<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Lien Social</title>
	<link>https://www.lien-social.com/</link>
	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lien-social.com/spip.php?id_mot=289&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Lien Social</title>
		<url>https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L144xH45/siteon0-7409c.png?1693463828</url>
		<link>https://www.lien-social.com/</link>
		<height>45</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Ronde de nuit dans les rues de Marseille</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Ronde-de-nuit-dans-les-rues-de-Marseille</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Ronde-de-nuit-dans-les-rues-de-Marseille</guid>
		<dc:date>2002-02-14T10:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;lanie-LS</dc:creator>


		<dc:subject>609</dc:subject>

		<description>

-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/sommaires" rel="directory"&gt;Sommaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-609-" rel="tag"&gt;609&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L103xH150/arton9583-49794.png?1694640415' width='103' height='150' /&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.lien-social.com/IMG/pdf/2002_-_609_-_basse_def.pdf" length="16818969" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Association pour la R&#233;adaptation Sociale (ARS)</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Association-pour-la-Readaptation-Sociale-ARS</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Association-pour-la-Readaptation-Sociale-ARS</guid>
		<dc:date>2002-02-13T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Insertion</dc:subject>
		<dc:subject>609</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Association pour la r&#233;adaptation sociale (ARS) se contentait &#224; Marseille, dans la fin des ann&#233;es 80, de g&#233;rer deux foyers d'h&#233;bergement et un service d'AEMO judiciaire. L'arriv&#233;e &#224; la pr&#233;sidence du conseil d'administration de Catherine Rastouin, le recrutement d'un directeur g&#233;n&#233;ral particuli&#232;rement entreprenant, Alain Lerussi (lire l'interview) et un personnel qui accepte de sortir de la routine pour s'engager dans des actions in&#233;dites, ont &#233;t&#233; les ingr&#233;dients d'une aventure qui vient de passer avec (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Insertion-19" rel="tag"&gt;Insertion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-609-" rel="tag"&gt;609&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Association pour la r&#233;adaptation sociale (ARS) se contentait &#224; Marseille, dans la fin des ann&#233;es 80, de g&#233;rer deux foyers d'h&#233;bergement et un service d'AEMO judiciaire. L'arriv&#233;e &#224; la pr&#233;sidence du conseil d'administration de Catherine Rastouin, le recrutement d'un directeur g&#233;n&#233;ral particuli&#232;rement entreprenant, Alain Lerussi (&lt;a href='https://www.lien-social.com/On-est-dans-une-logique-autant-militante-que-professionnelle' class='spip_in'&gt;lire l'interview&lt;/a&gt;) et un personnel qui accepte de sortir de la routine pour s'engager dans des actions in&#233;dites, ont &#233;t&#233; les ingr&#233;dients d'une aventure qui vient de passer avec succ&#232;s son dixi&#232;me anniversaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes all&#233;s &#224; la rencontre de trois de ces services : le SPN (Service pr&#233;vention de nuit) avec lequel nous avons pass&#233; deux nuits, DEPAR (D&#233;couvrons ensemble nos potentialit&#233;s et agissons pour r&#233;ussir) et l'atelier Passerelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun d'entre eux apporte une r&#233;ponse originale &#224; un besoin non satisfait : 1. Aller &#224; la rencontre des plus jeunes quand toutes les institutions dorment. 2. S'engager dans un processus d'insertion avec les plus en difficult&#233; des 16-25 ans. 3. Proposer une pr&#233;qualification &#224; celles et ceux dont plus personne ne veut&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ronde de nuit dans les rues de Marseille&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il fait froid en ce mois de novembre. L'&#233;quipe se retrouve en d&#233;but de soir&#233;e. Son lieu de travail se limite au centre ville : les lumi&#232;res y attirent les jeunes en errance, tout comme l'activit&#233; nocturne qui s'y d&#233;roule jusqu'au petit matin (les caf&#233;s y ferment &#224; 2h relay&#233;s par certains kebabs qui rouvrent alors). Un premier tour du site permet de prendre la temp&#233;rature de la ville. Tout en regardant &#224; l'ext&#233;rieur du v&#233;hicule, les passagers &#233;changent les informations dont ils disposent sur les jeunes rencontr&#233;s les nuits pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une permanence-accueil est organis&#233;e en semaine, de 16h 30 &#224; 19h 00, dans le centre ville. Elle permet de poursuivre les contacts pris la nuit avec des jeunes et de les aider dans leurs d&#233;marches administratives, la prise de rendez-vous m&#233;dicaux, les orientations vers un h&#233;bergement etc. Didier, &#233;ducateur mis &#224; disposition par la PJJ, doit aller rencontrer une adolescente en fugue. Il arrive parfois que le service fournisse, pour d&#233;panner un jeune, des tickets-restaurant. Ce service rendu pr&#233;sente un double avantage : en premier lieu, aider tout simplement le jeune &#224; se nourrir, et lui fixer un rendez-vous r&#233;gulier permettant de faire le point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous la retrouvons devant une baraque &#224; frites. C'est son propri&#233;taire qui a pr&#233;venu, il y a une semaine, les &#233;ducateurs de la pr&#233;sence de cette jeune en d&#233;rive. Le SPN&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Service pr&#233;vention nuit -10, rue du Dragon - 13006 Marseille. T&#233;l. 04 91 37 (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a tiss&#233; ainsi, sur la ville, tout un r&#233;seau compos&#233; d'acteurs de la nuit, qui lui donne de pr&#233;cieuses informations. L'&#233;change avec l'adolescente a permis de faire le point. Par trois fois, elle a &#233;t&#233; remise dans le train pour retourner &#224; Metz, sa ville d'origine. Par trois fois, elle en est descendue &#224; la premi&#232;re station.