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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Quand une institution s'adapte &#224; l'usager</title>
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		<dc:date>2004-12-02T13:26:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Association</dc:subject>
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&lt;p&gt;Depuis deux ans, l'unit&#233; polyvalente d'action socio-&#233;ducative de Tours de l'association Montjoie fait l'exp&#233;rience d'une adaptation aux conditions du secteur en Indre-et-Loire. La m&#233;thode employ&#233;e ne manque pas d'originalit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le secteur de la protection de l'enfance bruisse depuis un certain nombre d'ann&#233;es, de discours qui pr&#233;tendent vouloir r&#233;pondre au plus pr&#232;s aux besoins des publics qu'il prend en charge. Outil central de cette pr&#233;occupation r&#233;currente, le projet individualis&#233; qui permet, th&#233;oriquement, (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis deux ans, l'unit&#233; polyvalente d'action socio-&#233;ducative de Tours de l'association Montjoie fait l'exp&#233;rience d'une adaptation aux conditions du secteur en Indre-et-Loire. La m&#233;thode employ&#233;e ne manque pas d'originalit&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le secteur de la protection de l'enfance bruisse depuis un certain nombre d'ann&#233;es, de discours qui pr&#233;tendent vouloir r&#233;pondre au plus pr&#232;s aux besoins des publics qu'il prend en charge. Outil central de cette pr&#233;occupation r&#233;currente, le projet individualis&#233; qui permet, th&#233;oriquement, de faire coller la d&#233;marche institutionnelle &#224; la probl&#233;matique particuli&#232;re de l'usager. Mais, trop souvent, ces bonnes intentions se r&#233;duisent &#224; une offre de service rigide et limit&#233;e. Ce n'est pas le dispositif qui s'adapte &#224; l'enfant, mais l'enfant qui doit entrer de gr&#233; ou de force dans des cases pr&#233;&#233;tablies. Familles et services socio-&#233;ducatifs ont d'ailleurs tellement de mal &#224; trouver une place disponible, qu'ils remettent parfois &#224; plus tard le souci de v&#233;rifier quand il en trouve une, si celle-ci est vraiment en ad&#233;quation exacte avec la probl&#233;matique de l'enfant. Le choix du type d'accueil est alors d&#233;termin&#233; surtout &#224; partir de l'existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'on se rassure : ce n'est, bien entendu, jamais soi qui agit ainsi, mais toujours le coll&#232;gue (ou le service) d'&#224; c&#244;t&#233; ! Ce constat un peu pessimiste ne doit pas, pour autant, nous amener &#224; ignorer les innovations qui se pratiquent, le plus souvent &#224; bas bruit, et qui pr&#233;figurent des tendances de l'action socio-&#233;ducative qui pourraient bien se g&#233;n&#233;raliser dans les prochaines d&#233;cennies. Le coup de projecteur que nous allons donner aujourd'hui concerne le choix fait par une grosse association d'opter plut&#244;t pour un dispositif diversifi&#233; que pour une structure classique d'h&#233;bergement : l'Unit&#233; polyvalente d'action socio-&#233;ducative (Upase), cr&#233;&#233;e par l'association Montjoie &#224; Tours et qui a commenc&#233; &#224; fonctionner en septembre 2002.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Naissance d'un plateau technique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en 2001, le conseil g&#233;n&#233;ral d'Indre-et-Loire lance un appel &#224; projet auquel va se joindre la protection judiciaire de la jeunesse. Il s'agit de remplacer la Bazoge, un &#233;tablissement qui avait ferm&#233; depuis un certain temps, suite &#224; des difficult&#233;s internes. Mais les 32 places d'h&#233;bergement que l'on cherchait ainsi &#224; r&#233;tablir, n'avaient pas vocation &#224; reprendre le profil exact de la maison d'enfant &#224; caract&#232;re social disparue qui n'accueillait que des filles. Toute proposition innovante &#233;tait d'autant bienvenue que cette commande &#233;tait accompagn&#233;e de consid&#233;rations quant &#224; la difficult&#233; d'accueil de populations particuli&#232;rement d&#233;structur&#233;es. Comme souvent dans ce type d'appel d'offres, le public vis&#233; &#233;tait plut&#244;t celui qui ne trouvait aucune place ailleurs, les structures d&#233;j&#224; existantes ayant atteint les limites de leur possibilit&#233; d'int&#233;gration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association Montjoie formula alors ses propositions. Elle avait la possibilit&#233; de r&#233;pondre &#224; la demande, en suivant un sch&#233;ma classique. Elle fit d'ailleurs visiter aux prescripteurs d'Indre-et-Loire la maison d'enfants qu'elle venait de cr&#233;er &#224; Saint-Calais dans la Sarthe et qui r&#233;pondait tout particuli&#232;rement aux exigences architecturales que la loi de 2002 imposait (chambres individuelles &#233;quip&#233;es de sanitaires particuliers). Finalement, son choix fut tout autre : celui de proposer un autre dispositif bas&#233; sur le principe de l'&#233;clatement. L'id&#233;e &#233;tait de pr&#233;senter des modalit&#233;s d'h&#233;bergement diversifi&#233;es qui soient en mesure de s'adapter non seulement &#224; la probl&#233;matique de l'enfant &#224; son entr&#233;e, mais qui soient en outre susceptibles de suivre son &#233;volution ult&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition de Montjoie fut retenue. C'est un v&#233;ritable plateau technique qui s'est ainsi progressivement mis en place. On y trouve d'abord un h&#233;bergement collectif plut&#244;t classique qui rel&#232;ve d'une logique contenante. Ce foyer offre douze places &#224; des jeunes sans projet ou dont le projet est si fragile qu'ils ont besoin d'un intense travail de socialisation. Autre unit&#233;, aux objectifs proches, trois lieux de vie s'inscrivant dans une dynamique de rupture et de mise &#224; distance : l'un propose un &#233;levage p&#233;dagogique, l'autre la restauration et la vente de vieux meubles, le troisi&#232;me des aides &#224; la personne et des petits travaux m&#233;nagers. On est dans le &#171; vivre avec &#187; s'adressant &#224; des jeunes qui ont besoin avant tout de r&#233;apprendre &#224; se lever, &#224; manger &#224; des heures r&#233;guli&#232;res, avant m&#234;me d'envisager une r&#233;insertion.