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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Quel avenir pour les instituts de r&#233;&#233;ducation ?</title>
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		<title>Quel avenir pour les instituts de r&#233;&#233;ducation ?</title>
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&lt;p&gt;Ces &#233;tablissements accueillent des enfants et des adolescents victimes de troubles du caract&#232;re et du comportement. De l&#224; &#224; y envoyer tous les jeunes qui posent probl&#232;me il n'y a qu'un pas qui est trop souvent franchi. Il est temps de reconna&#238;tre &#224; ces institutions sp&#233;cialis&#233;es leur sp&#233;cificit&#233; et de ne pas leur en demander plus. Tour d'horizon en compagnie de quelques instituts de r&#233;&#233;ducation &lt;br class='autobr' /&gt;
Les instituts de r&#233;&#233;ducation sont peu nombreux en France. On compte environ 330 de ces &#233;tablissements qui (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces &#233;tablissements accueillent des enfants et des adolescents victimes de troubles du caract&#232;re et du comportement. De l&#224; &#224; y envoyer tous les jeunes qui posent probl&#232;me il n'y a qu'un pas qui est trop souvent franchi. Il est temps de reconna&#238;tre &#224; ces institutions sp&#233;cialis&#233;es leur sp&#233;cificit&#233; et de ne pas leur en demander plus. Tour d'horizon en compagnie de quelques instituts de r&#233;&#233;ducation&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les instituts de r&#233;&#233;ducation sont peu nombreux en France. On compte environ 330 de ces &#233;tablissements qui prennent en charge 16 000 enfants. Pourtant, les IR ont r&#233;ussi, ces derni&#232;res ann&#233;es, &#224; se faire entendre. Ils ont m&#234;me obtenu une couverture m&#233;diatique (cf. les deux reportages de M6 et de France 2). &#192; cela plusieurs raisons. En premier lieu, il y a cette Association des instituts de r&#233;&#233;ducationdes plus dynamique, avec &#224; sa t&#234;te un pr&#233;sident d&#233;termin&#233;, Lionel Deniau, (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Nous-attendons-plus-de-reconnaissance-que-de-compassion' class='spip_in'&gt;lire l'interview&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;div class='encart'&gt;&lt;strong&gt;Un regroupement de professionnels militants : l'AIRe&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Tout d&#233;bute dans l'ann&#233;e scolaire 1995/1996, au cours de laquelle des directeurs d'&#233;tablissement du Finist&#232;re puis de Bretagne se r&#233;unissent pour &#233;changer sur leurs pratiques respectives. Constatant le manque d'une structure pouvant servir de lieu d'&#233;change sp&#233;cifique et d'interlocutrice privil&#233;gi&#233;e aupr&#232;s des autorit&#233;s, les statuts de l'Association des instituts de r&#233;&#233;ducation sont d&#233;pos&#233;s fin 1995. En juin 1996 se tient la premi&#232;re journ&#233;e d'&#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AIRe va progressivement attirer vers elle la moiti&#233; des &#233;tablissements pr&#233;sents sur le territoire. L'association se d&#233;finit comme un regroupement de professionnels militants cherchant &#224; faire de la prise en compte des enfants et adolescents souffrant de troubles du caract&#232;re et du comportement, un enjeu national. &#192; cet effet, l'AIRe interpelle r&#233;guli&#232;rement les autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa premi&#232;re revendication concerne le changement d'appellation des IR : la prise en compte, dans sa globalit&#233;, de la population accueillie, justifie le label Institut th&#233;rapeutique &#233;ducatif et scolaire. Autre demande forte : que soit mis un terme &#224; la triple habilitation (CDES, PJJ, conseil g&#233;n&#233;ral) qui multiplie les financeurs au profit d'un mode de financement unifi&#233; d&#233;pendant de l'assurance maladie (comme pour les autres formes de handicap). C'est donc avec force qu'est revendiqu&#233; le maintien des ITES dans le secteur m&#233;dico-social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre souci essentiel, la r&#233;affirmation de l'importance du partenariat, notamment en ce qui concerne l'&#233;ducation nationale qui peine &#224; faire face &#224; ses obligations de mettre &#224; disposition les enseignants n&#233;cessaires. L'AIRe s'est dot&#233;e d'un comit&#233; scientifique destin&#233; &#224; alimenter ses r&#233;flexions. Y participent des personnalit&#233;s issues d'horizons divers. Chaque ann&#233;e, l'AIRe propose un colloque qui r&#233;unit les professionnels int&#233;ress&#233;s par la r&#233;flexion et la recherche sur les troubles du caract&#232;re et du comportement ainsi que sur les pratiques p&#233;dagogiques, &#233;ducatives, th&#233;rapeutiques pour y rem&#233;dier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce que les IR ont &#224; dire est d'autant plus pr&#233;cieux qu'ils interviennent sur une fraction de la jeunesse qui d&#233;fraie la chronique et alimente le d&#233;bat sur l'ins&#233;curit&#233;. Qu'on les appelle des sauvageons, des jeunes violents ou des caract&#233;riels, c'est l&#224; le public qu'accueillent les IR. Leur originalit&#233; et leur force r&#233;sident dans la dimension de leur approche