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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Une conversation avec Myriam David</title>
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		<dc:subject>736</dc:subject>

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&lt;p&gt;Des carences pr&#233;coces au placement familial &lt;br class='autobr' /&gt;
Myriam David, votre nom est attach&#233; depuis plus d'un demi-si&#232;cle aux recherches sur les facteurs de carences pr&#233;coces et sur le placement familial des enfants. J'ai d&#251; faire un peu violence &#224; votre modestie et &#224; votre discr&#233;tion pour &#233;voquer votre parcours avec vous. Vous &#234;tes n&#233;e &#224; Paris en 1917 dans une famille unie, ais&#233;e et cultiv&#233;e d'origine juive o&#249; la musique avait plus d'importance que la question de la jud&#233;it&#233;. Pour une jeune fille des ann&#233;es trente, s'il (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des carences pr&#233;coces au placement familial&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Myriam David, votre nom est attach&#233; depuis plus d'un demi-si&#232;cle aux recherches sur les facteurs de carences pr&#233;coces et sur le placement familial des enfants. J'ai d&#251; faire un peu violence &#224; votre modestie et &#224; votre discr&#233;tion pour &#233;voquer votre parcours avec vous. Vous &#234;tes n&#233;e &#224; Paris en 1917 dans une famille unie, ais&#233;e et cultiv&#233;e d'origine juive o&#249; la musique avait plus d'importance que la question de la jud&#233;it&#233;. Pour une jeune fille des ann&#233;es trente, s'il &#233;tait &#233;vident de faire du piano, &#233;tait-ce &#233;vident de faire des &#233;tudes de m&#233;decine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'&#233;tait d&#233;j&#224; assez fr&#233;quent, nous avons &#233;t&#233; plusieurs de ma classe &#224; faire m&#233;decine, mais sans motivation particuli&#232;re. Mon int&#233;r&#234;t pour la m&#233;decine est venu plus tard. Je sais que ma m&#232;re, qui est d&#233;c&#233;d&#233;e lorsque j'avais huit ans, disait qu'elle aimerait bien que l'une de ses filles fasse m&#233;decine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y avait l&#224; un certain d&#233;terminisme maternel.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, et l&#224; c'est un souvenir tr&#232;s pr&#233;cis et qui, comme tel, fait peut-&#234;tre un peu &#233;cran&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel &#233;tait le sujet de votre th&#232;se ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;phrites aigu&#235;s de l'enfant. D'ailleurs, j'&#233;tais en p&#233;diatrie. J'ai toujours eu &#233;norm&#233;ment d'int&#233;r&#234;t pour les enfants, les petits. Mais, les petits b&#233;b&#233;s me faisaient un petit peu peur ! Si on parle ici de vocation, c'&#233;tait &#231;a ma vocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment votre d&#233;marche a-t-elle abouti &#224; la psychiatrie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d'abord pens&#233; &#224; faire de la p&#233;diatrie. J'&#233;tais d&#233;j&#224; dans la m&#233;decine d'enfants et j'ai fonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais, la guerre arrive, et, vous voil&#224; dans la R&#233;sistance. Tout de suite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, tout de suite dans ma t&#234;te ! Mais, dans les faits, seulement en 42, parce qu'on ne savait pas o&#249; c'&#233;tait, la R&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais pourquoi &#171; tout de suite &#187; dans votre t&#234;te ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que tout de suite j'&#233;tais gaulliste. La d&#233;faite a &#233;t&#233; un choc &#233;norme, je pensais qu'on devait se battre. L'armistice &#233;tait inadmissible. &#199;a faisait quand m&#234;me trois dictatures : Mussolini, Franco, Hitler. Les choses ont commenc&#233; avec la guerre d'Espagne. C'&#233;tait la premi&#232;re fois que des populations civiles &#233;taient massacr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous n'avez pas &#233;t&#233; tent&#233;e d'aller faire de la m&#233;decine chez les &#171; Rouges &#187;, comme Tosquelles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. J'avais tr&#232;s envie de m'engager pour quelque chose, mais je souffrais de ne pas savoir comment faire. J'avais pens&#233; &#224; la guerre d'Espagne et j'admirais ceux qui la faisaient. Et puis, avec Hitler je sentais qu'un danger montait avec une force consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous ressentiez la force et l'imminence de ce danger en tant que juive ou en tant que Fran&#231;aise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait en tant que Fran&#231;aise. Mais, c'est l&#224; une chose difficile &#224; exprimer car, pendant toute la p&#233;riode de mon enfance et de ma jeunesse je ne me sentais pas sp&#233;cialement juive. J'&#233;tais fran&#231;aise avant tout. Il se trouvait que j'&#233;tais d'origine juive&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a l'impression que votre jud&#233;it&#233; n'entrait pas dans votre sentiment d'identit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh, pas du tout ! Mais quand je dis pas du tout il y a ceci de particulier, avec nous les juifs : c'est que, m&#234;me lorsqu'on a fini de pratiquer, de croire, on sait qu'on est juif mais on ne sait pas ce que &#231;a veut dire. C'est tr&#232;s particulier ! (rire). &#199;a m'a &#233;norm&#233;ment troubl&#233;e dans ma jeunesse et il n'y avait pas de r&#233;ponse &#224; cette question. Je me disais : pourquoi dit-on qu'on est juif ? D'abord &#231;a n'apporte gu&#232;re que des d&#233;sagr&#233;ments. Je ne voyais pas en quoi on &#233;tait juif puisqu'on n'&#233;tait pas religieux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et, aujourd'hui, pouvez-vous r&#233;pondre &#224; votre question ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout a &#233;t&#233; compliqu&#233; par les camps de concentration. &#199;a reste une question assez ouverte, parce que&#8230; je pense que je me sens&#8230; plus juive qu'autrefois&#8230; et &#231;a m'emb&#234;te parce que je trouve que c'est&#8230; une concession au nazisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Venons-en &#224; la R&#233;sistance.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais agent de liaison dans un r&#233;seau de renseignement. C'&#233;tait dans le cadre de la &#171; R&#233;sistance-fer &#187;. On travaillait dans de petits cercles limit&#233;s sans conna&#238;tre la nature de ses missions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A ce moment-l&#224; vous &#233;tiez en rupture de m&#233;decine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, et je n'avais pas le choix parce qu'en tant que juive je n'avais plus le droit d'exercer. Les lois de Vichy m'ont sortie de l'h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui est assez extraordinaire c'est que ce n'est pas en tant que juive que vous avez &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e, mais en tant que r&#233;sistante !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui mais ma fausse identit&#233; a &#233;t&#233; perc&#233;e assez vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui n'a pas arrang&#233; votre cas&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a tout aggrav&#233; pour moi et pour ma famille aussi. Au moment de mon arrestation le 26 d&#233;cembre 43, c'est &#224; Fr&#234;nes que nos destin&#233;es se sont s&#233;par&#233;es entre ceux d'entre nous qui &#233;taient juifs et ceux qui ne l'&#233;taient pas. J'ai &#233;t&#233; envoy&#233;e &#224; Drancy, et, de Drancy &#224; Birkenau.