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	<title>Lien Social</title>
	<link>https://www.lien-social.com/</link>
	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Les blessures que l'on subit enfant ne cicatrisent jamais vraiment</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Les-blessures-que-l-on-subit-enfant-ne-cicatrisent-jamais-vraiment</link>
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		<dc:date>2023-04-10T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;seaux sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>1337</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Que les exp&#233;riences, positives comme n&#233;gatives, de l'enfance jouent un r&#244;le de premier ordre dans nos choix, mais aussi nos fragilit&#233;s, nous le savons de notre v&#233;cu propre. Les &#233;tudes scientifiques le confirment. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Passer les dix premi&#232;res ann&#233;es de sa vie &#224; subir la violence d'un p&#232;re alcoolique. Les pas titubent &#224; l'approche du palier. Le cliquetis confus des cl&#233;s qui s'&#233;ternisent dans les difficult&#233;s &#224; ins&#233;rer celle de la serrure. L'odeur. Toutes ces anticipations d&#233;sesp&#233;r&#233;es de la violence qui va (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es" rel="directory"&gt;Matie&#768;re a&#768; pense&#769;es&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Prevention-specialisee-1601" rel="tag"&gt;Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Reseaux-sociaux" rel="tag"&gt;R&#233;seaux sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1337-" rel="tag"&gt;1337&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que les exp&#233;riences, positives comme n&#233;gatives, de l'enfance jouent un r&#244;le de premier ordre dans nos choix, mais aussi nos fragilit&#233;s, nous le savons de notre v&#233;cu propre. Les &#233;tudes scientifiques le confirment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Passer les dix premi&#232;res ann&#233;es de sa vie &#224; subir la violence d'un p&#232;re alcoolique. Les pas titubent &#224; l'approche du palier. Le cliquetis confus des cl&#233;s qui s'&#233;ternisent dans les difficult&#233;s &#224; ins&#233;rer celle de la serrure. L'odeur. Toutes ces anticipations d&#233;sesp&#233;r&#233;es de la violence qui va in&#233;vitablement bient&#244;t se d&#233;cha&#238;ner sur moi, et sur maman. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En tant que travailleur social, nous avons souvent constat&#233; qu'un adulte qui s'ab&#238;me dans des comportements d&#233;l&#233;t&#232;res pour lui, pour sa sant&#233;, ou pour les autres, a le plus souvent une vie caboss&#233;e. Que, par une des injustices qui semblent irr&#233;m&#233;diables, un adulte en souffrance fut le plus souvent un enfant qui d&#233;j&#224; souffrait, les &#233;ducateurs, les soignants, les travailleurs sociaux, le savent, d'exp&#233;rience r&#233;p&#233;t&#233;e et douloureuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais toute cette exp&#233;rience reste sans force face aux lieux communs de l'opinion. Face &#224; tout t&#233;moignage, toute histoire dramatique, ceux qui vivent bien &#224; l'abri r&#233;torquent que &lt;i&gt;&#171; on choisit toujours &#187;&lt;/i&gt;, que &#171; &lt;i&gt;&#8239;personne ne l'a forc&#233; &#187;&lt;/i&gt;, que &lt;i&gt;&#171; la seringue n'est pas venue toute seule se planter dans sa veine &#187;&lt;/i&gt;,&#8239;etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; R&#233;guli&#232;rement les pompiers et les policiers qui interviennent. Parfois eux-m&#234;mes sont pouss&#233;s dans leurs retranchement. Trop de violence, trop de coups. Un jour, un sapeur-pompier n'en peut plus. Exc&#233;d&#233; de ce qu'il voit, il perd le contr&#244;le, plaque le p&#232;re au mur, en le mena&#231;ant si jamais il recommence. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, les outils de l'&#233;pid&#233;miologie valident d&#233;sormais les constats anciens des professionnels de terrain. Un m&#233;decin, soucieux de ses patients, &#224; qui l'on avait object&#233; qu'il trouvait des excuses &#224; des vies rat&#233;es et qu'il pourrait aligner autant de t&#233;moignages qu'il trouverait, que cela ne remplacerait pas une &#233;tude &#233;pid&#233;miologique, avait les moyens de la mener, cette &#233;tude. Et il la mena.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des racines dans l'enfance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#233;decin, c'est Vincent Felitti, l'&#233;tude, quant &#224; elle, porte le nom d'&lt;i&gt;adverse childhood experiences study&lt;/i&gt;, souvent abr&#233;g&#233; en &lt;i&gt;ACEs study&lt;/i&gt; : l'&#233;tude des exp&#233;riences adverses subies durant l'enfance. Avec elle, nous passons des constats individuels &#224; la preuve. Nous &#233;tablissons un lien entre exp&#233;riences traumatiques de l'enfance et troubles de la sant&#233; (maladies coronaires, sant&#233; mentale, diab&#232;te&#8230;), conduites addictives, et aussi insertion sociale. Le d&#233;ni perd ses assises.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; &#192; 12 ans, se sentir mieux aupr&#232;s des punks du 13&#232;me arrondissement. &#192; quinze ans, ne plus supporter de rester assis &#224; l'&#233;cole mais ne rater aucun concert des B&#233;rruriers noirs, s'alcooliser jusqu'&#224; l'ivresse. