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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Je n'ai jamais beaucoup aim&#233; les puzzles</title>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Protection sociale</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1309</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aujourd'hui, j'ai l'impression de faire constamment des puzzles&#8230; De remplir un trou, d&#232;s qu'il y en a un. Peu importe que la pi&#232;ce soit trop petite, trop grande, n'ait pas la bonne forme, qu'elle soit minuscule et fragile ou complexe. Il faut lui trouver une place &#224; cette pi&#232;ce. Quitte &#224; forcer pour la faire rentrer dans un trou, bien qu'elle ne soit pas adapt&#233;e. On pousse les bords, on &#233;crase la pi&#232;ce, on force. On empile m&#234;me des pi&#232;ces sur d'autres pi&#232;ces&#8230; Cr&#233;ant ainsi une pyramide pr&#234;te &#224; s'effondrer, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Espace-du-lecteur" rel="directory"&gt;Espace du lecteur (acc&#232;s libre) &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pratique-professionnelle" rel="tag"&gt;Pratique professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1309-" rel="tag"&gt;1309&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, j'ai l'impression de faire constamment des puzzles&#8230; De remplir un trou, d&#232;s qu'il y en a un. Peu importe que la pi&#232;ce soit trop petite, trop grande, n'ait pas la bonne forme, qu'elle soit minuscule et fragile ou complexe. Il faut lui trouver une place &#224; cette pi&#232;ce. Quitte &#224; forcer pour la faire rentrer dans un trou, bien qu'elle ne soit pas adapt&#233;e. On pousse les bords, on &#233;crase la pi&#232;ce, on force. On empile m&#234;me des pi&#232;ces sur d'autres pi&#232;ces&#8230; Cr&#233;ant ainsi une pyramide pr&#234;te &#224; s'effondrer, emportant les pi&#232;ces, voire le puzzle en entier sur son passage&#8230; Il y a des pi&#232;ces qui attendent toute une journ&#233;e ou plus sur le coin d'un bureau, sans savoir si nous lui trouverons une place o&#249; passer la nuit&#8230; Des pi&#232;ces qu'on d&#233;place sans cesse, jours apr&#232;s jours&#8230; Des pi&#232;ces qu'on oublie&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me, c'est que ces pi&#232;ces de puzzles s'appellent Louis, Th&#233;o, Jason, Sheryne, Kenza ou autre, que ce ne sont pas des pi&#232;ces, mais des enfants. Des enfants, d'&#224; peine quelques mois, de 6, 12 ou 15 ans. Ils sont trait&#233;s comme des objets qu'on place et qu'on d&#233;place. Le probl&#232;me, c'est que ces derniers temps, ces situations sont de plus en plus fr&#233;quentes et nombreuses et ne concernent plus les situations dites &#171; complexes &#187;. Le probl&#232;me est que je suis r&#233;f&#233;rent &#224; l'Aide Sociale &#224; l'Enfance, que je repr&#233;sente la protection de l'enfance et que dans ces conditions, je ne pense ni aider, ni prot&#233;ger les enfants qui nous sont confi&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Auparavant, je ne faisais pas de puzzle. Je tissais. Je tissais du lien avec ces enfants, avec leurs parents, leurs lieux d'accueil et les partenaires. Je tissais avec eux un projet pour que l'enfant puisse grandir et s'&#233;panouir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais aujourd'hui, faute de temps, de moyens, je ne tisse plus. Aujourd'hui, je fais des puzzles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et je d&#233;teste &#231;a.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Enfance, l'&#233;tat d'urgence</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Enfance-l-etat-d-urgence</link>
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		<dc:date>2021-11-15T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Enfance</dc:subject>
		<dc:subject>Protection sociale</dc:subject>
		<dc:subject>1305</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C&#244;te d'alerte atteinte &lt;br class='autobr' /&gt;
Elles sont soixante-et-une associations regroup&#233;es au sein du collectif &#171; Construire ensemble la Politique de l'Enfance &#187; &#224; dresser un &#233;tat de lieux et &#224; pr&#233;senter des propositions. Le constat n'est gu&#232;re rassurant. Plus de sept cents enfants dormant &#224; la rue avec leurs parents et plus de vingt mille plac&#233;s &#224; l'h&#244;tel par l'ASE, en r&#233;gion parisienne. Un reste &#224; vivre situ&#233; entre 2 et 9&#8239;e pour un enfant sur cinq vivant sous le seuil de pauvret&#233;. Deux cents enfants fran&#231;ais d&#233;tenus en (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Protection-sociale" rel="tag"&gt;Protection sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1305-" rel="tag"&gt;1305&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L103xH150/arton8733-5db9c.jpg?1693476287' width='103' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#244;te d'alerte atteinte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont soixante-et-une associations regroup&#233;es au sein du collectif &#171; &lt;i&gt;&#8239;Construire ensemble la Politique de l'Enfance&#8239;&lt;/i&gt; &#187; &#224; dresser un &#233;tat de lieux et &#224; pr&#233;senter des propositions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le constat n'est gu&#232;re rassurant. Plus de sept cents enfants dormant &#224; la rue avec leurs parents et plus de vingt mille plac&#233;s &#224; l'h&#244;tel par l'ASE, en r&#233;gion parisienne. Un reste &#224; vivre situ&#233; entre 2 et 9&#8239;e pour un enfant sur cinq vivant sous le seuil de pauvret&#233;. Deux cents enfants fran&#231;ais d&#233;tenus en Syrie que le gouvernement refuse de rapatrier. Beaucoup trop d'enfants avec handicap non scolaris&#233;s ou &#224; temps partiel. Une carence de moyens pour rep&#233;rer, d&#233;pister, diagnostiquer et mettre en place des r&#233;ponses adapt&#233;es &#224; ceux qui rencontrent des difficult&#233;s de d&#233;veloppement. Plus de places en centres ferm&#233;s qu'en foyer ordinaire pour les mineurs sous-main de justice. Injonction &#224; accueillir en surnombre des petits entass&#233;s en cr&#232;che avec en proportion moins d'adultes, moins form&#233;s. Liste d'attentes s'allongeant toujours plus pour les prises en charge en protection de l'enfance. Division par deux du nombre de p&#233;dopsychiatres, depuis dix ans. R&#233;duction ininterrompue du nombre de lits d'hospitalisation en p&#233;diatrie, depuis trente ans. La politique de l'enfance en cours est s&#233;curitaire et injonctive, court-termisme et utilitariste, &#233;troitement &#233;conomiste, voire comptable. Standardisation, uniformisation, mod&#233;lisation et protocolisation se substituent progressivement &#224; la n&#233;cessaire plasticit&#233;, adaptabilit&#233; et au sur mesure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une myriade de propositions s'oppose &#224; ce constat : cr&#233;ation d'un grand minist&#232;re de l'enfance et d'un code sp&#233;cifique ; plan Marshall pour extirper trois millions d'enfants de la pauvret&#233; ; revitalisation des services publics &#224; son service ; moyens financiers permettant de les faire vivre, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jacques Tr&#233;mintin&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ed. &#201;r&#232;s, 2021 (394 p. &#8211; 19,50 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Allocations familiales &#8226; CAF investigation</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Allocations-familiales-o-CAF-investigation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Allocations-familiales-o-CAF-investigation</guid>
		<dc:date>2021-04-26T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Informatique</dc:subject>
		<dc:subject>Protection sociale</dc:subject>
		<dc:subject>1294</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En pleine crise sanitaire, la traque &#224; la fraude sociale semble avoir le vent en poupe. Les caisses d'allocations familiales contr&#244;lent plus de la moiti&#233; des allocataires tous les ans. Une pratique simplifi&#233;e par l'informatique qui complique la vie des allocataires et de ceux qui les accompagnent. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La crise sanitaire a fait basculer plusieurs centaines de milliers de personnes sous le seuil de pauvret&#233; &#187;, estime l'Observatoire des in&#233;galit&#233;s dans son &#171; Rapport sur la pauvret&#233; en France 2020-2021 (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Protection-sociale" rel="tag"&gt;Protection sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1294-" rel="tag"&gt;1294&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En pleine crise sanitaire, la traque &#224; la fraude sociale semble avoir le vent en poupe. Les caisses d'allocations familiales contr&#244;lent plus de la moiti&#233; des allocataires tous les ans. Une pratique simplifi&#233;e par l'informatique qui complique la vie des allocataires et de ceux qui les accompagnent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La crise sanitaire a fait basculer plusieurs centaines de milliers de personnes sous le seuil de pauvret&#233;&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, estime l'Observatoire des in&#233;galit&#233;s dans son &#171; &lt;i&gt;Rapport sur la pauvret&#233; en France 2020-2021&lt;/i&gt; &#187;.&#8239;L'organisme ind&#233;pendant pr&#233;voit une augmentation de 10 % des b&#233;n&#233;ficiaires du revenu de solidarit&#233; active (RSA), soit 200 000 foyers et 340 000 personnes. Il augure &#233;galement que 600 000&#8239;&#224; 800 000 personnes suppl&#233;mentaires risquent de se retrouver sans emploi. Pr&#233;sent&#233;e le 26 novembre, cette &#233;tude suit de quelques jours l'adoption au S&#233;nat d'une s&#233;rie d'amendements renfor&#231;ant les dispositifs de contr&#244;le et de sanction de la &#171; fraude sociale &#187;. Les s&#233;nateurs appuient ce d&#233;sir de fermet&#233; sur un rapport de la Cour des comptes qui, paru en septembre 2020, d&#233;plore une chasse aux fraudeurs trop molle. &#171; &lt;i&gt;Quand la fraude consiste &#224; d&#233;tourner de l'argent public en r&#233;alisant des faux papiers et des fausses d&#233;clarations, le contr&#244;le ne me choque pas&lt;/i&gt;, d&#233;clare Joran Le Gall, pr&#233;sident de l'association nationale des assistants du service social (Anas). &lt;i&gt;En revanche, il serait int&#233;ressant que les techniques de croisement des donn&#233;es servent &#233;galement &#224; la simplification de l'acc&#232;s aux bons droits. Au contraire, nous ne profitons pas des progr&#232;s de l'informatisation, les dossiers restent chronophages, complexes, propices &#224; l'erreur, comme si l'administration organisait le non-recours. De plus, les professionnels au guichet ne sont plus des techniciens de haut-niveau, contrairement aux contr&#244;leurs.