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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Quel sort pour les mineurs &#233;trangers et isol&#233;s ?</title>
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		<title>Quel sort pour les mineurs &#233;trangers et isol&#233;s ?</title>
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		<dc:subject>Mineur &#233;tranger</dc:subject>
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&lt;p&gt;Des enfants venus de pays o&#249; r&#232;gnent la mis&#232;re et la guerre d&#233;barquent clandestinement chez nous et dans d'autres pays d'Europe. La France ne sait pas trop quoi faire de ces jeunes qui tentent, sans parent, de fuir leur terre natale devenue invivable pour eux. Ils seraient quelque 3000 &#224; chercher d&#233;sesp&#233;r&#233;ment, chaque ann&#233;e, asile dans l'hexagone. Le point sur une situation peu enviable pour les uns et&#8230; peu glorieuse pour les autres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils sont Congolais, Sierra-L&#233;onais, Angolais, Marocains, Indiens, (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des enfants venus de pays o&#249; r&#232;gnent la mis&#232;re et la guerre d&#233;barquent clandestinement chez nous et dans d'autres pays d'Europe. La France ne sait pas trop quoi faire de ces jeunes qui tentent, sans parent, de fuir leur terre natale devenue invivable pour eux. Ils seraient quelque 3000 &#224; chercher d&#233;sesp&#233;r&#233;ment, chaque ann&#233;e, asile dans l'hexagone. Le point sur une situation peu enviable pour les uns et&#8230; peu glorieuse pour les autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ils sont Congolais, Sierra-L&#233;onais, Angolais, Marocains, Indiens, Sri-Lankais ou Chinois, mais aussi Roumains, Albanais, Kurdes&#8230; Certains ont remont&#233; l'Afrique &#224; pied et ont failli cent fois &#234;tre massacr&#233;s ; ils ont travers&#233; le d&#233;troit de Gibraltar sur des coquilles de noix et quelques uns ont p&#233;ri ; ils ont franchi les fronti&#232;res de pays dont ils ignoraient jusqu'au nom en suivant un passeur qui les a abandonn&#233;s sur une terre inconnue, sans un papier, sans une adresse. Ils se sont cach&#233;s dans la cale d'un bateau, sous les b&#226;ches d'un camion, dans la soute &#224; bagages d'un car. Certains sont arriv&#233;s par un vol direct et d'autres apr&#232;s des d&#233;tours sans fin. Ils ont fui la guerre, les massacres ethniques, l'enr&#244;lement dans l'arm&#233;e ou, simplement, la mis&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur famille a pay&#233; le prix fort pour qu'ils acc&#232;dent &#224; l'Eldorado mais nombreux sont ceux qui ont laiss&#233; derri&#232;re eux le cadavre de leurs parents&#8230; Ils sont, pour la plupart, de grands adolescents mais il y a aussi des filles, et m&#234;me des petits&#8230; Les chemins du monde entier m&#232;nent &#224; l'Europe et les enfants qui les empruntent sont de plus en plus nombreux, environ 13 000 selon le HCR&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='HCR - 9 rue Kepler - 75016 Paris. T&#233;l. 01 44 43 48 58' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (Haut Commissariat aux r&#233;fugi&#233;s) &#8212; qui recense seulement les demandeurs d'asile &#8212; beaucoup plus en r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Combien sont-ils en France ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres concernant les mineurs isol&#233;s varient consid&#233;rablement suivant les sources. Pour l'association de d&#233;fense International-France, ils seraient quelque 3 000 &#224; &#234;tre entr&#233;s sur le territoire fran&#231;ais en 1999. 2000 d'entre eux n'auraient fait l'objet d'aucune prise en charge, soit qu'ils aient &#233;t&#233; en transit et aient rapidement gagn&#233; un autre pays, soit qu'ils aient &#233;t&#233; &#171; r&#233;cup&#233;r&#233;s &#187; par des r&#233;seaux mafieux. Il faut &#233;galement consid&#233;rer qu'un nombre non n&#233;gligeable &#8211; mais non r&#233;v&#233;l&#233; &#8211; de mineurs sont imm&#233;diatement renvoy&#233;s dans leur pays d'origine, sans passer par la zone d'attente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, la PAF (Police de l'air et des fronti&#232;res) a recens&#233; pour cette m&#234;me ann&#233;e 1 200 personnes &#171; se d&#233;clarant &#187; mineures. Sur ce nombre, 843 ont &#233;t&#233; &#171; reconnues &#187; comme telles, souvent apr&#232;s expertise osseuse et, sur ces 843, 150 ont &#233;t&#233; re&#231;ues par le juge des enfants et ont fait