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En quoi consiste-t-elle ? &#192; premi&#232;re vue, elle semble fruste : durant six mois, l'&#233;quipe d'un centre m&#233;dical propose &#224; plus de 20 000 patients de la classe moyenne venant pour un bilan de sant&#233;, de r&#233;pondre &#224; dix questions portant chacune sur une cat&#233;gorie de maltraitance ou de n&#233;gligence : &lt;i&gt;&#171; avant l'&#226;ge de 18 ans, avez-vous &#233;t&#233; victime de&#8230; ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour chaque r&#233;ponse, le &#171; score &#187; est incr&#233;ment&#233; ou non, d'o&#249; un nombre situ&#233; entre 0 et 10. Celui-ci est ensuite mis en lien avec le dossier m&#233;dical. Pr&#233;cisons : ces patients d'un &#226;ge moyen d'environ 57 ans, font partie de la classe moyenne de Californie. Ils sont ins&#233;r&#233;s et gagnent confortablement leur vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier r&#233;sultat, c'est la banalit&#233; de la souffrance : les deux tiers des r&#233;pondants ont subi une ou plusieurs &#233;preuves. Le deuxi&#232;me, c'est que la d&#233;gradation de l'&#233;tat de sant&#233; est proportionnelle au score, il r&#233;pond au principe &#171; dose-r&#233;ponse &#187;. Plus une personne aura subi de ACEs, plus elle pr&#233;sentera un nombre important de probl&#232;mes de sant&#233;. Le troisi&#232;me, c'est que, pour une pathologie donn&#233;e, sa fr&#233;quence sera d'autant plus &#233;lev&#233;e que l'on consid&#233;rera des personnes ayant un score &#233;lev&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, un lien dose-r&#233;ponse a &#233;t&#233; &#233;tabli entre le nombre d'&#233;preuves diff&#233;rentes et le risque d'entr&#233;e pr&#233;coce dans le tabagisme, de m&#234;me avec la d&#233;pendance &#224; l'alcool, le risque de recourir &#224; l'injection intraveineuse de drogues, ou la d&#233;pression.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; &#192; 18 ans, pr&#233;f&#233;rer la L&#233;gion &#233;trang&#232;re au larcin de trop qui m&#232;nerait au trou : sept ann&#233;es d'arm&#233;e, une guerre&#8230; et encore davantage d'alcool pour supporter de vivre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
S'agissant d'une &#233;quipe m&#233;dicale, l'&#233;tude portait &#233;videmment sur la sant&#233;. Reprenant la m&#233;thodologie, d'autres chercheurs ont explor&#233; les cons&#233;quences sociales des ACEs. &#201;tude apr&#232;s &#233;tude, les r&#233;sultats se confirment : les risques sont proportionnels au nombre d'&#233;preuves subies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s analyse, c'est le choc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Connecticut, avec un score de 3 ou plus, la probabilit&#233; pour un adulte d'avoir subi une agression sexuelle &#224; l'&#226;ge adulte est multipli&#233;e par 5, celle d'avoir des difficult&#233;s &#224; payer son logement est multipli&#233;e par 3, celle d'&#234;tre souvent, ou toujours, pr&#233;occup&#233; de trouver les moyens de se nourrir est multipli&#233;e par 3. En &#201;cosse, une &#233;tude &#233;tablit qu'avec un score de 4 ou plus, le risque d'une grossesse pr&#233;coce et non d&#233;sir&#233;e est multipli&#233; par 6, celui d'avoir &#233;t&#233; impliqu&#233; dans des actes violents au cours de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e est multipli&#233; par 14, celui d'avoir &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233; est multipli&#233; par 20 (par rapport &#224; quelqu'un n'ayant subi aucune adversit&#233;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains objecteront que ces &#233;tudes ont &#233;t&#233; men&#233;es dans d'autres pays. Bien s&#251;r, des diff&#233;rences existent, mais sur tous les continents, tous les r&#233;sultats viennent confirmer l'aggravation progressive de la sant&#233;, de l'insertion sociale, en proportion des &#233;preuves n&#233;gatives subies enfant.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; &#192; 45 ans, apr&#232;s des ann&#233;es de gal&#232;re, submerg&#233; par l'alcool et les troubles psychiatriques, &#234;tre reconnu travailleur handicap&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Si la pr&#233;carit&#233;, les m&#233;susages de substances, les comportements violents r&#233;sultent, au moins en partie, des ACEs, ils sont autant d'&#233;preuves pour les enfants qui grandissent avec ces adultes en souffrance comme parents, r&#233;p&#233;tant, reproduisant la souffrance et la pr&#233;carit&#233;. Oui, les &#233;preuves adverses sont banales et se r&#233;p&#232;tent &#224; travers les g&#233;n&#233;rations. Allons-nous attendre une demande d'aide de parents pour les soutenir ? Et si celle-ci n'&#233;tait jamais formul&#233;e ? Comment conna&#238;tre l'importance dramatique de ces &#233;preuves si personne ne nous en a parl&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de la pr&#233;vention, de l'accompagnement et du soutien parental. &#192; la suite de ces &#233;tudes, des &#201;tats, ou des villes s'engagent. Par exemple, la ville de Bristol s'engage &#224; devenir &lt;i&gt;&#171; ACE aware &#187;&lt;/i&gt;, consciente, inform&#233;e des &#233;preuves subies durant l'enfance, afin de les pr&#233;venir. Pour elle, &lt;i&gt;&#171; il s'agit d'un engagement &#224; d&#233;velopper une approche holistique dans toute la ville, en mettant l'accent sur le rep&#233;rage, la pr&#233;vention et l'intervention pr&#233;coce, ainsi que le changement &#034;culturel&#034; s'il est n&#233;cessaire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; quand un tel engagement par une collectivit&#233; territoriale fran&#231;aise ? Pour cela, il importe de faire conna&#238;tre cet ensemble d'&#233;tudes. Il serait temps, les premiers r&#233;sultats ont &#233;t&#233; publi&#233;s en 1998&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/strong&gt;
BELLIS, Mark A., ASHTON, Kathryn, HUGHES, Karen, FORD, Katharine, BISHOP, Julie et PARANJOTHY, Shantini. &lt;i&gt;Adverse Childhood Experiences and their impact on health-harming behaviours in the Welsh adult population : Alcohol Use, Drug Use, Violence, Sexual Behaviour, Incarceration, Smoking and Poor Diet&lt;/i&gt;. Cardiff : Public Health Wales, 2015.
