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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>&#202;tre femme en Alg&#233;rie</title>
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		<title>Etre femme en Alg&#233;rie</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Le 8 mars, Journ&#233;e de la femme, 2003 ann&#233;e de l'Alg&#233;rie en France. Deux &#233;v&#233;nements qui se croisent et expliquent notre dossier. Pour le r&#233;aliser, nous avons rencontr&#233; Khalida Toumi Messaoudi dont l'entr&#233;e au gouvernement, avec quatre autres femmes, constitue une &#233;volution consid&#233;rable des mentalit&#233;s politiques en Alg&#233;rie. &#202;tre femme et travailleur social est &#233;galement rarissime car le code de la famille officialise l'inf&#233;riorit&#233; de la femme et renie le principe m&#234;me de l'&#233;galit&#233; des sexes. &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, le (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 8 mars, Journ&#233;e de la femme, 2003 ann&#233;e de l'Alg&#233;rie en France. Deux &#233;v&#233;nements qui se croisent et expliquent notre dossier. Pour le r&#233;aliser, nous avons rencontr&#233; Khalida Toumi Messaoudi dont l'entr&#233;e au gouvernement, avec quatre autres femmes, constitue une &#233;volution consid&#233;rable des mentalit&#233;s politiques en Alg&#233;rie. &#202;tre femme et travailleur social est &#233;galement rarissime car le code de la famille officialise l'inf&#233;riorit&#233; de la femme et renie le principe m&#234;me de l'&#233;galit&#233; des sexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, &lt;a href='https://www.lien-social.com/Portrait-d-un-engagement' class='spip_in'&gt;le portrait d'Amina Rahali&lt;/a&gt;, psychologue dans le seul centre d'&#233;coute t&#233;l&#233;phonique du pays pour femmes violent&#233;es, prouve qu'il est possible de lutter contre la misogynie ambiante. Enfin un reportage au &lt;a href='https://www.lien-social.com/Des-meres-isolees-sur-les-hauteurs-d-Alger' class='spip_in'&gt;centre Darna&lt;/a&gt; sur les hauteurs d'Alger qui accueille, dans une hostilit&#233; environnante pesante, des m&#232;res isol&#233;es prouve que l'on peut entrer en r&#233;sistance. Parcours de femmes dans l'Alg&#233;rie d'aujourd'hui&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un entretien avec Khalida Toumi Messaoudi ministre de la Culture et de la Communication, porte-parole du gouvernement alg&#233;rien, elle a &#233;t&#233; qualifi&#233;e de femme courage par le journal El Moudjahid&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il est plus de vingt heures, quand Khalida Toumi Messaoudi nous re&#231;oit dans son bureau du minist&#232;re de la Culture. En cette p&#233;riode de Ramadan, le je&#251;ne est rompu depuis plus de trois heures et nous avons discut&#233; face &#224; la baie d'Alger. Illumin&#233;e, la ville s'&#233;tend tout le long de son front de mer et semble tendre les bras vers sa cousine jumelle de l'autre rive, Marseille. Repue, la capitale se laisse envahir par le parfum de la fleur d'oranger et porter par une torpeur toute digestive du premier repas de la journ&#233;e. Belle, jeune mais avec la conviction que procure l'exp&#233;rience, Khalida Toumi Messaoudi nous parle de la situation de la femme dans son pays, et de l'action qu'elle compte mener au sein du gouvernement. Devant un verre de th&#233; qu'elle nous sert, elle-m&#234;me, naturelle, elle commence l'entretien par un hommage aux Alg&#233;rois. Fille de la capitale, elle porte les espoirs des couches les plus populaires du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ministre atypique, Khalida Toumi Messaoudi symbolise la lutte des femmes dans la p&#233;riode la plus noire de l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante, et b&#233;n&#233;ficie, chose exceptionnelle, d'une certaine cr&#233;dibilit&#233; aupr&#232;s de la population. De par sa fonction de porte-parole gouvernementale, une mission accord&#233;e de fait au ministre de la Culture et de la Communication, elle est en retrait de la pr&#233;sidence de Rachda. Une association, qu'elle a particip&#233; &#224; cr&#233;er, milite sur le terrain aupr&#232;s des femmes victimes du sexisme par l'interm&#233;diaire de Darna, et effectue aussi des campagnes d'information et de mobilisation aupr&#232;s de la soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne. Avant d'entrer au gouvernement, Khalida Toumi Messaoudi a toujours milit&#233; dans l'opposition, tout d'abord dans la mouvance trotskiste, avant de rejoindre le Rassemblement pour la Culture et la D&#233;mocratie, le RCD. Elle a accept&#233; ces responsabilit&#233;s dans l'espoir de voir abroger le code de la famille, ce sur quoi le pr&#233;sident de la R&#233;publique s'est engag&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre entr&#233;e au gouvernement a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;e par beaucoup de vos compagnons de route de l'opposition d&#233;mocratique comme un virage carri&#233;riste, que r&#233;pondez-vous &#224; ces accusations ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai une admiration toute particuli&#232;re pour Ren&#233; Char, car il avait un pouvoir sur les mots, tout en &#233;tant lucide, tr&#232;s intelligent et synth&#233;tique. R&#233;sistant pendant l'occupation de la France, il a &#233;crit, &#171; notre h&#233;ritage est pr&#233;c&#233;d&#233; d'aucun testament &#187;. Actuellement en Alg&#233;rie nous tentons de sortir de plus de dix ans d'horreur terroriste. Pendant plus de dix ans, les massacres se sont succ&#233;d&#233;, plus inhumains les uns que les autres. Au cours d'une d&#233;cennie, le sens des mots change, les gens changent aussi, apr&#232;s une p&#233;riode comme celle-l&#224;, tout comme lors de l'occupation nazie en France, rien n'est plus comme avant et il faut se d&#233;terminer en cons&#233;quence. Aucun pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire ne nous permet d'avoir une position tranch&#233;e sur ce qu'il faut faire, nous n'avons aucun testament.