&#233;es face &#224; ce que je ne peux concevoir. Et soudain, te voil&#224; r&#233;ceptif. Ma main rencontre la tienne sans heurt et sans rejet ; mon &#233;paule essuie tes larmes, ta salive, et tandis que nous nous trouvons tous deux dans cette salle de bains, toi immerg&#233; jusqu'au torse et moi par ta souffrance, j'&#233;touffe un &lt;i&gt;&#171; Je suis l&#224;, tu n'es pas seul &#187;&lt;/i&gt;. Puis je me tais. Je fais silence. Tu le fais aussi. Et c'est main dans la main que nos r&#233;ponses s'entrecroisent, enrubann&#233;es par la force de l'humilit&#233; du moment. J'accepte ton d&#233;sespoir et tu acceptes mon impuissance. De l&#224; na&#238;t l'absence de mots, si superficiels, car face &#224; une main tendue, une &#233;paule de pr&#234;t&#233;e et la possibilit&#233; de diff&#233;rer nos verbes, les mots et les phrases &#224; dire et &#224; parler prennent leur sens l&#224; o&#249; on ne les y attendait pas. Dans l'apr&#232;s. Car dans l'instant, rien ne compte plus que le silence. &lt;i&gt;&#171; Le silence a le poids des larmes &#187;&lt;/i&gt;, disait Louis Aragon&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pr&#233;alables &#224; toute clinique des psychoses</title>
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		<dc:subject>Psychose</dc:subject>
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&lt;p&gt;Discussion au long cours, mais au fil des mots, entre deux cliniciens des psychoses. Autant Jean Oury que son questionneur, Patrick Faugeras, savent de quoi ils parlent. Oury, cr&#233;ateur et fer de lance de la clinique de Laborde, a tant et tant &#224; raconter. Avec Oury, c'est de la pens&#233;e en marche, en train de se faire. On ne sait jamais o&#249; il va, mais on y va. On est bien loin des usines &#224; gaz mont&#233;es &#224; grands renforts d'&#233;chafaudages th&#233;oriques qui cachent la fa&#231;ade, tels qu'on en &#233;chafaude dans les (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Discussion au long cours, mais au fil des mots, entre deux cliniciens des psychoses. Autant Jean Oury que son questionneur, Patrick Faugeras, savent de quoi ils parlent. Oury, cr&#233;ateur et fer de lance de la clinique de Laborde, a tant et tant &#224; raconter. Avec Oury, c'est de la pens&#233;e en marche, en train de se faire. On ne sait jamais o&#249; il va, mais on y va. On est bien loin des usines &#224; gaz mont&#233;es &#224; grands renforts d'&#233;chafaudages th&#233;oriques qui cachent la fa&#231;ade, tels qu'on en &#233;chafaude dans les parlotes universitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici la pens&#233;e jaillit de la clinique, une clinique du quotidien o&#249; th&#233;orie et pratique ne cessent de se percuter. N'oublions jamais que la psychanalyse exige une pens&#233;e en mouvement, sans cesse renouvel&#233;e, &#224; hauteur de l'acte qui en amorce la lanc&#233;e. C'est cette exigence que Jean Oury, depuis des d&#233;cennies, porte &#224; bout de bras, &#224; partir d'une question structurale et topique, qu'il emprunte &#224; Fran&#231;ois Tosquelles, que j'ai souvent entendue dans sa bouche, et que nul ne saurait balayer d'un revers de manche : &#171; Qu'est-ce que je fous l&#224; ? &#187; C'est un titre repris d'ailleurs dans un ouvrage par un autre clinicien de Laborde, Marc Ledoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; comment s'avance le clinicien : d'abord il s'interroge sur sa propre pr&#233;sence aupr&#232;s du psychotique. &#201;videmment c'est une question radicale au point de ne pouvoir se refermer dans le confort d'une r&#233;ponse unique et bien huil&#233;e. Alors suivent d'autres questions : qu'est-ce que je lui veux &#224; cet autre qu'on dit &#171; fou &#187; ? Qu'est-ce que me fait &#233;prouver sa pr&#233;sence ? Puis surgit la question des entours : comment maintenir vivant un espace de rencontre, de soin, d'affectio societatis (volont&#233; de s'associer Ndlr), tel qu'il produise, pour tous, soignants et soign&#233;s, des effets d'apaisement, d'invention, de cr&#233;ation ? Comment mailler des dispositifs institutionnels qui favorisent la circulation des corps et des paroles ? Comment inventer des espaces d'accueil, des lieux o&#249; s'effectuent des greffes de dires ? Comment bricoler et soutenir dans une institution d&#233;vou&#233;e aux soins psychiques, des lieux o&#249; les patients peuvent, soulev&#233;s par le d&#233;lire, y trouver un point de chute ? O&#249; le d&#233;lire, parce qu'il est partag&#233; et trouve &#224; se d&#233;poser, fait que le patient lui se re-pose, il se repose sur un soignant, quelle que soit sa place dans l'&#233;tablissement de soin, pourvu qu'il trouve &#224; qui parler. Et enfin surgit la question p&#233;riph&#233;rique, qui englobe toutes les autres : quelles conditions politiques pour un accueil et un traitement humain des psychotiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De r&#233;centes d&#233;clarations fracassantes de responsables politiques, visant &#224; assimiler le psychotique &#224; un meurtrier en puissance, nous montrent que nous sommes bien loin d'&#234;tre sortis du r&#232;gne de la barbarie. Ainsi se pr&#233;sente la poup&#233;e russe : la clinique au centre, support&#233;e par l'institution et inscrite dans une perspective politique. Le tout est travers&#233; par une &#233;thique : EPIC, tel est le mot d'ordre (Ethique, Politique, Institutionnel, Clinique). La clinique n'est pas envisageable sans une pens&#233;e de l'institution et de la soci&#233;t&#233; des hommes, ni sans une repr&#233;sentation de ce qu'&#234;tre humain veut dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remercions une fois encore Jean Oury de d&#233;ployer &#224; ciel ouvert son atelier de clinicien et de nous en transmettre les lin&#233;aments. C'est un atelier de bricoleur : on y trouve des concepts issus de la psychanalyse o&#249; Freud et Lacan font bon m&#233;nage, mais aussi (comme dans le magnifique &#233;change avec Marie D&#233;puss&#233;, intitul&#233; &#192; quelle heure passe le train ?) des bribes d'histoire, des souvenirs, des morceaux de quotidien. On y croise des figures qui passent, des po&#232;tes tels que Antonin Artaud ou Maurice Blanchot, des philosophes tels que Heidegger et Maldiney, mais aussi les ombres errantes de patients. Cette communaut&#233; humaine (nef des fous ?) que constitue Laborde et que Patrick Faugeras, en homme averti, sait convoquer dans les rets de ses questions et relances, laisse entrevoir, &#224; travers la parole de Jean Oury, un espace de cr&#233;ation permanente. Une cr&#233;ation qui se fait &#224; plusieurs, patients et soignants. Une cr&#233;ation jamais achev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant ne mythifions pas, et sur ce point Oury veille au grain, tout dans la psychose n'est pas que luxe, calme et volupt&#233;. La souffrance est l&#224; qui r&#244;de avec son fin museau de loup. Les ma&#238;tres-mots que nous transmettent les psychotiques se fixent autour de : d&#233;membrement, &#233;clatement, morcellement, envahissement, effondrement et parfois fin du monde. Il est juste alors que lesdits soignants en prennent leur part, accueillent toute cette souffrance, humaine, trop humaine, et la m&#233;tabolisent, la transmutent, la m&#233;taphorisent. Bref &#224; chacun son travail. Soignants et soign&#233;s font leur boulot. C'est aussi sans doute ce qui, au-del&#224; du souci patent de la transmission, fait parler Oury.