l'objet d'un placement &#224; l'aide sociale &#224; l'enfance. Enfin, sur ces 150, pr&#232;s des trois-quarts se sont &#233;vanouis dans la nature&#8230; Ainsi, sur cette ann&#233;e 1999, peut-on consid&#233;rer qu'une cinquantaine de mineurs a vraiment b&#233;n&#233;fici&#233; d'une protection et d'une prise en charge &#233;ducative. Pour les ann&#233;es suivantes, les chiffres sont &#224; consid&#233;rer &#224; la hausse et ils ne cessent d'aller croissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2000, 190 mineurs ont &#233;t&#233; confi&#233;s &#224; l'ASE et, pour 2001, ils devraient avoisiner les 300. De son c&#244;t&#233;, l'Ofpra comptabilisait 247 dossiers de mineurs isol&#233;s demandeurs d'asile en 2000 contre 166 en 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Certains &#201;tats les accueillent mieux que d'autres, soit qu'ils aient une pratique d&#233;j&#224; ancienne (comme l'Allemagne depuis les &#233;v&#233;nements de Bosnie), ou qu'ils se montrent particuli&#232;rement sensibles (comme la Su&#232;de qui garantit la meilleure protection). La France, pour sa part, n'est pas pire que certains mais pas meilleure que beaucoup et la terre des droits de l'homme n'est pas forc&#233;ment celle o&#249; les droits de l'enfant, surtout &#233;tranger, sont les mieux respect&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, depuis quelque temps, la situation des mineurs &#233;trangers isol&#233;s suscite l'int&#233;r&#234;t, &#224; commencer par celui des m&#233;dias, sensibilis&#233;s il est vrai par de dramatiques et exemplaires histoires. L'Union europ&#233;enne, diversement mais unanimement concern&#233;e par la progression du ph&#233;nom&#232;ne et d&#233;sireuse d'harmoniser les l&#233;gislations, a r&#233;cemment financ&#233; et produit deux documents destin&#233;s &#224; assurer les bases d'une r&#233;elle protection des enfants isol&#233;s, en particulier des demandeurs d'asile. Sous la forme d'un Programme d'action et d'une D&#233;claration de bonne conduite, les deux r&#233;dacteurs de ces textes &#8212; le HCR et l'Alliance Internationale Save the Children &#8212; ont donc identifi&#233; les probl&#232;mes rencontr&#233;s dans les diff&#233;rents pays europ&#233;ens et formul&#233; des propositions pour que l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur de l'enfant soit partout respect&#233;. En France, depuis quatre-cinq ans une volont&#233; se manifeste de prendre en consid&#233;ration la situation de ces enfants, volont&#233; particuli&#232;rement exprim&#233;e par les organismes militants et professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en 1997, la Coordination-R&#233;fugi&#233;s a remis un rapport - &#201;l&#233;ments de r&#233;flexion sur l'accueil des mineurs isol&#233;s demandeurs d'asile - qui, quelques mois plus tard, a entra&#238;n&#233; l'ouverture du premier centre d'accueil r&#233;serv&#233; aux mineurs, le CAOMIDA, &#224; Boissy Saint-L&#233;ger. De leur c&#244;t&#233;, des associations comme la Ligue des droits de l'homme, la Cimade, le Gisti &#8212; pour citer les plus actifs &#8212; se sont mobilis&#233;es, interpellant les politiques, les for&#231;ant &#224; revenir sur certains projets comme celui de donner la capacit&#233; juridique aux mineurs entre 16 et 18 ans, ce qui aurait permis la notification du refus de s&#233;jour et l'expulsion&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des associations accueillant les mineurs &#8212; France Terre d'asile&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='France Terre d'Asile - 25 rue Ganneron 75018 Paris. T&#233;l. 01 53 04 39 (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pour les demandeurs d'Asile, Jean Cotxet pour ceux plac&#233;s en urgence ou confi&#233;s &#224; l'ASE &#8211; ont organis&#233; des colloques qui ont attir&#233; magistrats, militants, travailleurs sociaux, mais aussi m&#233;decins, psychologues, enseignants, tant le sort de ces mineurs isol&#233;s interpelle professionnels et simples citoyens, les images des gamins roumains pilleurs d'horodateurs et des adolescentes albanaises prostitu&#233;es ayant contribu&#233; &#224; sensibiliser l'opinion. Le dernier colloque en date, &#224; l'initiative du Gisti&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Gisti - 3 villa Marc&#232;s - 75011 Paris. T&#233;l 01 43 14 84 84' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a permis de dresser un &#233;tat des lieux, entre d&#233;nonciation des manquements au devoir de protection et mise en &#339;uvre de