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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Apr&#232;s Outreau, quelle place pour la parole de l'enfant ?</title>
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		<title>&#171; En cas de plainte, agir dans la transparence &#187;</title>
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&lt;p&gt;Et si un jour, un jeune se plaignait devant vous de votre coll&#232;gue ou &#224; l'inverse qu'il se plaignait de vous en &#233;voquant un attouchement sexuel ? Claude Bynau, psychologue, a re&#231;u un jour l'une de ces confidences. Il nous explique comment il a agi, en faisant compl&#232;tement confiance &#224; la proc&#233;dure judiciaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous avez &#233;t&#233; confront&#233;, il y a de cela quelques ann&#233;es, &#224; la d&#233;nonciation d'un &#233;ducateur par une adolescente. Comment avez-vous r&#233;agi ? &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'occasion d'un entretien clinique classique r&#233;alis&#233; dans un (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Et si un jour, un jeune se plaignait devant vous de votre coll&#232;gue ou &#224; l'inverse qu'il se plaignait de vous en &#233;voquant un attouchement sexuel ? Claude Bynau, psychologue, a re&#231;u un jour l'une de ces confidences. Il nous explique comment il a agi, en faisant compl&#232;tement confiance &#224; la proc&#233;dure judiciaire&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez &#233;t&#233; confront&#233;, il y a de cela quelques ann&#233;es, &#224; la d&#233;nonciation d'un &#233;ducateur par une adolescente. Comment avez-vous r&#233;agi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'occasion d'un entretien clinique classique r&#233;alis&#233; dans un &#233;tablissement agr&#233;&#233; ASE et PJJ, qui accueille des adolescent (e) s, une jeune fille m'a parl&#233; du comportement d'un &#233;ducateur. Elle m'a expliqu&#233; qu'alors qu'elle se plaignait d'avoir mal au dos, l'&#233;ducateur lui a propos&#233; de la soigner. Il lui a mis de la pommade et a pratiqu&#233; un massage. Elle a trouv&#233; bizarre qu'il ferme la porte de la chambre et qu'il la masse si longtemps. Selon elle, il a fini par avoir les mains baladeuses. Je lui ai demand&#233; si elle s'&#233;tait sentie en ins&#233;curit&#233; et si, &#224; son avis, le comportement de l'&#233;ducateur avait d&#233;pass&#233; les limites. Elle m'a confirm&#233; avoir ressenti un grand malaise. Je lui ai alors dit que je ne pouvais pas garder cela pour moi, que j'allais en parler au directeur et qu'on serait peut-&#234;tre amen&#233; &#224; faire un signalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la journ&#233;e, j'ai fait part au directeur de l'&#233;tablissement des propos tenus par la jeune fille. Nous avons fait un signalement. Comme l'&#233;ducateur &#233;tait de service ce jour l&#224;, le directeur l'a convoqu&#233;, lui a expliqu&#233; la situation et a d&#233;cid&#233; de prendre &#224; son &#233;gard une mesure conservatoire, lui demandant de rentrer chez lui. Il fallait &#233;viter qu'il ne croise la jeune fille, avec le risque, qu'il fasse pression sur elle, soit en toute bonne foi, soit parce qu'il avait effectivement d&#233;rap&#233;. Il valait mieux couper court. Le procureur a demand&#233; une enqu&#234;te de gendarmerie qui a d&#233;marr&#233; trois ou quatre jours plus tard. Elle a abouti, au bout de trois semaines, &#224; un classement sans suite. L'&#233;ducateur a &#233;t&#233; r&#233;int&#233;gr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y a eu discussion au sein de l'institution. Des salari&#233;s ont pris position contre l'&#233;ducateur, consid&#233;rant inadmissible son attitude suppos&#233;e. D'autres ont pris sa d&#233;fense, en accusant la jeune fille de fabuler ou de vouloir r&#233;gler des comptes. Il a fallu rappeler &#224; tous qu'il ne nous appartenait pas d'avoir &#224; dire s'il y avait eu quelque chose ou pas. Notre mission &#233;tait bien de prot&#233;ger &#224; la fois la jeune fille et le coll&#232;gue de toute appr&#233;ciation h&#226;tive et de s'en remettre &#224; la justice pour savoir s'il y avait lieu qu'il y ait poursuite ou pas. D&#232;s lors qu'il y a eu classement sans suite, nous avons exig&#233; que cessent les accusations vers l'un ou vers l'autre. Le n&#233;cessaire avait &#233;t&#233; fait. L'enqu&#234;te avait eu lieu. Le procureur avait tranch&#233;. Il n'y avait donc plus mati&#232;re &#224; faire des commentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment l'&#233;ducateur a-t-il v&#233;cu cette &#233;preuve ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avons rencontr&#233; tr&#232;s vite pour savoir comment il avait v&#233;cu cette p&#233;riode. Il nous a dit avoir &#233;t&#233; dans un premier temps tr&#232;s secou&#233;. Il avait particuli&#232;rement mal v&#233;cu que sa femme soit auditionn&#233;e. Pour son couple cela avait &#233;t&#233; difficile &#224; g&#233;rer. En plus, se retrouver en arr&#234;t pendant trois semaines, cela l'avait fait gamberger. Il en a d'abord voulu &#224; ceux qui avaient fait le signalement. Puis, apr&#232;s r&#233;flexion, il a trouv&#233; que c'&#233;tait la moins mauvaise solution, parce que les choses au moins avaient &#233;t&#233; claires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait convaincu que c'&#233;tait la meilleure proc&#233;dure &#224; adopter car cela avait permis de couper court &#224; tous les fantasmes et propos diffamatoires qui n'auraient pas manqu&#233; de circuler tr&#232;s vite. Si rien n'avait &#233;t&#233; fait et que la jeune fille en avait parl&#233; &#224; d'autres intervenants sociaux, le r&#233;sultat aurait &#233;t&#233; bien pire. Cela aurait d&#233;cupl&#233; les suspicions &#224; son &#233;gard. En faisant le signalement tout de suite, nous avons opt&#233; pour la transparence et avons montr&#233; que nous n'avions rien &#224; cacher. M&#234;me si d&#232;s le d&#233;but, il s'est senti l'esprit tranquille, cette proc&#233;dure lui a permis d'autant plus facilement de tourner la page.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous pens&#233; que cela aurait tr&#232;s bien pu vous arriver &#224; vous aussi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r que j'y ai pens&#233;. Le meilleur moyen de faire preuve de sa bonne foi, c'est d'accepter que vous soit appliqu&#233;e la m&#234;me proc&#233;dure que pour tout le monde. Je rappelle que ce n'est l&#224; que l'application de la circulaire du 30 avril 2002 qui oblige les institutions &#224; mettre en place une proc&#233;dure type que doit conna&#238;tre chaque salari&#233; de l'&#233;tablissement et qui doit figurer dans le livret d'accueil. Si un jeune se plaint d'avoir &#233;t&#233; victime de maltraitance de la part d'un membre du personnel, il faut d'abord pr&#233;venir l'autorit&#233; administrative (la direction) qui se doit alors de faire un signalement au procureur. Les parents du mineur ainsi que son r&#233;f&#233;rent social ou le juge des enfants sous l'autorit&#233; duquel il se trouve doivent aussi en &#234;tre inform&#233;s. Il faut faire confiance &#224; la justice.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Penser le racisme - De la responsabilit&#233; des scientifiques</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Penser-le-racisme-De-la-responsabilite-des-scientifiques</link>
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		<dc:subject>715</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les scientifiques n'ont pas un comportement &#224; part : ils sont &#224; l'image de la soci&#233;t&#233; dans laquelle ils vivent. Ainsi, au XVIIIe si&#232;cle, quand les naturalistes se mettent &#224; nommer, classer, trier et hi&#233;rarchiser les organismes vivants, ils op&#232;rent de la m&#234;me fa&#231;on pour l'esp&#232;ce humaine. Tr&#232;s vite ils distinguent une race sup&#233;rieure (la blanche) et d'autres qu'ils consid&#232;rent comme inf&#233;rieures (noire, jaune&#8230;). Rares seront les intellectuels qui &#224; l'image de Condorcet s'opposeront avec courage &#224; cette perception (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L102xH150/arton337-47aa7.jpg?1694194345' width='102' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les scientifiques n'ont pas un comportement &#224; part : ils sont &#224; l'image de la soci&#233;t&#233; dans laquelle ils vivent. Ainsi, au XVIIIe si&#232;cle, quand les naturalistes se mettent &#224; nommer, classer, trier et hi&#233;rarchiser les organismes vivants, ils op&#232;rent de la m&#234;me fa&#231;on pour l'esp&#232;ce humaine. Tr&#232;s vite ils distinguent une race sup&#233;rieure (la blanche) et d'autres qu'ils consid&#232;rent comme inf&#233;rieures (noire, jaune&#8230;). Rares seront les intellectuels qui &#224; l'image de Condorcet s'opposeront avec courage &#224; cette perception qui s'av&#232;re largement r&#233;pandue. L'id&#233;e d'une causalit&#233; et d'un rapport de d&#233;termination direct et imm&#233;diat entre le biologique d'un c&#244;t&#233; et le social, le culturel et le psychologique de l'autre, s'impose dans presque toute la pens&#233;e scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur cite de nombreux savants couverts par ailleurs de r&#233;compenses et d'honneur, qui expriment les pires horreurs, tant sur la pr&#233;servation de la race par la reproduction privil&#233;gi&#233;e des plus intelligents, que sur l'&#233;limination des &#234;tres moralement inf&#233;rieurs ou l'inexistence des facult&#233;s intellectuelles, morales et spirituelles chez les primitifs. L'id&#233;ologie nazie n'est finalement que le produit de tous ces travaux pr&#233;tendant &#224; la supr&#233;matie occidentale. Son application en Allemagne &#224; partir de 1933 n'est que le prolongement direct de la dizaine d'&#201;tats am&#233;ricains qui adopt&#232;rent entre 1907 et 1913 des lois eug&#233;nistes pr&#233;voyant