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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Qu'est devenue la d&#233;linquance juv&#233;nile ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Qu-est-devenue-la-delinquance-juvenile</link>
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		<dc:creator>M&#233;lanie-LS</dc:creator>


		<dc:subject>730</dc:subject>

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		<title>Le tiers : protecteur de l'enfant victime ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-tiers-protecteur-de-l-enfant-victime</link>
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		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>730</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La loi fran&#231;aise attribue aux parents la charge de prot&#233;ger leur enfant. Mais quand ceux-ci ne peuvent exercer cette mission, le l&#233;gislateur a pr&#233;vu de d&#233;signer &#224; cet effet un tiers : l'administrateur ad hoc. Il est nomm&#233; soit par le parquet, soit par le juge d'instruction, soit par la juridiction de jugement. Les conditions qui justifient sa d&#233;signation sont tr&#232;s larges. Le magistrat ne va pas forc&#233;ment chercher un d&#233;sinvestissement caract&#233;ris&#233; de la part des parents ou une contradiction flagrante (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L97xH150/arton267-d35f2.jpg?1694637212' width='97' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La loi fran&#231;aise attribue aux parents la charge de prot&#233;ger leur enfant. Mais quand ceux-ci ne peuvent exercer cette mission, le l&#233;gislateur a pr&#233;vu de d&#233;signer &#224; cet effet un tiers : l'administrateur ad hoc. Il est nomm&#233; soit par le parquet, soit par le juge d'instruction, soit par la juridiction de jugement. Les conditions qui justifient sa d&#233;signation sont tr&#232;s larges. Le magistrat ne va pas forc&#233;ment chercher un d&#233;sinvestissement caract&#233;ris&#233; de la part des parents ou une contradiction flagrante entre leurs int&#233;r&#234;ts et ceux du mineur concern&#233;, il lui suffit d'estimer qu'il n'y a pas une attitude satisfaisante &#224; l'&#233;gard de la d&#233;fense de l'enfant. L'administrateur ad hoc n'existe que par la mesure judiciaire qui le d&#233;signe. Sa fonction se limite &#224; suppl&#233;er la d&#233;faillance parentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, rien dans la loi ne stipule les obligations auxquelles il doit se plier : il est libre de d&#233;finir sa propre orientation. Il est fr&#233;quent qu'intervienne alors une forte connotation affective, seule &#224; m&#234;me d'&#233;pauler l'enfant face &#224; la proc&#233;dure. Pour autant, les professionnels qui remplissent cette t&#226;che ont le souci de permettre &#224; la jeune victime de revenir le plus vite possible &#224; la situation d'anonymat qui le caract&#233;risait auparavant, fa&#231;on de lui permettre de retrouver sa vie d'enfant. L'&#233;mergence de ce tiers n'est pas une nouveaut&#233;. Plusieurs magistrats peuvent d&#233;j&#224; l'utiliser : c'est le tiers digne de confiance que peut d&#233;signer le juge des affaires familiales ou le juge des enfants ou encore le d&#233;l&#233;gataire de l'autorit&#233; parentale choisi par le juge des tutelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette atteinte &#224; l'autorit&#233; parentale fait alors toujours partie de la proc&#233;dure judiciaire, b&#233;n&#233;ficiant des r&#232;gles de droit (assistance d'un avocat, contradictoire, appel&#8230;). Ce qui n'est pas le cas du tiers que l'article L 1111-4 du Code de la sant&#233; permet &#224; l'enfant de d&#233;signer. Cette nouvelle r&#232;gle autorise en effet le mineur &#224; exclure les d&#233;tenteurs de l'autorit&#233; parentale de tout ce qui concerne sa sant&#233;, en se faisant accompagner &#171; d'une personne majeure de son choix &#187;. Ce qui le place &#224; l'&#233;gal d'un majeur puisque la pertinence de son choix ne fait l'objet d'aucune validation par un juge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. &#233;r&#232;s, 2004, (150 p. ; 10 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>CER, CEF&#8230; Contenir pour reconstruire pas &#224; pas</title>
		<link>https://www.lien-social.com/CER-CEF-Contenir-pour-reconstruire-pas-a-pas</link>
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		<dc:date>2004-11-17T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>730</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Commander ce livre &lt;br class='autobr' /&gt;
La tentation d'enfermement des mineurs d&#233;linquants multir&#233;cidivistes a &#233;merg&#233; dans un contexte largement marqu&#233; par la r&#233;affirmation d'une pr&#233;occupation de s&#233;curit&#233; physique et mat&#233;rielle menac&#233;e par des comportements asociaux parfois tr&#232;s inqui&#233;tants. Les institutions se sont trouv&#233;es en &#233;chec dans la prise en charge de ce public, les &#233;quipes &#233;ducatives sp&#233;cialis&#233;es n'arrivant plus &#224; contenir ses comportements. La r&#233;action de l'&#201;tat s'est alors orient&#233;e vers un durcissement de la (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L108xH150/arton268-10192.jpg?1694637212' width='108' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.actif-online.com/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Commander ce livre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La