Connecticut Department of Public Health, Adverse childhood experiences in Connecticut, 2018.
LEVIVIER, Marc, &lt;i&gt;Les &#233;preuves adverses subies durant l'enfance et leurs cons&#233;quences sur la sant&#233; &#224; l'&#226;ge adulte : une introduction &#224; la ACEs study&lt;/i&gt;, Psychotropes, 2022, vol. 28, n&#176;34.&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Accompagner et remobiliser les personnes &#233;loign&#233;es de l'emploi et de la formation</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Accompagner-et-remobiliser-les-personnes-eloignees-de-l-emploi-et-de-la-formation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lien-social.com/Accompagner-et-remobiliser-les-personnes-eloignees-de-l-emploi-et-de-la-formation</guid>
		<dc:date>2023-03-27T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin</dc:creator>


		<dc:subject>Entreprise d'insertion</dc:subject>
		<dc:subject>Insertion</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>1336</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour soutenir la r&#233;ussite des personnes &#233;loign&#233;es de l'emploi et de la formation, il est n&#233;cessaire de mettre en place des modalit&#233;s d'accompagnement adapt&#233;es &#224; chaque situation. Afin de remobiliser ces personnes, un dispositif innovant pr&#233;conise d'activer les leviers organisationnels et individuels de l'employabilit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'orientation professionnelle a &#233;volu&#233; d'une fonction de diagnostic-prescription pris en charge par un conseiller-expert, &#224; une fonction d'accompagnement dans le conseil professionnel (1). (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Echos-du-terrain" rel="directory"&gt;&#201;chos du terrain (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Entreprise-d-insertion" rel="tag"&gt;Entreprise d'insertion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Insertion" rel="tag"&gt;Insertion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Prevention-specialisee-1601" rel="tag"&gt;Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1336-" rel="tag"&gt;1336&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour soutenir la r&#233;ussite des personnes &#233;loign&#233;es de l'emploi et de la formation, il est n&#233;cessaire de mettre en place des modalit&#233;s d'accompagnement adapt&#233;es &#224; chaque situation. Afin de remobiliser ces personnes, un dispositif innovant pr&#233;conise d'activer les leviers organisationnels et individuels de l'employabilit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'orientation professionnelle a &#233;volu&#233; d'une fonction de diagnostic-prescription pris en charge par un conseiller-expert, &#224; une fonction d'accompagnement dans le conseil professionnel (1). L'individu est alors au centre du processus d'orientation professionnelle et est consid&#233;r&#233; dans son ensemble : ses aptitudes, ses &#233;motions, ses int&#233;r&#234;ts, ses valeurs, ses motivations et ses interactions avec son environnement sont pris en compte. Le concept d'employabilit&#233; se d&#233;veloppe ainsi pour exprimer la capacit&#233; &#224; acqu&#233;rir et &#224; maintenir les comp&#233;tences n&#233;cessaires pour trouver un emploi et &#224; le conserver (2). Selon la perspective &#233;cosyst&#233;mique, l'employabilit&#233; d&#233;coule de l'interaction &#233;volutive entre l'individu, les strat&#233;gies organisationnelles et les politiques gouvernementales (3). Toutefois, qu'en est-il de l'employabilit&#233; des personnes en situation de handicap ? La loi du 11 f&#233;vrier 2005 a apport&#233; une nouvelle d&#233;finition du handicap : ce n'est plus la personne qui est consid&#233;r&#233;e comme handicap&#233;e, mais les circonstances dans lesquelles elle se trouve qui cr&#233;ent le handicap. L'objectif est alors de d&#233;velopper une vision holistique et syst&#233;mique de l'accompagnement. Or, les interventions propos&#233;es par les services publics de l'emploi sont g&#233;n&#233;ralement ax&#233;es sur l'individu et ne prennent pas suffisamment en compte l'ensemble des acteurs impliqu&#233;s dans le processus d'insertion (i.e. les b&#233;n&#233;ficiaires, les prestataires et les commanditaires).&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;span class='spip_document_6728 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH398/capture_d_e_cran_2023-03-23_a_07.41.42-4d36f.png?1693476212' width='400' height='398' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; En r&#233;ponse &#224; ce constat, de nombreux projets visant &#224; am&#233;liorer la synergie entre les services publics de l'emploi et les employeurs ont &#233;t&#233; mis en place. Parmi eux, le dispositif Club Motiv'Action a &#233;t&#233; retenu dans le cadre du Plan d'Investissement dans les Comp&#233;tences (PIC) &#171; 100 % d'inclusion &#187;. Le dispositif est pilot&#233; par l'APSH34 (Association pour Personnes en Situation de Handicap de l'H&#233;rault) et s'adresse aux personnes touch&#233;es par un probl&#232;me de sant&#233; limitant, quelle que soit leur situation m&#233;dicale (70 % des b&#233;n&#233;ficiaires, appel&#233;s &#171; adh&#233;rents &#187;, pr&#233;sentent une probl&#233;matique d'ordre psychique, cognitif ou mental), sociale (33 % des adh&#233;rents r&#233;sident en Quartier Prioritaire de la Ville et Zone de Revitalisation Rurale), professionnelle (60 % des adh&#233;rents n'ont jamais &#233;t&#233; actifs ou sont inactifs depuis plus de 2 ans) et administrative (30 % des adh&#233;rents pr&#233;sentent des troubles de sant&#233; limitants non reconnus administrativement).