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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Un caf&#233; social pour migrants retrait&#233;s</title>
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		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Il faut avoir cinquante-cinq ans pour adh&#233;rer &#224; l'association, mais tout un chacun peut venir y boire un verre. Au c&#339;ur d'un des quartiers les plus populaires de Paris, des personnes retrait&#233;es migrantes ont d&#233;sormais un lieu vivant favorisant la rencontre, la culture, l'&#233;change, mais aussi la m&#233;moire &lt;br class='autobr' /&gt;
Dernier jour de novembre, mardi, jour de march&#233;. Dans une petite rue du quartier de Belleville, nous poussons la porte d'un local spacieux &#8212; 160 m2 en rez-de-chauss&#233;e &#8212; et p&#233;n&#233;trons dans un vaste salon (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il faut avoir cinquante-cinq ans pour adh&#233;rer &#224; l'association, mais tout un chacun peut venir y boire un verre. Au c&#339;ur d'un des quartiers les plus populaires de Paris, des personnes retrait&#233;es migrantes ont d&#233;sormais un lieu vivant favorisant la rencontre, la culture, l'&#233;change, mais aussi la m&#233;moire&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dernier jour de novembre, mardi, jour de march&#233;. Dans une petite rue du quartier de Belleville, nous poussons la porte d'un local spacieux &#8212; 160 m2 en rez-de-chauss&#233;e &#8212; et p&#233;n&#233;trons dans un vaste salon de th&#233;, autour duquel s'articulent salle polyvalente, cuisine &#233;quip&#233;e, espace informatique, et trois bureaux administratifs. Le mobilier est choisi, la d&#233;coration avenante, les couleurs agr&#233;ables. Aux murs, des portraits de travailleurs immigr&#233;s &#8212; sableurs, &#233;lectriciens, tailleurs de pierre, d&#233;molisseurs, etc. &#8212; favorisent l'&#233;mergence des souvenirs et r&#233;cits de vie, en une forte expo de photos noir et blanc, la cinqui&#232;me du genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attabl&#233;s ici ou l&#224;, des hommes et des femmes d'un certain &#226;ge discutent en buvant un verre, lisent, jouent aux cartes ou aux dominos. La plupart sont originaires d'Afrique du Nord, d'o&#249; leur doux surnom de chibanis (chib signifiant cheveux blancs en arabe dialectal). Mais si au moins 80 % d'usagers sont actuellement originaires du Maghreb, le lieu re&#231;oit &#233;galement des Maliens ou des S&#233;n&#233;galais, des Yougoslaves, des Portugais ou des Fran&#231;ais. Ce salon de th&#233; permet &#224; tous &#8212; hommes et femmes &#8212; d'&#233;voquer &#171; leur histoire &#224; la fois universelle et particuli&#232;re &#187;, l'objectif &#233;tant de faire reculer la solitude et de cr&#233;er du lien social dans le quartier. Et m&#234;me un peu au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur une table, une pile de G&#233;o et le Parisien du jour. Sur les &#233;tag&#232;res, des albums photos accessibles &#224; tous, &#233;voquant les sorties r&#233;alis&#233;es en 2003 (Stade de France, Institut du monde arabe, studio de France 3, soir&#233;e ramadan&#8230;), mais aussi l'anniversaire de tel ou tel adh&#233;rent, des photos de moments festifs, l'apr&#232;s-midi d'un atelier musique ou les diff&#233;rentes phases de l'&#233;mergence de la structure&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis deux ans en effet, l'association Ayyem Zamen (&#171; Les jours lointains &#187;) accueille ainsi au quotidien, sans sectorisation particuli&#232;re, les migrants &#224; la retraite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Association Ayyem zamen - Caf&#233; social - 7, rue de Pali-Kao - 75020 Paris. (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ici, on peut certes venir pour y faire une activit&#233;, mais aussi simplement dire bonjour &#224; des amis, voire en inviter quand on ne peut pas recevoir chez soi : &#171; on y invite autant que l'on s'y fait inviter &#187;, note le rapport d'activit&#233; 2003. Il s'agit bien de les accompagner dans la vieillesse (certains viennent tous les jours et l'endroit est ouvert six jours sur sept), de les sortir de l'isolement, mais aussi de les &#233;couter, et de les informer sur leurs droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe, compos&#233;e de deux animateurs, d'une assistante sociale et d'un directeur (tous &#224; plein-temps, deux ma&#238;trisant la langue arabe) et aid&#233;e d'une bonne vingtaine de b&#233;n&#233;voles, fait fonctionner plusieurs ateliers : mosa&#239;que, informatique m&#233;moire, photo, sant&#233;, jardinage, etc. Concernant cette derni&#232;re rubrique, l'association avait sign&#233; en avril 2003 avec la mairie voisine de Montreuil (93) une convention de mise &#224; disposition d'une parcelle de jardin. Autre activit&#233; pl&#233;biscit&#233;e, un cin&#233;-club a r&#233;cemment projet&#233; des films sur la guerre 14 - 18&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un