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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Les incestes</title>
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		<dc:subject>Inceste</dc:subject>
		<dc:subject>1337</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Percer &#224; jour l'inceste &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192;ssimiler l'inceste &#224; une simple faute sexuelle c'est ne rien y comprendre, affirme Jean-Luc Viaux qui illustre sa clinique descriptive et explicative avec de nombreuses vignettes particuli&#232;rement r&#233;alistes. Ce crime plurimill&#233;naire solidement ancr&#233; dans nos inconscients individuels et collectifs rel&#232;ve d'une probl&#233;matique majeure de l'esp&#232;ce humaine. On sait que ce qui est v&#233;cu est terrible, mais on peine &#224; en d&#233;crypter les m&#233;canismes et significations. Restaurer le pensable, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1337-" rel="tag"&gt;1337&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L96xH150/arton10893-382c7.jpg?1693628422' width='96' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Percer &#224; jour l'inceste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192;ssimiler l'inceste &#224; une simple faute sexuelle c'est ne rien y comprendre, affirme Jean-Luc Viaux qui illustre sa clinique descriptive et explicative avec de nombreuses vignettes particuli&#232;rement r&#233;alistes. Ce crime plurimill&#233;naire solidement ancr&#233; dans nos inconscients individuels et collectifs rel&#232;ve d'une probl&#233;matique majeure de l'esp&#232;ce humaine. On sait que ce qui est v&#233;cu est terrible, mais on peine &#224; en d&#233;crypter les m&#233;canismes et significations. Restaurer le pensable, c'est dire vrai. Nul ne commet l'inceste par hasard ou pour assouvir une pulsion. La recherche du plaisir est en plus, la frustration est un alibi. Cette violence n'est pas le seul produit d'un homme-sympt&#244;me-agissant dont il est illusoire de vouloir d&#233;crire le profil-type. C'est le r&#233;sultat de toute une configuration familiale qui constitue la v&#233;ritable sc&#232;ne de crime. L'inceste ne se produit pas, mais se reproduit de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration. C'est un crime sp&#233;cifique contre l'identit&#233; et l'humanisation, d&#233;sidentifiant le sujet et le d&#233;sarrimant de lui-m&#234;me. Ce qui se trame derri&#232;re cette transgression, c'est, avant tout, la confusion des places, l'atteinte &#224; la g&#233;n&#233;alogie et &#224; l'histoire d'une lign&#233;e. L'inceste n'&#233;tant pas une pathologie, il ne se soigne pas. Ce ne sont pas non plus les enfants incest&#233;s &#224; qui il faut apporter des soins. C'est bien le psychisme familial qu'il faut faire retravailler pour qu'il r&#233;int&#232;gre la langue de l'interdit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Tr&#233;mintin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. &#233;r&#232;s, 2022, (267 p. - 25 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le berceau des dominations</title>
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		<dc:subject>Sociologie</dc:subject>
		<dc:subject>Inceste</dc:subject>
		<dc:subject>1337</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un marqueur du patriarcat &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment comprendre le paradoxe d'un inceste bien trop courant, alors m&#234;me qu'il est interdit, sans se poser la question de son r&#244;le structurant pour l'ordre social et d'outil primal de la domination de genre et de classe ? Avant de r&#233;pondre &#224; cette question troublante, l'auteure a interrog&#233; un panel de vingt-deux d&#233;tenus condamn&#233;s pour ce crime. Consciente de la faiblesse de cet &#233;chantillon, elle n'en tire pas moins un certain nombre de constats. L'incesteur n'est pas une (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1337-" rel="tag"&gt;1337&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L92xH150/arton10894-0a9d8.jpg?1693628422' width='92' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un marqueur du patriarcat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment comprendre le paradoxe d'un inceste bien trop courant, alors m&#234;me qu'il est interdit, sans se poser la question de son r&#244;le structurant pour l'ordre social et d'outil primal de la domination de genre et de classe ? Avant de r&#233;pondre &#224; cette question troublante, l'auteure a interrog&#233; un panel de vingt-deux d&#233;tenus condamn&#233;s pour ce crime. Consciente de la faiblesse de cet &#233;chantillon, elle n'en tire pas moins un certain nombre de constats. L'incesteur n'est pas une personne d&#233;viante. Aucun profil-type n'est possible. Sa famille est comme les autres. Les femmes peuvent y participer, elles aussi. Tout comme les a&#238;n&#233;s de la fratrie. La repr&#233;sentation simpliste du p&#233;dophile sadique et violent est battue en br&#232;che : 80&#8239;% des agressions sexuelles sur des enfants sont commises par des familiers. Ce sont des hommes ordinaires trouvant l&#233;gitimes que leurs enfants soient &#224; leur disposition. &#192; cet effet, la virginit&#233; leur semble essentielle, la nubilit&#233; octroyant un devoir de disponibilit&#233;. L'incest&#233; est habitu&#233; &#224; ob&#233;ir &#224; son agresseur qu'il aime et &#224; qui il cherche &#224; faire plaisir. L'incesteur n'a pas besoin de lui intimer le silence. Sa victime se tait d'elle-m&#234;me, ce qu'il interpr&#232;te comme la preuve de sa collaboration. C'est d'ailleurs l&#224; une strat&#233;gie constante que d'attribuer &#224; l'enfant un libre-arbitre et donc de lui faire porter la responsabilit&#233; de ce qu'il subit. Si 30&#8239;% des agresseurs ont &#233;t&#233; agress&#233;s eux-m&#234;mes dans leur enfance, tous les incest&#233;s ne deviennent pas des incesteurs. Quand l'enfant a tent&#233; de dire ce qu'il avait subi, sans succ&#232;s, il s'enferme dans le silence. La bonne conduite n'est pas de s'abstenir d'incester mais de ne pas en parler. Les femmes qui r&#233;v&#232;lent plus tard sont jug&#233;es perturb&#233;es, mythomanes, aigries, influenc&#233;es, manipul&#233;es. Toute famille pr&#233;f&#232;re compter parmi ses membres une menteuse compulsive qu'un incesteur. La r&#233;v&#233;lation d'une agression p&#233;dophile entra&#238;ne l'opprobre contre l'agresseur et la sympathie envers la victime. Il n'en va pas de m&#234;me avec l'inceste. Quand l'auteur est condamn&#233;, son temps d'emprisonnement est assimil&#233; &#224; une absence pour d&#233;m&#233;nagement, sa place &#233;tant gard&#233;e pour son retour. R&#233;duire l'inceste &#224; un probl&#232;me pathologique permet d'esquiver la question politique qu'il pose : l'ordre social l'admet comme symbole de pouvoir et de puissance, mais interdit qu'on en parle. En affirmant qu'il ne doit pas avoir lieu, il d&#233;cr&#232;te que son existence est forc&#233;ment isol&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Tr&#233;mintin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. Pocket, 2021, (401 p. &#8211; 9 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'interdit de l'inceste &#224; travers les si&#232;cles</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-interdit-de-l-inceste-a-travers-les-siecles</link>
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		<dc:subject>Sociologie</dc:subject>
		<dc:subject>Inceste</dc:subject>
		<dc:subject>1337</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Universalit&#233; ou sp&#233;cificit&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'interdiction de l'inceste d&#233;signe le refus des relations sexuelles entre des personnes semblables, ayant en commun des composantes de leur &#234;tre soit physique (le sperme, le sang, le lait ou la chair), soit immat&#233;riel (l'&#226;me ou le nom). Excluant toute permissivit&#233; sexuelle, elle fixe la substance dont le partage n'est pas accept&#233;, fondant ainsi l'appartenance &#224; une communaut&#233;. Autant dire que cette prohibition pour universelle qu'elle soit rev&#234;t des formes &#224; chaque fois (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Inceste" rel="tag"&gt;Inceste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1337-" rel="tag"&gt;1337&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L103xH150/arton10895-2bbb1.jpg?1693628422' width='103' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Universalit&#233; ou sp&#233;cificit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interdiction de l'inceste d&#233;signe le refus des relations sexuelles entre des personnes semblables, ayant en commun des composantes de leur &#234;tre soit physique (le sperme, le sang, le lait ou la chair), soit immat&#233;riel (l'&#226;me ou le nom). Excluant toute permissivit&#233; sexuelle, elle fixe la substance dont le partage n'est pas accept&#233;, fondant ainsi l'appartenance &#224; une communaut&#233;. Autant dire que cette prohibition pour universelle qu'elle soit rev&#234;t des formes &#224; chaque fois diff&#233;rentes, propres au syst&#232;me de croyance collective forg&#233;e d'une mani&#232;re &#224; chaque fois sp&#233;cifique. Cette prohibition rel&#232;ve &#224; la fois d'une proscription (pr&#233;cisant ce qui n'est pas permis) et d'une