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	<title>Lien Social</title>
	<link>https://www.lien-social.com/</link>
	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Du management dans le travail social &#8226; Gouvernances et dynamiques</title>
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		<dc:subject>analyse de pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>violence institutionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>psychoth&#233;rapie institutionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1350</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Par Marc Jablonski, , psychologue clinicien, co-dirigeant d'association &lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail &#233;ducatif et social est en tension : turnover des &#233;quipes, difficult&#233;s de recrutement et recours croissant &#224; des int&#233;rimaires entravent les prises en charge. Des proc&#233;dures de contr&#244;le et des protocoles d'actions, guid&#233;s par des guides de &#171; bonnes pratiques &#187;, se concentrent sur des indicateurs de performance, parfois au d&#233;triment des pr&#233;occupations &#233;thiques des professionnel(le)s. Il est crucial de comprendre comment les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1350-" rel="tag"&gt;1350&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Marc Jablonski, , psychologue clinicien, co-dirigeant d'association&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail &#233;ducatif et social est en tension : turnover des &#233;quipes, difficult&#233;s de recrutement et recours croissant &#224; des int&#233;rimaires entravent les prises en charge. Des proc&#233;dures de contr&#244;le et des protocoles d'actions, guid&#233;s par des guides de &#171; bonnes pratiques &#187;, se concentrent sur des indicateurs de performance, parfois au d&#233;triment des pr&#233;occupations &#233;thiques des professionnel(le)s. Il est crucial de comprendre comment les dynamiques institutionnelles et les pratiques de management contribuent &#224; l'&#233;mergence de violences manag&#233;riales &#171; ordinaires &#187;, nuisant in fine aux usagers de nos services. Cette lecture est tir&#233;e d'exp&#233;riences en protection de l'enfance dans des associations girondines d'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e et pr&#233;vention sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Politiques sociales et vis&#233;es normatives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span class='spip_document_7542 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH418/capture_d_e_cran_2023-11-20_a_11.25.30-4b457.png?1700694060' width='400' height='418' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Les &#233;tablissements socio-&#233;ducatifs ont &#233;volu&#233;, sous l'impulsion de l'&#201;tat, en introduisant des outils de gestion &#224; vis&#233;e performative. En passant d'une logique de moyens &#224; une de r&#233;sultats, il s'est dessin&#233; une focalisation sur la performance. Ceci soul&#232;ve des interrogations quant &#224; sa compatibilit&#233; avec les valeurs guidant le travail social. Les professionnel(le)s du secteur se retrouvent confront&#233;(e)s &#224; des exigences de performance en conflit avec ces valeurs essentielles (Saboune &amp; Goujon-Belghit, 2018) lorsque l'on travaille pour/avec des personnes &#171; vuln&#233;rables &#187; dans ce qui leur &#233;chappe. L'impact de ces choix politiques et orientations institutionnelles est ind&#233;niable. L'obsession de la performance peut conduire &#224; une d&#233;shumanisation des pratiques et engendrer un sentiment de perte de sens (Saboune &amp; Goujon-Belghit, 2018). Les recherches de Vander Borght (2003) soulignent les effets d&#233;l&#233;t&#232;res des politiques sociales centr&#233;es sur ces enjeux : violences institutionnelles et mal-&#234;tre des professionnel(le)s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Structures et dynamiques institutionnelles en p&#233;ril&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. jaques (1976) distingue les organisations ad&#233;quates et paranog&#232;nes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les organisations ad&#233;quates ont une structure administrative saine o&#249; autorit&#233; et responsabilit&#233; sont partag&#233;es, favorisant la confiance et le travail collaboratif. Vander Borght (2003) d&#233;cline ces institutions comme &#171; normalement ou anormalement n&#233;vros&#233;es &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Les premi&#232;res ont un cadre suffisamment contenant pour surmonter les d&#233;fis propres &#224; leur fonctionnement ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Les secondes sont marqu&#233;es par une conscience des troubles, sans pouvoir s'en lib&#233;rer, avec une r&#233;currence des difficult&#233;s, des attitudes d'&#233;vitement, des plaintes incessantes, la constitution de clans et d'alliances &#171; ill&#233;gitimes &#187; (Caplow, 1984).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les organisations paranog&#232;nes sont marqu&#233;es par un manque de confiance mutuelle. Les relations sont domin&#233;es par des enjeux de pouvoir et des rivalit&#233;s internes, pouvant engendrer des violences et troubler les interactions entre les professionnel(le)s (Jaques, 1976). La th&#233;orie du syst&#232;me ouvert des organisations (Rice 1963 ; Miller et RIice 1967) lit ces r&#233;actions parano&#239;des comme des sympt&#244;mes du dysfonctionnement (Kernberg 2021), par manque de structure administrative saine (DRH, DG, Etc.).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dirigeants, parfois form&#233;s &#224; &#234;tre &#171; un peu parano&#239;aques &#187; au dire d'une directrice d'un service de MJIE, peuvent contribuer &#224; ce climat. Ces institutions deviennent &#171; psychotisantes &#187;, avec exclusion et victimisation qui sont attendues comme craintes, et reposent sur l'emprise de sch&#233;mas psycho familiaux r&#233;els ou imaginaires (Vander Borght 2003). Exemple : une coll&#232;gue jug&#233;e par certains membres d'une &#233;quipe sur sa m&#226;choire &#171; trop carr&#233;e &#187;, cong&#233;di&#233;e par la direction dans le plus grand des silences, celui habituel lorsqu'un bouc &#233;missaire est ex&#233;cut&#233; et que l'on sait qu'un autre viendra.&lt;br class='autobr' /&gt;
Analyser les structures et dynamiques institutionnelles signifie comprendre comment chacun s'accorde aux enjeux pour former un groupe op&#233;rant. Un des noyaux de ces institutions, sont les directions qui ne font pas l'&#233;conomie d'une contamination d'enjeux performatifs sur leurs approches manag&#233;riales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#232;re manag&#233;rialiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines pratiques manag&#233;riales font les violences ordinaires et affectent la qualit&#233; de vie au travail. Des &#233;tudes ont montr&#233; l'impact n&#233;gatif des mod&#232;les de gestion ax&#233;s sur la performance, la rentabilit&#233; financi&#232;re et l'optimisation des co&#251;ts (Saboune et Goujon-Belghit, 2018), remettant en question les valeurs fondamentales du travail social comme la solidarit&#233;, l'&#233;quit&#233; et la tol&#233;rance (Saboune, 2022), &#233;galement &#224; l'endroit de ces acteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces valeurs revendiqu&#233;es, telles que &#171; humanisme, respect de la personne, dignit&#233;... &#187;, renvoyant symboliquement aux fondateurs, assises de l'identit&#233; institutionnelle, peuvent s'estomper ou devenir superficielles face &#224; l'oppression de la performance d&#233;shumanisante et d&#233;subjectivante. Pris dans ces exigences, les cadres de direction, aliment&#233;s aussi par leurs propres structures internes, peuvent s'en trouver influenc&#233;s dans leur management. Exemple d'un cadre de direction &#224; un professionnel : &#171; si tu ne te sens pas bien tu peux toujours d&#233;missionner &#187;. Il est ici not&#233; une volont&#233; de ne pas entendre pour &#233;viter. Une telle approche peut contaminer un groupe comme pacte d&#233;n&#233;gatif : tous s'entendraient inconsciemment pour &#233;viter de reconnaitre et affronter les probl&#232;mes, favorisant ainsi leurs r&#233;p&#233;titions (Kaes, 2019).&lt;br class='autobr' /&gt;
