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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>la place des usagers : o&#249; en est l'application de la loi 2002-2</title>
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		<title>La place des usagers, une question centrale depuis la loi de 2002-2</title>
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&lt;p&gt;Qui d'autres serait mieux plac&#233; que les usagers eux-m&#234;mes pour parler des usagers ? Une fois n'est pas coutume, une rencontre interr&#233;gionale a r&#233;uni plusieurs centaines de personnes, &#224; raison d'une proportion de trois personnes prises en charge pour deux travailleurs sociaux. Parfois anim&#233;s par des personnes h&#233;berg&#233;es, les d&#233;bats ont &#233;t&#233; riches : autonomie et dignit&#233;, livret d'accueil, d&#233;mocratie participative et surtout conseils de vie sociale dans les CHRS &#233;taient au menu &lt;br class='autobr' /&gt;
L'affaire est depuis quelque (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qui d'autres serait mieux plac&#233; que les usagers eux-m&#234;mes pour parler des usagers ? Une fois n'est pas coutume, une rencontre interr&#233;gionale a r&#233;uni plusieurs centaines de personnes, &#224; raison d'une proportion de trois personnes prises en charge pour deux travailleurs sociaux. Parfois anim&#233;s par des personnes h&#233;berg&#233;es, les d&#233;bats ont &#233;t&#233; riches : autonomie et dignit&#233;, livret d'accueil, d&#233;mocratie participative et surtout conseils de vie sociale dans les CHRS &#233;taient au menu&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'affaire est depuis quelque temps dans l'air du temps. En mars 2000 d&#233;j&#224;, le Parlement avait adopt&#233; une loi relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec l'administration : documents mieux transmissibles &#224; l'usager, moins d'anonymat chez les agents de la fonction publique, r&#233;duction du d&#233;lai de r&#233;ponse de l'administration&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le souci est aujourd'hui au c&#339;ur de nombre de rencontres et de projets : le 28 janvier 2005, le mouvement &#201;ducation et Soci&#233;t&#233; organisait une rencontre sur la d&#233;mocratie participative, avec les auteurs d'un ouvrage r&#233;f&#233;rence sur la question. De m&#234;me, l'Union nationale des centres communaux d'action sociale (Unccas) publiait r&#233;cemment un guide sur les cons&#233;quences de la loi du 2 janvier 2002 - 2 pour les &#233;tablissements et services sociaux et m&#233;dico-sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guide de l'Unccas (45 &#8364;). &#192; commander par fax au 03 20 28 07 51, ou depuis le site de &lt;a href=&#034;http://www.unccas.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;l'Unccas&lt;/a&gt;, rubrique Publications.]]. Ses diff&#233;rentes dispositions y sont abord&#233;es, de m&#234;me que ses d&#233;crets d'application, parus le 1er d&#233;cembre 2004 ; on y trouve &#233;galement des informations sur la mise en &#339;uvre des droits des usagers, l'&#233;tablissement de nouvelles proc&#233;dures budg&#233;taires, et les nouvelles contraintes d'&#233;valuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;formant l'ancien texte du 30 juin 1975, la fameuse loi 2002 - 2 r&#233;novant l'action sociale et m&#233;dico-sociale fixe en effet de nouvelles r&#232;gles relatives aux droits des personnes. Elle r&#233;affirme la place pr&#233;pond&#233;rante des usagers, entend promouvoir l'autonomie, la protection des personnes et l'exercice de leur citoyennet&#233;. Une charte des droits et libert&#233;s de la personne accueillie existait certes ant&#233;rieurement, &#233;voquant le droit au respect des liens familiaux ou &#224; l'exercice des droits civiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de nouvelles contraintes pour les &#233;tablissements sont apparues : livret d'accueil d&#233;crivant l'organisation de la structure, contrat de s&#233;jour d&#233;finissant les obligations r&#233;ciproques, r&#232;glement de fonctionnement, conseil de la vie sociale, personne qualifi&#233;e &#224; laquelle tout usager pourra faire appel pour faire valoir ses droits. En outre, un projet d'&#233;tablissement ou de service doit pouvoir pr&#233;senter les objectifs g&#233;n&#233;raux poursuivis.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Apprendre &#224; parler le &#171; deuxmilledeuxdeusien &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des rencontres interr&#233;gionales des usagers &#233;taient organis&#233;es, fin janvier &#224; Lille par la f&#233;d&#233;ration nationale des associations d'accueil et de r&#233;insertion sociale (Fnars). Environ 70 &#233;tablissements, repr&#233;sentant treize r&#233;gions : 540 participants&#8230; dont 310 usagers ! Nicole M&#230;stracci, pr&#233;sidente de la Fnars, rappelait en pr&#233;ambule l'importance de consid&#233;rer avant tout cette population comme h&#233;t&#233;rog&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si les questions de d&#233;mocratie participative traversent les d&#233;bats, il ne s'agit surtout pas pour autant d'esquiver les probl&#232;mes structurels de fond, et peut-&#234;tre m&#234;me de les rappeler en pr&#233;ambule :&lt;i&gt; &#171; Il y a quelques jours, nous n'avions plus de place &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;plorait un responsable de centre d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS) interrog&#233; par La Voix du Nord, &lt;i&gt;&#171; une famille avec un enfant cherchait un endroit o&#249; passer la nuit. Lorsque le bus de maraude est pass&#233;, ils tendaient le b&#233;b&#233; par la fen&#234;tre, voulant nous le confier et les parents se pr&#233;parant &#224; passer la nuit dehors. Voil&#224; ce que nous voyons parce que nous sommes &#224; saturation &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fnars r&#233;gion Centre semble particuli&#232;rement en pointe par rapport &#224; la n&#233;cessaire p&#233;dagogie accompagnant les textes de loi parus autour de la participation des usagers. Avec l'objectif de pr&#233;senter clairement l'essentiel de ces &#171; nouveaux &#187; textes officiels concernant la place des usagers dans les &#233;tablissements, un CD de vulgarisation intitul&#233; La loi 2002 - 2&#8230; et nous a &#233;t&#233; &#233;dit&#233; par l'association Le Pont&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Fnars - 76, rue du Faubourg Saint-Denis - 75010 Paris. T&#233;l. 01 48 01 82 00. (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche se veut p&#233;dagogique. Par exemple, l'objectif Pilotage des actions est ainsi &#233;nonc&#233; : d'une part, planifier les secteurs d'activit&#233; sur le plan d&#233;partemental et r&#233;gional, d'autre part d&#233;finir les orientations et crit&#232;res de fonctionnement de l'action sociale. Mais surtout, la page renvoie au d&#233;cret (2003 - 1135) et &#224; sa circulaire DGAS (2003 - 572). Des petits dessins agr&#233;mentent le texte, et des bulles informatives s'&#233;chappent g&#233;n&#233;reusement d'une petite silhouette, rep&#232;re pour le lecteur dans cette jungle administrative. Les diff&#233;rentes ramifications du texte sont ainsi explor&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les conseils de vie sociale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre repr&#233;sente-t-il la mesure cl&#233; du changement&#8230; D&#233;sormais impos&#233;, le conseil de vie sociale (CVS) doit comprendre au moins deux personnes accueillies ou prises en charge, un repr&#233;sentant du personnel et un repr&#233;sentant de l'&#233;tablissement. Il se r&#233;unit au moins trois fois par an. En date du 27 mars 2004, un d&#233;cret le rend obligatoire pour tout &#233;tablissement assurant l'accueil ou l'h&#233;bergement de personnes de plus de 11 ans, de m&#234;me que pour les centres d'aide par le travail. Article 14 : &#171; Le CVS donne son avis et peut faire des propositions sur toute question int&#233;ressant le fonctionnement de l'&#233;tablissement ou du service. Notamment sur le r&#232;glement int&#233;rieur et la vie quotidienne, les activit&#233;s, l'animation de la vie institutionnelle, les projets de travaux, l'entretien des locaux, l'entretien collectif, le relogement &#187;. Mais des interlocuteurs de la mairie ou de la DDASS peuvent aussi &#234;tre invit&#233;s au conseil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela pos&#233;, &#171; y a-t-il des conseils de vie sociale partout ? Quel est le sens du pouvoir dans un CVS ? Quelles difficult&#233;s y rencontre-t-on pour s'y exprimer ? Les d&#233;l&#233;gu&#233;s des personnes h&#233;berg&#233;es b&#233;n&#233;ficient-elles d'une formation ? &#187; : les questions pertinentes ou d&#233;rangeantes &#233;taient nombreuses &#224; &#234;tre d'actualit&#233; lors de ces rencontres, et plus sp&#233;cifiquement lors d'une table ronde consacr&#233;e au sujet et coanim&#233;e par un usager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devan&#231;ant le d&#233;cret d'application, certains &#233;tablissements ont fait vivre ces conseils depuis quelque temps d&#233;j&#224;. &lt;i&gt;&#171; Il faut que ce soit une culture d'institution &#187;&lt;/i&gt;, insiste un responsable de CHRS. Organe de propositions con-cr&#232;tes d'am&#233;lioration du quotidien, lieu de lib&#233;ration de la parole et donc de possible revendication, le CVS appara&#238;t parfois comme une instance qui peut d&#233;ranger les travailleurs sociaux. En principe traits d'union, passerelles entre la direction et les personnes h&#233;berg&#233;es, les d&#233;l&#233;gu&#233;s peuvent se trouver dans des situations pi&#233;geantes. Voire se retrouver en position de bouc &#233;missaire. Par ailleurs, un des risques rencontr&#233;s r&#233;side dans le fait qu'un d&#233;l&#233;gu&#233; d&#233;fende avant tout des int&#233;r&#234;ts personnels, t&#233;moignera un &#233;ducateur. Ou que ce soit le passage oblig&#233; pour toute demande : &lt;i&gt;&#171; Quand on demande un truc, &#231;a ne se fait pas, alors que lorsque j'&#233;tais au CVS, &#231;a se faisait ! &#187;&lt;/i&gt;, se souvient ainsi un ancien d&#233;l&#233;gu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais trop de personnes accueillies ne s'int&#233;ressent encore pas assez aux conseils de vie sociale. Ceux-ci mettent alors souvent en &#233;vidence l'isolement de certains r&#233;sidents &#8212; il est pourtant primordial de r&#233;ussir aussi &#224; toucher ceux-ci, implorera l'une d'elles &#8212;, voire rep&#232;rent leur souffrance. Le r&#244;le d'accueil du d&#233;l&#233;gu&#233; en est d'autant plus important. De plus, les h&#233;bergements sont parfois &#233;clat&#233;s, ajoutant &#224; la difficult&#233; de se rencontrer. Par ailleurs, nombre d'institutions s'&#233;vertuent &#224; r&#233;duire les pr&#233;rogatives des CVS (c'est un directeur qui l'affirme), alors m&#234;me que les travailleurs sociaux sont pr&#233;sents, en principe, pour aider les personnes accompagn&#233;es &#224; recouvrer la totalit&#233; de leurs droits. Et, m&#234;me quand &#231;a marche, quels moyens leur donne-t-on ? Certain (e) s d&#233;l&#233;gu&#233; (e) s se plaignent de n'avoir aucun subside pour les photocopies&#8230; Dans certains &#233;tablissements, il y a carr&#233;ment un probl&#232;me de candidatures de d&#233;l&#233;gu&#233;s de r&#233;sidents.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bienfaits et limites du CVS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Vous arrivez en CHRS : quel que soit votre &#233;tat de pr&#233;carit&#233;, on doit donc en principe vous pr&#233;senter un livret d'accueil, vous expliciter un r&#232;glement int&#233;rieur, vous faire participer &#224; un conseil de vie sociale. Les &#171; r&#233;sidents &#187;, &#171; usagers &#187;, &#171; personnes h&#233;berg&#233;es &#187; ou &#171; accueillies &#187;, ces &#171; rescap&#233;s sociaux pourraient devenir, si l'on en croit les expressions le plus souvent entendues, une &#171; force sociale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quels sont les probl&#232;mes qui arrivent jusqu'au CVS ? Et&#8230; auraient-ils pu &#234;tre r&#233;gl&#233;s en amont ? Bref, la &#171; d&#233;mocratie participative &#187; serait-elle un pieux et d&#233;risoire pl&#233;onasme ? Car il ne faudrait pas non plus &#171; tomber dans la d&#233;magogie participative &#187;, ricane un travailleur social, rendu sceptique. Certes et on ne le dira jamais