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le camp de Birkenau, en Pologne, &#233;tait une extension d'Auschwitz sp&#233;cialement (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous n'avez pas gard&#233; de ces circonstances terribles un souvenir de r&#233;elle solidarit&#233; entre prisonniers&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; existait en petits groupes de personnes qui parlaient la m&#234;me langue. Et, s'il y avait beaucoup de juifs dans le camp, il y avait beaucoup plus de non juifs. Le r&#233;gime n'&#233;tait pas le m&#234;me car il y avait &#233;norm&#233;ment d'antis&#233;mitisme dans les populations slaves&#8230; Les juifs fran&#231;ais &#233;taient tr&#232;s minoritaires. J'ai v&#233;cu dans les tripes l'installation d'un r&#233;gime fasciste &#224; l'int&#233;rieur du camp : il y avait des cat&#233;gories, et, la population juive &#233;tait en bas de l'&#233;chelle. Ceux qui &#233;taient &#171; sup&#233;rieurs &#187; avaient pouvoir de vie et de mort sur les autres, m&#234;me &#224; l'int&#233;rieur de la population juive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre facteur pr&#233;gnant &#233;tait la d&#233;ch&#233;ance humaine.&lt;br class='manualbr' /&gt;C'&#233;tait le pire. Toutes ces larves humaines qui se tra&#238;naient dans le camp, qui &#233;taient des morts vivants ! Des gens qui n'avaient plus figure humaine. C'est la r&#233;ussite de ce r&#233;gime-l&#224; d'&#234;tre parvenu &#224; d&#233;shumaniser les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je ne peux pas ne pas rapprocher votre t&#233;moignage de celui de Bettelheim pour qui l'&#233;cole orthog&#233;nique de Chicago &#233;tait un anti-camp de concentration. Votre propre exp&#233;rience a-t-elle compt&#233; dans votre approche des enfants en souffrance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est-&#224;-dire que&#8230; c'est vrai que, trois ans plus tard, &#224; la fondation Parent-de-Rozan&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Fondation &#224; Auteuil, annexe du &#171; d&#233;p&#244;t &#187; de Denfert-Rochereau, g&#233;r&#233; par (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, quand j'ai vu ces petits enfants avec leur expression &#233;teinte, leur apathie, leur d&#233;sint&#233;r&#234;t,&#8230; leur&#8230; &#231;a a &#233;voqu&#233; quelque chose pour moi, quelque chose de voisin&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arriv&#233;e deux ans avant vous dans cette institution, votre coll&#232;gue et amie Genevi&#232;ve Appell a dit : &#171; Je suis arriv&#233;e dans un univers dantesque qui m'a fait penser &#224; ce que j'avais entendu dire de la d&#233;portation et des camps &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Moi, ce qui m'a frapp&#233;e, c'est le processus de d&#233;shumanisation. C'&#233;tait &#233;vident que ces enfants &#233;taient d&#233;shumanis&#233;s, et &#231;a, je savais par mon exp&#233;rience personnelle &#224; Birkenau ce dont il s'agissait. Cette d&#233;humanisation des gens que je connaissais bien m'avait boulevers&#233;e, je n'avais jamais vu cela de ma vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus tard, vous avez ressenti qu'une institution pour enfants qui n'&#233;tait &#233;videmment pas nazie &#233;tait capable de mettre de jeunes enfants dans la m&#234;me situation de d&#233;shumanisation&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand, et comment avez-vous &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camp avait &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;. On a fait une marche assez fantastique d'une vingtaine de jours et le 1&#176; mai 1945 nous avons r&#233;ussi &#224; nous d&#233;gager de la colonne o&#249; nous &#233;tions et nous avons ensuite err&#233; pendant huit jours jusqu'au 8 mai, et nous sommes rentr&#233;es &#224; Paris &#224; la force du poignet car nous &#233;tions trois filles isol&#233;es ma s&#339;ur, moi et une autre fille, sans l'aide d'une quelconque organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous vous retrouvez &#224; Paris. Une bourse d'&#233;tudes favorise votre d&#233;part pour Boston.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord pour Baltimore. Faute d'avoir pu encore &#233;laborer ce qui venait de se passer j'&#233;tais en plein deuil. Et dans un milieu &#233;tranger, seule. Heureusement, j'ai d&#233;couvert la clinique de L&#233;o Kanner. Tous les jeudis il y avait des pr&#233;sentations de cas dans le service de psychiatrie infantile. &#199;a m'a rappel&#233; les id&#233;es que j'avais eues &#224; propos de la psychiatrie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; cette &#233;poque, L. Kanner avait-il commenc&#233; &#224; publier ses travaux sur l'autisme infantile ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait en train de les publier. C'&#233;tait tout &#224; fait le d&#233;but. Mais ce n'&#233;taient pas des enfants autistes qui, alors, &#233;taient pr&#233;sent&#233;s. Mais je me suis dit c'est l&#224;-dedans que j'ai envie de travailler, c'est &#231;&#224; que je pr&#233;f&#232;re. &#192; Boston se trouvait un centre tr&#232;s fameux qui s'appelait la Judge Baker Guidance Clinic et dont l'activit&#233; correspondait bien &#224; ce que j'entendais chez L&#233;o Kanner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et vous avez commenc&#233; &#224; travailler presque simultan&#233;ment au James Jackson Putman Center&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais un peu plus tard. C'&#233;tait un centre pour tout petits enfants dirig&#233; par Marian Putman qui &#233;tait la fille d'un tr&#232;s grand ami de Freud. Il s'agissait d'un &#233;tablissement unique, comme il n'en existait nulle part. Marian Putman &#233;tait convaincue qu'il fallait rechercher de quelle fa&#231;on les troubles psychiatriques se constituaient chez les tout petits enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui a d&#233;clench&#233; ces recherches d&#232;s lors qu'on estimait g&#233;n&#233;ralement que la vie psychique de l'enfant ne s'&#233;veillait qu'au moment de la parole ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces recherches s'originent en Pologne ou en Autriche, &#224; l'initiative de gens &#233;migr&#233;s aux U.S.A mais qui avaient tous connu Freud. Mais Putman a clarifi&#233; quelque chose dont on parle beaucoup moins aujourd'hui &#224; savoir les &#233;tapes du d&#233;veloppement psycho-sexuel des enfants : oralit&#233;, analit&#233;, &#339;dipe. Avec d'autres chercheurs, Elle &#233;tait persuad&#233;e que la psychopathologie s'enracine dans la premi&#232;re enfance. Elle a ouvert un centre avec l'id&#233;e de pr&#233;vention et d'&#233;tude. Je commen&#231;ais &#224; m'initier aux th&#233;rapies pr&#233;coces d'enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on situer &#224; ce moment de votre exp&#233;rience am&#233;ricaine votre d&#233;couverte des travaux de Gesell qui devaient engendrer ceux de Brunet et L&#233;zine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Brunet et L&#233;zine sont les auteurs du test de niveau pour jeunes enfants qui (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et des travaux de Harlow et de Spitz o&#249; s'origine notre connaissance actuelle des carences pr&#233;coces ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, c'est plus tard, &#224; l'occasion d'un autre voyage. Et c'est par Bowllby&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='John Bowlby, psychanalyste, accomplit pour le compte de l'OMS la synth&#232;se (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que je les ai connus au moment o&#249; on commen&#231;ait &#224; s'int&#233;resser aux cons&#233;quences des s&#233;parations et des carences. J'ai rencontr&#233; Ren&#233; Spitz aux &#201;tats-Unis &#224; l'occasion d'un voyage de recherche sur les tout petits b&#233;b&#233;s. On &#233;tait &#224; la recherche d'une m&#233;thode de travail sur ces questions, par souci de rigueur scientifique. Il me semblait important qu'on ne reste pas dans le domaine &#233;motionnel incontr&#244;l&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au bout de trois ans vous rentrez en France.