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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e &#8226; Aux Minguettes, la m&#233;moire de 1983 en h&#233;ritage</title>
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&lt;p&gt;Le berceau de la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, le plateau des Minguettes &#224; V&#233;nissieux, n'a pas &#233;chapp&#233; aux r&#233;voltes urbaines qui ont suivi la mort de Nahel &#224; l'&#233;t&#233; 2023. Les &#233;ducateurs de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e de l'association Sauvegarde 69 s'appuient aujourd'hui sur les deux &#233;v&#233;nements pour entamer un travail &#233;ducatif aupr&#232;s des jeunes du quartier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Install&#233;s au pied d'une barre d'immeuble du quartier des Minguettes &#224; V&#233;nissieux (Rh&#244;ne), cinq jeunes adultes discutent tous ou presque un joint &#224; la (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le berceau de la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, le plateau des Minguettes &#224; V&#233;nissieux, n'a pas &#233;chapp&#233; aux r&#233;voltes urbaines qui ont suivi la mort de Nahel &#224; l'&#233;t&#233; 2023. Les &#233;ducateurs de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e de l'association Sauvegarde 69 s'appuient aujourd'hui sur les deux &#233;v&#233;nements pour entamer un travail &#233;ducatif aupr&#232;s des jeunes du quartier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Install&#233;s au pied d'une barre d'immeuble du quartier des Minguettes &#224; V&#233;nissieux (Rh&#244;ne), cinq jeunes adultes discutent tous ou presque un joint &#224; la main. Quand Estelle Mend&#232;s et Mohamed Hamidi viennnent &#224; leur rencontre dans cet &lt;i&gt;&#171; espace de socialisation &#187;&lt;/i&gt;, comme le qualifie ce dernier avec humour, les poign&#233;es de main sont franches et chaleureuses. Ce mardi soir d'octobre, les deux &#233;ducateurs de l'association Sauvegarde 69 sont de &#8220;travail de rue&#8221;. Cette pratique, socle de la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, consiste &#224; &#8220;aller vers&#8221; les jeunes pour cr&#233;er avec eux une relation de proximit&#233;. Avec l'id&#233;e, ensuite, de faciliter la mise en place d'un accompagnement &#233;ducatif et social pour ceux et celles qui en ont besoin et le d&#233;sirent, car tout repose sur la libre adh&#233;sion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces jeunes hommes ont-ils entendu parler de la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, dont l'id&#233;e est n&#233;e ici, dans leur quartier, il y a de cela quarante ans ? Pour une partie d'entre eux, cela n'&#233;voque rien. Mais Loua&#239;, 23 ans, conna&#238;t bien cet &#233;v&#233;nement, d'ailleurs rebaptis&#233; ici &#8220;Marche des Minguettes&#8221;. Il lui a &#233;t&#233; notamment racont&#233; par &lt;i&gt;&#171; les grands &#187;&lt;/i&gt;, se souvient-il, tel un morceau d'identit&#233; locale. &lt;i&gt;&#171; Dans le quartier, il y avait eu des affrontements avec la police &#224; l'&#233;poque pendant plusieurs semaines. Un jour, les flics sont venus, ils ont l&#226;ch&#233; les chiens et Toumi Dja&#239;dja a pris une balle dans le ventre. Puis une marche avait &#233;t&#233; organis&#233;e pour protester &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume-t-il &#224; sa mani&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet &#233;t&#233;, suite &#224; la mort de Nahel &#224; Nanterre et aux nuits de violences qui s'en sont suivies, aucun appel &#224; une mobilisation nationale pacifique ne s'est fait entendre, &#224; V&#233;nissieux ou ailleurs. &#192; l'&#233;vidence, aujourd'hui l'heure n'est plus &#224; l'organisation d'une marche pour r&#233;clamer le respect de ses droits. Brahim, 19 ans, a son explication : &lt;i&gt;&#171; Il y a eu trop de violence envers nous, les jeunes des quartiers. C'est pour &#231;a que c'est parti en &#233;meute. &#187;&lt;/i&gt; Il pointe notamment la brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain (BST) de la Police nationale, qui intervient aux Minguettes et avec laquelle les relations seraient tendues, des contr&#244;les qui se passeraient mal&#8230; Le propos est vague, mais la col&#232;re pr&#233;cise. Loua&#239; abonde. Mais il &#233;largit ses r&#233;criminations et relate un sentiment de fatalit&#233; partag&#233; parmi les jeunes ou les adultes rencontr&#233;s ce soir-l&#224; : &lt;i&gt;&#171; On n'est plus en d&#233;mocratie. Le 49-3, c'est de la d&#233;mocratie ? Alors une nouvelle marche, &#231;a n'aurait servi &#224; rien. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7451 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH387/capture_d_e_cran_2023-10-24_a_07.36.49-9b981.png?1698242462' width='500' height='387' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les trois &#233;ducateurs (de face) discutent avec des adolescents des Minguettes, devant la fresque dite des Marcheurs, repr&#233;sentant Toumi Dja&#239;dja mais aussi Gandhi ou Martin Luther King.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169; Thomas S&#233;vignon&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sensibiliser sans juger&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois que les &#233;ducateurs abordent ce sujet avec les jeunes du quartier. Au mois de juin, lors des soirs d'&#233;meutes, les &#233;quipes pr&#233;f&#232;rent parler de &lt;i&gt;&#171; r&#233;voltes &#187;&lt;/i&gt;, les neuf &#233;ducateurs de l'association qui interviennent sur les Minguettes sont rest&#233;s en retrait, &#224; la demande de la direction qui a tenu &#224; prot&#233;ger ses salari&#233;s. Mais en journ&#233;e, toutes les activit&#233;s ou rendez-vous programm&#233;s se sont tenus comme pr&#233;vu, pour maintenir cette connexion avec eux et leur proposer un espace de parole. &lt;i&gt;&#171; On avait un chantier &#233;ducatif avec des jeunes dans le quartier &#224; ce moment-l&#224;, on en profitait pour discuter de cela. Ici &#224; L&#233;o Lagrange et Monmousseau, nos deux secteurs d'intervention, les violences n'ont pas dur&#233; longtemps, trois soirs peut-&#234;tre. Mais beaucoup de jeunes se sont sentis ins&#233;curis&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, se rappelle Estelle Mend&#232;s. C'est surtout une fois la col&#232;re retomb&#233;e que les &#233;ducateurs ont voulu mettre des mots sur ce qu'il s'&#233;tait pass&#233;. &lt;i&gt;&#171; Il n'y a pas eu de rupture avec les jeunes, le travail de rue a repris, les actions se sont poursuivies. Et on en profitait pour discuter avec eux de tout &#231;a&lt;/i&gt;, raconte Mohamed Hamidi. &lt;i&gt;Ce qui revenait souvent, c'&#233;tait les tensions avec la police, les difficult&#233;s des quartiers, le sentiment de ne pas &#234;tre entendu ni pris en compte. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un dialogue que les &#233;ducateurs et &#233;ducatrices ont tenu &#224; garder sans jugement, un des fondements de leur pr&#233;sence au quotidien aupr&#232;s des jeunes. &lt;i&gt;&#171; Sur ce sujet des affrontements avec la police, on peut sensibiliser mais on ne peut pas &#234;tre dans la moralisation. C'est la m&#234;me chose avec la consommation de shit, dont on sait qu'elle concerne beaucoup de jeunes. On n'est pas l&#224; pour juger mais on n'&#233;lude pas le sujet non plus, on en parle pour accompagner vers des dispositifs de sant&#233; &#187;&lt;/i&gt;, affirme l'&#233;ducateur qui travaille depuis six ans lui aussi sur ces deux secteurs. Tout est question de patience et d'&#233;coute, poursuit-il : &lt;i&gt;&#171; Il faut attendre le bon moment, quand la confiance est &#233;tablie et qu'on sent qu'on a la l&#233;gitimit&#233; pour leur parler. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'appuyer sur les r&#233;ussites du quartier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de ces &#233;changes, les &#233;ducateurs ont enclench&#233; un travail &#233;ducatif autour de la Marche de 1983, mais aussi de l'histoire du quartier, particuli&#232;rement celle du secteur Monmousseau, &#233;picentre des affrontements entre la police et les jeunes V&#233;nissians &#224; l'&#233;poque. Car aujourd'hui ce secteur est vou&#233; &#224; changer radicalement de visage : une imposante barre d'immeuble a &#233;t&#233; d&#233;truite r&#233;cemment dans le cadre d'un programme de renouvellement urbain, une autre est en passe de l'&#234;tre et les trois tours encore debout subiront le m&#234;me sort dans les ann&#233;es &#224; venir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un documentaire est donc en cours de r&#233;alisation, pens&#233; et tourn&#233; par deux groupes de jeunes suivis par les &#233;ducateurs de la Sauvegarde 69. &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait l'occasion de travailler sur la m&#233;moire de la Marche de 83, cet &#233;v&#233;nement qui est presque antique pour eux. Et c'&#233;tait aussi un moyen de sensibiliser et faire le parall&#232;le entre les r&#233;voltes, qui sont un mode d'expression, et les marches pacifiques, qui en sont un autre &#187;&lt;/i&gt;, souligne Cl&#233;mentine Duchemin, autre &#233;ducatrice de l'association. &lt;i&gt;&#171; M&#234;me si la Marche a du mal &#224; s'inscrire dans l'histoire nationale, il faut que nous, associations, la fassions vivre au niveau local. &#199;a fait partie de l'histoire du quartier, pour certains de l'histoire de leurs parents (...). C'est quelque chose qui vient faire commun entre les jeunes et les plus grands, &#231;a peut rassembler, f&#233;d&#233;rer &#187;&lt;/i&gt;, soutient par ailleurs Fatima Youyou, une des cheffes de service pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e de la Sauvegarde 69.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le film &lt;i&gt;&#171; Nos pas dans Monmousseau &#187;&lt;/i&gt;, sous-titr&#233; &lt;i&gt;&#171; Monmousseau au travers des g&#233;n&#233;rations &#187;&lt;/i&gt;, sera r&#233;solument participatif : &lt;i&gt;&#171; Ce sont les ados qui pr&#233;sentent le quartier &#224; la cam&#233;ra. Ils vont partir de la barre d'immeuble qui sera bient&#244;t d&#233;molie, filmer le snack, la place qu'on appelle ici &#8220;le haricot&#8221;, etc. Ils vont expliquer pourquoi les lieux sont importants pour eux. Et les plus jeunes vont poser des questions aux grands, sur leur rapport au quartier, la d&#233;molition des tours, la Marche de 83, etc. &#187;&lt;/i&gt;, expose l'&#233;ducatrice. Zayade, adolescent de &#171; Monmouss &#187;, sera l'un des participants. Il n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; prendre part au projet : &lt;i&gt;&#171; Je serai un des pr&#233;sentateurs du documentaire. J'aime mon quartier, je voulais montrer que j'avais grandi l&#224;. &#187;&lt;/i&gt; Un discours positif sur la cit&#233;, voulu pour d&#233;passer les repr&#233;sentations n&#233;gatives qui lui collent &#224; la peau. Pour Fatima Youyou, &lt;i&gt;&#171; il ne faut pas r&#233;sumer les Minguettes &#224; ce qu'on voit sur les cha&#238;nes d'informations en continue. Il y a des choses et des gens qui ont marqu&#233; positivement l'histoire ici, et cette Marche en fait partie. Avoir des mod&#232;les de r&#233;ussite, c'est important dans notre travail &#233;ducatif aupr&#232;s des jeunes, et c'est fondamental pour eux pour se construire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec V&#233;ronique Le Goaziou &#8226; Une m&#233;moire de la haine et de la vengeance</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Entretien-avec-Veronique-Le-Goaziou-o-Une-memoire-de-la-haine-et-de-la-vengeance</link>
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		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>Discrimination</dc:subject>
		<dc:subject>Banlieue</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme</dc:subject>
		<dc:subject>1348</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour parler des &#233;v&#233;nements qui ont enflamm&#233; la France entre le 27&#8239;juin et le 3&#8239;juillet, elle associe volontiers les mots &#233;meute et r&#233;volte, sans vouloir &#171; figer le r&#233;el &#187;. La chercheuse peine cependant &#224; y voir un soul&#232;vement &#171; qui suppose un mouvement plus organis&#233; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Entretien avec V&#233;ronique Le Goaziou, sociologue, ethnologue et autrice (1) sp&#233;cialiste de la d&#233;linquance, de la violence, de la pauvret&#233; et des politiques publiques relatives &#224; ces questions. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pensez-vous qu'une suite politique plus (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour parler des &#233;v&#233;nements qui ont enflamm&#233; la France entre le 27&#8239;juin et le 3&#8239;juillet, elle associe volontiers les mots &#233;meute et r&#233;volte, sans vouloir &#171; figer le r&#233;el &#187;. La chercheuse peine cependant &#224; y voir un soul&#232;vement &#171; qui suppose un mouvement plus organis&#233; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7452 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L250xH297/capture_d_e_cran_2023-10-24_a_07.41.34-5e2be.png?1698242462' width='250' height='297' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt; Entretien avec &lt;strong&gt;V&#233;ronique Le Goaziou&lt;/strong&gt;, sociologue, ethnologue et autrice (1) sp&#233;cialiste de la d&#233;linquance, de la violence, de la pauvret&#233; et des politiques publiques relatives &#224; ces questions.
