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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Le proc&#232;s d'Angers peut en cacher un autre</title>
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		<dc:subject>746</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La sid&#233;ration engendr&#233;e par le proc&#232;s angevin aurait-elle pour effet de r&#233;tr&#233;cir la r&#233;flexion ? Avant m&#234;me que ne soient initi&#233;s les d&#233;bats, certains ont d&#233;j&#224; mis la responsabilit&#233; des services sociaux, voire la pertinence de notre syst&#232;me de protection de l'enfance, sur la sellette. Dans une atmosph&#232;re qui s'annonce d&#233;l&#233;t&#232;re, des dommages collat&#233;raux sont &#224; craindre. D'ores et d&#233;j&#224;, quelques voix se font entendre &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;La p&#233;dophilie est aujourd'hui au c&#339;ur de l'actualit&#233; m&#233;diatique et juridique &#187;, &#233;crivait d&#233;j&#224; en&#8230; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La sid&#233;ration engendr&#233;e par le proc&#232;s angevin aurait-elle pour effet de r&#233;tr&#233;cir la r&#233;flexion ? Avant m&#234;me que ne soient initi&#233;s les d&#233;bats, certains ont d&#233;j&#224; mis la responsabilit&#233; des services sociaux, voire la pertinence de notre syst&#232;me de protection de l'enfance, sur la sellette. Dans une atmosph&#232;re qui s'annonce d&#233;l&#233;t&#232;re, des dommages collat&#233;raux sont &#224; craindre. D'ores et d&#233;j&#224;, quelques voix se font entendre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8220;La p&#233;dophilie est aujourd'hui au c&#339;ur de l'actualit&#233; m&#233;diatique et juridique &#187;, &#233;crivait d&#233;j&#224; en&#8230; 1997 l'Institut des hautes &#233;tudes de la s&#233;curit&#233; publique (IHESI, devenu INHES) en exergue d'un premier ouvrage &#8212; intitul&#233; La p&#233;dophilie et se proposant de mieux cerner le ph&#233;nom&#232;ne et les mesures de pr&#233;vention &#224; mettre en &#339;uvre &#8212; encore disponible aujourd'hui sur c&#233;d&#233;rom&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='La p&#233;dophilie, Catherine Montiel et Renaud Fillieule (CD-rom, 10 &#8364;), mai (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acteurs se mettent en place : vingt-trois familles mises en cause dont vingt et une suivies par les services sociaux. Assistantes sociales de secteur, &#233;ducateurs d'action &#233;ducative en milieu ouvert, &#233;ducatrices de protection maternelle et infantile, psychologues, aides m&#233;nag&#232;res, infirmi&#232;res scolaires, responsables de curatelles ou tuteurs, contr&#244;leurs judiciaires&#8230; Sur quarante-huit t&#233;moins cit&#233;s, vingt-six travailleurs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un comble : beaucoup d'adultes &#233;taient sous tutelle ou curatelle. Et la plupart des enfants &#233;taient suivis par le biais d'une assistance &#233;ducative &#187;, s'est d&#233;j&#224; vertueusement indign&#233; L'Express du 28 f&#233;vrier. N'ayant &#233;videmment rien &#224; perdre, l'avocat d'une des principales accus&#233;es en rajoute : &#171; Des &#233;ducateurs devaient se rendre &#224; leur domicile. Sont-ils venus assez souvent ? Y a-t-il eu une bonne communication entre les services ? Les &#233;poux X. &#233;taient-ils assez malins pour tout dissimuler ? Ce proc&#232;s sera aussi celui des services sociaux &#187;. D'autres organes s'engouffrent dans la br&#232;che : &#171; L'inertie des travailleurs sociaux en accusation &#187;, titrait carr&#233;ment le Figaro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, &#171; il est faux de dire que personne n'a rien vu ni entendu &#187;, r&#233;ajuste le pr&#233;sident du conseil g&#233;n&#233;ral du Maine-et-Loire, dont d&#233;pend l'Aide sociale &#224; l'enfance, Christophe B&#233;chu, rappelant que quinze cas avaient fait l'objet de signalements pour carences &#233;ducatives ou suspicion de maltraitances sexuelles, &#171; mais [que] les services sociaux n'ont pas &#224; remplir le r&#244;le de la police ou de la justice &#187;. En l'occurrence, des adultes particuli&#232;rement manipulateurs ont polaris&#233; l'attention sur moult t&#226;ches d'accompagnement li&#233;es &#224; l'insertion professionnelle, &#224; l'illettrisme, &#224; la prise en charge de probl&#232;mes psychologiques, d'alcoolisme ou de handicap.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Trop discret travail social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans ce dossier, c'&#233;tait les familles les plus coop&#233;ratives avec les services sociaux qui avaient les comportements les plus graves &#187;, confirmait r&#233;cemment le vice-procureur. Et il aura fallu attendre que les parents soient en garde &#224; vue pour que les enfants se d&#233;cident &#224; parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;partement est loin d'&#234;tre vierge en mati&#232;re d'initiative de protection : une cellule vigilance-p&#233;dophilie avait &#233;t&#233; mise en route au d&#233;but de cette ann&#233;e, et une unit&#233; d'accueil sp&#233;cialis&#233;e est en voie de cr&#233;ation au CHU local pour les enfants victimes d'abus sexuels ; la notion de &#171; secret partag&#233; &#187; entre justice et services sociaux y est discut&#233;e. Le vice-pr&#233;sident du conseil g&#233;n&#233;ral en charge de l'action sociale, Christian Giller, veut monter des &#171; comit&#233;s de pr&#233;vention de la r&#233;cidive &#187;. Un sch&#233;ma ax&#233; sur la pr&#233;vention met en lien depuis 1998 services de justice, de police, CAF, associations et collectivit&#233;s locales. En 2000, une premi&#232;re Charte de signalement &#233;tait utilis&#233;e, avec cahier des charges incluant les diverses proc&#233;dures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur est interpell&#233; : &#171; Soci&#233;t&#233; paradoxale o&#249; ceux qui profitent de la mis&#232;re sont ceux-l&#224; m&#234;me qui condamnent ceux qui s'efforcent, avec les moyens qu'on leur donne, de la soulager &#187;, temp&#234;te Jacques Ladsous, en se f&#233;licitant que le conseil g&#233;n&#233;ral du Maine-et-Loire ait saisi le Conseil sup&#233;rieur du travail social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un point de vue saisissant intitul&#233; De l'usage politique des affaires d'abus sexuels sur enfants, publi&#233; dans Lib&#233;ration du 16 mars, Mich&#232;le