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, je voulais travailler en psychiatrie infantile et m'occuper de tr&#232;s jeunes enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous arrivez donc &#224; l'automne 50 &#224; Parent-de-Rozan. Quelques mois auparavant, venu de Londres, Bowlby, qui devait tellement compter dans votre formation, &#233;tait venu &#224; la fondation&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il faisait son tour du monde dans le cadre de la mission qui lui avait &#233;t&#233; confi&#233;e par l'OMS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Organisation Mondiale de la Sant&#233; &#224; Gen&#232;ve' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui devait aboutir &#224; la publication de : &#171; Soins maternels et sant&#233; mentale &#187; en 1954. Viendra plus tard, toujours sous l'&#233;gide de l'OMS : &#171; La carence de soins maternels, r&#233;&#233;valuation de ses effets &#187;. Il voulait savoir si cette question avait un caract&#232;re universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; la fondation Parent-de-Rozan vous d&#233;couvrez des enfants vivants, certes, mais &#233;teints : hospitalisme et carences. Vous avez eu tr&#232;s t&#244;t la conviction que vous n'avez cess&#233; de d&#233;velopper par la suite, qu'il n'y a pas de diagnostic fig&#233; et enfermant.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, &#231;a me vient de ma formation aux &#201;tats-Unis. Mais c'est pour moi d'une telle &#233;vidence !.. Il y avait l&#224;-bas une constante recherche des processus dynamiques qui animaient le tableau clinique qu'on &#233;tait en train d'&#233;tudier. C'&#233;tait compl&#232;tement oppos&#233; &#224; ce qu'on faisait alors en France o&#249; dominait une id&#233;ologie tr&#232;s structuraliste. Moi, je n'exprimais pas les choses en termes de structure mais &#224; partir de trois facteurs dynamiques : distorsion du lien m&#232;re enfant, r&#233;action &#224; la s&#233;paration, carences proprement dites et facteurs de carence. Mais ce que j'ai surtout gard&#233; de mon travail aux U.S.A c'est que l'&#233;tat de l'enfant n'est pas int&#233;ressant en soi, ce qui compte c'est le processus dynamique, constamment formateur et d&#233;formateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on dire que votre pens&#233;e clinique fait la synth&#232;se de Freud et de Piaget ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a chez Piaget des choses qui me passionnent sur la construction du psychisme de l'enfant, sur l'imbrication dynamique des &#233;tapes du d&#233;veloppement. Et, il me semblait qu'on pouvait faire la m&#234;me chose au sujet de l'&#233;motionnel. Et l'&#233;thologie que j'ai connue gr&#226;ce aux rencontres avec Harlow, a renforc&#233; ma conviction au sujet des processus dynamiques chez l'enfant et le tout-petit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est &#224; ces modalit&#233;s relationnelles que vous attachez le concept de &#171; pattern d'interaction nurse-enfant &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, et &#224; Parent-de-Rozan des facteurs suppl&#233;mentaires de carence intervenaient. &#192; l'&#233;poque, j'&#233;tais tr&#232;s &#233;tonn&#233;e de la &#171; m&#233;chancet&#233; &#187; des adultes, mais je n'ai pas tard&#233; &#224; comprendre, en les &#233;coutant, que ces personnes &#233;taient souvent elles-m&#234;mes s&#233;par&#233;es de leurs propres enfants et qu'elles avaient un pass&#233; de carence. La plupart des &#171; soignantes &#187; projetaient leurs propres souffrances sur les enfants. Elles &#233;taient &#233;videmment sans formation ni contr&#244;le. Et ces personnes ont quand m&#234;me un peu chang&#233; quand les enfants ont &#233;t&#233; mieux. Cela nous a permis de comprendre que les troubles se structuraient chez les enfants &#224; l'int&#233;rieur d'une interaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 55, sort l'ouvrage : &#171; La Carence de soins maternels &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Les Effets de la carence maternelle sur les tr&#232;s jeunes enfants OMS 1951 et (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui est le fruit des travaux de votre &#233;quipe. Et d&#233;j&#224;, on pointe dans ce livre des r&#233;flexions sur le placement familial&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui parce que les enfants partaient en nourrice sans aucune pr&#233;paration. Ils &#233;taient litt&#233;ralement d&#233;port&#233;s. C'est la honte d'avoir fait des choses pareilles &#224; des petits enfants. Ce qui me frappait c'est que les convoyeuses ne disaient jamais rien des r&#233;actions des enfants. Ils &#233;taient emport&#233;s dans de petits camions, attach&#233;s. Nous n'avons pas accept&#233; que des enfants que nous avions en th&#233;rapie soient trait&#233;s de cette fa&#231;on. Il a fallu se battre pour obtenir l'autorisation de les accompagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au souvenir de tel ou tel enfant qui vous a particuli&#232;rement touch&#233;e, pouvez-vous d&#233;crire les enfants de l'institution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus frappant c'&#233;tait qu'ils &#233;taient dans une discontinuit&#233; totale, non seulement dans les relations humaines, mais aussi dans le fait que rien n'&#233;tait organis&#233; en fonction d'eux. Ils &#233;taient dans un univers chaotique et sans lien. Pas seulement de lien humain, mais de lien entre les situations et les changements : ils se trouvaient un jour dans une pi&#232;ce, un jour dans une autre, une fois dans un lit, une fois dans un autre&#8230;. Mais germait en moi cette id&#233;e qu'il fallait &#234;tre avec l'enfant dans son exp&#233;rience. C'est pour moi une exigence fondamentale en th&#233;rapie des petits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 68, Genevi&#232;ve Appell part pour Budapest &#224; Loczy o&#249; Emmi Pickler avait cr&#233;&#233; une pouponni&#232;re exp&#233;rimentale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, apr&#232;s avoir quitt&#233; Parent-de-Rozan, je travaillais moi aussi, quoiqu'&#224; mi-temps, &#224; la pouponni&#232;re Amyot depuis plusieurs ann&#233;es, dont nous n'&#233;tions pas si m&#233;contentes pourtant. A son retour G. Appell m'a dit : &#171; il faut que vous veniez voir, je ne sais pas si j'ai &#233;t&#233; eue, je ne sais pas si ce que j'ai vu est vrai ! &#187;. Pour ma part, j'y suis all&#233;e en 70, avec elle, avec un projet d'&#233;tude m&#233;thodique d'observation et d&#233;termin&#233;e &#224; &#233;crire un rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et en 1973 vous avez publi&#233; avec Genevi&#232;ve Appell un livre qui est un peu un best-seller dans notre profession : &#171; Loczy ou le maternage insolite &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; L&#246;czy ou le maternage insolite &#187; Ed du Scarab&#233;e CMEA, 1973, nouv edit (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par ailleurs, vous teniez une consultation de psychiatrie infantile dans le service de Robert Debr&#233;, et vous aviez des th&#233;rapies d'enfants &#224; Claude Bernard.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, je faisais des petits boulots et l'ensemble ne me satisfaisait pas compl&#232;tement. J'avais rencontr&#233; L&#233;bovici &#224; l'occasion d'un s&#233;minaire de Winnicott et c'est L&#233;bovici qui, par la suite, m'a encourag&#233;e &#224; cr&#233;er un service placement familial dans le 13&#176; arrondissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bowlby, Winnicott, ces grandes r&#233;f&#233;rences sont &#224; Londres. Vous ne parlez pas d'Anna Freud&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='Anna Freud, 1895-1982, psychanalyste, assura la d&#233;fense vigoureuse de (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui y d&#233;fendait, au cr&#233;neau, la pens&#233;e de son p&#232;re&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aux &#201;tats-Unis que je l'ai entendue &#224; plusieurs reprises durant mon premier s&#233;jour. J'aimais beaucoup son travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous deviez r&#233;agir positivement parce qu'Anna Freud s'inscrivait avec une grande force dans une perspective dynamique, contrairement &#224; M. Klein.