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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>T&#233;l&#233;phonie sociale : une &#233;coute anonyme et imm&#233;diate </title>
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		<dc:subject>619</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour Anne Boisset sociologue et formatrice &#224; l'Association de recherche et d'&#233;tudes sur la t&#233;l&#233;phonie sociale , les cl&#233;s du succ&#232;s de la t&#233;l&#233;phonie sociale tiennent au fait que dans une situation de crise, un moment d'angoisse, un sentiment de solitude, on puisse parler avec quelqu'un sans attendre et sans &#234;tre identifi&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle analyse faites-vous du succ&#232;s que rencontrent les &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques destin&#233;es &#224; offrir un espace de parole aux gens en d&#233;tresse ? Vous parlez de &#171; succ&#232;s &#187;, et d'une certaine (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-619-" rel="tag"&gt;619&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour Anne Boisset sociologue et formatrice &#224; l'Association de recherche et d'&#233;tudes sur la t&#233;l&#233;phonie sociale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='ADRETS - 5-7 rue des Marronniers - 69002 Lyon. T&#233;l. 04 78 37 95 (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les cl&#233;s du succ&#232;s de la t&#233;l&#233;phonie sociale tiennent au fait que dans une situation de crise, un moment d'angoisse, un sentiment de solitude, on puisse parler avec quelqu'un sans attendre et sans &#234;tre identifi&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle analyse faites-vous du succ&#232;s que rencontrent les &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques destin&#233;es &#224; offrir un espace de parole aux gens en d&#233;tresse ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous parlez de &#171; succ&#232;s &#187;, et d'une certaine mani&#232;re vous n'avez pas tort, puisque, lors d'une enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e &#224; l'occasion du colloque organis&#233; les 13 et 14 novembre 2001 sur la t&#233;l&#233;phonie sociale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Des services t&#233;l&#233;phoniques &#224; l'&#233;coute. Pour une t&#233;l&#233;phonie de la sant&#233; et du (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il est apparu que non seulement le nombre de services avait fortement augment&#233;, (notamment durant les ann&#233;es 90), mais aussi que le nombre d'appels &#233;tait lui aussi en constante augmentation. D'un point de vue quantitatif, on peut donc effectivement parler de &#171; succ&#232;s &#187;. N&#233;anmoins, les donn&#233;es quantitatives ne permettent que de faire le constat du d&#233;veloppement des services et de leurs utilisateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse que l'on peut faire du succ&#232;s de ces services est li&#233;e &#224; mon avis au fait que l'offre d'assistance est particuli&#232;re. En effet, le contexte t&#233;l&#233;phonique (qui garantit d'une certaine mani&#232;re l'anonymat), la disponibilit&#233; (la plupart de ces services sont ouverts 24h/24) et les facilit&#233;s d'acc&#232;s (il suffit de d&#233;crocher un combin&#233; pour &#234;tre en contact avec le service), r&#233;pondent &#224; des crit&#232;res de qualit&#233; que l'on peut supposer fortement appr&#233;ci&#233;s par les usagers de ce type de service. Les situations de crise, les moments d'angoisse, le sentiment de solitude ou d'isolement, le besoin d'informations mais aussi la possibilit&#233; de parler avec quelqu'un sont autant de situations qui s'accommodent mal d'&#234;tre identifi&#233; et d'attendre. &#202;tre &#233;cout&#233; et soutenu anonymement, avec bienveillance et imm&#233;diatement motive la plupart des appels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on parler d'une intervention qui suppl&#233;e le travail social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; la dimension &#233;coute est tr&#232;s pr&#233;sente dans la demande des appelants et o&#249; les &#233;coutants des diff&#233;rents services s'y plient, on peut effectivement dire qu'il s'agit l&#224; d'une forme de travail social. Il faut n&#233;anmoins ajouter que le travail social ne se d&#233;cline pas seulement sous forme d'&#233;coute mais aussi sous un certain nombre d'autres t&#226;ches. Pour ce qui concerne le travail des services t&#233;l&#233;phoniques la nuit, il est &#233;vident que les structures traditionnelles ne travaillant pas &#224; ces moments, on peut dire que ces services suppl&#233;ent &#224; l'une des missions du travail social. Il faut toutefois pr&#233;ciser que beaucoup d'&#233;coutants