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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Proc&#232;s Sup&#233;ri : quelles le&#231;ons pour la profession ?</title>
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		<title>Proc&#232;s Sup&#233;ri : quelle le&#231;on pour la profession ?</title>
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&lt;p&gt;Les m&#233;dias avaient assur&#233; &#224; l'ex-directeur de Cheval pour Tous une couverture importante du temps de sa splendeur. Juste retour des choses, pour son proc&#232;s aux assises, la presse &#233;tait aussi au rendez-vous. Mais derri&#232;re le &#171; super &#233;ducateur &#187; violeur d'adolescents, se cache un autre scandale : l'incapacit&#233; d'un dispositif &#224; r&#233;pondre aux souffrances des jeunes les plus en difficult&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 14 mars 2002, apr&#232;s un proc&#232;s de dix jours, Fran&#231;ois Sup&#233;ri, ex-directeur de Cheval pour Tous, a &#233;t&#233; condamn&#233; par la cour (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les m&#233;dias avaient assur&#233; &#224; l'ex-directeur de Cheval pour Tous une couverture importante du temps de sa splendeur. Juste retour des choses, pour son proc&#232;s aux assises, la presse &#233;tait aussi au rendez-vous. Mais derri&#232;re le &#171; super &#233;ducateur &#187; violeur d'adolescents, se cache un autre scandale : l'incapacit&#233; d'un dispositif &#224; r&#233;pondre aux souffrances des jeunes les plus en difficult&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 14 mars 2002, apr&#232;s un proc&#232;s de dix jours, Fran&#231;ois Sup&#233;ri, ex-directeur de Cheval pour Tous, a &#233;t&#233; condamn&#233; par la cour d'assises du Haut-Rhin, &#224; douze ans de r&#233;clusion criminelle, pour viols sur mineurs, assortis d'un suivi sodio-judiciaire pendant cinq ans avec injonction de soins et interdiction d&#233;finitive d'exercer des activit&#233;s professionnelles ou b&#233;n&#233;voles au contact de mineurs. Se termine ainsi une aventure qui a divis&#233;, &#224; la fin des ann&#233;es 90, le petit monde de la protection de l'enfance. Les uns ont d&#233;fendu jusqu'au bout cette ferme du Climont qu'ils consid&#233;raient comme une v&#233;ritable derni&#232;re chance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas moins d'une quarantaine de magistrats, de vingt d&#233;partements diff&#233;rents lui ont adress&#233;, huit ann&#233;es durant, plus de 150 adolescents parmi les plus incontr&#244;lables, dont ils ne savaient que faire. D'autres se sont progressivement inqui&#233;t&#233;s des d&#233;rives autoritaires et violentes d'un personnage, qui pour &#234;tre charismatique et s&#233;duisant, n'en repr&#233;sentait pas moins, &#224; leurs yeux, le prototype m&#234;me de ce qu'ils ne voulaient pas offrir comme alternative. Les adolescents qui &#233;taient adress&#233;s &#224; Cheval pour Tous &#233;taient certes compl&#232;tement d&#233;structur&#233;s, mais ils estimaient que leur resocialisation ne devait pas passer par la concentration extr&#234;me des probl&#233;matiques (jusqu'&#224; 50 jeunes en m&#234;me temps) et les m&#233;thodes violentes qui &#233;taient utilis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, en juin 1988, Fran&#231;ois Sup&#233;ri fonde Cheval pour Tous, il le destine &#224; un large public d'enfants. En 1991, il y re&#231;oit son premier adolescent en difficult&#233; que lui adresse un lieu de vie voisin. En 1993, il en admet 10. En 1998, il en h&#233;berge 40. Il se voit bien alors essaimer &#224; travers la France et superviser des structures s&#339;urs. Cette croissance inqui&#232;te les autorit&#233;s de tutelle (dont le d&#233;partement du Bas-Rhin qui a demand&#233; en 1995 une fermeture administrative). Des inspections sont diligent&#233;es. Elles ne concluent pas par un avis d&#233;favorable. Pour autant, l'agr&#233;ment administratif n'est pas accord&#233;. Cela n'emp&#234;che pas de nombreux jeunes de se voir confi&#233;s &#224; Sup&#233;ri. C'est au cas par cas que les financements sont accord&#233;s, quand les