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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Ils permettent de penser la maladie autrement : Les Clubs th&#233;rapeutiques </title>
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		<dc:subject>Maladie mentale</dc:subject>
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		<title>Le Bouffadou est organis&#233; autour d'une &#233;quipe de professionnels</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-Bouffadou-est-organise-autour-d-une-equipe-de-professionnels</link>
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&lt;p&gt;Ici, on ne sait pas forc&#233;ment qui est qui : personne ne se d&#233;finit comme malade ou soignant, m&#234;me si la pr&#233;sence des professionnels est garante du fonctionnement du lieu. &lt;br class='autobr' /&gt;
La pi&#232;ce est vaste, lumineuse, ouverte sur un patio, r&#233;chauff&#233;e par une chemin&#233;e, d&#233;cor&#233;e de photos en noir et blanc, toutes r&#233;alis&#233;es par des adh&#233;rents, comme le sont les mosa&#239;ques vives des tables de bistro ou encore Bazile, l'&#226;me du lieu, petit vieux en pl&#226;tre et papier m&#226;ch&#233; qui tient dans ses mains un long b&#226;ton &#233;vid&#233; : le (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ici, on ne sait pas forc&#233;ment qui est qui : personne ne se d&#233;finit comme malade ou soignant, m&#234;me si la pr&#233;sence des professionnels est garante du fonctionnement du lieu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La pi&#232;ce est vaste, lumineuse, ouverte sur un patio, r&#233;chauff&#233;e par une chemin&#233;e, d&#233;cor&#233;e de photos en noir et blanc, toutes r&#233;alis&#233;es par des adh&#233;rents, comme le sont les mosa&#239;ques vives des tables de bistro ou encore Bazile, l'&#226;me du lieu, petit vieux en pl&#226;tre et papier m&#226;ch&#233; qui tient dans ses mains un long b&#226;ton &#233;vid&#233; : le bouffadou. C'est en effet cette branche de sureau &#8212; dans laquelle soufflaient les paysans ard&#233;chois pour r&#233;animer le feu dans l'&#226;tre &#8212; qui a donn&#233; son nom &#224; cet espace de rencontre et de convivialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; il y a deux ans, il rassemble tous les apr&#232;s-midi &#8212; mais aussi certains matins et une fois par mois en soir&#233;e &#8212; des personnes de tout &#226;ge, de toute condition, de tout horizon, encore que, pour la plupart, cet horizon se soit un jour heurt&#233; aux murs d'un h&#244;pital psychiatrique ou d'un centre d'accueil th&#233;rapeutique &#224; temps partiel (CATTP). Sept animateurs se m&#234;lent au groupe dont Monique Gau, la coordinatrice qui, cet apr&#232;s midi, partage une partie de scrabble tandis que Pascal Liandier, autre membre de l'&#233;quipe, anime &#224; l'&#233;tage un atelier Internet. De part et d'autre du comptoir, on discute de tout et de rien, comme dans tous les caf&#233;s, et de petits groupes se retrouvent autour des tables sous l'&#339;il de deux ou trois solitaires, fid&#232;les mais distants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, on ne sait pas forc&#233;ment qui est qui : personne ne se d&#233;finit comme malade ou soignant, m&#234;me si la pr&#233;sence des professionnels est garante du fonctionnement du lieu. C'est &#224; leur initiative, d'ailleurs, que le club a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;, &#224; partir du CATTP intersectoriel. Celui-ci &#233;tait &#8212; est toujours &#8212; fortement investi dans des activit&#233;s partenariales avec artisans et artistes de l'arrondissement mais, &#224; la longue, certains patients le vivaient comme un lieu trop marqu&#233; th&#233;rapeutiquement. Des &#233;changes entre les soignants et eux est alors n&#233;e l'id&#233;e d'un lieu plus ouvert, moins psychiatris&#233;, un lieu o&#249; ceux que la maladie isole pourraient se retrouver, passer un moment, boire un caf&#233; ou participer &#224; une activit&#233;. La direction du centre hospitalier sp&#233;cialis&#233; de Maison Blanche a donn&#233; son aval et acquis la maison de la rue des Vignoles, une maison d'artiste &#8212; elle appartenait &#224; un chanteur c&#233;l&#232;bre &#8212; dans un quartier tr&#232;s populaire du XXe arrondissement de Paris&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le Bouffadou - 93 rue des Vignoles - 75020 Paris. T&#233;l. 01 43 70 98 14. mail (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour fonctionner, une association, L'amicale du Bouffadou a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e et une convention sign&#233;e avec l'h&#244;pital. Les adh&#233;sions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='L'association compte pr&#232;s de 200 adh&#233;rents &#224; ce jour' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont libres, que l'on soit patient, soignant, ami, famille, artiste, b&#233;n&#233;vole&#8230; Il n'y a aucune obligation de pr&#233;sence ou de r&#233;gularit&#233;.Certains viennent tous les apr&#232;s-midi, de l'ouverture &#224; la fermeture, d'autres de temps en temps, d'autres seulement aux soir&#233;es&#8230; Des amiti&#233;s se nouent qui permettent de s'assurer que l'absent n'a pas de gros probl&#232;mes : un coup de fil, un petit mot. Mais rien de formalis&#233; : &#171; Les choses, constate Nathalie, se font naturellement. &#187; Nathalie, comme ses deux copines Nicole et Lydia, a connu le Bouffadou par le CATTP. Nicole a &#233;t&#233; attir&#233;e par les cours de yoga puis par la qualit&#233; du lieu. Si elle vient maintenant moins souvent c'est qu'elle a repris des cours de biologie au Centre national des arts et m&#233;tiers ; Nathalie, par contre est en attente d'une place en CAT. Des trois, seule Lydia se retrouve volontiers derri&#232;re le comptoir, les deux autres reconnaissant &#171; ne pas ma&#238;triser la machine (&#224; caf&#233;) ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydia est l'une des plus anciennes adh&#233;rentes et elle est tr&#232;s active dans la pr&#233;paration des soir&#233;es. Ainsi, r&#233;cemment, a-t-elle propos&#233; une soir&#233;e orientale et fait venir sa