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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Le succ&#232;s des ateliers d'&#233;criture</title>
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		<title>L'&#233;cole entre Autorit&#233; et Zizanie</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Ce sont les chercheurs en sciences de l'&#233;ducation de l'universit&#233; de Gen&#232;ve qui nous proposent ce petit ab&#233;c&#233;daire reprenant un certain nombre de concepts qui nourrissent la pol&#233;mique entre les tenants du savoir et ceux de la p&#233;dagogie. De A comme Autorit&#233; jusqu'&#224; Z comme Zizanie, le lecteur retrouvera 26 notions (une pour chaque lettre de l'alphabet) trait&#233;es par des tenants de la r&#233;forme qui consid&#232;rent &#224; juste raison que &#171; d&#233;fendre inconditionnellement toute innovation serait aussi vain que de l'attaquer (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L101xH150/arton363-2c892.jpg?1694310660' width='101' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce sont les chercheurs en sciences de l'&#233;ducation de l'universit&#233; de Gen&#232;ve qui nous proposent ce petit ab&#233;c&#233;daire reprenant un certain nombre de concepts qui nourrissent la pol&#233;mique entre les tenants du savoir et ceux de la p&#233;dagogie. De A comme Autorit&#233; jusqu'&#224; Z comme Zizanie, le lecteur retrouvera 26 notions (une pour chaque lettre de l'alphabet) trait&#233;es par des tenants de la r&#233;forme qui consid&#232;rent &#224; juste raison que &#171; d&#233;fendre inconditionnellement toute innovation serait aussi vain que de l'attaquer quels que soient son contenu et ses raisons, juste parce qu'elle pr&#233;tend changer l'&#233;cole &#187; (p.13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux dogmes autoritaires qui semblent revenir &#224; la mode, il est essentiel de rappeler que le bon ma&#238;tre, s'il ne doit pas renoncer &#224; son autorit&#233;, sait n&#233;anmoins ne pas en abuser. Un pouvoir l&#233;gitim&#233; n'est ni charismatique, ni absolu, mais n&#233;goci&#233;, discut&#233;, institutionnalis&#233; : ce n'est pas le pouvoir du plus fort, ni du plus retors, mais le pouvoir d'une personne autoris&#233;e &#224; l'exercer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence de l'&#233;thique d&#233;mocratique n&#233;cessite plus de comp&#233;tences et de coop&#233;ration que de savoirs. L'apprentissage des connaissances n'est pas, on le sait, chose facile. Tout le monde voudrait bien acc&#233;der &#224; la culture, mais y parvenir n&#233;cessite d'apprendre, ce qui implique des efforts qui mobilisent tant l'intelligence que la curiosit&#233;. &#201;duquer et instruire, c'est mettre en pr&#233;sence un sujet singulier, ses croyances et ses repr&#233;sentations culturelles avec un savoir et des r&#232;gles de base relevant de l'universalit&#233;. Mais en faisant de la r&#233;ussite scolaire une question de transpiration et de bonne volont&#233;, on prend le risque d'enfermer les &#233;l&#232;ves dans n'importe quel effort, m&#234;me besogneux, m&#234;me absurde, m&#234;me vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est jamais le travail intellectuel qui ennuie, mais la monotonie r&#233;p&#233;titive des t&#226;ches m&#233;caniques d&#233;pourvues de sens. En provoquant de l'&#233;chec, l'&#233;cole s'attaque &#224; l'estime de soi de l'&#233;l&#232;ve et le pousse &#224; la honte et parfois &#224; la haine et &#224; la r&#233;volte. La d&#233;marche p&#233;dagogique consiste, elle, &#224; ne plus voir en l'enfant un simple r&#233;ceptacle de connaissances mais un acteur de son propre apprentissage, &#224; chercher son adh&#233;sion et &#224; individualiser son parcours. Car, le ma&#238;tre ne peut transmettre qu'&#224; condition que ses &#233;l&#232;ves construisent ce qu'il a construit, qu'ils se l'approprient et l'int&#232;grent dans leur propre mani&#232;re de voir et de comprendre le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est peut-&#234;tre, finalement, ni l'&#233;l&#232;ve, ni le savoir, ni le ma&#238;tre qu'il convient de mettre au centre, mais l'apprentissage et surtout les obstacles rencontr&#233;s ainsi que les recherches sur les meilleures mani&#232;res de les surmonter. Cela n&#233;cessite non de savoir ce qu'il faut faire, mais bien plut&#244;t &#224; faire ce qui semble le mieux en l'&#233;tat des connaissances accumul&#233;es et des finalit&#233;s &#233;ducatives envisag&#233;es : la singularit&#233; de chaque situation contraint &#224; l'affronter &#224; chaque fois de fa&#231;on diff&#233;rente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Chronique Sociale, 2004 (128 p. ; 12,90 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'&#233;cole est-elle encore le creuset de la d&#233;mocratie ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-ecole-est-elle-encore-le-creuset-de-la-democratie</link>
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		<dc:subject>&#201;cole</dc:subject>
