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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>L'usager sait-t-il ce qui est bien pour lui ?</title>
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		<title>Pourquoi le travail social ?</title>
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		<dc:subject>Travail social</dc:subject>
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&lt;p&gt;Si le travail social est tour &#224; tour, quand ce n'est pas simultan&#233;ment, suspect&#233; d'en faire trop ou pas assez, voire de ne pas faire ce qu'il faudrait, c'est sans doute parce que l'identification de son r&#244;le est souvent n&#233;buleuse. Dans la mesure o&#249; il reste ind&#233;termin&#233;, il y a autant de raisons pour le pr&#233;senter d'une fa&#231;on&#8230; que de le faire dans le sens contraire. Rien d'&#233;tonnant &#224; cela, quand on sait &#224; quel point il manque dans ce secteur d'une authentique th&#233;orisation des pratiques. Aussi est-il toujours (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton273-4981a.jpg?1694612477' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si le travail social est tour &#224; tour, quand ce n'est pas simultan&#233;ment, suspect&#233; d'en faire trop ou pas assez, voire de ne pas faire ce qu'il faudrait, c'est sans doute parce que l'identification de son r&#244;le est souvent n&#233;buleuse. Dans la mesure o&#249; il reste ind&#233;termin&#233;, il y a autant de raisons pour le pr&#233;senter d'une fa&#231;on&#8230; que de le faire dans le sens contraire. Rien d'&#233;tonnant &#224; cela, quand on sait &#224; quel point il manque dans ce secteur d'une authentique th&#233;orisation des pratiques. Aussi est-il toujours int&#233;ressant quand un auteur propose de combler quelque peu ce vide. C'est l'objet du dernier ouvrage de Sa&#252;l Karsz qui fait preuve d'une cr&#233;ativit&#233; et d'une habilet&#233; conceptuelles qui m&#233;ritent vraiment qu'on s'y attarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re d&#233;marche donc, celle d'une tentative de d&#233;finition. Il s'agit d'&#233;tablir un objet : &#171; d&#233;finir, aide &#224; ne pas se tromper de cible, &#224; identifier les probl&#232;mes qu'il s'agit de r&#233;soudre, &#224; ne pas demander au travail social ce que de toute fa&#231;on il ne peut faire &#187; (p.13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de se contenter de quelques &#233;nonc&#233;s simplistes et simplificateurs, l'auteur commence par relativiser les probl&#233;matiques que le travail social est cens&#233; g&#233;rer, en &#233;voquant leur caract&#232;re &#233;minemment historique (ainsi cat&#233;gorise-t-on comme d&#233;faillant ce qui en d'autres temps appara&#238;trait peut-&#234;tre comme une modalit&#233; in&#233;dite du vivre ensemble) et particulier (certaines exp&#233;riences sont v&#233;cues comme intimement douloureuses pour les uns et ne m&#233;ritent m&#234;me pas qu'on les &#233;voque pour les autres). Si les difficult&#233;s existent donc bien objectivement, ce n'est pas de fa&#231;on universelle. Quant &#224; leur prise en compte, seules celles qui ont fait l'objet d'une labellisation par la politique d'action sociale sont effectivement trait&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est bien &#224; partir de l'ensemble des valeurs, mod&#233;lisations, id&#233;aux en vigueur que l'aide va intervenir : les travailleurs sociaux ne sont pas l&#224; pour faire en sorte que les gens aillent mieux en g&#233;n&#233;ral, mais pour qu'ils aillent aussi bien que possible dans un &#233;ventail de comportements consid&#233;r&#233;s comme l&#233;gitimes. Leur travail consiste bien &#224; labourer le terrain des d&#233;calages entre les comportements consid&#233;r&#233;s comme normalis&#233;s et ceux qui ne le sont pas (ou plus). Agents charg&#233;s par la soci&#233;t&#233; de soutenir certains comportements scolaires, certains fonctionnements familiaux, certaines dynamiques de socialisation, ils s'opposent &#224; ce qui est alors per&#231;u comme les constructions invers&#233;es de ces modalit&#233;s (qu'on appellera d&#233;faillances, inadaptations, d&#233;saffiliation, exclusion&#8230;). Ils ne sont donc pas les lib&#233;rateurs spontan&#233;s du bon peuple. Mais ce ne sont pas non plus les contempteurs des appareils id&#233;ologiques de l'&#201;tat (sauf &#224; le vouloir), car ils poss&#232;dent une marge de man&#339;uvre qu'il leur revient d'avoir ou non &#224; utiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Second axe de l'ouvrage de Sa&#252;l Karsz, les trois figures qui sont &#224; la base de l'encodage th&#233;orico-pratique de la r&#233;alit&#233; sociale. La premi&#232;re d'entre elles correspond &#224; cette charit&#233; qui cherche avant tout &#224; combler le foss&#233; entre ce que les hommes sont et ce qu'ils devraient &#234;tre selon un id&#233;al immanent relevant de la conviction qu'il existe une cause premi&#232;re et un sens ultime au monde et aux hommes. Seconde figure, celle de la prise en charge qui se r&#233;f&#232;re au socle &#233;thique de la dignit&#233; et de la reconnaissance minimales dont doit jouir tout &#234;tre humain : droit &#224; un logement, droit &#224; un revenu, droit &#224; une scolarisation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; la charit&#233; pr&#233;tend faire le bien en ne concevant pas que son b&#233;n&#233;ficiaire puisse le refuser, la prise en charge guide l'autre vers le bon port o&#249; il est cens&#233; aboutir, de pr&#233;f&#233;rence de son plein gr&#233;. L'une s'adresse &#224; des cr&#233;atures dans le manque dont on attend qu'elles expriment leur d&#233;tresse et leurs malheurs, l'autre pr&#233;sume des destinataires porteurs de demande dont on attend qu'ils la formulent. L'une met en &#339;uvre des b&#233;n&#233;voles et des acteurs empreints de vocation, l'autre des salari&#233;s utilisant une m&#233;thodologie et une technique relationnelle. La troisi&#232;me figure est celle de la prise en compte : elle consid&#232;re l'autre &#224; une place de sujet d&#233;sirant et entend quelque chose de ce qu'il est de fait d&#233;j&#224; porteur. On n'est plus dans le &#171; faire pour &#187; mais dans le &#171; faire avec &#187;. On renonce aux paradigmes qui pr&#233;tendent d&#233;terminer la cl&#233; universelle donnant acc&#232;s &#224; la cause premi&#232;re des difficult&#233;s, pour &#234;tre &#224; l'&#233;coute de l'individu consid&#233;r&#233; comme l'acteur principal de sa propre &#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve des illustrations de cette approche dans l'auto-organisation des populations pr&#244;n&#233;e par la th&#233;ologie de la lib&#233;ration, dans le travail social communautaire, dans les r&#233;seaux r&#233;ciproques d'&#233;change de savoir ou encore les collectifs de ch&#244;meurs ou de sans-papiers. Mais, pr&#233;vient Sa&#252;l Karsz, &#171; la prise en compte ne vient pas &#233;noncer la v&#233;rit&#233; ultime de l'intervention sociale, la voie royale que toutes affaires cessantes, il conviendrait d&#233;sormais d'emprunter &#187; (p.110). Il serait artificiel d'opposer ces figures les unes aux autres, car il n'existe pas de pratiques purement caritative, de prise en charge ou de prise en compte. Chacune d'entre elles s'interp&#233;n&#232;tre en permanence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier axe de l'ouvrage, celui consacr&#233; &#224; la clinique du travail social qu'il faut distinguer de celle mise en &#339;uvre par la psychologie. Il s'agit, pour l'auteur, de cat&#233;goriser et d'expliquer la r&#233;alit&#233; en identifiant ses m&#233;canismes, en &#233;mettant des hypoth&#232;ses, sans toutefois jamais r&#233;ussir &#224; l'&#233;puiser. Ce n'est pas l&#224; un acte mais un processus rythm&#233; tant par des avanc&#233;es significatives que par des erreurs th&#233;oriques et pratiques d'envergure. Faillir n'est donc pas un accident fortuit, mais un risque constitutif du m&#233;tier. Car le corpus th&#233;orique ne peut &#234;tre appliqu&#233; comme une garantie d'objectivit&#233; mais doit &#234;tre investi et incarn&#233; afin que sa pertinence soit v&#233;rifi&#233;e au contact des situations r&#233;elles. &#171; Le savoir-faire des professionnels consiste &#224; rep&#233;rer l'universel de la probl&#233;matique dans le singulier de l'exp&#233;rience &#187; (p.136). On peut donc dire que la confrontation &#224; la complexit&#233; est au c&#339;ur de ces professions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Dunod, 2004 (161 p. ; 21 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'usager sait-il ce qui est bien pour lui ?</title>
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&lt;p&gt;Quelle part prennent respectivement l'intervenant et l'usager dans le processus de r&#233;solution des difficult&#233;s qui les fait se rencontrer ? Question aussi ancienne que l'action sociale. Plusieurs m&#233;thodologies ont &#233;merg&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es qui ont fait tomber le professionnel de son tr&#244;ne de sauveur et ont restitu&#233; &#224; la personne aid&#233;e la position centrale. Point de vue &lt;br class='autobr' /&gt;
