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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>Le non-recours volontaire au RSA : une forme de contestation de l'&#233;tat social actif ?</title>
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		<dc:subject>Aide sociale</dc:subject>
		<dc:subject>Exclusion</dc:subject>
		<dc:subject>RSA</dc:subject>
		<dc:subject>1312</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'action contre le non-recours aux droits, particuli&#232;rement aux minima sociaux, est devenue un objectif essentiel de pr&#233;servation de la coh&#233;sion sociale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Estim&#233; &#224; environ un tiers des publics &#233;ligibles, le non-recours au revenu de solidarit&#233; active (RSA) est g&#233;n&#233;ralement pr&#233;sent&#233; comme subi, abord&#233; dans une vision &#171; d&#233;ficitaire &#187; (1) des personnes concern&#233;es. Celles-ci manqueraient soit d'informations, soit de capacit&#233;s pour y recourir. L'approche de la non-demande, selon la typologie de l'Observatoire des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Aide-sociale" rel="tag"&gt;Aide sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Exclusion" rel="tag"&gt;Exclusion&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1312-" rel="tag"&gt;1312&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'action contre le non-recours aux droits, particuli&#232;rement aux minima sociaux, est devenue un objectif essentiel de pr&#233;servation de la coh&#233;sion sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Estim&#233; &#224; environ un tiers des publics &#233;ligibles, le non-recours au revenu de solidarit&#233; active (RSA) est g&#233;n&#233;ralement pr&#233;sent&#233; comme subi, abord&#233; dans une vision &#171; &lt;i&gt;&#8239;d&#233;ficitaire&#8239;&lt;/i&gt; &#187; (1) des personnes concern&#233;es. Celles-ci manqueraient soit d'informations, soit de capacit&#233;s pour y recourir. L'approche de la non-demande, selon la typologie de l'Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), c'est-&#224;-dire quand &#171; &lt;i&gt;&#8239;l'offre est connue, mais pas demand&#233;e&#8239;&lt;/i&gt; &#187; (2), est souvent absente des discours politiques car elle n&#233;cessite de questionner pr&#233;cis&#233;ment l'offre de prestations. S'int&#233;resser &#224; ce type de non-recours, volontaire ou &#171; raisonn&#233; &#187; (3) implique en effet l'&#233;ventualit&#233; d'une remise en cause de certains principes fondateurs de l'action publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'ouvrage que j'ai consacr&#233; &#224; ce sujet, je me suis pench&#233; plus particuli&#232;rement sur la non-demande de RSA des personnes de plus de 50 ans, de par les forts taux de non-recours constat&#233;s sur cette tranche d'&#226;ge. Je suis all&#233; &#224; leur rencontre et j'ai questionn&#233; une femme et sept hommes, vivant en milieu rural ou urbain. Deux personnes &#233;taient en activit&#233;, un exploitant agricole et un compagnon du mouvement Emma&#252;s, six &#233;taient sans emploi, avec des carri&#232;res professionnelles diverses. Pour tous, l'acte individuel de ne pas recourir au RSA n'&#233;tait pas simplement une d&#233;fection mais bien porteur de messages &#224; destination des politiques sociales. En appr&#233;hendant le non-recours volontaire comme une forme d'&#233;valuation du dispositif par les destinataires eux-m&#234;mes, cette recherche a mis en exergue une critique du fonctionnement du RSA, particuli&#232;rement dans son volet &#171; activation &#187;, paradigme des dispositifs issus de l'&#233;volution r&#233;cente de l'&#201;tat social.