prescription (s'allier &#224; d'autres pour continuer &#224; exister). Nulle part, les rapports entre un homme et une femme ne sont consid&#233;r&#233;s comme suffisants pour fabriquer un enfant. Partout, la parent&#233; sociale est distingu&#233;e de la parent&#233; biologique et les principes de descendances rel&#232;vent de constructions culturelles. &#192; l'image de ces soci&#233;t&#233;s ne consid&#233;rant pas le sperme comme ayant un r&#244;le quelconque dans la procr&#233;ation, niant donc au g&#233;niteur toute fonction et ne consid&#233;rant pas en cons&#233;quence ses rapports sexuels avec sa fille comme incestueux. Dans d'autres cultures, tous les fr&#232;res du p&#232;re sont consid&#233;r&#233;s comme des p&#232;res, toutes les s&#339;urs de la m&#232;re comme des m&#232;res et tous les cousins/cousines comme des fr&#232;res et s&#339;urs, interdisant d&#232;s lors toute relation procr&#233;ative avec les membres de cette parent&#233; &#233;largie. &#192; Bali les jumeaux sont consid&#233;r&#233;s comme divins chez les nobles et incestueux dans une famille ordinaire. Le social devient parental qui &#224; son tour, devient sexuel, sexualit&#233; qui est alors mise au service de la production de la soci&#233;t&#233;. Et chacune de ces repr&#233;sentations est consid&#233;r&#233;e comme naturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jacques Tr&#233;mintin&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;CNRS &#233;ditions, 2021, (121 p. &#8211; 15 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'inceste : cris et chuchotements</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-inceste-cris-et-chuchotements</link>
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		<dc:subject>Psychologie</dc:subject>
		<dc:subject>Inceste</dc:subject>
		<dc:subject>1337</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelque chose a &#233;t&#233; tu&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis si longtemps, le silence et la censure l'ont enferm&#233; dans l'indicible. Le tabou ancestral de l'inceste a fini par se d&#233;voiler. L'occasion pour l'auteur de nous proposer de penser sur l'impensable de cet acte qui d&#233;truit tout sur son passage, ne laissant derri&#232;re lui qu'un champ de ruine, la victime restant fig&#233;e dans l'immobilit&#233;, clou&#233;e dans un mouvement destructeur et ins&#233;curisant. Agress&#233;e par un adulte cens&#233; le prot&#233;ger et le soigner, la confusion entre sa qu&#234;te de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1337-" rel="tag"&gt;1337&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L95xH150/arton10896-5a2cd.jpg?1693628422' width='95' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelque chose a &#233;t&#233; tu&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis si longtemps, le silence et la censure l'ont enferm&#233; dans l'indicible. Le tabou ancestral de l'inceste a fini par se d&#233;voiler. L'occasion pour l'auteur de nous proposer de penser sur l'impensable de cet acte qui d&#233;truit tout sur son passage, ne laissant derri&#232;re lui qu'un champ de ruine, la victime restant fig&#233;e dans l'immobilit&#233;, clou&#233;e dans un mouvement destructeur et ins&#233;curisant. Agress&#233;e par un adulte cens&#233; le prot&#233;ger et le soigner, la confusion entre sa qu&#234;te de tendresse et les actes qui lui sont impos&#233;s la plonge dans une confusion permanente : son immaturit&#233; psychosexuelle la rend incapable de comprendre ce qui lui arrive. La famille incestueuse ne fonctionne pas comme un groupe de personnes uniques et singuli&#232;res vivant sous le m&#234;me toit, mais comme un magma compact o&#249; tout colle avec tout et o&#249; chacun devient un morceau de l'ensemble. &#192; la confusion des sentiments s'ajoutent celles des personnes, des g&#233;n&#233;rations et de la g&#233;n&#233;alogie. Le sentiment de honte et de culpabilit&#233; qui submerge l'enfant le condamne &#224; se terrer et &#224; se taire, &#224; s'enfermer et &#224; s'isoler, au point d'en venir &#224; se convaincre parfois qu'il pourrait &#234;tre &#224; l'origine de la situation. Puis s'instaure le d&#233;ni qui fonctionne comme un m&#233;canisme de d&#233;fense inconscient, protection n&#233;cessaire et imp&#233;rative face &#224; une r&#233;alit&#233; tellement violente qui, si elle &#233;tait admise, provoquerait un effondrement psychique. Cette incestitude (inceste et incertitude) constitue une intenable tension entre le rejet des perceptions et l'insoutenable r&#233;alit&#233; des sc&#232;nes qui s'imposent &#224; la m&#233;moire. La lev&#233;e du secret et la r&#233;v&#233;lation viennent placer en perspective le chaos qui r&#232;gne derri&#232;re l'ordre apparent. Elle ouvre &#224; une possible r&#233;silience &#224; condition que la victime, au vu de son histoire de vie, d&#233;passe la l&#233;gitime m&#233;fiance de pouvoir compter sur les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Tr&#233;mintin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;d. l'Harmattan, 2022, (138 p. &#8211; 15,50 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>CIN&#201;MA &#8226; Rivages hallucinatoires</title>
		<link>https://www.lien-social.com/CINEMA-o-Rivages-hallucinatoires</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/CINEMA-o-Rivages-hallucinatoires</guid>
		<dc:date>2023-04-10T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>1337</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Contention, avant camisole chimique. Tout ici est blanc : les murs, les draps, la lumi&#232;re, les blouses. La fureur aussi, aveuglante, la folie. &#171; Vous savez que j'ai rien fait de mal ! &#187;, implore un jeune homme en crise, maintenu par quatre soignants. Diagnostiqu&#233; schizophr&#232;ne au sortir de l'adolescence, Sami a altern&#233; s&#233;jours en centre ferm&#233;, tentatives d'autonomie, rechutes et fugues. Intern&#233; dans un h&#244;pital psychiatrique de Franche-Comt&#233;, il apprend par sa petite s&#339;ur et sa m&#232;re que Ga&#239;a, leur cheval, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/OEil-et-oreille" rel="directory"&gt;&#338;il et oreille&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Psychiatrie" rel="tag"&gt;Psychiatrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1337-" rel="tag"&gt;1337&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_6745 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH264/sami_photo_1-dc2fd.jpg?1693468108' width='500' height='264' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
Contention, avant camisole chimique. Tout ici est blanc : les murs, les draps, la lumi&#232;re, les blouses. La fureur aussi, aveuglante, la folie. &lt;i&gt;&#171; Vous savez que j'ai rien fait de mal ! &#187;&lt;/i&gt;, implore un jeune homme en crise, maintenu par quatre soignants. Diagnostiqu&#233; schizophr&#232;ne au sortir de l'adolescence, Sami a altern&#233; s&#233;jours en centre ferm&#233;, tentatives d'autonomie, rechutes et fugues. Intern&#233; dans un h&#244;pital psychiatrique de Franche-Comt&#233;, il apprend par sa petite s&#339;ur et sa m&#232;re que Ga&#239;a, leur cheval, est mort. D&#233;tresse absolue du jeune homme. Qui, calmement, fait le mur.
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_6746 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH264/sami_photo_2-7619a.jpg?1693468108' width='500' height='264' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
Empreinte de po&#233;sie, sa fugue ouvre une br&#232;che - br&#232;ve car vite interrompue, mais enchanteresse et onirique - dans le r&#233;el. Une &#233;pop&#233;e nocturne au go&#251;t d'ivresse : empruntant avec douceur un cheval dans un haras voisin, il parcourt la campagne, libre dans les collines, rencontre au petit matin John qui part au boulot : ce sera l'occasion d'un bel &#233;change humain, sans suspicion d'aucune sorte. Tout cela fait un bien fou. Les choses se g&#226;teront naturellement lorsque Sami d&#233;barque dans l'&#233;cole de sa petite s&#339;ur ch&#233;rie, affolant le monde &lt;i&gt;&#171; normal &#187;&lt;/i&gt; et vite ma&#238;tris&#233; par gendarmes et infirmiers. Peut-&#234;tre, l'espace de quelques instants, la peur a-t-elle chang&#233; de camp ?
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_6747 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH264/sami_photo_3-9ad52.jpg?1693468108' width='500' height='264' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_6749 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH264/sami_photo_5-e8826.jpg?1693468108' width='500' height='264' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;i&gt;&#171; On cherchait &#224; &#233;pouser le point de vue du fou &#187;&lt;/i&gt;, admet le r&#233;alisateur, qui a voulu saisir &lt;i&gt;&#171; le regard absent au monde, exalt&#233;, inquiet &#187;&lt;/i&gt; du jeune homme fragile. Dans cet instantan&#233; de vie, le cin&#233;aste, observateur du bord de la folie, ne parle que d'humanit&#233;. Comment faire avec la stigmatisation ? Pourra-t-on un jour renverser les a priori sur la maladie psychique ? semblent questionner chacun des plans. Et lors d'une mise en mots de la transgression, une psychiatre de la clinique posera la question : &lt;i&gt;&#171; C'est les autres, alors, qu'il faut gu&#233;rir ? &#187;&lt;/i&gt;. Et Sami acquiescera.