qui ne rel&#232;ve ni de la pr&#233;vention ni de la r&#233;pression, mais du soin. Et c'est en cela que leur parole est appr&#233;ciable : ce qu'ils d&#233;fendent (et mettent en pratique) constitue une r&#233;ponse permanente &#224; l'&#233;chec et &#224; l'impuissance de la quasi-totalit&#233; des autres institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous proposons d'aller visiter quatre &#233;tablissements. Chaque institution &#233;tant originale et unique, il &#233;tait difficile d'en choisir une qui soit repr&#233;sentative. Aussi avons-nous pr&#233;f&#233;r&#233; illustrer l'innovation et la d&#233;marche cr&#233;atrice auxquelles ces structures sont tenues pour r&#233;pondre aux d&#233;fis permanents que leur lancent les publics accueillis. Nous allons donc, surtout aller &#224; la rencontre d'enfants dont les passages &#224; l'acte destructeurs sont autant d'appels &#224; l'aide et de professionnels qui &#233;l&#232;vent au rang de mode de vie la patience et l'humanisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment d&#233;finir ces enfants atteints de trouble de caract&#232;re et du comportement ? Peut-&#234;tre, en &#233;voquant des situations v&#233;cues. Notre rendez-vous avec Jean-Pierre Portier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Institut de r&#233;&#233;ducation ch&#226;teau de Tourmauville - 14210 Baron-sur-Oddon. T&#233;l. (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, directeur de l'IR de Baron-sur-Odon (Calvados) nous permit de croiser un petit bonhomme de 7 ans qui, &#224; notre arriv&#233;e, sortait du bureau de notre interlocuteur. Haut comme trois pommes, il &#233;tait calme et semblait bien fragile. Sa m&#232;re avait, un peu plus t&#244;t dans la matin&#233;e, t&#233;l&#233;phon&#233; &#224; l'&#233;tablissement en livrant tout son d&#233;sarroi : son fils refusait de se rendre &#224; l'IR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Pierre Portier se d&#233;pla&#231;a alors pour aller le chercher. S'apercevant qu'il avait omis de s'enqu&#233;rir de l'&#233;tage o&#249; habitait la famille, il se rendit tr&#232;s vite compte que ce renseignement n'&#233;tait pas vraiment utile : on entendait l'enfant du rez-de-chauss&#233;e ! Il lui fallut r&#233;cup&#233;rer l'enfant qui s'&#233;tait r&#233;fugi&#233; sous un lit. C'est un gamin hurlant et se d&#233;battant avec une force incroyable qu'il descendit jusqu'&#224; son v&#233;hicule. Une crampe au bras lui faisant faiblir un instant sa contenance, l'enfant s'&#233;chappa de ses bras, et s'emparant d'une pierre, fit voler en &#233;clat la fen&#234;tre de la voiture. Le trajet put n&#233;anmoins s'effectuer et l'enfant finit par se calmer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des explosions de ce type sont monnaie courante dans les IR. Elles sont impr&#233;visibles et peuvent se d&#233;clencher &#224; tout moment, sans qu'on puisse ni les pr&#233;voir, ni en mesurer, a priori, l'ampleur. Les enfants qui en sont les acteurs sont d'intelligence tout &#224; fait normale. Mais ils se placent dans une position de toute-puissance et ne tol&#232;rent pas qu'on puisse d&#233;cider pour eux. Ces comportements, aussi aberrants qu'ils puissent para&#238;tre, ne peuvent &#234;tre compris si on ignore la logique de survie et de protection dans laquelle ces enfants &#233;voluent : ils ont le sentiment d'&#234;tre en danger et sont en bute aux autres, v&#233;cus comme mena&#231;ants. Leurs passages &#224; l'acte sont autant de r&#233;actions de d&#233;fense et de protection qu'il faut d&#233;coder comme &#233;tant la manifestation de leur instinct de survie et de protection. Un conflit anodin et ordinaire avec l'adulte ou avec un autre enfant peut avoir des cons&#233;quences disproportionn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, les comportements des enfants semblent s'&#234;tre d&#233;grad&#233;s depuis quelques ann&#233;es. Un &#233;ducateur technique de l'IR du Perray-en-Yvelines, &#224; quelques mois de la retraite, le confirme. Il y a de cela dix ans, explique-t-il, il pouvait partir sur un chantier horticole avec une dizaine de jeunes, tout se passait bien. Aujourd'hui, il ne prend avec lui que trois gar&#231;ons. Il lui faut &#234;tre attentif &#224; tous les instants : v&#233;rifier qu'ils n'ont pas d&#233;croch&#233; au dernier moment la remorque, ne pas les laisser s'approcher du jerrican d'essence (ils seraient capables de s'en asperger mutuellement ou d'y mettre le feu), ne pas leur laisser les outils (ils pourraient se battre avec) etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les IR, explique Christian Breuil, directeur de cet &#233;tablissement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Institut de r&#233;&#233;ducation - 63, rue de Chartres - BP 8 - 78610 Le (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ont trois habilitations possibles : la CDES (pour les enfants souffrant de troubles du comportement), la PJJ (pour ceux ayant commis des actes de d&#233;linquance) et le conseil g&#233;n&#233;ral (pour ceux qui cumulent en plus des difficult&#233;s familiales d'ordre social). Outre la complexit&#233; administrative que constitue la multiplicit&#233; des financeurs, reste la confrontation entre des publics n&#233;cessitant une action th&#233;rapeutique