		<dc:subject>702</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voil&#224; un ouvrage qui ne se lit pas : il se d&#233;vore. L'intelligence et la pertinence du propos justifient pleinement qu'on aille, s&#233;ance tenante, se le procurer. Qu'on en juge ! Nos soci&#233;t&#233;s ne vont pas tr&#232;s bien. On relie souvent ce mal-&#234;tre &#224; une &#233;cole qui ne ferait pas son travail. Mais, un syst&#232;me &#233;ducatif ne peut &#234;tre beaucoup plus vertueux que le syst&#232;me social dont il retire ses ressources. Et si les valeurs dominantes sont l'individualisme, l'exploitation de l'homme par l'homme, la comp&#233;tition, la (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L102xH150/arton364-655f8.jpg?1694310660' width='102' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; un ouvrage qui ne se lit pas : il se d&#233;vore. L'intelligence et la pertinence du propos justifient pleinement qu'on aille, s&#233;ance tenante, se le procurer. Qu'on en juge !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos soci&#233;t&#233;s ne vont pas tr&#232;s bien. On relie souvent ce mal-&#234;tre &#224; une &#233;cole qui ne ferait pas son travail. Mais, un syst&#232;me &#233;ducatif ne peut &#234;tre beaucoup plus vertueux que le syst&#232;me social dont il retire ses ressources. Et si les valeurs dominantes sont l'individualisme, l'exploitation de l'homme par l'homme, la comp&#233;tition, la loi du plus fort (ou du plus instruit) et la s&#233;lection darwinienne des meilleurs, comment reprocher &#224; l'&#233;cole de reproduire de telles convictions ? Lui demander de travailler &#224; la citoyennet&#233; n&#233;cessiterait qu'elle r&#233;organise ses priorit&#233;s. Favoriser, par exemple, les sources d'autonomie, les capacit&#233;s &#224; s'exprimer et &#224; n&#233;gocier, multiplier les occasions d'exercer la d&#233;mocratie et la responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux enseignants seraient favorables &#224; une telle option, mais &#224; condition que cela n'enl&#232;ve pas une minute au programme ! Mais que faut-il privil&#233;gier : des &#233;l&#232;ves ayant une large culture disciplinaire ou des sujets sachant manier couramment les m&#233;thodes de base du travail intellectuel (renforcer la lucidit&#233; et donner tant des habitudes que des outils qui aident &#224; comprendre) ? Mais cela rend n&#233;cessaire un autre savoir-faire didactique, un autre contrat p&#233;dagogique, une autre gestion de la classe, une autre &#233;valuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien loin de l&#224;, l'&#233;cole qui pr&#233;tend vouloir &#233;duquer, passe son temps &#224; instruire. Elle se contente d'enseigner des savoirs compl&#232;tement d&#233;contextualis&#233;s dont on ne voit pas &#224; quoi ils peuvent servir : l'enfant perd un temps infini &#224; m&#233;moriser des connaissances qu'il oublie tr&#232;s vite, du simple fait qu'elles ne sont mobilis&#233;es par aucune comp&#233;tence essentielle. C'est encore et toujours la quantit&#233; des savoirs que l'on choisit au d&#233;triment de la qualit&#233; de leur assimilation. Changer l'&#233;cole signifie modifier le rapport de force entre le seul et unique savoir d'un c&#244;t&#233;, et, de l'autre, un savoir au service de l'acquisition de ressources et d'un entra&#238;nement permettant de les mobiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur se prononce pour l'all&#233;gement des connaissances (dont la possession ne garantit pas l'aptitude &#224; savoir s'en servir), au profit de ces comp&#233;tences qui ne s'enseignent pas, mais qui se construisent. Ce sont ces capacit&#233;s &#224; identifier, &#233;valuer, faire valoir ses ressources, ses droits, ses limites et ses besoins, &#224; conduire des projets et construire des strat&#233;gies, &#224; analyser des situations, &#224; savoir coop&#233;rer et travailler en synergie, &#224; g&#233;rer et d&#233;passer des conflits, &#224; jouer avec les r&#232;gles, s'en servir et apprendre &#224; en &#233;laborer. La socialisation et l'apprentissage du vivre ensemble &#8212; qui constituent l'une des missions de l'&#233;cole &#8212; est une longue marche que n'ont int&#233;r&#234;t &#224; conduire &#224; son terme que ceux qui ne sont pas s&#251;rs d'&#234;tre toujours vainqueurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Chronique Sociale, 2004 (192 p. ; 16,80 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le succ&#232;s des ateliers d'&#233;criture</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-succes-des-ateliers-d-ecriture</link>
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		<dc:subject>702</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apprendre &#224; mieux formuler sa pens&#233;e sur le papier se pratique de plus en plus. Le secteur socio-&#233;ducatif n'&#233;chappe pas &#224; cet engouement. Que ce soit des assistantes sociales, des assistantes maternelles ou encore de jeunes primo-d&#233;linquants, &#233;crire en groupe, sous la houlette bienveillante d'une animatrice, semble avoir pour tous un effet bienveillant, voire r&#233;parateur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des assistantes sociales &#233;crivent &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'initiative du Comit&#233; de liaison et de coordination de services sociaux (Clicoss) de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apprendre &#224; mieux formuler sa pens&#233;e sur le papier se pratique de plus en plus. Le secteur socio-&#233;ducatif n'&#233;chappe pas &#224; cet engouement. Que ce soit des assistantes sociales, des assistantes maternelles ou encore de jeunes primo-d&#233;linquants, &#233;crire en groupe, sous la houlette bienveillante d'une animatrice, semble avoir pour tous un effet bienveillant, voire r&#233;parateur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des assistantes sociales &#233;crivent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'initiative du Comit&#233; de liaison et de coordination de services sociaux (Clicoss) de Seine-Saint-Denis, un groupe d'assistantes sociales s'est r&#233;uni pendant un an pour jeter sur le papier leurs doutes, leur rage, leurs insatisfactions mais aussi leurs convictions et leurs bonheurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quinze revues sont dispos&#233;es sur la table, chacune d&#233;cor&#233;e d'un bolduc. G&#226;teaux et bouteilles ach&#232;vent de donner un air de f&#234;te &#224; la remise de ce vingt-neuvi&#232;me PLUME&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le journal est propos&#233; hors adh&#233;sion au prix de 6 euros. Contacter le Clicoss (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#8212; la revue du Clicoss 93 &#8212; remise en avant-premi&#232;re &#224; chaque participante de l'atelier d'&#233;criture dont est issu ce num&#233;ro sp&#233;cial. A deux ou trois exceptions pr&#232;s, elles sont toutes l&#224;, elles qui pendant un an, &#224; raison d'une matin&#233;e par mois, ont v&#233;cu l'aventure de &#171; Dire son m&#233;tier &#187;, le dire non plus en r&#233;union, entre deux portes ou sous forme de rapport, mais le dire autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, remarque Nicole Barrocco, l'une des deux animatrices : &#171; Si l'&#233;crit dans notre soci&#233;t&#233; semble devenu la mesure de toutes choses et (si) les travailleurs sociaux sont tenus de plus en plus de fournir &#233;norm&#233;ment d'&#233;crits professionnels dont l'exigence de rationalit&#233; est capitale et les enjeux d&#233;cisifs (&#8230;) ils produisent peu d'&#233;crits eux-m&#234;mes, en dehors de ces &#233;crits institutionnels et encore moins d'&#233;crits sur le vif du m&#233;tier, sur leur v&#233;cu, leurs questionnements au fil des interventions et des situations auxquelles ils sont confront&#233;s. &#187; Alors, pour tenter de briser ce silence et s'appuyant sur une exp&#233;rience pr&#233;c&#233;dente en Indre-et-Loire, la d&#233;l&#233;gu&#233;e du Clicoss a propos&#233; au conseil g&#233;n&#233;ral de mettre en place un atelier d'&#233;criture, projet engag&#233; et men&#233; &#224; terme au long de l'ann&#233;e scolaire 2002-2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;part, il est arr&#234;t&#233; que ce travail doit aboutir &#224; un num&#233;ro de PLUME et qu'il n'y aura aucune censure. Objectif r&#233;alis&#233; : un an apr&#232;s le d&#233;but de l'atelier para&#238;t un num&#233;ro tout &#224; fait exceptionnel, tant par son contenu que par la qualit&#233; de sa pr&#233;sentation. Quant &#224; la libert&#233; de ton, on la trouve au d&#233;tour de certains textes bien sentis, tel un &#171; Petit doigt sur la couture &#187; qui risque de faire grincer quelques dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce texte-l&#224; est individuel, la plupart de ceux publi&#233;s r&#233;sultent du montage de chapitres ou de phrases qui, sur un m&#234;me sujet, trouvent leur coh&#233;rence dans une &#233;motion partag&#233;e. Isabelle Arenque, venue tardivement au service social et pour qui &#233;crire &#233;quivalait &#224; &#171; un accouchement sans p&#233;ridurale &#187;, s'en &#233;tonne encore : &#171; Chaque fois qu'on &#233;crivait des choses &#8212; nous pourtant si diff&#233;rentes &#8212; on trouvait des r&#233;sonances qui nous donnaient un point d'accroche. &#187; Sa motivation, en se pr&#233;sentant &#224; l'atelier, &#233;tait d'abord d'&#234;tre moins en difficult&#233; par rapport &#224; l'&#233;crit, de trouver des techniques pour arriver &#224; d&#233;velopper sa pens&#233;e sur le papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, d&#232;s la premi&#232;re s&#233;ance &#8212; une mise en bouche par le jeu des cadavres exquis &#8212; elle d&#233;couvre un plaisir, un plaisir qui ira s'accentuant au fil de l'ann&#233;e et une cr&#233;ativit&#233; dont elle ne se soup&#231;onnait pas capable. C'est ainsi qu'elle s'exerce avec bonheur aux ha&#239;kus, ces tr&#232;s courts textes japonais qui, dit-elle, l'int&#233;ressent en ce qu'ils t&#233;moignent &#171; d'une impression &#224; un moment donn&#233;. &#187; Ha&#239;kus, po&#232;mes, courts textes &#233;maillent le num&#233;ro de Plume comme autant de soupirs, d'interrogations, d'&#233;clats de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme pour Isabelle Arenque, c'est la difficult&#233; d'expression qui a pouss&#233; &#201;liane Pioli &#224; s'inscrire &#224; l'atelier. Cette assistante sociale de la CRAMIF a, par le pass&#233;, particip&#233; &#224; un atelier d'&#201;lisabeth Bing et trouv&#233; que &#171; cela lui avait lib&#233;r&#233; l'esprit autant que l'&#233;criture. &#187; Toutefois elle a quelque retenue &#224; se retrouver dans le groupe et participe avec une certaine m&#233;fiance aux premi&#232;res s&#233;ances. Puis, dit-elle, elle a commenc&#233; &#224; sentir le groupe se souder, devenir une entit&#233; et elle a pu &#171; d&#233;passer l'&#233;motion qui bloque pour trouver les mots qui en rendent compte. &#187; Elle a aussi en t&#234;te un projet plus personnel qu'elle n'est pas parvenue jusque-l&#224; &#224; concr&#233;tiser : celui d'&#233;crire &#224; ses deux enfants l'histoire de leur adoption. Le d&#233;roulement des s&#233;ances va l'y aider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, l'animatrice lit un texte puis propose un sujet en rapport avec la vie personnelle. &#192; une proposition autour du &#171; A qui &#233;crivez-vous, comment, dans quelles circonstances ? &#187; &#201;liane voit l'occasion d'&#233;voquer ce moment si fort de sa vie mais, invit&#233;e &#224; lire son texte, l'&#233;motion la submerge et c'est sa voisine qui prend le relais. Aujourd'hui &#201;liane n'a pas encore &#233;crit d'autres pages &#224; ses enfants mais elle sait que cela, un jour ou l'autre, se fera&#8230; L'atelier a &#233;t&#233; &#233;galement pour elle la possibilit&#233; de