&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pensez-vous qu'une suite politique plus articul&#233;e puisse &#233;merger de ces &#233;v&#233;nements ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je ne crois pas, notamment parce que le mouvement de 1983 a avort&#233;. Certes, il a donn&#233; lieu &#224; la cr&#233;ation de SOS racisme et a &#233;t&#233; institutionnalis&#233;, mais il n'a pas pu s'inscrire dans la dur&#233;e et n'a pas apport&#233; de r&#233;ponse &#224; ce qu'il fallait faire et comment. Il s'est rapidement d&#233;lit&#233;, avec un peu de r&#233;cup&#233;ration, un peu de client&#233;lisme. Depuis, il y a eu apr&#232;s les &#233;meutes de 2005 des tentatives, comme Aclefeu (ndlr : Association collectif libert&#233; &#233;galit&#233; fraternit&#233; ensemble et unis), les cahiers de dol&#233;ances des banlieues, le travail de Marie-H&#233;l&#232;ne Bacqu&#233; et Mohammed Mechmache, le Bondy blog, le collectif Pas sans nous, mais aucun mouvement politique ne met en musique ces initiatives. Dans les quartiers populaires, la situation s'est plut&#244;t d&#233;grad&#233;e. Les populations qui arrivent, vivent des situations socio-&#233;conomiques encore plus compliqu&#233;es que celles qui partent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les acteurs de la pr&#233;vention sont-ils en capacit&#233; de faire &#233;merger une r&#233;ponse plus constructive ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les professionnels, m&#234;me aguerris comme les &#233;ducateurs de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, t&#233;moignent avoir de plus en plus de difficult&#233;s &#224; travailler dans ces quartiers, notamment en raison de la violence des trafics et des relations interpersonnelles sur fond de mont&#233;e de la pr&#233;carit&#233;. Ce contexte donne le sentiment de fournir une &#233;nergie monumentale, non pas pour am&#233;liorer la situation, mais pour qu'elle ne se d&#233;grade pas. Les assistantes sociales qui n'h&#233;sitaient pas &#224; rendre visite aux familles, ne se d&#233;placent plus, ou entre 9 et 10 h, ou accompagn&#233;es. Il y a la peur, mais aussi un sentiment d'impuissance d&#233;l&#233;t&#232;re. Les centres sociaux, porteurs du mouvement d'&#233;ducation populaire, se bagarrent avec un r&#233;gime de subvention qui les &#233;trangle, un labyrinthe administratif extr&#234;mement contraignant d'appel &#224; projet, avec en plus un &#233;norme probl&#232;me de recrutement des travailleurs sociaux. Dans ces territoires, renverser les dynamiques &#224; l'&#339;uvre, soit toucher l'&#233;ducation, l'enseignement, la parentalit&#233;&#8230; c'est une usine &#224; gaz. Surtout quand les r&#233;seaux de drogues sont devenus les premiers employeurs de la cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si la police demeure seule sur ces quartiers, ne risque-t-on pas d'aller vers une mont&#233;e en puissance de la violence ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s 1977, le Garde des Sceaux Alain Peyrefitte alertait sur les mauvaises relations entre la police et la jeunesse populaire. Cinquante ans plus tard, &#231;a fait des ravages. Une m&#233;moire de la haine et de la vengeance se transmet entre jeunes, mais aussi entre policiers. En intervention dans une &#233;cole de police, j'ai entendu des jeunes gardiens de la paix, qui n'avaient jamais mis les pieds dans un quartier populaire, &#233;voquer leurs habitants dans des termes quasi-vengeurs. Quand j'entends les habitants parler de la police et inversement, les tensions sont telles que je m'&#233;tonne que &#231;a ne d&#233;g&#233;n&#232;re pas plus. Il y a eu une tentative d'apaisement avec la police de proximit&#233;, mais le ministre de l'Int&#233;rieur Sarkozy a mis fin &#224; l'exp&#233;rience avant m&#234;me qu'on puisse l'&#233;valuer. La France reste un des rares pays europ&#233;ens qui ne se dote pas de cette police qui vit au plus pr&#232;s de la communaut&#233; pour, avec les habitants, apporter des solutions aux probl&#232;mes de la vie quotidienne. Il faut mettre ce sujet sur la table, notre ministre de l'Int&#233;rieur le sait, mais n'en prend pas le chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1)&lt;i&gt; Quand les banlieues br&#251;lent&#8230; : Retour sur les &#233;meutes de novembre 2005&lt;/i&gt;, &#201;d. La D&#233;couverte (2006).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La Violence des jeunes en question&lt;/i&gt;, &#201;d. Champ social (2009).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Violences polici&#232;res, de quoi parle-t-on ?</title>
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		<dc:date>2023-10-25T14:00:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;1983-2023. Quarante ans apr&#232;s la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, notre soci&#233;t&#233; reste frapp&#233;e et endeuill&#233;e par des violences polici&#232;res. Il est important de comprendre les ressorts, afin d'y mettre un terme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Ludwig Maquet, formateur, responsable de rubriques &#224; Lien Social &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 15 octobre 1983, &#224; la suite d'une bavure polici&#232;re qui blesse Toumi Dja&#239;dja &#224; V&#233;nissieux, une marche pacifique d&#233;marre. De cet &#233;v&#233;nement aux d&#233;c&#232;s de Nahel Merzouk &#224; Nanterre, et de Mohamed Bendriss &#224; Marseille en (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;1983-2023. Quarante ans apr&#232;s la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, notre soci&#233;t&#233; reste frapp&#233;e et endeuill&#233;e par des violences polici&#232;res. Il est important de comprendre les ressorts, afin d'y mettre un terme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par Ludwig Maquet, formateur, responsable de rubriques &#224; &lt;i&gt;Lien Social&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;Le 15 octobre 1983, &#224; la suite d'une bavure polici&#232;re qui blesse Toumi Dja&#239;dja &#224; V&#233;nissieux, une marche pacifique d&#233;marre. De cet &#233;v&#233;nement aux d&#233;c&#232;s de Nahel Merzouk &#224; Nanterre, et de Mohamed Bendriss &#224; Marseille en 2023, les faits de violences polici&#232;res restent nombreux, interrogeant ainsi cette institution et son rapport &#224; la population. Comment comprendre ces violences polici&#232;res ? Les r&#233;fl&#233;chir pour que cessent les drames ? D'abord en interrogeant la notion de violence, mot prot&#233;iforme et polys&#233;mique employ&#233; &#224; tout va.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;finir la violence me semble une base primordiale, souvent oubli&#233;e sur les plateaux t&#233;l&#233; qui partent du postulat que seule la population face aux forces de l'ordre est violente. Or cela me para&#238;t important de contextualiser ce terme g&#233;n&#233;rique, ne serait-ce que pour rappeler que la violence n'est pas uniquement et premi&#232;rement celle d'une jeunesse d&#233;favoris&#233;e et que les violences polici&#232;res doivent elles aussi &#234;tre mises en lumi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le philosophe Yves Michaud, la violence est &#224; l'&#339;uvre quand, &lt;i&gt;&#171; dans une situation d'interaction, un ou plusieurs auteurs agissent de mani&#232;re directe ou indirecte, mass&#233;e ou distribu&#233;e, en portant atteinte &#224; un ou plusieurs autres &#224; des degr&#233;s variables, soit dans leur int&#233;grit&#233; physique, soit dans leur int&#233;grit&#233; morale, soit dans leurs possessions, soit dans leurs participations symboliques et culturelles &#187; &lt;/i&gt; (Michaud, 2012). &#192; travers le temps, l'espace et les relations humaines, elle a exist&#233; de la pr&#233;histoire &#224; nos jours et sa gestion est intimement li&#233;e &#224; la construction d'un &#201;tat. La violence serait en nous, selon Hobbes, avan&#231;ant sa th&#233;orie de l'&#233;tat de nature, arguant que &#171; l'homme est un loup pour l'homme &#187; et que le r&#244;le de &#171; l'&#201;tat-L&#233;viathan &#187; est de mettre fin aux conflits en instaurant un ordre social &#171; polic&#233; &#187; (Hobbes, 1 651). La mission premi&#232;re de tout syst&#232;me est d'ailleurs d'assurer la s&#233;curit&#233; des citoyens, ce pour quoi l'&#201;tat d&#233;tient le monopole du recours &#224; la force. L'&#201;tat instaure ainsi une violence institutionnelle l&#233;gitim&#233;e, mais se doit d'en ma&#238;triser l'usage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or les derni&#232;res d&#233;cennies ont vu les soci&#233;t&#233;s devenir de plus en plus r&#233;pressives, avec la punition comme passion contemporaine (Fassin, 2017). Il semble que discipliner, punir, instaurer un rapport de domination, territorialiser l'espace public et priv&#233;, les flux de circulation et parfois, exprimer une violence pure sont les diff&#233;rentes fonctions des violences polici&#232;res. Selon le rapport annuel 2022 de l'inspection g&#233;n&#233;rale de la police nationale (IGPN), 38 personnes ont trouv&#233; la mort et 66 ont &#233;t&#233; bless&#233;es &#224; l'issue d'une mission de police. En 2021, il y avait eu 37 d&#233;c&#232;s et 79 bless&#233;s. Jamais les policiers n'ont autant eu recours &#224; leur pistolet &#224; impulsion &#233;lectrique, utilis&#233; &#224; 2 699 reprises en 2022 (en hausse de 11&#8239;% par rapport &#224; 2021). D'apr&#232;s l'avocat Ari&#233; Alimi, bien que l'usage de la force soit corr&#233;l&#233; au pouvoir d'&#201;tat, ces violences restent largement impens&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
S'int&#233;resser aux violences polici&#232;res n&#233;cessite de cat&#233;goriser les actes d&#233;finis comme tels. Cela interroge, dans le sens o&#249; la police est amen&#233;e &#224; produire de la violence pour mener &#224; bien ses missions. Alors, quand parler de &#171; violences polici&#232;res &#187; ? Il semblerait que l'on puisse d&#233;finir comme des violences polici&#232;res &lt;i&gt;&#171; des actes tels que l'atteinte &#224; l'int&#233;grit&#233; physique ou les violences faites aux biens, une privation de libert&#233; arbitraire, un langage agressif, mena&#231;ant ou intimidant, des propos discriminatoires, mais aussi le comportement et l'attitude agressive des forces de police envers un citoyen &#187;&lt;/i&gt; (Policewatch, 2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne syst&#233;mique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour expliquer ces violences, la sociologue G&#233;raldine Bugnon identifie quatre types de facteurs (Bugnon, 2011) : individuels, organisationnels, environnementaux et ceux propres aux interactions sociales. D'autres approches questionnent les causes structurelles, dans une difficile reconnaissance de celles-ci par l'&#201;tat comme &#233;tant un ph&#233;nom&#232;ne syst&#233;mique. D&#232;s lors qu'il n'y a pas de reconnaissance, il n'y a pas de question &#224; se poser et pire, nous assistons &#224; des disqualifications, m&#234;me lorsque les violences sont document&#233;es (Alimi, 2023). Il est pourtant important de cat&#233;goriser et de construire une typologie des violences polici&#232;res afin de les saisir et de les rationaliser. D&#232;s lors, elles ne se comprendraient pas comme de banales &#171; erreurs &#187; mais au contraire comme &lt;i&gt;&#171; des cons&#233;quences de m&#233;caniques institu&#233;es, de proc&#233;dures l&#233;gales, de m&#233;thodes et de doctrines enseign&#233;es et encadr&#233;es par des &#233;coles et des administrations &#187; &lt;/i&gt; (Rigouste, 2012).&lt;br class='autobr' /&gt;