&lt;i&gt; &#171; Ces lieux de vie, nous les avons appel&#233;s paradoxalement &#171; institutionnels &#187;&lt;/i&gt; alors que le principe est n&#233; dans les ann&#233;es 1970, d'une volont&#233; d'alternative aux institutions, explique Bernard Lesbros directeur g&#233;n&#233;ral de Montjoie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e est bien d'associer la souplesse que constitue une petite unit&#233; avec la possibilit&#233; de la r&#233;gulation et d'analyse de pratique que permet plus facilement le rattachement &#224; une institution &#187;. Autre unit&#233; de l'&#233;tablissement : un petit placement familial compos&#233; de trois assistantes maternelles qui propose un accueil plus proche du mod&#232;le auquel peuvent parfois aspirer un certain nombre de jeunes. Un cinqui&#232;me type de structure appel&#233; &#171; foyer de pr&#233;paration &#224; l'autonomie &#187; a &#233;t&#233; am&#233;nag&#233; dans une petite maison. Il est destin&#233; &#224; des jeunes plus aptes &#224; se poser et &#224; s'interroger sur eux-m&#234;mes : il favorise par exemple des rencontres avec des t&#233;moins ext&#233;rieurs riches en exp&#233;rience de vie. Cran suppl&#233;mentaire dans l'autonomisation : trois appartements collectifs recevant sept jeunes install&#233;s au m&#234;me &#233;tage d'un immeuble HLM. Enfin, sept studios individuels &#233;parpill&#233;s dans toute l'agglom&#233;ration qui peuvent &#234;tre propos&#233;s &#224; des jeunes presque pr&#234;ts &#224; se lancer sans filet. Une attention particuli&#232;re a &#233;t&#233; accord&#233;e au travail avec les familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement, un personnel sp&#233;cifique a &#233;t&#233; affect&#233; &#224; cette seule t&#226;che, mais deux petits appartements ont aussi &#233;t&#233; am&#233;nag&#233;s, permettant aux parents, qui pour des raisons juridiques ou mat&#233;rielles n'ont pas la possibilit&#233; d'accueillir leur enfant chez eux, de venir n&#233;anmoins passer avec lui quelques heures voire plusieurs jours. Les logements ont &#233;t&#233; &#233;quip&#233;s en cons&#233;quence : cuisines, chambres &#224; coucher, etc. L'Upase fonctionne aujourd'hui depuis plus de deux ans. Comme bien souvent dans ce genre de circonstances, il a fallu du temps pour trouver tous les locaux recherch&#233;s, propri&#233;taires et voisins s'opposant &#224; de telles installations. C'est d'abord un ancien h&#244;tel qui a &#233;t&#233; acquis et am&#233;nag&#233; pour recevoir s&#233;par&#233;ment les bureaux administratifs et le foyer de douze places. Quant &#224; la maison destin&#233;e au foyer de pr&#233;paration &#224; l'autonomie, elle vient tout juste d'&#234;tre am&#233;nag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le d&#233;marrage n'a pas forc&#233;ment &#233;t&#233; tr&#232;s simple, l'&#233;tablissement a atteint aujourd'hui son rythme de croisi&#232;re. Sa capacit&#233; d'accueil a m&#234;me &#233;t&#233; augment&#233;e de 32 &#224; 46 lits, le personnel passant de 20 &#224; 49 salari&#233;s. Ainsi deux ann&#233;es ont suffi pour d&#233;montrer qu'un tel fonctionnement diversifi&#233; pr&#233;sentait bien des avantages.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une multiplicit&#233; de r&#233;ponses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S'il est bien une difficult&#233; inh&#233;rente &#224; la protection de l'enfance, c'est ce syndrome du paquet de pointes qui frappe les services confront&#233;s &#224; ces enfants et &#224; ces jeunes qui les mettent successivement en &#233;chec, passant d'un &#233;tablissement &#224; un autre et vivant ainsi &#224; chaque fois des &#233;checs destructeurs pour leur image d'eux-m&#234;mes et leur estime de soi. L'originalit&#233; de l'Upase r&#233;side bien dans le fait que l'enfant accueilli l'est sur la base d'un seul acte de placement et d'un seul prix de journ&#233;e. Il n'y a pas comp&#233;tition entre les diff&#233;rents types d'accueil puisqu'ils font partie du m&#234;me &#233;tablissement. Le seuil de tol&#233;rance institutionnelle est bien diff&#233;rent de celui que peut offrir un foyer classique qui n'a que peu d'alternative, face aux situations les plus complexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse peut structurellement &#234;tre r&#233;active et &#233;viter la rigidit&#233;, en s'adaptant aux probl&#233;matiques individuelles et familiales. C'est l'&#233;tablissement qui g&#232;re directement en interne le parcours du jeune, le faisant passer d'une unit&#233; &#224; l'autre, en fonction de ses besoins et de son &#233;volution. &#171; La population que nous avons re&#231;ue a &#233;t&#233; d&#232;s le d&#233;part bien diff&#233;rente que celle que nous attendions : nous avons accueilli beaucoup de jeunes pour lesquels les autres structures avaient jet&#233; l'&#233;ponge &#187; constate Jean-Marc Tochet, directeur de l'Upase. Avec &#224; la cl&#233;, de nombreuses d&#233;gradations dans les locaux et des agressions sur les personnels. Bapt&#234;me du feu bien involontaire et finalement l'occasion peut-&#234;tre de v&#233;rifier la pertinence de la dynamique choisie ? &#192; c&#244;t&#233; de bien d'autres facteurs sans doute, c'est la souplesse du mode de fonctionnement qui permit de faire face bien plus facilement &#224; ces impr&#233;vus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'exemple de ce jeune rejet&#233; de partout, pr&#233;sentant un profil &#224; la fois de handicap mental et d'a-socialisation proche de la psychose et pour qui un aide-soignant en psychiatrie a pu &#234;tre recrut&#233;, avec l'accord des financeurs, fonction qui dispara&#238;tra avec la fin du placement de ce jeune. Tout comme le poste permanent d'infirmier psychiatrique pr&#233;vu pour permettre une liaison avec les jeunes sous traitement. Autre exemple, face &#224; la multiplication des jeunes &#226;g&#233;s de moins de 16 ans, parfois tr&#232;s difficiles qui arrivent en errance tant scolaire que professionnelle, sans projet et sans capacit&#233; d'en avoir, l'&#233;tablissement a cr&#233;&#233; un service &#233;ducatif de jour qui a ouvert ses portes le 1er novembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce service se fixe comme ambition de remobiliser et d'&#233;valuer les comp&#233;tences d'un public en &#233;chec dans les dispositifs pourtant adapt&#233;s de l'&#201;ducation nationale (classes relais ou Cippa). Il d&#233;veloppe une p&#233;dagogie de la r&#233;ussite, personnalis&#233;e et tourn&#233;e vers une r&#233;habilitation