r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d'abord, prenons le temps de pr&#233;ciser de qui l'on parle. Mineurs &#171; non accompagn&#233;s &#187;, &#171; s&#233;par&#233;s &#187;, &#171; sans r&#233;pondant l&#233;gal &#187;, &#171; en danger &#187;, &#171; demandeurs d'asile &#187;&#8230; les appellations se succ&#232;dent, brouillant des notions d&#233;j&#224; souvent floues. Le PEIE (Programme des enfants isol&#233;s en Europe) s'est prononc&#233; : on pr&#233;f&#233;rera donc mineur isol&#233; &#224; non accompagn&#233; car certains enfants peuvent &#234;tre avec un adulte, sans pour autant que celui-ci soit capable d'en assumer la responsabilit&#233;. Isol&#233;s donc, mais aussi : demandeur d'asile ou non demandeur car l'on a trop souvent tendance &#224; rejeter ceux qui appartiennent au second groupe, comme s'ils s'en trouvaient moins mineurs et moins en souffrance. La d&#233;finition du PEIE est donc d'une sobri&#233;t&#233; exemplaire : &#171; Les enfants isol&#233;s sont des enfants de moins de 18 ans se trouvant en dehors de leur pays d'origine et n'ayant pas de parent ou de tuteur pour les prot&#233;ger. &#187; Isol&#233;s, donc, d'abord et avant tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Programme en faveur des Enfants isol&#233;s en Europe (PEIE) a pour but de &#171; d&#233;fendre les droits et l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur des enfants et des jeunes isol&#233;s, arriv&#233;s ou voyageant en Europe, en &#233;tablissant une politique commune et en s'engageant &#224; une bonne pratique aux niveaux national et europ&#233;en. &#187; La d&#233;claration de bonne pratique s'appuie principalement sur la convention des droits de l'enfant et sur les textes r&#233;cents relatifs &#224; la protection des enfants non accompagn&#233;s en qu&#234;te d'asile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre une d&#233;finition pr&#233;cise et non suspicieuse de la notion de mineur isol&#233;, cette d&#233;claration r&#233;pertorie les principes &#233;thiques qui doivent pr&#233;valoir : int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur de l'enfant, donc, mais aussi non discrimination, droit d'&#234;tre entendu, biculturalisme, confidentialit&#233;, information, formation des personnels, opportunit&#233; et durabilit&#233; des d&#233;cisions. La pratique proprement dite insiste sur l'acc&#232;s au territoire, la lutte contre les trafics d'enfants, l'identification, la d&#233;signation d'un tuteur, l'enregistrement ou l'&#233;tablissement des papiers d'identit&#233;, la d&#233;termination de l'&#226;ge et l'interdiction de d&#233;tention, y compris en zone d'attente. La recherche de la famille, son information et, si possible, sa r&#233;unification devront &#234;tre rapidement mises en route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand cela ne sera pas possible, la prise en charge de l'enfant devra se faire rapidement par des professionnels et dans des centres sensibilis&#233;s &#224; cette probl&#233;matique. L'acc&#232;s aux soins et &#224; l'&#233;ducation ne d&#233;pend pas de la r&#233;gularit&#233; de la situation administrative. Quel que soit l'&#226;ge du mineur, il ne devra jamais se voir refuser l'acc&#232;s &#224; la proc&#233;dure d'asile, avec l'accompagnement juridique ad&#233;quat tout comme l'acc&#232;s aux soins. Les autorit&#233;s comp&#233;tentes en mati&#232;re d'asile devront, de leur c&#244;t&#233;, &#234;tre sensibilis&#233;es &#224; l'entretien et bien prendre en compte la situation de l'enfant, son &#226;ge et, dans tous les cas, le &#171; b&#233;n&#233;fice du doute &#187; devra pr&#233;valoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande majorit&#233; d'entre eux arrive &#224; Roissy et va donc d&#233;pendre du tribunal de Bobigny.&lt;/p&gt;
&lt;div class='encart'&gt;
C'est en 1992 qu'ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es les zones d'attente, &#224; la fois lieu physique et cadre juridique. On en trouve dans les principaux a&#233;roports, les villes portuaires et frontali&#232;res. La plus importante est celle de Roissy, o&#249; se c&#244;toient majeurs et mineurs, l'ordonnance de 1945 n'op&#233;rant pas de diff&#233;rence concernant les solliciteurs d'asile. Tous sont donc soumis aux m&#234;mes conditions (m&#234;me si, au niveau &#171; h&#244;telier &#187; les plus jeunes sont un peu mieux trait&#233;s), des conditions r&#233;guli&#232;rement d&#233;nonc&#233;es, en particulier par l'Anaf&#233; (Association nationale d'assistance aux fronti&#232;res pour les &#233;trangers).
