<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Lien Social</title>
	<link>https://www.lien-social.com/</link>
	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lien-social.com/spip.php?id_mot=207&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Lien Social</title>
		<url>https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L144xH45/siteon0-7409c.png?1693463828</url>
		<link>https://www.lien-social.com/</link>
		<height>45</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>O&#249; en est le travail social avec la religion ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Ou-en-est-le-travail-social-avec-la-religion-9486</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Ou-en-est-le-travail-social-avec-la-religion-9486</guid>
		<dc:date>2004-09-16T07:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;lanie-LS</dc:creator>


		<dc:subject>721</dc:subject>

		<description>

-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/sommaires" rel="directory"&gt;Sommaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-721-" rel="tag"&gt;721&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L105xH150/arton9486-90b42.png?1694360578' width='105' height='150' /&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.lien-social.com/IMG/pdf/2004_-_721_-_basse_def.pdf" length="16602358" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les visiteurs du soi. &#192; quoi servent les psys ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Les-visiteurs-du-soi-A-quoi-servent-les-psys</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Les-visiteurs-du-soi-A-quoi-servent-les-psys</guid>
		<dc:date>2004-09-15T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>721</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jamais notre soci&#233;t&#233; n'a &#233;t&#233; aussi pessimiste, faisant de l'appel aux psys un r&#233;flexe. On les consulte pour tout : les &#233;v&#233;nements graves, mais aussi des moments de la vie courante qui &#233;taient nagu&#232;re bien plus tol&#233;r&#233;s. En se d&#233;chargeant de tous ses maux sur cette discipline, la collectivit&#233; fait l'&#233;conomie d'un examen critique de ses fins et de ses moyens. Car si l'on sait que les d&#233;compensations psychiques sont dues pour moiti&#233; &#224; des facteurs g&#233;n&#233;tiques, les autres &#233;l&#233;ments d&#233;clenchant rel&#232;vent de l'histoire (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Psychanalyse" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-721-" rel="tag"&gt;721&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L100xH150/arton325-e05d5.jpg?1694360578' width='100' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jamais notre soci&#233;t&#233; n'a &#233;t&#233; aussi pessimiste, faisant de l'appel aux psys un r&#233;flexe. On les consulte pour tout : les &#233;v&#233;nements graves, mais aussi des moments de la vie courante qui &#233;taient nagu&#232;re bien plus tol&#233;r&#233;s. En se d&#233;chargeant de tous ses maux sur cette discipline, la collectivit&#233; fait l'&#233;conomie d'un examen critique de ses fins et de ses moyens. Car si l'on sait que les d&#233;compensations psychiques sont dues pour moiti&#233; &#224; des facteurs g&#233;n&#233;tiques, les autres &#233;l&#233;ments d&#233;clenchant rel&#232;vent de l'histoire individuelle de la personne, mais aussi des &#233;v&#233;nements r&#233;cents qu'elle a travers&#233;s. Surconsommation de psychotropes, 1,2 million de fran&#231;ais suivis pour des troubles psychiques, une demande d&#233;cupl&#233;e de psychoth&#233;rapies&#8230; qu'est-ce qui ne va donc plus ? &#171; Au monde fix&#233; o&#249; Dieu, les hommes et les lois qui les dirigent &#233;taient &#224; leur place, se substitue un espace flou o&#249; chacun a l'impression d'&#234;tre &#224; la fois libre et sans limites, tout en &#233;tant manipul&#233; par des forces qui le d&#233;passent &#187; (p.23).