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne reste plus qu'&#224; l'accompagner, au jour le jour, en esp&#233;rant pouvoir trouver une solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre source de renseignement, la police, qui a fourni la photo d'une autre adolescente en fugue. Elle a &#233;t&#233; rep&#233;r&#233;e la veille par l'&#233;quipe pr&#233;c&#233;dente, sur une place, tra&#238;nant avec un groupe de jeunes. On s'approche du lieu pr&#233;sum&#233;, mais on n'y trouve que des cadavres de bouteilles et de repas. Le groupe a d&#251; se replier vers un squat. Les strat&#233;gies d'approche sont prudentes : il ne s'agit pas de se faire rejeter.&lt;i&gt; &#171; Le plus dur,&lt;/i&gt; explique Yacoub animateur, &lt;i&gt;c'est d'aller vers des gens qui ne vous demandent rien. On ne sait jamais comment on va se faire recevoir. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous prenons ensuite la direction de la gare Saint Charles. Une agression en cours d'ann&#233;e a contraint la SNCF &#224; renforcer les &#233;quipes de s&#233;curit&#233;. Celles-ci peuvent se montrer tr&#232;s agressives avec les SDF ou les jeunes errants. Les &#233;ducateurs du SPN en ont &#233;t&#233; t&#233;moins. Ils gardent n&#233;anmoins de bonnes relations, comptant l&#224; aussi, sur d'&#233;ventuels tuyaux. Au milieu du hall, premi&#232;re rencontre. C'est Olivier, assistant social &#224; l'allure rep&#233;rable (pipe au bec et feutre sur la t&#234;te), qui est all&#233; &#224; la rencontre de Gwena&#235;l. L'adolescent est en fugue depuis 6 mois. Il en convient : il en a marre. Il survit en empruntant les trains de nuit (pour y faire les poches des voyageurs endormis) et squatte dans les wagons immobilis&#233;s sur les voies pour y dormir. Il refuse la proposition qui lui est faite de le raccompagner chez sa m&#232;re. Il accepte, par contre, un rendez-vous, le lendemain, &#224; la permanence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gwena&#235;l &#224; peine disparu, c'est Toufik qui surgit. Il vient de sortir de prison (il a &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233; pour prox&#233;n&#233;tisme). C'est un habitu&#233; du SPN qui l'a connu, il y a quatre ans, au moment o&#249; le service a commenc&#233; &#224; fonctionner, quand l'adolescent se prostituait. L'&#233;change est peu fructueux, le jeune adulte essayant surtout de soutirer tickets-restaurant et cigarettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe repart de la gare et se dirige vers l'avenue du Prado, quartier r&#233;put&#233; pour &#234;tre fr&#233;quent&#233; par les couples &#233;changistes et les gays : c'est l&#224; qu'on peut trouver les jeunes gar&#231;ons et les jeunes filles mineur (e) s qui se prostituent. Mais, les rues sont vides. L'&#233;quipe retourne alors vers le centre ville. Le v&#233;hicule traverse &#224; vitesse lente le quartier de Noailles o&#249;, le jour, se tient en permanence le march&#233;. Quelques gros rats qui circulaient parmi les d&#233;tritus, s'enfuient. L'allure lente de la voiture et sa couleur (Fiat Punto verte) commencent &#224; &#234;tre rep&#233;r&#233;es. Le SPN ne cherche pas &#224; se cacher : il passe devant un groupe de jeunes. L'un d'eux se retourne, un grand sourire aux l&#232;vres, et, faisant le salut militaire, lance : &lt;i&gt;&#171; Allez la brigade &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe d&#233;cide de se scinder : les uns vont marcher un peu, les autres continueront &#224; rouler. Nous arpentons les rues : Didier nous d&#233;signe une vieille 205, gar&#233;e le long d'un trottoir. Il explique qu'elle est abandonn&#233;e et sert de squat occasionnel. Nous arrivons face &#224; un commerce qui sert de salon de coiffure le jour et de d&#233;bit de boissons la nuit. Nous y entrons. Ces &#233;tablissements recueillent parfois des jeunes en fugue. C'est bien parce que ceux qui les g&#232;rent ne veulent pas de probl&#232;mes avec des mineurs, que le travail de collaboration avec eux est possible. L'action des &#233;ducateurs du SPN implique de rentrer ainsi en contact avec l'univers de la nuit. Le tout est bien d'&#233;viter de prendre trop de risques. Il est arriv&#233; ainsi qu'ils fassent sortir de jeunes femmes du milieu de la prostitution. La confrontation &#224; ce monde parfois un peu glauque constitue un danger potentiel : cela, ils en ont bien conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georgette, &#233;ducatrice au SPN, t&#233;l&#233;phone : les &#233;ducateurs rest&#233;s dans le v&#233;hicule ont rencontr&#233; un minot qui avait rat&#233; le dernier transport en commun. Ils l'ont ramen&#233; dans son quartier. Nous les retrouvons quelques instants apr&#232;s au coin d'une rue, et r&#233;embarquons. Nous passons sur le vieux port et apercevons un homme pench&#233; sur une silhouette allong&#233;e. Nous nous approchons : un adulte d'une cinquantaine d'ann&#233;es semble en grande difficult&#233;. Les pompiers, appel&#233;s, interviendront quelques minutes plus tard. Nous nous dirigeons, &#224; nouveau, vers la gare Saint-Charles : un groupe de jeunes errants stationne devant le b&#226;timent. En provenance le plus souvent du Maroc, mais aussi du nord de la France, ils circulent entre l'Italie et l'Espagne. La police en a arr&#234;t&#233; une trentaine r&#233;cemment. De ce fait, on n'en voit plus autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; force de sillonner ainsi les rues, le regard de l'&#233;quipe est devenu pr&#233;cis et ac&#233;r&#233;. Il voit tout de suite ce que le profane ne va pas forc&#233;ment d&#233;tecter. Une