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais je n'aimais pas beaucoup M&#233;lanie Klein. J'ai beaucoup aim&#233; Anna Freud et j'aurais &#233;t&#233; tr&#232;s heureuse d'aller dans son service. Elle concevait le travail th&#233;rapeutique aupr&#232;s des enfants dans une dynamique &#233;ducative qui impliquait fortement le th&#233;rapeute dans la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est bien ce qui appara&#238;t dans son livre sur la psychanalyse expliqu&#233;e aux &#233;ducateurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Initiation &#224; la psychanalyse pour &#233;ducateurs &#187; Privat 1969 (r&#233;union de 4 (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Qu'est-ce qui distingue une th&#233;rapie d'enfant d'inspiration kleinienne et une th&#233;rapie annafreudienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='appendix' title='Classicisme psychanalytique post-freudien incarn&#233; par Anna Freud' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Ca faisait des &#233;tincelles entre ces deux femmes non ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais tr&#232;s choqu&#233;e par les interpr&#233;tations sauvages de l'&#233;cole kleinienne. Cependant, je trouvais que Klein disait des choses tout &#224; fait passionnantes sur les m&#233;canismes de projection et d'introjection. Je voyais &#231;&#224; en direct chez les b&#233;b&#233;s. En ce sens elle m'int&#233;ressait par ce c&#244;t&#233;-l&#224;. Mais j'ai beaucoup c&#244;toy&#233; ses &#233;l&#232;ves &#224; Londres et je n'aimais pas du tout la fa&#231;on dont ils interpr&#233;taient sur un mode symbolique les comportements de b&#233;b&#233;s, &#231;a me semblait pr&#233;matur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, je trouvais que Klein avait &#233;t&#233; une des premi&#232;res &#224; bien d&#233;crire ces m&#233;canismes primitifs de clivage, projection, introjection, position d&#233;pressive. Mais dans l'application en psychoth&#233;rapie je ne la suivais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a l'impression que &#231;a vous posait un probl&#232;me d'&#233;thique&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, presque. Et, dans mon travail, je ne me suis plus entendue avec des personnes qui campaient sur un point de vue lacanien. D'ailleurs, il y avait des ressemblances entre certains aspects de la pens&#233;e de M&#233;lanie Klein et celle de Lacan. Et je crois qu'Anna Freud sentait qu'il fallait qu'un enfant soit dans une relation authentique avec un th&#233;rapeute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Myriam David, je crois que nous sommes au c&#339;ur de votre pens&#233;e. Lorsque vous dites &#171; relation authentique &#187; estimez-vous que le th&#233;rapeute doit s'engager &#233;motionnellement, existentiellement aupr&#232;s de l'enfant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, certainement, je le pense, beaucoup plus que dans le cadre d'une cure classique. M&#233;lanie Klein ne croyait pas au transfert chez l'enfant, l&#224; je crois qu'elle se trompait. Elle opposait une relation transf&#233;rentielle &#224; une relation r&#233;elle compte tenu de la part de r&#233;actualisation qu'il y a dans le transfert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donc, entre les petits et vous, il se passait bien quelque chose qui &#233;tait de l'ordre du transfert et de l'interpr&#233;tation.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certainement. Mais pas avec les enfants plac&#233;s dont je pense que beaucoup d'entre eux ne sont pas pr&#234;ts pour une psychoth&#233;rapie et qu'ils ont besoin d'une th&#233;rapie &#224; travers un processus d'accompagnement. Certains n'auront que &#231;&#224; mais ils auront au moins &#231;&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous, comme Maud Mannoni que certains patients r&#233;sistent &#224; la th&#233;rapie par peur de tomber fous en abandonnant leurs m&#233;canismes adaptatifs et qu'il est imprudent d'insister ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi j'ai des exp&#233;riences d'enfants qui foutent le camp lorsqu'on verbalise quelque chose de leur vie int&#233;rieure&#8230; m&#234;me si ce n'est pas une interpr&#233;tation tr&#232;s profonde, et qui vous mettent la main sur la bouche pour qu'on ne parle pas, ou qui se ferment la bouche pour ne pas parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment r&#233;agissiez-vous dans ces cas-l&#224; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai r&#233;agi en me rendant compte que n&#233;anmoins ces enfants avaient une demande consid&#233;rable, utilisaient un langage non verbal, ne supportaient pas la verbalisation, mais que dans un accompagnement ils pouvaient exprimer des choses parce qu'on &#233;tait avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous utilisiez du mat&#233;riel, de la p&#226;te &#224; modeler&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, la vie, la vie r&#233;elle : les accompagner chez leurs parents, &#234;tre avec eux dans une situation de jeu&#8230; J'ai commenc&#233; &#224; sentir &#231;a &#224; Parent-de-Rozan quand on accompagnait les enfants chez les nourrices. J'ai senti qu'il se passait quelque chose de tr&#232;s important dans la voiture et que le &#171; &#234;tre-avec &#187;, partager leur angoisse &#233;tait tr&#232;s important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le soutien &#233;motif ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien &#233;motif. J'ai senti la m&#234;me chose avec les b&#233;b&#233;s de la pouponni&#232;re Amyot quand on les a suivis chez eux. On a partag&#233; avec eux quelque chose de leur exp&#233;rience &#224; la pouponni&#232;re et ensuite, en les accompagnant chez eux, quelque chose de leur angoisse tellement leurs m&#232;res &#233;taient terroris&#233;es &#224; l'id&#233;e de leur retour. On se disait d'abord qu'il fallait m&#233;nager l'intimit&#233; des m&#232;res avec leur enfant et puis on a vite compris que cette intimit&#233; elles ne pouvaient l'avoir que si on &#233;tait l&#224; ! On &#233;tait donc un facteur d'intimit&#233; et pas du tout un facteur d'intrusion. C'est la diff&#233;rence entre une observation distanci&#233;e et une observation dans laquelle on est &#171; avec &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment articulez-vous votre travail &#224; Parent-de-Rozan et votre travail &#224; la pouponni&#232;re Amyot.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des exp&#233;riences compl&#233;mentaires : dans la premi&#232;re institution les enfants avaient d&#233;j&#224; au moins un an et avaient v&#233;cu avec leurs parents. Les facteurs de carence &#233;taient surtout institutionnels. La carence principale des b&#233;b&#233;s &#224; Amyot r&#233;sidait dans le fait que les soignantes adh&#233;raient certes &#224; l'id&#233;e de relation privil&#233;gi&#233;e avec chaque enfant mais sans parvenir &#224; &#233;tablir correctement cette relation qui, en fait, &#233;tait tr&#232;s t&#233;nue. Par l'observation on s'&#233;tait rendu compte que la dur&#233;e du contact entre les b&#233;b&#233;s et les nurses au moment des soins &#233;tait extr&#234;mement br&#232;ve. Les &#233;changes &#224; ce moment-l&#224; n'&#233;taient pas du tout brutaux ni d&#233;sagr&#233;ables mais ils &#233;taient vides, ils &#233;taient tr&#232;s superficiels et tr&#232;s courts. L'&#233;change adulte-b&#233;b&#233; avait un caract&#232;re gentiment st&#233;r&#233;otyp&#233;. L'enfant &#233;tait recouch&#233; tr&#232;s vite apr&#232;s un petit sourire, un petit babil et c'&#233;tait fini. Donc, les carences &#233;taient moins visibles, et, faute d'observation elles seraient pass&#233;es inaper&#231;ues derri&#232;re la gentillesse. Par cons&#233;quent, il y a eu des transformations dans l'organisation du travail, les soins se sont allong&#233;s, on a mis en place un syst&#232;me &#224; trois soignantes de pr&#233;f&#233;rence &#224; une pluie d'intervenants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par