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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Itin&#233;raire bis </title>
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		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>Ecriture</dc:subject>
		<dc:subject>mixit&#233; sociale</dc:subject>
		<dc:subject>1352</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il &#233;tait une fois Issa, David et Mohamed, trois jeunes de la cit&#233; Fleming &#224; Bonneuil-sur-Marne, li&#233;s depuis leur tendre enfance par un pacte d'&#233;ternelle amiti&#233;. La situation sociale actuelle des jeunes de cit&#233; n'est en fait qu'un perp&#233;tuel recommencement. Il &#233;tait une fois&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Routes parall&#232;les &lt;br class='autobr' /&gt;
Itin&#233;raire bis est une histoire violente. Roman social, l'aventure que livre Freddy Dzokanga est inspir&#233;e de faits r&#233;els, dans le but de nous faire d&#233;couvrir ce &#171; microcosme qu'est la cit&#233; depuis 40 ans &#187; et de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Ecriture" rel="tag"&gt;Ecriture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/mixite-sociale" rel="tag"&gt;mixit&#233; sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/1352-1721" rel="tag"&gt;1352&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L105xH150/arton11379-f81c2.jpg?1704186184' width='105' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il &#233;tait une fois Issa, David et Mohamed, trois jeunes de la cit&#233; Fleming &#224; Bonneuil-sur-Marne, li&#233;s depuis leur tendre enfance par un pacte d'&#233;ternelle amiti&#233;. La situation sociale actuelle des jeunes de cit&#233; n'est en fait qu'un perp&#233;tuel recommencement. Il &#233;tait une fois&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Routes parall&#232;les&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Itin&#233;raire bis est une histoire violente. Roman social, l'aventure que livre Freddy Dzokanga est inspir&#233;e de faits r&#233;els, dans le but de nous faire d&#233;couvrir ce &#171; microcosme qu'est la cit&#233; depuis 40 ans &#187; et de r&#233;fl&#233;chir aux questions de d&#233;linquance. Attention, il n'y a aucune apologie de la criminalit&#233; dans cette course vers le butin de cet homme qui a gravi tous les &#233;chelons du banditisme. Plut&#244;t, au-del&#224; de la violence du r&#233;cit, l'&#233;poque des ann&#233;es 1980-2000, un roman vrai, quasi- documentaire sur fond d'exil et d'histoire de vie d&#233;racin&#233;e. De la cage d'escalier &#224; la brigade de r&#233;pression du banditisme (BRB), l'histoire s'&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un basculement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire, c'est d'abord celle de l'exil d'un enfant et d'un hymne &#224; l'int&#233;gration port&#233; par un p&#232;re d&#233;racin&#233; et d&#233;class&#233;. C'est la d&#233;couverte d'un pays d'accueil avec ses grands ensembles qui referment le carrefour des mondes, &#224; Bonneuil-Sur-Marne (Val-de-Marne). L'int&#233;gration tant souhait&#233;e devait alors se faire via l'&#233;cole de la R&#233;publique et le m&#233;tissage tant lou&#233;, quand le p&#232;re avait enterr&#233; sa plume de journaliste, d&#233;sabus&#233; par la vie d'ouvrier subalterne. Mais l'&#233;cole, c'est aussi la rencontre d'une autre violence, structurelle, des classes sociales et du racisme, que l'on cache &#224; ses parents qui ont tout donn&#233;, de peur de les inqui&#233;ter. Le basculement est l&#224; et il tient &#224; pas grand-chose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, il s'agit de se d&#233;brouiller pour s'en sortir, de poss&#233;der les produits de consommation par tous les moyens, car tout ce qui brille attire. L'int&#233;gration se fait gr&#226;ce aux stigmates de la consommation. Mais aussi par les pairs, la bande, les effets de groupe. D'arrestation en arrestation, la voie de la radicalit&#233; se dessine et explique par-l&#224; l'&#233;chec de l'int&#233;gration ou de l'insertion de ces jeunes d&#233;laiss&#233;s. C'est l'&#233;cole de la rue qui devient rep&#232;re sur fond de rencontres d&#233;cisives et de violences polici&#232;res. M&#234;me les &#233;ducateurs n'arrivent alors pas &#224; suivre le rythme de la folle d&#233;linquance de cette bande qui s'enfonce dans les d&#233;lits et les crimes de ces jeunes &#171; incasables &#187;. Les ann&#233;es 1980-1990 sont aussi celles de l'arriv&#233;e de l'h&#233;ro&#239;ne dans les quartiers, avec son lot de morts, de violences. Puis, un jour, la roue tourne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il &#233;tait une fois... il est toujours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vous en dirais pas plus sur la suite de l'histoire d'Issa, David et Mohamed. Ce qu'il faut lire entre les lignes, c'est le cheminement de jeunes d&#233;s&#339;uvr&#233;s depuis ces quarante derni&#232;res ann&#233;es, en France. Pour nous aider &#224; comprendre l'une des facettes les plus sombres de notre jeunesse d&#233;termin&#233;e &#224; poursuivre ses r&#234;ves au m&#233;pris des lois.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation sociale actuelle des jeunes de cit&#233; n'est en fait qu'un perp&#233;tuel recommencement : il &#233;tait une fois... il est toujours. Comme le dit l'auteur sur son site, &#171; il serait temps de s'int&#233;resser &#224; ces vagues de g&#233;n&#233;rations grandissant sans tuteurs, et qui n'envisagent leur avenir qu'&#224; travers le prisme de la criminalit&#233; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; &#224; compte d'auteur - pour cause de manuscrit refus&#233; par les maisons d'&#233;ditions -, il faut lire Itin&#233;raire bis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ludwig Maquet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;strong&gt;L'auteur &lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en 1975, Freddy Dzokanga est natif de la ville de Bonneuil-sur-Marne. Manager de formation et &#233;diteur sp&#233;cialis&#233; d'ouvrages en langue lingala, il s'exerce &#224; l'&#233;criture d'&#339;uvres litt&#233;raires depuis plus d'une vingtaine d'ann&#233;es. Itin&#233;raire bis est son premier roman. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en savoir plus : &lt;a href=&#034;https://www.itinerairebis-roman.com/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.itinerairebis-roman.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Auto-&#233;dition, 380 p., 2019. 18 euros&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur la cr&#234;te </title>
		<link>https://www.lien-social.com/Sur-la-crete</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Internat</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>Ecriture</dc:subject>
		<dc:subject>s&#233;jour de rupture</dc:subject>
		<dc:subject>1341</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien vid&#233;o avec Rozenn Le Berre &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; propos de l'enfance d&#233;linquante &lt;br class='autobr' /&gt;
Ados, montagne et &#233;criture &lt;br class='autobr' /&gt; L'enfance d&#233;linquante est souvent pr&#233;sent&#233;e comme classe dangereuse, oubliant en premier lieu que derri&#232;re cette d&#233;nomination se trouvent d'abord des enfants pour lesquels l'&#233;ducatif doit primer sur le r&#233;pressif. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la cr&#234;te est un livre saisissant, une p&#233;pite. Rozenn Le Berre, son autrice, nous livre un r&#233;cit du r&#233;el pour nous immerger dans les coulisses de deux ann&#233;es dans un foyer de la protection (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Educateur" rel="tag"&gt;&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Internat" rel="tag"&gt;Internat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Justice-368" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Ecriture" rel="tag"&gt;Ecriture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/sejour-de-rupture" rel="tag"&gt;s&#233;jour de rupture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1341-" rel="tag"&gt;1341&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L103xH150/arton11010-13b68.jpg?1693464265' width='103' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/VIDEO-o-Les-rencontres-litteraires-de-Lien-Social-2&#034;&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Entretien vid&#233;o avec Rozenn Le Berre&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos de l'enfance d&#233;linquante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt; &lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ados, montagne et &#233;criture&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'enfance d&#233;linquante est souvent pr&#233;sent&#233;e comme classe dangereuse, oubliant en premier lieu que derri&#232;re cette d&#233;nomination se trouvent d'abord des enfants pour lesquels l'&#233;ducatif doit primer sur le r&#233;pressif.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sur la cr&#234;te&lt;/i&gt; est un livre saisissant, une p&#233;pite. Rozenn Le Berre, son autrice, nous livre un r&#233;cit du r&#233;el pour nous immerger dans les coulisses de deux ann&#233;es dans un foyer de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) accueillant des adolescent-es en difficult&#233;s, au travers d'une longue marche dans les Alpes, accol&#233;e &#224; un atelier d'&#233;criture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est d&#233;di&#233; &#224; tous &lt;i&gt;&#171; les jeunes qui se cachent sous les pr&#233;noms Jordan, Lyam et Omar, pour tous les autres aux vies orageuses &#187;&lt;/i&gt; : des jeunes carenc&#233;s en protection de l'enfance. Ce roman-r&#233;el r&#233;sonne ainsi pour tout travailleur social du secteur, exer&#231;ant en foyer ou en milieu ouvert et donnera &#224; coup s&#251;r l'envie &#224; d'autres d'aller s'y essayer. Ce livre raconte donc surtout la rencontre entre deux mondes, sur le fil, tendu, de la relation &#233;ducative mais aussi la tendresse, la beaut&#233;, l'amour pour ces jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Atelier d'&#233;criture&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Rozenn est all&#233;e &#224; la rencontre de ces jeunes par des ateliers d'&#233;criture avec le Labo des histoires, une association qui a pour mission d'encourager les jeunes &#224; &#233;crire et &#224; faire de l'&#233;criture un moyen d'insertion culturelle et sociale. Elle a tiss&#233;, au fil du temps, un lien. Et les a accompagn&#233;s dans les Alpes. Il y a tout, dans ce livre. Tout ce que l'on peut lire de th&#233;ories sur l'enfance, l'adolescence en difficult&#233; y est distill&#233;e en filigrane au fur et &#224; mesure que l'histoire s'&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les Alpes&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, sans teaser l'ouvrage, le lecteur est invit&#233; &#224; &lt;i&gt;&#171; un caf&#233; aval&#233; trop t&#244;t sous des n&#233;ons trop blancs &#187;&lt;/i&gt; (p.