et ceux relevant d'une logique judiciaire. Cette cohabitation n'est profitable ni aux premiers ni aux seconds. Les uns et les autres n&#233;cessitant une prise en compte particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IR du Perray, lui, ayant renonc&#233; &#224; l'agr&#233;ment PJJ, s'est retrouv&#233; avec une augmentation des enfants sur le versant psychiatrie : du coup les passages &#224; l'acte &#224; l'ext&#233;rieur, fr&#233;quents chez les jeunes relevant du placement justice, se sont transform&#233;s en agressions &#224; l'int&#233;rieur : agressions des jeunes sur eux-m&#234;mes d'abord (comme cet adolescent se pr&#233;cipitant &#224; plusieurs reprises la t&#234;te contre le mur ou d'autres s'auto-mutilant), entre eux ensuite (casser une vitre et se saisir d'un morceau de verre pour s'attaquer &#224; un autre jeune n'est pas un acte exceptionnel). Les d&#233;t&#233;riorations mat&#233;rielles y sont fr&#233;quentes. Un couloir a pu &#234;tre n&#233;anmoins pr&#233;serv&#233; : il a servi de support pour une magnifique fresque r&#233;alis&#233;e par les jeunes. Le travail ainsi effectu&#233; est respect&#233; par le groupe (une &#339;uvre identique accueille les voyageurs du train de banlieue au bout du couloir d'acc&#232;s de la gare du Perray).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;quilibre du public accueilli est toujours pr&#233;caire : l'&#233;tablissement qui les prend en charge ne peut jamais s'enfermer dans la routine. Il doit toujours &#234;tre capable de rebondir et de s'adapter. Ici, le projet en cours consiste &#224; diminuer le nombre des enfants accueillis dans chaque groupe de vie (trois unit&#233;s de huit, plut&#244;t que deux de douze) et &#224; r&#233;am&#233;nager les locaux pour les rendre plus attractifs et fonctionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution de la population, Bernard Pointe, directeur de l'institut psycho-p&#233;dagogique Jean Bosco&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Institut psycho-p&#233;dagogique Jean Bosco - 14210 Neuilly-le-Malherbe. T&#233;l. 02 (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; Neuilly-le-Malherbe (Calvados), l'&#233;voque, lui aussi, avec force. Les jeunes qu'il accueille anticiperaient-ils l'&#233;volution sociale plus globale, jouant en quelque sorte le r&#244;le de r&#233;v&#233;lateur ? Il ne le sait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce qu'il constate c'est une aggravation des troubles de la population prise en charge. Multiplication des agressions sexuelles entre enfants (qui ne sont jamais confondues avec des jeux de touche-pipi ou de d&#233;couverte r&#233;ciproques de leur corps), extr&#234;me violence se retournant y compris contre les adultes (il y a les p&#233;riodes &#171; rayures des carrosseries de voiture &#187;, d'autres &#171; pneus lac&#233;r&#233;s &#187;, sans oublier &#171; portes de b&#226;timent d&#233;mantel&#233;es &#187; ou encore le grand classique : &#171; vitres cass&#233;es &#187;), trafic de cannabis initi&#233;s par des enfants de&#8230; 10 ans, vente de cassettes ou de revues pornographiques au sein m&#234;me de l'&#233;tablissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe &#233;ducative ne reste pas inerte face &#224; ces comportements. Elle r&#233;agit tant sur le court terme : l'enfant surpris &#224; d&#233;t&#233;riorer, doit r&#233;parer (souvent aux c&#244;t&#233;s de l'homme d'entretien) et les assurances de sa famille sont sollicit&#233;es. Quant aux infractions &#224; la loi, elles sont trait&#233;es en collaboration avec la gendarmerie. Mais l'&#233;quipe essaie aussi de r&#233;pondre sur le long terme : de tels passages &#224; l'acte doivent aussi &#234;tre d&#233;cod&#233;s comme autant de signes de la souffrance &#224; &#234;tre l&#224;, s&#233;par&#233; de ses proches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est alors travaill&#233;, c'est d'offrir &#224; l'enfant des perspectives &#224; court terme (pour que l'enfant n'ait pas l'impression d'&#234;tre l&#224; &#224; perp&#233;tuit&#233;). C'est aussi la personnalisation des lieux et des moyens mis &#224; disposition (le cadre est d'autant moins attaqu&#233; qu'il a &#233;t&#233; investi). Les professionnels savent bien que c'est l'ins&#233;curisation qui provoque l'explosion. Les r&#233;ponses contenantes et apaisantes sont les meilleurs moyens pour d&#233;samorcer la violence. Il est &#233;tonnant, continue Bernard Pointe de constater comment cette population plac&#233;e dans certaines conditions r&#233;agit compl&#232;tement diff&#233;remment &#224; ce &#224; quoi on pourrait s'attendre. Des enfants r&#233;put&#233;s instables et incapables de tenir en place r&#233;ussissent n&#233;anmoins &#224; si&#233;ger au conseil d'&#233;tablissement, tenant deux heures sur leur chaise, sans qu'on n'ait besoin de les reprendre ni sur leur langage, ni sur leur comportement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me pour ces transferts humanitaires en Roumanie que l'institut psycho-p&#233;dagogique Jean Bosco organise depuis quelques ann&#233;es. Objectif : aider &#224; restaurer des orphelinats (2 500 m2 de linol&#233;um ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pos&#233;s). Les r&#233;sultats sont &#224; chaque fois &#233;tonnants : estomaqu&#233;s