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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e &#8226; Aux Minguettes, la m&#233;moire de 1983 en h&#233;ritage</title>
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&lt;p&gt;Le berceau de la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, le plateau des Minguettes &#224; V&#233;nissieux, n'a pas &#233;chapp&#233; aux r&#233;voltes urbaines qui ont suivi la mort de Nahel &#224; l'&#233;t&#233; 2023. Les &#233;ducateurs de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e de l'association Sauvegarde 69 s'appuient aujourd'hui sur les deux &#233;v&#233;nements pour entamer un travail &#233;ducatif aupr&#232;s des jeunes du quartier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Install&#233;s au pied d'une barre d'immeuble du quartier des Minguettes &#224; V&#233;nissieux (Rh&#244;ne), cinq jeunes adultes discutent tous ou presque un joint &#224; la (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le berceau de la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, le plateau des Minguettes &#224; V&#233;nissieux, n'a pas &#233;chapp&#233; aux r&#233;voltes urbaines qui ont suivi la mort de Nahel &#224; l'&#233;t&#233; 2023. Les &#233;ducateurs de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e de l'association Sauvegarde 69 s'appuient aujourd'hui sur les deux &#233;v&#233;nements pour entamer un travail &#233;ducatif aupr&#232;s des jeunes du quartier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Install&#233;s au pied d'une barre d'immeuble du quartier des Minguettes &#224; V&#233;nissieux (Rh&#244;ne), cinq jeunes adultes discutent tous ou presque un joint &#224; la main. Quand Estelle Mend&#232;s et Mohamed Hamidi viennnent &#224; leur rencontre dans cet &lt;i&gt;&#171; espace de socialisation &#187;&lt;/i&gt;, comme le qualifie ce dernier avec humour, les poign&#233;es de main sont franches et chaleureuses. Ce mardi soir d'octobre, les deux &#233;ducateurs de l'association Sauvegarde 69 sont de &#8220;travail de rue&#8221;. Cette pratique, socle de la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, consiste &#224; &#8220;aller vers&#8221; les jeunes pour cr&#233;er avec eux une relation de proximit&#233;. Avec l'id&#233;e, ensuite, de faciliter la mise en place d'un accompagnement &#233;ducatif et social pour ceux et celles qui en ont besoin et le d&#233;sirent, car tout repose sur la libre adh&#233;sion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces jeunes hommes ont-ils entendu parler de la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, dont l'id&#233;e est n&#233;e ici, dans leur quartier, il y a de cela quarante ans ? Pour une partie d'entre eux, cela n'&#233;voque rien. Mais Loua&#239;, 23 ans, conna&#238;t bien cet &#233;v&#233;nement, d'ailleurs rebaptis&#233; ici &#8220;Marche des Minguettes&#8221;. Il lui a &#233;t&#233; notamment racont&#233; par &lt;i&gt;&#171; les grands &#187;&lt;/i&gt;, se souvient-il, tel un morceau d'identit&#233; locale. &lt;i&gt;&#171; Dans le quartier, il y avait eu des affrontements avec la police &#224; l'&#233;poque pendant plusieurs semaines. Un jour, les flics sont venus, ils ont l&#226;ch&#233; les chiens et Toumi Dja&#239;dja a pris une balle dans le ventre. Puis une marche avait &#233;t&#233; organis&#233;e pour protester &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume-t-il &#224; sa mani&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet &#233;t&#233;, suite &#224; la mort de Nahel &#224; Nanterre et aux nuits de violences qui s'en sont suivies, aucun appel &#224; une mobilisation nationale pacifique ne s'est fait entendre, &#224; V&#233;nissieux ou ailleurs. &#192; l'&#233;vidence, aujourd'hui l'heure n'est plus &#224; l'organisation d'une marche pour r&#233;clamer le respect de ses droits. Brahim, 19 ans, a son explication : &lt;i&gt;&#171; Il y a eu trop de violence envers nous, les jeunes des quartiers. C'est pour &#231;a que c'est parti en &#233;meute. &#187;&lt;/i&gt; Il pointe notamment la brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain (BST) de la Police nationale, qui intervient aux Minguettes et avec laquelle les relations seraient tendues, des contr&#244;les qui se passeraient mal&#8230; Le propos est vague, mais la col&#232;re pr&#233;cise. Loua&#239; abonde. Mais il &#233;largit ses r&#233;criminations et relate un sentiment de fatalit&#233; partag&#233; parmi les jeunes ou les adultes rencontr&#233;s ce soir-l&#224; : &lt;i&gt;&#171; On n'est plus en d&#233;mocratie. Le 49-3, c'est de la d&#233;mocratie ? Alors une nouvelle marche, &#231;a n'aurait servi &#224; rien. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7451 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH387/capture_d_e_cran_2023-10-24_a_07.36.49-9b981.png?1698242462' width='500' height='387' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les trois &#233;ducateurs (de face) discutent avec des adolescents des Minguettes, devant la fresque dite des Marcheurs, repr&#233;sentant Toumi Dja&#239;dja mais aussi Gandhi ou Martin Luther King.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169; Thomas S&#233;vignon&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sensibiliser sans juger&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois que les &#233;ducateurs abordent ce sujet avec les jeunes du quartier. Au mois de juin, lors des soirs d'&#233;meutes, les &#233;quipes pr&#233;f&#232;rent parler de &lt;i&gt;&#171; r&#233;voltes &#187;&lt;/i&gt;, les neuf &#233;ducateurs de l'association qui interviennent sur les Minguettes sont rest&#233;s en retrait, &#224; la demande de la direction qui a tenu &#224; prot&#233;ger ses salari&#233;s. Mais en journ&#233;e, toutes les activit&#233;s ou rendez-vous programm&#233;s se sont tenus comme pr&#233;vu, pour maintenir cette connexion avec eux et leur proposer un espace de parole. &lt;i&gt;&#171; On avait un chantier &#233;ducatif avec des jeunes dans le quartier &#224; ce moment-l&#224;, on en profitait pour discuter de cela. Ici &#224; L&#233;o Lagrange et Monmousseau, nos deux secteurs d'intervention, les violences n'ont pas dur&#233; longtemps, trois soirs peut-&#234;tre. Mais beaucoup de jeunes se sont sentis ins&#233;curis&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, se rappelle Estelle Mend&#232;s. C'est surtout une fois la col&#232;re retomb&#233;e que les &#233;ducateurs ont voulu mettre des mots sur ce qu'il s'&#233;tait pass&#233;. &lt;i&gt;&#171; Il n'y a pas eu de rupture avec les jeunes, le travail de rue a repris, les actions se sont poursuivies. Et on en profitait pour discuter avec eux de tout &#231;a&lt;/i&gt;, raconte Mohamed Hamidi. &lt;i&gt;Ce qui revenait souvent, c'&#233;tait les tensions avec la police, les difficult&#233;s des quartiers, le sentiment de ne pas &#234;tre entendu ni pris en compte. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un dialogue que les &#233;ducateurs et &#233;ducatrices ont tenu &#224; garder sans jugement, un des fondements de leur pr&#233;sence au quotidien aupr&#232;s des jeunes. &lt;i&gt;&#171; Sur ce sujet des affrontements avec la police, on peut sensibiliser mais on ne peut pas &#234;tre dans la moralisation. C'est la m&#234;me chose avec la consommation de shit, dont on sait qu'elle concerne beaucoup de jeunes. On n'est pas l&#224; pour juger mais on n'&#233;lude pas le sujet non plus, on en parle pour accompagner vers des dispositifs de sant&#233; &#187;&lt;/i&gt;, affirme l'&#233;ducateur qui travaille depuis six ans lui aussi sur ces deux secteurs. Tout est question de patience et d'&#233;coute, poursuit-il : &lt;i&gt;&#171; Il faut attendre le bon moment, quand la confiance est &#233;tablie et qu'on sent qu'on a la l&#233;gitimit&#233; pour leur parler. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'appuyer sur les r&#233;ussites du quartier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de ces &#233;changes, les &#233;ducateurs ont enclench&#233; un travail &#233;ducatif autour de la Marche de 1983, mais aussi de l'histoire du quartier, particuli&#232;rement celle du secteur Monmousseau, &#233;picentre des affrontements entre la police et les jeunes V&#233;nissians &#224; l'&#233;poque. Car aujourd'hui ce secteur est vou&#233; &#224; changer radicalement de visage : une imposante barre d'immeuble a &#233;t&#233; d&#233;truite r&#233;cemment dans le cadre d'un programme de renouvellement urbain, une autre est en passe de l'&#234;tre et les trois tours encore debout subiront le m&#234;me sort dans les ann&#233;es &#224; venir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un documentaire est donc en cours de r&#233;alisation, pens&#233; et tourn&#233; par deux groupes de jeunes suivis par les &#233;ducateurs de la Sauvegarde 69. &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait l'occasion de travailler sur la m&#233;moire de la Marche de 83, cet &#233;v&#233;nement qui est presque antique pour eux. Et c'&#233;tait aussi un moyen de sensibiliser et faire le parall&#232;le entre les r&#233;voltes, qui sont un mode d'expression, et les marches pacifiques, qui en sont un autre &#187;&lt;/i&gt;, souligne Cl&#233;mentine Duchemin, autre &#233;ducatrice de l'association. &lt;i&gt;&#171; M&#234;me si la Marche a du mal &#224; s'inscrire dans l'histoire nationale, il faut que nous, associations, la fassions vivre au niveau local. &#199;a fait partie de l'histoire du quartier, pour certains de l'histoire de leurs parents (...). C'est quelque chose qui vient faire commun entre les jeunes et les plus grands, &#231;a peut rassembler, f&#233;d&#233;rer &#187;&lt;/i&gt;, soutient par ailleurs Fatima Youyou, une des cheffes de service pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e de la Sauvegarde 69.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le film &lt;i&gt;&#171; Nos pas dans Monmousseau &#187;&lt;/i&gt;, sous-titr&#233; &lt;i&gt;&#171; Monmousseau au travers des g&#233;n&#233;rations &#187;&lt;/i&gt;, sera r&#233;solument participatif : &lt;i&gt;&#171; Ce sont les ados qui pr&#233;sentent le quartier &#224; la cam&#233;ra. Ils vont partir de la barre d'immeuble qui sera bient&#244;t d&#233;molie, filmer le snack, la place qu'on appelle ici &#8220;le haricot&#8221;, etc. Ils vont expliquer pourquoi les lieux sont importants pour eux. Et les plus jeunes vont poser des questions aux grands, sur leur rapport au quartier, la d&#233;molition des tours, la Marche de 83, etc. &#187;&lt;/i&gt;, expose l'&#233;ducatrice. Zayade, adolescent de &#171; Monmouss &#187;, sera l'un des participants. Il n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; prendre part au projet : &lt;i&gt;&#171; Je serai un des pr&#233;sentateurs du documentaire. J'aime mon quartier, je voulais montrer que j'avais grandi l&#224;. &#187;&lt;/i&gt; Un discours positif sur la cit&#233;, voulu pour d&#233;passer les repr&#233;sentations n&#233;gatives qui lui collent &#224; la peau. Pour Fatima Youyou, &lt;i&gt;&#171; il ne faut pas r&#233;sumer les Minguettes &#224; ce qu'on voit sur les cha&#238;nes d'informations en continue. Il y a des choses et des gens qui ont marqu&#233; positivement l'histoire ici, et cette Marche en fait partie. Avoir des mod&#232;les de r&#233;ussite, c'est important dans notre travail &#233;ducatif aupr&#232;s des jeunes, et c'est fondamental pour eux pour se construire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec V&#233;ronique Le Goaziou &#8226; Une m&#233;moire de la haine et de la vengeance</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Entretien-avec-Veronique-Le-Goaziou-o-Une-memoire-de-la-haine-et-de-la-vengeance</link>
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		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>Discrimination</dc:subject>
		<dc:subject>Banlieue</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme</dc:subject>
		<dc:subject>1348</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour parler des &#233;v&#233;nements qui ont enflamm&#233; la France entre le 27&#8239;juin et le 3&#8239;juillet, elle associe volontiers les mots &#233;meute et r&#233;volte, sans vouloir &#171; figer le r&#233;el &#187;. La chercheuse peine cependant &#224; y voir un soul&#232;vement &#171; qui suppose un mouvement plus organis&#233; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Entretien avec V&#233;ronique Le Goaziou, sociologue, ethnologue et autrice (1) sp&#233;cialiste de la d&#233;linquance, de la violence, de la pauvret&#233; et des politiques publiques relatives &#224; ces questions. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pensez-vous qu'une suite politique plus (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour parler des &#233;v&#233;nements qui ont enflamm&#233; la France entre le 27&#8239;juin et le 3&#8239;juillet, elle associe volontiers les mots &#233;meute et r&#233;volte, sans vouloir &#171; figer le r&#233;el &#187;. La chercheuse peine cependant &#224; y voir un soul&#232;vement &#171; qui suppose un mouvement plus organis&#233; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7452 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L250xH297/capture_d_e_cran_2023-10-24_a_07.41.34-5e2be.png?1698242462' width='250' height='297' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt; Entretien avec &lt;strong&gt;V&#233;ronique Le Goaziou&lt;/strong&gt;, sociologue, ethnologue et autrice (1) sp&#233;cialiste de la d&#233;linquance, de la violence, de la pauvret&#233; et des politiques publiques relatives &#224; ces questions.