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En terme pragmatique, ma principale motivation pour entrer au gouvernement est de porter la voix des femmes dans les plus hautes sph&#232;res de l'Etat. Nous devons, en tant que femmes, conqu&#233;rir des espaces et des droits, y compris dans l'h&#233;micycle politique, en tentant de convaincre un maximum de ministres, en interpellant la soci&#233;t&#233; civile et politique sur notre condition. Nous devons faire avancer la situation de la femme et ce par tous les moyens. J'entends par-l&#224; que nous ne devons pas nous interdire certaines opportunit&#233;s. Ceux qui voient l&#224; la r&#233;alisation d'une ambition personnelle, je leur r&#233;ponds que je suis au service de ma cause, celle des femmes, qui n'est inf&#233;od&#233;e &#224; aucun parti, et ces motivations sont bien plus importantes pour moi qu'un portefeuille minist&#233;riel. En clair, si je ne vois pas de retour positif sur mon action, je ne resterai pas au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi, selon vous, aujourd'hui, va-t-il &#234;tre possible de faire &#233;voluer la condition de la femme en Alg&#233;rie, et comment comptez-vous agir concr&#232;tement dans ce sens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis membre d'un gouvernement qui a un programme. Ce programme a notamment comme objectif de mettre en conformit&#233; les lois qui r&#233;gissent la vie des femmes sur le plan social et politique, avec la constitution alg&#233;rienne, mais aussi avec les conventions ratifi&#233;es par notre pays. Le texte de loi, qui contredit de la mani&#232;re la plus flagrante la constitution alg&#233;rienne, est le code de la famille. La constitution alg&#233;rienne dit tr&#232;s clairement que la femme est l'&#233;gale de l'homme dans l'article 29. L'article 31 stipule par ailleurs que les institutions ont pour finalit&#233; d'&#233;liminer tous les obstacles &#224; l'application de la constitution qui est la loi des lois, il y a donc une contradiction flagrante avec le code de la famille qui place juridiquement l'&#233;pouse en dessous de son mari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le pr&#233;sident, lors de son entr&#233;e en fonction en avril 1999, a d&#233;nonc&#233; publiquement le code de la famille. Une d&#233;nonciation qu'il a renouvel&#233;e le 8 mars 2001 pour la journ&#233;e internationale de la femme. De plus, le gouvernement auquel j'appartiens a cr&#233;&#233; un minist&#232;re d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la condition f&#233;minine. C'est une premi&#232;re en Alg&#233;rie et l'existence m&#234;me de ce minist&#232;re montre bien qu'il y a un probl&#232;me, &#171; des pesanteurs sociologiques &#187; comme je l'entends tr&#232;s souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte est donc propice &#224; des avanc&#233;es, le reste est une affaire de combat, car les droits dans l'histoire de l'humanit&#233; ne se sont jamais offerts sur un plateau. C'est aux associations de femmes, un mouvement auquel j'appartiens de porter ces revendications. C'est aux femmes &#233;lues, moi en premier lieu, de porter leur parole l&#224; o&#249; nous sommes. C'est encore une fois convaincre un maximum de ministres, les interpeller &#224; chaque occasion sur la condition de la femme. Avoir des femmes &#233;lues &#224; tous les niveaux est une opportunit&#233; strat&#233;gique &#224; c&#244;t&#233; de laquelle le mouvement des femmes ne passera pas. Nous pouvons n&#233;gocier d'&#233;gal &#224; &#233;gal avec mes homologues masculins pour faire avancer ces dossiers et abroger le code de la famille. Des femmes qui occupent des postes cl&#233;s sont &#233;cout&#233;es, et je dois porter la voix de celles qui m&#232;nent le combat, sur le terrain au jour le jour. J'insiste sur l'importance du lien entre la lutte qui se passe dans les minist&#232;res et celle du terrain, des militantes, d&#232;s qu'elles auront besoin de ma voix, elles l'auront. La preuve, je vous re&#231;ois ce soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont vraiment vos chances de r&#233;ussir, au regard de ce que vous nommez des &#171; pesanteurs sociologiques &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous n'obtenons pas satisfaction, je le r&#233;p&#232;te, je quitterai mon poste minist&#233;riel, mon engagement pour la lutte des femmes est beaucoup plus important. Ce n'est pas de la langue de bois. Maintenant je ne crois pas que ce soit tout &#224; fait comme &#231;a qu'il faille strat&#233;giquement aborder le probl&#232;me aujourd'hui. Les femmes doivent aussi apprendre &#224; n&#233;gocier pour ne perdre sur aucun plan. Dans le monde entier, nous devons conqu&#233;rir des droits et les espaces n&#233;cessaires pour le faire. Une tactique veut qu'il faille un espace pour en conqu&#233;rir un autre. D'autres pensent qu'il faut &#224; tout prix conqu&#233;rir l'espace politique m&#234;me si c'est au d&#233;triment des autres sur le terrain. J'entre dans une cat&#233;gorie qui croit qu'il faut occuper tous les espaces, ne d&#233;serter aucun combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ussirons-nous ? Pas forc&#233;ment, mais l'important est de ne jamais trahir les fondements de notre engagement. Pour cela nous n'avons comme chacun, que nos garde-fous personnels. Pour les femmes alg&#233;riennes, ces gardes fous s'appuient sur un v&#233;cu. Ce sont les ann&#233;es d'horreur que nous traversons, et l'h&#233;ritage vivant de celles que j'appelle la m&#232;re plurielle. Les femmes de la lutte de lib&#233;ration nationale, leurs pratiques, leurs exp&#233;riences, m'aident particuli&#232;rement. Ce sont plus que des r&#233;f&#233;rences, c'est une richesse au quotidien, inestimable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si le bilan de la condition de la femme en Alg&#233;rie est bien noir, elles sont pourtant de plus en plus nombreuses &#224; travailler. Est-ce un facteur d&#233;terminant dans votre combat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, car