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le respect des principes de la loi de 2005 en mati&#232;re de solidarit&#233;, d'&#233;quit&#233;, de compensation et d'accessibilit&#233;, le dispositif adopte une d&#233;marche proactive &#224; la fois au niveau individuel et organisationnel. Au niveau individuel, le dispositif accompagne les adh&#233;rents de mani&#232;re globale en prenant en compte l'ensemble de leurs caract&#233;ristiques. Cela permet aux personnes concern&#233;es de r&#233;aliser une mise en activit&#233; qui correspond au mieux &#224; leurs comp&#233;tences et &#224; leur profil. Cela rejoint la philosophie de la m&#233;thode IPS (Individual Placement and Support) (4) qui prend le contre-pied des sch&#233;mas traditionnels dans le champ du soutien &#224; l'emploi et de l'insertion en milieu ordinaire. En effet, au lieu de privil&#233;gier la progressivit&#233; et le r&#233;entrainement avant l'insertion professionnelle (&#171; former puis placer &#187;), il s'agit de favoriser une mise en activit&#233; rapide - sans phase pr&#233;paratoire - et d'assurer un accompagnement dans la dur&#233;e (&#171; placer puis former &#187;). Ainsi, l'accompagnement propos&#233; par le Club Motiv'Action vise &#224; concilier les aspirations personnelles et professionnelles des b&#233;n&#233;ficiaires. Des conseillers (appel&#233;s &#171; motivateurs &#187;) travaillent en &#233;troite collaboration et de mani&#232;re intensive avec les adh&#233;rents, les employeurs et les partenaires, afin de permettre un acc&#232;s direct &#224; l'activit&#233; (formation, emploi, stages, enqu&#234;te m&#233;tier&#8230;). Une fois l'adh&#233;rent en activit&#233;, les motivateurs restent disponibles pour agir aupr&#232;s de lui et/ou de l'employeur si n&#233;cessaire. Au niveau organisationnel, l'objectif est de constituer un r&#233;seau coordonn&#233; avec des entreprises et des partenaires locaux. Ce r&#233;seau a pour but de sensibiliser ces organismes aux besoins des b&#233;n&#233;ficiaires et de les inciter &#224; y r&#233;pondre. En ce sens, le Club Motiv'Action propose une approche m&#233;thodologique de cartographie des interventions (ou &#171; intervention mapping &#187;) (5). La logique est celle de l'implication de l'ensemble des acteurs depuis le diagnostic du probl&#232;me jusqu'&#224; la construction, l'impl&#233;mentation et l'&#233;valuation de l'intervention. Afin d'int&#233;grer la complexit&#233; des enjeux &#224; chaque &#233;tape, diff&#233;rents comit&#233;s sont constitu&#233;s : un comit&#233; strat&#233;gique compos&#233; d'un panel repr&#233;sentatif des parties prenantes ; un comit&#233; de recherche qui a pour objectif de mod&#233;liser les d&#233;terminants sur lesquels agir et un comit&#233; des adh&#233;rents sollicit&#233; en tant que participant-t&#233;moin pour faire &#233;voluer le dispositif gr&#226;ce aux retours d'exp&#233;riences. D&#232;s lors, les it&#233;rations entre acteurs permettent &#224; la fois d'engager les parties prenantes et d'affiner l'intervention en vue de r&#233;pondre au besoin des adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lever les obstacles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En proposant des leviers pour agir sur les freins &#224; la fois organisationnels et individuels, le dispositif permet de sortir des mod&#232;les s&#233;quentiels de l'insertion professionnelle. Comme nous l'avons vu, la logique poursuivie au sein du Club Motiv'Action est celle du retour rapide &#224; l'activit&#233;, en vue d'un r&#233;tablissement socioprofessionnel, c'est-&#224;-dire de mettre chaque adh&#233;rent en action le plus vite possible tout en traitant ses probl&#232;mes m&#233;dico-sociaux en parall&#232;le. Toutefois, l'engagement d'un individu dans une activit&#233; professionnelle est &#233;troitement li&#233; &#224; son sentiment d'efficacit&#233; personnelle, c'est-&#224;-dire ses attentes en termes de r&#233;sultats et sa conviction qu'il peut r&#233;ussir la t&#226;che (6). Pour renforcer ce sentiment d'efficacit&#233; personnelle, il est important de fournir un environnement propice &#224; l'atteinte des objectifs. Il peut &#233;galement &#234;tre renforc&#233; en observant les exp&#233;riences positives d'autres personnes. Cela permet d'anticiper les actions et les proc&#233;dures n&#233;cessaires pour accomplir une t&#226;che. Renforcer le sentiment d'efficacit&#233; personnelle permet de guider les comportements de l'individu et d'agir sur ses pr&#233;f&#233;rences, ses ambitions ou encore sur sa volont&#233; &#224; r&#233;ussir une action et &#224; se d&#233;passer. En ce sens, le Club Motiv'Action est un tremplin vers l'inclusion, permettant de surcroit de faire &#233;voluer les repr&#233;sentations de la personne vis-&#224;-vis d'elle-m&#234;me et du monde professionnel. &#192; ce jour, 546 adh&#233;rents se sont inscrits au Club Motiv'Action et la moiti&#233; d'entre eux ont r&#233;alis&#233; une activit&#233; dans les 60 premiers jours. Le changement est donc possible et s'op&#232;re au sein d'un syst&#232;me en constante &#233;volution. Dans ce contexte, il est n&#233;cessaire d'anticiper et de guider ces &#233;volutions, et ce, dans l'int&#233;r&#234;t du public, mais &#233;galement dans celui des parties prenantes ayant pour vocation de les accompagner &#224; pouvoir agir.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Olry-Louis, Guillon, &amp; Loarer, 2013 - tinyurl.com/y5vunpek
(2) Hofaidhllaoui, &amp; Peretti, 2013 - tinyurl.com/4nxpwkzk
(3) Guilbert et al., 2016 - tinyurl.com/2z36f45e
(4) Drake, Bond &amp; Becker 2012 - tinyurl.com/4kjbwbh6
(5) Fernandez et al., 2019 - tinyurl.com/2p9w92cn