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, l'intervention d'un psy n'est pas forc&#233;ment la d&#233;marche la plus pertinente, comme l'a montr&#233; une recherche anglaise sur le d&#233;briefing. Cette technique de crise consiste &#224; r&#233;activer les &#233;motions suite &#224; un traumatisme violent, afin de mieux les canaliser. Il a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; que le stress post-traumatique &#233;tait plus fr&#233;quent chez les sujets qui avaient b&#233;n&#233;fici&#233; de cette intervention ! Mieux valait une stabilisation de l'environnement et une d&#233;dramatisation qui favorise l'&#233;vacuation naturelle du stress d&#233;j&#224; pr&#233;sente dans 80 % des cas. Ce qui se pose donc, face aux 210 formes actuelles de psychoth&#233;rapies diff&#233;rentes, c'est de v&#233;rifier dans quelle mesure elles apportent plus de bien que de mal. C'est l'un des axes de l'ouvrage de Jean Cottraux qui pr&#233;sente un tableau assez pr&#233;cis de la galaxie psychoth&#233;rapeutique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur n'est pas tr&#232;s gentil avec la psychanalyse &#224; qui il reconna&#238;t toutefois d'avoir jou&#233; un r&#244;le non n&#233;gligeable dans le tout pharmaceutique, mais qu'il accuse de s'&#234;tre fig&#233;e dans un dogmatisme &#233;troit et sectaire. A cette m&#233;thode longue et co&#251;teuse qui ne vise pas tant &#224; la gu&#233;rison qu'&#224; la recherche de soi, il oppose les approches comportementalistes et cognitivistes qui ont bien plus ses pr&#233;f&#233;rences. Il les affuble d'embl&#233;e d'une meilleure note : mieux valid&#233;es et plus faciles &#224; appliquer cliniquement. Mais ils pr&#233;sentent aussi les th&#233;rapies interpersonnelles qui, s'inspirant des trois premi&#232;res, se proposent d'agir exclusivement sur les relations entre les personnes. Un chapitre consacr&#233; aux th&#233;rapies humanistes (gestalt, analyse transactionnelle, non-directivit&#233; de Rogers, cri primal, bio&#233;nergie, syst&#233;mie) termine ce tour d'horizon. Revendiquant le libre choix du patient, l'auteur rappelle malgr&#233; tout, avec pertinence, que &#171; la vie est une chose trop s&#233;rieuse pour la laisser longtemps entre les mains d'un psychoth&#233;rapeute &#187; (p.285).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Odile Jacob, 2004 (335 p. ; 22,50 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bruno Bettelheim ou la fabrication d'un mythe</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Bruno-Bettelheim-ou-la-fabrication-d-un-mythe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Bruno-Bettelheim-ou-la-fabrication-d-un-mythe</guid>
		<dc:date>2004-09-15T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>721</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La lecture de cette biographie de Bettelheim est stup&#233;fiante. On y d&#233;couvre sans haine, mais aussi sans aucune concession, la d&#233;nonciation d'une mystification digne des pires gourous. Le c&#233;l&#232;bre psychanalyste y est pr&#233;sent&#233; comme un menteur cong&#233;nital qui a pass&#233; toute son existence &#224; falsifier son pass&#233; et son itin&#233;raire. N&#233; d'une famille bourgeoise viennoise, Bettelheim doit abandonner ses &#233;tudes pour reprendre, &#224; la mort de son p&#232;re, l'entreprise de n&#233;goce de bois qu'il lui a laiss&#233;e. Les douze ans (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Psychanalyse" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-721-" rel="tag"&gt;721&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L103xH150/arton326-ea9f2.jpg?1694360578' width='103' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La lecture de cette biographie de Bettelheim est stup&#233;fiante. On y d&#233;couvre sans haine, mais aussi sans aucune concession, la d&#233;nonciation d'une mystification digne des pires gourous. Le c&#233;l&#232;bre psychanalyste y est pr&#233;sent&#233; comme un menteur cong&#233;nital qui a pass&#233; toute son existence &#224; falsifier son pass&#233; et son itin&#233;raire. N&#233; d'une famille bourgeoise viennoise, Bettelheim doit abandonner ses &#233;tudes pour reprendre, &#224; la mort de