cons&#233;quent, vous n'&#234;tes pas all&#233;e d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; &#224; Loczy&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas du tout ! Mais on est all&#233; v&#233;rifier qu'ils faisaient encore beaucoup mieux que nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Combien de b&#233;b&#233;s &#224; la pouponni&#232;re Amyot ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt. Ils n'&#233;taient pas trop nombreux. Mais ce qu'on a d&#233;couvert l&#224; c'est la difficult&#233; pour une femme de s'engager dans une relation pseudo maternelle avec un b&#233;b&#233;. Mais une fois qu'on les avait pouss&#233;es (les nurses) dans cette relation on a r&#233;alis&#233; qu'il leur &#233;tait ensuite tr&#232;s difficile de se s&#233;parer de cet enfant. La r&#233;ponse &#224; cette difficult&#233; on la trouve chez Emily Pikler&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans &#171; Loczy ou le maternage insolite &#187; vous &#233;crivez que si le b&#233;b&#233; n'est pas envahi par les affects de la nurse il garde suffisamment d'&#233;nergie libidinale pour l'investir dans des progr&#232;s moteurs et cognitifs&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, &#224; savoir que la relation avec la nurse n'est pas fond&#233;e sur&#8230; l'amour de la nurse pour cet enfant. Ce n'est pas une relation amoureuse. C'est une relation qui est cr&#233;&#233;e par l'enfant en r&#233;ponse &#224; l'int&#233;r&#234;t que la nurse lui porte, en fonction de ses capacit&#233;s naissantes et en voie de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est tr&#232;s Winnicottien ce que vous dites !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r ! Et ce n'est pas un hasard si en voulant rapprocher la psychanalyse et Loczy on a choisi Winnicott.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce qu'on peut dire qu'entre l'enfant et la nurse se cr&#233;e ce que Winnicott appelle l'espace potentiel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est une d&#233;couverte tr&#232;s importante parce que ce qu'on voit sur les vid&#233;os c'est que ce b&#233;b&#233; &#233;prouve une gratitude &#224; l'&#233;gard de la nurse qui le soigne en tenant compte de ce qu'il est. Ce qu'il est &#224; ce moment-l&#224; il le vit &#224; travers sa libert&#233;. C'est &#231;a la d&#233;couverte fondamentale d'Emmi Pikler, qui n'est pas encore comprise par beaucoup de gens : l'importance de l'activit&#233; de l'enfant comme &#233;l&#233;ment d'organisation de sa personnalit&#233;&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est tr&#232;s &#233;thologique !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est tr&#232;s &#233;thologique mais ce n'est pas du tout en contradiction avec la psychanalyse, je n'arrive pas &#224; comprendre pourquoi les psychanalystes n'arrivent pas &#224; accepter &#231;&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a met en cause la th&#233;orie des pulsions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne crois pas, je crois que cette activit&#233; cr&#233;e les moyens que le b&#233;b&#233; met en &#339;uvre pour r&#233;guler ses pulsions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est la raison pour laquelle, &#224; Loczy, Emmi Pikler interdisait aux nurses d'anticiper les mouvements du b&#233;b&#233;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh, elle va plus loin, elle dit : ne faites pas &#224; sa place, laissez-lui le temps ! Ca c'est une d&#233;couverte fantastique qu'elle a faite, il fallait toute sa patience et sa foi dans le d&#233;veloppement du b&#233;b&#233;. Je partage cette foi car on voit bien que le b&#233;b&#233; finit toujours par faire ce qu'on a envie de lui faire faire tout de suite. Elle a dit cette chose qui n'est pas du tout &#233;vidente c'est qu'un enfant peut s'asseoir tout seul, se lever tout seul, marcher tout seul&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors, l'&#233;motionnel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en parle, bien s&#251;r, mais dans cette gratitude pour les soins manifest&#233;s par l'enfant et qui comble la nurse. Et la poursuite de l'int&#233;r&#234;t de la nurse pour le d&#233;veloppement de l'enfant vient de la gratitude que ressent l'enfant. Il y a l&#224; une cha&#238;ne &#233;motionnelle intense qui se constitue. Bien s&#251;r qu'il y a de l'amour l&#224;-dedans mais c'est d&#233;gag&#233; de tout ce qui fait qu'une m&#232;re est passionn&#233;e par son enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette distinction appara&#238;t conceptualis&#233;e dans votre livre sur Loczy lorsque vous distinguez le &#171; pattern d'interaction m&#232;re-enfant &#187; et le &#171; pattern d'interaction nurse-enfant &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, je suis assez contente de &#231;&#224; ! Et nous nous sommes rendu compte que, lorsque les enfants avaient retrouv&#233; leur m&#232;re le &#171; pattern m&#232;re-enfant &#187; &#233;tait intrins&#232;que &#224; cette relation et ne pouvait jamais &#234;tre reproduit avec un autre enfant, alors que le pattern de soin nurse-enfant peut &#234;tre reproduit avec chacun des enfants soign&#233;s sans pour autant &#234;tre st&#233;r&#233;otyp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment avez-vous &#233;t&#233; amen&#233;e &#224; cr&#233;er le service de placement familial th&#233;rapeutique du 13&#176; arrondissement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait en 1966. Je me trouvais un peu marginale dans la psychiatrie infantile et je souhaitais m'investir dans un poste en rapport avec mes recherches. Et je me suis lanc&#233;e dans cette affaire avec l'id&#233;e na&#239;ve qu'un enfant plac&#233; en famille devait pouvoir trouver son compte sur le plan affectif. Au d&#233;part je n'avais pas id&#233;e de la complexit&#233; du placement familial. Par contre, j'avais une id&#233;e pr&#233;cise des carences qui s&#233;vissaient dans le syst&#232;me et mon id&#233;e &#233;tait qu'on pouvait supprimer ces carences. Mais nous avons rapidement but&#233; sur ce que je consid&#232;re maintenant comme la difficult&#233; centrale du placement familial, &#224; savoir la d&#233;sillusion que l'enfant inflige &#224; la famille d'accueil en y apportant sa relation parentale. L&#224;, il y a quelque chose d'interactif qui se noue spontan&#233;ment et qui ne peut qu'aboutir &#224; l'&#233;chec si ce n'est pas ma&#238;tris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est le transfert ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est de l'ordre du transfert mais c'est plus compliqu&#233; parce que dans le transfert en situation psychanalytique, le th&#233;rapeute est dans son fauteuil tandis que la famille d'accueil n'est pas dans un fauteuil ! Et puis, il faut reconna&#238;tre qu'en essayant de r&#233;ussir avec un enfant les parents d'accueil ont envie de r&#233;aliser le parent id&#233;al. Et ils sont par cons&#233;quent dans une d&#233;ception cruelle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est l'omnipotence que d&#233;crit Winnicott, et, cet id&#233;al constitue l'illusion, l'utopie n&#233;cessaires pour commencer&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, et il n'y aura pas de familles d'accueil si on choisit celles qui n'ont pas cette illusion. Au d&#233;part on sait que cette illusion sera d&#233;&#231;ue par l'enfant lui-m&#234;me. Il faut savoir qu'on va in&#233;luctablement vers cette difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, peut-&#234;tre que se pose la question de la relation id&#233;ale, je veux dire cette relation indicible qui peut s'instituer &#224; l'int&#233;rieur du placement familial. Comment dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette relation id&#233;ale si difficile &#224; d&#233;finir est-ce la relation de soin id&#233;ale que les nurses &#233;tablissent avec l'enfant sans y investir des attentes proprement maternelles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est int&#233;ressant c'est