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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>La psychiatrie dans tous ses &#233;tats !</title>
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		<title>La psychiatrie dans tous ses &#233;tats !</title>
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&lt;p&gt;Parce que spectaculaire, le crime commis dans l'enceinte de l'h&#244;pital psychiatrique de Pau a donc forc&#233;ment &#233;t&#233; m&#233;diatis&#233;, r&#233;veillant au passage de vieilles hantises li&#233;es &#224; la folie et &#224; la peur de l'&#233;tranger. Mais au fond rien n'a &#233;t&#233; dit du malaise de la psychiatrie qui est, de fait, le reflet d'un profond malaise dans la soci&#233;t&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
La psychiatrie hors les murs devait conduire &#224; un avenir radieux de la folie par la mise en place d'un dispositif d'alternative &#224; l'enfermement, notamment par le biais de la (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parce que spectaculaire, le crime commis dans l'enceinte de l'h&#244;pital psychiatrique de Pau a donc forc&#233;ment &#233;t&#233; m&#233;diatis&#233;, r&#233;veillant au passage de vieilles hantises li&#233;es &#224; la folie et &#224; la peur de l'&#233;tranger. Mais au fond rien n'a &#233;t&#233; dit du malaise de la psychiatrie qui est, de fait, le reflet d'un profond malaise dans la soci&#233;t&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La psychiatrie hors les murs devait conduire &#224; un avenir radieux de la folie par la mise en place d'un dispositif d'alternative &#224; l'enfermement, notamment par le biais de la sectorisation. Las, par na&#239;vet&#233; ou manque de vigilance, le mouvement d&#233;sali&#233;niste a servi de pr&#233;texte aux grands argentiers de l'&#201;tat pour faire des &#233;conomies sur la sant&#233; mentale. On a ferm&#233; des lits (plus de 40 000 en France entre 1987 et 2000 selon les chiffres du minist&#232;re de la Sant&#233;), laiss&#233; pourrir des pavillons, diminu&#233; le numerus clausus des m&#233;decins psychiatres, supprim&#233; la sp&#233;cialit&#233; dans la formation des infirmiers&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce processus de d&#233;composition de la psychiatrie, il faut qu'une professionnelle soignante soit d&#233;capit&#233;e et sa t&#234;te pos&#233;e sur une t&#233;l&#233;vision, comme dans un tableau surr&#233;aliste, pour que l'ensemble du personnel de l'h&#244;pital psychiatrique de Pau r&#233;clame des &#171; mesures imm&#233;diates pour que soient respect&#233;s l'int&#233;r&#234;t et la dignit&#233; des patients et que soit assur&#233;e la s&#233;curit&#233; des soignants &#187;. Le crime est tellement spectaculaire, et par le fait m&#234;me si bien relay&#233; par les m&#233;dias t&#233;l&#233;visuels, que des politiciens, la langue de bois et la bouche en cul de poule, partent en qu&#234;te d'un plan de sauvetage de la psychiatrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la sortie du conseil des ministres, Philippe Douste-Blazy, ministre de la Sant&#233;, formule le souhait d'&#233;tablir un lien t&#233;l&#233;phonique direct entre les h&#244;pitaux et les commissariats de police : &#171; On le fait pour des bijouteries, on le fait pour des banques, il n'y a pas de raison qu'on ne le fasse pas pour des h&#244;pitaux. &#187; La folie c'est comme de l'or en barre quand elle fait fantasmer les foules. Sur le m&#234;me ton, le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur propose que soient &#233;tablis des &#171; diagnostics de s&#233;curit&#233; &#187; et dispens&#233; une &#171; aide &#224; la formation pour les personnels confront&#233;s &#224; la violence &#187; dans les h&#244;pitaux psychiatriques. Diable, voil&#224; que les fous seraient des fous violents !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela ne fait pas tr&#232;s s&#233;rieux ; alors, tr&#232;s solennellement, le pr&#233;sident de la R&#233;publique, Jacques Chirac fait part de son &#171; indignation apr&#232;s ce crime, qu'il qualifie &#8220;d'acte barbare&#8221; &#187; et il exprime &#171; toute la solidarit&#233; et la compassion de la nation &#224; la famille et aux proches &#187; des deux victimes et demande que les auteurs soient &#171; retrouv&#233;s et punis avec la plus grande s&#233;v&#233;rit&#233; &#187;. (Paris Agence Reuters, 20 d&#233;cembre 2004). En signe de consolation, Douste-Blazy en revient &#224; des mesures plus normales. Il assure &#224; plusieurs reprises vouloir arr&#234;ter la fermeture des lits psychiatriques et affirme vouloir renforcer les alternatives &#224; l'hospitalisation et les permanences de soins les week-ends.