Certaines directions adoptent donc des comportements pathog&#232;nes, violences ordinaires, d&#233;sengageant les professionnel(le)s et cr&#233;ant un climat de souffrance au travail : d&#233;valorisation des comp&#233;tences et contributions, contraintes excessives, manque de reconnaissance ou de soutien dans la r&#233;solution des probl&#232;mes, surcharge de travail (Saboune, 2022). Ce management peut r&#233;sulter des pressions de performances sur les directions et manageurs (Saboune et Goujon-Belghit, 2018).&lt;br class='autobr' /&gt;
Il se dessinerait aujourd'hui une &#232;re manag&#233;rialiste privil&#233;giant l'&#233;quilibre des budgets et la standardisation des financements (Auboin et al., 2012) et conduisant &#224; une standardisation des pratiques au d&#233;triment des valeurs humaines et animantes du travail social.&lt;br class='autobr' /&gt;
Outre leurs capacit&#233;s de gestions, ce sont le d&#233;ploiement de capacit&#233;s cognitives (raisonnement analytique), de comp&#233;tences sociales (communication) (Saboune, 2022) et de ressources psychologiques (optimisme, empathie&#8230;) des manageurs (Baron et al., 2013 ; Peterson et al., 2011) qui pourraient pr&#233;venir individuellement de cet exercice de la violence manag&#233;riale ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des outils pyromanes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail &#233;ducatif, social et sanitaire est en crise &#224; tous les &#233;tages. Les orientations et directives donn&#233;es au centre op&#233;rationnel sont parfois paradoxales et d&#233;connect&#233;es des r&#233;alit&#233;s v&#233;cues par les professionnel(le)s. Les directions sont souvent engag&#233;es dans des t&#226;ches op&#233;ratoires, n&#233;gligeant l'importance d'un management de qualit&#233;. Les conseils d'administration souffrent de points aveugles concernant le mal-&#234;tre concret des professionnel(le)s du secteur, parfois aliment&#233;s par les directions susmentionn&#233;es. Les politiques sociales exigent toujours plus avec des ressources insuffisantes aux besoins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gouvernance, communication, exercice du pouvoir et discordances peuvent agir comme des outils pyromanes, contaminant l'ensemble du syst&#232;me, y compris les usagers. Les professionnel(le)s peuvent se sentir limit&#233;(e)s dans leur existence professionnelle, d&#233;saccord&#233;(e)s avec leurs comp&#233;tences, besoins et valeurs. Certain(e)s se r&#233;orientent avec succ&#232;s, tandis que d'autres s'&#233;puisent, luttent ou disparaissent sous l'effet entre autres des violences manag&#233;riales ordinaires ass&#233;n&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La machine &#224; caf&#233; : ragots ou &#233;changes professionnels ?</title>
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		<dc:subject>Relation</dc:subject>
		<dc:subject>analyse de pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>1349</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'odeur et le son caract&#233;ristique du caf&#233; qui coule est bien connu des travailleurs sociaux. Cela en serait presque caricatural si finalement, cet espace de pause &#233;tait bien plus riche que l'on ne le pense. Vous prendrez bien un petit caf&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Ludivine Spanneut, formatrice en travail social &lt;br class='autobr' /&gt;
Le caf&#233; n'est pas juste un breuvage mais contient une fonction socialisante incontestable. Nous faisons connaissance autour d'un premier caf&#233;. Nous nous invitons &#224; prendre un caf&#233; et l'on se r&#233;concilie autour (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/analyse-de-pratiques" rel="tag"&gt;analyse de pratiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1349-" rel="tag"&gt;1349&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'odeur et le son caract&#233;ristique du caf&#233; qui coule est bien connu des travailleurs sociaux. Cela en serait presque caricatural si finalement, cet espace de pause &#233;tait bien plus riche que l'on ne le pense. Vous prendrez bien un petit caf&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Ludivine Spanneut, formatrice en travail social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le caf&#233; n'est pas juste un breuvage mais contient une fonction socialisante incontestable. Nous faisons connaissance autour d'un premier caf&#233;. Nous nous invitons &#224; prendre un caf&#233; et l'on se r&#233;concilie autour d'un caf&#233;. Parfois, on refait le monde. Il d&#233;lie les langues et permet de cr&#233;er des liens, c'est ce qu'il a de commun avec l'alcool avec de s&#233;rieux avantages sur ce dernier : il est autoris&#233;, voire indispensable, au travail et en formation. M&#234;me en cas d'exc&#232;s, nous nous souvenons de ce que l'on a dit ou fait le lendemain !&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;span class='spip_document_7506 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L420xH415/capture_d_e_cran_2023-11-06_a_11.07.07-7c135.png?1699484465' width='420' height='415' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Le caf&#233; a longtemps &#233;t&#233; le breuvage officiel du travailleur social, bien des citernes ont coul&#233; dans nos estomacs, pour rejoindre rapidement nos vessies. Mais je constate aujourd'hui que le caf&#233; a d&#251; faire de la place au th&#233; et &#224; la tisane parmi les travailleurs sociaux, qui fument beaucoup moins aussi. Lien de cause &#224; effet ? Moins de clopes, moins de caf&#233;, plus de tisane ? Autres temps, autres m&#339;urs ? Un peu de tout cela s&#251;rement. Mais ce qui reste immuable, est le fait que le lieu o&#249; se trouvent ces breuvages dans une institution quelle qu'elle soit, est un haut lieu de sociabilit&#233;. The &#171; place to be &#187;. Mais pas trop longtemps quand m&#234;me, juste pour une pause.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans mon EFTS (1), cet &#233;quipement se trouve dans une grande pi&#232;ce qui sert de lieu de pause, d'accueil, de travail, de repas, de documentation o&#249; on lit LIEN SOCIAL ! C'est un lieu de passage et d'&#233;changes. Quand je ne suis pas en cours, je m'y installe pour travailler au bout d'une longue table, avec vue panoramique sur l'ensemble de l'espace, juste en face de la machine &#224; caf&#233; et autres bouilloires. C'est un poste d'observation et d'interactions privil&#233;gi&#233;. Dans une d&#233;marche quasi ethno m&#233;thodologique, j'y observe le monde des &#233;tudiants. Je participe bien s&#251;r avec eux &#224; la construction de ce monde car nous sommes ensemble, en lien. Je mesure l'&#233;volution des m&#339;urs lorsque j'entends des jeunes &#233;tudiantes parler de leurs r&#232;gles et de leurs choix de protection, me r&#233;jouissant ainsi que ce ne soit plus un tabou pour elles comme cela l'a &#233;t&#233; pour les femmes de ma g&#233;n&#233;ration. Ici, les &#233;tudiants se croisent et discutent et les futurs chefs de service &#233;changent avec les futurs surveillants de nuit ou &#233;ducatrices qu'ils auront &#224; encadrer un jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#233;changes font tomber des pr&#233;jug&#233;s, participent &#224; la re-connaissance, et contribuent ainsi &#224; la construction de leurs identit&#233;s professionnelles respectives. Autant en parlant du dernier film vu au cin&#233;, que de l'otite du petit dernier ; en se donnant le mode d'emploi de ladite machine &#224; caf&#233; que les novices ou &#233;tudiants de passage ne ma&#238;trisent pas ; en parlant du cours, d'un formateur, ou avec lui, des difficult&#233;s rencontr&#233;es ; en &#233;tablissant des strat&#233;gies d'entraide ; en riant ou en r&#226;lant, parfois en pleurant, en s'engueulant ; en remplissant, en renversant, en essuyant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien plus qu'un caf&#233;, nous partageons nos joies et nos peines. Nous faisons l'&#233;tat des lieux des institutions, en s'autorisant &#224; donner nos avis, on s'insurge et on rit. Autour du caf&#233;, nous d&#233;couvrons certains &#233;tudiants de la m&#234;me promo, au-del&#224; des relations &#233;tablies en cours. Qu'une telle joue au foot, qu'un autre est papa solo. Que la formatrice qui semble si stricte est aussi tr&#232;s maladroite et capable d'en rire. Nous apprenons &#224; mieux se conna&#238;tre, &#224; vivre ensemble &#171; le social &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lieu des ragots et des &#233;changes s&#233;rieux, du futile autant que de l'utile, l'espace caf&#233;-th&#233;-tisane-chacun sa came- centre n&#233;vralgique des interactions dans une institution, est cet espace interstitiel qui contribue au sentiment de reconnaissance, d'appartenance &#224; un groupe, et au travail social.