que des familles d'accueil veulent adopter et d'autres pas. La professionnalisation est une chose, mais on n'arrivera pas &#224; mod&#233;liser la relation dans une famille d'accueil, au bon sens du terme mod&#233;liser, comme on a mod&#233;lis&#233; la relation dans une pouponni&#232;re avec des petits enfants. D'autant plus qu'il s'agit en familles d'accueil d'une prise en charge longue et qu'elles sont expos&#233;es aux parents de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour en revenir au pattern de la relation nurse-enfant tel que nous l'avons &#233;voqu&#233; tout &#224; l'heure, on peut en r&#233;f&#233;rence &#224; ce pattern tr&#232;s particulier se demander si une famille d'accueil peut se passionner pour le d&#233;veloppement d'un enfant. La base du loczisme c'est cela : si on se passionne pour le d&#233;veloppement d'un enfant et qu'on le laisse se d&#233;velopper en lui cr&#233;ant les conditions pour qu'il puisse le faire il va bien. C'est-&#224;-dire cr&#233;er l'espace de l'enfant. Mais un espace &#224; sa mesure. Un espace contenant qui tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors que l'enfant attaque constamment ce contenant et menace son int&#233;grit&#233;&#8230; notamment il attaque les liens du couple d'accueil qui sont le contenant du contenant&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me demande si ces attaques ne caract&#233;risent pas l'enfant priv&#233; de parents. Il attaque parce qu'il n'a pas de parents. Parce qu'il n'y a pas de parents substitutifs. Les parents d'accueil sont quelque chose d'autre, de tr&#232;s utile &#224; cet enfant. Je pense que c'est une esp&#232;ce tr&#232;s particuli&#232;re de parents, des parents-soignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des parents d'accueil assument, au fond, des fonctions intriqu&#233;es de fa&#231;on complexe d'&#233;ducateurs et de soignants, c'est fou, non ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison qu'il faut une &#233;quipe autour. L'&#233;quipe du placement familial est l&#224; pour soutenir l'enfant dans les &#233;motions extr&#234;mement complexes que soul&#232;vent pour lui le lien qu'il d&#233;veloppe avec sa famille d'accueil et le lien qu'il maintient avec ses parents. C'est tr&#232;s important que l'enfant puisse exprimer soit sa haine, soit son amour immod&#233;r&#233; pour sa m&#232;re ou son p&#232;re d'accueil, comme &#224; propos de son p&#232;re ou de sa m&#232;re. Il a peu de possibilit&#233;s d'exprimer &#231;&#224; verbalement, il l'exprime surtout par l'agir. Il me semble qu'il faut d&#233;gager les relations r&#233;elles de cet enfant, les relations engag&#233;es quotidiennement, d'une partie de ces &#233;motions-l&#224; et qu'il les porte quelque part ailleurs. Il ne les porte pas en psychoth&#233;rapie parce que c'est une relation duelle et qu'il ne la supporte pas. Ce serait un transfert beaucoup trop massif. Ce travail c'est le r&#244;le fondamental de l'&#233;quipe du placement familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, le deuxi&#232;me r&#244;le de l'&#233;quipe touche aux parents. Je trouve qu'on a beaucoup trop esp&#233;r&#233; le retour de l'enfant chez ses parents. C'est une id&#233;alisation des parents. C'est un des torts du courant psychanalytique d'avoir id&#233;alis&#233; le r&#244;le parental &#224; tout prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est peut-&#234;tre parce que la psychanalyse est une science juive !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'avais pas pens&#233; &#224; cette explication ! (rire) Mais cette id&#233;ologie du retour peut avoir des cons&#233;quences tr&#232;s lourdes pour l'enfant chez des parents pervers, charg&#233;s de haine et destructeurs&#8230; Tout en reconnaissant que, d'une certaine fa&#231;on, ces parents sont attach&#233;s &#224; leur enfant et qu'ils souffrent de son placement, comme aussi d'une profonde blessure narcissique. Le r&#244;le essentiel de l'&#233;quipe n'est pas de chercher &#224; ce qu'ils deviennent de meilleurs parents parce que je crois qu'ils ne le peuvent pas. L'objectif c'est qu'ils ne soient pas bless&#233;s narcissiquement par le placement et qu'il puisse les aider dans leur relation avec leur enfant. Dans mon exp&#233;rience, &#231;a permet &#224; certains parents de cesser de vouloir &#224; tout prix reprendre l'enfant, de le s&#233;duire, et, de trouver un certain calme. Nous n'avons pas le pouvoir de les transformer en bons parents&#8230; Par contre je crois qu'on peut aider l'enfant &#224; moins souffrir de ses parents, mais c'est un processus qui dure toute la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et la troisi&#232;me fonction de l'&#233;quipe du placement familial ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas tant de soutenir la famille d'accueil que de collaborer avec elle. On est dans deux places tr&#232;s diff&#233;rentes et on doit arriver &#224; &#233;changer au sujet de l'enfant nos connaissances, &#224; r&#233;fl&#233;chir ensemble &#224; la fa&#231;on de le prendre en charge. Ce n'est pas une aide unilat&#233;rale &#224; la famille d'accueil c'est une aide mutuelle. Car, la connaissance de l'enfant c'est la famille d'accueil qui la poss&#232;de. Et si on pr&#233;tend le conna&#238;tre seulement &#224; travers ce qu'il est quand il vient au service on se fiche dedans. Il faut sortir de cette situation de d&#233;pendance dans laquelle l'&#233;quipe est cens&#233;e savoir, et, la famille d'accueil cens&#233;e recevoir tous les coups. Les &#233;quipes ont encore beaucoup de mal &#224; sortir de cette hi&#233;rarchie de connaissances. Il faut viser &#224; transversaliser une relation de travail qui, au d&#233;part, est forc&#233;ment verticale. Cet &#233;change &#233;quipe-famille d'accueil est un v&#233;ritable don r&#233;ciproque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Myriam David, apr&#232;s tant de recherches sur les carences et le placement familial, quelle est selon vous l'attitude th&#233;rapeutique primordiale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;couter !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le camp de Birkenau, en Pologne, &#233;tait une extension d'Auschwitz sp&#233;cialement affect&#233;e &#224; l'extermination des Juifs&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fondation &#224; Auteuil, annexe du &#171; d&#233;p&#244;t &#187; de Denfert-Rochereau, g&#233;r&#233; par l'Assistance Publique&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Brunet et L&#233;zine sont les auteurs du test de niveau pour jeunes enfants qui porte leur nom&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Bowlby, psychanalyste, accomplit pour le compte de l'OMS la synth&#232;se des travaux dans le monde sur les facteurs de carences et leurs effets. Figure centrale dans ce champ de recherche&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Organisation Mondiale de la Sant&#233; &#224; Gen&#232;ve&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les Effets de la carence maternelle sur les tr&#232;s jeunes enfants OMS 1951 et en 1962 : &#171; Etude des facteurs de carence affective dans une pouponni&#232;re &#187; in Psychiat de l'Enfant, 4 fas 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L&#246;czy ou le maternage insolite &#187; Ed du Scarab&#233;e CMEA, 1973, nouv edit 1996&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Anna Freud, 1895-1982, psychanalyste, assura la d&#233;fense vigoureuse de l'orthodoxie de la &#171; doctrine &#187; de son p&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Initiation &#224; la psychanalyse pour &#233;ducateurs &#187; Privat 1969 (r&#233;union de 4 conf&#233;rences)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Classicisme psychanalytique post-freudien incarn&#233; par Anna Freud&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Hommage &#224; Myriam David</title>
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		<dc:subject>Placement familial</dc:subject>
		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