par ce qu'ils constatent, les enfants supportent encore mieux que les adultes ce qu'ils vivent (pourtant, ils mangent toujours la m&#234;me chose, prennent des douches glac&#233;es, vivent dans des conditions sanitaires tr&#232;s difficiles), faisant preuve ainsi d'une g&#233;n&#233;rosit&#233; impressionnante. Lors du dernier s&#233;jour, certains enfants ont m&#234;me demand&#233; &#224; rester sur place et &#224; ne pas revenir dans leur quartier o&#249; ils savaient qu'ils recommenceraient &#224; faire leurs b&#234;tises. Et c'est justement cette richesse que chacun de ces m&#244;mes a au fond de lui, que l'institut de r&#233;&#233;ducation a pour mission de faire &#233;merger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela, l'institut Camille Blaisot de Caen&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Institut Camille Blaisot - BP 5012 - 6, rue des vaux de la folie -14076 (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; l'a bien compris. Les m&#233;thodes utilis&#233;es traditionnellement ne peuvent convenir &#224; ces enfants. Jusqu'en 1996 expliquent Michel Desdevises (chef de service &#233;ducatif) et Jo&#235;l Thorel (directeur p&#233;dagogique), la scolarisation des jeunes accueillis constituait un v&#233;ritable d&#233;fi. Il &#233;tait d&#233;j&#224; arriv&#233;, qu'&#224; la rentr&#233;e scolaire, un groupe d'adolescents reste sur le terrain de foot et refuse d'entrer en classe jusqu'&#224; d&#233;but octobre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion qui fut entreprise porta alors sur un constat de base : le syst&#232;me employ&#233; faisait violence &#224; l'enfant. Il fallait trouver des modalit&#233;s qui soient &#224; la fois souples et s&#233;curisantes, pour r&#233;pondre aux exigences de la scolarit&#233; et s'adapter aux situations de crise par lesquelles les jeunes peuvent passer. Le t&#234;te &#224; t&#234;te entre le prof et ses &#233;l&#232;ves fut remplac&#233; par une &#233;quipe de trois adultes prenant en charge la globalit&#233; des enfants. &#192; la classe ordinaire a ainsi succ&#233;d&#233; le concept de collectif-classe. Le jeune se voit proposer un cheminement individualis&#233; qui tient compte de ses acquis, mais aussi de la p&#233;riode qu'il traverse. Il pourra aller plut&#244;t avec l'enseignant pour des apprentissages fondamentaux ou plut&#244;t avec l'&#233;ducateur technique en initiation pr&#233;professionnelle. Des ateliers sont en outre disponibles (cr&#233;ation artistique ou vid&#233;o), ainsi que des activit&#233;s sportives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;organisation a port&#233; tr&#232;s rapidement ses fruits. La gestion des situations difficiles s'en est trouv&#233;e am&#233;lior&#233;e. Les probl&#232;mes que posaient l'absence ou la mise en difficult&#233; des adultes ont pu &#234;tre r&#233;gl&#233;s bien plus facilement. D'une part, parce que le relais peut &#234;tre assur&#233; au sein du collectif adulte. Mais aussi, parce que les professionnels (et en particulier les instituteurs) qui vivaient cette confrontation comme une &#233;preuve p&#233;nible et destructrice, ont retrouv&#233; le plaisir de venir au travail. Le dosage et l'articulation des diff&#233;rents parcours deviennent alors vraiment individuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; cela est le plus net, c'est pour le comportement scolaire des 16-20 ans. Ces jeunes sont int&#233;gr&#233;s dans une unit&#233; appel&#233;e Atelier de M&#233;diation par le travail o&#249; il s'agit d'&#233;laborer un projet professionnel en s'investissant tant en atelier qu'en stage en entreprises. Le travail scolaire n'y est pas obligatoire. Chacun doit signer un contrat par lequel il est demandeur pour suivre un enseignement g&#233;n&#233;ral. En cinq ans, sur les 24 &#233;l&#232;ves qui se succ&#232;dent chaque ann&#233;e, seuls deux d'entre eux ont refus&#233; : tous les autres, ayant pris conscience de l'int&#233;r&#234;t de l'&#233;cole pour int&#233;grer un lyc&#233;e technique ou un apprentissage, ont accept&#233; d'int&#233;grer la classe qui leur &#233;tait propos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats obtenus ont pu &#234;tre mesur&#233;s par un crit&#232;re objectif : celui du budget consacr&#233; au remplacement de vitres qui s'est effondr&#233;. Il y avait avant 1996 jusqu'&#224; 50 fen&#234;tres cass&#233;es par jour. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la compr&#233;hension n'est pas suffisante pour supporter toutes ces attitudes li&#233;es aux troubles du caract&#232;re et du comportement. Christian Breuil, directeur de l'IR du Perray-en-Yvelines &#233;voque les difficult&#233;s qu'il rencontre &#224; trouver et &#224; garder son personnel : &lt;i&gt;&#171; Des gamins qui sautent du v&#233;hicule en marche, d'autres qui passent par la fen&#234;tre du deuxi&#232;me &#233;tage et font de l'&#233;quilibrisme sur le balcon&#8230; nombreux sont ceux qui ne peuvent plus les supporter &#187;&lt;/i&gt;. L'adulte est tr&#232;s vite la cible de gamins hyper sensibles qui cherchent &#224; le d&#233;stabiliser et &#224; l'&#233;branler. Ce directeur dut prendre la d&#233;cision de fermer l'une de ses unit&#233;s. Des six professionnels charg&#233;s d'encadrer douze jeunes, il n'en restait plus que trois (arr&#234;t