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) &#201;tablissement de formation en travail social&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Jean-Marie Vauchez, directeur EFTS, formateur &#224; l'&#233;cole de la protection de l'enfance, membre du haut conseil du travail social (HCTS)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre, &lt;i&gt;Le cru et le cuit&lt;/i&gt;, le c&#233;l&#232;bre anthropologue s'int&#233;resse &#224; l'opposition entre ces deux &#233;tats de la mati&#232;re culinaire, et &#233;tablit qu'elle constitue une opposition fondamentale dans de nombreuses cultures. Pour illustrer son propos, L&#233;vi-Strauss analyse un grand nombre de mythes et de rites de diff&#233;rentes cultures du monde. Au fond, il pose cette question fondamentale : qu'est-ce qui, au travers du rituel des repas, fait soci&#233;t&#233; pour la race humaine ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pour nous autres &#233;ducs et travailleurs sociaux ? On ne mange pas si souvent ensemble, ou alors avec un groupe d'enfants ou d'adultes en difficult&#233;. Le repas est pour nous un vrai moment de boulot o&#249; nous pouvons transmettre des valeurs, observer les difficult&#233;s qui se manifestent et font sens petit &#224; petit ou encore imposer le respect des autres convives &#224; celui qui d&#233;borde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour nous autres, faire soci&#233;t&#233;, c'est faire &#233;quipe. Or, qu'est-ce qu'il reste ? La pause clope est confin&#233;e dans les ext&#233;rieurs de l'institution, pour les irr&#233;ductibles qui ne vapotent pas encore. Le petit coup de bistrot entre coll&#232;gues du soir, qui pouvait s'&#233;terniser&#8230; C'est peut-&#234;tre une impression de vieux con, mais j'ai l'impression que cela p&#233;riclite un peu. Reste la machine &#224; caf&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
S'il faut chercher un lieu de socialisation dans l'institution, il ne faut pas aller plus loin que la machine &#224; caf&#233;. Parfois, elle est industrielle, bard&#233;e de tuyaux et d'extr&#233;mit&#233;s technologiques permettant de produire le nuage de lait indispensable &#224; certains ou l'expresso bien serr&#233;, parfois elle est toute simple avec son entartage perp&#233;tuel et ses filtres jamais l&#224; o&#249; il faut.&lt;br class='autobr' /&gt;
La machine &#224; caf&#233; est &#224; l'image de l'institution qui l'accueille, et si on voulait chercher un endroit o&#249; ceux qui en sont le c&#339;ur se retrouvent, alors le local de la machine &#224; caf&#233; est certainement celui-l&#224;. C'est le lieu o&#249; on peut faire soci&#233;t&#233;, c'est-&#224;-dire construire, entretenir et s'appuyer sur des solidarit&#233;s professionnelles de coll&#232;gues, de pairs, de compagnons d'aventures &#233;ducatives.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est autour de ce simple caf&#233; que l'on peut s'autoriser &#224; dire beaucoup de choses. Souvent, ce qui vient en premier, c'est ce qui fait mal. C'est cette petite vexation du chef qui a voulu asseoir son autorit&#233; en discr&#233;ditant l'&#233;duc ; c'est ce moment de vide o&#249; l'on n'a rien compris de ce qui se passait, submerg&#233; par une pathologie qui d&#233;rive un peu trop ou des comportements que l'on n'a pas su accueillir ; c'est cette situation qui a, bri&#232;vement fendu une br&#232;che entre les enjeux professionnels et certaines souffrances personnelles&#8230; La liste est longue ! Mais, plus timidement arrive parfois aussi le partage de petites joies. Ce moment de partage complice avec le/la coll&#232;gue lors de l'activit&#233; du jour que l'on va juste souligner d'un clin d'&#339;il complice ; cette minute o&#249; l'on s'est dit que pour untel, les choses basculaient, enfin dans le sens que l'on esp&#233;rait ; cette franche rigolade de l'autre jour o&#249;, on ne sait pas pourquoi, on &#233;tait bien ensemble !&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, on va me r&#233;torquer que ce genre de lieux, c'est le lit des ragots et des racontars qui font le d&#233;sespoir des partisans du secret professionnel ; c'est vrai, mais pas tant que cela !&lt;br class='autobr' /&gt;
En 30 ans de m&#233;tier d'&#233;duc, le plus souvent en internat, je n'ai pas tellement connu de d&#233;rapages. Le plus souvent, les coll&#232;gues s'autodisciplinaient et &#233;vitaient de trop d&#233;river. La qualit&#233; des &#233;changes est le reflet de celle de l'ambiance de travail de l'institution. Maintenant que je suis dans une fonction d'encadrement, je mesure l'importance de ce genre d'endroit interstitiel pour que les &#233;quipes puissent prendre forme et qu'un autre type d'&#233;changes se noue entre les membres de l'&#233;quipe. Bien s&#251;r, personne ne ma&#238;trise r&#233;ellement ce qui s'y dit, mais c'est justement cela qui est la condition indispensable pour qu'une v&#233;ritable libert&#233; de parole existe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Approche, accroche, accompagnement : quelle traduction dans la relation d'aide ?</title>
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		<dc:subject>Aller vers</dc:subject>
		<dc:subject>analyse de pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>1346</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La relation d'aide n&#233;cessite la cr&#233;ation d'un lien de confiance qui participe &#224; l'apprivoisement mutuel. Approche, accroche, accompagnement, trois &#171; A &#187; de la relation de confiance revisit&#233;s, nous appelant &#224; faire le pas de c&#244;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Par Jonathan Louli, travailleur social, formateur, dipl&#244;m&#233; en sociologie et anthropologie &lt;br class='autobr' /&gt; L' accompagnement, je l'ai pratiqu&#233;, au cours de mes diff&#233;rentes activit&#233;s : accompagnement &#224; la toilette ou au repas d'adultes en situation de handicap quand j'&#233;tais animateur, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1346-" rel="tag"&gt;1346&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La relation d'aide n&#233;cessite la cr&#233;ation d'un lien de confiance qui participe &#224; l'apprivoisement mutuel. Approche, accroche, accompagnement, trois &#171; A &#187; de la relation de confiance revisit&#233;s, nous appelant &#224; faire le pas de c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7321 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L150xH173/photo_jonathan_louli_paroles-c5a8d.png?1695852058' width='150' height='173' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Par Jonathan Louli, travailleur social, formateur, dipl&#244;m&#233; en sociologie et anthropologie&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
L' accompagnement, je l'ai pratiqu&#233;, au cours de mes diff&#233;rentes activit&#233;s : accompagnement &#224; la toilette ou au repas d'adultes en situation de handicap quand j'&#233;tais animateur, accompagnement d'adolescents en pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, accompagnement d'apprenant&#183;es lorsque je suis devenu formateur&#8230; Pourtant, quand j'y repense, j'ai bien l'impression que, d'une exp&#233;rience &#224; l'autre, j'ai fait des choses bien diff&#233;rentes, m&#234;me si elles avaient toutes le m&#234;me nom : accompagnement.
C'est que, bien qu'elle semble omnipr&#233;sente dans les m&#233;tiers du soin, du social, de l'&#233;ducatif, la notion d'accompagnement prend des significations diff&#233;rentes selon les contextes de travail, les usages, selon qui s'exprime&#8230; Il me semble que, pour &#233;tudier son sens dans nos activit&#233;s, il n'est plus suffisant d'en commenter l'&#233;tymologie comme on le fait classiquement. Il faut observer &#224; quelles pratiques concr&#232;tes, en lien avec quels contextes, la notion d'accompagnement renvoie.