assez : &#171; Les usagers doivent reprendre leurs droits &#187;. Mais encore ? Pour ce &#171; vieux travailleur social responsable de CHRS &#187;, il y a aujourd'hui un vrai probl&#232;me d'engagement, de militantisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant de r&#233;alit&#233;s que d'&#233;tablissements ? Certains CHRS sont d&#233;crits, d&#233;nonc&#233;s, plut&#244;t, comme des ghettos, si peu ouverts sur l'ext&#233;rieur. Un &#233;tablissement est ainsi d&#233;cri&#233;, dans lequel les visites sont tout simplement&#8230; interdites. Dans la m&#234;me rubrique, des manquements plus ou moins graves au respect de l'intimit&#233; des r&#233;sidents sont signal&#233;s, entra&#238;nant des d&#233;bats passionn&#233;s : dans quelles conditions un travailleur social, par exemple, peut-il entrer dans une chambre de r&#233;sident (e) ? En extrapolant sur la sensible question de la maltraitance, plusieurs responsables rappelleront d'ailleurs l'utilit&#233; de saisir la DDASS et la justice d&#232;s qu'un CVS ne parvient pas &#224; r&#233;soudre un probl&#232;me de cet ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les t&#233;moignages s'encha&#238;nent les uns aux autres. Parfois, en une confusion qui n'est pas forc&#233;ment volontaire, sont baptis&#233;s conseils de vie sociale des instances de participation qui n'en sont pas : ici, des r&#233;unions de r&#233;sidents, une fois par semaine (&#171; au d&#233;but, on &#233;tait 9, maintenant on est 33 &#187;) servent &#224; r&#233;soudre, avec les &#233;ducateurs, des probl&#232;mes de quotidien (machine &#224; laver, t&#233;l&#233;vision&#8230;). Alors que le CVS proprement dit, lui, se r&#233;unit une fois par mois, faisant peut-&#234;tre d'une certaine mani&#232;re double emploi avec la formule pr&#233;c&#233;dente. Mais sur un plan plus global, une usag&#232;re d'un accueil de jour d'Orl&#233;ans &#8212; les personnes qui y sont h&#233;berg&#233;es le sont via le 115 &#8212; soulignera leur importance en termes d'autonomie et de dignit&#233;, principalement pour les personnes les plus en difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il ne s'agit pas d'escamoter les conflits &#8212; certains estimant que le d&#233;l&#233;gu&#233; peut et doit &#234;tre m&#233;diateur, d'autres non &#8212;, quelques-uns restent prudents : &#171; M&#234;me si on n'est pas des syndicalistes, si on est trop revendiquant on peut se faire virer &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi qu'il en soit, comment peut-il se faire qu'il n'y ait pas, aujourd'hui, de conseils de vie sociale dans un certain nombre de structures alors m&#234;me que la loi existe depuis plus de deux ans ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La parole des usagers est-elle sacr&#233;e ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble, les r&#233;actions, largement sollicit&#233;es, sont positives. &#171; C'est bien, on peut donner son avis&#8230; &#187;, &#171; la mis&#232;re va peut-&#234;tre devenir plus facile &#224; combattre &#187;, s'enthousiasmaient en fin de rencontres Isabelle ou Christian dans un quatre pages recueillant diverses impressions. &#171; Ces journ&#233;es pour apprendre, pour comprendre et surtout &#233;voluer. Je suis arriv&#233;e aveugle, je m'en retourne &#233;blouie &#187;, en rajoute une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tous les avis ne sont pas dithyrambiques : &#171; L'accueil [en &#233;tablissement] oui&#8230; mais la sortie ? &#187;, s'est interrog&#233; ainsi un participant. Un autre, s&#233;v&#232;re : &#171; La table ronde ressemblait plus &#224; une op&#233;ration promotionnelle des dispositifs associatifs qu'&#224; une pr&#233;sentation valorisante de la parole, du droit et de la participation des usagers &#187;. Un autre encore d'ajouter : &#171; Si Georges Marchais vivait encore, il e&#251;t dit : &#171; C'est un simulacre de d&#233;mocratie ! &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Catherine &#201;tienne est l'auteure d'un m&#233;moire de DEA (novembre 2004) intitul&#233; Les travailleurs sociaux et le conseil de vie sociale en CHRS : vers des approches collectives favorisant l'&#171; empowerment &#187; des usagers. Elle s'int&#233;resse dans son &#233;crit &#224; l'&#233;volution des repr&#233;sentations des travailleurs sociaux (en CHRS) concernant la participation des usagers. Le constat l&#224;, est plein d'espoir : si le conseil de vie sociale, estime-t-elle, permet de &#171; renouveler l'approche de la r&#233;insertion encore tr&#232;s centr&#233;e sur l'accompagnement individualis&#233; &#187;, il peut constituer aussi &#171; un de ces micro-espaces d'&#233;laboration des projets, et une opportunit&#233; de revitalisation d&#233;mocratique au sein d'une institution &#187;. Plus encore, la reconnaissance de la parole et de l'agir collectif dans le processus de r&#233;insertion des personnes d&#233;saffili&#233;es serait m&#234;me une piste possible pour un renouveau du travail social&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire correctement fonctionner cette nouvelle instance, elle pose trois conditions : consid&#233;rer les usagers, l'institution et les travailleurs sociaux comme assez cr&#233;atifs pour une telle interaction, une telle &#171; n&#233;gociation &#187;, une telle &#171; coproduction &#187; ; passer d'&#171; un cadre de r&#233;f&#233;rences th&#233;orique largement empreint de psychologie &#224; une approche plus sociopolitique, en termes d'acc&#232;s &#224; la citoyennet&#233; &#187; ; enfin, faire l'apprentissage des comp&#233;tences techniques exig&#233;es par le processus d'empowerment, en vue d'accorder davantage de place et de pouvoir aux usagers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une synth&#232;se des diff&#233;rents ateliers, la m&#234;me doctorante surligne les points les plus r&#233;currents : les conditions de vie (manque d'activit&#233;s dans les &#233;tablissements plusieurs fois d&#233;nonc&#233;, grande solitude de l'h&#233;berg&#233; le dimanche, manque de disponibilit&#233; des travailleurs sociaux&#8230;) sont &#224; am&#233;liorer, de m&#234;me que le parcours de l'usager de l'accueil jusqu'&#224; la sortie, et la qualit&#233; de l'information qui lui est