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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Quand l'enfant se retrouve pi&#233;g&#233; : l'ali&#233;nation parentale</title>
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		<title>Des r&#233;ponses muscl&#233;es &#224; la d&#233;linquance des jeunes</title>
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&lt;p&gt;Le rapport parlementaire sur la pr&#233;vention de la d&#233;linquance confirme les craintes des travailleurs sociaux, qui d&#233;noncent une approche s&#233;curitaire et appellent &#224; une manif parisienne le 3 f&#233;vrier. Dans le m&#234;me temps, le gouvernement tire un bilan positif des centres &#233;ducatifs ferm&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
En visite fin janvier dans une structure de Mont-de-Marsan, Dominique Perben, Garde des Sceaux, s'autof&#233;licitait en dressant un premier bilan, &#233;videmment positif, des centres &#233;ducatifs ferm&#233;s (CEF), arguant d'une baisse (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le rapport parlementaire sur la pr&#233;vention de la d&#233;linquance confirme les craintes des travailleurs sociaux, qui d&#233;noncent une approche s&#233;curitaire et appellent &#224; une manif parisienne le 3 f&#233;vrier. Dans le m&#234;me temps, le gouvernement tire un bilan positif des centres &#233;ducatifs ferm&#233;s&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En visite fin janvier dans une structure de Mont-de-Marsan, Dominique Perben, Garde des Sceaux, s'autof&#233;licitait en dressant un premier bilan, &#233;videmment positif, des centres &#233;ducatifs ferm&#233;s (CEF), arguant d'une baisse de 30 % des mineurs d&#233;tenus depuis 2002. Deux cent trente jeunes &#233;taient comptabilis&#233;s comme ayant s&#233;journ&#233; dans ce type de structure, dont seulement&#8230; 28 avaient &#233;t&#233; suivis pour &#233;tude, relativisant ipso facto les messages euphorisants dudit ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatorze CEF suppl&#233;mentaires devraient &#234;tre ouverts d'ici &#224; la fin 2005 &#8212; ils sont au nombre de onze aujourd'hui &#8212;, la loi pr&#233;voyant six cents places pour la fin de l'ann&#233;e 2007. &lt;i&gt;&#171; Nous avons combl&#233; un vide qui existait dans la lutte contre la d&#233;linquance des mineurs, un lieu o&#249; la sanction et l'&#233;ducation doivent marcher ensemble &#187;,&lt;/i&gt; les CEF ayant &lt;i&gt;&#171; trouv&#233; leur place dans le dispositif de lutte contre la d&#233;linquance &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, en juillet 2003, alert&#233;e par le nombre de fugues de ces m&#234;mes structures, la Chancellerie avait ajout&#233; &#224; leur cahier des charges des p&#233;rim&#232;tres &#171; cl&#244;tur&#233;s &#187; avec &#171; acc&#232;s unique actionnable par t&#233;l&#233;commande &#187;, des &#171; syst&#232;mes de barri&#232;re infrarouge &#187; et des &#171; dispositifs de contr&#244;le des mouvements &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique est un &#171; v&#233;ritable retour &#224; la prise en charge p&#233;nitentiaire des mineurs d&#233;linquants &#187;, s'insurge le syndicat national des personnels de l'&#233;ducation surveill&#233;e (SNPES-PJJ-FSU)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='SNPES-PJJ- FSU - 54 rue de l'Arbre sec - 75001 Paris. T&#233;l. 01 42 60 11 (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : le &#171; confinement et la contention des jeunes &#187; g&#233;n&#232;rent la violence et s'accompagnent d'atteintes aux droits des mineurs ; les seuls centres offrant un projet p&#233;dagogique viable sont &#171; ceux qui se sont &#233;cart&#233;s du strict cahier des charges et de l'enfermement pour s'ouvrir &#224; une prise en charge tourn&#233;e vers l'ext&#233;rieur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce propos, une v&#233;ritable &#171; mise en sc&#232;ne m&#233;diatique &#187; qualifi&#233;e de &#171; grossi&#232;re manipulation &#187; aurait, en l'occurrence, impos&#233; une activit&#233; &#224; l'int&#233;rieur du centre visit&#233; par le ministre &#224; des jeunes exer&#231;ant des activit&#233;s scolaires ou professionnelles &#224; l'ext&#233;rieur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le syndicat rappelle qu'un jeune restera toujours stigmatis&#233; par un passage en CEF (dont les moyens sont &#171; sans commune mesure avec ceux attribu&#233;s aux autres services de la PJJ &#187;) et consid&#232;re ces &#233;tablissements comme potentielle &#171; antichambre pour l'incarc&#233;ration des mineurs &#187;. En regrettant globalement que l'intervention des &#233;ducateurs dans les quartiers pour mineurs et les 400 places prochainement ouvertes dans les futurs &#233;tablissements p&#233;nitentiaires contribuent &#171; &#224; banaliser l'incarc&#233;ration des mineurs et en faire un moment comme un autre de leur parcours &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle pr&#233;vention de la d&#233;linquance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#171; comment reconstituer un espace social en voie de dissociation sans pour autant sombrer dans l'&#171; hyst&#233;rie s&#233;curitaire &#187; ? &#187;. C'est une des pertinentes questions pos&#233;es par un r&#233;cent ouvrage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Repolitiser l'ins&#233;curit&#233;, Manuel Boucher, pr&#233;face Laurent Mucchielli, &#233;d. (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui a choisi de se pencher sur l'int&#233;r&#234;t des responsables politiques pour le th&#232;me de l'ins&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques g&#233;n&#233;ralit&#233;s, le rapport B&#233;nisti sur la pr&#233;vention de la d&#233;linquance avait dress&#233; en fin d'ann&#233;e 2004 la &#171; courbe &#233;volutive d'un jeune s'&#233;cartant du &#171; droit chemin &#187; pour s'enfoncer dans la d&#233;linquance &#187;, de fait un graphique sur lequel on pouvait suivre un &#171; parcours d&#233;viant &#187; s'&#233;cartant dangereusement d'un &#171; parcours normal &#187;. L'&#233;crit (r&#233;alis&#233; par vingt d&#233;put&#233;s &#8212; 16 UMP, 2 UDF, 2 PS) pr&#233;conisait, pour chaque &#233;tape, quelques actions de pr&#233;vention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quinze propositions tournent autour de la responsabilisation des parents, la red&#233;finition du secret professionnel, la place des maires au centre de la politique de pr&#233;vention, la nomination d'un r&#233;f&#233;rent tout au long du parcours d'un jeune&#8230; La proposition 12, par exemple, pr&#233;conise de &#171; r&#233;introduire la valeur du m&#233;rite, des droits et des devoirs de chacun dans la soci&#233;t&#233; dans l'enseignement secondaire &#187;, la 13 revalorisant les fili&#232;res d'internat ou de formations professionnelles en alternance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette soci&#233;t&#233;-l&#224;, on n'en veut pas ! &#187;, r&#233;agit vivement le collectif national unitaire (CNU) regroupant des associations, syndicats ou organisations de d&#233;fense des droits et appelant &#224; une manifestation parisienne le 3 f&#233;vrier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Rendez-vous &#224; 13 heures au m&#233;tro Goncourt (devant l'IRTS Parmentier)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Celle-ci s'inscrira en droite ligne du mouvement du 17 mars 2004 contre le projet de loi de pr&#233;vention de la d&#233;linquance, qui avait rassembl&#233; &#224; Paris plus de dix mille personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, toute personne, d&#233;nonce le CNU, &#171; pr&#233;sentant des difficult&#233;s sociales, &#233;ducatives ou mat&#233;rielles &#187; serait consid&#233;r&#233;e comme potentiellement d&#233;linquante ? Les jeunes issus de l'immigration et les &#233;l&#232;ves absent&#233;istes particuli&#232;rement d&#233;sign&#233;s et signal&#233;s au maire ? Le collectif r&#233;sume une des &#233;tapes de ce &#171; graphique pseudo-scientifique &#187; : &#171; La m&#232;re non francophone d'un enfant de deux ans se trouve d&#233;sign&#233;e comme facteur de risque, qu'il faut corriger en&#8230; interdisant &#224; cette m&#232;re de parler son &#171; patois &#187; (sic)&#8230; Le maire doit, bien s&#251;r, &#234;tre au courant de tout cela, et il faut donc d&#233;velopper &#171; une culture du secret partag&#233; &#187;&#8230; avec la police ! &#187;. Il rappelle les attaques r&#233;centes en r&#232;gle qu'a pu r&#233;cemment subir la lutte contre l'&#233;chec scolaire : suppression des surveillants, r&#233;duction des aides &#233;ducateurs, installation d'un &#171; correspondant police &#187;&#8230; &#192; ce propos, &#171; l'op&#233;ration de contr&#244;le et de fouille au corps organis&#233;e par les services de police le 6 janvier devant les &#233;tablissements scolaires illustre grandeur nature ce que le gouvernement et le ministre de l'Int&#233;rieur envisagent en mati&#232;re de pr&#233;vention de la d&#233;linquance &#187;, estime le CNU.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.snpes.pjj-fsu.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;SNPES-PJJ- FSU&lt;/a&gt; - 54 rue de l'Arbre sec - 75001 Paris. T&#233;l. 01 42 60 11 49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Repolitiser l'ins&#233;curit&#233;, Manuel Boucher, pr&#233;face Laurent Mucchielli, &#233;d. L'Harmattan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rendez-vous &#224; 13 heures au m&#233;tro Goncourt (devant l'IRTS Parmentier)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Le syndrome d'ali&#233;nation parentale</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-syndrome-d-alienation-parentale</link>
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		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>739</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans les trois quarts des cas, les parents s&#233;par&#233;s maintiennent, chacun de leur c&#244;t&#233;, une bonne relation avec les enfants qu'ils ont eu ensemble. Pour une petite partie, donc, cela se passe mal, voire tr&#232;s mal. Un concept apporte depuis une vingtaine d'ann&#233;es un &#233;clairage sur ces situations conflictuelles : un parent ali&#233;nant d&#233;valorise l'autre parent qui devient ali&#233;n&#233;. L'enfant devient l'otage de ce conflit. Ce ph&#233;nom&#232;ne est appel&#233; par ceux qui l'ont identifi&#233; le Syndrome d'ali&#233;nation parentale. Une (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les trois quarts des cas, les parents s&#233;par&#233;s maintiennent, chacun de leur c&#244;t&#233;, une bonne relation avec les enfants qu'ils ont eu ensemble. Pour une petite partie, donc, cela se passe mal, voire tr&#232;s mal. Un concept apporte depuis une vingtaine d'ann&#233;es un &#233;clairage sur ces situations conflictuelles : un parent ali&#233;nant d&#233;valorise l'autre parent qui devient ali&#233;n&#233;. L'enfant devient l'otage de ce conflit. Ce ph&#233;nom&#232;ne est appel&#233; par ceux qui l'ont identifi&#233; le Syndrome d'ali&#233;nation parentale. Une th&#233;orie toutefois controvers&#233;e et qui alimente une pol&#233;mique. Explications&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;ois est un adolescent de 15 ans. Cela fait trois ann&#233;es de suite qu'il ne peut terminer son ann&#233;e, sans &#234;tre rejet&#233; par les enseignants ou exclu de l'&#233;tablissement. C'est que dans ses relations avec les adultes, il peut se montrer tout autant fin et sensible, qu'insultant et m&#233;prisant. Cette violence qui le taraude a certainement &#224; voir avec son v&#233;cu familial. Fran&#231;ois aime un p&#232;re et une m&#232;re qui, apr&#232;s 18 ann&#233;es de vie commune, se sont s&#233;par&#233;s dans la haine et le conflit. Les propos que chacun tient &#224; l'&#233;gard de l'autre, en pr&#233;sence de l'enfant, sont empreints d'une brutalit&#233; et d'une exaltation vindicative toujours impressionnantes pour qui la d&#233;couvre la premi&#232;re fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois doit en &#234;tre s&#251;r au tr&#233;fonds de lui : il doit choisir un camp. Mais il n'y arrive pas. Alors, devant sa m&#232;re, il parle de son p&#232;re en des termes particuli&#232;rement agressifs et grossiers (affichant ainsi sa loyaut&#233; envers elle). Mais il peut tout autant se retourner contre sa m&#232;re qu'il insulte et traite plus bas que terre (affichant ainsi sa loyaut&#233; envers son p&#232;re). Aux adultes qui passent &#224; sa port&#233;e, dans les p&#233;riodes o&#249; l'angoisse l'&#233;treint, il adresse ses bouff&#233;es de violence. Les travailleurs sociaux connaissent bien ces situations o&#249; l'enfant est partag&#233; entre ses parents qu'il aimerait pouvoir aimer tous les deux, sans se sentir coupable d'en trahir un. Cela ne se passe pas uniquement dans des s&#233;parations conflictuelles du couple parental. Cela peut tout aussi bien surgir dans des familles encore unies o&#249; l'un des parents d&#233;veloppe une relation captative, fusionnelle ou exclusive avec l'enfant. Mais cela peut aussi survenir en placement familial, quand l'enfant se sent partag&#233; entre sa famille naturelle et sa famille d'accueil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;alit&#233; est source de beaucoup de souffrance chez l'enfant et peut contribuer &#224; construire chez lui une personnalit&#233; perturb&#233;e, dont les effets sont visibles dans le pr&#233;sent mais pourront perdurer longtemps. Confront&#233;s &#224; cette probl&#233;matique, les professionnels ne dispos&#232;rent pas pendant longtemps de mod&#232;le th&#233;orique leur permettant de r&#233;fl&#233;chir &#224; l'&#233;mergence, &#224; l'&#233;volution et aux cons&#233;quences de ce m&#233;canisme. C'est en 1985, qu'un psychiatre nord-am&#233;ricain, Richard Gardner, cr&#233;e le concept de Syndrome d'ali&#233;nation parentale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Richard Gardner a identifi&#233; huit manifestations symptomatiques chez l'enfant (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Depuis son &#233;mergence, cette th&#233;orie a fait couler beaucoup d'encre. Hubert Van Gijseghem &#233;tait &#224; Paris le 21 octobre 2004, invit&#233; par la Revue juridique d'action sociale pour la pr&#233;senter lors d'un colloque.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que l'ali&#233;nation parentale ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'orateur n'a cess&#233;, tout au long de son intervention, de multiplier les pr&#233;cautions, conscient du risque de d&#233;formation ou de manipulation que ses propos pouvaient occasionner. Il a commenc&#233; par &#233;carter ce qui ne relevait pas de l'ali&#233;nation parentale. Un enfant qui nourrit un ressentiment &#224; l'encontre d'un parent en raison de la cruaut&#233;, du d&#233;laissement ou du comportement d&#233;lictueux ou criminel que celui-ci a d&#233;ploy&#233; &#224; son &#233;gard n'a pas une attitude particuli&#232;rement d&#233;viante, sa rancune pouvant alors s'av&#233;rer tout &#224; fait justifi&#233;e. On ne commence &#224; &#233;voquer chez lui une ali&#233;nation inappropri&#233;e qu'&#224; partir du moment o&#249; il y a rejet de fa&#231;on manifestement injustifi&#233;e et d&#233;raisonnable d'un parent, alors m&#234;me que celui-ci manifeste objectivement un potentiel de comp&#233;tence et d'attachement ad&#233;quat. Hubert Van Gijseghem s'est ensuite attach&#233; &#224; relativiser ce fonctionnement qu'on pourrait avoir tendance &#224; consid&#233;rer comme fr&#233;quent dans les situations