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accueil du psychotique et son traitement possible &#8211; le titre fait de l'&#339;il au texte fondateur de Jacques Lacan, D'une question pr&#233;liminaire &#224; tout traitement possible de la psychose, paru en 1966 dans les Ecrits - implique cette mise en mouvement des lieux, des temps, de la g&#233;ographie, et de &#8211; j'ose &#8211; la psychographie, l&#224; o&#249; les mouvements psychiques tracent et s'&#233;crivent. Ces aventuriers communautaires, ces psychonautes qui peuplent Laborde, inventent une mani&#232;re de vivre ensemble, dont on pourrait s'inspirer hors des lieux de soin, dans ces lieux devenus irrespirables des grands ensembles ou des quartiers pavillonnaires. En effet, ali&#233;nation mentale et ali&#233;nation sociale ont partie li&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du traitement qu'on leur doit &#8211; c'est la moindre des choses ! &#8211;, les psychotiques nous invitent &#224; penser et repenser sans cesse ce que signifie de vivre les uns avec et aupr&#232;s des autres. La psychose n'est finalement qu'une des modalit&#233;s de structuration de l'&#234;tre parlant et ne saurait en aucun cas relever d'une quelconque norme, patent&#233;e par l'OMS (Organisation mondiale de la sant&#233;), de sant&#233; mentale. &#171; Sans la reconnaissance de la valeur humaine de la folie, c'est l'homme m&#234;me qui dispara&#238;t. &#187; (Fran&#231;ois Tosquelles, plaque baptistaire du centre hospitalier sp&#233;cialis&#233;, &#224; Saint-Alban.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. &#233;r&#232;s, 2012 (280 p. ; 26 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Solstices, r&#233;cit d'une utopie r&#233;aliste</title>
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		<dc:subject>Psychose</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#171; Pas de soin sans parole libre, pas de parole libre sans d&#233;mocratie &#187; &#233;crivait le psychiatre Roger Gentis. Pendant une trentaine d'ann&#233;es, une structure nomm&#233;e Solstices, &#171; utopie r&#233;aliste &#187;, &#171; laboratoire pour l'autisme &#187; (dixit Jacques Hochmann, p&#233;dopsychiatre) a &#233;duqu&#233; et soign&#233;, avec des r&#233;ussites &#233;tonnantes, des enfants atteints de psychoses, d'autisme, de troubles du comportement, de carences graves. En 1975 en effet, &#224; l'initiative du psychanalyste Bernard Durey, une douzaine de couples d'accueil ont (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Pas de soin sans parole libre, pas de parole libre sans d&#233;mocratie &#187; &#233;crivait le psychiatre Roger Gentis. Pendant une trentaine d'ann&#233;es, une structure nomm&#233;e Solstices, &#171; utopie r&#233;aliste &#187;, &#171; laboratoire pour l'autisme &#187; (dixit Jacques Hochmann, p&#233;dopsychiatre) a &#233;duqu&#233; et soign&#233;, avec des r&#233;ussites &#233;tonnantes, des enfants atteints de psychoses, d'autisme, de troubles du comportement, de carences graves. En 1975 en effet, &#224; l'initiative du psychanalyste Bernard Durey, une douzaine de couples d'accueil ont install&#233; en Loz&#232;re un dispositif autog&#233;r&#233;, d&#233;mocratique (une personne, une voix), cog&#233;r&#233; avec les tutelles, le service accueillant rapidement 36 enfants &#224; temps complet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;mocratie, autogestion : on y &#233;lit le directeur pour deux ans. Bien avant la loi 2002-2, le projet d'&#233;tablissement est l'affaire des professionnels avant tout. Les d&#233;cisions se prennent par vote. Loin de la &#171; catastrophe institutionnelle &#187; et des &#171; garderies am&#233;lior&#233;es &#187; (dixit le fondateur), il s'agit bien l&#224; d'inventer un autre mod&#232;le, dans un d&#233;partement aust&#232;re, magnifique, choisi pour sa &#171; variation des saisons &#187; particuli&#232;rement marqu&#233;e. Les solstices sont d'ailleurs les deux moments de l'ann&#233;e o&#249; le soleil adopte ses positions les plus m&#233;ridionale et septentrionale, ce qui donne les jours le plus court et le plus long de l'ann&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Acte politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout n'a pas &#233;t&#233; simple d'embl&#233;e, et il fallut dissiper, les premi&#232;res ann&#233;es, de nombreuses craintes chez les villageois, rappelle l'ancien maire du Bleymard. Mais, souligne aussi la vice-pr&#233;sidente du conseil g&#233;n&#233;ral, &#171; cette fondation [fut] un acte &#233;minemment politique &#187;. Au d&#233;part, donc, douze couples, dont un membre au moins &#233;tait &#171; sp&#233;cialis&#233; &#187; (&#233;ducateur, psychologue&#8230;). Beaucoup d'enthousiasme, d'&#233;nergie, de passion &#233;ducative. C'est d'ailleurs l'&#233;poque o&#249; vont &#233;merger des lieux embl&#233;matiques : Bonneuil avec Maud Mannoni, l'&#233;cole de la Neuville avec Fran&#231;oise Dolto, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, le documentaire d&#233;crit avec soin comment la structure Solstices a pu &#233;duquer et soigner efficacement par la parole, la relation, la vie quotidienne &#8211; &#171; le soin ici passe par l'anodin &#187;, observe un des psychanalystes &#8211;, la pratique &#233;tant analys&#233;e comme il se doit, au sein des groupes d'accompagnement et de soutien. Dans ces hameaux perdus, froids et ensoleill&#233;s, au caract&#232;re tremp&#233;, ont v&#233;cu, dans plusieurs lieux d'accueil, des couples avec leurs propres enfants, des instituteurs sp&#233;cialis&#233;s, des aides familiales, des chauffeurs, secr&#233;taires, comptables, &#233;lus, qui ont permis de faire fonctionner cette singuli&#232;re exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s ne sont pas escamot&#233;es : les enfants des couples d'accueil se souviennent, par exemple, des frustrations et des souffrances que la prise en charge par leurs parents d'autres enfants perturb&#233;s a pu engendrer pour eux&#8230; Mais de belle mani&#232;re, ils estiment aussi que cette histoire aura, au final, &#171; cr&#233;&#233; chez eux la passion de la rencontre avec des gens diff&#233;rents &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'utopie et les carences&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les psychanalystes fondateurs pensent, eux, avoir r&#233;ussi &#224; &#171; permettre aux &#233;ducateurs et aux psychologues de supporter la souffrance de l'autre &#187;, en les rendant d'autant plus efficaces. Dans ce syst&#232;me o&#249; toute hi&#233;rarchie est abolie, on ne peut qu'inventer : ainsi, les &#171; cahiers-livres &#187; de Guillaume, instituteur sp&#233;cialis&#233;, auront favoris&#233; l'apprentissage de l'&#233;criture et de la lecture chez plus d'un enfant en tr&#232;s grande difficult&#233;. Des projets audacieux et ambitieux, n'ignorant pas la prise de risque, sont travaill&#233;s : en 1994, le projet Ulysse a fait partir pendant quatre mois huit jeunes et six adultes, dont un instituteur, sur les routes andalouses et portugaises, avant de revenir pour une supervision psychanalytique en France, puis de poursuivre l'aventure en Italie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;par&#233; en amont pendant un an, ce voyage a, de l'avis des encadrants, &#171; fait m&#251;rir &#187; consid&#233;rablement des enfants lourdement carenc&#233;s. Appliqu&#233; au quotidien, le principe m&#234;me de la psychoth&#233;rapie institutionnelle entend bien que l'enfant recouvre une parole libre, dans un contexte o&#249; l'institution reste elle-m&#234;me capable de r&#233;fl&#233;chir &#224; sa propre transformation. La clinique de La Borde, &#224; Cour-Cheverny (Loir-et-Cher), fond&#233;e en 1953 par Jean Oury, en a &#233;t&#233;, en est, un vivant exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Pierre et Daisy, couple d'accueil fondateur, expliquent leur &#171; engagement &#187;, articul&#233; &#224; &#171; cette r&#233;flexion de fond sur les besoins d'un enfant carenc&#233; &#187; ; Dominique et Jean-Claude, autre couple, soulignent le c&#244;t&#233; subversif, la libert&#233; d'action, entrem&#234;l&#233;s avec la synergie du travail de groupe : &#171; Artisans de notre propre travail, alors qu'on sortait d'institutions ferm&#233;es&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec leur force cr&#233;atrice, les courants critiques des ann&#233;es 1960 &#8211; 70 (psychiatrie alternative, psychoth&#233;rapie institutionnelle, courants psychanalytiques, Deligny &#224; Monoblet&#8230;) ont donc largement nourri le g&#233;nie solsticien. Le documentaire donne &#224; voir les t&#233;moignages des anciens jeunes accueillis, des &#233;ducateurs et soignants, des fondateurs, des habitants, des parents. Il en ressort une vraie r&#233;flexion, une intelligence pure, une pratique convaincante.