tentation d'enfermement des mineurs d&#233;linquants multir&#233;cidivistes a &#233;merg&#233; dans un contexte largement marqu&#233; par la r&#233;affirmation d'une pr&#233;occupation de s&#233;curit&#233; physique et mat&#233;rielle menac&#233;e par des comportements asociaux parfois tr&#232;s inqui&#233;tants. Les institutions se sont trouv&#233;es en &#233;chec dans la prise en charge de ce public, les &#233;quipes &#233;ducatives sp&#233;cialis&#233;es n'arrivant plus &#224; contenir ses comportements. La r&#233;action de l'&#201;tat s'est alors orient&#233;e vers un durcissement de la l&#233;gislation r&#233;pressive : abaissement de la responsabilit&#233; des mineurs &#224; 10 ans, cr&#233;ation de sanctions &#233;ducatives, introduction d'une proc&#233;dure de jugement &#224; d&#233;lai rapproch&#233;, assouplissement des modalit&#233;s de d&#233;tention pr&#233;ventive, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation de structures &#233;ducatives comportant une dimension de contention s'inscrit donc dans une d&#233;marche plus globale. Les centres &#233;ducatifs ferm&#233;s ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s en 2002, par une loi adopt&#233;e dans la pr&#233;cipitation. L'article 33 pr&#233;cise que ces centres s'adressent &#224; des jeunes &#226;g&#233;s de 13 &#224; 18 ans soumis &#224; des obligations dont la violation peut entra&#238;ner le placement en d&#233;tention provisoire si le mineur n'a pas encore &#233;t&#233; jug&#233; et/ou l'emprisonnement s'il a &#233;t&#233; jug&#233; coupable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le placement dure six mois, renouvelable une fois. Il se r&#233;partit en trois phases : &#224; l'arriv&#233;e, bilan tant de sant&#233; que du niveau scolaire ou professionnel. Puis, prise en charge intensive visant &#224; apporter une formation ax&#233;e notamment sur un rattrapage en lecture, &#233;criture et calcul. Enfin, un module d'accompagnement vers la sortie doit permettre une r&#233;int&#233;gration dans la soci&#233;t&#233;. Tr&#232;s vite, ce dispositif a fait l'objet de tr&#232;s vives critiques. On l'a d'abord accus&#233; de r&#233;cr&#233;er des lieux explosifs, interdisant toute reconstruction personnelle et toute action &#233;ducative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre critique : le hasard du calendrier a fait na&#238;tre, la m&#234;me ann&#233;e, deux mouvements contradictoires. D'un c&#244;t&#233;, la loi 2002-2 r&#233;novant l'action sociale et m&#233;dico-sociale s'appuie sur la conviction que la soci&#233;t&#233; pr&#233;servera d'autant mieux son unit&#233; qu'elle saura garantir l'acc&#232;s de chacun de ses membres aux droits fondamentaux. De l'autre, les centres &#233;ducatifs ferm&#233;s qui s'appuient sur la logique inverse du bouc &#233;missaire et de la victime expiatoire. Le meilleur moyen de prot&#233;ger l'harmonie de la soci&#233;t&#233; serait d'exclure ceux de ses &#233;l&#233;ments qui posent probl&#232;me. C&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'est vrai qu'on peut s'interroger sur le r&#244;le v&#233;ritable des CEF : permettre au jeune de sortir de sa d&#233;rive d&#233;linquante ou plut&#244;t le mettre &#224; l'&#233;cart ? L'enfermement constitue un vrai d&#233;fi : comment s'engager dans le processus de resocialisation, quand le jeune est isol&#233; du reste de la soci&#233;t&#233; ? Constatons n&#233;anmoins que la m&#234;me argumentation fut employ&#233;e en 1995, quand les centres &#233;ducatifs renforc&#233;s (&#224; l'&#233;poque d&#233;nomm&#233;s unit&#233;s &#233;ducatives &#224; encadrement renforc&#233;) ont vu le jour. Con&#231;us dans le but de couper le jeune de son milieu et de son parcours d&#233;linquant, il cherchait &#224; lui faire pratiquer des activit&#233;s valorisantes le conduisant au d&#233;passement de lui-m&#234;me, &#224; r&#233;fl&#233;chir sur le sens de ses actes, sur son histoire et son projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la diff&#233;rence des CEF, les CER ont quelques longueurs d'avance qui permettent de mesurer la pertinence de leur action. Ainsi, le CER d'Al&#232;s a-t-il tent&#233; d'&#233;valuer son action au cours des sept sessions qui ont regroup&#233; 48 jeunes de 1998 &#224; 2000. Pour 34 d'entre eux, il n'y a pas eu de r&#233;cidive d&#233;linquante (71 %), 23 sont entr&#233;s dans un projet scolaire et professionnel (48 %) et 18 ont am&#233;lior&#233; leurs relations sociales (38 %). Les Cahiers de l'Actif donnent la parole tant aux pourfendeurs de ces dispositifs qu'&#224; ses acteurs, permettant au lecteur de se faire sa propre opinion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;N&#176;336/337, juin 2004, (15 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#201;ducatif et enfermement sont-ils toujours inconciliables ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Educatif-et-enfermement-sont-ils-toujours-inconciliables</link>