de s&#233;parations parentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir d'une &#233;tude qu'il a r&#233;alis&#233;e au Qu&#233;bec, portant sur 300 dossiers judiciaires de rupture du lien conjugal o&#249; se trouvaient impliqu&#233;s des enfants &#226;g&#233;s de 0 &#224; 12 ans, il a pu &#233;tablir que, dans 82,5 % des cas (issus donc de cet &#233;chantillon particulier), il y avait entente entre les parents. Sur les 17,5 % qui justifi&#232;rent alors d'un arbitrage par le juge, seuls 6,5 % des couples s&#233;par&#233;s continu&#232;rent &#224; bloquer en bout de proc&#233;dure, dans leur d&#233;marche pour harmoniser la prise en charge des enfants. L'immense majorit&#233; des adultes s'accordent donc bien apr&#232;s leur s&#233;paration, quant aux modalit&#233;s relationnelles avec leurs enfants. Il n'en reste pas moins que m&#234;me s'ils sont minoritaires, pour un certain nombre d'enfants, l'&#233;loignement d'avec l'un de ses parents est le produit d'un m&#233;canisme d'ali&#233;nation pathologique dont les modalit&#233;s ont pu &#234;tre &#233;tudi&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Richard Gardner, ce m&#233;canisme prend la forme d'un d&#233;nigrement dont l'origine est &#224; rechercher tant du c&#244;t&#233; d'un lavage de cerveau plus ou moins subtil op&#233;r&#233; par l'autre parent que du c&#244;t&#233; des contributions personnelles de l'enfant lui-m&#234;me. Cette d&#233;finition a tr&#232;s vite trouv&#233; ses limites du fait de son manque de rigueur scientifique : elle m&#233;langeait l'identification &#224; la fois du trouble et de ses causes. Deux autres chercheurs ont alors propos&#233; une approche plus respectueuse des r&#232;gles en vigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'abord J.B. Kelly qui focalisa la difficult&#233; sur l'enfant qui exprime librement et de fa&#231;on persistante des sentiments et des croyances d&#233;raisonnables (rage, haine, rejet, crainte&#8230;) envers un parent, qui sont significativement disproportionn&#233;es par rapport &#224; l'exp&#233;rience qu'il a v&#233;cue aupr&#232;s de celui-ci. C'est ensuite Douglas Darnall qui se tourne plut&#244;t vers le parent accus&#233; de pr&#233;senter toute une constellation de comportements dont il peut r&#233;sulter des perturbations dans la relation entre son enfant et l'autre parent. Que le trouble soit d&#233;fini comme provenant d'abord du parent ou d'abord de l'enfant, il n'en reste pas moins qu'il y a trouble. Identifier des comportements relevant de la dysparentalit&#233; n'est pas chose nouvelle. Les professionnels de la protection de l'enfance sont confront&#233;s en permanence &#224; de tels dysfonctionnements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;laboration scientifique de pathologies clairement identifi&#233;es est encore bien controvers&#233;e. Sauf peut-&#234;tre, en ce qui concerne le syndrome de Munchausen par procuration que l'on pense &#234;tre &#224; l'origine d'un certain nombre de morts subites du nourrisson. Dans ce cas de figure, la m&#232;re fabrique ou exag&#232;re des probl&#232;mes mentaux ou physiques de son enfant, dans le but d'obtenir une attention et un int&#233;r&#234;t, qu'elle pense ne pas pouvoir obtenir par un autre moyen. De fait, m&#233;decins et sp&#233;cialistes mais aussi l'entourage vont l'investir autour de la question de l'&#233;tat de sant&#233; de son enfant. Pour ce qui concerne le concept d'ali&#233;nation parentale, son &#233;mergence tr&#232;s r&#233;cente ne constitue pas un hasard.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi aujourd'hui ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis la Seconde Guerre mondiale, les litiges en mati&#232;re de garde d'enfant sont en tr&#232;s nette augmentation. &#192; cela, plusieurs raisons. La premi&#232;re d'entre elles est &#224; rechercher du c&#244;t&#233; de l'explosion du nombre des divorces. Limit&#233;s &#224; 10 % en 1950, ils ont atteint en Am&#233;rique du Nord le taux de 50 %. Puis, vient le contrecoup des progr&#232;s obtenus en mati&#232;re d'&#233;galit&#233; homme femme. Ce qui fut longtemps consid&#233;r&#233; comme la chasse gard&#233;e des m&#232;res, a commenc&#233; &#224; &#234;tre revendiqu&#233; par les p&#232;res. La philosophie de &#171; l'&#226;ge tendre &#187; qui s'appuyait sur l'id&#233;e dominante que tant qu'il &#233;tait petit, l'enfant avait surtout besoin d'une pr&#233;sence maternelle, a vol&#233; en &#233;clat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'est mis &#224; parler de figure maternante et &#224; se rendre compte que les papas pouvaient &#234;tre d'aussi bonnes mamans que les mamans elles-m&#234;mes ! La revendication des hommes &#224; vouloir r&#233;investir leur r&#244;le parental a co&#239;ncid&#233; avec celle des femmes exigeant leur place sur le march&#233; du travail et refusant de se laisser r&#233;sumer &#224; la seule fonction maternelle. Un nouveau paradigme s'est alors impos&#233; celui de &#171; l'int&#233;r&#234;t de l'enfant &#187;, les instances judiciaires &#233;tant tent&#233;es, en cas de s&#233;paration parentale, &#224; accorder le droit de garde au (seul) parent le plus comp&#233;tent. R&#233;percussion de cette nouvelle &#233;galit&#233; des deux parents face &#224; l'&#233;ducation potentielle de leur enfant, est apparue le concept de &#171; garde partag&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e novatrice de cette nouvelle pratique, ce fut l'obligation faite aux deux parents d'avoir &#224; communiquer et &#224; coop&#233;rer au regard de leurs responsabilit&#233;s parentales. La majorit&#233; des couples parentaux r&#233;ussissant &#224; se s&#233;parer sans trop de d&#233;g&#226;ts, ils purent s'entendre avec plus ou moins de bonheur. Mais, il &#233;tait difficile d'imaginer que ceux qui vivaient de graves diff&#233;rents allaient pouvoir les d&#233;passer, une telle attente supposant qu'ils &#233;taient en capacit&#233; d'agir de fa&#231;on rationnelle &#224; ce moment de leur vie. Cons&#233;quence de toutes ces &#233;volutions : les p&#232;res qui, pendant longtemps, se contentaient d'un week-end sur deux quand ils ne prenaient pas une distance dramatique avec leur prog&#233;niture, furent de plus en plus nombreux &#224; se poser en concurrents s&#233;rieux des m&#232;res quant &#224; l'&#233;ducation au quotidien de leurs enfants, l'enfant &#233;tant finalement plac&#233; entre le marteau et l'enclume, terrain fortement min&#233; pour lui et favorable &#224; un processus d'ali&#233;nation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les sources de l'ali&#233;nation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la plupart des cas, l'ali&#233;nation est la combinaison d'un ensemble de facteurs dont on peut identifier les trois principaux : l'enfant, le parent ali&#233;nant et le syst&#232;me judiciaire. L'enfant tout d'abord donc. Il peut &#234;tre &#233;tonnant de le placer ainsi en situation d'acteur et pas seulement de victime passive. Cela s'explique tr&#232;s bien. Car il peut se montrer tr&#232;s &#233;branl&#233; par la s&#233;paration. La seule fa&#231;on qu'il a alors de r&#233;soudre le conflit de loyaut&#233; auquel il est confront&#233; et de se lib&#233;rer de l'angoisse qui l'envahit face &#224; un choix impossible est d'op&#233;rer un clivage entre le bon et le mauvais parent. Il peut aussi se solidariser avec une m&#232;re (ou un p&#232;re) en grande souffrance avec qui il vit, et chercher &#224; l'alimenter narcissiquement, en lui assurant que c'est bien elle (ou lui) qui a sa pr&#233;f&#233;rence. Il peut, enfin, dans un d&#233;sir magique de r&#233;unification attiser le conflit entre ses deux parents, en imaginant qu'&#224; d&#233;faut de les r&#233;unir dans l'amour, il peut les contraindre &#224; se parler, m&#234;me si c'est au