En effet, n'y-a-t-il gu&#232;re qu'en ayant des conceptions plut&#244;t id&#233;alistes du &#171; travail social &#187; et de la &#171; relation &#187; qu'on les per&#231;oit comme avant tout fond&#233;s sur une &#171; approche &#187;, une &#171; accroche &#187;, une certaine authenticit&#233; ? La plupart du temps, ce qui d&#233;termine les modalit&#233;s et/ou les finalit&#233;s de l'accompagnement, n'est-ce pas avant tout les attaches institutionnelles des professionnel&#183;les, les dimensions formelles ou &#171; prescrites &#187; de leur activit&#233; ? Autrement dit : dans l'&#233;tat actuel de nos secteurs professionnels, la forme des accompagnements semble moins fa&#231;onn&#233;e par la pure &#171; relation &#187; avec les personnes, que par les objectifs &#233;nonc&#233;s par les financeurs-actionnaires et les hi&#233;rarchies, par les r&#232;glementations et les proc&#233;dures, par les fonctions professionnelles et les fiches de poste, &#233;ventuellement par les attentes des partenaires, etc.
Il faut prendre en compte, lorsqu'on parle de construire une relation ou un accompagnement, que dans le contexte actuel, les professionnel&#183;les sont structurellement assign&#233;s &#224; diverses mani&#232;res de faire, de penser, et diverses finalit&#233;s, qui sont ext&#233;rieures aux int&#233;r&#234;ts des personnes accompagn&#233;es, et parfois m&#234;me, tout &#224; fait oppos&#233;es. Nos secteurs professionnels sont en effet transform&#233;s par des processus qui &#233;voquent une v&#233;ritable industrialisation (1). Ces tendances influencent les accompagnements. Ils peuvent &#234;tre instrumentalis&#233;s &#224; des fins politiques, &#233;conomiques ou institutionnelles ; les pratiques d'accompagnement format&#233;es par les imp&#233;ratifs gestionnaires et les nouvelles technologies ; les professionnel&#183;les &lt;i&gt;prol&#233;taris&#233;&#183;es&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire exploit&#233;&#183;es et d&#233;poss&#233;d&#233;&#183;es du sens de leur travail.
Si on ne se contente pas d'une vision id&#233;aliste du &#171; travail social &#187; et qu'on tente une approche plus &#171; radicale &#187; de la r&#233;alit&#233;, il faut prendre acte que ce contexte d'industrialisation influence fortement la forme des accompagnements et des relations que l'on construit avec les personnes. La question que l'on doit donc continuellement se poser n'est pas de savoir comment construire une relation ou un accompagnement en soi, mais comment le faire dans ce contexte d&#233;termin&#233; : seul&#183;e ou &#224; plusieurs, contre les entraves et pressions, comment redonner davantage de poids aux int&#233;r&#234;ts des personnes accompagn&#233;es et des professionnel&#183;les ? Toujours se demander : ce que je fais, dans l'int&#233;r&#234;t de qui je le fais ? &lt;HR&gt;
(1) Jonathan Louli, (2022), &lt;i&gt;R&#233;sister &#224; l'industrialisation ? Vers une approche radicale du travail social&lt;/i&gt; in Revue Fran&#231;aise de Service Social, n&#176;&#8239;285, p.&#8239;59-65, accessible en ligne : &lt;a href=&#034;https://bit.ly/3PF73Ow&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://bit.ly/3PF73Ow&lt;/a&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.jlouli.fr/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.jlouli.fr/&lt;/a&gt;&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7322 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH500/ls_21_9_01-jiho-1d68c.jpg?1695852058' width='500' height='500' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt; &lt;span class='spip_document_7320 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L150xH140/photo_decodin_paroles-1485e.png?1695852058' width='150' height='140' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Par Michel Decodin, chef de service &#233;ducatif, auteur (1)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce que les instituts de formation en travail social devraient en tout premier lieu enseigner &#224; leurs &#233;tudiants c'est une attitude de non-savoir. Cet aspect de la relation donne paradoxalement acc&#232;s aux doutes des personnes accompagn&#233;es. &#187;&lt;/i&gt; Extrait du livre &lt;i&gt;de l'impossible vers un possible&#8239;&lt;/i&gt;&#8239;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette approche du travail social permet d'accrocher les personnes accompagn&#233;es en toute humilit&#233;. Le travailleur social est un tisseur de lien. Le jeune et sa famille v&#233;rifient constamment la solidit&#233; du fil de la relation en mettant en &#233;chec les tentatives d'approche. Stigmatis&#233;s, bless&#233;s dans leur dignit&#233; &#224; devoir supporter la &#171; machine sociale &#187; et l'injonction du suivi &#233;ducatif. Ils revendiquent &#224; pouvoir &lt;i&gt;&#171; se faire seuls &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'empressement &#224; d&#233;finir un projet de vie pour des personnes d&#233;crites comme insuffisantes ou d&#233;ficientes est une approche &#224; la fois noble et risqu&#233;e. L'intervenant est per&#231;u au premier abord comme &#233;tant ill&#233;gitime, &#233;ph&#233;m&#232;re, donc pas aimable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les fondations relationnelles sont de fait instables. Comment renverser la tendance de la m&#233;fiance, du d&#233;fi, de l'opposition ? Comment ne pas provoquer un vol de moineaux &#224; chaque tentative d'approche ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous faut &#224; mon sens revoir notre fa&#231;on de faire pour redonner de la confiance pour agir &#224; ceux qui pensent ne plus en avoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les jeunes plac&#233;s sont avant tout &#171; d&#233;plac&#233;s &#187; de leur environnement familial et social. Malgr&#233; nos bonnes intentions, nous produisons l'inverse de ce que l'on veut insuffler, &#224; savoir de l'ins&#233;curit&#233;. Que se passe-t-il quand l'enfant n'est pas au domicile. Comment s'en sortent-ils sans leur toute-puissance illusoire ? &#192; l'inverse, pour l'absent de la famille parce que dans l'obligation de vivre ailleurs, l'inqui&#233;tude familiale est permanente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour avoir sculpt&#233; de nombreux projets de vie, &#233;ducatifs ou p&#233;dagogiques, je peux affirmer que penser le dessein d'autrui est d'abord lui permettre d'&#233;crire son propre sc&#233;nario. Le rendre auteur de sa vie et non acteur &#224; qui l'on assigne un r&#244;le &#224; jouer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les services sociaux en charge des mesures contraintes ou non doivent rechercher l'adh&#233;sion des personnes accompagn&#233;es et surtout tenir compte de leurs remarques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons en &#233;quipe, compris que les tensions professionnelles pouvaient &#234;tre amoindries par une simple d&#233;marche de pr&#233;sence et d'&#233;coute.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne rien proposer intentionnellement est d&#233;j&#224; une action &#233;ducative. &#201;viter le &#171; faire faire &#187; pour le &#171; faire avec &#187;, permet &#224; ceux qui doutent de retrouver des comp&#233;tences &#233;gar&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vais plus loin&#8230; Fomenter un manque permet &#224; l'autre d'essayer de le combler. Inversons les postures, pour entrevoir un principe d'&#233;galit&#233; qui rassure. Passer de sachant &#224; apprenant pour se laisser guider. Combien de savoir-faire ignorer par les &#233;quipes &#233;ducatives. Un seul exemple parmi d'autres. Une jeune adolescente se jouait de ceux qui passaient leur temps et leur &#233;nergie &#224; l'emp&#234;cher de fuguer. Le jour de son d&#233;part (officiel) elle s'est assise devant un piano dans une m&#233;diath&#232;que pour y jouer le pr&#233;lude de Bach&#8230; Une ann&#233;e de suivi &#233;ducatif pour d&#233;couvrir au sortir de la mesure de placement qu'elle s'&#233;tait &lt;i&gt;&#171; jou&#233;e &#187;&lt;/i&gt; de nous. Cette jeune nous a &#233;clair&#233;s sur le r&#233;ajustement de la notion de projet. Avant d'en &#233;tablir un &#171; tout beau &#187;, prenons le temps de d&#233;couvrir de quoi est constitu&#233; le terreau de ces familles soi-disant en &#171; friche &#187;, abandonn&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;S'imposer sans imposer&lt;/i&gt;&#8230; pourquoi ne pas prendre le temps de b&#226;tir une relation d&#233;nu&#233;e de toute intention pour mieux cerner celle d'autrui ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette prise de risque permet de rendre visible ce qui ne l'est plus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) &lt;i&gt;De l'impossible vers un possible&lt;/i&gt;, Michel Decodin, &#201;ditions VERONE, 2021&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment cultiver les petites victoires au quotidien ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Comment-cultiver-les-petites-victoires-au-quotidien</link>
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		<dc:date>2023-09-13T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>analyse de pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>1345</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nos m&#233;tiers de la relation d'aide s'effectuent sur une temporalit&#233; parfois longue. Il est parfois difficile de voir les r&#233;sultats de notre investissement professionnel. Il est alors important de savoir cultiver les petites victoires du quotidien pour mettre du sens &#224; notre accompagnement, comme on cultive un jardin en semant pour l'avenir. &lt;br class='autobr' /&gt; Apriori, afin de cultiver les petites victoires au quotidien, il faut sans doute commencer par les voir. Si l'apparition des petites victoires n'est pas (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1345-" rel="tag"&gt;1345&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nos m&#233;tiers de la relation d'aide s'effectuent sur une temporalit&#233; parfois longue. Il est parfois difficile de voir les r&#233;sultats de notre investissement professionnel. Il est alors important de savoir cultiver les petites victoires du quotidien pour mettre du sens &#224; notre accompagnement, comme on cultive un jardin en semant pour l'avenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7264 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH122/capture_d_e_cran_2023-09-11_a_11.40.12-d7cc7.png?1694642465' width='500' height='122' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
Apriori, afin de cultiver les petites victoires au quotidien, il faut sans doute commencer par les voir. Si l'apparition des petites victoires n'est pas &#233;vidente, peut-&#234;tre faut-il alors ouvrir tous ses sens pour pouvoir les percevoir.