Becquemin, &#233;ducatrice et sociologue, &#233;tablit un parall&#232;le avec certaines affaires analogues ayant d&#233;fray&#233; la chronique anglaise. Elle en tire, entre autres observations, une conclusion &#233;minemment politique : &#171; ces drames et leur m&#233;diatisation ont accompagn&#233;, voire servi les avanc&#233;es de l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale en donnant une inflexion particuli&#232;re au travail social (renvoi aux responsabilit&#233;s parentales, renforcement de la pression morale et du contr&#244;le social ainsi que du syst&#232;me d'accusation/d&#233;fense, et parall&#232;lement accentuation de la r&#233;pression de la d&#233;linquance juv&#233;nile) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les associations de travailleurs sociaux, pour leur part, commencent &#224; r&#233;agir : &#171; il ne sera jamais possible de pr&#233;voir et d'emp&#234;cher toutes les situations de maltraitance en France &#187;, pr&#233;vient l'association des assistants de service social (ANAS) sur son site. &#171; Tout au plus pourra-t-on les limiter et en r&#233;duire le nombre de fa&#231;on cons&#233;quente. Mais pour cela il faudra d'autres moyens que ceux qui nous sont actuellement d&#233;volus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce proc&#232;s, d'autres risques existent : alors que la loi de 1881 interdit de diffuser &#171; de quelque mani&#232;re que ce soit, des informations relatives &#224; l'identit&#233;, ou permettant l'identification d'un mineur victime d'une infraction &#187;, la D&#233;fenseure des Enfants a d&#251; rappeler vigoureusement que ces r&#232;gles &#233;l&#233;mentaires avaient &#233;t&#233; bafou&#233;es au proc&#232;s d'Outreau. Par ailleurs, le mouvement ATD Quart-Monde craint une nouvelle stigmatisation des populations pr&#233;caires dans leur ensemble, favoris&#233;e par l'emploi abusif du terme &#171; quart-monde &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La p&#233;dophilie, Catherine Montiel et Renaud Fillieule (CD-rom, 10 &#8364;), mai 1997. Un autre ouvrage, La p&#233;dophilie, m&#233;thodes d'&#233;valuation de la d&#233;marche intellectuelle et des strat&#233;gies de passage &#224; l'acte des agresseurs sexuels p&#233;dophiles, avait &#233;t&#233; publi&#233; deux ans plus tard.&lt;br class='manualbr' /&gt;INHES - Les Borrom&#233;es - 3 av. du Stade de France - 93210 Saint-Denis la Plaine. T&#233;l. 01 55 84 53 00&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Image de soi et handicap</title>
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		<title>La pr&#233;vention de la maltraitance des enfants</title>
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		<dc:subject>Enfance maltrait&#233;e</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Beaucoup d'&#233;tudes ont &#233;t&#233; consacr&#233;es tant &#224; la question de la maltraitance qu'&#224; celle de la pr&#233;vention. Il en existe bien peu sur la pr&#233;vention de la maltraitance. Laurence Mousset-Libeau explique cette situation par le sort g&#233;n&#233;ralement r&#233;serv&#233; &#224; la pr&#233;vention dans notre pays. Dans le domaine m&#233;dical, c'est bien le mod&#232;le organiciste et curatif se centrant sur le sympt&#244;me de la maladie qui a toujours pris le pas sur la dimension bien plus globale de la sant&#233; int&#233;grant en plus de la personne la famille ou (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Beaucoup d'&#233;tudes ont &#233;t&#233; consacr&#233;es tant &#224; la question de la maltraitance qu'&#224; celle de la pr&#233;vention. Il en existe bien peu sur la pr&#233;vention de la maltraitance. Laurence Mousset-Libeau explique cette situation par le sort g&#233;n&#233;ralement r&#233;serv&#233; &#224; la pr&#233;vention dans notre pays. Dans le domaine m&#233;dical, c'est bien le mod&#232;le organiciste et curatif se centrant sur le sympt&#244;me de la maladie qui a toujours pris le pas sur la dimension bien plus globale de la sant&#233; int&#233;grant en plus de la personne la famille ou encore l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine de la politique criminelle, l'&#233;tude du passage &#224; l'acte a permis de percevoir l'auteur des faits comme un sujet dot&#233; d'une vie &#233;motionnelle, de processus mentaux, d'aptitudes sociales et morales qu'il &#233;tait pr&#233;cieux de conna&#238;tre si l'on voulait &#233;viter la r&#233;cidive et peut-&#234;tre r&#233;duire les comportements d&#233;lictueux. Mais, plus que la pr&#233;vention, ce qui a toujours compt&#233;, c'est le principe de la punition cens&#233;e &#234;tre dissuasive et r&#233;formatoire. C'est donc bien toujours la logique curative (en mati&#232;re de soins) et r&#233;pressive (en mati&#232;re de justice) qui a &#233;t&#233; privil&#233;gi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui concerne la maltraitance, on retrouve la m&#234;me logique. On a veill&#233; &#224; former les professionnels pour leur permettre de mieux d&#233;tecter les violences dont sont victimes les mineurs, tant il est difficile de toujours r&#233;ussir &#224; distinguer une souffrance li&#233;e &#224; la s&#233;paration parentale ou &#224; un syndrome d&#233;pressif, d'une souffrance li&#233;e &#224; la maltraitance. Mais en ce qui concerne la pr&#233;vention primaire, notre pays fait preuve de bien peu d'imagination, se contentant de reproduire depuis quinze ans, sans aucune &#233;valuation, les m&#234;mes campagnes bas&#233;es sur l'incitation des enfants &#224; l'auto-protection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'enfant n'est pas toujours en mesure de se prot&#233;ger efficacement seul face &#224; la force ou &#224; l'autorit&#233; symbolique. Sa vuln&#233;rabilit&#233; est encore renforc&#233;e du fait de sa d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard des adultes cens&#233;s les prot&#233;ger. La s&#233;rie de lois qui est vot&#233;e &#224; compter de 1980 (premier texte l&#233;gislatif &#224; donner un cadre l&#233;gal au crime sexuel) s'est focalis&#233;e sur ce qui se passe &#224; l'ext&#233;rieur de la famille, alors que l'essentiel des agressions a lieu en son sein. Ce qui fait qu'il ne peut forc&#233;ment transformer des connaissances acquises en comportements concrets dans une situation &#224; risque. La politique de pr&#233;vention ne repose quasiment que sur les &#233;paules des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, d'autres approches sont possibles. L'auteur d&#233;crit des programmes appliqu&#233;s tant en primaire qu'en coll&#232;ge, consistant &#224; travailler sur la socialisation et le d&#233;veloppement personnel, passant par l'entra&#238;nement &#224; la r&#233;solution de conflit par la m&#233;diation et non par le passage &#224; l'acte. Ces exp&#233;riences ont abouti &#224; l'am&#233;lioration de l'estime de soi des &#233;l&#232;ves et la diminution du stress des adultes, par l'adoption de strat&#233;gies d'adaptation faisant une large place au respect de l'autre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. L'Harmattan, 2004 (213 p. ; 19 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment prot&#233;ger l'enfant ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Comment-proteger-l-enfant</link>