&lt;p&gt;Un certain nombre de mineurs &#8212; ou pour la PAF &#171; se d&#233;clarant mineurs &#187; &#8212; ne passent pas par la zone d'attente, soit qu'ils sont imm&#233;diatement renvoy&#233;s dans leur pays d'origine, soit qu'ils &#171; b&#233;n&#233;ficient &#187; d'un laissez-passer les autorisant &#224; entrer sur le territoire pour d&#233;poser, sous huit jours, une demande d'asile. Dans ce dernier cas, les mineurs sont totalement livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, ces laissez-passer constituant, selon le mot de Claire Brisset, d&#233;fenseure des enfants, &#171; un v&#233;ritable passeport pour la clandestinit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la majorit&#233; des enfants passent par la zone d'attente. De ce fait ils sont soumis aux dispositions de l'article 35 quater &#8211; c'est d'ailleurs ainsi qu'on les nomme ! &#8212; qui pr&#233;voit qu'un &#233;tranger peut &#234;tre maintenu quatre jours en zone d'attente mais que le renouvellement de son maintien (jusqu'&#224; 20 jours) doit faire l'objet d'une d&#233;cision de justice. C'est ainsi que tous les jours on peut voir arriver au tribunal de Bobigny, dont d&#233;pend Roissy, des cars entiers d'&#233;trangers, dont des enfants, cela malgr&#233; les protestations de ceux qui, comme l'Anaf&#233;, consid&#232;rent &#171; qu'aucun mineur ne peut &#234;tre plac&#233; en zone d'attente &#187; ou la D&#233;fenseure des enfants qui demande que tous les mineurs &#233;trangers aient &#171; l'assurance formelle qu'ils seront accueillis sur le territoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour la Seine Saint Denis, les signalements sont g&#233;n&#233;ralement adress&#233;s au parquet qui, soit se saisit imm&#233;diatement et confie le mineur &#224; l'ASE, via le SEAT (Service &#233;ducatif aupr&#232;s du tribunal), soit estime que la situation n'est pas urgente et transmet au juge des enfants qui prend ou non une d&#233;cision de placement. Si l'examen osseux n'a pas &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;demment effectu&#233;, la demande en est ordonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'examen osseux est actuellement le passage quasi oblig&#233; de tous les grands adolescents dont les documents d'&#233;tat civil paraissent suspects. La pertinence de l'examen varie officiellement sur 18 mois et certains scientifiques pensent que la marge d'erreur est plus importante. Pour le professeur Diamant Berger, qui pratique sans conviction ces examens &#224; la Piti&#233; Salp&#234;tri&#232;re : &lt;i&gt;&#171; C'est un examen difficile, sujet &#224; beaucoup d'erreurs et r&#233;alis&#233; dans des conditions d'urgence qui rendent ses r&#233;sultats encore plus al&#233;atoires (&#8230;) Ainsi, un Africain de Centrafrique peut, &#224; 14 ans, pr&#233;senter un d&#233;veloppement staturo-pond&#233;ral le faisant passer pour quelqu'un de 19 ans &#187;.&lt;/i&gt; Par ailleurs, cet examen devrait &#234;tre seulement un &#233;l&#233;ment parmi d'autres permettant au magistrat de se faire une opinion. &lt;i&gt;&#171; Le juge n'est pas li&#233; par les constatations des techniciens &#187;&lt;/i&gt; rappelle Nathalie Ferr&#233;, pr&#233;sidente du Gisti, qui constate que d'autres pays, telles l'Allemagne et la Grande-Bretagne, n'utilisent pas ce proc&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les &#233;ducateurs du SEAT se sont vite trouv&#233;s confront&#233;s &#224; des probl&#233;matiques qu'ils connaissaient mal et surtout &#224; une nouvelle charge de travail qui ne permettait plus de poursuivre de fa&#231;on satisfaisante leurs missions traditionnelles. Un rapport, demand&#233; par le pr&#233;fet, a d'ailleurs mis l'accent sur l'insuffisance du dispositif actuel et motiv&#233; l'ouverture tr&#232;s prochaine d'un centre d'accueil proche de Roissy, non plus seulement pour les demandeurs d'asile comme au CAOMIDA, mais pour tous les enfants isol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Paris, o&#249; leur nombre est tr&#232;s cons&#233;quent, les signalements se font plut&#244;t &#224; l'aide sociale &#224; l'enfance pour sa mission de protection : l'article 223-3 du Code de l'action sociale et de la famille pr&#233;voit la prise en charge par l'ASE des mineurs dans les cas o&#249; il y a urgence et absence de r&#233;pondant l&#233;gal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='L'acc&#232;s &#224; la nationalit&#233; L'article 21-12 du Code civil permet &#224; tout mineur (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; charge pour l'ASE d'en r&#233;f&#233;rer au parquet dans les cinq jours. On le voit, les dispositifs de protection existent et, dans le meilleur des cas, peuvent fonctionner au mieux de l'int&#233;r&#234;t de l'enfant. Tout d&#233;pend n&#233;anmoins de l'interpr&#233;tation faite par le magistrat de la notion de danger. Ainsi, certains juges des