&#8239;11). C'est le jour du d&#233;part pour les Alpes. Le contexte est pos&#233;. Un matin comme nous en connaissons tous dans nos m&#233;tiers, o&#249;, jusqu'au d&#233;part, le risque est de ne pas partir. O&#249; l'on s'appr&#234;te &#224; &lt;i&gt;&#171; vivre avec et faire avec &#187;&lt;/i&gt; 24&#8239;h/24 avec ces jeunes &lt;i&gt;&#171; &#224; marcher toute la journ&#233;e et &#224; partager les conditions sommaires des refuges &#187;&lt;/i&gt; (p.&#8239;19), dans la proximit&#233; de l'&#234;tre. La violence de ces jeunes abandonniques, broy&#233;s par les probl&#232;mes est pr&#233;gnante. Il y a la temp&#234;te des corps meurtris, des &#233;motions vives &#224; g&#233;rer, les coups et des mots trop hauts. Il y a la protection de l'enfance, avec tous ses acteurs : &#233;ducateurs, ma&#238;tresse de maison, cuisini&#232;re, juges, familles, jeunes. Et les petites victoires &#224; cultiver. Parce que tout est sur la corde raide de la relation &#233;ducative, du lien de confiance que l'on teste pour voir si l'adulte est fiable, s'il ne va pas lui aussi nous abandonner &#224; son tour. Il s'agit d'apprivoisement, d'approche, d'accroche et d'accompagnement. Ici symbolis&#233; par cette cord&#233;e, cette cha&#238;ne de solidarit&#233; partie &#224; l'assaut des Alpes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'au bout, en apn&#233;e, nous suivons les histoires de ces jeunes et des familles. Derri&#232;re ce qui semble &#234;tre imp&#233;n&#233;trable, s'esquisse aussi au fil des pages la fragilit&#233; de leur &#234;tre, la tendresse, les visages redevenus enfants. Et l'amour qu'il faut pour les accompagner, parfois au d&#233;triment de sa propre famille. Tout se d&#233;lite sous les pieds, les masques tombent, et l'on avance dans les rencontres authentiques sans stigmatisation aux croisements des chemins, des rencontres et des gardiens de refuge qui souhaitent la bienvenue. Rare pour ces jeunes, transformant.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;crit sous forme d'aller-retour entre les Alpes et le foyer, pour mieux comprendre la gen&#232;se du projet et les jeunes, Rozenn Le Berre nous offre un r&#233;cit palpitant, r&#233;aliste. Une fois ouvert, on ne s'arr&#234;te plus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ludwig Maquet&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;HR&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &lt;span class='spip_document_6980 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L200xH200/rozenn-e06f4.png?1693464265' width='200' height='200' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'autrice&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s des &#233;tudes &#224; Sciences Po Toulouse, Rozenn Le Berre s'oriente vers le journalisme, le travail social et la cr&#233;ation de projets culturels autour de l'&#233;crit et de la parole en prisons, foyers de l'enfance, centres sociaux, etc. Elle collabore r&#233;guli&#232;rement &#224; &lt;i&gt;Lien Social&lt;/i&gt; en tant que journaliste. Elle est l'autrice d'un premier livre &lt;i&gt;De r&#234;ves et de papiers&lt;/i&gt;, (&#201;d. La D&#233;couverte, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. La D&#233;couverte, sorti le 11 mai 2023 (356 p.- 22 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le cannabis et (pas) moi. L'essentiel pour m'informer et me prot&#233;ger </title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-cannabis-et-pas-moi-L-essentiel-pour-m-informer-et-me-proteger</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Le-cannabis-et-pas-moi-L-essentiel-pour-m-informer-et-me-proteger</guid>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>P&#233;dagogie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>addiction</dc:subject>
		<dc:subject>1339</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un outil pour les &#233;ducateurs &lt;br class='autobr' /&gt;
Le livre se pr&#233;sente comme une petite revue d'une cinquantaine de pages, &#224; couverture cartonn&#233;e, tr&#232;s color&#233;e, pleine de dessins sympas et s'adresse plut&#244;t &#224; des jeunes de 11 &#224; 15 ans. Toutes les deux pages, il y a une affirmation de type &#171; Le cannabis, c'est de l'herbe, c'est naturel &#187; ou &#171; T'inqui&#232;te, je g&#232;re ma consommation &#187; ou &#171; Je n'ai qu'un peu de cannabis sur moi, je ne risque rien &#187;. Des affirmations que l'autrice s'emploie &#224; contredire par une explication simple et (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pedagogie" rel="tag"&gt;P&#233;dagogie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Delinquance" rel="tag"&gt;D&#233;linquance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/addiction-1620" rel="tag"&gt;addiction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1339-" rel="tag"&gt;1339&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L110xH150/arton10960-3344a.jpg?1693503527' width='110' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un outil pour les &#233;ducateurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre se pr&#233;sente comme une petite revue d'une cinquantaine de pages, &#224; couverture cartonn&#233;e, tr&#232;s color&#233;e, pleine de dessins sympas et s'adresse plut&#244;t &#224; des jeunes de 11 &#224; 15 ans. Toutes les deux pages, il y a une affirmation de type &lt;i&gt;&#171; Le cannabis, c'est de l'herbe, c'est naturel &#187;&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;&#171; T'inqui&#232;te, je g&#232;re ma consommation &#187;&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;&#171; Je n'ai qu'un peu de cannabis sur moi, je ne risque rien &#187;&lt;/i&gt;. Des affirmations que l'autrice s'emploie &#224; contredire par une explication simple et juste. Elle est soutenue en cela par une parole m&#233;dicale &#171; L'avis de l'experte &#187;. Sont ainsi abord&#233;s les sujets de la provenance du cannabis, son trafic, son histoire, ses m&#233;langes, ses risques l&#233;gaux, ses dangers pour la sant&#233;, les l&#233;gislations dans d'autres pays et sa place au sein de drogues l&#233;gales ou ill&#233;gales. Le livre est &#233;minemment p&#233;dagogique, il se veut &#224; hauteur d'adolescent et en cela, je pense qu'il constitue un bon outil pour un parent ou pour un &#233;ducateur. En fin d'ouvrage, il y a une sorte de questionnaire qui ressemble un peu aux questions des livres de devoirs de vacances, un r&#233;sum&#233; pour ceux qui ne veulent pas lire l'ensemble, une table des mati&#232;res, plein d'adresses de r&#233;f&#233;rences livresques ou m&#233;diatiques et des id&#233;es de consultations sp&#233;cialis&#233;es. &#192; aucun moment de la lecture, on ne surprend les autrices en d&#233;faut de clart&#233; ou en hyper diabolisation du produit tant on sait que cette m&#233;thode est contreproductive. Comment ce livre peut-il toucher sa cible ? On peut l'imaginer tra&#238;ner dans la biblioth&#232;que d'un lyc&#233;e, dans un lieu d'accueil de jeunes, dans un gymnase, etc. Peut-&#234;tre qu'un ado va le feuilleter par hasard et se dire &lt;i&gt;&#171; Nom de nom ! Le cannabis, il ne passera pas par moi ! &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-&#234;tre, mais permettez-moi d'en douter. Le cannabis est tellement r&#233;pandu en France (et pas seulement pour la jeunesse) qu'il est devenu malheureusement banal, chacun ayant dans son entourage proche, sa famille, parfois ses parents, des fumeurs qui ne sont ni d&#233;linquants, ni schizophr&#232;nes, ni irresponsables. Les messages de pr&#233;vention sont souvent vus comme tr&#232;s exag&#233;r&#233;s et &#233;mis par des gens qui ne consomment pas eux-m&#234;mes. Par ailleurs, dans cet ouvrage, comme souvent, le message de pr&#233;vention oscille entre les dangers pour la sant&#233;, les risques r&#233;els de sombrer dans une addiction pathog&#232;ne et sans cesse, comme si le message sanitaire &#233;tait insuffisant, le rappel de la loi, des risques judiciaires, ce qui &#224; mon avis plombe le sujet et brouille le message final. Il me parait &#233;vident que l'efficacit&#233; d'un tel ouvrage, tr&#232;s bien con&#231;u, repose sur l'accompagnement &#224; la lecture d'un adulte, d'un parent, d'un entra&#238;neur sportif, d'un prof. L'outil peut &#234;tre utilis&#233; par un &#233;ducateur comme support illustratif et r&#233;f&#233;rence lors d'une intervention dans une classe ou en entretien individuel. Sa parole sera alors confort&#233;e par le texte et l'avis de l'experte. Les sujets abord&#233;s sont suffisamment vastes pour que l'on puisse r&#233;pondre &#224; beaucoup de questions. Il est important par ailleurs que la police et la justice fassent de leur c&#244;t&#233; dans ces m&#234;mes classes, leur travail de pr&#233;vention concernant la consommation des drogues ill&#233;gales vis-&#224;-vis des risques encourus pour le consommateur et surtout le revendeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;tienne Liebig&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'autrice, Sophie Bordet-Petillon est journaliste, elle &#233;crit des livres documentaires destin&#233;s aux enfants et adolescents.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'experte, Dr H&#233;l&#232;ne Donnadieu-Rigole, est addictologue.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'illustratrice, Cl&#233;mence Lallemand enjolive le tout.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le livre est &#233;dit&#233; en partenariat avec la MILDECA (avec un joli logo du Gouvernement en quatri&#232;me de couverture).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. Hyg&#233;e, 2022, (50 p., 13,90 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prison &#8226; Des SAS pour pr&#233;parer &#224; la vraie vie</title>
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		<dc:subject>Prison</dc:subject>