la st&#233;rilisation des &#233;pileptiques, des schizophr&#232;nes, des toxicomanes et des d&#233;ficients intellectuels. Si le Canada, la Suisse, la Su&#232;de et le Danemark suivirent cette voie, la France l'&#233;vitera toujours, et ce malgr&#233; les incantations de notre compatriote Charles Richet, prix Nobel en 1913, qui consid&#233;rait que la civilisation pervertissait la s&#233;lection naturelle, en donnant des avantages &#224; des d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s qui ne le m&#233;ritaient pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que largement d&#233;consid&#233;r&#233;es apr&#232;s que l'on ait constat&#233; leur concr&#233;tisation sous le r&#233;gime nazi, ces th&#233;ories ne dispara&#238;tront pas vraiment : &#224; la fin des ann&#233;es 1970, il se trouvera deux universitaires, anglais (Eysenk) et am&#233;ricain (Jensen) pour publier une &#233;tude pr&#233;tendant d&#233;montrer que l'intelligence &#233;tant h&#233;r&#233;ditaire et la race blanche sup&#233;rieure, l'aide apport&#233;e aux noirs n'&#233;tait que pure perte. L'homme appartient &#224; la classe des mammif&#232;res, &#224; l'ordre des primates, &#224; la famille des hominid&#233;s, au genre &#171; homo &#187; et &#224; l'esp&#232;ce &#171; sapiens &#187;. Une race est un ensemble d'individus qui se distingue des autres par un ou plusieurs caract&#232;res constants et transmissibles aux descendants. Et le sens commun pousse &#224; &#233;voquer des crit&#232;res imm&#233;diatement perceptibles (couleur de peau, des cheveux, forme du visage) pour classifier l'esp&#232;ce humaine. Ce que les g&#233;n&#233;ticiens ont d&#233;montr&#233;, c'est que deux habitants du m&#234;me village en apparence tr&#232;s proches pouvaient avoir plus de diff&#233;rence g&#233;n&#233;tique entre eux qu'avec un habitant de l'autre bout du monde. Le concept de race n'a donc aucune base scientifique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Calmann Levy, 2004 (158 p. ; 13 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Racisme, une histoire</title>
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		<dc:subject>715</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;[Titre non disponible] &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors m&#234;me qu'on assiste &#224; un renouveau inqui&#233;tant des r&#233;flexes racistes, il est important de prendre les moyens de r&#233;fl&#233;chir aux sources historiques de ce comportement imb&#233;cile et criminel. C'est ce que nous propose l'auteur dans un ouvrage passionnant. Il distingue ce qui rel&#232;ve de l'ethnocentrisme (consid&#233;rer son ethnie comme sup&#233;rieure aux autres), de la x&#233;nophobie (rejeter tout ce qui est &#233;tranger), du fanatisme religieux (pr&#233;tendre poss&#233;der la seule foi authentique), de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L102xH150/arton338-714a6.jpg?1694194345' width='102' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;[Titre non disponible]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors m&#234;me qu'on assiste &#224; un renouveau inqui&#233;tant des r&#233;flexes racistes, il est important de prendre les moyens de r&#233;fl&#233;chir aux sources historiques de ce comportement imb&#233;cile et criminel. C'est ce que nous propose l'auteur dans un ouvrage passionnant. Il distingue ce qui rel&#232;ve de l'ethnocentrisme (consid&#233;rer son ethnie comme sup&#233;rieure aux autres), de la x&#233;nophobie (rejeter tout ce qui est &#233;tranger), du fanatisme religieux (pr&#233;tendre poss&#233;der la seule foi authentique), de l'imp&#233;rialisme (imposer un mode de vie consid&#233;r&#233; comme civilisateur aux autres peuples), du racialisme (consid&#233;rer qu'il existe des caract&#232;res sp&#233;cifiques et transmissibles propres &#224; une cat&#233;gorie particuli&#232;re d'humains sans forc&#233;ment en d&#233;duire une hi&#233;rarchie et une sup&#233;riorit&#233;), du racisme proprement dit. &#171; Il y a racisme quand un groupe ethnique domine, exclut ou cherche &#224; &#233;liminer un autre, sur la base des diff&#233;rences qu'il croit h&#233;r&#233;ditaires ou fatales &#187; (p.189).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'antiquit&#233;, une distinction nette opposait les civilis&#233;s des barbares, sans que la couleur de peau ne joue aucun r&#244;le particulier et ne serve de base aux jugements n&#233;gatifs. On trouvait d'ailleurs des esclaves et des hommes libres porteurs de religions et de caract&#233;ristiques physiques les plus diverses. Avec l'av&#232;nement de la chr&#233;tient&#233; et de son ambition universaliste, ce qui est recherch&#233; c'est la conversion : les pr&#233;jug&#233;s &#233;taient forts &#224; l'encontre des juifs ou des musulmans. Mais ils n'&#233;taient plus valid&#233;s d&#232;s lors que l'individu avait &#233;t&#233; baptis&#233;. La couleur noire de la peau n'a inspir&#233; de la r&#233;pugnance aux Europ&#233;ens qu'apr&#232;s