&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pensez-vous qu'une suite politique plus articul&#233;e puisse &#233;merger de ces &#233;v&#233;nements ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je ne crois pas, notamment parce que le mouvement de 1983 a avort&#233;. Certes, il a donn&#233; lieu &#224; la cr&#233;ation de SOS racisme et a &#233;t&#233; institutionnalis&#233;, mais il n'a pas pu s'inscrire dans la dur&#233;e et n'a pas apport&#233; de r&#233;ponse &#224; ce qu'il fallait faire et comment. Il s'est rapidement d&#233;lit&#233;, avec un peu de r&#233;cup&#233;ration, un peu de client&#233;lisme. Depuis, il y a eu apr&#232;s les &#233;meutes de 2005 des tentatives, comme Aclefeu (ndlr : Association collectif libert&#233; &#233;galit&#233; fraternit&#233; ensemble et unis), les cahiers de dol&#233;ances des banlieues, le travail de Marie-H&#233;l&#232;ne Bacqu&#233; et Mohammed Mechmache, le Bondy blog, le collectif Pas sans nous, mais aucun mouvement politique ne met en musique ces initiatives. Dans les quartiers populaires, la situation s'est plut&#244;t d&#233;grad&#233;e. Les populations qui arrivent, vivent des situations socio-&#233;conomiques encore plus compliqu&#233;es que celles qui partent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les acteurs de la pr&#233;vention sont-ils en capacit&#233; de faire &#233;merger une r&#233;ponse plus constructive ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les professionnels, m&#234;me aguerris comme les &#233;ducateurs de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, t&#233;moignent avoir de plus en plus de difficult&#233;s &#224; travailler dans ces quartiers, notamment en raison de la violence des trafics et des relations interpersonnelles sur fond de mont&#233;e de la pr&#233;carit&#233;. Ce contexte donne le sentiment de fournir une &#233;nergie monumentale, non pas pour am&#233;liorer la situation, mais pour qu'elle ne se d&#233;grade pas. Les assistantes sociales qui n'h&#233;sitaient pas &#224; rendre visite aux familles, ne se d&#233;placent plus, ou entre 9 et 10 h, ou accompagn&#233;es. Il y a la peur, mais aussi un sentiment d'impuissance d&#233;l&#233;t&#232;re. Les centres sociaux, porteurs du mouvement d'&#233;ducation populaire, se bagarrent avec un r&#233;gime de subvention qui les &#233;trangle, un labyrinthe administratif extr&#234;mement contraignant d'appel &#224; projet, avec en plus un &#233;norme probl&#232;me de recrutement des travailleurs sociaux. Dans ces territoires, renverser les dynamiques &#224; l'&#339;uvre, soit toucher l'&#233;ducation, l'enseignement, la parentalit&#233;&#8230; c'est une usine &#224; gaz. Surtout quand les r&#233;seaux de drogues sont devenus les premiers employeurs de la cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si la police demeure seule sur ces quartiers, ne risque-t-on pas d'aller vers une mont&#233;e en puissance de la violence ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s 1977, le Garde des Sceaux Alain Peyrefitte alertait sur les mauvaises relations entre la police et la jeunesse populaire. Cinquante ans plus tard, &#231;a fait des ravages. Une m&#233;moire de la haine et de la vengeance se transmet entre jeunes, mais aussi entre policiers. En intervention dans une &#233;cole de police, j'ai entendu des jeunes gardiens de la paix, qui n'avaient jamais mis les pieds dans un quartier populaire, &#233;voquer leurs habitants dans des termes quasi-vengeurs. Quand j'entends les habitants parler de la police et inversement, les tensions sont telles que je m'&#233;tonne que &#231;a ne d&#233;g&#233;n&#232;re pas plus. Il y a eu une tentative d'apaisement avec la police de proximit&#233;, mais le ministre de l'Int&#233;rieur Sarkozy a mis fin &#224; l'exp&#233;rience avant m&#234;me qu'on puisse l'&#233;valuer. La France reste un des rares pays europ&#233;ens qui ne se dote pas de cette police qui vit au plus pr&#232;s de la communaut&#233; pour, avec les habitants, apporter des solutions aux probl&#232;mes de la vie quotidienne. Il faut mettre ce sujet sur la table, notre ministre de l'Int&#233;rieur le sait, mais n'en prend pas le chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1)&lt;i&gt; Quand les banlieues br&#251;lent&#8230; : Retour sur les &#233;meutes de novembre 2005&lt;/i&gt;, &#201;d. La D&#233;couverte (2006).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La Violence des jeunes en question&lt;/i&gt;, &#201;d. Champ social (2009).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Violences polici&#232;res, de quoi parle-t-on ?</title>
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		<dc:date>2023-10-25T14:00:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;1983-2023. Quarante ans apr&#232;s la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, notre soci&#233;t&#233; reste frapp&#233;e et endeuill&#233;e par des violences polici&#232;res. Il est important de comprendre les ressorts, afin d'y mettre un terme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Ludwig Maquet, formateur, responsable de rubriques &#224; Lien Social &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 15 octobre 1983, &#224; la suite d'une bavure polici&#232;re qui blesse Toumi Dja&#239;dja &#224; V&#233;nissieux, une marche pacifique d&#233;marre. De cet &#233;v&#233;nement aux d&#233;c&#232;s de Nahel Merzouk &#224; Nanterre, et de Mohamed Bendriss &#224; Marseille en (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;1983-2023. Quarante ans apr&#232;s la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, notre soci&#233;t&#233; reste frapp&#233;e et endeuill&#233;e par des violences polici&#232;res. Il est important de comprendre les ressorts, afin d'y mettre un terme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par Ludwig Maquet, formateur, responsable de rubriques &#224; &lt;i&gt;Lien Social&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;Le 15 octobre 1983, &#224; la suite d'une bavure polici&#232;re qui blesse Toumi Dja&#239;dja &#224; V&#233;nissieux, une marche pacifique d&#233;marre. De cet &#233;v&#233;nement aux d&#233;c&#232;s de Nahel Merzouk &#224; Nanterre, et de Mohamed Bendriss &#224; Marseille en 2023, les faits de violences polici&#232;res restent nombreux, interrogeant ainsi cette institution et son rapport &#224; la population. Comment comprendre ces violences polici&#232;res ? Les r&#233;fl&#233;chir pour que cessent les drames ? D'abord en interrogeant la notion de violence, mot prot&#233;iforme et polys&#233;mique employ&#233; &#224; tout va.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;finir la violence me semble une base primordiale, souvent oubli&#233;e sur les plateaux t&#233;l&#233; qui partent du postulat que seule la population face aux forces de l'ordre est violente. Or cela me para&#238;t important de contextualiser ce terme g&#233;n&#233;rique, ne serait-ce que pour rappeler que la violence n'est pas uniquement et premi&#232;rement celle d'une jeunesse d&#233;favoris&#233;e et que les violences polici&#232;res doivent elles aussi &#234;tre mises en lumi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le philosophe Yves Michaud, la violence est &#224; l'&#339;uvre quand, &lt;i&gt;&#171; dans une situation d'interaction, un ou plusieurs auteurs agissent de mani&#232;re directe ou indirecte, mass&#233;e ou distribu&#233;e, en portant atteinte &#224; un ou plusieurs autres &#224; des degr&#233;s variables, soit dans leur int&#233;grit&#233; physique, soit dans leur int&#233;grit&#233; morale, soit dans leurs possessions, soit dans leurs participations symboliques et culturelles &#187; &lt;/i&gt; (Michaud, 2012). &#192; travers le temps, l'espace et les relations humaines, elle a exist&#233; de la pr&#233;histoire &#224; nos jours et sa gestion est intimement li&#233;e &#224; la construction d'un &#201;tat. La violence serait en nous, selon Hobbes, avan&#231;ant sa th&#233;orie de l'&#233;tat de nature, arguant que &#171; l'homme est un loup pour l'homme &#187; et que le r&#244;le de &#171; l'&#201;tat-L&#233;viathan &#187; est de mettre fin aux conflits en instaurant un ordre social &#171; polic&#233; &#187; (Hobbes, 1 651). La mission premi&#232;re de tout syst&#232;me est d'ailleurs d'assurer la s&#233;curit&#233; des citoyens, ce pour quoi l'&#201;tat d&#233;tient le monopole du recours &#224; la force. L'&#201;tat instaure ainsi une violence institutionnelle l&#233;gitim&#233;e, mais se doit d'en ma&#238;triser l'usage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or les derni&#232;res d&#233;cennies ont vu les soci&#233;t&#233;s devenir de plus en plus r&#233;pressives, avec la punition comme passion contemporaine (Fassin, 2017). Il semble que discipliner, punir, instaurer un rapport de domination, territorialiser l'espace public et priv&#233;, les flux de circulation et parfois, exprimer une violence pure sont les diff&#233;rentes fonctions des violences polici&#232;res. Selon le rapport annuel 2022 de l'inspection g&#233;n&#233;rale de la police nationale (IGPN), 38 personnes ont trouv&#233; la mort et 66 ont &#233;t&#233; bless&#233;es &#224; l'issue d'une mission de police. En 2021, il y avait eu 37 d&#233;c&#232;s et 79 bless&#233;s. Jamais les policiers n'ont autant eu recours &#224; leur pistolet &#224; impulsion &#233;lectrique, utilis&#233; &#224; 2 699 reprises en 2022 (en hausse de 11&#8239;% par rapport &#224; 2021). D'apr&#232;s l'avocat Ari&#233; Alimi, bien que l'usage de la force soit corr&#233;l&#233; au pouvoir d'&#201;tat, ces violences restent largement impens&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
S'int&#233;resser aux violences polici&#232;res n&#233;cessite de cat&#233;goriser les actes d&#233;finis comme tels. Cela interroge, dans le sens o&#249; la police est amen&#233;e &#224; produire de la violence pour mener &#224; bien ses missions. Alors, quand parler de &#171; violences polici&#232;res &#187; ? Il semblerait que l'on puisse d&#233;finir comme des violences polici&#232;res &lt;i&gt;&#171; des actes tels que l'atteinte &#224; l'int&#233;grit&#233; physique ou les violences faites aux biens, une privation de libert&#233; arbitraire, un langage agressif, mena&#231;ant ou intimidant, des propos discriminatoires, mais aussi le comportement et l'attitude agressive des forces de police envers un citoyen &#187;&lt;/i&gt; (Policewatch, 2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne syst&#233;mique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour expliquer ces violences, la sociologue G&#233;raldine Bugnon identifie quatre types de facteurs (Bugnon, 2011) : individuels, organisationnels, environnementaux et ceux propres aux interactions sociales. D'autres approches questionnent les causes structurelles, dans une difficile reconnaissance de celles-ci par l'&#201;tat comme &#233;tant un ph&#233;nom&#232;ne syst&#233;mique. D&#232;s lors qu'il n'y a pas de reconnaissance, il n'y a pas de question &#224; se poser et pire, nous assistons &#224; des disqualifications, m&#234;me lorsque les violences sont document&#233;es (Alimi, 2023). Il est pourtant important de cat&#233;goriser et de construire une typologie des violences polici&#232;res afin de les saisir et de les rationaliser. D&#232;s lors, elles ne se comprendraient pas comme de banales &#171; erreurs &#187; mais au contraire comme &lt;i&gt;&#171; des cons&#233;quences de m&#233;caniques institu&#233;es, de proc&#233;dures l&#233;gales, de m&#233;thodes et de doctrines enseign&#233;es et encadr&#233;es par des &#233;coles et des administrations &#187; &lt;/i&gt; (Rigouste, 2012).&lt;br class='autobr' /&gt;