En outre, le rapport probl&#233;matique entre la police et les habitants des &#171; quartiers populaires &#187;, particuli&#232;rement les jeunes, est devenu central dans la compr&#233;hension des violences urbaines de ces derni&#232;res d&#233;cennies (Fassin, 2020). Contr&#244;les au faci&#232;s, injures racistes, accusations sans fondement, mensonges des policiers pour couvrir leurs abus de pouvoir constituent le quotidien des violences polici&#232;res dans les cit&#233;s, auxquelles s'ajoutent des violences plus invisibles. La politique du chiffre et du rendement engendre des comportements et des faits par des policiers qui, faute d'&#234;tre confront&#233;s &#224; des cas v&#233;ritables de d&#233;linquance, sont amen&#233;s, souvent pour remplir des quotas, &#224; faire des contr&#244;les qui peuvent ensuite mal se passer. Les &#171; mises &#224; mort &#187; par les forces de l'ordre ne sont que l'ultime manifestation de ces discriminations et humiliations rappelant aux victimes leur citoyennet&#233; de seconde classe.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7453 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH235/capture_d_e_cran_2023-10-24_a_07.48.52-7d66b.png?1698242461' width='500' height='235' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2005, les effectifs de la police ont &#233;t&#233; r&#233;duits de 10 000 hommes, en revanche le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur consacre toujours plus d'argent &#224; l'&#233;quipement. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#169;Aur&#233;lien Laudy/Union de Reims/Maxppp&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des cibles privil&#233;gi&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pratiques polici&#232;res s'inscrivent dans les politiques qui les rendent possibles. Ces derni&#232;res visent moins &#224; prot&#233;ger l'ordre public qu'un certain ordre social et les cit&#233;s sont soumises &#224; une exception s&#233;curitaire o&#249; les pouvoirs et pr&#233;rogatives des policiers sont &#233;tendus avec une r&#233;duction du contr&#244;le d&#233;mocratique sur leurs actions (Fassin, 2011). Ces violences syst&#233;miques r&#233;sultent donc de d&#233;cisions d&#233;lib&#233;r&#233;es. Que l'on pense aux violences ethno-raciales dans les quartiers populaires, aux r&#233;pressions des manifestations politiques comme les Gilets jaunes ou les opposants &#224; la r&#233;forme des retraites, ou encore aux tirs sur les conducteurs qui refusent d'obtemp&#233;rer, l'&#201;tat est toujours &#224; la man&#339;uvre, s'abstrayant de ses propres lois (Alimi, 2023).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une soci&#233;t&#233; o&#249; le racisme continue de s'&#233;tendre, l'institution polici&#232;re n'est en rien pr&#233;serv&#233;e. Il y a bien une violence d'&#201;tat et un racisme institutionnel que la n&#233;gation des faits perp&#233;tue : en France, presque toutes les personnes tu&#233;es dans ces conditions sont des hommes noirs ou arabes, parfois aussi des gens du voyage (Fassin, 2020). Un pas a m&#234;me &#233;t&#233; franchi avec la contestation par la corporation de la d&#233;tention provisoire d'un policier &#224; la suite d'un passage &#224; tabac. La police est-elle en train d'obtenir un r&#233;gime d'exception au droit ? Apr&#232;s leur garde &#224; vue, les policiers incrimin&#233;s ont &#233;t&#233; accueillis par les applaudissements de leurs coll&#232;gues. Tenus par un des syndicats policiers majoritaires, Alliance, marqu&#233; tr&#232;s &#224; droite, les propos &#171; guerre contre les nuisibles &#187;, en disent long sur l'&#233;tat d'esprit de certains fonctionnaires de police.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles pistes pour entamer un d&#233;bat sur la r&#233;duction des violences polici&#232;res ? D'abord, exiger une plus grande transparence. Les forces de l'ordre fran&#231;aises ne rendent publiques que tr&#232;s peu de donn&#233;es. La r&#233;alisation d'&#233;valuations ind&#233;pendantes des r&#233;formes s'av&#232;re difficile (Boutros, 2020). Il faudrait d&#233;passer les tentatives de r&#233;former le syst&#232;me, pour repenser profond&#233;ment la police. La r&#233;duction du port d'armes, la r&#233;vision des lois sur l'usage de la force, la refondation du contr&#244;le judiciaire de l'action polici&#232;re avec un organe d'enqu&#234;te ind&#233;pendant seraient des mesures essentielles pour s'assurer que l'action de la police soit soumise &#224; un r&#233;el contr&#244;le (Boutros, 2020). Par ailleurs, il est urgent de r&#233;tablir les conditions du dialogue : proposer des syst&#232;mes alternatifs pour la gestion des confits, recr&#233;er une police de proximit&#233;, former les forces de l'ordre &#224; la gestion du stress et &#224; d'autres approches. Bien &#233;videmment, investir dans les quartiers les plus d&#233;favoris&#233;s pour r&#233;duire, en amont, le besoin d'interventions polici&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis, il y a le droit. En raison d'un &#201;tat qui a laiss&#233; sa police s'autonomiser, ces violences ne cesseront que lorsque le droit s'appliquera r&#233;ellement (Alimi, 2023). Ainsi, il faudrait (re) donner la primaut&#233; &#224; la pr&#233;existence du droit sur le politique plut&#244;t que l'inverse. La situation exige de l'&#201;tat d'autres r&#233;ponses que la r&#233;pression et la criminalisation des r&#233;voltes. Les violences polici&#232;res doivent &#234;tre reconnues, jug&#233;es et condamn&#233;es. &#192; ce titre, en 2015, des adolescents du 12&#232;me arrondissement de Paris ont port&#233; plainte pour violence polici&#232;re et inaction de l'&#201;tat (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 2015). Lors du proc&#232;s en correctionnelle de quatre policiers en 2018, le procureur de la R&#233;publique pointera des &#171; dysfonctionnements graves &#187; dans le commissariat. En 2019, l'&#201;tat est attaqu&#233; pour harc&#232;lement discriminatoire et discrimination en raison de l'origine. Une premi&#232;re en France. La plus haute juridiction de l'ordre administratif fran&#231;ais, le Conseil d'&#201;tat a &#233;t&#233; saisi d'une requ&#234;te soumise en 2021 par six associations contre les contr&#244;les d'identit&#233; discriminatoires. Sa d&#233;cision a &#233;t&#233; de rejeter ce recours. Le cas contraire aurait pu contraindre le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur &#224; changer les pratiques polici&#232;res. Selon Me Antoine Lyon-Caen, &#171; &lt;i&gt;&#8239;cet arr&#234;t est lumi&#232;re et ombre. Lumi&#232;re : parce que le Conseil d'&#201;tat reconna&#238;t la pratique administrative des contr&#244;les d'identit&#233; discriminatoires et affirme qu'il s'agit d'une &#8220;m&#233;connaissance caract&#233;ris&#233;e de l'interdiction des pratiques discriminatoires&#8221;. Il est dor&#233;navant impossible de parler de cas isol&#233;s. Ombre : parce qu'en d&#233;pit du constat d'une discrimination collective caract&#233;ris&#233;e, la plus Haute juridiction administrative se consid&#232;re comme impuissante &#224; changer ce qu'elle tient pour une &#8220;politique publique&#8221;, rendant pourtant possible une telle discrimination raciale. L'action se poursuit &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7454 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH426/capture_d_e_cran_2023-10-24_a_07.54.58-d7b22.png?1698242462' width='500' height='426' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Extrait de &lt;i&gt;&#171; La Force de l'ordre &#187;&lt;/i&gt;, une adaptation en bande dessin&#233;e de l'enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e pendant deux ans aupr&#232;s de policiers en banlieue parisienne. Tir&#233;e de l'essai de l'anthropologue Didier Fassin, ce r&#233;cit ethno-graphique nous plonge dans l'engrenage terrible de l'ennui, de la pression du chiffre et des &#233;ruptions de violence&#8230; &#169;&#201;ditions Delcourt&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;La France doit s'attaquer s&#233;rieusement aux probl&#232;mes de racisme et de discrimination raciale parmi les forces de l'ordre (Shamdasani, 2023). Plus g&#233;n&#233;ralement, il faut d&#233;noncer le racisme colonial, structurel, institutionnel ou syst&#233;mique dont fait preuve la police envers les jeunes hommes racis&#233;s des quartiers populaires. Plus largement, il faut se confronter &#224; un racisme d'&#201;tat qui frappe, sous des formes diverses, les personnes racis&#233;es en France, qu'elles soient fran&#231;aises ou &#233;trang&#232;res (Dhume, Gourdeau, 2 023). Au-del&#224; des violences polici&#232;res et de la radicalisation, il est urgent que les politiques s'int&#233;ressent enfin aux banlieues. Ceci afin de mettre en &#339;uvre le rapport &#171; Pour une r&#233;forme radicale de la politique de la Ville &#187;, qui se penche sur la question de la participation des habitants des quartiers populaires dans la politique de la ville (Bacqu&#233;, Mechmache, 2013).&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, la contestation est aussi dans la rue avec la tenue en septembre dernier de manifestations et de marches unitaires contre le racisme syst&#233;mique, les violences polici&#232;res et pour les libert&#233;s publiques. Il n'y aura pas de justice sociale sans lutte contre le racisme, sans politique publique pour les services publics. Les observateurs internationaux des droits humains et le Conseil de l'Europe s'alarment eux aussi d'un usage excessif de la force en France. Cela suffira-t-il &#224; enrayer l'engrenage des violences polici&#232;res ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi qu'il en soit, les mesures &#224; envisager sont nombreuses pour que cessent les violences polici&#232;res et les morts. Tenter de les discerner, de les expliquer, d'&#233;mettre des solutions pour que cessent ces violences ne signifie pas opposer la police &#224; la population. La fracture est d&#233;j&#224; l&#224;. Mais c'est - au lieu de compter les d&#233;c&#232;s et les victimes, de criminaliser les mouvements sociaux et d'&#234;tre mis au banc des nations - tenter le mieux vivre ensemble et r&#233;soudre les injustices sociales. Il y a du travail. C'est une question de volont&#233; politique et de choix de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;&lt;i&gt; L'&#201;tat hors-la-loi, logiques des violences polici&#232;res&lt;/i&gt;, A. Alimi, &#201;d. La D&#233;couverte, 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;Comment r&#233;duire les violences polici&#232;res ?,&lt;/i&gt; Boutros M., &#201;d. La Vie des id&#233;es, 2020.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;Le constat m&#233;dical peut-il mettre &#224; l'&#233;preuve les fronti&#232;res de la force polici&#232;re l&#233;gitime ? &lt;/i&gt; Bugnon G., enqu&#234;te sur un dispositif m&#233;dico-l&#233;gal de d&#233;pistage des violences polici&#232;res, D&#233;viance et Soci&#233;t&#233;, vol. 35, n&#176;1, 2011, pp. 113-136.