		<dc:subject>Prison</dc:subject>
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&lt;p&gt;Les prisons fran&#231;aises souffrent de nombreux maux. Notamment celui du manque de pr&#233;paration des d&#233;tenus &#224; la sortie, &#233;tape essentielle pour &#233;viter la r&#233;cidive. Exp&#233;riment&#233; depuis 2018, un nouveau dispositif p&#233;nitentiaire, la structure d'accompagnement vers la sortie (SAS), propose un accompagnement renforc&#233; pour favoriser la r&#233;insertion. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des inaugurations &#224; Valence, Caen et Montpellier, une visite de chantier &#224; Colmar&#8230; Ces derniers mois, l'agenda du ministre de la Justice, &#201;ric Dupont-Moretti, a &#233;t&#233; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Entreprise-d-insertion" rel="tag"&gt;Entreprise d'insertion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Assistante-sociale" rel="tag"&gt;Assistante sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Prison" rel="tag"&gt;Prison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Prison-288" rel="tag"&gt;Prison&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1339-" rel="tag"&gt;1339&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les prisons fran&#231;aises souffrent de nombreux maux. Notamment celui du manque de pr&#233;paration des d&#233;tenus &#224; la sortie, &#233;tape essentielle pour &#233;viter la r&#233;cidive. Exp&#233;riment&#233; depuis 2018, un nouveau dispositif p&#233;nitentiaire, la structure d'accompagnement vers la sortie (SAS), propose un accompagnement renforc&#233; pour favoriser la r&#233;insertion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des inaugurations &#224; Valence, Caen et Montpellier, une visite de chantier &#224; Colmar&#8230; Ces derniers mois, l'agenda du ministre de la Justice, &#201;ric Dupont-Moretti, a &#233;t&#233; sensiblement occup&#233; par un sujet : les structures d'accompagnement vers la sortie. Encore m&#233;connues du grand public, ces SAS, comme on les appelle couramment, sont des &#233;tablissements p&#233;nitentiaires d'un nouveau genre. Pens&#233;s pour assurer une transition entre la vie carc&#233;rale et la vie civile, ils se sont vu confier la mission d'am&#233;liorer la r&#233;insertion des sortants de prison gr&#226;ce &#224; un accompagnement social renforc&#233; en amont de la sortie, pour &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; lutter contre la r&#233;cidive. L'enjeu est fondamental pour le minist&#232;re de la Justice et l'Administration p&#233;nitentiaire. Car la prison a deux missions : &lt;i&gt;&#171; Afin d'assurer la protection de la soci&#233;t&#233;, de pr&#233;venir la commission de nouvelles infractions et de restaurer l'&#233;quilibre social, dans le respect des int&#233;r&#234;ts de la victime, la peine a pour fonction : de sanctionner l'auteur de l'infraction, de favoriser son amendement, son insertion ou sa r&#233;insertion &#187;&lt;/i&gt; (article 130-1 du code p&#233;nal). Si la premi&#232;re est bien remplie - il y a tr&#232;s peu d'&#233;vasion en France -, la seconde souffre de profondes carences. Des chiffres publi&#233;s l'an dernier par le service statistique du minist&#232;re de la Justice l'illustrent : parmi les personnes sorties de prison en 2016, 33,4 % ont commis une nouvelle infraction dans les douze mois suivant leur lib&#233;ration et 53,7 % dans les trois ans (1).&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_6911 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH305/capture_d_e_cran_2023-05-03_a_08.35.54-3ccab.png?1693499107' width='500' height='305' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;i&gt;Pour que les d&#233;tenus r&#233;apprennent &#224; se d&#233;placer en autonomie, les &#233;quipes d'accompagnement favorisent les rendez-vous &#224; l'ext&#233;rieur&lt;/i&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Surpopulation et manque de moyens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'&#233;tat actuel, peut-il seulement en &#234;tre autrement ? &lt;i&gt;&#171; La prison, notamment du fait des conditions de d&#233;tention en maison d'arr&#234;t, ne peut aujourd'hui atteindre ses objectifs de r&#233;insertion et de pr&#233;vention de la r&#233;cidive &#187;&lt;/i&gt;, estime Alice Maintigneux, juge d'application des peines et pr&#233;sidente de l'association nationale des juges d'application des peines (ANJAP). En maison d'arr&#234;t, &#233;tablissement pour les pr&#233;venus en attente de leur proc&#232;s et les d&#233;tenus condamn&#233;s &#224; une peine inf&#233;rieure &#224; deux ans, la surpopulation grimpe &#224; 140 % (2). La d&#233;tention s'effectue souvent dans des conditions qui ont valu &#224; la France d'&#234;tre condamn&#233;e par la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme pour traitements inhumains et d&#233;gradants. D&#233;bord&#233;s, les services p&#233;nitentiaires d'insertion et de probation (SPIP) ne peuvent mener leur mission &#224; bien, d'autant plus que la plupart des d&#233;tenus ex&#233;cutent des peines courtes, ce qui rend complexe tout travail d'accompagnement. &lt;i&gt;&#171; Malgr&#233; les efforts de recrutement r&#233;alis&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es, des personnes sortent de prison sans jamais avoir vu un conseiller p&#233;nitentiaire d'insertion et de probation (CPIP), c'est une r&#233;alit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, souligne Alice Tallon, charg&#233;e de mission Justice &#224; la f&#233;d&#233;ration des acteurs de la solidarit&#233; (FAS). Les &#171; sorties s&#232;ches &#187; constituent d&#232;s lors la norme : 23 % seulement des sortants de prison de 2016 avaient b&#233;n&#233;fici&#233; d'un am&#233;nagement de peine pour pr&#233;parer leur sortie (3). Ceci alors que l'on sait que la prison accueille une population plus pr&#233;caire que la moyenne et qu'elle a des effets psycho-sociaux sur les d&#233;tenus qui rendent d'autant plus difficile le retour &#224; une vie &#171; normale &#187; : perte d'emploi et de revenus, difficult&#233; &#224; conserver son logement, rupture des liens familiaux et amicaux, aggravation des troubles psychiques et des addictions du fait de l'isolement, l'inactivit&#233;, le stress,&#8239;etc. &lt;i&gt;&#171; La prison pr&#233;carise et la pr&#233;carit&#233; n'est pas un bon levier pour lutter contre la r&#233;cidive. Un v&#233;ritable cercle vicieux &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume Alice Tallon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les SAS peuvent-elles changer la donne ? C'est en tout cas l'espoir du gouvernement. Ce nouveau concept a &#233;t&#233; lanc&#233; en 2018 dans le cadre d'un plan immobilier p&#233;nitentiaire pr&#233;voyant la cr&#233;ation en dix ans de 15 000 nouvelles places de prison. Parmi celles-ci, 2 100 doivent &#234;tre des places en SAS, auxquelles s'ajoutent environ 500 places d'autres dispositifs qui seront requalifi&#233;es. Six sont actuellement ouverts et sept autres devraient l'&#234;tre en 2023. &#192; terme, vingt-trois de ces structures doivent mailler le territoire fran&#231;ais. Chacun de ces &#233;tablissements peut accueillir entre 90 et 180 d&#233;tenus dont le reliquat de peine est inf&#233;rieur &#224; deux ans - courte peine ou fin de longue incarc&#233;ration - et qui pr&#233;sentent un besoin d'accompagnement soutenu pour leur r&#233;insertion. L'Administration p&#233;nitentiaire et les SPIP &#233;valuent &#233;galement chez le d&#233;tenu le risque d'&#233;vasion et la capacit&#233; &#224; s'adapter &#224; la vie en collectivit&#233;. Ce n'est pas un magistrat, mais bien la P&#233;nitentiaire qui d&#233;cide de l'affectation d'un d&#233;tenu vers ces &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_6912 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH311/capture_d_e_cran_2023-05-03_a_08.35.22-e26c0.png?1693499107' width='500' height='311' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;i&gt;Au 1er mars 2023, 88 183 personnes &#233;taient plac&#233;es sous &#233;crou en France, dont 48 880 en maisons d'arr&#234;t. &lt;/i&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prison infantilisante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e derri&#232;re les SAS n'est pas nouvelle. Il y a d&#233;j&#224; eu des structures p&#233;nitentiaires cens&#233;es faciliter la r&#233;insertion : quartiers pour peines am&#233;nag&#233;es, quartiers nouveau concept,&#8239;etc. Mais alors que n'&#233;taient orient&#233;s dans ces lieux que les d&#233;tenus jug&#233;s &#171; bons &#233;l&#232;ves &#187;, c'est-&#224;-dire ceux n'ayant pas connu d'incidents lors de leur d&#233;tention, la SAS a une approche diff&#233;rente : &lt;i&gt;&#171; Le principe ? Accueillir les personnes pour lesquelles tout reste &#224; faire sur l'insertion : celles avec lesquelles il n'a pas &#233;t&#233; possible de pr&#233;parer leur sortie, soit &#224; cause de difficult&#233;s sp&#233;cifiques ou par manque de r&#233;ceptivit&#233;, soit parce que la surpopulation dans la maison d'arr&#234;t l'a emp&#234;ch&#233; &#187;&lt;/i&gt;, indique Romain Emelina, chef du d&#233;partement des parcours de peine au sein de la direction de l'Administration p&#233;nitentiaire. Dans la doctrine SAS, aider &#224; cette r&#233;insertion passe par plusieurs leviers. D'abord par le choix du lieu d'implantation des &#233;tablissements : au plus proche des villes pour faciliter l'acc&#232;s via les transports en commun aux services publics et partenaires alentour. Ensuite et surtout, les SAS proposent un accompagnement avec une &#233;quipe du SPIP renforc&#233;e : &lt;i&gt;&#171; il y a un ratio d'un conseiller p&#233;nitentiaire d'insertion et de probation (CPIP) pour trente personnes. Dans les autres &#233;tablissements p&#233;nitentiaires, la th&#233;orie c'est soixante, la r&#233;alit&#233; est plut&#244;t autour de quatre-vingt &#187;&lt;/i&gt;, souligne Romain Emelina. Un poste d'assistante de service social est aussi pr&#233;vu pour chacun de ces &#233;tablissements, de m&#234;me qu'une unit&#233; sanitaire en charge de l'accompagnement th&#233;rapeutique des personnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;gime de d&#233;tention pr&#233;vu en SAS doit permettre de travailler l'autonomie et la responsabilisation des d&#233;tenus. S'il s'agit bien d'un lieu de privation de libert&#233;, il est aussi pr&#233;vu des cellules ouvertes en journ&#233;e et l'obtention de permissions de sortie facilit&#233;e pour se rendre &#224; des rendez-vous ext&#233;rieurs d'insertion professionnelle, permettre la restauration des liens familiaux,&#8239;etc. &lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s une vie rythm&#233;e par la prison pendant plusieurs mois, il est parfois compliqu&#233; de retrouver une autonomie. La prison est infantilisante, la SAS est pens&#233;e pour ne pas l'&#234;tre. Les d&#233;tenus ont un planning &#224; la semaine, des activit&#233;s o&#249; ils doivent participer, les cellules sont ouvertes, ils ont acc&#232;s aux diff&#233;rents lieux, il n'y a pas un surveillant qui vient ouvrir leur porte et les chercher &#187;&lt;/i&gt;, salue une CPIP travaillant dans une SAS. &#171; En maison d'arr&#234;t, les d&#233;tenus passent vingt-deux heures par jour en cellule. La SAS, en mati&#232;re d'activit&#233;s et de possibilit&#233; de sortir, on est vraiment dans une offre beaucoup plus &#233;toff&#233;e &#187;, souligne, quant &#224; elle, Manon Distani, assistante de service social au sein de celle des Baumettes &#224; Marseille. L'&#233;quipe de la SAS d&#233;finit un programme d'accompagnement personnalis&#233; avec chaque d&#233;tenu.