travaillant au sein des services t&#233;l&#233;phoniques sont issus du travail social. Si l'on excepte des associations qui ne fonctionnent qu'avec des b&#233;n&#233;voles, pour les autres, on trouve parmi les salari&#233;s un certain nombre d'&#233;ducateurs, d'assistantes sociales ou de psychologues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce type de pratiques professionnelles n&#233;cessiterait-il des formations sp&#233;cifiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les services t&#233;l&#233;phoniques dispensent des formations &#224; leurs &#233;coutants, que ceux-ci soient b&#233;n&#233;voles ou salari&#233;s. Ces formations sont d'abord centr&#233;es sur la probl&#233;matique que se propose de traiter le num&#233;ro. Elles concernent &#233;galement l'existence et le fonctionnement des diff&#233;rents dispositifs de prise en charge puisque bon nombre de services ont des missions d'information et d'orientation. Ensuite, les services dispensent, chacun de mani&#232;re diff&#233;rente, des apports et des r&#233;flexions d'ordre essentiellement psychologique concernant l'&#233;coute et la relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble important de dire que ces services ne sont pas des services &#171; psy &#187; (except&#233; bien entendu ceux qui affichent ce type de prise en charge), et que le besoin de formation pourrait aussi se compl&#233;ter par l'approche interactionniste. Ainsi, la mani&#232;re dont se construisent les &#233;changes, la place que les interlocuteurs s'attribuent et/ou n&#233;gocient tout au long de l'interaction, l'aspect pragmatique de ces &#233;changes, (comment les interlocuteurs agissent les uns sur les autres au seul moyen de la parole) correspondent au contexte d'assistance que proposent ces services t&#233;l&#233;phoniques. S'il s'agit en effet, lors de ces &#233;changes, de traiter un probl&#232;me, il s'agit surtout je crois de prendre en compte le r&#233;cit d'un interlocuteur, de lui reconna&#238;tre une place dans cet &#233;change afin qu'il puisse avoir une autre id&#233;e de lui-m&#234;me et de la mani&#232;re dont il peut traiter son probl&#232;me. De fait, peut-&#234;tre qu'une des diff&#233;rences du travail r&#233;alis&#233; par les services t&#233;l&#233;phoniques par rapport &#224; celui des services sociaux se situe dans cette diff&#233;rence : l'un a plut&#244;t pour mission de traiter &#171; le probl&#232;me et ses caract&#233;ristiques &#187; et l'autre plut&#244;t &#171; le locuteur et son exp&#233;rience &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-il y avoir des d&#233;rives ? Lesquelles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'instar de tous les services, l'aide par t&#233;l&#233;phone n'est pas &#224; l'abri de d&#233;rives. La multiplication des services et leur grande diversification augmentent sans doute les possibilit&#233;s de d&#233;rapages. La plus grande d&#233;rive serait que les services &#171; oublient &#187; qu'ils ne traitent que des situations, des moments difficiles&#8230; la relation t&#233;l&#233;phonique ne peut pas &#234;tre une fin en soi, elle reste un accompagnement qui a toute son utilit&#233;, que ce soit pour aider l'appelant &#224; s'adresser &#224; d'autres services s'il en &#233;prouve le besoin ou pour l'accompagner dans un passage difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des appelants, le risque de d&#233;rive se situe dans l'utilisation qu'ils font des num&#233;ros. En effet, si l'offre propos&#233;e est une aide ponctuelle, bon nombre de services font &#233;tat de la pr&#233;sence d'habitu&#233;s. Ces personnes viennent bousculer le fonctionnement du service dans la mesure o&#249; elles sollicitent les num&#233;ros de mani&#232;re suivie et instaurent avec les services et/ou les &#233;coutants des relations qui n'ont plus rien &#224; voir avec l'aide pour lesquels ces services se sont cr&#233;&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur un plan politique, le succ&#232;s de ces services d'&#233;coute t&#233;l&#233;phonique n'est-il pas r&#233;v&#233;lateur d'une carence au niveau social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recours au t&#233;l&#233;phone pour parler de soi n'est pas forc&#233;ment le r&#233;sultat d'un manque au niveau social. Les probl&#232;mes &#233;voqu&#233;s ne sont pas &#171; nouveaux &#187; ; la solitude, la maladie, la maltraitance, la toxicomanie, etc. ne sont pas apparues avec les services t&#233;l&#233;phoniques. Il me semble par contre que la forme propos&#233;e m&#234;me si elle n'est pas nouvelle, (SOS Amiti&#233; date de 1960), est particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, les services t&#233;l&#233;phoniques affichent leur disponibilit&#233;, invitent les individus &#224; les