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&lt;p&gt;Gilbert Delagrange nous livre ici ses convictions sur un secteur qu'il conna&#238;t bien, puisqu'il a exerc&#233; comme p&#233;dopsychiatre pendant 17 ans aupr&#232;s d'une association de protection de l'enfance. Ainsi, de la m&#233;fiance exprim&#233;e &#224; l'&#233;gard de la m&#233;diatisation des situations de maltraitance qui ne rend pas compte du difficile travail de terrain qui va du soup&#231;on &#224; la conviction. Il y a d'abord, dans la majorit&#233; des cas, la souffrance de l'enfant qui se manifeste &#224; bas bruit. Il y a ensuite la posture des (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L94xH150/arton258-a9622.jpg?1694077738' width='94' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Gilbert Delagrange nous livre ici ses convictions sur un secteur qu'il conna&#238;t bien, puisqu'il a exerc&#233; comme p&#233;dopsychiatre pendant 17 ans aupr&#232;s d'une association de protection de l'enfance. Ainsi, de la m&#233;fiance exprim&#233;e &#224; l'&#233;gard de la m&#233;diatisation des situations de maltraitance qui ne rend pas compte du difficile travail de terrain qui va du soup&#231;on &#224; la conviction. Il y a d'abord, dans la majorit&#233; des cas, la souffrance de l'enfant qui se manifeste &#224; bas bruit. Il y a ensuite la posture des professionnels : &#171; le d&#233;sir de r&#233;parer l'enfant en souffrance sous-tendu par le fantasme d'&#234;tre le bon parent anime un sentiment de toute-puissance qui emp&#234;che de voir ses propres limites &#187; (p.157). Il y a encore ce lien familial, autrefois consid&#233;r&#233; comme toxique, qui est devenu une valeur devant &#234;tre respect&#233;e, am&#233;nag&#233;e et maintenue &#224; tout prix&#8230; m&#234;me au prix de la souffrance de l'enfant. Pourtant, il y a des parents qui ont besoin d'&#234;tre prot&#233;g&#233;s contre l'intol&#233;rance &#224; l'&#233;gard de leur enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains comportements parentaux ont le don d'irriter l'auteur. Telles, ces m&#232;res qui pr&#233;tendent &#233;lever leur enfant sans r&#233;f&#233;rence au p&#232;re, au pr&#233;texte que celui-ci ayant &#233;t&#233; nocif pour elles, ne pourra que l'&#234;tre &#224; l'&#233;gard de l'enfant. Ces femmes ne d&#233;ploient-elles pas parfois des strat&#233;gies pour choisir un g&#233;niteur qui n'occupera pas sa place de p&#232;re ? Et quand celui-ci pr&#233;tend n&#233;anmoins le faire, elles mobilisent une &#233;nergie consid&#233;rable pour l'en emp&#234;cher. Ou encore ces parents agissant sur le seul registre maternel : &#233;couter, faire attention aux choix de l'enfant, respecter son rythme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces attitudes sont tout &#224; fait l&#233;gitimes, encore faut-il les &#233;quilibrer avec ce qui rel&#232;ve du registre paternel : contrainte, effort, respect des r&#232;gles. &#171; &#192; force d'&#233;coute, de compr&#233;hension, d'empathie, d'aide et de d&#233;sir de r&#233;paration, notre soci&#233;t&#233; ne sait plus dire non &#187; (p.83). L'&#233;volution des m&#339;urs a permis de sortir l'enfant d'un exc&#232;s de contraintes et de le prot&#233;ger contre le sadisme &#233;ducatif. Mais il ne faut pas pour autant renoncer au devoir fondamental de lui donner des limites qui seules lui permettront de r&#233;sister &#224; sa violence int&#233;rieure : &#171; l'&#233;panouissement ne r&#233;side pas dans la satisfaction pulsionnelle brute, mais dans la maturit&#233; qui implique ma&#238;trise de soi et responsabilisation &#224; l'&#233;gard des autres &#187; (p.73)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discours tout &#224; fait pertinent qui reste entach&#233; toutefois d'une paradoxale d&#233;fense et illustration des bienfaits des ch&#226;timents corporels qui, selon l'auteur, ne rel&#232;veraient de la maltraitance que s'ils sont r&#233;p&#233;t&#233;s, syst&#233;matiques, intenses et source de jouissance pour son auteur ! Ne peut-on &#233;tendre cette r&#232;gle aux claques donn&#233;es aux &#233;pouses et aux prisonniers qui seraient tol&#233;rables tant qu'elles ne seraient pas syst&#233;matiques ? Si Gilbert Delagrange reproche &#224; juste titre &#224; notre &#233;poque de fuir le conflit, il semble ignorer quant &#224; lui sa possible gestion non violente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Karthala, 2004, (250 p. ; 23 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Discussion avec Delphine Censier</title>
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		<dc:subject>746</dc:subject>

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&lt;p&gt;Delphine Censier est t&#233;trapl&#233;gique et pose en lingerie fine pour une expo de photos. Pourquoi ? Provocation ? Voyeurisme ? Ou est-ce tout simplement une voie ouverte au droit &#224; l'image de soi ? Entretien &lt;br class='autobr' /&gt;