s&#339;ur pour danser. Ces soir&#233;es connaissent un grand succ&#232;s : tous les quinze jours une commission form&#233;e d'adh&#233;rents et d'animateurs discute du th&#232;me &#224; venir ; la vari&#233;t&#233; est de mise : danse, philo, karaok&#233;, jazz&#8230; Des sorties sont &#233;galement organis&#233;es : randonn&#233;es, pique-niques, journ&#233;e &#224; Lille &#224; l'exposition Rubens&#8230; Des entreprises plus ambitieuses mobilisent les adh&#233;rents : expositions de photos, de tableaux, repr&#233;sentations, le plus souvent en partenariat avec la mairie d'arrondissement tr&#232;s impliqu&#233;e et active. Une pi&#232;ce a m&#234;me &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e l'an dernier, Je cherche quelqu'une, apr&#232;s tout un travail sur le jeu, l'&#233;criture, les costumes, travail men&#233; par un metteur en sc&#232;ne et une costumi&#232;re et conclu par repr&#233;sentation publique au th&#233;&#226;tre du Lucernaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, c'est un film qui est en pr&#233;paration. Pour l'instant le metteur en sc&#232;ne, Rached M'Din, a quitt&#233; les abords de la chemin&#233;e pour s'installer au piano. Il vient au Bouffadou depuis un an et demi et a lanc&#233; l'id&#233;e d'un sc&#233;nario historico-comico-policier, &#171; l'&#233;nigme du Bouffadoi &#187; : entre l'&#233;criture, la fabrication des costumes, celle des d&#233;cors et le tournage, plus de la moiti&#233; des adh&#233;rents participeront &#224; cette cr&#233;ation, encadr&#233;s et accompagn&#233;s par des com&#233;diens et des techniciens professionnels. Nicole Berger sera sans doute du nombre car, depuis trois mois qu'elle fr&#233;quente le Bouffadou, elle retrouve le sens de la convivialit&#233; et le go&#251;t du partage. Ce sont les infirmi&#232;res qui, &#224; sa sortie de l'h&#244;pital, lui parlent du club et, comme elle a du mal &#224; faire seule la d&#233;marche, qui l'y accompagnent. Le lieu la s&#233;duit et aussi l'ambiance qui y r&#232;gne : &#171; On vient de tous horizons. On a tous nos souffrances mais, alors qu'&#224; l'h&#244;pital les gens en parlent, ce n'est pas le cas au Bouffadou. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la pr&#233;sence de soignants la rassure : &#171; Quand &#231;a ne va pas, je sais qu'ils sont l&#224; pour m'&#233;couter. Je ne suis pas assez s&#251;re de moi pour m'en passer&#8230; &#187; Par contre, elle esp&#232;re que ce passage lui permettra de s'inscrire plus tard dans un autre groupe, peut-&#234;tre un club de retrait&#233;s puisqu'elle en a l'&#226;ge. Mais sans doute regrettera-t-elle ce brassage car &#171; dans la souffrance, on fait abstraction des classes sociales, des nationalit&#233;s, de l'&#226;ge ! &#187; L'attitude de Nicole va tout &#224; fait dans le sens de Monique Gau que certaines positions de la FNAP Psy agacent. Pour sa part, elle ne pense pas que la pr&#233;sence d'un soignant fasse ressurgir les sympt&#244;mes. Au contraire : &#171; Il y a un savoir-faire, une &#233;thique, qui permettent d'avoir une &#233;coute clinique et ainsi d'aider la personne avant qu'elle d&#233;compense. D'ailleurs, quand quelqu'un ne va pas bien c'est vers le professionnel qu'il se tourne. &#187; Et de s'interroger sur les pathologies respectives de ceux qui fr&#233;quentent les clubs sans soignants et ceux qui revendiquent leur pr&#233;sence et, si besoin, leur intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe permanente du Bouffadou compte huit animateurs &#8212; infirmiers, psychologues, psychiatre, ergoth&#233;rapeute &#8212; renforc&#233;e ponctuellement par des soignants d'autres structures de l'arrondissement. Tous travaillent &#233;galement sur le CATTP et peuvent ainsi accompagner ceux qui en sortent et souhaitent continuer leur parcours au Bouffadou. L&#224;, ils pourront souffler dans le b&#226;ton creux pour, comme le dit l'un des adh&#233;rents, &#171; r&#233;animer le feu de chemin&#233;e, refaire surgir la flamme &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Bouffadou - 93 rue des Vignoles - 75020 Paris. T&#233;l. 01 43 70 98 14. mail : &lt;a href=&#034;mailto:bouffadou@wanadoo.fr&#034; class='spip_mail'&gt;bouffadou@wanadoo.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'association compte pr&#232;s de 200 adh&#233;rents &#224; ce jour&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Le club des Peupliers</title>
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		<dc:subject>747</dc:subject>

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&lt;p&gt;Organisation interm&#233;diaire entre le lieu tenu par des professionnels et le lieu g&#233;r&#233; par les usagers. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le XIIIe arrondissement de Paris est l'un de ces lieux o&#249; la maladie mentale a pu &#234;tre pens&#233;e diff&#233;remment et o&#249; des initiatives ont vu le jour qui, aujourd'hui encore, font r&#233;f&#233;rence. Ainsi, d&#232;s 1958, l'Association sant&#233; mentale (ASM) est cr&#233;&#233;e et un atelier th&#233;rapeutique mis en place. &#192; l'initiative du docteur Paumelle, un groupe de malades d&#233;cide d'aller plus loin et imagine un lieu moins th&#233;rapeutique et (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Organisation interm&#233;diaire entre le lieu tenu par des professionnels et le lieu g&#233;r&#233; par les usagers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le XIIIe arrondissement de Paris est l'un de ces lieux o&#249; la maladie mentale a pu &#234;tre pens&#233;e diff&#233;remment et o&#249; des initiatives ont vu le jour qui, aujourd'hui encore, font r&#233;f&#233;rence. Ainsi, d&#232;s 1958, l'Association sant&#233; mentale (ASM) est cr&#233;&#233;e et un atelier th&#233;rapeutique mis en place. &#192; l'initiative du docteur Paumelle, un groupe de malades d&#233;cide d'aller plus loin et imagine un lieu moins th&#233;rapeutique et plus convivial. C'est ainsi que Le Club des Peupliers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le Club des Peupliers. T&#233;l. 01 43 31 49 51' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; voit le jour en 1960, d&#233;clar&#233; association