contacter mais ne pr&#233;sument en rien des effets de l'&#233;change. Finalement cette position rappelle la cr&#233;ation en 1953 en Angleterre du premier num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone o&#249; un R&#233;v&#233;rend, alert&#233; par le nombre de suicides avait fait passer dans le Times l'annonce suivante : &#171; Avant de vous suicider, t&#233;l&#233;phonez-moi &#187;. Cet &#233;nonc&#233; ne dit pas qu'il ne faut pas se suicider, il ne dit pas non plus que l'auteur du message a la solution, il dit simplement qu'il est possible d'appeler. Ainsi, en signalant leur existence les num&#233;ros marquent l'espace social et laissent aux &#233;ventuels appelants le choix de faire appel &#224; eux. On peut voir ici l'expression d'une forme d'aide qui rel&#232;ve plus d'une nouvelle conception de l'assistance que d'une r&#233;vision &#224; la baisse quant &#224; l'efficacit&#233; des services plus traditionnels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ADRETS - 5-7 rue des Marronniers - 69002 Lyon. T&#233;l. 04 78 37 95 03&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des services t&#233;l&#233;phoniques &#224; l'&#233;coute. Pour une t&#233;l&#233;phonie de la sant&#233; et du social, solidaire et d'int&#233;r&#234;t public. Enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e aupr&#232;s d'une vingtaine de services t&#233;l&#233;phoniques&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Des lieux d'&#233;coute anonyme pour quoi faire ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Des-lieux-d-ecoute-anonyme-pour-quoi-faire</link>
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		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>619</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La solitude, la d&#233;prime, le mal-&#234;tre causent des souffrances dont SOS Amiti&#233; et la Porte Ouverte recueillent les mots en entretien, l'une par t&#233;l&#233;phone l'autre dans ses locaux. Les b&#233;n&#233;voles de ces associations apportent &#224; ceux qui les sollicitent une aide diff&#233;rente de l'intervention traditionnelle des professionnels de la sant&#233; et du social. Il n'y a pas concurrence mais compl&#233;mentarit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les chiffres parlent d'eux-m&#234;mes : 58 000 appels re&#231;us en 1998 par SOS Amiti&#233; (&#233;coute par t&#233;l&#233;phone), dont 14 100 (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La solitude, la d&#233;prime, le mal-&#234;tre causent des souffrances dont SOS Amiti&#233; et la Porte Ouverte recueillent les mots en entretien, l'une par t&#233;l&#233;phone l'autre dans ses locaux. Les b&#233;n&#233;voles de ces associations apportent &#224; ceux qui les sollicitent une aide diff&#233;rente de l'intervention traditionnelle des professionnels de la sant&#233; et du social. Il n'y a pas concurrence mais compl&#233;mentarit&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les chiffres parlent d'eux-m&#234;mes : 58 000 appels re&#231;us en 1998 par SOS Amiti&#233; (&#233;coute par t&#233;l&#233;phone), dont 14 100 directement li&#233;s au suicide ; 32 000 entretiens pratiqu&#233;s, &#224; Paris, par la Porte Ouverte (lieux d'accueil et de parole), en 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOS Amiti&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='SOS Amiti&#233; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 1960 en France et s'est inspir&#233;e du premier service (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; peut &#234;tre contact&#233;, m&#234;me si ses lignes sont souvent encombr&#233;es, 24h sur 24h, tous les jours de l'ann&#233;e. La Porte Ouverte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='La Porte Ouverte, &#233;manation de SOS Amiti&#233;, existe depuis 1969. Les (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; propose &#224; Paris trois lieux d'accueil o&#249; les personnes sont re&#231;ues 7 jours sur 7, sans rendez-vous, dans l'apr&#232;s-midi ou en soir&#233;e. Cette disponibilit&#233; dans l'instant est d&#233;lib&#233;r&#233;e. Les &#233;quipes sont organis&#233;es pour permettre ce fonctionnement : elles tournent et se relayent toutes les quatre heures. &lt;i&gt;&#171; Nous sommes dans le moment, dans l'ici et maintenant &#187;&lt;/i&gt; souligne Florence Picard, vice-pr&#233;sidente de la Porte Ouverte. &lt;i&gt;&#171; Nous offrons aux personnes un espace de parole, modeste et limit&#233;, mais inhabituel dans notre soci&#233;t&#233; : les personnes qui viennent nous voir d&#233;cident de ce qu'elles veulent dire ; elles nous utilisent comme elles le veulent, comme elles le peuvent &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;coute t&#233;l&#233;phonique et les entretiens se pratiquent dans