d&#233;livr&#233;e&#8230; La question de la violence dans les structures a &#233;galement &#233;merg&#233;, de m&#234;me que celles de la parentalit&#233; ou de la discrimination &#224; l'embauche, ou encore la stigmatisation des personnes ayant connu une prise en charge psychiatrique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Clairement et r&#233;guli&#232;rement &#233;nonc&#233;s, des obstacles sont &#224; surmonter : difficult&#233;s de se comprendre, parfois, entre usagers et, encore une fois, pour acc&#233;der en amont &#224; l'information &#8212; &#171; celle sur la loi 2002 - 2 n'est visiblement pas pass&#233;e partout &#187; &#8212;, et aussi peur d'une expression collective trop engageante&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques coups de gueule ont plus ou moins vigoureusement &#233;t&#233; pouss&#233;s : attention au jargon et aux sigles du travail social, y compris dans les enqu&#234;tes de satisfaction ! Halte aux documents abscons : comment imaginer qu'une personne en grande difficult&#233; venant d'un long s&#233;jour dans la rue puisse &#233;tudier efficacement un livret d'accueil de vingt pages ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une question de fond a travers&#233; certains d&#233;bats : la loi 2002 - 2 ne servirait-elle pas &#224; masquer l'inaccessibilit&#233; de fait au droit commun ? Autrement dit, la parole de l'usager sert-elle vraiment &#224; quelque chose ? Ne nage-t-on pas l&#224; dans une s&#233;duisante hypocrisie, dont l'inavouable finalit&#233; serait un statu quo caract&#233;ris&#233; par l'absence d'une vraie politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des coups de c&#339;ur ou des appr&#233;ciations positives ont &#233;t&#233; distribu&#233;s : au premier rang de celles-ci et fort agr&#233;ables &#224; entendre, les travailleurs sociaux sont le plus souvent connot&#233;s comme utiles (&#171; on est aid&#233;s sans &#234;tre stigmatis&#233;s &#187;), croyant avant tout aux possibilit&#233;s de l'usager &#171; m&#234;me quand nous on n'y croit plus &#187;, et veillant &#224; la s&#233;curit&#233; des r&#233;sidents. L'une d'entre elles, Amira, s'est joliment &#233;cri&#233; &#224; l'adresse de ces m&#234;mes travailleurs sociaux : &#171; Soyez sensibles, humains ! Soyez artisans ! L'&#233;coute, c'est un art&#8230; &#187;. Id&#233;e que reprendront &#224; leur compte, en fin de rencontres, Rosalie et son &#233;ducateur, arriv&#233;s en droite ligne de l'hilarant Bataclown, lui affubl&#233; d'oreilles de Mickey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et de l'avis g&#233;n&#233;ral, la loi 2002 - 2 a permis &#224; certains &#233;tablissements de commencer &#224; produire de nettes am&#233;liorations, au moins de remettre en cause certaines pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mille initiatives concr&#232;tes et quelques propositions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En Haute-Loire et depuis 1998, le CHRS Vers l'Avenir exp&#233;rimente &#171; la mise en valeur du potentiel des personnes h&#233;berg&#233;es &#187; par un partage de savoirs et des activit&#233;s cr&#233;atrices communes : g&#233;r&#233; par les r&#233;sidents, l'atelier ferme le soir &#224; minuit, &#171; bien apr&#232;s le d&#233;part des &#233;quipes &#233;ducatives &#187;, sans que n'ait &#233;t&#233; signal&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent le moindre probl&#232;me. Ce m&#234;me dispositif a permis, en septembre 2004, de mettre en place un point d'accueil enfants, permettant au p&#232;re ou &#224; la m&#232;re accueilli (e) de recevoir en journ&#233;e leur enfant et d'exercer leur droit de visite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, le CHRS Le Nouvel horizon, &#224; Reims, d&#233;veloppe depuis quatre ans des outils pour favoriser expression et participation chez les usagers : un journal interne et bien achaland&#233;, Entre-Nous (le dernier num&#233;ro avait seize pages) m&#234;le plusieurs fois par an les paroles des usagers avec celles des &#233;ducateurs, psychologues ou administrateurs. Le 15 octobre 2004, un hors-s&#233;rie Sp&#233;cial ramadan avait m&#234;me &#233;t&#233; &#233;dit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe M&#233;nage service d'Amiens vient d'&#233;diter un CD musical. Huit femmes ont &#233;crit et compos&#233; Femmes de courage, devenant ipso facto &#171; usag&#232;res chanteuses &#187; : &#171; Femmes de m&#233;nage, femmes de courage/Dis-moi, dis-moi, que fais-tu dans la vie ?/Nettoyage, balayage, repassage/Femmes de m&#233;nage simplement j'te le dis ! &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus loin, on peut croiser aussi Marie-Andr&#233;e Hercot, &#171; travailleuse intermittente du nettoyage &#187; et auteure de Code barbare, coup de gueule vif et bien trouss&#233;, vu de l'int&#233;rieur, contre tous les partenaires oblig&#233;s de la pr&#233;carit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Code barbare, Marie-Andr&#233;e Hercot, 2003, &#233;ditions Sansonnet (73, rue de (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, plusieurs initiatives venant en contrepoint des divers propos entendus dans les ateliers. Une ambiance qui, dans l'ensemble, est rest&#233;e interactive, tol&#233;rante, dynamique et conviviale, m&#234;me si ici et l&#224; ont pu &#234;tre signal&#233;es tout de m&#234;me quelques impatiences manifest&#233;es lors d'expos&#233;s de travailleurs sociaux trop prolixes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des id&#233;es force ont &#233;t&#233; lanc&#233;es, avec promesses d'exploration : pourquoi ne pas faire davantage la promotion, en tout cas mieux diffuser l'information sur la loi 2002-2 et penser autrement une vraie formation des d&#233;l&#233;gu&#233;s ? De nouvelles activit&#233;s dans les &#233;tablissements sont imp&#233;rativement &#8212; des deux c&#244;t&#233;s on le reconna&#238;t &#8212; &#224; mettre en place. Dans cette rubrique, il a souvent &#233;t&#233; pr&#233;conis&#233; de s'ouvrir davantage sur l'ext&#233;rieur : ainsi, l'association Advocacy propose de projeter ses films dans les CHRS&#8230; Par ailleurs et de l'avis de nombre de participants, l'accueil des p&#232;res avec enfant (s) doit &#234;tre d&#233;velopp&#233;. Et, dans un souci statistique &#233;vident, pourquoi l'inventaire des CVS existant en France ne serait-il pas dress&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Belle rencontre. L'absence des politiques a une fois de plus &#233;t&#233; d&#233;plor&#233;e. Des premi&#232;res journ&#233;es d'usagers avaient r&#233;uni &#224; Tours, en 2002, quelque 250 personnes. Aujourd'hui, plus du double. &#192; quand la troisi&#232;me &#233;dition ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fnars - 76, rue du Faubourg Saint-Denis - 75010 Paris. T&#233;l. 01 48 01 82 00.