de la confiance en soi, utilisant comme support un ensemble d'activit&#233;s &#233;ducatives, scolaires et culturelles, d'ateliers techniques, d'expression et sportifs, de stages professionnels, etc. On sait que l'enfer est pav&#233; de bonnes intentions. Il convient de r&#233;fl&#233;chir aux effets pervers des meilleures innovations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Upase a pens&#233; aux d&#233;rives possibles : il ne s'agit pas d'enfermer l'usager dans un univers clos, Montjoie pourvoyant &#224; tous ses besoins, depuis son arriv&#233;e jusqu'&#224; son d&#233;part. Pour &#233;viter de recr&#233;er un syst&#232;me de fili&#232;res ou un processus de ghetto&#239;sation, la d&#233;cision a &#233;t&#233; prise d'ouvrir ce service de jour &#224; d'autres jeunes (cela devrait se faire d&#232;s septembre 2005). Mais, l&#224; encore, pour ne pas tomber dans la facilit&#233; tentante pour l'&#201;ducation nationale d'orienter vers ce service tout &#233;l&#232;ve avec lequel elle rencontrerait des difficult&#233;s, une condition est pos&#233;e &#224; l'admission : que le jeune soit suivi par un travailleur social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conviendra que ce vaste dispositif constitue un ensemble des plus h&#233;t&#233;roclite, toute la difficult&#233; &#233;tant de r&#233;sister &#224; la satellisation progressive, chaque unit&#233; pouvant &#234;tre naturellement port&#233;e &#224; rechercher son autonomie. Pour s'opposer &#224; cette force centrifuge, il fallait une force centrip&#232;te plus puissante : c'est l'&#233;quipe technique et de direction qui a investi ce r&#244;le, intervenant transversalement, maintenant la coh&#233;rence de l'ensemble, pr&#233;servant les liens et facilitant les circulations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'Upase de Tours, l'association Montjoie a propos&#233; une innovation qui, &#224; petite &#233;chelle, n'est pas sans rappeler la r&#233;forme intervenue au Qu&#233;bec en 1993. Ce qui s'est appel&#233; alors le &#171; virage-milieu &#187; a regroup&#233; l'ensemble des services de protection de l'enfance dans les centres de jeunesse charg&#233;s de prendre en charge tout enfant en danger. Plus de chevauchements inad&#233;quats, ni de coordination inappropri&#233;e : il revient &#224; une seule et m&#234;me autorit&#233; disposant de tout un plateau technique, de trouver une solution &#224; un probl&#232;me. Ce mode d'organisation peut-il constituer une voie possible pour l'avenir ? Il ne convient pas forc&#233;ment &#224; notre esprit gaulois qui rechigne plut&#244;t face &#224; toute concentration et ne serait pas forc&#233;ment compatible avec le mouvement inverse de d&#233;centralisation que l'on conna&#238;t dans l'hexagone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association Montjoie n'a de toute fa&#231;on pas la pr&#233;tention de faire &#233;cole. Elle exp&#233;rimente &#224; sa mani&#232;re, une fa&#231;on de r&#233;pondre au plus pr&#232;s des besoins des usagers. Son choix comporte certainement ses avantages et ses inconv&#233;nients. Il a, en tout cas, le m&#233;rite d'exister ! Les professionnels ne s'y sont pas tromp&#233;s. Au d&#233;part, mis &#224; part quelques exceptions, ce sont surtout des jeunes dipl&#244;m&#233;s qui ont postul&#233; &#224; l'Upase. Aujourd'hui, l'&#233;tablissement re&#231;oit des candidatures nombreuses de professionnels int&#233;ress&#233;s par son projet original. C'est vrai qu'on ne peut qu'&#234;tre diablement intrigu&#233; et s&#233;duit par un tel dispositif. Et puis, viennent les interrogations : comment cette exp&#233;rience va-t-elle vieillir ? Ne va-t-elle pas se heurter &#224; des difficult&#233;s non imagin&#233;es au d&#233;part ? Peut-elle r&#233;ussir &#224; r&#233;sister aux forces centrifuges ? Il sera int&#233;ressant de retourner y voir de plus pr&#232;s dans quelques ann&#233;es. Chiche !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment se d&#233;velopper sans se disperser ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Comment-se-developper-sans-se-disperser</link>
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&lt;p&gt;Mise sur la sellette en 1992 par une affaire judiciaire qui d&#233;fraya la chronique du secteur social, consult&#233;e et sollicit&#233;e aujourd'hui pour son savoir-faire, l'association Montjoie a d&#233;cid&#233; de faire le point sur son projet associatif. Bernard Lesbros son directeur g&#233;n&#233;ral revient, &#224; notre demande, sur le pass&#233; et sur la d&#233;marche actuelle &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a de cela quelques ann&#233;es, l'association Montjoie a connu une crise institutionnelle et judiciaire. Comment l'a-t-elle g&#233;r&#233;e ? Je n'ai pas directement v&#233;cu cette (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mise sur la sellette en 1992 par une affaire judiciaire qui d&#233;fraya la chronique du secteur social, consult&#233;e et sollicit&#233;e aujourd'hui pour son savoir-faire, l'association Montjoie a d&#233;cid&#233; de faire le point sur son projet associatif. Bernard Lesbros son directeur g&#233;n&#233;ral revient, &#224; notre demande, sur le pass&#233; et sur la d&#233;marche actuelle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a de cela quelques ann&#233;es, l'association Montjoie a connu une crise institutionnelle et judiciaire. Comment l'a-t-elle g&#233;r&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas directement v&#233;cu cette affaire, &#233;tant arriv&#233; deux ans apr&#232;s, et je n'ai pas &#224; me prononcer sur le volet judiciaire, qui a fait de surcro&#238;t l'objet d'une amnistie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Rappelons qu'en d&#233;cembre 1992, un jeune majeur de dix-huit ans abuse (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour notre propos, on peut noter que l'affaire judiciaire est survenue dans un service de l'association, apr&#232;s une crise institutionnelle qui avait vu s'affronter deux conceptions de l'organisation : l'une fortement hi&#233;rarchique, l'autre de type autogestionnaire. Les directeurs &#233;taient &#224; l'&#233;poque, selon moi, des &#171; super-chefs de service &#187;. C'&#233;taient les &#233;ducateurs qui d&#233;terminaient ce qu'il convenait de faire en fonction de conceptions qui faisaient loi : leur &#233;thique personnelle et leur vision du bien de l'usager. Cela comportait une dimension tr&#232;s