enfants consid&#232;rent que leur intervention est li&#233;e aux dysfonctionnements familiaux et que, puisque la famille du mineur &#233;tranger est absente, celui-ci n'est pas en danger. Pourtant, Jean-Pierre Rosenczveig, pr&#233;sident du tribunal pour enfants de Bobigny est formel : &lt;i&gt;&#171; &#192; partir du moment o&#249; un mineur arrive seul dans un avion, il est potentiellement en danger. Il devrait donc &#234;tre imm&#233;diatement pris en charge par le parquet des mineurs. &#187;&lt;/i&gt; Que dire alors des dangers qui le guettent &#224; sa sortie, quand il se retrouve seul, menac&#233; par les r&#233;seaux tr&#232;s organis&#233;s qui livrent ses semblables &#224; la prostitution et la d&#233;linquance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas en danger, donc, mais ayant seulement besoin d'un repr&#233;sentant l&#233;gal, ce qui est du ressort du juge des tutelles. Celui-ci va alors d&#233;clarer vacante la tutelle familiale et ouvrir une tutelle d'Etat, avec d&#233;l&#233;gation &#224; l'ASE, bouclant ainsi la boucle. Certains magistrats, pourtant &#8212; m&#233;connaissance des textes, positionnement id&#233;ologique ? &#8212; refusent la proc&#233;dure, au pr&#233;texte que le mineur est entr&#233; irr&#233;guli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;velyne Sire Marin, qui a longtemps exerc&#233; dans ce domaine, a beaucoup &#339;uvr&#233; pour que les choses s'am&#233;liorent. La loi est sans ambigu&#239;t&#233;, rappelle-t-elle, les articles 373 et 390 du Code civil rendant comp&#233;tent le juge dans les cas o&#249; les parents sont d&#233;c&#233;d&#233;s, disparus, ou rest&#233;s &#224; des milliers de kilom&#232;tres. Rien, r&#233;p&#232;te &#201;velyne Sire Marin, qui fasse r&#233;f&#233;rence aux conditions de s&#233;jour. &lt;i&gt;&#171; J'ai consult&#233; 20 de mes coll&#232;gues,&lt;/i&gt; regrette-t-elle, seules 30 tutelles avaient &#233;t&#233; ouvertes l'an dernier &#224; Paris pour des mineurs &#233;trangers &#187;. Et l'on peut penser que la majorit&#233; concernait des enfants accueillis dans la famille &#233;largie. La seule protection digne de ce nom est donc bien la double d&#233;marche : juge des enfants pour la mesure &#233;ducative, l'h&#233;bergement et la garde ; juge des tutelles pour la repr&#233;sentation l&#233;gale, permettant l'exercice de l'autorit&#233; parentale par le tuteur et l'exercice de ses droits, pour le mineur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choses ne sont pas toujours si faciles et les assistants sociaux du SSAE (Service social d'aide aux &#233;migrants) le savent bien qui voient arriver des adolescents perdus, certains ayant demand&#233; l'asile &#8212; et de ce fait orient&#233;s vers eux par l'OFPRA &#8212;, d'autres abandonn&#233;s par le passeur, laiss&#233;s par le compatriote cens&#233; le prendre en charge, sans projet sinon celui de ne pas retourner au pays&#8230; Les &#233;ducateurs de l'ASE et des associations le savent &#233;galement, qui doivent s'adapter &#224; des jeunes pour qui les foyers ne sont pas forc&#233;ment adapt&#233;s. Les avis, il est vrai divergent. Dans une interview au Parisien du 8 juin 2001, Jean-Pierre Rosenczveig estimait qu'il y avait &lt;i&gt;&#171; un probl&#232;me de sp&#233;cialisation et qu'on ne s'occupe pas d'un mineur maltrait&#233; comme on s'occupe d'un enfant qui a vu sa famille mourir et qui souvent ne parle pas notre langue. &#187;&lt;/i&gt; Quelques jours auparavant, une &#233;ducatrice, elle aussi de Seine Saint Denis, laissait &#233;clater son d&#233;sarroi : &lt;i&gt;&#171; Nous sommes totalement submerg&#233;s par ces arriv&#233;es dont la croissance est exponentielle (&#8230;), on bricole&#8230; Ce n'est pas un hasard si les deux tiers des mineurs isol&#233;s que nous pla&#231;ons se volatilisent. Le sort de ces enfants, finalement, tout le monde s'en moque ! &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Jean-Claude Kross, chef du parquet des mineurs de ce m&#234;me d&#233;partement a tent&#233; de comprendre le ph&#233;nom&#232;ne et r&#233;pond &#224; Lib&#233;ration, en date du 31 octobre 2001 : &lt;i&gt;&#171; Il y a plusieurs hypoth&#232;ses : 1. Les mineurs plac&#233;s en foyer s'y sentent comme en prison, ils ne r&#233;alisent pas qu'ils sont prot&#233;g&#233;s. 2. La France n'est pas leur destination ; 3. Une partie des jeunes qui veulent rester ont des num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone, ils sont probablement pris en charge. Mais par qui ? &#187;&lt;/i&gt; Pourtant, certains s'inscrivent en faux sur la sp&#233;cificit&#233; de la prise en charge des mineurs &#233;trangers isol&#233;s, telle Mich&#232;le Cr&#233;off : &lt;i&gt;&#171; Les situations de rupture, d'abandon sont les m&#234;mes et les &#233;ducateurs savent faire. Par contre, souligne-t-elle, c'est la &#8220;traduction &#8220;qui est difficile ; il faut