la g&#233;n&#233;ralisation de l'asservissement des Africains. C'est d'abord des pr&#233;textes religieux qui fondent la th&#233;orisation du racisme : la d&#233;signation du peuple juif comme assassin du Christ et du peuple noir comme descendant de Cham (fils de No&#233; qui aurait contempl&#233; la nudit&#233; de son p&#232;re et s'en serait moqu&#233;, d&#233;clenchant les foudres de Dieu qui pour le punir aurait condamn&#233; ses descendants &#224; rester esclaves). Avec la mont&#233;e du rationalisme et des &#201;tats nations bas&#233;s sur les principes de citoyennet&#233; et d'&#233;galit&#233; pour tous, la science s'est charg&#233;e de d&#233;montrer l'inf&#233;riorit&#233; de certaines cat&#233;gories humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au XIXe si&#232;cle que na&#238;t le mouvement eug&#233;niste qui pr&#233;tend vouloir prot&#233;ger la puret&#233; de la race blanche. Mais, c'est au XXe si&#232;cle que cette th&#233;orie sera appliqu&#233;e &#224; grande &#233;chelle dans trois r&#233;gimes racistes : les &#201;tats du sud des USA tout d'abord, l'Allemagne nazie et l'Afrique du Sud. Ces r&#233;gimes s'inspireront d'une id&#233;ologie revendiqu&#233;e comme raciste, interdisant les mariages inter-ehniques, organisant par la loi la s&#233;gr&#233;gation, l'exclusion du vote et de l'acc&#232;s &#224; la fonction publique ainsi que des ressources de communaut&#233;s enti&#232;res. Aujourd'hui, si la discrimination raciste a perdu toute cr&#233;dibilit&#233;, l'exclusion &#224; partir de la religion d'origine pourrait bien prendre le relais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Liana Levi, 2003 (222 p. ; 18 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Apr&#232;s Outreau, quelle place pour la parole de l'enfant ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Apres-Outreau-quelle-place-pour-la-parole-de-l-enfant</link>
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		<dc:subject>Abus sexuel</dc:subject>
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&lt;p&gt;Il est des &#233;v&#233;nements qui font parfois basculer les convictions. Il faut pourtant se m&#233;fier des brusques retournements d'opinion et prendre la distance n&#233;cessaire afin d'adopter une position qui, tout en faisant avancer les choses, ne soit pas prisonni&#232;re de l'&#233;motion &lt;br class='autobr' /&gt;
Le proc&#232;s des assises du Pas-de-Calais, qui devait &#234;tre une &#233;tape importante dans le calvaire de dix-huit enfants victimes d'agression sexuelle, s'est transform&#233; en un v&#233;ritable d&#233;sastre judiciaire. Sur les dix-sept adultes jug&#233;s pour (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est des &#233;v&#233;nements qui font parfois basculer les convictions. Il faut pourtant se m&#233;fier des brusques retournements d'opinion et prendre la distance n&#233;cessaire afin d'adopter une position qui, tout en faisant avancer les choses, ne soit pas prisonni&#232;re de l'&#233;motion&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le proc&#232;s des assises du Pas-de-Calais, qui devait &#234;tre une &#233;tape importante dans le calvaire de dix-huit enfants victimes d'agression sexuelle, s'est transform&#233; en un v&#233;ritable d&#233;sastre judiciaire. Sur les dix-sept adultes jug&#233;s pour avoir particip&#233; &#224; un ignoble trafic de chair humaine, quatre ont reconnu leur culpabilit&#233;, les treize autres qui proclamaient depuis le d&#233;but leur innocence, ont vu, tout au long des audiences, le doute grandir quant &#224; leur implication r&#233;elle dans cette sinistre affaire. Ceux d'entre eux qui &#233;taient incarc&#233;r&#233;s depuis trois ans ont &#233;t&#233; remis en libert&#233; avant m&#234;me la fin du proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exit la participation au r&#233;seau p&#233;dophile du pr&#234;tre-ouvrier, de la boulang&#232;re, du chauffeur de taxi, de l'huissier, de l'infirmi&#232;re scolaire etc. ? Il revient au jury d'avoir &#224; en d&#233;cider. Le verdict qui sortira de ces d&#233;lib&#233;rations pourra &#224; son tour &#234;tre frapp&#233; d'appel et n&#233;cessiter un nouveau proc&#232;s. Si la v&#233;rit&#233; judiciaire n'est donc pas &#224; la veille d'&#234;tre d&#233;finitivement &#233;tablie, il y a d'ores et d&#233;j&#224; eu une condamnation : c'est la parole de l'enfant. Selon un mouvement de balancier assez courant dans notre soci&#233;t&#233;, la presse et l'opinion publique qui, hier encore, n'&#233;coutaient gu&#232;re les protestations d'innocence de certains adultes mis en cause, par refus de douter du t&#233;moignage des mineurs victimes, n'ont pas aujourd'hui de mots assez durs pour le mettre en doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin du battage m&#233;diatique, on peut &#233;tablir trois certitudes. Tout d'abord, un certain nombre d'enfants ont subi des agressions sexuelles : quatre de leurs agresseurs l'ont reconnu. Ensuite, des adultes