travers des disputes. Le profil de l'enfant qui agit ainsi renvoie &#224; certaines caract&#233;ristiques : fort degr&#233; de suggestibilit&#233;, attachement maternel fusionnel, pr&#233;f&#233;rence ancr&#233;e depuis longtemps pour un parent, probl&#232;mes de comportement ant&#233;rieurs etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Second facteur favorisant le processus d'ali&#233;nation, le comportement du parent ali&#233;nant. M&#234;me si l'on ne peut &#233;carter des man&#339;uvres perverses ou malveillantes de sa part, la plupart du temps, son comportement est li&#233; &#224; sa propre inqui&#233;tude et &#224; la culpabilit&#233; dont il ne peut se d&#233;barrasser qu'en projetant tous les torts sur son ex-conjoint. Cela intervient notamment quand l'enfant exprime &#224; sa fa&#231;on sa souffrance : si celui-ci va mal, ce n'est pas inh&#233;rent &#224; la s&#233;paration, mais sans aucun doute, &#224; cause de l'ex-conjoint qui devient le seul responsable de ce mal-&#234;tre. Et puis, se manifeste l&#224; comme ailleurs l'effet Pygmalion identifi&#233; par Rosenthal : la force exerc&#233;e par la croyance en la r&#233;alisation d'une pr&#233;diction va influer sur sa r&#233;alisation. Dit autrement, on trouve toujours ce qu'on veut trouver, ne serait-ce qu'en se focalisant sur les d&#233;tails qui viennent confirmer ce qu'on recherche et en &#233;vacuant les indices qui l'infirment. &#192; force de vouloir trouver dans les comportements de son ex-conjoint des dimensions nuisibles &#224; l'enfant, on les trouvera in&#233;vitablement, surtout quand l'enfant est scrut&#233; et interrog&#233; &#224; son retour de visite et qu'on se fixe d'une mani&#232;re disproportionn&#233;e sur des d&#233;tails qu'on ne remarquait gu&#232;re auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me facteur &#233;voqu&#233; par Hubert Van Gijseghem est tr&#232;s sp&#233;cifique &#224; l'Am&#233;rique du Nord. Il concerne la dimension tr&#232;s proc&#233;durale d'une soci&#233;t&#233; qui comporte un avocat pour 275 habitants (contre un pour 1600 en Europe et un pour 7500 au Japon), la prolongation d&#233;raisonnable des proc&#233;dures constituant aussi un gagne-pain pour les professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le processus d'ali&#233;nation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il existe de multiples attitudes qui permettent de d&#233;cr&#233;dibiliser l'autre parent. Hubert Van Gijseghem en a fait un inventaire &#224; la Pr&#233;vert qui est loin d'&#234;tre exhaustif : l'&#233;tiqueter p&#233;jorativement (&#171; l'imb&#233;cile &#187;, &#171; la sorci&#232;re &#187;&#8230;), insister sur ses seuls traits n&#233;gatifs ou mettre en &#233;vidence ses failles, juger de ses comportements en les tirant de leur contexte, amplifier ses comportements (il boit une bi&#232;re = &#171; c'est un alcoolique &#187;), minimiser ou d&#233;nier son implication dans des moments de bonheur pass&#233;s, encourager l'enfant &#224; l'exploiter, c'est-&#224;-dire &#224; exiger de sa part de l'argent, des objets de valeur, soutenir l'enfant lorsque celui-ci se plaint de lui, t&#233;l&#233;phoner &#224; l'enfant quand celui-ci est en visite chez lui et le culpabiliser (&#171; comme tu me manques ! &#187;), organiser un &#233;v&#233;nement (f&#234;te avec les camarades, journ&#233;e dans un parc d'attraction,&#8230;) qui se d&#233;roule sur le temps de visite de l'autre parent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi : refuser de passer les communications t&#233;l&#233;phoniques, intercepter le courrier et les paquets envoy&#233;s aux enfants, pr&#233;senter le nouveau conjoint aux enfants comme leur nouvelle m&#232;re ou leur nouveau p&#232;re, parler d'une mani&#232;re d&#233;sobligeante du nouveau conjoint de l'autre parent, refuser d'informer l'autre parent au sujet des activit&#233;s dans lesquelles les enfants sont impliqu&#233;s (rencontres sportives, repr&#233;sentations th&#233;&#226;trales, activit&#233;s scolaires,&#8230;), emp&#234;cher l'autre parent d'avoir acc&#232;s aux dossiers scolaire et/ou m&#233;dical des enfants, &#171; oublier &#187; de pr&#233;venir l'autre parent des rendez-vous importants (dentiste, m&#233;decin, psychologue,&#8230;), raconter aux enfants que les v&#234;tements que l'autre parent leur a achet&#233;s sont laids et leur interdire de les porter, reprocher &#224; l'autre parent la mauvaise conduite des enfants, menacer de punir les enfants s'ils appellent, &#233;crivent ou essayent de contacter l'autre parent de n'importe quelle fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'elles soient &#233;videntes ou subtiles, ces attitudes minent la place de l'autre parent au point de le rendre ha&#239;ssable. Mais, elles plongent aussi et surtout l'enfant dans une souffrance extr&#234;me, avec au moins deux cons&#233;quences dommageables. L'obligation tout d'abord d'avoir &#224; cliver le couple parental en reniant l'une de ses racines, avec &#224; la cl&#233; un risque de probl&#232;me d'identit&#233;. Une abolition ensuite, de la diff&#233;rence interg&#233;n&#233;rationnelle : l'enfant &#233;tant m&#234;l&#233; &#224; une dispute d'adultes et &#233;tant finalement plac&#233; en position arbitrale, il peut y avoir une prise de pouvoir de sa part sur ses deux parents.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment en sortir ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Entre ne rien faire et ordonner une mesure extr&#234;me de justice aboutissant &#224; un changement de r&#233;sidence pour l'enfant, avec suspension provisoire des contacts avec le parent ali&#233;nant, il y a toute une palette de rem&#232;des disponibles. Hubert Van Gijseghem r&#233;affirme le r&#244;le incontournable de la m&#233;diation familiale qui tente de situer d'embl&#233;e les relations des ex-conjoints sur le terrain de la n&#233;gociation. Pourrait lui &#234;tre adjointe une pr&#233;vention sp&#233;cifique en direction des enfants, visant &#224; renforcer chez eux le sentiment d'avoir droit &#224; leurs deux parents. Il est par ailleurs essentiel que la justice joue son r&#244;le, en rappelant la loi et en imposant l'application du droit de visite. On &#233;voque facilement en la mati&#232;re l'&#233;coute et le respect de la parole de l'enfant. Mais, si le parent ali&#233;n&#233; est comp&#233;tent, sa fr&#233;quentation fait partie de sa condition d'enfant, au m&#234;me titre que l'&#233;cole ou le m&#233;decin pour lesquels on ne demande gu&#232;re son avis et on ne s'int&#233;resse pas beaucoup plus &#224; son d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience montre d'ailleurs que ses r&#233;ticences affich&#233;es &#233;tant souvent une man&#339;uvre de loyaut&#233; &#224; l'&#233;gard du parent gardien, l'enfant retrouve plus ou moins rapidement une relation affectueuse quand il se retrouve aupr&#232;s de l'autre parent. Celui qu'il faut chercher &#224; faire changer, c'est bien l'enfant. Une th&#233;rapie peut &#224; cet effet &#234;tre aidante. Mais elle ne peut avoir quelque chance de succ&#232;s qu'&#224; condition de mettre un terme &#224; la pression permanente du parent ali&#233;nant. Dans des cas extr&#234;mement graves, le retrait de l'enfant et son accueil en un lieu neutre comme une famille d'accueil ou l'attribution de la r&#233;sidence chez l'autre parent peut constituer une solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; du parent ali&#233;nant, Hubert Van Gijseghem se montre bien pessimiste : engag&#233; dans un processus irrationnel, aucune argumentation ne viendra le convaincre. Il est dans la m&#234;me situation que le membre d'une secte qu'il est tr&#232;s difficile d'extirper de ses convictions fanatiques, intol&#233;rantes et doctrinaires. Seule l'application de la loi peut tenter de lui imposer sinon raison, du