succ&#232;s qui ne se d&#233;ment pas&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En poste depuis un an, un des animateurs, Andr&#233; Lefebvre, nous indique le processus de prise de contact. Un retrait&#233; pousse la porte, souvent muni d'une demande pr&#233;cise concernant sa retraite. Il y est accueilli &#8212; l'endroit se veut particuli&#232;rement convivial &#8212;, la structure lui est pr&#233;sent&#233;e, et sa demande &#233;valu&#233;e. Mais on lui fait comprendre aussi que les personnes &#226;g&#233;es peuvent simplement venir s'y d&#233;tendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, de multiples id&#233;es, initiatives soutiennent les activit&#233;s : certains jeux ont une forte valeur sociale, tels le Kherb'ga, ou Jeu de poussi&#232;res, largement pratiqu&#233; au Maghreb, ou encore le Dili, jeu africain permettant de r&#233;soudre certains conflits. Les expositions, dont certaines reviennent sur les traces d'un parent au pays natal, ont d&#233;j&#224; attir&#233; plusieurs artistes, et certaines circulent en province. Des sorties culturelles permettent r&#233;guli&#232;rement de &#171; rendre le vieux migrant &#171; touriste &#187; ne serait-ce qu'un seul jour &#187;. Le multim&#233;dia y a activement sa place et participe &#224; sa fonction de soutien. Sans &#234;tre illettr&#233;s (car la plupart connaissent l'arabe &#233;crit), les quatre cinqui&#232;mes d'entre eux ne ma&#238;trisent pas l'&#233;criture et la lecture en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des demandes d'aide sont r&#233;guli&#232;rement &#233;nonc&#233;es. M&#234;me si la permanence sociale et d'acc&#232;s aux droits assur&#233;e par l'AS du caf&#233; social n'est pas &#171; un service sp&#233;cialis&#233; de traitement de l'ensemble des difficult&#233;s qui se posent aux vieux migrants &#187;, 242 personnes y ont &#233;t&#233; re&#231;ues l'ann&#233;e derni&#232;re, le plus souvent avec une demande relative &#224; leur dossier de retraite. Les demandes de logement sont, &#233;galement massives, le caf&#233; social n'ayant pourtant aucune solution sp&#233;cifique &#224; proposer (encore que, nous dit-on, un projet de r&#233;sidence relais, entre maison de retraite classique et pension de famille, soit &#224; l'&#233;tude&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, au moment de la d&#233;claration des revenus, la demande est forte : confort&#233;e par les b&#233;n&#233;voles (accompagnement dans les d&#233;marches, &#233;crivain public, tri des documents), la permanence sociale fonctionne &#224; plein r&#233;gime, chacun &#233;tant re&#231;u dans un espace garantissant la confidentialit&#233; des &#233;changes. V&#233;ritable utilisateur du caf&#233; social, le profil type de l'usager fr&#233;quentant cette permanence est un homme d'origine nord-africaine de 65 ans, retrait&#233;, vivant dans un h&#244;tel meubl&#233; du XXe arrondissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouvant &#234;tre a priori consid&#233;r&#233;e comme particuli&#232;rement audacieuse, une permanence emploi est m&#234;me assur&#233;e depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e 2004, visant &#224; favoriser le retour &#224; l'emploi des 55 ans, &#171; ou tout au moins &#224; les maintenir en &#233;tat d'employabilit&#233; &#187;. La d&#233;marche est loin d'&#234;tre vaine : sur une cinquantaine de personnes concern&#233;es, cinq (soit 10 %) ont retrouv&#233; une activit&#233;, m&#234;me si celle-ci a pris la forme de vacations ou de contrats &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, environ 800 adh&#233;rents &#8212; d'au moins 55 ans et s'&#233;tant acquitt&#233;s d'une cotisation de 10 euros &#8212;, se r&#233;unissent r&#233;guli&#232;rement pour installer les r&#232;gles du lieu (n'y pas fumer, par exemple). Succ&#232;s croissant : au 31 d&#233;cembre 2003, ils &#233;taient 492 adh&#233;rents. Et, pour cette m&#234;me ann&#233;e 2003, l'affluence n'avait cess&#233; de progresser, atteignant entre 110 et 140 visites quotidiennes, avec des pointes toujours plus &#233;lev&#233;es lors des deux jours hebdomadaires de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la plupart d'entre ces migrants &#226;g&#233;s, un retour au pays repr&#233;senterait une migration &#224; l'envers et une grande violence. Ils sont, plus ou moins consentants, fortement enracin&#233;s en France. Le fondateur et directeur du lieu, Moncef Labidi, sociologue de formation, estime avant tout qu'ils sont porteurs de savoir-&#234;tre et de savoir-faire. Il d&#233;crit, entre autres d&#233;finitions, &#171; son &#187; lieu comme un &#171; adoucisseur d'exil &#187;. En effet.&lt;br class='manualbr' /&gt;Entre mille autres projets, ce dr&#244;le de caf&#233; se destine &#224; recevoir de futurs travailleurs sociaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Association Ayyem zamen - &lt;a href=&#034;http://www.cafesocial.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Caf&#233; social&lt;/a&gt; - 7, rue de Pali-Kao - 75020 Paris. T&#233;l. 01 40 33 25 25&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Les vieux migrants sont partis avec l'id&#233;e de revenir</title>