positive, celle de les impliquer intens&#233;ment dans les projets. Mais en contrepartie, le risque &#233;tait important d'une certaine tout-puissance, y compris face &#224; l'application de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand &#171; l'affaire &#187; a &#233;clat&#233;, l'association a &#233;t&#233; mise en demeure par les autorit&#233;s de red&#233;finir l'organisation du service. Au niveau associatif, apr&#232;s le d&#233;part du directeur g&#233;n&#233;ral pr&#233;c&#233;dent, j'ai &#233;t&#233; recrut&#233; pour aider, en quelque sorte, &#224; recoller les morceaux d'une association &#233;clat&#233;e et traumatis&#233;e. C'est l'&#233;laboration du projet associatif de 1999 qui a &#233;t&#233; l'&#233;l&#233;ment f&#233;d&#233;rateur de cette reconstruction et qui a permis de &#171; faire association &#187; : pourquoi sommes-nous l&#224;, que retenons-nous de l'histoire, comment &#233;difier l'avenir, comment d&#233;finir les bonnes pratiques, comment r&#233;partir les fonctions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les personnels ont &#233;t&#233; consult&#233;s, ce sont bien les membres de l'association qui se sont charg&#233;s de la r&#233;daction du projet (je n'ai moi-m&#234;me rien r&#233;dig&#233; dans ce document). Ce qui &#233;tait alors essentiel, c'&#233;tait de d&#233;finir l'ordre des l&#233;gitimit&#233;s. C'est bien parce qu'il y a une association qu'il y a des professionnels et non l'inverse. La hi&#233;rarchie des normes et des r&#232;gles impose d'abord la loi, puis le projet associatif, ensuite le projet de service et enfin seulement la &#171; conscience &#187; de chaque professionnel. Une salari&#233;e pr&#233;sente lors de l'affaire judiciaire nous a d&#233;clar&#233; que, si ce projet avait exist&#233; &#224; l'&#233;poque, il n'y aurait pas eu d'affaire Montjoie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les personnels, confront&#233;s &#224; des publics tr&#232;s instables qui ont surtout besoin de s&#233;curit&#233; et de continuit&#233; risquent d'&#234;tre d&#233;stabilis&#233;s par ces adaptations permanentes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai qu'en proc&#233;dant &#224; une vaste diversification des modes de prise en charge, en cr&#233;ant des lieux de vie, des s&#233;jours &#233;ducatifs &#224; l'&#233;tranger, voire des centres &#233;ducatifs ferm&#233;s (que nous sommes peu nombreux &#224; consid&#233;rer comme une r&#233;ponse positive pour certains jeunes en tr&#232;s grande difficult&#233;), nous pouvons donner l'impression d'un mouvement incessant, voire d&#233;sordonn&#233;. Pourtant, notre d&#233;marche est fond&#233;e sur une vision globale et prospective. Tout en renfor&#231;ant le fonctionnement quotidien des services, nous encourageons les &#233;quipes &#224; rechercher des formes de travail leur permettant de mieux r&#233;pondre aux besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement, les professionnels ne se sentent pas menac&#233;s dans leur outil de travail, mais ils ont la possibilit&#233; de proposer les ajustements qui leur semblent n&#233;cessaires dans leur pratique quotidienne. Mais, dans ce domaine, nous nous heurtons parfois &#224; des difficult&#233;s externes : les transformations envisag&#233;es ne peuvent &#234;tre d&#233;termin&#233;es exclusivement par l'association. Ainsi, il arrive que certains projets n'avancent pas assez vite au gr&#233; des professionnels, qui se montrent l&#233;gitimement impatients car les autorit&#233;s ne nous suivent pas toujours ou n'avancent pas au m&#234;me rythme que nous. Finalement, ce qui g&#234;ne les professionnels, &#224; mon avis, ce n'est donc pas le mouvement mais l'immobilit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment garantir la coh&#233;rence d'une association qui semble prise d'une expansion qui pourrait &#234;tre per&#231;ue comme une forme de boulimie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme de boulimie est impropre car notre d&#233;veloppement est r&#233;fl&#233;chi. Quand je suis arriv&#233;, le champ de Montjoie se limitait &#224; la stricte protection de l'enfance. Les difficult&#233;s de Montjoie pouvaient &#234;tre per&#231;ues aussi comme la cons&#233;quence d'un repli sur soi. C'est pourquoi, j'ai propos&#233; au conseil d'administration, tout en pr&#233;servant notre c&#339;ur de m&#233;tier, de nous &#171; oxyg&#233;ner &#187; en nous ouvrant vers des champs d'intervention proches (adultes en difficult&#233;, demandeurs d'asile par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, nous restons prudents devant les nombreuses propositions de projets que nous recevons des pouvoirs publics, d'associations, de professionnels, voire m&#234;me de syndicats de salari&#233;s. Nous ne r&#233;pondons pas toujours favorablement, loin s'en faut. Il faut que notre d&#233;veloppement ait un sens et qu'on &#233;vite la dispersion. Notre journ&#233;e associative a contribu&#233; &#224; r&#233;pondre &#224; votre question. Jusqu'alors, nous pensions qu'il fallait nous limiter &#224; un territoire g&#233;ographique et &#224; un secteur d'intervention pr&#233;d&#233;termin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, il est apparu que la bonne taille est celle qui permet de pr&#233;server le sentiment d'appartenance des professionnels et adh&#233;rents de Montjoie &#224; leur association, ainsi que la proximit&#233; avec les d&#233;cideurs. Les risques de satellisation peuvent exister, mais nous sommes vigilants &#224; r&#233;sister &#224; cette force centrifuge, gr&#226;ce &#224; une force &#171; centrip&#232;te &#187; qui doit pr&#233;cis&#233;ment provenir du projet associatif en cours de r&#233;vision.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rappelons qu'en d&#233;cembre 1992, un jeune majeur de dix-huit ans abuse sexuellement d'un enfant de sept ans plac&#233; dans la m&#234;me famille d'accueil. Les jeunes concern&#233;s sont imm&#233;diatement s&#233;par&#233;s. La Justice a &#233;t&#233; inform&#233;e douze jours apr&#232;s la connaissance des faits, trop tard dira-t-elle&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>S'adapter pour mieux r&#233;pondre aux besoins</title>
		<link>https://www.lien-social.com/S-adapter-pour-mieux-repondre-aux-besoins</link>
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		<dc:subject>Association</dc:subject>
		<dc:subject>Usager</dc:subject>