l'acc&#232;s &#224; l'emploi pour les femmes a toujours &#233;t&#233; synonyme d'avanc&#233;e sur le long terme. Il n'y a qu'&#224; voir l'exemple fran&#231;ais et le r&#244;le des deux guerres mondiales pour l'&#233;mancipation de la femme. Seulement c'est un facteur qui a ses limites, car il ne joue que dans une sph&#232;re pr&#233;cise, le monde du travail, et n'a pas de grandes r&#233;percussions sur l'ext&#233;rieur, le reste de la soci&#233;t&#233;. Prenons l'exemple des m&#233;dias. Au regard du nombre d'assassinats, de crimes perp&#233;tr&#233;s contre la femme ces derni&#232;res ann&#233;es, peu de place est attribu&#233;e &#224; cette probl&#233;matique en tant que telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ? Parce que les m&#233;dias restent un pouvoir essentiellement masculin. M&#234;me s'il y a de plus en plus de journalistes femmes dans les r&#233;dactions, les r&#234;nes du pouvoir sont toujours tenus par des hommes. C'est toujours le m&#234;me probl&#232;me, les femmes doivent conqu&#233;rir les espaces de d&#233;cision. Pour faire &#233;voluer les mentalit&#233;s, il est primordial de rendre ill&#233;gitime l'oppression de l'homme sur la femme, actuellement elle a un socle juridique, elle est plus que l&#233;gitime, elle est la norme. C'est assez ahurissant car la femme alg&#233;rienne s'est toujours battue. Elle a jou&#233; un r&#244;le de premier ordre pendant la guerre de d&#233;colonisation, et par la suite dans le d&#233;veloppement du pays. Une fois de plus, dans les dix ans d'horreur que nous venons de conna&#238;tre, elle &#233;tait en premi&#232;re ligne, et ce sont principalement les femmes qui ont r&#233;sist&#233;. Elles &#233;taient les plus expos&#233;es au terrorisme, par le fait m&#234;me d'&#234;tre une femme. Les choses doivent changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les jeunes alg&#233;riens ont aussi particuli&#232;rement souffert du climat social. Ils ont grandi au milieu d'une guerre civile, de la terreur, sont confront&#233;s au ch&#244;mage de masse&#8230; La consommation de drogue et la d&#233;linquance ont fortement augment&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es. Quel regard portez-vous sur ce corps social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de la singularit&#233; de cette p&#233;riode qui vaut pour l'ensemble du pays, la jeunesse alg&#233;rienne a les m&#234;mes probl&#232;mes que les jeunes du monde entier. C'est-&#224;-dire qu'elle a son monde, elle le vit avec ses valeurs, son langage, ses codes de socialisation, et comme d'habitude les adultes qui ne comprennent pas tout, ont peur des jeunes. Je suis enseignante de formation et je connais donc bien les jeunes, ils savent plein de choses. Pour grandir individuellement et collectivement les jeunes se sont toujours d&#233;marqu&#233;s de leurs parents, ici comme ailleurs. Maintenant les probl&#232;mes sociaux auxquels vous faites r&#233;f&#233;rence rel&#232;vent de politiques tr&#232;s pr&#233;cises, et c'est aux minist&#232;res comp&#233;tents de les appliquer, et d'en parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle vision avez-vous de la France, avez-vous le sentiment d'&#234;tre soutenue dans la p&#233;riode que vient de traverser l'Alg&#233;rie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alg&#233;rie s'est retrouv&#233;e seule face &#224; ces probl&#232;mes, et nous avons eu peu de soutien en g&#233;n&#233;ral. En revanche, nous avons re&#231;u beaucoup de le&#231;ons des Europ&#233;ens, et des Fran&#231;ais en particulier. Notamment lorsque le processus &#233;lectoral a &#233;t&#233; suspendu pour &#233;viter l'arriv&#233;e au pouvoir du FIS, l'on nous a reproch&#233; d'&#234;tre antid&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#171; amusant &#187; d'ailleurs quand on voit la r&#233;action de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise quand Jean-Marie Le Pen est arriv&#233; au deuxi&#232;me tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles. Une r&#233;action tr&#232;s saine, mais ce sont souvent les m&#234;mes personnes qui nous donnaient des le&#231;ons de d&#233;mocratie quelques ann&#233;es plus t&#244;t, et qui &#233;taient cette fois dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas oublier que pour nous la sanction &#233;tait la mort, les meurtres des islamistes se comptent en centaines de milliers, comme les tortures. Le FN reste dans une certaine limite d&#233;mocratique, c'est pourquoi certaines le&#231;ons &#233;taient insupportables, d'autant plus quand nous ne demandions rien . Ce qui n'emp&#234;che pas que nous ayons plein de choses &#224; apprendre des Europ&#233;ens, vice-versa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que diriez-vous aux jeunes d'origine alg&#233;rienne qui vivent en France ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais aux immigr&#233;s qu'ils restent eux-m&#234;mes. Des Fran&#231;ais remplis de la g&#233;n&#233;rosit&#233;, de la chaleur du soleil de la M&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Portrait d'un engagement</title>
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&lt;p&gt;Psychologue, Amina Rahali fait un parcours repr&#233;sentatif de la jeunesse cultiv&#233;e alg&#233;rienne qui a grandi pendant la guerre civile. Depuis ses ann&#233;es &#233;tudiantes jusqu'&#224; son poste dans une association d'aides aux femmes battues, son histoire est marqu&#233;e par un engagement aupr&#232;s des plus malheureuses, dans un contexte o&#249; se m&#234;lent intervention sociale et engagement militant &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand on l'&#233;coute, on ne croirait vraiment pas qu'elle a l'&#226;ge de son anniversaire. &#192; 27 ans, Amina Rahali, qui est psychologue de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Psychologue, Amina Rahali fait un parcours repr&#233;sentatif de la jeunesse cultiv&#233;e alg&#233;rienne qui a grandi pendant la guerre civile. Depuis ses ann&#233;es &#233;tudiantes jusqu'&#224; son