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Victime du formatage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; partir de 1995, quelques ph&#233;nom&#232;nes de d&#233;stabilisation vont appara&#238;tre, qui se transformeront peu &#224; peu en crise : &#171; Comment r&#233;pondre au rouleau compresseur de l'ultra-capitalisme quand il l&#233;gif&#232;re toujours plus d'enfermement et d'exclusion, quand il invente la Nuit s&#233;curitaire, quand la chimioth&#233;rapie des labos et une certaine psychiatrie se partagent le march&#233; ? &#187;, interroge directement le r&#233;alisateur, dont un neveu v&#233;cut cinq ans &#224; Solstices. De fait, dans une &#171; d&#233;stabilisation organis&#233;e &#187; (dixit un directeur &#233;lu), entre probl&#232;mes d'agr&#233;ment et de prix de journ&#233;e, l'institution va parvenir jusqu'&#224; la panne de direction. En 1998, apr&#232;s un audit, les premiers directeurs ext&#233;rieurs non &#233;lus sont embauch&#233;s, le conseil d'administration nomme un administrateur &#171; provisoire &#187; &#8211; qui restera cinq ans &#8211;, la hi&#233;rarchie se r&#233;installe aux d&#233;pens des familles, le nombre des enfants accueillis chute de 36 &#224; 24&#8230; Mais surtout, &#171; la flamme politique s'est amenuis&#233;e &#187;, d&#233;plore Monique, une m&#232;re d'accueil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, une exp&#233;rience politique et sociale passionnante, r&#233;humanisante, utopique et efficace. Dans la lign&#233;e directe et illustre des Jean Oury, Fernand Deligny, Maud Mannoni et de tant d'autres, cette exp&#233;rience puissante, autogestionnaire, cr&#233;atrice, aux &#233;tonnants r&#233;sultats, est &#244; combien &#233;clairante vis-&#224;-vis des enjeux d'aujourd'hui. Elle aura malheureusement succomb&#233;, probablement victime d'un paysage bien plus format&#233;, manag&#233;rial, pr&#233;cautionneux, qu'il y a quelques d&#233;cennies. M&#234;me apr&#232;s sa disparition, rencontrons Solstices.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Un documentaire de 80 minutes. Avec 2 heures de bonus soit un total de 3h 20, dont un dossier Autogestion et une interview du Professeur J. Hochmann.&lt;br class='manualbr' /&gt;Prix 2010 Roger Camar au festival international Cin&#233; vid&#233;o psy de Lorquin.&lt;br class='manualbr' /&gt;En vente sur &lt;a href=&#034;http://www.lamare.org&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;http://www.lamare.org&lt;/a&gt; - 20 &#8364; pour les particuliers, 60 &#8364; pour les projections non payantes des institutions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Vivre et dire sa psychose</title>
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		<dc:subject>Psychose</dc:subject>
		<dc:subject>873</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;quipe de l'association de sant&#233; mentale du XIIIe arrondissement de Paris apporte, &#224; travers cet ouvrage dense, des &#233;l&#233;ments d'&#171; &#233;tude des repr&#233;sentations que se font les patients de leur maladie et des moyens qu'ils mettent en &#339;uvre pour vivre avec leurs troubles. &#187; La subjectivit&#233; de la personne &#233;claire alors le personnel soignant qui se situe dans une approche psychodynamique des soign&#233;s et de leur maladie. Cette &#233;tude s'est appuy&#233;e sur une contribution pluridisciplinaire : psychiatre, anthropologue, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton2277-302fc.jpg?1694073074' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;quipe de l'association de sant&#233; mentale du XIIIe arrondissement de Paris apporte, &#224; travers cet ouvrage dense, des &#233;l&#233;ments d'&#171; &#233;tude des repr&#233;sentations que se font les patients de leur maladie et des moyens qu'ils mettent en &#339;uvre pour vivre avec leurs troubles. &#187; La subjectivit&#233; de la personne &#233;claire alors le personnel soignant qui se situe dans une approche psychodynamique des soign&#233;s et de leur maladie. Cette &#233;tude s'est appuy&#233;e sur une contribution pluridisciplinaire : psychiatre, anthropologue, sociologue, psychologue. C'est le champ de la psychose qui est retenu pour l'&#233;tude comme &#233;tant le plus porteur de malentendus entre soignants et soign&#233;s, et plus particuli&#232;rement la schizophr&#233;nie. Le l&#233;gislateur depuis 2002 a instaur&#233; le droit &#224; l'information du malade, droit qui se heurte parfois aux capacit&#233;s de compr&#233;hension tant le discours m&#233;dical est souvent savant et inaccessible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretiens de patients, histoires personnelles, r&#233;cits, cette enqu&#234;te, premi&#232;re du genre en France, prouve qu'il est possible de s'appuyer sur la parole de patients psychotiques. Le principe r&#233;side peut-&#234;tre dans le fait de moins s'attacher &#224; l'observation et &#224; privil&#233;gier l'exp&#233;rience des personnes dans leur vie quotidienne, leur capacit&#233; &#224; int&#233;grer leur pathologie et leur souffrance dans ce quotidien. La gravit&#233; de la maladie, les traitements, l'intervention des professionnels sont ici d&#233;crits et illustr&#233;s syst&#233;matiquement de t&#233;moignages qui donnent une dimension concr&#232;te et permettent de comprendre ais&#233;ment le propos et l'analyse. La retranscription in extenso des entretiens en fin d'ouvrage compl&#232;te de mani&#232;re explicite la d&#233;marche de cette &#233;quipe de sp&#233;cialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ouvrage d'une grande intensit&#233;, &#224; lire par tous ceux qui s'int&#233;ressent &#224; la question de la pathologie mentale, mais qui en allant au-del&#224; de la r&#233;flexion engag&#233;e sur le rapport professionnel-usager peut concerner l'ensemble des travailleurs sociaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. &#233;r&#232;s, 2007 (288 p. ; 15 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Rencontre avec Salomon Resnik. Culture, fantasme et folie</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Rencontre-avec-Salomon-Resnik-Culture-fantasme-et-folie</link>
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		<dc:date>2006-06-21T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Psychose</dc:subject>