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde sait qu'en mati&#232;re d'action sanitaire et sociale l'&#201;tat fran&#231;ais ne se donne plus les moyens d'assumer financi&#232;rement ses engagements. Mais peu importe ! Les promesses n'engageant que ceux qui les croient, l'annonce de telles mesures ne co&#251;te rien. M&#234;me Bercy se tait tant il importe de ne pas jeter de l'huile sur le feu et d'attendre que les passions s'&#233;teignent pour ramener la folie &#224; la raison et la psychiatrie dans ses plans de restructuration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que, sur Internet et le site du webzine &lt; &lt;a href=&#034;http://www.les4verites.com&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.les4verites.com&lt;/a&gt; &gt;, des citoyens honn&#234;tes attribuent aux Islamistes la responsabilit&#233; des crimes de Pau et s'inqui&#232;tent de savoir &#171; &#224; qui (ce sera) le tour ? &#187; La France-pouss&#233;e-vers-le-bas par l'&#233;quipe de Raffarin est aux abois et crie &#171; aux armes citoyens &#187; craignant que dans nos asiles l'ennemi &#233;gorge nos infirmi&#232;res et nos compagnes. En r&#233;alit&#233;, le crime de Pau n'est qu'une &#171; r&#233;plique &#187; du crime commis par les politiques sur la psychiatrie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La psychiatrie, comme le monde, va &#224; la va comme je te pousse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; 45 ans Fabrice est un patient de l'h&#244;pital psychiatrique Le Vinatier dans la proche banlieue de Lyon. Il n'est pas compl&#232;tement malade puisque stabilis&#233; par ses traitements, pas tout &#224; fait d&#233;bile puisque parfaitement &#224; l'&#233;coute de ce qui se passe dans le monde, mais pas assez normal non plus pour &#234;tre dehors. Alors au fil du temps, Fabrice a fait de son pavillon un second ventre maternel. Pour ses proches qui viennent le voir, le franchissement des portes ferm&#233;es &#224; clef et la cohabitation avec d'autres malades aux comportements inquiets ou inqui&#233;tants sont toujours la source d'un pincement au c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant Fabrice est bien, dans son chez lui psychiatrique ; les promenades vers La Ferme ou le parc aux biches sont des moments de grande s&#233;r&#233;nit&#233; qui donnent envie de se poser l&#224;, en dedans des murs et loin des agressions ext&#233;rieures. Seuls quelques non fous disent que les murs sont des prisons alors que d'aucuns savent bien qu'ils peuvent &#234;tre des contenants &#224; la dimension d'une peau symbolique. Il faut un d&#233;lire philanthropique ou le discours rationalisant de bonnes consciences larmoyantes pour r&#234;ver un monde sans h&#244;pitaux psychiatriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque dans le tout d&#233;but des ann&#233;es 70, les libertaires, tels que David Cooper, Yvan Illich ou Ronald Laing, proclament la mort de la famille, de l'&#233;cole et de la psychiatrie, c'est d'abord parce que ces institutions ont perdu leurs fonctions premi&#232;res en devenant des machines &#224; normoser des individus (Yvan Illich, La perte des sens, ed. Fayard, trad. 2004). Tous les malades mentaux ne sont pas bien dehors. Tous ne peuvent pas se donner la peine de distinguer &#224; chaque instant de leur vie la limite entre ce qu'ils peuvent faire ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement voil&#224;, dans le grand programme national de fermeture des lits, Fabrice fait partie de ceux qui doivent trouver une place ailleurs. Alors il va essayer quelques institutions jusqu'&#224; ce foyer pour adultes d&#233;ficients intellectuels qui vient d'ouvrir dans la banlieue de Lyon. L'&#233;quipe d'&#233;ducateurs est sympathique mais un peu jeune ; elle n'a gu&#232;re d'exp&#233;rience en termes d'accompagnement des troubles psychiatriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assez vite, Fabrice d&#233;range et d&#233;stabilise. Jusqu'&#224; ce jour de juillet, &#224; la veille d'un d&#233;part en vacances, o&#249; sa famille apprend par t&#233;l&#233;phone qu'il a &#233;t&#233; hospitalis&#233; au Vinatier parce qu'il a touch&#233; les seins d'une r&#233;sidante du foyer. Ce n'est pas la premi&#232;re fois qu'il commet un tel acte. Il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; puni pour cela. Comme il l'a &#233;t&#233; pour avoir fum&#233; sa cigarette en cachette dans les WC. Car ici, &#224; la diff&#233;rence de sa longue histoire v&#233;cue &#224; l'HP, le r&#233;sidant n'a plus le droit de fumer dans sa chambre et la sexualit&#233; est de l'ordre du tabou. Alors de seins touch&#233;s en cigarettes grill&#233;es, le comportement de Fabrice devient insupportable. Et cette fois-l&#224;, pour se pr&#233;server d'une &#233;ventuelle plainte de la famille de la r&#233;sidante attouch&#233;e, le directeur a port&#233; les faits &#224; la connaissance du procureur de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette proc&#233;dure est devenue coutumi&#232;re ; toute suspicion d'abus sexuel tourne si rapidement en affaire p&#233;nale que les professionnels pr&#233;f&#232;rent se couvrir. M&#234;me si ce recours syst&#233;matique au juge conduit bien plus &#224; la destruction psychoaffective des individus et de leurs familles qu'il n'apporte de r&#233;elle solution au passage &#224; l'acte d&#233;viant. Dans l'affaire de Fabrice, un procureur z&#233;l&#233; refuse de classer l'affaire bien que personne ne porte plainte. Fabrice va donc sortir du Vinatier pour aller s'expliquer devant des policiers. Il a &#233;t&#233; interrog&#233; par la gendarmerie en dehors de toute consid&#233;ration de son &#233;tat et de ses troubles psychologiques qu'elle ne peut appr&#233;cier et pour cause !