En outre, le rapport probl&#233;matique entre la police et les habitants des &#171; quartiers populaires &#187;, particuli&#232;rement les jeunes, est devenu central dans la compr&#233;hension des violences urbaines de ces derni&#232;res d&#233;cennies (Fassin, 2020). Contr&#244;les au faci&#232;s, injures racistes, accusations sans fondement, mensonges des policiers pour couvrir leurs abus de pouvoir constituent le quotidien des violences polici&#232;res dans les cit&#233;s, auxquelles s'ajoutent des violences plus invisibles. La politique du chiffre et du rendement engendre des comportements et des faits par des policiers qui, faute d'&#234;tre confront&#233;s &#224; des cas v&#233;ritables de d&#233;linquance, sont amen&#233;s, souvent pour remplir des quotas, &#224; faire des contr&#244;les qui peuvent ensuite mal se passer. Les &#171; mises &#224; mort &#187; par les forces de l'ordre ne sont que l'ultime manifestation de ces discriminations et humiliations rappelant aux victimes leur citoyennet&#233; de seconde classe.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7453 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH235/capture_d_e_cran_2023-10-24_a_07.48.52-7d66b.png?1698242461' width='500' height='235' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2005, les effectifs de la police ont &#233;t&#233; r&#233;duits de 10 000 hommes, en revanche le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur consacre toujours plus d'argent &#224; l'&#233;quipement. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Aur&#233;lien Laudy/Union de Reims/Maxppp&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des cibles privil&#233;gi&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pratiques polici&#232;res s'inscrivent dans les politiques qui les rendent possibles. Ces derni&#232;res visent moins &#224; prot&#233;ger l'ordre public qu'un certain ordre social et les cit&#233;s sont soumises &#224; une exception s&#233;curitaire o&#249; les pouvoirs et pr&#233;rogatives des policiers sont &#233;tendus avec une r&#233;duction du contr&#244;le d&#233;mocratique sur leurs actions (Fassin, 2011). Ces violences syst&#233;miques r&#233;sultent donc de d&#233;cisions d&#233;lib&#233;r&#233;es. Que l'on pense aux violences ethno-raciales dans les quartiers populaires, aux r&#233;pressions des manifestations politiques comme les Gilets jaunes ou les opposants &#224; la r&#233;forme des retraites, ou encore aux tirs sur les conducteurs qui refusent d'obtemp&#233;rer, l'&#201;tat est toujours &#224; la man&#339;uvre, s'abstrayant de ses propres lois (Alimi, 2023).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une soci&#233;t&#233; o&#249; le racisme continue de s'&#233;tendre, l'institution polici&#232;re n'est en rien pr&#233;serv&#233;e. Il y a bien une violence d'&#201;tat et un racisme institutionnel que la n&#233;gation des faits perp&#233;tue : en France, presque toutes les personnes tu&#233;es dans ces conditions sont des hommes noirs ou arabes, parfois aussi des gens du voyage (Fassin, 2020). Un pas a m&#234;me &#233;t&#233; franchi avec la contestation par la corporation de la d&#233;tention provisoire d'un policier &#224; la suite d'un passage &#224; tabac. La police est-elle en train d'obtenir un r&#233;gime d'exception au droit ? Apr&#232;s leur garde &#224; vue, les policiers incrimin&#233;s ont &#233;t&#233; accueillis par les applaudissements de leurs coll&#232;gues. Tenus par un des syndicats policiers majoritaires, Alliance, marqu&#233; tr&#232;s &#224; droite, les propos &#171; guerre contre les nuisibles &#187;, en disent long sur l'&#233;tat d'esprit de certains fonctionnaires de police.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles pistes pour entamer un d&#233;bat sur la r&#233;duction des violences polici&#232;res ? D'abord, exiger une plus grande transparence. Les forces de l'ordre fran&#231;aises ne rendent publiques que tr&#232;s peu de donn&#233;es. La r&#233;alisation d'&#233;valuations ind&#233;pendantes des r&#233;formes s'av&#232;re difficile (Boutros, 2020). Il faudrait d&#233;passer les tentatives de r&#233;former le syst&#232;me, pour repenser profond&#233;ment la police. La r&#233;duction du port d'armes, la r&#233;vision des lois sur l'usage de la force, la refondation du contr&#244;le judiciaire de l'action polici&#232;re avec un organe d'enqu&#234;te ind&#233;pendant seraient des mesures essentielles pour s'assurer que l'action de la police soit soumise &#224; un r&#233;el contr&#244;le (Boutros, 2020). Par ailleurs, il est urgent de r&#233;tablir les conditions du dialogue : proposer des syst&#232;mes alternatifs pour la gestion des confits, recr&#233;er une police de proximit&#233;, former les forces de l'ordre &#224; la gestion du stress et &#224; d'autres approches. Bien &#233;videmment, investir dans les quartiers les plus d&#233;favoris&#233;s pour r&#233;duire, en amont, le besoin d'interventions polici&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis, il y a le droit. En raison d'un &#201;tat qui a laiss&#233; sa police s'autonomiser, ces violences ne cesseront que lorsque le droit s'appliquera r&#233;ellement (Alimi, 2023). Ainsi, il faudrait (re) donner la primaut&#233; &#224; la pr&#233;existence du droit sur le politique plut&#244;t que l'inverse. La situation exige de l'&#201;tat d'autres r&#233;ponses que la r&#233;pression et la criminalisation des r&#233;voltes. Les violences polici&#232;res doivent &#234;tre reconnues, jug&#233;es et condamn&#233;es. &#192; ce titre, en 2015, des adolescents du 12&#232;me arrondissement de Paris ont port&#233; plainte pour violence polici&#232;re et inaction de l'&#201;tat (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 2015). Lors du proc&#232;s en correctionnelle de quatre policiers en 2018, le procureur de la R&#233;publique pointera des &#171; dysfonctionnements graves &#187; dans le commissariat. En 2019, l'&#201;tat est attaqu&#233; pour harc&#232;lement discriminatoire et discrimination en raison de l'origine. Une premi&#232;re en France. La plus haute juridiction de l'ordre administratif fran&#231;ais, le Conseil d'&#201;tat a &#233;t&#233; saisi d'une requ&#234;te soumise en 2021 par six associations contre les contr&#244;les d'identit&#233; discriminatoires. Sa d&#233;cision a &#233;t&#233; de rejeter ce recours. Le cas contraire aurait pu contraindre le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur &#224; changer les pratiques polici&#232;res. Selon Me Antoine Lyon-Caen, &#171; &lt;i&gt;&#8239;cet arr&#234;t est lumi&#232;re et ombre. Lumi&#232;re : parce que le Conseil d'&#201;tat reconna&#238;t la pratique administrative des contr&#244;les d'identit&#233; discriminatoires et affirme qu'il s'agit d'une &#8220;m&#233;connaissance caract&#233;ris&#233;e de l'interdiction des pratiques discriminatoires&#8221;. Il est dor&#233;navant impossible de parler de cas isol&#233;s. Ombre : parce qu'en d&#233;pit du constat d'une discrimination collective caract&#233;ris&#233;e, la plus Haute juridiction administrative se consid&#232;re comme impuissante &#224; changer ce qu'elle tient pour une &#8220;politique publique&#8221;, rendant pourtant possible une telle discrimination raciale. L'action se poursuit &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7454 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH426/capture_d_e_cran_2023-10-24_a_07.54.58-d7b22.png?1698242462' width='500' height='426' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Extrait de &lt;i&gt;&#171; La Force de l'ordre &#187;&lt;/i&gt;, une adaptation en bande dessin&#233;e de l'enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e pendant deux ans aupr&#232;s de policiers en banlieue parisienne. Tir&#233;e de l'essai de l'anthropologue Didier Fassin, ce r&#233;cit ethno-graphique nous plonge dans l'engrenage terrible de l'ennui, de la pression du chiffre et des &#233;ruptions de violence&#8230; &#169;&#201;ditions Delcourt&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;La France doit s'attaquer s&#233;rieusement aux probl&#232;mes de racisme et de discrimination raciale parmi les forces de l'ordre (Shamdasani, 2023). Plus g&#233;n&#233;ralement, il faut d&#233;noncer le racisme colonial, structurel, institutionnel ou syst&#233;mique dont fait preuve la police envers les jeunes hommes racis&#233;s des quartiers populaires. Plus largement, il faut se confronter &#224; un racisme d'&#201;tat qui frappe, sous des formes diverses, les personnes racis&#233;es en France, qu'elles soient fran&#231;aises ou &#233;trang&#232;res (Dhume, Gourdeau, 2 023). Au-del&#224; des violences polici&#232;res et de la radicalisation, il est urgent que les politiques s'int&#233;ressent enfin aux banlieues. Ceci afin de mettre en &#339;uvre le rapport &#171; Pour une r&#233;forme radicale de la politique de la Ville &#187;, qui se penche sur la question de la participation des habitants des quartiers populaires dans la politique de la ville (Bacqu&#233;, Mechmache, 2013).&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, la contestation est aussi dans la rue avec la tenue en septembre dernier de manifestations et de marches unitaires contre le racisme syst&#233;mique, les violences polici&#232;res et pour les libert&#233;s publiques. Il n'y aura pas de justice sociale sans lutte contre le racisme, sans politique publique pour les services publics. Les observateurs internationaux des droits humains et le Conseil de l'Europe s'alarment eux aussi d'un usage excessif de la force en France. Cela suffira-t-il &#224; enrayer l'engrenage des violences polici&#232;res ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi qu'il en soit, les mesures &#224; envisager sont nombreuses pour que cessent les violences polici&#232;res et les morts. Tenter de les discerner, de les expliquer, d'&#233;mettre des solutions pour que cessent ces violences ne signifie pas opposer la police &#224; la population. La fracture est d&#233;j&#224; l&#224;. Mais c'est - au lieu de compter les d&#233;c&#232;s et les victimes, de criminaliser les mouvements sociaux et d'&#234;tre mis au banc des nations - tenter le mieux vivre ensemble et r&#233;soudre les injustices sociales. Il y a du travail. C'est une question de volont&#233; politique et de choix de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;&lt;i&gt; L'&#201;tat hors-la-loi, logiques des violences polici&#232;res&lt;/i&gt;, A. Alimi, &#201;d. La D&#233;couverte, 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;Comment r&#233;duire les violences polici&#232;res ?,&lt;/i&gt; Boutros M., &#201;d. La Vie des id&#233;es, 2020.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;Le constat m&#233;dical peut-il mettre &#224; l'&#233;preuve les fronti&#232;res de la force polici&#232;re l&#233;gitime ? &lt;/i&gt; Bugnon G., enqu&#234;te sur un dispositif m&#233;dico-l&#233;gal de d&#233;pistage des violences polici&#232;res, D&#233;viance et Soci&#233;t&#233;, vol. 35, n&#176;1, 2011, pp. 113-136.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;La violence&lt;/i&gt;, Michaud Y., &#201;d. PUF, Coll. Que sais-je, 2012&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;Du racisme d'&#201;tat en France ?&lt;/i&gt; Dhume, Dunezat, Gourdeau, Rabaud, &#201;d. Le Bord de l'Eau, 2020.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;Punir, une passion contemporaine&lt;/i&gt;, Didier Fassin, &#201;d. Seuil, 2017&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;La Force de l'ordre, une anthropologie de la police des quartiers&lt;/i&gt;, Didier Fassin, &#201;d. Seuil, 2011.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;La Force de l'ordre/Enqu&#234;te ethno-graphique&lt;/i&gt;, Didier Fassin, Fr&#233;d&#233;ric Debomy, Jake Raynal, &#201;d. Delcourt, 2020.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;&lt;i&gt; Introduction : enqu&#234;te sur un champ de bataille, La domination polici&#232;re. Une violence industrielle&lt;/i&gt;, Rigouste M. (dir), La Fabrique &#201;ditions, 2012, pp. 7-18.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.universalis.fr/encyclopedie/leviathan-thomas-hobbes/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.universalis.fr/encyclopedie/leviathan-thomas-hobbes/&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.nouvelobs.com/idees/20200607.OBS29799/l-echo-transatlantique-des-violences-policieres-par-didier-fassin.html&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/12/18/espece-de-libanais-de-merde-connards-sales-noirs-des-adolescents-portent-plainte-pour-violences-policieres_4834472_1653578.html&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://policewatch.be/page&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.interieur.gouv.fr/Publications/Rapports-de-l-IGPN/Rapport-annuel-d-activite-de-l-IGPN-2022&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;https://medias.vie-publique.fr/data_storage_s3/rapport/pdf/134000430.pdf&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://medias.vie-publique.fr/data_storage_s3/rapport/pdf/134000430.pdf&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#201;t&#233; 2023 : retour &#224; l'anormal&#8230; en pire</title>