(6) Bandura, 2019 - tinyurl.com/6x9h77f8&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vers une pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e 2.0 ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Vers-une-prevention-specialisee-2-0</link>
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		<dc:date>2023-03-13T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>1335</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;seaux sociaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Command&#233;e en 2018 par la Commission de pr&#233;vention des conduites &#224; risque et les huit associations de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e du d&#233;partement de Seine-Saint-Denis, et dirig&#233;e par le Professeur des Universit&#233;s Benjamin Moignard, les r&#233;sultats de la recherche (1) ont &#233;t&#233; restitu&#233;s en 2021. &lt;br class='autobr' /&gt; Il s'agissait d'enqu&#234;ter sur les rapports au num&#233;rique dans la relation &#233;ducative aux jeunes, en comprenant mieux leurs pratiques des r&#233;seaux sociaux et en identifiant d'&#233;ventuelles prises de risque. Apr&#232;s avoir mesur&#233; les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Matie%CC%80re-a%CC%80-pense%CC%81es" rel="directory"&gt;Matie&#768;re a&#768; pense&#769;es&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Prevention-specialisee-1601" rel="tag"&gt;Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1335-" rel="tag"&gt;1335&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Reseaux-sociaux" rel="tag"&gt;R&#233;seaux sociaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Command&#233;e en 2018 par la Commission de pr&#233;vention des conduites &#224; risque et les huit associations de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e du d&#233;partement de Seine-Saint-Denis, et dirig&#233;e par le Professeur des Universit&#233;s Benjamin Moignard, les r&#233;sultats de la recherche (1) ont &#233;t&#233; restitu&#233;s en 2021.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_6675 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH454/map-7834b.png?1693495004' width='400' height='454' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Il s'agissait d'enqu&#234;ter sur les rapports au num&#233;rique dans la relation &#233;ducative aux jeunes, en comprenant mieux leurs pratiques des r&#233;seaux sociaux et en identifiant d'&#233;ventuelles prises de risque. Apr&#232;s avoir mesur&#233; les impacts sur les professionnalit&#233;s, ce rapport devrait servir comme une forme de guide aux professionnels de la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e pour &#233;laborer des outils susceptibles de promouvoir une meilleure prise en charge de ces supports. Nous avons men&#233; donc des entretiens avec vingt-sept jeunes &#226;g&#233;s de 12 &#224; 15 ans issus des quartiers sensibles et accompagn&#233;s par la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e, ainsi qu'avec quarante-deux &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s. Nous avons aussi adress&#233; un questionnaire in&#233;dit visant &#224; rep&#233;rer les pratiques num&#233;riques des professionnels, dont cent-vingt-deux nous ont &#233;t&#233; retourn&#233;s. Au final, nous avons donc pu recueillir plus de 60&#8239;% des professionnels de pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e du d&#233;partement. Cet &#233;tat des lieux nous a conduits &#224; constater une tendance forte chez ces professionnels &#224; s'interroger sur l'usage des outils num&#233;riques et des r&#233;seaux sociaux num&#233;riques, alors m&#234;me que les pratiques des professionnels s'av&#232;rent tr&#232;s fragment&#233;es (26&#8239;% la qualifient de courante, 35&#8239;% comme mod&#233;r&#233;e et 39&#8239;% de tr&#232;s r&#233;duite, voire inexistante). Nous avons &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; concevoir une typologie de quatre profils types qui pourraient traduire les raisons de ces fragmentations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les quatre familles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re posture est celle des &lt;i&gt;&#171; ind&#233;cis &#187;&lt;/i&gt; qui, bien que conscients des enjeux que repr&#233;sente l'intervention dans l'espace num&#233;rique, h&#233;sitent &#224; se lancer faute d'un cadrage et de r&#233;ponses r&#233;pondant &#224; leurs questions : comment faire ? Quelle utilit&#233; ? Comment prot&#233;ger nos donn&#233;es personnelles ? Comment mesurer l'ampleur, l'impact et la limite de ce que l'on met en ligne ou pas ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis vient la cat&#233;gorie des &lt;i&gt;&#171; attentifs &#187;&lt;/i&gt; qui se posent les m&#234;mes questions que les &lt;i&gt;&#171; ind&#233;cis &#187;&lt;/i&gt;, mais se sont lanc&#233;s, se limitant toutefois &#224; un usage fonctionnel pour transmettre des informations utiles et neutres ou donner des rendez-vous. Ils sont en attente de cadres plus pr&#233;cis et d'une mise en coh&#233;rence des pratiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &lt;i&gt;&#171; militants 2.0 &#187;&lt;/i&gt;, quant &#224; eux, sont totalement convaincus de l'importance et de la n&#233;cessit&#233; de la pr&#233;sence sur les r&#233;seaux sociaux et sont d&#233;j&#224; engag&#233;s dans des usages num&#233;riques professionnels. Ils partent du principe que la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e est toujours all&#233;e &#224; la rencontre des jeunes, l&#224; o&#249; ils se trouvent. Ils ne voient aucune contradiction &#224; hybrider les &#233;changes en t&#234;te-&#224;-t&#234;te et ceux dans l'espace virtuel, bricolant leur propre cadre &#233;thique. Ils sont consid&#233;r&#233;s comme des r&#233;f&#233;rents-r&#233;seau par le reste de