		<dc:subject>802</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quiconque int&#233;ress&#233; par la relation th&#233;rapeutique aupr&#232;s d'enfants ou d'adultes autistes ou psychotiques doit pouvoir se pencher sur cet ouvrage court mais dense dans son contenu. Pierre Delion, psychiatre et auteur, nous fait partager son int&#233;r&#234;t voire sa fascination pour Salomon Resnik, psychanalyste et psychiatre. Afin de mieux nous faire comprendre qui est Salomon Resnik, il nous livre dans les premi&#232;res pages un entretien de forme tr&#232;s conventionnelle avec questions/r&#233;ponses. Ne serait-ce que (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L91xH150/arton1321-e5321.jpg?1693547981' width='91' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quiconque int&#233;ress&#233; par la relation th&#233;rapeutique aupr&#232;s d'enfants ou d'adultes autistes ou psychotiques doit pouvoir se pencher sur cet ouvrage court mais dense dans son contenu. Pierre Delion, psychiatre et auteur, nous fait partager son int&#233;r&#234;t voire sa fascination pour Salomon Resnik, psychanalyste et psychiatre. Afin de mieux nous faire comprendre qui est Salomon Resnik, il nous livre dans les premi&#232;res pages un entretien de forme tr&#232;s conventionnelle avec questions/r&#233;ponses. Ne serait-ce que par le &#171; Cher Salomon &#187; du d&#233;but, puis par le tutoiement employ&#233;, le lecteur est directement impliqu&#233; dans cet &#233;change, cette relation privil&#233;gi&#233;e au travers du premier chapitre intitul&#233; &#171; entretien &#187; mais dont le sous-titre est : &#171; Des rencontres multiculturelles au travail clinique transcendant les &#233;coles analytiques : itin&#233;raire d'un psychanalyste atypique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas ici d'un ouvrage critique mais d'un expos&#233; tr&#232;s clair du cursus de formation de Salomon Resnik, &#224; partir de ses &#233;tudes m&#233;dicales puis de son &#233;volution vers la psychanalyse en passant par son int&#233;r&#234;t pour la philosophie et la po&#233;sie. Sont abord&#233;es &#233;galement ses origines russes, son p&#232;re musicien, ses liens avec l'Argentine&#8230; &#171; Salomon Resnik, parcourant &#224; grands pas le monde de la folie, passant de l'hypocondrie &#224; la catatonie, de la possession d&#233;moniaque au transitivisme, de l'autisme &#224; la crise psychotique, de l'onirisme au monde du schizophr&#232;ne, nous montre, par les r&#233;cits de psychanalyses qu'il a conduites jusque dans ces contr&#233;es difficiles, la puissance et la f&#233;condit&#233; de sa pens&#233;e &#187; Cette premi&#232;re partie de l'ouvrage permet de comprendre la personnalit&#233; de Salomon Resnik, c'est pourquoi il est plus ais&#233; ensuite d'aborder les deux chapitres suivants qui proposent &#171; Deux textes in&#233;dits &#187; puis la derni&#232;re partie consacr&#233;e &#224; &#171; Trois ouvrages fondamentaux pour comprendre la pens&#233;e de Salomon Resnik &#187; r&#233;sum&#233;s et comment&#233;s par Pierre Delion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage s'efforce &#224; la fois de faire comprendre qui est Salomon Resnik en tant qu'individu et en tant que psychanalyste, dans une sorte de va-et-vient entre &#233;l&#233;ments de la vie personnelle et de la vie professionnelle, id&#233;e force de sa pens&#233;e, y compris dans la prise en charge des personnes psychotiques par les &#233;quipes de soignants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. &#233;r&#232;s, 2005 (144 p. ; 13 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les activit&#233;s propos&#233;es aux enfants ont toutes une vis&#233;e th&#233;rapeutique</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Les-activites-proposees-aux-enfants-ont-toutes-une-visee-therapeutique</link>
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		<dc:date>2004-09-08T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>720</dc:subject>
		<dc:subject>Psychose</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'h&#244;pital de jour Le Pradon de Sainte Genevi&#232;ve des Bois (91) fait partie du service de psychiatrie infanto-juv&#233;nile du secteur nord de l'Essonne. Il accueille des enfants et adolescents psychotiques dans deux unit&#233;s s&#233;par&#233;es. Chaque enfant b&#233;n&#233;ficie d'un programme d'activit&#233;s individualis&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Une ancienne &#233;cole dans une rue calme de Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (Essonne). L'h&#244;pital de jour Le Pradon y accueille depuis 25 ans des enfants et des adolescents psychotiques. En 2001, l'h&#244;pital qui recevait jusque-l&#224; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'h&#244;pital de jour Le Pradon de Sainte Genevi&#232;ve des Bois (91) fait partie du service de psychiatrie infanto-juv&#233;nile du secteur nord de l'Essonne. Il accueille des enfants et adolescents psychotiques dans deux unit&#233;s s&#233;par&#233;es. Chaque enfant b&#233;n&#233;ficie d'un programme d'activit&#233;s individualis&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une ancienne &#233;cole dans une rue calme de Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois (Essonne). L'h&#244;pital de jour Le Pradon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='H&#244;pital de jour Le Pradon - 6, rue du Vieux Perray - 91700 Sainte-Genevi&#232;ve-des-B' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; y accueille depuis 25 ans des enfants et des adolescents psychotiques. En 2001, l'h&#244;pital qui recevait jusque-l&#224; les enfants tous &#226;ges confondus a cr&#233;&#233; deux unit&#233;s distinctes, l'unit&#233; des petits (5 - 11 ans) et celle des grands (11 - 15 ans). Il accueille 25 enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une quinzaine d'ann&#233;es, les enfants ne passent plus comme avant la journ&#233;e enti&#232;re &#224; l'h&#244;pital de jour. Ils restent dans leur milieu familial et l'h&#244;pital privil&#233;gie les activit&#233;s s&#233;quentielles. La plupart des enfants sont orient&#233;s au Pradon par le CMP (centre m&#233;dico-psychologique) qui, apr&#232;s tout un travail de pr&#233;paration effectu&#233; aupr&#232;s de la famille, d&#233;cide du mode de prise en charge de l'enfant. L'h&#244;pital de jour peut &#234;tre l'un de ces lieux. L'enfant peut b&#233;n&#233;ficier parall&#232;lement d'autres lieux d'accueil, comme l'accueil familial th&#233;rapeutique. Au Pradon, l'enfant suit le programme que l'&#233;quipe a con&#231;u pour lui en lien avec ses parents et les autres lieux d'activit&#233;s (&#233;coles, centres de loisirs&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des enfants qui pr&#233;sentent de lourdes pathologies&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'h&#244;pital de jour propose diff&#233;rentes activit&#233;s et sorties aux enfants. Certains peuvent suivre une classe du Pradon avec des enseignants sp&#233;cialis&#233;s d&#233;tach&#233;s par l'&#233;ducation nationale. D'autres sont accueillis &#224; l'&#233;cole en milieu ordinaire et suivent des activit&#233;s &#224; l'h&#244;pital de jour. &#171; Fran&#231;oise Deroose qui dirige l'&#233;cole maternelle du Pradon est &#233;galement en charge de l'int&#233;gration scolaire de tous les enfants du secteur. Nous montons en partenariat avec elle les projets scolaires de chaque enfant &#187;, appr&#233;cie Anne-Marie Owikoti, cadre sup&#233;rieur de sant&#233; et responsable de l'&#233;quipe des soignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les activit&#233;s propos&#233;es aux enfants sont assur&#233;es par les soignants et ont toutes une vis&#233;e th&#233;rapeutique. La gymnastique est un temps d'observation de l'activit&#233; physique. L'atelier repas permet de pr&#233;parer des plats, de les manger et parfois de se r&#233;concilier avec la nourriture. La sortie poney permet de se balader mais aussi de soigner l'animal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les sorties &#171; aventures &#187;, l'enfant explore l'ext&#233;rieur, marche dans la for&#234;t, sur la route, sous la pluie, le vent, affine ses perceptions&#8230;&lt;i&gt; &#171; A la diff&#233;rence d'une approche &#233;ducative, notre r&#244;le consiste &#224; faire d&#233;couvrir le monde &#224; l'enfant mais aussi &#224; comprendre ce qu'activit&#233;s et sorties r&#233;v&#232;lent de ses fantasmes &#187;,&lt;/i&gt; explique Alain Biron, m&#233;decin chef, psychiatre et psychanalyste. Et de citer l'exemple de ce petit gar&#231;on qui lors d'une sortie en for&#234;t, contrairement aux autres enfants, marchait derri&#232;re les soignants. Il avait peur que la for&#234;t soit peupl&#233;e de monstres et les soignants formaient une barri&#232;re de protection stable et solide. &lt;i&gt;&#171; En r&#233;union de synth&#232;se, chaque intervenant fait part de ce qu'il a observ&#233; dans les activit&#233;s et les sorties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est mis en commun et analys&#233;,&lt;/i&gt; explique Alain