		<dc:subject>732</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;S'il est bien une pr&#233;occupation commune aux institutions du secteur &#233;ducatif et m&#233;dico-social, c'est l'adaptation &#224; des besoins nouveaux qui &#233;mergent et &#224; un environnement en mutation constante. Chacune y r&#233;pond &#224; sa mani&#232;re. Exemple de mobilisation d'une grande association forte de ses quatre cents salari&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
Trop souvent, le changement est con&#231;u comme une p&#233;riode plut&#244;t p&#233;nible et regrettable que l'on est contraint de subir entre deux &#233;tats stables. Bernard Lesbros, directeur g&#233;n&#233;ral de l'association (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Association" rel="tag"&gt;Association&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Usager" rel="tag"&gt;Usager&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-732-" rel="tag"&gt;732&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_754 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/IMG/png/2-changement.png' width=&#034;600&#034; height=&#034;380&#034; alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est bien une pr&#233;occupation commune aux institutions du secteur &#233;ducatif et m&#233;dico-social, c'est l'adaptation &#224; des besoins nouveaux qui &#233;mergent et &#224; un environnement en mutation constante. Chacune y r&#233;pond &#224; sa mani&#232;re. Exemple de mobilisation d'une grande association forte de ses quatre cents salari&#233;s&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trop souvent, le changement est con&#231;u comme une p&#233;riode plut&#244;t p&#233;nible et regrettable que l'on est contraint de subir entre deux &#233;tats stables. Bernard Lesbros, directeur g&#233;n&#233;ral de l'association Montjoie, dont le si&#232;ge est situ&#233; au Mans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Montjoie - 73 rue du Bourg Bel&#233; - 72000 Le Mans. Tel. 02 43 47 00 30 - (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le proclame haut et fort : &lt;i&gt;&#171; A chaque &#233;tape significative de l'&#233;volution de notre association et de son environnement, il faudra se poser la question de l'adaptation de son mode d'organisation : mon souci est de lancer le mouvement, pas de savoir o&#249; je vais &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; relanc&#233; &#224; plus de 2500 ans de distance, le d&#233;bat pr&#233;socratique entre les partisans de la permanence (la constance et la continuit&#233; &#233;tant consid&#233;r&#233;es comme les garantes de la n&#233;cessaire stabilit&#233;) et ceux qui revendiquent le changement (comme seule fa&#231;on de coller aux perp&#233;tuelles transformations du monde).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;S'adapter aux mutations en cours&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien plus prosa&#239;quement, ils &#233;taient pr&#232;s de 200 &#224; se retrouver le mardi 4 octobre 2004 autour d'une journ&#233;e institutionnelle destin&#233;e &#224; lancer la dynamique de r&#233;&#233;criture du projet &#233;ducatif de Montjoie. Initi&#233;e et conduite par le conseil d'administration, cette d&#233;marche avait &#233;t&#233; engag&#233;e avec la volont&#233; affich&#233;e d'y associer l'ensemble des membres du personnel. Quels besoins avaient donc &#233;merg&#233; pour n&#233;cessiter une telle r&#233;vision d'un document dont la pr&#233;c&#233;dente version ne datait que de 1999 ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Servir l'utilit&#233; sociale en g&#233;n&#233;ral et mettre en &#339;uvre le respect de la personne et sa socialisation en particulier : si les r&#233;f&#233;rences et valeurs initiales qui ont travers&#233; les d&#233;cennies depuis la cr&#233;ation de l'association en 1947 n'ont pas de raison d'&#234;tre remises en cause, explique son pr&#233;sident, Gilles Cottereau, reste la n&#233;cessit&#233; de scruter le monde, d'&#234;tre &#224; l'&#233;coute de ses transformations et d'interroger les pratiques afin de s'y adapter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Montjoie : une association multicartes La protection de l'enfance et (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;tamorphoses en cours &#233;tant nombreuses, les efforts d'ajustements sont parfaitement justifi&#233;s, rappelle Michel Pannier, directeur de l'URIOPS. Il y a d'abord les contraintes nouvelles communes au secteur m&#233;dico-social : la loi 2002 qui constitue une nouvelle affirmation du droit des usagers, les pouvoirs toujours plus importants que la d&#233;centralisation attribue aux d&#233;partements en mati&#232;re sociale, la dimension du territoire qui impr&#232;gne de plus en plus une action socio-&#233;ducative qui se d&#233;cline de plus en plus souvent en terme de &#171; d&#233;veloppement local &#187;&#8230; Mais, il faut aussi &#233;voquer la place prise par l'Europe : ainsi, cette directive en date du 13 janvier 2004 qui pr&#233;voit, &#224; l'&#233;ch&#233;ance de 2007, l'interp&#233;n&#233;tration des march&#233;s nationaux des membres de la communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a pas de cons&#233;quences que pour le secteur concurrentiel. Pour notre propre secteur, cela implique concr&#232;tement que tout projet d'ouverture d'une maison de retraite par exemple, ou tout appel d'offres pour la cr&#233;ation d'un service d'AEMO devra prendre en compte les candidatures quelle qu'en soit la nationalit&#233;. Quant aux contingences plus sp&#233;cifiques &#224; l'association Montjoie, elle se r&#233;f&#232;re &#224; son ouverture &#224; des secteurs d&#233;bordant tant la stricte protection de l'enfance (demandeurs d'asile, insertion professionnelle et toxicomanie) que son d&#233;partement d'origine, la Sarthe (cr&#233;ation de services en Indre-et-Loire et dans l'Orne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, des pr&#233;occupations &#233;mergent qui pourront &#234;tre partag&#233;es par bien d'autres associations : s'interroger sur sa l&#233;gitimit&#233; ou v&#233;rifier qu'en &#233;tendant son espace d'existence, on ne r&#233;duit pas la profondeur de son intervention. Bien des questions se posent donc, qui justifient pleinement que l'on y r&#233;fl&#233;chisse, le temps d'une journ&#233;e, administrateurs et professionnels r&#233;unis, en &#233;coutant les contributions d'intervenants ext&#233;rieurs, mais aussi en d&#233;battant et &#233;changeant.