son p&#232;re, l'entreprise de n&#233;goce de bois qu'il lui a laiss&#233;e. Les douze ans qu'il passe comme entrepreneur vont devenir plus tard une longue p&#233;riode d'&#233;tude qui aboutira &#224; de soit-disant doctorats en philosophie, histoire de l'art et psychologie (ces titres lui permettant de pr&#233;tendre &#224; un poste d'enseignant &#224; l'universit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la mont&#233;e du nazisme, Bettelheim tarde &#224; fuir l'Autriche, refusant d'abandonner ses biens : il est arr&#234;t&#233; et d&#233;port&#233; en camp de concentration. Ce d&#233;part tardif deviendra, par la suite, un acte d'h&#233;ro&#239;sme, li&#233; &#224; un pr&#233;tendu engagement comme officier de l'arm&#233;e clandestine. Gina Bettheleim accueille au domicile familial Patsy, une petite fille &#224; la personnalit&#233; difficile. Cette enfant deviendra plus tard l'un des trois petits patients autistes h&#233;berg&#233;s aupr&#232;s desquels le th&#233;rapeute pr&#233;tendra avoir exp&#233;riment&#233; ses m&#233;thodes cliniques (le concept d'autisme ne sera con&#231;u qu'en 1943, soit une bonne dizaine d'ann&#233;es apr&#232;s le s&#233;jour d'enfants qui auraient &#233;t&#233; diagnostiqu&#233;s comme tel !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233; des camps en 1939, Bettelheim &#233;migre aux USA. Il deviendra directeur de l'&#233;cole orthog&#233;nique de Chicago en 1944. Il s'y comporte d&#232;s le d&#233;but de fa&#231;on totalement tyrannique et col&#233;rique. Il fascine les &#233;ducatrices qui y travaillent exer&#231;ant sur elles un contr&#244;le manipulateur (il les re&#231;oit en th&#233;rapie les unes apr&#232;s les autres). En vingt-neuf ans de direction, pas une seule &#233;tude de suivi ne sera r&#233;alis&#233;e sur le devenir des enfants accueillis. Ce qui ne l'emp&#234;chera pas, dans des livres ressemblant plus &#224; de merveilleux contes qu'&#224; d'authentiques &#233;tudes scientifiques, de proclamer la gu&#233;rison d&#233;finitive de ses anciens pensionnaires. Bettelheim s'av&#232;re un paradoxe vivant : chantre de l'anti-autoritarisme et de la non-violence en &#233;ducation, il se montre dans le quotidien avec les enfants particuli&#232;rement autoritaire et violent, n'h&#233;sitant jamais &#224; les frapper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs jeunes filles r&#233;v&#233;leront apr&#232;s sa mort avoir &#233;t&#233; victime d'attouchements sexuels de sa part. Devenu le grand sp&#233;cialiste de l'autisme, il contribuera largement &#224; d&#233;signer les parents et plus particuli&#232;rement les m&#232;res comme responsables des difficult&#233;s de leurs enfants. Fa&#231;on peut-&#234;tre de r&#233;gler son compte avec sa propre m&#232;re qu'il accusera de ne s'&#234;tre jamais occup&#233;e de lui et de l'avoir abandonn&#233; &#224; des nourrices ? Que reste-t-il de la statue du commandeur ? Un personnage finalement assez pitoyable et bien peu recommandable !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Les emp&#234;cheurs de penser en rond, 2003 (528 p. ; 24 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>O&#249; en est le travail social avec la religion ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Ou-en-est-le-travail-social-avec-la-religion</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Ou-en-est-le-travail-social-avec-la-religion</guid>
		<dc:date>2004-09-15T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Travail social</dc:subject>
		<dc:subject>Religion</dc:subject>