poste dans une association d'aides aux femmes battues, son histoire est marqu&#233;e par un engagement aupr&#232;s des plus malheureuses, dans un contexte o&#249; se m&#234;lent intervention sociale et engagement militant&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand on l'&#233;coute, on ne croirait vraiment pas qu'elle a l'&#226;ge de son anniversaire. &#192; 27 ans, Amina Rahali, qui est psychologue de formation, parle avec le recul et la sagesse acquis dans les exp&#233;riences qui vous font grandir trop vite. Blonde aux yeux verts, elle a ce charme propre &#224; la beaut&#233; kabyle. Elle est &#233;l&#233;gante et s'habille comme toutes les femmes libres des deux c&#244;t&#233;s de la M&#233;diterran&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Je n'ai jamais port&#233; le voile, les autres filles de mon quartier le faisaient pour ne pas se faire agresser. Il ne m'est jamais rien arriv&#233;, mais certains regards &#233;taient terribles. Il fallait regarder devant soi et serrer les dents dans les rues non &#233;clair&#233;es pour ne pas c&#233;der &#224; la peur. Qu'elle soit justifi&#233;e ou non &#187;&lt;/i&gt;, ajoute Amina &#224; demi-mot sans quitter son sourire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune femme est n&#233;e en France &#224; Albertville, elle est revenue avec toute sa famille vivre en Alg&#233;rie &#224; un an, et, depuis n'a jamais plus quitt&#233; son pays. &lt;i&gt;&#171; J'ai essay&#233; quelques semaines de m'installer en France, mais le soleil, les rues d'Alger me manquaient,&lt;/i&gt; explique Amina, &lt;i&gt;J'aime mon pays et ma place est ici, aupr&#232;s des miens &#187;&lt;/i&gt;. Son p&#232;re est &#233;ducateur de jeunes enfants, sa m&#232;re enseignante, deux parents qui lui ont donn&#233; une &#233;ducation lib&#233;rale, et les armes pour se d&#233;fendre face &#224; une soci&#233;t&#233; sexiste. &lt;i&gt;&#171; Ils sont d'une g&#233;n&#233;ration qui vivait sans tous les tabous qui existent maintenant. Ma m&#232;re m'a toujours appris &#224; me d&#233;fendre comme femme pour que je n'accepte pas les pressions de la soci&#233;t&#233;. &#199;a a &#233;t&#233; une chance que peu de jeunes alg&#233;riennes ont &#187;&lt;/i&gt;, souligne Amina. &#201;lev&#233;e avec son petit fr&#232;re par sa m&#232;re divorc&#233;e, Amina a toujours eu la fibre sociale. Une certaine id&#233;e de l'homme h&#233;rit&#233;e de ses valeurs familiales, qui fait qu'elle ne pouvait pas rester inactive devant la trag&#233;die qui frappe son pays, et particuli&#232;rement ses femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#192; chaque &#233;tape de ma vie, on voit des images qui prouvent que la femme est per&#231;ue comme un objet, qu'elle est inf&#233;rieure &#224; l'homme. Ma m&#232;re a beaucoup souffert pour nous &#233;lever seule et chaque &#233;tape a &#233;t&#233; pour moi l'occasion de m'engager un peu plus &#187;&lt;/i&gt;. Amina a suivi un cycle complet pour obtenir son dipl&#244;me de psychologue clinicien &#224; la facult&#233; de sciences humaines d'Alger. C'&#233;tait au d&#233;but des ann&#233;es 1990. La p&#233;riode la plus noire de l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante, marqu&#233;e par des massacres tous plus odieux et nombreux les uns que les autres, et les campus &#233;taient en effervescence. &lt;i&gt;&#171; Dans toutes les facult&#233;s, les gens avaient peur, c'&#233;tait terrible. Heureusement, en sciences humaines, les islamistes n'&#233;taient pas tr&#232;s nombreux, et ils ne dictaient pas leurs lois. Devant les &#233;v&#233;nements qui s'abattaient sur notre pays, nous avons bascul&#233; de l'enfance &#224; l'&#226;ge adulte. J'ai commenc&#233; &#224; participer &#224; l'association SOS Femmes en d&#233;tresse vers la fin de mes &#233;tudes. A cette &#233;poque, j'effectuais un stage clinique dans un service hospitalier de canc&#233;rologie. Peu &#224; peu, je me suis identifi&#233;e aux militantes qui luttaient tout en participant &#224; monter cette structure &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme souvent c'est un &#233;v&#233;nement personnel qui a fait office de d&#233;clic, pour pousser Amina &#224; s'investir d&#233;finitivement. Une r&#233;flexion qui se voulait anodine de son ancien copain, et qui a d&#233;faut de l'&#234;tre, t&#233;moigne bien de l'emprise du discours islamiste sur des pans entiers de la soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne. &lt;i&gt;&#171; Nous &#233;tions depuis quatre ans ensemble, sans jamais que cette question soit &#233;voqu&#233;e. Jusqu'au jour o&#249; il m'a dit qu'il demanderait un test de virginit&#233; avant notre mariage. &#199;a a &#233;t&#233; un d&#233;tonateur, je l'ai quitt&#233; et depuis ce moment mon histoire s'est m&#234;l&#233;e &#224; celle des femmes en lutte &#187;&lt;/i&gt;, rappelle-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si depuis quelques semaines elle a interrompu son activit&#233; de psychologue dans le seul centre d'&#233;coute t&#233;l&#233;phonique du pays pour femmes violent&#233;es, ce n'est pour elle qu'une parenth&#232;se. Une pause pour souffler, pour pouvoir continuer. Amina est la seule psychologue de la structure qu'elle a particip&#233; &#224; cr&#233;er. &lt;i&gt;&#171; Il faut faire des pauses. Car dans un contexte de guerre civile, avec toutes les horreurs que vivent les Alg&#233;riennes, je ne tenais plus psychologiquement &#224; rester sans raccrocher un moment de 9 &#224; 17 heures au t&#233;l&#233;phone &#187;&lt;/i&gt;, explique Amina en soulignant la pr&#233;carit&#233; des conditions de travail des travailleurs sociaux alg&#233;riens. &lt;i&gt;&#171; Nous ne b&#233;n&#233;ficions d'aucun soutien moral, ou psychologique. En Alg&#233;rie un psychologue ne peut pas parler de ses probl&#232;mes. Il y a une trop grosse charge affective et d'angoisses chez les gens pour accepter de nous entendre. Ils disent syst&#233;matiquement : tu es psy, tu dois comprendre &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien souvent