Delphine Censier, vous avez vingt ans et vous proposez une exposition itin&#233;rante de photos artistiques. J'ai d'abord &#233;t&#233; frapp&#233; par la beaut&#233; formelle des photos, et plus encore par l'&#233;motion et la gravit&#233; esth&#233;tique qui se d&#233;gagent de certaines photos. Ce qu'il faut rajouter, c'est que vous &#234;tes (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Delphine Censier est t&#233;trapl&#233;gique et pose en lingerie fine pour une expo de photos. Pourquoi ? Provocation ? Voyeurisme ? Ou est-ce tout simplement une voie ouverte au droit &#224; l'image de soi ? Entretien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Delphine Censier, vous avez vingt ans et vous proposez une exposition itin&#233;rante de photos artistiques. J'ai d'abord &#233;t&#233; frapp&#233; par la beaut&#233; formelle des photos, et plus encore par l'&#233;motion et la gravit&#233; esth&#233;tique qui se d&#233;gagent de certaines photos. Ce qu'il faut rajouter, c'est que vous &#234;tes t&#233;trapl&#233;gique et que ces photos sont personnelles, tr&#232;s personnelles m&#234;me, puisqu'elles poss&#232;dent un caract&#232;re &#233;rotique certain. Comment vous pr&#233;sentez-vous : artiste, cr&#233;atrice, mod&#232;le&#8230; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, merci pour le compliment. En effet, ces photos sont pleines d'&#233;motion car elles sont &#224; la base d'une recherche personnelle. De plus, je m'y d&#233;voile en lingerie fine, c'est un choix un peu provocateur, mais m&#251;rement r&#233;fl&#233;chi car je voulais d&#233;couvrir mon corps, le mettre en valeur et me sentir femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vrai dire, je n'ai pas vraiment de statut bien d&#233;fini, je suis plut&#244;t polyvalente. Quand je fais des photos, je suis mod&#232;le ; avec mon stand, je suis artiste ; avec mon expo, je dirige une v&#233;ritable entreprise ; avec les gens, je fais de la communication. En somme, je fais ce qu'il me pla&#238;t&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une telle d&#233;marche s'av&#232;re inhabituelle dans la culture du m&#233;dico-social. N'ayons pas peur des mots : elle peut choquer. Comment assumez-vous ce risque ? Qu'est-ce qui vous a motiv&#233;, et &#224; quel moment avez-vous ressenti le besoin de vous lancer dans ce qui est tout &#224; la fois une &#339;uvre et une exp&#233;rience ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que ma d&#233;marche accroche, justement parce qu'elle se veut un peu provocatrice. Je pense que c'est tr&#232;s souvent en choquant les gens qu'on arrive &#224; attirer leur attention. C'est l'enthousiasme des gens vis-&#224;-vis de mon travail qui me motive le plus et m'a permis de croire en mon projet. Je crois aussi que j'avais envie de &#171; casser les caricatures &#187; : c'est comme pour nos grands parents, on pr&#233;f&#232;re imaginer que le sexe n'est plus d'actualit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces photos sont &#224; l'initiative d'un besoin singulier, celui de me r&#233;concilier avec mon corps. J'avais une repr&#233;sentation tr&#232;s m&#233;dicale de lui et j'avais peur de me regarder dans une glace. J'avais besoin de me voir r&#233;ellement et de r&#233;aliser que j'&#233;tais une femme &#224; part enti&#232;re, avec les m&#234;mes besoins et les m&#234;mes d&#233;sirs qu'une autre. Alors, voici un an maintenant, j'ai d&#233;cid&#233; de me faire prendre en photo en lingerie fine, afin de me voir en tant que femme. Je me suis mise en sc&#232;ne avec des v&#234;tements, des d&#233;cors, des maquillages de mon choix et j'ai utilis&#233; la photographie comme &#171; miroir de soi &#187;. Puis, agr&#233;ablement surprise du r&#233;sultat, j'en ai fait beaucoup d'autres, et six mois apr&#232;s, j'ai d&#233;cid&#233; de monter une exposition de photos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les r&#233;actions que vous avez d&#233;j&#224; obtenues &#224; partir de cette exposition, car vous avez choisi un th&#232;me et une atmosph&#232;re particuliers, et non pas des petits lapins, des paysages d'automne ou des photos ethniques ? Par exemple, est-ce que vous &#234;tes sollicit&#233;e par des institutions, des congr&#232;s, des magazines ou autres ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce genre de projet, je crois que ce n'est pas le support qui est fondamental, mais plut&#244;t les questions qui sont pos&#233;es. Les gens r&#233;agissent globalement tr&#232;s positivement ; parfois, ils sont surpris, d'autres sont &#233;mus, cela varie beaucoup. Ils y trouvent un peu comme un message d'espoir et se disent : &#171; Ah ! Tiens, c'est vrai que l'on, peut voir cela comme &#231;a &#187;. D'autre part, les milieux institutionnels, qui surprot&#232;gent les personnes en situation de handicap, finissent par &#233;teindre les aspirations de chacun en les coupant de la soci&#233;t&#233;, et donc de la r&#233;alit&#233; de la vie. De par mes retours, mon exposition &#171; Elle, Moi, une Autre &#187; leur permet de r&#233;veiller des r&#234;ves qui leur paraissaient inaccessibles. J'ai &#233;t&#233; sollicit&#233;e pour diff&#233;rents types d'expos comme des &#233;v&#233;nementiels, des colloques, des anniversaires, mais aussi par des mairies, des responsables de galeries ou des gens tout simplement motiv&#233;s par le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce qu'on peut dire vous avez utilis&#233; un biais esth&#233;tique, artistique et &#233;rotique &#8211; en montrant votre corps sous un angle avantageux &#8211; afin de lever un tabou et de pouvoir aborder cette question de l'image de soi, dans un univers culturel o&#249; le handicap renvoie in&#233;luctablement au concept mis&#233;rabiliste d'un corps atrophi&#233;, qu'il faut taire, dissimuler ou confiner ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense qu'aujourd'hui les gens ne connaissent pas bien le handicap. On se fait toujours une id&#233;e des choses que l'on ne conna&#238;t pas, et pas des moindres car celle-ci provient des m&#339;urs de la soci&#233;t&#233; qui ne v&#233;hicule pas forc&#233;ment une bonne image du handicap. Comme vous l'&#233;voquez dans vos &#233;crits, quand on voit le handicap aujourd'hui, dans les m&#233;dias ou ailleurs, on le voit au travers d'incapacit&#233;s et non de capacit&#233;s. J'aimerais bien trouver un jour l'interview d'un unijambiste &#224; propos du prix de l'essence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au-del&#224; de la d&#233;marche personnelle qui est la v&#244;tre, Delphine Censier, est-ce que vous pensez constituer une &#171; figure de proue &#187;, c'est-&#224;-dire porter les &#233;motions et les aspirations de beaucoup de personnes qui se trouvent dans une situation proche de la v&#244;tre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'au-del&#224; de lever un tabou, j'am&#232;ne tout simplement les gens &#224; se poser des questions et &#224; &#233;voluer sur la notion de handicap. Je ne suis pas le leader d'un &#171; mouvement des personnes en situation de handicap &#187;. J'ai juste eu besoin de me sentir mieux avec moi-m&#234;me ; j'ai donc entrepris cette d&#233;marche afin d'y parvenir. Enfin, j'ai voulu poser de la m&#234;me mani&#232;re ces questions &#224; la soci&#233;t&#233;. Chaque individu peut trouver une r&#233;ponse personnelle dans mon travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De mani&#232;re tr&#232;s symbolique, j'ai l'impression que vous avez fait franchir une &#233;tape importante &#224; la vision que l'on peut avoir habituellement du handicap : tout simplement en cong&#233;diant le concept ! En affirmant que vous &#234;tes une jeune femme charmante, en manifestant votre d&#233;sir d'&#234;tre, en osant &#171; poser &#187; et sugg&#233;rer. En somme, vous nous signifiez que vous &#234;tes une femme, capable de d&#233;sirer et d'&#234;tre d&#233;sirable, un peu &#224; la mani&#232;re, en son temps, d'un Michel Polnareff avec sa chanson : Je suis un homme&#8230; C'est sans doute &#224; cet endroit que vous cr&#233;ez l'effet de surprise, parce que nous ne sommes pas habitu&#233;s &#224; ce que des personnes, poursuivies par le label du handicap, se produisent sur la sc&#232;ne publique et manifestent les m&#234;mes aspirations que tout un chacun. Cela commence &#224; &#234;tre admis au niveau du travail et du sport, mais plus difficilement concernant les autres domaines de la vie sociale, a fortiori de la vie priv&#233;e et intime. Je pense que vous avez ouvert une voie : celle du &#171; droit &#224; l'image de soi &#187;. Je vous en remercie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une derni&#232;re question pour les lecteurs de Lien Social : comment vous contacter si l'on veut faire venir votre exposition dans un congr&#232;s, un s&#233;minaire ou un &#233;tablissement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour me contacter, c'est tout simple, on peut m'&#233;crire sur mon mail &lt;a href=&#034;mailto:censier-delphine@yahoo.fr&#034; class='spip_mail'&gt;censier-delphine@yahoo.fr&lt;/a&gt;, et je serai ravie de faire voyager mon expo. Sinon, le site web arrive bient&#244;t&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Nous souhaitons int&#233;grer le handicap physique &#224; la mode &#187;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Nous-souhaitons-integrer-le-handicap-physique-a-la-mode</link>
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		<dc:subject>Handicap&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>746</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'institut d'&#233;ducation motrice Charlemagne de Ballan-Mir&#233; dans l'Indre-et-Loire organise, en octobre 2005, Mode H, le premier forum europ&#233;en de jeunes cr&#233;ateurs de mode adapt&#233;e aux personnes handicap&#233;es motrices. Son directeur, Serge Lopez a r&#233;pondu &#224; nos questions sur ce projet &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2002, six jeunes de votre structure participaient &#224; un d&#233;fil&#233; de mode dans le cadre de Young Art, un forum de jeunes cr&#233;ateurs de mode en Lituanie. Seules personnes handicap&#233;es motrices du forum, les jeunes repr&#233;sentaient la (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'institut d'&#233;ducation motrice Charlemagne de Ballan-Mir&#233; dans l'Indre-et-Loire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Institut d'&#233;ducation motrice Charlemagne - Chemin des Tours de Charlemagne - (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; organise, en octobre 2005, Mode H, le premier forum europ&#233;en de jeunes cr&#233;ateurs de mode adapt&#233;e aux personnes handicap&#233;es motrices. Son directeur, Serge Lopez a r&#233;pondu &#224; nos questions sur ce projet&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2002, six jeunes de votre structure participaient &#224; un d&#233;fil&#233; de mode dans le cadre de Young Art, un forum de jeunes cr&#233;ateurs de mode en Lituanie. Seules personnes handicap&#233;es motrices du forum, les jeunes repr&#233;sentaient la France en portant des v&#234;tements qui rappelaient quatre r&#233;gions. Comment s'est d&#233;roul&#233; ce d&#233;fil&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes ont &#233;t&#233; parfaitement int&#233;gr&#233;s &#224; ce d&#233;fil&#233; spectacle et aux manifestations qui l'ont entour&#233;. Les organisateurs ont compens&#233; le manque d'accessibilit&#233; architecturale par une tr&#232;s forte pr&#233;sence humaine constante et de qualit&#233;. Notre venue leur a fait prendre conscience que les personnes handicap&#233;es pouvaient participer aux manifestations culturelles et que l'Europe &#8211; qu'ils devaient rejoindre bient&#244;t &#8212; ne se ferait pas sans elles, m&#234;me si dans ces pays dits &#171; &#233;mergeants &#187; les priorit&#233;s au quotidien peuvent sembler autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'a apport&#233; cette exp&#233;rience aux jeunes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une ouverture vers d'autres pays et d'autres cultures, la participation en tant qu'acteurs culturels &#224; une manifestation d'envergure, le d&#233;passement de soi (voyage, adaptation et pr&#233;sence sur sc&#232;ne devant 900 personnes) et enfin la rencontre avec les autres participants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mode H prend racine en 2003 avec la signature d'une charte sur l'accessibilit&#233; &#224; la mode vestimentaire pour les personnes handicap&#233;es. En quoi consiste-t-elle et par qui est-elle sign&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle pose les principes d'une collaboration visant &#224; faciliter l'acc&#232;s des personnes handicap&#233;es &#224; la mode vestimentaire et est &#233;labor&#233;e en r&#233;f&#233;rence au trait&#233; d'Amsterdam (1997), &#224; la charte des droits fondamentaux de l'Union europ&#233;enne (2000) et &#224; la d&#233;claration de Madrid (2002). Son objectif : &#339;uvrer pour la reconnaissance du droit des personnes en situation de handicap &#224; la diversit&#233; et &#224; la pleine jouissance de leurs droits humains y compris celui de porter des v&#234;tements qui leur plaisent. Cette charte a &#233;t&#233; sign&#233;e par la Mutualit&#233; d'Indre-et-Loire, l'association Horizon 2000 pour la Belgique, la fondation de promotion des arts de Dusetos pour la Lituanie, la Lettonie et l'Espagne. Les partenaires de Mode H s'engagent pour une coop&#233;ration durable dans l'organisation d'&#233;v&#233;nements culturels d&#233;di&#233;s &#224; l'accessibilit&#233; pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous organisez, le 18 octobre 2005, la manifestation Mode H, premier forum europ&#233;en de