<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Lien Social</title>
	<link>https://www.lien-social.com/</link>
	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lien-social.com/spip.php?id_mot=219&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Lien Social</title>
		<url>https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L144xH45/siteon0-7409c.png?1693463828</url>
		<link>https://www.lien-social.com/</link>
		<height>45</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>T&#233;moignage sur un syndrome subjectif post-traumatique</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Temoignage-sur-un-syndrome-subjectif-post-traumatique-9482</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Temoignage-sur-un-syndrome-subjectif-post-traumatique-9482</guid>
		<dc:date>2004-07-15T07:50:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;lanie-LS</dc:creator>


		<dc:subject>717</dc:subject>

		<description>

-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/sommaires" rel="directory"&gt;Sommaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-717-" rel="tag"&gt;717&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L103xH150/arton9482-583e1.png?1694177903' width='103' height='150' /&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.lien-social.com/IMG/pdf/2004_-_717_-_basse_def.pdf" length="14954957" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le syndrome post-traumatique : les explications d'un psychologue</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-syndrome-post-traumatique-les-explications-d-un-psychologue</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Le-syndrome-post-traumatique-les-explications-d-un-psychologue</guid>
		<dc:date>2004-07-14T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>717</dc:subject>
		<dc:subject>Risque professionnel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pascal Boes, psychologue du travail et psychologue clinicien, nous dit comment peut survenir un syndrome subjectif post-traumatique. Selon lui, l'exp&#233;rience et la pratique professionnelle ne pr&#233;servent pas de la survenue d'un tel trouble. Souvent, explique-t-il, les professions du social, ou celles de la sant&#233; peuvent y &#234;tre confront&#233;es, surtout lorsque les institutions qui les emploient ne pr&#233;voient aucune forme d'analyse des pratiques&#8230; Oui, mais encore ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Quels liens faites-vous entre sant&#233; mentale (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-717-" rel="tag"&gt;717&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Risque-professionnel" rel="tag"&gt;Risque professionnel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pascal Boes, psychologue du travail et psychologue clinicien, nous dit comment peut survenir un syndrome subjectif post-traumatique. Selon lui, l'exp&#233;rience et la pratique professionnelle ne pr&#233;servent pas de la survenue d'un tel trouble. Souvent, explique-t-il, les professions du social, ou celles de la sant&#233; peuvent y &#234;tre confront&#233;es, surtout lorsque les institutions qui les emploient ne pr&#233;voient aucune forme d'analyse des pratiques&#8230; Oui, mais encore ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels liens faites-vous entre sant&#233; mentale et travail ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le t&#233;moignage que nous relate Marie-Pierre est r&#233;v&#233;lateur d'un aspect que la plupart des travailleurs sociaux connaissent sans qu'il ne soit pour autant reconnu dans le milieu : la peur au travail. Au-del&#224; de l'exp&#233;rience singuli&#232;re qui est racont&#233;e ici courageusement, bien des interrogations m&#233;ritent d'&#234;tre pos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La probl&#233;matique de la sant&#233; mentale au travail est r&#233;cente puisque nous en trouvons les premi&#232;res traces avec les travaux de psychiatres tels Louis le Guillant (1956). Celui-ci se demande en quoi les affections mentales peuvent &#234;tre imput&#233;es au travail. Cependant, ce n'est que dans les ann&#233;es 80 que l'&#233;quipe de Christophe Dejours allait apporter une nouvelle approche de la psychopathologie du travail. Sa d&#233;finition propos&#233;e est celle &#171; d'une analyse dynamique des processus psychiques mobilis&#233;s par la confrontation du sujet &#224; la r&#233;alit&#233; du travail. &#171; Dynamique &#187; signifie que l'investigation prend pour centre de gravit&#233; les conflits qui surgissent de la rencontre entre un sujet, porteur d'une histoire singuli&#232;re pr&#233;existant &#224; cette rencontre, et une situation de travail dont les caract&#233;ristiques sont, pour une large part, fix&#233;es ind&#233;pendamment de la volont&#233; du sujet &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la psychanalyse (dont se r&#233;f&#232;re Dejours), nous apprenons que la construction du sujet se fait d&#232;s l'enfance. Exp&#233;rience pr&#233;coce qui va &#171; modeler &#187; la personnalit&#233;, avec ses lignes de force et ses failles, ses angoisses et ses espoirs. L'individu, ainsi constitu&#233;, va aborder le champ du travail avec ses questionnements, ses attentes, qui vont composer une &#171; &#233;nigme &#187; (celle de la souffrance originelle propre au &#171; th&#233;&#226;tre psychique &#187;) pour laquelle le th&#233;&#226;tre du travail peut entrer en &#171; r&#233;sonance &#187; avec l'histoire infantile du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que cette &#171; r&#233;sonance symbolique &#187; puisse trouver une issue favorable (c'est-&#224;-dire o&#249; un sujet puisse investir la situation de travail afin d'y poursuivre sa &#171; qu&#234;te int&#233;rieure &#187; h&#233;rit&#233;e de son histoire infantile), encore faut-il que l'organisation du travail l'y autorise. C'est dire que, loin d'&#234;tre une aventure exclusivement individuelle, la rencontre d'un sujet avec ce &#171; th&#233;&#226;tre du travail &#187; se fait avec d'autres acteurs, ce qui ouvre &#224; la contradiction entre l'ordre individuel (la souffrance au travail est d'abord propre au domaine priv&#233;) et l'ordre social (en l'occurrence l'organisation et les conditions de travail).