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&lt;p&gt;Tous ont quitt&#233; le pays, voil&#224; 30 ou 40 ans, avec le projet d'y retrouver un jour conjoint et enfants dans la grande maison qu'ils auront fait construire ; de reprendre leur place de chef de famille et de couler des jours tranquilles, vieux et respect&#233;s. Aucun ne s'est dit qu'il allait s'installer dans une chambre de 5 m2 avec cuisine et sanitaires communs et n'en plus bouger jusqu'&#224; la mort. Et pourtant&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les plus jeunes les appellent &#171; les immobiles &#187; car ils sont souvent assis, assis autour de la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-734-" rel="tag"&gt;734&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tous ont quitt&#233; le pays, voil&#224; 30 ou 40 ans, avec le projet d'y retrouver un jour conjoint et enfants dans la grande maison qu'ils auront fait construire ; de reprendre leur place de chef de famille et de couler des jours tranquilles, vieux et respect&#233;s. Aucun ne s'est dit qu'il allait s'installer dans une chambre de 5 m2 avec cuisine et sanitaires communs et n'en plus bouger jusqu'&#224; la mort. Et pourtant&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les plus jeunes les appellent &#171; les immobiles &#187; car ils sont souvent assis, assis autour de la table commune, &#224; fumer et parfois trop boire ; assis, devant la t&#233;l&#233;vision ou l'oreille coll&#233;e au transistor ; assis dans un coin, &#224; ressasser leur longue histoire sur laquelle ils ne savent comment inscrire le mot fin. Aujourd'hui, dans les foyers, une part importante des r&#233;sidants est &#224; la retraite. Ces hommes sont essentiellement originaires du Maghreb mais ce ph&#233;nom&#232;ne de vieillissement commence &#224; se faire sentir parmi les subsahariens. La Sonacotra, qui g&#232;re le plus important parc de foyers et de r&#233;sidences sociales et accueille pour plus de moiti&#233; des Maghr&#233;bins, s'interroge sur les n&#233;cessaires mutations que pose une population vieillissante &#224; des structures cr&#233;&#233;es pour des travailleurs et pour un temps limit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, pr&#232;s de la moiti&#233; des r&#233;sidants a plus de 55 ans et la progression va s'acc&#233;l&#233;rer jusqu'en 2008 o&#249; l'on pr&#233;voit une occupation des foyers par 20 % de plus de 65 ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='La proportion des plus de 55 ans &#233;tait de 29 % en 1994, de 36 % en 1998, de (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230; Pour les plus &#226;g&#233;s, les probl&#232;mes de sant&#233; et la perte d'autonomie sont peu compatibles avec les conditions de logement : exigu&#239;t&#233; des chambres, cuisine et sanitaires communs, difficult&#233;s d'acc&#232;s etc. Pour tous, les revenus &#8212; d&#233;j&#224; modestes quand ils avaient un emploi &#8212; se r&#233;duisent encore, entra&#238;nant des privations et de l'angoisse. Pourtant, malgr&#233; leurs conditions difficiles, ces personnes ne veulent ou ne peuvent pas partir. Cela s'est fait sans qu'elles s'en aper&#231;oivent, par des retours au pays de moins en moins nombreux, une perte progressive des liens familiaux, une difficult&#233; croissante &#224; retrouver sa place et, parall&#232;lement, tout un r&#233;seau d'habitudes, de menus avantages, de droits, de rep&#232;res qui les attachent &#224; un pays, une ville, un foyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Migrant et retrait&#233; : les deux termes semblent incompatibles dans une soci&#233;t&#233; qui, depuis des d&#233;cennies, n'a encourag&#233; puis accept&#233; l'immigration que par la productivit&#233; qu'elle pouvait engendrer. Pourtant, d'autres travailleurs &#233;trangers sont parvenus &#224; vieillir dans la cit&#233; : on ne retrouve ni Italiens, Portugais, Espagnols, Polonais dans les foyers et les Alg&#233;riens semblent bien les seuls &#224; faire les frais d'un &#233;cart&#232;lement dont, sans doute, ils sont en partie responsables mais que l'histoire, la culture et les restrictions en mati&#232;re de regroupement familial ont grandement favoris&#233;. Tous sont partis, voil&#224; 30 ou 40 ans, avec l'id&#233;e de revenir, de rejoindre conjoint et enfants dans la grande maison qu'ils auront fait construire au prix de terribles sacrifices ; de reprendre leur place de chef de famille et de couler des jours tranquilles, vieux et respect&#233;s. Aucun ne s'est dit qu'il allait s'installer dans une chambre de 5 m2 avec cuisine et sanitaires communs et n'en plus bouger jusqu'&#224; la mort. Et pourtant, ils sont des milliers &#224; &#234;tre dans cette situation, les plus favoris&#233;s effectuant des retours au pays, les autres renon&#231;ant &#224; aller v&#233;rifier qu'ils n'ont plus leur place dans un environnement dont ils se