moins la d&#233;cision de justice. Du c&#244;t&#233; du parent ali&#233;n&#233;, toute une s&#233;rie de comportements sont pr&#233;conis&#233;s : composer avec le sentiment r&#233;el de l'enfant, en refusant d'argumenter et de r&#233;pondre &#224; ses attaques, contourner les difficult&#233;s, ne pas lui dire qu'il a &#233;t&#233; manipul&#233;, ne jamais lui dire qu'il a tort, recentrer les relations sur le positif, ne pas rester passif, ni se r&#233;signer, jamais d&#233;nigrer l'autre parent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Port&#233;es et limites du concept&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme il se doit, pour toute d&#233;marche qui se veut scientifique, la th&#233;orie de Gardner a &#233;t&#233; soumise &#224; la critique. C'est d'abord sa terminologie moralisante et victimisante qui a &#233;t&#233; fustig&#233;e. Tr&#232;s attrayante aux yeux des parents et des sp&#233;cialistes en qu&#234;te d'explications simples, elle a le tort de ne pas rendre compte de toute la complexit&#233; des situations et des nuances qui les caract&#233;risent. Ainsi, en va-t-il notamment du clivage bon parent/mauvais parent qui semble se construire en miroir avec le m&#233;canisme d'ali&#233;nation lui-m&#234;me. Tout se passe comme si &#224; la diabolisation de l'autre parent par le parent ali&#233;nant, cette th&#233;orie r&#233;pondait par la diabolisation unilat&#233;rale du parent ali&#233;nant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On notera, en effet, qu'il est peu question des attitudes parfois dysfonctionnelles du parent ali&#233;n&#233;. Hubert Van Gijseghem a commenc&#233; par expliquer qu'il existait des situations o&#249; des comportements graves de l'un des parents justifiaient pleinement la prise de distance de l'enfant (&lt;a href='https://www.lien-social.com/Reconnaitre-l-existence-de-l-alienation-parentale' class='spip_in'&gt;lire interview&lt;/a&gt;). Mais il y a aussi des comportements plus anodins qui peuvent alimenter un &#233;loignement : un parent manifestant une faible affection, une moindre chaleur, une empathie d&#233;ficiente, se montrant moins apte &#224; communiquer ou &#224; prendre en compte les besoins de son enfant peut aussi contribuer, &#224; son corps d&#233;fendant, &#224; alimenter le m&#233;canisme d'ali&#233;nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autres critiques, l'utilisation par les avocats et les tribunaux de cette th&#233;orie pour cacher les dysfonctionnements effectifs de certains parents. Affirmer qu'un parent peut op&#233;rer un v&#233;ritable &#171; lavage de cerveau &#187; de son enfant constitue un argument de poids, quand il s'agit de contrer les t&#233;moignages portant sur des attitudes inad&#233;quates, voire des maltraitances&#8230; Il s'agit donc de manipuler avec pr&#233;caution et prudence cette m&#233;thodologie, les expertises &#233;tant l&#224; pour garantir l'examen attentif de chaque situation. Mais, depuis Outreau, le doute a envahi les cours de justice sur le s&#233;rieux et l'objectivit&#233; de ces garanties&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux r&#233;alis&#233;s sur le divorce et son impact sur l'enfant ont d&#233;montr&#233; qu'en la mati&#232;re, ce qui comptait le plus n'&#233;tait pas tant la quantit&#233; des contacts et leurs modalit&#233;s, que leur qualit&#233; et le style parental d&#233;ploy&#233; &#224; cette occasion. Pour autant, trois facteurs semblent essentiels &#224; la pr&#233;servation de l'&#233;quilibre de l'enfant post&#233;rieur &#224; la s&#233;paration : l'aggravation ou la r&#233;gulation du conflit parental, les comp&#233;tences effectives de chacun des deux parents et la cr&#233;ation d'une relation positive entre l'enfant de chacun d'entre eux avec l'enfant. Le concept d'ali&#233;nation parentale critiqu&#233;, voire honni par les uns, d&#233;fendu et affin&#233; par les autres, appara&#238;t au final tout &#224; fait f&#233;cond pour mieux comprendre ce qui se passe dans certaines familles et construire des strat&#233;gies d'intervention pour les professionnels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Richard Gardner a identifi&#233; huit manifestations symptomatiques chez l'enfant victime d'ali&#233;nation parentale&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Campagne de d&#233;nigrement (diffamation) : l'enfant m&#233;dit continuellement l'autre parent, dit le ha&#239;r et ne plus vouloir le voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Rationalisations faibles, frivoles, et absurdes : l'enfant donne des pr&#233;textes futiles, peu cr&#233;dibles, ou absurdes pour justifier sa d&#233;pr&#233;ciation du parent ali&#233;n&#233;. &#171; Il fait du bruit en mangeant &#187;, &#171; Il m'oblige &#224; sortir les poubelles &#187;, &#171; Il n'y a jamais de lait pour mes c&#233;r&#233;ales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 Absence d'ambivalence : un parent est ador&#233; par l'enfant, l'autre ha&#239;. L'enfant est absolument s&#251;r de lui et sans &#233;quivoque. Interrog&#233;, il n'a aucun souvenir d'interaction positive avec le parent ali&#233;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 Ph&#233;nom&#232;ne du penseur ind&#233;pendant (ou du penseur libre). L'enfant ali&#233;n&#233; ne reconna&#238;t jamais qu'il a &#233;t&#233; l'objet d'une influence. &#171; C'est ma d&#233;cision de ne plus aller chez papa &#187;. Le parent ali&#233;nant : &#171; Je veux bien qu'il aille chez son p&#232;re mais c'est lui qui ne veut pas. Et je vais me battre jusqu'au bout pour que mon enfant soit respect&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 Soutien au parent ali&#233;nant : l'enfant prend la d&#233;fense du parent ali&#233;nant dans le conflit, se per&#231;oit comme un soutien au parent gardien, qui serait &#171; pers&#233;cut&#233; &#187; par le parent ali&#233;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 Absence de culpabilit&#233; : l'enfant n'&#233;prouve aucune culpabilit&#233; par rapport &#224; la mise &#224; mort du parent ali&#233;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 Pr&#233;sence de sc&#233;narios emprunt&#233;s : l'enfant relate des faits qu'il a manifestement entendu raconter. Il emploie un langage d'adulte emprunt&#233; au parent ali&#233;nant. &#192; six ans, il dira : &#171; Il a demand&#233; la baisse de la pension alimentaire &#187; ; &#171; Elle m'importune tout le temps &#187; ; ou &#171; Elle viole ma vie priv&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 Animosit&#233; &#233;tendue &#224; l'ensemble du monde du parent ali&#233;n&#233; : l'enfant g&#233;n&#233;ralise son animosit&#233; &#224; l'ensemble du monde du parent ali&#233;n&#233; : grands-parents, oncles, cousins, amis,&#8230;, mais aussi pays, religion, culture&#8230; L'&#233;tendue de l'animosit&#233; peut m&#234;me concerner un animal domestique autrefois affectivement investi par l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Richard Gardner propose trois niveaux de gravit&#233; &#224; cette ali&#233;nation parentale :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un niveau l&#233;ger&lt;/strong&gt; : peu des huit sympt&#244;mes (chez l'enfant) sont pr&#233;sents. Les visites et transitions se passent sans trop de difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un niveau mod&#233;r&#233;&lt;/strong&gt; : le niveau mod&#233;r&#233; repr&#233;sente la majorit&#233; des cas de d'ali&#233;nation parentale. G&#233;n&#233;ralement, les huit sympt&#244;mes sont pr&#233;sents chez l'enfant, des probl&#232;mes se produisant lors des transferts, mais apr&#232;s un certain temps l'enfant retrouve son calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un niveau s&#233;v&#232;re&lt;/strong&gt; : &#224; ce stade l'enfant ali&#233;n&#233; et le parent ali&#233;nant sont fanatiques et li&#233;s dans une relation de folie &#224; deux dans laquelle ils partagent des fantaisies parano&#239;des &#224; propos du parent ali&#233;n&#233;. Les huit sympt&#244;mes sont &#233;galement pr&#233;sents chez l'enfant mais avec davantage d'intensit&#233;. Les visites sont rendues impossibles par le comportement de l'enfant (peur morbide, provocation, destruction). Le parent ali&#233;nant fonctionne sur un mode parano&#239;de qui, soit se concentre sur le parent ali&#233;n&#233; seul, soit constitue son mode de pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Reconna&#238;tre l'existence de l'ali&#233;nation parentale</title>