l'&#233;quipe. D&#233;termin&#233;s &#224; diffuser leurs pratiques dans leur structure, ils peuvent entrer en tension avec leurs coll&#232;gues les plus r&#233;tifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est l&#224; la quatri&#232;me cat&#233;gorie que nous avons identifi&#233;e : les r&#233;fractaires qui refusent toute forme d'usage num&#233;rique dans les relations avec les jeunes, en consid&#233;rant que la place des &#233;ducateurs n'est pas en ligne. Ils revendiquent les principes &#233;thiques traditionnels de la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e pour d&#233;fendre le seul espace acceptable &#224; leurs yeux : la relation physique dans la rue qui est en mesure de r&#233;pondre &#224; toutes les probl&#233;matiques juv&#233;niles sans qu'il ne soit n&#233;cessaire de passer par les r&#233;seaux sociaux num&#233;riques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, cette typologie n'est qu'une projection permettant de tenter de d&#233;coder la r&#233;alit&#233;. Il ne faut pas tenter de la g&#233;n&#233;raliser. Chacun peut se retrouver tant&#244;t dans l'une, tant&#244;t dans l'autre, voire m&#234;me un peu dans les quatre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#226;ge, le dipl&#244;me, le genre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, nous nous sommes int&#233;ress&#233;s aux facteurs d'accrochage ou de d&#233;crochage. Ainsi, beaucoup de st&#233;r&#233;otypes circulent, attribuant &#224; l'&#226;ge un poids d&#233;terminant. Notre recherche nous a permis de contredire les id&#233;es re&#231;ues sur une plus grande app&#233;tence &#224; la pr&#233;sence sur les r&#233;seaux sociaux num&#233;riques chez les plus jeunes que chez les anciennes g&#233;n&#233;rations de professionnels : l'&#226;ge n'intervient pas comme facteur d&#233;terminant. Par contre, on trouve plus d'h&#233;sitation &#224; cet usage dans la cohorte situ&#233;e entre vingt et trente ans, dipl&#244;m&#233;e depuis moins de dix ans que chez celle &#226;g&#233;e de plus de trente ans ayant plus de dix ans d'anciennet&#233;. Cette tendance est encore renforc&#233;e avec le niveau de dipl&#244;me : si les d&#233;tenteurs d'une licence et plus sont 94 % &#224; ne pas &#234;tre d'accord avec l'utilisation professionnelle des r&#233;seaux sociaux num&#233;riques, les d&#233;tenteurs de Dipl&#244;me d'&#201;tat (donc ceux ayant un dipl&#244;me d'&#233;ducation sp&#233;cialis&#233;e) ne sont plus que 47 % &#224; partager cet avis. L'hypoth&#232;se explicative que nous avons avanc&#233;e renvoie &#224; une plus grande souplesse des g&#233;n&#233;rations plus anciennes qui ayant d&#233;j&#224; connu le passage par le minitel et la transition du t&#233;l&#233;phone &#224; touches au portable, puis au smartphone et l'arriv&#233;e d'internet sont plus aptes &#224; s'adapter &#224; cette nouvelle &#233;volution. &#192; l'inverse, le niveau de formation plus cons&#233;quent des jeunes g&#233;n&#233;rations accro&#238;t la d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des outils num&#233;riques, alors m&#234;me qu'elle b&#233;n&#233;ficie d'une plus grande familiarit&#233; &#224; leur &#233;gard dans la vie personnelle. C'est peut-&#234;tre l'absence de formation d'adaptation &#224; une utilisation professionnelle de l'espace num&#233;rique qui renforce cette r&#233;ticence. Quant &#224; l'utilisation genr&#233;e de l'espace num&#233;rique, notre &#233;tude &#233;tablit une pr&#233;valence des femmes (35 %) sur les hommes (16 %) quand elle est pratiqu&#233;e de fa&#231;on courante. L'une des explications que nous avons avanc&#233;es concerne la virilisation du travail de rue conduisant les hommes &#224; stigmatiser la relation par d&#233;finition moins physique que celle d&#233;ploy&#233;e sur le territoire virtuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des pr&#233;conisations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions attendus sur des propositions constructives destin&#233;es &#224; am&#233;liorer le rapport des professionnels &#224; l'espace num&#233;rique. Nous nous sommes appuy&#233;s sur les avis recueillis aupr&#232;s des professionnels consult&#233;s : 87 % estiment ne pas &#234;tre assez form&#233;s techniquement, 80 % pas assez &#233;thiquement, 81 % consid&#233;rant que ces pratiques pourraient &#234;tre mieux encadr&#233;es par la direction. Nous avons donc insist&#233; sur la n&#233;cessit&#233; de proposer des formations non seulement &#233;thiques, mais aussi techniques ; de cr&#233;er des espaces d'&#233;change de pratiques o&#249; le dialogue amorc&#233; entre les diff&#233;rentes positions quant &#224; l'usage des espaces num&#233;riques permettrait de sortir cette question du tabou qui l'obscurcit encore beaucoup ; de mieux conna&#238;tre les usages des jeunes en d&#233;construisant les st&#233;r&#233;otypes qui ignorent la prudence et discernement qui pr&#233;sident pourtant &#224; leurs habitudes et en mettant en &#233;vidence leurs capacitations ; de requestionner la concurrence de l'action &#233;ducative par les recommandations de proximit&#233; qui surgissent de toute part dans l'univers adolescent, et en particulier dans l'espace num&#233;rique au travers de l'utilisation de r&#233;seaux sociaux prescripteurs de comportements ; de repositionner la relation entre professionnels et jeunes dans ses articulations entre le monde r&#233;el et le contexte num&#233;rique ; d'interroger les assignations sexu&#233;es que les pratiques num&#233;riques ont mises en &#233;vidence. Autant d'&#233;l&#233;ments qui peuvent sans doute contribuer &#224; d&#233;finir les marqueurs de la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e de demain.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1)&lt;i&gt; Jeunes, R&#233;seaux Sociaux et Pr&#233;vention Sp&#233;cialis&#233;e. Nouvelles pratiques, nouvelles interactions : quels enjeux pour la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e en Seine-Saint-Denis ?&lt;/i&gt; Benjamin Moignard et Rosa Maria Bortolotti, avril 2021. &lt;a href=&#034;https://bit.ly/3JgkXEa&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://bit.ly/3JgkXEa&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Passaj C'net : comment ouvrir la pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e au num&#233;rique ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Passaj-C-net-comment-ouvrir-la-prevention-specialisee-au-numerique</link>