de travail, cong&#233;s, d&#233;mission). Et les offres d'emploi parues dans la presse &#233;taient rest&#233;es, depuis des semaines, sans r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les professionnels ne sont pas les seuls &#224; &#234;tre ainsi fortement &#233;branl&#233;s. Les familles, qui vivent au quotidien cette confrontation, finissent par s'&#233;puiser et &#224; vivre la cohabitation avec leur enfant comme un v&#233;ritable calvaire. Elles viennent de tous les milieux sociaux (populaire comme classes moyennes) et partagent le m&#234;me d&#233;sarroi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IR de Baron-sur-Odon consid&#232;re que la place des parents doit &#234;tre centrale dans la d&#233;marche engag&#233;e avec leur enfant : il est fondamental de les aider &#224; se revaloriser et &#224; pr&#233;server leur investissement. Dans la logique du projet individualis&#233;, l'&#233;tablissement a formalis&#233; une d&#233;marche contractuelle. Des objectifs pr&#233;cis sont &#233;labor&#233;s sur lesquels l'&#233;quipe &#233;ducative s'engage : l'accord de la famille est sollicit&#233; sur les am&#233;liorations recherch&#233;es. Des points r&#233;guliers sont faits sur l'&#233;volution constat&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IR propose aux familles, une fois par trimestre, un groupe de parole. Les parents y &#233;voquent fr&#233;quemment un sentiment de culpabilit&#233; et d'&#233;chec : &#171; Qu'ai-je rat&#233; dans l'&#233;ducation de mon enfant pour qu'il soit ainsi ? &#187; C'est la pens&#233;e qui taraude ces familles. Et pourtant, il n'est pas rare qu'elles refusent jusqu'au dernier moment l'orientation en &#233;tablissement sp&#233;cialis&#233;. Elles sont m&#233;contentes des institutrices qui ne se montrent pas capables de g&#233;rer leur enfant et qu'elles tiennent responsables du rejet que constitue pour elles l'arriv&#233;e en IR. Mais, apr&#232;s quelques ann&#233;es de prise en charge au cours desquelles les progr&#232;s ont &#233;t&#233; importants, l'inqui&#233;tude surgit &#224; nouveau quand le projet d'un retour dans la scolarit&#233; ordinaire devient possible. L'utilit&#233; de ces groupes de parole de parents tient aussi dans la possibilit&#233; de ne plus &#234;tre isol&#233; et enferm&#233; sur des probl&#232;mes que chacun pense trop souvent unique et propre &#224; son cas personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut que s'interroger sur le devenir des instituts de r&#233;&#233;ducation. Pi&#232;ce ma&#238;tresse dans le dispositif de prise en charge des enfants difficiles, ces &#233;tablissements ne peuvent toutefois continuer &#224; contenir &#224; eux seuls les populations qui mettent en &#233;chec l'ensemble des autres institutions. S'ils doivent garder leur place, c'est comme l'un des maillons d'une cha&#238;ne o&#249; chacun jouerait son r&#244;le. La p&#233;dopsychiatrie, la justice, l'&#233;ducation nationale, les services d'accompagnement au sein des familles ne doivent plus se d&#233;charger sur les IR, des jeunes qui leur posent probl&#232;me. Les uns et les autres doivent pouvoir intervenir sur tel ou tel aspect de la vie de l'enfant, dans une logique de collaboration et non de passage de la patate chaude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout un r&#233;seau qui doit donc s'articuler autour de la famille et proposer un projet individualis&#233; adapt&#233; &#224; chaque enfant. Cela implique de remplacer les approches traditionnelles de l'accueil indiff&#233;renci&#233; et massif par des dispositifs souples permettant d'alterner des moments d'internat et d'externat, ou encore proposer des unit&#233;s d'h&#233;bergement ne d&#233;passant pas cinq ou six places.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a l'attention particuli&#232;re &#224; apporter aux personnels particuli&#232;rement &#233;prouv&#233;s par des conditions de travail qui les minent et les &#233;puisent d'autant plus que leur d&#233;vouement et leur engagement ne sont ni reconnus, ni int&#233;gr&#233;s dans la gestion de leur travail. Il ne faudrait pas que la formidable humanit&#233; des professionnels qui se confrontent chaque jour &#224; ces gamins ne rencontre que l'indiff&#233;rence et l'inertie d'une soci&#233;t&#233; si prompte par ailleurs &#224; s'offusquer quand ces m&#234;mes jeunes ne sont pas contenus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Institut de r&#233;&#233;ducation ch&#226;teau de Tourmauville - 14210 Baron-sur-Oddon. T&#233;l. 02 31 71 26 10&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Institut de r&#233;&#233;ducation - 63, rue de Chartres - BP 8 - 78610 Le Perray-en-Yvelines. T&#233;l. 01 30 46 37 37&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Institut psycho-p&#233;dagogique Jean Bosco - 14210 Neuilly-le-Malherbe. T&#233;l. 02 31 29 32 00&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Institut Camille Blaisot - BP 5012 - 6, rue des vaux de la folie -14076 Caen cedex 5. T&#233;l. 02 31 53 40 20&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>&#171; Nous attendons plus de reconnaissance que de compassion &#187;</title>