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_6748 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH264/sami_photo_4-a2ed6.jpg?1693468108' width='500' height='264' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt; &lt;span class='spip_document_6744 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L250xH313/sami_affiche_-6543b.jpg?1693468108' width='250' height='313' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sami la fugue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un film de Vincent Tricon. 25 mn.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
Avec Idir Azougli (Sami), Eva Aldrin Sebregondi (Sonia), G&#233;raldine Pochon (la m&#232;re) et les patients et soignants du p&#244;le de psychiatrie Grandvalier du Haut-Doubs.
&lt;HR&gt;
Disponible en VOD sur Universcin&#233; (1 &#8364; 49 &#224; la location, 2 &#8364; 99 &#224; l'achat) et diffus&#233; de temps en temps sur France 2.&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>CIN&#201;MA &#8226; L'heure est venue </title>
		<link>https://www.lien-social.com/CINEMA-o-L-heure-est-venue</link>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Organisation</dc:subject>
		<dc:subject>1337</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ici, dans le Jura suisse de cette fin de 19 &#232;me si&#232;cle, tout semble calme, en ordre. Les nombreuses horlogeries fabriquent sans rel&#226;che leurs m&#233;canismes, dont la finesse est repr&#233;sent&#233;e par le c&#339;ur m&#233;canique de la montre, le balancier, minutieusement fabriqu&#233; par de jeunes ouvri&#232;res. Quoique&#8230; Pour rester comp&#233;titifs, les dirigeants commencent &#224; r&#233;organiser travail, temps, salaires. Un mouvement local d'horlogers anarchistes &#233;merge, remettant en question la mani&#232;re d'organiser la production et s'opposant (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1337-" rel="tag"&gt;1337&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_6755 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH282/de_sordres_photo_5-79d04.png?1693628422' width='500' height='282' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
Ici, dans le Jura suisse de cette fin de 19 &#232;me si&#232;cle, tout semble calme, en ordre. Les nombreuses horlogeries fabriquent sans rel&#226;che leurs m&#233;canismes, dont la finesse est repr&#233;sent&#233;e par le c&#339;ur m&#233;canique de la montre, le balancier, minutieusement fabriqu&#233; par de jeunes ouvri&#232;res. Quoique&#8230; Pour rester comp&#233;titifs, les dirigeants commencent &#224; r&#233;organiser travail, temps, salaires. Un mouvement local d'horlogers anarchistes &#233;merge, remettant en question la mani&#232;re d'organiser la production et s'opposant au nationalisme grandissant. Alors naissent des mouvements de solidarit&#233;, des caisses de gr&#232;ve&#8230;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_6751 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH282/de_sordres_photo_1-f7ca3.jpg?1693628422' width='500' height='282' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
Car ici, tout est temps. Les horloges murales remises &#224; l'heure, les cadences ouvri&#232;res, le rappel des clochers, les consignes - &lt;i&gt;&#171; soyez bref : nos minutes sont aussi pr&#233;cieuses que les v&#244;tres &#187;&lt;/i&gt; -, les quatre (!) heures qui r&#233;gissent la ville (municipale, locale, celle de la fabrique, celle de l'&#233;glise), les chronom&#233;trages et r&#233;glages incessants&#8230; Dans une atmosph&#232;re feutr&#233;e, une rencontre &#233;tonnante se fait : celle de l'horlogerie suisse, imposante industrie produisant la majorit&#233; des montres dans le monde, symbole d'ordre, avec un courant d'id&#233;es r&#233;volutionnaire anti-autoritaire. Ou comment l'anarchisme, l'ind&#233;pendance de pens&#233;e et d'expression, s'installent progressivement dans un univers de blouses grises et blanches, parfois kafka&#239;en, r&#233;gl&#233; au millim&#232;tre.
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_6752 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH282/de_sordres_photo_2-17f61.jpg?1693628422' width='500' height='282' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_6754 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH282/de_sordres_photo_4-bba3d.png?1693628423' width='500' height='282' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;Des mod&#232;les sont revendiqu&#233;s - la Commune de Paris, Louise Michel&#8230; - et la jeune ouvri&#232;re, Jos&#233;phine, rencontrera le th&#233;oricien anarchiste Kropotkine, alors cartographe russe fra&#238;chement d&#233;barqu&#233; dans la r&#233;gion. Ils seront mutuellement attir&#233;s par leurs comp&#233;tences, sur fond de grands bouleversements technologiques et politiques, ils &#339;uvreront &#224; la transformation de l'ordre social. Deux chants se font entendre, l'hymne national suisse, et une chanson anar, &lt;i&gt;&#171; L'ouvrier n'a pas de patrie &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une puissante histoire d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_6753 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH282/de_sordres_photo_3-a272b.jpg?1693628423' width='500' height='282' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;HR&gt; &lt;span class='spip_document_6750 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L250xH340/de_sordres_affiche-34b47.jpg?1693628423' width='250' height='340' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;sordres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un film de Cyril Scha&#776;ublin. 93 minutes. Avec Clara Gostynski (Jos&#233;phine Gr&#228;bli), Alexei Evstratov (Pierre Kropotkine).&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
Sortie 12 avril.&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le prix &#224; payer</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Le-prix-a-payer</link>
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		<dc:date>2023-04-10T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Protection de l'enfance</dc:subject>
		<dc:subject>Inceste</dc:subject>
		<dc:subject>1337</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Y a-t-il un pilote dans l'avion ? Telle pourrait &#234;tre la question &#224; la fin de la lecture de cette troublante immersion dans une audience en protection de l'enfance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le bureau du juge des enfants, je regarde &#201;milie. L'enfant, sur le sol, assise en tailleur, joue avec des figurines en plastique qu'elle semble avoir sp&#233;cialement amen&#233;es pour l'occasion. Elle ne l&#232;ve pas la t&#234;te et donne l'impression de vouloir dispara&#238;tre. Derri&#232;re elle, sur des chaises, son p&#232;re, sa m&#232;re. En face, derri&#232;re son (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Echos-du-terrain" rel="directory"&gt;&#201;chos du terrain (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Inceste" rel="tag"&gt;Inceste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1337-" rel="tag"&gt;1337&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Y a-t-il un pilote dans l'avion ? Telle pourrait &#234;tre la question &#224; la fin de la lecture de cette troublante immersion dans une audience en protection de l'enfance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le bureau du juge des enfants, je regarde &#201;milie. L'enfant, sur le sol, assise en tailleur, joue avec des figurines en plastique qu'elle semble avoir sp&#233;cialement amen&#233;es pour l'occasion. Elle ne l&#232;ve pas la t&#234;te et donne l'impression de vouloir dispara&#238;tre. Derri&#232;re elle, sur des chaises, son p&#232;re, sa m&#232;re. En face, derri&#232;re son bureau, le juge des enfants. En ce jour d'audience, je ne suis pas tr&#232;s &#224; l'aise. J'ai beau &#234;tre l'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; actuellement nomm&#233; pour cette situation, je ne connais pas suffisamment la famille pour aborder l'audience avec toute la s&#233;r&#233;nit&#233; et &lt;span class='spip_document_6803 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L270xH149/capture_d_e_cran_2023-04-06_a_09.02.46-fb4a5.png?1693476212' width='270' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;l'assurance