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;La violence&lt;/i&gt;, Michaud Y., &#201;d. PUF, Coll. Que sais-je, 2012&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;Du racisme d'&#201;tat en France ?&lt;/i&gt; Dhume, Dunezat, Gourdeau, Rabaud, &#201;d. Le Bord de l'Eau, 2020.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;Punir, une passion contemporaine&lt;/i&gt;, Didier Fassin, &#201;d. Seuil, 2017&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;La Force de l'ordre, une anthropologie de la police des quartiers&lt;/i&gt;, Didier Fassin, &#201;d. Seuil, 2011.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;i&gt;La Force de l'ordre/Enqu&#234;te ethno-graphique&lt;/i&gt;, Didier Fassin, Fr&#233;d&#233;ric Debomy, Jake Raynal, &#201;d. Delcourt, 2020.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;&lt;i&gt; Introduction : enqu&#234;te sur un champ de bataille, La domination polici&#232;re. Une violence industrielle&lt;/i&gt;, Rigouste M. (dir), La Fabrique &#201;ditions, 2012, pp. 7-18.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.universalis.fr/encyclopedie/leviathan-thomas-hobbes/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.universalis.fr/encyclopedie/leviathan-thomas-hobbes/&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.nouvelobs.com/idees/20200607.OBS29799/l-echo-transatlantique-des-violences-policieres-par-didier-fassin.html&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/12/18/espece-de-libanais-de-merde-connards-sales-noirs-des-adolescents-portent-plainte-pour-violences-policieres_4834472_1653578.html&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://policewatch.be/page&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-d-elodie/didier-fassin-souligne-une-evolution-de-la-police-de-relativement-bienveillante-a-extremement-agressive-et-stigmatisante_4182651.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;www.interieur.gouv.fr/Publications/Rapports-de-l-IGPN/Rapport-annuel-d-activite-de-l-IGPN-2022&lt;/a&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;https://medias.vie-publique.fr/data_storage_s3/rapport/pdf/134000430.pdf&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://medias.vie-publique.fr/data_storage_s3/rapport/pdf/134000430.pdf&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#201;t&#233; 2023 : retour &#224; l'anormal&#8230; en pire</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Ete-2023-retour-a-l-anormal-en-pire</link>
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		<dc:subject>Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le mercredi qui a suivi la mort de Nahel le 27&#8239;juin, je n'ai rien senti venir. En journ&#233;e, l'&#233;v&#233;nement revenait dans nos &#233;changes avec les habitants. Mais le quartier &#233;tait calme et nous n'avions que peu d'indices sur la tension extr&#234;me de la nuit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par un &#233;ducateur de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, en Seine-Saint-Denis &lt;br class='autobr' /&gt; Dans notre quartier, nous avons une certaine exp&#233;rience des rixes. Quand elles se d&#233;roulent, nous sentons la tension monter, les groupes de jeunes se former. Dans ces cas l&#224;, notre pr&#233;sence est (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Discrimination" rel="tag"&gt;Discrimination&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Racisme" rel="tag"&gt;Racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Justice-368" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1348-" rel="tag"&gt;1348&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mercredi qui a suivi la mort de Nahel le 27&#8239;juin, je n'ai rien senti venir. En journ&#233;e, l'&#233;v&#233;nement revenait dans nos &#233;changes avec les habitants. Mais le quartier &#233;tait calme et nous n'avions que peu d'indices sur la tension extr&#234;me de la nuit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par un &#233;ducateur de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, en Seine-Saint-Denis&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt; &lt;span class='spip_document_7455 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH400/capture_d_e_cran_2023-10-24_a_07.56.24-9303f.png?1698242461' width='400' height='400' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Dans notre quartier, nous avons une certaine exp&#233;rience des rixes. Quand elles se d&#233;roulent, nous sentons la tension monter, les groupes de jeunes se former. Dans ces cas l&#224;, notre pr&#233;sence est ind&#233;sirable, la parole verrouill&#233;e, l'&#233;change crisp&#233; et quel que soit le lien, nous ne pouvons &#233;changer qu'individuellement, hors du groupe et en dehors du moment le plus chaud durant lequel les choses se pr&#233;parent. Nous en avons conclu par exp&#233;rience que notre place n'est pas dans le feu de l'action mais que notre travail se situe en amont et en aval. Mais les rixes constituent un ph&#233;nom&#232;ne tr&#232;s diff&#233;rent de ce qui s'est pass&#233; &#224; la suite de la mort de Nahel : des jeunes de quartiers diff&#233;rents se rencontrent pour se battre comme si c'&#233;tait un rite. Il y a un c&#244;t&#233; effet de groupe et engrenage, auquel il est difficile d'&#233;chapper sans passer pour un traitre ; un peu comme pendant une guerre, il est mal vu d'&#234;tre d&#233;serteur. Du coup, les jeunes, principalement les gar&#231;ons, sont bien souvent &#224; la fois auteurs et victimes, happ&#233;s par l'escalade et par un r&#244;le qui leur est assign&#233; et qu'ils doivent tenir. C'est extr&#234;mement violent mais pas du tout politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'inverse, le soul&#232;vement qui a suivi la mort de Nahel &#233;tait politique. Chez nous, il n'y a eu ni b&#226;timent public brul&#233;, ni pillage ; l'envie &#233;tait d'affronter la police, donc mettre le feu &#224; une poubelle, tirer des mortiers, et attendre l'intervention des forces de l'ordre pour les affronter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Affronter la police&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la premi&#232;re nuit d'affrontements, nous avons senti notre direction sous pression de la mairie, la commande aupr&#232;s de notre association &#233;tant que nous allions sur le terrain pour prendre la temp&#233;rature et appeler au calme. Un peu compliqu&#233; dans un contexte o&#249; les jeunes voient dans leur r&#233;ponse &#224; la mort de Nahel un geste de r&#233;volte face &#224; leur mise &#224; l'&#233;cart de la soci&#233;t&#233; et &#224; la violence polici&#232;re subie au quotidien. Leur dire de se calmer aurait &#233;t&#233; inefficace, irr&#233;aliste et aurait juste rompu le lien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc nous avons surtout fait de l'appel &#224; la prudence et au discernement. Nous &#233;tions dans notre r&#244;le d'adultes en les pr&#233;venant des dangers encourus &#224; la fois physiques, mais aussi judiciaires. Nous &#233;tions trois sur le territoire et nous avons discut&#233; de ce qui se passait, de ce qu'ils faisaient, en essayant de comprendre leurs diff&#233;rentes motivations. Au sein de notre quartier de banlieue parisienne qui poss&#232;de une histoire bien sp&#233;cifique avec la police, il y avait, pour sch&#233;matiser, deux grandes tendances avec pleins de nuances. Les plus jeunes, d&#232;s 12-13 ans, prenaient part &#224; l'action parce qu'il y avait de l'ambiance en bas de chez eux, c'&#233;tait ludique. Certains sont rest&#233;s spectateurs, j'en connais un qui a tout film&#233; sans jamais prendre part aux &#233;chauffour&#233;es avec la police.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les plus &#226;g&#233;s, jusqu'&#224; 24-25 ans, articulaient davantage une rage politique, ils mettaient leurs mots sur leur sentiment d'&#234;tre des sous-citoyens confront&#233;s &#224; un racisme syst&#233;mique et &#224; une institution polici&#232;re qui ne cherche que la confrontation. Ils pointaient l'impunit&#233; et la violence polici&#232;re, le fait qu'il n'existe aucun recours, aucun contre-pouvoir dans les interactions tendues entre jeunes et policiers. Le constat qui domine est l'impuissance, la fatalit&#233;, l'amertume et l'absence de perspectives positives. Il y a quelques ann&#233;es, des manifestations se sont d&#233;roul&#233;es sur le quartier suite &#224; la mort d'un jeune impliquant la police. Il en &#233;tait ressorti une impression g&#233;n&#233;rale : l'organisation collective et pacifique ne permet pas de bouger les lignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Partager &#171; leur &#187; injustice&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de jeunes, durant cette p&#233;riode, ont partag&#233; avec nous &#171; leurs &#187; souvenirs, &#171; leur &#187; injustice personnelle v&#233;cue. Tous &#233;voquaient les contr&#244;les quotidiens. Pour assister r&#233;guli&#232;rement &#224; des contr&#244;les, tout est fait pour cr&#233;er de la tension, de l'intimidation et du conflit. Jusqu'&#224; la posture des policiers : &lt;i&gt;&#171; Ne croise pas les bras &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; Mets pas tes bras dans le dos &#187;&lt;/i&gt;. Les contr&#244;les sont d'une grande tension, puisqu'on ne sait jamais trop combien de temps ils vont durer. La plupart des jeunes d'ailleurs demandent avec insistance&lt;i&gt; &#171; On a fini ? &#187;&lt;/i&gt;. Deux virilismes s'affrontent, mais avec l'impression que sur le terrain judiciaire ou m&#233;diatique, ce sont toujours les m&#234;mes qui gagnent, b&#233;n&#233;ficiant de la l&#233;gitimit&#233; et de l'impunit&#233;, quels que soient les faits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le jeudi, la violence est mont&#233;e d'un cran. &#199;a a vraiment &#233;t&#233; la guerre. Des jeunes ont &#233;t&#233; tabass&#233;s, l'un d'eux a perdu un &#339;il. La r&#233;pression a &#233;t&#233; impressionnante et les a impressionn&#233;s. Le vendredi soir, &#231;a a &#233;t&#233; plus calme, comme un peu partout en France. Ensuite, j'ai l'impression qu'on est revenu &#224; la normale, ou plut&#244;t l'anormal. Nous avons accompagn&#233; la famille du jeune &#233;borgn&#233; et fait le lien avec des collectifs locaux, &#224; la demande de la famille. Nous avons aid&#233; et particip&#233; &#224; l'organisation d'une table ronde avec des jeunes, des mamans et des acteurs du quartier. Une initiative int&#233;ressante, &#224; l'initiative de jeunes habitants connus de notre association, qui a permis de partager un constat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis un autre &#233;v&#233;nement a secou&#233; le quartier : un grand incendie. Sans rapport avec Nahel, il a n&#233;anmoins sem&#233; le doute dans un premier temps, achevant de marginaliser les partisans des soul&#232;vements. Cette histoire a compl&#232;tement chass&#233; les trois nuits de violence. En fait, ce mouvement de r&#233;volte est v&#233;cu par les jeunes comme une d&#233;faite. Les quartiers populaires en ressortent encore plus stigmatis&#233;s dans les m&#233;dias, les discours politiques et la t&#234;te des gens. Les protagonistes des r&#233;voltes en sont parfaitement conscients, d'ailleurs ils ironisent dessus. Nous avions pr&#233;vu un s&#233;jour en province et ils disaient &lt;i&gt;&#171; s'ils apprennent qu'on est de Paris, ils vont sortir les fusils et nous tirer dessus &#187;&lt;/i&gt;. Ils n'avaient pas forc&#233;ment conscience que leur col&#232;re &#233;tait partag&#233;e dans toute la France, m&#234;me dans de toutes petites villes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce soul&#232;vement n'a pas d&#233;bouch&#233; sur un mouvement politique particulier, sans doute parce qu'en France, l'organisation communautaire est tr&#232;s mal vue. Elle renvoie toujours &#224; un repli identitaire et mena&#231;ant, &#224; un entre-soi incompatible avec la R&#233;publique (&#171; le s&#233;paratisme &#187;). On oublie qu'elle peut-&#234;tre tr&#232;s positive, une force et une ressource, permettant &#224; ceux qui vivent des situations d'oppression ou de la violence sociale de r&#233;fl&#233;chir, de s'organiser et de tenter d'obtenir un peu plus de justice. En comparaison, un mouvement d'ampleur comme Black Lives Matter aux &#201;tats-Unis suppose qu'on s'autorise &#224; s'organiser au sein d'une communaut&#233;. En France, il y a une ali&#233;nation autour de cette question : les jeunes des quartiers populaires sont enferm&#233;s dans une case sociale par les discours m&#233;diatiques et politiques, mais on leur d&#233;nie parall&#232;lement le droit de s'organiser dans ce cadre.