l'anonymat, aussi bien du c&#244;t&#233; des b&#233;n&#233;voles que du c&#244;t&#233; des accueillis et des &#233;cout&#233;s. L'anonymat et le secret sont les garants d'une plus grande libert&#233; de parole et d'&#233;coute. &lt;i&gt;&#171; Un lien se cr&#233;e, dans cette rencontre entre deux personnes, &#224; ce moment-l&#224; &#187;&lt;/i&gt;, confie Nicole Viallat, responsable de communication SOS Amiti&#233; &#206;le de France. &lt;i&gt;&#171; L'appelant me confie son intimit&#233; et peut m'imaginer &#224; la place qu'il veut, celle d'une s&#339;ur, d'une m&#232;re&#8230; De mon c&#244;t&#233;, comme je ne le vois pas, je ne suis pas g&#234;n&#233;e par des gestes ou des regards ; il y a moins de parasites dans la relation &#187;&lt;/i&gt;. Cons&#233;quence majeure de l'anonymat : une personne peut revenir &#224; la Porte Ouverte ou appeler SOS Amiti&#233; autant de fois qu'elle le souhaite, mais elle aura toujours des interlocuteurs diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;coute ponctuelle et confidentielle doit permettre &#224; celui qui t&#233;l&#233;phone ou se pr&#233;sente - souvent dans l'urgence - de desserrer son angoisse, d'y voir plus clair en lui-m&#234;me pour mieux reprendre sa route (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Telephonie-sociale-une-ecoute-anonyme-et-immediate' class='spip_in'&gt;lire l'interview de Anne Boisset, sociologue&lt;/a&gt;). &lt;i&gt;&#171; Les travailleurs sociaux sont dans une relation d'aide plus concr&#232;te ; ils &#233;laborent un projet avec les usagers qu'ils ont en suivi &#187;&lt;/i&gt;, expose Florence Picard. &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas notre r&#244;le. Nous ne sommes pas dans la m&#234;me efficacit&#233;. Nous n'avons pas, de plus, vis-&#224;-vis des personnes que nous accueillons, le pouvoir, le savoir, la sup&#233;riorit&#233; qu'ont les professionnels ; nous sommes des personnes comme elles mais plus solides. Quand quelqu'un nous dit : &#171; Je me sens mieux, plus l&#233;ger parce que j'ai pu vous parler de ce qui n'allait pas &#187;, c'est d&#233;j&#224; extraordinaire pour nous, m&#234;me si l'angoisse et l'anxi&#233;t&#233; peuvent revenir plus tard &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les b&#233;n&#233;voles de SOS Amiti&#233; et de la Porte Ouverte sont soumis &#224; une &#233;thique. Leur &#233;coute, attentive et empathique, doit &#234;tre non directive, centr&#233;e sur la personne, respectueuse de ses origines, convictions et comportements. Elle doit &#234;tre ind&#233;pendante de toute orientation politique et religieuse, non interventionniste (les associations disposent toutefois d'un fichier d'adresses sp&#233;cialis&#233;es, communiqu&#233;es par l'&#233;coutant et l'accueillant qui en auront &#233;valu&#233; la n&#233;cessit&#233; ou la pertinence).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les b&#233;n&#233;voles sont recrut&#233;s de mani&#232;re rigoureuse (trois entretiens de s&#233;lection : deux avec des b&#233;n&#233;voles confirm&#233;s, un avec un psychologue ou psychanalyste salari&#233; de l'association). Ils doivent &#234;tre motiv&#233;s, suffisamment disponibles (ils s'engagent sur un nombre d'heures d'&#233;coute ou d'accueil) et solides. &lt;i&gt;&#171; Toute personne doit &#234;tre accueillie,&lt;/i&gt; pr&#233;cise Florence Picard, &lt;i&gt;et doit pouvoir s'appuyer sur notre solidit&#233;. Elle doit sentir qu'elle peut tout dire, que nous ne serons pas impressionn&#233;s et d&#233;stabilis&#233;s, m&#234;me par des choses inconvenantes ou choquantes &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; 2 % des personnes qui nous t&#233;l&#233;phonent nous parlent de suicide &#187;&lt;/i&gt;, souligne Nicole Viallat. &lt;i&gt;&#171; Nous devons &#234;tre pr&#234;ts &#224; cette &#233;ventualit&#233;. Nous allons &#234;tre l&#224; tout le temps qu'il faudra avec un suicidaire (personne qui a des id&#233;es de suicide) ou un suicidant (personne qui a commenc&#233; &#224; se suicider) ; nous allons tout mettre en &#339;uvre pour l'aider. Il nous est arriv&#233; de ne rien pouvoir faire. Si c'est cette voie que la personne a choisie, nous devons respecter son choix, m&#234;me si ce n'est pas facile de l'accepter &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les b&#233;n&#233;voles de SOS Amiti&#233; se confrontent &#224; la frustration de ne jamais voir la personne qu'ils &#233;coutent. &lt;i&gt;&#171; Bien s&#251;r, il y a des appels qui nous touchent ; nous avons envie de savoir ce que la personne est devenue et m&#234;me, parfois, de la rencontrer &#187;&lt;/i&gt;, confie Nicole Viallat. &lt;i&gt;&#171; Mais la rupture doit se faire tout de suite parce que nous ne pouvons pas nous engager dans un suivi. Les num&#233;ros des appelants