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&lt;p&gt;Pour Lionel Deniau, pr&#233;sident de l'Association des instituts de r&#233;&#233;ducation et directeur d'une association qui g&#232;re trois IR il faut expliquer aux jeunes que ce sont les adultes qui d&#233;cident. Les professionnels qui se d&#233;pensent beaucoup devraient &#234;tre plus soutenus et mieux form&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles sont les revendications de l'AIRe ? Les minist&#232;res sont habitu&#233;s &#224; des demandes pr&#233;sent&#233;es par des associations de parents qui r&#233;clament plus de moyens. Ce n'est pas notre cas. Nous nous d&#233;finissons comme des (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour Lionel Deniau, pr&#233;sident de l'Association des instituts de r&#233;&#233;ducation et directeur d'une association qui g&#232;re trois IR il faut expliquer aux jeunes que ce sont les adultes qui d&#233;cident. Les professionnels qui se d&#233;pensent beaucoup devraient &#234;tre plus soutenus et mieux form&#233;s&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les revendications de l'AIRe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les minist&#232;res sont habitu&#233;s &#224; des demandes pr&#233;sent&#233;es par des associations de parents qui r&#233;clament plus de moyens. Ce n'est pas notre cas. Nous nous d&#233;finissons comme des professionnels militants au service des enfants dont nous avons la charge. Notre premi&#232;re revendication, c'est une recherche de sens. Nous nous adressons au politique et &#224; travers lui &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233; et posons la question : quelle place laissez-vous aux jeunes d'aujourd'hui ? On pose beaucoup ces temps-ci la question de la s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, on prend les choses &#224; l'envers : les adultes ne sont plus capables d'assurer leur place. Les enfants ressentent bien cette ins&#233;curit&#233; et s'engouffrent dans les failles. Les plus petits ne s'entendent pas souvent dire que ce sont les adultes qui d&#233;cident. Il reste &#224; trouver la bonne distance entre l'attitude maltraitante qu'on d&#233;nonce &#224; juste raison et le laisser-faire qui place les enfants dans une position de toute-puissance. Ces deux types de comportement de la part des adultes g&#233;n&#232;rent une d&#233;tresse qui pour &#234;tre diff&#233;rente n'en est pas moins aussi destructrice. Ce n'est pas tant un discours s&#233;curitaire qu'il faut tenir aujourd'hui, mais un discours s&#233;curisant. Nous pensons que les troubles du caract&#232;re et du comportement sont autant d'appels &#224; l'aide lanc&#233;s par les enfants au monde des adultes qui ne sait plus adopter la bonne distance &#224; leur &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre d&#233;marche ne consiste donc pas &#224; demander plus de moyens, comme pour la plupart des associations d&#233;fendant une population en difficult&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai que ce que nous r&#233;clamons ce n'est pas l'augmentation du nombre des IR (depuis 1989 ils se sont accrus de 30 %), mais l'am&#233;lioration de la qualit&#233; des prises en charge que nous effectuons. Nous pr&#233;f&#233;rons interpeller les institutions telles la p&#233;dopsychiatrie ou l'&#233;ducation nationale pour que chacun prenne ses responsabilit&#233;s. Un IR est un &#233;tablissement de soins &#224; l'int&#233;rieur duquel il y a une &#233;cole. Nous nous heurtons &#224; un manque cruel de moyens humains dans ces deux domaines. Du c&#244;t&#233; des psychiatres, c'est la grande p&#233;nurie qui risque d'ailleurs d'intervenir dans tout le secteur m&#233;dico-social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'une prime de 7 000 &#164; par an leur a &#233;t&#233; promise s'ils restent exclusivement &#224; l'h&#244;pital, on n'en trouve plus qui acceptent des vacations dans nos &#233;tablissements. Quant aux instituteurs, l'&#233;ducation nationale reconna&#238;t que sur tout le territoire, il y a 7500 postes sp&#233;cialis&#233;s qui ne sont pas pourvus. Cela peut se comprendre : dans mon &#233;tablissement, un gamin s'est mis un jour &#224; contester l'affirmation de sa ma&#238;tresse selon laquelle la terre tournait autour du soleil. Comme l'adulte insistait affirmant poss&#233;der le savoir, le gosse lui r&#233;pliquait qu'il voulait voir ses dipl&#244;mes. Il a fini par proposer &#224; la classe de voter pour savoir qui avait raison. On comprend que cela peut &#234;tre usant au quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous vous heurtez aussi &#224; des difficult&#233;s de recrutement des personnels &#233;ducatifs&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela d&#233;pend de chaque &#233;tablissement : dans certains les &#233;quipes sont stables, mais dans bien d'autres, elles subissent un turn-over impressionnant. Il nous semble que pour faire face &#224; de telles difficult&#233;s, il serait important de rendre attractif le travail en IR. Cela pourrait se faire tout d'abord par une formation compl&#233;mentaire au dipl&#244;me initial, qui permettrait une pr&#233;paration et une adaptation au public particuli&#232;rement difficile que nous recevons. Une fois en place, les personnels doivent se voir reconnue l'interpellation psychique et physique qu'ils subissent. Cela pourrait prendre la forme d'une meilleure r&#233;mun&#233;ration, qui serait