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychodynamique du travail met en exergue deux &#171; &#233;nigmes &#187; : celle d'un sujet et celle du travail, et nous indique qu'une confrontation heureuse entre ces deux &#171; th&#233;&#226;tres &#187; (psychique et travail) ne va pas de soi. Effectivement, si la m&#233;taphore du th&#233;&#226;tre est utilis&#233;e sciemment par cette discipline, c'est pour introduire une autre contradiction, celle de la sc&#232;ne et des coulisses, autrement dit, de la lisibilit&#233; du travail et de ses avatars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ce domaine, on reproche souvent aux travailleurs sociaux, et notamment aux &#233;ducateurs un manque cruel de lisibilit&#233;, et d'aucuns r&#233;cusent ce que ces professionnels d&#233;crivent dans leur pratique, comme la relation &#224; l'autre ou l'accompagnement &#233;ducatif. Pourquoi selon vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychodynamique du travail s'int&#233;resse &#224; la confrontation du th&#233;&#226;tre psychique du sujet et l'organisation du travail. Nous avons dit qu'une distinction existe entre &#171; sc&#232;ne &#187; et &#171; coulisse &#187; du travail. Celle-ci est plus connue en psychologie sous les termes &#171; travail prescrit &#187; et &#171; travail r&#233;el &#187;. Le travail prescrit est celui d&#233;finit par l'organisation du travail via des mesures, des proc&#233;dures, des consignes, en bref, les r&#232;gles &#233;dict&#233;es. Le travail r&#233;el c'est&#8230; ce &#171; quelque chose en plus &#187; pour que &#171; &#231;a marche &#187;, c'est-&#224;-dire pour que le travail soit r&#233;alis&#233; et pas seulement &#224; r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le travail r&#233;el est tout ce qui n'est pas pr&#233;vu et donn&#233; par le travail prescrit. Tout cet &#171; en plus &#187;, qui fait cependant le quotidien du travail social. &#201;vidence qui passe par le &#171; faire &#187; et rarement exprim&#233;e comme la r&#233;alit&#233; du travail. Banalis&#233;e et pass&#233;e sous silence, cette r&#233;alit&#233; contient pourtant tous les germes de la souffrance ou du plaisir au travail. Pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce r&#233;el du travail est rarement expos&#233;, c'est pourtant par lui que passent les conditions essentielles de la coop&#233;ration entre les membres d'une &#233;quipe (direction comprise). Il est reconnu que les salari&#233;s ne font jamais uniquement ce qui leur est prescrit de faire. Pour que l'activit&#233; soit r&#233;alis&#233;e, il faut pallier les manques de la prescription et c'est l&#224; un des probl&#232;mes li&#233;s au travail. Jusqu'o&#249; la prescription du travail tient-elle compte du r&#233;el du travail ? Ou dit autrement, jusqu'o&#249; existe-t-il des espaces d&#233;di&#233;s &#224; l'expression du travail r&#233;el ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si certaines formes de coop&#233;ration sont d&#233;termin&#233;es par les r&#232;gles de m&#233;tier, il n'en demeure pas moins que l'exercice professionnel requiert une organisation finalis&#233;e par une production de biens ou de services pour laquelle la coop&#233;ration avec d'autres professions est une condition indispensable au travail. La coop&#233;ration implique la confiance, or celle-ci ne se construit que si l'on partage les m&#234;mes r&#232;gles collectives, issues de la confrontation d'exp&#233;riences. R&#232;gles diff&#233;rentes de la prescription (c'est-&#224;-dire prescrites par l'institution).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Existe-t-il une sp&#233;cificit&#233; dans le travail social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le travail social, ces r&#232;gles sont peut-&#234;tre plus difficiles &#224; construire car &#171; l'objet du travail &#187; (aide et assistance, &#233;ducation, animation), implique une relation &#224; un autre g&#233;n&#233;ralement en souffrance (le terme g&#233;n&#233;ralement utilis&#233; est celui de &#171; population en difficult&#233; &#187;) et dont le contact quotidien apporte, certes de nombreuses reconnaissances (l'utilit&#233; sociale n'est pas la seule), mais aussi de la souffrance et de la peur. Peur de l'accident toujours possible chez la personne handicap&#233;e mentale (comme c'est le cas dans le t&#233;moignage de Marie-Pierre), peur du passage &#224; l'acte du jeune &#171; d&#233;viant &#187;, peur de ne pas &#171; &#234;tre &#224; la hauteur &#187;, etc. Peur que bien souvent, tous les travailleurs sociaux connaissent&#8230; et passent sous silence ! Osera-t-on dire que l'on est parfois d&#233;bord&#233;, &#171; largu&#233; &#187; par la situation ? Osera-t-on entendre la souffrance de son coll&#232;gue ? Oui si l'on se sent en confiance au sein de l'&#233;quipe, non dans le cas contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, rarement l'expression et l'&#233;coute de la souffrance ne sont consid&#233;r&#233;es comme faisant partie int&#233;grante des r&#232;gles de travail. Tout au plus s'accorde-t-on &#224; leur donner le statut d'anecdotes entre deux couloirs, au gr&#233; des affinit&#233;s &#233;lectives des relations de travail. Les d&#233;butants en travail social, connaissent bien ce sentiment angoissant et douloureux de vouloir bien faire (trop peut-&#234;tre) sans trouver d'issues aux questions li&#233;es &#224; la pratique dans leur int&#233;gration &#224; une &#233;quipe qui autoriserait une &#233;laboration (Que dois-je faire ? Comment ?..). On comprend d&#232;s lors que le d&#233;ni du r&#233;el du travail puisse parfois conduire &#224; des formes de d&#233;compensation, dont le syndrome subjectif post-traumatique n'est qu'une des formes possibles. L'hypoth&#232;se d'une origine (&#233;tiologie) professionnelle au risque psycho pathologique n'est donc pas &#224; &#233;carter, m&#234;me si une r&#233;ponse univoque ne peut &#234;tre avanc&#233;e actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'exp&#233;rience et la coh&#233;rence de la pratique professionnelle peuvent-elles constituer un rempart contre les risques de d&#233;velopper un tel syndrome ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identit&#233; professionnelle est souvent consid&#233;r&#233;e comme une forme d'appartenance &#224; une communaut&#233; de savoirs et d'exp&#233;rience. Mais la formation et l'exp&#233;rience sont-elles suffisantes pour se pr&#233;munir des risques du m&#233;tier ? Certes non, l'histoire de Marie-Pierre nous en t&#233;moigne. Exp&#233;riment&#233;e et comp&#233;tente, cela ne lui a pas suffi pour se prot&#233;ger des risques du m&#233;tier. Le travail rec&#232;le toujours d'inattendus au destin parfois funeste. Marie-Pierre a-t-elle une &#171; trop grande sensibilit&#233; &#187; comme semblent le sugg&#233;rer les dirigeants de son institution ? Est-ce r&#233;ellement une affaire de personnalit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait extr&#234;mement h&#226;tif de s'accorder avec une telle &#171; explication &#187;, dont l'individualisme fait pr&#233;cis&#233;ment l'&#233;conomie d'une r&#233;flexion sur le fonctionnement collectif du travail. Un d&#233;nouement psycho pathologique &#224; une situation traumatisante au travail, ne tient-il pas &#233;galement (peut-&#234;tre avant tout) &#224; l'absence d'&#233;laboration collective du v&#233;cu potentiellement traumatique avec ses coll&#232;gues, &#224; la &#171; psychologisation &#187; du probl&#232;me par les dirigeants (ne leur jetons pas la pierre, leurs responsabilit&#233;s sont tout aussi &#233;crasantes que pour les travailleurs sociaux), et donc au d&#233;ni du travail r&#233;el (avec sa part incontournable de risques et tous ses possibles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail social, du fait de sa professionnalisation est de plus en plus soumis &#224; des injonctions de comp&#233;tences (les &#171; bonnes pratiques &#187; et leurs &#233;valuations l&#233;gif&#233;r&#233;es par la nouvelle loi des institutions m&#233;dico-sociales en est un exemple) et de r&#233;sultats. Les prescriptions deviennent de plus en plus nombreuses et pr&#233;cises, ce qui, en soi, n'est pas d&#233;l&#233;t&#232;re&#8230; sauf si elles se font au d&#233;triment du travail r&#233;el et de la construction de l'identit&#233; professionnelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;valuer les besoins des personnes en action sociale</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Evaluer-les-besoins-des-personnes-en-action-sociale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Evaluer-les-besoins-des-personnes-en-action-sociale</guid>