Lorsque j'entre dans mon bureau le matin, je suis saisie par une douce odeur sucr&#233;e. Elle vient d'un parfum d'int&#233;rieur que ma coll&#232;gue de bureau m'a offert. Cette odeur est le symbole d'une coop&#233;ration tranquille et harmonieuse qui fait de notre bureau un espace o&#249; il fait bon vivre. Avoir construit cet espace et cette relation est une victoire qui se rappelle &#224; moi quotidiennement, au milieu du monde du travail, bien souvent en tension.
Parfois, les signes des petites victoires sont ainsi subtils. Parfois, ils r&#233;sonnent fort. C'est le cas des applaudissements que j'ai entendu derni&#232;rement &#224; la fin d'un cours anim&#233; par une professionnelle pair aidante en sant&#233; mentale. Choisir cette intervention peut &#234;tre au &lt;span class='spip_document_7265 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH409/capture_d_e_cran_2023-09-11_a_11.40.44-0d39e.png?1694642465' width='400' height='409' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; d&#233;triment d'une autre plus conceptuelle, est une prise de partie allant vers ce que je crois &#234;tre l'int&#233;r&#234;t des apprenants pour la rencontre avec les personnes concern&#233;es, tout au long de leur parcours de formation, y compris au sein de leur &#233;cole. Leurs applaudissements m'am&#232;nent &#224; penser qu'aborder la sant&#233; mentale dans un amphith&#233;&#226;tre apr&#232;s plus de 6h de cours peut &#234;tre passionnant. Victoire !
Mais &#224; qui appartiennent ces victoires ? Peut-on les partager ? Quand un apprenant que j'ai accompagn&#233; r&#233;ussit une &#233;preuve de certification, c'est une victoire. Bien souvent, on la savoure &#224; plusieurs. Mais en suis-je pour autant vainqueur ? Et bien non, cette note, c'est l'apprenant qui l'a d&#233;croch&#233;. C'est lui qui a gagn&#233; la bataille contre ses peurs, contre sa dyslexie et son stress envahissant. J'en suis le t&#233;moin heureux, &#224; la juste place. Une petite victoire se d&#233;guste, comme une bonne glace vanille pistache un soir d'&#233;t&#233; ; qu'on en soit le vainqueur direct, ou pas. Ce constat multiplie les chances de rep&#233;rer les victoires et de s'autoriser les r&#233;jouissances qu'elles apportent.
Je crois enfin important de redistribuer les effets des petites victoires. Un peu &#224; la mani&#232;re de Marcel Mauss : si la victoire est un don, je vais veiller &#224; ce qu'il circule. Pour cultiver les victoires, il faut pouvoir semer les graines qu'elles produisent. Dans la promotion d'accompagnants &#233;ducatif et social que j'accompagne cette ann&#233;e, les petites victoires se propagent, se multiplient, se contaminent entre les apprenants. C'est un groupe devenu une &#233;quipe qui partage l'envie de r&#233;ussir, la culture de &#171; la gagne &#187;. Venir en formation est une victoire quotidienne pour beaucoup d'entre eux. Une victoire sur leur histoire et leurs d&#233;tracteurs. C'est la construction progressive d'une victoire beaucoup plus grande : celle d'obtenir un dipl&#244;me. LA victoire, LA revanche. Pour ma part, je commence &#224; imaginer ces 20 glaces vanille pistache depuis ma place d'observatrice, attendant le juste d&#233;nouement, pr&#234;te &#224; semer pour l'avenir de tous ceux qui voudront y go&#251;ter.&lt;HR&gt;
&lt;span class='spip_document_7263 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH120/capture_d_e_cran_2023-09-11_a_11.40.26-82850.png?1694642465' width='500' height='120' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;p&gt;Tous les jours, quasiment &#224; la m&#234;me heure, autour de 8 h 52, c'est caf&#233;. Le caf&#233; c'est bien. D&#233;j&#224; &#231;a r&#233;chauffe, puis, c'est cens&#233; r&#233;veiller et rendre aimable ceux qui ne l'&#233;taient pas avant 8 h 52.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le caf&#233; c'est aussi l'endroit o&#249; l'on prend soin de ses coll&#232;gues, o&#249; l'on se demande comment &#231;a va, on s'enquiert, on s'inqui&#232;te, on s'enjaille. Tous les jours, &#224; 8 h 35, mon coll&#232;gue, appelons-le Yannick, fait couler le caf&#233;. Il aime &#231;a, il a sa technique, il mesure les cuillers et les demi-cuillers, il prend de l'eau filtr&#233;e dans la carafe. Mais tous les jours, le caf&#233; est trop fort. Alors certes, les corps se r&#233;veillent, les esprits font ce qu'ils peuvent pour &#234;tre aimable et malgr&#233; toute la bonne volont&#233; de Yannick, son caf&#233; ressemble plus &#224; une gifle soluble qu'&#224; une caresse matinale en tasse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis, nous nous mettons au travail, ceux qui n'&#233;taient pas d&#233;j&#224; en rendez-vous ou en r&#233;union s'y pr&#233;parent. Les t&#233;l&#233;phones et les claviers d'ordinateurs s'&#233;chauffent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'id&#233;al, nous aimerions obtenir des papiers pour les personnes que l'on accompagne, des prises en charge m&#233;dicales, un logement. Mais le fruit de notre travail ne se mesure pas comme &#231;a, il existe une tension certaine entre l'action quotidienne, sisyph&#233;enne des travailleurs sociaux et les jalons marquants de l'accompagnement, qui sont eux, beaucoup plus rares. Alors se pose la question des petites victoires. Bien s&#251;r qu'il y en a (un caf&#233; r&#233;ussi par exemple). Le travail sera fait, toujours. Mais le fait de travailler dans le manque de moyens, dans des conditions, qui, pour certains champs d'action, se d&#233;gradent consid&#233;rablement, vient cr&#233;er de la sid&#233;ration ; une certaine atonie dans la fa&#231;on dont on vient accueillir les nouvelles. Peut-&#234;tre sommes-nous condamn&#233;.e.s &#224; consid&#233;rer nos petites victoires comme des grandes ? Si on peut parfois pousser un grand ouf de soulagement lorsque l'on arrive &#224; finaliser un dossier d'ouverture de droit ou que l'on obtient enfin l'interlocuteur que l'on souhaitait dans une administration (sic), le jour merveilleux o&#249; une famille obtiendra ses papiers et la trajectoire de sa vie changera du tout au tout, la nouvelle sera accueillie du mieux que l'on peut, dans le flux ininterrompu du travail, business as usual comme ils disent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors il y a probablement une intuition &#224; suivre. Peut-&#234;tre que la victoire se fait &#224; chaque endroit o&#249; le travail s'interrompt ? Quand la vie s'infiltre de force. Quand on est oblig&#233; de lever les doigts du clavier, de poser le t&#233;l&#233;phone et peut-&#234;tre de nous autoriser &#224; r&#233;fl&#233;chir. C'est encore une des grandes sp&#233;cificit&#233;s de nos m&#233;tiers : lorsqu'elles ne virent pas &#224; la r&#233;unionite, nos instances sont de formidables et pr&#233;cieux espaces pour annoncer, dig&#233;rer et c&#233;l&#233;brer nos moments victorieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une des solutions serait donc d'encourager la cr&#233;ation d'espaces r&#233;flexifs, de supervision, d'intervision ou d'analyse des pratiques professionnelles, de d&#233;velopper des passerelles avec le monde acad&#233;mique, d'int&#233;grer les personnes que l'on accompagne &#224; cette r&#233;flexion. Se donner les moyens de prendre du recul, de d&#233;celer ce qui, dans le quotidien, fait victoire, petite comme grande. Comme au potager, si l'on doit r&#233;colter les fruits de nos cultures, la ressource la plus pr&#233;cieuse est vraisemblablement le temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et si, finalement, nous portions notre attention sur ce qui nous fait du bien ? Peu importe que le caf&#233; de Yannick soit r&#233;ussi ou non, qu'il se r&#234;ve en barista dessinant des fleurs dans la mousse de ses tasses, il arrive &#224; cr&#233;er un moment o&#249; les gens se parlent, partagent leur r&#233;flexion et leur souci de l'autre, d&#233;cident de faire communaut&#233; autour du care. Pour moi, regarder l&#224;, c'est regarder une des plus grandes victoires dans l'absurdit&#233; du monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Faut-il tout partager en &#233;quipe ?</title>