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		<dc:date>2004-11-17T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>730</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme alternative &#224; la prison en France, il y a les centres &#233;ducatifs renforc&#233;s et les fameux centres &#233;ducatifs ferm&#233;s. Nous n'avons peut-&#234;tre pas encore le recul n&#233;cessaire pour les &#233;valuer. Mais en Belgique o&#249; la prison n'existe pas pour les mineurs, on trouve l'Institution publique de protection de la jeunesse de Braine-le-Ch&#226;teau qui fonctionne depuis 23 ans &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est de bon ton, dans les milieux socio-&#233;ducatifs, de consid&#233;rer qu'il ne peut y avoir de dimension &#233;ducative en milieu ferm&#233; et qu'en tout (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme alternative &#224; la prison en France, il y a les centres &#233;ducatifs renforc&#233;s et les fameux centres &#233;ducatifs ferm&#233;s. Nous n'avons peut-&#234;tre pas encore le recul n&#233;cessaire pour les &#233;valuer. Mais en Belgique o&#249; la prison n'existe pas pour les mineurs, on trouve l'Institution publique de protection de la jeunesse de Braine-le-Ch&#226;teau qui fonctionne depuis 23 ans&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est de bon ton, dans les milieux socio-&#233;ducatifs, de consid&#233;rer qu'il ne peut y avoir de dimension &#233;ducative en milieu ferm&#233; et qu'en tout cas, ce n'est pas la place des &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s. Les salari&#233;s de la protection judiciaire de la jeunesse ont manifest&#233; &#224; plusieurs reprises leur crainte d'&#234;tre instrumentalis&#233;s par la tourmente r&#233;pressive et de se voir r&#233;duire au seul r&#244;le de surveillant et de porte-cl&#233;s au sein de centres prot&#233;g&#233;s par de hauts murs et des rang&#233;es de fil barbel&#233; (effectivement pr&#233;conis&#233;s dans une r&#233;cente circulaire du minist&#232;re de la Justice). On n'est pas loin de consid&#233;rer les associations qui ont accept&#233; de g&#233;rer des centres &#233;ducatifs ferm&#233;s comme tra&#238;tres &#224; la cause&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une ambiance largement marqu&#233;e par des r&#233;actions tr&#232;s id&#233;ologiques et &#171; politiquement correctes &#187;, il est toujours un peu risqu&#233; de ramer &#224; contre-courant. Notre propos de ce jour rel&#232;vera pourtant d'une question iconoclaste : et si l'on pouvait accomplir une &#339;uvre &#233;ducative dans un contexte de haute contention ? Nous nous garderons de trancher ici cette interrogation, pr&#233;f&#233;rant fournir des &#233;l&#233;ments du d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, et en attendant que les CEF en France nous ouvrent leurs portes, il nous a sembl&#233; int&#233;ressant de nous tourner vers une exp&#233;rience qui vient de boucler ses 23 ans d'existence : l'Institution publique de protection de la jeunesse de Braine-le-Ch&#226;teau en Belgique. Nous sommes all&#233;s y rencontrer Fernand Uytterhaeghe, son fondateur, qui y a exerc&#233; comme directeur jusqu'en 1996. La Belgique m&#233;rite qu'on regarde de plus pr&#232;s son r&#233;seau judiciaro-m&#233;dico-social qui a r&#233;pondu, bien avant la France (en bien ou en mal d'ailleurs), &#224; beaucoup de probl&#232;mes qui nous font encore tr&#233;bucher.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment tout a commenc&#233;&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux comprendre la gen&#232;se de Braine-le-Ch&#226;teau, il faut remonter &#224; 1952. Cette ann&#233;e-l&#224;, un scandale fait la une des journaux belges. &#192; une &#233;poque o&#249; la France ne s'&#233;meut gu&#232;re des passages &#224; tabac et du cachot appliqu&#233;s syst&#233;matiquement au retour des jeunes fugueurs de ses maisons de redressement, la Belgique d&#233;couvre avec horreur les mauvais traitements qui sont monnaie courante au sein de l'institution de Saint-Hubert, situ&#233;e au c&#339;ur de la for&#234;t des Ardennes. Le proc&#232;s qui s'ensuit, aboutit non seulement &#224; la condamnation des auteurs des s&#233;vices et &#224; la fermeture de l'&#233;tablissement, mais aussi &#224; l'abandon du principe m&#234;me de l'enfermement des mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cision courageuse certes, mais qui fut vite contourn&#233;e par l'envoi syst&#233;matique de jeunes d&#233;linquants francophones et germanophones dans la r&#233;gion n&#233;erlandophone du m&#234;me pays (qui elle, continuait &#224; faire fonctionner des &#233;tablissements ferm&#233;s) ! Ce pis-aller se perp&#233;tua jusqu'en 1977, date &#224; laquelle les &#233;ducateurs flamands exig&#232;rent la stricte application des lois linguistiques (qui pr&#233;conisaient que toute prise en charge soit assur&#233;e par un dispositif fonctionnant dans sa langue d'origine). Il ne restait alors plus gu&#232;re de solutions pour placer des mineurs engag&#233;s dans une d&#233;linquance r&#233;p&#233;titive et ne tenant dans aucune structure. Seule subsistait une possibilit&#233; d'incarc&#233;ration de 15 jours maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation n'inqui&#233;ta gu&#232;re, dans un premier temps, le travail de milieu ouvert, qui avait alors la faveur des professionnels, pouvant donner l'illusion d'apporter une r&#233;ponse globale efficace et ad&#233;quate. En 1981, un fait divers provoqua une forte &#233;motion de l'opinion publique, obligeant les autorit&#233;s &#224; reposer le probl&#232;me dans l'urgence. Un adolescent de 14 ans, en s'opposant &#224; un nouvel acc&#232;s de violence de son p&#232;re, le tua d'un coup de fusil. Plac&#233; par un juge de la jeunesse dans un foyer, il en fugua &#224; plusieurs reprises, contraignant la justice &#224; le remettre &#224; sa m&#232;re. L'adolescent ne tarda pas &#224; commettre un second meurtre, se d&#233;barrassant