loi de 1901, h&#233;berg&#233; et subventionn&#233; par l'ASM. Une assistante sociale est &#233;galement d&#233;tach&#233;e, professionnelle non impliqu&#233;e dans le suivi des adh&#233;rents ainsi que le souhaitait le docteur Paumelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, il est convaincu qu'il faut &#171; d&#233;psychiatriser &#187; la structure et, pour ce faire, s'installer dans des locaux ind&#233;pendants et recruter les animateurs hors les &#233;quipes th&#233;rapeutiques. Pour preuve : &#171; Lorsqu'il a &#233;t&#233; n&#233;cessaire d'employer des membres de l'&#233;quipe pour aider au fonctionnement du club, un ph&#233;nom&#232;ne est apparu : la reproduction chez les patients d'un comportement pathologique li&#233; &#224; la pr&#233;sence de personnes qu'ils connaissaient en temps que soignants &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Pierre Prungnaud in &#171; Pratiques en sant&#233; mentale &#187; ; ao&#251;t 2004' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toutefois, si les usagers investissent de plus en plus le club comme leur domaine et si leur pr&#233;sence et leur participation &#224; des activit&#233;s sont totalement libres, ils ne peuvent ignorer que l'&#233;quipe, repr&#233;sent&#233;e au conseil d'administration et r&#233;guli&#232;rement r&#233;unie en synth&#232;se, est garante du fonctionnement de la structure et assure une fonction de suppl&#233;ance quand la charge devient trop lourde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une enqu&#234;te aupr&#232;s de 25 adh&#233;rents, souffrant pour la plupart de troubles tr&#232;s graves et suivis psychiatriquement, montre les effets b&#233;n&#233;fiques de la fr&#233;quentation du Club : contacts avec les autres, motivation, plus grande confiance en soi - voire valorisation - meilleure communication et, surtout, pour une majorit&#233;, moyen d'&#233;viter une hospitalisation. Un b&#233;mol toutefois : la dur&#233;e de fr&#233;quentation reste &#233;lev&#233;e (30, 20, 10 ans&#8230;) et un faible nombre d'adh&#233;rents se sert de son passage au club pour aller vers d'autres associations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Club des Peupliers. T&#233;l. 01 43 31 49 51&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Prungnaud in &#171; Pratiques en sant&#233; mentale &#187; ; ao&#251;t 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Clubs th&#233;rapeutiques : penser la maladie mentale autrement</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Clubs-therapeutiques-penser-la-maladie-mentale-autrement</link>
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		<dc:subject>Maladie mentale</dc:subject>
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&lt;p&gt;De la loi asilaire de 1938 sur les &#171; ali&#233;n&#233;s &#187; &#224; la sectorisation, de l'enfermement &#224; la cr&#233;ation des h&#244;pitaux de jour et des centres d'accueil th&#233;rapeutique &#224; temps partiel (CATTP), la maladie psychique tend &#224; s'effacer comme sympt&#244;me au profit de ceux qui en souffrent. Hors les murs de l'h&#244;pital, ces hommes et ces femmes ont besoin de lieux pour reprendre confiance et retisser du lien social. En France, depuis une vingtaine d'ann&#233;es, les clubs th&#233;rapeutiques constituent une &#233;tape suppl&#233;mentaire dans la (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De la loi asilaire de 1938 sur les &#171; ali&#233;n&#233;s &#187; &#224; la sectorisation, de l'enfermement &#224; la cr&#233;ation des h&#244;pitaux de jour et des centres d'accueil th&#233;rapeutique &#224; temps partiel (CATTP), la maladie psychique tend &#224; s'effacer comme sympt&#244;me au profit de ceux qui en souffrent. Hors les murs de l'h&#244;pital, ces hommes et ces femmes ont besoin de lieux pour reprendre confiance et retisser du lien social. En France, depuis une vingtaine d'ann&#233;es, les clubs th&#233;rapeutiques constituent une &#233;tape suppl&#233;mentaire dans la r&#233;appropriation de leur identit&#233; et leur permettent d'&#234;tre acteurs de leur vie, m&#234;me lorsque celle-ci menace de leur &#233;chapper.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il fut un temps, pas si lointain, o&#249; les &#171; ali&#232;nes &#187; &#8212; ainsi les appelait-on &#8212; &#233;taient retenus dans des h&#244;pitaux, de v&#233;ritables villes parfois, o&#249; ils devaient faire la preuve de leur totale gu&#233;rison pour pouvoir sortir. Certains y passaient leur vie. Beaucoup la perdait. Avec la psychiatrie de secteur, les choses se sont consid&#233;rablement am&#233;lior&#233;es, permettant une intervention th&#233;rapeutique d&#232;s l'apparition des troubles, et la poursuivant, si besoin, apr&#232;s l'hospitalisation. Dans le m&#234;me temps, la vie associative se d&#233;veloppait &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me des h&#244;pitaux, &#224; l'exemple de l'exp&#233;rience de Saint-Alban, initi&#233;e voil&#224; plus de 60 ans par Tosquelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, l'id&#233;e faisait son chemin depuis plus d'un si&#232;cle : Esquirol, au d&#233;but du XIXe si&#232;cle, insistait d&#233;j&#224; sur l'importance d'une vie collective dans les &#233;tablissements ; Bouchet, quelques ann&#233;es plus tard, consid&#233;rait que &#171; l'individualit&#233; sociale doit dispara&#238;tre et se fondre dans la vie en commun qui constitue la base actuelle et principale du traitement &#187; et, vers 1930, l'Allemand H. Simon d&#233;non&#231;ait l'inaction et le pr&#233;jug&#233; d'irresponsabilit&#233; qui r&#233;gnaient dans les h&#244;pitaux et pr&#233;conisait &#171; une th&#233;rapie plus active &#187;. Une tentative &#171; d'association amicale &#187;, &#224; l'initiative des malades, avait m&#234;me vu le jour &#224; l'h&#244;pital Saint-Anne &#224; Paris en 1909&#8230; Mais c'est surtout l'Angleterre qui, dans les ann&#233;es d'avant-guerre, allait d&#233;velopper le concept et installer de nombreux clubs sociaux th&#233;rapeutiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; son tour, la France va ouvrir des structures de ce type, comme le club Paul