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		<description>
&lt;p&gt;La partage des informations en &#233;quipe est un socle en vue d'une coh&#233;rence, pour un accompagnement de qualit&#233;. Entre secret gard&#233; et tri de ce qui se r&#233;v&#232;le utile &#224; la situation, il n'est pas toujours simple de r&#233;pondre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Guillaume Thouvenin, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
En institution, chaque sc&#232;ne de vie est pass&#233;e au scanner du regard des adultes et peut devenir une information utile. Les observations &#233;ducatives se situent dans toutes les interactions. Le fait &#233;ducatif ne se cantonne pas aux &#233;quipes (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1344-" rel="tag"&gt;1344&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La partage des informations en &#233;quipe est un socle en vue d'une coh&#233;rence, pour un accompagnement de qualit&#233;. Entre secret gard&#233; et tri de ce qui se r&#233;v&#232;le utile &#224; la situation, il n'est pas toujours simple de r&#233;pondre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Guillaume Thouvenin, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En institution, chaque sc&#232;ne de vie est pass&#233;e au scanner du regard des adultes et peut devenir une information utile. Les observations &#233;ducatives se situent dans toutes les interactions. Le fait &#233;ducatif ne se cantonne pas aux &#233;quipes &#233;ducatives mais implique toutes les personnes qui sont en lien avec les enfants accueillis. &#192; l'image d'un village africain, l'&#233;ducation y est l'affaire de tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour nous, &#233;ducateurs, les observations sont la mati&#232;re premi&#232;re de la r&#233;flexion d'&#233;quipe. Garder nos interpr&#233;tations pour soi serait st&#233;rile. Nous avons besoin de les partager, de les confronter pour les v&#233;rifier. Nous avons besoin d'un &#171; bouillonnement &#187; aliment&#233; par les observations crois&#233;es de toute une &#233;quipe, pour utiliser cette mati&#232;re premi&#232;re &#224; bon escient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les enfants, eux, se savent observ&#233;s et doivent composer avec cette r&#233;alit&#233;. Ce partage d'observation est intrusif, mais n&#233;cessaire. C'est cette n&#233;cessit&#233; qui la rend l&#233;gitime et la distingue du simple voyeurisme. Nous prenons part &#224; cette intrusion, avec la l&#233;gitimit&#233; du m&#233;decin qui demande &#224; son patient de se d&#233;shabiller ; parce que nous sommes en &#171; confidentialit&#233; partag&#233;e &#187;. Dr&#244;le d'expression pour d&#233;crire ce qui est en r&#233;alit&#233; une absence de confidentialit&#233;, du point de vue des enfants. Mais nous aimons nous rappeler ce bel oxymore pour nous assurer du bien-fond&#233; de notre posture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un soir, Leila (1), 15 ans, me rend un t&#233;l&#233;phone sans carte SIM. Le coup du deuxi&#232;me t&#233;l&#233;phone clandestin, un classique que tout &#233;ducateur de maison d'enfants &#224; caract&#232;re social (MECS) conna&#238;t. Je la confronte donc &#224; son subterfuge peu original, et la somme de me rendre la carte SIM. Sa r&#233;action est disproportionn&#233;e. Elle ne peut pas me la rendre, pleure, supplie&#8230; Cette carte SIM volatilis&#233;e cache quelque chose. Elle me r&#233;pond que sa &#171; r&#233;f&#233;rente va la tuer &#187;, et qu'elle veut bien me raconter, &#171; &#224; condition de ne rien lui dire &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En professionnel, je lui signifie l'irrecevabilit&#233; de sa demande. Ce dont elle a parfaitement conscience. C'est pr&#233;cis&#233;ment parce que sa demande est irrecevable qu'elle la formule. Elle qui, depuis toute petite, est entour&#233;e d'&#233;ducateurs &#171; qui parlent sur elle &#187;, aimerait b&#233;n&#233;ficier d'une vraie confidentialit&#233; pour une fois : d'une discussion qui n'appara&#238;t pas sur le cahier de transition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est jamais bon d'&#234;tre dans le secret avec un jeune : c'est une pente glissante. Leila aurait pu partir du bureau sans explication mais elle restait. Je me suis donc r&#233;sign&#233; &#224; acc&#233;der &#224; sa demande : je ne r&#233;p&#233;terai pas son histoire &#224; sa r&#233;f&#233;rente. &#199;a me vaudra peut-&#234;tre une f&#226;cherie avec ma coll&#232;gue plus tard. Tant pis. En r&#233;alit&#233;, elle se faisait harceler sur Snapchat. Le rapport avec la carte SIM ? Elle voulait la remettre &#224; son grand fr&#232;re, le temps de &#171; r&#233;gler &#231;a &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation &#233;tait pr&#233;occupante mais sans danger imminent qui justifie que je trahisse ma promesse. Je ne m'&#233;tais pas engag&#233; &#224; ne rien dire au chef de service qui a sembl&#233; comprendre mon dilemme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai pas de certitude sur la posture qu'il e&#251;t fallu que j'adopte, Leila ne m'a probablement pas dit toute la v&#233;rit&#233; et je me suis laiss&#233; manipuler. Mais elle a su trouver des ressources pour ne pas rester seule dans sa situation. J'ai pu en &#233;changer en r&#233;union. L&#224; est le plus important pour avoir une r&#233;ponse ad&#233;quate, et nous sommes intervenus. Faut-il tout partager ? La loi parfois nous y oblige, l'importance de l'information &#233;galement, et peut-&#234;tre que de petits secrets peuvent aussi rester au creux d'une oreille bienveillante, comme chez papa et maman.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; mon besoin de tout contr&#244;ler et de tout savoir, apr&#232;s le boulot, j'irai jouer aux Sim's. C'est un jeu extr&#234;mement satisfaisant. l&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;
Par Christine Maurey, assistante de service social en &#233;tablissement m&#233;dico-social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;LA question peut para&#238;tre &#233;vidente. On r&#233;pond par oui ou par non ou &#231;a d&#233;pend des situations. Mais rien n'est &#233;vident dans cette question.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre ce que nous savons et le fait de travailler en &#233;quipe, nous sommes souvent tiraill&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au fait, c'est quoi une &#233;quipe ? Un groupe de professionnels ayant des formations proches, qui partagent un m&#234;me lieu de travail, le m&#234;me cadre institutionnel, le m&#234;me employeur, qui &#339;uvre dans une proximit&#233; quotidienne avec, normalement, la m&#234;me finalit&#233;, les m&#234;mes projets.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on va plus loin : un groupe qui partage journellement des situations, des doutes, des questions, des d&#233;cisions, un secret professionnel !&lt;br class='autobr' /&gt;