ont &#233;t&#233; accus&#233;s &#224; tort. Ils ont &#233;t&#233; tra&#238;n&#233;s dans la boue. Certains ont subi trois ann&#233;es d'incarc&#233;ration. L'un d'entre eux s'est m&#234;me suicid&#233; en prison. Enfin, l'institution judiciaire a fait preuve dans cette affaire d'une impressionnante incomp&#233;tence : tant au niveau de l'enqu&#234;te par les services de police que de l'instruction par le magistrat mais aussi des expertises psychiatriques et psychologiques. Ces &#233;v&#233;nements pourraient bien avoir un impact consid&#233;rable sur le quotidien des travailleurs sociaux : quelle cr&#233;dibilit&#233; dor&#233;navant accorder aux r&#233;v&#233;lations de l'enfant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant des si&#232;cles, pour ne pas dire des mill&#233;naires, les agressions dont &#233;tait victime l'enfant au sein de sa famille sont rest&#233;es un sujet tabou. Ce n'est qu'en 1989, que la loi a instaur&#233; un v&#233;ritable dispositif de protection de l'enfance maltrait&#233;e, digne de ce nom. Apr&#232;s des d&#233;cennies d'aveuglement, quand le rideau s'est lev&#233; sur l'inceste et sur les enfants victimes d'abus sexuels et de mauvais traitements, nombre de travailleurs sociaux, de psychologues, de juges ont ressenti une forte culpabilit&#233; en se souvenant des situations dont ils avaient &#233;t&#233; t&#233;moins et qu'ils n'avaient pas &#224; l'&#233;poque prises en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que pendant longtemps, la parole de l'enfant a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme peu fiable. Combien de proc&#232;s, dans le pass&#233;, ont r&#233;fut&#233; des t&#233;moignages d'enfants parce que des psychiatres ou psychologues pr&#233;tendaient qu'ils ne pouvaient avoir la moindre cr&#233;dibilit&#233; ? Depuis une vingtaine d'ann&#233;es, retournement de situation : on accorde, &#224; juste titre, cr&#233;dit &#224; cette parole. Mais, tout se passe comme si on &#233;tait pass&#233; d'un extr&#234;me &#224; l'autre : de &#171; l'enfant ne peut que mentir &#187;, on pr&#233;f&#232;re aujourd'hui &#171; l'enfant dit toujours la v&#233;rit&#233;. &#187; Entre les deux convictions oppos&#233;es, chacun est somm&#233; de choisir son camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un essai paru en 1999, par ailleurs tout &#224; fait int&#233;ressant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='L'enfant cass&#233; - L'inceste et la p&#233;dophilie, Catherine Bonnet, &#233;d. Albin (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Catherine Bonnet assimilait la moindre interrogation sur cette question comme partie int&#233;grante de l'offensive d'un &#171; courant pro-agresseur &#187; qui &#171; influence insidieusement de nombreux professionnels en contact avec les enfants &#187; et qui se fixe pour objectif de faire &#171; &#224; nouveau r&#233;gner le temps des enfants menteurs et vicieux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la question : l'enfant dit-il la v&#233;rit&#233; ou ne la dit-il pas ? On ne peut r&#233;pondre d'une mani&#232;re univoque. Tout simplement, parce que cette &#171; v&#233;rit&#233; &#187; se d&#233;cline de multiples mani&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord ce que dit l'enfant. Dans l'immense majorit&#233; des cas son propos correspond &#224; la v&#233;rit&#233;. Mais il arrive parfois que la confusion s'empare de son t&#233;moignage. Ce qu'il exprime, c'est avant tout sa souffrance et son mal-&#234;tre. On le constate en permanence dans nos professions : un enfant qui va mal ne trouve pas forc&#233;ment les mots ad&#233;quats pour le dire. Il utilise parfois comme seul moyen d'expression, les passages &#224; l'acte. Les voies qu'il emprunte alors peuvent &#234;tre auto-agressives (somatisation, tentative de suicide, anorexie ou boulimie&#8230;) ou h&#233;t&#233;ro agressives (d&#233;linquance, violence contre autrui, attaque des liens sociaux&#8230;). Ce mode de fonctionnement n'est pas diff&#233;rent quand l'enfant est victime d'agression physique ou sexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de situations de maltraitance ont-elles &#233;t&#233; d&#233;couvertes alors que ce qui &#233;tait &#233;voqu&#233; initialement, c'&#233;tait une d&#233;pression ou encore des agressions dont l'enfant ou le jeune se rendait lui-m&#234;me coupable ? Quand elle finit par r&#233;v&#233;ler ce qu'elle subit, la victime d&#233;nonce souvent directement ses tortionnaires. C'est le cas le plus fr&#233;quent. Mais elle peut aussi d&#233;signer une tierce personne, par peur des repr&#233;sailles des vrais auteurs ou simplement pour &#233;viter de leur nuire. Car ce qu'elle d&#233;sire avant tout, n'est pas tant se venger, que de retrouver une relation saine et ordinaire avec les auteurs qui sont dans 80 % des cas les &#234;tres qu'elle ch&#233;rit le plus au monde : ses parents. Sans compter que la perte de rep&#232;res due &#224; l'agression subie provoque le