S'il est bien un th&#232;me central du travail social de ces derni&#232;res ann&#233;es, c'est la volont&#233; affich&#233;e de placer l'usager en situation (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelle part prennent respectivement l'intervenant et l'usager dans le processus de r&#233;solution des difficult&#233;s qui les fait se rencontrer ? Question aussi ancienne que l'action sociale. Plusieurs m&#233;thodologies ont &#233;merg&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es qui ont fait tomber le professionnel de son tr&#244;ne de sauveur et ont restitu&#233; &#224; la personne aid&#233;e la position centrale. Point de vue&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il est bien un th&#232;me central du travail social de ces derni&#232;res ann&#233;es, c'est la volont&#233; affich&#233;e de placer l'usager en situation d'acteur. Ce que l'on recherche avant tout, c'est de responsabiliser la personne en l'accompagnant dans la prise de conscience de ses potentialit&#233;s et en la positionnant comme sujet actif dans la r&#233;solution des probl&#232;mes qu'elle rencontre. Cette approche se veut le contrepoint de pratiques aboutissant &#224; une mise sous d&#233;pendance qui transforme l'aide en assistanat et qui, pla&#231;ant l'individu ou la famille sous perfusion, les rend d&#233;pendants au lieu de leur permettre d'acc&#233;der &#224; l'autonomie. Comment faire en sorte que les usagers, aupr&#232;s desquels nous intervenons, n'aient &#224; terme plus besoin de nous ? C'est la question que se pose tout professionnel qui se respecte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette volont&#233; saine et pertinente s'est toutefois heurt&#233;e &#224; quelques effets pervers qui, m&#234;me s'ils ne remettent pas en cause la justesse de sa perception, ont pu en affadir la port&#233;e. On pourra d'abord &#233;voquer un certain aveuglement qui ignore les &#233;tapes n&#233;cessaires pour retrouver l'&#233;quilibre de vie souhait&#233;. Pour et avant d'acc&#233;der &#224; la prise en main de leur destin&#233;e, certains usagers ont besoin de b&#233;n&#233;ficier d'une forte protection, voire d'un certain maternage qui leur apportent ce suppl&#233;ment de s&#233;curisation qui leur a tant manqu&#233; jusqu'alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confront&#233;s aux accidents de la vie, aux &#233;preuves destructrices et &#224; une large d&#233;t&#233;rioration de leur estime de soi, ce qu'ils recherchent alors, c'est parfois, avant tout, de souffler, de trouver quelque temps un havre de paix et de b&#233;n&#233;ficier d'un soutien bienveillant. Les laisser se lover dans un tel cocon peut les amener &#224; r&#233;gresser, ce qui en soi n'est ni bon, ni mauvais. Ce recul apparent peut leur permettre de rebondir ensuite avec plus d'&#233;nergie encore, comme il peut les inciter &#224; se replier sur eux-m&#234;mes. Mettre en demeure trop t&#244;t un usager de se prendre en charge peut s'av&#233;rer aussi peu pertinent que de trop tarder &#224; l'encourager &#224; le faire. Pr&#233;tendre favoriser son autonomisation, en brandissant cet objectif comme une menace ou comme une injonction appara&#238;t largement aussi improductif que d'entretenir sa d&#233;pendance, en retardant toujours plus le moment o&#249; il va devoir s'assumer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme souvent, dans le travail social, on se situe entre le trop et le pas assez, avec la n&#233;cessit&#233; de d&#233;terminer la bonne approche qui pr&#233;sente toujours un risque de d&#233;calage avec l&#224; o&#249; en est l'usager. Seconde d&#233;rive abord&#233;e ici (mais on pourrait, sans doute, en trouver d'autres), la m&#233;thodologie du contrat qui, partant d'une initiative tout &#224; fait int&#233;ressante, en est arriv&#233;e &#224; &#234;tre utilis&#233;e, sans grande pr&#233;caution et &#224; toutes les sauces. Si l'on remonte &#224; la philosophie des Lumi&#232;res, un contrat n'est r&#233;put&#233; juste, qu'&#224; condition que la volont&#233; des contractants s'exprime librement. N'y a-t-il pas un certain abus &#224; consid&#233;rer qu'un usager qui n'a plus les moyens de survivre, va n&#233;gocier sur un pied d'&#233;galit&#233; avec le repr&#233;sentant de l'&#201;tat, un contrat RMI ? Ou un mineur (qui n'a pas de capacit&#233; juridique, &#233;tant sous l'autorit&#233; de ses parents), qui plus est, en grande difficult&#233; (&#224; qui on ne laisse donc gu&#232;re le choix de son orientation) &#224; qui l'on demande de signer un contrat pr&#233;alable &#224; son entr&#233;e dans une structure d'accueil ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si l'on comprend l'esprit de la d&#233;marche (volont&#233; de voir dans la personne un sujet apte &#224; s'engager), il y a parfois quelque hypocrisie &#224; le placer en situation d'interlocuteur totalement lucide et parfaitement conscient des enjeux (si c'&#233;tait le cas, on se demande pourquoi justement il rencontre des probl&#232;mes et a besoin d'une aide !)