Blavet- Blavet d&#233;veloppant avec Tosquelles l'id&#233;e que l'h&#244;pital est lui-m&#234;me &#171; ali&#233;n&#233; &#187; et qu'il faut le soigner, ou encore le club de l'&#201;lan, &#224; Ville-Evrard, qui installera bient&#244;t des structures hors h&#244;pital. Le club des Peupliers (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Le-club-des-Peupliers' class='spip_in'&gt;lire article&lt;/a&gt;), dans le XII&#176; arrondissement parisien, confirme cette volont&#233; de se situer hors l'institution et de faire appel &#224; des intervenants autonomes. Ces structures sont le plus souvent encadr&#233;es par des f&#233;d&#233;rations d'associations, dont les Croix Marine, pionni&#232;res en la mati&#232;re. Ainsi, l'ordre asilaire, instaur&#233; par la loi de 1838, qui privil&#233;giait l'isolement et l'enfermement comme mesures de th&#233;rapie pour le malade et de protection pour la soci&#233;t&#233;, se voit remis en cause par les adeptes du courant d&#233;sali&#232;niste et ceux de la th&#233;rapie institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu &#224; peu les h&#244;pitaux s'humanisent : le malade acc&#232;de &#224; des droits dont il &#233;tait souvent totalement priv&#233; et redevient &#234;tre de parole, de comp&#233;tences, de d&#233;sirs. Sortant de l'institution hospitali&#232;re, il r&#233;int&#232;gre un statut de conjoint, de parent ou d'enfant, de citoyen, de travailleur. Mais les choses sont rarement aussi simples : la maladie est toujours pr&#233;sente et les m&#233;dicaments ne peuvent suffire &#224; faire accepter certains comportements &#224; la famille, aux voisins, aux employeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour preuve : la grande solitude dans laquelle se retrouvent nombre de personnes en souffrance psychique. Solitude, d&#233;saffiliation, pr&#233;carit&#233;, sont aggrav&#233;es par la nature m&#234;me de la maladie qui annihile la volont&#233;, favorise le repli sur soi, distend le lien social jusqu'&#224; le supprimer. La soci&#233;t&#233;, par le projet de loi sur le handicap et par la reconnaissance du concept de &#171; handicap psychique &#187;, commence &#224; prendre la mesure d'un probl&#232;me qui touche 15 % de la population. L'image du &#171; fou dangereux &#187;, volontiers v&#233;hicul&#233;e par les m&#233;dias, c&#232;de lentement la place &#224; une r&#233;alit&#233; bien plus complexe et moins spectaculaire. Les familles, pour leur part, s'organisent pour d&#233;fendre leurs droits et permettre le d&#233;veloppement d'initiatives multiples. Regroup&#233;es sous la banni&#232;re de l'&lt;a href=&#034;http://www.unafam.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Unafam&lt;/a&gt;, elles bataillent pour leurs proches aujourd'hui mais aussi pour un futur qui les inqui&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une quinzaine d'ann&#233;es, enfin, des malades ont pris eux-m&#234;mes leur situation en main, par la cr&#233;ation de clubs dont ils sont &#224; la fois les promoteurs, les gestionnaires et les usagers. Ils se retrouvent de plus en plus nombreux dans diff&#233;rentes structures : certaines &#233;manent des &#233;tablissements de soins, en particulier des CATTP (centres d'accueil th&#233;rapeutique &#224; temps partiel) et du personnel soignant ; d'autres des usagers et nombre de ces derni&#232;res sont affili&#233;es &#224; la &lt;a href=&#034;http://www.fnapsy.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;FNAP Psy&lt;/a&gt; (F&#233;d&#233;ration nationale des associations d'(ex) patients en PSYchiatrie). Cet automne, pour la premi&#232;re fois associ&#233;e &#224; l'Unafam, la F&#233;d&#233;ration proposait, dans les locaux du minist&#232;re de la Sant&#233;, une journ&#233;e nationale sur les clubs d'accueil et d'entraide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re satisfaction pour les organisateurs : le nombre important de participants, venus de toute la France, repr&#233;sentant &#233;quitablement les usagers, les professionnels et les &#233;lus. Ces trois groupes, en effet, se doivent de travailler ensemble pour que non seulement les malades sortent des h&#244;pitaux mais que des structures leur permettent de se (re) socialiser. En introduction &#224; la manifestation, le d&#233;put&#233; Michel Charzat, auteur en 2002 d'un rapport&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Rapport en date de mars 2002, remis &#224; la ministre d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; la Famille, &#224; (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, rappela que l'isolement des personnes en souffrance, la rupture de leurs liens sociaux &#8212; dus &#224; l'apragmatisme (Inertie et incapacit&#233; &#224; d&#233;cider), &#224; la d&#233;pression, au repli ou aux troubles de la communication &#8212; pouvaient avoir des cons&#233;quences dramatiques : &#171; Certains n'arrivent plus &#224; se lever, certains se laissent mourir sans demander de l'aide. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on sait en effet qu'un tiers des malades deviennent SDF, on comprend que la suppression &#8212; certes progressive &#8212; de quelque 10 000 lits d'h&#244;pital psychiatrique se doit d'&#234;tre compens&#233;e par d'autres propositions. Parmi celles-ci, les clubs &#8212; d&#233;j&#224; pr&#233;sent&#233;s dans le rapport comme &#171; non seulement des lieux conviviaux d'activit&#233;s collectives mais aussi des moyens simples et efficaces de lutter contre l'isolement des personnes handicap&#233;es et de veiller sur elles &#187; &#8212; semblent &#224; m&#234;me de combler ce &#171; no man's land entre le m&#233;dical et le sanitaire, l'espace mal per&#231;u entre la rue et l'h&#244;pital &#187;. Et d'engager les associations &#224; s'organiser en unions ou f&#233;d&#233;rations, de telle sorte qu'elles puissent b&#233;n&#233;ficier des aides financi&#232;res et mat&#233;rielles indispensables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FNAP Psy, pour sa part, &#339;uvre depuis 1982 &#224; f&#233;d&#233;rer les associations de patients et en compte trente-cinq aujourd'hui, la progression n'&#233;tant pas pr&#234;te de