radicalement d'un chef de bande concurrent. Il fut &#224; nouveau plac&#233; en foyer, avec &#224; la cl&#233; des exigences d'enfermement contraignantes. Les &#233;ducateurs de l'&#233;tablissement, refusant la prise en charge d'un jeune qu'ils estimaient ne pas relever de leur comp&#233;tence, d&#233;pos&#232;rent un pr&#233;avis de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre de la Justice prit alors la d&#233;cision, le 3 juillet 1981, de cr&#233;er une institution &#233;ducative ferm&#233;e dont il exigea l'ouverture dans les semaines qui suivaient. Fernand Uytterhaeghe, alors directeur adjoint de l'&#233;tablissement d'observation et d'&#233;ducation surveill&#233;e &#224; Fraipont, se vit charg&#233; de la mission de cr&#233;er cette nouvelle structure. C'est donc dans la pr&#233;cipitation, mais en obtenant n&#233;anmoins quelques moyens pour le faire, que s'ouvrirent, aux abords de l'Institution publique de protection de la jeunesse de Wauthier-Braine, les deux sections de ce qui s'appela d'abord &#171; centre de r&#233;&#233;ducation &#187;. Cette structure de contention &#233;tait destin&#233;e &#224; accueillir deux groupes de dix mineurs &#226;g&#233;s de 14 &#224; 18 ans (avec une place d'urgence dans chacun). &#171; Un &#233;tablissement ferm&#233; n'est en aucun cas la panac&#233;e ; il s'agit d'un outil &#224; utiliser avec discernement &#187;, explique Fernand Uytterhaeghe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population admise est alors constitu&#233;e soit de jeunes meurtriers, soit des adolescents d&#233;linquants ayant commis des actes graves et multipliant les passages &#224; l'acte que rien ne semble pouvoir arr&#234;ter. Autre particularit&#233; fr&#233;quente : un itin&#233;raire souvent charg&#233;, avec succession de placements marqu&#233;s par les fugues. Les seules exceptions &#224; l'admission seront les probl&#233;matiques de toxicomanie et de maladie mentale. Il n'&#233;tait donc pas question de recevoir n'importe quel jeune.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les principes &#233;ducatifs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1981, fort de son exp&#233;rience de plus de 20 ans comme &#233;ducateur, puis &#233;ducateur chef, sous-directeur p&#233;dagogique et enfin directeur, le fondateur de Braine-le-Ch&#226;teau garde trois principes p&#233;dagogiques qui vont le guider dans la mise en place du nouveau centre ferm&#233;. Le premier principe, c'est la n&#233;cessit&#233; de tisser une relation privil&#233;gi&#233;e avec le jeune : &lt;i&gt;&#171; rencontrer quelqu'un qui croit en vous : dans la vie, il n'y a vraiment que cela d'important &#187;&lt;/i&gt;, affirme-t-il. La plupart des jeunes accueillis ont connu de multiples &#233;checs. Trouver un adulte fiable et bienveillant avec qui &#233;tablir un lien de confiance constitue une opportunit&#233; qui peut permettre au jeune de modifier son comportement. Si le passage &#224; l'acte d&#233;linquant peut &#234;tre identifi&#233; aussi en partie, comme une fa&#231;on de sortir d'un profond d&#233;sarroi et de combattre l'angoisse de la n&#233;antisation, alors &#234;tre reconnu par quelqu'un peut jouer un r&#244;le notablement structurant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais est-ce possible de cr&#233;er un contact chaleureux et affectif dans un contexte de contention ? C'est effectivement un d&#233;fi &#224; relever qui n&#233;cessite un fort investissement. Tout est fait pour favoriser cette interaction. &#192; son arriv&#233;e, un &#233;ducateur r&#233;f&#233;rent est d&#233;sign&#233; pour s'occuper du jeune dans sa globalit&#233;. Au bout de quelques jours, celui-ci aura la possibilit&#233; de se choisir dans l'&#233;quipe &#233;ducative un second adulte qui partagera sa r&#233;f&#233;rence. La r&#233;alisation effective de ce principe n&#233;cessite une attention particuli&#232;re quant &#224; la qualit&#233; professionnelle et humaine des personnels recrut&#233;s pour travailler dans ce type d'&#233;tablissement. Parmi les valeurs principales qui leur sont demand&#233;es, on rel&#232;ve une authenticit&#233; et une grande disponibilit&#233;, mais aussi une capacit&#233; &#224; l'empathie et &#224; une affection non tributaire du comportement du jeune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, une fois pass&#233; le temps de la r&#233;volte contre le placement, certains jeunes r&#233;ussissent &#224; exprimer leur soulagement de trouver un cadre et un contenant &#224; leur errance. Encore faut-il prendre le temps n&#233;cessaire pour permettre au lien de se tisser. Et c'est l&#224; le second principe de fonctionnement de Braine-le-Ch&#226;teau : ne pas fixer au s&#233;jour une &#233;ch&#233;ance qui serait d&#233;termin&#233;e &#224; l'avance. Certes, la loi belge fixe un d&#233;lai de trois mois renouvelables. Mais &lt;i&gt;&#171; les magistrats intelligents &#224; qui nous pouvions faire comprendre notre logique, parlaient plut&#244;t de &#8220;faire le point&#8221; au bout d'un trimestre &#187;&lt;/i&gt;, note Fernand Uytterhaeghe, &lt;i&gt;&#171; la dur&#233;e d'une peine se mesure en fonction du temps qui reste &#224; parcourir pour arriver &#224; son terme. Une mesure &#233;ducative de cet ordre, elle, ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme ayant port&#233; ses fruits que lorsqu'on pense que le jeune a fait les progr&#232;s qu'on attendait de lui. Il est impossible de d&#233;finir &#224; l'avance le d&#233;lai qu'il faudra pour le faire avancer suffisamment et pour lui permettre de se r&#233;int&#233;grer professionnellement et socialement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, rien ne garantit qu'il ne fasse pas semblant, jouant la com&#233;die pour sortir au plus vite. Et c'est l&#224; qu'intervient le troisi&#232;me principe cher au fondateur de Braine-le-Ch&#226;teau : la prise de risque sans laquelle il n'y a pas d'&#233;ducation possible. Apr&#232;s dix semaines pass&#233;es &#224; l'int&#233;rieur du centre ferm&#233; au cours desquelles le comportement du jeune a &#233;t&#233; jug&#233; satisfaisant, il peut sortir en compagnie de son &#233;ducateur r&#233;f&#233;rent. Visite &#224; sa famille, sortie en ville, s&#233;ance de cin&#233;ma&#8230; Cette sortie, contr&#244;l&#233;e et limit&#233;e d'abord, est appel&#233;e &#224; devenir progressivement plus autonome et plus &#233;tendue dans le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfermement du jeune r&#233;pond d'abord &#224; un souci s&#233;curitaire de la soci&#233;t&#233; qui veut se prot&#233;ger contre ses passages &#224; l'acte. Chacune des sections de Braine-le-Ch&#226;teau est d'ailleurs dot&#233;e de deux cellules d'isolement utilis&#233;es pour contenir un jeune en crise (avec toutefois des garanties pr&#233;cises : 24 heures maximum, le juge de la jeunesse et l'avocat &#233;tant aussit&#244;t inform&#233;s). Mais ce qui compte, ce n'est pas la dimension punitive et r&#233;pressive, mais la priorit&#233; &#233;ducative. Ce que l'on recherche, c'est bien que l'adolescent d&#233;linquant sorte de l'&#233;tablissement en ayant acquis les capacit&#233;s &#224; modifier la conduite gravement asociale qui l'y a fait entrer. Lui apprendre &#224; tester sa libert&#233; et &#224; g&#233;rer sa responsabilit&#233; fait aussi partie du travail d'&#233;ducation qui doit lui permettre de trouver une nouvelle place dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors qu'il dispose d'une autorisation de sortir seul&#8230; et qu'il revient, une &#233;tape a &#233;t&#233; franchie. S'il profite de la confiance qui lui a &#233;t&#233; faite, pour fuguer, il sera recherch&#233;. &#192; son retour &#224; Braine-le-Ch&#226;teau, il devra &#224; nouveau y rester pour dix nouvelles semaines au moins, sans sortir. De telles pratiques &#233;ducatives qui font penser &#224; du comportementalisme, ont ainsi cours officiellement &#224; l'Institution publique de protection de la jeunesse de Braine-le-Ch&#226;teau.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le fonctionnement au quotidien&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'institution est dispos&#233;e sur quatre niveaux et comporte un espace de vie, une salle de jeux, un r&#233;fectoire, une salle de classe et un atelier. Elle est dot&#233;e d'un terrain de sport, d'une cour int&#233;rieure et d'une piscine, le tout cern&#233; par un mur haut de plus de six m&#232;tres, prolong&#233; par une double cl&#244;ture pratiquement infranchissable. Les vitres des fen&#234;tres sont renforc&#233;es et ne peuvent &#234;tre bris&#233;es : on est l&#224; sans aucun doute dans un lieu de contention. La journ&#233;e-type est bien remplie, r&#233;partie entre une remise &#224; niveau scolaire, un atelier polyvalent proposant la d&#233;couverte de trois m&#233;tiers (bois, &#233;lectricit&#233; et peinture) et des activit&#233;s sportives (qui permettent aux jeunes de lib&#233;rer leur agressivit&#233; de fa&#231;on socialis&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix &#233;ducateurs interviennent pour dix jeunes (il n'y en a jamais plus de cinq par adulte). Dix surveillants sont pr&#233;sents la nuit comme veilleurs, mais aussi dans la journ&#233;e, afin de lib&#233;rer quelque peu les &#233;ducateurs des t&#226;ches de contr&#244;le, de s&#233;curit&#233; et de vigilance qui sont permanentes dans un contexte d'enfermement. Toute la p&#233;dagogie de l'&#233;tablissement est centr&#233;e sur l'appr&#233;ciation du comportement individuel. Ce syst&#232;me a &#233;t&#233; &#233;labor&#233; au fil des ann&#233;es avec un double objectif : la tol&#233;rance aux sympt&#244;mes et le d&#233;couragement des d&#233;sordres d'origine disciplinaire. On est l&#224; clairement dans le renforcement des comportements positifs et le d&#233;couragement de ceux qui sont d&#233;structurants pour le groupe tout autant que pour le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque intervenant (&#233;ducateur, enseignant, moniteur d'atelier&#8230;) est charg&#233; de donner quotidiennement une &#233;valuation sur chaque jeune. Cinq indications peuvent ainsi &#234;tre port&#233;es : Tr&#232;s bien, Bien, Satisfaisant, Insuffisant, Mal. En fin de semaine, une appr&#233;ciation g&#233;n&#233;rale est &#233;tablie. Cette proc&#233;dure apporte au jeune de pr&#233;cieux rep&#232;res tant sur son attitude personnelle que sur son rapport aux autres. Elle propose une sorte de &#171; fiche de temp&#233;rature &#187;, &#224; partir de laquelle il peut moduler son comportement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des efforts de sa part se concr&#233;tiseront par des gratifications&#8230; une mauvaise volont&#233;, par des restrictions. Non seulement le montant de son argent de poche d&#233;pend de la &#171; cotation &#187; obtenue, mais aussi la perspective d'une permission de sortie. Il faut dix semaines d'appr&#233;ciations hebdomadaires