&#8230; au risque de le rendre seul responsable, en cas d'&#233;chec. Le travail social doit &#233;voluer sans doute, au cas par cas, entre deux &#233;cueils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, l'on trouve le Charybde de la soumission de l'usager &#224; un intervenant identifi&#233; &#224; un sauveur qui serait seul &#224; savoir ce qu'il faut faire pour lui et qu'il devrait suivre plus ou moins aveugl&#233;ment. De l'autre c&#244;t&#233;, il y a le Scylla de la vision d'un usager seul en capacit&#233; de changer, l'intervenant n'&#233;tant per&#231;u, au mieux que comme un perturbateur. C'est bien au c&#339;ur de ce dilemme qu'&#233;voluent trois approches qui ont fait leur apparition ces derni&#232;res ann&#233;es : l'intervention de r&#233;seaux, la comp&#233;tence des familles et l'empowerment.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'intervention de r&#233;seaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant longtemps, les professionnels de l'action sociale ont &#233;t&#233; form&#233;s &#224; identifier les manques des usagers auxquels il fallait r&#233;pondre et les d&#233;ficiences qu'il fallait combler. D&#232;s lors qu'ils ont commenc&#233; &#224; rechercher des potentialit&#233;s &#224; faire &#233;merger et des capacit&#233;s &#224; accro&#238;tre, ils ont pris l'habitude de s'int&#233;resser non pas seulement &#224; l'individu isol&#233; et &#224; ses comp&#233;tences particuli&#232;res, mais aussi aux ressources du milieu dans lequel il &#233;volue. Ils ont appris &#224; d&#233;couvrir les richesses de son r&#233;seau primaire (famille, amis, voisins, coll&#232;gues de travail etc.) traditionnellement escamot&#233;es par le r&#233;seau secondaire (institutions sociales) officiellement charg&#233; de d&#233;finir les besoins de la population et leur mode de satisfaction&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Travailler en r&#233;seau. M&#233;thodes et pratiques en intervention sociale , (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention de r&#233;seau est une d&#233;marche visant justement &#224; permettre &#224; l'usager de s'appuyer sur le tissu relationnel qui l'entoure pour solutionner ses probl&#232;mes. L'intervenant ne joue plus l&#224; le r&#244;le d'initiateur principal qui poss&#232;de toutes les ficelles de la solution. Il n'est qu'un facilitateur, un passeur et un transmetteur, essayant de n&#233;gocier avec le r&#233;seau primaire de l'usager, afin qu'il prenne en charge la r&#233;solution du probl&#232;me. On peut illustrer cette d&#233;marche, &#224; partir des groupes de parole de parents r&#233;unis au sein d'un quartier. On peut imaginer une approche traditionnelle dans laquelle l'intervenant se positionne comme le sp&#233;cialiste, celui qui aura r&#233;ponse &#224; tout et qui apportera les bons conseils. On peut aussi concevoir (et c'est l&#224; l'esprit de l'intervention de r&#233;seau), qu'il joue le r&#244;le de distributeur de parole. Il permet &#224; chaque parent d'&#234;tre &#224; la fois celui qui &#233;voque ses probl&#232;mes et celui qui propose ses r&#233;flexions sur les difficult&#233;s des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant confiance en eux, les usagers se rendent alors compte qu'ils savent beaucoup de choses et qu'ils peuvent s'entraider, sans avoir forc&#233;ment recours syst&#233;matiquement &#224; quelqu'un cens&#233; savoir. Autre exemple de cette approche, les R&#233;seaux d'&#233;changes r&#233;ciproques de savoirs bas&#233;s sur la conviction que chacun sait quelque chose et qu'il est en capacit&#233; de le transmettre. Il peut donc &#234;tre alternativement dans la position de celui qui donne et celui qui re&#231;oit. Il va donc apporter ses comp&#233;tences au groupe et s'enrichir de celles qui y seront propos&#233;es par ses pairs. Bien s&#251;r, toutes les circonstances de l'action sociale ne se pr&#234;tent pas &#224; une telle approche. On imagine qu'une situation d'urgence, qu'une habitude prolong&#233;e d'assistance ou qu'un d&#233;racinement pourront difficilement b&#233;n&#233;ficier d'une telle technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette approche est longtemps rest&#233;e empirique. Elle s'inspire beaucoup de la d&#233;marche socratique et de sa m&#233;thode ma&#239;eutique : le vrai sage est celui qui a conscience qu'il ne sait rien et qu'il doit apprendre. L'art d'accoucher les esprits consiste &#224; amener son interlocuteur &#224; retrouver la v&#233;rit&#233; par ses propres forces, sans qu'elle lui soit enseign&#233;e ou transmise. Et c'est bien aussi cette conviction qu'on retrouve chez le th&#233;oricien syst&#233;micien, Guy Ausloos, qui est venu renforcer la dimension th&#233;orique de cette confiance port&#233;e dans les capacit&#233;s de l'usager.