jeunes cr&#233;ateurs de mode adapt&#233;e &#224; Tours. Quel est son objectif ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous souhaitons int&#233;grer le handicap physique &#224; la mode et &#224; la confection de v&#234;tements gr&#226;ce &#224; la cr&#233;ation, des techniques de production adapt&#233;es et des techniques de distribution afin de satisfaire les aspirations des jeunes handicap&#233;s &#224; porter des v&#234;tements qui leur plaisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se d&#233;roulera la journ&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin auront lieu des Assises sur le th&#232;me de l'accessibilit&#233; &#224; la culture en Europe pour les personnes handicap&#233;es. En fin d'apr&#232;s midi, un d&#233;fil&#233; spectacle pr&#233;sentera les r&#233;alisations des jeunes cr&#233;ateurs europ&#233;ens. Chaque mod&#232;le sera pr&#233;sent&#233; conjointement par des mannequins valides et handicap&#233;s. Durant toute la journ&#233;e, des experts de la mode et du handicap animeront un forum sant&#233;. Enfin, une exposition pr&#233;sentera des accessoires de mode et des v&#234;tements adapt&#233;s. Elle rendra compte de l'innovation de ceux-ci et des diff&#233;rentes phases de leur cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi avez-vous choisi de faire participer la Lituanie, la Lettonie, la Belgique et l'Espagne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout des opportunit&#233;s de rencontres qui ont guid&#233;s ces choix. Une &#233;ducatrice lituanienne de l'IEM nous avait pr&#233;sent&#233; les organisateurs du forum Young Art. Ils nous ont mis en relation avec la Lettonie. Nous avons &#233;galement contact&#233; la Belgique et l'Espagne gr&#226;ce &#224; notre r&#233;seau relationnel. Il est int&#233;ressant de travailler avec des pays dits &#171; &#233;mergeants &#187;, comme la Lettonie et la Lituanie et des pays voisins, comme la Belgique et l'Espagne, avec lesquels les &#233;changes entre jeunes peuvent &#234;tre r&#233;guliers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Institut d'&#233;ducation motrice Charlemagne - Chemin des Tours de Charlemagne - 37510 Ballan-Mir&#233;. Tel. 02 47 48 76 76 - mail : &lt;a href=&#034;mailto:iem-charlemagne@wanadoo.fr&#034; class='spip_mail'&gt;iem-charlemagne@wanadoo.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Image de soi et handicap</title>
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		<dc:subject>Handicap&#233;s</dc:subject>
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&lt;p&gt;Les personnes en situation de handicap souffraient tr&#232;s fr&#233;quemment d'un d&#233;ficit d'image. Tant pour des raisons culturelles qu'institutionnelles, leur condition de personnes stigmatis&#233;es ou de mineurs &#224; vie a contribu&#233; &#224; n&#233;gliger leur image personnelle. Celle-ci &#233;tait alors le reflet de leur exclusion sociale, comme dans les h&#244;pitaux psychiatriques o&#249; des patients demeuraient parfois en pyjama tout au long des journ&#233;es&#8230; Depuis quelques ann&#233;es, &#233;merge une prise de conscience de l'importance du look dans (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les personnes en situation de handicap souffraient tr&#232;s fr&#233;quemment d'un d&#233;ficit d'image. Tant pour des raisons culturelles qu'institutionnelles, leur condition de personnes stigmatis&#233;es ou de mineurs &#224; vie a contribu&#233; &#224; n&#233;gliger leur image personnelle. Celle-ci &#233;tait alors le reflet de leur exclusion sociale, comme dans les h&#244;pitaux psychiatriques o&#249; des patients demeuraient parfois en pyjama tout au long des journ&#233;es&#8230; Depuis quelques ann&#233;es, &#233;merge une prise de conscience de l'importance du look dans les interactions sociales, et par cons&#233;quent du r&#244;le de l'image de soi dans la possibilit&#233; ou non de &#171; participer socialement &#187; ce qui reste le but ultime de toute action sociale ou m&#233;dico-sociale&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le terme de look, qui a p&#233;n&#233;tr&#233; notre langage familier, sert &#224; d&#233;signer pr&#233;cis&#233;ment l'image globale que chacun donne &#224; voir &#224; un quelconque observateur. Au-del&#224; des mod&#232;les ou des id&#233;aux types diffus&#233;s par les m&#233;dias et les courants de mode, chacun poss&#232;de un look qui lui est propre, qu'il s'est constitu&#233; &#224; travers les multiples interactions et situations de sa vie quotidienne. L'image de soi est donc le r&#233;sultant complexe d'une trajectoire, une &#171; interface historique entre soi et les autres &#187;, entre les tendances personnelles et les influences culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue psychologique, le look repr&#233;sente un espace de n&#233;gociation entre la toute-puissance de nos d&#233;sirs et le principe de r&#233;alit&#233; que nous opposent les autres. &#192; ce titre, nous pouvons dire qu'il repr&#233;sente un compromis historique, espace d'enjeux permanents au plan narcissique et affectif. D'un point de vue sociologique, en tant qu'il est le fruit de nos interactions, le look prend une importance congruente avec l'intensit&#233; de la vie sociale : l'image de soi r&#233;sulte directement du commerce entre les hommes, et ce sont donc naturellement les villes, les soci&#233;t&#233;s de cour et tous les rassemblements mondains qui ont particip&#233; &#224; sophistiquer les looks, parfois jusqu'&#224; l'extravagance, comme nous le montre l'histoire des civilisations. En effet, les premi&#232;res grandes civilisations urbaines (comme celles de la M&#233;sopotamie, de l'&#201;gypte, de la vall&#233;e de l'Indus, ou celle dite de la &#171; route des oasis &#187;) se caract&#233;risaient toutes par une qu&#234;te esth&#233;tique et la recherche d'un look sophistiqu&#233;. Autrement dit, l'&#233;laboration d'un look, charg&#233; de valeurs hautement symboliques, signe le d&#233;passement de notre &#233;tat de nature et repr&#233;sente par excellence la civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la banalisation m&#233;diatique dont il fait l'objet aujourd'hui, le look n'est pas un r&#233;sidu, un d&#233;tail ou un accessoire, il est notre mode le plus permanent de communication, notre carte de visite la plus imm&#233;diate et la plus personnelle, notre objet de transaction le plus obs&#233;dant. Il va bien au-del&#224; du corps qui le supporte ; il n'est pas une chose, mais