Biron. &lt;i&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent la th&#233;orie analytique a &#233;t&#233; le noyau de l'approche des enfants psychotiques. Si en IME (institut m&#233;dico-&#233;ducatif) l'approche &#233;ducative a beaucoup plus de place que dans un h&#244;pital de jour, elle est souvent inspir&#233;e de la th&#233;orie analytique, o&#249; rien dans la relation n'est jamais pris au premier degr&#233; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Pradon, chaque soignant est invit&#233; &#224; compl&#233;ter sa formation initiale pour mieux saisir l'approche th&#233;rapeutique. L'&#233;quipe pluridisciplinaire est constitu&#233;e d'infirmiers, d'un psychologue, d'un &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, d'une orthophoniste, d'un psychomotricien, de psychiatres, d'une secr&#233;taire. Deux assistantes sociales du secteur y interviennent ponctuellement. &lt;i&gt;&#171; Nous aimerions &#233;toffer l'&#233;quipe de soignants &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise le m&#233;decin chef &lt;i&gt;&#171; actuellement huit personnes &#224; temps partiel seulement la constitue &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'embauche de personnel d&#233;pend de l'h&#244;pital public de sant&#233; Barth&#233;lemy-Durand, dont Le Pradon fait partie. La psychiatrie publique est organis&#233;e en secteurs (adultes et enfants), le secteur infanto-juv&#233;nile du secteur I 02 (nord de l'Essonne) est constitu&#233; de 11 unit&#233;s, dont l'h&#244;pital de jour.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une &#233;quipe pluridisciplinaire et compl&#233;mentaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans cette &#233;quipe pluridisciplinaire chaque soignant &#224; une approche diff&#233;rente du corps. &#171; &lt;i&gt; L'infirmier a par exemple une connaissance du corps sain, du corps malade, de la mobilit&#233;, de la motricit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, illustre Anne-Marie Owikoti. &lt;i&gt;&#171; Ce qui est int&#233;ressant est de faire jouer les r&#233;sonances entre les diff&#233;rents professionnels &#187;&lt;/i&gt;, ajoute Alain Biron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant tous deux regrettent la disparition de la formation d'infirmier psychiatrique depuis 10 ans. &lt;i&gt;&#171; Avant, un infirmier psychiatrique b&#233;n&#233;ficiait d'une formation th&#233;orique et pratique gr&#226;ce &#224; ses stages. La proportion de l'enseignement psychanalytique &#233;tait importante. Aujourd'hui, les infirmiers d'&#201;tat ne suivent que trois stages en psychiatrie durant leur cursus de formation &#187;&lt;/i&gt;, regrette Alain Biron. &lt;i&gt;&#171; Cela pose un probl&#232;me en service infanto-juv&#233;nile car les infirmiers arrivent avec une formation g&#233;n&#233;raliste sans culture en psychiatrie. Ils ne se sont pas frott&#233;s &#224; la r&#233;alit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, ajoute Anne-Marie Owikoti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tablissement public de sant&#233; Barth&#233;l&#233;my-Durand a mis en place depuis plusieurs ann&#233;es des modules de formation continue pour son personnel, afin de le former &#224; la sp&#233;cificit&#233; des soins en psychiatrie. D'autres professionnels &#8211; comme les &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s &#8212; re&#231;oivent pendant leurs &#233;tudes un programme int&#233;grant la relation d'aide proche de l'orientation psychiatrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#244;pital de jour Le Pradon a souhait&#233; accueillir des artistes en son sein et leur confier des activit&#233;s. Il a fait appel &#224; l'association Totems et Tambours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Totems et Tambours - 13, rue Joliot-Curie - 91600 Savigny-sur-Orge. Tel. 01 (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cr&#233;&#233;e en 1993 par des professionnels de p&#233;dopsychiatrie de l'h&#244;pital Barth&#233;l&#233;my-Durand pour ouvrir le champ de la culture et de l'art aux enfants et adolescents autistes et psychotiques suivis dans les institutions du nord du d&#233;partement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au groupe des grands, l'association propose un atelier de percussions africaines anim&#233; par le musicien Anthony Sauveur. Un travail sur le rythme qui accompagne la lecture de contes et la mise en sc&#232;ne de marionnettes. Les plus petits font de la danse, ils travaillent le lien entre corps et esprit, la relaxation, le positionnement et le d&#233;placement du corps dans l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petits et grands enfin peuvent participer &#224; un l'atelier d'arts plastiques anim&#233; par le plasticien Jean-Fran&#231;ois Donati. De la peinture sur papier, &#224; la trace &#224; la craie sur le sol, en passant par le moulage d'empreintes de pattes d'animaux dans les bois, cet artiste travaille sur tous les supports et tous les sujets abord&#233;s par les enfants. &lt;i&gt;&#171; Les artistes apportent autre chose. L'art transforme un certain nombre de probl&#233;matiques psychiques, leur donne des formes partageables avec autrui alors que les sympt&#244;mes sont expos&#233;s aux autres mais pas partag&#233;s,&lt;/i&gt; explique Alain Biron.&lt;i&gt; Il nous semble important de confronter les enfants &#224; cette diff&#233;rence. Les soignants abordent les choses autrement que les artistes et notre id&#233;e est de juxtaposer les deux approches dans une activit&#233; artistique. L'artiste propose son art en pr&#233;sence des soignants. On ne m&#233;lange pas les arts et le soin mais en les juxtaposant, on trouve des choses &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#244;pital de jour Le Pradon d&#233;m&#233;nage bient&#244;t. &lt;i&gt;&#171; Chaque unit&#233; partira dans un lieu diff&#233;rent pour que petits et grands puissent b&#233;n&#233;ficier d'une &#233;quipe encore plus &#224; leur &#233;coute &#187;&lt;/i&gt;, se f&#233;licite Anne-Marie Owikoti. &lt;i&gt;&#171; Le travail avec les enfants psychotiques est en perp&#233;tuelle &#233;volution &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H&#244;pital de jour Le Pradon - 6, rue du Vieux Perray - 91700 Sainte-Genevi&#232;ve-des-Bois. Tel. 01 60 15 00 64&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Totems et Tambours - 13, rue Joliot-Curie - 91600 Savigny-sur-Orge. Tel. 01 69 12 37 02. Contact. Anne-Marguerite Monory&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A l'IME, tout le travail est soutenu par l'activit&#233; &#233;ducative</title>
		<link>https://www.lien-social.com/A-l-IME-tout-le-travail-est-soutenu-par-l-activite-educative</link>
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		<dc:date>2004-09-08T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>720</dc:subject>