attitude, une allure g&#233;n&#233;rale, une r&#233;action peuvent d&#233;noter une d&#233;tresse ou une situation non ordinaire. Youssouf a ainsi identifi&#233; un jeune, tout &#224; l'heure, &#224; la gare, assis parmi les autres voyageurs : signe distinctif ? Il n'&#233;tait pas habill&#233; comme les autres, portant seulement un pull-over, alors qu'il fait froid. Est-il en difficult&#233; ? Il dispara&#238;tra avant qu'il ne soit abord&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus tard, en descendant la canebi&#232;re, un adolescent est rep&#233;r&#233;. La voiture s'arr&#234;te. Olivier s'approche du jeune et se pr&#233;sente. Il lui demande ce qu'il fait, dans la rue, &#224; 2h 45 du matin. Cl&#233;ment a 15 ans : il vient de Toulouse. Il &#233;tait en visite chez un copain et a rat&#233; son train. Il attend le petit matin pour retourner dans la salle d'attente de la gare, d&#232;s qu'elle sera ouverte, et prendre le premier train. Pourquoi n'est-il pas &#224; l'&#233;cole ? Son &#233;tablissement a &#233;t&#233; d&#233;truit par l'explosion d'AZF et les cours n'ont pas encore repris. Non, sa m&#232;re, qui est principale d'un coll&#232;ge, ne s'inqui&#232;te pas : il lui a t&#233;l&#233;phon&#233; et lui a dit qu'il couchait chez son copain. Non, il n'a pas peur : il a d'ailleurs rencontr&#233; un monsieur tr&#232;s gentil qui lui a offert une boisson chaude ! Devant nos r&#233;actions, il se reprend : bien s&#251;r, qu'il n'a pas voulu rester avec cette personne : il n'est pas idiot. Olivier h&#233;site : s'agit-il d'un m&#244;me en fugue ? Il d&#233;cide de le prendre &#224; bord et de le garder avec l'&#233;quipe. Il le raccompagnera &#224; la gare quand celle-ci ouvrira, tout &#224; l'heure. Cl&#233;ment est ravi. L'&#233;quipe lui fait faire un peu de tourisme et l'emm&#232;ne sur les hauteurs de Marseille, de l&#224; on voit la ville &#233;clair&#233;e de mille feux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des rencontres de ce type, on en compte sur l'ann&#233;e 2000 pr&#232;s de 1600 : 63 % sont des gar&#231;ons, 43 % sont mineurs, 65 % sont fran&#231;ais et 40 % en errance. L'&#233;quipe est peu t&#233;moin d'actes de d&#233;linquance. C'est vrai qu'elle agit parfois dans la pr&#233;vention directe : pr&#233;venir cette dame qui, assise sur les escaliers de la gare Saint Charles, laisse tra&#238;ner nonchalamment son bagage devant elle ou se tenir pr&#234;t de jeunes soup&#231;onn&#233;s de pr&#233;parer un mauvais coup (devant un distributeur de billets par exemple). Une cartographie pr&#233;cise a pu &#234;tre &#233;tablie des lieux o&#249; l'on retrouve le plus l'alcoolisme, la toxicomanie, la prostitution et autres actes de d&#233;linquance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe du SPN a pos&#233; des jalons qui lui permettent d'&#234;tre identifi&#233;e et reconnue par celles et ceux qui hantent la nuit. Ces groupes de jeunes qui jouent jusqu'&#224; une heure avanc&#233;e de la nuit au football, sur les places de certains quartiers, en faisant rebondir la balle sur les rideaux en fer des commerces, elle a r&#233;ussi &#224; les convaincre de cr&#233;er des &#233;quipes de foot qui s'entra&#238;nent le soir : 18 joueurs au d&#233;part 100 aujourd'hui. Les &#233;ducateurs sportifs embauch&#233;s par l'ARS donnent m&#234;me des cours de boxe et de karat&#233;, en soir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a les contacts avec les familles. L'&#233;quipe ne se contente pas de faire le &#171; taxi &#187;, elle propose toujours d'accompagner le jeune &#224; la porte de chez lui et d'avoir un &#233;change avec les parents. V&#233;ritable travail de m&#233;diation qui permet parfois de commencer &#224; d&#233;nouer ces n&#339;uds &#224; la source du conflit. Pour autant, il s'agit l&#224; d'un travail d'&#233;coute et d'orientation et de r&#233;ponse &#224; l'urgence. Il n'y a pas de suivi proprement dit (m&#234;me s'il arrive fr&#233;quemment qu'un m&#234;me jeune soit r&#233;guli&#232;rement rencontr&#233; et que son &#233;volution soit ainsi connue sur plusieurs mois). Pour cela, il y a des services comp&#233;tents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce partenariat est bien accept&#233; par les autres structures existantes telles le SAMU social, les CHRS ou SOS drogue qui n'h&#233;sitent pas &#224; contacter le SPN quand ils ont &#224; faire &#224; des mineurs. Le contact est aussi r&#233;gulier avec &#171; Service plus &#187; qui peut proposer jusqu'&#224; dix nuit&#233;es &#224; l'h&#244;tel, d&#233;lai mis &#224; profit pour essayer de trouver une solution. La collaboration existe aussi avec les foyers d'h&#233;bergement : il arrive d'y raccompagner un jeune rencontr&#233; dans la rue ou encore de recevoir un coup de fil de leur part, signalant un jeune en fugue. L'action est toujours ici sereine. Les gamins appr&#233;cient de trouver des interlocuteurs qui ne leur crient pas dessus et proposent une approche chaleureuse. Sereine, mais ferme : il n'est pas question pour l'&#233;quipe de laisser un mineur dehors sans solution. S'il ne veut pas qu'on le ram&#232;ne chez lui, le centre de proc&#233;dure d'urgence est contact&#233;. En dessous de 14 ans, une place d'urgence en foyer est toujours possible. Au-dessus de cet &#226;ge, s'il n'y a plus de lits disponibles, ce sera &#171; l'&#233;v&#234;ch&#233; &#187; (une cellule du commissariat de police), en attendant le lendemain matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SPN, seule exp&#233;rience connue d'action &#233;ducative en direction des mineurs, peut appara&#238;tre comme l'alternative &#233;ducative aux couvre-feux instaur&#233;s par certaines municipalit&#233;s. On ne peut s'emp&#234;cher de s'interroger comme le fait le SPN lui-m&#234;me dans son bilan de l'ann&#233;e 2000 : errance ou assignation &#224; r&#233;sidence des publics en difficult&#233; ? La notion de contr&#244;le social &#233;merge elle aussi tr&#232;s vite. Elle se