que me demande cet exercice solennel. C'est la premi&#232;re fois que je rencontre &#201;milie et son p&#232;re et je ne me suis jamais entretenu ne serait-ce qu'au t&#233;l&#233;phone avec ce dernier. D'habitude, j'appr&#233;cie de pouvoir exposer aux familles ce que j'ai l'intention de d&#233;clarer au cours de l'audience &#224; venir. Mais l&#224;, l'audience est arriv&#233;e trop vite. Ma cheffe de service vient &#224; peine de me refiler le dossier afin de palier &#224; l'absence maladie d'une de mes coll&#232;gues qui intervenait depuis bient&#244;t trois ans aupr&#232;s de cette famille. Je risque de passer pour un guignol. Renvoyer l'image de l'&#233;ducateur qui ne sait rien du dossier et qui va devoir blablater. Cela dit je ne suis pas le premier et certainement pas le dernier &#224; me retrouver dans cette situation. Et puis, je ne sais pas rien non plus. J'ai en poche quelques &#233;l&#233;ments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#233;cit de la m&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;j&#224; eu la m&#232;re au t&#233;l&#233;phone. Elle m'a appel&#233; quinze jours auparavant pour me faire part de difficult&#233;s qu'elle rencontrait avec sa fille. &#201;milie ne souhaitait pas se rendre chez son p&#232;re pour les vacances &lt;i&gt;&#171; d'ailleurs elle ne veut plus y aller du tout &#187;&lt;/i&gt; d&#233;clarait la m&#232;re au t&#233;l&#233;phone. Elle ne cessait de r&#233;p&#233;ter en boucle qu'elle &#233;tait d&#233;pass&#233;e par le comportement de sa fille, qu'elle ne savait plus quoi faire, que le p&#232;re avait des droits et puis &lt;i&gt;&#171; C'est son p&#232;re quand m&#234;me ! &#187;&lt;/i&gt; &#224; l'autre bout du fil, j'&#233;tais quelque peu d&#233;sempar&#233;. Je n'avais m&#234;me pas eu le temps de prendre connaissance du dossier que d&#233;j&#224; la m&#232;re me contactait. Ainsi, tout en &#233;coutant Madame Dumas, je m'&#233;tais pench&#233; sur le dernier jugement &lt;i&gt;&#171; &#8230; une premi&#232;re mesure d'assistance &#233;ducative a &#233;t&#233; instaur&#233;e le 10 f&#233;vrier 2019 dans un contexte de crise familiale aigu&#235; puisqu'&#201;milie s'&#233;tait d&#233;clar&#233;e victime d'agressions sexuelles de la part de son p&#232;re avant de se r&#233;tracter devant le juge des enfants l'enqu&#234;te p&#233;nale ayant &#233;t&#233; class&#233;e sans suite&#8230; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Monsieur je vous assure. Il fut un temps, &#201;milie se roulait par terre et hurlait au moment de partir avec son p&#232;re. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Madame Dumas, j'ai sous les yeux le dernier jugement dans lequel est mentionn&#233; qu'&#201;milie s'est d&#233;clar&#233;e victime d'agressions sexuelles de la part de son p&#232;re et ce, il y a maintenant plus de trois ans. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Euh, oui, mais, heu, bon&#8230; j'en ai parl&#233; avec votre coll&#232;gue, Madame Bourbonnille. Nous en avons m&#234;me parl&#233; d&#232;s notre premi&#232;re rencontre et elle m'a dit que ce n'&#233;tait pas la peine de revenir l&#224;-dessus dans la mesure o&#249; l'enqu&#234;te p&#233;nale n'avait rien donn&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais que l'on ne peut pas grand-chose face aux conclusions d'une enqu&#234;te p&#233;nale et qu'il ne reste plus qu'&#224; s'incliner. Cependant, je m'&#233;tais dit que Marjorie Bourbonnille &#233;tait peut-&#234;tre all&#233; un petit peu vite en besogne.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Madame Dumas, je sais que l'affaire a &#233;t&#233; class&#233;e. Mais si ce qu'&#201;milie a dit est vrai, elle a de bonnes raisons de ne pas vouloir aller chez son p&#232;re, vous ne croyez pas ? &#187;&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Oui mais cela ne se serait produit qu'une seule fois et encore ce n'est pas s&#251;r et puis le probl&#232;me de mon ex-mari c'est qu'il est manipulateur, c'est vrai, et parfois agressif, mais je ne pense pas que cela soit d'ordre sexuel. Et puis, comment je fais ? Je vous le r&#233;p&#232;te. Le p&#232;re a des droits. Je dois lui remettre la petite. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Effectivement suite au divorce, le juge aux affaires familiales avait octroy&#233; des droits de visite classiques au p&#232;re - un week-end sur deux, la moiti&#233; des vacances scolaires - et de son c&#244;t&#233;, face au conflit persistant malgr&#233; la s&#233;paration et les relations tendues entre &#201;milie et son p&#232;re, le juge des enfants avait stipul&#233; dans son jugement &lt;i&gt;&#171; il convient de travailler au r&#233;tablissement du lien p&#232;re/fille&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Oui, je vois madame. J'ai le jugement sous les yeux. Le p&#232;re a des droits. Mais finalement, quel cr&#233;dit accordez-vous &#224; la parole de votre fille ? Il n'y a que vous qui pouvez savoir si votre fille a besoin d'&#234;tre prot&#233;g&#233;e de son p&#232;re. Si c'est le cas il n'y a que vous qui puissiez vraiment la prot&#233;ger et pour cela acc&#233;der &#224; sa demande : Ne pas la donner &#224; son p&#232;re. Bref vous mettre hors-la-loi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le silence &#224; l'autre bout du fil m'avait laiss&#233; le temps de r&#233;aliser ce que je venais de dire : se mettre hors-la-loi afin que la loi, l'unique loi, soit respect&#233;e. Diable ! ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Madame Dumas avait repris la parole &lt;i&gt;&#171; Bon &#233;coutez, j'ai pass&#233; douze ans avec cet homme. Si quelque chose avait eu lieu entre mon ex-mari et ma fille je m'en serais rendu compte non ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;cision judiciaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bureau du juge, &#201;milie courbe un peu plus les &#233;paules comme pour y enfouir sa t&#234;te. Le juge, comme &#224; son habitude, me donne la parole. Je regarde &#224; nouveau &#201;milie. Je ne peux que me d&#233;soler de voir cette enfant chercher &#224; dispara&#238;tre dans un lieu qui en principe devrait lui permettre d'exister. J'ai effectivement avec moi peu d'&#233;l&#233;ments mais je ne vais pas blablater. Je commence par expliquer que je ne connais pas bien la situation, puis expose le refus d'&#201;milie de se rendre chez son p&#232;re comme un probl&#232;me r&#233;current qu'il convient de mettre en lien avec les &lt;span class='spip_document_6802 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L365xH201/capture_d_e_cran_2023-04-06_a_09.03.02-49356.png?1693476212' width='365' height='201' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; accusations d'agressions sexuelles qu'elle a pu &#233;noncer &#224; l'encontre de celui-ci. Le p&#232;re reste silencieux et Madame Dumas reprend la parole. Elle commence par s'&#233;tonner que le sujet soit &#224; nouveau remis sur la table et s'empresse de d&#233;clarer que la relation s'est apais&#233;e avec son ex-mari et que tout va bien maintenant avec sa fille, qu'elles se parlent, qu'elles ont d&#233;velopp&#233; une bonne relation de confiance et pour ent&#233;riner ses propos et obtenir l'approbation de l'audience elle apostrophe sa fille &lt;i&gt;&#171; Pas vrai &#201;milie que nous nous parlons toutes les deux ? Hein, pas vrai ? &#187;&lt;/i&gt; L'enfant sort l&#233;g&#232;rement la t&#234;te des &#233;paules, acquiesce d'un l&#233;ger hochement puis retourne &#224; ses figurines. Si elle le pouvait, elle se cacherait sous le bureau du juge.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la fin de l'audience, la mesure d'assistance &#233;ducative est renouvel&#233;e sans que ne soit mentionn&#233; les &#171; agressions sexuelles &#187; dans le jugement et sans que le juge des enfants n'ait donn&#233; la parole &#224; l'enfant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Madame Dumas a pass&#233; douze ans avec le p&#232;re de sa fille et il est effectivement pr&#233;f&#233;rable qu'il ne se soit rien pass&#233;. C'est mieux comme &#231;a.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une dizaine de jours apr&#232;s l'audience, je re&#231;ois un coup de fil de Madame Dumas. Elle me sollicite pour une aide financi&#232;re d'urgence. Entre-temps, j'ai appris que Marjorie Bourbonnille va reprendre le travail et donc, r&#233;cup&#233;rer le dossier. Je fais le n&#233;cessaire pour que Madame Dumas obtienne le maximum : 92 euros.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, &#224; neuf ans, &#201;milie hurle toujours et se tra&#238;ne par terre lorsqu'il s'agit de se rendre chez son p&#232;re. La derni&#232;re fois, tandis que son p&#232;re la tirait, sa m&#232;re la poussait. Mais, quelque chose a chang&#233;. Maintenant, &#201;milie se l&#232;ve la nuit pour regarder du porno.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne peux m'emp&#234;cher de penser qu'une d&#233;cision de justice reste une d&#233;cision de justice et non une v&#233;rit&#233; absolue n'offrant que la possibilit&#233; de l'impasse du silence. Ainsi, je me demande ce que vaut la parole d'&#201;milie face &#224; une d&#233;cision de justice ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D'une forme de sagesse</title>