&lt;i&gt; &#171; Je re&#231;ois tous les &#8216;&#8216;sassistes'' individuellement pour faire une &#233;valuation de leur situation et nous examinons ensemble le plan d'accompagnement &#224; mettre en place. L'id&#233;e est la prise en charge globale : refaire les papiers d'identit&#233;, travailler l'acc&#232;s aux droits, la question du logement, le retour &#224; l'emploi,&#8239;etc. &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne Manon Heurtin, assistante de service social &#224; la SAS d'Aix-en-Provence. L'accompagnement s'appuie alors sur des suivis individuels, des ateliers collectifs et des sorties &#224; l'ext&#233;rieur, mais aussi la venue sur site de la CPAM, la CAF, P&#244;le emploi, la mission locale et le SIAO (service d'h&#233;bergement), pour faciliter l'ensemble des d&#233;marches de r&#233;insertion. La cr&#233;ation d'un lien avec le dehors est particuli&#232;rement recherch&#233;e. &#192; l'instar des d&#233;marches de soins o&#249; les unit&#233;s sanitaires veillent &#224; garder le cap de l'autonomisation des personnes : &lt;i&gt;&#171; &#192; l'inverse des lieux de d&#233;tention classique o&#249; l'on internalise le plus de mat&#233;riel m&#233;dical possible pour &#233;viter la sortie des d&#233;tenus, dans la SAS l'id&#233;e est d'avoir le strict n&#233;cessaire sur place et inciter &#224; se rendre dans les structures de soins &#224; l'ext&#233;rieur, CMP, CSAPA,&#8239;etc. &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Morgan Donaz-Pernier, juge d'application des peines &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Travailler l'autonomie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pour l'heure pas d'&#233;tudes sur le taux de r&#233;cidive des personnes pass&#233;es entre les murs de ces &#233;tablissements. Mais les acteurs contact&#233;s n'ont pas de doute : les SAS donnent du sens &#224; la peine. &lt;i&gt;&#171; Avoir ce nombre de personnel de surveillance, de CPIP, d'assistante de service social, de r&#233;f&#233;rent mission locale,&#8239;etc., devrait &#234;tre le fonctionnement normal de la prison. Ce dispositif m&#233;rite d'&#234;tre d&#233;velopp&#233; car beaucoup de personnes en d&#233;tention ont un profil qui justifie ce type d'accompagnement &#187;&lt;/i&gt;, t&#233;moigne ainsi Morgan Donaz-Pernier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; tous ces atouts apparents, ces structures rencontrent plusieurs &#233;cueils. &#192; commencer par celui de voir leur r&#244;le d&#233;voy&#233;, l'Administration p&#233;nitentiaire pouvant &#234;tre tent&#233;e de s'en servir pour r&#233;duire la surpopulation en maisons d'arr&#234;t. &lt;i&gt;&#171; La pression pour le d&#233;sencombrement est importante. C'est une lutte pour garder la main sur les affectations &#187;&lt;/i&gt;, constate la CPIP travaillant dans une SAS. Une situation aussi v&#233;cue &#224; Marseille, o&#249; la SAS a re&#231;u pendant un temps &lt;i&gt;&#171; trop de personnes sans gros besoins d'accompagnement ou avec un reliquat tr&#232;s court o&#249; il n'y avait pas le temps de travailler grand-chose &#187;&lt;/i&gt;, indique Morgan Donaz-Pernier, avant de pr&#233;ciser : &lt;i&gt;&#171; C'est un peu moins le cas aujourd'hui. &#187;&lt;/i&gt; Le taux d'occupation des SAS est pour l'heure de 75 %, alors que l'objectif de l'administration p&#233;nitentiaire est de 95 %. Il y a donc le d&#233;fi de &lt;i&gt;&#171; remplir mieux, mais tout en respectant les crit&#232;res d'acc&#232;s &#224; cette structure &#187;&lt;/i&gt;, reconna&#238;t de son c&#244;t&#233; Romain Emelina.&lt;br class='autobr' /&gt;
Beaucoup de &#171; sassistes &#187; restent aussi trop peu de temps dans la structure pour b&#233;n&#233;ficier d'un accompagnement social efficace. &lt;i&gt;&#171; Ils restent en moyenne entre trois et six mois, parce qu'ils obtiennent des remises de peine. C'est tr&#232;s court, surtout pour des gens en grande difficult&#233; (&#8230;). On va permettre &#224; la personne d'obtenir un am&#233;nagement de peine, souvent en semi-libert&#233;, pour que nous puissions continuer &#224; travailler la sortie &#187;&lt;/i&gt;, rel&#232;ve Manon Distani, car la plupart des SAS proposent &#233;galement des places de semi-libert&#233;. Et m&#234;me avec les meilleures intentions, l'&#233;quipe des SAS reste confront&#233;e aux manques de places dans les structures d'h&#233;bergement, aux difficult&#233;s pour faire des papiers d'identit&#233;,&#8239;etc. Sans parler, explique Manon Heurtin, des repr&#233;sentations n&#233;gatives qui p&#232;sent sur les sortants de prison. &lt;i&gt;&#171; Cela se voit par exemple sur l'h&#233;bergement, o&#249; l'on a des refus inexplicables. Il faut d&#233;construire les pr&#233;jug&#233;s. La personne a certes fait quelque chose qui l'a amen&#233; en d&#233;tention, mais dans tous les cas elle va sortir. Si on veut lutter contre la r&#233;cidive, c'est l&#224; o&#249; il faut tendre la main. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;&lt;ol class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;R&#233;cidive des sortants de prison de 2016, Infos rapides justice&lt;/i&gt;, d&#233;cembre 2022. Disponible sur &lt;a href=&#034;https://bit.ly/3MTO8Pg&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://bit.ly/3MTO8Pg&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Mesure de l'incarc&#233;ration, indicateurs cl&#233;s au 1er mars 2023&lt;/i&gt;, minist&#232;re de la Justice. Disponible sur &lt;a href=&#034;https://bit.ly/3AlXDit&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://bit.ly/3AlXDit&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Mesurer et comprendre les d&#233;terminants de la r&#233;cidive des sortants de prison, Infostat Justice&lt;/i&gt;, juillet 2021. Disponible sur &lt;a href=&#034;https://bit.ly/3GZExT6&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://bit.ly/3GZExT6&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Chantier d'insertion &#8226; Le go&#251;t de l'&#233;vasion</title>
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&lt;p&gt;En 2018, la prison des Baumettes &#224; Marseille ouvre le premier service d'accompagnement &#224; la sortie. Elle poursuit l'exp&#233;rimentation en accueillant d&#233;sormais l'unique restaurant fran&#231;ais en milieu carc&#233;ral, ouvert au public. Ce chantier d'insertion, port&#233; par l'association Festin, pr&#233;pare et accompagne la sortie. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord longer la monumentale muraille orn&#233;e de hauts-reliefs figurant les sept p&#233;ch&#233;s capitaux. Une fois devant une imposante porte rouge sigl&#233;e Structure d'accompagnement &#224; la sortie (SAS) et (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2018, la prison des Baumettes &#224; Marseille ouvre le premier service d'accompagnement &#224; la sortie. Elle poursuit l'exp&#233;rimentation en accueillant d&#233;sormais l'unique restaurant fran&#231;ais en milieu carc&#233;ral, ouvert au public. Ce chantier d'insertion, port&#233; par l'association Festin, pr&#233;pare et accompagne la sortie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord longer la monumentale muraille orn&#233;e de hauts-reliefs figurant les sept p&#233;ch&#233;s capitaux. Une fois devant une imposante porte rouge sigl&#233;e Structure d'accompagnement &#224; la sortie (SAS) et Semi-libert&#233;, sonner. Une matonne en uniforme vient ouvrir, tout sourire, avant de vous inviter &#224; vous d&#233;lester de vos cl&#233;s, t&#233;l&#233;phone, argent liquide. Vos effets personnels restent &#224; l'entr&#233;e dans une consigne. Bienvenue en milieu carc&#233;ral ou plut&#244;t : bon app&#233;tit !&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis novembre 2022, la prison des Baumettes redore son blason gr&#226;ce &#224; une exp&#233;rimentation unique en France : l'ouverture d'un restaurant. Depuis 8 h 30, six d&#233;tenus s'affairent en cuisine et en salle pour assurer les deux services du midi. Les Beaux Mets offre une carte bistronomique qui suppose un certain standing aux fourneaux comme en salle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Appliqu&#233;e et enjou&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, un salari&#233; fait d&#233;faut, il a &#171; p&#233;t&#233; les plombs &#187; suite &#224; une remarque de la cheffe. Pourtant, l'ambiance en cuisine para&#238;t appliqu&#233;e et enjou&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Quand j'ai fait mes classes, le climat pouvait &#234;tre assez militaire&lt;/i&gt;, souligne la ma&#238;tre queux, Sandrine Sollier. &lt;i&gt;Depuis, on a appris &#224; travailler sans crier. Ici, la fibre sociale compte pour 80 %. Humainement, nous avons tous des choses &#224; nous apporter. Comme dehors, il arrive que les salari&#233;s ne se pr&#233;sentent pas au service, souvent parce qu'ils sont malades. Ce matin, l'un d'eux &#233;tait &#233;nerv&#233; : alors il est retourn&#233; en cellule, on en parlera calmement demain. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les trois encadrants techniques du chantier d'insertion (la cheffe, la seconde et le ma&#238;tre d'h&#244;tel) pratiquent un management doux, bas&#233; sur la valorisation, la complicit&#233;, l'adh&#233;sion et l'humour. &lt;i&gt;&#171; Il n'y a pas de mauvaise &#233;quipe, mais de mauvais managers&lt;/i&gt;, assure Marc Balthazard qui encadre les serveurs. &lt;i&gt;Le m&#233;tier est difficile, il ne faudrait pas les d&#233;courager. On est l&#224; pour les faire &#233;voluer, pour qu'ils ne se retrouvent plus entre ces murs. &#187;&lt;/i&gt; Tout en discutant avec le barman de l'ajout, ou pas, de gla&#231;ons dans les cocktails (sans alcool bien s&#251;r), il garde un &#339;il sur Hamid (1) qui lisse les nappes et dresse les tables. &lt;i&gt;&#171; Y'a rien qui te choque, l&#224;, chouchou ? &#187;&lt;/i&gt;, lance-t-il au serveur. Malgr&#233; ses airs de dur, le trentenaire cherche l'erreur sans moufter : &lt;i&gt;&#171; Ah, j'ai oubli&#233; un verre &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce jour-l&#224;, Wissem, 21 ans, a enfin obtenu l'autorisation de faire des pizzas pour le repas du personnel. &lt;i&gt;&#171; La levure boulang&#232;re permet de faire de l'alcool, elle est donc interdite en prison, il a fallu deux mois pour obtenir l'autorisation &#187;&lt;/i&gt;, explique le jeune homme qui a eu une exp&#233;rience de pizzaiolo avant son incarc&#233;ration. Fier d'offrir un peu de vari&#233;t&#233; &#224; ses coll&#232;gues, il invite les salari&#233;s en insertion, les encadrants techniques et les surveillantes &#224; se servir. L'&#171; &#233;quipe &#187; mange et &#233;change autour d'une m&#234;me tabl&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Le restaurant, je suis pour &#224; 2 000 %&lt;/i&gt;, affirme Nath, l'une des deux surveillantes du chantier d'insertion, dix-sept ans d'exp&#233;rience. &lt;i&gt;&#199;a leur apporte &#233;norm&#233;ment, ne serait-ce que le B.a.-ba : se lever, &#234;tre pr&#234;ts &#224; l'heure. Pour certains, c'est loin d'&#234;tre &#233;vident, mais &#231;a vient. &#187;&lt;/i&gt; Elle am&#232;ne le surplus de pizza aux autres surveillants du SAS et transmet leurs f&#233;licitations au cuistot.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Je m'&#233;tais form&#233; sur le tas, mais l&#224; je vais essayer d'obtenir une qualification. &#187;&lt;/i&gt; En effet, accompagn&#233; par la conseill&#232;re en insertion professionnelle de l'association porteuse du projet, Festin, Wissem a obtenu une place dans un organisme de formation pour adultes apr&#232;s quatre mois aux Beaux Mets. &lt;i&gt;&#171; Quand la juge m'a envoy&#233; aux Baumettes, je n'imaginais pas travailler&lt;/i&gt;, se souvient-il. &lt;i&gt;&#192; mon arriv&#233;e, on m'a propos&#233; de rejoindre la SAS puis le restaurant. &#199;a demande de la motivation, mais &#231;a aide &#224; faire passer le temps. La d&#233;tention classique, c'est vingt-deux heures de cellule par jour. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le restaurant Les Beaux Mets, les quatorze salari&#233;s en insertion travaillent de 8 h 15 &#224; 16 h 45, vingt-six heures hebdomadaires pay&#233;es 45 % du SMIC, une sp&#233;cificit&#233; du contrat d'emploi p&#233;nitentiaire. Deux &#233;quipes de sept - quatre commis et trois serveurs - se relaient pour assurer le service tous les midis en semaine. En rev&#234;tant leur costume - un pantalon noir et une chemise blanche -, ils sortent de leur statut de d&#233;tenu pour endosser celui de salari&#233;s d'un restaurant raffin&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;span class='spip_document_6910 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L375xH280/capture_d_e_cran_2023-05-03_a_08.31.58-4abe8.png?1693499108' width='375' height='280' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Salari&#233;s d'un resto raffin&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les clients naviguent dans le syst&#232;me carc&#233;ral (juges, avocats&#8230;) ou viennent par curiosit&#233;. &lt;i&gt;&#171; C'est notre deuxi&#232;me fois&lt;/i&gt;, raconte Ouria, attabl&#233;e avec sa s&#339;ur et une copine. &lt;i&gt;J'ai d&#233;couvert le concept &#224; la t&#233;l&#233;, nous avons tent&#233; l'exp&#233;rience en d&#233;cembre. L'accueil par les surveillants est agr&#233;able, les serveurs sont aux petits soins et les plats excellents. Notre fr&#232;re est &#233;ducateur &#224; la PJJ&lt;/i&gt; (ndlr : protection judiciaire de la jeunesse), &lt;i&gt;nous savons que si ces personnes sont l&#224;, c'est souvent qu'elles n'ont pas eu de chance. L'id&#233;e est int&#233;ressante pour leur r&#233;insertion, mais autour de nous, on parle surtout de la qualit&#233; de la carte. &#187; &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Assistante de service social aupr&#232;s des quatre-vingts d&#233;tenus de la SAS et de la quarantaine de b&#233;n&#233;ficiaires d'une semi-libert&#233;, Manon Distani constate l'apport des Beaux Mets dans l'accompagnement. &lt;i&gt;&#171; En fait, &#231;a change tout. La plupart des salari&#233;s cherchent un logement pour pr&#233;parer leur sortie, toucher un salaire rend leur candidature beaucoup plus attractive. &#199;a aide aussi sur le plan professionnel en &#233;vitant le trou sur le CV cr&#233;&#233; par l'incarc&#233;ration. L&#224;, la peine prend du sens puisqu'elle apporte une nouvelle exp&#233;rience professionnelle. Nous manquons de recul sur ce projet, mais nous observons d&#233;j&#224; les impacts &#233;vidents sur le savoir-&#234;tre et les comp&#233;tences sociales. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec un encadrement technique de trois pour sept, l'association sp&#233;cialiste de l'insertion par l'activit&#233; &#233;conomique se donne les moyens d'un accompagnement renforc&#233;. &lt;i&gt;&#171; Ce taux d'encadrement permet de g&#233;rer les &#233;motions avec un public particuli&#232;rement explosif&lt;/i&gt;, reconna&#238;t Carole Guillerm, responsable du projet. &lt;i&gt;Nous sommes la premi&#232;re marche vers l'insertion professionnelle, ils se retrouvent dans une bulle o&#249; les encadrants peuvent prendre le temps d'expliquer. Ce public ne tiendrait pas en formation, il lui faut cette premi&#232;re &#233;tape. Apr&#232;s la sortie, nous les invitons d'ailleurs &#224; poursuivre l'accompagnement. &#187; &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Souvent &#233;court&#233; par des remises de peine, des transferts, le contrat de travail dure quatre mois, l'accompagnement &#224; la recherche d'emploi peut lui se prolonger sur six mois. Pour mieux pr&#233;parer la sortie et confronter les d&#233;tenus &#224; la r&#233;alit&#233; du monde du travail, la conseill&#232;re en insertion professionnelle (CIP) des Beaux Mets, Nissa Boudhalay, travaille en lien avec les conseillers p&#233;nitentiaires d'insertion et de probation du SAS. &lt;i&gt;&#171; J'ai l'impression d'&#234;tre une facilitatrice, une interlocutrice privil&#233;gi&#233;e sur les besoins, d&#233;crit-elle en d&#233;couvrant le m&#233;tier sur ce poste. Je les re&#231;ois au moins une fois par semaine pour travailler le projet. &#187; &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;velopp&#233; depuis trente ans, le tissu partenarial de Festin facilite la recherche de stages, d'autres chantiers d'insertion, de formations, ou m&#234;me de postes dans la restauration. &lt;i&gt;&#171; Il faut anticiper parce qu'il y a une proc&#233;dure &#224; mettre en place pour autoriser les stages en immersion&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Nissa Boudhalay. &lt;i&gt;Des contraintes plut&#244;t dynamisantes parce qu'il faut faire preuve de cr&#233;ativit&#233; et de pers&#233;v&#233;rance et il y a de gros enjeux. Le dedans pr&#233;pare le dehors dans toute sa complexit&#233; : heureusement que nous travaillons en partenariat pluridisciplinaire &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur. &#187;&lt;/i&gt; L'accord-cadre qui lie l'administration p&#233;nitentiaire et Festin reste unique en France.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;(1) Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entretien avec Corinne Rostaing &#8226; L'impens&#233; de la sortie de prison</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Entretien-avec-Corinne-Rostaing-o-L-impense-de-la-sortie-de-prison</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Tr&#232;s attentif aux questions s&#233;curitaires, le syst&#232;me carc&#233;ral fran&#231;ais rel&#232;gue encore aujourd'hui au second plan le sujet de la r&#233;insertion des d&#233;tenus. Si les SAS vont dans le bon sens, lutter efficacement contre la r&#233;cidive, n&#233;cessite d'aller plus loin. &lt;br class='autobr' /&gt; Entretien avec Corinne Rostaing, sociologue sp&#233;cialiste des institutions publiques et plus particuli&#232;rement du monde carc&#233;ral, professeure des universit&#233;s &#224; Lyon 2, membre du centre Max Weber et auteure (1). &lt;br class='autobr' /&gt;
En France, on sait emprisonner, mais (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Delinquance" rel="tag"&gt;D&#233;linquance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Endettement" rel="tag"&gt;Endettement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Entreprise-d-insertion" rel="tag"&gt;Entreprise d'insertion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Assistante-sociale" rel="tag"&gt;Assistante sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Prison" rel="tag"&gt;Prison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Prison-288" rel="tag"&gt;Prison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Insertion" rel="tag"&gt;Insertion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1339-" rel="tag"&gt;1339&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tr&#232;s attentif aux questions s&#233;curitaires, le syst&#232;me carc&#233;ral fran&#231;ais rel&#232;gue encore aujourd'hui au second plan le sujet de la r&#233;insertion des d&#233;tenus. Si les SAS vont dans le bon sens, lutter efficacement contre la r&#233;cidive, n&#233;cessite d'aller plus loin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_6909 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L250xH222/capture_d_e_cran_2023-05-03_a_08.29.20-b27b4.png?1693475601' width='250' height='222' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Entretien avec &lt;strong&gt;Corinne Rostaing&lt;/strong&gt;, sociologue sp&#233;cialiste des institutions publiques et plus particuli&#232;rement du monde carc&#233;ral, professeure des universit&#233;s &#224; Lyon 2, membre du centre Max Weber et auteure (1).