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		<dc:subject>Pr&#233;vention sp&#233;cialis&#233;e</dc:subject>
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		<dc:subject>R&#233;seaux sociaux</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les r&#233;seaux sociaux font partie aujourd'hui de la vie des jeunes. Nous ne pouvons pas les &#233;viter, sinon cela voudrait dire qu'on les laisserait dans un espace virtuel dans lequel on s'interdit de rentrer. &lt;br class='autobr' /&gt; Les neuf &#233;quipes de pr&#233;vention de l'association PASSAJ (1), compos&#233;es &#224; la fois d'&#233;ducateurs et &#233;ducatrices sp&#233;cialis&#233;es, mais aussi d'&#233;quipes mixtes ES/M&#233;diateurs Sociaux ont &#233;t&#233; comme beaucoup d'autres confront&#233;es &#224; l'usage des r&#233;seaux sociaux PAR les &#233;quipes POUR et en direction des jeunes type (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Echos-du-terrain" rel="directory"&gt;&#201;chos du terrain (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Reseaux-sociaux" rel="tag"&gt;R&#233;seaux sociaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;seaux sociaux font partie aujourd'hui de la vie des jeunes. Nous ne pouvons pas les &#233;viter, sinon cela voudrait dire qu'on les laisserait dans un espace virtuel dans lequel on s'interdit de rentrer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_6674 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH388/echos-terrain-19950.png?1693476212' width='400' height='388' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Les neuf &#233;quipes de pr&#233;vention de l'association PASSAJ (1), compos&#233;es &#224; la fois d'&#233;ducateurs et &#233;ducatrices sp&#233;cialis&#233;es, mais aussi d'&#233;quipes mixtes ES/M&#233;diateurs Sociaux ont &#233;t&#233; comme beaucoup d'autres confront&#233;es &#224; l'usage des r&#233;seaux sociaux PAR les &#233;quipes POUR et en direction des jeunes type instagram, snapchat, tiktok&#8230; La n&#233;cessit&#233;, voire le besoin, se sont vite impos&#233;es &#224; nous d'&#234;tre acteurs &#233;ducatifs aussi sur cette sc&#232;ne num&#233;rique. &#192; la sortie du confinement, certains des professionnels ont pu exprimer &#224; la fois leurs frustrations de ne pas avoir pu &#234;tre sur le terrain durant cette premi&#232;re p&#233;riode si particuli&#232;re, mais &#233;galement pour une partie d'entre eux d'exprimer qu'ils avaient maintenu le lien avec les jeunes et les familles notamment gr&#226;ce aux r&#233;seaux sociaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui &#233;tait en jeu &#233;tait multiple : ne pas passer &#224; c&#244;t&#233; de l'innovation technologique qui impacte fortement nos jeunes ; rejoindre les jeunes l&#224; o&#249; ils sont, lorsqu'ils n'occupent plus l'espace public du quartier ; capter le public f&#233;minin peu visible et pr&#233;sent sur le quartier, faire de ces outils, des outils de pr&#233;vention aux risques du num&#233;rique et des r&#233;seaux sociaux&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec toutes les questions inh&#233;rentes autour de ces usages : comment rester en lien avec nos usagers, relayer les informations importantes, r&#233;pondre aux besoins et demandes en ligne ? L'usage des r&#233;seaux sociaux serait-il &#224; utiliser tout le temps ? Ou seulement sur les p&#233;riodes de confinement ? Quelle place pour la Pr&#233;vention face &#224; ces nouvelles pratiques ? Pourquoi y aller ? Pourquoi ne pas y aller ? Il &#233;tait important de travailler collectivement sur toutes ces questions. Ce qui a &#233;t&#233; men&#233; dans le cadre des r&#233;unions de service mensuelles de 2020 &#224; 2022.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#233;ticences d'une partie des professionnels &#233;taient li&#233;es &#224; la contradiction avec nos actions de sensibilisation et de pr&#233;vention sur les usages et la pr&#233;sence mod&#233;r&#233;e sur les r&#233;seaux ; une perte de sens due &#224; l'&#233;loignement envers le public ; la place de la pr&#233;vention dans ce monde virtuel (entre technicien ou pro du lien social) ; la remise en cause potentielle des principes de libre adh&#233;sion et d'anonymat (identification nominative du fait de l'abonnement aux comptes des jeunes, leur acceptation comme &#171; ami &#187; n'&#233;quivaut pas &#224; l'adh&#233;sion exprim&#233;e en t&#234;te &#224; t&#234;te) ; l'impact de cette nouvelle construction du lien, sa durabilit&#233;, sa solidit&#233; ; la crainte de basculer essentiellement sur les r&#233;seaux qui remplacerait la pr&#233;sence dans la rue et la relation directe.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres questions ont &#233;merg&#233; sur les comp&#233;tences et l'agilit&#233; des salari&#233;s (de tout &#226;ge mais ayant des niveaux diff&#233;rents) ; sur les confusions de contenu entre compte perso et pro (contenu non adapt&#233;, n&#233;cessit&#233; d'une validation en &#233;quipe des contenus) ; sur la fracture g&#233;n&#233;rationnelle face &#224; des jeunes baign&#233;s dans cette culture ; sur la charge suppl&#233;mentaire de travail (travail du contenu, r&#233;ponses aux messages &#224; toute heure).&lt;br class='autobr' /&gt;