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; La comp&#233;tence des familles &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; en 1999, l'ouvrage de ce th&#233;rapeute qu&#233;b&#233;cois affiche d'embl&#233;e ses convictions sur les parents : &#171; nous avons besoin de vous pour faire notre travail, parce que vous avez l'exp&#233;rience, vous savez beaucoup, vous avez essay&#233; de nombreuses solutions et vous avez connu des &#233;checs mais aussi des r&#233;ussites. Avec votre collaboration, nous avons plus de chance de faire du bon travail &#187;. Guy Ausloos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='La comp&#233;tence des familles. Temps, chaos, processus, Guy Ausloos, &#233;r&#232;s, (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;]] pose comme base de sa collaboration avec les familles le postulat de leur comp&#233;tence : elles ne peuvent se poser que des probl&#232;mes qu'elles sont en capacit&#233; de r&#233;soudre. Si l'on prend soin de les aider &#224; d&#233;couvrir ce qu'elles ne savaient pas qu'elles savaient, elles poss&#232;dent le potentiel n&#233;cessaire pour changer leurs fonctionnements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, l'intervenant n'a-t-il pas &#224; porter le poids des probl&#232;mes des familles mais &#224; activer leur processus d'auto-r&#233;solution (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Soutenir-la-fonction-parentale-ce-n-est-pas-soutenir-les-parents' class='spip_in'&gt;lire l'interview de Maryse Vaillant&lt;/a&gt;). Qui plus est, c'est son propre d&#233;sir de savoir qui emp&#234;che les usagers de se r&#233;approprier leur v&#233;cu. Son besoin de comprendre et d'expliquer le pousse &#224; cr&#233;er des th&#233;ories pour interpr&#233;ter les comportements de ses clients. Puis, cela l'am&#232;ne &#224; ne s&#233;lectionner que les actes qui v&#233;rifient ses th&#233;ories. Ce qu'il faut donc qu'il fasse, c'est de permettre aux familles de comprendre par elles-m&#234;mes plut&#244;t que de leur transmettre sa propre compr&#233;hension (&#171; chaque fois que l'on apprend quelque chose &#224; une famille, on l'emp&#234;che de le d&#233;couvrir &#187;) et leur laisser la responsabilit&#233; du changement plut&#244;t que d'en &#234;tre l'agent (&#171; de passif et d&#233;pendant, le patient devient actif et comp&#233;tent &#187;). Le th&#233;rapeute doit avant tout agir comme activateur du processus familial. Il contribue &#224; enclencher la dynamique, la famille se chargeant de r&#233;gler le contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; une conviction qui d&#233;coiffe quelque peu les habitudes de travail : ce sont les familles qui poss&#232;dent les cl&#233;s du changement. Les intervenants quant &#224; eux doivent surtout &#233;clairer les fa&#231;ades de la maison pour leur donner la possibilit&#233; de rep&#233;rer o&#249; se trouvent les serrures. Dans cette conception qui attribue &#224; l'usager une connaissance inn&#233;e de ce qui est bien pour lui, toute la question &#233;tant de r&#233;ussir &#224; faire &#233;merger ce savoir, on ne peut s'emp&#234;cher de penser &#224; une version moderne de la vision platonicienne qui consid&#233;rait que la connaissance n'est que la r&#233;miniscence des Id&#233;es contempl&#233;es lors d'une vie ant&#233;rieure, toute la difficult&#233; &#233;tant de pouvoir y avoir &#224; nouveau acc&#232;s. Cette th&#233;orie tr&#232;s originale a trouv&#233; un relais inattendu aux antipodes du pays qui l'a vu na&#238;tre : la Nouvelle Z&#233;lande. L&#224;, inspir&#233;e, des pratiques ancestrales Maoris, est n&#233;e dans les ann&#233;es 1990, la pratique de l'empowerment.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Family Group Conferencing&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, il y a la conviction qu'un individu accro&#238;t ses comp&#233;tences, en acc&#233;dant &#224; une meilleure estime de soi, &#224; une plus grande confiance en soi, ce qui lui permet de d&#233;cupler ses capacit&#233;s d'initiative et de se sentir plus apte &#224; contr&#244;ler sa propre vie. C'est une v&#233;ritable prise de pouvoir sur soi-m&#234;me &#224; laquelle on assiste. Mais il n'y a pas l&#224; qu'une simple dimension individuelle. Si l'acquisition de nouvelles habilet&#233;s sociales permet de mieux satisfaire ses besoins et de r&#233;gler ses probl&#232;mes avec plus d'efficacit&#233;, elle favorise aussi le changement de l'environnement, l'am&#233;lioration de ses rapports aux autres et une meilleure mobilisation des ressources de son entourage. L'empowerment appliqu&#233; au niveau de l'action sociale vise &#224; rendre le groupe d'usagers capable d'analyser sa situation, de d&#233;finir ses probl&#232;mes et de les r&#233;soudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette approche qui