une structure de sens constamment modul&#233;e par les feed-back de l'environnement. C'est &#224; ce titre, qu'il constitue un concept psychosocial de premier ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est difficile, dans un premier temps, d'en discriminer les &#233;l&#233;ments constitutifs, c'est que le look se pr&#233;sente d'embl&#233;e comme un tout signifi&#233;, parfaitement coh&#233;rent, qui est l'expression m&#234;me de la personne et qui en r&#233;sume la trajectoire existentielle et ses al&#233;as. Nous pourrions dire que chaque look est une combinaison originale d'&#233;l&#233;ments qui ne sont pas n&#233;cessairement originaux : v&#234;tements, coiffure, lunettes, maquillage divers, accessoires socialement codifi&#233;s. Le look est &#233;labor&#233; sur la base des strat&#233;gies sociales utilis&#233;es de mani&#232;re privil&#233;gi&#233;e par tout acteur : para&#238;tre cr&#233;dible, faire s&#233;rieux, ou faire rire, s&#233;duire, faire peur ou exercer une pression, passer inaper&#231;u, la jouer chic ou d&#233;contract&#233;, authentique ou myst&#233;rieux, snob ou sport, etc. Le choix des v&#234;tements, de leurs formes et couleurs, des mat&#233;riaux, des accessoires, du syst&#232;me pileux, ne font que donner corps &#224; nos strat&#233;gies quotidiennes, conscientes ou non. Ce choix, parmi une gamme parfaitement codifi&#233;e, mais toujours riche d'imaginaire, nous permet de constituer cet agencement qui est l'&#233;manation m&#234;me de notre personnalit&#233;, et qui constitue la condition sine qua non pour nous situer et nous rep&#233;rer dans le jeu social &#8211; m&#234;me les acteurs qui pr&#233;tendent n'attacher aucune importance au look poss&#232;dent un look bien rep&#233;rable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le look t&#233;moigne de l'investissement relationnel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons dresser un constat dont l'int&#233;r&#234;t clinique est ind&#233;niable : il existe un lien entre la vie relationnelle d'une personne, l'image qu'elle poss&#232;de d'elle-m&#234;me et le look qu'elle donne &#224; voir aux autres. Toute d&#233;gradation des rapports avec les autres se traduit quasi in&#233;luctablement au plan de l'image de la personne. Ainsi, peut-on d&#233;terminer un v&#233;ritable cercle vicieux de la communication : plus la situation relationnelle de quelqu'un se d&#233;t&#233;riore, plus l'image qu'il se fait de lui se d&#233;grade, et plus l'impression qu'il produit aupr&#232;s des autres est d&#233;favorable. Le d&#233;prim&#233;, l'exclu, l'&#234;tre en souffrance est quelqu'un qui &#233;loigne et rebute, comme le malade mental, ou le stigmatis&#233; en g&#233;n&#233;ral, qui d&#233;stabilise les routines de l'&#233;change &#8212; comme le d&#233;crit si bien Erving Goffman dans son ouvrage : Stigmate&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Erving Goffman, Stigmate (Trad. fr.), &#233;d. de Minuit, 1976' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212;. Pour cette raison, c'est au moment o&#249; l'individu aurait le plus besoin de relation et d'&#233;change que son entourage humain est le plus susceptible de se rel&#226;cher ou d'&#233;clater&#8230; Mais il existe, inversement, le cercle vertueux de la r&#233;habilitation personnelle qui nous montre que toute promotion de soi se traduit par un (r&#233;) investissement du look.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui explique tout cela, c'est que l'induction du look dans la situation est si grande que celui-ci autorise l'acteur &#224; produire des actes et des attitudes qu'il ne pourrait produire dans un autre &#233;quipage &#8211; c'est l&#224;, la puissance m&#234;me du r&#244;le. Par exemple : on ne peut marcher de la m&#234;me fa&#231;on, ou avec la m&#234;me assurance, v&#234;tu d'un costume trois pi&#232;ces, d'un tailleur classique, ou d'un jean et baskets. Non seulement, notre d&#233;marche s'en trouve modifi&#233;e, mais par voie de cons&#233;quence nos postures, nos mimiques, notre langage et nos sujets de conversation. C'est ainsi que la formule : &#234;tre habill&#233; d&#233;contract&#233; s'av&#232;re des plus significatives, elle &#233;tablit un rapport direct et circulaire entre le culturel et le neurologique. Certains v&#234;tements nous autorisent, en effet, &#224; un rel&#226;chement neuromusculaire, et par voie de cons&#233;quence &#224; un rel&#226;chement social&#8230; En revanche, chacun a pu se sentir mal &#224; l'aise dans une situation en d&#233;couvrant que son look &#233;tait parfaitement d&#233;cal&#233; : quelques mots d'excuse ou de vagues explications ne suffisent g&#233;n&#233;ralement pas &#224; &#233;vacuer le sentiment p&#233;nible d'&#234;tre hors-jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les romans et les feuilletons jouent parfois de dissonances sociales entre images et personnages, comme Ars&#232;ne Lupin le gentleman cambrioleur, v&#233;ritable dandy qui inspire confiance et se m&#234;le aux mondanit&#233;s, ou Colombo, le c&#233;l&#232;bre inspecteur faisant respecter l'ordre moral dans les milieux chics, tout en passant r&#233;guli&#232;rement pour un marginal excentrique, voire une esp&#232;ce de clochard. Utilisant ces principes, certains individus, ayant des difficult&#233;s relationnelles, adoptent un look qui les emp&#234;che d'entrer en contact avec autrui, ou plus subtilement qui interdit tout d&#233;veloppement impromptu des relations. Bien entendu, ce m&#233;canisme de mise en &#233;chec relationnel peut &#234;tre involontaire ou satisfaire certaines censures inconscientes. On ne soulignera jamais assez combien l'entreprise de nouveaux rapports avec les autres n&#233;cessite des comp&#233;tences sp&#233;cifiques. Les psychoth&#233;rapeutes rencontrent tous les jours des personnes qui s'enferment dans des sc&#233;narios d'&#233;checs &#224; r&#233;p&#233;tition, parce que le changement leur appara&#238;t encore plus co&#251;teux. Dans bien des cas, &#233;chouer s'av&#232;re plus commode que g&#233;rer une situation dont on ignore ou craint les suites. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que Paul Watzlawick nous montre dans ses ouvrages pleins de subtilit&#233; et d'humour, tels Faites vous-m&#234;me votre malheur ou Comment r&#233;ussir &#224; &#233;chouer.