sont d&#233;shabitu&#233;s et aupr&#232;s de gens qui les ont oubli&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi toute une population &#233;merge d'un pass&#233; de labeur, de privations et de solitude. Dans cette partie de leur vie qui devait justifier et r&#233;compenser leur long exil, ils se retrouvent d&#233;poss&#233;d&#233;s de cet espoir qui les faisait tenir : leurs revenus sont plus faibles, leur solitude plus grande et leur sant&#233;, mise &#224; mal par un travail p&#233;nible et des conditions de vie difficiles, finit de les exclure. Ouvriers non qualifi&#233;s, ils ont connu de nombreux employeurs et une mobilit&#233; g&#233;ographique qui, au moment de la retraite, rend difficile la reconstitution de carri&#232;re. La plupart de ces migrants n'ont pas &#233;t&#233; scolaris&#233;s et peu sont &#224; m&#234;me de faire face aux subtilit&#233;s administratives. Il ne faut pas non plus faire fi des employeurs peu scrupuleux qui n'ont pas fait de d&#233;claration, des pr&#233;retraites, du ch&#244;mage, toutes choses qui r&#233;duisent la pension et conforte les migrants dans une sinistrose dont l'&#226;ge aggrave les effets. Enferm&#233;s dans des foyers dont certains accueillent une grande majorit&#233; d'inactifs, ils ne peuvent plus gu&#232;re compter sur une solidarit&#233; mise &#224; mal par les r&#233;alit&#233;s &#233;conomiques et les &#233;volutions de comportement. N&#233;gligeant leur sant&#233;, ils ont recours &#224; l'hospitalisation quand ils ne peuvent plus faire autrement. Les services sociaux ne s'int&#233;ressent gu&#232;re &#224; cette population qui ne vient pas aux permanences et vers laquelle il faudrait aller&#8230; Mais ni les m&#233;decins, ni les assistants sociaux ne se pr&#233;cipitent dans ces ghettos d'o&#249; les aides m&#233;nag&#232;res sont &#233;galement exclues et o&#249; les agents communaux refusent souvent de porter les repas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, depuis une vingtaine d'ann&#233;es, la Sonacotra m&#232;ne une action de r&#233;novation des foyers en prenant en compte les besoins de ses r&#233;sidants &#226;g&#233;s. Cette indispensable adaptation doit s'assortir d'une ouverture vers la cit&#233;, d'une prise en charge sociale et sanitaire par les dispositifs de droit commun et le d&#233;veloppement de services de proximit&#233;. Le travail de m&#233;moire est tout aussi indispensable : m&#233;moire partag&#233;e autour d'un caf&#233; ou d'un th&#233; &#224; la menthe au Caf&#233; social &#224; Belleville (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Un-cafe-social-pour-migrants-retraites' class='spip_in'&gt;lire le reportage&lt;/a&gt;) ou m&#233;moire formalis&#233;e par des associations et, bient&#244;t, institutionnalis&#233;e par la cr&#233;ation d'un mus&#233;e de l'Immigration. Les vieux migrants des foyers ne pourront jamais atteindre le bonheur et sans doute non plus la s&#233;r&#233;nit&#233;. Au moins devons-nous essayer de faire que leur vie se termine dans la dignit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La proportion des plus de 55 ans &#233;tait de 29 % en 1994, de 36 % en 1998, de 41 % en 2001 et 47 % en 2003&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Quelle mission pour les foyers de travailleurs migrants aujourd'hui ?</title>
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&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;es dans les ann&#233;es soixante pour des hommes qui quittaient tout pour travailler en France, ces h&#233;bergements surpeupl&#233;s et obsol&#232;tes doivent s'adapter &#224; une nouvelle donne : des r&#233;sidants, &#226;g&#233;s pour une bonne part, connaissant des difficult&#233;s sociales et financi&#232;res tr&#232;s importantes. Pour &#233;viter que le syst&#232;me n'implose on est en train de transformer ces foyers en r&#233;sidences sociales. Ce changement n'est pas seulement s&#233;mantique mais apporte une r&#233;ponse concr&#232;te aux mutations actuelles &lt;br class='autobr' /&gt;
La plupart sont (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;es dans les ann&#233;es soixante pour des hommes qui quittaient tout pour travailler en France, ces h&#233;bergements surpeupl&#233;s et obsol&#232;tes doivent s'adapter &#224; une nouvelle donne : des r&#233;sidants, &#226;g&#233;s pour une bonne part, connaissant des difficult&#233;s sociales et financi&#232;res tr&#232;s importantes. Pour &#233;viter que le syst&#232;me n'implose on est en train de transformer ces foyers en r&#233;sidences sociales. Ce changement n'est pas seulement s&#233;mantique mais apporte une r&#233;ponse concr&#232;te aux mutations actuelles&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La plupart sont arriv&#233;s dans les ann&#233;es 50, dans cet apr&#232;s-guerre o&#249; la France, pour se reconstruire, avait besoin d'hommes vigoureux et pas trop exigeants, des hommes que la pauvret&#233; poussait hors de leur pays. Par milliers, ils quittaient le Maghreb et l'Afrique subsaharienne pour rejoindre