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que pouvait-il en dire lui, Fabrice, de son d&#233;sir irr&#233;pressible de toucher des seins ? Fallait-il donc qu'il soit fou pour ne pas savoir la distinction entre le bien et le mal ? Le diagnostic d'irresponsabilit&#233; est alors pos&#233;, non pas par une &#233;quipe de travailleurs sociaux comp&#233;tents, mais par des gendarmes, un coll&#232;ge d'experts psychiatres nomm&#233;s par la justice et un juge d'instruction. Fallait-il tout ce foin-l&#224; ? L'&#201;tat est-il si riche et la Justice si peu engorg&#233;e que l'une et l'autre puissent ainsi jeter le temps et l'argent par les fen&#234;tres ? Finalement Fabrice n'a pas &#233;t&#233; inculp&#233; dans cette affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, il a pass&#233; l'&#233;t&#233; &#224; l'h&#244;pital psychiatrique alors que les autres r&#233;sidants sont partis en vacance. Alors, les parents de Fabrice, des personnes &#226;g&#233;es de 80 et 79 ans, ont fait deux fois par semaine l'aller-retour &#224; l'h&#244;pital pour voir leur fils. 140 kilom&#232;tres aller et retour. La m&#232;re de Fabrice ne s'en est pas remise ; quelque chose en elle s'est dess&#233;ch&#233; cet &#233;t&#233;-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des fant&#244;mes hantent les murs vides de la psychiatrie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quelques m&#233;dias de masse, des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision et des grands quotidiens aux mains de groupes d'industriels, planifient et organisent le grand renfermement des esprits (Ignacio Ramonet, Le Monde diplomatique, Janvier 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par son c&#244;t&#233; spectaculaire, le double meurtre de Pau a servi une mise en spectacle de l'information et une pouss&#233;e d'&#233;motions qui ne servent en rien le d&#233;voilement de ce qui se trame dans la soci&#233;t&#233; contemporaine. Le pouvoir policier qui s'introduit partout, dans la famille (couvre-feux, suppression des allocations familiales, invalidation du r&#244;le parental), dans l'&#233;cole (plus de 8000 policiers et gendarmes mobilis&#233;s devant pr&#232;s de 1200 &#233;tablissements scolaires le jeudi 6 janvier 2005) dans la psychiatrie (cam&#233;ra et bip de s&#233;curit&#233; &#224; l'int&#233;rieur des h&#244;pitaux), est aux ordres d'une puissance politico-&#233;conomique qui a besoin d'un monde d&#233;barrass&#233; du &#171; facteur humain &#187;, comme l'explique fort bien le professeur Francis Fukuyama, chantre du Capitalisme nouveau (La fin de l'homme, ed. poche Folio) (&lt;a href='https://www.lien-social.com/La-judiciarisation-de-la-maladie-mentale' class='spip_in'&gt;lire l'interview de Nathalie Przygodzki-Lionet&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiciens et leurs sbires se font les ex&#233;cuteurs d'une soci&#233;t&#233; &#224; &#171; tol&#233;rance z&#233;ro &#187; et &#224; &#171; z&#233;ro d&#233;faut &#187; o&#249;, mis sous Prozac et autres mol&#233;cules chimiques ou conditionn&#233;s par la t&#233;l&#233;vision pour &#234;tre, comme l'a &#233;crit Patrick Le Lay, un cerveau disponible &#224; la consommation des produits de Coca-Cola, les citoyens sont priv&#233;s de tout libre arbitre. Et tout se passe comme s'il n'y avait plus de conscience intellectuelle et po&#233;tique pour ramener la soci&#233;t&#233; &#224; un peu plus de raison. Le bon sens est du c&#244;t&#233; de ceux qui se plient sans broncher au nouvel ordre moral et non plus du c&#244;t&#233; de ceux qui questionnent les &#233;vidences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, &#224; l'int&#233;rieur des murs du Vinatier, La Ferme demeure un lieu de cr&#233;ation artistique ouvert aux malades et &#224; ceux qui ne le sont pas ; et ce foyer se bat encore un peu contre la psychiatrisation de la psychiatrie &lt; &lt;a href=&#034;http://ferme.prod.esprit-public.fr&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://ferme.prod.esprit-public.fr&lt;/a&gt; &gt;. Bien s&#251;r les spectres de Fran&#231;ois Tosquelles et de Lucien Bonnaf&#233;, psychiatres d&#233;sali&#233;nistes et animateurs de la psychiatrie institutionnelle, hantent les esprits de ceux qui souhaitent conserver &#224; la folie son visage humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces r&#233;sistances paraissent tellement isol&#233;es et fragiles. &#171; The time is out of joint &#187; dit Hamlet. &#171; &#8230; le temps est d&#233;sarticul&#233;, traqu&#233; et d&#233;traqu&#233;, d&#233;rang&#233;, &#224; la fois d&#233;r&#233;gl&#233; et fou &#187; traduit Jacques Derrida qui ajoute : &#171; Time : c'est le temps mais c'est aussi l'histoire, et c'est le monde. &#187; (Le spectre de Marx, ed. Galil&#233;e). La folie n'est plus l&#224; o&#249; on la croit &#234;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Papa a fait mal - Le cauchemar judiciaire d'un couple ordinaire</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Papa-a-fait-mal-Le-cauchemar-judiciaire-d-un-couple-ordinaire</link>
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		<dc:subject>Abus sexuel</dc:subject>
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&lt;p&gt;Les forces de police et les magistrats se trouvent toujours au premier rang dans le traitement judiciaire des affaires d'agression sexuelle sur mineurs&#8230; mais rarement dans la position du suspect. C'est la terrible exp&#233;rience qu'ont v&#233;cu Philippe et Anne Sirvent, respectivement officier de police et juge. Le couple a pris de plein fouet toute la proc&#233;dure appliqu&#233;e par notre justice, en cas de suspicion de maltraitance : signalement, mise en examen, &#233;loignement du milieu familial, expertise et (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les forces de police et les magistrats se trouvent toujours au premier rang dans le traitement judiciaire des affaires d'agression sexuelle sur mineurs&#8230; mais rarement dans la position du suspect. C'est la terrible exp&#233;rience qu'ont