s'arr&#234;ter. Cette repr&#233;sentativit&#233; lui a permis de se structurer, en emm&#233;nageant dans des locaux adapt&#233;s et en embauchant trois salari&#233;s &#8212; des personnes reconnues handicap&#233;es psychiques &#8212; et, surtout, d'&#234;tre reconnue comme un interlocuteur incontournable. Claude Finkelstein, la pr&#233;sidente, associ&#233;e &#224; Jean Canneva, pr&#233;sident de l'Unafam &#8212; ils se pr&#233;sentent eux-m&#234;mes comme &#171; le couple infernal ! &#187; &#8212; sont de toutes les instances, sollicitant rendez-vous et auditions, interpellant les &#233;lus, faisant le si&#232;ge des minist&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La nouvelle loi semble bien avoir entendu le message et les dispositions g&#233;n&#233;rales du projet en t&#233;moignent : &#171; Afin de permettre aux personnes handicap&#233;es, notamment psychiques, de s'apporter une aide mutuelle, il est pr&#233;vu, comme cela se pratique dans de nombreux pays, que la pr&#233;vention s'appuie &#233;galement sur des lieux d'accueil sp&#233;cifiques, les clubs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'une des originalit&#233;s de ces lieux est d'apporter une aide &#224; tous, y compris &#224; ceux qui ne sont pas en demande du fait m&#234;me de leur pathologie. L'une des conditions d'adh&#233;sion au club &#8212; car on s'engage et on paie sa cotisation &#8212; est de donner au moins une fois par semaine signe de vie. Si tel n'est pas le cas, contact est pris avec l'absent et l'aide la plus appropri&#233;e est mise en place, de la visite amicale &#224; l'accompagnement vers le lieu de soins. Yvan Halimi, psychiatre tr&#232;s impliqu&#233; dans l'&#233;mergence des clubs, parle &#171; d'espaces de p&#233;dagogie de la libert&#233; et de la responsabilit&#233; &#187; ou encore &#171; d'espaces-sant&#233; o&#249; l'offre principale est la relation &#187;, l'un de ses effets majeurs &#233;tant &#171; la pr&#233;vention de l'urgence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce colloque fut aussi l'occasion d'entendre ceux que l'on fait rarement monter &#224; la tribune : les malades eux-m&#234;mes. J-C. Prevote et M. Beuna&#239;che fr&#233;quentent &#8212; le premier depuis 9 ans, la seconde depuis 9 mois &#8212; L'autre regard, &#224; Rennes, club parmi les plus anciens et les plus embl&#233;matiques. Sa cr&#233;ation, en 1985, r&#233;pondait &#224; la progression des prises en charge ambulatoires et, parall&#232;lement, &#224; celle de la solitude. L'id&#233;e avait alors germ&#233; d'ouvrir un lieu o&#249; se retrouveraient les personnes issues du secteur psychiatrique : usagers, familles, professionnels. Les lignes de conduite &#233;taient fix&#233;es : coll&#233;gialit&#233;, r&#233;assurance mutuelle, p&#233;dagogie active. &#171; On vient pour faire, dit J-C Prevote, pas seulement pour combler un vide. &#187; Les vertus d'une telle entreprise sont aujourd'hui prouv&#233;es : vertus de l'action qui oblige &#224; sortir de chez soi, s'adapter &#224; un lieu, pratiquer une activit&#233; choisie ; vertus du dialogue ; p&#233;dagogie de la libert&#233; et de la responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accueil est essentiel &#8212; &#171; il doit &#234;tre neutre et rassurant &#187; &#8212; et le nouveau venu doit comprendre qu'il n'a pas &#224; rendre compte de sa maladie, ni m&#234;me la nommer. Pas de hi&#233;rarchie, tutoiement de rigueur, peu de distances entre encadrants et encadr&#233;s, nombreuses r&#233;unions. L'usager, en fait, doit laisser la place &#224; un adh&#233;rent, qui s'engage, paie sa cotisation, participe aux r&#233;unions, choisit ses activit&#233;s. Il peut devenir animateur, voire salari&#233;. L'absence fait partie du fonctionnement du club : on nomme l'absent pour lui laisser sa place. Les clubs s'organisent de plus en plus pour que l'un d'entre eux soit toujours joignable, y compris le week-end. Bien qu'une &#233;tude fiable n'ait toujours pas &#233;t&#233; men&#233;e quant aux effets de ces structures sur le nombre des hospitalisations, Jean Canneva estime que, sur la population adh&#233;rente, la baisse des hospitalisations atteint 80 % : elle concerne essentiellement les personnes qui, en &#233;tat de crise, appellent ou sont appel&#233;es et peuvent ainsi ne pas se laisser d&#233;border par leur angoisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les clubs adh&#233;rents de la FNAP Psy se d&#233;marquent des autres par leur parti pris d'&#234;tre dirig&#233;s par les usagers eux-m&#234;mes &#8212; ils doivent &#234;tre majoritaires au conseil d'administration &#8212; et de laisser &#224; distance soignants et psy. Ceux-ci ne sont pas absents des structures mais interviennent &#224; la demande, comme personnes ressources, alli&#233;s. Certains usagers et quelques th&#233;rapeutes avancent l'id&#233;e que la pr&#233;sence formalis&#233;e &#224; l'int&#233;rieur du club de soignants ou de travailleurs sociaux issus du lieu de soins peut modifier le comportement de l'usager, g&#234;ner son &#233;volution et entraver &#171; la r&#233;appropriation de sa personne. &#187; La professionnalisation de l'usager, sa capacit&#233; &#224; cr&#233;er lui-m&#234;me les outils de son mieux-&#234;tre, ainsi que son aptitude &#224; analyser les structures dont il est l'initiateur et/ou l'adh&#233;rent, peuvent para&#238;tre une ambition excessive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, des clubs comme L'autre regard &#224; Rennes, Les neveux de Rameau &#224; Paris ou encore La vie en Roses en Avignon t&#233;moignent de la r&#233;ussite de ces structures. Cela, toutefois, ne permet pas de disqualifier celles qui ont fait un autre choix, celui de s'organiser autour d'une &#233;quipe de professionnels (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Le-Bouffadou-est-organise-autour-d-une-equipe-de-professionnels' class='spip_in'&gt;lire le reportage sur le Bouffadou&lt;/a&gt;). Deux philosophies s'opposent qui n'ont aucun int&#233;r&#234;t &#224; s'affronter car la reconnaissance des clubs par les pouvoirs publics &#8212; et les quelque 20 millions d'euros qui leur sont consacr&#233;s en 2005 &#8212; devrait permettre que structures traditionnelles et structures innovantes coexistent, la diversit&#233; &#233;tant le meilleur gage de la libert&#233; de chacun.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapport en date de mars 2002, remis &#224; la ministre d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; la Famille, &#224; l'Enfance et aux Personnes handicap&#233;es : &#171; Pour mieux identifier les difficult&#233;s des personnes en situation de handicap - du fait de troubles psychiques - et les moyens d'am&#233;liorer leur vie et celle de leurs proches. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Le nouveau visage, plus pr&#233;caire encore, de la prostitution</title>