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Partir des besoins des usagers&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les professionnels du secteur &#233;ducatif ou m&#233;dico-social fondent la validit&#233; de leur action sur leur aptitude &#224; r&#233;pondre aux besoins des personnes en difficult&#233; &#224; qui ils s'adressent. Mais les modes de r&#233;ponses sont pluriels. Alain Cochet, psychologue clinicien apporte de pr&#233;cieuses pr&#233;cisions en distinguant respectivement les champs de la r&#233;adaptation, de la r&#233;insertion et de la r&#233;habilitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;adaptation correspond &#224; l'ensemble des actions qui permettent de supprimer, d'att&#233;nuer ou de surmonter des obstacles g&#233;n&#233;rateurs de handicap. Cette approche rel&#232;ve plut&#244;t du secteur du soin. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;insertion, elle, concerne plus le socio-&#233;ducatif en ce qu'elle privil&#233;gie l'action qui favorise le retour de l'individu dans son milieu familial et professionnel. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;habilitation serait alors un concept synth&#233;tique qui engloberait &#224; la fois la mise en &#339;uvre de tout ce qui permet &#224; la personne de tirer le meilleur parti de ses capacit&#233;s de persistance (en d&#233;veloppant ses habilet&#233;s) et &#224; la fois la restauration de sa dignit&#233; perdue (en favorisant son acc&#232;s &#224; une citoyennet&#233; totale tant politique que juridique ou &#233;conomique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi d&#233;fini, le noyau dur de l'action sociale n&#233;cessite une mise en forme dont se chargent les institutions qu'elles soient publiques ou associatives. Christian Le Mo&#235;ne, universitaire et consultant, pr&#233;cise les conditions du succ&#232;s de cette entreprise. Elles se situent &#224; trois niveaux : l'adaptation des mesures aux besoins des usagers, la tra&#231;abilit&#233; des pratiques et la reconnaissance des intervenants. Si l'on veut &#233;laborer des r&#233;ponses qui ne soient pas st&#233;r&#233;otyp&#233;es, mais qui soient flexibles et adapt&#233;es aux parcours individualis&#233;s, il appara&#238;t n&#233;cessaire de partir des situations concr&#232;tes v&#233;cues par les usagers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien &#224; partir de l'observation de leurs besoins r&#233;els que peuvent &#234;tre constitu&#233;s des plateaux techniques. Qu'ensuite soit privil&#233;gi&#233;e une organisation qui fonctionne plut&#244;t sur le principe de la centralisation ou plut&#244;t sur celui de la d&#233;l&#233;gation de pouvoir, que l'on pr&#233;f&#232;re s'adresser &#224; la population &#224; partir d'une logique de p&#244;les territoriaux (un m&#234;me secteur g&#233;ographique d&#233;pendant d'un guichet unique) ou sur une logique de mission (on s'adresse &#224; un service en fonction d'une probl&#233;matique pr&#233;cise : insertion, protection de l'enfance, handicap&#8230;) importe peu, chaque option comportant ses avantages et ses inconv&#233;nients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel reste dans l'&#233;coute de la demande sociale et la capacit&#233; &#224; r&#233;pondre aux n&#233;cessit&#233;s qui &#233;mergent du quotidien des personnes en difficult&#233;. Pour que l'organisation du dispositif ne se limite pas &#224; un fonctionnement fig&#233;, mais r&#233;agisse comme un processus vivant, il faut d'abord qu'elle prenne en compte la complexit&#233; de l'intervention professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui dit complexit&#233; ne dit pas opacit&#233;. On doit pouvoir, et c'est l&#224; la seconde condition, rendre compr&#233;hensibles les pratiques, y compris dans leurs limites. C'est une m&#233;prise de se limiter &#224; la recherche des &#171; bonnes pratiques &#187;. Il est bien plus f&#233;cond de partir des d&#233;rapages et des dysfonctionnements, l'erreur &#233;tant beaucoup plus instructive que l'&#233;nonc&#233; de comportements id&#233;aux. Mais qui osera aborder publiquement le suivi d'une situation o&#249; les intervenants ont &#233;t&#233; mis en d&#233;faut ? Pourtant, ce qui est au c&#339;ur de la professionnalisation, c'est non seulement la capacit&#233; d'anticipation sur les situations qui se pr&#233;sentent, mais aussi cet art de l'improvisation qui est directement li&#233; &#224; l'impr&#233;visibilit&#233; des probl&#233;matiques humaines et l'impossibilit&#233; de s'appuyer sur une proc&#233;dure m&#233;canique, pour y r&#233;pondre. Et c'est justement cet art qu'il faut pouvoir visibiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me condition &#233;voqu&#233;e par Christian Le Mo&#235;ne, la valorisation des salari&#233;s, la capitalisation de leurs savoirs et les garanties offertes par l'institution en terme de protection face &#224; la judiciarisation et &#224; la publicisation croissante. Et notre universitaire consultant de s'&#233;tonner que le secteur &#233;ducatif et m&#233;dico-social soit l'un des seuls &#224; ne jamais mettre en valeur le travail de ses salari&#233;s. M&#234;me s'il est peu envisageable, conc&#232;de-t-il, d'imiter les pratiques propres &#224; certaines industries ou commerces qui affichent sur un tableau d'honneur les noms de leurs collaborateurs qui ont le plus produit ou le plus vendu dans le mois, il est tout &#224; fait concevable d'imaginer une identification et une mutualisation des exp&#233;riences innovantes et performantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vouloir inventer, &#224; chaque fois que cela semble n&#233;cessaire, de nouvelles formes d'organisation, pour toujours mieux r&#233;pondre au d&#233;fi permanent des mutations en cours, constitue un pari os&#233;, gu&#232;re rassurant pour qui craint le changement, mais stimulant pour qui veut s'inscrire dans un processus d'am&#233;lioration permanente. C'est l&#224; l'orientation strat&#233;gique choisie par l'association Montjoie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste un sentiment diffus exprim&#233; en interne par Jean-luc Bombled, d&#233;l&#233;gu&#233; syndical, comme il pourrait tout autant l'&#234;tre en externe, par certains observateurs quelque peu critiques : n'y a-t-il pas l&#224; un risque de d&#233;rive expansionniste qui transformerait l'association en &#171; supermarch&#233; du social &#187;, aboutissant &#224; une perte