les grandes villes portuaires et la r&#233;gion parisienne o&#249;, faute de logements, ils s'installaient en p&#233;riph&#233;rie dans des bidonvilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour r&#233;pondre &#224; la fois aux besoins des arrivants et &#224; la r&#233;sorption de ces zones insalubres qu'une politique d'implantation de foyers de travailleurs migrants a &#233;t&#233; engag&#233;e dans les ann&#233;es 60, les deux plus importants gestionnaires &#233;tant aujourd'hui encore la Sonacotra et Soundiata. Mais si les &#233;tablissements se sont multipli&#233;s &#8212; on en compte entre 650 et 700 pour l'ensemble du territoire &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='la Sonacotra offrant une capacit&#233; d'accueil de 65 000 personnes pour 437 (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212; l'&#233;volution du public et du contexte a conduit l'&#201;tat et la Commission interminist&#233;rielle pour le logement des populations immigr&#233;es (CIPLI) &#224; entreprendre un programme de r&#233;novation et de reconsid&#233;ration des foyers des travailleurs migrants (FTM).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'origine des deux entreprises se fait encore sentir mais si Soundiata a conserv&#233; une client&#232;le essentiellement issue du bassin du fleuve S&#233;n&#233;gal &#8212; Mali, Mauritanie, S&#233;n&#233;gal &#8212; la Sonacotra s'est largement ouverte &#224; une population diversifi&#233;e, avec actuellement 53 % de Maghr&#233;bins, 26 % de Fran&#231;ais et 15 % d'Africains. Ces chiffres varient d'un d&#233;partement &#224; l'autre : le sud-est, par exemple, accueille une population &#224; 80 % maghr&#233;bine alors que les Fran&#231;ais repr&#233;sentent 45 % des r&#233;sidants dans le centre-ouest. Les femmes, inexistantes pendant des d&#233;cennies, se sont peu &#224; peu introduites dans les foyers, encore que leur nombre reste r&#233;duit (6 %) et circonscrit &#224; certains &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le ph&#233;nom&#232;ne le plus significatif a &#233;t&#233; le vieillissement de la population. Nombre de ceux arriv&#233;s dans ces ann&#233;es 50, 60 et 70 sont encore l&#224; aujourd'hui, alors que la retraite aurait laiss&#233; supposer un retour bien m&#233;rit&#233; dans leur pays d'origine et leur famille. Le maintien de ces personnes &#226;g&#233;es dans les foyers pose un probl&#232;me de places mais aussi d'adaptation (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Les-vieux-migrants-sont-partis-avec-l-idee-de-revenir' class='spip_in'&gt;lire article sur les vieux migrants&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la crise du logement, principalement en &#206;le-de-France &#8212; o&#249; par ailleurs se concentre une grande part des migrants &#8212; entra&#238;ne une suroccupation des locaux dont les cons&#233;quences sont multiples et difficilement g&#233;rables. Ces difficult&#233;s ont d'ailleurs &#233;t&#233; &#224; l'origine d'une crise chez Soundiata qui, en 2001, a d&#251; s'autod&#233;truire pour rena&#238;tre de ses cendres sous le nom de Soundiata Nouvelle, avec une &#233;quipe renouvel&#233;e et une politique ambitieuse de redressement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que les foyers construits &#224; la p&#233;riode de plein-emploi et d'immigration ne s'embarrassaient gu&#232;re de pr&#233;occupations architecturales, environnementales et sanitaires. Quelques &#233;tablissements t&#233;moignent encore des dortoirs ou des chambres de 4,5 m2 et le pittoresque des cuisines collectives ne doit pas faire oublier les manquements &#224; l'hygi&#232;ne. D&#232;s le d&#233;part, donc, la plupart des foyers ne pouvaient &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme une r&#233;ponse de qualit&#233; &#224; l'h&#233;bergement des migrants et encore moins &#224; une offre sur le long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce constat, ainsi que la pr&#233;carisation de certaines populations, a lentement fait &#233;merger l'id&#233;e de transformer les foyers en r&#233;sidence sociale, &#224; savoir : sortir du b&#226;ti inad&#233;quat et reconsid&#233;rer le concept de foyers &#171; pour migrants &#187; et ce que cela engendre d'isolement et d'exclusion. Mais une telle rupture strat&#233;gique supposait un important travail de partenariat et il a fallu presque 20 ans avant que la premi&#232;re r&#233;sidence ouvre ses portes, en 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la journ&#233;e organis&#233;e le 29 octobre 2004 pour le quaranti&#232;me anniversaire de Soundiata, S. Peu, adjoint au maire de Saint-Denis &#8212; commune o&#249; 30 % de la population est &#233;trang&#232;re &#8212; illustra la complexit&#233; de la question : voil&#224; 10 ans, la mairie s'est attaqu&#233;e &#224; la r&#233;habilitation de deux foyers. Elle a tenu &#224; ce que les usagers soient partie prenante du projet, d'autant qu'une partie d'entre eux devait &#234;tre relog&#233;e sur la commune, soit par choix, soit