		<dc:subject>Psychose</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Paris, l'Institut m&#233;dico &#233;ducatif Alternance accueille 15 jeunes autistes et psychotiques pr&#233;sentant des troubles importants du comportement. Dans cette structure, trois semaines d'externat alternent avec une semaine d'internat. Les &#233;ducateurs sont au nombre de 10 pour 15 jeunes. &#171; Cela peut para&#238;tre &#233;norme mais quand c'est le chaos, c'est peu &#187; pr&#233;cise la directrice &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Capri, c'est fini. Et dire que c'&#233;tait la ville de mon premier amour&#8230; &#187;, chante l'animateur de l'atelier musique entour&#233; d'adolescents (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Psychose" rel="tag"&gt;Psychose&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_701 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/IMG/jpg/jiho.jpg' width=&#034;550&#034; height=&#034;427&#034; alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Paris, l'Institut m&#233;dico &#233;ducatif Alternance accueille 15 jeunes autistes et psychotiques pr&#233;sentant des troubles importants du comportement. Dans cette structure, trois semaines d'externat alternent avec une semaine d'internat. Les &#233;ducateurs sont au nombre de 10 pour 15 jeunes. &#171; Cela peut para&#238;tre &#233;norme mais quand c'est le chaos, c'est peu &#187; pr&#233;cise la directrice&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Capri, c'est fini. Et dire que c'&#233;tait la ville de mon premier amour&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, chante l'animateur de l'atelier musique entour&#233; d'adolescents assis ou allong&#233;s autour de lui. Ambiance tranquille aujourd'hui dans cet institut m&#233;dico-&#233;ducatif parisien qui accueille quinze jeunes autistes et psychotiques de 14 &#224; 20 ans, que des troubles s&#233;v&#232;res du comportement ont exclus d'autres structures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IME&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='IME Alternance - 10, rue de Thionville - 75019 Paris. Tel. 01 40 40 95 (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; il y a sept ans sur l'initiative de Catherine Allier. Ancienne &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e, elle a longtemps travaill&#233; avec des enfants autistes et psychotiques et elle a constat&#233; am&#232;rement qu'&#224; partir de 14 ans, par manque de place dans les &#233;tablissements ordinaires, les jeunes &#233;taient orient&#233;s vers la Belgique ou retournaient chez eux, ce qui constituait une situation d'&#233;chec tant pour les &#233;quipes que pour le jeune et sa famille. Elle a alors imagin&#233; une structure alternative pour y accueillir des adolescents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, l'IME re&#231;oit des jeunes en externat pendant deux semaines et en internat durant une semaine compl&#232;te, par groupe de cinq. &lt;i&gt;&#171; Nous travaillons la s&#233;paration/distanciation avec le milieu familial &#187;&lt;/i&gt;, explique Corinne Ben Samoun, la directrice. &lt;i&gt;&#171; Tous les adolescents se s&#233;parent de leurs parents en partant en camps de vacances, en sortant avec leurs copains d'&#233;cole et se fortifient pour un jour quitter leur famille. L'internat est un lieu dans lequel les adolescents que nous accueillons apprennent eux aussi &#224; se construire &#224; l'ext&#233;rieur des liens intrafamiliaux &#187;&lt;/i&gt;. Une formule souple qui convient &#233;galement aux familles prises entre le besoin de souffler et la culpabilit&#233; de placer leur enfant en internat. &lt;i&gt;&#171; L'internat &#224; temps complet est dur tant pour l'enfant que pour la famille. L'alternance responsabilise les enfants et d&#233;culpabilise les parents. Nous travaillons avec eux, les consid&#233;rons comme des partenaires, ils ne se sentent pas d&#233;poss&#233;d&#233;s de leur enfant &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe soutient ces parents, souvent ambivalents, oscillant entre la difficult&#233; &#224; se s&#233;parer de leur enfant et les moments de rejet. Cette formule d'internat permet aux parents et &#224; la fratrie de faire une pause. Les familles sont heureuses de voir leur enfant satisfait et savent qu'elles peuvent s'appuyer sur l'&#233;quipe s'il va mal lorsqu'il est &#224; domicile. &#192; l'internat, un lit suppl&#233;mentaire est d'ailleurs disponible pour un jeune de l'IME qui aurait besoin d'un accueil en urgence. Une possibilit&#233; qui apaise les familles et &#233;vite parfois une hospitalisation en h&#244;pital psychiatrique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Favoriser la rencontre entre pairs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la semaine, les jeunes participent &#224; divers ateliers. Le changement d'activit&#233;s favorise la rencontre et l'&#233;change entre pairs, et &#233;vite au jeune d'entrer dans une relation trop fusionnelle avec son &#233;ducateur r&#233;f&#233;rent. Certains ateliers, comme la danse, sont anim&#233;s par des intervenants ext&#233;rieurs, des &#233;ducateurs ou des stagiaires, d'autres sont r&#233;alis&#233;s avec le r&#233;seau culturel. Ainsi les jeunes, accompagn&#233;s de la psychomotricienne, fr&#233;quentent le Poney club tout proche ou b&#233;n&#233;ficient du r&#233;seau de l'association festival du Futur compos&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Festival du Futur compos&#233; - 23 bis rue Ravon - 92340 Bourg-La-Reine. Tel. 01 (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ils re&#231;oivent, par exemple, une v&#233;ritable &#233;ducation musicale avec l'association Demi-pause. L'IME a aussi cr&#233;&#233; l'association Zig Zag Color qui valorise les r&#233;alisations en arts plastiques des jeunes autistes et psychotiques pour changer le regard port&#233; sur eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la scolarit&#233;, les jeunes ne peuvent la suivre ni dans l'IME, ni en milieu ordinaire. Il n'y a ni classe ni professeur d&#233;tach&#233; par l'&#233;ducation nationale &#224; l'IME. &lt;i&gt;&#171; Nos locaux ne sont pas assez grands pour que nous consacrions une pi&#232;ce &#224; une classe sp&#233;cialis&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;plore la directrice. Alors les &#233;ducateurs et l'orthophoniste tentent de pallier le manque de scolarisation par un travail sur les acquis de base lors des diff&#233;rents temps de la journ&#233;e : le calcul avec les courses, l'organisation avec la r&#233;alisation d'un planning, la g&#233;ographie avec un voyageur venu parler de son p&#233;riple autour du monde autant que de la mer et des montagnes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;quipe pluridisciplinaire assure le fonctionnement de l'&#233;tablissement (l'externat est ouvert 207 jours par an et l'internat 330). M&#233;decin psychiatre, psychologue, chef de service, directrice, assistance sociale, orthophoniste, psychomotricienne, infirmi&#232;re, &#233;ducateurs (cinq pour l'externat, autant pour l'internat), personnel administratif, de cuisine et d'entretien, veilleuse de nuit la compose. &lt;i&gt;&#171; Deux &#233;ducateurs pour 5 jeunes en internat cela peut para&#238;tre &#233;norme mais quand c'est le chaos, c'est peu. L'&#233;quipe doit &#234;tre particuli&#232;rement vigilante avec ces jeunes qui ont de grands troubles du comportement et de la communication &#187;&lt;/i&gt;, insiste Corinne Ben Samoun, en citant l'exemple d'une jeune fille qui a v&#233;cu des moments particuli&#232;rement difficiles, &#224; la limite de mettre en danger la s&#233;curit&#233; des autres &#224; l'internat. L'&#233;quipe se f&#233;licite de n'avoir jamais exclu aucun jeune en sept ann&#233;es d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Activit&#233;s &#233;ducatives et soins indissociables&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe pense que la formule propos&#233;e par l'IME constitue d&#233;j&#224; une forme de soin pour les jeunes. &lt;i&gt;&#171; Le soin, c'est tout le travail d'&#233;quipe, &lt;/i&gt; dit la directrice.&lt;i&gt; Nous r&#233;alisons des synth&#232;ses pour comprendre le jeune. Nous parlons ensemble de lui. Cela nous permet d'avoir des choses en commun qui vont tout &#224; la fois &#234;tre contenant pour les jeunes et nous permettre d'adapter notre comportement vis-&#224;-vis d'eux. M&#234;me si tout notre travail est soutenu par l'activit&#233; &#233;ducative, l'observation clinique est omnipr&#233;sente. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la psychologie ne suffit pas, le courant &#233;ducatif est indispensable pour impulser des choses et trouver un &#233;quilibre. Nous voulons que l'IME soit un terreau fertile, un lieu vivant et convivial, dans lequel les jeunes peuvent tous cueillir quelque chose d'essentiel. Car au-del&#224; de leurs sympt&#244;mes et de leurs d&#233;ficiences, qui sont r&#233;els, ils ont tous des go&#251;ts et des potentialit&#233;s que nous devons r&#233;v&#233;ler et soutenir. L'&#233;quipe a mis en place des outils de travail &lt;/i&gt; explique Corinne Ben Samoun. &lt;i&gt;Nous avons un p&#233;rim&#232;tre de valeurs communes construites ensemble, nous travaillons ainsi dans une certaine s&#233;curit&#233; pour parler des jeunes. Pourtant le travail est parfois difficile. Le week-end dernier, par exemple, la vie &#224; l'internat a &#233;t&#233; tr&#232;s dure, les &#233;ducateurs ont souffert. Mais ils savent que nous allons parler en &#233;quipe des probl&#232;mes rencontr&#233;s, trouver des solutions et les aider, &lt;/i&gt; illustre la directrice. &lt;i&gt;Mais il y a aussi des grands moments de bonheur, comme lorsqu'un jeune tr&#232;s angoiss&#233; s'apaise &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Jahiel, psychiatre, soutient le travail d'&#233;quipe, les jeunes et les familles, il a ainsi une vision globale du fonctionnement de l'institution. Les jeunes sont aussi fr&#233;quemment suivis par un centre m&#233;dico-psychologique (CMP) qui continuera &#224; les accompagner &#224; leur sortie de l'IME. Henri Jahiel, qui travaille depuis trente ans aupr&#232;s des enfants et jeunes autistes et psychotiques, se dit adepte du &#171; bricolage dynamique &#187;. &lt;i&gt;&#171; Loin des m&#233;thodes trop standardis&#233;es, il s'agit d'une approche qui associe une certaine invention permanente dans les pratiques relationnelles et &#233;ducatives, avec un dynamisme institutionnel qui repose sur le bon fonctionnement de l'&#233;quipe &#187; &lt;/i&gt; explique cet homme qui s'inqui&#232;te de &lt;i&gt;&#171; la diminution du nombre de psychiatres, du peu de reconnaissance pour le travail du psychiatre en institution d'enfants, du risque de d&#233;m&#233;dicalisation progressive du secteur m&#233;dico-&#233;ducatif &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'IME Alternance, il participe aux r&#233;unions d'&#233;quipe, re&#231;oit les familles avec les jeunes et les &#233;ducateurs, anime un groupe th&#233;rapeutique. &lt;i&gt;&#171; Ce groupe a une ambition soignante qui essaie d'&#233;quilibrer les activit&#233;s &#233;ducatives. Nous y parlons de tout et de rien, de la vie des uns et des autres, des vacances, du temps. Nous nous asseyons tous en rond et essayons de rester ensemble. Les trois quarts des jeunes n'ont pas beaucoup de langage, nous communiquons comme nous pouvons. Il n'y a pas de r&#232;gle. Ceux qui le souhaitent peuvent dormir &#187;&lt;/i&gt;, explique le psychiatre qui anime le groupe en pr&#233;sence d'&#233;ducateurs. &lt;i&gt;&#171; L'id&#233;e est de parler ensemble. Il se passe des choses, des histoires de paroles int&#233;ressantes. L'autre jour un jeune a utilis&#233; pour la premi&#232;re fois le &#171; je &#187; pour parler de lui. Nous travaillons &#224; aider ces adolescents &#224; vivre dans une plus grande communication, mais &#233;changer parfois juste un regard peut &#234;tre tr&#232;s d&#233;stabilisant pour certains et provoquer une crise. Le chemin n'est pas facile, mais il est riche &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;IME Alternance - 10, rue de Thionville - 75019 Paris. Tel. 01 40 40 95 80&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://festivalfuturcompose.free.fr&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Festival du Futur compos&#233;&lt;/a&gt; - 23 bis rue Ravon - 92340 Bourg-La-Reine. Tel. 01 46 65 37 33&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prise en charge d'enfants psychotiques : le r&#244;le des &#233;ducateurs</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Prise-en-charge-d-enfants-psychotiques-le-role-des-educateurs</link>
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		<dc:subject>720</dc:subject>
		<dc:subject>Psychose</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Deux sortes d'institutions, les h&#244;pitaux de jour et les instituts m&#233;dico-&#233;ducatifs, se partagent environ 80 000 jeunes malades mentaux. Les moyens et les personnels sont tr&#232;s diff&#233;rents d'un &#233;tablissement &#224; l'autre. Une distinction qui s'explique surtout parce que les h&#244;pitaux de jour concentrent leur action sur le soin alors que les IME privil&#233;gient l'&#233;ducatif. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, les &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s sont-ils beaucoup plus nombreux dans les seconds que dans les premiers. Mais cette diff&#233;rence entre ceux qui (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Psychose" rel="tag"&gt;Psychose&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux sortes d'institutions, les h&#244;pitaux de jour et les instituts m&#233;dico-&#233;ducatifs, se partagent environ 80 000 jeunes malades mentaux. Les moyens et les personnels sont tr&#232;s diff&#233;rents d'un &#233;tablissement &#224; l'autre. Une distinction qui s'explique surtout parce que les h&#244;pitaux de jour concentrent leur action sur le soin alors que les IME privil&#233;gient l'&#233;ducatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s sont-ils beaucoup plus nombreux dans les seconds que dans les premiers. Mais cette diff&#233;rence entre ceux qui soignent et ceux qui &#233;duquent est-elle justifi&#233;e ? Pour y voir plus clair nous avons donn&#233; la parole &#224; un p&#233;dopsychiatre intervenant en institut m&#233;dico-&#233;ducatif (lire ci-dessous), puis nous nous sommes rendus dans un h&#244;pital de jour (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Les-activites-proposees-aux-enfants-ont-toutes-une-visee-therapeutique' class='spip_in'&gt;lire &#8230;&lt;/a&gt;) et dans un institut m&#233;dco-&#233;ducatif (&lt;a href='https://www.lien-social.com/A-l-IME-tout-le-travail-est-soutenu-par-l-activite-educative' class='spip_in'&gt;lire &#8230;&lt;/a&gt;) observer le quotidien d'&#233;quipes de professionnels&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour Alain Gillis, p&#233;dopsychiatre et directeur de l'unit&#233; psychoth&#233;rapique de l'IME Montaigne &#224; Chelles, en Seine-et-Marne, il est impossible de s&#233;parer, dans le comportement d'un enfant troubl&#233;, le soignant de l'&#233;ducatif. C'est pourquoi, explique-t-il : &#171; Les &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s assument quotidiennement, aux c&#244;t&#233;s des psychologues et des psychiatres des responsabilit&#233;s soignantes effectives &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finir les enfants psychotiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enfants psychotiques repr&#233;sentent une vaste cat&#233;gorie, relativement ind&#233;cise puisqu'elle comprend aussi bien des enfants pr&#233;sentant un grand nombre de signes autistiques que des d&#233;ficients qui sont organis&#233;s sur un mode qui laisse appara&#238;tre des troubles de la personnalit&#233;. Leur prise en charge est souvent diff&#233;r&#233;e par la volont&#233; des intervenants de mod&#233;rer la d&#233;tresse et l'angoisse des parents. Depuis le g&#233;n&#233;raliste jusqu'au p&#233;dopsychiatre en passant par les enseignants et les p&#233;diatres, la mode est &#224; minorer les troubles et &#224; s'en remettre aux effets de l'int&#233;gration qui confine le plus souvent &#224; la n&#233;gation d'une r&#233;alit&#233; qui ne demande qu'&#224; s'aggraver spontan&#233;ment. Le travail entrepris par les diff&#233;rents consultants, en dispensaire ou en CMPP n'est pas n&#233;gligeable, il est cependant insuffisant lorsqu'un trouble majeur du d&#233;veloppement se d&#233;clare. De tels d&#233;sordres psychologiques n&#233;cessiteraient pour le bien de tous qu'un d&#233;pistage suivi d'une guidance ferme et &#233;clair&#233;e soient entrepris le plus t&#244;t possible par des intervenants, m&#233;decins, &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s, psychologues, qui r&#233;fl&#233;chiraient leur action et la soumettraient &#224; une &#233;valuation professionnelle constructive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment et par qui est assur&#233;e aujourd'hui la prise en charge ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prises en charges institutionnelles sont, comme chacun sait, plus souvent le fait d'une structure de type IME que d'un h&#244;pital de jour. Ceci pour la bonne raison que le nombre de place en h&#244;pital de jour est beaucoup plus restreint. 