de sens ? Question qui fait r&#233;agir Bernard Lesbros : &lt;i&gt;&#171; Avec trois cent cinquante salari&#233;s, Montjoie reste une association de taille moyenne qui s'adresse &#224; un public tr&#232;s homog&#232;ne d'enfants et d'adultes en difficult&#233; sociale. Quant &#224; nos prestations, elles n'ont rien de produits standards et bon march&#233;, mais sont au contraire le r&#233;sultat de l'innovation et du &#8220;sur-mesure&#8221; &#187;&lt;/i&gt;. De quoi aller plus loin en donnant directement la parole &#224; ce directeur g&#233;n&#233;ral d&#233;cid&#233;ment soucieux de bien faire comprendre sa politique associative (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Comment-se-developper-sans-se-disperser' class='spip_in'&gt;lire interview&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Montjoie - 73 rue du Bourg Bel&#233; - 72000 Le Mans. Tel. 02 43 47 00 30 - &lt;a href=&#034;mailto:info@montjoie.asso.fr&#034; class='spip_mail'&gt;info@montjoie.asso.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Montjoie : une association multicartes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La protection de l'enfance et l'accueil de jeunes en difficult&#233; constituent l'activit&#233; principale de l'association Montjoie qui propose un dispositif d'accueil diversifi&#233; et adapt&#233; aux besoins des jeunes : un placement familial accueillant 230 mineurs ; le centre &#233;ducatif et scolaire Montjoie, une maison d'enfants &#224; caract&#232;re social assurant l'accompagnement &#233;ducatif, l'h&#233;bergement et la scolarit&#233; de 44 enfants et adolescents de 6 &#224; 16 ans ; l'&#233;tablissement &#233;ducatif Montjoie accueillant 53 enfants, adolescents et jeunes adultes, de 6 &#224; 21 ans dans quatre maisons situ&#233;es dans l'agglom&#233;ration mancelle ; l'&#233;tablissement d'action psycho &#233;ducative et sociale, foyer &#233;ducatif accueillant 30 gar&#231;ons et filles &#226;g&#233;s de 12 &#224; 21 ans pr&#233;sentant des troubles du caract&#232;re et du comportement ; l'unit&#233; polyvalente d'action socio-&#233;ducative, cr&#233;&#233;e en 2002 et situ&#233;e en Indre-et-Loire, ensemble &#233;ducatif diversifi&#233; (foyer, appartements &#233;ducatifs, placement familial, studios, lieux de vie) accueillant 46 jeunes (lire page 10) ; le centre &#233;ducatif de jour Montjoie proposant &#224; des jeunes, &#226;g&#233;s de 14 &#224; 19 ans un retour &#224; une scolarit&#233; ordinaire ou l'int&#233;gration dans un cursus de formation professionnelle. Au total, ce sont donc plus de 400 jeunes qui sont accueillis, h&#233;berg&#233;s et &#233;duqu&#233;s quotidiennement par Montjoie. En projet la cr&#233;ation d'un centre &#233;ducatif ferm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'association m&#232;ne aussi des actions diversifi&#233;es en direction d'autres publics : l'Accueil Info Drogue qui est &#224; la fois un centre de soin sp&#233;cialis&#233; pour toxicomanes et un service de pr&#233;vention des toxicomanies ; l'Appui 72, lieu d'accueil, d'&#233;coute et d'accompagnement de personnes en situation de d&#233;tresse, quelle qu'en soit l'origine ; l'espace d'accompagnement et de m&#233;diation familial, la Porte-parole, offrant dans un quartier du Mans un lieu de convivialit&#233; et d'&#233;coute centr&#233; sur les probl&#232;mes de sant&#233; ; le Centre d'aide aux demandeurs d'asile qui accueille 85 personnes et enfin par le biais de l'association Promojeunes, des actions d'insertion sociale et d'insertion par l'&#233;conomique : chantiers d'insertion (la Friperie) et entreprise d'insertion (Espace 72)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment une grosse association s'adapte pour mieux r&#233;pondre aux besoins des usagers</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Comment-une-grosse-association-s-adapte-pour-mieux-repondre-aux-besoins-des-usagers</link>
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		<title>H&#233;bergement et r&#233;insertion sociale : les CHRS</title>
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		<dc:subject>CHRS</dc:subject>
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&lt;p&gt;Il n'est pas facile de parler de fa&#231;on synth&#233;tique des 700 CHRS que compte notre pays, tant ce dispositif disparate et complexe est li&#233; aux particularit&#233;s g&#233;ographiques et associatives locales. Patrick Pel&#232;ge y arrive n&#233;anmoins avec bonheur et intelligence. Il commence par &#233;voquer le mouvement qui a port&#233; l'aide sociale &#224; l'h&#233;bergement du seul accueil des populations issues de l'h&#244;pital, de la prison ou de la prostitution &#224; l'&#233;largissement aux victimes des processus complexes d'appauvrissement et de (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il n'est pas facile de parler de fa&#231;on synth&#233;tique des 700 CHRS que compte notre pays, tant ce dispositif disparate et complexe est li&#233; aux particularit&#233;s g&#233;ographiques et associatives locales. Patrick Pel&#232;ge y arrive n&#233;anmoins avec bonheur et intelligence. Il commence par &#233;voquer le mouvement qui a port&#233; l'aide sociale &#224; l'h&#233;bergement du seul accueil des populations issues de l'h&#244;pital, de la prison ou de la prostitution &#224; l'&#233;largissement aux victimes des processus complexes d'appauvrissement et de d&#233;sinsertion qui sont venues grossir les rangs des exclus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'auteur ne se contente pas d'une description pr&#233;cise, s'appuyant pour cela sur la monographie de six structures diff&#233;rentes qui permet de se repr&#233;senter la diversit&#233; et la richesse des pratiques possibles. Il sait aussi porter un regard critique qui se veut acerbe et lucide. Quand il aborde la fonction h&#233;bergement, c'est pour d&#233;noncer les grands internats qui subsistent encore et qui fonctionnent dans une logique totalitaire, confrontant les personnes accueillies &#224; une promiscuit&#233;, un anonymat, l'absence de toute intimit&#233;, une infantilisation et un regard inquisitorial permanent. Mais c'est aussi pour souligner les efforts engag&#233;s par des institutions qui proposent un dispositif plus &#233;clat&#233; d'appartements ou de chambres d'h&#244;tel. Quand il parle de la fonction d'accompagnement, c'est pour s'interroger sur ce qui rel&#232;ve parfois du contr&#244;le et de l'obligation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, constate-t-il, les