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Construire une image de soi pour exister socialement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;habilitation de l'image de soi fait partie de ce que les praticiens peuvent apporter &#224; la personne en situation de handicap, ou plus largement en difficult&#233;, pour l'aider &#224; davantage participer socialement. Pourtant, il arrive que l'image de soi et le look soient n&#233;glig&#233;s au profit de choses jug&#233;es plus fondamentales (tel &#233;tait parfois le cas de malades mentaux qui se promenaient nus ou en guenilles &#224; l'int&#233;rieur de l'enceinte de l'h&#244;pital psychiatrique). C'est oublier que la communication est circulaire : si le look se d&#233;grade parce que la personne se d&#233;fait psychologiquement et socialement, on peut &#233;galement intervenir sur la psychologie de cette personne et son contr&#244;le social en r&#233;habilitant son image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le look de la personne &#224; faible participation sociale subit un effondrement (ou une hypersp&#233;cialisation) ; en quelque sorte, l'image de soi de l'individu implose. S'instaure alors le cercle vicieux de la communication marginale que nous &#233;voquions : plus l'individu s'av&#232;re coup&#233; des autres et plus son image s'immunod&#233;prime, plus son look se d&#233;t&#233;riore et plus ses relations avec les autres se d&#233;gradent. L'exclus poss&#232;de une image d&#233;ficitaire de lui-m&#234;me, &#224; la suite g&#233;n&#233;ralement d'exp&#233;riences sociales d&#233;sastreuses et p&#233;nibles. Cette image va &#224; son tour le d&#233;signer dans le jeu social et ainsi confirmer &#224; ses propres yeux que les autres ont d&#233;cid&#233;ment une sale image de lui. Quand la personne ne se bat plus pour son look, qu'elle n'y croit plus, pire qu'elle finit par tomber d'accord avec ceux qui la rejettent (&#171; je ne suis qu'un pauvre type &#187;), toute tentative de r&#233;insertion sociale devient une gageure. Lui demander dans ces conditions de chercher un emploi ou d'entreprendre des d&#233;marches, c'est l'envoyer au &#171; casse-pipe narcissique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Relooker et restyler&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aider la personne, en situation potentielle ou r&#233;elle d'exclusion, &#224; r&#233;habiliter son image ne constitue pas un gadget th&#233;rapeutique, mais bien l'&#233;tape fondamentale d'une d&#233;marche vers la participation sociale. Il s'agit de permettre &#224; celle-ci de retrouver des &#233;motions positives, de red&#233;couvrir des possibilit&#233;s, d'agir sur les interactions au lieu de les subir, d'&#234;tre en mesure de jouer des r&#244;les dans les situations sociales, d'user de sa s&#233;duction comme d'un atout relationnel et d'un mode d'affirmation de soi ; bref, de lui permettre de refaire l'exp&#233;rience de feed-back valorisants venant d'autrui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le conseil en look ne concerne pas les seules &#233;missions de t&#233;l&#233;vision, mais fait de plus en plus l'objet d'attention des professionnels de l'accompagnement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre de praticiens font du coaching en look, en choisissant avec plus d'attention les v&#234;tements des personnes qu'ils suivent, en s'int&#233;ressant &#224; leurs cosm&#233;tiques, leurs lunettes, en sollicitant les services d'esth&#233;ticiennes pour le maquillage, l'&#233;pilation ou divers soins de beaut&#233;. Mais le coaching doit aller plus loin sur ce point, et s'inscrire dans une strat&#233;gie de promotion de la personne, et donc dans son projet personnalis&#233; : il s'agit bien souvent de (re) construire une image de la personne qui lui permette de mieux participer socialement, en d&#233;finissant ses atouts et ses faiblesses, en mettant en valeur ce qui peut l'&#234;tre, en l'aidant &#224; trouver son style social, y compris en utilisant toutes les marges de man&#339;uvre que nous permet le jeu social d'aujourd'hui. Ainsi, un look quelque peu d&#233;cal&#233; par rapport &#224; la norme ambiante permet d'adopter des attitudes elles-m&#234;mes plus d&#233;cal&#233;es et infiniment plus nuanc&#233;es, sans g&#233;n&#233;rer fatalement un rejet ou tout au moins une mise &#224; l'&#233;cart. C'est le cas des artistes en g&#233;n&#233;ral qui b&#233;n&#233;ficie ainsi d'une tol&#233;rance toute particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a beaucoup &#224; faire en ce domaine, car l'attitude qui a longtemps pr&#233;valu aupr&#232;s des personnes en situation de handicap fut l'indiff&#233;rence &#224; ce sujet, puis une strat&#233;gie de dissimulation teint&#233;e de mis&#233;rabilisme. On conseillait fr&#233;quemment aux personnes de &#171; passer inaper&#231;ues &#187;. Que sait-on de l'image que veulent v&#233;ritablement donner les personnes accueillies par des services sociaux ou m&#233;dico-sociaux ? Leur accorde-t-on d'ailleurs le droit d'exprimer une personnalit&#233; que l'on a bien souvent con&#231;ue essentiellement dans le pathos et dans le manque ? N'est-il pas temps de prendre le contre-pied d'une telle attitude ? Par exemple, en proposant du conseil en image, en style, voire en s&#233;duction ? La s&#233;duction ne fait-elle pas partie de la participation sociale par excellence ? (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Discussion-avec-Delphine-Censier' class='spip_in'&gt;lire le t&#233;moignage de Delphine Censier&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, au-del&#224; de l'attraction sexuelle pour laquelle nous sommes biologiquement programm&#233;s, afin d'assurer la reproduction de l'esp&#232;ce, la s&#233;duction sociale n'a rien de naturel, elle est de l'ordre du jeu, comme l'&#233;voque le sociologue Jean Baudrillard : &#171; La s&#233;duction n'est jamais de l'ordre de la nature, mais de celui de l'artifice &#8211; jamais de l'ordre de l'&#233;nergie, mais de celui du signe et du rituel &#187; (in De la s&#233;duction). La participation sociale est un jeu, pas toujours dr&#244;le, dramatique parfois, mais la question est de savoir si nous voulons y pr&#233;parer des personnes, dont la caract&#233;ristique est pr&#233;cis&#233;ment d'avoir du mal &#224; s'y affirmer comme acteurs, ou bien si nous pr&#233;f&#233;rons les maintenir dans un monde &#224; part, un ghetto assistanciel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Erving Goffman, Stigmate (Trad. fr.), &#233;d. de Minuit, 1976&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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