brouillage de ce qui est permis et de ce qui ne l'est pas : quand ceux qui sont cens&#233;s prot&#233;ger se transforment en pers&#233;cuteurs, le moindre geste affectueux d'un adulte peut devenir suspect. Il lui arrive aussi parfois de revenir sur ce qu'elle a v&#233;cu, quand la victime se rend compte des cons&#233;quences de ce qu'elle a d&#233;clench&#233; (incarc&#233;ration de l'agresseur qui est un proche que la plupart du temps elle aime, &#233;clatement de sa famille qui la rend responsable de ce qu'elle endure&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien cette r&#233;alit&#233; complexe qui est &#224; la source des circonvolutions que peuvent suivre ses d&#233;clarations. Peut-on dire alors que l'enfant ment ou doit-on plut&#244;t comprendre qu'il essaie de dire sa v&#233;rit&#233; &#224; lui ? Une attention particuli&#232;re doit &#234;tre accord&#233;e aux r&#233;v&#233;lations des adolescent (e) s. Non qu'une suspicion syst&#233;matique doive l&#224; aussi, dor&#233;navant, accueillir leurs r&#233;v&#233;lations. Mais un certain nombre de caract&#233;ristiques peuvent plus particuli&#232;rement expliquer les cas, &#224; cet &#226;ge, d'affabulations : elles restent, malgr&#233; tout, tr&#232;s minoritaires. Le r&#233;veil des pulsions, &#224; la pubert&#233;, peut provoquer des d&#233;sirs sexualis&#233;s &#224; l'&#233;gard de certains adultes : c'est le beau professeur ou l'animatrice si sympa dont on tombe facilement amoureux quand on a 15 ou 16 ans. Il y a aussi une sensibilit&#233; nouvelle &#224; des situations de proximit&#233; physique qui peuvent faire na&#238;tre des g&#234;nes bien plus rapidement que chez le petit enfant. Certaines prises n&#233;cessaires en gymnastique au sol, par exemple, ont pu dans les coll&#232;ges et les lyc&#233;es, faire regarder avec suspicion des enseignants de sport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a cette opposition &#224; l'adulte, cette contestation de son autorit&#233;, cette recherche des limites qui peut amener la (le) jeune &#224; chercher tr&#232;s loin la confrontation, y compris en utilisant une arme qui semble l'affaiblir tout particuli&#232;rement : faire courir &#224; son &#233;gard des rumeurs sur des gestes d&#233;plac&#233;s. Mais, l&#224; encore, ce n'est pas tant l'adolescent (e) qu'il faut incriminer, c'est plut&#244;t la psychose qui s'est empar&#233;e du monde des adultes qui en est venu &#224; consid&#233;rer tout m&#226;le comme un p&#233;dophile en puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a la v&#233;rit&#233; des enqu&#234;teurs. Dans un article paru dans Lien Social n&#176;678 &#171; Pour un recueil respectueux de la parole de l'enfant &#187;, (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Pour-un-recueil-respectueux-de-la-parole-de-l-enfant' class='spip_in'&gt;lire l'article&lt;/a&gt;) nous &#233;voquions les nombreux biais qui peuvent induire une manipulation de sa parole. Que ce soit ses capacit&#233;s linguistiques limit&#233;es qui l'am&#232;nent &#224; acquiescer m&#234;me s'il n'a pas compris la question, l'immaturit&#233; de sa m&#233;moire (surtout s'il est tr&#232;s jeune) moins apte qu'un adulte &#224; g&#233;rer et &#224; hi&#233;rarchiser &#224; la fois les informations r&#233;centes et celles qui sont plus anciennes, sa forte suggestibilit&#233; qui implique que tout propos inducteur peut contaminer d&#233;finitivement son r&#233;cit, l'habitude qui lui a &#233;t&#233; inculqu&#233;e, pendant des ann&#233;es, de ne pas contredire l'adulte (ce qui le fait r&#233;pondre automatiquement oui aux questions pos&#233;es&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de ces &#233;l&#233;ments n'implique aucunement que son propos ne soit pas fiable. Il d&#233;montre simplement la n&#233;cessit&#233; d'une solide formation de la part des enqu&#234;teurs. Le d&#233;sastre du proc&#232;s d'Outreau en d&#233;montre la criante obligation. Ce qui est en cause ici, ce n'est absolument pas l'enfant, ni ce qu'il r&#233;v&#232;le, mais la capacit&#233; des enqu&#234;teurs qui recueillent sa parole &#224; suivre un protocole exigeant, &#224; se d&#233;tacher de leurs propres &#233;motions, de leurs pr&#233;jug&#233;s et de leur syst&#232;me explicatif pour &#234;tre vraiment &#224; l'&#233;coute de ce que dit l'enfant et non pas d'entendre ce que eux adultes ont de toute fa&#231;on d&#233;cid&#233; d'entendre. La parole ainsi recueillie est ensuite transmise &#224; la justice qui va devoir &#233;tablir la v&#233;rit&#233; judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons tout d'abord, qu'une part consid&#233;rable (jusqu'&#224; 80 %) des affaires de r&#233;v&#233;lation d'agressions sexuelles sont class&#233;es sans suite. Cela ne signifie pas que l'enfant a menti, mais que l'enqu&#234;te n'a pas permis de r&#233;unir les &#233;l&#233;ments de preuves suffisants, mis &#224; part la parole de l'enfant contre la parole de l'agresseur pr&#233;sum&#233;. Quand ces plaintes