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		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>1337</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Regard sur l'&#339;uvre de Thanouvone thi-hack Baldine, peintre et sculpteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis les ann&#233;es 1990, Thanouvone thi-hack Baldine * a pour sujet le th&#232;me de l'enfermement. Enfermement social, enfermement en soi. Cette distanciation, cette rupture avec les autres, cet homme la conna&#238;t comme tout le monde. Chacun en fait l'exp&#233;rience dans sa vie, &#224; des degr&#233;s divers. Ce qui est moins commun est que Thanouvone l'a approch&#233;e dans son paroxysme, en tant que travailleur social dans le domaine (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Espace-du-lecteur" rel="directory"&gt;Espace du lecteur (acc&#232;s libre) &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Culture-193" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1337-" rel="tag"&gt;1337&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Regard sur l'&#339;uvre de Thanouvone thi-hack Baldine, peintre et sculpteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_6763 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH266/capture_d_e_cran_2023-03-29_a_09.56.58-8aa92.png?1693476706' width='500' height='266' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1990, Thanouvone thi-hack Baldine * a pour sujet le th&#232;me de l'enfermement. Enfermement social, enfermement en soi. Cette distanciation, cette rupture avec les autres, cet homme la conna&#238;t comme tout le monde. Chacun en fait l'exp&#233;rience dans sa vie, &#224; des degr&#233;s divers. Ce qui est moins commun est que Thanouvone l'a approch&#233;e dans son paroxysme, en tant que travailleur social dans le domaine psychiatrique/antipsychiatrique, en assistant des handicap&#233;s psychiques et mentaux, des autistes, cette partie de nos semblables que le Moyen &#194;ge consid&#233;rait comme des fous, et la folie comme une manifestation du diable. L'h&#233;r&#233;sie, ne r&#233;side-t-elle pas, aujourd'hui, dans notre volont&#233; de museler &#224; tout prix ce qui diff&#232;re de l'ordinaire, de la normalit&#233; ? Dans ses premiers travaux sur toile ou papier, Thanouvone a voulu sugg&#233;rer cette folie de contenir la folie par la camisole chimique. De neuroleptiques, d'anxiolytiques, il a fait des essences rares, des fluides appliqu&#233;s sur des toiles, des papiers, des collages. Il a dessin&#233;, aussi, les visages de ses semblables dissemblables. Peut-&#234;tre que le d&#233;racinement que Thanouvone a v&#233;cu en tant que fils de r&#233;fugi&#233; laotien apr&#232;s le coup d'&#201;tat de 1975 n'est pas &#233;tranger &#224; son empathie.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;span class='spip_document_6756 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L250xH220/capture_d_e_cran_2023-03-27_a_10.37.29-60550.png?1693476706' width='250' height='220' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Travailler et transformer en mati&#232;res po&#233;tiques des substances aussi codifi&#233;es que les psychotropes rel&#232;vent de l'alchimie moderne. Nous quittons le domaine de la science m&#233;dicale pour rejoindre les m&#233;andres de l'inconscient et de l'affect. Mais quelle serait la qu&#234;te philosophale ? Prolonger la vie humaine, changer le plomb en or ? Si le pouvoir des images est certain, la gu&#233;rison r&#233;side surtout &#224; l'int&#233;rieur de nous-m&#234;mes. Thanouvone ne s'adresse pas aux initi&#233;s. Ses &#339;uvres sont donn&#233;es &#224; tous, soignants comme soign&#233;s. Ne sommes-nous pas tous des malades et des morts en puissance, suivant le principe que tout vivant est en sursis face &#224; l'in&#233;vitable ? L'humain devrait, donc, cultiver l'humilit&#233; et la sagesse, s'unir plut&#244;t que se diviser, se r&#233;unir pour affronter la dualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la sculpture&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout cela, il est toujours question dans les sculptures de l'artiste, au travers d'une pratique qu'il d&#233;veloppe depuis une trentaine d'ann&#233;es. Ses &#339;uvres sont rares et pr&#233;cieuses. Elles d&#233;livrent toujours un message attach&#233; &#224; l'holistique, ce d&#233;passement de l'individualit&#233; pour penser l'ensemble. Son mat&#233;riau de pr&#233;dilection ? La brique, faite de cette terre argileuse dont la mythologie a dit l'homme fa&#231;onn&#233;. C'est une mati&#232;re organique, chaude, qui invite au calme, famili&#232;re et m&#234;me ordinaire, &#224; la belle couleur rouge-orang&#233;e. N&#233;e de l'association des quatre &#233;l&#233;ments, la brique est aussi le symbole du b&#226;tisseur. Ce n'est pas pour rien, d'ailleurs, que Thanouvone cite parfois le peintre et sculpteur Per Kirkerby parmi les artistes qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; dans l'usage de ce mat&#233;riau. Kirkerby cr&#233;e, avec la brique, des sculptures architectures qui invitent au passage. Ce th&#232;me, que Thanouvone consid&#232;re lui aussi comme fondateur dans son travail artistique, n'est-il pas une occasion de r&#233;fl&#233;chir sur la dualit&#233; ? Le mur, la paroi, le monument, la st&#232;le, le paravent, voire le miroir, sont autant d'&#233;crans que nous sommes invit&#233;s &#224; contourner, &#224; traverser, &#224; surmonter, &#224; accepter parfois dans leur frontalit&#233; souveraine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour appr&#233;hender la dualit&#233;, l'adversit&#233; peut-&#234;tre, rien n'est plus utile que la sagesse. Celle de Bouddha, peut-&#234;tre, qui, rappelons-le, est moins un dieu qu'un homme &#233;veill&#233;, ayant d&#233;pass&#233; la dualit&#233;. L'un des signes de sa haute spiritualit&#233; sont ses oreilles, aux lobes tr&#232;s allong&#233;s. Le motif du pavillon de l'oreille, cette conque qui ouvre vers l'&#233;coute et la compr&#233;hension, vers le sens, se retrouve dans plusieurs &#339;uvres de Thanouvone. On la trouve dans l'un des &#233;l&#233;ments des &lt;i&gt;Trois singes&lt;/i&gt; (2004), trois formes abstraites et organiques dont la &lt;i&gt;r&#233;union&lt;/i&gt; renvoie au mythe asiatique des Singes de la Sagesse. &#171; Tout voir, tout entendre et ne rien dire &#187;, nous dit l'artiste. Thanouvone transforme la maxime, et sugg&#232;re le silence qui brise le lien social et humain. Les &lt;i&gt;Oreilles de Bouddha&lt;/i&gt; est une &#339;uvre plus monumentale en brique, compos&#233;e de quatre &#233;l&#233;ments &#233;clat&#233;s mais indivisibles pour acc&#233;der &#224; leur signification holistique. Forme ferm&#233;e et ouverte, elle semble en m&#233;tamorphose dans le processus d'&#233;veil.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_6804 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH651/capture_d_e_cran_2023-04-06_a_08.56.40-68a02.png?1693476706' width='500' height='651' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
Thanouvone thi-hack Baldine
&lt;i&gt;&#8220;Hospice de Dunkerque &amp; plantes v&#233;n&#233;neuses&#8221;&lt;/i&gt;, 2001.
S&#233;rigraphies tir&#233;es sur Arche &amp; Rivoli, 12 num&#233;ros chaque.