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_4642 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L250xH297/rsa_jiho-b0ea5.jpg?1693464261' width='250' height='297' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; En effet, depuis les ann&#233;es 1990, une nouvelle conception des syst&#232;mes de protection sociale est &#224; l'&#339;uvre en Europe. &#224; l'inverse d'une &#171; &lt;i&gt;&#8239;solidarit&#233; con&#231;ue comme une construction collective inconditionnelle garantie par l'&#201;tat&lt;/i&gt; &#187; (5), s'est progressivement impos&#233;e une autre forme de solidarit&#233; qui exige une contrepartie individuelle du b&#233;n&#233;ficiaire. Inspir&#233;e en partie par le mod&#232;le du &lt;i&gt;workfare&lt;/i&gt; am&#233;ricain, l'&#171; activation &#187; des politiques sociales repose notamment sur un objectif : &#171; &lt;i&gt;&#8239;exiger des personnes recevant les prestations qu'elles changent leur conduite&#8239;&lt;/i&gt; &#187; (6), pr&#233;supposant que leur absence d'emploi r&#233;sulte d'un comportement &#171; passif &#187;. Le contrat, entre le b&#233;n&#233;ficiaire et le financeur de l'allocation, occupe une place centrale dans ce nouveau paradigme. L'&#171; ouvrant droit &#187; de l'&lt;i&gt;&#201;tat providence &lt;/i&gt; est devenu &#171; contractant &#187; dans l'&lt;i&gt;&#201;tat social actif&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce r&#233;f&#233;rentiel de l'activation entra&#238;ne plusieurs effets impactant les destinataires des aides sociales. Particuli&#232;rement, les th&#232;mes de l'&#171; assistanat &#187; et de &#171; la fraude sociale &#187; se sont d&#233;velopp&#233;s comme des &#171; &lt;i&gt;repoussoirs de la valeur travail&lt;/i&gt; &#187; (7). Ces suspicions d'oisivet&#233; ou de fraude, orient&#233;es surtout vers les allocataires du RSA, ont intensifi&#233; les examens de situation individuelle. Notre recherche montre que ce ph&#233;nom&#232;ne global d'augmentation du contr&#244;le pousse certaines personnes &#224; ne pas recourir au dispositif, le qualifiant de stigmatisant et de mena&#231;ant &#224; leur &#233;gard. &#201;galement, les modalit&#233;s complexes de la contractualisation obligatoire cr&#233;ent une forme de &#171; &lt;i&gt;&#8239;bureaucratisation de l'&#233;ligibilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; (8), accentuant le caract&#232;re contraignant du dispositif RSA. Se rendre aux convocations du r&#233;f&#233;rent, parfois loin du domicile, ou r&#233;unir certains documents n&#233;cessaires au suivi des droits peuvent repr&#233;senter des &#233;l&#233;ments dissuasifs &#224; la demande. L'usage d&#233;sormais syst&#233;matis&#233; du num&#233;rique a tendance &#233;galement &#224; &#233;loigner certains publics, particuli&#232;rement les seniors.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le non-recours au RSA peut aussi r&#233;sulter d'un conflit de valeurs et/ou de normes. Par exemple, le compagnon Emma&#252;s accepte la norme de la communaut&#233; qui lui impose de ne pas demander le RSA car elle s'ancre dans un socle de valeurs qu'il partage, li&#233; &#224; l'historique du mouvement. Le RSA repr&#233;sente une contre-valeur, v&#233;hiculant l'image du pauvre oisif b&#233;n&#233;ficiant d'une aide publique. Pour l'exploitant agricole, le RSA est un dispositif &#233;tatique qu'il refuse, de par son engagement anarchiste. Dans un autre registre, plusieurs situations de non-demande rel&#232;vent d'un refus de s'adresser &#224; un guichet social, &#233;tant donn&#233; les effets du&lt;i&gt; welfare stigma&lt;/i&gt;, concept d&#233;signant la stigmatisation &#224; effectuer une demande d'aide sociale. Cette stigmatisation peut se traduire par la honte, le ressentiment, l'atteinte de l'estime de soi, le sentiment de &#171; faire la manche &#187; &#224; l'id&#233;e de rencontrer un travailleur social. Ce &lt;i&gt;welfare stigma&lt;/i&gt; est