confronter son v&#233;cu d'assistante sp&#233;cialis&#233;e avec des coll&#232;gues venues d'autres horizons et ceci, en deuxi&#232;me partie, quand il fallait passer du personnel au professionnel. Nicole Barrocco se souvient de la difficult&#233; pour le groupe de r&#233;pondre &#224; une question aussi &#233;vidente que celle-ci : &#171; Que ne savez-vous pas faire ? &#187; et, surtout : &#171; Que savez-vous faire ? &#187; Passe encore pour les savoir-faire domestiques, artistiques ou intellectuels mais pour ce qui est des comp&#233;tences professionnelles : grande perplexit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, la lecture des textes sera le pr&#233;texte &#224; parler de la pratique, Yvette Moulin, la deuxi&#232;me intervenante, jetant les passerelles, &#233;tablissant les liens, invitant aux associations ou confrontations. Assistante sociale de formation, elle ne cesse de s'&#233;tonner : &#171; Que de comp&#233;tences apparaissent alors ! Relevant de &#171; l'&#233;vidence &#187; diront certains ! C'est-&#224;-dire d'un m&#233;lange complexe et mouvant de savoir-&#234;tre, de formations initiales, de formations professionnelles ou d'exp&#233;riences, &#171; le savoir-faire &#187;&#8230; Comp&#233;tences trop souvent m&#233;connues, mal nomm&#233;es : &#233;coute, observation, recueil d'informations, mais aussi analyse, adaptation constante, ruse, &#171; travail en apn&#233;e &#187;, acharnement, anticipation, d&#233;brouillardise&#8230; bricolages nobles qui doivent constamment faire le lien entre des valeurs g&#233;n&#233;rales et des sujets particuliers. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie-Line Vergnes, elle, n'a pas de probl&#232;mes avec l'&#233;criture. Elle s'y adonne sans retenue et a m&#234;me publi&#233; un livre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Le travail social au c&#339;ur des paradoxes, L'Harmattan, 2002. Commander ce (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle voit dans cette offre de participer &#224; l'atelier l'occasion de &#171; d&#233;gager un moment pour (se) faire plaisir &#187; et prendre du recul par rapport &#224; sa profession, en appuyant sa r&#233;flexion sur les &#233;crits des autres. Comme ses coll&#232;gues, elle trouve du r&#233;confort dans le fait que &#171; l'on se sente tr&#232;s proches dans notre ressenti (et que) l'on exprimait toutes, de fa&#231;on diff&#233;rente des choses similaires &#187; En d&#233;couvrant &#171; le patchwork final &#187;, elle peut reconna&#238;tre la patte de chacune et &#171; en lisant chaque &#233;crit, revoir le visage de la coll&#232;gue et m&#234;me la couleur du moment o&#249; cela a &#233;t&#233; &#233;crit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les &#233;motions fortes qui les soudent : leurs difficult&#233;s face aux situations qui mettent en sc&#232;ne des m&#232;res et des enfants. Dans &#171; Clignotants danger &#187;, c'est la confrontation avec une charmante jeune femme infanticide ; dans &#171; Pers&#233;v&#233;rance, ma&#238;tre mot &#187; : la litanie des appels t&#233;l&#233;phoniques, courriers, relances qui sont le quotidien de l'AS en recherche d'h&#233;bergement. Et trop souvent, au bout, l'impuissance&#8230; Pour toutes les participantes, l'atelier a constitu&#233; une parenth&#232;se de bonheur dans leur quotidien professionnel et souvent personnel. Il a donn&#233; envie &#224; certaines de continuer &#224; &#233;crire, &#224; d'autres de reprendre des &#233;tudes, &#224; toutes de faire lire ces textes &#224; leur entourage, &#171; Pour montrer &#224; mon mari pourquoi je suis si fatigu&#233;e le vendredi soir &#187;, aux coll&#232;gues &#171; Pour partager et leur donner envie de s'inscrire la prochaine fois &#187;. Elles en sont sorties plus s&#251;res d'elles, plus confiantes, plus battantes. Partantes, &#244; combien ! pour un nouveau projet : celui de mettre en sc&#232;ne leurs &#233;crits pour qu'un public plus large les &#233;coute Dire leur m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des assistantes maternelles &#233;crivent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elles sont mal connues et leur m&#233;tier souffre d'un manque de lisibilit&#233;. Alors, &#224; l'initiative de l'une d'elles, elles ont d&#233;cid&#233; de se retrouver r&#233;guli&#232;rement pour &#233;changer leurs exp&#233;riences et leurs souvenirs. De ces rencontres est n&#233; un livre, d&#233;di&#233; &#224; tous ces enfants qui, un temps, ont travers&#233; leur vie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Jeanne qui, depuis longtemps, avait cette envie d'&#233;crire un livre sur son travail avec les enfants. C'est Yvette Moulin, formatrice au MRERS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Mouvement national des r&#233;seaux d'&#233;changes r&#233;ciproques de savoirs' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui, reprenant du service - social - pour renouveler des agr&#233;ments d'assistantes maternelles, s'interroge sur les comp&#233;tences et les repr&#233;sentations de cette cat&#233;gorie de professionnelles, si peu s&#251;res de leur l&#233;gitimit&#233; qu'elles se d&#233;finissent comme &#171; la derni&#232;re roue du carrosse &#187;. C'est un psychologue du service de l'accueil familial de l'Essonne, l'employeur, qui encourage le projet, n&#233; de la rencontre des deux femmes, de r&#233;unir un groupe d'assistantes maternelles et d'&#233;changer sur leurs v&#233;cus, &#171; v&#233;cus de m&#232;res, v&#233;cus d'&#233;poux, d'&#233;pouses, de femmes, de salari&#233;s&#8230; &#187;. C'est une premi&#232;re lettre de Jeanne &#224; des