v&#233;cu Philippe et Anne Sirvent, respectivement officier de police et juge. Le couple a pris de plein fouet toute la proc&#233;dure appliqu&#233;e par notre justice, en cas de suspicion de maltraitance : signalement, mise en examen, &#233;loignement du milieu familial, expertise et contre-expertise m&#233;dicale, avec en prime le soup&#231;on et la rumeur, l'opprobre et la honte, les coll&#232;gues qui ne vous connaissent plus, les amis qui vous tournent le dos&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, peut-on vraiment s'apitoyer sur le sort d'adultes qui, reniant leur r&#244;le protecteur, se sont mu&#233;s en agresseur sur la personne de leur propre enfant ? Pas vraiment ! On est plut&#244;t tent&#233; de s'int&#233;resser au sort de la petite victime. Sauf, peut-&#234;tre si la personne mise en cause s'av&#232;re finalement innocente. L&#224;, on h&#233;site un petit peu plus. Pour ce qui concerne, Philippe Sirvent, il a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une ordonnance de non-lieu. Il n'a pas &#233;t&#233; innocent&#233;, les poursuites ont &#233;t&#233; abandonn&#233;es&#8230; par manque de preuves suffisantes. Aussi le couple a-t-il d&#233;cid&#233; de tout rendre public par un livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord ce dont leur fille a &#233;t&#233; t&#233;moin : un p&#232;re hurlant de douleur, apr&#232;s qu'il ait chut&#233; dans la salle de bain et se soit heurt&#233; brutalement le bas-ventre. Le &#171; Papa a fait mal l&#224; &#187; que rapportera l'enfant &#224; sa ma&#238;tresse sera compris &#171; Papa m'a fait mal, l&#224; &#187; (pourtant, &#224; trois ans, elle n'emploie pas encore la forme pronominale). Puis, il y a une premi&#232;re expertise m&#233;dicale qui d&#233;cr&#232;te que son hymen a &#233;t&#233; ab&#238;m&#233;. Deux contre-expertises prouveront finalement le contraire. Il y a enfin les tests dits &#171; patte noire &#187; pass&#233;s aupr&#232;s de la psychologue. L'enfant s'arr&#234;te stup&#233;faite devant une image repr&#233;sentant un jard mordant la queue d'un petit cochon. Fascin&#233;e depuis des mois par le conte des trois petits cochons, sa surprise a d&#251; &#234;tre vive de constater que cette fois-ci, ce n'&#233;tait pas un loup qui soufflait sur la maison du goret&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la famille Sirvent n'a plus affaire &#224; la justice. Les parents ont repris leur travail : l'exercent-ils diff&#233;remment, apr&#232;s avoir pris conscience des d&#233;rives potentielles de la machine qui les emploie ? &#171; Nous sommes souill&#233;s par l'existence m&#234;me de la proc&#233;dure, mais nous voil&#224; &#233;galement totalement impuissants devant ce monstre froid, m&#251; par des juges et des auxiliaires de justice conditionn&#233;s dans les moindres recoins de leurs actes et pens&#233;es &#187; (p.263). Quant &#224; la petite fille, elle n'a pas retrouv&#233; tout &#224; fait son papa d'avant. Celui-ci h&#233;site dans ses gestes de tendresse. Il a adopt&#233; un comportement empreint de r&#233;serve et de crainte : &#171; Et si elle allait raconter &#224; sa ma&#238;tresse que je lui ai fait des bisous dans le cou ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Calmann-Levy, 2004 (296 p. ; 16 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Justice injuste. Le scandale de l'affaire d'Outreau</title>
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		<dc:subject>Abus sexuel</dc:subject>
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&lt;p&gt;Tout d&#233;bute en d&#233;cembre 2000, par une sordide affaire d'inceste : quatre fr&#232;res r&#233;v&#232;lent les &#171; mani&#232;res &#187; dont ils sont victimes de la part de leurs propres parents. Leur m&#232;re avoue assez rapidement. Elle va m&#234;me au-del&#224;, confirmant les accusations tous azimuts port&#233;es par ses enfants contre d'autres adultes : des voisins, des commer&#231;ants, des proches et m&#234;me des personnes qu'elle ne conna&#238;t pas. Fabrice Burgaud, jeune juge d'instruction frais &#233;moulu de l'&#233;cole de la magistrature se fait tr&#232;s vite sa (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L100xH150/arton115-376c4.jpg?1694042700' width='100' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout d&#233;bute en d&#233;cembre 2000, par une sordide affaire d'inceste : quatre fr&#232;res r&#233;v&#232;lent les &#171; mani&#232;res &#187; dont ils sont victimes de la part de leurs propres parents. Leur m&#232;re avoue assez rapidement. Elle va m&#234;me au-del&#224;, confirmant les accusations tous azimuts port&#233;es par ses enfants contre d'autres adultes : des voisins, des commer&#231;ants, des proches et m&#234;me des personnes qu'elle ne conna&#238;t pas. Fabrice Burgaud, jeune juge d'instruction frais &#233;moulu de l'&#233;cole de la magistrature se fait tr&#232;s vite sa conviction : il vient de mettre la main sur un v&#233;ritable r&#233;seau p&#233;dophile impliquant 17 enfants. C'est 17 mises en examen qui s'ensuivent pour agression sexuelle, actes de barbarie, corruption de mineur et meurtre. La plupart des mis en cause sont incarc&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 mai 2004, quand s'ouvrent les d&#233;bats de la Cour d'assise du Pas-de-Calais, les accus&#233;s apparaissent d&#233;finitivement comme des monstres. Et puis ce qui devait appara&#238;tre comme un proc&#232;s exemplaire va se transformer, au fil des jours, en v&#233;ritable d&#233;sastre