pose d'autant plus que dans l'&#233;quipe du SPN travaillent deux policiers. Oh, ils n'appartiennent pas &#224; la BAC, mais &#224; l'Unit&#233; de pr&#233;vention urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre particularit&#233; propre &#224; Marseille, cette unit&#233; de huit policiers, sans arme, qui travaille plus dans la pr&#233;vention que la r&#233;pression : agissant depuis 1991, consid&#233;r&#233;e par leurs coll&#232;gues comme des assistantes sociales, leurs partenaires sont les centres sociaux ou SOS femmes. Les deux fonctionnaires de police qui interviennent chacun une nuit, le reconnaissent : il leur faut jongler en permanence entre leur r&#244;le de pr&#233;servation de la s&#233;curit&#233; publique et le travail de pr&#233;vention. Leur plus grande crainte, c'est de se retrouver confront&#233;s &#224; une situation qui leur ferait faire le grand &#233;cart entre ces deux p&#244;les. L'un comme l'autre affichent clairement leur fonction quand ils vont &#224; la rencontre des jeunes. Jeunes qui sont souvent incr&#233;dules et n'h&#233;sitent pas &#224; leur demander leur carte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle dr&#244;le de situation : des policiers qui jouent aux &#233;ducateurs, des &#233;ducateurs qui sillonnent la ville, en la scrutant, telle une brigade de nuit. Est-ce l&#224; la pr&#233;figuration de ce que le XXIe si&#232;cle nous pr&#233;pare ? Voil&#224; de quoi alimenter les pol&#233;miques&#8230; ou faire des &#233;mules. Mais, laissons le dernier mot &#224; Georgette : &#171; On rencontre un jour un gamin qui vendait du shit au coin d'une rue. Je lui dis :''Je ne peux te laisser faire cela. Il est temps que tu rentres chez toi''. Il me r&#233;pond : &#8220;L&#226;chez-moi, il faut que je travaille&#8221;. Je lui dis &#8216;'Je vais &#234;tre oblig&#233; d'appeler la police''. &#8216;'Chiche'' qu'il me dit ! Une voiture de police passait par l&#224; : je l'ai appel&#233;e. Les flics ont raccompagn&#233; le m&#244;me chez lui. Trois jours plus tard, je l'ai crois&#233; &#224; nouveau, il est venu vers moi, avec un grand sourire, pour me dire bonjour &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Aider les jeunes &#224; s'ins&#233;rer et r&#233;cup&#233;rer les... incasables&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le service pr&#233;vention de nuit est une des activit&#233;s d&#233;ploy&#233;es par l'association pour la r&#233;adaptation sociale. En effet l'ARS, association marseillaise particuli&#232;rement innovante et en plein essor, compte d'autres cordes &#224; son arc : son service DEPAR qui engage un processus d'insertion avec les 16-25 ans et son atelier Passerelle qui propose une pr&#233;qualification &#224; celles et ceux dont plus personne ne veut&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme TRACE (Trajet d'acc&#232;s &#224; l'emploi), initi&#233; par la loi de lutte contre les exclusions de 1998, pr&#233;voit l'accompagnement sur un long terme (18 mois) des jeunes de 16/25 ans sans qualification. Mais, comment s'ins&#233;rer quand on va mal ? Comment r&#233;ussir &#224; &#234;tre assidu &#224; un travail quand on a des probl&#232;mes de sant&#233;, qu'on n'a pas de logement ou qu'on n'a rien fait depuis trois ans ? Comment arriver &#224; l'heure le matin, quand on se prostitue une bonne partie de la nuit ? Les 10 000 places nouvelles qui ont &#233;t&#233; d&#233;gag&#233;es, en 2002 par le programme TRACE, pour les publics les plus en difficult&#233; pris en charge par la protection judiciaire de la jeunesse ou les CHRS rendent encore plus urgente la mise en &#339;uvre de modalit&#233;s adapt&#233;es. C'est ce qu'a r&#233;alis&#233; l'ARS &#224; travers DEPAR (D&#233;couvrons ensemble nos potentialit&#233;s et agissons pour r&#233;ussir) et l'atelier Passerelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; DEPAR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce service, cr&#233;&#233; en 1998,&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='DEPAR - 3, rue Delile 13001 Marseille. T&#233;l. 04 95 04 57 60' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; int&#232;gre la globalit&#233; de la probl&#233;matique des jeunes qui lui sont confi&#233;s. S'il ne r&#233;sout pas, &#224; lui tout seul, les probl&#232;mes de papiers, de sant&#233;, de justice ou de logement, il dispose d'un r&#233;seau partenarial suffisamment dense pour organiser les relais. C'est &#224; partir de ce que ces jeunes sont &#224; l'arriv&#233;e et ce qu'ils doivent &#234;tre &#224; la sortie pour pouvoir obtenir un contrat de travail que l'&#233;laboration du parcours du jeune est organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses techniques sont utilis&#233;es tout au long de son cheminement : &#233;valuation en milieu de travail, parrainage, pr&#233;paration aux entretiens d'embauche, aide &#224; la r&#233;daction des CV et des lettres de motivation etc. Mais plus que d'autres encore, ces publics ont besoin de retrouver en eux les potentiels n&#233;cessaires. Cela ne peut passer que par l'accomplissement de soi, la r&#233;appropriation d'une image positive d'eux-m&#234;mes, l'ouverture aux autres et le retour &#224; un esprit de collaboration et de solidarit&#233;. C'est pour atteindre ces objectifs qu'ont &#233;t&#233; mont&#233;s de nombreux &#171; d&#233;fis &#187;. Il s'est agi, &#224; chaque fois, de proposer de v&#233;ritables exploits &#224; accomplir, permettant au groupe de jeunes non seulement d'apprendre &#224; se conna&#238;tre, mais aussi &#224; se d&#233;couvrir et surtout &#224; se d&#233;passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;fi sportif tout d'abord : course en montagne, travers&#233;e &#224; l'aviron entre Marseille et Calvi (310 kilom&#232;tres), trajet en pleine autonomie durant 10 jours, entre Brian&#231;on et Marseille, en alternant VTT et cheval (raid de 400 kms, avec 1000 m&#232;tres de d&#233;nivel&#233;s par jour).