		<dc:subject>721</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les liens existant entre religion, &#233;ducation, soins, assistance et action sociale sont quasiment cong&#233;nitaux. &#192; tel point qu'on ne peut v&#233;ritablement comprendre le fonctionnement et la culture des secteurs du m&#233;dico-social et du social si on ignore cette r&#233;alit&#233; historique. Certes, des concepts la&#239;cs comme la solidarit&#233; ou la coh&#233;sion sociale ont aujourd'hui tr&#232;s largement remplac&#233; la charit&#233; chr&#233;tienne. Mais, il suffit d'observer l'actualit&#233; pour se rendre compte que l'influence religieuse n'a pas pour (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Travail-social-186" rel="tag"&gt;Travail social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Religion" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-721-" rel="tag"&gt;721&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les liens existant entre religion, &#233;ducation, soins, assistance et action sociale sont quasiment cong&#233;nitaux. &#192; tel point qu'on ne peut v&#233;ritablement comprendre le fonctionnement et la culture des secteurs du m&#233;dico-social et du social si on ignore cette r&#233;alit&#233; historique. Certes, des concepts la&#239;cs comme la solidarit&#233; ou la coh&#233;sion sociale ont aujourd'hui tr&#232;s largement remplac&#233; la charit&#233; chr&#233;tienne. Mais, il suffit d'observer l'actualit&#233; pour se rendre compte que l'influence religieuse n'a pas pour autant compl&#232;tement disparu&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'influence immanente du religieux s'est exerc&#233;e et s'exerce encore &#8211; de mani&#232;re plus diffuse que l'on ne pense &#8211; sur plusieurs plans : sur un plan institutionnel, sur un plan id&#233;ologique et sur un plan &#233;thique. Concernant le cas fran&#231;ais, il s'agit essentiellement de la religion catholique qui a marqu&#233; notre pays en s'identifiant &#224; l'&#201;tat et &#224; l'autorit&#233;. Au-del&#224; de tout esprit pol&#233;mique, il s'agit d'examiner cette influence, inh&#233;rente &#224; l'histoire des institutions de notre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un plan institutionnel, l'organisation de la communaut&#233; religieuse, monacale ou congr&#233;gationniste a fourni le seul mod&#232;le de r&#233;f&#233;rence aux communaut&#233;s des secteurs social et m&#233;dico-social, en concurrence il est vrai, dans la seconde partie du XX&#232;me si&#232;cle, avec le mode d'organisation de la fonction publique, de l'&#233;cole ou du service hospitalier. La conception pastorale et paternaliste de la congr&#233;gation s'est d&#233;calqu&#233;e sur le mode de management implicite des &#233;tablissements : le p&#232;re sup&#233;rieur passant le relais au directeur, logeant sur place, la faible voire absente hi&#233;rarchie interm&#233;diaire, le r&#233;seau relationnel en &#233;toile, le tutoiement coll&#233;gial, les tabous du sexe et de l'argent, une gestion relationnelle essentiellement affective et id&#233;ologique, la recherche d'autarcie, autant de caract&#233;ristiques qui vont marquer les fonctionnements et les climats des &#233;tablissements, peu ou prou jusqu'aux ann&#233;es 80 (parfois davantage&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'emplacement des &#233;tablissements, loin des villes, il correspond &#224; une acception id&#233;ologique inh&#233;rente &#224; la doctrine de l'&#201;glise catholique qui a condamn&#233; les m&#339;urs de la ville &#8211; &#171; m&#232;re de tous les vices &#187; &#8211; pour valoriser un mode de vie artisanal et paysan. Cette th&#233;matique bucolique, reprise par la r&#233;volution nationale de Vichy, a toujours &#233;t&#233; pr&#233;sente dans les approches de tr&#232;s nombreux &#233;tablissements cultivant les valeurs de compagnonnage et d'artisanat de l'ancien r&#233;gime, s'opposant &#224; l'industrialisation. Des &#233;tablissements ont ainsi quasiment reproduit des communaut&#233;s monacales en b&#226;tissant leurs propres murs, en fabriquant leurs meubles, en cultivant leur jardin et en trayant leurs vaches. Un tel mod&#232;le s'est donc longtemps perp&#233;tu&#233;, notamment au travers d'un recrutement essentiellement fond&#233; sur l'engagement, la vocation et le volontarisme, se manifestant, par exemple, par ces &#233;tablissements sollicitant des couples &#233;ducatifs, des parrains ou des marraines, des familles &#233;ducatives, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 80, ce mod&#232;le se heurte &#224; un autre paradigme, celui de l'organisation entrepreneuriale, devenu indispensable pour achever la professionnalisation de ces secteurs et leur insertion dans la soci&#233;t&#233; civile, mais aussi pour en rationaliser les modes d'action et de contr&#244;le. De nouvelles approches, telles le marketing, le management, la gestion des ressources humaines, la communication, l'ergonomie, l'informatique, vont participer &#224; bouleverser le mod&#232;le traditionnel.