7 000 enfants sont pris en charge dans les h&#244;pitaux de jour tandis qu'environ 70 000 sont accueillis par les &#233;tablissements m&#233;dico-sociaux ! Quels que soient les efforts pour distinguer un enfant psychotique &#171; m&#233;dico-social &#187; d'un enfant psychotique &#171; sanitaire &#187; on ne pourra convaincre les travailleurs sociaux de la pertinence de cette diff&#233;rence. Il faut dire que la notion de &#171; handicap &#187; est venue &#224; propos pour aider &#224; la confusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;clarant &#171; handicap&#233;s &#187; un grand nombre d'autistes et de psychotiques on a voulu d&#233;m&#233;dicaliser des situations qui r&#233;clament pourtant une authentique d&#233;marche th&#233;rapeutique. Une part du probl&#232;me est dans la diff&#233;rence de co&#251;t qui s&#233;pare les deux modes de prise en charge. Les ratios d'encadrement sont tr&#232;s diff&#233;rents. Quand un &#233;ducateur doit prendre en charge six enfants en IME, un &#233;ducateur d'h&#244;pital de jour n'aura &#224; assumer l'encadrement que de deux ou trois. Les psychiatres sont quant &#224; eux dix fois moins pr&#233;sents dans un IME que dans un h&#244;pital de jour. On compte un psychiatre temps plein pour 150 enfants en moyenne dans les IME ! Le montage &#233;trange qui existe entre le sanitaire et le m&#233;dico-social est largement sous-tendu par un int&#233;r&#234;t budg&#233;taire qui ne pourra se dissimuler &#233;ternellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pensez qu'un r&#233;&#233;quilibrage des budgets est n&#233;cessaire entre les h&#244;pitaux de jour et les IME ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais il ne faut pas d&#233;shabiller les h&#244;pitaux de jour pour habiller les IME. Il s'agit plut&#244;t de reconna&#238;tre que les h&#244;pitaux de jour sont mieux &#233;quip&#233;s pour une m&#234;me t&#226;che et obtenir que les moyens des IME soient donc accrus en cons&#233;quence. Mais je pense que le probl&#232;me n'est pas seulement budg&#233;taire, il refl&#232;te &#233;galement un immobilisme administratif qui reconduit machinalement des cat&#233;gories et des distinctions qui n'ont rien &#224; voir avec la r&#233;alit&#233;. Presque tous les enfants qui sont en IME n&#233;cessitent un encadrement th&#233;rapeutique et &#233;ducatif qui demande &#224; &#234;tre r&#233;&#233;valu&#233;. Encore une fois, le mythe du &#171; handicap &#187; comme celui de &#171; l'int&#233;gration &#187;, emp&#234;che que soit pos&#233;e clairement la n&#233;cessit&#233; de se pencher avec tous les moyens et avec la plus grande attention sur tous ces enfants qui, avec le temps, s'enferment dans un mode de fonctionnement psychotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce clivage budg&#233;taire entre ces types d'&#233;tablissements s'en ressent-il au niveau des professionnels et de leur niveau de formation dans ce domaine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut reconna&#238;tre qu'une part importante des personnels &#233;ducatifs s'est trouv&#233;e dans l'obligation de se former, d'une mani&#232;re ou d'une autre, et de fa&#231;on &#224; servir un projet th&#233;rapeutique. Les &#233;ducateurs et &#233;ducatrices sp&#233;cialis&#233;s disposent aujourd'hui d'une culture psychoth&#233;rapique qui n'est pas n&#233;gligeable, et leur engagement, souvent tr&#232;s pr&#233;coce dans les prises en charge les plus lourdes, en ont fait des collaborateurs extr&#234;mement pr&#233;cieux. Il n'est pas possible de d&#233;consid&#233;rer leur travail en laissant entendre qu'il se limite &#224; une t&#226;che &#233;ducative avec les enfants malades mentaux. Le travail &#233;ducatif, en lui-m&#234;me difficile, est ici tout &#224; fait confondu avec le projet th&#233;rapeutique. Tout particuli&#232;rement quand il s'agit d'enfants tr&#232;s jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, &#233;ducatif ou non, le travail de l'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; doit &#234;tre assimil&#233; &#224; une action soignante. Il est impossible de s&#233;parer, dans le comportement d'un enfant troubl&#233;, ce qui rel&#232;ve de soins de ce qui regarde la part &#233;ducable. Quant aux intervenants ext&#233;rieurs (je pense aux th&#233;rapeutes des consultations publiques ou priv&#233;es) qui devraient, &#224; raison d'une fois par semaine, s'attaquer &#224; la pathologie, en laissant &#224; l'institution la t&#226;che d'un gardiennage &#233;ducatif, c'est une fiction qui a v&#233;cu. Il est &#233;vident que pour un enfant psychotique c'est la qualit&#233; des r&#233;ponses, des interventions, des remarques en tous genres que l'&#233;ducateur est amen&#233; &#224; lui adresser de fa&#231;on quotidienne, qui constitue la base th&#233;rapeutique. &#192; partir de cette base, toutes les initiatives peuvent &#234;tre envisag&#233;es pour comprendre et modifier la position de sujet que ces enfants ont tant de mal &#224; &#233;prouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toutefois, dans ce contexte particulier o&#249; l'&#233;ducatif ne prime pas on peut penser que la place de l'&#233;ducateur n'est pas indispensable ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas reconna&#238;tre officiellement la qualit&#233; soignante du travail des &#233;ducateurs proc&#232;de soit d'une m&#233;connaissance soit d'une mauvaise foi. Dans les deux cas, cette cat&#233;gorie de travailleurs sociaux se trouve confondue avec une sorte de domesticit&#233;, qui devrait s'appliquer &#224; masquer le d&#233;ficit de moyens par la r&#233;gularit&#233; d'un travail anonyme et la discr&#233;tion de ses revendications. Si le public a pris l'habitude de consid&#233;rer avec int&#233;r&#234;t la situation des infirmiers ou des sages-femmes, il est &#233;tonnant de constater &#224; quel point &#171; on &#187; pense que la t&#226;che d'un &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; rel&#232;ve de la simple bonne volont&#233; et de la patience&#8230; C'est refuser de voir que cette cat&#233;gorie professionnelle assume quotidiennement, aux c&#244;t&#233;s des psychologues et des psychiatres des responsabilit&#233;s soignantes effectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image des &#233;ducateurs parcourant les rues et les institutions comme des lutins r&#233;confortants, guid&#233;s dans leur action par l'amour du prochain, doit s'effacer pour laisser voir une r&#233;alit&#233; complexe et m&#233;connue : celle de ces intervenants quotidiennement charg&#233;s d'assurer une pr&#233;sence, certes bienveillante, mais aussi critique et th&#233;rapeutique, aupr&#232;s de la population des enfants accueillis en institution. De la qualit&#233; de pr&#233;sence des &#233;ducateurs d&#233;pendent largement, dans le syst&#232;me actuel, les chances d'am&#233;lioration de bon nombre d'enfants psychotiques. Cette constatation doit &#233;galement entra&#238;ner une r&#233;flexion sur la formation de ces personnels. L'aspect soignant devrait s'y trouver totalement assum&#233;, et revendiqu&#233;, car il correspond, pour une part importante, &#224; la r&#233;alit&#233; des pr&#233;occupations professionnelles que ces travailleurs sociaux &#171; nouvelle mani&#232;re &#187; rencontreront quotidiennement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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