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		<dc:subject>Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le mercredi qui a suivi la mort de Nahel le 27&#8239;juin, je n'ai rien senti venir. En journ&#233;e, l'&#233;v&#233;nement revenait dans nos &#233;changes avec les habitants. Mais le quartier &#233;tait calme et nous n'avions que peu d'indices sur la tension extr&#234;me de la nuit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par un &#233;ducateur de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, en Seine-Saint-Denis &lt;br class='autobr' /&gt; Dans notre quartier, nous avons une certaine exp&#233;rience des rixes. Quand elles se d&#233;roulent, nous sentons la tension monter, les groupes de jeunes se former. Dans ces cas l&#224;, notre pr&#233;sence est (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Justice-368" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mercredi qui a suivi la mort de Nahel le 27&#8239;juin, je n'ai rien senti venir. En journ&#233;e, l'&#233;v&#233;nement revenait dans nos &#233;changes avec les habitants. Mais le quartier &#233;tait calme et nous n'avions que peu d'indices sur la tension extr&#234;me de la nuit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par un &#233;ducateur de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, en Seine-Saint-Denis&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt; &lt;span class='spip_document_7455 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH400/capture_d_e_cran_2023-10-24_a_07.56.24-9303f.png?1698242461' width='400' height='400' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Dans notre quartier, nous avons une certaine exp&#233;rience des rixes. Quand elles se d&#233;roulent, nous sentons la tension monter, les groupes de jeunes se former. Dans ces cas l&#224;, notre pr&#233;sence est ind&#233;sirable, la parole verrouill&#233;e, l'&#233;change crisp&#233; et quel que soit le lien, nous ne pouvons &#233;changer qu'individuellement, hors du groupe et en dehors du moment le plus chaud durant lequel les choses se pr&#233;parent. Nous en avons conclu par exp&#233;rience que notre place n'est pas dans le feu de l'action mais que notre travail se situe en amont et en aval. Mais les rixes constituent un ph&#233;nom&#232;ne tr&#232;s diff&#233;rent de ce qui s'est pass&#233; &#224; la suite de la mort de Nahel : des jeunes de quartiers diff&#233;rents se rencontrent pour se battre comme si c'&#233;tait un rite. Il y a un c&#244;t&#233; effet de groupe et engrenage, auquel il est difficile d'&#233;chapper sans passer pour un traitre ; un peu comme pendant une guerre, il est mal vu d'&#234;tre d&#233;serteur. Du coup, les jeunes, principalement les gar&#231;ons, sont bien souvent &#224; la fois auteurs et victimes, happ&#233;s par l'escalade et par un r&#244;le qui leur est assign&#233; et qu'ils doivent tenir. C'est extr&#234;mement violent mais pas du tout politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'inverse, le soul&#232;vement qui a suivi la mort de Nahel &#233;tait politique. Chez nous, il n'y a eu ni b&#226;timent public brul&#233;, ni pillage ; l'envie &#233;tait d'affronter la police, donc mettre le feu &#224; une poubelle, tirer des mortiers, et attendre l'intervention des forces de l'ordre pour les affronter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Affronter la police&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la premi&#232;re nuit d'affrontements, nous avons senti notre direction sous pression de la mairie, la commande aupr&#232;s de notre association &#233;tant que nous allions sur le terrain pour prendre la temp&#233;rature et appeler au calme. Un peu compliqu&#233; dans un contexte o&#249; les jeunes voient dans leur r&#233;ponse &#224; la mort de Nahel un geste de r&#233;volte face &#224; leur mise &#224; l'&#233;cart de la soci&#233;t&#233; et &#224; la violence polici&#232;re subie au quotidien. Leur dire de se calmer aurait &#233;t&#233; inefficace, irr&#233;aliste et aurait juste rompu le lien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc nous avons surtout fait de l'appel &#224; la prudence et au discernement. Nous &#233;tions dans notre r&#244;le d'adultes en les pr&#233;venant des dangers encourus &#224; la fois physiques, mais aussi judiciaires. Nous &#233;tions trois sur le territoire et nous avons discut&#233; de ce qui se passait, de ce qu'ils faisaient, en essayant de comprendre leurs diff&#233;rentes motivations. Au sein de notre quartier de banlieue parisienne qui poss&#232;de une histoire bien sp&#233;cifique avec la police, il y avait, pour sch&#233;matiser, deux grandes tendances avec pleins de nuances. Les plus jeunes, d&#232;s 12-13 ans, prenaient part &#224; l'action parce qu'il y avait de l'ambiance en bas de chez eux, c'&#233;tait ludique. Certains sont rest&#233;s spectateurs, j'en connais un qui a tout film&#233; sans jamais prendre part aux &#233;chauffour&#233;es avec la police.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les plus &#226;g&#233;s, jusqu'&#224; 24-25 ans, articulaient davantage une rage politique, ils mettaient leurs mots sur leur sentiment d'&#234;tre des sous-citoyens confront&#233;s &#224; un racisme syst&#233;mique et &#224; une institution polici&#232;re qui ne cherche que la confrontation. Ils pointaient l'impunit&#233; et la violence polici&#232;re, le fait qu'il n'existe aucun recours, aucun contre-pouvoir dans les interactions tendues entre jeunes et policiers. Le constat qui domine est l'impuissance, la fatalit&#233;, l'amertume et l'absence de perspectives positives. Il y a quelques ann&#233;es, des manifestations se sont d&#233;roul&#233;es sur le quartier suite &#224; la mort d'un jeune impliquant la police. Il en &#233;tait ressorti une impression g&#233;n&#233;rale : l'organisation collective et pacifique ne permet pas de bouger les lignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Partager &#171; leur &#187; injustice&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de jeunes, durant cette p&#233;riode, ont partag&#233; avec nous &#171; leurs &#187; souvenirs, &#171; leur &#187; injustice personnelle v&#233;cue. Tous &#233;voquaient les contr&#244;les quotidiens. Pour assister r&#233;guli&#232;rement &#224; des contr&#244;les, tout est fait pour cr&#233;er de la tension, de l'intimidation et du conflit. Jusqu'&#224; la posture des policiers : &lt;i&gt;&#171; Ne croise pas les bras &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; Mets pas tes bras dans le dos &#187;&lt;/i&gt;. Les contr&#244;les sont d'une grande tension, puisqu'on ne sait jamais trop combien de temps ils vont durer. La plupart des jeunes d'ailleurs demandent avec insistance&lt;i&gt; &#171; On a fini ? &#187;&lt;/i&gt;. Deux virilismes s'affrontent, mais avec l'impression que sur le terrain judiciaire ou m&#233;diatique, ce sont toujours les m&#234;mes qui gagnent, b&#233;n&#233;ficiant de la l&#233;gitimit&#233; et de l'impunit&#233;, quels que soient les faits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le jeudi, la violence est mont&#233;e d'un cran. &#199;a a vraiment &#233;t&#233; la guerre. Des jeunes ont &#233;t&#233; tabass&#233;s, l'un d'eux a perdu un &#339;il. La r&#233;pression a &#233;t&#233; impressionnante et les a impressionn&#233;s. Le vendredi soir, &#231;a a &#233;t&#233; plus calme, comme un peu partout en France. Ensuite, j'ai l'impression qu'on est revenu &#224; la normale, ou plut&#244;t l'anormal. Nous avons accompagn&#233; la famille du jeune &#233;borgn&#233; et fait le lien avec des collectifs locaux, &#224; la demande de la famille. Nous avons aid&#233; et particip&#233; &#224; l'organisation d'une table ronde avec des jeunes, des mamans et des acteurs du quartier. Une initiative int&#233;ressante, &#224; l'initiative de jeunes habitants connus de notre association, qui a permis de partager un constat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis un autre &#233;v&#233;nement a secou&#233; le quartier : un grand incendie. Sans rapport avec Nahel, il a n&#233;anmoins sem&#233; le doute dans un premier temps, achevant de marginaliser les partisans des soul&#232;vements. Cette histoire a compl&#232;tement chass&#233; les trois nuits de violence. En fait, ce mouvement de r&#233;volte est v&#233;cu par les jeunes comme une d&#233;faite. Les quartiers populaires en ressortent encore plus stigmatis&#233;s dans les m&#233;dias, les discours politiques et la t&#234;te des gens. Les protagonistes des r&#233;voltes en sont parfaitement conscients, d'ailleurs ils ironisent dessus. Nous avions pr&#233;vu un s&#233;jour en province et ils disaient &lt;i&gt;&#171; s'ils apprennent qu'on est de Paris, ils vont sortir les fusils et nous tirer dessus &#187;&lt;/i&gt;. Ils n'avaient pas forc&#233;ment conscience que leur col&#232;re &#233;tait partag&#233;e dans toute la France, m&#234;me dans de toutes petites villes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce soul&#232;vement n'a pas d&#233;bouch&#233; sur un mouvement politique particulier, sans doute parce qu'en France, l'organisation communautaire est tr&#232;s mal vue. Elle renvoie toujours &#224; un repli identitaire et mena&#231;ant, &#224; un entre-soi incompatible avec la R&#233;publique (&#171; le s&#233;paratisme &#187;). On oublie qu'elle peut-&#234;tre tr&#232;s positive, une force et une ressource, permettant &#224; ceux qui vivent des situations d'oppression ou de la violence sociale de r&#233;fl&#233;chir, de s'organiser et de tenter d'obtenir un peu plus de justice. En comparaison, un mouvement d'ampleur comme Black Lives Matter aux &#201;tats-Unis suppose qu'on s'autorise &#224; s'organiser au sein d'une communaut&#233;. En France, il y a une ali&#233;nation autour de cette question : les jeunes des quartiers populaires sont enferm&#233;s dans une case sociale par les discours m&#233;diatiques et politiques, mais on leur d&#233;nie parall&#232;lement le droit de s'organiser dans ce cadre.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; mon avis, l'&#233;t&#233; 2024 risque d'&#234;tre chaud avec les Jeux Olympiques. Sur les territoires qui comptent des stades, rien n'est fait pour associer la jeunesse des quartiers populaires &#224; l'&#233;v&#233;nement. Au contraire, la pression polici&#232;re risque de s'accentuer, le prix des places est inabordable, aucune invitation n'a &#233;t&#233; offerte aux habitants. Les populations n'en subissent donc que les effets n&#233;gatifs : les travaux, le prix des loyers qui s'envole avec son lot d'expulsions, le bouclage des quartiers les soirs des &#233;v&#233;nements, la strat&#233;gie de r&#233;pression de l'&#201;tat&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Racismes de France </title>