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le primat de l'id&#233;ologie sur l'exp&#233;rimentation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur un plan philosophique et doctrinal, l'induction de l'&#201;glise catholique s'av&#232;re quasi totale sur la culture des secteurs qui nous int&#233;ressent. Il faudra attendre la concurrence des mouvements r&#233;volutionnaires anarchistes, communistes ou fascistes, et plus largement la&#239;cs, pour voir d'autres philosophies p&#233;n&#233;trer l'action sociale. Cette induction culturelle part de loin, elle se manifeste par une m&#233;fiance fondamentale de l'&#201;glise vis-&#224;-vis de toute technologie ou science dans lesquelles elle voyait un contre-savoir et un contre-pouvoir. Lucifer voulant litt&#233;ralement dire en latin &#171; celui qui apporte la lumi&#232;re &#187;, l'association de la science &#224; une entreprise satanique fut un leitmotiv de la doctrine officielle de l'&#201;glise catholique, jusqu'&#224; ce que la Renaissance r&#233;habilite les Lumi&#232;res, non sans difficult&#233;. Cependant, depuis les condamnations de Galil&#233;e, de Bruno ou de Servet et de beaucoup d'autres, depuis les actes d'autodaf&#233;, l'inquisition, l'emp&#234;chement de la m&#233;decine scientifique, cette d&#233;fiance end&#233;mique ne s'est jamais compl&#232;tement estomp&#233;e, m&#234;me si des courants intellectualistes ont naturellement &#233;merg&#233; au sein de l'&#201;glise catholique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la m&#233;fiance vis-&#224;-vis du monde industriel, de la technologie et de la science s'av&#232;re tr&#232;s forte chez nombre de travailleurs sociaux. Ceci explique d'ailleurs le succ&#232;s des approches interpr&#233;tatives, sp&#233;culatives ou inductives par rapport &#224; l'exp&#233;rimentation qui poss&#232;de encore un statut lat&#233;ral dans de tels secteurs. Cela explique &#233;galement la difficult&#233; qui existe &#224; totalement professionnaliser ces secteurs, &#224; mettre en place une v&#233;ritable ing&#233;nierie, &#224; capitaliser les exp&#233;riences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons encore &#233;voquer la primaut&#233; de l'oral sur l'&#233;crit, qui est en train certes de s'estomper, parfois difficilement sur le terrain. Se trouve encore bien souvent privil&#233;gi&#233; le mode du &#171; t&#233;moignage &#187;, la transmission charismatique d'un v&#233;cu unique&#8230; Il faut bien comprendre que la m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de l'&#233;crit et du livre &#8211; dont les moines eurent longtemps le monopole &#8211; est &#233;galement une constante de l'&#201;glise catholique (qui poss&#233;dait d'ailleurs jusqu'&#224; peu, au sein du Vatican, un coll&#232;ge sp&#233;cialis&#233; pour &#233;tudier le contenu de tous les livres et statuer &#224; leur sujet).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que c'est le courant de la R&#233;forme qui devait participer &#224; traduire et vulgariser les ouvrages religieux. Le culte du ressenti au d&#233;triment de ce qui peut s'exp&#233;rimenter et se formaliser&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; &#201;crire c'est figer&#8230; &#233;valuer, c'est mettre dans des cases &#187;, ainsi s'expriment (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d&#233;coule directement de cette influence. La formation en travail social a pu p&#233;renniser cet &#233;tat de fait, parce qu'elle s'est trouv&#233;e elle-m&#234;me durant longtemps largement aux mains de congr&#233;gationnistes ou de leurs h&#233;ritiers