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&lt;p&gt;&#192; la suite des mesures r&#233;pressives de la loi sur la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure (LSI, dite loi Sarkozy) p&#233;nalisant le racolage passif, les prostitu&#233;(e)s ont d&#251; se rendre moins visibles, tout en devenant plus vuln&#233;rables. De ses deux ans d'application, un bilan s&#233;v&#232;re &#233;tait tir&#233; par les associations concern&#233;es, le 15 mars &#224; Paris &lt;br class='autobr' /&gt;
Prenons une d&#233;p&#234;che fra&#238;che d'Associated press : soixante-douze personnes gard&#233;es &#224; vue dans le cadre d'une op&#233;ration men&#233;e dans les milieux de la prostitution. Pour ce r&#233;sultat, cinquante (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Decryptage" rel="directory"&gt;D&#233;cryptage&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; la suite des mesures r&#233;pressives de la loi sur la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure (LSI, dite loi Sarkozy) p&#233;nalisant le racolage passif, les prostitu&#233;(e)s ont d&#251; se rendre moins visibles, tout en devenant plus vuln&#233;rables. De ses deux ans d'application, un bilan s&#233;v&#232;re &#233;tait tir&#233; par les associations concern&#233;es, le 15 mars &#224; Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Prenons une d&#233;p&#234;che fra&#238;che d'Associated press : soixante-douze personnes gard&#233;es &#224; vue dans le cadre d'une op&#233;ration men&#233;e dans les milieux de la prostitution. Pour ce r&#233;sultat, cinquante services de police et de gendarmerie coordonn&#233;s par l'Office central de r&#233;pression de la traite des &#234;tres humains (OCRTEH), et vingt-huit op&#233;rations dans des villes importantes. Cent quarante-deux prostitu&#233;es contr&#244;l&#233;es en une semaine, dont une dizaine reconduites &#224; la fronti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mi-mars, &#224; l'Assembl&#233;e nationale, plusieurs associations &#8212; Femmes publiques, Cabiria (Lyon), Griselidis (Toulouse), Metanoya (Nantes), l'Amicale du Nid, les Amis du bus des femmes, France-Prostitution&#8230; &#8212; et des prostitu&#233;es venues de toute la France demandaient l'abrogation des articles de la loi Sarkozy p&#233;nalisant le racolage, qui selon elles entra&#238;nent, deux ans apr&#232;s sa mise en &#339;uvre, des effets &#171; d&#233;sastreux &#187;. Ce nouveau d&#233;lit devenu passible de six mois de prison et de 3750 e d'amende, avec retrait de la carte de s&#233;jour pour les &#233;trangers, est ainsi d&#233;fini : &#171; le fait, par tout moyen, y compris par sa tenue vestimentaire ou son attitude, de proc&#233;der publiquement au racolage d'autrui en vue de l'inciter &#224; des relations sexuelles en &#233;change d'une r&#233;mun&#233;ration ou d'une promesse de r&#233;mun&#233;ration &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association du Nid a recueilli fin 2004 une centaine de t&#233;moignages d'hommes fr&#233;quentant les prostitu&#233;es : tous les milieux sociaux et les professions &#233;taient repr&#233;sent&#233;s, le sociologue ayant pilot&#233; l'enqu&#234;te, Sa&#239;d Bouamama, signalant m&#234;me une &#171; surrepr&#233;sentation des cadres, employ&#233;s et chefs d'entreprise &#187;. Qui sont ces acheteurs de marchandise humaine ? Des &#171; impulsifs &#187;, des &#171; isol&#233;s affectifs &#187;, entre 30 et 50 ans pour la majorit&#233;, ayant v&#233;cu ou vivant en couple, souvent p&#232;res de famille. Support d'une r&#233;cente &#233;mission t&#233;l&#233; (Envoy&#233; sp&#233;cial), l'&#233;tude avait pos&#233;, une fois de plus, une &#233;ternelle question : la prostitution peut-elle &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un acte marchand ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les associations &#8212; toutes orientations confondues (celles qui consid&#232;rent les prostitu&#233;(e)s comme des victimes, et celles qui d&#233;fendent leur m&#233;tier) &#8212; ont rendu publique une lettre ouverte au chef de l'&#201;tat, sous forme d'&#233;valuation en trois constats : premi&#232;re cons&#233;quence de la loi, le d&#233;placement des centres villes vers des lieux plus &#233;loign&#233;s (friches industrielles, bois, caves ou parkings&#8230;) accro&#238;t l'ins&#233;curit&#233;, entra&#238;ne une d&#233;gradation de la situation sanitaire et rend la pr&#233;vention plus hasardeuse. Les associations Act Up, Aides et Arcat-Sida estiment que cette dispersion de la prostitution et la multiplication des patrouilles de police ont eu des cons&#233;quences sanitaires catastrophiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un recul en trompe-l'&#339;il&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me effet, la multiplication des expulsions (&#171; la loi est devenue un moyen suppl&#233;mentaire de lutte contre l'immigration &#187;, d&#233;noncent les associations : 400 &#171; &#233;loignements &#187; selon le ministre de l'Int&#233;rieur, Dominique de Villepin), avec les abus policiers que cela implique &#8212; 7 500 interpellations pour l'ann&#233;e 2004, pour seulement quelques centaines de condamnations &#8212; et des in&#233;galit&#233;s territoriales en fonction des pressions des riverains. Tertio et en cons&#233;quence, une vie plus clandestine, donc plus pr&#233;caire et moins s&#233;curis&#233;e &#224; tous &#233;gards. Et les associations de conclure leur adresse &#224; Chirac : &#171; l'abrogation des articles de la LSI qui portent sur la prostitution s'impose &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'OCRTEH estimait pour sa part, fin 2004, entre 15 000 et 18 000 le nombre de prostitu&#233;es en France, dont plus de 60 % &#233;trang&#232;res, plus de la moiti&#233; travaillant &#224; Paris. L'activit&#233; polici&#232;re est intense : entre les seuls mois de mars 2003 et de juillet 2004, plus de 5 600 personnes &#233;taient interpell&#233;es pour racolage, dont 84 % &#233;trang&#232;res, originaires principalement de pays d'Europe de l'Est, et du Nigeria, du Cameroun ou de Sierra Leone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2004, le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, alors dirig&#233; par Sarkozy, avait d&#233;j&#224; fi&#232;rement annonc&#233;, neuf mois apr&#232;s l'entr&#233;e en vigueur de la LSI, une baisse de 40 % de la prostitution parisienne. Mais la mairie de Paris &#233;tait rest&#233;e sceptique, estimant avec les associations que le ph&#233;nom&#232;ne s'&#233;tait simplement d&#233;plac&#233;. En outre, une &#233;tude approfondie men&#233;e par deux chercheuses en sciences sociales avait &#8212; d&#233;j&#224; &#8212; soulign&#233; les cons&#233;quences &#171; d&#233;sastreuses &#187; de cette politique pour les prostitu&#233;es qui d&#233;sormais &#233;chappaient davantage aux actions de pr&#233;vention et se trouvaient plus qu'avant expos&#233;es &#224; la violence des clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs pr&#233;conisations : soutenir les associations, d&#233;velopper une meilleure r&#233;activit&#233; face aux conflits riverains/prostitu&#233;es, et mieux conna&#238;tre la localisation de la population prostitutionnelle. Concernant les personnes voulant sortir de la prostitution, l'&#233;crit recommandait de donner des moyens pour l'h&#233;bergement et l'int&#233;gration, en favorisant l'apprentissage du fran&#231;ais et l'obtention de papiers sans d&#233;lation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en cas de d&#233;nonciation d'un prox&#233;n&#232;te, la prostitu&#233;e doit se voir d&#233;livrer un titre de s&#233;jour provisoire, tout en &#233;tant prot&#233;g&#233;e. Depuis 2003, elles auraient &#233;t&#233; 350 &#224; avoir b&#233;n&#233;fici&#233; de ces dispositions. Mais d'une part, l'appr&#233;ciation des d&#233;clarations de la prostitu&#233;e est laiss&#233;e &#224; la discr&#233;tion de la police, d&#233;plore le service &#339;cum&#233;nique d'entraide Cimade ; d'autre part, sur environ 180 titres de s&#233;jour (de un &#224; six mois) d&#233;livr&#233;s en 2004, certains l'ont &#233;t&#233; apr&#232;s plusieurs mois d'attente, renvoyant parfois la personne concern&#233;e&#8230; &#224; la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 mars, Villepin d&#233;clarait vouloir &#171; travailler &#224; la r&#233;insertion sociale des prostitu&#233;es &#187;. Les associations ne demandent que cela.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La soci&#233;t&#233; malade de la gestion</title>
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		<dc:subject>Organisation</dc:subject>

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&lt;p&gt;Voil&#224; une charge implacable, mais n&#233;anmoins fortement argument&#233;e contre une id&#233;ologie qui a envahi progressivement tous les pores de notre soci&#233;t&#233;. La loi du march&#233; et la comp&#233;tition g&#233;n&#233;ralis&#233;e s'imposeraient &#224; tous. Chacun est convoqu&#233; au service d'une &#233;conomie entr&#233;e dans une qu&#234;te de performance et une guerre de position o&#249; la seule alternative serait de gagner ou de dispara&#238;tre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le capitalisme financier a remplac&#233; le capitalisme industriel : la valeur de l'entreprise est mesur&#233;e quotidiennement &#224; l'aune (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L101xH150/arton284-954e4.jpg?1694072826' width='101' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; une charge implacable, mais n&#233;anmoins fortement argument&#233;e contre une id&#233;ologie qui a envahi progressivement tous les pores de notre soci&#233;t&#233;. La loi du march&#233; et la comp&#233;tition g&#233;n&#233;ralis&#233;e s'imposeraient &#224; tous. Chacun est convoqu&#233; au service d'une &#233;conomie entr&#233;e dans une qu&#234;te de performance et une guerre de position o&#249; la seule alternative serait de gagner ou de dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme financier a remplac&#233; le capitalisme industriel : la valeur de l'entreprise est mesur&#233;e quotidiennement &#224; l'aune des march&#233;s. Le comptable s'est substitu&#233; au strat&#232;ge, le court terme au long terme, la recherche du gain imm&#233;diat &#224; la mise en place d'une production de qualit&#233;. L'obsession de la rentabilit&#233; financi&#232;re a &#233;t&#233; encore plus accrue par le mode de r&#233;mun&#233;ration des cadres dirigeants qui, au travers des stocks options, sont directement int&#233;ress&#233;s &#224; la valeur en cours de l'action. Le fragile &#233;quilibre entre capital et travail vers lequel tendait l'&#201;tat social depuis l'apr&#232;s guerre est rompu, le travail n'&#233;tant plus consid&#233;r&#233; qu'en tant que variable secondaire devant &#234;tre rendue mall&#233;able et flexible pour l'adapter aux exigences du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau management a tourn&#233; le dos au syst&#232;me hi&#233;rarchique et disciplinaire qui imposait le contr&#244;le par un surmoi s&#233;v&#232;re et vigilant. Il l'a remplac&#233; par l'adh&#233;sion, l'implication subjective et l'implication affective du salari&#233;, cherchant &#224; transformer l'&#233;nergie libidinale en force de travail. Il exige que celui-ci projette son propre id&#233;al dans celui de la firme qui l'emploie. Quand l'individu ne r&#233;pond pas ou plus &#224; ces exigences, il est alors rejet&#233;. Son employabilit&#233; est mesur&#233;e &#224; sa capacit&#233; de mobilit&#233;, de disponibilit&#233; et d'adaptabilit&#233;. Premier