&lt;br class='manualbr' /&gt;Fnars R&#233;gion centre - 8, Quai Saint Jean - 41000 Blois. T&#233;l. 02 54 55 09 50.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pont - 56-60 rue de Lyon - 71000 Macon. T&#233;l. 03 85 21 94 50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Code barbare, Marie-Andr&#233;e Hercot, 2003, &#233;ditions Sansonnet (73, rue de Rivoli - 59 000 Lille), collection &lt;a href=&#034;http://www.coleresdupresent.com&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Col&#232;res du pr&#233;sent&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Place des usagers : quelle application de la loi 2002-2 ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Place-des-usagers-quelle-application-de-la-loi-2002-2</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Place-des-usagers-quelle-application-de-la-loi-2002-2</guid>
		<dc:date>2005-02-23T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Usager</dc:subject>
		<dc:subject>742</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Elle se met progressivement en place. Des professionnels se sont r&#233;unis &#224; Avignon pour en d&#233;battre (lire ci-dessous) tandis que des usagers en faisaient de m&#234;me &#224; Lille (lire&#8230;). Les premiers y voient la r&#233;ponse &#224; une n&#233;cessaire remise en question, les seconds une possibilit&#233; de donner leur avis. Pour &#224; peu pr&#232;s tout le monde, ce texte r&#233;novant l'action sociale et m&#233;dico-sociale a permis aux divers &#233;tablissements de commencer &#224; s'am&#233;liorer. Coup de projecteur sur une r&#233;forme comment&#233;e par ceux qui la vivent (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Usager" rel="tag"&gt;Usager&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-742-" rel="tag"&gt;742&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Elle se met progressivement en place. Des professionnels se sont r&#233;unis &#224; Avignon pour en d&#233;battre (lire ci-dessous) tandis que des usagers en faisaient de m&#234;me &#224; Lille (&lt;a href='https://www.lien-social.com/La-place-des-usagers-une-question-centrale-depuis-la-loi-de-2002-2' class='spip_in'&gt;lire&#8230;&lt;/a&gt;). Les premiers y voient la r&#233;ponse &#224; une n&#233;cessaire remise en question, les seconds une possibilit&#233; de donner leur avis. Pour &#224; peu pr&#232;s tout le monde, ce texte r&#233;novant l'action sociale et m&#233;dico-sociale a permis aux divers &#233;tablissements de commencer &#224; s'am&#233;liorer. Coup de projecteur sur une r&#233;forme comment&#233;e par ceux qui la vivent&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La loi du 2 janvier 2002, r&#233;novant l'action sociale et m&#233;dico-sociale a fait couler beaucoup d'encre. Il &#233;tait int&#233;ressant d'aller v&#233;rifier ce que les professionnels sur le terrain pouvaient non seulement en penser, mais aussi comment ils la vivaient et la mettaient (ou non) en &#339;uvre. C'est ce qu'a r&#233;alis&#233; Ren&#233; Crapoulet, directeur d&#233;partemental de la PJJ du Vaucluse qui proposait le 30 novembre 2004, en Avignon, en collaboration avec le conseil g&#233;n&#233;ral et l'ADVSEA, une journ&#233;e d'&#233;tude&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; La loi du 2 janvier 2002 &#187; journ&#233;e de r&#233;flexion inter-services : conseil (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;unissant travailleurs sociaux, psychologues, responsables de lieux de vie, directeurs etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissant une large place aux pr&#233;sentations des pratiques en &#339;uvre, la parole ne fut donn&#233;e &#224; l'invit&#233;, le psychanalyste Ignacio G&#225;rate Mart&#237;nez, qu'apr&#232;s les comptes rendus des ateliers tenus le matin. Le constat fut &#233;difiant. La loi 2002-2 est apparue comme une formalisation juridique d'un certain nombre de pratiques qui, &#224; bas bruit, avaient commenc&#233; &#224; se diffuser depuis un certain temps d&#233;j&#224;. Loin d'&#234;tre d&#233;stabilis&#233;s, les professionnels semblent s'emparer des outils propos&#233;s par cette nouvelle l&#233;gislation, en sachant toutefois, les confronter &#224; la r&#233;alit&#233; du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce qui est appr&#233;ci&#233;&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce que les &#233;changes ont montr&#233;, c'est d'abord une loi largement pl&#233;biscit&#233;e par les participants. Ainsi, du projet d'&#233;tablissement et du r&#232;glement de fonctionnement qui sont apparus, avant tout, comme une chance de se poser des questions fondamentales, de prendre le temps du recul et de la r&#233;flexion et de faire revivre des projets trop anciens et trop souvent d&#233;sinvestis. Tout l'int&#233;r&#234;t r&#233;side dans la n&#233;cessit&#233; d'une appropriation par tous, y compris les usagers qui doivent y &#234;tre largement associ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'une remise en question et d'une adaptation permanentes qui ne peuvent &#224; terme qu'am&#233;liorer le service rendu. Cette loi qui s'adresse &#224; tous signifie que tous les services doivent aller dans le m&#234;me sens, ce qui implique une harmonisation des pratiques entre les institutions du secteur public et du secteur associatif. La d&#233;marche qualit&#233; et l'&#233;valuation introduites par la loi sont per&#231;ues comme des opportunit&#233;s, pour autant qu'on s'en empare, pour stimuler les pratiques quotidiennes. La culture de l'&#233;valuation est diversement partag&#233;e par les participants. Certains &#233;tablissements du secteur associatif habilit&#233; l'utilisent depuis