spirituels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Nombre d'&#233;coles de travail social furent fond&#233;es au d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle par (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (y compris nombre d'anciens s&#233;minaristes soixante-huitards&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche de la chose &#233;conomique se d&#233;duit aussi d'une relation ambigu&#235; &#224; l'argent de la part de l'&#201;glise catholique. Celle-ci s'&#233;tant identifi&#233;e aux pouvoirs f&#233;odal et monarchique, poss&#233;dait une vision de l'&#233;conomie pr&#233;-capitaliste, condamnant le profit et abandonnant l'usure aux juifs, puis les affaires aux protestants. M&#234;me si cela ne devait nullement emp&#234;cher l'&#201;glise d'accumuler des richesses et d'avoir une politique patrimoniale d'envergure. Quant au mouvement saint-simonien (d&#233;but du XIXe si&#232;cle), qui proposait une synth&#232;se de l'&#233;conomique et du social, il influen&#231;a davantage quelques grands entrepreneurs que l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la religion influence &#233;galement l'action sociale dans ses perspectives et son intentionnalit&#233;. En 1910, le pape Pie X condamnait le &#171; modernisme &#187;, et le mouvement du Sillon, et d&#233;clarait dans une lettre adress&#233;e aux archev&#234;ques le 25 ao&#251;t : &#171; La soci&#233;t&#233; n'est plus &#224; inventer, ni la cit&#233; nouvelle &#224; b&#226;tir dans les nu&#233;es. Elle a &#233;t&#233;, elle est ; c'est la civilisation chr&#233;tienne, c'est la cit&#233; catholique (&#8230;) Il lui suffit de reprendre, avec le concours des vrais ouvriers de la restauration sociale, les organismes bris&#233;s par la r&#233;volution et de les adapter au nouveau milieu cr&#233;&#233; par l'&#233;volution mat&#233;rielle de la soci&#233;t&#233; &#187;, r&#233;sumant par l&#224; l'option dominante de l'&#201;glise catholique qui n'a jamais accept&#233; les r&#233;volutions politique et industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il existait &#224; cette &#233;poque des mouvements religieux plus critiques et plus novateurs au plan social, mais ils devaient rester marginaux par rapport &#224; la doctrine officielle qui donnait le ton &#224; l'action sociale dans son ensemble. Une action sociale, essentiellement initi&#233;e et orient&#233;e par d'&#233;minents notables, con&#231;ue comme le meilleur antidote contre le socialisme, le syndicalisme et le f&#233;minisme. Dans une telle conception, la soci&#233;t&#233; est un ordre fig&#233; et l'action sociale vise la r&#233;demption des personnes, l'att&#233;nuation des souffrances existentielles, mais ne poss&#232;de pas de projets d'alternative sociale. Il faudra, l&#224; encore, attendre la mont&#233;e de mouvements la&#239;cs pour promouvoir d'autres intentionnalit&#233;s, ou encore l'influence du concile Vatican 2 sur ce qu'il conviendra d'appeler une aile chr&#233;tienne progressiste et &#339;cum&#233;nique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La question &#233;thique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur ce plan, l'influence religieuse s'av&#232;re &#233;galement incontournable, tant la question morale (c'est-&#224;-dire des m&#339;urs), des normes et des valeurs est inextricablement li&#233;e avec la doctrine religieuse qui a marqu&#233; notre soci&#233;t&#233;. Le droit lui-m&#234;me &#233;pouse g&#233;n&#233;ralement les coutumes en prise sur son temps. Certes, nombre de questionnements &#233;thiques sont d'abord universaux, et l'on est surtout frapp&#233; par les similitudes &#224; ce propos entre les cultures et les peuples. Toutefois, les syst&#232;mes philosophiques v&#233;hicul&#233;s par les diverses religions poss&#232;dent leurs incidences sociales propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint-Augustin avait par exemple fix&#233; le moment de l'entr&#233;e de l'&#226;me dans le corps du nouveau-n&#233; (celle des femmes &#233;tant plus paresseuse sur ce point). Partant de