judiciaire. Car, si les quatre principaux agresseurs reconnaissent leur culpabilit&#233;, ils vont disculper leurs treize coaccus&#233;s. Le dossier de l'accusation s'effondre chaque jour un peu plus. Le 2 juillet, le verdict tombe : 7 acquittements et 10 condamnations (6 condamn&#233;s feront appel, continuant &#224; crier leur innocence). Que s'est-il donc pass&#233; ? Il y a d'abord un dossier d'instruction men&#233; en d&#233;pit du bon sens, seulement &#224; charge (alors qu'il doit tout autant &#234;tre men&#233; &#224; d&#233;charge). Des enqu&#234;teurs ensuite, non form&#233;s au recueil de la parole de l'enfant qui ont refus&#233; de porter le moindre regard critique sur des t&#233;moignages, parfois pourtant frapp&#233;s d'incoh&#233;rence : la parole fragile et variable de gamins d&#233;truits et ravag&#233;s par ce qu'ils avaient subi, a &#233;t&#233; sacralis&#233;e. N'y avait-il pas aussi un d&#233;sir chez ces enfants de noyer la responsabilit&#233; de leurs parents, en multipliant le nombre de personnes d&#233;nonc&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des experts psychologues ensuite qui ont jou&#233; un r&#244;le central en &#233;tablissant la cr&#233;dibilit&#233; des d&#233;nonciations (qu'elles viennent des enfants ou de leur m&#232;re). &#171; Pour se reconstruire, l'enfant a besoin d'un substitut paternel, la justice, et du substitut maternel, le th&#233;rapeute, c'est la triangulation th&#233;rapeutique. Sa reconstruction passe par la reconnaissance de son statut de victime par la Cour d'assise. Sinon, il est condamn&#233; &#224; vie &#187; affirmera m&#234;me l'une d'entre elles, en plein proc&#232;s. &#171; Il n'y a pas de place pour le doute, lui r&#233;plique un avocat, vous &#234;tes dans la certitude &#187;&#8230; &#171; un peu comme si son mat&#233;riau n'&#233;tait pas l'humain, mais un neutron sans &#226;me et que la psychologie soit une science &#233;gale en fiabilit&#233; &#224; la physique nucl&#233;aire &#187;, rajoute le journaliste. Tant d'ann&#233;es de prison pr&#233;ventive, tant de nuits d'angoisse, tant de vies bris&#233;es&#8230; pour s'apercevoir qu'on est all&#233; trop vite, qu'on a d&#233;truit des innocents et qu'on a d&#233;cr&#233;dibilis&#233; une certaine justice !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Philippe Rey, 2004, (264 p. ; 18 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La judiciarisation de la maladie mentale</title>
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		<dc:subject>Psychiatrie</dc:subject>
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&lt;p&gt;Les r&#233;centes lois concernant les jeunes r&#233;cidivistes et les malades mentaux semblent accentuer la judiciarisation des populations les plus fragiles. &#171; Ces nouvelles mesures ne me surprennent pas &#187; explique Nathalie Przygodzki-Lionet, ma&#238;tre de conf&#233;rences en psychologie sociale, car &#171; la justice est de plus en plus conduite &#224; g&#233;rer la mis&#232;re sociale et mentale &#187;. &#171; Ce choix de la facilit&#233; et de la rapidit&#233; procure peut-&#234;tre un sentiment de s&#233;curit&#233;, mais pour combien de temps ? &#187; se demande cette (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;centes lois concernant les jeunes r&#233;cidivistes et les malades mentaux semblent accentuer la judiciarisation des populations les plus fragiles. &#171; Ces nouvelles mesures ne me surprennent pas &#187; explique Nathalie Przygodzki-Lionet, ma&#238;tre de conf&#233;rences en psychologie sociale, car &#171; la justice est de plus en plus conduite &#224; g&#233;rer la mis&#232;re sociale et mentale &#187;. &#171; Ce choix de la facilit&#233; et de la rapidit&#233; procure peut-&#234;tre un sentiment de s&#233;curit&#233;, mais pour combien de temps ? &#187; se demande cette sp&#233;cialiste, membre de l'association fran&#231;aise de criminologie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un projet de loi annonce le retour de la camisole chimique pour les &#171; pervers &#187; r&#233;cidivistes&#8230;. ainsi que des h&#244;pitaux- prisons pour les malades mentaux. Cette judiciarisation de la maladie mentale n'est-elle pas inqui&#233;tante ? Quelles r&#233;flexions cela suscite-t-il pour la psychiatrie actuelle en France ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nouvelles dispositions l&#233;gales ne me surprennent pas en soi dans la mesure o&#249; elles s'inscrivent tout &#224; fait dans la continuit&#233; de la politique p&#233;nale men&#233;e en France depuis quelques ann&#233;es. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le &#171; traitement &#187; des personnes pr&#233;sentant des troubles psychiques et ayant commis une ou plusieurs infractions graves pose question depuis longtemps et que cette id&#233;e de cr&#233;er une structure particuli&#232;re pour les accueillir ne date pas d'hier. Je me souviens tr&#232;s bien par exemple, pour y avoir particip&#233;, que la mise en place de la r&#233;forme de la protection sanitaire et sociale des d&#233;tenus (Loi 94-43 du 18 janvier 1994) avait suscit&#233; de nombreux d&#233;bats &#224; ce sujet au sein des minist&#232;res de la Justice et de la Sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix ans apr&#232;s, la r&#233;flexion ne para&#238;t gu&#232;re avoir &#233;volu&#233; et ce sont finalement les pratiques &#233;trang&#232;res en la mati&#232;re qui semblent inspirer le recours &#224; ces m&#234;mes mesures en France. Cet argument n'est