E.n.s.b.a. Paris.&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230; &#224; la st&#232;le&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thanouvone travaille aussi une forme particuli&#232;re : la st&#232;le, qui nous envoie dans le paradigme du monument. L'&#339;uvre s'intitule &lt;i&gt;Hommage &#224; Cimabue&lt;/i&gt; (2002), monument comm&#233;moratif imaginaire &#233;lev&#233; &#224; un artiste de la pr&#233;-renaissance associ&#233; &#224; la th&#233;orie de la perspective occidentale. Aucun appareillage de ma&#231;onnerie ne relie les briques entre elles. Elles semblent naturellement unies. La st&#232;le comporte en relief sur sa face un motif appr&#233;ci&#233; de l'artiste : le croissant, r&#233;p&#233;t&#233; &#224; neuf reprises. L'arc incomplet est tout &#224; fait tourn&#233; vers la terre et ne ressemble donc en rien &#224; l'astre de la nuit. Pourtant, il est porteur d'un symbolisme qui ne lui est pas &#233;tranger : navire des &#226;mes, la lune dans sa pl&#233;nitude est le symbole de la v&#233;rit&#233; et de la tranquillit&#233;. &#192; l'envers, morcel&#233;e, elle incarne la croissance et la d&#233;croissance de la vie, rappelle le commencement et la fin. Nous retrouvons ce symbole dans la st&#232;le &lt;i&gt;Aux vieillards des Hospices&lt;/i&gt; (2002). Le croissant &#233;voque l'id&#233;e de cycle, mais aussi, une nouvelle fois, celle de dualit&#233;. Thanouvone nous renvoie toujours &#224; la condition humaine, &#224; son ambivalence malgr&#233; le d&#233;sir l'unit&#233;. Mais, au fait, pourquoi Cimabue ? Peut-&#234;tre pour la stylisation byzantine, la beaut&#233; mystique de ses &#339;uvres, rares. L'architecture, cet art majeur, avait un sens profond pour Cimabue, qui fr&#233;quentait d'ailleurs les alchimistes. S'il fut l'un des pr&#233;curseurs de la th&#233;orie de perspective &#224; la Renaissance, nous aurions tort de penser que la notion de plan, de profondeur, n'a int&#233;ress&#233; ni les artistes qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;, ni ceux appartenant &#224; d'autres cultures. La perspective unique n'existe pas, seuls s'opposent des syst&#232;mes de pens&#233;e et de vision qui construisent notre rapport au monde. Souvent, reconnaissons-le, notre vision du monde est &#233;triqu&#233;e. Nous sommes prisonniers de nos croyances, forg&#233;es par notre culture. Dans cette th&#233;matique ch&#232;re &#224; Thanouvone, celle de l'emprisonnement, il a dress&#233; des sculptures &#171; &lt;i&gt;Cages &#224; P.&lt;/i&gt; &#187; 2018, acier, comme autant de pi&#232;ges visuels. Ces formes cylindriques ouvertes, dont la hauteur d&#233;passe celle d'un homme, sont pos&#233;es &#224; m&#234;me le sol ou dress&#233;es verticalement. Elles ont une pr&#233;sence architecturale, et une profondeur qui laisse passer le regard. Est-ce pour mieux voir que nous sommes d'hypoth&#233;tiques femmes et hommes libres ? &#192; nous seuls de le d&#233;cider.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les plus r&#233;centes sculptures de Thanouvone se pr&#233;sentent sous le principe de l'installation (&lt;i&gt;Double passage&lt;/i&gt;, 2010). Des croissants de terre cuite colonisent des murs et des fen&#234;tres, comme autant de signes qui ne peuvent nous laisser indiff&#233;rents. De quoi sont-ils le souvenir ou la trace ? Le croissant appara&#238;t encore dans une autre installation &lt;i&gt;in situ&lt;/i&gt; en Bourgogne de 2015 &#224; 2019, grav&#233; ou peint sur le tronc des arbres, inscrit sur la pierre des murs comme un jeu de pistes. O&#249; nous conduit-il ? Vers les vestiges d'une civilisation perdue ? Le r&#234;ve d'une civilisation telle que celle que Thanouvone a quitt&#233;e ? Je pense &#224; l'antique civilisation laotienne, dont l'histoire fut travers&#233;e par l'hindouisme et le bouddhisme, et que la modernit&#233; a durement &#233;prouv&#233; au cours du violent XXe si&#232;cle. Le Laos est devenu une dictature, un &#233;tat unitaire pr&#233;tendument d&#233;mocratique. Cela Thanouvone ne peut l'ignorer, l'oublier. C'est aussi cette m&#233;moire dont il est question dans les &#339;uvres de l'artiste, anim&#233; ou arm&#233; d'une sage et v&#233;ritable conscience politique et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
*&lt;a href=&#034;https://www.thanou-thihack.fr/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;son site&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les blessures que l'on subit enfant ne cicatrisent jamais vraiment</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Les-blessures-que-l-on-subit-enfant-ne-cicatrisent-jamais-vraiment</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;seaux sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>1337</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Que les exp&#233;riences, positives comme n&#233;gatives, de l'enfance jouent un r&#244;le de premier ordre dans nos choix, mais aussi nos fragilit&#233;s, nous le savons de notre v&#233;cu propre. Les &#233;tudes scientifiques le confirment. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Passer les dix premi&#232;res ann&#233;es de sa vie &#224; subir la violence d'un p&#232;re alcoolique. Les pas titubent &#224; l'approche du palier. Le cliquetis confus des cl&#233;s qui s'&#233;ternisent dans les difficult&#233;s &#224; ins&#233;rer celle de la serrure. L'odeur. Toutes ces anticipations d&#233;sesp&#233;r&#233;es de la violence qui va (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es" rel="directory"&gt;Matie&#768;re a&#768; pense&#769;es&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1337-" rel="tag"&gt;1337&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que les exp&#233;riences, positives comme n&#233;gatives, de l'enfance jouent un r&#244;le de premier ordre dans nos choix, mais aussi nos fragilit&#233;s, nous le savons de notre v&#233;cu propre. Les &#233;tudes scientifiques le confirment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Passer les dix premi&#232;res ann&#233;es de sa vie &#224; subir la violence d'un p&#232;re alcoolique. Les pas titubent &#224; l'approche du palier. Le cliquetis confus des cl&#233;s qui s'&#233;ternisent dans les difficult&#233;s &#224; ins&#233;rer celle de la serrure. L'odeur. Toutes ces anticipations d&#233;sesp&#233;r&#233;es de la violence qui va in&#233;vitablement bient&#244;t se d&#233;cha&#238;ner sur moi, et sur maman. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En tant que travailleur social, nous avons souvent constat&#233; qu'un adulte qui s'ab&#238;me dans des comportements d&#233;l&#233;t&#232;res pour lui, pour sa sant&#233;, ou pour les autres, a le plus souvent une vie caboss&#233;e. Que, par une des injustices qui semblent irr&#233;m&#233;diables, un adulte en souffrance fut le plus souvent un enfant qui d&#233;j&#224; souffrait, les &#233;ducateurs, les soignants, les travailleurs sociaux, le savent, d'exp&#233;rience r&#233;p&#233;t&#233;e et douloureuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais toute cette exp&#233;rience reste sans force face aux lieux communs de l'opinion. Face &#224; tout t&#233;moignage, toute histoire dramatique, ceux qui vivent bien &#224; l'abri r&#233;torquent que &lt;i&gt;&#171; on choisit toujours &#187;&lt;/i&gt;, que &#171; &lt;i&gt;&#8239;personne ne l'a forc&#233; &#187;&lt;/i&gt;, que &lt;i&gt;&#171; la seringue n'est pas venue toute seule se planter dans sa veine &#187;&lt;/i&gt;,&#8239;etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; R&#233;guli&#232;rement les pompiers et les policiers qui interviennent. Parfois eux-m&#234;mes sont pouss&#233;s dans leurs retranchement. Trop de violence, trop de coups. Un jour, un sapeur-pompier n'en peut plus. Exc&#233;d&#233; de ce qu'il voit, il perd le contr&#244;le, plaque le p&#232;re au mur, en le mena&#231;ant si jamais il recommence. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, les outils de l'&#233;pid&#233;miologie valident d&#233;sormais les constats anciens des professionnels de terrain. Un m&#233;decin, soucieux de ses patients, &#224; qui l'on avait object&#233; qu'il trouvait des excuses &#224; des vies rat&#233;es et qu'il pourrait aligner autant de t&#233;moignages qu'il trouverait, que cela ne remplacerait pas une &#233;tude &#233;pid&#233;miologique, avait les moyens de la mener, cette &#233;tude. Et il la mena.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des racines dans l'enfance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#233;decin, c'est Vincent Felitti, l'&#233;tude, quant &#224; elle, porte le nom d'&lt;i&gt;adverse childhood experiences study&lt;/i&gt;, souvent abr&#233;g&#233; en &lt;i&gt;ACEs study&lt;/i&gt; : l'&#233;tude des exp&#233;riences adverses subies durant l'enfance. Avec elle, nous passons des constats individuels &#224; la preuve. Nous &#233;tablissons un lien entre exp&#233;riences traumatiques de l'enfance et troubles de la sant&#233; (maladies coronaires, sant&#233; mentale, diab&#232;te&#8230;), conduites addictives, et aussi insertion sociale. Le d&#233;ni perd ses assises.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; &#192; 12 ans, se sentir mieux aupr&#232;s des punks du 13&#232;me arrondissement. &#192; quinze ans, ne plus supporter de rester assis &#224; l'&#233;cole mais ne rater aucun concert des B&#233;rruriers noirs, s'alcooliser jusqu'&#224; l'ivresse. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En quoi consiste-t-elle ? &#192; premi&#232;re vue, elle semble fruste : durant six mois, l'&#233;quipe d'un centre m&#233;dical propose &#224; plus de 20 000 patients de la classe moyenne venant pour un bilan de sant&#233;, de r&#233;pondre &#224; dix questions portant chacune sur une cat&#233;gorie de maltraitance ou de n&#233;gligence : &lt;i&gt;&#171; avant l'&#226;ge de 18 ans, avez-vous &#233;t&#233; victime de&#8230; ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour chaque r&#233;ponse, le &#171; score &#187; est incr&#233;ment&#233; ou non, d'o&#249; un nombre situ&#233; entre 0 et 10. Celui-ci est ensuite mis en lien avec le dossier m&#233;dical. Pr&#233;cisons : ces patients d'un &#226;ge moyen d'environ 57 ans, font partie de la classe moyenne de Californie. Ils sont ins&#233;r&#233;s et gagnent confortablement leur vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier r&#233;sultat, c'est la banalit&#233; de la souffrance : les deux tiers des r&#233;pondants ont subi une ou plusieurs &#233;preuves. Le deuxi&#232;me, c'est que la d&#233;gradation de l'&#233;tat de sant&#233; est proportionnelle au score, il r&#233;pond au principe &#171; dose-r&#233;ponse &#187;. Plus une personne aura subi de ACEs, plus elle pr&#233;sentera un nombre important de probl&#232;mes de sant&#233;. Le troisi&#232;me, c'est que, pour une pathologie donn&#233;e, sa fr&#233;quence sera d'autant plus &#233;lev&#233;e que l'on consid&#233;rera des personnes ayant un score &#233;lev&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, un lien dose-r&#233;ponse a &#233;t&#233; &#233;tabli entre le nombre d'&#233;preuves diff&#233;rentes et le risque d'entr&#233;e pr&#233;coce dans le tabagisme, de m&#234;me avec la d&#233;pendance &#224; l'alcool, le risque de recourir &#224; l'injection intraveineuse de drogues, ou la d&#233;pression.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; &#192; 18 ans, pr&#233;f&#233;rer la L&#233;gion &#233;trang&#232;re au larcin de trop qui m&#232;nerait au trou : sept ann&#233;es d'arm&#233;e, une guerre&#8230; et encore davantage d'alcool pour supporter de vivre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
S'agissant d'une &#233;quipe m&#233;dicale, l'&#233;tude portait &#233;videmment sur la sant&#233;. Reprenant la m&#233;thodologie, d'autres chercheurs ont explor&#233; les cons&#233;quences sociales des ACEs. &#201;tude apr&#232;s &#233;tude, les r&#233;sultats se confirment : les risques sont proportionnels au nombre d'&#233;preuves subies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s analyse, c'est le choc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Connecticut, avec un score de 3 ou plus, la probabilit&#233; pour un adulte d'avoir subi une agression sexuelle &#224; l'&#226;ge adulte est multipli&#233;e par 5, celle d'avoir des difficult&#233;s &#224; payer son logement est multipli&#233;e par 3, celle d'&#234;tre souvent, ou toujours, pr&#233;occup&#233; de trouver les moyens de se nourrir est multipli&#233;e par 3. En &#201;cosse, une &#233;tude &#233;tablit qu'avec un score de 4 ou plus, le risque d'une grossesse pr&#233;coce et non d&#233;sir&#233;e est multipli&#233; par 6, celui d'avoir &#233;t&#233; impliqu&#233; dans des actes violents au cours de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e est multipli&#233; par 14, celui d'avoir &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233; est multipli&#233; par 20 (par rapport &#224; quelqu'un n'ayant subi aucune adversit&#233;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains objecteront que ces &#233;tudes ont &#233;t&#233; men&#233;es dans d'autres pays. Bien s&#251;r, des diff&#233;rences existent, mais sur tous les continents, tous les r&#233;sultats viennent confirmer l'aggravation progressive de la sant&#233;, de l'insertion sociale, en proportion des &#233;preuves n&#233;gatives subies enfant.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; &#192; 45 ans, apr&#232;s des ann&#233;es de gal&#232;re, submerg&#233; par l'alcool et les troubles psychiatriques, &#234;tre reconnu travailleur handicap&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Si la pr&#233;carit&#233;, les m&#233;susages de substances, les comportements violents r&#233;sultent, au moins en partie, des ACEs, ils sont autant d'&#233;preuves pour les enfants qui grandissent avec ces adultes en souffrance comme parents, r&#233;p&#233;tant, reproduisant la souffrance et la pr&#233;carit&#233;. Oui, les &#233;preuves adverses sont banales et se r&#233;p&#232;tent &#224; travers les g&#233;n&#233;rations. Allons-nous attendre une demande d'aide de parents pour les soutenir ? Et si celle-ci n'&#233;tait jamais formul&#233;e ? Comment conna&#238;tre l'importance dramatique de ces &#233;preuves si personne ne nous en a parl&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de la pr&#233;vention, de l'accompagnement et du soutien parental. &#192; la suite de ces &#233;tudes, des &#201;tats, ou des villes s'engagent. Par exemple, la ville de Bristol s'engage &#224; devenir &lt;i&gt;&#171; ACE aware &#187;&lt;/i&gt;, consciente, inform&#233;e des &#233;preuves subies durant l'enfance, afin de les pr&#233;venir. Pour elle, &lt;i&gt;&#171; il s'agit d'un engagement &#224; d&#233;velopper une approche holistique dans toute la ville, en mettant l'accent sur le rep&#233;rage, la pr&#233;vention et l'intervention pr&#233;coce, ainsi que le changement &#034;culturel&#034; s'il est n&#233;cessaire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; quand un tel engagement par une collectivit&#233; territoriale fran&#231;aise ? Pour cela, il importe de faire conna&#238;tre cet ensemble d'&#233;tudes. Il serait temps, les premiers r&#233;sultats ont &#233;t&#233; publi&#233;s en 1998&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/strong&gt;
BELLIS, Mark A., ASHTON, Kathryn, HUGHES, Karen, FORD, Katharine, BISHOP, Julie et PARANJOTHY, Shantini. &lt;i&gt;Adverse Childhood Experiences and their impact on health-harming behaviours in the Welsh adult population : Alcohol Use, Drug Use, Violence, Sexual Behaviour, Incarceration, Smoking and Poor Diet&lt;/i&gt;. Cardiff : Public Health Wales, 2015.
Connecticut Department of Public Health, Adverse childhood experiences in Connecticut, 2018.
LEVIVIER, Marc, &lt;i&gt;Les &#233;preuves adverses subies durant l'enfance et leurs cons&#233;quences sur la sant&#233; &#224; l'&#226;ge adulte : une introduction &#224; la ACEs study&lt;/i&gt;, Psychotropes, 2022, vol. 28, n&#176;34.&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment pr&#233;server l'intimit&#233; de la personne accompagn&#233;e ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Comment-preserver-l-intimite-de-la-personne-accompagnee</link>
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		<dc:date>2023-04-10T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Usager</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;seaux sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>1337</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#171; Chacun a droit au respect de sa vie priv&#233;e &#187; proclame l'article 9 du Code civil. Et nous cherchons toutes et tous &#224; la pr&#233;server&#8230; tout en l'exposant parfois dans ses moindres d&#233;tails sur les r&#233;seaux sociaux. Qu'en est-il dans nos rapports avec les usagers ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Christine Maurey, assistante sociale en &#233;tablissement m&#233;dico-social &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis pr&#232;s de la porte (c&#244;t&#233; chambre) quand j'entends soudain : &#171; T'as fait la 14 ? &#187; La &#171; 14 &#187; est le num&#233;ro de chambre de ma m&#232;re. J'en conclus aussit&#244;t que la &#171; 14 &#187; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Paroles-de-me%CC%81tiers" rel="directory"&gt;Paroles de me&#769;tiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Usager" rel="tag"&gt;Usager&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Reseaux-sociaux" rel="tag"&gt;R&#233;seaux sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1337-" rel="tag"&gt;1337&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Chacun a droit au respect de sa vie priv&#233;e &#187; proclame l'article 9 du Code civil. Et nous cherchons toutes et tous &#224; la pr&#233;server&#8230; tout en l'exposant parfois dans ses moindres d&#233;tails sur les r&#233;seaux sociaux. Qu'en est-il dans nos rapports avec les usagers ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Christine Maurey, assistante sociale en &#233;tablissement m&#233;dico-social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je suis pr&#232;s de la porte (c&#244;t&#233; chambre) quand j'entends soudain : &lt;i&gt;&#171; T'as fait la 14 ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La &#171; 14 &#187; est le num&#233;ro de chambre de ma m&#232;re. J'en conclus aussit&#244;t que la &#171; 14 &#187; concerne, repr&#233;sente, r&#233;sume et correspond au corps de ma