&lt;/i&gt; &#187; Alors que les organismes sociaux subissent des compressions de personnels, les effectifs de la lutte contre les fraudes aux prestations sociales restent stables, voire augmentent. En 2019, elle mobilisait pr&#232;s de 4 000 &#233;quivalents temps plein.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_3228 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L360xH268/capture_d_e_cran_2021-04-22_a_08.25.28-b4b48.png?1694179505' width='360' height='268' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Avec 13,5 millions d'allocataires, les caisses d'allocations familiales (CAF) distribuent 95&#8239;milliards d'euros par an. Deux mille cinq cents agents, dont 700 habilit&#233;s aux visites &#224; domicile, assurent des missions de contr&#244;le. En 2019, 28 millions de v&#233;rifications automatiques, 234 000 contr&#244;les sur pi&#232;ces et 170 000 sur rendez-vous ou au domicile ont r&#233;v&#233;l&#233; 894,6&#8239;millions d'euros d'indus, dont 323,7 millions consid&#233;r&#233;s comme fraud&#233;s, soit attribu&#233;s suite &#224; des d&#233;clarations jug&#233;es de mauvaise foi. Bien per&#231;ue dans l'opinion publique, cette r&#233;pression touche principalement les allocataires du RSA qui ne d&#233;clarent pas des aides financi&#232;res, des m&#232;res isol&#233;es soup&#231;onn&#233;es de vie maritale et des allocataires absents du logement plus de trois mois dans l'ann&#233;e. Elle provoque la suspension des allocations, le remboursement d'indus et dans 5&#8239;% des cas, des poursuites judiciaires. &#171; &lt;i&gt;J'accompagne actuellement une dame illettr&#233;e accus&#233;e de fraude, la CAF remonte sur douze ans&lt;/i&gt;, raconte Joran Le Gall. &lt;i&gt;Cette suspicion est une catastrophe parce qu'elle induit la suspension d'autres aides, de la gratuit&#233; des transports, de la couverture maladie, mutuelle&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2017, le D&#233;fenseur des droits d&#233;plore les objectifs chiffr&#233;s et les primes accord&#233;es aux agents de contr&#244;le en fonction des sommes r&#233;cup&#233;r&#233;es. Il plaide le &#171; droit &#224; l'erreur &#187; et interroge &#233;galement la pertinence de cette &#171; p&#234;che aux petits &#187; en la rapprochant d'une fraude fiscale &#233;valu&#233;e &#224; plus de 21&#8239;milliards (1). Reste qu'il est plus simple de traquer un allocataire de la CAF. L'investigation repose essentiellement sur le croisement de donn&#233;es informatiques : imp&#244;ts, P&#244;le emploi, relev&#233;s bancaires, consommation d'&#233;lectricit&#233; et d'eau&#8230; &#171; &lt;i&gt;Les contr&#244;leurs ont acc&#232;s &#224; tout, donc quand ils vous informent d'une visite &#224; domicile, il y a toujours un soup&#231;on av&#233;r&#233;, ils viennent avec une certitude de trop per&#231;u ou de fraude&lt;/i&gt;, constate Alban Tanguestanifar, pr&#233;sident de l'Association de d&#233;fense des usagers de la CAF (Aducaf). &lt;i&gt;Les contr&#244;les physiques visent uniquement &#224; obtenir des aveux et &#224; rendre l&#233;gal l'usage des documents administratifs qui ne peuvent &#234;tre utilis&#233;s sans l'accord de l'allocataire. Notre consigne est donc de pr&#233;parer les documents mais de ne rien dire et de ne rien signer.&#8239;&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cr&#233;&#233;e il y a dix ans, Aducaf r&#233;unit une quinzaine de b&#233;n&#233;ficiaires des minimas sociaux, de juristes et d'agents retrait&#233;s de la CAF. Les b&#233;n&#233;voles apportent un soutien juridique aux allocataires dans toute la France. Bas&#233;s &#224; Lyon, ils peuvent &#234;tre pr&#233;sents quand le contr&#244;le se d&#233;roule dans le Rh&#244;ne. &#171; &lt;i&gt;L'allocataire a le droit d'&#234;tre assist&#233; par un tiers mais notre pr&#233;sence d&#233;stabilise les agents : g&#233;n&#233;ralement, ils reportent le rendez-vous ou convoquent plus tard dans leur bureau. D'habitude, ils se permettent tout pour atteindre un objectif : le remboursement de trop per&#231;us.&lt;/i&gt; &#187; Ces contr&#244;les sont cens&#233;s ajuster les droits mais sur trente mille situations, le juriste affirme n'avoir jamais vu une r&#233;vision des allocations &#224; la hausse. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Nous accompagnons jusqu'au recours contentieux devant le tribunal et obtenons souvent des annulations. Les textes sont assez pr&#233;cis, la CAF le sait, nous le savons, mais les allocataires l'ignorent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_3229 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH236/capture_d_e_cran_2021-04-22_a_08.25.56-44b15.png?1694179505' width='500' height='236' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Oblig&#233; de se soumettre au contr&#244;le sous peine de voir ses allocations suspendues, le b&#233;n&#233;ficiaire doit pr&#233;senter quantit&#233; de documents, de la facture d'&#233;lectricit&#233; aux relev&#233;s bancaires. Lors de son intervention, le contr&#244;leur asserment&#233; a le droit de s'adresser aux voisins pour leur poser des questions sur la situation familiale et le train de vie de l'allocataire. &#171; &lt;i&gt;Recevoir 2 000 euros en une fois, &#231;a passe&lt;/i&gt;, explique Alban Tanguestanifar. &lt;i&gt;Mais si vous recevez une aide parentale de 150 euros pendant dix mois, l&#224;, il faut la d&#233;clarer et elle sera retir&#233;e de votre RSA. De m&#234;me, &#234;tre h&#233;berg&#233; par un ami pendant deux-trois mois &#231;a passe, si c'est deux-trois ans, les revenus de l'h&#233;bergeur doi&#173;vent &#234;tre pris en compte dans le calcul de l'allocation.&lt;/i&gt; &#187; D'apr&#232;s le Code de la s&#233;curit&#233; sociale &#171; &lt;i&gt;Les organismes d&#233;biteurs des prestations familiales et leur personnel sont au service des allocataires. Ils sont tenus en particulier : d'assurer leur information sur la nature et l'&#233;tendue de leurs droits, de leur pr&#234;ter concours pour l'&#233;tablissement des demandes&lt;/i&gt;. &#187; Or la fermeture de guichets complique l'acc&#232;s &#224; une information claire et &#224; un accompagnement dans la constitution des dossiers. La d&#233;mat&#233;rialisation &#224; marche forc&#233;e participe au risque de voir les erreurs et les fraudes se d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt; (1) &lt;a href=&#034;https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/rapports/2017/09/lutte-contre-la-fraude-aux-prestations-sociales-a-quel-prix-pour-les-droits-des&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Lutte contre la fraude aux prestations sociales : &#224; quel prix pour les droits des usagers ?&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/-1262-&#034;&gt;Lien Social 1262 : Travail social en caf : un &#238;lot pr&#233;serv&#233; ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;forme des retraites : les publics fragilis&#233;s oubli&#233;s</title>
		<link>https://www.lien-social.com/1266-Reforme-des-retraites-les-publics-fragilises-oublies</link>
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		<dc:date>2020-02-04T10:38:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Protection sociale</dc:subject>
		<dc:subject>1266</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;forme actuelle des retraites, dans sa version connue fin 2019, ne tient pas compte des plus pauvres, laiss&#233;s aux minimas sociaux eux-m&#234;mes en pleine refonte. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'affrontement social entre les tenants du r&#233;gime actuel de la retraite par r&#233;partition fond&#233; sur la solidarit&#233; et ceux qui pr&#244;nent un fallacieux mod&#232;le universel, il est peu question des publics fragilis&#233;s. Les invisibles sont les oubli&#233;s, confin&#233;s dans les minima sociaux faute d'&#234;tre &#233;ligibles &#224; la protection sociale fond&#233;e sur (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;forme actuelle des retraites, dans sa version connue fin 2019, ne tient pas compte des plus pauvres, laiss&#233;s aux minimas sociaux eux-m&#234;mes en pleine refonte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans l'affrontement social entre les tenants du r&#233;gime actuel de la retraite par r&#233;partition fond&#233; sur la solidarit&#233; et ceux qui pr&#244;nent un fallacieux mod&#232;le universel, il est peu question des publics fragilis&#233;s. Les invisibles sont les oubli&#233;s, confin&#233;s dans les minima sociaux faute d'&#234;tre &#233;ligibles &#224; la protection sociale fond&#233;e sur l'emploi/carri&#232;re. Curieux universalisme ignorant certains ayants-droit. Dans le cens&#233; nouveau monde, quel sort pour ces sexag&#233;naires dont les parcours personnels difficiles et les carri&#232;res professionnelles chaotiques ont g&#233;n&#233;r&#233; un volume de cotisations insuffisant pour vivre une retraite digne et paisible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence sur la sc&#232;ne publique des travailleurs sociaux, situ&#233;s au plus pr&#232;s des personnes qui &#233;puisent leur &#233;nergie &#224; ne pas tomber plus bas, contribue &#224; placer hors sujet cette question cruciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La probl&#233;matique des retraites est certes complexe, mais les param&#233;trages bricol&#233;s et les explications brumeuses sont commodes pour masquer ses finalit&#233;s exactes. Aussi discutable et moins perceptible est la refonte des minima sociaux, conduite en parall&#232;le et &#224; bas bruit aux fins d'aboutir &#224; un revenu universel d'activit&#233; (RUA) regroupant les diff&#233;rentes prestations d'aide sociale, dont les petites retraites. Comme son titre l'indique ce projet gouvernemental ne rompt en rien avec la condition n&#233;cessaire d'avoir travaill&#233; suffisamment ou de s'engager &#224; le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interd&#233;pendance des deux probl&#233;matiques n&#233;cessiterait plut&#244;t une solution globale. Alors pourquoi cette disjonction dans la doctrine de la r&#233;forme des retraites et la refonte de l'aide sociale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La retraite &#224; points, quant &#224; elle, participe d'un v&#233;ritable basculement historique et soci&#233;tal en rompant avec le principe r&#233;publicain du contrat social et de la solidarit&#233; entre tous. En consacrant l'individualisme lib&#233;ral du chacun pour soi, elle conforte le mod&#232;le de l'&#233;conomie sociale de march&#233; au c&#339;ur de l'Union europ&#233;enne, gr&#226;ce auquel le capitalisme s'approprie de plus en plus le social, protection et assistance incluses. Donn&#233;e &#224; voir comme un progr&#232;s, elle s'av&#232;re &#234;tre une construction bancale pour prolonger la dur&#233;e d'emploi et abaisser le niveau des retraites de nombreuses personnes, avec le risque d'un effet collat&#233;ral sur les allocations vers&#233;es au travers des minima sociaux, lesquelles serviront de variable