arriver &#224; faire comprendre au mineur qu'il est prot&#233;g&#233; &#187;&lt;/i&gt;. M&#234;me appr&#233;ciation positive pour cet &#233;ducateur en foyer : &lt;i&gt;&#171; Nous avons 6 &#233;trangers sur 24 mineurs ; ils permettent d'&#233;quilibrer le groupe ; ils enrichissent la pratique. Ils sont souvent des moteurs pour les autres &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prochaines &#233;tapes concernant la protection des mineurs isol&#233;s seront l'ouverture d'un centre &#224; Taverny (95) et la mise en place des administrateurs ad hoc. D'ores et d&#233;j&#224;, on sait que la capacit&#233; d'accueil du centre &#8212; financ&#233; par l'&#201;tat et g&#233;r&#233; par la Croix-Rouge &#8212; sera tr&#232;s insuffisante ; un centre qui, pour Mich&#232;le Cr&#233;off, constitue un &lt;i&gt;&#171; &#233;piph&#233;nom&#232;ne : la bonne conscience que le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur a accord&#233;e au minist&#232;re des Affaires sociales. &#187;&lt;/i&gt; Quant aux administrateurs ad hoc, solution alternative propos&#233;e par la CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l'homme) &#224; la libre entr&#233;e des mineurs sur le territoire, elle est consid&#233;r&#233;e d'un tr&#232;s mauvais &#339;il par les associations militantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Destin&#233;s &#224; assurer la repr&#233;sentation des mineurs, d&#233;sign&#233;s par le procureur de la R&#233;publique, ces administrateurs pourront &#8211; &lt;i&gt;&#171; Pourquoi pas devront ? &#187;&lt;/i&gt; &#187; interroge le Gisti &#8211; saisir le parquet et le juge. Et le m&#234;me Gisti de s'&#233;tonner d'un dispositif suppl&#233;mentaire alors que la protection des mineurs est d&#233;j&#224; r&#233;glement&#233;e. &lt;i&gt;&#171; C'est, sans doute,&lt;/i&gt; avance &#201;velyne Sire Marin, &lt;i&gt;qu'il s'agit moins de consid&#233;rer le droit des mineurs que de faire en sorte qu'ils puissent &#234;tre l&#233;galement rapatri&#233;s qualifiant cette disposition d'une grande perversit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Pour preuve&lt;/i&gt;, souligne St&#233;phane Julinet de l'Anaf&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Anaf&#233; - 176 rue de Grenelle - 75007 Paris. T&#233;l. 01 42 08 69 93' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (Association nationale d'assistance aux fronti&#232;res pour les &#233;trangers) &lt;i&gt;ce projet avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; repouss&#233; et a &#233;t&#233; remis en amendement dans la loi sur l'autorit&#233; parentale. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cynisme ou l&#233;g&#232;ret&#233; des gouvernants, la question reste enti&#232;re. Il n'emp&#234;che : des centaines d'enfants continuent &#224; arriver &#224; Roissy et ailleurs et la France doit tout mettre en &#339;uvre pour que, m&#234;me sans papier et un peu grand pour son &#226;ge, un mineur soit avant tout consid&#233;r&#233; comme tel et prot&#233;g&#233; en cons&#233;quence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;HCR - 9 rue Kepler - 75016 Paris. T&#233;l. 01 44 43 48 58&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.france-terre-asile.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;France Terre d'Asile&lt;/a&gt; - 25 rue Ganneron 75018 Paris. T&#233;l. 01 53 04 39 99&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.gisti.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Gisti&lt;/a&gt; - 3 villa Marc&#232;s - 75011 Paris. T&#233;l 01 43 14 84 84&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'acc&#232;s &#224; la nationalit&#233;&lt;br class='manualbr' /&gt;L'article 21-12 du Code civil permet &#224; tout mineur confier &#224; l'ASE de demander la nationalit&#233; fran&#231;aise. Cela suppose la production d'un &#233;tat civil, ce qui n'est pas toujours possible. De plus, les magistrats, l&#224; encore, interpr&#232;tent diff&#233;remment la loi, encore que la tendance semble &#234;tre &#224; l'obtention de la nationalit&#233;. Cette proc&#233;dure, volontiers employ&#233;e par les &#233;ducateurs, est souvent la seule alternative quand le jeune approche de la majorit&#233; : en effet, le placement &#224; l'ASE ne lui donne aucun droit au s&#233;jour et il risque donc l'expulsion. Par contre, cette proc&#233;dure peut se trouver en concurrence avec la demande d'asile, celle-ci &#233;tant alors laiss&#233;e de c&#244;t&#233;, ce qui ne permet pas la reconnaissance de l'&#233;tat de victime et peut engendrer des pathologies graves. Dans tous les cas, que le jeune soit demandeur d'asile ou pas, il ne faut pas n&#233;gliger le traumatisme que peut constituer une d&#233;marche qui touche &#224; l'identit&#233; quand elle est uniquement consid&#233;r&#233;e sous l'angle strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Anaf&#233; - 176 rue de Grenelle - 75007 Paris. T&#233;l. 01 42 08 69 93&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La d&#233;linquance des jeunes</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-delinquance-des-jeunes</link>