par n&#233;cessit&#233; en attendant la fin des travaux. En fait, il est vite apparu que, si la majorit&#233; d&#233;sirait l'am&#233;lioration de ses conditions d'h&#233;bergement &#8212; avec en particulier des chambres dignes de ce nom &#8212; peu aspiraient &#224; un logement individuel, la plupart voulant demeurer dans un environnement communautaire. Entre le lancement du projet et l'ouverture de la premi&#232;re r&#233;sidence, 10 ann&#233;es se sont &#233;coul&#233;es et il faudra attendre 2007 pour que le programme soit termin&#233;. Or, d'ores et d&#233;j&#224; apparaissent les deux probl&#232;mes inh&#233;rents aux structures collectives : la suroccupation et les activit&#233;s parall&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire toutefois que la suroccupation n'est pas un choix mais une n&#233;cessit&#233;, le parc des logements sociaux ne pouvant r&#233;pondre aux besoins de populations par ailleurs de plus en plus pr&#233;caris&#233;es. Cela, assorti &#224; la hausse des loyers, fait que la rotation des logements ne fonctionne plus : en 5 ans, l'offre a ainsi diminu&#233; de 40 000 logements et il faudrait en construire quelque 500 000 pour faire face &#224; la situation. Chiffres exorbitants au regard des 10 &#224; 15 000 constructions annuelles. Les personnes en difficult&#233; financi&#232;re et sociale sont bien entendu les plus touch&#233;es par cet &#233;tat de fait et les foyers ne suffisent pas, loin s'en faut, &#224; leur offrir une solution temporaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, dans des cultures o&#249; la solidarit&#233; est extr&#234;mement forte, l'aide au compatriote sans domicile va de soi, d'o&#249; ces chambres d'une personne occup&#233;es par plusieurs, ces couloirs et ces cuisines transform&#233;s, la nuit venue en dortoir&#8230; L'apport financier que ces coups de main peuvent &#233;galement g&#233;n&#233;rer n'est pas non plus &#224; n&#233;gliger, d'autant que la situation &#233;conomique des r&#233;sidants se r&#233;v&#232;le de plus en plus instable et que les impay&#233;s menacent la survie de certaines structures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre risque que les gestionnaires ne peuvent laisser importer des foyers vers les r&#233;sidences : les activit&#233;s &#233;conomiques informelles. L&#224; o&#249; certains souhaitent un encadrement strict, d'autres estiment qu'il faut certes des r&#232;gles mais que de tels lieux ne peuvent &#234;tre exag&#233;r&#233;ment &#171; normalis&#233;s &#187;, au risque que les choses se fassent quand m&#234;me mais de fa&#231;on d&#233;tourn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le passage du concept de foyer &#224; celui de r&#233;sidence sociale &#8212; plus large, moins s&#233;gr&#233;gatif et plus respectueux &#8212; va prendre encore de longues ann&#233;es (sur les 300 &#233;tablissements &#224; traiter, plus de la moiti&#233; reste &#224; r&#233;sorber), des efforts peuvent &#234;tre accomplis &#224; court terme pour une meilleure inscription des r&#233;sidants dans la cit&#233;. Pour que les foyers ne soient plus des ghettos, il faut que les &#233;lus associent les r&#233;sidants &#224; la vie du quartier : ainsi certains conseils d'arrondissement ont-ils mis en place des conseils d'&#233;trangers ; &#224; Paris, une &#233;tude est en cours sur les activit&#233;s des foyers afin de r&#233;pondre aux besoins et une attention particuli&#232;re est port&#233;e sur les probl&#232;mes de sant&#233;, particuli&#232;rement importants au sein de ces populations (38 cas de tuberculose d&#233;tect&#233;s dans un seul &#233;tablissement !) ; des m&#233;diateurs de sant&#233; interviennent dans certains foyers, et des intervenants sociaux peuvent assurer des permanences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Sonacotra, dont le tiers du parc de logements est constitu&#233; de r&#233;sidences sociales, tire un bilan plut&#244;t positif de cette &#233;volution : en effet les r&#233;sidences re&#231;oivent une client&#232;le plus diversifi&#233;e : plus f&#233;minis&#233;e (23 % contre 7,5 % en foyer traditionnel) ; plus jeune (35 % de moins de 35 ans contre 5,5 %) ; plus cosmopolite, plus active. Enfin et surtout, les r&#233;sidences retrouvent leur vocation de lieu transitoire que les foyers ont perdu en partie : 64,5 % des r&#233;sidants ont une anciennet&#233; inf&#233;rieure &#224; 2 ans contre 27 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soundiata Nouvelle risque d'avoir des r&#233;sultats moins spectaculaires, du fait de la typologie des populations qui a peu vari&#233;e en 40 ans. Cette population reste masculine, plut&#244;t &#226;g&#233;e (majorit&#233; de 40-55 ans) et donc attach&#233;e aux traditions villageoises qu'elle reproduit dans les foyers. Des actions de formation et d'animation, l'instauration de conseils de concertation, l'officialisation des certaines activit&#233;s (par exemple des cuisini&#232;res) ainsi qu'un partenariat avec les services et les associations de proximit&#233;, devraient permettre la survie des foyers traditionnels et le bon d&#233;veloppement des r&#233;sidences, menac&#233;es &#8212; par la tradition et la pression sociale conjugu&#233;es &#8212; de reproduire des comportements qui, &#224; terme, risqueraient de faire imploser le syst&#232;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;la Sonacotra offrant une capacit&#233; d'accueil de 65 000 personnes pour 437 structures, Soundiata &#233;tant beaucoup plus modeste avec 21 structures pour 3100 lits&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Quelle mission pour les foyers de travailleurs migrants aujourd'hui ?</title>