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;fi humanitaire ensuite : r&#233;cup&#233;rer et r&#233;parer des v&#233;los en vue de monter un atelier de r&#233;paration au B&#233;nin ou encore monter un atelier informatique au Mali en r&#233;cup&#233;rant du mat&#233;riel et en le r&#233;parant. R&#233;sultat ? &lt;i&gt;&#171; Ensemble, on est parti et ensemble on a vaincu. Je ne pensais pas r&#233;ussir et pourtant je suis l&#224;. Ces dix jours sont inoubliables &#187; &lt;/i&gt; affirme &#201;ric, 19 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut se demander si c'est bien l&#224; faire de l'insertion. Les r&#233;sultats parlent d'eux m&#234;me : sur les trente jeunes qui ont v&#233;cu ces premiers d&#233;fis, tous, &#224; une exception pr&#232;s &#233;taient, d&#233;but 2001 en situation qualifiante ou professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; L'Atelier Passerelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe tout un public qui est encore bien trop en difficult&#233; pour &#234;tre pr&#234;t &#224; rentrer dans les actions propos&#233;es par DEPAR. Cette situation concerne notamment les jeunes accueillis dans les foyers d'h&#233;bergement de l'ARS, et qui pouvaient rester oisifs toute la journ&#233;e, faute de supports d'activit&#233;. La solution trouv&#233;e &#233;tait souvent offerte par des &#233;ducateurs &#224; partir de leur hobby (atelier informatique, ou couture etc.). Face &#224; un public blas&#233; et orient&#233; vers des plaisirs imm&#233;diats, on ne pouvait se contenter de rester dans l'occupationnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est fin 1993, qu'ouvre l'atelier Passerelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Atelier Passerelle - 50, rue du Dragon 13006 Marseille. T&#233;l. 04 91 37 93 (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'origine, le projet comportait trois objectifs centraux : restaurer la confiance et le d&#233;sir du jeune et lui permettre d'acqu&#233;rir une comp&#233;tence. Et cela ne pouvait se concr&#233;tiser qu'en amenant le jeune &#224; &#233;largir son horizon, en l'aidant &#224; d&#233;coder autrement ce qui se vit pour lui (en d&#233;passant la seule vision autocentr&#233;e et en lui permettant d'entrer dans une v&#233;ritable relation de communication), en le guidant dans l'apprentissage d'actes techniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix des activit&#233;s a &#233;t&#233; fait en cons&#233;quence : ateliers de culture g&#233;n&#233;rale (mise &#224; niveau, dessin et arts plastiques), ateliers techniques (cuisine, informatique, permis de conduire), immersion en milieu de travail (stage en entreprise, gestion de la caf&#233;t&#233;ria d'une &#233;cole d'&#233;ducateurs &#224; Marseille).&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;thode p&#233;dagogique adopt&#233;e se situe &#224; l'oppos&#233; de l'approche classique : ici, on ne part pas de ce que les jeunes ignorent, mais de ce qu'ils savent. Ce qui est donc valoris&#233; ce sont leurs acquis. &lt;i&gt;&#171; Nous donnons une prime &#224; la visibilit&#233;, une plus-value &#224; ce qui est d&#233;j&#224; su &#187; &lt;/i&gt; explique Franck Tanifeani, chef de service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre d&#233;marche choisie : le cheminement ne se fait pas &#224; partir de la commande d'un produit fini, mais palier par palier. On &#233;vite de le noyer dans une multitude de t&#226;ches et on pr&#233;f&#232;re les contenus aux contenants : l'activit&#233; est avant tout un support &#224; la relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail engag&#233; porte bien plus sur l'&#233;volution du comportement que sur l'apprentissage des savoirs. Si le jeune a &#233;t&#233; admis &#224; l'atelier Passerelle, c'est &#224; partir du diagnostic effectu&#233; avec la mission locale, sur son incompatibilit&#233; avec le dispositif de droit commun. &lt;i&gt;&#171; Ces jeunes fonctionnent &#224; partir de plaisirs et de d&#233;sirs forts que la soci&#233;t&#233; consid&#232;re comme d&#233;viants (toxicomanie, d&#233;linquance,&#8230;). Notre mission est bien de concurrencer ces comportements &#187;&lt;/i&gt; continue Franck Tanifeani.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons rendu visite &#224; l'atelier Passerelle. Sandra, 15 ans, tr&#232;s fi&#232;re, nous a expliqu&#233; ce qu'elle y faisait : &lt;i&gt;&#171; Ici, on fait des po&#232;mes et de la calligraphie &#187;. &lt;/i&gt; Ils sont cinq autour de la table, &#224; aller chercher dans un petit recueil de propos tenus par des gens c&#233;l&#232;bres, le texte idoine qui viendra illustrer la carte de v&#339;ux qu'ils sont en train de r&#233;aliser. &lt;i&gt;&#171; Ce que je fais est nul ! &#187;&lt;/i&gt; s'exclame Nacim. &lt;i&gt;&#171; Mais, non : colorie-le, ce sera encore plus joli &#187;&lt;/i&gt; l'encourage l'intervenant qui explique un peu plus tard, pourquoi il est important que le jeune reprenne confiance en lui. Pour cela, il doit prendre plaisir &#224; ce qu'il fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atelier Passerelle dispose de 30 places. Mais les entr&#233;es et les sorties y sont permanentes. Cela arrive que les jeunes claquent la porte. Ils savent qu'ils peuvent revenir quand ils veulent. Quand ils veulent, car il y a inconditionnalit&#233; de l'accueil, mais pas comme ils veulent. Chaque incident fait l'objet d'une mise au point et permet un travail sur les comportements. Les adultes sont particuli&#232;rement vigilants &#224; la r&#233;duction de la violence et aux conditions qui peuvent la provoquer (brimades, ton, comportement provocateur, y compris chez les encadrants). Une r&#233;union de r&#233;gulation a lieu chaque jeudi apr&#232;s-midi, qui permet de faire le point sur chaque jeune, mais aussi d'&#233;voquer l'actualit&#233; de chacun face &#224; chaque jeune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les publics en grande difficult&#233; qui ont fait le tour des