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		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Hubert Van Gijseghe, psychologue de formation, se situe comme &#171; un empiriste qui essaie d'appr&#233;hender la r&#233;alit&#233; &#224; partir des &#233;tudes scientifiques les plus rigoureuses possibles &#187;. Il rejette les tentatives de r&#233;cup&#233;ration dont il est l'objet et se d&#233;fend de tout parti pris. &#171; Je m'appuie sur les autres auteurs et sur mes propres travaux pour affirmer qu'on ne peut nier l'ali&#233;nation parentale, plaide-t-il. Le faire, ce serait comme continuer &#224; affirmer que la terre est plate &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment expliquez-vous les (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Hubert Van Gijseghe, psychologue de formation, se situe comme &#171; un empiriste qui essaie d'appr&#233;hender la r&#233;alit&#233; &#224; partir des &#233;tudes scientifiques les plus rigoureuses possibles &#187;. Il rejette les tentatives de r&#233;cup&#233;ration dont il est l'objet et se d&#233;fend de tout parti pris. &#171; Je m'appuie sur les autres auteurs et sur mes propres travaux pour affirmer qu'on ne peut nier l'ali&#233;nation parentale, plaide-t-il. Le faire, ce serait comme continuer &#224; affirmer que la terre est plate &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquez-vous les lev&#233;es de bouclier, voire la franche hostilit&#233; que provoque l'hypoth&#232;se de l'ali&#233;nation parentale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re opposition est venue des milieux f&#233;ministes. Richard Gardner, qui est &#224; l'origine de ce concept, affirmait que cette ali&#233;nation provenait en majorit&#233; des m&#232;res. Devant les violentes critiques qui lui ont &#233;t&#233; adress&#233;es, il a r&#233;tabli &#224; la fin de sa vie la parit&#233; dans l'implication des p&#232;res et des m&#232;res. Mais je pense qu'il s'agissait l&#224; d'une rectification politiquement correcte. Pour ce qui me concerne, mes recherches m'ont permis de constater que la proportion &#233;tait environ de 3/4-1/4, au d&#233;triment des m&#232;res. Une &#233;tude hollandaise va encore plus loin, puisqu'elle parle d'une r&#233;partition 95 % - 5 % ! Pourtant, il n'y a aucun myst&#232;re dans ce r&#233;sultat. On peut facilement comprendre que le risque d'influence ali&#233;nante soit plut&#244;t du c&#244;t&#233; du parent gardien, et la grande majorit&#233; des enfants sont encore confi&#233;s &#224; leur m&#232;re apr&#232;s la s&#233;paration du couple parental. On est donc l&#224; dans une logique statistique et non dans une s&#233;gr&#233;gation de genre. Une seconde opposition encore plus violente est venue de l'association abusive de ce concept avec l'abus sexuel dont est parfois victime l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un peu comme si l'ali&#233;nation parentale avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour prot&#233;ger les p&#232;res abuseurs, voire p&#233;dophiles. Il suffit d'aller sur Internet pour constater toute une litt&#233;rature id&#233;ologique, sinon int&#233;griste qui &#233;tablit constamment ce lien. Je suis quant &#224; moi la cible d'attaques personnelles m'accusant de complicit&#233;. Ainsi, lors de la conf&#233;rence de Paris, un individu est venu &#224; la pause me dire &#171; vous &#234;tes le digne successeur du Docteur Mengele &#187; ! Nous sommes ainsi diabolis&#233;s par des gens qui voient des abus sexuels partout et qui croient que le patriarcat est une structure pour prot&#233;ger ces agissements au sein des familles. Je pense que cette association est extr&#234;mement malheureuse, car les deux situations ne se recouvrent pas exactement, loin de l&#224;, les cas d'ali&#233;nation parentale sans abus sexuels &#233;tant infiniment plus nombreux que ceux o&#249; il y a les deux dimensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment r&#233;ussir &#224; utiliser ce concept, en &#233;vitant de se retrouver &#224; la fois diabolis&#233; par les uns et instrumentalis&#233; par les autres ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est extr&#234;mement difficile. Je viens d'&#233;voquer les attaques qui me semblent tout &#224; fait indues. Mais nous avons aussi des associations de p&#232;res qui nous mettent le grappin dessus, nous citant en r&#233;f&#233;rence, s'emparant &#224; leur profit, par exemple, de la th&#232;se pr&#233;sentant le parent ali&#233;nant comme &#233;tant majoritairement la m&#232;re, ce sur quoi je viens de m'expliquer. Ils nous consid&#232;rent comme leur supporter. Ce qui n'est pas du tout le cas. Je ne suis un t&#233;moin pour personne, sauf pour la science. Je ne me r&#233;f&#232;re &#224; aucune ob&#233;dience. Je suis un empiriste qui essaie d'appr&#233;hender la r&#233;alit&#233; &#224; partir des &#233;tudes scientifiques les plus rigoureuses possibles. Ce qui n'est pas le cas des diff&#233;rents groupes de pression de quelque bord que ce soit et dont les opinions sont avant tout id&#233;ologiques, qui ne publient jamais rien dans des revues qui sont soumises &#224; un jury de pairs, comme il est de coutume dans les milieux scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est tout aussi vrai d'ailleurs pour Richard Gardner qui publiait ses livres lui-m&#234;me dans sa propre maison d'&#233;dition. C'&#233;tait un psychiatre clinicien, non un scientifique. Il n'a jamais fait d'&#233;tude empirique. Ce qui renforce ceux qui veulent disqualifier cette th&#233;orie. Sauf que tout ne repose pas sur cette seule personnalit&#233;. D'autres recherches ont eu lieu qui elles, pr&#233;sentent toutes les garanties scientifiques. Mais, on cherche &#224; les d&#233;valoriser en pr&#233;sentant leurs auteurs comme les &#171; disciples de Gardner &#187;. En ce qui me concerne, je ne me sens pas un disciple de ce Monsieur, d'autant moins, d'ailleurs, que je ne reprends pas la d&#233;finition qu'il avait &#233;labor&#233;e et qui aboutit &#224; mon avis &#224; une impasse. Je m'appuie tant sur les autres auteurs qui ont eu une d&#233;marche empirique que sur mes propres travaux pour affirmer qu'on ne peut continuer &#224; nier l'ali&#233;nation parentale. Se comporter ainsi, ce serait comme continuer &#224; affirmer que la terre est plate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, quel avenir voyez-vous &#224; ce concept ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa reconnaissance officielle passera sans doute par sa pr&#233;sentation dans le Diagnostical of statistical manuel of mental disorders (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), ce guide pratique &#224; destination des psychiatres qui fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#233;chelle mondiale. Nous en sommes actuellement &#224; la quatri&#232;me version. Le DSM5 doit &#234;tre &#233;labor&#233; pour l'ann&#233;e 2010. Les travaux permettant de le pr&#233;parer commenceront en 2006. Je n'ai aucun doute sur le fait que l'ali&#233;nation parentale y trouve sa place, mais peut-&#234;tre sous une appellation nouvelle. Il y aura suffisamment de publications scientifiques avec groupe clinique et groupe contr&#244;le ainsi que d'&#233;tudes longitudinales. Ce qui n'aide pas, c'est que les initiateurs de ce concept ne venaient pas de la recherche, mais de la clinique. Mais ses d&#233;tracteurs ne se situent pas non plus dans ce registre. C'est encore bien pire : ils sont dans une dimension compl&#232;tement irrationnelle relevant plus de la religion que d'une d&#233;marche objective. Ce qui fait que DSM5 ou pas, ils continueront leurs attaques sectaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Monoparentalit&#233; pr&#233;caire et femme sujet</title>