d'ailleurs le psychologue est le seul travailleur social form&#233; dans les &#233;quipes qui viennent en aide aux femmes violent&#233;es, victimes du terrorisme, ou r&#233;pudi&#233;es. Car la formation d'AS n'est plus dispens&#233;e dans le pays depuis plusieurs ann&#233;es et les &#233;ducateurs se forment aussi sur le tas. Une difficult&#233; qui s'ajoute au climat social ambiant qui ne laisse pas plus de r&#233;pit aux travailleurs sociaux, qu'aux autres. &lt;i&gt;&#171; C'est tr&#232;s dur de g&#233;rer le m&#233;tier de psychologue dans un contexte comme celui que nous vivons. L'oppression de la femme est constante, dans la rue ce sont des regards, des gestes, des paroles de m&#244;mes m&#234;mes. Souvent des jeunes qui n'ont pas plus de 14 ans vous font des r&#233;flexions du type, &#171; pourquoi elle n'est pas &#224; ses fourneaux celle-l&#224;&#8230; &#187; Tout cela fait que vous &#234;tes sans cesse confront&#233;e personnellement aux probl&#233;matiques des femmes que vous soutenez &#187;&lt;/i&gt; En cas d'altercation, la femme est syst&#233;matiquement coupable pour la foule. Le plus usant ce sont ces petites brimades de tous les jours &#224; la femme, qui s'ajoute &#224; l'extr&#234;me difficult&#233; du terrain de la professionnelle, et qui deviennent insupportables quand s'ajoute le sentiment d'isolement au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#233;tier, elle l'aime plus que tout et n'envisage pas un seul moment de l'abandonner d&#233;finitivement. &#192; 27 ans, avec plus de 6 ans d'exp&#233;rience, Amina est une professionnelle plus que confirm&#233;e. S'il lui est difficile de dissocier sa vie professionnelle de sa vie priv&#233;e, elle se donne n&#233;anmoins tous les garde-fous pour limiter l'impact de son propre affect, et de ses propres croyances sur son travail. &lt;i&gt;&#171; Je suis croyante, mais quand je suis psychologue, je laisse mes valeurs de c&#244;t&#233;. Mon m&#233;tier ne me permet pas de penser les situations autrement que sous l'angle professionnel. De par mon bagage culturel, je n'ai pas le droit de le faire. &#187;&lt;/i&gt; Un garde-fou qui est au quotidien son principal rep&#232;re professionnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Des m&#232;res isol&#233;es sur les hauteurs d'Alger</title>
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&lt;p&gt;Le centre d'accueil de Darna re&#231;oit des femmes et leurs enfants victimes du terrorisme ou d'un climat social &#233;crasant. En l'espace de quelques mois, elles apprennent &#224; se reconstruire et &#224; pr&#233;parer un nouveau d&#233;part &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les hauteurs d'Alger, le centre Darna est l'un des seuls foyers d'accueil pour les m&#232;res isol&#233;es d'Alg&#233;rie. Ici, vivent une vingtaine de familles monoparentales. La diversit&#233; des profils des femmes accueillies au centre t&#233;moigne de l'ampleur du probl&#232;me, et de la gravit&#233; de la situation des (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le centre d'accueil de Darna re&#231;oit des femmes et leurs enfants victimes du terrorisme ou d'un climat social &#233;crasant. En l'espace de quelques mois, elles apprennent &#224; se reconstruire et &#224; pr&#233;parer un nouveau d&#233;part&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur les hauteurs d'Alger, le centre Darna est l'un des seuls foyers d'accueil pour les m&#232;res isol&#233;es d'Alg&#233;rie. Ici, vivent une vingtaine de familles monoparentales. La diversit&#233; des profils des femmes accueillies au centre t&#233;moigne de l'ampleur du probl&#232;me, et de la gravit&#233; de la situation des femmes isol&#233;es dans le pays. Des centres d'accueil comme celui-ci sont moins d'une dizaine en Alg&#233;rie, la situation en exigerait des centaines, voire des milliers, selon Myriam Ben Hamza, la pr&#233;sidente de l'association Darna, qui g&#232;re le centre d'accueil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines r&#233;sidantes collectionnent les bagages universitaires, d'autres sont analphab&#232;tes. Toutes les g&#233;n&#233;rations, toutes les r&#233;gions du pays se croisent : des montagnardes des villages retir&#233;s et touch&#233;s en premier lieu par le terrorisme, aux Alg&#233;roises et Oranaises influenc&#233;es par la culture occidentale. Les habitudes de vies, les codes sociaux sont tr&#232;s diff&#233;rents entre les femmes des villes, et celles des montagnes et villages. Bien souvent c'est ici que ces mondes &#233;tanches se croisent pour la premi&#232;re fois. Quelques-unes travaillent, mais la majorit&#233; n'ont jamais quitt&#233; l'appartement o&#249; elles &#233;taient confin&#233;es par un p&#232;re ou un mari. Certaines sont voil&#233;es, d'autres sont maquill&#233;es et habill&#233;es &#224; l'occidentale, quelques-unes font les deux. Seules deux r&#233;sidantes n'ont pas d'enfants, les autres sont filles-m&#232;res ou divorc&#233;es. &#171; La diversit&#233; des parcours de vie des h&#233;berg&#233;es est repr&#233;sentative de la condition de la femme alg&#233;rienne &#187;, explique Myriam Ben Hamza, qui est &#233;galement la pr&#233;sidente de Rachda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rachda est un collectif d'associations organis&#233; lui-m&#234;me sous une forme associative, dont Darna est membre. Son objectif est d'acc&#233;der &#224; l'&#233;galit&#233; des sexes sur le long terme, et de lutter concr&#232;tement par des actions de terrains contre la discrimination dont sont victimes les femmes. Ces actions prennent la forme de manifestations, de campagnes d'information et d'&#233;ducation&#8230; L'association, qui compte plus de mille adh&#233;rentes r&#233;parties dans des comit&#233;s couvrants tout le territoire, m&#232;ne &#233;galement des actions caritatives et sociales. &#192; l'instar du centre d'accueil de Darna, ou des permanences d'orientation juridique, des collectes de m&#233;dicaments, de v&#234;tements, et de toutes les aides concr&#232;tes apport&#233;es aux femmes