missions ne se limitent plus &#224; &#171; prescrire &#224; l'usager un segment de son destin &#224; l'int&#233;rieur des murs, mais de l'accompagner dans l'espace social banalis&#233; &#187; (p.40). La fonction &#233;conomique de l'insertion quant &#224; elle, se heurte &#224; une exigence d'employabilit&#233; qui consiste trop souvent &#224; exiger de l'usager qu'il soit d&#233;j&#224; en puissance ce qu'il doit devenir (en l'occurrence : capable de s'ins&#233;rer). Pour ce qui est de la fonction sant&#233;, l'auteur &#233;voque la mutation qui a permis d'accueillir des malades mentaux, en pensant que le passage du statut de malade &#224; celui de locataire permettait une valorisation telle qu'elle permettrait de masquer le stigmate de l'invalidit&#233; ou de la maladie. Et de s'interroger sur notre syst&#232;me culturel qui ne sait pas faire vivre ensemble les diff&#233;rences, sauf &#224; les dissimuler pour qu'elles ressemblent au m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'ouvrage s'int&#233;resse plus particuli&#232;rement aux CHRS, en incitant &#224; r&#233;fl&#233;chir et &#224; mettre en &#339;uvre une d&#233;marche cr&#233;atrice pour que ces &#233;tablissements et services soient toujours plus des laboratoires redonnant confiance, estime, reconnaissance et potentialit&#233;s, les propos tenus concernent plus largement le travail social. Ainsi de ce constat : enfermer l'autre, c'est aussi le consid&#233;rer comme fondamentalement diff&#233;rent de soi, alors que ce dont il a besoin, ce n'est pas tant d'&#234;tre compris que d'&#234;tre reconnu dans sa radicale singularit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Dunod, 2004 (278 p. ; 27 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Protection de l'enfance. L'action de l'association Olga Spitzer</title>
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		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le secteur social et m&#233;dico-social est constell&#233; d'associations qui pour n'avoir pas toutes travers&#233; le si&#232;cle, loin s'en faut, sont les t&#233;moins vivants d'un parcours riche en exp&#233;riences et en savoir-faire. L'association Olga Spitzer en est un exemple vivant. Elle a pris le nom de l'une des fondatrices et bienfaitrices (elle financera, selon les ann&#233;es, sur ses propres deniers, jusqu'&#224; 60 % des charges de fonctionnement) de ce qui s'appellera au d&#233;but le service social de l'enfance en danger moral. La (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-732-" rel="tag"&gt;732&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L99xH150/arton264-bd63c.jpg?1694202488' width='99' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le secteur social et m&#233;dico-social est constell&#233; d'associations qui pour n'avoir pas toutes travers&#233; le si&#232;cle, loin s'en faut, sont les t&#233;moins vivants d'un parcours riche en exp&#233;riences et en savoir-faire. L'association Olga Spitzer en est un exemple vivant. Elle a pris le nom de l'une des fondatrices et bienfaitrices (elle financera, selon les ann&#233;es, sur ses propres deniers, jusqu'&#224; 60 % des charges de fonctionnement) de ce qui s'appellera au d&#233;but le service social de l'enfance en danger moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture de cette monographie permet de d&#233;couvrir toute l'ant&#233;riorit&#233; de ce que l'on pouvait imaginer, &#224; tort, comme contemporain. L'institution qui compte aujourd'hui 12 structures, 870 salari&#233;s et qui prend en charge en moyenne 12 000 enfants par an, a commenc&#233; &#224; fonctionner en 1923. La poign&#233;e d'assistantes sociales qui sont alors charg&#233;es d'effectuer des &#171; enqu&#234;tes et des d&#233;marches dans l'int&#233;r&#234;t des enfants d&#233;linquants ou difficiles &#187; vont fonder les principes directeurs non seulement de la protection de l'enfance, mais aussi de ce qui sera officialis&#233; en 1970 sous le nom d'aide &#233;ducative en milieu ouvert (et qui s'appelle alors &#171; l'action &#233;ducative prolong&#233;e &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1927 que, pour r&#233;pondre au manque criant d'institutions susceptibles d'accueillir des mineurs, est achet&#233; dans la r&#233;gion de Brunoy, un ch&#226;teau qui va servir de centre d'accueil et d'orientation. Les progr&#232;s de la m&#233;decine et des sciences humaines ayant alors permis d'imputer la d&#233;linquance &#224; des causes m&#233;dico-sociales et non plus &#224; de mauvaises dispositions individuelles, la n&#233;cessit&#233; de d&#233;p&#233;naliser la criminalit&#233; juv&#233;nile et de suppl&#233;er aux d&#233;faillances familiales, s'imposera progressivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action d&#233;termin&#233;e des professionnelles, tr&#232;s proches des magistrats, influencera des r&#233;formes l&#233;gislatives fondamentales. En 1935, 11 d&#233;crets-lois sont publi&#233;s qui viennent officialiser certaines pratiques. Celui en date du 30 octobre, dispose qu'une mesure de surveillance ou d'assistance &#233;ducative peut &#234;tre instaur&#233;e d&#232;s lors que la sant&#233;, la s&#233;curit&#233;, la moralit&#233; ou l'&#233;ducation des enfants sont compromises ou insuffisamment sauvegard&#233;es (l&#233;gislation &#233;tonnamment proche de l'article 375 qui, lui, ne verra le jour qu'en 1958). Cette proc&#233;dure vient remplacer la possibilit&#233; qu'avait le p&#232;re de faire incarc&#233;rer son enfant au titre de son droit de correction paternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs sociaux engag&#233;s dans cette pratique seront longtemps des assistantes sociales, les premiers &#233;ducateurs recrut&#233;s &#233;tant affect&#233;s &#224; des t&#226;ches d'accompagnement sp&#233;cifiques des enfants (loisirs, soutien scolaire, animation&#8230;). Il est tout aussi &#233;tonnant de constater que certains d&#233;bats qui nous occupent aujourd'hui semblent avoir toujours exist&#233; &#224; l'image du double mouvement qui traverse l'association : l'un centr&#233; sur l'int&#233;r&#234;t des familles et l'autre sur des droits individuels de l'enfant h&#233;ritiers de la d&#233;claration des droits de l'homme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. &#233;r&#232;s, 2003 (256 p. ; 23 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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