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		<dc:date>2002-02-20T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>610</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; qui veut essayer de comprendre la mont&#233;e de la d&#233;linquance des jeunes, Sebastian Roch&#233; m&#233;rite d'&#234;tre lu. Il ne se r&#233;fugie pas dans une quelconque approche monocausiale qui choisirait entre la d&#233;mission des familles et la cons&#233;quence de la crise &#233;conomique. Son analyse est toujours, au contraire, la combinaison de facteurs vari&#233;s. Pour autant, personne n'est &#233;pargn&#233; : ni la soci&#233;t&#233;, ni les familles, ni la police, ni les jeunes, sans qu'aucune cat&#233;gorie ne serve ici de bouc &#233;missaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-610-" rel="tag"&gt;610&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L96xH150/arton452-c2bdb.jpg?1694640409' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; qui veut essayer de comprendre la mont&#233;e de la d&#233;linquance des jeunes, Sebastian Roch&#233; m&#233;rite d'&#234;tre lu. Il ne se r&#233;fugie pas dans une quelconque approche monocausiale qui choisirait entre la d&#233;mission des familles et la cons&#233;quence de la crise &#233;conomique. Son analyse est toujours, au contraire, la combinaison de facteurs vari&#233;s. Pour autant, personne n'est &#233;pargn&#233; : ni la soci&#233;t&#233;, ni les familles, ni la police, ni les jeunes, sans qu'aucune cat&#233;gorie ne serve ici de bouc &#233;missaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'argumentation de l'auteur s'appuie sur de nombreuses &#233;tudes sociologiques et notamment sur un travail qu'il a lui-m&#234;me effectu&#233;, sur la d&#233;linquance auto d&#233;clar&#233;e, aupr&#232;s de 2 288 adolescents de coll&#232;ges et de lyc&#233;es. Tout d'abord, les faits : 75 846 mineurs mis en cause en 1974 contre 175 256 en 2000 : cela fait quand m&#234;me 230 % d'une augmentation qui remonte aux ann&#233;es 1950.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Premi&#232;re explication incontournable : celle d'une p&#233;riode de prosp&#233;rit&#233; qui a cr&#233;&#233; des millions d'opportunit&#233;s et a donc permis des millions de vols (les rayons des supermarch&#233;s provoquant d'autant plus de tentations qu'ils sont agenc&#233;s pour attirer le d&#233;sir du consommateur).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Seconde indication contigu&#235; : la remise de la s&#233;curit&#233; entre les mains d'un corps de sp&#233;cialiste a provoqu&#233; un d&#233;sinvestissement de la soci&#233;t&#233; civile qui ne joue plus son r&#244;le de tiers protecteur (un t&#233;moin de d&#233;lit n'intervient plus : tout juste s'il ose appeler la police).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Troisi&#232;me pr&#233;cision connexe : une jeunesse qui fait des &#233;tudes plus longues et met plus de temps &#224; trouver sa place. Attractivit&#233; des cibles, facilit&#233; d'y acc&#233;der et opportunit&#233; d'y &#234;tre confront&#233; : voil&#224; le premier tierc&#233; gagnant du jeune d&#233;linquant. Parmi les facteurs de fragilit&#233;, on compte d'abord le sexe masculin surrepr&#233;sent&#233; du fait m&#234;me des valeurs de virilit&#233; et d'agressivit&#233; qu'il v&#233;hicule. C'est ensuite, la faible implication et la frustration scolaire qui s'accompagnent d'une mauvaise estime de soi que la transgression tentera de venir r&#233;&#233;quilibrer. Du c&#244;t&#233; des familles, on peut &#233;voquer les situations de fratrie nombreuse, de climat conflictuel, de faible supervision parentale, de n&#233;gligence ou de maltraitance. La pauvret&#233; et le ch&#244;mage n'interviennent que combin&#233;s &#224; d'autres facteurs.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Autre caract&#233;ristique marquante de l'&#233;tude de Sebastian Roch&#233;, confirm&#233;e par ailleurs : 48 % des petits d&#233;lits, 86 % des d&#233;lits graves et 95 % des trafics sont le fait de 5 % des adolescents les plus actifs. Comment r&#233;agir ? La d&#233;linquance est inversement proportionnelle &#224; l'intensit&#233; de l'int&#233;r&#234;t dont le jeune a pu b&#233;n&#233;ficier de la part des adultes qui l'entourent. L'entente des parents avec leurs enfants, les compliments qu'ils leur adressent, la r&#233;action marquante au premier passage &#224; l'acte sont des &#233;l&#233;ments de pr&#233;vention essentiels. La l&#233;gitimit&#233; de la r&#232;gle et de la loi d&#233;pend de la relation &#233;tablie avec celle ou celui qui l'&#233;nonce.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Seuil, 2001, (300 p. ; 20 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Violences et ins&#233;curit&#233; - Fantasmes et r&#233;alit&#233;s dans le d&#233;bat fran&#231;ais</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Violences-et-insecurite-Fantasmes-et-realites-dans-le-debat-francais</link>