services du minist&#232;re de la Justice ou des diff&#233;rents d&#233;partements n'ont plus d'autre solution pour tel ou tel jeune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout n'est pas clair &#224; Cheval pour Tous. Des plaintes pour maltraitance sont d&#233;pos&#233;es. Elles sont class&#233;es sans suite. &#171; Le travail que je faisais avec les mineurs pouvait permettre &#224; un m&#244;me d&#233;structur&#233; de fantasmer un rapport malsain &#187; affirme Fran&#231;ois Sup&#233;ri dans un livre paru en 1998&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Ces enfants qu'il faut grandir, Fran&#231;ois Sup&#233;ri, TF1 &#233;ditions, (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il y d&#233;crit comment le fait de d&#233;shabiller et doucher un adolescent compl&#232;tement alcoolis&#233; avant de le coucher lui vaut une plainte pour abus sexuel. &#171; Depuis le jour de cette fameuse plainte, j'ai &#233;tabli des r&#232;gles d'une grande rigueur : ne jamais mettre la main sur une &#233;paule sans la pr&#233;sence d'autres adultes, ne jamais laisser une porte close sur un enfant et un adulte, prot&#233;ger le corps des regards et des nonchalances, comme par exemple se balader en cale&#231;on ou en serviette de bain dans les couloirs et puisqu'il le faut, laisser un gamin s'endormir tout habill&#233;. &#187; (p.72) Tout semble donc &#234;tre rentr&#233; dans l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; ce soir de f&#233;vrier 1999, o&#249; un ancien mineur plac&#233; &#224; Cheval pour Tous craque devant un patron de caf&#233; qu'il conna&#238;t bien. Il se met &#224; pleurer et r&#233;v&#232;le les viols et agressions sexuelles qui durent depuis des mois. Les gendarmes pr&#233;venus, recueillent le t&#233;moignage du jeune homme et se mettent &#224; la recherche d'autres victimes. Ils iront interroger d'anciens pensionnaires de Sup&#233;ri, incarc&#233;r&#233;s entre temps. Certains refusent de parler ou de porter plainte contre celui qui leur a servi de rep&#232;re et qu'ils continuent &#224; respecter, malgr&#233; tout. Sept jeunes se constituent partie civile. Les t&#233;moignages sont accablants. Les adolescents, sur qui le directeur jette son d&#233;volu voient leur sort s'am&#233;liorer : r&#232;gles de d&#233;placement moins strictes, conditions de confort moins s&#233;v&#232;res, petits cadeaux (bijoux, v&#234;tements, permis de conduire), promotions allant jusqu'&#224; l'embauche comme &#233;ducateurs du centre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, pour faire face au public qu'il accueille, Sup&#233;ri ne s'entouraient pas de professionnels de l'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e. Il en avait re&#231;u plusieurs qui s'&#233;taient port&#233;s candidats pour travailler dans son &#233;tablissement : &#171; Une excellente formation th&#233;orique mais [ils] &#233;taient parfaitement inefficaces en pratique [&#8230;] pour caricaturer, il y a les intellectuels surgis d'une autre &#232;re et qui font bien rigoler les &#171; petites brutes &#187; des quartiers chauds. Il y a ceux qui sont bourr&#233;s de certitude, ceux qui doutent en permanence, il y en a m&#234;me qui sont un peu tout cela &#224; la fois, alors si d&#233;j&#224;, dans leur t&#234;te, la vie n'est pas simple, sur le terrain &#231;a promet ! &#187; (p.72). Non, la qualit&#233; de ses encadrants qu'il pr&#233;f&#232;re appeler &#171; animateurs &#187; c'est &#171; &#234;tre capable de marcher dans la neige, de r&#233;sister physiquement, d'affronter des gamins qui peuvent &#234;tre dangereux, c'est &#231;a le vrai boulot d'&#233;ducateurs ou d'animateurs, la vraie mission &#187; (p.151). &#171; Ils ont une carrure qui impressionne et ils n'ont pas peur de la bagarre &#187; (p.145).