fondement de ce pouvoir manag&#233;rial qui essaie d'appara&#238;tre neutre et impartial : le langage de l'insignifiance qui recouvre la complexit&#233; par l'&#233;vidence, neutralise les contradictions par le positivisme, &#233;radique les conflits d'int&#233;r&#234;ts par l'affirmation de valeurs qui se veulent universelles. Le pass&#233; est oubli&#233;, le pr&#233;sent d&#233;valoris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul compte l'exaltation de l'avenir : toujours plus haut, toujours mieux, dans une progression sans contradiction o&#249; a disparu toute erreur, toute faute, toute imperfection et toute impuret&#233;, dans un monde o&#249; tout d&#233;sir doit &#234;tre satisfait et tout manque supprim&#233;. Second fondement d'une tentative de l&#233;gitimation : des instruments qui semblent apporter de la transparence l&#224; o&#249; r&#232;gne l'arbitraire, de l'objectivit&#233; l&#224; o&#249; domine la contradiction et enfin de la s&#233;curit&#233; dans un monde instable et mena&#231;ant, mais qui ne rel&#232;vent que du syndrome de la quantophr&#233;nie (&#171; illusion qui consiste &#224; croire que la r&#233;alit&#233; peut &#234;tre comprise et ma&#238;tris&#233;e &#224; condition de pouvoir la mesurer. &#187; p.71). Les consid&#233;rations comptables et financi&#232;res l'emportent aujourd'hui sur les consid&#233;rations humaines et sociales. Ce n'est ni une mal&#233;diction, ni une fatalit&#233;, mais un choix de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Seuil, 2005 (282 p. ; 19 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les d&#233;sordres du travail</title>
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		<dc:subject>747</dc:subject>
		<dc:subject>Organisation</dc:subject>

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&lt;p&gt;La mont&#233;e du ch&#244;mage nous a habitu&#233;s depuis trente ans &#224; ne plus nous interroger sur les conditions de travail, mais sur le seul fait d'en avoir ou pas. Pourtant, les 3 000 accidents de travail qui ont lieu chaque ann&#233;e repr&#233;sentent 3 % de la richesse nationale, soit l'&#233;quivalent de plus d'une dizaine de jours f&#233;ri&#233;s ! Le d&#233;ni collectif de cette r&#233;alit&#233; tient &#224; la conviction que l'abandon du taylorisme aurait notablement chang&#233; la donne : autonomie, responsabilisation, coaching, appui sur le r&#233;seau, (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L102xH150/arton285-fae22.jpg?1694072826' width='102' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La mont&#233;e du ch&#244;mage nous a habitu&#233;s depuis trente ans &#224; ne plus nous interroger sur les conditions de travail, mais sur le seul fait d'en avoir ou pas. Pourtant, les 3 000 accidents de travail qui ont lieu chaque ann&#233;e repr&#233;sentent 3 % de la richesse nationale, soit l'&#233;quivalent de plus d'une dizaine de jours f&#233;ri&#233;s ! Le d&#233;ni collectif de cette r&#233;alit&#233; tient &#224; la conviction que l'abandon du taylorisme aurait notablement chang&#233; la donne : autonomie, responsabilisation, coaching, appui sur le r&#233;seau, utilisation massive des techniques de communication etc. auraient remis&#233; la p&#233;nibilit&#233; d'hier, avec son lot de suj&#233;tions aux hi&#233;rarchies pesantes. Tout a commenc&#233;, au d&#233;but des ann&#233;es 1980, par l'obligation faite aux constructeurs automobiles japonais, pour pouvoir vendre leurs produits sur le march&#233; am&#233;ricain, de construire leurs v&#233;hicules sur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que Toyota introduisit outre-Atlantique ses techniques manag&#233;riales : polyvalence et polycomp&#233;tence des salari&#233;s (devant pouvoir changer de poste, en s'adaptant aux besoins), travail en &#233;quipe, production juste &#224; temps (suppression des stocks remplac&#233;s par le flux tendu), d&#233;marche qualit&#233; (recherche de la satisfaction du client)&#8230; le productivisme r&#233;actif qu'on pensait inadapt&#233; aux mentalit&#233;s occidentales s'est impos&#233; non seulement &#224; l'industrie, mais s'est &#233;tendu au tertiaire, devenant bient&#244;t le nouveau paradigme gestionnaire s'imposant sur tous les continents. Ces innovations comportent une dimension positive qu'on peut constater au quotidien, mais ont &#233;t&#233; aussi marqu&#233;es par l'apparition d'effets induits n&#233;gatifs, aggravant les nuisances et le stress. La cha&#238;ne des causalit&#233;s est tr&#232;s complexe. Mais l'organisation en &#233;quipe qui apporte plus d'autonomie, intensifie aussi bien plus le travail. Tout comme la rotation des postes qui enrichit les t&#226;ches mais rend plus difficile l'apprentissage des r&#232;gles de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1990 et 2000, l'ensemble des indicateurs portant sur les conditions de travail a vir&#233; au rouge en Europe et plus particuli&#232;rement en France o&#249; les cas de maladie professionnelle ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par dix. S'agirait-il simplement d'une plus grande sensibilit&#233; aux conditions de travail ? Les USA d&#233;montrent le contraire, eux qui ont vu, dans la m&#234;me p&#233;riode, le taux d'accident de travail et de maladie professionnelle s'effondrer dans une proportion allant de 30 &#224; 45 % ! Aucune philanthropie en la mati&#232;re, simplement la conviction que dans un environnement plus s&#251;r et moins astreignant, la motivation des salari&#233;s progresse, l'absent&#233;isme r&#233;gresse et les co&#251;ts des assurances diminuent. Preuve que la qualit&#233; du travail doit &#234;tre vue non comme un obstacle &#224; la cr&#233;ation des richesses, mais comme une clef de l'innovation. Du c&#244;t&#233; tant des partenaires sociaux que de l'&#201;tat fran&#231;ais, cette question reste superbement ignor&#233;e et renvoy&#233;e &#224; un probl&#232;me avant tout individuel relevant du m&#233;decin, du psychoth&#233;rapeute, voire du juge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Seuil, 2004 (96 p. : 10,50 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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