associe la population &#224; sa propre gestion implique un transfert de pouvoir de l'&#233;quipe d'intervention vers les usagers qui, d&#232;s lors, exercent un contr&#244;le direct sur les d&#233;cisions et les &#233;v&#233;nements qui ont un impact sur leur vie quotidienne. L'aptitude potentielle tant de l'individu que du groupe &#224; exercer des changements constructifs dans leur environnement constitue le postulat de base de cette approche. Tout comme la reconnaissance de l'exp&#233;rience subjective des personnes consid&#233;r&#233;es comme expertes de leur propre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration de cette d&#233;marche, la Nouvelle Z&#233;lande qui a introduit en 1989, dans sa l&#233;gislation sur l'enfance en danger, la Family Group Conferencing, conf&#233;rence pr&#233;alable &#224; toute sanction prise par un tribunal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Cahier de l'Actif 09/2003' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela peut concerner les situations de d&#233;linquance dans lesquelles est impliqu&#233; le mineur. Le mis en cause et ses proches se r&#233;unissent en pr&#233;sence de la victime. Le mod&#233;rateur qui g&#232;re la rencontre, demande &#224; la victime d'&#233;voquer son v&#233;cu du d&#233;lit. Puis il demande au jeune de s'expliquer sur le pourquoi et le comment de l'acte qu'il a commis. Jusque-l&#224;, rien de bien diff&#233;rent de ce qui se passe dans une cour de justice. Ce qui est nouveau, c'est que le mis en cause et ses proches sont invit&#233;s &#224; se retirer sur un temps priv&#233;, pour imaginer un plan de r&#233;paration qu'ils viennent ensuite pr&#233;senter &#224; la victime quand la rencontre reprend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat ? Presque tous les jeunes acceptent de participer. Le degr&#233; de participation des victimes varie entre 50 et 80 %, des accords interviennent dans plus de 90 % des sessions, l'ex&#233;cution se fait dans plus de 80 % des cas. Les degr&#233;s de satisfaction des victimes et des d&#233;linquants sont tr&#232;s &#233;lev&#233;s. Cette approche est aussi utilis&#233;e en protection de l'enfance. Un enfant victime de maltraitance est parfois retir&#233; de sa famille jug&#233;e incapable de continuer &#224; pourvoir &#224; son &#233;ducation. C'est sans tenir compte du r&#233;seau primaire qui poss&#232;de des ressources trop souvent inexploit&#233;es. La conf&#233;rence familiale va alors chercher au c&#339;ur de la famille &#233;largie les solutions susceptibles de r&#233;pondre aux difficult&#233;s qui ont &#233;t&#233; identifi&#233;es. L'intervenant pr&#233;pare cette conf&#233;rence en rencontrant au pr&#233;alable celles et ceux qui y sont invit&#233;s. La rencontre proprement dite se d&#233;roule en trois phases. Il y a d'abord le partage des informations qui permet &#224; chacun des participants (professionnel ou familier) de mettre en commun ce qu'il conna&#238;t. Puis, vient le temps de d&#233;lib&#233;ration priv&#233;e : la famille est laiss&#233;e seule pour &#233;laborer des propositions de mise en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, derni&#232;re phase : tout le monde se retrouve pour discuter et se mettre d'accord sur le plan d'action familial. Une nouvelle rencontre est programm&#233;e dans les mois qui suivent, pour v&#233;rifier la r&#233;alisation effective de ces mesures. On est l&#224; dans une d&#233;marche qui consiste &#224; s'en remettre aux comp&#233;tences des populations &#224; se prendre en main et &#224; trouver ses propres solutions. Les r&#233;sultats int&#233;ressants de cette proc&#233;dure ont fait t&#226;che d'huile, des exp&#233;riences ayant lieu, avec des versions adapt&#233;es de la Family Group Conferencing en Australie, &#201;tats Unis, Canada, l'Angleterre, et r&#233;cemment aussi en Hollande et en Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers une pris en compte ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans son dernier ouvrage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Pourquoi le travail social ? D&#233;finition, figures, clinique, Sa&#252;l Karsz, (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Sa&#252;l Karsz propose une mod&#233;lisation tout &#224; fait int&#233;ressante de l'action sociale. Il distingue entre la charit&#233;, la prise en charge et la prise en compte. &#171; La charit&#233; s'adresse &#224; des personnes per&#231;ues dans le manque, dans le d&#233;nuement qu'il s'agit de combler. La prise en charge, quant &#224; elle, se base sur une demande, un besoin auquel on r&#233;pond. La prise en compte s'int&#233;resse plus &#224; des sujets socio-d&#233;sirant. &#187; Prendre en compte quelqu'un, ce n'est pas chercher &#224; lui donner une place, mais