d'ajustement budg&#233;taire exig&#233;e par la r&#232;gle d'or europ&#233;enne. Dans cette perspective, comment les travailleurs sociaux peuvent-ils admettre, &#224; contre-courant de l'histoire des luttes sociales, d'aider des personnes en situation de pr&#233;carit&#233; &#224; &#234;tre encore plus pauvres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe de la retraite par r&#233;partition a certes d&#233;j&#224; connu de nombreuses r&#233;formes, mais il demeure n&#233;anmoins la pierre angulaire du dispositif actuel qui reste bien s&#251;r &#224; actualiser et am&#233;liorer. Dans le projet gouvernemental de r&#233;forme, le principe de la r&#233;partition n'est pas abandonn&#233; mais passe d'une ardente obligation de tous pour tous &#224; une modalit&#233; de tr&#233;sorerie g&#233;n&#233;rale et &#224; un bas de laine individuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi une r&#233;forme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Eurostat, le syst&#232;me actuel fran&#231;ais g&#233;n&#232;re le taux de pauvret&#233; le plus bas d'Europe (7,3&#8239;% par rapport &#224; une moyenne europ&#233;enne de 14,9&#8239;%). Alors, pourquoi lui substituer un dispositif nouveau plus on&#233;reux pour les d&#233;penses publiques et moins protecteur pour les ayants droit ? Au b&#233;n&#233;fice de qui ? Selon la Cour des comptes, le recul de l'&#226;ge de la retraite a fait exploser le nombre des ch&#244;meurs de plus de 50 ans renvoy&#233;s vers des minima sociaux qui ne parviennent plus &#224; servir d'amortisseurs. Cette r&#233;alit&#233; plaide en faveur d'une r&#233;forme incluant toutes les cat&#233;gories de la population fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les publics fragilis&#233;s, leur caract&#233;risation n'est pas chose ais&#233;e en raison des aspects polymorphes que cette d&#233;nomination est cens&#233;e d&#233;crire. Il s'agit d'un ensemble de situations singuli&#232;res plus ou moins durables pour lesquelles le r&#233;f&#233;rent du travail n'est pas &#233;vident et qu'il conviendrait d'examiner au cas par cas. Bon nombre de ces personnes &#233;chappent aux &#233;crans radar cat&#233;goriels, la situation d'un lib&#233;r&#233; apr&#232;s une longue d&#233;tention ou celle d'un jeune passant du RSA &#224; un petit boulot, plus ou moins d&#233;clar&#233;, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2179 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH583/screenshot_2-5-8bb1a.png?1694177985' width='500' height='583' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le syst&#232;me actuel la solution pour ces personnes ayant atteint l'&#226;ge de la retraite (lequel au juste ?) est l'allocation de solidarit&#233; aux personnes &#226;g&#233;es (Aspa) ex minimum vieillesse seulement accessible &#224; 65 ou 62 ans en cas d'invalidit&#233;, sous condition de ressources et r&#233;cup&#233;rable sur les successions. Dans la &#171; r&#233;volution sociale &#187; du projet de loi le gouvernement promet un minimum de 1 000&#8239;&#8364; nets de retraite puis progressivement, d&#232;s 2022, 85&#8239;% du Smic &#224; toute personne ayant fait toute sa carri&#232;re au smic. On retrouve l&#224; encore la sempiternelle r&#233;f&#233;rence au volume de travail accompli. En outre, par rapport &#224; l'actuel minimum contributif accessible &#224; 65 ans, la r&#233;volution se r&#233;sume en une modeste augmentation moyenne de 27&#8239;&#8364;/mois. Mais quid des personnes n'ayant pas atteint, selon leur &#226;ge, les seuils de 161 ou 172 trimestres de travail ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;fendre la r&#233;partition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, comme on le voit, aujourd'hui comme demain, les conditions d'octroi et leur niveau insuffisant confinent les plus fragiles dans la pauvret&#233;, en d&#233;pit des propos et des coups de pouces antalgiques. Gr&#226;ce &#224; diff&#233;rentes actions de soutien, dont certaines &#233;manent des travailleurs sociaux, des personnes tentent de rattraper le temps perdu en recherchant du travail. Mais, toujours selon la Cour des comptes, des employeurs leur refusent l'acc&#232;s &#224; l'emploi, quand ils ne licencient pas les seniors de plus de 50 ans dont l'entr&#233;e au RSA socle a augment&#233; de 111&#8239;% en dix ans. Quelques-unes contractent, au prix de lourds sacrifices au quotidien, une assurance compl&#233;mentaire priv&#233;e dont les produits viennent surtout enrichir des prestataires tels que Black Rock et tutti quanti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que faire ? Le recours &#224; la charit&#233; ? Belle avanc&#233;e de civilisation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les initiatives officielles actuelles tendant &#224; la retraite &#224; points doivent s'interrompre pour se donner le temps, autre que celui de l'&#233;ch&#233;ancier &#233;lectoral, et les moyens, notamment de participation syndicale et citoyenne, pour construire un v&#233;ritable, solide et p&#233;renne dispositif universel des retraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, le principe de la r&#233;partition, signe de justice sociale, doit &#234;tre actualis&#233; et am&#233;lior&#233;. Actualis&#233; eu &#233;gard aux transformations d&#233;mographiques (augmentation de l'esp&#233;rance de vie,&#8239;etc..) et am&#233;lior&#233; gr&#226;ce &#224; une couverture plus large de tous les ayants droit conform&#233;ment &#224; l'article&#8239;22 de la D&#233;claration universelle des droits de l'Homme de 1948 stipulant que &lt;i&gt;toute personne en tant que membre de la soci&#233;t&#233; a droit &#224; la s&#233;curit&#233; sociale&lt;/i&gt;. D'autres am&#233;liorations doivent encore &#234;tre apport&#233;es dans le rapport travail/conditions de travail, mais &#233;galement hors du monde du travail, dans l'&#233;panouissement personnel, la vie familiale, les &#233;quipements publics, la scolarit&#233;, la formation, la vie associative, autant d'&#233;l&#233;ments n&#233;cessaires pour sauvegarder et d&#233;velopper la solidarit&#233;, conforter l'inclusion sociale dont les retraites sont l'un des aspects, mais pas le seul, au sein d'un &#201;tat social revigor&#233; ayant regagn&#233; la confiance des citoyens. Il importe de r&#233;sister devant toute logique fractionniste, en d&#233;masquer ses artifices s&#233;mantiques, pour plut&#244;t privil&#233;gier une construction structuraliste, globale, humaniste conforme &#224; l'id&#233;al r&#233;publicain d'une ardente solidarit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La contrepartie, le retour : les mots ont un sens</title>
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		<dc:date>2019-05-14T08:31:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>stagiaire</dc:creator>


		<dc:subject>Protection sociale</dc:subject>
		<dc:subject>1251</dc:subject>

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&lt;p&gt;C'est tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement que revient le discours sur la compensation que devraient donner celles et ceux qui re&#231;oivent des aides sociales. Martine Trapon se penche sur cette argumentation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a quelques semaines, M. &#201;douard Philippe, Premier ministre, a remis au go&#251;t du jour une vieille id&#233;e, l'obligation de contrepartie associ&#233;e aux aides sociales, marquant ainsi la volont&#233; de l'&#201;tat d'&#233;noncer de fa&#231;on plus explicite la responsabilit&#233; du b&#233;n&#233;ficiaire au regard de ce qu'il re&#231;oit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Robert Castel a (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement que revient le discours sur la compensation que devraient donner celles et ceux qui re&#231;oivent des aides sociales. Martine Trapon se penche sur cette argumentation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a quelques semaines, M. &#201;douard Philippe, Premier ministre, a remis au go&#251;t du jour une vieille id&#233;e, l'obligation de contrepartie associ&#233;e aux aides sociales, marquant ainsi la volont&#233; de l'&#201;tat d'&#233;noncer de fa&#231;on plus explicite la responsabilit&#233; du b&#233;n&#233;ficiaire au regard de ce qu'il re&#231;oit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Castel a apport&#233;, selon moi, des &#233;clairages tr&#232;s pr&#233;cieux pour saisir ce qui se joue et se rejoue aujourd'hui dans la critique de ce lieu d'&#233;change particulier du travail social et ce qui menace d'en att&#233;nuer chaque fois un peu plus l'efficacit&#233; (1). Le travail social est un espace n&#233; d'un changement politique fondamental, l'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; r&#233;publicaine, solidaire et d&#233;mocratique dans laquelle le droit garantit &#224; tous un secours sans condition et o&#249; il devient possible &#224; chacun de rediscuter sa situation, de revenir sur son &#233;chec, de calmer ses inqui&#233;tudes ou de vivre avec son handicap. C'est de ce projet politique qu'il s'est fond&#233;, projet politique qui soutient sa port&#233;e et son efficacit&#233; symbolique sur deux axes fondamentaux : non seulement &#234;tre un lieu o&#249; des personnes s'engagent dans une relation et un dialogue autour de la question sociale pos&#233;e de fa&#231;on unique et particuli&#232;re, mais en m&#234;me temps un espace social qui signe l'incompl&#233;tude de l'institution et la possibilit&#233; de sa critique ainsi que de son progr&#232;s. C'est dans ce sens que dans l'article premier de notre Constitution il est inscrit que notre R&#233;publique est &#171; sociale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233; Michel Borgetto et Robert Lafore indiquent, car ils sont d'excellents juristes, que l'assistance n'est pas que du droit : &lt;i&gt;&#171; L'assistance est un principe car l'action sociale tient &#224; la fois son efficacit&#233; et sa fragilit&#233; &#224; ce fait qu'elle s'origine d'un principe, c'est-&#224;-dire au nom de quoi il y a de l'action sociale, ce qui renvoie &#224; un fondement moral &#187;&lt;/i&gt; (2). Ainsi, &lt;i&gt;&#171; de la m&#234;me fa&#231;on que pour la justice, l'&#233;ducation et le soin, l'assistance et son fonctionnement est un des axes &#224; observer et &#224; analyser avec attention &#233;tant donn&#233; son influence sur la fa&#231;on dont s'ordonne le lien social c'est-&#224;-dire ce qui facilite ou perturbe le lien entre l'individu et la soci&#233;t&#233; car tout &#234;tre humain n'a pas d'autre choix que d'y &#234;tre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion d'assistance existe dans toutes les soci&#233;t&#233;s humaines. Ce sont les principes qui la fondent qui peuvent diff&#233;rer selon le mode de relation entre l'aidant et l'aid&#233;, le statut de l'aid&#233; et le sens pris par cette assistance comme signe de ce qui relie l'individu vuln&#233;rable au collectif et, ce