d'autant plus ressenti dans ce contexte de suspicions de fraude sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les personnes rencontr&#233;es se trouvaient dans des situations de d&#233;nuement, acceptant parfois de vivre dans des formes extr&#234;mes de pauvret&#233;. Elles s'inscrivaient &#233;galement dans des cercles de solidarit&#233;s alternatives, plus pr&#233;cis&#233;ment dans des formes de commun : &#171; &lt;i&gt;principe politique d'une co-obligation pour tous ceux qui sont engag&#233;s dans une m&#234;me t&#226;che&#8239;&lt;/i&gt; &#187; (9). De cette recherche, quatre types se sont dessin&#233;s. Le premier est celui du foyer familial. Dans le cas des seniors, le non-recourant y occupe plus ou moins une place d'aidant familial aupr&#232;s de son ou ses parent(s) &#226;g&#233;(s). Le deuxi&#232;me est celui de la communaut&#233;, qui peut &#234;tre r&#233;gie par des r&#232;gles formelles, ou plus polymorphes, dans le cas des communaut&#233;s m&#234;lant militantisme politique et r&#233;seaux d'entraide sociale. Le troisi&#232;me est celui du lien d'amiti&#233;, qui accepte un partage des ressources, sans demande de contrepartie. Le quatri&#232;me type est celui des &#171; compagnons de rue &#187;, notamment dans les squats, exp&#233;riences &#233;ph&#233;m&#232;res de commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces solidarit&#233;s alternatives repositionnent les pouvoirs dans une plus grande horizontalit&#233;. Les personnes ne sont plus &#171; soumises &#224; des devoirs &#187;, en contrepartie d'une allocation, mais s'inscrivent dans l'&#233;change symbolique tel que d&#233;velopp&#233; par Marcel Mauss (10), bas&#233; sur le don et le contre-don. Dans ces organisations, &#171; &lt;i&gt;l'acteur principal [du] non-recours n'est pas le destinataire perdu, mais le citoyen d&#233;cid&#233;&lt;/i&gt; &#187; (11). Lutter contre le non-recours aux droits implique donc d'entendre les messages port&#233;s par ces formes de commun, qui questionnent les principes fondateurs de l'action sociale, notamment ceux de l'&#233;tat social actif, et proposent d'autres voies pour concevoir la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
A Publi&#233; &#171; &lt;i&gt;&#8239;Le non-recours au RSA chez les seniors &#8212; La solidarit&#233; active &#224; l'&#233;preuve du commun&#8239;&lt;/i&gt; &#187; &#201;d. l'Harmattan, 2020, (256 p. &#8212; 24&#8239;&#8364;)
(1) cf. Barbara Lucas sur le non-recours aux prestations sociales, symposium de Caritas, Gen&#232;ve, 2017.
(2) Philippe Warin, &lt;i&gt;Le non-recours aux politiques sociales&lt;/i&gt;, PUG, Grenoble, 2016.
(3) Fr&#233;d&#233;rique Leresche,&lt;i&gt; La critique port&#233;e par le non-recours aux droits sociaux : propositions pour d&#233;velopper une approche subalterne&lt;/i&gt;, SociologieS [En ligne], 2019.
(4) Robert Castel, Nicolas Duvoux, &lt;i&gt;L'avenir de la solidarit&#233;&lt;/i&gt;, PUF, Paris, 2012
(5) Jean-Claude Barbier, &lt;i&gt;L'assistance sociale en Europe : traits europ&#233;ens d'une r&#233;forme et persistance de la diversit&#233; des syst&#232;mes (1988-2017)&lt;/i&gt;, Revue fran&#231;aise des affaires sociales, 2017.
(6) Vincent Dubois, &lt;i&gt;Contr&#244;ler les assist&#233;s. Gen&#232;ses et usages d'un mot d'ordre&lt;/i&gt;, Raisons d'agir &#233;ditions, Paris, 2021.
(7) Elisa Chelle, &lt;i&gt;Gouverner les pauvres. Politiques sociales et administration du m&#233;rite&lt;/i&gt;, PUR, Rennes, 2012.
(8) Pierre Dardot, Christian Laval, Commun. &lt;i&gt;Essai sur la r&#233;volution au XXI&#232; si&#232;cle&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2015.
(9) Marcel Mauss, &lt;i&gt;Essai sur le don. Forme et raison de l'&#233;change dans les soci&#233;t&#233;s archa&#239;ques&lt;/i&gt;, L'Ann&#233;e sociologique, Paris, 1925.