sp&#233;cifique &#224; ces postes particuli&#232;rement expos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, il faut aussi que soit reconnu dans une ligne budg&#233;taire sp&#233;cifique, le soutien apport&#233; aux professionnels que cela s'appelle supervision ou analyse de pratique. Tout cela permettrait, nous semble-t-il, d'aider les professionnels qui se d&#233;pensent beaucoup et s'usent dans les IR, plus que partout ailleurs, &#224; mieux vivre les d&#233;savantages li&#233;s aux investissements forts qui leur sont demand&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont vos relations avec les autorit&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en contact avec le minist&#232;re de la Solidarit&#233;. On nous y &#233;coute avec int&#233;r&#234;t. Mais, nous attendons surtout qu'on nous y entende. Nous cherchons &#224; nous faire conna&#238;tre, car beaucoup ne connaissent pas notre travail. Nous voulons &#233;viter le renouvellement des tentations d'un Jacques Toubon, alors garde des Sceaux, qui avait pens&#233; transformer nos &#233;tablissements en centres &#233;ducatifs renforc&#233;s ! Nous ne voulons plus de la compassion pour le travail que nous faisons, mais la reconnaissance de nos comp&#233;tences.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'enfant violent - Le conna&#238;tre, l'aider, l'aimer</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-enfant-violent-Le-connaitre-l-aider-l-aimer</link>
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		<dc:date>2002-06-05T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Violence</dc:subject>
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&lt;p&gt;Notre soci&#233;t&#233; est confront&#233;e &#224; une mont&#233;e de la violence. Pour autant, seuls 5 &#224; 6 % des hommes et 2 % des femmes commettent la moiti&#233; environ des crimes et des d&#233;lits et 60 &#224; 85 % des crimes et des d&#233;lits graves et violents. Pour beaucoup de ces adultes, les troubles du comportement ont commenc&#233; d&#232;s l'enfance. L'auteur met en garde, avec une grande intelligence, contre les d&#233;rives des &#233;ventuels facteurs de risque : ce ne sont l&#224; ni des causes d&#233;terminantes ni des &#233;l&#233;ments statiques, mais des circonstances (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L110xH150/arton484-fbc9d.jpg?1694612495' width='110' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Notre soci&#233;t&#233; est confront&#233;e &#224; une mont&#233;e de la violence. Pour autant, seuls 5 &#224; 6 % des hommes et 2 % des femmes commettent la moiti&#233; environ des crimes et des d&#233;lits et 60 &#224; 85 % des crimes et des d&#233;lits graves et violents. Pour beaucoup de ces adultes, les troubles du comportement ont commenc&#233; d&#232;s l'enfance. L'auteur met en garde, avec une grande intelligence, contre les d&#233;rives des &#233;ventuels facteurs de risque : ce ne sont l&#224; ni des causes d&#233;terminantes ni des &#233;l&#233;ments statiques, mais des circonstances personnelles, relationnelles ou sociales qui renforcent la vuln&#233;rabilit&#233;. Mais leur nature et leur dynamique &#233;voluent en fonction du d&#233;veloppement de l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains enfants rencontrent donc des difficult&#233;s sans pr&#233;senter d'&#233;l&#233;ments qui y pr&#233;disposaient et d'autres n'en ont pas malgr&#233; la pr&#233;sence de facteurs de risque. Ce concept, &#224; juste raison, relativis&#233;, restent n&#233;anmoins des particularit&#233;s qui doivent inciter &#224; la vigilance. Il en va ainsi, notamment, du d&#233;s&#233;quilibre entre le syst&#232;me d'activation et le syst&#232;me d'inhibition (deux m&#233;canismes neurobiologiques &#224; l' ?uvre dans la formation de la personnalit&#233;) au d&#233;triment du second. Le contexte de vie joue aussi un r&#244;le essentiel : discipline peu contr&#244;lante voire incoh&#233;rente, difficult&#233;s familiales, parents atteints eux-m&#234;mes de troubles graves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre facteur qui ne peut &#234;tre n&#233;glig&#233; : un contexte culturel de banalisation de la violence dont les programmes cin&#233;matographiques ou t&#233;l&#233;visuels sont une bonne repr&#233;sentation. Les troubles de l'enfant tiennent donc, pour une part, aux d&#233;ficits et d&#233;sordres individuels et pour une autre, &#224; une adaptation optimale &#224; des conditions personnelles et environnementales qui ne le sont pas. &#171; L'origine de l'agressivit&#233; et de la violence r&#233;side moins dans une ou deux ?causes premi&#232;res ? que dans un cumul de circonstances n&#233;gatives qui persistent et s'encha&#238;nent dans le temps &#187; (p. 90). Comment peut-on alors r&#233;agir ? En agissant par la pr&#233;vention et l'aide apport&#233;e aux parents dans la p&#233;riode o&#249; leurs enfants sont confront&#233;s &#224; un nombre croissant de d&#233;fis : apprendre &#224; d&#233;chiffrer et &#224; interpr&#233;ter son propre comportement et celui d'autrui et &#224; y r&#233;pondre par d'autres modes que celui de l'agressivit&#233; et de la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'axe principal est bien celui d'une pratique r&#233;guli&#232;re de la communication r&#233;guli&#232;re et affectueuse favorisant le d&#233;veloppement des comp&#233;tences instrumentales et interpersonnelles de l'enfant. Mais cela ne peut se concr&#233;tiser qu'en rendant son environnement quotidien pr&#233;visible et clair, qu'en faisant de l'autorit&#233; parentale un rep&#232;re structurant et coh&#233;rent. L'objectif consiste &#224; r&#233;duire autant que possible un style de vie stressant et chaotique qui a pour effets d'accro&#238;tre les &#233;motions n&#233;gatives, de restreindre le champ cognitif permettant d'interpr&#233;ter les modes relationnels et de d&#233;velopper la d&#233;t&#233;rioration du comportement social.