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&lt;p&gt;Disparition d'une grande dame, Myriam David. Une vie pour la petite enfance &lt;br class='autobr' /&gt;
Myriam David est morte &#224; Paris, dans son appartement du Quai aux Fleurs, en bord de Seine, le 28 d&#233;cembre 2004. Elle avait quatre-vingt-huit ans. C'est justement dans cet appartement que, le 10 novembre 1998, s'est d&#233;roul&#233;e, comme au fil de l'eau qui passait sous ses fen&#234;tres, la conversation que nous publions seulement aujourd'hui. Ce retard appelle une explication : au cours de cette rencontre, Myriam David &#233;voque son (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Disparition d'une grande dame, Myriam David. Une vie pour la petite enfance&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Myriam David est morte &#224; Paris, dans son appartement du Quai aux Fleurs, en bord de Seine, le 28 d&#233;cembre 2004. Elle avait quatre-vingt-huit ans. C'est justement dans cet appartement que, le 10 novembre 1998, s'est d&#233;roul&#233;e, comme au fil de l'eau qui passait sous ses fen&#234;tres, la conversation que nous publions seulement aujourd'hui. Ce retard appelle une explication : au cours de cette rencontre, Myriam David &#233;voque son exp&#233;rience concentrationnaire de d&#233;shumanisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Irr&#233;sistiblement, nous avions alors rapproch&#233; cette exp&#233;rience de son &#233;motion lors de ses premi&#232;res rencontres avec les b&#233;b&#233;s en pouponni&#232;re institutionnelle, alors priv&#233;s de relations humanisantes. Apr&#232;s avoir lu la synth&#232;se de cet entretien, Myriam David nous avait demand&#233; de surseoir &#224; sa publication, souhaitant s'exprimer d'abord elle-m&#234;me &#224; ce sujet. Ce qu'elle a fait depuis, publiquement. Nous sommes, par cons&#233;quent, libres de laisser couler sa parole sur notre chagrin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;dopsychiatre, m&#233;decin consultant du centre Alfred-Binet, Myriam David est la fondatrice du centre familial th&#233;rapeutique de l'association pour la sant&#233; mentale et de l'unit&#233; de soins sp&#233;cialis&#233;e pour les jeunes enfants de la fondation Rothschild. Elle est l'auteur de &#171; L'enfant de 0 &#224; 2 ans &#187;, &#171; L'enfant de 2 &#224; 6 ans &#187;, &#171; Loczy ou le maternage insolite &#187; (en collaboration avec Genevi&#232;ve Appell) et d'un ma&#238;tre livre qui fait r&#233;f&#233;rence &#171; Le Placement Familial, de la pratique &#224; la th&#233;orie &#187; dont Dunod vient de publier la cinqui&#232;me &#233;dition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'ayant c&#244;toy&#233; en son temps Jenny Aubry dont la trajectoire ressemble beaucoup &#224; la sienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir la notice que lui consacre sa fille, &#201;lisabeth Roudinesco in &#171; (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Myriam David aurait pu rejoindre chez elle Fran&#231;oise Dolto. Des divergences d'&#233;cole et de th&#233;orie, comme aussi de temp&#233;rament, une v&#233;ritable allergie &#224; Lacan, une exp&#233;rience th&#233;rapeutique ouverte aux USA pr&#232;s de L&#233;o Kanner, l'ont engag&#233;e dans une voie personnelle de recherche d&#233;bouchant sur la th&#233;rapie du &#171; &#234;tre avec &#187;. Ce n'&#233;tait pas tant &#171; l'&#233;tat de l'enfant &#187; qui la passionnait que ses capacit&#233;s d'&#233;volution. Aujourd'hui, on dirait son potentiel de r&#233;silience&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le sillage des travaux de Harlow&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Ethologiste ayant notamment travaill&#233; sur les processus d'attachement des (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de Spitz, de Bowlby, d'Anna Freud, notamment, elle a contribu&#233; &#224; notre prise de conscience, &#224; nous travailleurs sociaux, des ravages suscit&#233;s par les carences pr&#233;coces, la pathologie du lien et les troubles du processus primaire d'attachement. &#192; cet &#233;gard, sa contribution est fondamentale, comme, de son c&#244;t&#233;, celle de Michel Lemay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Myriam David soutenait que le th&#233;rapeute pouvait s'identifier &#224; l'enfant qu'il soigne et m&#234;me s'engager aupr&#232;s de lui pour un v&#233;ritable accompagnement existentiel qu'elle nommait globalement &#171; le soin &#187;, ma&#238;tre mot de son &#339;uvre. Logiquement, cette conviction, valid&#233;e dans la rigueur de l'exp&#233;rimentation et de la conceptualisation, devait la conduire &#224; sa recherche sur le placement familial permanent, l&#224; o&#249; les accueillants, impliqu&#233;s dans le r&#233;el quotidien de l'enfant, peuvent n&#233;anmoins, par le soin, &#234;tre aussi v&#233;ritablement th&#233;rapeutes. Paradoxe sans doute, mais dont Winnicott aurait dit qu'il ne faut pas tenter de le r&#233;soudre sauf &#224; perdre la valeur du paradoxe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la demande de Pierre Gautier, alors directeur de l'action sociale au minist&#232;re, elle avait constitu&#233; un groupe de travail pluridisciplinaire qui devait, sous sa direction, &#233;crire le petit ouvrage synth&#233;tique &#171; Enfants, parents, famille d'accueil. Un dispositif de soin : l'accueil familial permanent &#187;. Elle nous impressionnait par la clart&#233; de son propos, sa ga&#238;t&#233;, son humour, son &#233;coute, son autorit&#233; parfois rude, et surtout par ce que sa parole sur les enfants en grande souffrance, exprimait d'humanit&#233; vigilante et tendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite que nos jeunes coll&#232;gues qui ne la connaissent peut-&#234;tre pas se laissent aller au fil de cet entretien et d&#233;couvrent Myriam David. Sous ses fen&#234;tres aujourd'hui ferm&#233;es coulent la Seine, notre chagrin, notre affection, et son souvenir (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Une-conversation-avec-Myriam-David' class='spip_in'&gt;lire l'entretien&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir la notice que lui consacre sa fille, &#201;lisabeth Roudinesco in &#171; Dictionnaire de psychanalyse &#187; Fayard&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ethologiste ayant notamment travaill&#233; sur les processus d'attachement des b&#233;b&#233;s singes Rh&#233;sus&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Myriam David - une vie pour la petite enfance</title>
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		<title>Le dictionnaire des sciences humaines</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-dictionnaire-des-sciences-humaines</link>
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		<dc:subject>736</dc:subject>
		<dc:subject>Travail social</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le travail social se donnant pour objectif la r&#233;solution des probl&#232;mes, le changement social et l'am&#233;lioration du bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral, il ne peut que se nourrir en permanence de l'apport des sciences humaines. Les connaissances portant sur le fonctionnement du psychisme, la compr&#233;hension des relations interpersonnelles, l'appr&#233;hension de la multiplicit&#233; des formes de vie sociale, &#233;conomique, morale invent&#233;es au cours de l'histoire, le discernement des modes de communication, l'interpr&#233;tation du r&#244;le jou&#233; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Travail-social-186" rel="tag"&gt;Travail social&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L95xH150/arton118-b4ce9.jpg?1693679242' width='95' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le travail social se donnant pour objectif la r&#233;solution des probl&#232;mes, le changement social et l'am&#233;lioration du bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral, il ne peut que se nourrir en permanence de l'apport des sciences humaines. Les connaissances portant sur le fonctionnement du