d&#233;j&#224; quinze ans, pour convaincre leurs financeurs de l'int&#233;r&#234;t de leur mission. La PJJ y a &#233;t&#233; jusqu'ici peu confront&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la loi du 2 janvier 2002, tous y seront soumis. Une &#233;valuation interne &#224; chaque &#233;tablissement ou service, tout d'abord, qui devra &#234;tre achev&#233;e le 1er janvier 2007, et qui s'appuiera sur des crit&#232;res d&#233;finis par les op&#233;rateurs eux-m&#234;mes. Une &#233;valuation externe, ensuite, qui devra &#234;tre achev&#233;e au 1er janvier 2009 et dont les r&#233;sultats devront &#234;tre communiqu&#233;s &#224; l'autorit&#233; ayant d&#233;livr&#233; l'autorisation de cr&#233;ation de l'&#233;tablissement ou du service. L'enjeu est important, car le renouvellement des autorisations, intervenant tous les 15 ans, en d&#233;pendra. Ces &#233;ch&#233;ances peuvent inqui&#233;ter. Mais, en m&#234;me temps, les professionnels sentent qu'elles sont un levier vers une am&#233;lioration continue de leurs pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final donc, un satisfecit largement partag&#233;, et ce pour de multiples raisons : cette loi a agi comme une piq&#251;re de rappel. Elle implique une &#233;laboration commune et collective entre les salari&#233;s, mais aussi entre l'institution et ses usagers, r&#233;actualisant ainsi la place de ces derniers, redynamisant les familles, favorisant l'ouverture et la confrontation entre les diff&#233;rents partenaires&#8230; C'est une v&#233;ritable mutation qui est ainsi propos&#233;e, avec notamment le passage de la culture de l'oral &#224; la culture de l'&#233;crit, la transformation du savoir-&#234;tre en savoir-faire et l'introduction de la transparence qui offre la possibilit&#233; de donner du sens et de la lisibilit&#233; &#224; leur action (avec ce qu'on peut en attendre en termes de meilleure reconnaissance, de valorisation des pratiques et de d&#233;monstration de la qualit&#233; du travail accompli).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8230;et ce qui inqui&#232;te&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S'il n'y a pas de doute quant &#224; l'int&#233;r&#234;t de la loi, les professionnels participant &#224; la journ&#233;e se sont n&#233;anmoins interrog&#233;s sur les modalit&#233;s pour la mettre en application. Beaucoup sont partis de l'existant. Les h&#233;bergements semblent plus avanc&#233;s que les services en milieu ouvert dans la r&#233;alisation des outils. Ce qui pose probl&#232;me est moins de les cr&#233;er que de les faire vivre. Comme, par exemple, de concilier le temps court de certaines prises en charge et le temps long que n&#233;cessite la participation. Ou encore de la difficult&#233; &#224; impliquer certaines familles qui ne sont pas toujours pr&#234;tes ou disponibles pour participer&#8230; ce qui am&#232;ne &#224; s'interroger sur la repr&#233;sentativit&#233; de celles qui sont pr&#233;sentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la n&#233;cessit&#233; et l'utilit&#233; de la place des usagers sont parfaitement reconnues, les conditions d'application restent encore floues : quelle forme privil&#233;gier entre le conseil de la vie sociale, les groupes d'expression ou l'enqu&#234;te de satisfaction ? Faut-il choisir ou les mettre toutes en place ? Sans compter l'articulation avec la n&#233;cessaire confidentialit&#233; : on ne peut aborder collectivement des probl&#233;matiques relevant de situations individuelles souvent difficiles et douloureuses. Il appara&#238;t que les directeurs, qui seront les garants de la mise en &#339;uvre de cette loi, ont un r&#244;le moteur &#224; jouer, pour guider, motiver et soutenir les professionnels dans cette &#233;laboration partag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre sujet r&#233;current d'inqui&#233;tude : l'&#233;valuation. On a vu que c'est d'elle dont d&#233;pendra dor&#233;navant la p&#233;rennisation de l'action de l'institution qui ne sera prorog&#233;e qu'au regard du respect des proc&#233;dures, des r&#233;f&#233;rences et des recommandations de bonnes pratiques professionnelles. &#201;valuation et qualit&#233; sont avant tout des outils de management qui nous viennent du secteur priv&#233; (norme ISO). Les participants se sont demand&#233;s si l'on pouvait appliquer cette m&#233;thodologie au secteur social. Peut-on tout &#233;valuer et notamment ce qui rel&#232;ve de cet indicible et de cette ind&#233;termination qui sont &#224; la base du travail social ? Ne risque-t-on pas de rigidifier la d&#233;marche d'aide et d'accompagnement, en la r&#233;duisant &#224; ce qui est visible et identifiable ? Pour respecter l'&#233;quit&#233; entre les partenaires, les crit&#232;res d'&#233;valuation doivent &#234;tre communs : comment va-t-on faire pour harmoniser l'appr&#233;ciation des diff&#233;rentes pratiques existantes ? Pour &#234;tre en mesure d'&#233;tablir les crit&#232;res qui seront &#233;labor&#233;s, les participants ont expliqu&#233; avoir besoin de formation. Ils ont rappel&#233; qu'il leur faut du temps pour comprendre, partager, r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le quotidien des travailleurs sociaux ressemble parfois &#224; un empilement de priorit&#233;s, l'application de la loi du 2 janvier 2002 en &#233;tant une parmi d'autres. La question du co&#251;t de cette politique a &#233;galement &#233;t&#233; pos&#233;e, que ce soit sur le plan budg&#233;taire ou sur celui du temps &#224; lui consacrer. Certains services, comme l'accueil d&#233;partemental enfance famille (d&#233;pendant du conseil g&#233;n&#233;ral du Vaucluse), ont investi des moyens importants en lui r&#233;servant sept journ&#233;es de travail de conception pour douze personnels, d'autres prennent du temps sur leur quotidien. L'&#233;valuation est une d&#233;marche d'envergure qui questionne non seulement la qualit&#233; des pratiques mais aussi les politiques, leurs constructions et leurs dispositifs. Mais elle peut aussi aider &#224; renforcer le processus de diff&#233;renciation entre le professionnel et l'usager.