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Bayard, 2000 (258 p. ; 19,67 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La destructivit&#233; chez l'enfant et l'adolescent</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-destructivite-chez-l-enfant-et-l-adolescent</link>
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		<dc:date>2002-06-05T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Adolescence</dc:subject>
		<dc:subject>624</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il ne faut ni diaboliser les jeunes ni en faire que des anges ou des victimes. Mieux vaut les consid&#233;rer comme des &#234;tres dont la maturation progressive les confronte au d&#233;bat int&#233;rieur entre le bien et le mal, l'&#233;gocentrisme et la sociabilit&#233;, le respect des r&#232;gles et des lois et la transgression. Jean-Yves Hayez a &#233;crit ici un v&#233;ritable manuel de l'enfant destructeur et violent qui ravira le lecteur autant qu'il l'emplira d'effroi. D'une fa&#231;on m&#233;thodique, il d&#233;crit le mode de fonctionnement du petit (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il ne faut ni diaboliser les jeunes ni en faire que des anges ou des victimes. Mieux vaut les consid&#233;rer comme des &#234;tres dont la maturation progressive les confronte au d&#233;bat int&#233;rieur entre le bien et le mal, l'&#233;gocentrisme et la sociabilit&#233;, le respect des r&#232;gles et des lois et la transgression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Yves Hayez a &#233;crit ici un v&#233;ritable manuel de l'enfant destructeur et violent qui ravira le lecteur autant qu'il l'emplira d'effroi. D'une fa&#231;on m&#233;thodique, il d&#233;crit le mode de fonctionnement du petit d'homme et les m&#233;canismes psychiques qui le poussent aux actes de destruction. Bien s&#251;r, il r&#233;cuse les notions d'organisation ou de structure qui induisent l'id&#233;e d'un ach&#232;vement total. Car l'&#233;tat du moment est toujours susceptible de se modifier, sans compter qu'un jeune r&#233;put&#233; fonctionner normalement est fort capable, lui aussi, de traverser de mauvaises passes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Yves Hayez dresse n&#233;anmoins un tableau clinique qui tente de regrouper un certain nombre de cat&#233;gories : immaturit&#233;, psychopathie, v&#233;cu d'exclusion, d&#233;linquance, perversion, psychoses sont autant d'orientations qui font l'objet d'approfondissements m&#233;ticuleux et passionnants. Bien que l'auteur s'efforce tout au long de son descriptif d'en appeler &#224; une n&#233;cessaire et constante bienveillance de la part des intervenants sociaux, on ne peut s'emp&#234;cher tout au long de cette lecture d'&#234;tre tent&#233; de porter un nouveau regard sur les petits monstres que nous c&#244;toyions jusqu'alors avec une certaine indulgence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249;, sans doute, une longue et d&#233;taill&#233;e premi&#232;re partie consacr&#233;e aux modes d'accompagnement de ces jeunes qui constitue un v&#233;ritable hymne humaniste et g&#233;n&#233;reux &#224; l'action de l'adulte. &#171; Un jeune avec qui l'on noue des relations fortes et positives et &#224; l'&#233;ducation quotidienne duquel on se consacre avec enthousiasme et intensit&#233;, peut se sentir port&#233; et retenu par des liens humains auxquels il attache de l'importance, avoir envie d'y donner le meilleur de lui-m&#234;me, et cesser d'&#234;tre un destructeur &#187; (p. 61).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, la sanction n'est pas oubli&#233;e. Elle fait l'objet d'un long d&#233;veloppement qui en pr&#233;cise la port&#233;e et les limites. L'auteur distingue entre les impulsions irr&#233;sistibles et tyranniques qui aveuglent le sujet l'obligeant &#224; contrevenir &#224; la r&#232;gle et ces actes pos&#233;s en toute libert&#233; et en conscience des cons&#233;quences induites, mais aussi entre les effets majeurs et ceux qui sont minimes. Il pose alors les &#233;chelles n&#233;cessaires de sanctions : depuis l'interdiction verbale jusqu'&#224; la contention dans les cas extr&#234;mes (incarc&#233;ration) en passant par la pure et simple abstention (qu'il ne faut pas confondre avec le d&#233;ni, la d&#233;mission la passivit&#233; ou la complicit&#233; de l'adulte). Un livre foisonnant et d'une grande richesse &#224; conseiller au lecteur d&#233;sireux d'y voir plus clair dans ces comportements parfois si d&#233;routants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Dunod, 2001 (264 p. ; 24,40 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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