Un groupe qui passe du temps, beaucoup de temps ensemble. Et quand on a du temps, on parle, on partage, c'est normal. L'humain est ainsi fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors ? Pourquoi ne pas tout partager ? Ce serait si simple d'arr&#234;ter de se poser la question et de ne pas mettre de filtres et ce, sous pr&#233;texte du secret partag&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est tellement tentant en revenant de visite &#224; domicile par exemple de raconter aux coll&#232;gues un d&#233;tail croustillant, une anecdote concernant un propos, une attitude, un &#233;v&#232;nement v&#233;cu, et pourquoi pas, le style de d&#233;coration, les livres ou vid&#233;os qui tra&#238;nent&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tellement tentant. MAIS ! Oui, il y a un grand &#171; mais &#187;. L'intimit&#233; &#233;voqu&#233;e dans un autre article (1), l'intimit&#233; et la vie de l'autre, celui pour lequel on travaille et que l'on est cens&#233; respecter, sont en jeu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224;, les gros mots l&#226;ch&#233;s : Intimit&#233;, Respect. Pourtant, on a tous &#233;t&#233;, &#224; un moment ou &#224; un autre, celui ou celle qui, revenant d'une visite &#224; domicile, a eu besoin de raconter &#224; sa coll&#232;gue le petit d&#233;tail qui nous a surpris ou fait rire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour, j'ai eu un &#233;lectrochoc lors d'une r&#233;union ext&#233;rieure pour un enfant. L'assistante de service social a fait rire tous les professionnels en d&#233;crivant des sous-v&#234;tements rouges &#171; affriolants &#187; qui s&#233;chaient sur le fil au domicile d'une famille. Pour moi, &#231;a allait trop loin.&lt;br class='autobr' /&gt;
On nous dit que nos &#233;crits doivent &#234;tre r&#233;fl&#233;chis et pouvoir &#234;tre lus par les personnes que nous accompagnons. Mais qu'en est-il de nos propos ? Si la personne avait &#233;t&#233; dans les murs et donc avait entendu, qu'aurait-elle pens&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre la blague qui ne pr&#234;te pas trop &#224; cons&#233;quence et le fait d'entretenir l'imaginaire collectif en rapportant des &#233;l&#233;ments qui n'ont rien &#224; voir avec l'enjeu de la situation, la marche est haute&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus grave et autre aspect : une enfant de l'&#233;tablissement dans lequel je travaillais, revient de week-end chez son p&#232;re en racontant des choses horribles. Des choses tellement laides que la psychologue vient en larmes dans mon bureau me les livrer. Nous avons fait ce qu'il fallait, tr&#232;s vite, pour prot&#233;ger cette enfant et ses fr&#232;res et s&#339;urs. Mais quant au contenu de ses r&#233;v&#233;lations, nous avons d&#233;cid&#233; d'en garder pour nous le caract&#232;re atroce. Pour les professionnels au quotidien, les images auraient &#233;t&#233; trop lourdes &#224; porter. L'essentiel a &#233;t&#233; dit, le reste, a &#233;t&#233; tu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, je ne suis pas meilleure que les autres. J'aime rire et parfois cela m'entra&#238;ne &#224; me moquer facilement. Mais je vous livre ici une astuce. En tout cas, celle que j'ai pr&#233;conis&#233;e &#224; mes stagiaires quand se posait la question des limites du partage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand quelque chose t'embarrasse, que tu ne sais pas si tu dois le dire, interroge-toi : est-ce que ces &#233;l&#233;ments que tu d&#233;tiens vont faire avancer la situation de la personne accompagn&#233;e ? Si oui, vas-y. Si tu es guid&#233; par d'autres intentions, tais-le et surtout, fais-toi confiance.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Comment pr&#233;server l'intimit&#233; de la personne accompagn&#233;e, dans Lien Social n&#176; 1337 du 11 avril 2023.&lt;/div&gt;
		
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		<title>Travailleur social d'hier et d'aujourd'hui : quels changements ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Travailleur-social-d-hier-et-d-aujourd-hui-quels-changements</link>
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		<dc:subject>Assistante sociale</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducateur sp&#233;cialis&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
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		<dc:subject>1340</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le travailleur social a toujours &#233;t&#233; confront&#233; &#224; l'histoire du temps qui passe. Que cela soit par choc g&#233;n&#233;rationnel ou &#233;volution l&#233;gislative, la tentation du &#171; c'&#233;tait mieux avant &#187; est grande. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Christine Maurey, assistante de service social en &#233;tablissement m&#233;dico-social &lt;br class='autobr' /&gt;
La vieille assistante sociale que je suis a la distance pour comparer un avant et un apr&#232;s. Un peu plus de quarante ans se sont &#233;coul&#233;s depuis mes d&#233;buts. Que de changements entre ces ann&#233;es 80 et les ann&#233;es 2020 ! Les ann&#233;es 80 (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Histoire-80" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/analyse-de-pratiques" rel="tag"&gt;analyse de pratiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1340-" rel="tag"&gt;1340&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le travailleur social a toujours &#233;t&#233; confront&#233; &#224; l'histoire du temps qui passe. Que cela soit par choc g&#233;n&#233;rationnel ou &#233;volution l&#233;gislative, la tentation du &#171; c'&#233;tait mieux avant &#187; est grande.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Christine Maurey, assistante de service social en &#233;tablissement m&#233;dico-social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La vieille assistante sociale que je suis a la distance pour comparer un avant et un apr&#232;s. Un peu plus de quarante ans se sont &#233;coul&#233;s depuis mes d&#233;buts. Que de changements entre ces ann&#233;es 80 et les ann&#233;es 2020 !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ann&#233;es 80 arrivaient juste apr&#232;s de grandes lois novatrices : l'avortement, le divorce, le handicap, puis les lois de d&#233;centralisation sont sorties, puis le RMI. Nous &#233;tions dans un courant progressiste alors qu'on faisait encore r&#233;f&#233;rence aux ordonnances de 45 pour ce qui &#233;tait de la protection de l'enfance par exemple.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'&#233;tions d&#233;j&#224; plus ces m&#233;m&#232;res en tailleur &#224; chignon que la soci&#233;t&#233; s'amusait &#224; d&#233;peindre et bon nombre d'entre nous avait h&#233;sit&#233; entre la profession d'&#233;ducateur et celle d'assistante sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors qu'est-ce qui a chang&#233; ? Le travail social ou les travailleurs sociaux ? Avions-nous un contexte plus favorable, des coud&#233;es plus franches ? &#201;tions-nous davantage pris en compte, entendus ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Parfois, il serait facile de dire comme certains : &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait mieux avant&#8230; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, en g&#233;n&#233;ral, je me refuse &#224; prononcer cette phrase. Cette pens&#233;e refuge qui consisterait &#224; croire que le pass&#233; &#233;tait meilleur. Convoquer l'histoire permet de juger trop facilement le pr&#233;sent. Souvent m&#234;me l'histoire est carr&#233;ment embellie ou refaite.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est vrai que nous pensions aller vers du meilleur sans s'imaginer que la soci&#233;t&#233; deviendrait plus consum&#233;riste, que l'&#233;conomique prendrait le pas sur tout, y compris le politique. Que nous serions oblig&#233;s d'&#233;crire des chartes pour penser &#224; l'&#201;thique, des protocoles et des grilles pour s'imaginer &#234;tre dans les clous. Mais, c'est vrai aussi que le volet pr&#233;vention laborieusement &#233;labor&#233; durant des d&#233;cennies allait s'effondrer devant des politiques sociales plus r&#233;pressives men&#233;es apr&#232;s 2007 (diminution des services SPIP, fermeture de plannings familiaux,&#8239;etc.)