ne s'affichent pas pour nous &#233;viter cette tentation &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les b&#233;n&#233;voles des deux associations sont form&#233;s par des professionnels (les psychologues ou psychanalystes de l'association) qui les pr&#233;parent &#224; entendre des situations et des souffrances de toute nature. La premi&#232;re formation pratique et imm&#233;diate, est men&#233;e, &#224; la Porte Ouverte, par un psychanalyste, &#224; partir de jeux de r&#244;le, de mises en situation. La formation continue consiste, ensuite, en groupes de supervision r&#233;guliers et obligatoires. L'accueillant de la Porte Ouverte est toujours seul face &#224; la personne. Ces formations lui sont souvent indispensables pour pouvoir questionner ses r&#233;actions, conna&#238;tre ses limites et progresser dans sa fa&#231;on d'accueillir. Les b&#233;n&#233;voles de SOS Amiti&#233; b&#233;n&#233;ficient de formations quasi similaires. La pratique de la double &#233;coute (l'accompagnement d'&#233;coute d'un nouveau par un ancien) favorise, cependant, l'apprentissage du d&#233;butant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui sont ces hommes et ces femmes qui s'engagent dans cette d&#233;marche d'&#233;coute ? Qu'est-ce qui les motive ? &lt;i&gt;&#171; Nos b&#233;n&#233;voles sont issus de milieux socioprofessionnels tr&#232;s divers &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Florence Picard. &lt;i&gt;&#171; Il y a 5 ou 6 ans, la plupart &#233;taient retrait&#233;s ; depuis deux ans, ils sont plus jeunes (30 &#224; 50 ans), beaucoup travaillent, ils sont moins disponibles, ils nous quittent aussi plus vite en raison de changements familiaux ou professionnels &#187;. &#171; On vient &#224; SOS Amiti&#233; pour aider l'autre &#187;&lt;/i&gt;, confie Nicole Viallat. &lt;i&gt;On re&#231;oit beaucoup. On apprend un peu sur l'humanit&#233;, sur nous-m&#234;me, sur notre fonctionnement ; on relativise les soucis du quotidien. Il existe une convivialit&#233; entre &#233;coutants, nous nous sentons appartenir &#224; une m&#234;me communaut&#233; &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passe-t-il du c&#244;t&#233; des demandeurs ? Qui sont-ils ? Qu'attendent-ils des b&#233;n&#233;voles ? &lt;i&gt;&#171; Les personnes qui nous appellent le plus souvent sont &#226;g&#233;es de 40 &#224; 60 ans et appartiennent &#224; toutes les cat&#233;gories socioprofessionnelles &#187;&lt;/i&gt; expose Nicole Viallat. &lt;i&gt;&#171; Les ch&#244;meurs et les retrait&#233;s sont nombreux. Il y a celui qui t&#233;l&#233;phone et qui n'arrive pas &#224; parler, les mots ne peuvent pas sortir&#8230;, celui qui est rassur&#233; par une pr&#233;sence au bout de la nuit&#8230;, ceux qui appellent et rappellent parce que cela les aide &#224; vivre et que nous sommes un peu leur famille&#8230;, celui qui insulte&#8230;, celui qui menace&#8230; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous accueillons des hommes et des femmes &#226;g&#233;s de 30 &#224; 60 ans,&lt;/i&gt; explique Florence Picard, &lt;i&gt;davantage de femmes aujourd'hui. Notre public est tr&#232;s diversifi&#233;. Nos visiteurs ponctuels sont issus de la classe moyenne, certains travaillent. Ils viennent pour des probl&#232;mes provisoires et pr&#233;cis (difficult&#233;s de vie familiale, de harc&#232;lement au travail, par exemple). Nos visiteurs r&#233;guliers sont en invalidit&#233; ou n'ont pas d'activit&#233; professionnelle. Ils sont tr&#232;s seuls et ont une vie sociale extr&#234;mement r&#233;duite. Ils ont un domicile, sont soign&#233;s. Ils sont souvent dans une d&#233;marche th&#233;rapeutique. Nous leur permettons de ne pas sombrer compl&#232;tement, de rester chez eux, de moins se m&#233;dicaliser. Ils nous parlent de leur solitude, de leur incapacit&#233; &#224; construire un couple ; nous sommes un lieu qui remplace tout ce qu'ils n'ont pas. Quelquefois, nous accueillons des sans-domicile-fixe ; ils entrent pour passer un moment ou parce qu'il fait trop froid dehors &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre vient r&#233;guli&#232;rement &#224; la Porte Ouverte ; il t&#233;moigne de son exp&#233;rience. &lt;i&gt;&#171; Fils unique, j'ai perdu mes parents, je n'ai plus d'attache familiale. Je travaille en CDD comme d&#233;corateur, magasinier&#8230;, les relations avec mes coll&#232;gues sont distantes. Dans mon entourage, je n'ai pas de personnes auxquelles me confier ; je ne peux pas leur demander la m&#234;me chose qu'&#224; la Porte Ouverte&#8230; C'est quasiment une n&#233;cessit&#233; pour moi de venir ici pour parler (il m'arrive aussi de t&#233;l&#233;phoner &#224; SOS Amiti&#233;). Je me sens compris et &#233;cout&#233;. Je peux dire mes angoisses, mes &#233;tats d'&#226;me et mes douleurs, parce