faisant, de ce qui renforce ou affaiblit la coh&#233;sion sociale mise en danger par la vuln&#233;rabilit&#233; d'un ou de quelques-uns de ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'assistance au c&#339;ur du contrat social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Robert Castel, la notion d'assistance est d&#233;duite de celle de protection. Dans l'&#201;tat social l'int&#233;gration de l'individu au collectif est une pr&#233;occupation centrale. Ce qui suppose de se demander quelles sont les responsabilit&#233;s de l'&#201;tat comme garant de la coh&#233;sion sociale. L'&#201;tat social &#233;tant une r&#233;ponse &#224; une question qui se pose dans toute soci&#233;t&#233; et pour tout un chacun et se formulant ainsi : &lt;i&gt;&#171; Que signifie &#234;tre prot&#233;g&#233; ? Par quels canaux les individus appartenant &#224; une communaut&#233; peuvent-ils b&#233;n&#233;ficier de ressources minimales pour assurer leur existence lorsqu'ils sont dans le besoin et ne peuvent pas par eux m&#234;me faire face &#224; la situation ? &#187;&lt;/i&gt; Robert Castel insiste tout particuli&#232;rement sur la diversit&#233; de situations et de personnes ainsi que sur la distinction essentielle entre protection et assistance selon le rapport que les publics entretiennent avec le travail, la capacit&#233; &#224; travailler et/ou la l&#233;gitimit&#233; qu'ils ont &#224; travailler ou pas. Les pratiques d'assistance rel&#232;vent de ce qu'il appelle &#171; le social assistantiel &#187;. Il qualifie l'ensemble de ces pratiques de &#171; supports &#187; n&#233;cessaires pour ceux chez qui les moyens de survie sont insuffisants. Dans la mise en &#339;uvre de l'assistance, et sur cela Robert Castel ne variera jamais, &#201;tat social et travail social agissent dans une dynamique commune. Le mandat d'assistance d&#233;volu au travail social constitue l'exercice d'un devoir au nom du pouvoir d'un &#201;tat r&#233;gulateur et protecteur. Si la premi&#232;re dynamique est en d&#233;faut, la seconde risque d'&#234;tre modifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_2393 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH659/screenshot_7-7-333bf.png?1693551732' width='500' height='659' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors il faut se demander o&#249; s'origine le devoir d'assistance et qu'est-ce qui s'&#233;change dans cette rencontre entre le travailleur social et le b&#233;n&#233;ficiaire ? Si ce n'est plus la part de l'&#201;tat protecteur qui est transmise, quel est l'objet de la transaction et que se passe-t-il si l'on demande une contrepartie au b&#233;n&#233;ficiaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La place centrale du symbolique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Castel pose ainsi cette question : &lt;i&gt;&#171; Faut-il d&#233;fendre une conception des protections &#224; vis&#233;e universaliste qui assure &#224; l'ensemble des membres d'une soci&#233;t&#233; une couverture sociale g&#233;n&#233;rale ou bien la protection sociale doit-elle cibler ses b&#233;n&#233;ficiaires (&#8230;) et se recentrer sur les plus d&#233;munis ? &#187;&lt;/i&gt; (3). Il rappelle que le besoin d'&#234;tre secouru &lt;i&gt;&#171; plonge des racines profondes dans la condition de l'homme moderne &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Et dans la mesure o&#249; nous sommes devenus une &#171; soci&#233;t&#233; des individus &#187; selon Norbert Elias (3), la soci&#233;t&#233; a aussi de plus en plus besoin de protection pour que ses membres continuent &#224; &#234;tre reli&#233;s par des relations d'interd&#233;pendance. &#187; &lt;/i&gt; Il d&#233;veloppe ensuite la notion de &#171; propri&#233;t&#233; sociale &#187;, en pr&#233;cisant la part qui revient aux non-propri&#233;taires de bien et de capitaux, &#187; d&#233;finie sur la base des droits sociaux d'abord attach&#233;s au travail puis &#224; l'ensemble de la protection sociale, comme condition de la citoyennet&#233; sociale. Une d&#233;mocratie moderne n'implique pas l'&#233;galit&#233; stricte des conditions sociales mais exige la force des protections. C'est &lt;i&gt;&#171; la soci&#233;t&#233; des &#8220;semblables&#8221; une soci&#233;t&#233; dont tous les membres disposeraient au moins d'un socle de ressources et de droits suffisants pour &#171; faire soci&#233;t&#233; &#187; avec leurs semblables &#8211; ce qui justement les rends semblables &#224; tous les autres &#8211; une soci&#233;t&#233; dont nul ne serait exclu &#187;&lt;/i&gt;. Il n'y a donc pas d'antagonisme entre le fait d'&#234;tre pleinement un individu et l'existence de r&#233;gulations sociales fortes port&#233;es par l'&#201;tat. L'individu est un construit et la construction d'un individu moderne et autonome s'est justement fond&#233;e sur la g&#233;n&#233;ralisation de la protection sociale. Ce qui me fait semblable &#224; autrui n'est pas ce qui me fait pareil mais le partage du m&#234;me droit. Le travail social figure parmi les institutions de r&#233;alisation de ce partage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette part est transmise comme un &#171; don &#187;, outre le fait que cela inscrive l'&#233;change dans un registre symbolique qui rassemble ceux qui re&#231;oivent et ceux qui donnent au nom du principe d'&#233;galit&#233; et fait signe de la dette de la R&#233;publique ; cela a aussi pour effet de ne pas fixer la r&#233;ponse dans le registre de la satisfaction du besoin ni du mythe de la r&#233;ciprocit&#233;, mais d'inscrire la r&#233;ponse en &#233;cho &#224; une demande de reconnaissance, surtout si elle est difficile &#224; formuler. Ce processus garde toute sa force symbolique, si le cadre institutionnel qui soutient l'espace de la rencontre est externe, g&#233;n&#233;ral et collectif car sinon la relation d'aide se transforme en un contrat marchand. On peut craindre ainsi que l'obligation de contrepartie n'ait un effet &#233;crasant sur la force symbolique de l'espace du travail social et peut &#234;tre ne soit appel&#233;e &#224; le faire dispara&#238;tre compl&#232;tement. En outre, dans le cadre de cette nouvelle transaction, il serait demand&#233; la contrepartie de quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(1) Les m&#233;tamorphoses de la question sociale, une chronique du salariat, Robert Castel, &#233;d. Gallimard (1999)&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Droit de l'aide et l'action sociale, Michel Borgetto et Robert Lafore, &#233;ditions LGDJ (2018)&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) La mont&#233;e des incertitudes, Robert Castel, &#233;d. du Seuil (2009) &lt;br class='autobr' /&gt;
(4) La soci&#233;t&#233; des individus, Norbert Elias, &#233;d. Fayard (1991).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Suppression des allocations, le retour</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Suppression-des-allocations-le-retour</link>
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		<dc:date>2019-02-18T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Protection sociale</dc:subject>
		<dc:subject>1245</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La disqualification des parents revient dans le discours de l'ex&#233;cutif pour r&#233;soudre des probl&#232;mes de soci&#233;t&#233;. Pourtant, ces dispositifs ont &#233;t&#233; marqu&#233;s par leur &#233;chec. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vieille, tr&#232;s vieille recette&#8230; Sous l'&#233;ternel pr&#233;texte de &#171; responsabiliser les familles &#187;, Jean-Michel Blanquer n'excluait pas, le 14 janvier dernier, de supprimer les allocations familiales pour les parents &#171; complices d'une &#233;volution violente de leurs enfants &#187;. Depuis longtemps, ce pr&#233;suppos&#233; de &#171; parent d&#233;missionnaire &#187; est utilis&#233; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La disqualification des parents revient dans le discours de l'ex&#233;cutif pour r&#233;soudre des probl&#232;mes de soci&#233;t&#233;. Pourtant, ces dispositifs ont &#233;t&#233; marqu&#233;s par leur &#233;chec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vieille, tr&#232;s vieille recette&#8230; Sous l'&#233;ternel pr&#233;texte de &lt;i&gt;&#171; responsabiliser les familles &#187;&lt;/i&gt;, Jean-Michel Blanquer n'excluait pas, le 14 janvier dernier, de supprimer les allocations familiales pour les parents &lt;i&gt;&#171; complices d'une &#233;volution violente de leurs enfants &#187;.&lt;/i&gt; Depuis longtemps, ce pr&#233;suppos&#233; de &lt;i&gt;&#171; parent d&#233;missionnaire &#187;&lt;/i&gt; est utilis&#233; politiquement. N&#233;es &#224; la fin des ann&#233;es 80, les politiques de responsabilisation parentale, avec ses sanctions et ses stages parentaux, sont fond&#233;es sur l'id&#233;e simpliste que les suppos&#233;es d&#233;faillances parentales doivent &#234;tre corrig&#233;es&#8230; Le principe de suspension des allocations familiales avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; envisag&#233; apr&#232;s les &#233;meutes de 2005. La loi sur l'&#233;galit&#233; des chances de 2006 avait install&#233; un &lt;i&gt;&#171; contrat de responsabilit&#233; parentale &#187;&lt;/i&gt; comprenant cette mesure. Fin 2009, &#201;ric Ciotti avait essay&#233; de relancer le dispositif et, en 2010, Nicolas Sarkozy avait &#233;galement propos&#233; cette r&#233;ponse pour contrer l'absent&#233;isme scolaire. Sinistre, infantilisante et discriminante mesure, heureusement inapplicable et (quasiment) inappliqu&#233;e. Dans les pays &#8211; europ&#233;ens ou am&#233;ricains &#8211; qui l'ont pratiqu&#233;e, la mesure s'est sold&#233;e par un &#233;chec. Et pour cause : les familles &lt;i&gt;&#171; d&#233;faillantes &#187;&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;&#171; d&#233;missionnaires &#187;&lt;/i&gt; sont simplement des familles en grande difficult&#233;, relevant de l'assistance &#233;ducative ou de la protection judiciaire de la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Critiqu&#233;e de tous bords, cette p&#233;nalisation des familles en difficult&#233; &#8211; exact contraire de la d&#233;marche d'accompagnement &#8211; avait suscit&#233; une lev&#233;e de boucliers des professionnels de l'&#233;ducation, des f&#233;d&#233;rations de parents d'&#233;l&#232;ves, des associations familiales, des travailleurs sociaux&#8230; Inefficace, mais aussi fonci&#232;rement injuste : depuis environ 80 ans (elles ont &#233;t&#233; institu&#233;es en 1938), les allocations familiales ont pour vocation d'all&#233;ger les charges financi&#232;res, non de distribuer des bons ou mauvais points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233; &#233;mise par le ministre de l'&#201;ducation &#8211; qui devait &#234;tre pr&#233;cis&#233;e &#224; la fin du mois de janvier &#8211; peut d'autant plus surprendre et choquer : &lt;i&gt;&#171; la suppression des allocations familiales