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'est pass&#233; avec Cheval pour Tous fait beaucoup penser au vaste mouvement de sympathie qui entoura les d&#233;buts du Patriarche. Les arguments qui justifi&#232;rent &#224; l'&#233;poque ce qui est devenu depuis une redoutable (et riche) secte furent r&#233;utilis&#233;s au b&#233;n&#233;fice de Sup&#233;ri : culpabilit&#233; face aux manques de la soci&#233;t&#233; pour prendre en charge les toxicomanes ici, les incasables l&#224;. Originalit&#233; des m&#233;thodes antipsychiatriques ici et anti-institutionnelles l&#224;. Large soutien des acteurs impliqu&#233;s dans la lutte contre la drogue ici et collaboration d'une kyrielle de juges et d'&#233;ducateurs l&#224;. Il faut reconna&#238;tre que l'aspect contenant tant vant&#233; par les partisans de Cheval pour Tous fut aussi tr&#232;s rassurant pour les magistrats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; une &#233;poque o&#249; de plus en plus de structures d'h&#233;bergement refusent ou rejettent les mineurs violents qui explosent les institutions traditionnelles, en voil&#224; une qui non seulement les acceptait mais les gardait ! Pr&#233;cipitation, utilisation de l'existant &#224; d&#233;faut de mieux. Le conseil g&#233;n&#233;ral et la PJJ &#171; refusaient de me payer le prix de journ&#233;e. Mais le soir m&#234;me on m'appelait pour que je prenne un gamin en urgence. Il y a des moments o&#249; ils auraient pay&#233; n'importe quel prix pour que j'accepte &#187; a d&#233;clar&#233; Sup&#233;ri &#224; son proc&#232;s. En 1997, il fait appel &#224; certain nombre de personnalit&#233;s dont Jean-Pierre Rosenczveig (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Osons-nous-souvenir-que-peu-de-structures-ont-accepte-ces-jeunes' class='spip_in'&gt;lire son point de vue&lt;/a&gt;) pour l'aider &#224; restructurer son lieu de vie. Authentique d&#233;sir d'&#233;volution ou manipulation en faisant appel &#224; des autorit&#233;s susceptibles de lui servir de caution ? On ne le saura jamais. Tout comme cet aveu d'un changement d'attitude d'un homme qui affirme avoir pris conscience, &#224; partir de 1996, de la gravit&#233; de ses actes et qui d&#233;cide de ne plus soumettre les nouveaux venus &#224; ses exigences sexuelles. &#171; Un directeur peut devenir fantomatique, se transformer en gourou ou encore user de son ind&#233;niable pouvoir sur les gamins pour leur faire faire n'importe quoi &#187; affirme encore Sup&#233;ri dans son livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il lire ces propos comme une manipulation perverse ou un aveu que l'on n'a pas su d&#233;coder &#224; temps ? Il serait, en tout cas, trop facile aujourd'hui de se contenter d'une simple condamnation bien pensante qui permettrait de jeter un voile pudique sur le contexte qui a aussi permis ces d&#233;rives. L'arbre, aussi ignoble soit-il, ne doit pas cacher la for&#234;t. Ce qui est arriv&#233; avec Cheval pour Tous constitue sans doute la d&#233;monstration des cons&#233;quences de notre incapacit&#233; &#224; r&#233;pondre dans les meilleures conditions au d&#233;fi que nous lancent ces jeunes &#171; incasables &#187; qui mettent en &#233;chec le dispositif de protection de l'enfance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces enfants qu'il faut grandir, Fran&#231;ois Sup&#233;ri, TF1 &#233;ditions, 1998&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>&#171; Osons nous souvenir que peu de structures ont accept&#233; ces jeunes &#187;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Osons-nous-souvenir-que-peu-de-structures-ont-accepte-ces-jeunes</link>
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		<dc:subject>616</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Propos recueillis par Jacques Tr&#233;minitin &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout en condamnant fermement les agressions sexuelles dont s'est rendu coupable Fran&#231;ois Sup&#233;ri, vous avez affirm&#233;, lors de son proc&#232;s, que Cheval pour Tous avait &#233;t&#233; b&#233;n&#233;fique pour de nombreux jeunes. Un adulte qui n'arrive pas &#224; distinguer entre l'attitude &#233;ducative et ses comportements tant d'alcoolisation que sexuels face &#224; des adolescents qu'il a en charge, peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un professionnel aux m&#233;thodes novatrices le jour et un abuseur la nuit ? (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-616-" rel="tag"&gt;616&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Jacques Tr&#233;minitin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout en condamnant fermement les agressions sexuelles dont s'est rendu coupable Fran&#231;ois Sup&#233;ri, vous avez affirm&#233;, lors de son proc&#232;s, que Cheval pour Tous avait &#233;t&#233; b&#233;n&#233;fique pour de nombreux jeunes. Un adulte qui n'arrive pas &#224; distinguer entre l'attitude &#233;ducative et ses comportements tant d'alcoolisation que sexuels face &#224; des adolescents qu'il a en charge, peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un professionnel aux m&#233;thodes novatrices le jour et un abuseur la nuit ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de magistrats et d'&#233;ducateurs de la PJJ ou du secteur associatif pensent que Cheval pour Tous, m&#234;me si cette structure a &#233;t&#233; fondamentalement anim&#233;e et influenc&#233;e par Fran&#231;ois Sup&#233;ri, ne se r&#233;sumait pas &#224; Fran&#231;ois Sup&#233;ri. Le projet pouvait supporter la critique, &#234;tre totalement inadapt&#233; pour certains jeunes, mais b&#233;n&#233;fique au final pour nombre d'entre eux. L'histoire de l'action sociale d&#233;montre que paradoxalement souvent des gens entiers, &#224; forte personnalit&#233;, excessifs dans leurs forces et dans leurs faiblesses peuvent &#234;tre structurants pour des jeunes en grande difficult&#233;. Et ce n'est pas le travailleur social parfaitement lisse, &#171; petit fonctionnaire &#187;, avec sa belle formation universitaire, sa petite voiture, son petit tierc&#233;, etc. qui ira r&#233;ellement au secours de celui qui est en grande souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Sup&#233;ri a reconnu, lors de son proc&#232;s, qu'en faisant appel &#224; des gens comme moi, il cherchait &#224; introduire une n&#233;cessaire professionnalit&#233; dans son lieu d'accueil. Nous avions le projet de mieux g&#233;rer la structure en lui faisant accorder un statut, d'y introduire des professionnels, une m&#233;thodologie, etc. sans pour autant perdre l'originalit&#233; de ce que la d&#233;marche apportait : un rapport aux jeunes bas&#233; sur la loi et l'autorit&#233;, une relation entre les adultes et les jeunes (les uns prot&#232;gent les autres), un rythme de vie retrouv&#233;, une p&#233;dagogie du respect de soi comme moyen de respecter les autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 60, 70 et 80, il suffisait d'accompagner les jeunes difficiles dans leur crise d'adolescence, en leur proposant un lieu d'accueil avec des bonnes conditions d'h&#233;bergement et de formation. De bons &#171; &#233;ducateurs techniques &#187; pouvaient mettre en &#339;uvre cette d&#233;marche. Les jeunes des ann&#233;es 90 &#233;taient autrement d&#233;glingu&#233;s, d&#233;structur&#233;s, agress&#233;s et violent&#233;s par la vie, agresseurs et en m&#234;me temps agress&#233;s, ne croyant plus en rien, ni en eux-m&#234;mes ou dans les adultes. En r&#233;bellion contre tout, poss&#233;dant rarement les fondamentaux (lecture, &#233;criture, calcul). Il &#233;tait hors de question d'imaginer les placer dans un dispositif de formation classique. Il fallait inventer autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; tout bonnement accepter de les accueillir et de vivre avec eux pour leur offrir des cadres auxquels se raccrocher. Et puis, s'opposer &#224; eux, quand d'entr&#233;e de jeu, ils cherchaient &#224; tester les adultes pour voir s'ils &#233;taient de la m&#234;me veine que ceux qu'ils avaient d&#233;j&#224; connus. Osons nous souvenir que peu de structures publiques ou priv&#233;es les ont accept&#233;s alors, tels qu'ils &#233;taient ! Des jeunes pass&#233;s par Cheval pour Tous ont dit &#224; quel point la vie y &#233;tait dure et s&#233;v&#232;re, mais que c'est ce qu'il leur fallait et ce qui les a sauv&#233;s. Cela ne justifie pas pour autant ce que certains ont v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Va-t-il falloir dor&#233;navant se m&#233;fier de toutes les actions exp&#233;rimentales dirig&#233;es par