		<dc:date>2004-07-14T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Usager</dc:subject>
		<dc:subject>717</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'action sociale repose sur une &#233;valuation continue des besoins et des attentes des personnes. Mais les outils pour effectuer cette &#233;valuation sont &#224; la fois rares, dispers&#233;s et partiels. Parmi les outils disponibles, on compte bien des supports qui permettent de mesurer l'activit&#233; soit des services soit des professions du secteur ou encore d'identifier les populations prises en charge (enqu&#234;tes sociales) ou les probl&#232;mes sp&#233;cifiques (comme les signalements pour mauvais traitements). Mais d'instrument (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Usager" rel="tag"&gt;Usager&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-717-" rel="tag"&gt;717&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L96xH150/arton333-cb1c4.jpg?1694177903' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'action sociale repose sur une &#233;valuation continue des besoins et des attentes des personnes. Mais les outils pour effectuer cette &#233;valuation sont &#224; la fois rares, dispers&#233;s et partiels. Parmi les outils disponibles, on compte bien des supports qui permettent de mesurer l'activit&#233; soit des services soit des professions du secteur ou encore d'identifier les populations prises en charge (enqu&#234;tes sociales) ou les probl&#232;mes sp&#233;cifiques (comme les signalements pour mauvais traitements). Mais d'instrument d'observation partag&#233;e, point. _ C'est justement ce que nous proposent ici les auteurs qui pr&#233;sentent une grille couvrant dix domaines au travers de 46 items : l'&#233;chelle globale d'&#233;valuation de l'autonomie (EGEA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la diff&#233;rence de l'observation clinique qui pr&#233;figure un diagnostic, il s'agit l&#224; d'une d&#233;marche visant &#224; dresser un &#233;tat des lieux. Elle cherche &#224; conna&#238;tre les potentialit&#233;s, les possibilit&#233;s et les obstacles &#224; l'int&#233;gration des personnes en difficult&#233;. S'inspirant de la modification de la Classification Internationale des handicaps (CIH) intervenue en 2001 et qui a mis l'accent sur l'interaction de l'individu et de son environnement dans les d&#233;ficits qui invalident le sujet, l'EGEA articule la dimension individuelle et collective. Mais elle refuse d'appliquer automatiquement la nouvelle nomenclature internationale en vigueur et pr&#233;f&#232;re l'adapter &#224; la r&#233;alit&#233; singuli&#232;re et sp&#233;cifique. Car, rappellent pertinemment les auteurs, il est vain de tenter de conna&#238;tre la &#171; v&#233;rit&#233; de la situation &#187; ou la &#171; situation v&#233;ritable &#187;. Mieux vaut tenter d'arriver &#224; une v&#233;rit&#233; de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il en existe simultan&#233;ment et n&#233;cessairement plusieurs, les compr&#233;hensions plurielles de la m&#234;me probl&#233;matique de vie &#233;tant in&#233;vitables. Ne serait-ce qu'au travers des multiples institutions qui fondent leur analyse sur leurs missions propres et leurs logiques sp&#233;cifiques (ce qui d&#233;bouche parfois sur des &#233;valuations qui concernent plus leur activit&#233; que les besoins des personnes). C'est pourquoi l'EGEA propose une base commune qui peut ensuite se d&#233;cliner au travers d'&#233;chelles sp&#233;cifiques &#224; chaque population et &#234;tre enrichie par des items compl&#233;mentaires propres &#224; chaque service. Outil propos&#233; aux professionnels mais aussi aux familles et aux individus directement concern&#233;s. Car la personne observ&#233;e constitue l'acteur principal et privil&#233;gi&#233; de l'&#233;valuation cens&#233; identifier ses besoins !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche des intervenants doit toujours &#234;tre confront&#233;e &#224; la perception qu'a l'usager de ses propres difficult&#233;s ou succ&#232;s. Le recueil de ses attentes est indispensable pour d&#233;terminer le niveau de l'action sociale et les modalit&#233;s de l'accompagnement. L'observation des besoins ne se confond ni avec la normalisation ni avec la crit&#233;risation. La d&#233;marche consiste bien &#224; mesurer le degr&#233; d'ad&#233;quation entre les incapacit&#233;s de personnes toujours singuli&#232;res et les obstacles de leur environnement, mais aussi la coh&#233;rence et la strat&#233;gie globale d'intervention sociale qui leur est destin&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Dunod, 2004 (146 p. ; 22 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;diation cognitive des apprentissages</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Mediation-cognitive-des-apprentissages</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Mediation-cognitive-des-apprentissages</guid>
		<dc:date>2004-07-14T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>P&#233;dagogie</dc:subject>
		<dc:subject>717</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Commander ce livre &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les th&#233;ories p&#233;dagogiques s'accordent sur un m&#234;me consensus : la th&#232;se d'un &#234;tre humain naissant dans l'incompl&#233;tude. Le b&#233;b&#233; qui vient au monde n'est que le descendant inachev&#233; d'une esp&#232;ce inachev&#233;e. Le petit d'homme est condamn&#233; &#224; apprendre et &#224; produire avec d'autres les moyens de son adaptation au monde. Cette capacit&#233; &#224; l'apprentissage cognitif est une propri&#233;t&#233; en puissance pr&#233;sente chez chacun(e). &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, pour la g&#233;n&#233;rer, il faut la solliciter. Les formes que vont justement (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pedagogie" rel="tag"&gt;P&#233;dagogie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-717-" rel="tag"&gt;717&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L109xH150/arton334-655c0.jpg?1694177903' width='109' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.actif-online.com&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Commander ce