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; mon avis, l'&#233;t&#233; 2024 risque d'&#234;tre chaud avec les Jeux Olympiques. Sur les territoires qui comptent des stades, rien n'est fait pour associer la jeunesse des quartiers populaires &#224; l'&#233;v&#233;nement. Au contraire, la pression polici&#232;re risque de s'accentuer, le prix des places est inabordable, aucune invitation n'a &#233;t&#233; offerte aux habitants. Les populations n'en subissent donc que les effets n&#233;gatifs : les travaux, le prix des loyers qui s'envole avec son lot d'expulsions, le bouclage des quartiers les soirs des &#233;v&#233;nements, la strat&#233;gie de r&#233;pression de l'&#201;tat&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cin&#233;ma &#8226; Donner du sens au sang</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Cinema-o-Donner-du-sens-au-sang</link>
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		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Souffrance</dc:subject>
		<dc:subject>1348</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le saviez-vous ? Un chien de sang est ainsi nomm&#233; parce qu'accompagnant la chasse, il est dress&#233; pour flairer les traces de sang des animaux bless&#233;s. La cin&#233;aste fait de m&#234;me : elle filme un territoire - Paris -, comme en immersion dans un syst&#232;me (sanguin de pr&#233;f&#233;rence). Car tout est sang ici : l'accident de travail d'un p&#232;re, une transfusion, les corps meurtris d'un attentat, les fluides d'un accouchement, une dent d'enfant qui tombe&#8230; La cin&#233;aste suit son fil - rouge, tr&#232;s rouge - au fur et &#224; mesure (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille" rel="directory"&gt;&#338;il et oreille&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1348-" rel="tag"&gt;1348&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le saviez-vous ? Un &lt;i&gt;chien de sang&lt;/i&gt; est ainsi nomm&#233; parce qu'accompagnant la chasse, il est dress&#233; pour flairer les traces de sang des animaux bless&#233;s. La cin&#233;aste fait de m&#234;me : elle filme un territoire - Paris -, comme en immersion dans un syst&#232;me (sanguin de pr&#233;f&#233;rence). Car tout est sang ici : l'accident de travail d'un p&#232;re, une transfusion, les corps meurtris d'un attentat, les fluides d'un accouchement, une dent d'enfant qui tombe&#8230; La cin&#233;aste suit son fil - rouge, tr&#232;s rouge - au fur et &#224; mesure des nombreux d&#233;tours d'une qu&#234;te sinueuse et erratique. Citant l'anthropologue Fran&#231;oise H&#233;ritier, elle s'int&#233;resse au sang des femmes en estimant que celui-ci coule naturellement, alors que les hommes, eux, savent le r&#233;pandre volontairement. Rappelle que nous voyageons chacun avec cinq ou six litres (invisibles) de sang et que, lorsque nous le voyons, c'est qu'il y a danger.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7456 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH264/chienne_photo_1_c_shellac-f1dcc.png?1698242461' width='500' height='264' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&#169;Shellac
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;Son point de d&#233;part a peut-&#234;tre &#233;t&#233; la couverture pour TF1, lorsqu'elle &#233;tait chroniqueuse judiciaire, du sang contamin&#233; en 1999. Elle y a v&#233;cu des injonctions insupportables (&lt;i&gt;&#171; tu ne montreras pas de sang &#187;&lt;/i&gt;), le secret d'une Cour de Justice de la R&#233;publique, la tenue d'un proc&#232;s dans un lieu n'&#233;tant pas un lieu de justice. Plus de vingt ans apr&#232;s, elle &#233;claire autrement cette proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7457 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH264/chienne_photo_2_c_shellac-2d2ce.png?1698242461' width='500' height='264' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&#169;Shellac
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;Le film - aux couleurs, aux filtres, aux ambiances rouges - circule ainsi, y compris dans les rues parisiennes avec l'urgence d'un convoyeur de sang. Yamina Zoutat s'appuie sur l'id&#233;e que &lt;i&gt;&#171; le sang n'est pas un liquide, mais un tissu &#187;&lt;/i&gt; pour entrem&#234;ler mille r&#233;cits, y compris en passant par le vampirisme, la chasse &#224; la baleine rougeoyant la mer ou la lettre d'Isabelle, 59 ans, remerciant sa &lt;i&gt;&#171; s&#339;ur de sang &#187;&lt;/i&gt; &#233;trang&#232;re apr&#232;s une greffe salvatrice. D'o&#249; une mise en sc&#232;ne par trop h&#233;t&#233;roclite ; dommage, en regard d'un sujet aussi riche.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt; &lt;span class='spip_document_7458 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L200xH270/shellac-chienne-de-rouge-affiche-6068-c4873.jpg?1698242461' width='200' height='270' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Chienne de rouge&lt;/i&gt; | Un film de Yamina Zoutat | 1 h 36 |&lt;br class='autobr' /&gt;
Sortie le 8 novembre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Th&#233;&#226;tre &#8226; Aux sources de soi</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Theatre-o-Aux-sources-de-soi</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Origine</dc:subject>
		<dc:subject>Th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>1348</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;S'approprier son destin. Comment faire, lorsqu'on est une lyc&#233;enne de terminale n&#233;e d'une double culture - m&#232;re normande, p&#232;re turc - angoiss&#233;e par sa scolarit&#233; et encore plus par son avenir professionnel ? En qu&#234;te absolue d'&#233;panouissement, Euphrate, 17 ans et une &#233;nergie folle, cherche &#224; identifier son avenir. Pour ce faire, elle s'appuie sur un dialogue continu avec son p&#232;re, part &#224; la rencontre de ses souvenirs d'enfance et de ses racines turques. &lt;br class='autobr' /&gt; &#169;Stanislas-Roquette &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux figures f&#233;minines (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille" rel="directory"&gt;&#338;il et oreille&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Origine" rel="tag"&gt;Origine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Theatre" rel="tag"&gt;Th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1348-" rel="tag"&gt;1348&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'approprier son destin. Comment faire, lorsqu'on est une lyc&#233;enne de terminale n&#233;e d'une double culture - m&#232;re normande, p&#232;re turc - angoiss&#233;e par sa scolarit&#233; et encore plus par son avenir professionnel ? En qu&#234;te absolue d'&#233;panouissement, Euphrate, 17 ans et une &#233;nergie folle, cherche &#224; identifier son avenir. Pour ce faire, elle s'appuie sur un dialogue continu avec son p&#232;re, part &#224; la rencontre de ses souvenirs d'enfance et de ses racines turques.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7459 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH376/euphrate_photo_1_c_stanislas-roquette-5baa3.jpg?1698242460' width='500' height='376' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&#169;Stanislas-Roquette
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;Deux figures f&#233;minines puissantes vont l'aider dans sa t&#226;che vers l'&#233;mancipation : d'une part, une conseill&#232;re d'orientation haute en couleurs qui l'invitera &#224; se pencher sur ses origines ; d'autre part, la premi&#232;re actrice musulmane turque, Afife Jale, n&#233;e en 1902, rebelle et passionn&#233;e, h&#233;ro&#239;ne mythique affranchie des interdits sociaux et religieux de l'&#233;poque. Un si&#232;cle plus tard, Euphrate en fera la connaissance dans un mus&#233;e d'Istanbul. Lors de ce voyage, &#224; l'&#233;t&#233; 2021, elle rencontrera une partie de sa famille paternelle, dans un village perdu proche de la fronti&#232;re syrienne.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7460 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH334/euphrate_photo_2_c_victor-hadrien-6ffb3.jpg?1698242460' width='500' height='334' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&#169;Victor-Hadrien
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;Traversant joyeusement ces sujets graves - la d&#233;tresse d'&#234;tre soi &#224; l'aube de sa vie d'adulte, l'exil du p&#232;re et l'immigration de deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration, l'h&#233;ritage de mod&#232;les f&#233;minins, la soif d'&#233;mancipation, la transmission -, l'actrice, v&#233;ritable feu follet, chante et danse ses fractures et ses espoirs, se m&#233;tamorphose, incarnation burlesque et profonde de l'affirmation du d&#233;sir de vie. Cette qu&#234;te identitaire, &#224; fleur de peau, charrie une &#233;motion et un humour bouleversants et rafra&#238;chissants &#224; la fois. Ce one-woman show exigeant, questionnant l'assignation sociale et la si sensible question de l'identit&#233;, va &#224; l'essentiel. En effet, d'un chaos initial, cheminant avec tous ses atouts - mime, acrobatie, d&#233;guisement, danse - la jeune femme va vers l'apaisement. Simple, et magnifique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Racismes de France </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>Discrimination</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme</dc:subject>
		<dc:subject>1348</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;40 ans plus tard&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ne r&#234;vons pas, il n'existe pas de pays dans le monde o&#249; l'accueil de l'&#233;tranger est facile. En revanche, l'immigration ne constitue pas partout un sujet politique clivant comme en France. &lt;br class='autobr' /&gt;