est une mesure en totale contradiction avec l'&#233;cole de la confiance ! &#187;&lt;/i&gt; s'exclame le syndicat national des assistants sociaux de l'&#201;ducation nationale (Snasen Unsa) en soulignant la n&#233;cessit&#233; de &lt;i&gt;&#171; d&#233;velopper les comp&#233;tences psycho-sociales des &#233;l&#232;ves, en favorisant un esprit de co-&#233;ducation avec les parents &#187;&lt;/i&gt;. Cette forme de &lt;i&gt;&#171; discrimination pour pr&#233;carit&#233; sociale &#187;&lt;/i&gt; cr&#233;erait, selon ces professionnels, une double peine. Mesure d'autant plus contre-productive qu'elle pourrait cr&#233;er &lt;i&gt;&#171; un sentiment d'injustice participant &#224; la spirale de la violence scolaire &#187;&lt;/i&gt;, contre laquelle elle est justement cens&#233;e lutter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont bien des r&#233;ponses &#233;ducatives qu'il convient d'apporter. Les m&#234;mes assistants de service social scolaire refusent de se voir &lt;i&gt;&#171; instrumentalis&#233;s dans un travail social de contr&#244;le et de surveillance des familles stigmatis&#233;es et a priori coupables &#187;&lt;/i&gt;. De m&#234;me, le Carrefour national de l'action &#233;ducative en milieu ouvert (Cnaemo) s'offusque sur la menace pesant sur cet &lt;i&gt;&#171; atout indispensable du lien parents/enfants &#187;&lt;/i&gt; et estime que la proposition contrevient &#224; l'esprit m&#234;me des r&#233;formes de la protection de l'enfance. Le r&#233;seau refuse &lt;i&gt;&#171; de voir transf&#233;rer la responsabilit&#233; collective des dysfonctionnements sociaux sur la seule responsabilit&#233; individuelle des familles &#187;&lt;/i&gt;. Encore une histoire de mauvais pauvres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1115 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L310xH469/1245-decryptage_web-f2477.png?1694364522' width='310' height='469' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>AAH : l'illusion d'une augmentation</title>
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		<dc:date>2018-01-10T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Protection sociale</dc:subject>
		<dc:subject>1220</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'allocation adulte handicap&#233; va &#234;tre augment&#233;e jusqu'&#224; atteindre 900 euros mais une partie des allocataires n'en verront pas la couleur. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une mesure sans pr&#233;c&#233;dent pour lutter contre la pauvret&#233; des personnes en situation de handicap. &#187; Le gouvernement se gargarise de l'augmentation de l'allocation adulte handicap&#233; (AAH) comme de sa mesure phare pour prouver son engagement dans la lutte contre la pauvret&#233;. L'AAH va en effet &#234;tre revaloris&#233;e de 90 euros d'ici 2019 selon le projet de loi de finances pour (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'allocation adulte handicap&#233; va &#234;tre augment&#233;e jusqu'&#224; atteindre 900 euros mais une partie des allocataires n'en verront pas la couleur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Une mesure sans pr&#233;c&#233;dent pour lutter contre la pauvret&#233; des personnes en situation de handicap. &#187;&lt;/i&gt; Le gouvernement se gargarise de l'augmentation de l'allocation adulte handicap&#233; (AAH) comme de sa mesure phare pour prouver son engagement dans la lutte contre la pauvret&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'AAH va en effet &#234;tre revaloris&#233;e de 90 euros d'ici 2019 selon le projet de loi de finances pour 2018. La premi&#232;re hausse de 50 euros devrait avoir lieu le 1er novembre 2018 pour parvenir &#224; un montant de 860,89 euros. La seconde augmentation de 40 euros aura lieu le 1er novembre 2019. L'allocation atteindra alors 900 euros, encore sous le seuil de pauvret&#233; fix&#233; &#224; 1 015 euros par mois en 2015, selon le tout r&#233;cent portait social de l'Insee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les associations du handicap relativisent cette augmentation en alertant sur les nouveaux modes de calcul qui l'accompagnent. L'Association des paralys&#233;s de France (APF) estimant m&#234;me qu'au final les perdants de cette r&#233;forme seront les plus nombreux. Dans un rapport sp&#233;cial du S&#233;nat pr&#233;sent&#233; &#224; la commission des finances pour l'examen des missions solidarit&#233;, insertion, &#233;galit&#233; des chances du projet de loi de finances, cette augmentation est qualifi&#233;e de &lt;i&gt;&#171; revalorisation en trompe-l'&#339;il &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les couples p&#233;nalis&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les personnes vivant en couple &#8211; estim&#233;es &#224; 230 000 allocataires &#8211; ou celles qui sont le plus lourdement handicap&#233;es et b&#233;n&#233;ficient du compl&#233;ment de ressources &#8211; 65 000 allocataires &#8211; risquent en effet d'y perdre au change. La nouvelle base de calcul pour les personnes vivant en couple, qui devrait &#234;tre pr&#233;cis&#233;e par d&#233;cret au 1er semestre 2018, va prendre en compte les ressources du conjoint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_930 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L300xH402/1220-decryptage-4118d.png?1694364522' width='300' height='402' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Le plafond de ressources pour un couple sera baiss&#233; de 1 600 euros &#224; 1 300 euros ce qui, selon l'APF, fera perdre le b&#233;n&#233;fice de l'augmentation &#224; de nombreux allocataires. La secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233;e des personnes handicap&#233;es, Sophie Cluzel, temporise devant les parlementaires en novembre en estimant que cette mesure ne toucherait &lt;i&gt;&#171; que &#187;&lt;/i&gt; 19 000 personnes dont les revenus resteront inchang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs le gouvernement pr&#233;voit de fusionner le compl&#233;ment de ressource de 179,31 euros et la majoration pour la vie autonome de 104,77 euros en un seul dispositif, &lt;i&gt;&#171; dans une perspective de rationalisation et de simplification &#187;&lt;/i&gt;. Le compl&#233;ment de ressources dispara&#238;tra (cette suppression ne concerne pas les personnes qui en b&#233;n&#233;ficient actuellement mais toutes celles qui pourraient en faire la demande) au profit de la seule majoration pour la vie autonome, donc la moins co&#251;teuse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les principes de ces mesures vont &#224; l'encontre de toutes les politiques du handicap men&#233;es par les gouvernements successifs depuis 1975 : la solidarit&#233; familiale avant la solidarit&#233; nationale ou encore la volont&#233; d'aligner l'AAH sur les autres minima sociaux. C'est aussi une remise en cause de l'un des piliers de la loi du 11 f&#233;vrier 2005 concernant la garantie de ressources des personnes en situation de handicap &#187;&lt;/i&gt;, alerte l'Unapei.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la suppression de la prime d'activit&#233; pour les allocataires de la pension d'invalidit&#233; ayant un emploi vient compl&#233;ter un tableau bien moins riant que celui avanc&#233; par le gouvernement. Une p&#233;tition contre ces mesures, lanc&#233;e par 11 associations en octobre, d&#233;passait les 40 000 signatures en d&#233;cembre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rendre le droit aux justiciables</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Rendre-le-droit-aux-justiciables</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Rendre-le-droit-aux-justiciables</guid>
		<dc:date>2015-04-30T11:36:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Aide sociale</dc:subject>
		<dc:subject>Protection sociale</dc:subject>
		<dc:subject>1162</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis la loi du 18 d&#233;cembre 1998 relative &#224; l'acc&#232;s aux droits et &#224; la r&#233;solution amiable des conflits, chaque d&#233;partement doit disposer d'un Conseil d&#233;partemental de l'acc&#232;s au droit (CDAD). Certains n'existent encore que sur le papier, d'autres, comme en Loire-Atlantique, ont pris leur place, associant professionnels du droit, auxiliaires de justice, collectivit&#233;s locales et associations. &lt;br class='autobr' /&gt;
Radhia Essassi, coordinatrice au Conseil d&#233;partemental de l'acc&#232;s au droit de Loire-Atlantique (CDAD 44), nous (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la loi du 18 d&#233;cembre 1998 relative &#224; l'acc&#232;s aux droits et &#224; la r&#233;solution amiable des conflits, chaque d&#233;partement doit disposer d'un Conseil d&#233;partemental de l'acc&#232;s au droit (CDAD). Certains n'existent encore que sur le papier, d'autres, comme en Loire-Atlantique, ont pris leur place, associant professionnels du droit, auxiliaires de justice, collectivit&#233;s locales et associations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Radhia Essassi, coordinatrice au Conseil d&#233;partemental de l'acc&#232;s au droit de Loire-Atlantique (CDAD 44), nous avait donn&#233; rendez-vous dans le hall de cet &#233;tonnant palais de justice de Nantes, con&#231;u par Jean Nouvel et inaugur&#233; en 2000. Une ossature m&#233;tallique abrite une salle des pas perdus dont le sol en granit poli, couleur noir de jais, contraste avec le rouge vif des salles d'audience. Cet auguste symbole de l'autorit&#233; judiciaire, loin d'inspirer la s&#233;r&#233;nit&#233;, donne le sentiment d'&#234;tre jug&#233; avant m&#234;me d'avoir &#233;t&#233; entendu ! Est-ce pour compenser cette solennit&#233; un peu gla&#231;ante que Radhia Essassi se porte au-devant de son visiteur ? Pas seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre &#224; peine d&#233;but&#233;e, elle s'inqui&#232;te aussit&#244;t du sort du groupe d'&#233;l&#232;ves r&#233;unis sur le parvis. C'est vrai qu'il pleut &#224; verse, ce jour-l&#224;, et que les adolescents ont trouv&#233; un abri bienvenu, sous l'avanc&#233;e du b&#226;timent transform&#233;e &#224; l'occasion en cour de r&#233;cr&#233;ation. Bienveillance et pr&#233;venance sont les deux premi&#232;res qualit&#233;s qui sautent aux yeux chez cette femme qui accueille &lt;i&gt;Lien Social&lt;/i&gt;, comme elle le fait avec tant d'autres tout au long de l'ann&#233;e. Cet empressement et cette qualit&#233; d'&#233;coute, cette obligeance &#224; l'&#233;gard de l'autre et cette app&#233;tence aux contacts humains sont-ils des pr&#233;-requis, pour exercer dans un CDAD ? Cela semble effectivement s'imposer. L'objectif de cette instance est bien d'apporter aux usagers de la justice une information g&#233;n&#233;rale sur leurs droits et leurs obligations, mais surtout une assistance ainsi qu'un accompagnement personnalis&#233; dans leurs d&#233;marches administratives.