positives, pour y avoir droit, l'appr&#233;ciation hebdomadaire &#171; insuffisant &#187; retardant la sortie d'une semaine et l'appr&#233;ciation &#171; mal &#187; la retardant de deux semaines. Cette proc&#233;dure a &#233;t&#233; r&#233;vis&#233;e et adapt&#233;e plusieurs fois pour la faire correspondre au mieux aux besoins de l'institution. Les biais et effets pervers ont vite &#233;t&#233; identifi&#233;s et corrig&#233;s. Un jeune en &#233;tat de crise &#233;chappe &#224; cette &#233;valuation : on tient compte de la progression volontaire dont il fait ou non preuve, pas des moments o&#249; il ne peut se contr&#244;ler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appr&#233;ciation ne doit pas &#234;tre utilis&#233;e comme un chantage pour obtenir qu'il se plie. Elle doit &#234;tre prise par l'adulte, quand celui-ci n'est plus directement impliqu&#233; dans le conflit et quand la passion de l'interaction s'est att&#233;nu&#233;e. Autant dire que le comportement du jeune doit faire l'objet d'un examen nuanc&#233; et distanci&#233;, en distinguant bien les faits des intentions qui en sont &#224; l'origine (ce peut &#234;tre de l'espi&#232;glerie, de la sottise, tout autant que du froid calcul ou de la pure m&#233;chancet&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une m&#233;thode contest&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette mod&#233;lisation est fr&#233;quemment contest&#233;e dans le monde de l'&#233;ducation, car on lui reproche de se rapprocher du dressage. Mais, quand l'appel &#224; la raison, &#224; la logique et &#224; la norme g&#233;n&#233;ralement admise a &#233;chou&#233;, reste le conditionnement. La part de comportementalisme inh&#233;rente &#224; tout processus &#233;ducatif est ici grossie au point de prendre une place centrale. La Belgique n'incarc&#232;re pas ses mineurs d&#233;linquants. La loi l'interdit, permettant seulement &#224; un juge de la jeunesse de se dessaisir &#224; titre exceptionnel, si le jeune est &#226;g&#233; de plus de 16 ans, ce qui le fait tomber dans le droit commun des adultes. Ce pays a choisi d'accueillir les plus difficiles de ses adolescents dans des centres ferm&#233;s &#224; vocation &#233;ducative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solution &#233;vite une prison que Fernand Uytterhaeghe d&#233;crit comme &lt;i&gt;&#171; une fabrique de r&#233;cidivistes, de n&#233;vros&#233;s, de handicap&#233;s moraux, sentimentaux et professionnels. &#187;&lt;/i&gt; Le nombre de demandes non satisfaites &#233;quivalant au nombre de prises en charge annuelles, l'administration &#224; d&#233;cid&#233; d'ouvrir &#224; Braine-le-Ch&#226;teau, en 2001, une troisi&#232;me section et en 2004 une quatri&#232;me. Son ancien directeur temp&#234;te pourtant contre la tentation s&#233;curitaire actuelle qui voudrait privil&#233;gier des accueils sur une courte p&#233;riode (un mois) pour permettre un plus grand nombre d'accueils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette orientation fait perdre toute substance &#233;ducative &#224; l'action engag&#233;e, ne laissant finalement subsister que la sanction. Il reconna&#238;t que les r&#233;sultats obtenus en vingt ans ne sont pas plus spectaculaires qu'ailleurs : &lt;i&gt;&#171; certains qu'on pensait avoir aid&#233;s &#224; s'en sortir ont replong&#233;, d'autres qu'on pensait difficilement r&#233;ins&#233;rables, ont r&#233;ussi &#224; faire leur vie. &#187; &lt;/i&gt; Ne pr&#233;tendant pas vouloir faire &#233;cole, il conclut : &lt;i&gt;&#171; pour aider des jeunes d&#233;linquants, il n'existe aucun dogme ni m&#233;thodes &#233;prouv&#233;es, toutes les exp&#233;riences sont valables : pour ce qui me concerne, ce que je peux vous dire, c'est ce que j'ai v&#233;cu. Aucune autre institution, fonctionnant avec des s&#233;jours moyens de six mois et accueillant des situations tr&#232;s graves, n'a pu obtenir une stabilisation positive &#233;quivalente. &#187;&lt;/i&gt; Un d&#233;bat qui reste bien entendu enti&#232;rement ouvert&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qu'est donc devenue la d&#233;linquance juv&#233;nile ?</title>
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		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
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&lt;p&gt;Pendant la p&#233;riode &#233;lectorale de 2002, il y avait le feu au lac. Les jeunes d&#233;linquants occupaient le devant de la sc&#232;ne. On promettait des mesures d'enfermement &#224; la pelle avec quantit&#233; de moyens. Et depuis, plus rien ou presque si l'on tient compte du rappel &#233;lys&#233;en dernier. Et pourtant, les probl&#232;mes pos&#233;s par les 13-18 ans qui d&#233;fient les lois sont tout aussi importants que pendant les pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives. &#201;tat des lieux avec les travaux de Sebastian Roch&#233;, chercheur au CNRS &lt;br class='autobr' /&gt;