cependant pas fond&#233;, d'une part parce que l'application d'une quelconque mesure ne pr&#233;juge en rien de son efficacit&#233; &#8212; et d'ailleurs les &#233;valuations faites dans certains pays pratiquant la &#171; castration chimique &#187; se r&#233;v&#232;lent pour le moins mitig&#233;es &#8212;, et d'autre part parce qu'une mesure se r&#233;v&#233;lant efficace quelque part ne le sera pas n&#233;cessairement partout. Les diff&#233;rences interculturelles sont souvent occult&#233;es alors que les probl&#232;mes d'inadaptation, de d&#233;linquance, d'exclusion ou de marginalisation d&#233;pendent largement de d&#233;terminants sociaux, &#233;conomiques et culturels. &#192; cette premi&#232;re inqui&#233;tude, li&#233;e &#224; la sous-estimation des diff&#233;rences au niveau culturel, s'en ajoute une seconde, celle pr&#233;cis&#233;ment de la &#171; judiciarisation de la maladie mentale &#187; comme vous dites. La justice &#233;tant en effet de plus en plus conduite &#224; g&#233;rer la mis&#232;re sociale et mentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition du groupe de travail, charg&#233; en septembre 2003 par le garde des sceaux de r&#233;fl&#233;chir au traitement judiciaire des d&#233;linquants malades mentaux, de faire compara&#238;tre les personnes d&#233;clar&#233;es p&#233;nalement irresponsables devant une juridiction ad hoc statuant en audience publique sur l'imputabilit&#233; des faits et sur les mesures de s&#251;ret&#233; applicables apr&#232;s la sortie de l'&#233;tablissement psychiatrique, en constitue une bonne illustration. Il est bien &#233;vident que de telles dispositions, alors m&#234;me qu'elles peuvent pr&#233;senter certains int&#233;r&#234;ts, sont de nature &#224; susciter de nombreuses interrogations et de la confusion tant chez les professionnels directement concern&#233;s par leur application que chez tout citoyen qui peut &#234;tre ainsi amen&#233; &#224; penser que la justice soigne. Au-del&#224; de la confusion des r&#244;les, il me semble que le risque majeur r&#233;side dans la possible &#171; perversion du sens &#187; attribu&#233; &#224; la sanction et au soin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous voulez dire par l&#224;, qu'on assiste &#224; la mise en place d'une psychiatrisation de certaines cat&#233;gories sociales ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut effectivement envisager les choses de cette mani&#232;re et je dirais qu'avant m&#234;me de parler de &#171; psychiatrisation &#187;, on peut parler de &#171; psychologisation &#187;, celle-ci expliquant en partie celle-l&#224;. Il est clair que notre soci&#233;t&#233; actuelle &#171; psychologise &#187; &#224; outrance, non pas dans le sens d'un trop grand nombre de &#171; psy &#187;, la pluralit&#233; de leurs approches constituant un atout ind&#233;niable pour la compr&#233;hension des comportements humains, mais plut&#244;t dans le sens o&#249; l'explication de ces comportements se r&#233;f&#232;re presque exclusivement &#224; des facteurs personnels au d&#233;triment des facteurs situationnels. Il me semble important, &#224; partir d'un tel constat, de s'interroger sur l'int&#233;r&#234;t social d'une telle surestimation du d&#233;terminisme psychologique des conduites humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs chercheurs, comme Le Poultier (1987, 1990) par exemple, ont d&#233;j&#224; r&#233;fl&#233;chi &#224; cette question et cet auteur affirme notamment que le fait d'attribuer des causes individuelles aux comportements d&#233;linquants, c'est-&#224;-dire de les associer par exemple &#224; des traits de personnalit&#233; ou &#224; des pathologies mentales, permet non seulement de l&#233;gitimer les mesures prises &#224; l'&#233;gard des personnes qui les &#233;mettent mais aussi de donner un sentiment de contr&#244;le face &#224; ces situations probl&#233;matiques. Il est en effet plus facile de croire en l'utilit&#233; de ces pratiques que de les remettre en question et de contr&#244;ler quelques individus que de ma&#238;triser l'ensemble d'un syst&#232;me social !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, la prison ferme pour les jeunes d&#233;linquants r&#233;cidivistes entra&#238;ne le surpeuplement des prisons, en quoi cette situation peut-elle g&#233;n&#233;rer plus de troubles psychiques qu'emp&#234;cher la r&#233;cidive ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout simplement parce que l'homme est fondamentalement un &#234;tre relationnel et que tout enfermement et isolement lui sont n&#233;fastes. Escobar (1989) et Rivolier (1992) ont bien d&#233;crit dans leurs ouvrages les cons&#233;quences d&#233;l&#233;t&#232;res de ces situations, que celles-ci soient volontaires ou involontaires. Si l'&#234;tre humain a besoin de relations avec les autres, celles-ci doivent n&#233;anmoins pouvoir se d&#233;velopper dans le respect de l'espace personnel de chacun pour &#234;tre adapt&#233;es et satisfaisantes. La situation p&#233;nitentiaire fran&#231;aise actuelle, du fait de l'&#233;tat de certains &#233;tablissements et de la surpopulation carc&#233;rale, ne permet pas de tenir compte de ces besoins humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment, apr&#232;s avoir v&#233;cu l'enfermement, l'isolement et la promiscuit&#233; avec les autres, avoir encore une relation &#171; normale &#187; &#224; autrui ? On voit bien, &#224; partir de l&#224;, la gravit&#233; que peut recouvrir l'incarc&#233;ration des mineurs : le processus