coll&#232;gues, qui donne le coup d'envoi &#224; une aventure de trois ann&#233;es &#8212; de novembre 1997 &#224; d&#233;cembre 2001 &#8212; &#224; laquelle participent sept femmes et un homme, hors institution, dans un espace de libert&#233;, chez Jeanne, sur la base du volontariat pour les assistantes, du b&#233;n&#233;volat pour l'animatrice, &#224; raison d'une fois par mois, entre quatorze et seize heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; d'un d&#233;sir et d'un constat, le groupe va peu &#224; peu s'organiser autour de trois imp&#233;ratifs : confidentialit&#233; et respect de toute expression, logistique rigoureuse, convivialit&#233;. La rencontre du d&#233;sir des assistantes maternelles et leur &#171; (&#8230;) principal souci d'&#234;tre authentiques, d'exprimer le mieux possible (leur) ressenti sur ce qu'(elles) vivaient, sur ce qu'elles comprenaient ou ne comprenaient pas &#187; avec les interrogations de la formatrice sur le hiatus entre leur positionnement de professionnelles et l'affichage d'un manque total de confiance en leurs comp&#233;tences, va permettre l'&#233;mergence d'une identit&#233; collective en m&#234;me temps que la diff&#233;renciation au sein du groupe. Yvette Moulin : &#171; Jamais, lors des premiers mois, alors que je ressentais le groupe comme homog&#232;ne, je n'aurais pu penser que chacune d'entre nous allait peu &#224; peu se r&#233;v&#233;ler avec autant d'authenticit&#233;, chacune avait son histoire, ses r&#233;flexions pertinentes sur ses exp&#233;riences&#8230; Plus je les connaissais, et plus chacune d'entre elles m'apparaissait comme &#171; une mine d'exp&#233;riences &#187; et de savoirs transmissibles &#224; partager pour mieux comprendre cette fonction qu'elles assumaient. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que tout autre m&#233;tier, celui d'assistante maternelle m&#234;le pratiques maternelles et pratiques professionnelles, activit&#233;s domestiques et activit&#233;s &#233;ducatives et se nourrit d'un v&#233;cu qui appara&#238;t au fil des pages marqu&#233; par les difficult&#233;s, l'abandon, la solitude. C'est Katia, orpheline marocaine &#224; l'enfance servile ; Colette, abus&#233;e par son beau-p&#232;re ; Marie-Jos&#233;, jeune m&#232;re portugaise s&#233;par&#233;e de sa fille malade, emmur&#233;e dans son silence&#8230; Comme en &#233;cho, leur r&#233;pondent les enfants qui ont travers&#233; leurs vies &#8212; pour quelques jours ou plusieurs ann&#233;es &#8212;_ et c'est certainement les pages les plus &#233;mouvantes que celles qui racontent ces histoires d'enfances bris&#233;es : Caroline et Fr&#233;d&#233;ric rendus &#224; leur m&#232;re et br&#251;l&#233;s vifs dans l'appartement, Claire qui ne conna&#238;t que la violence, Thierry, ing&#233;rable, qui finira par partir&#8230; Il y a aussi tous ceux qui se sont reconstruits, ont pu retrouver leur famille et ceux qui sont rest&#233;s : Sophie, Jacques, Sonia&#8230; Il y a des moments difficiles et les moments de joie ; il y a les familles des enfants et sa propre famille et surtout, pourrait-on dire, il y a les travailleurs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-ci, &#224; quelques heureuses exceptions pr&#232;s, ne sortent pas grandis de l'affaire : &#171; Combien de travailleurs sociaux font r&#233;ellement confiance aux assistantes maternelles ? &#187; interroge l'une des participantes ; &#171; Il est regrettable que, pleins de leur &#171; savoir th&#233;orique &#187; certains n'&#233;coutent pas les messages transmis (&#8230;) &#187; regrette une autre. Et de constater : &#171; L'avis du quotidien, ce n'est pas rien ! &#187;. En effet, au-del&#224; de ces r&#233;cits de vie, de ces r&#233;flexions sur la difficult&#233; d'&#234;tre reconnue - &#171; C'est dur de dire qu'on fait un &#171; m&#233;tier &#187; alors qu'on est &#224; la maison &#187; - ce qui ressort de tous ces t&#233;moignages est le manque de reconnaissance de l'administration, l'aide sociale &#224; l'enfance, et tout particuli&#232;rement des assistantes sociales. Si les &#233;ducatrices apparaissent peu et si les psychologues ne sont pas &#233;pargn&#233;s - &#171; La psy me remet &#224; ma place (&#8230;) A qui exprimer mon d&#233;sarroi. ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assistante sociale comme la psy sont &#224; l'&#233;coute de cet enfant : qui peut entendre que cet enfant me perturbe de plus en plus profond&#233;ment par sa mani&#232;re de fonctionner ? &#187; - ce sont elles qui symbolisent le m&#233;pris dans lequel les assistantes maternelles se sentent tenues. Les accusations sont fortes, &#224; la mesure de la d&#233;ception : &#171; Nous ne sommes que des employ&#233;es ; nous n'avons pas notre mot &#224; dire &#187; ; et encore : &#171; Nous ne sommes que des outils que l'on peut manipuler, d&#233;placer ou rejeter comme bon leur semble&#8230; &#187;. Inaptes &#224; r&#233;pondre au sentiment de non-reconnaissance de leur travail et de leurs difficult&#233;s, &#224; la crainte de perdre leur agr&#233;ment, &#224; leur solitude, les intervenants sociaux et l'administration aggravent souvent la situation par un positionnement imb&#233;cile. Confront&#233;e &#224; Thierry, un enfant extr&#234;mement perturb&#233; qu'elle ne parvient pas &#224; cadrer, l'une des participantes t&#233;moigne de l'abandon dans lequel elle s'est retrouv&#233;e, puis des mesures de r&#233;torsion que son obstination lui a value. &#171; Le seul sentiment qui me reste de cette exp&#233;rience, &#233;crit-elle, c'est de voir des &#233;ducateurs, des assistantes sociales, des psychologues, des m&#233;decins avoir cette toute-puissance sur nous, sur notre carri&#232;re, sur notre vie. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au travers de ces pages appara&#238;t la complexit&#233; d'une profession hors norme, mal connue, peu reconnue, une profession o&#249; chacune puise en elle-m&#234;me des tr&#233;sors d'amour et de patience et o&#249; le savoir-faire se marie intimement au savoir-&#234;tre. Un m&#233;tier dont chaque &#233;tape porte un nom d'enfant. Yvette Moulin : &#171; L'objectif de ce groupe &#233;tait double : &#233;crire sur notre v&#233;cu, transmettre nos exp&#233;riences, pour soi, pour sa propre famille, pour les enfants gard&#233;s et, &#224; partir de ces &#233;crits, rep&#233;rer les savoir-faire, les comp&#233;tences n&#233;cessaires &#224; la fonction, par l&#224; m&#234;me mieux percevoir cette fonction et le contexte dans lequel elle s'exerce. &#187; La mission a &#233;t&#233; accomplie : le groupe est rest&#233; uni et se retrouve de temps en temps autour d'un repas. Certes, deux ans apr&#232;s, les fragilit&#233;s remontent &#224; la surface mais chacune a compris qu'il y avait des strat&#233;gies pour sortir du silence et prendre la parole. Pour les enfants. Pour elles. Pour leurs familles. Et pour les travailleurs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des jeunes en difficult&#233; &#233;crivent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce sont des adolescents, certains encore des enfants. Ils ont vol&#233; des CD, piqu&#233; des pi&#232;ces de scooter, rackett&#233; ou tap&#233; un camarade&#8230; Ils sont pass&#233;s devant le juge qui a ordonn&#233; une mesure de r&#233;paration. Parmi les mesures innovantes : l'atelier d'&#233;criture qui permet tout &#224; la fois de se r&#233;approprier l'histoire et de s'imaginer &#224; la place de la victime. Pour mieux mettre un point final &#224; l'&#233;pisode&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;gis a 17 ans ; il est ma&#231;on et a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; alors qu'il gardait les mobylettes de ses copains occup&#233;s &#224; &#171; d&#233;pouiller &#187; un scooter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papy a 14 ans ; il est en cinqui&#232;me et les parents d'un de ses camarades de classe ont port&#233; plainte contre lui pour violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aurore a 13 ans ; elle est en quatri&#232;me et, avec deux amies, elle s'est fait interpeller par des vigiles au sortir d'un grand magasin o&#249; elles avaient piqu&#233; divers colifichets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous trois ont comparu devant le substitut du procureur, lequel a d&#233;cid&#233; d'une mesure alternative, charge au SERP (Service &#233;ducatif de r&#233;paration p&#233;nale) de l'ADSEA du 93 d'en d&#233;finir le contenu. Parmi les activit&#233;s r&#233;paratrices, la r&#233;daction d'une lettre &#8212; &#224; la victime, au procureur, aux parents&#8230; &#8212; a, depuis trois ans, fait la preuve de son efficacit&#233; et l'atelier, cr&#233;&#233; et anim&#233; par Martine Cl&#233;ment, accueille &#224; intervalles r&#233;guliers son lot de jeunes primo-d&#233;linquants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entr&#233;e il y a 5 ans au SERP comme m&#233;diatrice, Martine Cl&#233;ment est alors amen&#233;e &#224; partager la pr&#233;occupation de l'&#233;quipe qui, pour des raisons p&#233;dagogiques, r&#233;fl&#233;chit &#224; la mise en place d'activit&#233;s de groupes. Elle-m&#234;me travaille depuis longtemps sur l'&#233;crit, aupr&#232;s de professionnels du social et d'autres secteurs et elle propose de mettre son exp&#233;rience au service des mineurs. La r&#233;daction d'une lettre n'est pas vraiment une nouveaut&#233; et magistrats et &#233;ducateurs invitent depuis un certain temps les jeunes &#224; s'y soumettre. Toutefois, la d&#233;marche n'est pas formalis&#233;e, le destinataire non pr&#233;cis&#233; et la lettre est le plus souvent griffonn&#233;e sur un coin de table. L'atelier, au contraire, offre un lieu rep&#233;r&#233; &#8212; une salle dans les locaux de l'ADSEA &#8212; un destinataire et intervient en fin de mesure, apr&#232;s que le mineur ait eu des entretiens avec l'&#233;ducateur r&#233;f&#233;rent et une r&#233;flexion sur son acte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;gis, Papy et Aurore sont donc convoqu&#233;s ce mercredi apr&#232;s-midi pour une heure et demi de travail et prennent place autour de la grande table. Martine Cl&#233;ment a au pr&#233;alable rencontr&#233; leurs &#233;ducateurs respectifs pour avoir des informations sur leur d&#233;lit et leur personnalit&#233;. Ainsi appara&#238;t-il que Papy, certes coupable de violences envers le jeune Kevin, a sans doute pay&#233; le prix fort du fait que son camarade &#233;tait fils de policier. La s&#233;ance d'aujourd'hui devrait lui permettre tout &#224; la fois de s'approprier son acte mais aussi de se d&#233;charger d'une culpabilit&#233; excessive. Pour certains, un &#233;crit a &#233;t&#233; d&#233;j&#224; produit : pour Papy, lors d'un entretien avec son &#233;ducatrice, &#171; afin d'avoir un support &#187; ; pour Aurore, chez elle, &#224; la demande de ses parents car &#171; c'est dur de parler de ces choses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martine Cl&#233;ment introduit la s&#233;ance en expliquant &#224; qui la lettre est destin&#233;e &#8212; en l'occurrence le substitut du procureur &#8212; sur quoi elle doit porter et dans quel ordre. Tout de suite, la difficult&#233; majeure surgit. D&#232;s la premi&#232;re phrase : &#171; Madame la Substitut, je