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		<title>&#201;duquer sans punir - Apprendre l'autodiscipline aux enfants</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Eduquer-sans-punir-Apprendre-l-autodiscipline-aux-enfants</link>
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		<dc:subject>D&#233;linquance</dc:subject>
		<dc:subject>734</dc:subject>
		<dc:subject>Adolescence</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 2005, cela fera dix ans que le Tamaris n'aura pas renvoy&#233; un seul adolescent et cinq ans qu'il n'en aura sanctionn&#233; aucun. L'auteur, directeur de cette institution bruxelloise pour jeunes en grande difficult&#233;, explique d'embl&#233;e que cet abandon de toute menace et de toute sanction est le produit non d'une d&#233;cision d&#233;lib&#233;r&#233;e, mais le fruit des pratiques socioth&#233;rapeutiques syst&#233;miques de l'&#233;quipe. Elles r&#233;sultent du rejet d'un mod&#232;le normatif d&#233;nonc&#233; comme producteur des sympt&#244;mes qu'il cherche ensuite &#224; (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2005, cela fera dix ans que le Tamaris n'aura pas renvoy&#233; un seul adolescent et cinq ans qu'il n'en aura sanctionn&#233; aucun. L'auteur, directeur de cette institution bruxelloise pour jeunes en grande difficult&#233;, explique d'embl&#233;e que cet abandon de toute menace et de toute sanction est le produit non d'une d&#233;cision d&#233;lib&#233;r&#233;e, mais le fruit des pratiques socioth&#233;rapeutiques syst&#233;miques de l'&#233;quipe. Elles r&#233;sultent du rejet d'un mod&#232;le normatif d&#233;nonc&#233; comme producteur des sympt&#244;mes qu'il cherche ensuite &#224; r&#233;primer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convenons tout d'abord que certains choix sont courageux (comme celui de renoncer &#224; tout renvoi et de prendre les moyens en cons&#233;quence) et d'autres plut&#244;t pertinents (comme cette remise en cause de la p&#233;dagogie du contrat critiqu&#233;e en ce qu'elle demande au d&#233;part de la relation d'aide qui doit en d&#233;couler). La technique qui consiste &#224; reporter la d&#233;cision de sanction &#224; plus tard (pour &#233;viter de r&#233;agir sur le coup de la col&#232;re) et la reprise syst&#233;matique de toute transgression en pr&#233;sence d'un tiers (le plus souvent le r&#233;f&#233;rent du jeune) est aussi tr&#232;s int&#233;ressante. Elle r&#233;pond &#224; ces situations qui parfois minent les &#233;quipes dans les internats, quand on confie aux coll&#232;gues le soin d'appliquer la punition qu'on vient de d&#233;cider, ou qu'on les multiplie &#224; l'envi au risque d'accro&#238;tre les tensions, ou au contraire qu'on ignore les provocations des jeunes, par peur de la confrontation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; o&#249; on ne comprend pas trop, c'est pourquoi les sanctions sont pr&#233;sent&#233;es comme anti-th&#233;rapeutiques dans le cas de transgressions consid&#233;r&#233;es comme &#171; mineures &#187; (tel que les bagarres, les insultes ou le non-respect de l'autre qui sont g&#233;r&#233;s par des entretiens et un appel &#224; plus de maturit&#233;), et tout &#224; fait indispensables en cas d'agression et de vol qui sont d&#233;nonc&#233;s &#224; la police, &#171; l'acte d&#233;linquant est un acte qui implique la soci&#233;t&#233;, et l'adolescent a une dette qu'il doit absolument r&#233;gler &#187; (p. 96). On a encore plus de mal &#224; suivre l'auteur quand celui-ci explique tranquillement que la satisfaction des besoins du jeune d&#233;linquant par la possibilit&#233; qui lui serait donn&#233;e d'acheter des v&#234;tements, des objets valorisants et du cannabis &#171; pourrait bien devenir une &#233;tape utile et porteuse de son changement &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, un livre riche en consid&#233;rations tr&#232;s g&#233;n&#233;rales et en vignettes cliniques finalement assez banales, mais qui r&#233;pond bien peu &#224; l'ambition affich&#233;e d'expliquer par le menu comment ne pas punir et ne pas renvoyer dans les situations jug&#233;es difficiles. Si l'auteur veut vraiment convaincre et atteindre l'objectif de rendre sa technique transposable, il lui faudra certainement &#234;tre un peu plus concret en donnant des descriptions bien plus pr&#233;cises du mode de r&#233;solution des conflits intenses et graves auxquels son &#233;tablissement ne manque pas d'&#234;tre confront&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. &#233;r&#232;s, 2004 (132 p. ; 20 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les interdits. Fondement de la libert&#233;</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Les-interdits-Fondement-de-la-liberte</link>