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Informer tous azimuts&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Radhia Essassi r&#233;pond aux sollicitations des professionnels : conciliateurs de justice un jour, tuteurs judiciaires peu de temps apr&#232;s, m&#233;diateurs sociaux plus tard. Elle est particuli&#232;rement attentive aux demandes des &#233;tablissements scolaires, se d&#233;pla&#231;ant dans les classes ou les recevant pour une visite guid&#233;e du palais de justice et organisant leur pr&#233;sence en salle d'audience correctionnelle ou aux proc&#232;s d'assises. Les associations ne sont pas oubli&#233;es, quand elles sollicitent une intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;rement, Radhia Essassi a mobilis&#233; magistrats, avocats, universitaires, banquiers, m&#233;decins, en partenariat avec ALMA44 (All&#244; Maltraitance personnes &#226;g&#233;es) et la maison pour l'autonomie et l'int&#233;gration des malades d'Alzheimer (MAIA) du CHU de Nantes, pour organiser une journ&#233;e de sensibilisation au droit et &#224; la justice au b&#233;n&#233;fice de professionnels travaillant en direction de personnes &#226;g&#233;es (travailleurs sociaux, aide &#224; domicile, agents des CLI&#8230;). L&#224;, il s'agissait de r&#233;pondre aux questions concernant la protection des personnes &#226;g&#233;es vuln&#233;rables. Puis se sont encha&#238;n&#233;es d'autres actions : aupr&#232;s d'enseignants sp&#233;cialis&#233;s des SEGPA et ULIS, aupr&#232;s de d&#233;l&#233;gu&#233;s d'&#233;l&#232;ves de troisi&#232;me ; aupr&#232;s des r&#233;sidents de foyers de jeunes travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au programme, toujours la m&#234;me qu&#234;te et le m&#234;me souci : rendre le droit p&#233;nal, celui de la famille ou du travail, du logement ou de la consommation moins &#233;nigmatiques, r&#233;barbatifs et inqui&#233;tants ; proposer une information juridique sans laquelle le principe de l'acc&#232;s au droit n'est qu'un songe creux ; r&#233;pondre aux inqui&#233;tudes, incom-pr&#233;hensions et autres fausses repr&#233;sentations sur la justice. Mais, communiquer des renseignements n'est pas toujours suffisant. Encore faut-il donner aux personnes les moyens d'en faire quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conseils &#224; donner&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chacun a pu l'exp&#233;rimenter : se retrouver seul face &#224; la grande machinerie judiciaire constitue un d&#233;fi parmi les plus impressionnants et parfois, reconnaissons-le totalement d&#233;courageant. Les auxiliaires de justice sont l&#224; pour guider dans ce labyrinthe. Encore faut-il franchir le pas, prendre rendez-vous et se rendre &#224; leurs cabinets. Et si on imaginait qu'ils assurent des permanences gratuites au plus pr&#232;s des populations, leur proposant un conseil ponctuel et une information pr&#233;cise ? Bien s&#251;r, il ne s'agirait pas de constituer un dossier complet, ni d'un engagement r&#233;ciproque, ce qui n&#233;cessiterait alors l'officialisation d'une prestation de service. Non, juste un d&#233;but d'&#233;claircissement, une amorce de compr&#233;hension du dossier, un ensemble de pistes identifi&#233;es. Ce serait vraiment int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'allons pas chercher plus loin : c'est exactement ce que le CDAD 44 a &#233;labor&#233;, en collaboration &#233;troite avec un ensemble de partenaires institutionnels et associatifs (voir encadr&#233; ci-dessous). Mille permanences se tiennent chaque ann&#233;e dans les Maisons de la justice et du droit, les Points d'acc&#232;s au droit, le Bureaux d'aide aux victimes ou centres hospitaliers &#233;parpill&#233;s aux quatre coins du d&#233;partement. Sans oublier ce &#171; Forum de l'acc&#232;s au droit et &#224; la justice &#187; organis&#233; tout un samedi par an, de 9 heures &#224; 18 heures, sous un grand chapiteau, place du commerce, en plein centre de Nantes, des professionnels du droit et associations &#233;tant &#224; disposition du grand public pour r&#233;pondre &#224; toutes leurs questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque fois, c'est un plein succ&#232;s, si l'on en croit les files d'attentes se constituant, d&#232;s 8h30, chacun attendant son dossier &#224; la main d'&#234;tre re&#231;u par la personne ressource idoine susceptible de lui apporter l'&#233;clairage attendu. Le CDAD 44 a &#233;galement ouvert un point d'acc&#232;s au droit dans deux centres de distribution des &#171; restos du c&#339;ur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conseil rel&#232;ve exclusivement des professionnels du droit (avocats, notaires, huissiers) habilit&#233;s &#224; accompagner les usagers dans une d&#233;marche juridique l&#224; o&#249; seule l'information sur les possibilit&#233;s offertes est autoris&#233;e &#224; celles et &#224; ceux qui, ayant pourtant des comp&#233;tences en la mati&#232;re, ne poss&#232;dent pas le statut officiel d'auxiliaires de justice. Avec son master 1 de droit et sa riche exp&#233;rience dans toutes les questions juridiques pratiques, Radhia Essassi est une pr&#233;cieuse interlocutrice pour qui cherche un renseignement sur ses droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'image de cette m&#232;re de famille dont elle mesure la totale d&#233;tresse face &#224; la convocation d'un juge des enfants que cette dame arrive &#224; peine &#224; d&#233;chiffrer. Elle avait bien engag&#233; les d&#233;marches demand&#233;es, mais ne r&#233;ussissait pas &#224; les expliquer. Prendre rendez-vous chez un avocat ne fut gu&#232;re difficile. Mais comment l'aider &#224; trouver l'adresse ? Peut-&#234;tre en l'y accompagnant. Mais, comment lui permettre de monter les quatre &#233;tages sans ascenseur, avec un enfant en bas &#226;ge et une poussette ? Peut-&#234;tre en portant l'un, pendant qu'elle se consacre &#224; l'autre. Mais comment la faire sortir de sa confusion, quand elle tente de d&#233;crire, devant son avocat, les d&#233;marches d&#233;j&#224; accomplies ? Peut-&#234;tre en lui sugg&#233;rant celles qu'elle a omis de rappeler.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'envie d'aider&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Radhia Essassi est issue de l'immigration tunisienne, son p&#232;re ma&#231;on dispara&#238;t tr&#232;s t&#244;t. S'il ma&#238;trisait parfaitement le fran&#231;ais, il n'en va pas de m&#234;me de sa femme qui se retrouve seule &#224; &#233;lever ses sept enfants. Radhia Essassi accomplit alors, et toujours aujourd'hui, toutes les d&#233;marches, aupr&#232;s d'une multitude de services, en &#233;crivant, traduisant, expliquant. Son enfance et sa jeunesse, elle les a v&#233;cus dans les quartiers nord de Nantes, ceux qui sont le plus marqu&#233;s par la pr&#233;carit&#233;. Elle y r&#233;side encore. Quand, en 2000, elle obtient son dipl&#244;me universitaire, elle se voit offrir des emplois &#224; moins de 700 euros par mois. Pour l'avoir pratiqu&#233;, elle sait ce que c'est que le travail au noir. Les rat&#233;s de l'int&#233;gration, elle les a v&#233;cus. Les mensonges du discours m&#233;ritocratique, elle en a &#233;t&#233; victime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militante associative, elle joue un r&#244;le actif dans les mois qui suivent les &#233;meutes de 2005. Elle est au-devant de la sc&#232;ne, pour rendre visibles les discriminations qui stigmatisent les quartiers les plus d&#233;favoris&#233;s. Elle est notamment pr&#233;sente aupr&#232;s des victimes d'infractions, les accompagnant dans les audiences en urgence les concernant. Et, c'est &#224; ces occasions qu'elle est remarqu&#233;e par la magistrate-r&#233;f&#233;rente du CDAD qui finit par lui proposer le poste qu'elle occupe aujourd'hui. Si elle a pu s'en sortir, c'est en s'appuyant sur des personnes qui ont eu confiance en elle et l'ont aid&#233;e. Aujourd'hui, elle fait de cet acc&#232;s au droit un outil de lutte contre toutes les in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_521 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L95xH23/picto-lireaussi-2-1ca1a.png?1693464261' width='95' height='23' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.lien-social.com/Acces-aux-droits-l-eternel-combat' class='spip_in'&gt;Notre entretien avec Philippe Warin, directeur de recherche au CNRS, responsable scientifique de l'Odenore&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://www.lien-social.com/Acces-aux-droits-l-eternel-combat-o-Simplifier-les-ecrits' class='spip_in'&gt;Acc&#232;s aux droits &#8226; Simplifier les &#233;crits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Acc&#232;s aux droits, l'&#233;ternel combat &#8226; Simplifier les &#233;crits</title>
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		<dc:subject>Aide sociale</dc:subject>
		<dc:subject>Protection sociale</dc:subject>
		<dc:subject>1162</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D&#233;crypter les codes, administratifs, sociaux, est l'un des enjeux pour acc&#233;der aux droits. Une gageure face au langage des formulaires et parfois des travailleurs sociaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'acc&#232;s aux droits &#233;conomiques et sociaux fait partie int&#233;grante du projet fondateur de notre R&#233;publique sociale. Mais, comment faire en sorte que ces droits deviennent r&#233;els et ne se contentent pas d'&#234;tre formels ? C'est bien la question essentielle qui se pose. Car il ne suffit pas de proclamer au fronton de nos b&#226;timents (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Aide-sociale" rel="tag"&gt;Aide sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Protection-sociale" rel="tag"&gt;Protection sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1162-" rel="tag"&gt;1162&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;crypter les codes, administratifs, sociaux, est l'un des enjeux pour acc&#233;der aux droits. Une gageure face au langage des formulaires et parfois des travailleurs sociaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'acc&#232;s aux droits &#233;conomiques et sociaux fait partie int&#233;grante du projet fondateur de notre R&#233;publique sociale. Mais, comment faire en sorte que ces droits deviennent r&#233;els et ne se contentent pas d'&#234;tre formels ? C'est bien la question essentielle qui se pose. Car il ne suffit pas de proclamer au fronton de nos b&#226;timents officiels des grands principes, si dans le m&#234;me temps on ne garantit pas les moyens de les concr&#233;tiser, permettant &#224; chaque citoyen d'en &#234;tre b&#233;n&#233;ficiaire. Un certain nombre d'obstacles se dressent, emp&#234;chant directement ou indirectement cette concr&#233;tisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi eux, l'on trouve : un langage administratif ou judiciaire abscons seul compr&#233;hensible par les sp&#233;cialistes ; des formulaires fastidieux &#224; remplir d&#233;multipliant le nombre de cas, de