&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;En France, on sait emprisonner, mais sait-on r&#233;ins&#233;rer les d&#233;tenus ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Administration p&#233;nitentiaire fran&#231;aise est une institution qui ne marche pas sur ses deux jambes. Elle consacre essentiellement ses moyens &#224; l'ex&#233;cution des peines. Elle ne s'acquitte que partiellement de ses missions de r&#233;insertion et de lutte contre la r&#233;cidive. On peut le constater avec la disproportion entre les personnels de surveillance et les personnels sociaux, malgr&#233; les efforts ces derni&#232;res ann&#233;es sur le recrutement de CPIP. Cette orientation correspond aux moyens octroy&#233;s par le Parlement et &#224; la demande de s&#233;curit&#233; exprim&#233;e par la soci&#233;t&#233;. De fait, en France, la prison est tourn&#233;e vers l'int&#233;rieur, pas vers l'ext&#233;rieur. Cela pose probl&#232;me car on emprisonne des gens, on les maintient coup&#233;s du monde, et un jour on va les lib&#233;rer et s'imaginer qu'ils vont pouvoir se r&#233;ins&#233;rer facilement. Il y a comme un impens&#233; de la sortie de prison. Or quasiment tous les d&#233;tenus finiront par sortir un jour.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les SAS apportent-elles alors une solution ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de d&#233;part est bonne : cr&#233;er un espace de transition entre le dedans et le dehors. On peut cependant d&#233;plorer que le nombre de places soit limit&#233; : 2 600 places pr&#233;vues environ pour l'instant, alors que l'on compte quelques 90 000 sortants de prison chaque ann&#233;e. Si ces &#233;tablissements sont &#233;galement cens&#233;s permettre aux d&#233;tenus de d&#233;velopper leur autonomie en pr&#233;vision de la sortie, on s'aper&#231;oit que les locaux ne le permettent pas forc&#233;ment, notamment pour les SAS install&#233;es dans d'anciens b&#226;timents p&#233;nitentiaires ou celles avec des r&#232;gles de fonctionnement ne favorisant pas toujours l'autonomie. Par exemple, on fonctionne encore avec le principe des permissions de sortie, quelques-unes par mois, pour aller voir sa famille, se soigner,&#8239;etc. Dans d'autres structures, il existe une relative libert&#233; de mouvement &#224; l'int&#233;rieur avec les cellules ouvertes, mais j'en ai visit&#233; o&#249; les cellules sont ferm&#233;es, comme en maison d'arr&#234;t. &#192; l'heure actuelle, il n'existe pas d'homog&#233;n&#233;it&#233; entre les diff&#233;rentes SAS.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Selon vous, le meilleur moyen pour am&#233;liorer la r&#233;insertion serait de limiter l'incarc&#233;ration ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Oui, il faut limiter l'incarc&#233;ration pour les courtes peines et la petite d&#233;linquance, la prison doit rester une situation exceptionnelle pour les d&#233;lits graves ou les crimes. Certes, l'exp&#233;rience carc&#233;rale va constituer pour certains un &#233;lectrochoc, ils n'y reviendront jamais. Mais pour d'autres, il s'agira plut&#244;t d'une longue d&#233;gringolade : ils vont sortir plus pauvres, plus isol&#233;s, et donc plus sujets &#224; r&#233;it&#233;rer. Car la prison est synonyme de difficult&#233; &#224; maintenir des liens familiaux, de perte d'emploi et parfois de logement. Cela peut ab&#238;mer la sant&#233; psychique ou somatique des personnes, &#224; cause de l'enfermement, du stress,&#8239;etc. Il s'agit aussi d'un monde o&#249; les d&#233;tenus sont compl&#232;tement d&#233;responsabilis&#233;s, assujettis du jour au lendemain au personnel p&#233;nitentiaire. Pour toutes ces raisons, l'incarc&#233;ration peut repr&#233;senter un obstacle &#224; la r&#233;insertion. La Suisse, par exemple, l'&#233;vite pour les courtes peines apr&#232;s avoir constat&#233; qu'elle provoque une d&#233;socialisation et n'apporte pas de solutions pour la sortie. Incarc&#233;rer moins permettrait aussi d'avoir moins de d&#233;tenus, donc &#234;tre en mesure de mieux les accompagner, leur proposer des formations, des activit&#233;s, et travailler un vrai projet de d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;(1) &lt;i&gt;Une institution d&#233;gradante, la prison&lt;/i&gt;, &#201;d. Gallimard, 2021.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prison &#8226; Des SAS pour pr&#233;parer &#224; la vraie vie</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Prison-o-Des-SAS-pour-preparer-a-la-vraie-vie-10973</link>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Logement</dc:subject>
		<dc:subject>Insertion</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>Endettement</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprise d'insertion</dc:subject>
		<dc:subject>Assistante sociale</dc:subject>
		<dc:subject>Prison</dc:subject>
		<dc:subject>Prison</dc:subject>
		<dc:subject>Insertion</dc:subject>
		<dc:subject>1339</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les prisons fran&#231;aises souffrent de nombreux maux. Notamment celui du manque de pr&#233;paration des d&#233;tenus &#224; la sortie, &#233;tape essentielle pour &#233;viter la r&#233;cidive. Exp&#233;riment&#233; depuis 2018, un nouveau dispositif p&#233;nitentiaire, la structure d'accompagnement vers la sortie (SAS), propose un accompagnement renforc&#233; pour favoriser la r&#233;insertion. Social actu La plume de L&#233;na, assistante sociale de rue La l&#233;gitimit&#233; des foules (1) La Rubrik' Hors Cadre De Vince Plaidoyer pour l'incertain Sur le vif d'&#201;tienne Liebig (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Assistante-sociale" rel="tag"&gt;Assistante sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Prison" rel="tag"&gt;Prison&lt;/a&gt;, 
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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les prisons fran&#231;aises souffrent de nombreux maux. Notamment celui du manque de pr&#233;paration des d&#233;tenus &#224; la sortie, &#233;tape essentielle pour &#233;viter la r&#233;cidive. Exp&#233;riment&#233; depuis 2018, un nouveau dispositif p&#233;nitentiaire, la structure d'accompagnement vers la sortie (SAS), propose un accompagnement renforc&#233; pour favoriser la r&#233;insertion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Social actu&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La plume de L&#233;na, assistante sociale de rue&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; La l&#233;gitimit&#233; des foules (1)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La Rubrik' Hors Cadre De Vince&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Plaidoyer pour l'incertain&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Sur le vif d'&#201;tienne Liebig&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Hypocrisie&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cryptage&lt;/strong&gt;
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&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Psychologue-de-rue-o-La-sante-mentale-hors-cadre&#034;&gt;&lt;strong&gt;Psychologue de rue&lt;/strong&gt; &#8226; La sant&#233; mentale hors cadre&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Paroles de m&#233;tiers&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Faut-il-toujours-etre-dans-la-legalite&#034;&gt;Faut-il toujours &#234;tre dans la l&#233;galit&#233; ?&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Mati&#232;re &#224; pens&#233;es&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/La-delocalisation-entraine-t-elle-la-fin-d-une-institution&#034;&gt;La d&#233;localisation entra&#238;ne-t-elle la fin d'une institution ?&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Dossier&lt;/strong&gt; : Prison
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Prison-o-Des-SAS-pour-preparer-a-la-vraie-vie&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des SAS pour pr&#233;parer &#224; la vraie vie&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Chantier d'insertion&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Chantier-d-insertion-o-Le-gout-de-l-evasion&#034;&gt;Le go&#251;t de l'&#233;vasion&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec Corinne Rostaing&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Entretien-avec-Corinne-Rostaing-o-L-impense-de-la-sortie-de-prison&#034;&gt;L'impens&#233; de la sortie de prison&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;&#201;chos du terrain &lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Karl-Marx-et-Marcel-Mauss-a-l-Esat&#034;&gt;Karl Marx et Marcel Mauss &#224; l'Esat&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Espace du lecteur&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Journal-d-une-asperge&#034;&gt;Journal d'une asperge&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Offres d'emploi&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'&#339;il et l'oreille&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres&#034;&gt;&lt;strong&gt;Livres&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &#192; propos du Cannabis / &#192; propos de la pauvret&#233;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Cin&#233;ma&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Cinema-o-Boxe-inclusive&#034;&gt;Boxe inclusive&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Cin&#233;ma&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Cinema-o-Papa-ou-t-es&#034;&gt;Papa o&#249; t'es ?&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;duc, un m&#233;tier sur le fil du rasoir</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Educ-un-metier-sur-le-fil-du-rasoir</link>
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		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>1330</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ne rien l&#226;cher &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Oeil pour oeil, clan pour clan &#187;, le premier livre de Sophie Moreau avait r&#233;v&#233;l&#233; une professionnelle au regard ac&#233;r&#233;, doubl&#233;e d'une auteure prometteuse (LS n&#176;&#8239;1279). Avec son second opus, elle persiste et signe. C'est d'une belle &#233;criture et avec habilet&#233; mais aussi pertinence qu'elle conjugue sa pratique du terrain dans un foyer de la protection judiciaire de la jeunesse et de solides r&#233;f&#233;rences th&#233;oriques. On y trouve tous les niveaux de lecture. Le rire, d'abord : ne pas manquer (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L97xH150/arton10654-cae9a.jpg?1693464265' width='97' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne rien l&#226;cher&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/OEil-pour-oeil-clan-pour-clan&#034;&gt;&#171; Oeil pour oeil, clan pour clan &#187;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, le premier livre de Sophie Moreau avait r&#233;v&#233;l&#233; une professionnelle au regard ac&#233;r&#233;, doubl&#233;e d'une auteure prometteuse (&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/-1279-&#034;&gt;LS n&#176;&#8239;1279&lt;/a&gt;). Avec son second opus, elle persiste et signe. C'est d'une belle &#233;criture et avec habilet&#233; mais aussi pertinence qu'elle conjugue sa pratique du terrain dans un foyer de la protection judiciaire de la jeunesse et de solides r&#233;f&#233;rences th&#233;oriques. On y trouve tous les niveaux de lecture. Le rire, d'abord : ne pas manquer l'&#233;pisode de l'&#233;change entre Issa qui vient d'&#233;ructer un &#171; nique ta m&#232;re &#187; et la maman de l'auteure &#224; qui elle a aussit&#244;t t&#233;l&#233;phon&#233;. L'infinie tendresse, ensuite, &#224; l'&#233;gard d'un public qui tente de chasser des d&#233;mons qui ne cessent de le rattraper, se confrontant au d&#233;fi de se (re) reconstruire, un &#339;il embu&#233; sur le pass&#233;, un autre flou sur l'avenir en partant