alg&#233;riennes et &#224; leurs familles. &#171; La lutte contre la discrimination sexuelle qui ronge le pays passe aussi par des actions sociales concr&#232;tes. Elles permettent de cr&#233;er une dynamique et surtout de sortir quelques femmes de la grande pr&#233;carit&#233; &#8212; explique Myriam Ben Hamza- La situation est tr&#232;s difficile pour les femmes isol&#233;es en Alg&#233;rie, elles sont dans le d&#233;nuement le plus total. Elles sont mises au ban de la soci&#233;t&#233; qui les rejette et veut ignorer leur existence. Il n'y a aucun syst&#232;me de prise en charge sociale, il n'y a pas d'allocations. C&#233;libataires, avec ou sans enfant, il leur est impossible de trouver un travail ou un logement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darna en arabe veut dire &#171; notre maison &#187;. De l'ext&#233;rieur, le centre a des allures de camp retranch&#233;. &#192; chaque angle de l'enceinte tr&#244;ne un mirador, et l'imposante porte de fer de l'unique entr&#233;e est constamment ferm&#233;e. Si jusqu'ici il n'y a jamais eu de probl&#232;mes, dans le regard des riverains, l'hostilit&#233; du quartier est palpable. Elle est &#224; l'image de celle de la majorit&#233; de la soci&#233;t&#233; pour ces femmes victimes du terrorisme, ou tout simplement r&#233;pudi&#233;es par un mari ou rejet&#233;es par un p&#232;re tout-puissant. Install&#233; &#224; Mohammadia, dans une des banlieues pauvres de la capitale, le centre Darna est &#224; proximit&#233; d'une mosqu&#233;e. Lors de son ouverture en catastrophe pour accueillir une quarantaine de victimes de viols collectifs et de tortures dans une ville gazi&#232;re du sud du pays, les islamistes ont fait circuler des p&#233;titions d&#233;non&#231;ant l'installation de maisons closes. Aucune des femmes n'&#233;tait une prostitu&#233;e. Elles travaillaient comme personnel de maison chez des &#233;trangers, et subvenaient donc seules &#224; leurs besoins. Autant de raisons pour leurs bourreaux de s&#233;vir avec une rare barbarie &#224; deux reprises en 48 heures. L'une d'elle sera enterr&#233;e vivante, toutes ont &#233;t&#233; viol&#233;es et tortur&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une parodie de justice, la cour qui a jug&#233; l'affaire le 15 juin dernier n'a pas retenu comme chef d'accusation le viol, et a condamn&#233; seulement une partie des accus&#233;s &#224; une peine maximale de deux ans de prison. &#171; Ces femmes sont arriv&#233;es d&#233;truites physiquement et psychologiquement. Ce sont des femmes fortes, tr&#232;s solidaires, et en arrivant, elles n'avaient plus rien. Le drame s'est pass&#233; un Vendredi saint, et tous les vendredis, elles revivaient collectivement par des cris, des pleurs les sc&#232;nes d'horreur qu'elles ont v&#233;cues. Elles ont &#233;t&#233; soutenues au quotidien par le m&#233;decin et la psychologue. Aujourd'hui elles sont reparties, certaines &#224; Hassi Messaoud, et d'autres dans leur r&#233;gion d'origine &#187;, se souvient Malika Silem, la directrice de l'association. La plupart des femmes de Hassi Messaoud sont encore en contact avec l'association, qui par ailleurs, a fait appel de la d&#233;cision du tribunal par l'interm&#233;diaire de son collectif d'avocates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cibles privil&#233;gi&#233;es des islamistes, les femmes victimes du terrorisme se comptent par milliers depuis le d&#233;but de la guerre civile, il y a une quinzaine d'ann&#233;es. Menac&#233;es de mort et tortur&#233;es, elles se retrouvent seules au sein d'une soci&#233;t&#233; qui a peu de sollicitude pour leur calvaire. Simples citoyennes ou engag&#233;es contre la terreur int&#233;griste, la majorit&#233; de ces alg&#233;riennes vivent dans le d&#233;nuement le plus total. &#171; En Alg&#233;rie, une part importante des femmes ne s'est jamais voil&#233;e. Dans la p&#233;riode de plomb des ann&#233;es 90 ce sont principalement elles qui ont r&#233;sist&#233;. Dans les villages, des enseignantes se faisaient &#233;gorger en pleine classe, mais elles continuaient leurs cours. Une polici&#232;re a &#233;t&#233; assassin&#233;e par ses propres amis d'enfance en bas de chez elle. Circuler non voil&#233;e est un danger permanent, partout il y a des regards inquisiteurs qui annoncent l'horreur &#187;, explique Myriam Ben Hamza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment, il n'y a pas &#224; Darna de femmes victimes du terrorisme. Les h&#233;berg&#233;es ont toutes &#233;t&#233; r&#233;pudi&#233;es par un mari, chass&#233;es par un p&#232;re, ou victimes de violences conjugales. En plus des crimes des terroristes, les femmes sont victimes de lois qui ne laissent aucun droit &#224; l'&#233;pouse alg&#233;rienne r&#233;pudi&#233;e. &#171; Ici les femmes se battent sur tous les terrains. En plus de l'int&#233;grisme, qui viole et tue &#224; tours de bras, il y a l'oppression du code de la famille en vigueur depuis 1984. Cette loi place juridiquement et socialement la femme comme inf&#233;rieure &#224; l'homme, la rel&#232;gue au rang d'une marchandise &#187;, explique Khalida Toumi Messaoudi, l'ancienne pr&#233;sidente de Rachda, aujourd'hui porte-parole du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe qui anime le centre est compos&#233;e de deux &#233;ducatrices, une directrice, une cuisini&#232;re, une m&#233;decin et une psychologue. &#171; Ces femmes ont eu des parcours de vie marqu&#233;s par la violence, certaines ont v&#233;cu tr&#232;s longtemps dans la rue. Le rendez-vous chez la psychologue est un passage obligatoire qui permet de faire le point, de verbaliser ce qu'elles ont v&#233;cu. Cela permet aussi pour les nouvelles arriv&#233;es de marquer symboliquement un nouveau d&#233;part &#187;, explique Malika Silem, la directrice de l'association. Si chaque membre poss&#232;de une comp&#233;tence propre, toute l'&#233;quipe participe &#224; la mission &#233;ducative. Ainsi comme dans de nombreuses structures fran&#231;aises, la cuisini&#232;re tient un r&#244;le tr&#232;s