des personnalit&#233;s charismatiques ? Quel cadre minimum devrait exiger les magistrats avant de placer des jeunes en grande difficult&#233;, pour essayer de se pr&#233;munir contre des structures pouvant s'av&#233;rer au final plus destructrices que r&#233;paratrices ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on a besoin de gens ayant du charisme, on ne doit pas leur donner un ch&#232;que en blanc. Il faut garder un regard vigilant sur leurs motivations et leurs pratiques. Mais les contr&#244;les les plus sophistiqu&#233;s ne permettront jamais d'apporter une garantie &#224; 100 %. On peut bien proc&#233;der &#224; une enqu&#234;te de moralit&#233;, v&#233;rifier le casier judiciaire. Combien d'enseignants, de travailleurs sociaux, de pr&#234;tres ainsi contr&#244;l&#233;s se sont r&#233;v&#233;l&#233;s ensuite &#234;tre p&#233;dophiles ou pervers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 93-94, int&#233;ress&#233;e par la d&#233;marche, la PJJ nationale d&#233;l&#233;gua bien un fonctionnaire pour suivre la structure. Il en r&#233;digea m&#234;me le projet p&#233;dagogique. Le pr&#233;fet exigea un certain nombre de travaux d'ailleurs men&#233;s &#224; bien. On aurait d&#251; &#224; l'&#233;poque accorder &#224; Cheval pour Tous le statut d'institution nationale exp&#233;rimentale qui aurait eu le m&#233;rite de poser un certain nombre d'exigences, tout en pr&#233;servant la souplesse n&#233;cessaire. Au lieu de cela on a laiss&#233; l'institution s'autor&#233;guler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cadre protecteur et lib&#233;ratoire demand&#233; par les lieux de vie vient d'&#234;tre consacr&#233; par la loi de janvier 2002 sur la r&#233;forme des institutions sociales et m&#233;dico-sociales. La demande sociale &#233;volue r&#233;guli&#232;rement, de nouvelles r&#233;ponses doivent s'imaginer. Au XIXe si&#232;cle, l'enjeu &#233;tait de prendre en charge les enfants abandonn&#233;s. Au XXe si&#232;cle il &#233;tait d'&#233;viter que des enfants ne soient abandonn&#233;s : on a exp&#233;riment&#233; le milieu ouvert destin&#233; &#224; appuyer les familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, au d&#233;but de ce XXIe si&#232;cle, nombre de r&#233;ponses classiques restent performantes, les situations de gamins d&#233;structur&#233;s appellent &#224; des structures &#8212; familles d'accueil ou institutions &#8212; &#224; petite &#233;chelle, d'une autre nature. Je dirai au passage que le secteur associatif n'a pas le monopole de la capacit&#233; d'innovation. Il est m&#234;me souvent en difficult&#233; pour prendre les risques financiers de l'exp&#233;rimentation. Les structures publiques ind&#233;pendantes d'un prix de journ&#233;e jouissent d'une plus grande marge de man&#339;uvre. En revanche, ces derni&#232;res peuvent difficilement p&#233;renniser leur d&#233;marche. Encore faut-il que l'administration de tutelle remplisse son office : soutenir et contr&#244;ler l'innovation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pr&#233;occupation s&#233;curitaire occupe une grande place dans le d&#233;bat politique des pr&#233;sidentielles et des l&#233;gislatives : on parle de la r&#233;forme de l'ordonnance de 1945 ou de la cr&#233;ation de centres ferm&#233;s&#8230; Quelles mesures pr&#233;conisez-vous pour r&#233;pondre &#224; l'ins&#233;curit&#233; et au sentiment d'ins&#233;curit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les pr&#233;conisations avanc&#233;es visent &#224; pr&#233;venir la r&#233;cidive de la d&#233;linquance. Aucune ne vise la pr&#233;vention de la d&#233;linquance. &#201;liminer les 10 ou 15 jeunes qui posent probl&#232;me par quartier n&#233;glige qu'il faut s'attaquer au terreau qui les a fait lever. Un jour prochain, on proposera d'entourer carr&#233;ment tout le quartier d'un haut mur. On n'est pas loin de ces ghettos. Cela ne signifie pas qu'il faille renoncer, &#224; l'&#233;gard de certains jeunes, de donner des r&#233;ponses nouvelles comme cela a &#233;t&#233; avec les CER et les CPI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les 50 CPI et les 150 CER