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		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
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&lt;p&gt;40 ans plus tard&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ne r&#234;vons pas, il n'existe pas de pays dans le monde o&#249; l'accueil de l'&#233;tranger est facile. En revanche, l'immigration ne constitue pas partout un sujet politique clivant comme en France. &lt;br class='autobr' /&gt;
40 ans apr&#232;s la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, j'ai choisi un ouvrage collectif qui fait le point sur les racismes en France, aujourd'hui. Il propose un bilan assez morose de l'&#233;volution de notre soci&#233;t&#233; depuis les ann&#233;es 80 qui avaient marqu&#233; une sorte d'espoir pour beaucoup. Le livre (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L97xH150/arton11278-6b28f.jpg?1698242460' width='97' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;40 ans plus tard&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne r&#234;vons pas, il n'existe pas de pays dans le monde o&#249; l'accueil de l'&#233;tranger est facile. En revanche, l'immigration ne constitue pas partout un sujet politique clivant comme en France.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40 ans apr&#232;s la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, j'ai choisi un ouvrage collectif qui fait le point sur les racismes en France, aujourd'hui. Il propose un bilan assez morose de l'&#233;volution de notre soci&#233;t&#233; depuis les ann&#233;es 80 qui avaient marqu&#233; une sorte d'espoir pour beaucoup. Le livre fait le tour de ces racismes aussi bien antimusulmans, antinoirs, antichinois, antis&#233;mites ou antitsiganes. Il analyse aussi le communautarisme et sa perception dans notre soci&#233;t&#233; dite la&#239;que, et offre quelques pistes &#233;chappatoire et d'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les racismes en France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie de l'ouvrage rappelle ce que sont le racisme individuel et le racisme d'&#201;tat. Il montre comment ce dernier ne dit pas son nom mais se r&#233;v&#232;le encore aujourd'hui, par des discriminations d'acc&#232;s aux droits, au travail ou au logement, de fa&#231;on insidieuse et sourde, mais qui se v&#233;rifie simplement par des testings.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, la question de la pr&#233;sence polici&#232;re et de ses formes d'intervention est pr&#233;pond&#233;rante dans le sentiment d'in&#233;galit&#233;, mais aussi dans ce racisme ethnique et social. L'&#233;cole n'est pas en reste et les chiffres prouvent que cette in&#233;galit&#233; de chances en fonction des origines augmente, scellant ainsi l'&#233;chec de toutes les politiques dites &#171; d'&#233;galit&#233; des chances &#187; qui n'&#233;taient en r&#233;alit&#233; que des promesses illusoires. Un chapitre entier est consacr&#233; au droit et &#224; la complexit&#233; incroyable du syst&#232;me de cat&#233;gorisation de l'immigr&#233; : r&#233;fugi&#233;, &#233;tranger en situation irr&#233;guli&#232;re, demandeur d'asile&#8230; Chaque cat&#233;gorie supposant une proc&#233;dure draconienne diff&#233;rente tandis que l'administration conserve par diff&#233;rents biais un pouvoir largement discr&#233;tionnaire. Enfin, dans le monde du travail, le nombre de discriminations li&#233;es aux origines s'est multipli&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, tant dans les embauches que dans les m&#233;tiers exerc&#233;s. Pour l'auteur, le monde du travail reste largement marqu&#233; par des habitudes n&#233;ocoloniales qui consistent &#224; penser que les travaux durs et mal pay&#233;s sont finalement confi&#233;s assez naturellement aux &#171; &#233;trangers &#187;, comme ils l'ont toujours &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Habitudes &#171; n&#233;ocoloniales &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sujets qui nous paraissent aujourd'hui d'une grande banalit&#233;, comme le voile &#224; l'&#233;cole pour les jeunes filles musulmanes ou les m&#232;res voil&#233;es accompagnantes de sorties scolaires, sont en fait des sujets purement Fran&#231;ais. Ils rel&#232;vent d'une forme sp&#233;cifique d'islamophobie devenue centrale dans le d&#233;bat politique et qui nous absorbe tous plus ou moins. Une autrice se pose la question de savoir si, plut&#244;t que de s'interroger sur la capacit&#233; de l'islam &#224; s'int&#233;grer &#224; la France, on ne ferait pas mieux de cesser les lois et les discours excluant toute une partie de nos concitoyens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les chapitres suivants, les collaborateurs de l'ouvrage &#233;num&#232;rent donc des diff&#233;rentes formes de racismes qui bien s&#251;r touchent &#224; des degr&#233;s divers, la quasi-totalit&#233; de tous ceux qui r&#233;sident en France avec des origines &#233;trang&#232;res. On comprend qu'il existe un lourd pass&#233; d'exclusion et de m&#233;fiance dont ont souffert aussi bien les Italiens que les Polonais et tant d'autres, ce qui est paradoxal dans un pays dont l'identit&#233; s'est construite progressivement de l'apport de l'&#233;tranger.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre, dans l'ensemble tr&#232;s bien document&#233;, repr&#233;sentera, &#224; n'en pas douter, une source importante de donn&#233;es statistiques ou sociologiques pour le lecteur. Bien s&#251;r les auteurs abordent les questions de la&#239;cit&#233; et de communautarisme et je voudrais terminer par cette citation qui r&#233;sume si bien l'esprit de l'ouvrage, celle d'un journaliste en 1842 : &lt;i&gt;&#171; Les Auvergnats n'adoptent ni les m&#339;urs, ni la langue, ni les plaisirs parisiens, ils restent isol&#233;s&#8230; et l'on peut dire qu'ils emportent leur pays &#224; la semelle de leurs souliers. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'espoir est donc permis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tienne Liebig&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les auteurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Omar Slaouti a &#233;t&#233; un des porte-parole de la Marche pour la justice et la dignit&#233; et contre les violences polici&#232;res en 2017. Il est enseignant &#224; Argenteuil (Val d'Oise).&lt;br class='autobr' /&gt;
Olivier Le Cour Grandmaison enseigne les sciences politiques &#224; l'Universit&#233; Paris-Saclay-Evry-Val-d'Essonne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. La D&#233;couverte, 395 pages, 22 euros&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Marche pour l'&#233;galit&#233; &#8226; 40 ans apr&#232;s, quel bilan ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Marche-pour-l-egalite-o-40-ans-apres-quel-bilan</link>
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		<dc:subject>Discrimination</dc:subject>
		<dc:subject>Banlieue</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme</dc:subject>
		<dc:subject>1348</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, premi&#232;re manifestation de retentissement national men&#233;e par des jeunes h&#233;ritiers de l'immigration en 1983, a marqu&#233; la France. Cependant, quarante ans apr&#232;s, les in&#233;galit&#233;s se sont aggrav&#233;es dans les quartiers populaires, tandis qu'y perdurent discriminations et harc&#232;lement policier. Social actu La plume de L&#233;na, assistante sociale de rue Le squatteur La Rubrik' Hors Cadre De Vince La solution anti-crise Sur le vif d'&#201;tienne Liebig Trauma D&#233;cryptage (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L105xH150/arton11260-1a76f.png?1698242463' width='105' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, premi&#232;re manifestation de retentissement national men&#233;e par des jeunes h&#233;ritiers de l'immigration en 1983, a marqu&#233; la France. Cependant, quarante ans apr&#232;s, les in&#233;galit&#233;s se sont aggrav&#233;es dans les quartiers populaires, tandis qu'y perdurent discriminations et harc&#232;lement policier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Social actu&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La plume de L&#233;na, assistante sociale de rue&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Le squatteur&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La Rubrik' Hors Cadre De Vince&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; La solution anti-crise&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Sur le vif d'&#201;tienne Liebig&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Trauma&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cryptage&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Decryptage&#034;&gt;&lt;strong&gt;Protection de l'enfance &lt;/strong&gt; &#8226; Alertes et propositions&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;LS il y a 30 ans&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Angle droit&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Angle-droit&#034;&gt;&lt;strong&gt;Responsabilit&#233; p&#233;nale&lt;/strong&gt; &#8226;Quels risques pour les travailleurs sociaux ?&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Paroles de m&#233;tiers&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Paroles-de-me%CC%81tiers&#034;&gt;Acc&#232;s aux droits : quels enjeux ?&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Dossier&lt;/strong&gt; : Marche pour l'&#233;galit&#233;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Dossiers&#034;&gt;&lt;strong&gt;40 ans apr&#232;s, quel bilan ?&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e &lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Dossiers&#034;&gt;Aux Minguettes, la m&#233;moire de 1983 en h&#233;ritage&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec V&#233;ronique le Goaziou&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1693463830' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Dossiers&#034;&gt;Une m&#233;moire de la haine et de la vengeance&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Mati&#232;re &#224; pens&#233;es&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es&#034;&gt;Violences polici&#232;res, de quoi parle-t-on ?&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;&#201;chos du terrain &lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Echos-du-terrain&#034;&gt;&#201;t&#233; 2023 : retour &#224; l'anormal&#8230; en pire&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Offres d'emploi&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'&#339;il et l'oreille&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres&#034;&gt;&lt;strong&gt;Livres&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &#192; propos de : Racismes/ &#192; propos de Quartiers populaires&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Cin&#233;ma&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille&#034;&gt;Donner du sens au sang&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Th&#233;&#226;tre &lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille&#034;&gt;Aux sources de soi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Marche pour l'&#233;galit&#233; &#8226; 40 ans apr&#232;s, quel bilan ?</title>