40 ans apr&#232;s la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, j'ai choisi un ouvrage collectif qui fait le point sur les racismes en France, aujourd'hui. Il propose un bilan assez morose de l'&#233;volution de notre soci&#233;t&#233; depuis les ann&#233;es 80 qui avaient marqu&#233; une sorte d'espoir pour beaucoup. Le livre (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L97xH150/arton11278-6b28f.jpg?1698242460' width='97' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;40 ans plus tard&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne r&#234;vons pas, il n'existe pas de pays dans le monde o&#249; l'accueil de l'&#233;tranger est facile. En revanche, l'immigration ne constitue pas partout un sujet politique clivant comme en France.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40 ans apr&#232;s la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, j'ai choisi un ouvrage collectif qui fait le point sur les racismes en France, aujourd'hui. Il propose un bilan assez morose de l'&#233;volution de notre soci&#233;t&#233; depuis les ann&#233;es 80 qui avaient marqu&#233; une sorte d'espoir pour beaucoup. Le livre fait le tour de ces racismes aussi bien antimusulmans, antinoirs, antichinois, antis&#233;mites ou antitsiganes. Il analyse aussi le communautarisme et sa perception dans notre soci&#233;t&#233; dite la&#239;que, et offre quelques pistes &#233;chappatoire et d'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les racismes en France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie de l'ouvrage rappelle ce que sont le racisme individuel et le racisme d'&#201;tat. Il montre comment ce dernier ne dit pas son nom mais se r&#233;v&#232;le encore aujourd'hui, par des discriminations d'acc&#232;s aux droits, au travail ou au logement, de fa&#231;on insidieuse et sourde, mais qui se v&#233;rifie simplement par des testings.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, la question de la pr&#233;sence polici&#232;re et de ses formes d'intervention est pr&#233;pond&#233;rante dans le sentiment d'in&#233;galit&#233;, mais aussi dans ce racisme ethnique et social. L'&#233;cole n'est pas en reste et les chiffres prouvent que cette in&#233;galit&#233; de chances en fonction des origines augmente, scellant ainsi l'&#233;chec de toutes les politiques dites &#171; d'&#233;galit&#233; des chances &#187; qui n'&#233;taient en r&#233;alit&#233; que des promesses illusoires. Un chapitre entier est consacr&#233; au droit et &#224; la complexit&#233; incroyable du syst&#232;me de cat&#233;gorisation de l'immigr&#233; : r&#233;fugi&#233;, &#233;tranger en situation irr&#233;guli&#232;re, demandeur d'asile&#8230; Chaque cat&#233;gorie supposant une proc&#233;dure draconienne diff&#233;rente tandis que l'administration conserve par diff&#233;rents biais un pouvoir largement discr&#233;tionnaire. Enfin, dans le monde du travail, le nombre de discriminations li&#233;es aux origines s'est multipli&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, tant dans les embauches que dans les m&#233;tiers exerc&#233;s. Pour l'auteur, le monde du travail reste largement marqu&#233; par des habitudes n&#233;ocoloniales qui consistent &#224; penser que les travaux durs et mal pay&#233;s sont finalement confi&#233;s assez naturellement aux &#171; &#233;trangers &#187;, comme ils l'ont toujours &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Habitudes &#171; n&#233;ocoloniales &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sujets qui nous paraissent aujourd'hui d'une grande banalit&#233;, comme le voile &#224; l'&#233;cole pour les jeunes filles musulmanes ou les m&#232;res voil&#233;es accompagnantes de sorties scolaires, sont en fait des sujets purement Fran&#231;ais. Ils rel&#232;vent d'une forme sp&#233;cifique d'islamophobie devenue centrale dans le d&#233;bat politique et qui nous absorbe tous plus ou moins. Une autrice se pose la question de savoir si, plut&#244;t que de s'interroger sur la capacit&#233; de l'islam &#224; s'int&#233;grer &#224; la France, on ne ferait pas mieux de cesser les lois et les discours excluant toute une partie de nos concitoyens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les chapitres suivants, les collaborateurs de l'ouvrage &#233;num&#232;rent donc des diff&#233;rentes formes de racismes qui bien s&#251;r touchent &#224; des degr&#233;s divers, la quasi-totalit&#233; de tous ceux qui r&#233;sident en France avec des origines &#233;trang&#232;res. On comprend qu'il existe un lourd pass&#233; d'exclusion et de m&#233;fiance dont ont souffert aussi bien les Italiens que les Polonais et tant d'autres, ce qui est paradoxal dans un pays dont l'identit&#233; s'est construite progressivement de l'apport de l'&#233;tranger.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre, dans l'ensemble tr&#232;s bien document&#233;, repr&#233;sentera, &#224; n'en pas douter, une source importante de donn&#233;es statistiques ou sociologiques pour le lecteur. Bien s&#251;r les auteurs abordent les questions de la&#239;cit&#233; et de communautarisme et je voudrais terminer par cette citation qui r&#233;sume si bien l'esprit de l'ouvrage, celle d'un journaliste en 1842 : &lt;i&gt;&#171; Les Auvergnats n'adoptent ni les m&#339;urs, ni la langue, ni les plaisirs parisiens, ils restent isol&#233;s&#8230; et l'on peut dire qu'ils emportent leur pays &#224; la semelle de leurs souliers. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'espoir est donc permis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tienne Liebig&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les auteurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Omar Slaouti a &#233;t&#233; un des porte-parole de la Marche pour la justice et la dignit&#233; et contre les violences polici&#232;res en 2017. Il est enseignant &#224; Argenteuil (Val d'Oise).&lt;br class='autobr' /&gt;
Olivier Le Cour Grandmaison enseigne les sciences politiques &#224; l'Universit&#233; Paris-Saclay-Evry-Val-d'Essonne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. La D&#233;couverte, 395 pages, 22 euros&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quartier de combat, les enfants du 19e </title>
		<link>https://www.lien-social.com/Quartier-de-combat-les-enfants-du-19e</link>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>Banlieue</dc:subject>
		<dc:subject>1348</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des vies et des morts &lt;br class='autobr' /&gt;
Les quartiers populaires sont rarement d&#233;crits par les acteurs eux-m&#234;mes, dans une d&#233;marche tant historique qu'ethnographique. Ce n'est pas du cin&#233;ma. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quartiers de combat, c'est l'histoire d'un quartier populaire, le 19e &#224; Paris, de ses habitants, de ses enfants. C'est l'histoire d'un ghetto fran&#231;ais, violent, mais paradoxalement vivant, qui se d&#233;vore de la premi&#232;re &#224; la derni&#232;re page. Ouvrage racont&#233; sous forme d'histoires de vies : ses auteurs, Abdoulaye Sissoko et Zakaria (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L103xH150/arton11279-880bf.jpg?1698242460' width='103' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des vies et des morts&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les quartiers populaires sont rarement d&#233;crits par les acteurs eux-m&#234;mes, dans une d&#233;marche tant historique qu'ethnographique. Ce n'est pas du cin&#233;ma.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quartiers de combat&lt;/i&gt;, c'est l'histoire d'un quartier populaire, le 19e &#224; Paris, de ses habitants, de ses enfants. C'est l'histoire d'un ghetto fran&#231;ais, violent, mais paradoxalement vivant, qui se d&#233;vore de la premi&#232;re &#224; la derni&#232;re page.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ouvrage racont&#233; sous forme d'histoires de vies : ses auteurs, Abdoulaye Sissoko et Zakaria Harroussi nous parlent d'eux, mais aussi de leurs amis, de leurs petits et grands fr&#232;res qui ont grandi dans cette zone vive et rageuse, et dont certains ne sont plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abdoulaye d'Ourcq et Zak de Danube&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coinc&#233;s entre Aubervilliers, Pantin, Le Pr&#233;-Saint-Gervais et les 20e, 11e, 10e et 18e arrondissements de Paris, les enfants du 19e se d&#233;nomment par leur quartier. Abdoulaye d'Ourcq et Zak de Danube. Histoire de r&#233;putation aussi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le livre s'ouvre sur Zak qui pr&#233;pare sa fille pour aller &#224; l'&#233;cole pendant que les deux grands s'habillent, se rem&#233;morant ses propres souvenirs d'enfance, prenant le pouls de son histoire au regard de ses enfants. On plonge dans l'ambiance de cette histoire d'urbanisation, de quartier aujourd'hui r&#233;nov&#233;, de ces enfances trop vite pass&#233;es dans la violence et la mort quasi quotidienne. La violence frappe. Pas seulement la violence des coups, des guerres de bandes comme on pourrait le croire, mais la violence institutionnelle, celle de la rel&#233;gation spatiale, de la s&#233;gr&#233;gation territoriale, du ch&#244;mage, de la drogue omnipr&#233;sente. De la discrimination scolaire et des voies de garage, de scolarit&#233; pass&#233;e &#224; s'opposer aux injustices du syst&#232;me, des pr&#233;jug&#233;s, du regard de certains professeurs sur les m&#232;res. Du racisme. De l'abandon des quartiers par les politiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les auteurs ont choisi l'&#233;criture comme moyen de r&#233;silience et de montrer aussi, le beau. On traverse alors les &#233;poques au fil des r&#233;cits. Des ann&#233;es 75 &#224; nos jours, c'est l'histoire qui s'&#233;crit. Celle de l'immigration des premi&#232;res g&#233;n&#233;rations - le p&#232;re d'Abdoulaye est arriv&#233; en 1962 - et des familles nombreuses. De ces parents venus d'ailleurs pour offrir une vie meilleure &#224; leurs enfants. C'est l'histoire de guerres de gangs sur fond de hip-hop naissant, la danse ou la d&#233;linquance. Celle du logement et de son probl&#232;me syst&#233;mique. Celle de la religion et de ceux tomb&#233;s dans le terrorisme. Pourtant, au-del&#224; de la crasse et des histoires tristes, il y a une force de vie, une solidarit&#233;, un commun. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a ces rencontres d&#233;cisives qui changent un destin. Cet oncle ou cet animateur qui vous r&#233;veille et vous font prendre une autre route. Il y a l'art de la d&#233;brouille des copains. Il y a la violence qui monte &#224; la t&#234;te, les r&#232;glements de compte et les morts, les balles perdues, les vengeances et les exp&#233;ditions punitives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La danse ou la d&#233;linquance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a la drogue. Les drogues. Le shit, l'h&#233;ro&#239;ne, la coca&#239;ne des ann&#233;es 2000, le crack. Et le deal. Au-del&#224; de l'&#233;ternel retour de la violence, se dessine la conscientisation politique des ann&#233;es 90, sur fond de rap contestataire, des injustices commises. Bien que tra&#238;nant ses fant&#244;mes derri&#232;re lui, Abdoulaye reconna&#238;t, avec le recul, &#171; ces ann&#233;es de bonheur &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est aussi l'histoire de ce livre : la r&#233;ussite, l'int&#233;gration, l'innovation et la cr&#233;ativit&#233;, les champions, la solidarit&#233; des communaut&#233;s, les victoires, pour t&#233;moigner qu'il y a d'autres choses &#224; faire que de s'entretuer. Qu'il y a un &#171; diamant urbain &#187;. C'est pour ces raisons, que les auteurs ont voulu &#233;crire. Merci &#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ludwig Maquet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;strong&gt;Les auteurs&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Abdoulaye Sissoko dirige une entreprise de s&#233;curit&#233;, Zakaria Harroussi travaille &#224; la Propret&#233; de Paris. Ils sont tous les deux travailleurs associatifs dans l'arrondissement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils se sont confi&#233;s &#224; la romanci&#232;re et sc&#233;nariste Pauline Gu&#233;na, autrice notamment de 18.3. Une ann&#233;e &#224; la PJ (&#201;d. Deno&#235;l, 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. Deno&#235;l, 224 pages, 2021, 19 euros&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Acc&#232;s aux droits : quels enjeux ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Acces-aux-droits-quels-enjeux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Acces-aux-droits-quels-enjeux</guid>