qui avaient &#233;t&#233; promis n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s. Il faut que ces structures proposent autre chose aux jeunes que les structures classiques : ils ne doivent pas tenir les murs du foyer apr&#232;s avoir tenu les murs de leur quartier. Il faut vivre &#8212; et donc partager &#8212; avec eux. L'appareil de formation des travailleurs sociaux ne les y a pas pr&#233;par&#233;s. Il faut constituer des &#233;quipes mixtes de gens venant d'horizons vari&#233;s. Certains se raccrochent au saut en parachute comme Fran&#231;ois Sup&#233;ri au cheval mont&#233; &#224; cru, d'autres leur offrent des randonn&#233;es africaines &#224; la recherche de leurs racines, ou encore l'aventure nautique sur des bateaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela n'est pas inutile pour mettre &#224; l'&#233;cart imm&#233;diatement certains jeunes qui ne m&#233;ritent pas d'aller en prison tout en servant d'alternative au retour &#224; la maison et dans le quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous semblez &#233;carter totalement la prison comme solution. Peut-on et doit-on syst&#233;matiquement &#233;viter l'incarc&#233;ration des jeunes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prison reste l'&#233;cole du crime : pendant trois ou quatre mois de d&#233;tention, le jeune ne commettra plus de d&#233;lits, mais en sortant il sera dix fois plus dangereux. Plut&#244;t que de r&#233;introduire la d&#233;tention provisoire on doit pouvoir les placer en contr&#244;le judiciaire avec possibilit&#233; d'incarc&#233;ration en cas d'incident. &#192; d&#233;faut de ce filtre judiciaire on ira vers la facilit&#233; : il faut une heure et demie pour mettre en prison un jeune quand il faut passer cinquante coups de fils pour trouver un lieu d'accueil &#233;ducatif adapt&#233; ou un membre de la famille disponible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait et pour r&#233;pondre &#224; votre question, je ne vois pas comment on peut apprendre la cit&#233; et la vie dans un lieu clos, artificiel et tenu par le ca&#239;dat. Certes, toute d&#233;marche &#233;ducative est une contrainte, et toute contrainte se veut aussi &#233;ducative. Mais on n'apprend pas &#224; courir dans une pi&#232;ce qui est ferm&#233;e. Seule la rue apprend &#224; ma&#238;triser la course dans une d&#233;marche responsable quitte &#224; assumer ses chutes. Courir n'est pas seulement un geste technique. Les centres de s&#233;curit&#233; ferm&#233;s pour mineurs peuvent difficilement &#234;tre des lieux &#224; vocation &#233;ducative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui les pr&#244;nent devraient nous d&#233;velopper leur id&#233;e de l'&#233;ducation. Il faut mettre le paquet sur l'&#233;ducatif pur, quitte &#224; ne pas h&#233;siter &#224; punir quand il le faut ! Sans m&#233;langer les genres pour se donner bonne conscience. On va une nouvelle fois renforcer la digue pour r&#233;pondre &#224; des vagues plus hautes que jamais, mais personne ne se pr&#233;occupe de l'absence d'espoir que notre soci&#233;t&#233; offre &#224; la jeunesse en souffrance de ce pays. Tout le monde sait que les ch&#226;teaux de sable que constituent ces digues finiront un jour par &#234;tre emport&#233;s. De gauche ou de droite c'est bien aux vagues qu'il faudra s'attaquer demain !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une histoire de l'autorit&#233;</title>
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		<dc:subject>Autorit&#233;</dc:subject>