que cela reste dans l'anonymat. J'ai plus de feeling avec certains interlocuteurs, je suis plus r&#233;ticent, plus distant avec d'autres mais c'est plus riche d'avoir plusieurs &#233;changes. On parle trop de la mis&#232;re et de la solitude en termes m&#233;diatiques et pas assez des r&#233;alisations positives. La Porte Ouverte apporte une assistance pr&#233;cieuse &#224; ceux qui sont dans une situation d&#233;licate et difficile &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses associations d'&#233;coute, de soutien et d'information t&#233;l&#233;phonique se sont d&#233;velopp&#233;es ces deux derni&#232;res d&#233;cennies. Le premier colloque de la t&#233;l&#233;phonie sociale qui s'est r&#233;uni &#224; Paris, au si&#232;ge de l'UNESCO, les 13 et 14 novembre derniers, t&#233;moigne de l'actualit&#233; et des enjeux politiques de cette nouvelle intervention sociale. Une enqu&#234;te du CREDOC (&lt;a href=&#034;http://www.credoc.fr/publications/abstract.php?ref=CMV154&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;novembre 2001&lt;/a&gt;) r&#233;v&#232;le que plus de 2,5 millions de personnes ont eu recours &#224; ces associations, 18 % serait pr&#234;ts &#224; le faire si besoin &#233;tait. Voil&#224; un large public potentiel &#224; saisir pour le secteur associatif. SOS Amiti&#233; et la Porte Ouverte sont reconnues associations d'utilit&#233; publique, leurs exp&#233;riences et leurs r&#233;flexions, men&#233;es avec l'appui de professionnels, semblent garantir le s&#233;rieux de leurs actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En est-il et en sera-t-il de m&#234;me pour toutes ces associations qui fleurissent sur le march&#233; ? &#192; trop vouloir faire de l'&#233;coute, ne finirait-on pas par galvauder celle-ci ? R&#233;pondre dans l'urgence &#224; l'angoisse de personnes en souffrance, n'est-ce pas les d&#233;tourner de la possibilit&#233; d'un travail approfondi et continu avec des professionnels ? Ces personnes sont-elles syst&#233;matiquement et suffisamment inform&#233;es des r&#232;gles de fonctionnement des associations, lorsqu'elles prennent contact avec elles pour la premi&#232;re fois ? Les ruptures dans l'instant ne risquent-elles pas d'&#234;tre traumatiques, v&#233;cues comme des abandons par le solliciteur, d'autant plus qu'elles ne peuvent pas &#234;tre reparl&#233;es avec le m&#234;me interlocuteur ? Le d&#233;bat reste ouvert&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si l'exp&#233;rience de ces associations, invitait en retour, les travailleurs sociaux &#224; interroger leurs pratiques : quelle qualit&#233; d'accueil proposent-ils aux usagers, quel traitement r&#233;servent-ils &#224; l'urgence, quels choix de travail posent-ils ?..&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.sos-amitie.com&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;SOS Amiti&#233;&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 1960 en France et s'est inspir&#233;e du premier service d'&#233;coute t&#233;l&#233;phonique britannique du r&#233;v&#233;rend Chad Varah, fondateur des Samaritains. 43 associations SOS Amiti&#233; sont regroup&#233;es depuis au sein de la f&#233;d&#233;ration la&#239;que SOS Amiti&#233; France, association loi 1901 reconnue d'utilit&#233; publique. Chaque association recrute, forme ses b&#233;n&#233;voles (ils sont 2000 pour toute la France) et peut aussi organiser des actions li&#233;es &#224; la pr&#233;vention du suicide (interventions de sensibilisation dans les &#233;coles, participation &#224; des forums, etc.). Financ&#233;e par les particuliers (53 %) et les entreprises (7 %), SOS Amiti&#233; est aussi subventionn&#233;e &#224; 40 % par les pouvoirs publics. Le service d'&#233;coute est gratuit mais le co&#251;t de la communication est celui d'un appel local ou de 0,12 euro TTC la minute pour le num&#233;ro prioritaire de la r&#233;gion parisienne (num&#233;ro indigo : 0 820 066 066)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Porte Ouverte, &#233;manation de SOS Amiti&#233;, existe depuis 1969. Les associations les Portes Ouvertes de Besan&#231;on, Lyon, N&#238;mes, Paris, Rouen et Toulouse sont regroup&#233;es au sein d'une f&#233;d&#233;ration, association loi 1901. La Porte Ouverte est titulaire d'un compte &#224; la Fondation de France, ce qui atteste du caract&#232;re d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral attach&#233; &#224; sa mission. Elle b&#233;n&#233;ficie de l'appui du minist&#232;re des Affaires Sociales, du minist&#232;re de la Jeunesse et des Sports, de mairies et de conseils r&#233;gionaux. Elle est soutenue par des entreprises, des associations &#224; but humanitaire et par les cotisations de ses membres. 150 b&#233;n&#233;voles concourent &#224; son action en accueillant gratuitement tout visiteur.&lt;br class='manualbr' /&gt;La Porte Ouverte - 21, rue Duperr&#233; - 75009 Paris. T&#233;l : 01 48 74 69 11&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;coute anonyme : une fa&#231;on de r&#233;pondre &#224; l'urgence</title>