		<dc:date>2023-10-25T14:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Aide sociale</dc:subject>
		<dc:subject>Citoyennet&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>1348</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Accompagner les personnes dans leurs d&#233;marches, les informer et les orienter vers les services adapt&#233;s en vue d'une enti&#232;re citoyennet&#233;, repose sur un enjeu majeur : l'acc&#232;s aux droits de toutes et tous, sans conditions. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Laurent Guenebaut, travailleur social, formateur et auteur (1) &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque la reconnaissance de la citoyennet&#233; passe par un professionnalisme humain &lt;br class='autobr' /&gt; Je me souviens de cette ann&#233;e 2002. Nos certitudes, nos postures de l'&#233;poque, s'effritaient, &#233;taient remises en question. Pire : (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Paroles-de-me%CC%81tiers" rel="directory"&gt;Paroles de me&#769;tiers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Aide-sociale" rel="tag"&gt;Aide sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Citoyennete" rel="tag"&gt;Citoyennet&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1348-" rel="tag"&gt;1348&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Accompagner les personnes dans leurs d&#233;marches, les informer et les orienter vers les services adapt&#233;s en vue d'une enti&#232;re citoyennet&#233;, repose sur un enjeu majeur : l'acc&#232;s aux droits de toutes et tous, sans conditions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Laurent Guenebaut, travailleur social, formateur et auteur (1)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lorsque la reconnaissance de la citoyennet&#233; passe par un professionnalisme humain&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span class='spip_document_7461 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L350xH439/capture_d_e_cran_2023-10-24_a_08.51.47-d1629.png?1698242460' width='350' height='439' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Je me souviens de cette ann&#233;e 2002. Nos certitudes, nos postures de l'&#233;poque, s'effritaient, &#233;taient remises en question. Pire : &#233;valu&#233;es. L'hom&#233;ostasie d'antan n'&#233;tait plus ! Nous quittions l'amateurisme pour aller vers le professionnalisme. 2023, que reste-t-il de cette loi ? Une unique phrase, passe-partout, qui m'insupporte &lt;i&gt;&#171; Mettre la personne au centre de son projet &#187;&lt;/i&gt;. 20 ans plus tard, nous savons qu'il nous faut adapter notre accompagnement &#224; son projet. Cependant, le comment reste souvent encore trop approximatif ou inappropri&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour preuve, lorsqu'en qualit&#233; de jury, je demande au futur travailleur social &lt;i&gt;&#171; Comment accompagnez-vous la personne ? &#187;&lt;/i&gt;, alors, commence l'&#233;num&#233;ration de la liste des supports administratifs cr&#233;&#233;s par cette loi du 2&#8239;janvier 2002. Du contrat de s&#233;jour au conseil de la vie sociale en passant par la charte et ses douze points.&lt;br class='autobr' /&gt;
La loi nous donne pourtant une des cl&#233;s principales : la participation. Lorsque j'en demande le sens et le contenu, le silence demeure souvent la seule r&#233;ponse. Non, ce n'est pas faire faire une activit&#233; artistique aux personnes. Puis exposer leurs cr&#233;ations publiquement, comme dans un cirque ou un zoo, en affirmant que c'est extraordinaire, car ce sont des individus en difficult&#233;. Non, ce n'est pas leur demander de quelle couleur peindre les murs et en d&#233;cider autrement, au final.&lt;br class='autobr' /&gt;
La participation se d&#233;finit comme une notion juridique. Elle consid&#232;re l'usager comme Sujet de droit, identique au professionnel qui l'accompagne. L'enjeu majeur r&#233;side &#224; favoriser un contexte qui lui permette d'acc&#233;der &#224; la pleine reconnaissance de l'exercice de ses droits. Gandhi affirmait &lt;i&gt;&#171; Tout ce que vous dites sur moi sans moi, vous le dites contre moi &#187;&lt;/i&gt;. Ainsi, la seconde mise de notre questionnement initial renvoie &#224; la posture professionnelle. Accompagner, c'est faire une partie du chemin ensemble. Comment nous rencontrer dans nos diff&#233;rences, dans ce cadre balis&#233; par objectifs et des limites juridiques. L'inconditionnalit&#233; de notre regard, notre volont&#233; de permettre &#224; ce Sujet de droit, de d&#233;velopper des capacit&#233;s m&#234;mes partielles repr&#233;sentent une &#233;tape incontournable &#224; l'acc&#232;s aux droits des personnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous devons dans notre relation r&#233;aliser deux postures simultan&#233;es : nous positionner au m&#234;me niveau que la personne. Nous lui reconnaissons sa l&#233;gitimit&#233; en sa qualit&#233; de personne &#224; part enti&#232;re. Osez croiser nos savoirs et nos pratiques, partager nos exp&#233;riences. reconna&#238;tre par exemple qu'elle sait, mieux que nous comment r&#233;agit son enfant dans un contexte pr&#233;cis. Partir de cette comp&#233;tence pour s'engager avec elle sur son chemin. Il nous faut, par ailleurs, oser cr&#233;er un lien de proximit&#233;. Oser nous refl&#233;ter dans le miroir d'autrui afin de cr&#233;er un ancrage relationnel.&lt;br class='autobr' /&gt;
La loi de 2002 affirme que le c&#339;ur de nos m&#233;tiers r&#233;side dans l'accueil et l'accompagnement. Le d&#233;cret du 6&#8239;mai 2017 donne une d&#233;finition du travail social : &lt;i&gt;&#171; Il vise &#224; permettre l'acc&#232;s des personnes &#224; l'ensemble des droits fondamentaux, &#224; faciliter leur inclusion sociale et &#224; exercer une pleine citoyennet&#233;. Dans un but d'&#233;mancipation, d'acc&#232;s &#224; l'autonomie, de protection et de participation des personnes. &#187;&lt;/i&gt; Ainsi, cet enjeu initial nous engage pleinement &#224; exercer un professionnalisme humain. Enfin, toute l'organisation de travail doit soutenir ce processus. &#192; l'inverse, l'acc&#232;s aux droits des personnes reste inaccessible et bafou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Petit trait&#233; du bien-&#234;tre au travail, Laurent Guenebaut, &#233;dition du Panth&#233;on, 2018&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Plume, assistante de service social en HUDA&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens de encore de cette liste des &#171; missions &#187; de l'assistante sociale apprise par c&#339;ur pour mon passage du dipl&#244;me. Parmi celles-ci : &#171; l'acc&#232;s aux droits &#187;. Apr&#232;s neuf ans de pratique &#171; de terrain &#187;, je serais tent&#233;e de le renommer le &#171; combat pour les droits &#187; des personnes que nous accompagnons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un &#171; combat &#187; qui prend de multiples formes : combat pour s'y retrouver dans des droits en perp&#233;tuelle mutation, combat pour d&#233;fendre des droits en p&#233;ril voire en r&#233;gression, combat pour faire valoir des droits non respect&#233;s, combat pour cheminer avec chacun dans le labyrinthe l&#233;gislatif de l'acc&#232;s aux droits dans un contexte de complexification, d'opacit&#233;, de renforcement des logiques de contr&#244;le et de contrepartie et de d&#233;mat&#233;rialisation, et enfin combat pour informer et convaincre les personnes &#233;loign&#233;es de nos institutions de leur droit&#8230; d'avoir des droits.&lt;br class='autobr' /&gt;
En ce sens, le m&#233;tier de travailleur social, dans cette lutte quotidienne pour l'&#171; acc&#232;s aux droits &#187;, se doit de rev&#234;tir de multiples formes d'engagement, dans une posture de pers&#233;v&#233;rance et de non-renoncement. Veille sociale, militantisme et/ou collaboration avec des associations militantes et des sp&#233;cialistes du droit (avocats, juristes, rapports au d&#233;fenseur des droits), accompagnement physique dans les institutions, multiples mails/courriers/appels t&#233;l&#233;phoniques, mais aussi sensibilisation de chacun sur des droits non-connus, et/ou accompagnement dans le cheminement &#171; psychologique &#187; de l'acceptation que les droits sociaux sont&#8230; un devoir de la soci&#233;t&#233; envers tout individu fragilis&#233; dans son parcours de vie et non&#8230; une dette de la personne susceptible d'en b&#233;n&#233;ficier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que les discours gouvernementaux et officiels pr&#244;nent la &#171; lutte contre le non-recours &#187;, et le d&#233;veloppement de l'&#171; aller-vers &#187;, force est de constater que la r&#233;alit&#233; du terrain des professionnels du secteur en semble, souvent, tr&#232;s &#233;loign&#233;e : surcharge de travail, disparition progressive des logiques d'inconditionnalit&#233; et d'accueil, renforcement des logiques de contrepartie et de stigmatisation des &#171; usagers &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En neuf ans d'exp&#233;rience, combien ai-je vu de dossiers refus&#233;s pour des d&#233;tails ou &#171; perdus dans les m&#233;andres des institutions &#187; ? Combien de changements r&#233;glementaires qui ne font que complexifier les d&#233;marches ? Combien de personnes orient&#233;es vers les institutions et refoul&#233;es pour &#171; non-ma&#238;trise de la langue fran&#231;aise &#187;, refus des m&#233;decins d'accepter les Compl&#233;mentaires Sant&#233;s solidaires, ou autres pr&#233;textes plus ambigus/ill&#233;gaux les uns que les autres ? Combien d'heures &#224; tenter de batailler pour obtenir une r&#233;ponse et/ou une clarification &#224; propos d'un blocage administratif, sans possibilit&#233; d'avoir un interlocuteur direct &#224; qui s'adresser ? Sans oublier tous ces &#171; laiss&#233;s pour compte &#187; qui ont abandonn&#233; l'id&#233;e m&#234;me d'acc&#233;der &#224; leurs droits par d&#233;couragement, honte de demander de l'aide, refus des injonctions toujours plus fortes qui y sont associ&#233;es, ou des conditions d'accueil/accompagnement propos&#233;(e) s ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#171; arriv&#233;e &#187; de France Travail pour un contr&#244;le croissant des populations pr&#233;caires, le cheminement presque abouti de l'obligation d'activit&#233; pour obtenir le Revenu de Solidarit&#233; Active sont des exemples, parmi tant d'autres, que ce &#171; combat &#187; qui est le n&#244;tre doit se poursuivre, et m&#234;me&#8230; se renforcer !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Responsabilit&#233; p&#233;nale &#8226; Quels risques pour les travailleurs sociaux ?</title>