&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, on pourrait penser que les institutions &#233;taient peut-&#234;tre plus bienveillantes quand elles pensaient moins aux finances, &#224; la gestion plut&#244;t qu'au bien-&#234;tre de l'usager&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais n&#233;anmoins, que de scandales pass&#233;s. La su&#232;de en 1947 a test&#233; l'influence du sucre sur les dents, en prenant en otage de jeunes d&#233;ficients intellectuels en institution et c'est pourquoi les enfants su&#233;dois ne mangent de bonbons que le samedi maintenant.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est loin 1947, mais plus pr&#232;s en France de 1966 &#224; 1982, l'&#201;tat fran&#231;ais a d&#233;plac&#233; 2150 enfants r&#233;unionnais, des b&#233;b&#233;s voire des adolescents, arrach&#233;s &#224; leur famille pour repeupler des d&#233;partements de m&#233;tropole touch&#233;s par l'exode rural&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui &#233;taient ces travailleurs sociaux qui ne pouvaient ignorer compl&#232;tement tout cela ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;taient-ils bien form&#233;s, diff&#233;rents ou simplement les m&#234;mes que ceux de maintenant ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma fille est assistante sociale. Comment travaille-t-elle par rapport &#224; moi et mes ann&#233;es 80 ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais qu'il lui arrive de remettre les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision &#224; une petite grand-m&#232;re bien d&#233;sesp&#233;r&#233;e et je trouve &#231;a chouette. Mais je sais aussi qu'elle a &#224; traiter un nombre d'informations pr&#233;occupantes bien plus important que je n'en avais &#224; l'&#233;poque sur un secteur ville semblable, ceci surtout depuis le confinement. Le pr&#233;sent ne nous rassure pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vois que la technologie laisse beaucoup de gens sur le carreau. L&#224; o&#249; nous remplissions des dossiers papiers, il faut maintenant aider pour tout ce qui est d&#233;claration en ligne. Mais les &#233;crans font-ils vraiment &#233;cran &#224; la relation ?&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;span class='spip_document_6970 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH404/capture_d_e_cran_2023-05-16_a_10.12.32-8c2f5.png?1693464265' width='400' height='404' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Sur le fond ? Quid de la nature profonde du travailleur social ? Quid de la motivation &#224; entrer dans ce domaine de travail ? Sommes-nous bien diff&#233;rents ? Les contextes changent mais nous, pas si s&#251;r que &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Louis Kehr, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; en MECS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J'avoue que lorsque vous m'avez propos&#233; de r&#233;fl&#233;chir aux changements du travailleur social d'hier &#224; aujourd'hui, le sujet m'a laiss&#233; dubitatif. Vaste et quelque peu vague, que dire d'un tel sujet ? Je ne suis pas historien du travail social. J'ai d'abord voulu me m&#233;fier du vieux marronnier du &#171; c'&#233;tait mieux avant &#187;. Mais avant quoi, d&#233;j&#224; ? Du tournant lib&#233;ral de nos m&#233;tiers &#224; l'aube des ann&#233;es 2000 ? Je ne sais pas. Puis, au cours d'un repas entre coll&#232;gues m'est venue l'id&#233;e de consulter quelques pairs et p&#232;res. Bien qu'ayant bient&#244;t 50 ans dans quelques mois, avec 25 ans de travail social au compteur, j'ai eu le besoin de savoir ce qu'il y avait, encore, avant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant, point de contr&#244;le &#224; outrance, de duplicata de projet, de normes d'hygi&#232;nes en cuisine, de casques au ski, voire de ceinture de s&#233;curit&#233; ! J'abuse un peu, certes. Dans cette institution pour personnes handicap&#233;es, mes vieux a&#238;n&#233;s partaient r&#233;guli&#232;rement en s&#233;jour &#224; la neige. Il se trouve que l'un d'eux avait un chalet de famille en Vanoise, genre vieille grange r&#233;nov&#233;e pour accueillir la famille et les amis. Ce lieu servait alors de cocon le temps de quelques semaines &#224; des groupes qui venaient profiter du grand air et des joies de la montagne. Point de grand &#233;crit alambiqu&#233; et de projet pour la personne &#224; l'&#233;poque ! Oui, des rapports d'activit&#233;s pour dire le faire, l'agir, prouver par l&#8216;&#233;crit institutionnel l'utilit&#233; de ces s&#233;jours. L&#224;-bas, la cuisine se faisait comme &#224; la maison, elle n'&#233;tait pas &#171; centrale &#187;, mais familiale. Les douches &#233;taient spartiates et les adultes dormaient tous dans le m&#234;me dortoir. Le risque &#233;ducatif existait. Image d'&#201;pinal ? Peut-&#234;tre. Ce que je sais, c'est qu'en 25 ans de travail social, les travailleurs sociaux ont &#233;volu&#233; avec les institutions, avec leur temps comme on dit, avec les nouveaux chefs, avec les normes, les &#171; comp&#233;tences &#187;. Des camps, j'en ai fait des dizaines pendant toutes mes ann&#233;es de MECS. Un jour, une nouvelle cadre &#233;ducative, venue d'un autre champ professionnel, est arriv&#233;e, avec sa cape, et son &#233;p&#233;e. Et &#231;a a chang&#233;. Non pas que nous n'&#233;crivions pas de projet de s&#233;jour, mais l&#224; l'odeur a &#233;t&#233; autre. Il nous a fallu pour une semaine &#224; la mer, d&#233;cliner un &#233;crit d&#233;taill&#233; et circonstanci&#233;. Avec finalit&#233;, buts, objectifs g&#233;n&#233;raux, objectifs individuels pour chaque jeune, avec &#233;valuation propre &#224; chacun, en lien avec leur Dossier Individuel de Prise En Charge. Tout un arsenal administratif s'est mis en route, pr&#233;sageant de l'avenir bureaucratique de nos m&#233;tiers en d&#233;pit d'&#233;prouver la clinique du quotidien.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai aussi vu une certaine &#171; militance &#187; s'&#233;tioler. Mes vieux &#233;ducs se rappelaient leurs coups de gueule, presque de leur mont&#233;e aux barricades, de leur cr&#233;ation de dispositifs exp&#233;rimentaux collectifs, quand certains de mes nouveaux coll&#232;gues voient dans le d&#233;veloppement personnel et le yoga l'&#233;panouissement des publics accompagn&#233;s. D'accord, je caricature ! Il y a encore de la cr&#233;ativit&#233; et de l'innovation, heureusement. Aujourd'hui, les promos se vident, les m&#233;tiers n'attirent plus, ne vendent plus de r&#234;ves, alors que sont nos &#233;ducs devenus ? Que s'est-il pass&#233;, d'hier &#224; aujourd'hui ? Je n'ai pas la r&#233;ponse. Je crois seulement que le travailleur social, a subi lui aussi la d&#233;rive technocratique, l&#233;gislative, la r&#233;duction des moyens. Je ne dis pas qu'il ne faut pas de r&#232;gles, de normes, de rapports. Il y a aussi eu beaucoup de d&#233;rives et de scandales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-&#234;tre devrait-on remettre le r&#234;ve au go&#251;t du jour ? Quels changements entre avant et maintenant ? Tout d&#233;pend de quelle &#233;poque nous voulons parler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Travail social, &#231;a s'&#233;crit comment </title>
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		<title>D&#233;viant, mon fr&#232;re</title>
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		<title>La psychoth&#233;rapie institutionnelle </title>
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		<title>L'&#233;quipe, l'inconscient, le psychanalyste</title>
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		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
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