de socialisation, d&#233;j&#224; fragilis&#233; pour ces jeunes d&#233;linquants, peut &#234;tre alors totalement interrompu, et les courtes dur&#233;es d'emprisonnement qu'ils effectuent g&#233;n&#233;ralement favorisent l'apparition de divers troubles augmentant justement les risques de r&#233;cidive. Je pense &#224; certaines r&#233;flexions de m&#233;decins exer&#231;ant en prison, et notamment au constat fait par le docteur Barlet (1995) : il a remarqu&#233; que la mise sous &#233;crou suscitait g&#233;n&#233;ralement dans un premier temps de l'&#171; explosivit&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire une agressivit&#233; importante envers soi et/ou les autres, suivie de ce qu'il appelle &#171; le retrait dans la chair &#187; et qui se traduit par des c&#233;phal&#233;es, des douleurs de poitrine et des troubles digestifs et dermatologiques. Il affirme que ce n'est qu'&#224; partir d'un an environ de d&#233;tention que l'on peut parler d'une certaine &#171; adaptation &#187; puis de &#171; r&#233;paration &#187; dans le sens o&#249; les demandes de prescriptions m&#233;dicamenteuses diminuent et le nombre des prises en charge se stabilise. Les peines prononc&#233;es &#224; l'encontre des mineurs ne leur permettent que rarement d'atteindre ces &#233;tapes d'adaptation et de r&#233;paration et ils sortent donc souvent au moment m&#234;me o&#249; ils sont les plus perturb&#233;s physiquement et psychologiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on alors remplacer la pr&#233;vention par la r&#233;pression, telles que les lois r&#233;centes ou celles annonc&#233;es le proposent ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, bien s&#251;r, la r&#233;pression et la pr&#233;vention constituant les deux pans n&#233;cessaires &#224; toute politique p&#233;nale &#233;quilibr&#233;e. Le renforcement du volet r&#233;pressif, observ&#233; aujourd'hui, r&#233;v&#232;le bien &#224; mon sens que les politiques privil&#233;gient la facilit&#233; et l'imm&#233;diatet&#233; des mesures. Il est effectivement plus simple de construire des prisons et de les remplir que de r&#233;fl&#233;chir &#224; d'autres formes possibles de r&#233;pression et d'&#233;laborer des programmes de pr&#233;vention. Ceci est d'autant plus vrai qu'il a &#233;t&#233; d'ores et d&#233;j&#224; montr&#233; &#224; plusieurs reprises que les actions de prise en charge et de pr&#233;vention les plus efficaces rel&#232;vent g&#233;n&#233;ralement de v&#233;ritables &#171; programmes multimodaux &#187; dans lesquels sont pris en consid&#233;ration non seulement les &#233;l&#233;ments psychologiques, cognitifs, affectifs et comportementaux mais aussi l'ensemble des &#233;l&#233;ments environnementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en &#339;uvre de tels programmes n&#233;cessite forc&#233;ment du temps et les b&#233;n&#233;fices de ces interventions ne peuvent appara&#238;tre imm&#233;diatement. Ainsi, le choix de la facilit&#233; et de la rapidit&#233; n'est que rarement synonyme d'efficacit&#233; et si les mesures radicales et imm&#233;diates favoris&#233;es actuellement par les politiques p&#233;nales occidentales peuvent procurer un sentiment de s&#233;curit&#233;, il est hautement probable que celui-ci ne dure pas tr&#232;s longtemps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Travail social et violence</title>
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		<dc:subject>738</dc:subject>
		<dc:subject>Violence</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#171; Bras arm&#233; du politique ou r&#233;sistant du c&#244;t&#233; des individus en rupture, la position des travailleurs sociaux est inconfortable &#187; explique Didier Martin, psychosociologue, intervenant sur les ph&#233;nom&#232;nes de violences &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle est la situation des travailleurs sociaux dans le contexte de violence actuel ? Tous les fantassins du social, tels que les d&#233;signait Pierre Bourdieu, sont soumis &#224; des tensions multiples dans un face &#224; face avec les personnes en souffrance sociale, fragilis&#233;es et pr&#233;caris&#233;es. Ainsi (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Violence-391" rel="tag"&gt;Violence&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Bras arm&#233; du politique ou r&#233;sistant du c&#244;t&#233; des individus en rupture, la position des travailleurs sociaux est inconfortable &#187; explique Didier Martin, psychosociologue, intervenant sur les ph&#233;nom&#232;nes de violences&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la situation des travailleurs sociaux dans le contexte de violence actuel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les fantassins du social, tels que les d&#233;signait Pierre Bourdieu, sont soumis &#224; des tensions multiples dans un face &#224; face avec les personnes en souffrance sociale, fragilis&#233;es et pr&#233;caris&#233;es. Ainsi les travailleurs sociaux sont-ils interpell&#233;s du fait du renversement de perspective qui, au nom du refus de l'&#171; excuse sociologique &#187; remplace la volont&#233; de comprendre pour agir, par la volont&#233; de punir pour montrer, transformant l'&#233;ducateur en suppl&#233;tif de la police (loi pr&#233;vention de la d&#233;linquance), tout autant que l'assistant de service social ou l'enseignant qui doivent d&#233;sormais rep&#233;rer le pr&#233;d&#233;linquant ou d&#233;noncer le clandestin&#8230; L'id&#233;ologie actuelle est