important. &#171; Les femmes discutent beaucoup avec moi, la cuisine est une pi&#232;ce de vie centrale. Elles se laissent aller aux confidences, me demandent des conseils pour les enfants&#8230; Il m'arrive de faire le lien avec les &#233;ducatrices quand c'est n&#233;cessaire &#187;, explique-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lamya est arriv&#233;e au foyer il y a quelques semaines. Elle a 22 ans, et elle est sur le point d'accoucher. Apr&#232;s un mariage religieux consomm&#233; dans la h&#226;te, son mari l'a abandonn&#233;e. Confront&#233;e au pire dilemme que puisse conna&#238;tre une m&#232;re, elle h&#233;site &#224; confier son enfant &#224; l'assistance publique. &#171; Avec moi il n'a aucun avenir. Sans p&#232;re, il sera la ris&#233;e de ses copains d'&#233;cole et je ne pourrai pas le nourrir. Il sera plus heureux dans un orphelinat &#187;. Elle n'a pourtant pas l'air convaincue. Chaque ann&#233;e, des milliers de nouveau-n&#233;s sont abandonn&#233;s dans ces situations. Seul, le mariage religieux n'a pas de reconnaissance l&#233;gale, mais il est tr&#232;s r&#233;pandu dans les milieux populaires. Une fois abandonn&#233;e, la &#171; mal mari&#233;e &#187; n'a plus de floraison &#224; offrir, ce qui amenuise grandement ses perspectives d'avenir. Sportive, Lamya ressemble &#224; beaucoup de jeunes filles ayant grandi pendant la guerre civile. En d&#233;pit d'un parcours jonch&#233; de gal&#232;res, elle reste combative et d&#233;termin&#233;e. &#171; Ma m&#232;re est morte quand j'avais 8 ans, mon p&#232;re m'a oblig&#233; &#224; arr&#234;ter l'&#233;cole mais j'ai continu&#233; &#224; &#233;tudier en cachette. Ma vie &#233;tait rythm&#233;e par les corv&#233;es m&#233;nag&#232;res et les racl&#233;es jusqu'au jour o&#249; il m'a jet&#233;e dehors, dans la m&#234;me p&#233;riode, mon fr&#232;re a&#238;n&#233; a disparu dans le maquis. &#187; Lamya a connu les rues particuli&#232;rement dangereuses la nuit &#224; Alger. Elle a dormi pendant de long mois sous la statue d'Abdel Kader, dans le centre ville de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dalila, elle a 32 ans. Elle a fui son mari, un cousin par alliance qui la frappait. Elle et ses enfants. Fonctionnaire de police, elle a souvent d&#233;pos&#233; plainte avec des fractures ouvertes comme preuves &#224; la cl&#233;, et en plus, les t&#233;moignages de ses voisins et coll&#232;gues. Sans pour autant avoir obtenu une seule fois r&#233;paration devant les tribunaux. &#171; Le m&#233;decin l&#233;giste s'arrangeait syst&#233;matiquement pour ne pas enregistrer la plainte &#187;, raconte-t-elle. Comme les autres femmes du foyer qui travaillent, elle laisse pour la journ&#233;e ses enfants &#224; la cr&#232;che situ&#233;e en dehors du foyer. Mohamadia est une commune excentr&#233;e de la banlieue d'Alger, et chaque matin Dalila a plus de trois heures de transport pour rejoindre son lieu de travail. C'est aussi le cas pour Anissa, une institutrice de 36 ans, que son mari a r&#233;pudi&#233;e apr&#232;s lui avoir fait subir des ann&#233;es de violence conjugale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif du centre est l'insertion professionnelle, sociale et par le logement des h&#233;berg&#233;es. Des conditions tr&#232;s difficiles &#224; remplir, car le ch&#244;mage en Alg&#233;rie concerne pr&#232;s de 30 % de la population totale, et affecte particuli&#232;rement les jeunes et les femmes. L'acc&#232;s au logement est aussi souvent un difficile eldorado. P&#233;nurie de logement oblige, la plupart des familles alg&#233;riennes vivent &#224; plusieurs g&#233;n&#233;rations sous le m&#234;me toit. Face aux crises conjugu&#233;es du logement et de l'emploi, l'association tente tant bien que mal de faire jouer ses r&#233;seaux de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des h&#233;berg&#233;es n'ont jamais travaill&#233;, et il leur faut apprendre en premier lieu un m&#233;tier. Dans ce dessein, derri&#232;re le r&#233;fectoire o&#249; elles prennent leur repas, est am&#233;nag&#233;e une salle. L&#224; sont dispens&#233;s des cours de couture, de broderie, d'informatique, de coiffure. &#171; Au d&#233;but il s'agit juste d'activit&#233;s pour les occuper, mais nous faisons en sorte de leur apprendre un m&#233;tier qu'elles pourront exercer par la suite &#187;, explique Malika Silem. Les cours sont dispens&#233;s par les &#233;ducatrices, ou des militantes b&#233;n&#233;voles proches de Rachda. L'objectif de l'&#233;quipe de Darna est &#224; terme d'ouvrir ces formations aux femmes du quartier, et de cr&#233;er une dynamique &#224; m&#234;me de favoriser la r&#233;int&#233;gration des r&#233;sidantes dans la soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne. Les ann&#233;es pass&#233;es &#224; la rue, ou &#224; recevoir des coups sont autant de traumatismes que les r&#233;sidantes de Darna doivent apprendre &#224; d&#233;passer pour r&#233;int&#233;grer une vie normale. &#171; Les femmes arrivent ici souvent terroris&#233;es par ce qu'elles ont v&#233;cu. Bien souvent elles ont besoin de soins physiques, mais aussi psychologiques. Notamment pour r&#233;apprendre &#224; &#233;lever leurs enfants dans des conditions normales. Nous ne faisons pas de suivis &#233;ducatifs individuels dans le sens o&#249; vous l'entendez en Europe, mais nous entretenons une dynamique entre les m&#232;res pour qu'elles se soutiennent, s'entraident. &#187;, explique Malika Silem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Subventionn&#233;e principalement par des associations de femmes italiennes, l'association sait, elle aussi, faire preuve de solidarit&#233; internationale. Une femme r&#233;fugi&#233;e d'Irak vient d'arriver au centre avec ses trois enfants, compl&#232;tement d&#233;munie, elle a &#233;t&#233; orient&#233;e ici par Mg Teissier, l'&#233;v&#234;que d'Alger. Elle est impressionn&#233;e par la propret&#233; des locaux et ravie d'avoir &#224; sa disposition, comme toutes les autres, un petit chalet avec l'eau courante et un coin cuisine. Apr&#232;s