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		<dc:subject>734</dc:subject>
		<dc:subject>Adolescence</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il est d'usage d'opposer libert&#233; et interdit, la premi&#232;re &#233;tant &#224; ch&#233;rir et le second &#224; proscrire. Michel Fize nous rappelle avec force dans un ouvrage fort bien document&#233;, que loin d'&#234;tre antagonistes ces deux notions sont &#233;minemment compl&#233;mentaires. Bien s&#251;r, si l'interdit s'impose de fa&#231;on absolue &#224; certaines libert&#233;s (comme celles de nuire &#224; autrui), il n'est parfois jamais opposable &#224; d'autres (telle la libert&#233; de pens&#233;e). Mais, la libert&#233; ne peut &#234;tre absolue que pour l'ermite, ou celui qui d&#233;nie le reste (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L93xH150/arton260-3c8d0.jpg?1694179439' width='93' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est d'usage d'opposer libert&#233; et interdit, la premi&#232;re &#233;tant &#224; ch&#233;rir et le second &#224; proscrire. Michel Fize nous rappelle avec force dans un ouvrage fort bien document&#233;, que loin d'&#234;tre antagonistes ces deux notions sont &#233;minemment compl&#233;mentaires. Bien s&#251;r, si l'interdit s'impose de fa&#231;on absolue &#224; certaines libert&#233;s (comme celles de nuire &#224; autrui), il n'est parfois jamais opposable &#224; d'autres (telle la libert&#233; de pens&#233;e). Mais, la libert&#233; ne peut &#234;tre absolue que pour l'ermite, ou celui qui d&#233;nie le reste du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son authenticit&#233; est circonscrite &#224; l'acceptation des contraintes de toute vie respectueuse de l'autre. Si les animaux mettent d'instinct une limite &#224; la violence destructrice pour leur esp&#232;ce, les hommes menacent d'an&#233;antissement leur soci&#233;t&#233;. Et c'est bien parce que l'humanit&#233; se laisse spontan&#233;ment guider par la violence et la jouissance et que chaque homme peut nourrir le dessein de tuer ou de dominer son prochain, que l'on retrouve les interdits universels ou sp&#233;cifiques &#224; chaque soci&#233;t&#233;. Objets traditionnels de r&#233;probation en ce qu'ils menacent notre satisfaction, ils ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement malmen&#233;s au cours des derni&#232;res d&#233;cennies. On leur a reproch&#233; d'&#234;tre inutiles et insupportables, injustes et in&#233;gaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 1968, les consid&#233;rant comme attentatoires &#224; l'espace vital individuel et au droit d'exister, a d&#233;cr&#233;t&#233; qu'&#171; il &#233;tait interdit d'interdire &#187;. Mais, si chacun les fuit volontiers, il exige dans le m&#234;me temps qu'ils le prot&#232;gent de la toute-puissance de l'autre. Car si leur vertu premi&#232;re consiste bien &#224; nous lib&#233;rer de nos pulsions aveugles et de nos d&#233;sirs qui, non contenus, seraient illimit&#233;s car &#224; jamais insatisfaits, c'est justement parce qu'ils nous aident &#224; cerner le d&#233;sirable et &#224; lui donner de la consistance. Pourtant, les interdits ne sont rien en eux-m&#234;mes. Ce qui compte c'est le sens qu'ils prennent. Ils concernent tout autant les domaines familiaux, conjugaux, scolaires, professionnels, juridiques, alimentaires, &#233;cologiques et interviennent dans les domaines li&#233;s au sexe ou &#224; l'&#226;ge et sont li&#233;s aux opinions politiques, philosophiques ou religieux. Leur &#233;volution dans le temps est chose normale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la remise en cause de leur caract&#232;re naturel ainsi que leur questionnement syst&#233;matique qui n'implique nullement leur an&#233;antissement. Pass&#233; au crible de la critique, ils ne sont plus accept&#233;s en tant qu'h&#233;ritage d'un pass&#233; autoritaire mais &#224; partir de leur l&#233;gitimit&#233;. Seuls ceux qui sugg&#232;rent les comportements les plus sociables, qui instaurent le dialogue et visent &#224; une fin juste, qui favorisent les civilit&#233;s et le vivre ensemble sont valid&#233;s. Il s'agit finalement d'un processus qui vise &#224; leur harmonisation avec l'exigence d&#233;mocratique, l'enjeu &#233;tant que les r&#232;gles du jeu ne se brouillent pas en tant que contrat organisateur au profit du simple rapport de force. L'&#233;quilibre entre le permis et le non-autoris&#233; reste plus que jamais l'une des bases essentielles de la vie sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Presse de la Renaissance, 2004 (196 p. ; 19 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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