celle de la guerre contre les pauvres. Consommateurs soumis, assist&#233;s coupables et repentants ou marginaux et d&#233;linquants&#8230; les positions sociales se partagent entre le bien et le mal, l'aune du bien &#233;tant d&#233;fini par une id&#233;ologie lib&#233;rale consid&#233;r&#233;e comme l'ind&#233;passable de la pens&#233;e. Bras arm&#233; du politique ou r&#233;sistant &#224; c&#244;t&#233; et/ou du c&#244;t&#233; des individus en rupture, la position des travailleurs sociaux est inconfortable et suppose une r&#233;flexion politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On pourrait parler d'un ph&#233;nom&#232;ne d'usure professionnelle pr&#233;coce ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat social s'efface pour laisser la place &#224; l'&#201;tat p&#233;nal. L'autoritarisme ambiant (d'aucuns parlent de r&#233;action n&#233;ofasciste en Europe) produit une stigmatisation quotidienne o&#249; la victime devient le coupable. Pauvres, mendiants, prostitu&#233;s, sauvageons, &#233;trangers, mauvais &#233;l&#232;ves, travailleurs, ch&#244;meurs&#8230; sont tour &#224; tour interpell&#233;s. Il s'agit d'&#234;tre fort avec les faibles, la loi s'imposant dans toute sa rigueur et faible avec les forts, le droit du plus fort devenant principe de r&#233;alit&#233; et n&#233;gation du droit. Comment s'&#233;tonner alors que ceux qui ont pour profession d'&#234;tre aux c&#244;t&#233;s des uns, pay&#233;s par les autres, pour le maintien d'un statu quo social plus que pour le mieux &#234;tre des personnes, s'&#233;puisent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on accueillir les angoisses de l'autre quand on est soi-m&#234;me plac&#233; en position instable ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est, en effet, parfois, la situation du professionnel d&#233;muni et sans r&#233;ponse de fond. Faute d'&#233;quipe, lieu central du travail social, relevant souvent d'une illusion groupale, il se retrouve seul face &#224; des personnes aux trajectoires aussi lourdes que complexes &#224; d&#233;chiffrer. En fait, c'est l'interaction des questions qui fait probl&#232;me : soci&#233;t&#233; de la surveillance et de la r&#233;pression g&#233;n&#233;ralis&#233;es, politiques publiques r&#233;actionnaires, missions fluctuant au gr&#233; des enjeux id&#233;ologiques et politiques, institution d&#233;faillante tant au niveau de l'organisation que du groupe ou de l'individu&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une violence des usagers peut-elle &#234;tre invoqu&#233;e pour moins s'impliquer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est trop souvent ce que l'on affirme, on veut nous convaincre que d&#233;cid&#233;ment l'autre pose probl&#232;me par nature. Bien s&#251;r on trouvera toujours un exemple de passage &#224; l'acte sur un travailleur social, ce qui ne peut tenir lieu d'analyse pour tragique que soit la situation. De nombreux auteurs comme L. Mucchielli montrent que les chiffres ne confirment pas ce que les rumeurs ou les fantasmes affirment. Si les tensions s'accroissent dans certaines rencontres, dans le d&#233;roulement des relations &#233;ducatives, les violences faites aux professionnels restent heureusement peu fr&#233;quentes. Le malaise augmente, le sentiment d'&#234;tre en ins&#233;curit&#233; l'emporte parfois mais ces ressentis ne sont-ils pas justement socialement fabriqu&#233;s pour attester de la dangerosit&#233; de l'autre ? Dans l'ensemble des interventions que je r&#233;alise depuis dix ans dans des institutions, quand le point de d&#233;part de la commande concerne les violences de l'autre comme probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre, nous finissons par travailler sur les violences sociales subies, les violences institutionnelles g&#233;n&#233;r&#233;es, la capacit&#233; d'une &#233;quipe &#224; fonctionner en tant que telle et les postures bienveillantes ou non des professionnels, le tout dans un environnement m&#233;diatique tourn&#233; vers le fait divers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La loi de janvier 2002 qui repositionne l'usager avec des droits a-t-elle eu une incidence sur cette violence suppos&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfermement dans la logique du tout ou rien fait qu'apr&#232;s avoir cru pouvoir tout faire, le travailleur social se d&#233;pr&#233;cie en accr&#233;ditant l'id&#233;e qu'il ne peut rien. Plus les professionnels s'enferment dans ces logiques, plus ils s'enferment dans des situations anxiog&#232;nes et productrices de stress ; l'acte professionnel n'est pas satisfaisant et ne peut pas l'&#234;tre. Que faire alors sinon fuir, d&#233;primer, se replier sur soi, ne plus voir l'autre&#8230; ou chercher la position confortable qui permet au sujet de s'installer dans la logique du tout ou rien et d'entretenir celle du paradoxe ? La cons&#233;quence dans les deux cas demeure le non-traitement de la demande sociale et l'&#233;vacuation du conflit, dans un cas en int&#233;riorisant la contradiction et dans l'autre en d&#233;pensant toute son &#233;nergie &#224; la recherche d'un confort institutionnel. On ne peut que se f&#233;liciter du renforcement des droits de l'usager en sachant que la loi ne sera jamais suffisante pour tout r&#233;gler. Actuellement ce sont les droits de l'ensemble des citoyens, professionnels et usagers, qui sont remis en cause.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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