l&#224;, l'&#233;limination d'un nouveau n&#233;, avant cette &#233;ch&#233;ance, ne pouvait &#234;tre assimil&#233;e &#224; un meurtre. Aujourd'hui, la question du statut juridique du f&#339;tus et celle toujours controvers&#233;e du statut &#233;thique de l'avortement montrent que la doctrine de l'&#201;glise a &#233;volu&#233; sur ce point, puisqu'elle consid&#232;re aujourd'hui que le f&#339;tus est une personne &#224; part enti&#232;re. La religion guide nos positions &#233;thiques sur divers plans qui ont influenc&#233; et influencent encore l'action sociale ou m&#233;dico-sociale : par exemple, la croyance dans l'&#233;volution toujours possible de l'individu, la reconnaissance de la personne dans son unicit&#233; et sa possibilit&#233; &#224; tout moment de changer le cours de sa vie, la croyance dans la valeur de la vie quelle qu'elle soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, cette vision n'a pas toujours &#233;t&#233; suivie d'effets, et elle conna&#238;t aussi parfois ses exc&#232;s, mais quoi qu'il en soit, elle repr&#233;sente une ligne &#233;thique qui a indiscutablement marqu&#233; l'action sociale et m&#233;dico-sociale de ces derni&#232;res d&#233;cennies et particip&#233; &#224; faire &#233;voluer l'image des personnes en situation de handicap ou d'exclusion.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le religieux au c&#339;ur de la question sociale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les influences religieuses sont beaucoup plus puissantes &#8211; m&#234;me lorsqu'elles sont implicites &#8211; qu'on ne le pense aujourd'hui, notamment dans nos soci&#233;t&#233;s de consommation o&#249; le fait religieux est devenu une pr&#233;occupation priv&#233;e et relativement marginalis&#233;e. Ces influences persistent dans un implicite culturel, une vision de l'homme et de la soci&#233;t&#233; qui impr&#232;gnent nos attitudes au-del&#224; de ce que nous imaginons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, peut-on passer outre les constats qu'il existe une relation entre la vision sociale du catholicisme et le communisme, qui ne s'est d&#233;velopp&#233; en Europe que dans des pays catholiques ou orthodoxes ? Qu'il existe un lien entre le protestantisme et le capitalisme d'affaires (comme devait le monter le sociologue Max Weber) ? Qu'il existe un lien entre la vision sociale am&#233;ricaine et les mouvements religieux sectateurs qui ont fond&#233; sa culture dominante, reposant sur la pr&#233;destination et l'&#233;lection individuelle ? &#192; l'heure o&#249; le fait religieux impr&#232;gne l'actualit&#233; internationale et politique, comment pourrait-on ignorer qu'il est tout aussi pr&#233;sent au sein de l'action sociale, qui est inh&#233;rente par nature &#224; une certaine vision de la soci&#233;t&#233; ? Ces influences peuvent &#234;tre jug&#233;es tour &#224; tour positives ou n&#233;gatives, mais il faut se garder de confondre les philosophies religieuses avec leurs institutions, c'est-&#224;-dire de sombrer dans une pens&#233;e unique qui ferait l'amalgame. Les religions cr&#233;ent du lien pour le meilleur et pour le pire, elles connaissent par cons&#233;quent l'ambivalence de l'attachement, qui peut r&#233;unir et immobiliser&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#201;crire c'est figer&#8230; &#233;valuer, c'est mettre dans des cases &#187;, ainsi s'expriment encore un certain nombre de praticiens dans les &#233;tablissements et services, pas n&#233;cessairement parmi les moins form&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nombre d'&#233;coles de travail social furent fond&#233;es au d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle par des religieux ou des militants religieux, comme l'&#233;cole pratique de formation sociale, l'&#233;cole libre d'assistance priv&#233;e (fond&#233;e par l'abb&#233; Viollet), l'&#233;cole normale sociale ; les protestants ne devaient pas &#234;tre en reste, fondant par exemple l'&#233;cole pratique de service social en 1913&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