vous &#233;cris pour vous faire part de mon interpellation&#8230; &#187; ; &#171; Monsieur le Substitut, les faits suivants m'ont &#233;t&#233; reproch&#233;s &#187;&#8230; langage juridico-policier qui, en fait, met &#224; distance l'acte, &#233;vite l'implication. Martine Cl&#233;ment rappelle donc que le magistrat conna&#238;t le dossier et attend autre chose, &#224; savoir le r&#233;cit de ce qui s'est r&#233;ellement pass&#233; et les r&#233;flexions que cet acte a suscit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est le premier pas, constate-t-elle : passer du &#171; on me reproche &#187; au &#171; j'ai fait &#187; &#187;&#8230; R&#233;gis, Papy et Aurore repartent donc sur une autre accroche &#171; Ce jour-l&#224;, c'&#233;tait &#224; la r&#233;cr&#233;ation et l'histoire s'est pass&#233;e entre Kevin et moi &#187;, &#171; L'id&#233;e m'est venue au Mac Do, avec mes copines&#8230; &#187; Les deux plus jeunes s'en sortent plut&#244;t bien et parviennent sans trop de difficult&#233;s &#224; reconstituer le puzzle. R&#233;gis, lui, a du mal : il a quitt&#233; l'&#233;cole et ne ma&#238;trise gu&#232;re l'orthographe et la syntaxe, pas plus que la chronologie. Martine Cl&#233;ment finit par lui proposer d'&#233;crire sous sa dict&#233;e, ce qui permet des &#233;changes, sur la forme mais surtout sur le fond. L&#224; o&#249; l'adolescent minimise sa responsabilit&#233; &#171; Moi je n'ai pas vol&#233;, je surveillais seulement les mobs &#187;, elle met des mots &#8212; complicit&#233;, vol en r&#233;union &#8212; et le pousse doucement dans ses retranchements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous trois sont enfin parvenus &#224; relater les faits, dans l'ordre et &#224; la premi&#232;re personne. L'animatrice leur demande maintenant de se mettre &#224; la place de leur victime : qu'auraient-ils ressenti, comment auraient-ils agi&#8230; &#171; En g&#233;n&#233;ral, constate-elle, ils sont tr&#232;s durs avec eux-m&#234;mes &#187; et, si R&#233;gis reste conventionnel dans sa r&#233;ponse &#171; je pense que si on m'avait fait la m&#234;me chose j'aurais pas aim&#233; ! &#187; &#8212; Papy, lui, est en totale empathie avec sa victime &#8212; &#171; J'ai compris les cons&#233;quences que &#231;a a eu pour Kevin, pour ses parents, la peur de Kevin apr&#232;s cette histoire, le changement d'&#233;tablissement. Tout a chang&#233; pour lui. &#187; Quant &#224; Aurore, s'il lui est difficile de pr&#234;ter des sentiments &#224; sa victime &#8212; le directeur du magasin ? Les vendeuses ? &#8212; Elle a tir&#233; le plus grand profit de son passage au vestiaire du Secours populaire &#8212; deuxi&#232;me volet de la mesure de r&#233;paration &#8212; &#171; Pour moi voler c'&#233;tait comme un jeu alors qu'eux (les usagers), qui n'ont rien, ils ne volent pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin derni&#232;re partie : qu'est ce que cela a chang&#233; dans leurs rapports familiaux ? Que voudraient-ils r&#233;parer ? De toute &#233;vidence, les parents d'Aurore ont pris l'affaire au s&#233;rieux et aid&#233; leur fille dans sa prise de conscience. Papy, lui, parle de sa m&#232;re : elle l'a soutenu mais il a eu honte de la voir au tribunal, d'autant qu'il y avait eu un pr&#233;c&#233;dent avec ses deux fr&#232;res a&#238;n&#233;s&#8230; Quant &#224; R&#233;gis, il d&#233;croche, et, malgr&#233; l'insistance de Martine Cl&#233;ment, b&#226;cle sa conclusion et avertit : &#171; Apr&#232;s &#231;a, c'est fini &#187;. Il reste toutefois &#224; mettre la lettre en forme, &#224; corriger les plus grosses fautes, &#224; inscrire son nom et signer. Seule Aurore souhaite garder une copie de ses &#233;crits ; les gar&#231;ons refusent. Chacun d'eux est ensuite re&#231;u par son &#233;ducateur pour un bilan, avant que la lettre soit envoy&#233;e &#224; son destinataire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette fois, regrette Martine Cl&#233;ment, il n'y a eu quasiment aucun &#233;change entre les participants. C'est souvent le cas dans les groupes mixtes &#187; Par contre, elle est amen&#233;e parfois &#224; recadrer les choses, certains valorisant leur acte, plus pr&#233;occup&#233;s de jouer les ca&#239;ds aux yeux de leurs camarades que soucieux de donner du sens &#224; leur acte. Il semble bien que l'atelier soit surtout efficace pour les plus jeunes : ils sont scolaris&#233;s et l'&#233;crit, m&#234;me s'ils ont des difficult&#233;s, leur est familier ; en outre, pour la plupart, c'est la premi&#232;re fois qu'ils commettent un acte d&#233;lictueux et l'arrestation par la police, la comparution devant le magistrat sont v&#233;cues de fa&#231;on honteuse, particuli&#232;rement pour ce que cela implique dans leurs relations familiales. Ce mercredi apr&#232;s-midi, il &#233;tait &#233;vident que Papy et Aurore prenaient tr&#232;s au s&#233;rieux ce qui leur &#233;tait demand&#233; alors que R&#233;gis &#8212; qui n'en &#233;tait pas &#224; son coup d'essai &#8212; le consid&#233;rait comme un moindre mal dont il fallait se d&#233;barrasser le plus vite possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lui, il n'est pas certain que l'&#233;criture de cette lettre aura l'effet escompt&#233;. Pour les deux autres, par contre, mettre des mots sur les faits, les gestes, les sentiments leur aura permis de se confronter au r&#233;el, de donner du sens &#224; leur acte, de lier les causes et les effets, de se reconna&#238;tre responsables de leurs actes et, s'&#233;tant r&#233;appropri&#233; l'histoire, de pouvoir tourner la page.