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'interdit de la fusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ignacio G&#225;rate Mart&#237;nez ne pouvait que rappeler, en tant que psychanalyste, que le d&#233;sir inconscient, l'insu de chacun est partout. Nul ne peut se pr&#233;valoir d'agir, de sentir, de d&#233;cider, sans ce v&#233;cu enfoui et pourtant si pr&#233;sent. Ni l'usager, ni le travailleur social, ni m&#234;me le magistrat, pourtant garant de l'objectivit&#233;, ne peuvent en faire fi. Il se joue entre le travailleur social et l'usager une relation qui est difficile, parce que non choisie : &#171; l'&#233;ducateur impose sa pr&#233;sence&#8230; il est mandat&#233; pour se m&#234;ler de la vie d'un autre, pour faire son bien &#187;. Or, l'orateur l'affirme : il ne conna&#238;t personne qui accepterait qu'un autre fasse son bien &#224; sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; fondatrice de poser des rep&#232;res permettant &#224; chacun de se positionner et de respecter les places d&#233;finies ensemble. Et, c'est ce que permet justement la loi du 2 janvier 2002 qui nous rappelle &#171; que les personnes sur lesquelles vous prenez le pouvoir sont des personnes libres qui conservent leur citoyennet&#233;, c'est important sinon le travailleur social fait du gardiennage &#187;. En consacrant le droit &#224; l'information et la participation de l'usager, elle le restaure &#171; dans tous ses droits de citoyens &#187;, tout en amenant le travailleur social &#224; &#171; se s&#233;parer de l'usager, pour qu'il puisse avoir une parole distincte de lui &#187;. Pour se relever, cet usager a besoin de s'appuyer sur le travailleur social, mais le travailleur social pour aider l'usager, a besoin de sa volont&#233;, de sa &#171; libert&#233; de citoyen qui doit avoir une place pour d&#233;sirer, pour agir lui-m&#234;me, pour qu'il fasse usage du travail social. &#187; Et l'&#233;valuation, en permettant aux professionnels &#171; de poser les buts et les moyens de leurs actions, d'examiner leur sens, ainsi que les r&#233;sultats obtenus &#187;, favorise justement cette distanciation entre sa pratique et son v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;valuer, r&#233;fl&#233;chir au contenu des prises en charge c'est se prot&#233;ger de l'omnipotence et permettre &#224; l'usager &#171; un retour vers la sc&#232;ne d'o&#249; il est tomb&#233; parce qu'il ne pouvait pas s'y tenir seul &#187;. Et Ignacio G&#225;rate Mart&#237;nez d'en appeler directement aux travailleurs sociaux : &#171; Vous n'&#234;tes pas des techniciens, des experts, vous &#234;tes des hommes et des femmes debout. On vous a confi&#233; des gens qui se sont tordus pour qu'ils se redressent. Votre d&#233;marche qualit&#233;, c'est de refuser la parole d'expert, c'est d'adopter une parole de m&#233;diation qui ne repose pas sur l'emprise sur l'autre et surtout pas sur une confusion de places (l'usager n'est pas moi), mais qui cherche &#224; ce que l'autre engendre sa propre parole &#187;. Nous y veillerons, Monsieur G&#225;rate Mart&#237;nez, nous y veillerons !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La loi du 2 janvier 2002 &#187; journ&#233;e de r&#233;flexion inter-services : conseil g&#233;n&#233;ral, protection judiciaire de la jeunesse, association d&#233;partementale vauclusienne de sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence, 30 novembre 2004, Avignon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Autonomie et handicap moteur</title>
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		<dc:subject>Physique</dc:subject>
		<dc:subject>742</dc:subject>

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&lt;p&gt;La notion d'autonomie est devenue centrale dans la d&#233;marche &#233;ducative, au point que tout le monde en parle sans savoir toujours ce qu'elle peut recouvrir. La premi&#232;re d&#233;finition qui vient &#224; l'esprit concerne la capacit&#233; &#224; pourvoir &#224; ses besoins, sans d&#233;pendre de quiconque. Et, effectivement, &#171; l'individualisme de notre soci&#233;t&#233; fait percevoir le fait d'&#234;tre d&#233;pendant des autres comme une r&#233;gression vers un &#233;tat de faiblesse et d'anxi&#233;t&#233; que l'individu a int&#233;rioris&#233; de fa&#231;on n&#233;gative &#187; (p.39). Pourtant, l'on (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La notion d'autonomie est devenue centrale dans la d&#233;marche &#233;ducative, au point que tout le monde en parle sans savoir toujours ce qu'elle peut recouvrir. La premi&#232;re d&#233;finition qui vient &#224; l'esprit concerne la capacit&#233; &#224; pourvoir &#224; ses besoins, sans d&#233;pendre de quiconque. Et, effectivement, &#171; l'individualisme de notre soci&#233;t&#233; fait percevoir le fait d'&#234;tre d&#233;pendant des autres comme une r&#233;gression vers un &#233;tat de faiblesse et d'anxi&#233;t&#233; que l'individu a int&#233;rioris&#233; de fa&#231;on n&#233;gative &#187; (p.39). Pourtant, l'on sent bien que l'autonomie est &#224; la fois quelque chose de concret et de beaucoup plus subtil, qui se quantifie tout en ayant trait &#224; la qualit&#233; de la vie. Plus que d'un &#233;tat, il faudrait plut&#244;t parler d'un processus d'autonomisation qui ne prend jamais fin dans une n&#233;gociation permanente avec l'autre, pour rendre la marge de man&#339;uvre la plus grande possible entre la place de l'individu et l'ensemble des interd&#233;pendances qui le relie &#224; son entourage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La personne porteuse de handicap est tout autant confront&#233;e &#224; cette n&#233;cessit&#233; de trouver le juste &#233;quilibre entre elle et les autres. Mais l&#224; o&#249; sa d&#233;marche se complique, c'est que sa situation la confronte &#224; plusieurs paradoxes. Ses difficult&#233;s incitent &#224; la prot&#233;ger (au risque de l'infantiliser et de la stigmatiser), sans qu'elle soit priv&#233;e de la libert&#233; individuelle du choix de son parcours de vie (avec toutes les limites et les risques qui s'imposent &#224; elle). Elle est prise en charge par un mod&#232;le m&#233;dical qui lui propose des soins (mais qui, en se focalisant sur ses incapacit&#233;s peut parfois l'y enfermer) et un mod&#232;le social qui met en accusation une soci&#233;t&#233; trop souvent handicapante (mais qui peut l'inciter &#224; croire que tout