livre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toutes les th&#233;ories p&#233;dagogiques s'accordent sur un m&#234;me consensus : la th&#232;se d'un &#234;tre humain naissant dans l'incompl&#233;tude. Le b&#233;b&#233; qui vient au monde n'est que le descendant inachev&#233; d'une esp&#232;ce inachev&#233;e. Le petit d'homme est condamn&#233; &#224; apprendre et &#224; produire avec d'autres les moyens de son adaptation au monde. Cette capacit&#233; &#224; l'apprentissage cognitif est une propri&#233;t&#233; en puissance pr&#233;sente chez chacun(e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour la g&#233;n&#233;rer, il faut la solliciter. Les formes que vont justement prendre ces processus d'acquisition ne proc&#232;dent pas d'une essence rationnelle d'ordre biologique ou universel mais sont subordonn&#233;es aux diff&#233;rentes cultures et &#224; ce que chaque syst&#232;me social d&#233;cide d'honorer et de valoriser parmi tous les possibles. Mais dans tous les cas, il y a m&#233;diation possible entre l'apprenant et l'objet de l'appropriation. L'&#234;tre humain est un &#234;tre de connaissance et toutes ses relations au monde sont transaction cognitive. Dit autrement, toute intelligence est &#233;ducable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;diation cognitive des apprentissages pr&#233;conise de faire jouer &#224; l'individu un r&#244;le actif et moteur, en lui faisant abandonner la traditionnelle passivit&#233;, prendre conscience de ses capacit&#233;s &#224; produire des connaissances sur le r&#233;el et &#224; r&#233;soudre des probl&#232;mes. Ces applications d&#233;passent largement le champ de l'enseignement. On en trouve aussi des illustrations dans le travail social. Certes, la base de la formation qui y est dispens&#233;e et des m&#233;thodologies qui y sont appliqu&#233;es sont bien plus souvent adapt&#233;es &#224; une grille de lecture inspir&#233;e par la psychologie clinique que par la psychologie cognitive. Ce qui entre en ligne de compte, c'est bien plus l'histoire individuelle ou familiale, les difficult&#233;s affectives ou les traumatismes subis par la personne qu'une perception globale du sujet, v&#233;cu dans une perspective constructiviste qui int&#232;gre le cadre de la relation individu-environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les professionnels ont bien plus l'habitude d'intervenir sur la sph&#232;re affective, en se focalisant sur les notions d'&#233;coute, de soutien et d'empathie que de se placer du point de vue des donn&#233;es cognitives en jeu dans les situations probl&#232;mes. Ce qui est le plus souvent abord&#233;, ce sont les d&#233;ficiences, les dysfonctionnements et les incomp&#233;tences qui freinent la mise en &#339;uvre d'actions aboutissant &#224; la r&#233;solution des difficult&#233;s. La d&#233;marche cognitive consiste plut&#244;t &#224; identifier les connaissances d&#233;j&#224; acquises et les aptitudes d&#233;j&#224; mises en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit donc bien de rep&#233;rer ce que les personnes sont d&#233;j&#224; en capacit&#233; d'accomplir, pour les aider &#224; les transposer et &#224; appliquer dans d'autres domaines, les dispositions d&#233;j&#224; acquises par ailleurs. Changement de focale donc qui consiste &#224; fonder l'intervention sociale, non sur un manque mais sur un atout d&#233;j&#224; existant pour l'amplifier et l'intensifier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cahiers de l'Actif, n&#176;328/329, 2003 (214 p. ; 15 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>T&#233;moignage sur un syndrome subjectif post-traumatique</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Temoignage-sur-un-syndrome-subjectif-post-traumatique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Temoignage-sur-un-syndrome-subjectif-post-traumatique</guid>
		<dc:date>2004-07-14T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>717</dc:subject>
		<dc:subject>Risque professionnel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; J'&#233;cris pour dire que je ne pourrais oublier et que je me sens le devoir d'oser pr&#233;senter cet &#233;crit &#224; la publication afin d'apporter ma contribution aux r&#233;flexions en cours sur l'&#233;volution du travail social &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Syndrome subjectif post-traumatique : mon vocabulaire d'&#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e ignorait tout de cette terminologie. De m&#234;me, ma pratique de huit ann&#233;es aupr&#232;s d'adultes handicap&#233;s mentaux ne s'&#233;tait jamais trouv&#233;e confront&#233;e &#224; une telle affection. Et pourtant cela m'est arriv&#233;. Ce fut comme si toute la (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-717-" rel="tag"&gt;717&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Risque-professionnel" rel="tag"&gt;Risque professionnel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; J'&#233;cris pour dire que je ne pourrais oublier et que je me sens le devoir d'oser pr&#233;senter cet &#233;crit &#224; la publication afin d'apporter ma contribution aux r&#233;flexions en cours sur l'&#233;volution du travail social &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Syndrome subjectif post-traumatique : mon vocabulaire d'&#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e ignorait tout de cette terminologie. De m&#234;me, ma pratique de huit ann&#233;es aupr&#232;s d'adultes handicap&#233;s mentaux ne s'&#233;tait jamais trouv&#233;e confront&#233;e &#224; une telle affection. Et pourtant cela m'est arriv&#233;. Ce fut comme si toute la force de l'oc&#233;an s'abattait soudainement sur moi, me pulv&#233;risait puis m'entra&#238;nait, totalement dissoute en moi-m&#234;me. Nous &#233;tions un apr&#232;s-midi de juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre m&#233;tier, nous parlons peu de nos &#233;checs professionnels ; cela, peut-&#234;tre parce que notre mission est d'&#234;tre tout entier tourn&#233;s vers la sant&#233; physique et psychique d'&#234;tres fragilis&#233;s, d'usagers, de r&#233;sidants et que l'attention que nous nous devons de porter &#224; autrui autorise peu &#224; faire &#233;tat de nos propres chocs &#233;motionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, encore sous l'emprise du traumatisme, j'&#233;cris pour dire, pour raconter l'&#233;preuve d&#233;structurante que j'ai v&#233;cue suite &#224; ce que l'on appelle commun&#233;ment un &#171; accident &#187;. &#201;crire pour donner forme &#224; ce fracas, certes, mais aussi &#233;crire pour dire que &#171; cela &#187; peut arriver &#224; tout le monde. &#201;crire, avec des mots que je cherche parfois encore&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sortie au mus&#233;e devait venir ponctuer la fin des ateliers, ces temps collectifs d'animation qui, au sein du foyer de vie, organisent le contenu des journ&#233;es. Il devait s'agir d'un moment de d&#233;tente, de d&#233;couverte, d'un apr&#232;s midi de pause dans une vie institutionnelle &#224; mes yeux