Est-il (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant la p&#233;riode &#233;lectorale de 2002, il y avait le feu au lac. Les jeunes d&#233;linquants occupaient le devant de la sc&#232;ne. On promettait des mesures d'enfermement &#224; la pelle avec quantit&#233; de moyens. Et depuis, plus rien ou presque si l'on tient compte du rappel &#233;lys&#233;en dernier. Et pourtant, les probl&#232;mes pos&#233;s par les 13-18 ans qui d&#233;fient les lois sont tout aussi importants que pendant les pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives. &#201;tat des lieux avec les travaux de Sebastian Roch&#233;, chercheur au CNRS&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Est-il possible d'avoir une connaissance objective sur la d&#233;linquance des mineurs ? On dispose tout d'abord pour cela de chiffres. Mais ceux-ci, facilement utilis&#233;s, ne le sont pas toujours &#224; bon escient. Car, on le sait, on peut leur faire dire tout et son contraire, c'est-&#224;-dire &#224; peu pr&#232;s n'importe quoi. On dispose aussi du sentiment d'&#234;tre ou non en s&#233;curit&#233;. Mais ce ressenti peut lui aussi &#234;tre largement manipul&#233;. Rappelons-nous de cette opinion publique, confront&#233;e dans les mois pr&#233;c&#233;dant la derni&#232;re &#233;lection pr&#233;sidentielle, &#224; une multiplicit&#233; de faits divers plus ou moins sordides, complaisamment &#233;tal&#233;s par la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux lendemains des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales, l'ins&#233;curit&#233; des mineurs a subitement disparu du traitement de l'information. On aura du mal &#224; nous faire croire que cela correspondait &#224; son &#233;radication du quotidien. Que nous reste-t-il alors ? Les travaux scientifiques r&#233;alis&#233;s &#224; bas bruit et qui tentent de labourer la r&#233;alit&#233; pour mieux en faire sortir les constantes et les variations. L'Iframes La Classerie, &#233;cole d'&#233;ducateurs de la r&#233;gion nantaise, avait convi&#233;, en ce 28 mai 2004, Sebastian Roch&#233;, charg&#233; de recherche au CNRS, &#224; une conf&#233;rence intitul&#233;e &#171; d&#233;linquance des mineurs et politique s&#233;curitaire &#187;. Le criminologue a &#233;t&#233; l'un des premiers &#224; s'int&#233;resser au sentiment d'ins&#233;curit&#233; ou aux incivilit&#233;s, &#224; une &#233;poque o&#249; ces th&#232;mes n'&#233;taient pas &#224; la mode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il aborde un sujet qui sent le souffre : l'ethnicisation de la d&#233;linquance. Sa d&#233;marche se veut celle d'un chercheur qui tente d'identifier des faits, d'&#233;tudier syst&#233;matiquement la r&#233;alit&#233;, avant que les slogans et les appareils id&#233;ologiques ne la prennent en otage. Il ne s'engage a priori pas plus sur une logique de pr&#233;vention que de r&#233;pression, revendiquant que le choix dans un sens ou dans l'autre soit avant tout efficace. Son travail de rep&#233;rage s'appuie sur trois sources : l'enregistrement des plaintes d&#233;pos&#233;es aupr&#232;s des services de police et de gendarmerie, la r&#233;alisation d'enqu&#234;tes tant aupr&#232;s des victimes que des auteurs (il en a effectu&#233; lui-m&#234;me une qu'il d&#233;crit dans son ouvrage &#171; La d&#233;linquance des jeunes - les 13-18 ans racontent leurs d&#233;lits &#187; (&lt;a href='https://www.lien-social.com/La-delinquance-des-jeunes' class='spip_in'&gt;lire la critique&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir de ces donn&#233;es qu'il d&#233;crit l'&#233;volution de la d&#233;linquance depuis quelques ann&#233;es. Premier constat : il est difficile de nier l'explosion de l'atteinte aux biens qui concerne toutes les soci&#233;t&#233;s occidentales. Alors que beaucoup de victimes renoncent &#224; d&#233;poser plainte, par sentiment d'inefficacit&#233; des pouvoirs publics, on est n&#233;anmoins pass&#233; de 180 000 d&#233;p&#244;ts de plaintes en 1950 &#224; pr&#232;s de 2,3 millions en 1985. Pour ce qui concerne les mineurs mis en examen, on en comptait 180 382 en 2002, contre 75 846 en 1974.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Second constat, dans notre soci&#233;t&#233;, les r&#232;gles sont transgress&#233;es en permanence : moyens de transport utilis&#233;s sans payer, consommation de cannabis, achat d'objets vol&#233;s, participation &#224; des bagarres sont des comportements largement banalis&#233;s. Plus rares sont les attitudes jug&#233;es commun&#233;ment bien plus violentes, telles que le racket, les cambriolages, les vols de voiture ou les coups et blessures. Troisi&#232;me constat, l'incapacit&#233; des syst&#232;mes p&#233;naux &#224; retrouver les auteurs. Le taux d'&#233;lucidation &#233;tait de 51,3 % en 1950, il est de 30 % en 2000. Pour ce qui est plus sp&#233;cifiquement des vols, les chiffres sont tout aussi faibles : 30 % en 1950, 12 % en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leurs d&#233;clarations, les auteurs d'actes peu graves reconnaissent n'avoir jamais &#233;t&#233; d&#233;tect&#233;s pour 91 % d'entre eux, avoir &#233;t&#233; identifi&#233;s par la police pour 7 %, et jug&#233;s par la justice pour 2 %. Pour ce qui est des actes graves, les d&#233;clarants affirment n'avoir jamais &#233;t&#233; d&#233;tect&#233;s pour 85 % d'entre eux, avoir &#233;t&#233; identifi&#233;s par la police pour 10 % et jug&#233;s par la justice pour 5 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est loin d'&#234;tre dans une soci&#233;t&#233; polici&#232;re o&#249; la chasse aux d&#233;linquants est un succ&#232;s. &#171; Police et justice ont toujours &#233;t&#233; l&#224;, affirme Sebastian Roch&#233;, non pour prot&#233;ger le citoyen contre l'ins&#233;curit&#233; physique mais pour d&#233;fendre l'ordre &#233;tabli. &#187; Quatri&#232;me constat : notre pays est parmi les moins r&#233;pressifs, si, du moins, l'on s'en tient au taux d'incarc&#233;ration qui y est de 85 pour 100 000 