situations ou d'exceptions &#224; renseigner ou pas ; des proc&#233;dures complexes passant par les m&#233;andres de l'administration ; des commissions bureaucratiques de plus en plus &#233;loign&#233;es de la r&#233;alit&#233; se r&#233;f&#233;rant exclusivement &#224; un cadre de r&#233;f&#233;rence r&#232;glementaire ; une logique r&#233;duite &#224; des cases pr&#233;-&#233;tablies dans lesquelles doivent &#224; tout prix entrer les personnes au risque de voir leurs probl&#232;mes rejet&#233;s ; des justificatifs dont personne ne sait plus en quoi ils sont n&#233;cessaires mais dont l'absence bloque le dossier qui est soit ajourn&#233;, soit renvoy&#233; en bloc &#224; l'exp&#233;diteur etc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Violence du langage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il suffit d'observer la d&#233;composition du visage d'une personne accompagn&#233;e, au moment o&#249; on lui soumet pour la premi&#232;re fois son dossier d'APL ou sa demande de CMU &#224; remplir, pour mesurer la d&#233;tresse que serait la sienne s'il se trouvait seul &#224; le faire&#8230; et le risque qu'il renonce &#224; ses droits, plut&#244;t que de &#171; se prendre la t&#234;te &#187; ! Il n'y a qu'&#224; vivre cette &#233;difiante exp&#233;rience de la lecture du jugement d'un juge des enfants &#224; une famille dont on vient de retirer son enfant. &#192; l'&#233;motion d&#233;j&#224; d&#233;mesur&#233;e, vient se rajouter la confusion n&#233;e d'une stylistique et d'un langage juridique pour une grande part incompr&#233;hensibles &#224; celui ou celle qui n'est pas familier des cours de justice. Mais ne refermons pas ce bref tour d'horizon sans poser un minimum d'introspection sur nos propres &#233;crits en tant que professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettons de c&#244;t&#233; les rapports de certains de nos psychologues faisant r&#233;f&#233;rence &#224; une trame th&#233;orique dont on se demande si eux-m&#234;mes y comprennent grand chose. Mais, nous, travailleurs sociaux, sommes-nous toujours aussi clairs qu'il serait souhaitable ? N'avons-nous pas parfois un langage, des tournures syntaxiques et des usages lexicaux, n&#233;cessitant l&#224; aussi pour le non initi&#233; d'avoir le dictionnaire ouvert en permanence ? Comment combler ce foss&#233; dont nous ignorons trop souvent la b&#233;ance ? La premi&#232;re piste pourrait consister, tout simplement &#224; arr&#234;ter de causer compliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#202;tre plus simple&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait l'ambition du &#171; Comit&#233; d'orientation pour la simplification du langage administratif &#187; cr&#233;&#233; en 2001, dans la foul&#233;e de la r&#233;forme de l'&#201;tat, qui s'attachera dans les ann&#233;es suivantes &#224; identifier les terminologies les plus obscures pour tant&#244;t les traduire, tant&#244;t les remplacer. Un &#171; Petit d&#233;codeur &#187; rassemblant plus de trois milles mots ou expressions du vocabulaire administratif courant verra le jour et sera ainsi largement diffus&#233;, permettant de comprendre ce que peuvent bien vouloir dire le &lt;i&gt;&#171; proque l'ampliation &#187;&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;&#171; pacte tontinier &#187;&lt;/i&gt; ou le &lt;i&gt;&#171; r&#233;colement &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='respectivement : &#171; copie l&#233;gale d'un document &#187;, &#171; accord entre acheteurs d'un (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Des formulations pouvant pr&#234;ter &#224; confusion furent remplac&#233;es, comme &lt;i&gt;&#171; mettre en place &lt;/i&gt; &#187; pour &lt;i&gt;&#171; instaurer &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; impossibilit&#233; de payer &#187;&lt;/i&gt; pour &lt;i&gt;&#171; insolvabilit&#233; &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; recevoir &#187;&lt;/i&gt; pour &lt;i&gt;&#171; r&#233;ceptionner &#187;&lt;/i&gt;. Dans le secteur social, on aimerait voir des &#233;volutions permettant de remplacer &lt;i&gt;&#171; Vous avez re&#231;u &#224; tort au titre du RSA une somme de x euros. Vous devez donc les rembourser au plus tard le&#8230; &#187;&lt;/i&gt; par &lt;i&gt;&#171; Nous vous avons vers&#233; par erreur, au titre du RSA, la somme de x euros. Nous vous prions de nous en excuser et de bien vouloir prendre contact avec nous pour envisager ensemble vos possibilit&#233;s de remboursement de cette somme. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, faut-il encore, se repr&#233;senter ce qui vivent les personnes concern&#233;es. Des conseils g&#233;n&#233;raux ont fait le choix de collaborer avec une association comme ATD Quart monde demandant &#224; ses militants de relire les formulaires, les courriers types ou les documents explicatifs &#224; destination du grand public. &#201;difiant ! Ce qui semble au demeurant accessible aux r&#233;dacteurs familiers de la culture de l'&#233;crit, appara&#238;t au lecteur pas toujours facile &#224; d&#233;coder : tournures de phrase, formules administratives, vocabulaire, syntaxe, longueur des paragraphes, bien des formulations qui m&#233;riteraient d'&#234;tre remodel&#233;es, simplifi&#233;es, r&#233;duites. Un souci qui est quand m&#234;me tr&#232;s loin de constituer la premi&#232;re de nos pr&#233;occupations dans le secteur social.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_521 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L95xH23/picto-lireaussi-2-1ca1a.png?1693464261' width='95' height='23' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.lien-social.com/Acces-aux-droits-l-eternel-combat' class='spip_in'&gt;Notre entretien avec Philippe Warin, directeur de recherche au CNRS, responsable scientifique de l'Odenore&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://www.lien-social.com/Rendre-le-droit-aux-justiciables' class='spip_in'&gt;Rendre le droit aux justiciables&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;respectivement : &#171; copie l&#233;gale d'un document &#187;, &#171; accord entre acheteurs d'un bien &#187; et inventaire &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Acc&#232;s aux droits, l'&#233;ternel combat</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Aide sociale</dc:subject>
		<dc:subject>Protection sociale</dc:subject>
		<dc:subject>1162</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il est de tradition de distinguer trois &#233;tapes successives et concomitantes dans la conqu&#234;te des droits de l'homme. Au XVIIIe si&#232;cle, le combat a d'abord port&#233; sur les droits civils et politiques, &#224; travers l'&#233;mancipation de la tyrannie absolutiste. Puis, au XIXe si&#232;cle, s'est rajout&#233;e la lutte pour les droits &#233;conomiques, men&#233;e par le mouvement ouvrier et syndical. Au XXe si&#232;cle, s'est engag&#233;e une troisi&#232;me bataille, celle des droits sociaux et culturels, avec pour objectif de vivre dans un minimum de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Aide-sociale" rel="tag"&gt;Aide sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Protection-sociale" rel="tag"&gt;Protection sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1162-" rel="tag"&gt;1162&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est de tradition de distinguer trois &#233;tapes successives et concomitantes dans la conqu&#234;te des droits de l'homme. Au XVIIIe si&#232;cle, le combat a d'abord port&#233; sur les droits civils et politiques, &#224; travers l'&#233;mancipation de la tyrannie absolutiste. Puis, au XIXe si&#232;cle, s'est rajout&#233;e la lutte pour les droits &#233;conomiques, men&#233;e par le mouvement ouvrier et syndical. Au XXe si&#232;cle, s'est engag&#233;e une troisi&#232;me bataille, celle des droits sociaux et culturels, avec pour objectif de vivre dans un minimum de s&#233;curit&#233; sociale et d'acc&#233;der &#224; la connaissance et &#224; la culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun de ces trois engagements ne pourra sans doute jamais aboutir d&#233;finitivement. Le b&#233;n&#233;fice des droits n'est jamais acquis une bonne fois pour toutes. En permanence il faudra se confronter aux forces qui cherchent &#224; reprendre ce qui a &#233;t&#233; gagn&#233; de haute lutte par les g&#233;n&#233;rations pass&#233;es. Continuellement, il faudra d&#233;fendre ce qui a &#233;t&#233; obtenu, et conqu&#233;rir &lt;br class='autobr' /&gt;
ce qui reste &#224; l'&#234;tre. Sur ce chemin escarp&#233;, l'une des qu&#234;tes essentielles est bien celle devant donner les moyens aux citoyens de pouvoir exercer leurs droits, en les connaissant et en sachant comment les utiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, aujourd'hui, le non recours reste un ph&#233;nom&#232;ne important. Philippe Warin, responsable scientifique de l'Observatoire des non recours aux droits et services (Odenore), observatoire qui s'est donn&#233; pour fonction d'&#233;clairer cette carence, propose un &#233;tat des lieux de la situation. Les travailleurs sociaux sont au premier rang dans le combat pour favoriser cet acc&#232;s aux droits. Cet enjeu passe par la compr&#233;hension du langage abscons et incompr&#233;hensible de l'administration. Ils impliquent, ensuite, la possibilit&#233; d'appr&#233;hender les arcanes de la justice. Les conseils d&#233;partementaux d'acc&#232;s au droit ont justement pour fonction de le faciliter. Lien Social a rendu visite &#224; celui de Loire-Atlantique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Philippe Warin, directeur de recherche au CNRS, responsable scientifique de l'Odenore (Observatoire DEs Non &#8211; Recours aux droits et services)&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Non recours &#8226; La face cach&#233;e des droits &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Manque d'information, complexit&#233; des dispositifs, multitudes des d&#233;marches, peur de la stigmatisation, les raisons des non recours aux droits, ph&#233;nom&#232;ne important, se cumulent parfois. Philippe Warin en d&#233;crypte les m&#233;canismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les exemples les plus frappants du non acc&#232;s aux droits sociaux des populations les plus pr&#233;caris&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une recherche que nous menons actuellement pour la Direction g&#233;n&#233;rale de la coh&#233;sion sociale sur l'approche du non recours aux droits dans les collectivit&#233;s locales, nous constatons qu'un grand nombre de Centres communaux d'action sociale (CCAS) sont confront&#233;s &#224; de fr&#233;quents retards dans l'ouverture des droits aux prestations l&#233;gales. Le taux de non recours est plus ou moins important selon les prestations : de l'ordre de 60 &#224; 70 % pour l'aide &#224; l'acquisition d'une compl&#233;mentaire sant&#233;, par exemple, ou encore de 30 % pour la CMU