lui est d&#251;). Elle peut alors &#234;tre tent&#233;e d'exiger la normalisation de son existence, mais peut difficilement l&#226;cher la revendication d'une prise en compte particuli&#232;re de la sp&#233;cificit&#233; de ses incapacit&#233;s. La personne porteuse de handicap ne peut &#234;tre r&#233;duite ni &#224; une identit&#233; de d&#233;viante, ni &#224; celle d'un sujet valide, mais &#224; la dimension d'un &#234;tre au monde singulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc avec l'ensemble de ces ambivalences que le projet d'autonomie doit &#234;tre con&#231;u. Mais il ne peut &#234;tre &#233;labor&#233; comme une d&#233;marche d&#233;finie &#224; l'avance et pr&#233;format&#233;e. Il s'agit bien de faire du sur-mesure, en respectant non seulement la personnalit&#233; du sujet, ses doutes, ses h&#233;sitations, mais aussi en se centrant sur l'ensemble des possibles (et non sur ses seuls manques). On ne conna&#238;t vraiment les ressources d'une personne qu'apr&#232;s lui avoir donn&#233; les moyens d'exp&#233;rimenter, de t&#226;tonner, de commettre des erreurs, de revenir en arri&#232;re. Et surtout pas en satisfaisant ou en anticipant ses besoins, comme cela se passe trop souvent face au handicap. Si l'insatisfaction peut engendrer un sentiment d'ins&#233;curit&#233; qui parfois entra&#238;ne d&#233;couragement et abandon, elle provoque bien plus fr&#233;quemment une stimulation et une envie de reconna&#238;tre, de nommer et de mettre en &#339;uvre ses d&#233;sirs. Pour d&#233;velopper son autonomie il faut donc &#234;tre autoris&#233; et s'autoriser &#224; prendre du pouvoir sur soi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Chronique Sociale, 2004, (148 p. ; 16 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Handicap et cin&#233;ma</title>
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		<dc:subject>Mental</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le cin&#233;ma transforme la r&#233;alit&#233;, embellissant ou enlaidissant les personnages, explore les plis et les replis de la soci&#233;t&#233;, ne laissant rien ignorer ou si peu des comportements humains. Le handicap n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; son regard. Son apparition &#224; l'&#233;cran provoque un malaise qui renvoie au th&#233;&#226;tre intime du spectateur. Rien d'&#233;tonnant &#224; cela tant il peut faire peur, quand il symbolise la souffrance, la difformit&#233;, l'amorce de la mort ou la menace contre l'int&#233;grit&#233; vitale. D&#232;s l'&#233;poque du muet, le septi&#232;me (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le cin&#233;ma transforme la r&#233;alit&#233;, embellissant ou enlaidissant les personnages, explore les plis et les replis de la soci&#233;t&#233;, ne laissant rien ignorer ou si peu des comportements humains. Le handicap n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; son regard. Son apparition &#224; l'&#233;cran provoque un malaise qui renvoie au th&#233;&#226;tre intime du spectateur. Rien d'&#233;tonnant &#224; cela tant il peut faire peur, quand il symbolise la souffrance, la difformit&#233;, l'amorce de la mort ou la menace contre l'int&#233;grit&#233; vitale. D&#232;s l'&#233;poque du muet, le septi&#232;me art s'est attach&#233; &#224; mettre en sc&#232;ne et &#224; montrer des personnes porteuses d'invalidit&#233; ou accident&#233;es de la vie. Bien s&#251;r, la fa&#231;on dont il les a pr&#233;sent&#233;es a &#233;volu&#233; dans le temps, suivant en cela les &#233;volutions des repr&#233;sentations de la soci&#233;t&#233; &#224; leur &#233;gard, alternant des personnalit&#233;s inqui&#233;tantes et sombres, positives et bienveillantes ou simplement protagonistes comme les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1842 &#224; 1940, le public raffole des spectacles de &#171; monstres &#187; : stigmatiser la diff&#233;rence physique ou mentale le rassure sur sa propre &#171; normalit&#233; &#187;. Il y a l&#224; tout un m&#233;lange fait d'incompr&#233;hension et de compassion, de cruaut&#233; et de morbidit&#233;. C'est la p&#233;riode o&#249; sort sur les &#233;crans un film qui pour &#234;tre devenu culte n'en a pas moins &#233;t&#233; interdit trente ann&#233;es durant, en Angleterre : Freaks (1932). L'histoire se d&#233;roule dans un cirque compos&#233; en grande partie de personnes victimes de malformations de naissance. Le sc&#233;nario est bas&#233; sur une parabole : c'est l'apparence normale qui est signe de monstruosit&#233; de l'&#226;me. La beaut&#233; morale efface la laideur physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, la palette des personnages va s'&#233;largir avec le progr&#232;s de l'int&#233;gration des personnes porteuses de handicap. Le cin&#233;ma participe alors &#224; la critique du syst&#232;me de charit&#233; et de d&#233;pendance, revendiquant le droit de vivre dignement et montrant un processus engag&#233; en terme d'&#233;mancipation et de lib&#233;ration (vivre non seulement avec les autres mais aussi comme les autres). Il faut attendre 1996 pour que, pour la premi&#232;re fois, un film (le Huiti&#232;me jour) donne &#224; un com&#233;dien porteur d'une trisomie 21 un r&#244;le central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentant 86 films, G&#233;rard Bonnefon nous propose ici une analyse sociale et politique de l'image du handicap : &#171; projet&#233;s sur les &#233;crans, les personnages handicap&#233;s interpellent chacun d'entre nous sur ses propres repr&#233;sentations du handicap et de l'alt&#233;rit&#233;. Une alt&#233;rit&#233; qui est de ce monde, non comme une menace, mais comme une possibilit&#233; de rencontre avec l'autre &#187; (p.33). Les murs des asiles sont tomb&#233;s, mais il reste des mots, des regards et des attitudes qui continuent &#224; enfermer dans des stigmatisations. Puisse le cin&#233;ma contribuer &#224; l'&#233;volution des mentalit&#233;s et des comportements, au d&#233;passement des peurs et des g&#234;nes &#224; l'encontre de cet autre &#224; la fois si proche et si lointain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Chronique Sociale, 2004, (112 p. ; 15 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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