reconna&#238;tre celle qu'il occupe d&#233;j&#224; et entendre ce dont il est d&#233;j&#224; porteur. Ce n'est plus &#171; faire pour &#187;, mais &#171; faire avec &#187;. Les trois approches pr&#233;sent&#233;es ici &#8212; l'intervention de r&#233;seaux, la comp&#233;tence des familles et l'empowerment &#8212; pourraient bien aller dans le sens de cette prise en compte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Travailler en r&#233;seau. M&#233;thodes et pratiques en intervention sociale , Philippe Dumoulin et all, Dunod, 2003 (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Travailler-en-reseau' class='spip_in'&gt;lire la critique&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://ad.zanox.com/ppc/?15085919C80744305T&amp;ULP=[[livre.fnac.com%2Fa110690%2FGuy-Ausloos-La-competence-des-familles&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;La comp&#233;tence des familles. Temps, chaos, processus, Guy Ausloos, &#233;r&#232;s, 1999&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.actif-online.com&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Cahier de l'Actif&lt;/a&gt; 09/2003&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pourquoi le travail social ? D&#233;finition, figures, clinique, Sa&#252;l Karsz, Dunod, 2004 (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Pourquoi-le-travail-social' class='spip_in'&gt;lire la critique&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Soutenir la fonction parentale ce n'est pas soutenir les parents &#187;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Soutenir-la-fonction-parentale-ce-n-est-pas-soutenir-les-parents</link>
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		<dc:date>2004-10-27T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Usager</dc:subject>
		<dc:subject>727</dc:subject>

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&lt;p&gt;Maryse Vaillant, psychologue, psychanalyste, pense que la reconnaissance d'une comp&#233;tence des familles &#171; a fait du bien aux professionnels &#187;. Mais, compl&#232;te-t-elle : &#171; Les familles qui sont amen&#233;es &#224; d&#233;pendre de la structure sociale ont besoin d'&#234;tre &#233;tay&#233;es pour faire valoir leurs droits &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pensez-vous qu'il soit n&#233;cessaire que les usagers des services sociaux passent par de la r&#233;gression ou de la protection pour acc&#233;der &#224; l'autonomie ? La question de la r&#233;gression me para&#238;t d&#233;duite d'un mod&#232;le (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Usager" rel="tag"&gt;Usager&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-727-" rel="tag"&gt;727&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Maryse Vaillant, psychologue, psychanalyste, pense que la reconnaissance d'une comp&#233;tence des familles &#171; a fait du bien aux professionnels &#187;. Mais, compl&#232;te-t-elle : &#171; Les familles qui sont amen&#233;es &#224; d&#233;pendre de la structure sociale ont besoin d'&#234;tre &#233;tay&#233;es pour faire valoir leurs droits &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous qu'il soit n&#233;cessaire que les usagers des services sociaux passent par de la r&#233;gression ou de la protection pour acc&#233;der &#224; l'autonomie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la r&#233;gression me para&#238;t d&#233;duite d'un mod&#232;le th&#233;rapeutique, bas&#233; sur le transfert et assez insupportable lorsqu'il s'agit du travail social dans lequel les questions &#233;conomiques sont aussi fortes que leurs cons&#233;quences psychiques. Inutile de revenir sur un constat trop simple mais une famille ais&#233;e trouve d'autres modes de r&#233;solutions de ses conflits intimes, le rapport aux services sociaux est conditionn&#233; par la situation mat&#233;rielle, culturelle et &#233;conomique de la famille. Retrouver une autonomie psychique et sociale n'est donc pas une simple question de transfert comme le sugg&#232;re Jacques Tr&#233;mintin&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce utopique d&#232;s lors, de consid&#233;rer l'usager comme une personne responsable ou tout du moins, d'&#234;tre en capacit&#233; de transformer son parcours de vie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est loin d'&#234;tre une utopie. L'usager est une personne comme une autre, comme un travailleur social par exemple. Seuls ses parcours de vie lui ont &#244;t&#233; ou ab&#238;m&#233; ses moyens d'actions. La responsabilit&#233; sociale consiste &#224; les lui rendre ou lui permettre de les restaurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En est-il de m&#234;me pour la comp&#233;tence des familles ? Quel regard portez-vous sur ce concept ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette notion a fait du bien aux professionnels, les obligeant &#224; repenser le cadre de leur action. Lorsque cela a &#233;t&#233; possible et que des groupes de travail, des groupes de contr&#244;le, des formations et des supervisions ont &#233;t&#233; pens&#233;s dans ce sens, le travail a chang&#233;. Mais si l'organisation g&#233;n&#233;rale de l'institution n'a pas boug&#233;, cela n'a pas eu grand effet. Quand on change le rapport aux familles on change le cadre de l'action, les dispositifs des bureaux, les horaires, on invente de nouveaux rites, de nouvelles actions et on poursuit un s&#233;v&#232;re travail institutionnel, car la comp&#233;tence des familles interroge les comp&#233;tences professionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que le travail en r&#233;seau ou la reconnaissance de la comp&#233;tence des familles sont venus heureusement cueillir de plein fouet nos savoirs professionnels pour les ouvrir sur la reconnaissance des potentiels et des partenariats possibles. De l&#224; &#224; l&#226;cher le pouvoir que donne le savoir, m&#234;me erron&#233; et suppos&#233;, il y a bien des pas. Et qui ne sont pas tous &#224; franchir, comme le sugg&#232;rent certaines th&#233;ories modernes. Les institutions ont besoin de tenir leur place pour jouer leur r&#244;le, on le sait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile d'&#234;tre inutilement d&#233;magogue. M&#234;me reconnues dans leurs potentiels et soutenues dans leurs capacit&#233;s de changement, les familles qui ont recours ou sont amen&#233;es &#224; d&#233;pendre de la structure sociale ont besoin d'&#234;tre &#233;tay&#233;es pour faire valoir leurs droits et pour s'autoriser &#224; ne pas reproduire le pire. Les familles, donc les parents et les enfants, chacun &#224; une place diff&#233;rente au regard de ce que la soci&#233;t&#233; attend d'eux et leur propose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducateur, l'acteur social, n'est pas un th&#233;rapeute. M&#234;me familial. Il est loin d'&#234;tre librement choisi et librement pay&#233;. Il n'est m&#234;me pas un expert que la famille mandaterait pour faire le point sur les strat&#233;gies les meilleures pour construire ses choix. Il construit et organise la famille comme la soci&#233;t&#233; l'attend. Et ce n'est pas &#224; d&#233;plorer. C'est simplement &#224; ne pas oublier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le concept d'empowerment est-il applicable aux adolescents dits difficiles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne connaissais pas ce concept. J'aurais donc du mal &#224; me prononcer. Je n'ai jamais travaill&#233; avec une &#233;quipe qui fonctionnait ainsi. Jacques Tr&#233;mintin laisse penser que c'est une bonne chose qui semble reposer sur la solidarit&#233; et la responsabilit&#233;. Je ne vois pas (en th&#233;orie donc) ce qui en &#233;carterait un adolescent jug&#233; &#171; difficile &#187;. Sauf &#224; bien d&#233;finir qui il est et pourquoi il a &#233;t&#233; nomm&#233; ainsi. Sans oublier les autres modes d'approches ou de soutien qui peuvent s'int&#233;grer dans le dispositif et envisager des soutiens cliniques et th&#233;rapeutiques adapt&#233;s au travail en r&#233;seau. En outre, je suis d'accord avec Sa&#252;l Karsz sur la notion de prise en compte dont se fait l'&#233;cho Jacques Tr&#233;mintin. Mais avec le souhait que ce ne soit pas un simple jeu de mots mais bien un changement profond de la position du travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre en compte l'enfant &#224; sa place et les parents dans leurs responsabilit&#233;s, prendre en compte l'adolescent et son besoin de transgresser en m&#234;me temps que ses droits &#224; &#234;tre prot&#233;g&#233; et l'urgence &#224; le responsabiliser dignement, prendre en compte le p&#232;re et sa fonction, la m&#232;re et son r&#244;le, tous les deux dans leurs responsabilit&#233;s, et aussi, pourquoi pas le cadre &#233;largi de la famille lorsqu'il peut &#234;tre mobilis&#233;. En gros, je pense qu'il faut rappeler que soutenir la fonction parentale ce n'est pas soutenir les parents. Mais que c'est leur donner les moyens, leur reconna&#238;tre les moyens, et attendre d'eux, qu'ils soient bien les parents de leurs enfants. Responsables de l'&#233;ducation qu'ils doivent leur donner ou en mesure d'&#234;tre relay&#233;s lorsqu'ils en ont besoin ou lorsqu'ils ne sont pas en mesure de le faire seuls. Qu'ils soient demandeurs ou pas, certains parents ont besoin d'&#234;tre accompagn&#233;s pour que leurs enfants aient acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation qui leur est due.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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