des ann&#233;es de pers&#233;cution, elle h&#233;site &#224; dire qu'elle est chr&#233;tienne, tandis que Myriam Ben Hamza la rassure, et insiste sur la la&#239;cit&#233; du centre. Dans le chalet d'en face, c'est une jeune fille-m&#232;re qui est arriv&#233;e depuis quelques jours. Voil&#233;e, elle porte le hijab, une longue robe ample que tentent d'imposer les islamistes. Elle vient d'abandonner son nouveau-n&#233; et traumatis&#233;e, elle reste recluse dans son studio. Il est 17 heures au moment o&#249; les voix des enfants commencent &#224; animer la cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la p&#233;riode de Ramadan, toutes les femmes sont rentr&#233;es au foyer &#224; cette heure pour le premier repas de la journ&#233;e. Elles attendent avec leurs enfants la rupture du je&#251;ne annonc&#233; par la voix lancinante du muezzin qui du haut du minaret, inonde les alentours. Toutes les r&#233;sidentes sont pratiquantes, et les veill&#233;es du Ramadan sont des moments de f&#234;tes que personne ne rate. La salle commune est d&#233;cor&#233;e pour l'occasion. D&#232;s le je&#251;ne rompu par quelques cuill&#232;res de chorba et du pain, la communaut&#233; se resserre devant la t&#233;l&#233;vision. L&#224; elles prennent quelques moments de d&#233;tente avant de coucher les enfants. Pour beaucoup, c'est aussi une mani&#232;re de d&#233;compresser avant de se retrouver confront&#233;es pour la nuit &#224; l'angoisse de l'avenir. &#171; Elles se rel&#232;vent souvent pour discuter avec l'&#233;ducatrice qui assure les nuits, elles ont besoin de parler. Car elles savent que le centre n'est qu'une halte, que dans quelques semaines elles seront confront&#233;es &#224; de nouvelles &#233;preuves &#187;, explique Malika Dercem.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>De la complexit&#233; en pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e</title>
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&lt;p&gt;&#201;valuez ! Telle sera sans doute la future injonction &#224; laquelle les responsables de service et les travailleurs sociaux devront se soumettre de bonne ou mauvaise gr&#226;ce dans les ann&#233;es &#224; venir. Il faut bien avouer que, trop souvent, cette &#171; &#233;valuation &#187; se limite encore &#224; la production d'un vague compte rendu annuel &#233;labor&#233; uniquement &#224; partir d'&#233;l&#233;ments quantitatifs d&#233;clin&#233;s dans toutes les directions. Mais, ce qui est au c&#339;ur de l'&#233;valuation, c'est-&#224;-dire l'explication de la d&#233;marche entreprise, du contexte (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;valuez ! Telle sera sans doute la future injonction &#224; laquelle les responsables de service et les travailleurs sociaux devront se soumettre de bonne ou mauvaise gr&#226;ce dans les ann&#233;es &#224; venir. Il faut bien avouer que, trop souvent, cette &#171; &#233;valuation &#187; se limite encore &#224; la production d'un vague compte rendu annuel &#233;labor&#233; uniquement &#224; partir d'&#233;l&#233;ments quantitatifs d&#233;clin&#233;s dans toutes les directions. Mais, ce qui est au c&#339;ur de l'&#233;valuation, c'est-&#224;-dire l'explication de la d&#233;marche entreprise, du contexte d'action, le rappel des objectifs retenus, la mesure r&#233;guli&#232;re des &#233;carts enregistr&#233;s entre ces objectifs et les r&#233;alisations, l'explicitation des r&#233;ajustements op&#233;r&#233;s et les effets obtenus en fin de compte sont, la plupart du temps, ignor&#233;s dans ce qu'il est convenu d'appeler le rapport d'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur du pr&#233;sent ouvrage, Daniel Lecompte, dirige un service de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e &#224; la sauvegarde d'Eure-et-Loir. Riche d'une longue exp&#233;rience de terrain, il se propose de fournir, &#224; travers ce qui s'apparente &#224; un petit trait&#233; de l'&#233;valuation, outils m&#233;thodologiques et r&#233;flexions de fond afin d'aider les professionnels int&#233;ress&#233;s &#224; mettre en ?uvre une d&#233;marche d'&#233;valuation de leur travail digne de ce nom. Au-del&#224; des objectifs g&#233;n&#233;raux de la pr&#233;vention, ceux &#233;nonc&#233;s par les textes de r&#233;f&#233;rence : &#171; faciliter la promotion des jeunes et des familles et pr&#233;venir la marginalisation &#187;, l'&#233;valuation doit pouvoir s'appuyer sur un diagnostic pr&#233;alable faisant clairement appara&#238;tre les objectifs sp&#233;cifiques au territoire d'intervention, formul&#233;s en tenant compte des &#171; caract&#233;ristiques de la population, des ph&#233;nom&#232;nes rep&#233;r&#233;s, des probl&#232;mes &#224; traiter, des moyens mis en ?uvre par d'autres partenaires &#187;, comme le souligne Daniel Lecompte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, l'essentiel se r&#233;sume &#224; associer l'ensemble des acteurs concern&#233;s dans un travail d'&#233;laboration collective d'outils partag&#233;s de fa&#231;on &#224; faciliter une lecture commune (ce qui n'&#233;limine pas la critique) de ce qui est entrepris. Dans ce sens l'&#233;valuation aiguise la cr&#233;ativit&#233; et favorise l'exercice d'une certaine forme d'autonomie de m&#234;me que la recherche de l'innovation. L'expression de D. Rollin, cit&#233;e par l'auteur, est ici de circonstance : &#171; L'&#233;valuation dynamique, c'est un &#233;tat d'esprit, une d&#233;marche avant d'&#234;tre une m&#233;thode &#187;. Voil&#224; qui ne manquera pas de convaincre les plus frileux qui doutaient encore du bien fond&#233; du processus ! Plus concr&#232;tement peut-&#234;tre, gageons qu'effectivement l'&#233;valuation permet &#171; de favoriser les convergences de vue et la coop&#233;ration entre des acteurs politiques, administratifs et associatifs &#187;. Ce n'est d&#233;j&#224; pas si mal ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. L'Harmattan, 2002 (132 p. ; 12,20 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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