compl&#233;mentaire. Ce taux est &#233;galement &#233;lev&#233; quand il est question des aides facultatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue plus qualitatif, on s'aper&#231;oit que le renoncement &#224; la sant&#233; est devenu un comportement int&#233;gr&#233; chez des personnes ne s'estimant plus en mesure d'acc&#233;der aux soins pourtant pris en charge par l'assurance maladie. Elles s'inscrivent dans des replis durables sinon d&#233;finitifs, hi&#233;rarchisant leurs besoins de sant&#233; et se suffisant de ce que le march&#233; peut leur offrir, renon&#231;ant par exemple au port de verres correcteurs, au profit de lunettes loupe. Ce renoncement &#224; des soins pourtant n&#233;cessaires n'appara&#238;t pas comme une situation passag&#232;re, mais devient un comportement adopt&#233; par d&#233;faut de pouvoir faire autrement. On se situe l&#224; dans des ruptures tr&#232;s fortes, par rapport au droit &#224; se soigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce non acc&#232;s aux droits est-il en progression ou en r&#233;gression depuis quelques ann&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile de r&#233;pondre &#224; cette question, car nous n'avons pas assez de recul. On peut n&#233;anmoins en faire l'hypoth&#232;se, dans la mesure o&#249; l'on assiste &#224; la complexification croissante d'un syst&#232;me d'aides fonctionnant de plus en plus &#224; partir de conditions multiples et cumulatives. On peut estimer qu'il pourrait y avoir l&#224; un effet m&#233;canique. Ce qui est confirm&#233; par un certain nombre d'acteurs institutionnels qui constatent la concomitance de l'aggravation de l'exclusion et d'une tendance &#224; la hausse du non recours. Mais cela m&#233;riterait d'&#234;tre mieux observ&#233;, en partant de suivis longitudinaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'aggravation de la crise et de l'exclusion jouerait donc un r&#244;le acc&#233;l&#233;rateur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers travaux sur ce sujet, qui remontent aux ann&#233;es 1970, avaient d&#233;j&#224; pu &#233;tablir un lien r&#233;flexif entre le non recours creusant les in&#233;galit&#233;s et des in&#233;galit&#233;s favorisant le non recours. On pourrait donc retenir cette hypoth&#232;se l&#224;, sans toutefois sous-estimer d'autres acc&#233;l&#233;rateurs, comme l'isolement qui constitue un facteur de pr&#233;valence tr&#232;s fort. Non pas au sens de &#171; vivre seul &#187;, mais plut&#244;t dans la logique d'absence de relations sociales, en cas de difficult&#233;s. Un autre &#233;l&#233;ment pr&#233;gnant est cette difficult&#233; &#224; informer, expliquer et valoriser les droits sociaux. Il y a des transmissions qui ne se font pas ou plus comme avant, au sein des familles. Du c&#244;t&#233; des jeunes, il y a un rapport flou sinon distanci&#233; avec leurs droits. On est parfois un peu sid&#233;r&#233; par leur m&#233;connaissance et, quand ils ont l'information, par la faible capacit&#233; qu'ils manifestent &#224; y accorder de l'attention et de l'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment peut-on expliquer que les personnes les plus en difficult&#233; ne sollicitent pas les aides qui leur sont propos&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux probl&#233;matiques essentielles &#233;mergent : l'acc&#232;s &#224; l'information et la ma&#238;trise du traitement de cette information. Le r&#244;le des travailleurs sociaux est essentiel pour accompagner les usagers et v&#233;rifier qu'ils ont bien int&#233;gr&#233; ce &#224; quoi ils ont droit, mais tout autant &#224; veiller &#224; ce qu'ils mobilisent au mieux l'information qui leur a &#233;t&#233; transmise. Mais, il peut aussi y avoir des effets m&#233;caniques, quand les droits ne peuvent &#234;tre ouverts (parce que tous les justificatifs ne sont pas fournis, par exemple), quand la lourdeur des syst&#232;mes administratifs incite &#224; renoncer aux demandes ou encore quand la gestion &#224; flux tendu et les moyens humains contraints des administrations occasionnent des retards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, la complexit&#233; des dispositifs peut entra&#238;ner une non demande par d&#233;couragement, lassitude ou incompr&#233;hension. Il y aussi des conditions qui peuvent appara&#238;tre intrusives ou insupportables &#224; des usagers d&#233;cidant de renoncer plut&#244;t que de s'y soumettre. Pour ce qui est de l'acc&#232;s &#224; la sant&#233;, aux loisirs et &#224; la culture il y a encore ce reste &#224; charge qui peut constituer, pour de tr&#232;s faibles budgets, un effort tr&#232;s important. Toutes ces explications entrent toutes en ligne de compte, sans que l'on puisse privil&#233;gier plus l'une que l'autre, car elles gravitent les unes autour des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au- del&#224; des &#233;conomies r&#233;alis&#233;es par la collectivit&#233;, quelles sont les cons&#233;quences de ce non acc&#232;s au droit ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, on pourrait consid&#233;rer que ce non recours constitue autant d'&#233;conomies bienvenues, dans une p&#233;riode o&#249; l'&#201;tat cherche &#224; limiter l'augmentation des budgets sociaux. Mais, ce serait l&#224; une vision &#224; courte vue. Car, en ne r&#233;pondant pas aujourd'hui aux besoins des personnes, les demandes resurgiront un peu plus tard, encore plus aggrav&#233;es. Une &#233;tude r&#233;cente a d&#233;montr&#233; que les 40 % de patients qui ne sont pas en mesure de continuer leurs soins, pour des raisons financi&#232;res, pr&#233;senteront un surco&#251;t de 9 milliards d'euros suppl&#233;mentaires &#224; la s&#233;curit&#233; sociale, quand ils reviendront dans le syst&#232;me de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ils reviendront in&#233;vitablement. S'il y a un b&#233;n&#233;fice imm&#233;diat, on peut donc s'interroger &#224; quel prix, non seulement pour la personne, mais tout autant, &#224; terme, pour la collectivit&#233;. Sans compter le manque &#224; gagner en terme de recettes : quand le nombre d'heures d'aide &#224; domicile aupr&#232;s des personnes &#226;g&#233;es, pourtant utiles et n&#233;cessaires &#224; leur maintien &#224; domicile, stagne ou diminue, par engorgement des services instructeurs (ou toute autre raison) c'est sans doute positif pour les budgets des conseils d&#233;partementaux, mais c'est aussi une perte en terme de travail, de cotisation, de consommation pour l'&#233;conomie locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faudrait-il faire pour faire reculer ce non acc&#232;s au droit ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute la question la plus difficile. Il y a d&#233;j&#224; des actions qui se mettent en place sur les territoires, les acteurs se mobilisant pour introduire cette question du non recours dans les dispositifs de gestion des services instructeurs. L'objectif est de rep&#233;rer les dysfonctionnements dans l'acc&#232;s aux aides l&#233;gales ou facultatives, de les analyser et de tenter d'y r&#233;pondre. On est dans une logique barom&#233;trique : identifier et mesurer le ph&#233;nom&#232;ne, pour ensuite essayer d'y pallier. Face &#224; la complexit&#233; des droits, l'id&#233;e d'un dossier unique, tel qu'il avait &#233;t&#233; imagin&#233; par Marie-Arlette Carlotti, ministre aux Personnes handicap&#233;es et &#224; la lutte contre l'exclusion, a, semble-t-il, &#233;t&#233; abandonn&#233;e, apparemment l'expertise de l'administration ayant conclu &#224; son infaisabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, on peut s'interroger sur la possibilit&#233; d'automatiser un certain nombre de droits, en prenant l'exemple de la Belgique qui a cr&#233;&#233; une banque carrefour de s&#233;curit&#233; sociale, exigeant des diff&#233;rents organismes sociaux qu'ils se connectent &#224; cette base de donn&#233;es, pour obtenir les informations d&#233;j&#224; existantes et ainsi &#233;viter d'avoir &#224; les redemander &#224; chaque fois aux personnes. Les conditions d'acc&#232;s sont rigoureuses, n'importe qui ne pouvant pas consulter ces informations. Cela a permis de fluidifier les relations aux citoyens, tout en limitant le nombre de formulaires &#224; remplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; une tr&#232;s bonne id&#233;e. Il faut aussi &#234;tre &#224; l'&#233;coute des usagers, afin de corriger les formulations administratives sur lesquelles ils se heurtent syst&#233;matiquement. L&#224; o&#249; cela s'est fait, cela a produit de tr&#232;s bons r&#233;sultats. Le probl&#232;me ensuite, c'est la g&#233;n&#233;ralisation de ce qui s'est av&#233;r&#233; probant. Il y a donc bien plusieurs niveaux d'intervention possibles, sans penser pour autant que tout puisse &#234;tre r&#233;solu d'un coup de baguette magique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel r&#244;le sp&#233;cifique peuvent jouer les travailleurs sociaux, pour r&#233;duire ce non acc&#232;s au droit ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont un r&#244;le primordial &#224; jouer pour identifier les obstacles &#224; l'acc&#232;s au droit. Puisqu'on vient d'en parler, en faisant remonter, par exemple, le caract&#232;re obscur et parfois incompr&#233;hensible de certains formulaires. Le cadre contraint qui leur est de plus en plus impos&#233; ne fait que renforcer la pression &#224; laquelle ils doivent faire face, passant beaucoup trop de temps &#224; remplir des documents au final souvent inutiles, car redondants avec ceux qui l'ont &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur grande majorit&#233;, les agents font tout ce qu'ils peuvent pour que les usagers b&#233;n&#233;ficient de leurs droits. Mais je reste &#233;tonn&#233; qu'il n'y ait pas plus de r&#233;actions, de retours, de mouvements collectifs pour protester contre un syst&#232;me qui, parfois, peut rendre fou. Il n'y a pas forc&#233;ment d'intention malveillante de la part des d&#233;cideurs, juste un foss&#233; entre ce qu'ils con&#231;oivent et les moyens attribu&#233;s aux professionnels pour les concr&#233;tiser qui, sur le terrain, se d&#233;brouillent comme ils peuvent, en ayant recours, souvent, au syst&#232;me D.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par J.T.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_521 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L95xH23/picto-lireaussi-2-1ca1a.png?1693464261' width='95' height='23' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.lien-social.com/Acces-aux-droits-l-eternel-combat-o-Simplifier-les-ecrits' class='spip_in'&gt;Acc&#232;s aux droits &#8226; Simplifier les &#233;crits&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://www.lien-social.com/Rendre-le-droit-aux-justiciables' class='spip_in'&gt;Rendre le droit aux justiciables&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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