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		<dc:subject>Pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;L'une des &#233;volutions majeures des derni&#232;res d&#233;cennies aura &#233;t&#233; la transformation radicale du statut de la monoparentalit&#233;, avec un accroissement notable du nombre de familles concern&#233;es, pass&#233; entre 1975 et 1999, de 776 000 &#224; 1 750 000. La mont&#233;e du d&#233;mariage a contraint une modification notable du regard port&#233; par la soci&#233;t&#233; &#224; son sujet. L'accession &#224; la parentalit&#233; d&#233;clenche une r&#233;organisation des relations &#224; l'int&#233;rieur de la famille : aux liens de couple s'articulent les relations, m&#232;re-b&#233;b&#233;, p&#232;re-b&#233;b&#233;, (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'une des &#233;volutions majeures des derni&#232;res d&#233;cennies aura &#233;t&#233; la transformation radicale du statut de la monoparentalit&#233;, avec un accroissement notable du nombre de familles concern&#233;es, pass&#233; entre 1975 et 1999, de 776 000 &#224; 1 750 000. La mont&#233;e du d&#233;mariage a contraint une modification notable du regard port&#233; par la soci&#233;t&#233; &#224; son sujet. L'accession &#224; la parentalit&#233; d&#233;clenche une r&#233;organisation des relations &#224; l'int&#233;rieur de la famille : aux liens de couple s'articulent les relations, m&#232;re-b&#233;b&#233;, p&#232;re-b&#233;b&#233;, couple-b&#233;b&#233;. Le nouvel &#233;quilibre peut s'av&#233;rer harmonieux, comme il peut ne jamais s'&#233;tablir, mettant en jeu quelque chose de l'ordre de la concurrence avec son lot d'envie, de d&#233;pit, de frustration et de jalousie. La s&#233;paration conjugale peut alors intervenir, d&#233;stabilisant fortement chacun et l'obligeant &#224; une r&#233;organisation douloureuse qui peut venir atteindre de plein fouet son int&#233;grit&#233; psychique, certains p&#232;res se tournant vers l'errance et certaines m&#232;res s'accrochant &#224; leur enfant comme &#224; ce qui les emp&#234;che de sombrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre cons&#233;quence forte, la pr&#233;carisation de ces foyers : si 11 % d'entre eux vivaient sous le seuil de pauvret&#233; en 1985, cette proportion est pass&#233;e, en 1995, &#224; 17 %. Plusieurs ph&#233;nom&#232;nes se sont combin&#233;s pour provoquer cette d&#233;rive : la faible qualification des femmes de milieu populaire concern&#233;es, la diffusion du travail &#224; temps partiel, souvent pr&#233;caire et mal pay&#233;, mais aussi la difficult&#233; pour les m&#232;res souhaitant retravailler apr&#232;s un arr&#234;t consacr&#233; &#224; l'&#233;ducation de leur enfant, pour retrouver un emploi. L'allocation de parent isol&#233; cr&#233;&#233;e en 1976 avait pour ambition de faire intervenir la solidarit&#233; nationale comme suppl&#233;ance &#224; la d&#233;ficience &#233;conomique. Mais deux effets non voulus ont largement contribu&#233; &#224; pervertir les ambitions g&#233;n&#233;reuses du l&#233;gislateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dissuadant les m&#232;res de travailler, cette allocation les &#233;loigne encore plus longtemps du march&#233; du travail, r&#233;duisant d'autant leur employabilit&#233;. En ent&#233;rinant la situation d'isolement, elle renforce aussi l'&#233;loignement des p&#232;res en confirmant la destitution de leur place symbolique. De fait, 32 % des p&#232;res ne voient plus leurs enfants et 18 % tr&#232;s irr&#233;guli&#232;rement. La situation est encore plus dure &#224; porter pour certaines femmes d'origine &#233;trang&#232;re qui sont confront&#233;es &#224; la contradiction entre la r&#233;f&#233;rence patriarcale de leur soci&#233;t&#233; d'origine et la r&#233;f&#233;rence d&#233;mocratique relationnelle et individualisante de la soci&#233;t&#233; occidentale moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les professionnels qui font face &#224; la complexit&#233; de ces situations et l'ampleur des probl&#232;mes rencontr&#233;s ont une emprise relative sur ces difficult&#233;s et doivent faire preuve de cr&#233;ativit&#233; pour aider chacun &#224; retrouver une place. Les deux auteurs, sociologue et psychanalyste, nous offrent l&#224; une r&#233;flexion intelligente et particuli&#232;rement pr&#233;cieuse sur une probl&#233;matique au c&#339;ur de notre pratique quotidienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. &#233;r&#232;s, 2004 (238 p. ; 22 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Psychologie du menteur</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Psychologie-du-menteur</link>
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		<dc:subject>739</dc:subject>
		<dc:subject>Relations</dc:subject>

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&lt;p&gt;Toutes les cultures ont toujours stigmatis&#233; le menteur qui se joue de la confiance et de la na&#239;vet&#233; de son interlocuteur. Et pourtant, nous mentons tous, tout le temps, au rythme moyen d'une fois et demi &#224; deux fois par jour ! Si cette pratique universelle est &#224; ce point banalis&#233;e, c'est sans doute que la plupart des gens pr&#233;f&#232;rent ne pas savoir. C'est m&#234;me l&#224; un devoir pour ne pas blesser autrui, choisir de dire la v&#233;rit&#233; pouvant avoir des cons&#233;quences encore plus redoutables. Imaginer un monde sans (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toutes les cultures ont toujours stigmatis&#233; le menteur qui se joue de la confiance et de la na&#239;vet&#233; de son interlocuteur. Et pourtant, nous mentons tous, tout le temps, au rythme moyen d'une fois et demi &#224; deux fois par jour ! Si cette pratique universelle est &#224; ce point banalis&#233;e, c'est sans doute que la plupart des gens pr&#233;f&#232;rent ne pas savoir. C'est m&#234;me l&#224; un devoir pour ne pas blesser autrui, choisir de dire la v&#233;rit&#233; pouvant avoir des cons&#233;quences encore plus redoutables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginer un monde sans mensonges est bien plus terrifiant que le contraire : les gens qui disent tout ce qu'ils pensent sont bien peu fr&#233;quentables&#8230; D&#232;s ses trois ans, l'&#234;tre humain acqui&#232;re une capacit&#233; ind&#233;niable &#224; fabriquer un vrai mensonge, pour duper les personnes et ne pas avouer ses forfaits. Plus il grandit, plus il est capable de cacher son &#233;tat r&#233;el et de fabriquer un &#233;tat fictif. &#171; Nous sommes tous des acteurs engag&#233;s en permanence dans notre mise en sc&#232;ne de la vie quotidienne &#187; (p.24). Dans 25 % des cas, le mensonge est altruiste (pour pr&#233;server l'autre). Dans les 75 % qui restent, il est &#233;go&#239;ste (donner une bonne image de soi, &#233;viter une punition, un conflit, une rupture, obtenir un avantage&#8230;). Bien mentir est tout un art : il faut savoir contr&#244;ler avec pr&#233;cision la totalit&#233; des mouvements &#233;mis, pour ne pas &#233;veiller les soup&#231;ons, tout en ne paraissant pas guind&#233;. Le bon menteur est celui qui pr&#233;pare son forfait, r&#233;fl&#233;chit vite, sait &#234;tre prolixe, poss&#232;de une excellente m&#233;moire, g&#232;re