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Martine Cl&#233;ment, chef d'atelier d'&#233;criture&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour tous les publics auxquels elle s'adresse, cette formatrice, qui se consacre pleinement au travail autour de l'&#233;crit, a une m&#234;me ambition : &#171; Faire qu'ils parviennent &#224; passer d'une &#233;criture-devoir &#224; une &#233;criture-communication &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire avec un doctorat de litt&#233;rature compar&#233;e en poche ? Comme la majorit&#233; des nouveaux dipl&#244;m&#233;s, Martine Cl&#233;ment s'oriente d'abord vers le professorat mais, apr&#232;s quelques ann&#233;es, bifurque vers les centres de formation. Dans le m&#234;me temps, elle s'int&#233;resse aux ateliers d'&#233;criture o&#249; elle-m&#234;me suit une formation d'un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa r&#233;flexion sur la difficult&#233; &#224; &#233;crire pour des gens exer&#231;ant des professions de tradition orale lui permet d'&#234;tre d&#233;tach&#233;e &#224; la Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignations, avec mission d'aider les gardiens d'immeubles &#224; acc&#233;der &#224; une d&#233;marche d'&#233;criture. Cela correspond pour l'entreprise &#224; un souci de professionnalisation du m&#233;tier et concerne des personnes travaillant sur leur lieu de vie &#8212; la situation est identique pour les assistantes maternelles. Faire sortir les gardiens de chez eux et leur offrir un espace neutre est donc la premi&#232;re &#233;tape vers la &#171; visibilit&#233;. &#187; Les amener ensuite &#224; exprimer leur v&#233;cu et leurs pr&#233;occupations &#224; travers l'&#233;criture constitue le pari relev&#233; par Martine Cl&#233;ment. Forte de cette exp&#233;rience, elle quitte alors l'&#201;ducation nationale et devient formatrice ind&#233;pendante, continuant &#224; intervenir dans le m&#234;me secteur. Les gardiens s&#233;lectionn&#233;s pour cette formation &#233;tant essentiellement ceux exer&#231;ant en zones sensibles, elle est confront&#233;e pendant les s&#233;ances &#224; la question des conflits, de la violence, de la pr&#233;carit&#233;&#8230; Elle d&#233;cide alors de suivre une formation de m&#233;diateur et, dit-elle : &#171; C'est comme &#231;a que je suis arriv&#233;e dans le social &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a cinq ans, elle r&#233;pond &#224; une annonce de la Sauvegarde qui recherche un m&#233;diateur pour son service de r&#233;paration p&#233;nale et elle se retrouve dans une &#233;quipe &#233;ducative qui r&#233;fl&#233;chit &#224; la cr&#233;ation d'activit&#233;s r&#233;paratrices en groupes. Elle propose l'atelier d'&#233;criture, qui sera mis en place deux ans plus tard. Entre-temps, elle a quitt&#233; l'association pour se consacrer pleinement au travail autour de l'&#233;crit. Aujourd'hui, Martine Cl&#233;ment multiplie les interventions : aupr&#232;s des jeunes primo d&#233;linquants, des &#233;tudiants de l'IUT de Paris, de ceux de l'&#233;cole d'&#233;ducateurs de Neuilly-sur-Marne. Les &#233;tablissements la sollicitent pour accompagner leurs &#233;quipes dans l'&#233;laboration d'outils tels le livret d'accueil, le journal interne, le rapport d'activit&#233;. Dans l'Essonne, elle anime un atelier pour les jeunes professionnels du secteur m&#233;dico-social : AS, CESF, pu&#233;ricultrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces stages se sont d&#233;velopp&#233;s avec la reconnaissance des droits des usagers : acc&#232;s au dossier m&#233;dical, lecture des rapports adress&#233;s aux magistrats. &#171; Partout, constate Martine Cl&#233;ment, on trouve une grande souffrance autour de l'&#233;crit : les gens y consacrent beaucoup de temps et d'&#233;nergie mais consid&#232;rent que ce n'est pas forc&#233;ment la partie la plus importante de leur profession ; eux se d&#233;signent avant tout comme &#171; du terrain &#187; &#187; L'une de ses pr&#233;occupations essentielles est donc de faire comprendre que l'&#233;crit va aider &#224; la prise de d&#233;cision et que c'est un passage oblig&#233;. Le travail en atelier se fait autour des repr&#233;sentations, de l'h&#233;ritage scolaire, des souvenirs&#8230; Vient ensuite une partie plus technique, avec l'&#233;laboration de grilles, le transfert de la fa&#231;on de lire &#224; la fa&#231;on d'&#233;crire afin &#171; qu'ils (les travailleurs sociaux) puissent passer moins de temps &#224; &#233;crire, en toute bonne conscience. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la dimension &#233;thique cl&#244;t la d&#233;marche, en invitant &#224; r&#233;fl&#233;chir sur ce que l'on peut s'autoriser &#224; dire de cette personne, de cette famille&#8230; Pour tous les publics auxquels elle s'adresse, Martine Cl&#233;ment a une m&#234;me ambition : &#171; Faire qu'ils parviennent &#224; passer d'une &#233;criture-devoir &#224; une &#233;criture-communication &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le journal est propos&#233; hors adh&#233;sion au prix de 6 euros. Contacter le Clicoss - 22 rue Hector Berlioz - 93000 Bobigny. T&#233;l : 01 48 32 93 98&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le travail social au c&#339;ur des paradoxes, L'Harmattan, 2002. &lt;a href=&#034;http://ad.zanox.com/ppc/?15085919C80744305T&amp;ULP=http://www3.fnac.com/advanced/book.do?isbn=2747521826&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Commander ce livre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mouvement national des r&#233;seaux d'&#233;changes r&#233;ciproques de savoirs&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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