Certaines &#233;quipes se sont n&#233;anmoins montr&#233;es bien plus convaincues, mettant en avant la n&#233;cessit&#233; de comprendre l'univers dans lequel &#233;volue notre public et notamment ses modes de socialisation, ses nouveaux codes culturels, ses centres d'int&#233;r&#234;t. Il s'agit d'un compl&#233;ment du travail de rue, d'une action coupl&#233;e inscrite dans le prolongement de celui-ci ; d'un outil facilitateur qui favorise la continuit&#233; du lien ; d'un moyen d'amener progressivement les jeunes vers des espaces en commun puis des espaces sociaux entrela&#231;ant le virtuel et le r&#233;el. Le principe d'anonymat est sauvegard&#233; puisque la premi&#232;re rencontre se fera toujours dans l'espace public, les r&#233;seaux sociaux s'inscrivant dans le prolongement et non comme une finalit&#233;. Donc, libre aux jeunes d'adh&#233;rer ou pas &#224; ce mode de communication. L'outil peut &#234;tre facilitateur de notre visibilit&#233;, en faisant d&#233;couvrir aux abonn&#233;s, jeunes, familles, partenaires nos actions de pr&#233;vention, nos missions ; en renfor&#231;ant les messages que nous v&#233;hiculons dans l'espace public ou dans le cadre de nos d&#233;marches collectives ; en acc&#233;l&#233;rant la circulation des informations telles qu'une sensibilisation aux addictions ou au harc&#232;lement ; en sensibilisant &#224; la solidarit&#233; par le biais de nos actions avec les jeunes en direction d'associations. Mais aussi bien d'autres messages &#233;ducatifs. Ainsi nos pr&#233;sences sur les secteurs avec notre ludoth&#232;que mobile (un outil cr&#233;&#233; pour amener la culture et les loisirs au plus pr&#232;s des jeunes et enfants sur le quartier, pour interpeller &#233;galement par ce biais les parents sur l'importance du temps de loisirs) ; le rappel des d&#233;marches importantes comme les bourses et l'accompagnement aux familles en citant nos partenaires existants sur le territoire ; la diffusion des publications valorisant la participation de nos jeunes lors d'actions collectives (par exemple &#171; Proxi-raid &#187; action de promotion du rapprochement des forces de l'ordre et de secours avec la population).&lt;br class='autobr' /&gt;
Au regard de la disparit&#233; des comp&#233;tences des uns et des autres sur l'utilisation, la r&#233;glementation ainsi que la fracture g&#233;n&#233;rationnelle auxquelles le service fut confront&#233;, les d&#233;bats men&#233;s en r&#233;union de service ont abouti &#224; un accord sur les besoins de formations. En effet, pour les uns, les r&#233;seaux sociaux &#233;taient un vrai myst&#232;re. Pour les autres, ayant l'habitude de s'y rendre quotidiennement &#224; des fins priv&#233;es, l'utilisation d'un compte professionnel l'&#233;tait tout autant. Afin de pallier ces disparit&#233;s il nous a &#233;t&#233; propos&#233; deux types de formations : l'une plus g&#233;n&#233;raliste sur les r&#233;seaux sociaux, en lien avec les pratiques et les usages et l'autre consacr&#233;e au cadre, &#224; la r&#233;glementation et &#224; l'utilisation des r&#233;seaux par les jeunes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cheminement et l'exp&#233;rimentation de cette d&#233;marche sont toujours en cours. Aujourd'hui, nous pouvons retirer quelques enseignements de cette premi&#232;re phase qui a vu s'articuler nos r&#233;flexions et leur mise en application. Nous avons pu constater le renforcement du dialogue et le rapprochement entre les jeunes et les &#233;quipes. La possibilit&#233; qui leur a &#233;t&#233; propos&#233;e de venir sur nos r&#233;seaux sociaux les a questionn&#233;s permettant d'engager des discussions sur le num&#233;rique et leurs usages. Le travail de rue traditionnellement physique est devenu aussi num&#233;rique. La monoactivit&#233; collective est devenue pluriactivit&#233; hybride, favorisant des espaces de co-r&#233;flexion et de co-construction avec les jeunes en entrela&#231;ant l'espace virtuel et physique. Les &#233;quipes vont &#224; la rencontre des jeunes ou plut&#244;t de l&#224; o&#249; est leur attention pour les ramener vers eux et leurs actions. Inversement, les jeunes peuvent trouver les &#233;quipes lorsqu'ils ne les rencontrent pas dans l'espace public ou autres interstices du quartier. Cela donne la possibilit&#233; &#224; ceux qui ne sont pas dans des pratiques de regroupement sur le quartier de rencontrer l'&#233;quipe par un autre canal. Le lien avec les familles s'est renforc&#233;, gr&#226;ce &#224; la cr&#233;ation d'opportunit&#233;s d'information les concernant diffus&#233;es &#224; leur intention directement via les r&#233;seaux sociaux, engendrant des rencontres physiques en fonction des besoins et toujours en lien avec leurs enfants. Nos messages de pr&#233;vention ont &#233;t&#233; consolid&#233;s &#224; une &#233;chelle plus large, public et partenaires confondus. Enfin, notre maillage territorial a &#233;t&#233; consolid&#233; par la visibilit&#233; des actions, services et missions r&#233;pondant aux besoins du public.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Pr&#233;vention et actions sp&#233;cialis&#233;es de soutien et d'aide aux jeunes
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_6665 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH90/capture_d_e_cran_2023-03-07_a_09.45.03-ace30.png?1693476212' width='500' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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