m&#232;re, aux fesses de ma m&#232;re, &#224; l'intimit&#233; de ma m&#232;re&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la vie de ma m&#232;re, la col&#232;re me prend. Comment peut-on parler ainsi ? R&#233;sumer une personne &#224; un num&#233;ro ? Dans un autre temps, des matricules&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ouvre et me trouve face &#224; deux soignants un peu surpris de mon intrusion dans ce couloir et pas si g&#234;n&#233;s &#224; vrai dire. Ma col&#232;re se noie dans ma l&#226;chet&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me contente d'un : &lt;i&gt;&#171; oui, c'est moi qui vous ai appel&#233;, elle souhaite aller aux toilettes &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut dire aussi qu'en un quart de seconde, mes antennes ont fonctionn&#233;. J'ai capt&#233; les codes professionnels, les habitudes de faire, la journ&#233;e qui s'allonge, la fatigue qui s'installe, le d&#233;couragement qui n'est pas loin&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, je m'en retourne dans la chambre et fais ce que j'ai de mieux &#224; faire : attendre qu'ils viennent quand ils auront le temps. Son intimit&#233; est mise &#224; mal depuis quelque temps mais se rend-elle vraiment compte ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les situations de vuln&#233;rabilit&#233;, de vieillesse, de d&#233;pendance, de handicap font-elles chuter cette prise en compte de la pudeur, de l'intimit&#233; des personnes ? Oui, bien s&#251;r quand on ne peut plus assurer ses besoins &#233;l&#233;mentaires, l'intimit&#233; du corps est mise &#224; mal. Alors comment pr&#233;server cette intimit&#233; ? Pourquoi, pour qui ? Pour l'autre ou pour soi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Assise &#224; c&#244;t&#233; de ma m&#232;re, mes pens&#233;es m'emm&#232;nent loin ce jour-l&#224;. Loin du c&#244;t&#233; de ce qui est intime et de ce qui ne l'est pas. L&#224;, il s'agit du corps. De ce qui est le plus visible et sans doute malgr&#233; tout, de ce qui est le plus simple &#224; pr&#233;server.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'intime ne se r&#233;sume pas &#224; cela. Il y a tout le reste, tout ce qui est cher, nous est propre, tout ce qui fait que l'on est soi avec nos fragilit&#233;s, nos sentiments, nos plaies, nos bosses, tout ce qui est intime, oui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment d&#233;finir ce qui est intime et ce qui ne l'est pas ? Qui va placer la limite &#224; ne pas franchir ? Cette intimit&#233; n'est-elle pas &#224; questionner, et au-del&#224; des mots, &#224; ressentir avec chacun ? Car si c'est moi qui d&#233;cide, je risque de prendre en compte mes propres crit&#232;res et non ceux de la personne d'en face. Certains aiment parler d'eux et d'autres non.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens d'un moment de formation qui m'a profond&#233;ment marqu&#233;. Le th&#232;me &#233;tait, je crois, &lt;i&gt;&#171; le traumatisme et l'enfant &#187;&lt;/i&gt;. L'intervenant nous a d&#232;s le d&#233;but de ces deux jours mis en groupe de 4 ou 5 personnes. Il a demand&#233; qu'&#224; l'int&#233;rieur de chacun des groupes, pendant une heure, les personnes racontent un traumatisme qui leur &#233;tait arriv&#233;. Point !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les trois personnes de mon groupe ont jou&#233; le jeu et ont racont&#233; la perte d'un enfant, une agression et que sais-je. Je n'ai pas pu jouer le jeu et je n'ai rien dit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s cette heure d&#233;sagr&#233;able, l'intervenant nous as r&#233;unis : &#171; &lt;i&gt;&#8239;Avec tout mon respect, je me fiche de ce que vous avez pu vous raconter. Je voulais juste vous montrer comment raconter quelque chose d'intime &#224; des personnes que l'on ne conna&#238;t pas, peut &#234;tre difficile et douloureux. Pensez-y la prochaine fois que vous recevrez quelqu'un qui a v&#233;cu un traumatisme. Soyez doux &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous, les travailleurs sociaux, sommes constamment en train de p&#233;n&#233;trer la sph&#232;re intime des personnes. En allant chez eux, en entrant dans leur &lt;span class='spip_document_6789 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH405/capture_d_e_cran_2023-04-05_a_09.04.40-9c72b.png?1693482764' width='400' height='405' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; habitat, en leur demandant comment ils s'y prennent pour &#233;duquer, en les questionnant sur leur mani&#232;re de vivre, de s'alimenter, de d&#233;penser,&#8239;etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors ? De la douceur, de la douceur et encore de la douceur. Que ce soit pour s'occuper d'un corps comme pour questionner et venir en aide.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Marc Tellier, assistant social de secteur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout travailleur social se doit de creuser la situation de la personne qu'il accompagne pour coconstruire avec elle un projet qui permette une &#233;volution positive de sa situation. C'est ce qu'on nous explique, en tout cas, dans toute bonne formation initiale et que les praticiens ordinaires confirment volontiers. Si l'on filait la m&#233;taphore m&#233;dicale, on pourrait affirmer que de la m&#234;me fa&#231;on que le m&#233;decin demande &#224; son patient se d&#233;shabiller pour pouvoir l'ausculter et prendre ses constantes, le professionnel de l'action sociale demande lui aussi &#224; l'usager de se mettre &#224; nu. Son &#233;tat civil, sa situation maritale, ses ressources, son budget, son histoire personnelle, familiale, professionnelle&#8230; tout y passe. On utilise m&#234;me pour cela un terme savant qui nous vient du monde de la psychologie : &lt;i&gt;&#171; l'anamn&#232;se &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personne ne se pose, toutefois, la question des limites de cette intrusion, sauf peut-&#234;tre quand les r&#244;les sont invers&#233;s et que la personne accompagn&#233;e nous retourne la politesse, nous interrogeant sur notre &#233;tat de c&#233;libataire/concubin/mari&#233;, sur le nombre d'enfants que nous avons, plus rarement sur le salaire que nous percevons, mais aussi sur notre lieu de r&#233;sidence priv&#233;e, nos loisirs ou nos go&#251;ts musicaux&#8239;etc. C'est rare, mais l'on se trouve alors dans la situation de l'arroseur arros&#233;. Et nous nous crispons, en faisant diplomatiquement remarquer que nous n'avons pas &#224; communiquer sur notre intimit&#233;, ni notre vie priv&#233;e. Pourtant, c'est exactement ce que nous venons de demander &#224; notre interlocuteur. On peut m&#234;me s'&#233;nerver. C'est vrai quoi, les &#171; cas soc' &#187;, c'est eux, c'est quand m&#234;me pas nous. Faut pas inverser les r&#244;les !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, &#224; y r&#233;fl&#233;chir avec plus de pond&#233;ration, on peut quand m&#234;me se demander s'il n'y aurait pas dans cette relation aidant/aid&#233;, comme un relent de rapport de domination o&#249; l'un doit se soumettre au pouvoir symbolique que l'autre exerce sur lui ? Un proverbe africain affirme que &lt;i&gt;&#171; la main de celui qui demande est toujours en dessous de celle de celui &#224; qui il demande &#187;&lt;/i&gt;. &#192; ce stade de notre raisonnement, soit on assume notre posture de sachant, de technicien de la relation et de titulaire d'un savoir-faire professionnel. Soit, on se dit qu'il y a peut-&#234;tre mati&#232;re &#224; modifier nos pratiques. Le philosophe Paul Ricoeur d&#233;finit la &#171; sollicitude &#187; comme la tentative de r&#233;tablir envers l'autre un &#233;quilibre au sein d'une relation dissym&#233;trique, plut&#244;t que d'accentuer le d&#233;s&#233;quilibre. Comment cela peut-il prendre forme concr&#232;tement ? On peut par exemple de ne demander que les renseignements strictement n&#233;cessaires et en justifier le besoin qu'on en a. On peut aussi laisser &#224; la personne accompagn&#233;e l'opportunit&#233; de d&#233;voiler ce qu'elle souhaite r&#233;v&#233;ler, &#224; son rythme, sur les aspects qu'elle a envie de livrer. Et privil&#233;gier la chronologie du r&#233;cit qu'elle choisit, en faisant ainsi en sorte d'&#233;viter qu'elle soit dans cette position passive o&#249; elle r&#233;pond seulement aux questions qui lui sont pos&#233;es. Autre possibilit&#233; encore, quand c'est possible, adopter la position de celui qui ne se contente pas de donner, mais celui qui partage, comme le permettent certaines confidences judicieusement choisies sur sa propre part d'intimit&#233;. S'il ne s'agit bien entendu pas de s'&#233;pancher sur sa vie personnelle, n'est-il pas possible de donner &#224; voir cette dimension humaine que nous partageons avec le reste de nos concitoyens quelle que soit leur place dans la soci&#233;t&#233; ? J'entends d'ici la r&#233;action : &lt;i&gt;&#171; mais c'est d&#233;j&#224; ce que nous faisons &#187;&lt;/i&gt; C'est tr&#232;s bien. Mais, comme dit le proverbe &lt;i&gt;&#171; cela va sans dire, c'est encore mieux en le disant &#187;&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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