arrivent malgr&#233; tout en jugement, tout est mis en &#339;uvre pour que le verdict de culpabilit&#233; ou d'innocence corresponde &#224; la v&#233;rit&#233;. Les garanties que l'&#201;tat de droit propose devraient a priori le permettre : principe du contradictoire faisant une large place &#224; la d&#233;fense, possibilit&#233; de faire appel en seconde instance, v&#233;rification de la l&#233;galit&#233; en cassation, recours possible aupr&#232;s de la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire d'Outreau, si elle montre les limites de l'enqu&#234;te et de l'instruction, apporte aussi la preuve que tout n'est pas jou&#233; d'avance et que les d&#233;bats du proc&#232;s peuvent faire avancer la v&#233;rit&#233;. Mais, la justice &#233;tant humaine donc faillible, on sait qu'il arrive trop souvent que des coupables soient relax&#233;s et des innocents condamn&#233;s. &#202;tre &#171; blanchi &#187; par un tribunal ne signifie pas pour autant qu'on n'a pas commis les actes pour lesquels on a &#233;t&#233; mis en examen. Et inversement, l'on peut faire de nombreuses ann&#233;es de prison pour un crime que l'on n'a pas commis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite la v&#233;rit&#233; du th&#233;rapeute. Il est tenu par la loi, comme tout citoyen, de faire un signalement s'il est le destinataire d'une r&#233;v&#233;lation d'agression sexuelle ou de mauvais traitement. Mais l&#224; n'est pas sa fonction professionnelle premi&#232;re. Ce qui compte pour lui, ce n'est pas tant ce qui s'est r&#233;ellement pass&#233;, mais ce qui provoque la souffrance du sujet qu'il re&#231;oit. Ce sur quoi il agit ce n'est pas sur la r&#233;alit&#233;, mais sur les repr&#233;sentations que s'en fait la personne. Peu importe, finalement, que ce soit vrai ou pas, puisque c'est cela qui fait souffrir. C'est donc l&#224; o&#249; il faut intervenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique tout &#224; fait coh&#233;rente est illustr&#233;e par les psychanalystes : c'est en allant aux sources des difficult&#233;s psychiques qu'on a les meilleures chances de les traiter, que ces sources soient fantasmatiques ou r&#233;elles. Et puis, il y a la v&#233;rit&#233; des professionnels socio-&#233;ducatifs, qui, eux, partent de l'ici et du maintenant des difficult&#233;s rencontr&#233;es, pour trouver avec la personne les moyens de s'en sortir. Pour eux aussi, la v&#233;rit&#233; de ce qui est v&#233;cu appartient &#224; chacun et n'est gu&#232;re objectivable. Comment, par exemple, traiter de la jalousie au sein d'une fratrie ? On sait bien en tout cas, que ce n'est pas en rationalisant et en d&#233;montrant qu'elle n'a pas lieu d'&#234;tre. De m&#234;me, arrive-t-il fr&#233;quemment d'&#234;tre confront&#233; &#224; une personne que tous les malheurs accablent et qui pr&#233;sente une &#233;tonnante capacit&#233; de r&#233;sistance. Son voisin quant &#224; lui semble se noyer dans un verre d'eau et s'effondrer face au premier obstacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs sociaux ont acquis l'habitude de dispenser leur action sans juger de la validit&#233; ou non de la souffrance &#233;prouv&#233;e, ni d'en jauger la l&#233;gitimit&#233;. Ce que r&#233;sume tr&#232;s bien Francis Mah&#233;, pr&#233;sident d'honneur de l'AFIREM, qui affirmait en 1999, &#224; propos des victimes d'agression sexuelle : &#171; Qu'est-ce que cela veut dire quand un travailleur social dit &#224; un enfant : &#8216;'je te crois'' Cela veut dire adh&#233;rer sans preuves. Certes il n'a pas besoin de preuves puisque ce n'est pas son job. Si la proc&#233;dure se met en route, il y aura des gens qui vont chercher des preuves et qui peuvent disqualifier le''je te crois''. Je pr&#233;f&#232;re &#8216;'je t'ai entendu, ce que tu me dis est d'une importance consid&#233;rable pour toi, je sais que tu souffres. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres personnes vont &#234;tre charg&#233;es de chercher des preuves. Si elles n'en trouvent pas, cela ne voudra pas dire que rien ne s'est pass&#233;. Je serai quant &#224; moi toujours l&#224; pour t'accueillir.'' Je crois que c'est beaucoup plus sain de dire cela &#224; un m&#244;me que de dire &#8216;'je te crois''. &#187; Cette r&#233;flexion de Francis Mah&#233; prend une dimension particuli&#232;rement forte avec le proc&#232;s d'Outreau. Il est temps &#224; pr&#233;sent de tenter de r&#233;pondre &#224; la question : allons-nous devoir modifier notre comportement face aux r&#233;v&#233;lations des enfants victimes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait affirmer de fa&#231;on provocante : ni plus ni moins qu'avant. Les services judiciaires qui ont commenc&#233; depuis quelques ann&#233;es d&#233;j&#224; &#224; former et &#224; sp&#233;cialiser leurs &#233;quipes d'enqu&#234;teurs dans l'audition des mineurs doivent continuer dans cette voie pour toujours mieux affiner leur travail et &#233;viter les d&#233;rives catastrophiques d'Outreau. Il