parfois un peu &#171; enfermante &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la visite de l'expo, on devait aller boire un verre &#224; la terrasse d'un caf&#233;, histoire de se poser tous ensemble, de prendre le temps de ne rien faire d'autre que de se rafra&#238;chir comme le font les gens ordinaires lors des fortes chaleurs d'&#233;t&#233;. L'intention &#233;tait de passer un bon moment, tout simplement. Puis on devait regagner le foyer, enrichis de quelques connaissances et en principe heureux de cette escapade hors des sentiers habituels. Tout cela &#171; devait &#187; effectivement se d&#233;rouler ainsi. Et ma mission &#233;tait d'accompagner le petit groupe de r&#233;sidants dans ce moment de partage, de &#171; vivre avec &#187; comme on dit ; un moment de relation que j'affectionne particuli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accompagner, c'est cheminer c&#244;te &#224; c&#244;te dans la proximit&#233; et la dur&#233;e. Mais nos chemins &#224; nous se sont soudainement s&#233;par&#233;s. D&#233;faut de surveillance de ma part et toi, Cl&#233;mence, tu as bascul&#233; &#224; mon insu par une fen&#234;tre ouverte, dans une chute de onze m&#232;tres de haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'est aper&#231;u tr&#232;s rapidement de ta disparition. Toutefois, personne n'a imagin&#233; ce qui venait de t'arriver. Je suis partie &#224; ta recherche. J'ai descendu les deux &#233;tages du mus&#233;e pensant te retrouver &#224; la boutique, l&#224; o&#249; tu avais &#233;mis le d&#233;sir de t'acheter un souvenir. Tu n'y &#233;tais pas. J'ai continu&#233; &#224; arpenter les couloirs, &#224; fouiller du regard les moindres recoins des autres pi&#232;ces. Personne. Mon inqui&#233;tude grandissait : mais o&#249; es-tu donc ?&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#171; Cl&#233;mence, mais elle est all&#233;e aux WC ! &#187;, dit une r&#233;sidante d'un ton enjou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me frappe le front avec la paume de ma main : suis-je donc b&#234;te, comment n'y ai-je pas pens&#233; ! Un d&#233;but d'apaisement monte en moi. Je cours aux toilettes ; un WC est effectivement ferm&#233; &#224; clef.&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#171; Cl&#233;mence ? &#187; dis-je soulag&#233;e en frappant &#224; la porte.&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#171; Ah ! non, ce n'est pas Cl&#233;mence &#187; r&#233;pond une voix qui m'est inconnue.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ma vue se trouble, la peur m'envahit ; je ressens un &#233;tat brutal de grande fatigue. Je devine qu'il se passe quelque chose de grave. Je m'efforce de poursuivre ; j'interpelle le gardien du mus&#233;e, les visiteurs. Soudain la r&#233;ponse se fait entendre :&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#171; Elle est l&#224;-bas, dehors, par terre ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Glac&#233;e d'horreur, je me pr&#233;cipite &#224; tes c&#244;t&#233;s : tu gis au pied d'une fen&#234;tre, &#233;tendue sur le dos, les yeux ouverts bien encadr&#233;s par tes lunettes intactes. Tu prononceras une seule phrase : &#171; c'est qui, qui m'a pouss&#233;e ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune plainte, aucune manifestation de douleur ne sort de ta bouche. Pourtant ton corps est de toute &#233;vidence s&#233;rieusement bless&#233;. Tu sembles t'assoupir. J'imagine le pire, la paralysie certainement, l'&#233;clatement interne d'organes peut-&#234;tre aussi, de nombreuses fractures in&#233;vitablement&#8230; La fen&#234;tre est au-dessus de nous, tr&#232;s haute, si haute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors l'attente des secours, toujours interminable dans ces moments-l&#224;. Pompiers, m&#233;decins du SAMU te prennent en main, apparaissent et disparaissent tels des fant&#244;mes, se parlent le visage grave, t&#233;l&#233;phonent&#8230; Bref, s'affairent. Et moi, je suis l&#224;, debout sur le trottoir, seule, d&#233;munie, dans l'attente, convaincue que tu vas mourir. Je pleure, j'ai froid, j'ai mal &#224; la t&#234;te, je me sens d&#233;pouill&#233;e de tout ce qui me constitue. Je reprends pieds lorsqu'un m&#233;decin me demande quel est ton poids, quel est ton traitement m&#233;dical habituel. Allez, je dois imp&#233;rativement refaire surface ; retour brutal &#224; la r&#233;alit&#233; pr&#233;sente, il faut que je donne les informations n&#233;cessaires, il faut que je contacte le foyer. Il faut que je tienne, Cl&#233;mence en a besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va ainsi pendant plusieurs heures, dans une alternance de total effondrement de moi-m&#234;me en tant que responsable d'un terrible accident et d'absolue n&#233;cessit&#233; de me ressaisir en tant que professionnelle ayant &#224; fournir des renseignements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soins prodigu&#233;s &#224; Cl&#233;mence font qu'elle est d&#233;sormais transportable et conduite, avec de multiples pr&#233;cautions, au service des urgences. Passag&#232;re d'une seconde ambulance, je crois que je me suis alors endormie. Arriv&#233;e &#224; l'h&#244;pital, je tiens &#224; rester pr&#233;sente dans l'attente des r&#233;sultats des examens m&#233;dicaux. Le temps s'&#233;coule lentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un peu plus tard l'infirmi&#232;re de l'institution viendra prendre le relais. Je devrais alors retourner au foyer. Je ne saurais donc rien ce soir-l&#224; des premi&#232;res investigations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme de quelques jours, l'&#233;quipe m&#233;dicale du service de soins intensifs nous informe que la vie de Cl&#233;mence n'est plus en danger et que sa sant&#233; se r&#233;tablira lentement, a priori sans s&#233;quelles invalidantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette chute fut le point de d&#233;part de mon effondrement. Je souhaitais, &#224; travers cette sortie, ouvrir les r&#233;sidants &#224; la vie et Cl&#233;mence avait failli la perdre. Et paradoxalement, pendant que sa sant&#233; &#224; elle s'am&#233;liorait, la mienne se d&#233;t&#233;riorait : ma t&#234;te, mon corps restaient tout entiers dans l'&#233;v&#233;nement v&#233;cu. &#171; Allez, remets-toi, Cl&#233;mence est vivante, elle va se r&#233;tablir ! &#187; J'entends encore ces paroles prononc&#233;es plusieurs fois par les proches, dans l'intention de m'apporter de l'apaisement. &#171; Oui peut-&#234;tre, mais pour moi c'est comme si elle &#233;tait morte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#171; comme si &#187; qui traduit la perte totale de rep&#232;res, de r&#233;f&#233;rences, qui commence &#224; me gagner. Un &#171; comme si &#187; qui reste incompr&#233;hensible &#224; autrui puisque la r&#233;alit&#233; est que Cl&#233;mence n'est pas d&#233;c&#233;d&#233;e. Lui rendre visite &#224; deux reprises sur son lit d'h&#244;pital me permet de voir, de v&#233;rifier cette v&#233;rit&#233;. Mais malgr&#233; cela je