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&lt;p&gt;L'autorit&#233; est en crise. C'est l&#224; un th&#232;me r&#233;current qui, pourtant, &#233;chappe rarement au sens commun. Un consensus existe pour d&#233;finir ce concept comme la possibilit&#233; d'obtenir une ob&#233;issance volontaire sans pour cela que soit n&#233;cessaires ni la contrainte physique, ni l'arme de la conviction. Autre caract&#233;ristique largement reconnue : l'autorit&#233; s'inscrit dans le registre de la dissym&#233;trie. En effet, d&#232;s qu'on argumente, on se place sur un plan d'&#233;galit&#233;. L'espace d&#233;mocratique serait donc un facteur de (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'autorit&#233; est en crise. C'est l&#224; un th&#232;me r&#233;current qui, pourtant, &#233;chappe rarement au sens commun. Un consensus existe pour d&#233;finir ce concept comme la possibilit&#233; d'obtenir une ob&#233;issance volontaire sans pour cela que soit n&#233;cessaires ni la contrainte physique, ni l'arme de la conviction. Autre caract&#233;ristique largement reconnue : l'autorit&#233; s'inscrit dans le registre de la dissym&#233;trie. En effet, d&#232;s qu'on argumente, on se place sur un plan d'&#233;galit&#233;. L'espace d&#233;mocratique serait donc un facteur de fragilisation. Et c'est l&#224; toute la d&#233;monstration de l'auteur qui, refusant de situer l'affaiblissement de l'autorit&#233; au seul contexte contemporain, le replace dans tout un processus historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, l'&#233;ducation de l'enfant s'est faite dans une dynamique dont rend bien compte le mod&#232;le indien. Au cours de ses quatre premi&#232;res ann&#233;es, le petit d'homme vit dans une relation fusionnelle avec sa m&#232;re, partageant constamment son intimit&#233; physique et acc&#233;dant tardivement au sevrage. Puis, &#224; quatre ans, il est brutalement plong&#233; dans le monde masculin o&#249; disparaissent toute la protection et le maternage dont il a profit&#233; jusque-l&#224;. C'est justement ce surinvestissement accumul&#233; qui va provoquer sa suj&#233;tion intense &#224; l'autorit&#233; d'une communaut&#233; qui, toute sa vie, lui appara&#238;tra la matrice de son identit&#233; et la condition de sa simple survie. La crise de l'autorit&#233; est justement &#224; relier avec la mont&#233;e en puissance de l'individu et son &#233;mergence de la gangue communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a commenc&#233; cinq si&#232;cles avant JC, quand Socrate a revendiqu&#233; pour l'individu le droit au libre examen critique de tous les aspects de sa vie et de la soci&#233;t&#233;, pr&#233;conisant le progr&#232;s moral par l'exercice de la raison et non seulement par l'ob&#233;issance &#224; la tradition. Cela a continu&#233; par la R&#233;publique romaine qui, trois si&#232;cles durant, a institutionnalis&#233; le jeu et l'expression entre les diff&#233;rentes forces de la soci&#233;t&#233;. C'est ensuite Saint Augustin (354-430) qui introduit l'id&#233;e d'un rapport conflictuel int&#233;rieur &#224; l'individu, celui-ci devant faire face au d&#233;mon qui l'habite. L'autorit&#233; qui s'imposait jusqu'alors de l'ext&#233;rieur (la communaut&#233;) doit dor&#233;navant surgir du plus profond du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier coup de boutoir, la philosophie des Lumi&#232;res qui remplacera l'&#233;thique transcendantale qui jusque-l&#224; s'imposait &#224; l'homme par la rationalit&#233; instrumentale (&#233;preuve de la r&#233;alit&#233;, rapport au monde &#224; partir des sens ?). Le d&#233;litement du poids communautaire se confirme aujourd'hui tant au travers du nouveau management (qui cherche &#224; ce que le salari&#233; ne se contente pas de produire un service attendu, mais donne spontan&#233;ment le meilleur de lui-m&#234;me) ou l'art contemporain (qui abolit toute m&#233;diation ou tout mod&#232;le entre le cr&#233;ateur et le spectateur). Restent les sympt&#244;mes du malaise &#224; assumer cette &#233;volution que l'on retrouve dans le d&#233;veloppement tant de la pathologie de la perte (d&#233;pression) que du remplissage (la moiti&#233; des Am&#233;ricains ont un poids excessif).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. La D&#233;couverte, 2002, (284 p. ; 18,50 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#192; quoi sert l'autorit&#233; ?</title>