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		<dc:subject>Risque professionnel</dc:subject>
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&lt;p&gt;La recherche de responsables dans les faits divers tragiques fait souvent la une des m&#233;dias. Cette judiciarisation de plus en plus syst&#233;matique des al&#233;as de la vie, p&#232;se-t-elle aussi sur le travail des cadres et des travailleurs sociaux ? &lt;br class='autobr' /&gt;
En septembre dernier, un adolescent de 15 ans se suicide &#224; Poissy (Yvelines) dans un contexte de harc&#232;lement scolaire. Tout de suite l'attitude des responsables de l'&#201;ducation nationale est point&#233;e du doigt. Leur ministre de tutelle leur reproche d'avoir minimis&#233; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La recherche de responsables dans les faits divers tragiques fait souvent la une des m&#233;dias. Cette judiciarisation de plus en plus syst&#233;matique des al&#233;as de la vie, p&#232;se-t-elle aussi sur le travail des cadres et des travailleurs sociaux ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En septembre dernier, un adolescent de 15 ans se suicide &#224; Poissy (Yvelines) dans un contexte de harc&#232;lement scolaire. Tout de suite l'attitude des responsables de l'&#201;ducation nationale est point&#233;e du doigt. Leur ministre de tutelle leur reproche d'avoir minimis&#233; le probl&#232;me, de n'avoir pas pu emp&#234;cher ce drame. La recherche de coupables dans ce type de faits divers dramatiques devient habituelle. Comment les responsables d'&#233;tablissement sociaux et m&#233;dico-sociaux la vivent-ils ?&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;cemment, un chef de service de maison d'enfants &#224; caract&#232;re social (MECS) oriente un adolescent suicidaire au centre m&#233;dico-psychologique (CMP) de son secteur. Au t&#233;l&#233;phone, il explique qu'il ne peut plus assurer la s&#233;curit&#233; de l'adolescent au sein de son &#233;tablissement, vu les risques d'un passage &#224; l'acte. Il r&#233;clame une hospitalisation, mais le service &#233;tant satur&#233;, le CMP peut seulement lui proposer un rendez-vous m&#233;dical. Le chef de service exige alors du m&#233;decin un certificat de &#171; non-dangerosit&#233; &#187; lui assurant que l'adolescent ne pr&#233;sente pas de risque de passage &#224; l'acte imminent, chose que le m&#233;decin refusera de fournir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet &#233;pisode ne t&#233;moigne-t-il pas du mal-&#234;tre grandissant d'une profession confront&#233;e &#224; de plus en plus d'exigences de s&#233;curit&#233; et d'un manque de relais suffisants du c&#244;t&#233; sanitaire et m&#233;dico-social ? Globalement, les cadres semblent se montrer de plus en plus frileux pour accorder des sorties aux &#233;ducateurs impliquant de possibles risques (accident, noyade&#8230;). Mais que risquent r&#233;ellement les travailleurs sociaux et responsables d'&#233;tablissements en cas d'accident ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Les travailleurs sociaux ont tendance &#224; surestimer les risques auxquels ils sont confront&#233;s. M&#234;me si l'on constate une augmentation des plaintes ces derni&#232;res ann&#233;es, tr&#232;s peu aboutissent r&#233;ellement &#224; des condamnations &#187;&lt;/i&gt;, affirme Christine Canuet, juriste et formatrice &#224; l'association nationale des cadres du social (Andesi). Deux exemples r&#233;cents : un groupe de quatre soignants d'un h&#244;pital de jour organise une sortie avec trois enfants &#224; un lac non surveill&#233;. Au cours de la journ&#233;e, ils perdent un des enfants. Ne le voyant pas dans l'eau, ils se mettent &#224; le chercher dans les environs. Mais le drame survient : l'enfant se noie. D&#233;cision du tribunal : les &#233;ducateurs sont condamn&#233;s &#224; une simple amende avec sursis. La justice leur reproche notamment de ne pas avoir fait preuve de bon sens et d'avoir dirig&#233; leurs recherches aux alentours du lac, alors qu'ils connaissaient l'attraction du gar&#231;on pour l'eau. Dans une autre affaire, une &#233;ducatrice fait du p&#233;dalo avec un adolescent. Au moment o&#249; elle se dirige vers le g&#233;rant pour payer la location, le jeune descend du p&#233;dalo et se noie. Au tribunal, l'&#233;ducatrice est relax&#233;e de l'accusation de d&#233;faut de surveillance. Dans ces deux affaires, la justice s'est donc montr&#233;e cl&#233;mente avec les travailleurs sociaux mis en cause. Que dit la loi exactement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des cadres de plus en plus frileux&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Quiconque pouvant emp&#234;cher par son action imm&#233;diate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un d&#233;lit contre l'int&#233;grit&#233; corporelle de la personne s'abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000&#8239;euros d'amende. &#187;&lt;/i&gt; (Code p&#233;nal 223-6). Cette clause est en r&#233;alit&#233; tr&#232;s rarement invoqu&#233;e. Pour cela, il faudrait que la personne refuse de porter secours alors qu'elle peut le faire (laisser se noyer l'enfant alors qu'elle l'a sous les yeux et qu'elle sait nager) et sans que cela repr&#233;sente un risque pour elle (comme dans le cas d'un incendie par exemple).&lt;br class='autobr' /&gt;
Si la non-assistance &#224; personne en p&#233;ril est donc rarement cit&#233;e dans ce type d'affaires, en revanche, la justice peut inculper pour homicide involontaire un professionnel n'ayant pas pu emp&#234;cher le d&#233;c&#232;s accidentel d'un usager. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Le fait de causer (&#8230;) par maladresse, imprudence, inattention, n&#233;gligence ou manquement &#224; une obligation de s&#233;curit&#233; ou de prudence impos&#233;e par la loi ou le r&#232;glement, la mort d'autrui constitue un homicide involontaire puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000&#8239;euros d'amende &#187;&lt;/i&gt;, stipule le Code p&#233;nal (Article&#8239;221-6). Ce texte a pos&#233; beaucoup de probl&#232;mes aux maires, qui se trouvaient syst&#233;matiquement mis en cause dans les accidents survenus sur leur commune. Une loi du 4&#8239;juillet 2000 (dite loi Fauchon) l'a amend&#233; avec pour but de pr&#233;server la responsabilit&#233; des auteurs indirects. Pour qu'il y ait condamnation au p&#233;nal, il faut d&#233;sormais d&#233;montrer la violation d&#233;lib&#233;r&#233;e d'une obligation particuli&#232;re de prudence ou de s&#233;curit&#233;, ou une faute caract&#233;ris&#233;e qui exposait autrui &#224; un risque grave, que le mis en cause ne pouvait ignorer. Cette disposition limite donc les poursuites au p&#233;nal des auteurs indirects, qui pourront toutefois &#234;tre poursuivis au civil pour des r&#233;parations sous forme de dommages et int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7462 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH250/capture_d_e_cran_2023-10-24_a_08.55.49-558ad.png?1698242460' width='500' height='250' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 2012, l'institut m&#233;dico &#233;ducatif de Bagnols-sur-C&#232;ze proposait une activit&#233; escalade aux jeunes autistes. Le directeur assumait la responsabilit&#233; de recruter des &lt;i&gt;&#171; &#233;ducateurs dynamiques et non des endormis qui ne risquent rien &#187;&lt;/i&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#169; Myriam L&#233;on&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Surveillance accrue&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le cas &#233;voqu&#233; plus haut d'un jeune suicidaire pris en charge en MECS, on pourra donc seulement reprocher aux professionnels de ne pas avoir pris au s&#233;rieux son mal-&#234;tre et de ne pas avoir tent&#233; d'y rem&#233;dier. Mais s'ils mettent en place un accompagnement rapproch&#233; au sein de l'&#233;tablissement, s'ils l'orientent vers des soins, la clause de non-assistance &#224; personne en p&#233;ril ne pourra &#234;tre invoqu&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Dans ce type de situations, nous donnons &#224; l'&#233;quipe un protocole pr&#233;cis qui peut impliquer une surveillance accrue, le fait d'appeler les urgences ou les pompiers en cas de crise, de faire en sorte que les fen&#234;tres &#224; l'&#233;tage soient ferm&#233;es &#224; cl&#233;, etc. Nous avertissons le r&#233;f&#233;rent de l'Aide sociale &#224; l'enfance qui peut aussi &#234;tre un appui. Quand il n'y a pas de relais possible en p&#233;dopsychiatrie, l'aide sociale &#224; l'enfance peut parfois financer des consultations th&#233;rapeutiques en lib&#233;ral&lt;/i&gt;, explique un chef de service travaillant en MECS. &lt;i&gt;Il est vrai que la population que nous accueillons rencontre des difficult&#233;s psychologiques de plus en plus importantes, ce qui nous am&#232;ne &#224; travailler davantage avec la p&#233;dopsychiatrie et le m&#233;dico-social. Mais ces relais sont souvent longs &#224; mettre en place et nous devons alors trouver des solutions transitoires en interne. Pour autant, je ne me sens pas davantage sous pression aujourd'hui. Du moment que nous respectons les obligations l&#233;gales, il y a peu de risques d'&#234;tre poursuivis en cas d'accident. Ce qui est plus difficile, c'est ce que &#231;a peut nous renvoyer sur le plan personnel. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour se prot&#233;ger, les formateurs conseillent aux cadres de tracer toutes les d&#233;marches par &#233;crit. &lt;i&gt;&#171; Quand il y a un refus de prise en charge dans un &#233;tablissement m&#233;dical, il faut que le directeur d'une MECS puisse justifier d'avoir fait cette d&#233;marche &#187;&lt;/i&gt;, souligne Christine Canuet. Il doit pouvoir d&#233;montrer qu'il a mis en place les moyens &#224; sa disposition pour aider le jeune en question. Il n'est pas responsable des fins de non-recevoir. &lt;i&gt;&#171; Le risque d'aller en prison quand on est directeur d'un &#233;tablissement est souvent brandi par les responsables eux-m&#234;mes, alors qu'en r&#233;alit&#233; il s'av&#232;re tr&#232;s faible. Actuellement, &#224; ma connaissance, il n'y a aucun directeur en prison pour des faits accidentels &#187;&lt;/i&gt;, conclut la juriste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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