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&lt;p&gt;La Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, premi&#232;re manifestation de retentissement national men&#233;e par des jeunes h&#233;ritiers de l'immigration en 1983, a marqu&#233; la France. Cependant, quarante ans apr&#232;s, les in&#233;galit&#233;s se sont aggrav&#233;es dans les quartiers populaires, tandis qu'y perdurent discriminations et harc&#232;lement policier. &lt;br class='autobr' /&gt;
15 octobre 1983. Une quinzaine de gar&#231;ons et filles s'&#233;lancent de Marseille pour une marche pacifique &#224; la demande de Tomi Dja&#239;dja, gri&#232;vement bless&#233; par un tir policier dans la (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, premi&#232;re manifestation de retentissement national men&#233;e par des jeunes h&#233;ritiers de l'immigration en 1983, a marqu&#233; la France. Cependant, quarante ans apr&#232;s, les in&#233;galit&#233;s se sont aggrav&#233;es dans les quartiers populaires, tandis qu'y perdurent discriminations et harc&#232;lement policier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;15 octobre 1983. Une quinzaine de gar&#231;ons et filles s'&#233;lancent de Marseille pour une marche pacifique &#224; la demande de Tomi Dja&#239;dja, gri&#232;vement bless&#233; par un tir policier dans la Zup des Minguettes de V&#233;nissieux (Rh&#244;ne) et du p&#232;re Christian Delorme, avec le soutien de r&#233;seaux chr&#233;tiens, militants et associatifs. Une marche pour d&#233;noncer le racisme au quotidien, les insultes, la peur de s'exprimer, les crimes : ces jeunes n&#233;s en France r&#233;clament le droit &#224; l'&#233;galit&#233; de traitement.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ann&#233;e 1983 &#8211; comme celles d'avant - a &#233;t&#233; marqu&#233;e par des affrontements entre jeunes et policiers dans les quartiers populaires et par des crimes racistes : cinq selon le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur ; vingt-et-un selon les associations de lutte contre le racisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les marcheurs portent deux revendications : l'obtention de la carte de s&#233;jour de dix ans et le droit de vote des &#233;trangers aux &#233;lections locales. Au fil des kilom&#232;tres, le groupe s'&#233;toffe. Il ponctue ses cinquante &#233;tapes et mille deux cents kilom&#232;tres, par l'organisation de d&#233;bats quotidiens. Le 3&#8239;d&#233;cembre 1983, cent mille personnes accueillent les marcheurs &#224; Paris. La France tombe des nues : sa jeunesse est bigarr&#233;e, les enfants h&#233;ritiers de l'immigration postcoloniale en font partie. &lt;i&gt;&#171; Fran&#231;ois Mitterrand re&#231;oit une d&#233;l&#233;gation de marcheurs et les f&#233;licite pour ce grand moment de mobilisation citoyenne, mais sans prendre d'engagement &#187;&lt;/i&gt;, &#233;voque Sa&#239;d Bouamama, sociologue (1). Ils obtiennent cependant une grande victoire : la carte de s&#233;jour de dix ans pour leurs parents, mais essuient un refus concernant le droit de vote des &#233;trangers. &lt;i&gt;&#171; S'il avait &#233;t&#233; accord&#233;, un certain nombre de d&#233;bats sur l'immigration n'auraient pas lieu, les hommes politiques feraient attention &#224; leur langage. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7446 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH270/capture_d_e_cran_2023-10-19_a_11.30.54-ce349.png?1698242462' width='500' height='270' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ch&#226;tenay Malabry - Cit&#233; de la Butte Rouge (1983). Graffiti suite &#224; l'affaire Nacer M'Raidi, 17 ans, gri&#232;vement bless&#233; par un tir policier. &#169; Amadou Gaye&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contr&#244;les policiers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par crainte d'un mouvement trop radical, incontr&#244;lable, le gouvernement appuie la cr&#233;ation de SOS Racisme avec son fameux symbole : une petite main jaune sigl&#233;e d'un &#171; Touche pas &#224; mon pote &#187;. Son discours, large et bien-pensant, d&#233;politise celui des marcheurs. &lt;i&gt;&#171; Eux qui avaient lanc&#233; une dynamique nouvelle se sentent trahis, insult&#233;s, en col&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, restitue Sa&#239;d Bouamama. La Marche donnera quand m&#234;me naissance &#224; Convergence 84 qui organise une travers&#233;e de la France &#224; mobylette ou encore &#224; Divergence 85 qui marque la volont&#233; d'un mouvement plus autonome. L'absence de soutien financier - les financements publics sont affect&#233;s &#224; partir de projets et non &#224; partir de paroles venant des quartiers -, la pr&#233;carit&#233; des militants, finissent par avoir raison du mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Quarante ans plus tard, la revendication d'&#233;galit&#233; port&#233;e par les marcheurs reste d'actualit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;plore Marie-H&#233;l&#232;ne Bacqu&#233;, sociologue, co-auteure, voici dix ans, d'un rapport sur la participation des habitants dans la politique de la ville (2). Les discriminations et les contr&#244;les au faci&#232;s perdurent. En 2017, une enqu&#234;te du D&#233;fenseur des droits sur les relations entre la police et la population alertait : les jeunes hommes per&#231;us comme noirs ou arabes ont une probabilit&#233; vingt fois plus &#233;lev&#233;e que l'ensemble de la population de subir un contr&#244;le de police. Depuis la Marche, les crimes policiers perdurent (&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/Violences-policieres-de-quoi-parle-t-on&#034;&gt;voir Mati&#232;re &#224; pens&#233;es n&#176;1348&lt;/a&gt;), dans un face-&#224;-face mortif&#232;re entre forces de l'ordre et jeunes des quartiers populaires. Parfois, comme le 27 juin dernier avec la mort de Nahel, 17 ans, &#224; Nanterre (Hauts-de-Seine), ces crimes mettent le feu aux poudres et donnent naissance &#224; des r&#233;voltes urbaines sur fond d'in&#233;galit&#233;s sociales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa&#239;d Bouamama rel&#232;ve une paup&#233;risation encore plus marqu&#233;e pour les habitants des quartiers que pour le reste de la population que dans les ann&#233;es 80, ainsi qu'une pr&#233;carit&#233; de l'emploi qui exercent une &#233;norme influence sur l'ambiance, l'&#233;tat d'esprit. &lt;i&gt;&#171; Les discriminations augmentent face &#224; la concurrence pour l'acc&#232;s aux biens rares : emploi, logement, sant&#233;&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Toutes les crises m&#232;nent &#224; une augmentation des &#233;carts en d&#233;faveur des femmes, des personnes non dipl&#244;m&#233;es, des habitants des quartiers, notamment ceux descendant de l'immigration. &lt;i&gt;&#171; S'ajoute &#224; cela l'offensive id&#233;ologique de l'extr&#234;me droite reprise par tous, y compris la gauche, avec les discours sur l'Islam ou le &#8220;grand remplacement&#8221;, &lt;/i&gt; poursuit Sa&#239;d Bouamama. &lt;i&gt;Des discussions inimaginables voici quarante ans. Il faut que cessent dans les m&#233;dias les abus de propos qui touchent &#224; la dignit&#233; des personnes et cr&#233;ent chez elles une v&#233;ritable charge mentale. Lorsqu'elles allument la t&#233;l&#233;vision, celles qui s'appellent Aminata ou Farid se demandent ce qu'on va encore leur reprocher. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ducateur, puis chef de service en association de pr&#233;vention &#224; Montreuil (Seine-Saint-Denis) depuis les ann&#233;es 80 (3), &#201;tienne Liebig voit la perte de confiance des jeunes dans l'&#233;galit&#233; des chances et l'impossibilit&#233; de se projeter dans l'avenir gr&#226;ce &#224; l'&#233;cole de la R&#233;publique, comme les faits les plus marquants de ces derni&#232;res d&#233;cennies. &lt;i&gt;&#171; Contrairement &#224; ce que les adultes et les &#233;ducateurs disaient auparavant aux gamins, aujourd'hui il ne suffit plus de se battre pour y arriver. Nous, &#233;ducateurs, qui rencontrons les jeunes en difficult&#233;, avons perdu notre principal moteur p&#233;dagogique. Je ressens plus fort que jamais qu'ils se dirigent vers la livraison Uber, des boulots sans qualification avec de l'exploitation. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Autre source de tensions dans les quartiers : la dislocation de la police de proximit&#233; et la mise en place d'une politique du chiffre, dans les ann&#233;es o&#249; Nicolas Sarkozy dirigeait le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur. Elles ont saccag&#233; les relations entre la police et la population alors que les policiers de proximit&#233; partageaient des activit&#233;s avec les jeunes, rencontraient les parents, &#233;changeaient. &#192; d&#233;plorer aussi, une disparition d&#233;sastreuse du politique dans ces quartiers. &lt;i&gt;&#171; J'ai l'impression que les gens sont fatigu&#233;s, les col&#232;res rentr&#233;es, les jeunes portant celles de leurs ascendants. Nous assistons &#224; une esp&#232;ce de l&#226;cher-prise de l'espoir, le chacun pour soi prend beaucoup de force &#187;&lt;/i&gt;, observe &#201;tienne Liebig&lt;br class='autobr' /&gt;
L'insuffisance, voire la disparition, des services publics dans les quartiers populaires, p&#232;se encore plus fort qu'ailleurs. Le tissu associatif, constitu&#233; de petites structures, se trouve en difficult&#233; avec la g&#233;n&#233;ralisation des dossiers d'appel &#224; projet et la suppression des contrats aid&#233;s. &lt;i&gt;&#171; De plus, il subit une forme de contr&#244;le important, voire de r&#233;pression, comme l'a document&#233; l'Observatoire des libert&#233;s associatives&lt;/i&gt;, ajoute Marie-H&#233;l&#232;ne Bacqu&#233;. &lt;i&gt;Il y a bien des gens qui travaillent, des associations, mais avec une sorte de ras-le-bol li&#233; au manque de moyens et sur fond d'inqui&#233;tude que les r&#233;voltes urbaines de juin ont confort&#233;e. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7450 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH292/capture_d_e_cran_2023-10-23_a_11.16.36-9aa7f.png?1698242463' width='500' height='292' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&#169;Jiho