structures existantes, l'atelier Passerelle constitue un point de rep&#232;re essentiel &#224; partir duquel, ils peuvent essayer de se structurer et de se stabiliser. Et, un certain nombre de jeunes s'y accrochent, y revenant apr&#232;s un s&#233;jour en prison ou en continuant parall&#232;lement &#224; se prostituer, se droguer ou commettre des actes de d&#233;linquance. D'autres y vivent un parcours plus serein. Pour tous, il s'agit de cheminer pour trouver son identit&#233; personnelle (&#224; partir de ses comp&#233;tences, de ses talents et de ses d&#233;sirs) et un moyen de reconnaissance sociale afin de d&#233;crocher enfin une place dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Service pr&#233;vention nuit -10, rue du Dragon - 13006 Marseille. T&#233;l. 04 91 37 40 46&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;DEPAR - 3, rue Delile 13001 Marseille. T&#233;l. 04 95 04 57 60&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Atelier Passerelle - 50, rue du Dragon 13006 Marseille. T&#233;l. 04 91 37 93 70&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Une logique autant militante que professionnelle &#187;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/On-est-dans-une-logique-autant-militante-que-professionnelle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/On-est-dans-une-logique-autant-militante-que-professionnelle</guid>
		<dc:date>2002-02-13T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>609</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Propos recueillis par Jacques Tr&#233;mintin &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis votre arriv&#233;e &#224; la direction de l'ARS , en 1991, cette association est pass&#233;e de deux &#224; huit services. Il existait donc tant de besoins &#224; satisfaire ? Effectivement, et notre souci a bien &#233;t&#233;, depuis 10 ans, d'apporter des r&#233;ponses &#224; des besoins non satisfaits. Il nous est apparu insupportable, &#224; l'&#233;poque, de constater qu'&#224; Marseille, des jeunes ne trouvaient pas de solutions &#224; leurs difficult&#233;s. Nous avons alors d&#233;cid&#233; d'innover. &#199;a a commenc&#233; avec l'atelier (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-609-" rel="tag"&gt;609&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Jacques Tr&#233;mintin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis votre arriv&#233;e &#224; la direction de l'ARS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Association pour la r&#233;adaptation sociale - 6, rue des Fabres - 13001 (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en 1991, cette association est pass&#233;e de deux &#224; huit services. Il existait donc tant de besoins &#224; satisfaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, et notre souci a bien &#233;t&#233;, depuis 10 ans, d'apporter des r&#233;ponses &#224; des besoins non satisfaits. Il nous est apparu insupportable, &#224; l'&#233;poque, de constater qu'&#224; Marseille, des jeunes ne trouvaient pas de solutions &#224; leurs difficult&#233;s. Nous avons alors d&#233;cid&#233; d'innover. &#199;a a commenc&#233; avec l'atelier Passerelle. Un certain nombre d'adolescents se trouvaient exclus de l'&#233;ducation nationale et des formations pr&#233;qualifiantes (mission locale, stages d'insertion&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela concernait notamment les deux foyers d'h&#233;bergement que nous g&#233;rions : les gamins se retrouvaient &#224; 8h30 devant la t&#233;l&#233;. Nous avons donc imagin&#233; une structure susceptible de poser des exigences progressives pour amener les jeunes &#224; respecter la ponctualit&#233; ou simplement &#224; parler poliment, toutes choses qu'ils n'arrivaient pas &#224; faire et qui les mettaient en marge des dispositifs de droit commun. L'histoire du service pr&#233;vention nuit est tr&#232;s proche. Dans un de nos foyers, des filles accueillies ont &#233;t&#233; prises dans un r&#233;seau de prostitution. Cela nous a amen&#233;s &#224; collaborer avec la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En discutant avec eux, ils nous ont fait la r&#233;flexion qu'apr&#232;s 17h00, ils n'avaient plus d'interlocuteurs chez les &#233;ducateurs. Il n'y avait personne pour s'occuper des jeunes la nuit. En 1996, des &#233;ducateurs se sont joints, pendant trois semaines, aux patrouilles de police de nuit. C'est de l&#224;, qu'est n&#233;e l'id&#233;e de cr&#233;er un service sp&#233;cialis&#233;. Notre conseil d'administration et notre pr&#233;sidente ont accept&#233; de prendre des risques pour cr&#233;er de nouveaux services r&#233;pondant &#224; tous ces besoins non satisfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;s lors il fallait travailler autrement, comment les personnels ont-ils r&#233;agi &#224; ces &#233;volutions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je suis arriv&#233;, nous avons enterr&#233; un jeune adulte qui venait d'avoir 18 ans. Il &#233;tait d&#233;c&#233;d&#233; du sida. Cette situation concernait alors plusieurs autres adolescents pris en charge. Il &#233;tait &#233;vident que nous n'&#233;tions pas &#233;quip&#233;s pour assurer un tel accompagnement vers la mort. Mais, personne n'aurait compris que nous passions le relais &#224; des services sp&#233;cialis&#233;s. Les jeunes auraient eu l'impression qu'on les jetait, les professionnels qu'on les abandonnait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons donc pris la d&#233;cision de continuer &#224; &#234;tre &#224; leurs c&#244;t&#233;s, et ce jusqu'&#224; la fin. On est l&#224; dans une logique autant militante que professionnelle. Quand j'ai souhait&#233; qu'un &#233;ducateur vous accompagne la nuit de votre venue, cela tombait sur son jour de repos. Il a accept&#233; tout de suite. On le fera r&#233;cup&#233;rer ensuite. Mais, ce qui l'emporte, c'est avant tout l'engagement sur un projet pr&#233;cis. Avant mon arriv&#233;e, l'association avait une gestion