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		<dc:subject>Autorit&#233;</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le concept d'autorit&#233; ne va plus de soi. Pendant longtemps, les manuels d'&#233;ducation pratique se sont centr&#233;s sur les sanctions et leur efficacit&#233; &#224; faire ob&#233;ir l'enfant. Plus proche du dressage des animaux dont on attend qu'ils se soumettent &#224; leur ma&#238;tre, cet autoritarisme a surtout abouti au conformisme, au ressentiment et au d&#233;sir de vengeance quand ce n'&#233;tait pas &#224; de la violence sournoise. En r&#233;action, s'est d&#233;velopp&#233;e une permissivit&#233; qui, si elle a &#233;largi le champ d'exploration de l'enfant et (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le concept d'autorit&#233; ne va plus de soi. Pendant longtemps, les manuels d'&#233;ducation pratique se sont centr&#233;s sur les sanctions et leur efficacit&#233; &#224; faire ob&#233;ir l'enfant. Plus proche du dressage des animaux dont on attend qu'ils se soumettent &#224; leur ma&#238;tre, cet autoritarisme a surtout abouti au conformisme, au ressentiment et au d&#233;sir de vengeance quand ce n'&#233;tait pas &#224; de la violence sournoise. En r&#233;action, s'est d&#233;velopp&#233;e une permissivit&#233; qui, si elle a &#233;largi le champ d'exploration de l'enfant et d&#233;velopp&#233; ses capacit&#233;s de prise d'initiative, l'a aussi transform&#233; en enfant-roi en difficult&#233; pour g&#233;rer ses frustrations et prendre en compte l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que propose l'auteur, c'est bien de sortir de cette alternative en d&#233;veloppant le mod&#232;le de l'autorit&#233; &#233;ducative qui vise &#224; former des citoyens aptes &#224; comprendre comment eux-m&#234;mes et les autres fonctionnent et &#224; agir en &#234;tres libres et responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour satisfaire de tels desseins, trois axes sont propos&#233;s. On doit commencer par apprendre &#224; se conna&#238;tre. C'est par exemple, identifier ses perceptions en sachant prendre de la distance par rapport aux m&#233;canismes de g&#233;n&#233;ralisation, de s&#233;lection et de distorsion de l'information. C'est aussi savoir reconna&#238;tre son &#233;tat int&#233;rieur : souvent, face &#224; l'enfant on ne sait que le juger ou minimiser ses actes ou encore lui apporter des solutions. Il est bien plus difficile et pourtant combien plus utile d'&#233;couter ses &#233;motions et de l'aider &#224; les nommer (ce qui ne signifie pas les approuver ou les encourager).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me axe sur lequel travailler : apprendre &#224; respecter autrui. &#171; Fixer des limites &#224; l'enfant, tout en pr&#233;servant sa vitalit&#233; &#187; (p.104) n'est pas si simple. Se joue alors la responsabilit&#233; de l'adulte qui se doit de proposer un cadre adapt&#233;, de fixer des r&#232;gles qui soient explicites et hi&#233;rarchis&#233;es. Il doit aussi les faire respecter en appliquant au besoin des sanctions qui visent non le transgresseur mais l'acte commis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, troisi&#232;me axe : apprendre &#224; coop&#233;rer. Il est plus fr&#233;quent de valoriser la comp&#233;tition et l'excellence individuelle. Pour autant, tout un champ s'ouvre &#224; l'&#233;ducateur pour inciter et favoriser cette coop&#233;ration, que ce soit dans la gestion des conflits (la m&#233;diation propose alors une solution gagnant/gagnant), dans les jeux (certains d'entre eux se basent sur la capacit&#233; &#224; s'entraider), dans l'apprentissage (p&#233;dagogie de l'&#233;change des savoirs) ou la prise de d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de ces d&#233;marches n&#233;cessite de rester ouvert au point de vue de l'enfant tout en &#233;tant garant de la s&#233;curit&#233; et la continuit&#233;, gages de sa bonne &#233;volution, de lui fournir un environnement adapt&#233; &#224; ses besoins, tout en lui permettant de gagner la confiance en soi, enfin de l'aider &#224; canaliser les &#233;motions int&#233;rieures susceptibles de le submerger tout en n'h&#233;sitant pas &#224; le contenir physiquement si n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Chronique Sociale, 2001, (224 p. ; 16 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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