sens que je me d&#233;fais et que je ne peux rien contre cela ; le doute est tout en moi. Le poids de la culpabilit&#233; m'oppresse et avec lui une question m'obs&#232;de : comment es-tu tomb&#233;e, toi Cl&#233;mence, quarante huit ans, reconnue de bonne autonomie, valide, alerte, s&#233;rieuse, raisonnable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essayer de tenir en tentant de comprendre : tu penses avoir &#233;t&#233; pouss&#233;e. Aussi je m'efforce de me rem&#233;morer les instants pr&#233;c&#233;dant ta disparition. Effectivement, il y a bien un r&#233;sidant que je ne situe pas dans mon entourage ; tiens, c'est pr&#233;cis&#233;ment celui que je ne souhaitais pas emmener &#224; cette sortie car son c&#244;t&#233; incontr&#244;lable me met parfois en difficult&#233;&#8230; Une sorte de pressentiment que je n'ai peut-&#234;tre pas su &#233;couter. Ce r&#233;sidant &#233;tait-il &#224; tes c&#244;t&#233;s lorsque tu regardais &#224; l'ext&#233;rieur ? Je sais que lui, il passe souvent par la fen&#234;tre de sa chambre lorsqu'il veut quitter le foyer (mais celle-ci est situ&#233;e &#224; moins d'un m&#232;tre du sol). A-t-il voulu t'aider &#224; franchir la balustrade, sans avoir eu conscience de la hauteur du b&#226;timent ? &#192; moins que ta curiosit&#233; ait &#233;t&#233; telle que tu te sois pench&#233;e &#224; l'exc&#232;s, au point de basculer, entra&#238;n&#233;e par ton poids ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore, ton pass&#233; de quatorze ann&#233;es en &#233;tablissement psychiatrique ne peut-il pas venir &#233;tayer l'id&#233;e d'une possible forme d'attirance par le vide ou celle d'une &#233;ventuelle tentative de suicide ? Nous te connaissons finalement peu, ta venue au foyer ne date que de 9 mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est qui, qui m'a pouss&#233;e ? &#187; &#171; Qui ? &#187; ou &#171; Quoi ? &#187; Saurons-nous un jour ? Peut-&#234;tre m&#234;me faudra-t-il accepter de ne jamais savoir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crire, pour oser dire que la professionnelle que je suis, malgr&#233; un parcours dans le m&#233;tier &#224; la fois riche et diversifi&#233;, sombre alors dans une crise identitaire profonde. Mon corps somatise : contractures douloureuses, &#171; &#233;tau &#187; qui enserre les c&#244;tes du matin au soir, crises d'angoisse, insomnies, pertes d'&#233;quilibre, maux de t&#234;te qui se posent en obstacle &#224; la pens&#233;e. Je vis l'&#233;clatement int&#233;rieur, une d&#233;construction totale d'identit&#233; qui bouleverse tout. C'est le vide absolu de ce que la vie a construit en moi, une &#233;preuve sans &#233;quivalent. &#201;crire, pour dire que cette atteinte pathologique qui porte le terme m&#233;dical de &#171; Syndrome subjectif post-traumatique &#187; n'affecte pas que les employ&#233;s d'agences bancaires victimes de hold-up ; &#171; cela &#187; peut arriver &#224; tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crire, pour dire que la port&#233;e traumatique de cet &#171; &#233;chec &#187; s&#233;v&#232;re du travail survenu dans le contexte de la pratique quotidienne a amen&#233; le m&#233;decin que j'ai consult&#233; &#224; r&#233;diger une d&#233;claration d'accident du travail. La Caisse primaire d'assurance maladie a ensuite reconnu, au regard des &#233;l&#233;ments transmis, le caract&#232;re professionnel de l'affection. L'introduction de la dimension du travail prend l&#224; toute son importance. Elle conduit &#224; ne pas renvoyer la souffrance &#224; des fragilit&#233;s fonctionnelles personnelles ou &#224; une probl&#233;matique individuelle, et de ce fait encourage la r&#233;flexion autour de l'exercice m&#234;me du m&#233;tier ; d'autre part, elle invite &#224; rechercher de l'aide aupr&#232;s de la m&#233;decine du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est en effet insoutenable de se mesurer &#224; un tel effondrement, seul, en &#171; prenant &#187; exclusivement sur soi. Il faut pouvoir &#171; prendre ailleurs &#187;, trouver un lieu bienveillant et contenant pour accueillir les tensions extr&#234;mes ; simplement accueillir, sans demander d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette terre d'accueil accessible &#224; la naufrag&#233;e que j'&#233;tais, je l'ai effectivement trouv&#233;e dans la pr&#233;sence et la pratique du m&#233;decin du travail : pr&#234;t &#224; &#233;couter inlassablement, &#224; partager, &#224; rassurer toujours, &#224; me soutenir dans ma soif de recevoir des soins corporels (je dirais m&#234;me charnels) afin de r&#233;tablir en moi des perceptions agr&#233;ables ; prendre en compte mes ressentis, ne pas imposer d'actions qui font peur, me permettre de me reprendre au rythme qui convient, accepter la lenteur de l'&#233;volution, attendre que le temps calme les &#233;motions qui perturbent ; ne jamais juger ; &#234;tre pr&#233;sent l&#224; o&#249; j'en ai besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard de sa formation en psychodynamique du travail (discipline conceptualis&#233;e dans les ann&#233;es 90 par le psychiatre et psychanalyste Christophe Dejours et dont l'objet est l'&#233;tude du lien entre sant&#233; mentale et travail), le m&#233;decin du travail m'a ainsi propos&#233; de m'engager dans un cheminement personnel fond&#233; sur la question suivante : en quoi telle ou telle situation de travail a sur moi des retentissements de nature &#233;panouissante ou frustrante ou douloureuse ? Pour se faire, il a fallu en quelque sorte que je me &#171; d&#233;cale &#187; par rapport &#224; l'exercice de mon m&#233;tier, que je &#171; m'observe &#187; en position de travail &#224; travers notamment un d&#233;corticage minutieux de situations v&#233;cues. Des lectures d'ouvrages, un entretien avec un m&#233;decin chercheur, un travail d'&#233;criture, sont &#233;galement venus construire ma r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis donc efforc&#233;e de porter une attention particuli&#232;re &#224; la r&#233;alit&#233; de ma pratique quotidienne et &#224; ce qui motivait ou emp&#234;chait le sentiment de &#171; me r&#233;aliser &#187;. J'ai d&#251; apprendre &#224; comprendre le travail et le rapport subjectif que j'entretenais avec lui, en effectuant une t&#226;che de rep&#233;rage puis de mise en corr&#233;lation : mettre &#224; jour ce que, dans le r&#233;el, je mobilisais en moi comme &#233;l&#233;ments dynamiques pour assurer telle ou telle activit&#233; (r&#233;flexion, improvisation, interpr&#233;tation, ob&#233;issance, application, affectivit&#233;, exp&#233;rience, valeurs&#8230;) et voir comment l'organisation institutionnelle favorisait ou desservait l'accomplissement de cette m&#234;me activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette approche m'a personnellement permis de mieux percevoir la mani&#232;re dont j'investissais l'organisation instaur&#233;e au foyer par l'&#233;quipe de direction et d'&#234;tre plus &#224; m&#234;me de comprendre l'impact que ce fonctionnement avait sur moi. La