d'&#233;picier. J'ai propos&#233; que l'argent qui avait &#233;t&#233; &#233;conomis&#233; soit investi dans des actions nouvelles. Le conseil d'administration a accept&#233;. Nous avons pu alors proc&#233;der &#224; un recrutement suppl&#233;mentaire : nous sommes pass&#233;s de 37 &#224; 90 salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment voyez-vous l'avenir de l'ARS ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, ce qui compte, c'est de p&#233;renniser les services qui ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s. Ils sont reconnus par nos partenaires, mais vivent sur des budgets al&#233;atoires. Il faut asseoir leur financement et &#233;viter les pertes de temps et d'&#233;nergie que constitue chaque ann&#233;e la recherche des cr&#233;dits. Et puis, il y a encore un projet qui me tient &#224; c&#339;ur : organiser une pr&#233;sence &#233;ducative au sein des commissariats. Les discussions avec le directeur adjoint de la s&#233;curit&#233; publique &#224; Marseille sont bien avanc&#233;es sur cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup des petits d&#233;linquants qui sont entendus par les policiers et puis qui sont rel&#226;ch&#233;s, le sont sans aucune suite donn&#233;e, ni au niveau judiciaire (classement sans suite du parquet), ni au niveau &#233;ducatif. Recevoir les gamins pour un rappel &#224; la loi et les accompagner chez leurs parents, si ceux-ci ne veulent pas venir les chercher, pourrait &#234;tre l'amorce d'un travail &#233;ducatif en leur direction. Ce n'est pas confondre le m&#233;tier de policier et d'&#233;ducateur. C'est les faire cohabiter et permettre une multiplicit&#233; de r&#233;ponses. La hi&#233;rarchie polici&#232;re a valid&#233; ce projet. Le conseil g&#233;n&#233;ral contact&#233; pour son financement doit nous donner sa r&#233;ponse. Resteront &#224; convaincre les policiers de base.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Association pour la r&#233;adaptation sociale - 6, rue des Fabres - 13001 Marseille. T&#233;l. 04 91 99 43 00&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La probl&#233;matique paternelle</title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-problematique-paternelle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/La-problematique-paternelle</guid>
		<dc:date>2002-02-13T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>609</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voulant renouveler l'exp&#233;rience du colloque &#233;pistolaire men&#233; par Ren&#233; Zazzo en 1974 &#224; propos de l'Attachement, les initiateurs de ce livre ont d&#233;cid&#233; de solliciter pr&#232;s d'une dizaine de sp&#233;cialistes issus de la psychologie du d&#233;veloppement, de l'histoire, de la psychanalyse et de la sociologie, sur la question paternelle. Apr&#232;s un long texte plut&#244;t insipide et bavard de Serge Lebovici, on lira avec bonheur des contributions d'une grande richesse et d'une grande culture. Pendant longtemps, le p&#232;re a eu un (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Parentalite" rel="tag"&gt;Parentalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-609-" rel="tag"&gt;609&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L94xH150/arton450-8a6d7.jpg?1694640415' width='94' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voulant renouveler l'exp&#233;rience du colloque &#233;pistolaire men&#233; par Ren&#233; Zazzo en 1974 &#224; propos de l'Attachement, les initiateurs de ce livre ont d&#233;cid&#233; de solliciter pr&#232;s d'une dizaine de sp&#233;cialistes issus de la psychologie du d&#233;veloppement, de l'histoire, de la psychanalyse et de la sociologie, sur la question paternelle. Apr&#232;s un long texte plut&#244;t insipide et bavard de Serge Lebovici, on lira avec bonheur des contributions d'une grande richesse et d'une grande culture. Pendant longtemps, le p&#232;re a eu un devoir de s&#233;v&#233;rit&#233; : son autorit&#233; &#233;tait au service de la loi divine. &#171; Quand Dieu se fait p&#232;re, chaque p&#232;re devient image de Dieu &#187; (p.52).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois mod&#232;les vont cohabiter : le mod&#232;le aristocratique, paysan et citadin. C'est ce dernier qui va le mieux pr&#233;parer l'affinement des liens affectifs que va d&#233;ployer, &#224; l'&#233;poque moderne, le p&#232;re &#224; l'&#233;gard de son enfant : il lui transmet d&#233;j&#224;, en effet, des savoir-faire, des savoirs et des talents. Progressivement, le centre de gravit&#233; se d&#233;place vers la m&#232;re charg&#233;e de la vie au foyer pendant que le p&#232;re se consacre &#224; la sph&#232;re publique. Cette &#233;volution va s'accentuer avec la ma&#238;trise de la f&#233;condit&#233; qui passe l&#224; aussi des hommes vers les femmes et le placement de la famille sous le contr&#244;le des sp&#233;cialistes de la sant&#233; ou de l'&#233;ducation. Le patrimoine transmis par le p&#232;re compte, bient&#244;t, bien moins que les dipl&#244;mes valid&#233;s par l'&#233;cole. Longtemps, le p&#232;re fut au sommet du triangle dont la base &#233;tait occup&#233;e par la m&#232;re et l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dor&#233;navant, c'est bien l'enfant et son int&#233;r&#234;t qui occupent ce sommet, la base &#233;tant r&#233;partie entre les parents et l'&#201;tat. Mais, les bouleversements ont concern&#233; aussi la r&#233;partition des r&#244;les parentaux. Certes, d'aucuns continuent &#224; confier au p&#232;re la responsabilit&#233; de faire limite et coupure et d'introduire de la diff&#233;renciation. D'autres, comme Dolto, encore en 1988, prof&#232;rent des b&#234;tises du style : &#171; C'est lorsque l'enfant atteint l'&#226;ge de la marche &#8211; &#224; 18 mois &#8212; que les hommes normalement virils, commencent &#224; s'occuper de lui. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on peut difficilement attribuer une valeur atemporelle et universelle &#224; la fonction paternelle qui d&#233;pend pour l'essentiel de la conjoncture historique, de la contextualit&#233; &#233;conomique et politique, du d&#233;veloppement de la science et, bien &#233;videmment, des rapports entre les hommes, les femmes et les enfants. &#171; Comment parler du p&#232;re comme s'il &#233;tait unique alors que les d&#233;bris du moule du pater familias, bris&#233; il y a bien longtemps, sont rest&#233;s &#233;pars &#187; (p.95). Et de citer les nombreuses formes de paternit&#233; : papa poule (interchangeable avec la m&#232;re), p&#232;re copain, p&#232;re absent (du fait de sa suroccupation professionnelle), p&#232;re fouettard, p&#232;re courage (qui se bat pour obtenir la garde de ses enfants), p&#232;re d&#233;missionnaire, p&#232;re sp&#233;cialiste (dans certaines t&#226;ches), non p&#232;re (qui a fui ses responsabilit&#233;s) ? multiplicit&#233; rendant difficile la r&#233;duction &#224; un seul moule.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. &#233;r&#232;s, 2001, (208 p. ; 22,87 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des parents ! &#192; quoi &#231;a sert ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Des-parents-A-quoi-ca-sert</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Des-parents-A-quoi-ca-sert</guid>
		<dc:date>2002-02-13T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>609</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les pratiques qui visent &#224; aider les parents se multiplient. Mais on ne s'interroge pas si souvent sur les repr&#233;sentations, les pr&#233;suppos&#233;s et les th&#233;ories implicites qui les animent. C'est ce que propose cet ouvrage qui, d'embl&#233;e, se d&#233;tourne des deux conceptions courantes qui per&#231;oivent la parentalit&#233; dans une dimension sentimentaliste (fondant ainsi le lien familial sur l'&#233;lection affective de l'autre) ou dans une vision plus moraliste (assenant alors une d&#233;finition d&#233;finitive de la bonne mani&#232;re (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Parentalite" rel="tag"&gt;Parentalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-609-" rel="tag"&gt;609&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L96xH150/arton451-a3bed.jpg?1694640416' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les pratiques qui visent &#224; aider les parents se multiplient. Mais on ne s'interroge pas si souvent sur les repr&#233;sentations, les pr&#233;suppos&#233;s et les th&#233;ories implicites qui les animent. C'est ce que propose cet ouvrage qui, d'embl&#233;e, se d&#233;tourne des deux conceptions courantes qui per&#231;oivent la parentalit&#233; dans une dimension sentimentaliste (fondant ainsi le lien familial sur l'&#233;lection affective de l'autre) ou dans une vision plus moraliste (assenant alors une d&#233;finition d&#233;finitive de la bonne mani&#232;re d'&#234;tre parent). La premi&#232;re question &#233;voqu&#233;e concerne l'illusion d'un temps b&#233;ni, d'un avant mythique o&#249; la parentalit&#233; s'exer&#231;ait sans probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'histoire a gard&#233; les traces tant dans l'Antiquit&#233; qu'au d&#233;but du Moyen &#226;ge ou au sein m&#234;me de la monarchie absolue de p&#233;riodes de doute. La r&#233;volution fran&#231;aise en est le point culminant quand elle introduit la n&#233;cessit&#233; d'aimer l'enfant pour lui-m&#234;me. C'est le bon ordre de la soci&#233;t&#233; qui impose alors la pertinence d'avoir un p&#232;re aimant. &#171; La loi ne reconna&#238;t plus, de la part des p&#232;res et m&#232;res, que la protection envers leurs enfants : la puissance paternelle est abolie &#187;, proclame m&#234;me B&#233;lier en f&#233;vrier 1793. Deux si&#232;cles apr&#232;s, la r&#233;forme du droit de la famille n'osera pas franchir le pas de remplacer l'autorit&#233; parentale par la responsabilit&#233; parentale, pour ne pas rajouter au d&#233;sarroi des parents. Seuls nos cousins belges oseront substituer &#224; la vieille formule de l'honneur et du respect dus aux parents, un devoir r&#233;ciproque entre les uns et les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la proclamation de l'&#233;galit&#233; fondamentale des personnes ne risque-t-elle pas de faire dispara&#238;tre la dissym&#233;trie des places g&#233;n&#233;alogiques ? Le rapport entre parent et enfant n'est en aucun cas sym&#233;trique : le premier donne au second, sans attendre que celui-ci ne lui rende. Quand il agit ainsi, il ne remplit pas son devoir, mais rembourse sa dette &#224; la soci&#233;t&#233; qui l'a fait advenir ce qu'il est. Car, la responsabilit&#233; parentale se situe, pour l'essentiel, dans l'introduction de l'enfant &#224; l'ordre de l'alt&#233;rit&#233; : l'adulte est m&#233;diateur de son rapport au social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre conviction forte d&#233;velopp&#233;e dans le livre : la relativit&#233; et l'arbitrarit&#233; des usages parentaux : &#171; Il y a autant de mani&#232;res d'assumer la parentalit&#233; qu'il y a de soci&#233;t&#233;s diff&#233;rentes, &#224; travers l'espace g&#233;ographique, &#224; travers l'histoire ou &#224; travers les couches sociales &#187; (p.84). Cantonner la m&#232;re au registre nourricier et r&#233;server au p&#232;re la loi symbolique n'a gu&#232;re plus de justification qu'historique, les deux fonctions protectrice et s&#233;paratrice n'ayant pas forc&#233;ment de rapport direct avec le sexe du parent. En fait, quand le b&#233;b&#233; vient au monde, il y a trois naissances : celle de l'enfant, mais aussi celle d'un papa et d'une maman. C'est tout un processus psycho-affectif qui se met en ?uvre, commen&#231;ant dans le d&#233;sir d'enfant, se continuant lors de la maternit&#233; de la m&#232;re et se prolongeant dans les ann&#233;es qui suivent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. &#233;r&#232;s, 2001, (184 p. ; 19,50 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