du champ de ruine qu'a &#233;t&#233; jusque-l&#224; leur courte vie. On retrouve encore la finesse extr&#234;me dans le d&#233;codage du fonctionnement de ces jeunes d&#233;linquants collant aux adultes tout en les rejetant ; recherchant leur affection tout en &#233;puisant leur patience et grignotant leur &#233;nergie ; leur faisant payer le manque d'attention dont ils ont tant souffert, alors m&#234;me qu'ils b&#233;n&#233;ficient enfin de la sollicitude attendue. Et puis, il y a cette lucidit&#233; dans l'analyse de la posture professionnelle : privil&#233;gier le contr&#244;le, tout en ne ma&#238;trisant pas grand-chose ; intervenir trop souvent en bout de course, comme un service de soins palliatifs, mais verser dans l'obstination d&#233;raisonnable et essayer co&#251;te que co&#251;te d'insuffler de la vie et de l'espoir dans ces parcours mortif&#232;res. Chaque petit pas, aussi minime soit-il, est d&#233;j&#224; une victoire. Si l'&#233;ducateur ne peut que perdre de sa na&#239;vet&#233; au contact de ces enfants perdus, il doit garder une certaine candeur &#224; leur &#233;gard, proclame avec tant de justesse Sophie Moreau : inconditionnalit&#233; &#233;ducative, mais rappel constant des limites ; acceptation d'&#234;tre leur r&#233;ceptacle, mais pas leur punching-ball ; articulation n&#233;cessaire entre la compr&#233;hension et la sanction, la r&#233;pression &#233;tant le pendant de la pr&#233;vention. Lutter contre la d&#233;linquance ne se fait pas contre le jeune, mais avec lui et pour lui. &#192; la fois t&#233;moignage &#233;mouvant et vivant, prise de distance face &#224; un quotidien &#233;prouvant et r&#233;flexion sur le paradoxe permanent de la fonction &#233;ducative, quiconque passerait &#224; c&#244;t&#233; de cet ouvrage aurait beaucoup &#224; perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jacques Tr&#233;mintin&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. &#201;r&#232;s, 2022, (258 p. &#8211; 23 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Protection judiciaire de la jeunesse &#8226; &#192; 20 ans, les CEF fragiles... malgr&#233; les millions</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Protection-judiciaire-de-la-jeunesse-o-A-20-ans-les-CEF-fragiles-malgre-les-millions</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Protection-judiciaire-de-la-jeunesse-o-A-20-ans-les-CEF-fragiles-malgre-les-millions</guid>
		<dc:date>2022-11-14T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>1327</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res d&#233;cennies, la d&#233;linquance juv&#233;nile n'a pas augment&#233; mais la soci&#233;t&#233; ne per&#231;oit plus les jeunes en conflit avec la loi comme une jeunesse en danger. D&#232;s lors, les centres &#233;ducatifs ferm&#233;s satisfont un d&#233;sir de se prot&#233;ger plus que de les prot&#233;ger. Vingt ans apr&#232;s leur cr&#233;ation, l'argent public afflue quand leur capacit&#233; &#224; r&#233;pondre aux besoins des adolescents confi&#233;s par les juges, reste &#224; d&#233;montrer. Social actu La plume de C&#233;lia Carpaye Un entretien ordinaire ? L'humeur de Jacques Tr&#233;mintin (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Justice-368" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1327-" rel="tag"&gt;1327&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L106xH150/arton10571-a0b4a.png?1693503527' width='106' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces derni&#232;res d&#233;cennies, la d&#233;linquance juv&#233;nile n'a pas augment&#233; mais la soci&#233;t&#233; ne per&#231;oit plus les jeunes en conflit avec la loi comme une jeunesse en danger. D&#232;s lors, les centres &#233;ducatifs ferm&#233;s satisfont un d&#233;sir de se prot&#233;ger plus que de les prot&#233;ger. Vingt ans apr&#232;s leur cr&#233;ation, l'argent public afflue quand leur capacit&#233; &#224; r&#233;pondre aux besoins des adolescents confi&#233;s par les juges, reste &#224; d&#233;montrer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Social actu&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La plume de C&#233;lia Carpaye&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Un entretien ordinaire ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'humeur de Jacques Tr&#233;mintin&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Universalisme ou apartheid ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Sur le vif d'&#201;tienne Liebig&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Mauvais genre&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cryptage&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Handicap-psychique-et-pauvrete-o-Attention-aux-amalgames&#034;&gt;&lt;strong&gt;Handicap psychique et pauvret&#233;&lt;/strong&gt; &#8226; Attention aux amalgames&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Dans Lien Social il y a 30 ans&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Angle droit&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/RSA-sous-condition-o-Beaucoup-de-bruit-pour-rien&#034;&gt;&lt;strong&gt;RSA sous condition&lt;/strong&gt; &#8226; Beaucoup de bruit pour rien ?&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Paroles de m&#233;tiers&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;http://www.lien-social.com/L-outil-informatique-a-t-il-trop-envahi-le-cadre-du-travail-professionnel&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;L'outil informatique a-t-il trop envahi le cadre du travail professionnel ?&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Mati&#232;re &#224; pens&#233;es&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/La-clinique-de-l-anecdotique&#034;&gt;La clinique de l'anecdotique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Dossier&lt;/strong&gt; : Protection judiciaire de la jeunesse
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Protection-judiciaire-de-la-jeunesse-o-A-20-ans-les-CEF-fragiles-malgre-les-millions-10578&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#192; 20 ans, les CEF fragiles... malgr&#233; les millions&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;T&#233;moignages&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Temoignages-o-Entre-les-murs&#034;&gt;Entre les murs&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec Alice Gaia&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Entretien-avec-Alice-Gaia-o-L-impression-d-un-cercle-vicieux&#034;&gt;L'impression d'un cercle vicieux&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;&#201;chos du terrain &lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Handicap-et-habitat-penser-les-dispositifs-d-accompagnement&#034;&gt;Handicap et habitat : penser les dispositifs d'accompagnement&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Espace du lecteur&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Les-directeurs-ne-doivent-pas-etre-des-chefs-d-entreprise&#034;&gt;Les directeurs ne doivent pas &#234;tre des chefs d'entreprise&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Offres d'emploi&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'&#339;il et l'oreille&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Livres&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;http://www.lien-social.com/Critiques-de-livres&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&#192; propos des in&#233;galit&#233;s &#224; l'&#233;cole&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Roman Photo&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Roman-Photo-o-Les-femmes-de-l-ombre&#034;&gt;Les femmes de l'ombre&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Cin&#233;ma&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Cinema-o-Bon-Pasteur-tres-mauvais-educateur&#034;&gt;Bon pasteur, (tr&#232;s) mauvais &#233;ducateur&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Protection judiciaire de la jeunesse &#8226; &#192; 20 ans, les CEF fragiles&#8230; malgr&#233; les millions</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Protection-judiciaire-de-la-jeunesse-o-A-20-ans-les-CEF-fragiles-malgre-les-millions-10578</link>
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		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
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&lt;p&gt;Ces derni&#232;res d&#233;cennies, la d&#233;linquance juv&#233;nile n'a pas augment&#233; mais la soci&#233;t&#233; ne per&#231;oit plus les jeunes en conflit avec la loi comme une jeunesse en danger. D&#232;s lors, les centres &#233;ducatifs ferm&#233;s satisfont un d&#233;sir de se prot&#233;ger plus que de les prot&#233;ger. Vingt ans apr&#232;s leur cr&#233;ation, l'argent public afflue quand leur capacit&#233; &#224; r&#233;pondre aux besoins des adolescents confi&#233;s par les juges, reste &#224; d&#233;montrer. &lt;br class='autobr' /&gt; Une cocotte-minute. Cette image colle &#224; la peau des centres &#233;ducatifs ferm&#233;s (CEF). En poste (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces derni&#232;res d&#233;cennies, la d&#233;linquance juv&#233;nile n'a pas augment&#233; mais la soci&#233;t&#233; ne per&#231;oit plus les jeunes en conflit avec la loi comme une jeunesse en danger. D&#232;s lors, les centres &#233;ducatifs ferm&#233;s satisfont un d&#233;sir de se prot&#233;ger plus que de les prot&#233;ger. Vingt ans apr&#232;s leur cr&#233;ation, l'argent public afflue quand leur capacit&#233; &#224; r&#233;pondre aux besoins des adolescents confi&#233;s par les juges, reste &#224; d&#233;montrer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_6238 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L375xH528/capture_d_e_cran_2022-11-08_a_09.24.56-3f813.png?1693503527' width='375' height='528' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Une cocotte-minute. Cette image colle &#224; la peau des centres &#233;ducatifs ferm&#233;s (CEF). En poste depuis quatre ans, une &#233;ducatrice de la protection judiciaire de la jeunesse file la m&#233;taphore et d&#233;crit un travail &lt;i&gt;&#171; qui consiste &#224; baisser le feu pour que &#231;a n'explose pas &#187;&lt;/i&gt;. Ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, cinquante-trois de ces &#171; marmites sous pression &#187; ont vu le jour, une vingtaine sont en projet. Pourtant, aucune donn&#233;e scientifique ne permet de savoir si la recette porte ses fruits. De nombreux rapports r&#233;alis&#233;s par les inspections g&#233;n&#233;rales des services judiciaires (IGSJ), des affaires sociales (IGAS), de la protection judiciaire de la jeunesse (IPJJ), le Contr&#244;leur g&#233;n&#233;ral des lieux de privation de libert&#233; (CGLPL), la Cour des Comptes, le S&#233;nat&#8230; nourrissent des critiques, mais ne s'appuient sur aucune &#233;tude comparative avec des parcours de jeunes plac&#233;s en milieu ouvert, en foyer PJJ, en centre &#233;ducatif ferm&#233;, en &#233;tablissement p&#233;nitentiaire pour mineurs ou dans un quartier pour mineurs en maison d'arr&#234;t. Aucune &#233;valuation qualitative de cette cr&#233;ation de la loi Perben 1 n'a &#233;t&#233; diligent&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2002, alors que l'extr&#234;me droite acc&#232;de au deuxi&#232;me tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, apr&#232;s une campagne structur&#233;e autour de l'ins&#233;curit&#233;, la s&#233;v&#233;rit&#233; envers les jeunes d&#233;linquants fait consensus du Parti socialiste &#224; l'Union pour un mouvement populaire (devenue Les R&#233;publicains), et le CEF incarne cette politique de fermet&#233;. &lt;i&gt;&#171; Dans les ann&#233;es 2000, on assiste au retour de deux formes de contraintes &#233;ducatives qui avaient disparu dans les ann&#233;es 70-80&lt;/i&gt;, observe le sociologue Nicolas Sall&#233;e (1). &lt;i&gt;Les pr&#233;occupations d'ordre et de s&#233;curit&#233; publiques vont conduire &#224; l'ouverture d'&#233;tablissements p&#233;nitentiaires pour mineurs et au r&#244;le croissant d'une logique de contr&#244;le sous contrainte p&#233;nale. &#187;&lt;/i&gt; Dans les CEF, l'enfermement reste judiciaire plus que physique. D'ailleurs, les ados ne s'en &#233;vadent pas, ils fuguent, au risque d'&#234;tre incarc&#233;r&#233;s. &lt;i&gt;&#171; D&#232;s lors, le travail des &#233;ducateurs oscille entre l'accompagnement qui vise &#224; faire sortir les jeunes de la d&#233;linquance et le contr&#244;le pour prot&#233;ger la soci&#233;t&#233; des comportements d&#233;linquants du jeune&lt;/i&gt;, analyse le chercheur. &lt;i&gt;Cette tension a toujours exist&#233; mais depuis vingt ans, le contr&#244;le grignote de plus en plus l'accompagnement. Or la pr&#233;vention de la r&#233;cidive r&#233;pond &#224; une finalit&#233; de court terme, la sortie de la d&#233;linquance de long terme. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;venir la r&#233;cidive versus sortir de la d&#233;linquance &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine, les centres &#233;ducatifs ferm&#233;s offrent une alternative &#224; l'incarc&#233;ration pour les mineurs multir&#233;cidivistes ou des primod&#233;linquants auteurs d'actes particuli&#232;rement graves. &#194;g&#233;s de 13 &#224; 18 ans, ils sont plac&#233;s pour une dur&#233;e de six mois renouvelables une fois, dans le cadre d'un contr&#244;le judiciaire, d'un sursis avec mise &#224; l'&#233;preuve, ou d'une lib&#233;ration conditionnelle. Depuis septembre 2021, la r&#233;forme du code de la justice p&#233;nale des mineurs accentue la pr&#233;sence en leur sein de mis en examen en attente de jugement. Ces derniers ignorent la dur&#233;e de leur placement et peinent &#224; adh&#233;rer aux activit&#233;s qui ponctuent la journ&#233;e de 7 &#224; 19&#8239;heures, &#224; un rythme suffisamment dense pour &#233;viter l'ennui, propice aux passages &#224; l'acte. Avec 26,5 &#233;quivalents temps pleins pour douze jeunes, la pr&#233;sence permanente d'adultes constitue la matrice &#233;ducative des CEF. Cependant, depuis le d&#233;but, qu'ils soient g&#233;r&#233;s par la protection judiciaire de la jeunesse ou par le secteur associatif habilit&#233;, les CEF, peinent &#224; recruter et &#224; maintenir en poste des professionnels dipl&#244;m&#233;s. Malgr&#233; un budget d'environ 2&#8239;millions par an selon le Groupe SOS, gestionnaire de six CEF avec six ouvertures &#224; venir, et 1,6&#8239;million selon la PJJ qui en g&#232;re dix-sept, &#171; l'enfant riche de la protection de l'enfance &#187; peine &#224; recruter et &#224; maintenir en poste des professionnels dipl&#244;m&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Les centres &#233;ducatifs ferm&#233;s concentrent les jeunes les plus en difficult&#233;, ils ont besoin de professionnels aptes &#224; les accompagner avec tous leurs troubles : psychologiques, &#233;ducatifs, scolaires, familiaux&lt;/i&gt;, souligne Vincent Fritsch, &#233;ducateur &#224; la Protection judiciaire de la jeunesse et membre de la F&#233;d&#233;ration syndicale unitaire du SNPES PJJ. &lt;i&gt;&#199;a n&#233;cessite une &#233;quipe pluridisciplinaire bien form&#233;e, il ne suffit pas d'&#234;tre grand-fr&#232;re. &#187;&lt;/i&gt; Probl&#232;me, ces structures au public difficile et aux conditions de travail contraignantes (services de nuit et de week-end) engendrent du turn-over. Du coup, les vacataires non-dipl&#244;m&#233;s, les sportifs en reconversion, les veilleurs de nuit promus &#233;ducs&#8230; constituent le gros des troupes. &lt;i&gt;&#171; Lors des visites en CEF, on voit le meilleur comme le pire&lt;/i&gt;, t&#233;moigne Dominique Simonnot, Contr&#244;leure g&#233;n&#233;rale des lieux de privation de libert&#233;. &lt;i&gt;Ces &#233;tablissements sont extr&#234;mement fragiles, parce que tout repose sur la pr&#233;sence bienveillante et ferme des professionnels. Il y a eu des exp&#233;riences catastrophiques : un CEF avait recrut&#233; deux tenanciers de bo&#238;te de nuit disponibles, &#224; cause du Covid, qui allongeaient des baffes et des patates en r&#233;ponse aux provocations des gosses. Dans un autre, tout allait bien, une direction hyperimpliqu&#233;e, une &#233;quipe soud&#233;e et p&#233;renne, un psy pr&#233;sent tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement, une institutrice &#224; temps plein. Gr&#226;ce &#224; cette coh&#233;sion, ce CEF avait r&#233;ussi &#224; nouer des liens avec les institutions locales. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Multiplier les dispositifs d'accueil&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 2022, le rapport du S&#233;nat &lt;i&gt;&#171; Pr&#233;venir la d&#233;linquance des mineurs - &#201;viter la r&#233;cidive &#187;&lt;/i&gt; invite le gouvernement &#224; revoir sa feuille de route. &lt;i&gt;&#171; La focalisation trop importante sur les centres &#233;ducatifs ferm&#233;s nuit aux autres solutions plus limit&#233;es mais parfois plus efficaces et territorialis&#233;es : les CEF peuvent &#234;tre efficaces pour permettre une prise en charge renforc&#233;e hors cadre p&#233;nitentiaire mais n&#233;cessitent une conjonction de facteurs de r&#233;ussite qui s'av&#232;re difficile &#224; r&#233;unir. La mise en place d'une m&#233;thodologie d'&#233;valuation des r&#233;sultats des mesures mises en &#339;uvre et la r&#233;orientation des moyens pr&#233;vus pour la cr&#233;ation de nouveaux CEF vers les dispositifs existants, paraissent plus adapt&#233;es aux besoins de terrain. &#187;&lt;/i&gt; Loin d'&#234;tre un rep&#232;re de gauchistes-laxistes, la chambre haute du Parlement fran&#231;ais rejoint l'analyse du syndicat SNPES-PJJ/FSU qui demande la fermeture de ces &#233;tablissements porteurs &lt;i&gt;&#171; d'exactions et de d&#233;rives &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; le red&#233;ploiement des moyens colossaux d&#233;di&#233;s &#224; l'enfermement vers la protection de l'enfance, la pr&#233;vention de la d&#233;linquance et les services de milieu ouvert, d'insertion et d'h&#233;bergement de la PJJ &#187;&lt;/i&gt;. Dans le budget de la justice 2023, les CEF obtiennent 39 millions d'euros pour les 216 places dans le public, 84 millions pour les 460 dans le priv&#233; non-lucratif.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_6239 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH318/capture_d_e_cran_2022-11-08_a_09.27.43-3f3c0.png?1693503527' width='350' height='318' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; D&#233;j&#224; en 2013, la CNAPE, f&#233;d&#233;ration nationale d'associations de la protection de l'enfance, s'insurgeait contre le &#171; CEF bashing &#187;. En octobre 2022, Josiane Bigot vient d'&#234;tre remplac&#233;e &#224; la pr&#233;sidence de cette instance mais poursuit sa croisade en faveur de ce dispositif. &lt;i&gt;&#171; Quand j'&#233;tais juge des enfants, j'ai r&#233;alis&#233; qu'il n'existait pas d'&#233;tablissement adapt&#233; aux enfants r&#233;it&#233;rants. Quand on d&#233;barque dans un foyer classique, les jeunes ne sont souvent pas encore lev&#233;s &#224; 10 h, &#231;a cultive l'oisivet&#233;. Ces gamins ont besoin d'adultes qui leur donnent un cadre, leur expliquent que la vie est faite de libert&#233;s et de contraintes. Les limites sont &#233;ducatives, donc s'ils les transgressent, il faut qu'il y ait sanction. &#187;&lt;/i&gt; En m&#234;me temps, la magistrate pr&#233;f&#233;rerait que les pouvoirs publics s'attellent &#224; la pr&#233;vention, car &lt;i&gt;&#171; le vrai probl&#232;me de la d&#233;linquance des mineurs reste le d&#233;crochage scolaire &#187;&lt;/i&gt;. Seulement voil&#224;, les placements en CEF absorbent 14 % du budget de la PJJ pour 2 % des mineurs pris en charge, ce qui affecte toute la cha&#238;ne d'accompagnement des mineurs en difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;parer la sortie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Un placement en CEF, c'est une mesure de privation de libert&#233;, la derni&#232;re marche avant la prison&lt;/i&gt;, rappelle Kim Reuflet, juge des enfants &#224; Nantes et pr&#233;sidente du Syndicat de la magistrature. &lt;i&gt;Il devrait &#234;tre r&#233;serv&#233; aux mineurs pour lesquels il n'y a pas de solution &#233;ducative satisfaisante. Mais &#224; Nantes, les trois foyers PJJ ont ferm&#233; et les places en famille d'accueil se r&#233;duisent &#224; peau de chagrin ; du coup, le CEF devient l'alpha et l'om&#233;ga des solutions de prise en charge hors domicile. Je sais que ce n'est pas la bonne r&#233;ponse et j'essaie de la limiter &#224; l'alternative &#224; l'incarc&#233;ration. Malheureusement, parfois, c'est une alternative au placement en foyer. En plus, le gros probl&#232;me, c'est la sortie. Ce qui se passe &#224; l'int&#233;rieur n'est pas forc&#233;ment que n&#233;gatif, il y a des &#233;ducateurs et &#231;a reste mieux que la prison, notamment parce que &#231;a dure plus longtemps et qu'on peut s'y poser pour &#233;laborer un projet. Mais m&#234;me si d&#232;s l'entr&#233;e, les &#233;ducs cherchent une solution pour &#233;viter les retours dans un milieu criminog&#232;ne, il se peut qu'ils ne trouvent rien. L&#224;, c'est la cata. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2020, la dur&#233;e moyenne de placement en CEF plafonnait &#224; 4,2 mois, signe du manque d'adh&#233;sion des adolescents &#224; ce dispositif. &lt;i&gt;&#171; &#199;a peut rassurer les magistrats de recourir &#224; ces structures&lt;/i&gt;, analyse Marion Testud, directrice de la protection judiciaire de la jeunesse et contr&#244;leure des lieux de privation de libert&#233;. Mais il ne faut pas que les CEF soient consid&#233;r&#233;s comme l'unique mode de prise en charge des mineurs d&#233;linquants, y compris les plus r&#233;cidivistes : un jeune multir&#233;it&#233;rant peut n&#233;cessiter un placement en famille d'accueil parce que le collectif le rend dingue. &#199;a reste difficile &#224; entendre pour les juges et pour l'opinion publique qui va croire que les d&#233;linquants sont l&#226;ch&#233;s dans la nature. &#187; Cette diversit&#233; fait &#233;galement d&#233;faut concernant les troubles en sant&#233; mentale. &lt;i&gt;&#171; Les CEF accueillent de plus en plus de jeunes qui ont des probl&#232;mes psychologiques, voire psychiatriques, judiciaris&#233;s parce qu'ils ont commis un acte d&#233;lictueux&lt;/i&gt;, observe l'experte &#224; la double casquette. &lt;i&gt;Les &#233;quipes se retrouvent en grande difficult&#233; parce que beaucoup n'obtiennent pas d'intervention p&#233;dopsychiatrique dans l'&#233;tablissement. En plus, ces placements sont g&#233;n&#233;ralement renouvel&#233;s faute de structures adapt&#233;es pour les recevoir et pr&#233;parer la sortie. Cette tendance semble s'accentuer : lors de la derni&#232;re visite, sur dix placements les trois-quarts avaient une orientation par la maison d&#233;partementale pour les personnes handicap&#233;es (MDPH). Beaucoup &#233;taient l&#224; pour des faits criminels, m&#234;me si le doute planait sur leur compr&#233;hension des limites entre le bien et le mal. Ces situations n&#233;cessiteraient une prise en charge conjointe entre la justice et la sant&#233;, or les professionnels du milieu ouvert se sentent d&#233;charg&#233;s de ces mineurs plac&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Pas &#233;tonnant quand le milieu ferm&#233; concentre les millions.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;(1) &lt;i&gt;Vingt-cinq ans de politiques publiques du traitement p&#233;nal de la jeunesse. Glissement paradigmatique et diss&#233;mination d'une logique de contr&#244;le mondialis&#233;e&lt;/i&gt;, Agora d&#233;bats/jeunesses, 2020/3 (N&#176;&#8239;86), p.&#8239;97-110.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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