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		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>610</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis une dizaine d'ann&#233;es, incivilit&#233;s et violences urbaines sont devenus des th&#232;mes &#224; la mode. Nous assisterions &#224; une mont&#233;e inexorable de la d&#233;linquance et de l'ins&#233;curit&#233;. Ce discours est-il &#233;tay&#233; sur des faits r&#233;els ? Ou bien s'agit-il plut&#244;t de la reprise de st&#233;r&#233;otypes &#233;cul&#233;s pour dissimuler notre d&#233;sarroi face aux comportements d'une jeunesse qu'on n'arrive plus &#224; comprendre ? Il y a d'abord des experts de la d&#233;linquance qui s'av&#232;rent &#234;tre soit des acteurs engag&#233;s politiquement (tel ce syndicat des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-610-" rel="tag"&gt;610&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L91xH150/arton453-9821b.jpg?1694640409' width='91' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis une dizaine d'ann&#233;es, incivilit&#233;s et violences urbaines sont devenus des th&#232;mes &#224; la mode. Nous assisterions &#224; une mont&#233;e inexorable de la d&#233;linquance et de l'ins&#233;curit&#233;. Ce discours est-il &#233;tay&#233; sur des faits r&#233;els ? Ou bien s'agit-il plut&#244;t de la reprise de st&#233;r&#233;otypes &#233;cul&#233;s pour dissimuler notre d&#233;sarroi face aux comportements d'une jeunesse qu'on n'arrive plus &#224; comprendre ? Il y a d'abord des experts de la d&#233;linquance qui s'av&#232;rent &#234;tre soit des acteurs engag&#233;s politiquement (tel ce syndicat des commissaires de police chantre de la tol&#233;rance z&#233;ro) soit de pseudo-sp&#233;cialistes qui publient des ouvrages alarmistes tout en faisant fortune dans le business de la s&#233;curit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ensuite ces chiffres qui sont brandis avec d'autant plus d'assurance que les statistiques exercent une sorte d'autorit&#233; intellectuelle &#233;vidente. 30 % d'&#233;trangers dans les prisons ? Si on enl&#232;ve les personnes incarc&#233;r&#233;es pour infraction &#224; la l&#233;gislation sur les &#233;trangers (qui constituent plus une infraction administrative qu'une v&#233;ritable d&#233;linquance), on arrive au taux de 13 %. Proportion croissante des mineurs sur l'ensemble des jeunes mis en cause ? Si l'on tient compte de la d&#233;p&#233;nalisation des ch&#232;ques sans provision (qui a fait sortir nombre d'adultes des statistiques judiciaires) et la part croissante des interpellations pour usage de drogue (2 000 au d&#233;but des ann&#233;es 70, 70 000, actuellement), on peut relativiser cette mont&#233;e en puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence &#224; l'&#233;cole dont seraient victimes les profs ? Les chiffres de l'ann&#233;e 1998-1999 laissent appara&#238;tre 40 cas d'agression physique. 40 situations inadmissibles certes, mais rarissimes au vu des 5,5 millions d'&#233;l&#232;ves et des 500 000 fonctionnaires en exercice dans l'&#233;ducation nationale ! Parall&#232;lement, si l'on comptabilise les homicides (et tentatives), les coups et blessures ayant entra&#238;n&#233; la mort, ainsi que les infanticides, on est pass&#233; d'un fait pour 24 701 habitants en 1972 &#224; un fait pour 25 257 habitants en 1998, soit une l&#233;g&#232;re r&#233;gression ! Il ne s'agit pas ici de crier &#224; la d&#233;sinformation : oui les coups et blessures augmentent, oui la d&#233;gradation des biens publics et priv&#233;s s'accro&#238;t, oui les vols et cambriolages se d&#233;veloppent ? Mais dans le m&#234;me temps, la sensibilit&#233; au sentiment d'ins&#233;curit&#233; s'est aussi renforc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'image de l'explosion des affaires de maltraitance, plus li&#233;e &#224; leur d&#233;nonciation plus fr&#233;quente qu'&#224; leur multiplication. Et puis les mutations ont &#233;t&#233; profondes. D'une communaut&#233; villageoise qui assurait son autor&#233;gulation, on est pass&#233; &#224; une soci&#233;t&#233; urbaine marqu&#233;e par une architecture rendant &#224; la fois difficile la surveillance parentale et &#224; la fois visible une jeunesse pl&#233;thorique trop souvent condamn&#233;e &#224; l'inexistence sociale et un avenir en forme d'impasse. C'est dans cette direction, aussi, qu'il faut peut-&#234;tre chercher des solutions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. La D&#233;couverte, 2001, (142 p. ; 6,40 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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