psychodynamique ne se consid&#232;re pas comme une fin en soi et n'exclut pas le recours &#224; des approches autres, permettant elles aussi de r&#233;fl&#233;chir &#224; la mani&#232;re dont on se met en lien. Elle peut par exemple se compl&#233;ter d'un soutien psychoth&#233;rapique si l'histoire personnelle le n&#233;cessite. Pr&#232;s de quatre mois furent n&#233;cessaires pour que mon corps s'apaise progressivement et que j'&#233;prouve enfin le sentiment de remonter &#224; la surface. Prendre du temps encore pour que la pens&#233;e se restaure ; retrouver le plaisir de faire travailler sa t&#234;te lib&#233;r&#233;e de toute douleur qui entrave. Penser, penser pour rester en vie. Et &#233;crire, pour dire que ce qui vient alors &#224; l'esprit est la question du risque encouru dans l'exercice de la pratique &#233;ducative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai toujours estim&#233; que mon m&#233;tier contenait une part de risque, tant il me para&#238;t inconcevable de se prot&#233;ger de tout et de ne plus entreprendre. C'est peut-&#234;tre m&#234;me l'existence de cet espace de libert&#233; et de cr&#233;ativit&#233; qui m'a donn&#233; envie d'exercer la profession qui est la mienne. Mais j'ai aussi toujours consid&#233;r&#233; que la prise de risque ne devait jamais &#234;tre synonyme de mise en danger. Tant que la mise en danger d'autrui m'a &#233;pargn&#233;e, la fronti&#232;re entre les deux notions m'a paru &#233;vidente. Mais aujourd'hui ma confrontation &#224; la chute de Cl&#233;mence &#233;branle mon propre rapport au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment vais-je pouvoir conserver la possibilit&#233; d'agir conform&#233;ment &#224; ma spontan&#233;it&#233;, &#224; mes aspirations, &#224; mes valeurs ? Comment concevoir l'accompagnement pour qu'il soit &#224; la fois &#171; s&#251;r &#187; et suffisamment respectueux du d&#233;veloppement personnel de l'individu ? Vais-je parvenir &#224; travailler sans trop mettre en place de constructions d&#233;fensives visant &#224; me &#171; conserver &#187;, &#224; arr&#234;ter le mouvement du risque, &#224; faire que je m'&#171; installe &#187; (m'appauvrisse) ? On dit bien que ne plus oser, c'est un peu mourir. Autrement dit : comment rester vraie par rapport &#224; moi-m&#234;me, sachant que &#171; cela &#187; peut &#224; nouveau m'arriver ? Un mois s'&#233;coule ainsi &#224; me perdre dans mon questionnement. Et &#224; ce jour, je n'ai pas de r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crire, pour dire que lorsque tout se d&#233;robe et qu'on a le sentiment que l'apr&#232;s ne sera plus jamais comme l'avant, le soutien de coll&#232;gues, de pairs, est attendu. L'&#233;laboration collective de l'&#233;v&#233;nement v&#233;cu peut permettre, me semble-t-il, de trouver des ressources, d'entrevoir de nouvelles perspectives et donc de red&#233;marrer. Les membres de l'&#233;quipe dans laquelle je travaille sont rest&#233;s silencieux : embarras de leur part, indiff&#233;rence, crainte de vivre un jour la m&#234;me situation ? En ce qui me concerne, la peur et la vuln&#233;rabilit&#233; que j'&#233;prouvais &#244;taient toute possibilit&#233; d'&#233;lan vers autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que l'&#233;quipe avait &#233;t&#233; constitu&#233;e r&#233;cemment et que nous formions plut&#244;t une juxtaposition d'individus, une unit&#233; encore &#171; en construction &#187; dans laquelle la confiance n'&#233;tait pas vraiment &#233;tablie. Je crois pourtant que ce sont souvent les &#233;preuves qui construisent les &#233;quipes et que &#171; se serrer les coudes &#187; dans le partage de situations difficiles contribue justement &#224; fonder la confiance. Un r&#233;confort appr&#233;ciable est venu des dirigeants de l'institution. Tout en pointant le manque de vigilance, ils ont su &#234;tre &#224; l'&#233;coute, faire preuve de tact et de discernement dans la recherche de compr&#233;hension de la situation, cela, en ayant le souci de ne pas venir gonfler le sentiment de culpabilit&#233; qui m'envahissait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mois de d&#233;cembre est l&#224;. Ma sant&#233; se consolide et un &#233;lan interne commence &#224; animer mon corps et mon esprit dans la perspective d'une reprise de travail. J'ai conscience que l'&#233;v&#233;nement restera &#224; vie inscrit dans ma m&#233;moire et qu'il est vain de chercher &#224; le fuir, &#224; l'oublier. Mais je sais aussi que la souffrance qui est encore en moi ne doit pas prendre le devant de la sc&#232;ne. Pour parvenir &#224; construire un &#171; apr&#232;s &#187;, il me faut ranger le &#171; paquet &#187; de la mani&#232;re la plus confortable (ou la moins inconfortable) possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que cela mobilise rend la d&#233;marche encore difficile, d'autant que je conserve en moi le doute sur la mani&#232;re dont Cl&#233;mence a chut&#233; par la fen&#234;tre. J'accepte l'incertitude. Mais si Cl&#233;mence a &#233;t&#233; pouss&#233;e par un autre r&#233;sidant, on peut craindre qu'un accident similaire ne se reproduise un jour ; cette perspective m'effraie. Les responsables de l'institution ont acquis au fil des semaines la certitude que Cl&#233;mence &#233;tait tomb&#233;e d'elle-m&#234;me, &#171; pouss&#233;e &#187; par sa propre curiosit&#233;. Cette conviction repose sur les r&#233;ponses qu'elle a apport&#233;es aux questions qui lui ont &#233;t&#233; pos&#233;es lors de l'hospitalisation et durant la convalescence. Je me dis qu'une conclusion de cette nature a peut-&#234;tre l'avantage de faciliter le &#171; classement d'une affaire &#187; : l'apport d'un d&#233;nouement in&#233;branlable aide certainement &#224; clore un dossier, mais je n'en suis pas l&#224;. Je ne doute pas de mon doute et sa non-reconnaissance institutionnelle me met mal &#224; l'aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; plusieurs entretiens avec le m&#233;decin du travail, j'envisage la reprise de mon m&#233;tier dans un cadre autre que le foyer qui m'emploie actuellement. En effet, je souhaite aujourd'hui me &#171; r&#233;essayer &#187; au travail dans un lieu qui n'a pas v&#233;cu cette &#171; Histoire &#187; dans ses murs ; reconstruire progressivement des rep&#232;res, r&#233;investir &#224; mon rythme les responsabilit&#233;s de ma fonction, reprendre confiance en ma pratique ; puiser dans l'inconnu la qui&#233;tude n&#233;cessaire &#224; la restauration de mon identit&#233; professionnelle. Un entretien avec l'&#233;quipe de direction a alors laiss&#233; pr&#233;sager d'une possibilit&#233; de mutation temporaire dans un &#233;tablissement proche. J'ai donc laiss&#233; mon &#233;crit en suspens dans la perspective de rajouter, le moment venu, quelques phrases de conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; cette main tendue, je me projetais reprenant pied dans cet &#171; ailleurs &#187; provisoire et me voyais heureuse d'&#171; un sentiment de vie retrouv&#233;e &#187; (expression emprunt&#233;e &#224; Yves Clot, professeur de psychologie du travail au Conservatoire national des arts et m&#233;tiers, dans sa d&#233;finition de la sant&#233;). Tout cela aurait pu effectivement se d&#233;rouler ainsi. Mais les choses ont tourn&#233; d'une mani&#232;re que je n'avais pas imagin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Janvier : au regard de ce que les dirigeants de l'institution pensaient conna&#238;tre de mon parcours professionnel, j'ai soudainement &#233;t&#233; jug&#233;e inapte &#224; exercer mon m&#233;tier d'&#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e : ce qu'ils ont appel&#233; ma &#171; trop grande sensibilit&#233; &#187; &#233;tait &#224; leurs yeux un obstacle au bon exercice de ma fonction ainsi qu'&#224; mon &#233;panouissement personnel au travail. Aussi, me pr&#233;conis&#232;rent-ils de, je cite, &#171; changer de m&#233;tier &#187; au risque, dans le cas contraire, de &#171; reculer pour mieux sauter &#187; &#224; la reprise de mon poste. Ils m'ont alors sugg&#233;r&#233; de rechercher un emploi dans le domaine de la formation professionnelle (je poss&#232;de, en la mati&#232;re, une petite exp&#233;rience aupr&#232;s d'aides m&#233;dico psychologique) autant de paradoxes que j'ai tent&#233; de contenir plus que de r&#233;soudre, afin de ne pas me retrouver &#224; nouveau la t&#234;te sous l'eau. Et je m'accroche &#224; Paul Fustier, enseignant en psychologie et formateur aupr&#232;s d'&#233;ducateurs, qui &#233;crit &#224; propos de la relation &#233;ducative : &#171; l'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; ne peut &#234;tre &#171; normal &#187; dans le sens ou &#171; l'&#233;tat d'inadapt&#233; &#187; lui serait totalement &#233;tranger &#187; (extrait de L'identit&#233; de l'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, aujourd'hui, ma souffrance n'est pas l&#224;. Je n'aurais sans doute jamais envoy&#233; mon &#233;crit &#224; Lien Social si un autre &#233;v&#233;nement tragique n'&#233;tait survenu la semaine derni&#232;re, au sein du foyer ; j'aurais conserv&#233; pr&#233;cieusement ces pages, suffisamment &#171; gu&#233;rie &#187; par le travail de distanciation op&#233;r&#233; par la r&#233;daction de ce que j'ai eu besoin d'exprimer. Mais Elfi, ma&#238;tresse de maison, s'est donn&#233;e la mort la veille de sa reprise de travail, sans qu'il y ait de lien avec la situation relat&#233;e pr&#233;c&#233;demment. Son cong&#233; maladie li&#233; &#224; un syndrome subjectif post-traumatique reconnu lui aussi par la caisse primaire d'assurances maladie en tant qu'accident du travail, allait s'achever. On s'&#233;tait rencontr&#233; peu avant. On s'&#233;tait racont&#233; et nous avions &#233;voqu&#233; les attitudes et propos institutionnels qui nous avaient affect&#233;es, l'impact des paroles, les mots qui tuent, les phrases assassines, comme on le dit parfois au sens figur&#233;. Elfi m'avait dit l'angoisse qu'elle ressentait &#224; l'id&#233;e de rejoindre son lieu professionnel et d'&#234;tre confront&#233;e &#224; certains r&#233;sidants qui l'effrayaient du fait de heurts, de confrontations parfois physiques qu'elle n'avait jusqu'alors pas su surmonter. Elle avait exprim&#233; son isolement, son d&#233;nuement, le peu d'empathie et de chaleur humaine qu'elle rencontrait. Elfi n'a pas entrevu de d&#233;nouement &#224; sa situation autre que l'issue dramatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;cris pour dire que je ne pourrais oublier et que je me sens le devoir d'oser pr&#233;senter cet &#233;crit &#224; la publication afin d'apporter ma contribution aux r&#233;flexions en cours sur l'&#233;volution du travail social. Je suis une professionnelle plut&#244;t positive, r&#233;fl&#233;chie, respectueuse du fonctionnement des institutions, mais l&#224;, je suis d&#233;rout&#233;e et inqui&#232;te. Je ne peux cesser de m'interroger. Certes la fonction de direction est lourde, prenante, complexe et je comprends que de par ses caract&#233;ristiques, ses responsabilit&#233;s, elle &#233;loigne du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aussi avons choisi notre m&#233;tier en sachant que la relation d'aide n'est pas faite que de reconnaissance et que nous aurons &#224; faire avec le rejet, la violence parfois, la prise de risques. Mais de gr&#226;ce, lorsque nous sommes en difficult&#233;, n'attribuez pas spontan&#233;ment cela &#224; des probl&#233;matiques personnelles en nous jugeant &#171; individu &#224; pathologie &#187; ; mettez un peu de doute dans vos certitudes. Sachez accueillir nos demandes, nos questionnements, nos peurs parfois, dans ce qu'ils portent en essayant de faire abstraction des enjeux institutionnels et des strat&#233;gies individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Osez, vous aussi, vous inscrire dans une certaine remise en cause. Assurez-vous que le mode d'organisation mis en place ne contribue pas &#224; produire nos souffrances professionnelles. Surtout, restez humbles et honn&#234;tes avec vous-m&#234;mes. Nous avons besoin de sup&#233;rieurs hi&#233;rarchiques qui font autorit&#233; et qu'&#224; ce titre nous reconnaissons. Mais ne confondez pas autorit&#233; et domination. N'ayez pas peur d'instaurer la circulation de la parole dans vos murs et ne craignez pas la mise en place de s&#233;ances d'analyse de la pratique que nous r&#233;clamons souvent haut et fort sans &#234;tre entendus. Faites-nous confiance ; acceptez quelquefois de l&#226;cher prise, ce n'est pas pour cela que nous n'effectuerons pas notre mission avec s&#233;rieux. Risquez-vous &#224; vous montrer humain, c'est-&#224;-dire peut-&#234;tre un peu fragile mais surtout accessible &#224; l'&#233;coute. Votre place vous suffit amplement, certes j'en conviens, mais essayez parfois de vous mettre un peu &#224; la n&#244;tre. Autrement dit, sachez &#234;tre aidant et non jugeant. Et au-del&#224;, n'oubliez pas que c'est en grande partie l'image que vous renvoyez de vous-m&#234;me et de votre fonction qui nous donne ou non l'envie d'acc&#233;der &#224; un poste d'encadrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes au mois de mai : l'institution me propose d'am&#233;nager temporairement mon poste et de reprendre mon travail &#224; un autre &#233;tage du foyer ; concours de circonstances, je vais rejoindre le lieu o&#249; Elfi exer&#231;ait. Cl&#233;mence, quant &#224; elle, est de nouveau hospitalis&#233;e en raison d'une mauvaise consolidation osseuse &#224; la jambe. Elle vient d'&#234;tre entendue dans le cadre de l'enqu&#234;te de gendarmerie et a dit se souvenir qu'elle avait chut&#233; par la fen&#234;tre en se penchant exag&#233;r&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Loin d'Elfi durablement, loin de Cl&#233;mence momentan&#233;ment, je vais donc y retourner, la sensibilit&#233; et la vuln&#233;rabilit&#233; qui me constituent toujours pr&#233;sentes (sans elles, serais-je d'ailleurs &#224; m&#234;me d'exercer mon m&#233;tier ? mais la motivation bien entam&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