s'agit pour eux non de se mettre &#224; douter de la parole de l'enfant mais de toujours mieux la traiter. Les services sociaux ont, de leur c&#244;t&#233;, pour obligation de se soumettre aux contraintes l&#233;gales de la loi de 1989, en signalant &#224; l'autorit&#233; administrative ou judiciaire toute situation de maltraitance (&lt;a href='https://www.lien-social.com/En-cas-de-plainte-agir-dans-la-transparence' class='spip_in'&gt;lire le point de vue de Claude Bybau, psychologue&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette proc&#233;dure ne doit pas venir geler ce qui constitue l'essence m&#234;me des professions d'aide : donner du sens. Les travailleurs sociaux et les psychologues usent et abusent de l'interpr&#233;tation des passages &#224; l'acte et des comportements. Tel enfant est particuli&#232;rement perturb&#233; ces temps-ci : n'est-ce pas en rapport avec sa derni&#232;re visite chez ses parents qui se serait mal pass&#233;e ? Tel usager vient d'&#233;chouer une fois de plus &#224; un essai professionnel : n'est-ce pas la cons&#233;quence de la n&#233;vrose d'&#233;chec qui le poursuit depuis des ann&#233;es ? Tel parent ne s'est pas rendu &#224; la rencontre avec les enseignants : n'est-ce pas en continuit&#233; avec la phobie scolaire qu'il a connue quand il &#233;tait lui-m&#234;me enfant ? Ces interpr&#233;tations font le quotidien de nos professions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces hypoth&#232;ses sont parfois f&#233;condes. &#192; d'autres moments, elles tombent compl&#232;tement &#224; c&#244;t&#233;. Mais, peu importe, elles constituent un outil utile. Il est pourtant une circonstance o&#249; cette m&#233;thodologie bloque : c'est lorsqu'un enfant ou un adolescent r&#233;v&#232;le une agression dont il est victime. L&#224;, ce n'est jamais pour dire autre chose que ce qu'il dit. Il n'y a plus de place pour la moindre tentative de compr&#233;hension du sens cach&#233; : seul compte la proc&#233;dure judiciaire. Quand un (e) jeune s'oppose avec v&#233;h&#233;mence &#224; un adulte, on sait que la plupart du temps ce n'est pas lui qui est vis&#233; mais le cadre et les limites dont il est porteur. Il le fait aussi pour essayer de le d&#233;stabiliser ou v&#233;rifier sa solidit&#233;. Tout cela est connu : on sait bien que c'est une des fa&#231;ons de se construire. Mais quand il (elle) &#233;voque un attouchement, il n'y a jamais de second degr&#233; : cela veut dire qu'il y a forc&#233;ment eu attouchement. Agathe, une adolescente de 14 ans qui est fr&#233;quemment dans l'affabulation, r&#233;v&#232;le qu'&#224; l'occasion d'un transfert, ses &#233;ducateurs ont utilis&#233; son argent de poche pour acheter de l'alcool et s'enivrer toute la nuit. Personne ne la croit. Quelques mois plus tard, elle r&#233;v&#232;le &#234;tre victime d'attouchements sexuels de la part de son p&#232;re ? L&#224;, elle dit forc&#233;ment la v&#233;rit&#233; : garde &#224; vue de 48 heures du p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire sera class&#233;e sans suite. Dans le premier cas, on a su interpr&#233;ter son affabulation : il s'agissait de mettre en conflit ses parents, malades stabilis&#233;s de l'alcool et l'&#233;quipe &#233;ducative. Dans le second cas, ce n'est que bien plus tard qu'on a peut-&#234;tre compris le sens de cette r&#233;v&#233;lation : &#224; cette occasion, sa m&#232;re a r&#233;v&#233;l&#233; l'agression sexuelle dont elle avait &#233;t&#233;, elle-m&#234;me, victime de la part de son propre p&#232;re et qu'elle cachait depuis des ann&#233;es. Agathe, en d&#233;non&#231;ant son p&#232;re, n'a-t-elle pas voulu faire &#233;clater le secret de famille qui &#233;touffait sa m&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pr&#233;texte que pendant des ann&#233;es on cherchait surtout &#224; interpr&#233;ter la r&#233;v&#233;lation de l'enfant comme produit de ses fantasmes, aujourd'hui, on s'interdit de lui attribuer tout sens. Les professionnels de l'aide doivent r&#233;habiliter leur capacit&#233; de compr&#233;hension qui semble s'&#234;tre congel&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es d&#232;s qu'on aborde la question des agressions faites &#224; l'enfant. L'obligation de signalement ne doit pas paralyser leurs comp&#233;tences d'analyses. Ils doivent les red&#233;ployer avec audace et circonspection entre le Charybde de la r&#233;duction exclusive des r&#233;v&#233;lations de l'enfant &#224; des messages cach&#233;s et le Scylla de leur traitement au pied de la lettre. C'est l'un des enseignements que l'on peut tirer du proc&#232;s d'Outreau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'enfant cass&#233; - L'inceste et la p&#233;dophilie, Catherine Bonnet, &#233;d. Albin Michel, 1999 (&lt;a href='https://www.lien-social.com/L-enfant-casse-L-inceste-et-la-pedophilie' class='spip_in'&gt;lire la critique&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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