bien ses &#233;motions et s'av&#232;re un com&#233;dien de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, celui qui est tr&#232;s &#233;motif et poss&#232;de une haute conscience morale s'av&#233;rera un pi&#232;tre praticien. Si chacun d'entre nous utilise bien plus souvent le mensonge qu'il ne le pense, il l'identifie plus difficilement qu'il ne le croit. &#171; D&#233;tecter correctement le mensonge est, &#224; n'en pas douter, un art aussi d&#233;licat que le mensonge lui-m&#234;me &#187; (p.222). Il faut renoncer aux st&#233;r&#233;otypes courants. Les diff&#233;rences comportementales entre celui qui ment et celui qui est de bonne foi sont si peu nombreuses, discr&#232;tes et furtives qu'il est complexe de les distinguer : d&#233;tourner le regard, b&#233;gayer et buter sur les mots ne sont pas des indices significatifs, se retrouvant autant chez l'un que chez l'autre. Sans compter les m&#233;canismes d'induction. La suspicion cr&#233;e un &#233;tat de stress et de nervosit&#233; chez celui qui doute. Chacun a tendance, par intersynchronie, &#224; imiter son vis &#224; vis. L'interlocuteur va donc adopter, en miroir, le m&#234;me comportement que celui qui l'interroge et lui donner l'impression de conna&#238;tre un trouble particulier. Ce qui sera alors interpr&#233;t&#233;, &#224; tort, comme la preuve de son mensonge&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour confondre un menteur, mieux vaut cultiver la suspicion, taire ce que l'on sait et multiplier les questions, faire r&#233;p&#233;ter les propos de celui qu'on suspecte et comparer son attitude pr&#233;sente &#224; celle qu'il adopte habituellement. Sans garantie pour autant, de r&#233;ussir &#224; distinguer &#224; coup s&#251;r, le vrai du faux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Odile Jacob, 2004 (256 p. ; 21,90 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les sourires d'Olivia</title>
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&lt;p&gt;Le 18 mai 1998, Fanny et Olivia, 17 et 19 ans, sont victimes d'un grave accident de voiture. Les deux s&#339;urs entament le parcours m&#233;dical classique des &#171; traumatis&#233;s cr&#226;niens lourds &#187; : coma, &#233;veil, r&#233;&#233;ducation. Si Fanny, six ans apr&#232;s, recouvre son autonomie, il n'en va pas de m&#234;me pour sa frangine. Apr&#232;s six semaines de coma dans un service de r&#233;animation, plus de cent jours dans un service d'&#233;veil et deux ans et demi d'hospitalisation en centre de r&#233;&#233;ducation, celle-ci demeure dans un &#233;tat de tr&#232;s grande (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 18 mai 1998, Fanny et Olivia, 17 et 19 ans, sont victimes d'un grave accident de voiture. Les deux s&#339;urs entament le parcours m&#233;dical classique des &#171; traumatis&#233;s cr&#226;niens lourds &#187; : coma, &#233;veil, r&#233;&#233;ducation. Si Fanny, six ans apr&#232;s, recouvre son autonomie, il n'en va pas de m&#234;me pour sa frangine. Apr&#232;s six semaines de coma dans un service de r&#233;animation, plus de cent jours dans un service d'&#233;veil et deux ans et demi d'hospitalisation en centre de r&#233;&#233;ducation, celle-ci demeure dans un &#233;tat de tr&#232;s grande d&#233;pendance, sans communication, ce qui rend particuli&#232;rement difficile l'&#233;valuation des s&#233;quelles de son traumatisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alternative se r&#233;sume alors &#224; choisir entre postuler &#224; l'admission en maison d'accueil sp&#233;cialis&#233;e (MAS), en g&#233;n&#233;ral &#233;loign&#233;e, ou bien&#8230; une hospitalisation &#224; domicile, pari a priori un peu insens&#233;. Dans le cas d'Olivia, il s'agit d'am&#233;nager un lieu adapt&#233; &#224; son handicap (rampe d'acc&#232;s, rail de plafond, hamac &#233;lectrique, lit et sanitaires sp&#233;cifiques, appareillages sophistiqu&#233;s&#8230;) et de constituer une impressionnante &#233;quipe m&#233;dico-sociale pour l'assister au quotidien : auxiliaires de vie 24 heures sur 24, m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste, infirmi&#232;re, kin&#233;sith&#233;rapeute, orthophoniste, di&#233;t&#233;ticien, &#233;ventuel sp&#233;cialiste&#8230; Ses parents finiront par am&#233;nager un appartement de leur quartier, et la mise en place d'un relais entre l'&#233;quipe m&#233;dicale du centre de r&#233;&#233;ducation et du service d'aide &#224; domicile de l'Association des paralys&#233;s de France (APF) permet &#224; la jeune fille d'emm&#233;nager, en mai 2001. Exemplaire histoire, lorsque l'on voit la lourdeur du handicap, et le nombre d'intervenants &#224; mobiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, autour d'elle, gravite une petite galaxie familiale et professionnelle : s&#339;ur, parents, grands-parents pour la tendresse, l'essai permanent de communication, la relation au jour le jour ; mais &#233;galement un bataillon d'auxiliaires de vie (on en rencontre cinq dans le film), les infirmi&#232;res, une b&#233;n&#233;vole auxiliaire, la kin&#233;, etc. Et encore son avocat, charg&#233; de faire-valoir aupr&#232;s des assurances les int&#233;r&#234;ts de la jeune handicap&#233;e, en termes de qualit&#233; de vie, donc de maintien &#224; domicile, donc d'indemnisation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de 150 000 personnes sont, chaque ann&#233;e, hospitalis&#233;es pour traumatisme cr&#226;nien : 8500 en gardent &#224; vie des s&#233;quelles lourdement handicapantes, et 75 % d'entre elles ont moins de 35 ans. &#171; Ni handicap&#233;s physiques, ni handicap&#233;s mentaux, les traumatis&#233;s cr&#226;niens sont les &#171; oubli&#233;s de la loi &#171; &#187;, estime aujourd'hui le pr&#233;sident de l'Union nationale des associations de familles de traumatis&#233;s cr&#226;niens (Unaftc), qui r&#233;clame des moyens et des personnels sp&#233;cifiques dans les h&#244;pitaux et les centres de r&#233;&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sourire d'Olivia est une chose rare et, &#224; ce titre, pr&#233;cieuse. Son regard &#8212; &#171; tr&#232;s interpellant &#187;, r&#233;sumera une de ses infirmi&#232;res. &#171; On dirait que tu r&#233;fl&#233;chis &#224; ce que tu vois&#8230; &#187;, observe son p&#232;re &#8212; ne cesse d'interroger l'autre, tous ces autres qui tissent d'affectif, de riens impalpables, de soins constants la vie si d&#233;pendante de la jeune fille. Dispositif exceptionnel, dont on aimerait voir b&#233;n&#233;ficier toutes les personnes lourdement handicap&#233;es : activit&#233;s d'&#233;veil, pr&#233;paration aux vacances, gestes, regards et paroles qui la rendent, constamment, personne &#224; part enti&#232;re. &#171; Un traumatis&#233; cr&#226;nien, c'est aussi une famille traumatis&#233;e cr&#226;nienne &#187;, rappelle un m&#233;decin. Dans son univers &#8212; entre Bubulle, son poisson rouge, sa t&#233;l&#233; et ses g&#233;raniums &#8212;, la jeune fille a paradoxalement retrouv&#233;, tout en &#233;tant constamment manipul&#233;e, une certaine autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image de ce documentaire est belle, souple et bien cadr&#233;e. Elle adopte une bonne distance par rapport &#224; l'intimit&#233;, sachant toujours, autant qu'elle le peut, capter la dignit&#233; et la grande beaut&#233; de cette toute jeune adulte, qui sourit si peu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;(2004 - 52 mn)&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lacathode.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;La Cathode&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;119 rue Pierre S&#233;mard&lt;br class='manualbr' /&gt;93000 Bobigny&lt;br class='manualbr' /&gt;T&#233;l. 01 48 30 81 60&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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