habitants, l&#224; o&#249; l'Italie atteint 95 pour 100 000, l'Allemagne 96 pour 100 000, le Canada 102 pour 100 000, l'Angleterre 139 pour 100 000 et les USA 686 pour 100 000 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer cette &#233;volution inqui&#233;tante ? L&#224;, on quitte le domaine des faits pour aborder celui des hypoth&#232;ses. Mais celles de Sebastian Roch&#233; sont int&#233;ressantes &#224; reprendre. Il se refuse &#224; en privil&#233;gier l'une plus que l'autre, pr&#233;f&#233;rant la multiplicit&#233; &#224; la cause unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re explication avanc&#233;e : le rapport de cause &#224; effet avec la tendance &#224; l'am&#233;lioration g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la qualit&#233; de la vie (logement, travail, loisir et&#8230; s&#233;curit&#233;). Cela semble &#233;vident, mais avant que n'apparaissent les t&#233;l&#233;phones portables, on ne d&#233;plorait pas qu'on puisse les voler. La multiplication des biens de consommation entra&#238;nerait donc in&#233;vitablement la tentation de leur appropriation frauduleuse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Second facteur, la facilitation de r&#233;alisation des transgressions : les cibles potentielles sont accessibles et vuln&#233;rables. Le premier grand pourvoyeur est pour les voleurs les supermarch&#233;s qui offrent &#224; port&#233;e de main des milliers de marchandises. Le second pourvoyeur est le particulier (vous et moi) qui accumule une impressionnante quantit&#233; d'objets &#224; son domicile (qu'il h&#233;site &#224; transformer en bunker) : &#171; Ouvrez n'importe quelle porte de n'importe quel appartement et vous trouverez toujours quelque chose &#224; voler &#187;, ironise Sebastian Roch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me explication possible : la banalisation des actes de transgression qui ne sont pas toujours repris par des adultes eux-m&#234;mes trop souvent en d&#233;licatesse ne serait-ce, par exemple, face aux comportements routiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e aupr&#232;s d'&#233;ducateurs de pr&#233;vention a d&#233;montr&#233; que ces derniers cotaient moins s&#233;v&#232;rement les actes de d&#233;linquance que les jeunes ! Autre axe de la recherche, celle qui s'est pench&#233;e sur les facteurs pouvant faciliter ou au contraire d&#233;courager la d&#233;rive d&#233;linquante. Parmi les &#233;l&#233;ments favorisant, on trouve l'&#233;chec scolaire (qui obscurcit les perspectives de r&#233;ussite sociale), la pr&#233;cocit&#233; du passage &#224; l'acte (qui peut &#234;tre pr&#233;dicteur du comportement ult&#233;rieur) et le refus de la part des parents de rentrer en conflit avec leur enfant et de le frustrer en lui refusant ses demandes (qui rend d'autant plus insupportable tout manque).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les circonstances qui minimisent les risques correspondent &#224; la qualit&#233; du dialogue &#224; l'int&#233;rieur de la famille, &#224; la disponibilit&#233; des parents et au contr&#244;le parental des sorties et activit&#233;s ext&#233;rieures du jeune (&#171; o&#249; tu vas ? &#187;, &#171; Avec qui tu vas ? &#187;, &#171; A quelle heure tu rentres ? &#187; sont des soucis &#233;ducatifs qui provoquent chez ceux qui les subissent 7 &#224; 8 fois moins de d&#233;linquance). Sebastian Roch&#233;, d&#233;cid&#233;ment r&#233;solu &#224; ruiner nos derni&#232;res illusions, d&#233;nie &#224; la d&#233;linquance tout contenu de r&#233;volte ou de contestation plus ou moins consciente de l'ordre &#233;tabli, le jeune d&#233;linquant cherchant surtout &#224; participer &#224; la consommation, au m&#234;me titre que tout un chacun, adoptant ainsi les m&#234;mes valeurs que le reste de la soci&#233;t&#233;. Dernier pav&#233; dans la marre, celui de l'ethnicisation de la d&#233;linquance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;tude r&#233;alis&#233;e &#224; partir de l'activit&#233; d'un tribunal pour enfant sur une p&#233;riode de quinze ans montre deux chiffres inqui&#233;tants quant &#224; la surrepr&#233;sentation des jeunes d'origine nord-africaine : ils constituent 47 % des proc&#233;dures judiciaires et 58 % des jeunes accueillis dans les foyers PJJ. On sait que les enfants issus de l'immigration maghr&#233;bine cumulent toute une s&#233;rie de handicaps (acc&#232;s &#224; l'emploi, au logement, d&#233;lit de faci&#232;s&#8230;) qui peuvent expliquer en partie cette forte proportion dans la d&#233;linquance des mineurs. Mais donner ainsi ces chiffres bruts ne risque-t-il pas d'alimenter les r&#233;actions racistes ? Refuser de le savoir, pourrait-on r&#233;pliquer, ne permet pas non plus de cibler les actions de pr&#233;vention pour r&#233;pondre au mieux aux besoins que ce que l'on peut consid&#233;rer comme un sympt&#244;me exprim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inclassable, insaisissable, irritant, se contentant de partir des faits v&#233;rifi&#233;s et d'&#233;baucher des hypoth&#232;ses, Sebastian Roch&#233; apporte autant de r&#233;ponses qu'il pose de questions. De quoi peut-&#234;tre nous permettre de mieux prendre la mesure de la complexit&#233; d'une r&#233;alit&#233; qu'on a trop tendance &#224; vouloir r&#233;duire &#224; quelque discours id&#233;ologique ou conviction pr&#233;&#233;tablie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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