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		<dc:date>2002-04-25T09:42:00Z</dc:date>
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		<title>Malaise dans le travail. Harc&#232;lement moral</title>
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		<dc:subject>Organisation</dc:subject>
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&lt;p&gt;Les nombreuses lettres re&#231;ues par l'auteur, &#224; la suite de la parution de son premier livre en 1998 (Le harc&#232;lement moral) ainsi que le galvaudage du concept l'ont incit&#233; &#224; revenir sur ce th&#232;me. Cette suite appara&#238;t plus affin&#233;e et plus pr&#233;cise encore. L'ouvrage s'emploie tout d'abord &#224; distinguer ce qu'est le harc&#232;lement de ce qui n'est pas. Il ne faut pas amalgamer des comportements, qui pour &#234;tre proches, ne constituent pas &#224; proprement parler du harc&#232;lement moral : c'est le cas pour le stress (qui ne (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les nombreuses lettres re&#231;ues par l'auteur, &#224; la suite de la parution de son premier livre en 1998 (Le harc&#232;lement moral) ainsi que le galvaudage du concept l'ont incit&#233; &#224; revenir sur ce th&#232;me. Cette suite appara&#238;t plus affin&#233;e et plus pr&#233;cise encore. L'ouvrage s'emploie tout d'abord &#224; distinguer ce qu'est le harc&#232;lement de ce qui n'est pas. Il ne faut pas amalgamer des comportements, qui pour &#234;tre proches, ne constituent pas &#224; proprement parler du harc&#232;lement moral : c'est le cas pour le stress (qui ne devient destructeur que par exc&#232;s), le conflit (qui peut jouer, au contraire, un r&#244;le r&#233;gulateur), la maltraitance manag&#233;riale (tyrannie de certains chefs), les agressions ponctuelles, les mauvaises conditions de travail, les malentendus ou m&#233;sententes, les troubles psychiatriques transitoires, les n&#233;vroses parano&#239;aques (sentiment d'ins&#233;curit&#233; poussant &#224; l'agression) ou obsessionnelles (sentiment d'incompl&#233;tude impliquant un immense besoin de contr&#244;le). Non, le harc&#232;lement moral est bien cette conduite agressive (geste, parole, comportement, attitude) qui, par sa r&#233;p&#233;tition ou sa syst&#233;matisation, porte atteinte &#224; la dignit&#233; ou &#224; l'int&#233;grit&#233; physique ou psychique d'une personne, mettant en p&#233;ril son emploi, ou d&#233;gradant le climat de travail dans lequel elle vit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie-France Hirigoyen a adress&#233; 350 questionnaires aux personnes qui lui ont &#233;crit ; 193 lui sont revenus. L'enqu&#234;te qu'elle a pu ainsi effectuer a permis de dresser un tableau (partiel sans doute, mais qui donne une premi&#232;re visibilit&#233;) de ce ph&#233;nom&#232;ne. On constate donc la pr&#233;dominance chez les victimes, des femmes (70 %). La dur&#233;e de la confrontation s'&#233;l&#232;ve &#224; 40 mois en moyenne, avec des p&#233;riodes plus longues dans le public, plus courtes dans le priv&#233;. L'origine du harc&#232;lement se situe pour 58 % au niveau hi&#233;rarchique, pour 29 % &#224; celui des coll&#232;gues de travail et de la hi&#233;rarchie, pour 12 % des coll&#232;gues et pour 1 % seulement des subordonn&#233;s. Les cons&#233;quences dans 69 % des cas, c'est la d&#233;pression. Si certaines fragilit&#233;s individuelles permettent d'expliquer pourquoi on est victime (personnalit&#233; atypique, solitude, mauvaise estime de soi, sensitifs hyperr&#233;actifs), d'autres facteurs favorisent la r&#233;sistance (confiance en soi, soutien fort de ses proches, appuis au sein m&#234;me de l'entreprise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, l'auteur insiste longuement sur le contexte environnemental : organisation du travail trop rigide, fonctionnement trop centralis&#233; et cloisonn&#233;, valeurs individuelles non-reconnues, non reconnaissance aboutissant chez le salari&#233; &#224; une perte de sens : &#171; Une soci&#233;t&#233; violente et m&#233;prisante entra&#238;nera des individus violents et m&#233;prisants &#187; (p.177). Il y aurait pertinence &#224; former des personnes relais dans les entreprises (pr&#233;vention) ou &#224; utiliser des m&#233;thodes de m&#233;diation (gestion du probl&#232;me) mais le recours &#224; la sanction p&#233;nale est parfois n&#233;cessaire (condition &#224; la gu&#233;rison de la victime).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Syros, 2001, (290 p. ; 17,53 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La d&#233;liaison. La politique de la ville en question</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-deliaison-La-politique-de-la-ville-en-question</link>