psychisme, la compr&#233;hension des relations interpersonnelles, l'appr&#233;hension de la multiplicit&#233; des formes de vie sociale, &#233;conomique, morale invent&#233;es au cours de l'histoire, le discernement des modes de communication, l'interpr&#233;tation du r&#244;le jou&#233; par les facteurs climatiques, g&#233;ographiques ou culturels dans les comportements etc. constituent une part essentielle du savoir sur lequel les professionnels s'appuient pour entrer en contact avec l'autre et tenter de trouver avec lui les modalit&#233;s pour avancer vers un mieux-&#234;tre. C'est pourquoi, on ne peut qu'accueillir avec int&#233;r&#234;t ce premier dictionnaire encyclop&#233;dique qui comporte pas moins de 900 entr&#233;es impliquant 20 disciplines diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur y trouvera d'une mani&#232;re concise et pr&#233;cise les th&#233;ories, les auteurs et les concepts classiques pr&#233;sent&#233;s de fa&#231;on p&#233;dagogique et vivante. Il y a d'abord le plaisir de voir regrouper une somme consid&#233;rable d'informations qui nous permet d'entrevoir toute la richesse du savoir humain. Mais il peut y avoir parall&#232;lement le trouble d'&#234;tre confront&#233; &#224; une telle masse, au risque de s'y noyer : on ne sait plus o&#249; donner de la t&#234;te. Il est vrai que l'&#233;poque qui voulait qu'un esprit universel et omniscient puisse se repr&#233;senter l'essentiel de la connaissance est depuis longtemps r&#233;volue. Les th&#233;ories se multiplient, se compl&#233;tant parfois, se contredisant le plus souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi est-il tentant de simplifier, de r&#233;duire, de sch&#233;matiser. Ce n'est pas l&#224; l'ambition de cet ouvrage qui nous fait entrer dans la diversit&#233; de sciences humaines qui ne fait qu'illustrer la complexit&#233; de la r&#233;alit&#233; de notre esp&#232;ce. Le lecteur p&#233;tri de certitude et cherchant &#224; d&#233;couvrir la v&#233;rit&#233; doit se d&#233;tourner d&#233;lib&#233;r&#233;ment d'un tel travail qui ne pourra que l'angoisser et le d&#233;cevoir : ici il n'y a rien pour le conforter dans sa qu&#234;te d'absolu. Celui dont l'ouverture d'esprit et la curiosit&#233; ne lui font pas craindre d'&#234;tre d&#233;rout&#233;, surpris ou interpell&#233;, se pr&#233;cipitera pour acheter un tel ouvrage qui pour &#234;tre on&#233;reux n'en constitue pas moins une r&#233;f&#233;rence tout &#224; fait indispensable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Sciences Humaines, 2004 (875 p. ; 49 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le placement familial. De la pratique &#224; la th&#233;orie</title>
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		<dc:date>2005-01-12T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Placement familial</dc:subject>
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&lt;p&gt;Les &#233;ditions Dunod ont publi&#233; en 2004 la cinqui&#232;me &#233;dition revue et corrig&#233;e d'un ouvrage incontournable qui fut l'occasion pour Myriam David de donner ses lettres de noblesse &#224; une pratique qui aura &#233;t&#233; marqu&#233;e par des d&#233;rives propres &#224; son &#233;poque. Le placement familial fut longtemps plus proche d'une d&#233;portation de hordes d'enfants dans les coins les plus recul&#233;s de la campagne, r&#233;alis&#233;e dans des conditions de brusquerie et d'impr&#233;paration aux cons&#233;quences trop souvent catastrophiques. C'est aux lendemains (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-736-" rel="tag"&gt;736&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L98xH150/arton119-3cba2.jpg?1693679242' width='98' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;ditions Dunod ont publi&#233; en 2004 la cinqui&#232;me &#233;dition revue et corrig&#233;e d'un ouvrage incontournable qui fut l'occasion pour Myriam David de donner ses lettres de noblesse &#224; une pratique qui aura &#233;t&#233; marqu&#233;e par des d&#233;rives propres &#224; son &#233;poque. Le placement familial fut longtemps plus proche d'une d&#233;portation de hordes d'enfants dans les coins les plus recul&#233;s de la campagne, r&#233;alis&#233;e dans des conditions de brusquerie et d'impr&#233;paration aux cons&#233;quences trop souvent catastrophiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, que les travaux de recherche sur les effets sur l'enfant de la s&#233;paration apport&#232;rent des &#233;clairages tout &#224; fait essentiels qui am&#232;neront progressivement un bouleversement des fa&#231;ons de faire. Les troubles massifs &#224; l'origine de la d&#233;cision de retirer l'enfant &#224; la garde de ses parents apparurent pour ce qu'ils &#233;taient : non plus cong&#233;nitaux mais acquis. Il fallait bien s&#251;r les relier d'abord au milieu familial carentiel. Mais on comprit aussi qu'ils pouvaient &#234;tre encore aggrav&#233;s par la fa&#231;on dont la s&#233;paration &#233;tait g&#233;r&#233;e. Comme on fut convaincu qu'ils &#233;taient en partie r&#233;versibles pour peu que l'on sache modifier l'environnement de l'enfant, sans rajouter aux blessures initiales des traumatismes suppl&#233;mentaires. Et l'on peut y arriver, s'il l'on sait pr&#233;server la place des parents et relayer leur absence par une permanence et une continuit&#233; des substituts propos&#233;s ainsi que par une attention particuli&#232;re port&#233;e aux transitions qui &#233;vitent la rupture brutale des liens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela nous semble aujourd'hui &#233;vident. Ce ne l'&#233;tait pas alors, &#224; une &#233;poque o&#249; l'on pensait qu'il suffisait simplement de retirer l'enfant d'un milieu jug&#233; comme pathog&#232;ne pour que tout aille mieux. Myriam David &#233;voque longuement et pr&#233;cis&#233;ment les motifs du placement familial, ses indications, sa pr&#233;paration. Elle d&#233;crit avec talent les diff&#233;rentes dimensions du placement familial. Avec en premier, le temps de l'idylle qui unit la famille d'accueil dans son besoin de r&#233;parer l'enfant et l'enfant dans son besoin de trouver la famille id&#233;ale. Puis intervient la d&#233;sillusion : &#171; Le bon enfant se transforme en d&#233;mon, l'adorable m&#232;re d'accueil en m&#233;chante sorci&#232;re et l'&#233;quipe en &#171; rapteur &#187; d'enfant [&#8230;] Chacun peut avoir l'impression de s'&#234;tre tromp&#233; sur l'autre et surtout d'avoir &#233;t&#233; tromp&#233; par lui &#187; (p. 224). I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l ne s'agit pas l&#224; d'un dysfonctionnement, mais d'un processus incontournable : il intervient quand l'enfant est suffisamment ressourc&#233; par l'amour de sa famille d'accueil pour &#233;prouver &#224; nouveau un sentiment d'appartenance &#224; sa famille d'origine qui l'am&#232;ne &#224; jouer une famille contre l'autre. Et c'est l&#224; qu'intervient la troisi&#232;me phase : celle de la gestion th&#233;rapeutique des crises qui, pour p&#233;nibles et inqui&#233;tantes qu'elles soient, sont autant d'&#233;tapes pouvant permettre &#224; l'enfant de progresser dans la maturation et l'individuation. C'est bien pourquoi, il ne suffit pas aux familles d'accueil de poss&#233;der la g&#233;n&#233;rosit&#233;, la sagesse, les grandes qualit&#233;s affectives et une t&#233;nacit&#233; in&#233;branlable. Il faut aussi un accompagnement th&#233;rapeutique d'un tiers (celui de l'&#233;quipe) lui permettant de se d&#233;prendre des in&#233;vitables tensions qui se font jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage de Myriam David rel&#232;ve &#224; la fois du guide m&#233;thodologique, du manuel de r&#233;flexion th&#233;orique et de la somme accumul&#233;e des exp&#233;riences de terrain : une lecture irrempla&#231;able pour tout praticien du placement familial &#224; laquelle on vient et on revient sans cesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Dunod, 2004 (472 p. ; 39 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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