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quid de la politique de la ville ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 90, la Politique de la ville a insuffl&#233; une dynamique poussant un tissu associatif riche &#224; porter des exp&#233;rimentations pla&#231;ant la population au centre. &lt;i&gt;&#171; Tout cela s'est perdu dans une administration de financements &#187;&lt;/i&gt;, regrette Marie-H&#233;l&#232;ne Bacqu&#233;. Certes, la r&#233;novation urbaine, avec 45 milliards de budget sur vingt ans, a chang&#233; le visage de nombre de quartiers, comme &#224; Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) o&#249; les habitants ont &#233;galement obtenu les transports qui leur manquaient depuis des d&#233;cennies. Mais l'am&#233;lioration du cadre de vie n'a &#233;t&#233; que tr&#232;s partiellement accompagn&#233;e de mesures &#233;conomiques, sociales et de reconnaissance citoyenne. &lt;i&gt;&#171; Ces changements n'ont pas toujours profit&#233; aux plus pr&#233;caires : certains ont d&#251; partir et quitter leurs r&#233;seaux de socialisation&lt;/i&gt;, ajoute Marie-H&#233;l&#232;ne Bacqu&#233;. &lt;i&gt;Les projets sont rarement construits en concertation avec les habitants. &#187;&lt;/i&gt; La sociologue d&#233;plore que rien n'ait chang&#233; depuis la publication du rapport qu'elle a r&#233;dig&#233; avec Mohamed Mechmache, fondateur de l'association Aclefeu, apr&#232;s une tr&#232;s large consultation de tous les acteurs. Aucune de leurs propositions (4) n'a &#233;t&#233; retenue, m&#234;me si le pr&#233;ambule de la loi de Programmation pour la ville et la coh&#233;sion urbaine du 21 f&#233;vrier 2014, parle de co-construction dans la politique de la ville. La mise en place de conseils citoyens par exemple, ne correspond pas aux pr&#233;conisations de leur rapport puisqu'&lt;i&gt;&#171; impos&#233;s par le haut &#187;&lt;/i&gt;. Le fonds d'interpellation, la fondation pour aider le tissu associatif local que le rapport appelait de ses v&#339;ux ? Aux oubliettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 % du budget de l'&#201;tat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est toujours la m&#234;me question : dans quelle d&#233;marche allons-nous travailler avec les citoyens ? On ne prend pas les probl&#232;mes &#224; bras le corps, on n'applique pas le droit commun&lt;/i&gt;, regrette Marie-H&#233;l&#232;ne Bacqu&#233;.&lt;i&gt; On court apr&#232;s les in&#233;galit&#233;s sans donner les moyens pour les r&#233;sorber malgr&#233; les diff&#233;rents rapports : celui s&#233;natorial de 2022 intitul&#233; &#8220;La politique de la ville, un tremplin pour les habitants&#8221; par exemple, ou celui, tr&#232;s s&#233;v&#232;re, de Jean-Louis Borloo en 2018 qui pr&#233;conisait la cr&#233;ation d'une Cour d'&#233;quit&#233; territoriale. Nous sommes tr&#232;s loin de son intitul&#233; : &#8220;&#8239;Vivre ensemble, vivre en grand : pour une r&#233;conciliation nationale&#8221;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudrait travailler &#224; des politiques &#233;galitaires structurelles, r&#233;introduire des services publics (sant&#233;, transport, loisirs, culture&#8230;), r&#233;&#233;quilibrer les investissements dans l'&#201;ducation nationale. Aujourd'hui, un &#233;tablissement dans un quartier populaire reste moins dot&#233; qu'en centre-ville. &#231;a devrait &#234;tre l'inverse. L'abandon en mai dernier, du projet de mixit&#233; scolaire port&#233; par Pap Ndiaye est d'ailleurs regrettable. Certes, des efforts ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s comme le d&#233;doublement des classes dans les quartiers de la politique de la ville. &lt;i&gt;&#171; Il faut poursuivre en ce sens&lt;/i&gt;, pr&#233;conise Marie-H&#233;l&#232;ne Baqu&#233;. &lt;i&gt;Mais le compte n'y est pas : l'&#201;tat alloue seulement 1 % de son budget &#224; la Politique de la ville, c'est compl&#232;tement marginal. On dit qu'elle co&#251;te cher, c'est faux, m&#234;me la r&#233;novation urbaine est largement financ&#233;e par l'argent des collecteurs logement et non par l'&#201;tat. &#187;&lt;/i&gt; Pour Sa&#239;d Bouamama, tant qu'il n'y aura pas de v&#233;ritable engagement de l'&#201;tat avec les associations, des financements d&#233;di&#233;s, des sanctions face aux discriminations et aux violences polici&#232;res, les choses ne changeront pas.&lt;i&gt; &#171; Il convient de mettre en place les conditions pour que puisse &#233;merger une parole de ces quartiers, un mouvement autonome. &#187; &lt;/i&gt; Il s'agit aussi de valoriser les nombreuses initiatives positives qui s'y d&#233;roulent et de renforcer les moyens octroy&#233;s aux professionnels qui y travaillent, notamment en pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e. Il est urgent de remettre de l'humain dans les quartiers. Et bien entendu de transformer en profondeur les pratiques polici&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le bilan de ces quarante derni&#232;res ann&#233;es est sombre, la Marche de 1983 a malgr&#233; tout jou&#233; un r&#244;le fondateur pour toute une g&#233;n&#233;ration, une fonction lib&#233;ratrice comme mai 68 pour celle qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e. &#171; Les d&#233;bats qui ont germ&#233; tout au long des kilom&#232;tres parcourus ont permis une r&#233;flexion, une conscientisation, une socialisation, une facult&#233; &#224; d&#233;lib&#233;rer&#8230;, rappelle Sa&#239;d Bouamama. Une dynamique qui a donn&#233; naissance &#224; des acteurs de terrain combattifs, investis dans de nombreux espaces : syndicalisme, associatif, vie politique et&#8230; travail social. &#187; Marie-H&#233;l&#232;ne Bacqu&#233; appuie : &lt;i&gt;&#171; Ce moment fondateur a sans doute contribu&#233; jusqu'&#224; aujourd'hui &#224; la naissance de collectifs comme On s'en m&#234;le !, qui interpelle la gauche aux &#233;lections, ou encore Justice pour Adama. &#187;&lt;/i&gt; Des collectifs qui eux aussi, portent une parole politique&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Auteur de &lt;i&gt;Dix ans de Marche des beurs. Chronique d'un mouvement avort&#233;&lt;/i&gt;, &#201;d. Descl&#233;e de Brouwer, 1994.
(2) &lt;i&gt;Pour une r&#233;forme radicale de la politique de la ville&lt;/i&gt;, avec Mohamed Mechmache, 2013. (3) Auteur de &lt;i&gt;Les pauvres pr&#233;f&#232;rent la banlieue&lt;/i&gt;, &#201;d. Michalon, 2010 et chroniqueur &#224; Lien Social.
(4) Le rapport &#233;mettait cinq propositions : soutenir le d&#233;veloppement du pouvoir d'agir ; placer les citoyens au c&#339;ur des services publics ; d&#233;mocratiser la politique de la ville ; changer l'image des quartiers ; accompagner un renversement de d&#233;marche par la formation et la co-formation.&lt;HR&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;Ressources &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Colloque&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 2 d&#233;cembre, l'association Les Oranges organise des rencontres populaires et festives sur le th&#232;me : &lt;i&gt;&#171; Quarante ans apr&#232;s la marche, quel bilan ? Quel h&#233;ritage ? &#187;&lt;/i&gt; Salle des Congr&#232;s de Nanterre (Hauts-de-Seine) &#224; 13 h 30 &#8211; Contact : rencontrespopulairesfestives@gmail.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Lecture&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La France a chang&#233; avec eux. De la marche pour l'&#233;galit&#233; aux Indig&#232;nes de la R&#233;publique&lt;/i&gt;, Erwan Ruty in Esprit 2020/11.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Une histoire des banlieues fran&#231;aises&lt;/i&gt;, Erwan Ruty, &#201;d. Les P&#233;r&#233;grines, 2020.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme&lt;/i&gt;, Adbellali Hajjat, Amsterdam &#201;ditions, 2013.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Rengainez, on arrive ! Chroniques des luttes contre les crimes racistes ou s&#233;curitaires, contre la hagra polici&#232;re et judiciaire (des ann&#233;es 1970 &#224; aujourd'hui)&lt;/i&gt;, Mogniss H. Abdallah, &#201;d. Libertalia, 2012 (en acc&#232;s libre).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/-1033-&#034;&gt;&lt;i&gt;La longue marche des enfants d'immigr&#233;s&lt;/i&gt;, interview de Djamel Atallah (co-organisateur de la Marche de 1983) in &lt;i&gt;Lien Social &lt;/i&gt; n&#176; 1033, octobre 2011&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Films&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Les mis&#233;rables&lt;/i&gt;, film de Ladj Ly, 2019.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La Marche&lt;/i&gt;, film de Nabil Ben Yadir, 2013. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La Haine&lt;/i&gt;, film de Mathieu Kassovitz, 1995.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Minguettes 1983. Paix sociale ou pacification ?&lt;/i&gt;, documentaire de l'Agence IM'm&#233;dia, 1983. 24 mn. &#192; visionner sur : YouTube&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Transidentit&#233; &#8226; Accompagnement &#224; la transition</title>
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&lt;p&gt;&#192; Montpellier, l'association Aides a ouvert en 2021 un centre de sant&#233; sexuelle destin&#233; aux populations &#224; risque d'exposition au VIH, dont les personnes trans. Le Spot leur propose un suivi &#224; la fois m&#233;dical, social et psychologique. &lt;br class='autobr' /&gt;
De plus en plus de jeunes ne se reconnaissent pas dans les identit&#233;s binaires, homme ou femme, 22 % des 18-30 ans en 2020 selon un sondage IFOP. Parmi eux, un nombre croissant entame une transition de genre, pr&#232;s de 9000 personnes en 2020. Malgr&#233; une lev&#233;e de tabou ces (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Fabrique-du-social" rel="directory"&gt;Fabrique du social&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Discrimination" rel="tag"&gt;Discrimination&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Adolescence" rel="tag"&gt;Adolescence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Sexualite-248" rel="tag"&gt;Sexualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1341-" rel="tag"&gt;1341&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Montpellier, l'association Aides a ouvert en 2021 un centre de sant&#233; sexuelle destin&#233; aux populations &#224; risque d'exposition au VIH, dont les personnes trans. Le Spot leur propose un suivi &#224; la fois m&#233;dical, social et psychologique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De plus en plus de jeunes ne se reconnaissent pas dans les identit&#233;s binaires, homme ou femme, 22 % des 18-30 ans en 2020 selon un sondage IFOP. Parmi eux, un nombre croissant entame une transition de genre, pr&#232;s de 9000 personnes en 2020. Malgr&#233; une lev&#233;e de tabou ces derni&#232;res ann&#233;es, cette d&#233;marche r&#233;veille des peurs chez les parents, les &#233;ducateurs ou les soignants. Certains parlent d'effet de mode et incriminent les r&#233;seaux sociaux. D'un c&#244;t&#233; les esprits s'ouvrent, de l'autre la m&#233;fiance se renforce. Du coup, les personnes trans doivent toujours batailler pour trouver des structures d'accueil bienveillantes. Pour leur apporter une r&#233;ponse, Aides a cr&#233;&#233; au sein du Spot une consultation sp&#233;cialis&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Situ&#233; pr&#232;s de la gare de Montpellier, ce centre de sant&#233; sexuelle communautaire dispose de bureaux neufs au d&#233;cor moderne qui jouxtent les locaux d'Aides. Son objet de d&#233;part est de recevoir les personnes &#224; risque d'infections sexuellement transmissibles (IST) : travailleurs du sexe, adeptes de chemsex (sexualit&#233; sous l'emprise de drogue)&#8230; Le Spot dispose d'un laboratoire de d&#233;pistage rapide, peut d&#233;livrer des traitements pr&#233;ventifs et d'urgence contre le VIH, ou des vaccins contre les h&#233;patites A et B. L'&#233;quipe compte deux infirmiers, quatre m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes, un sexologue, un gyn&#233;cologue, un addictologue, une psychologue, une assistante de service social et quatre accompagnateurs communautaires form&#233;s en interne par Aides. Ces derniers viennent d'horizons vari&#233;s, parfois des m&#234;mes milieux que le public vis&#233;, ce qui fait la particularit&#233; de ce lieu.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; &#192; Aides, nous avons pour principe de faire avec et non pour&lt;/i&gt;, explique Vincent P&#233;chenot, coordinateur du Spot, sp&#233;cialiste de l'action communautaire en sant&#233; et en travail social. &lt;i&gt;Nous travaillons &#224; partir de la demande de la personne et d&#233;finissons avec elle ses besoins. M&#234;me s'ils sont parfois &#233;loign&#233;s de la demande initiale, nous en tenons compte, sinon les personnes ne pourraient s'approprier l'accompagnement propos&#233;. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;Les recommandations de la HAS&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 2009, la HAS recommande un parcours de soins sur deux ans avant de pouvoir acc&#233;der &#224; une hormonoth&#233;rapie. La premi&#232;re p&#233;riode d'&#233;valuation psychiatrique de la demande requiert six &#224; neuf mois. Ensuite, en cas de validation m&#233;dicale de la d&#233;marche, une p&#233;riode &#171; d'exp&#233;rience en vie r&#233;elle &#187; sur une ann&#233;e est propos&#233;e &#224; la personne avec des traitements hormonaux r&#233;versibles, changements d'apparence physique, de pr&#233;nom&#8230; afin de v&#233;rifier la solidit&#233; de la demande. Seulement apr&#232;s, un traitement hormonal non-r&#233;versible est envisag&#233;. Pr&#233;vues pour septembre 2023, les nouvelles recommandations devraient simplifier ce parcours et notamment revoir la question de l'&#233;valuation psychiatrique, suite &#224; la d&#233;cision de l'Organisation mondiale de la sant&#233; de sortir la transidentit&#233; du champ des maladies psychiatriques en 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9000 transitions entam&#233;es en 2000 &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche de l'&#233;quipe du Spot ne consiste pas &#224; &#233;valuer ou valider la d&#233;marche de transition mais &#224; soutenir le droit &#224; l'auto-d&#233;termination des personnes.&lt;i&gt; &#171; Lors du premier accueil, nous abordons notamment la nature des traitements &#224; base d'hormones, les modes d'administration, les effets d&#233;finitifs sur la fertilit&#233;, la question des dosages, la temporalit&#233; de la transition&lt;/i&gt;, explique Kasey Ponsard, accompagnateur communautaire. &lt;i&gt;Nous n'imposons pas de d&#233;lai pour l'acc&#232;s &#224; une hormonoth&#233;rapie, sauf pour raisons m&#233;dicales. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette facilit&#233; d'acc&#232;s &#224; l'hormonoth&#233;rapie explique l'engouement pour ce lieu depuis sa cr&#233;ation. En effet, dans le milieu hospitalier ou le lib&#233;ral, beaucoup de m&#233;decins se montrent encore r&#233;ticents &#224; prescrire des hormones aux personnes en transition et demandent en g&#233;n&#233;ral un avis psychiatrique en premier lieu. &lt;i&gt;&#171; Il n'y a pas de cadre l&#233;gislatif sur cette question de d&#233;livrance d'hormones, uniquement des recommandations de la haute autorit&#233; de sant&#233; (HAS) qui sont en train d'&#234;tre rediscut&#233;es &lt;/i&gt; (voir encadr&#233;)&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Kasey Ponsard. Rien n'interdit donc la prescription directe d'hormones d'un m&#233;decin comp&#233;tent sur ces questions. Le Spot refuse toutefois l'hormonoth&#233;rapie aux mineurs.&lt;i&gt;&#171; Lorsque je suis arriv&#233; ici, je n'ai pas ressenti de condescendance ou d'a priori comme dans d'autres endroits&lt;/i&gt;, t&#233;moigne Lilian (1), jeune trans suivi au Spot depuis un an. &lt;i&gt;On ne m'a pas assailli de questions. Je ne me suis pas senti infantilis&#233;, comme cela a pu &#234;tre le cas ailleurs. Vraiment, il y a beaucoup de bienveillance et on fait tout pour nous responsabiliser et nous rendre autonomes dans notre d&#233;marche. &#187;&lt;/i&gt; Si certains, &#224; l'image de Lilian, ont un projet clair et un r&#233;seau d&#233;j&#224; constitu&#233;, d'autres peuvent rencontrer des probl&#232;mes de pr&#233;carit&#233; : absence de ressources, de logement stable, rupture relationnelle avec leur famille, leur entourage amical&#8230; &lt;i&gt;&#171; Ici ils peuvent parler d'eux de mani&#232;re d&#233;tendue, se sentir &#233;cout&#233; et construire des projets&lt;/i&gt;, t&#233;moigne Sandrine Feug&#232;re, &lt;i&gt;l'assistante de service social intervenant une apr&#232;s-midi par semaine. Je leur propose de l'aide dans les d&#233;marches administratives, les recherches de logement et, si n&#233;cessaire, je les accompagne &#224; l'ext&#233;rieur de la structure. Je tente de les rassurer et de leur redonner confiance pour qu'ils puissent s'adresser plus sereinement aux dispositifs de droit commun. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7011 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH320/capture_d_e_cran_2023-05-30_a_08.18.17-bd911.png?1693480490' width='500' height='320' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Transphobie dans le milieu m&#233;dical&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des accompagnements individuels, un accompagnant communautaire et un infirmier animent un atelier d'accompagnement &#224; l'auto-injection d'hormones. Son objectif est double : r&#233;pondre &#224; une demande d'autonomisation des personnes trans et pr&#233;venir des risques, car ces pratiques existent d&#233;j&#224;, mais pas toujours dans des conditions sanitaires appropri&#233;es (partage de mat&#233;riel, hormones d'origines douteuses&#8230;). Le Spot propose &#233;galement un groupe de parole mensuel sur un th&#232;me d&#233;cid&#233; par les participants, pour lib&#233;rer la parole et cr&#233;er des liens entre personnes qui ne se connaissent pas forc&#233;ment et souvent souffrent de solitude.&lt;br class='autobr' /&gt;
Beaucoup de personnes en transition demandent un accompagnement psychologique li&#233; aux difficult&#233;s rencontr&#233;es. La psychologue s'est vite trouv&#233;e d&#233;bord&#233;e par les demandes de suivi, souvent difficiles &#224; mettre en place &#224; l'ext&#233;rieur, faute de moyens mais parfois aussi en raison d'attitudes hostiles de certains th&#233;rapeutes ou m&#233;decins. &lt;i&gt;&#171; 65 % des personnes trans affirment avoir subi de la transphobie dans le milieu m&#233;dical en 2022 &#187;&lt;/i&gt;, alerte Kasey Ponsard. Par ailleurs, le Spot est aussi r&#233;guli&#232;rement sollicit&#233; par des travailleurs sociaux qui demandent des conseils pour bien accueillir les personnes en transition dans leurs services. Des membres de l'&#233;quipe peuvent se d&#233;placer dans les &#233;tablissements pour des sessions de formation ponctuelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Nous orientons les familles sur le P&#244;le Trans de l'association Fiert&#233; Montpellier pride qui propose un atelier d&#233;di&#233;, ce que nous ne faisons pas,&lt;/i&gt; explique Sandrine Feug&#232;re. &lt;i&gt;Souvent, les parents expriment de la souffrance et de l'incompr&#233;hension quant &#224; la d&#233;marche. Ils disent ne pas reconna&#238;tre leur enfant. Ils ont besoin, eux aussi, d'&#234;tre aid&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; R&#233;put&#233; comme un lieu &#171; safe &#187; pour les personnes en transition, le Spot re&#231;oit des demandes d'accompagnement de tout le quart sud-ouest de la France. &lt;i&gt;&#171; Nous sommes submerg&#233;s&lt;/i&gt;, constate Vincent P&#233;chenot. &lt;i&gt;Esp&#233;rons que les nouvelles recommandations de la HAS permettront de faciliter l'acc&#232;s aux soins et &#224; l'hormonoth&#233;rapie des personnes trans dans toute la France. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La v&#233;ritable histoire de Blanche-Neige qui n'a pas croqu&#233; la pomme</title>
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		<dc:date>2022-06-06T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Discrimination</dc:subject>
		<dc:subject>1319</dc:subject>

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&lt;p&gt;Revisiter la tradition &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si la trame initiale de Grimm est bien identifiable, son adaptation &#224; la sauce contemporaine est &#224; la fois cocasse et plut&#244;t tonique. Qu'on en juge : une princesse potassant ses manuels de gestion d'entreprise et tenant des livres de comptes afin de pr&#233;parer la cr&#233;ation de sa start-up, une sorci&#232;re inventant l'anc&#234;tre des Food-trucks, des nains prenant progressivement conscience de la faible r&#233;mun&#233;ration de leur dur labeur, une habitude alimentaire v&#233;gane raffolant de pain (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revisiter la tradition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la trame initiale de Grimm est bien identifiable, son adaptation &#224; la sauce contemporaine est &#224; la fois cocasse et plut&#244;t tonique. Qu'on en juge : une princesse potassant ses manuels de gestion d'entreprise et tenant des livres de comptes afin de pr&#233;parer la cr&#233;ation de sa start-up, une sorci&#232;re inventant l'anc&#234;tre des Food-trucks, des nains prenant progressivement conscience de la faible r&#233;mun&#233;ration de leur dur labeur, une habitude alimentaire v&#233;gane raffolant de pain pita tremp&#233; dans du houmous de betterave, un prince qui avale le poison et est sauv&#233; par BN (alias Blanche neige) Une chatte n'y retrouverait pas ses petits ! Ou comment cultiver l'art et la mani&#232;re de pr&#233;senter aux enfants, &#224; travers un r&#233;cit bourr&#233; d'humour et de r&#233;f&#233;rences modernes, des sujets aussi sensibles que le bien-&#234;tre animal, l'exploitation par le travail, le droit des femmes ou encore la domination patriarcale sous-jacente. Les contes ont toujours retraduit l'esprit de leur &#233;poque. Cette version ne trahit pas cette coutume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jacques Tr&#233;mintin&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. Amaterra, 2022, (110 p. &#8211; 12,90 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La mer &#224; l'envers </title>
		<link>https://www.lien-social.com/La-mer-a-l-envers</link>
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		<dc:date>2022-06-06T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Discrimination</dc:subject>
		<dc:subject>Mineur &#233;tranger</dc:subject>
		<dc:subject>1319</dc:subject>

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&lt;p&gt;Sauver l'enfant Youn&#232;s &lt;br class='autobr' /&gt;
Une croisi&#232;re seule avec ses gosses. Rose s'est d&#233;cid&#233;e &#224; vivre ce s&#233;jour inoubliable sur un luxueux paquebot, de ceux qui proposent aux adultes casino et salles de spectacle, aux enfants pistes de rollers et piscine. Et puis, en pleine mer, cent-cinquante migrants d&#233;rivant sur de fr&#234;les esquifs sont secourus. Pas question de les m&#234;ler aux passagers. Ils s'entassent dans les quartiers du personnel. Dans la foule, il y a Youn&#232;s, un adolescent &#224; peine pub&#232;re. Rose d&#233;cide de lui (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Mineur-etranger" rel="tag"&gt;Mineur &#233;tranger&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1319-" rel="tag"&gt;1319&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L92xH150/arton10251-11cf7.jpg?1693503340' width='92' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sauver l'enfant Youn&#232;s &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une croisi&#232;re seule avec ses gosses. Rose s'est d&#233;cid&#233;e &#224; vivre ce s&#233;jour inoubliable sur un luxueux paquebot, de ceux qui proposent aux adultes casino et salles de spectacle, aux enfants pistes de rollers et piscine. Et puis, en pleine mer, cent-cinquante migrants d&#233;rivant sur de fr&#234;les esquifs sont secourus. Pas question de les m&#234;ler aux passagers. Ils s'entassent dans les quartiers du personnel. Dans la foule, il y a Youn&#232;s, un adolescent &#224; peine pub&#232;re. Rose d&#233;cide de lui donner le portable de son fils, avant qu'il ne soit d&#233;barqu&#233; avec ses compagnons d'infortune. Fin de l'histoire ? Non. On ne fournit pas ainsi un cordon ombilical &#224; un enfant perdu, sans qu'il ne s'y accroche. Le roman s'&#233;gr&#232;ne au rythme d'une qu&#234;te r&#233;ciproque d'un ado qui cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; retrouver cette m&#232;re improvis&#233;e et d'une femme qui ne se r&#233;sout pas &#224; abandonner cet &#234;tre &#224; peine entrevu. Une histoire touchante qui fait vibrer ce que le lecteur a de plus humain en lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jacques Tr&#233;mintin&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. Gallimard, 2021, (256 p. - 7,60 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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