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		<dc:date>2002-04-24T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Politique de la ville</dc:subject>
		<dc:subject>619</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; La cit&#233; impose son ordre &#233;conome, rectiligne et uniforme : l'espace public et les espaces collectifs se confondent en un seul bloc ; l'architecture ignore les cour&#233;es, les passages, les transitions ; l'espace est ouvert &#224; tous les vents, il ignore tout des lieux interm&#233;diaires o&#249; chacun peut apprivoiser un peu d'espace public &#187;. Le d&#233;cor est pos&#233; ? La cit&#233; est un lieu fonctionnel, g&#233;om&#233;trique, rationnellement pens&#233;. Sa vocation, &#224; l'origine, &#233;tait de proposer une solution d'h&#233;bergement r&#233;pondant &#224; un (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton475-cb76a.jpg?1694186179' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; La cit&#233; impose son ordre &#233;conome, rectiligne et uniforme : l'espace public et les espaces collectifs se confondent en un seul bloc ; l'architecture ignore les cour&#233;es, les passages, les transitions ; l'espace est ouvert &#224; tous les vents, il ignore tout des lieux interm&#233;diaires o&#249; chacun peut apprivoiser un peu d'espace public &#187;. Le d&#233;cor est pos&#233; ? La cit&#233; est un lieu fonctionnel, g&#233;om&#233;trique, rationnellement pens&#233;. Sa vocation, &#224; l'origine, &#233;tait de proposer une solution d'h&#233;bergement r&#233;pondant &#224; un certain nombre d'exigences en mati&#232;re de salubrit&#233; et de confort pour r&#233;soudre le probl&#232;me de la concentration de populations d&#233;sh&#233;rit&#233;es en p&#233;riph&#233;rie des grandes villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue on peut consid&#233;rer, avec une bonne dose de cynisme, que l'op&#233;ration est assez r&#233;ussie si l'on consid&#232;re que la plupart des cit&#233;s regroupent des populations relativement homog&#232;nes en termes de difficult&#233;s sociales ? Aussi, les politiques publiques s'efforcent-elle aujourd'hui de d&#233;limiter des territoires de &#171; g&#233;ographie prioritaire &#187; o&#249; la mobilisation importante de moyens dans les domaines de l'&#233;ducation, de la s&#233;curit&#233;, des services, etc. est cens&#233;e rattraper, en quelque sorte, le retard accumul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e, g&#233;n&#233;reuse au demeurant, est d'appliquer &#224; marche forc&#233;e la recette de l'int&#233;gration r&#233;publicaine pour parvenir &#224; r&#233;sorber les poches d'exclusion et r&#233;ussir une &#171; normalisation &#187; bas&#233;e sur des principes &#233;galitaires quant &#224; l'acc&#232;s aux droits fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette strat&#233;gie m&#233;conna&#238;t un &#233;l&#233;ment essentiel ? Elle oublie, en effet, que les cit&#233;s ont engendr&#233; leur propre culture, une socialit&#233; sp&#233;cifique fond&#233;e sur le d&#233;fi, l'offense, la provocation, l'exacerbation des sentiments et la proximit&#233; sociale. Ainsi, la d&#233;mesure, la &#171; palabre &#187;, la rumeur, l'agitation, la transe, voire l'&#233;meute, participent des manifestations festives et ludiques qui ont d&#233;sormais cours en ces lieux. Aussi, les propositions des pouvoirs publics qui reposent sur l'instauration de rapports de nature civile, r&#233;gent&#233;s dans le cadre des dispositions r&#233;glementaires communes, ont-elles toutes les chances de recevoir un &#233;cho mitig&#233; puisqu'elles v&#233;hiculent la menace d'an&#233;antir, en grande partie, ce qui constitue &#224; la base le lien social propre &#224; l'univers de la cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;oise Moncomble sugg&#232;re donc une autre voie, une nouvelle approche. Il s'agirait plut&#244;t d'inverser les processus mis en ?uvre dans le champ du d&#233;veloppement local en s'appuyant sur l'existant, sur ce qui constitue la r&#233;alit&#233; des relations sociales dans les quartiers pour promouvoir, &#224; terme, l'essor du lien civil. L'id&#233;e est int&#233;ressante et originale tout &#224; la fois. Elle peut s'av&#233;rer en sus plus efficace que tout ce qui a pu &#234;tre engag&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent. Alors tentons l'exp&#233;rience ? Un peu d'audace SVP !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. L'Harmattan, 2001 (178 p. ; 13,72 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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