(10) Philippe Warin, &lt;i&gt;Le non-recours par non-demande : le besoin d'une &#171; politique du citoyen &#187;&lt;/i&gt;, L'Observatoire, &lt;a href=&#034;http://www.revueobservatoire.be&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.revueobservatoire.be&lt;/a&gt;, 2018.&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Exclusion ou fin de prise en charge : quelle justification ?</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Exclusion-ou-fin-de-prise-en-charge-quelle-justification</link>
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		<dc:subject>Usager</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>1312</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Que l'accompagnement se termine sous la forme d'une rupture brutale ou du fait l'aboutissement de la mesure, il arrive que cette &#233;ch&#233;ance laisse un go&#251;t amer aux professionnels. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Maxime Dauphin, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et doctorant en sciences de l'&#233;ducation - &#224; Paris 8 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#202;tre intol&#233;rant au lactose justifie-t-il d'&#234;tre exclu d'un repas entre amis ? Tout bonnement non, chacun se montre compr&#233;hensif et s'adapte comme il peut. &#202;tre intol&#233;rant au cadre institutionnel institu&#233; justifie-t-il la formation d'un (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Paroles-de-me%CC%81tiers" rel="directory"&gt;Paroles de me&#769;tiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Usager" rel="tag"&gt;Usager&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Pratique-professionnelle" rel="tag"&gt;Pratique professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1312-" rel="tag"&gt;1312&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que l'accompagnement se termine sous la forme d'une rupture brutale ou du fait l'aboutissement de la mesure, il arrive que cette &#233;ch&#233;ance laisse un go&#251;t amer aux professionnels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Par Maxime Dauphin, &#233;ducateur sp&#233;cialis&#233; et doctorant en sciences de l'&#233;ducation - &#224; Paris 8&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre intol&#233;rant au lactose justifie-t-il d'&#234;tre exclu d'un repas entre amis ? Tout bonnement non, chacun se montre compr&#233;hensif et s'adapte comme il peut.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#202;tre intol&#233;rant au cadre institutionnel institu&#233; justifie-t-il la formation d'un stigmate rendant l'enfant &#171; incasable &#187; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
De par mon parcours professionnel d'&#233;ducateur sp&#233;cialis&#233;, j'ai pu me rendre compte que la justification de l'exclusion d'une personne accompagn&#233;e ne d&#233;montrait pas en premier lieu les failles de l'institution dans l'accueil d'un enfant, mais plut&#244;t l'incapacit&#233; de l'usager d'un dispositif &#224; se confronter au cadre institutionnel institu&#233;. L'exclusion s'&#233;nonce alors par cette id&#233;e, empreinte de fatalisme, que l'enfant est incasable. &#171; &lt;i&gt;Parfois appel&#233;s de fa&#231;on erron&#233;e et p&#233;jorative &#171; incasables &#187;, le traitement institutionnel qui leur est r&#233;serv&#233;&#769; tend paradoxalement a&#768; ajouter a&#768; leurs difficult&#233;s (voire parfois a&#768; les cr&#233;er) tant elles et ils sont &#171; balad&#233;s &#187; de structures en structures sans pouvoir stabiliser leur parcours&lt;/i&gt;. &#187; (1)&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, la d&#233;viance comportementale de l'enfant diagnostiqu&#233;e dans une institution qu'elle soit sociale, m&#233;dico-sociale ou relevant de l'Education Nationale, peut devenir un trouble de la conduite et du comportement, c'est-&#224;-dire une infirmit&#233;. La situation inextricable g&#233;n&#232;re une r&#233;ponse qui peut &#234;tre essentiellement m&#233;dicale, clinique ou psychiatrique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon exp&#233;rience en Centre d&#233;partemental enfance famille (CDEF) m'a permis d'imaginer un dispositif avec des enfants revenant apr&#232;s un placement &#171; rat&#233; &#187; ou tout bonnement &#171; vir&#233;s &#187; d'une institution sp&#233;cialis&#233;e tel un Institut th&#233;rapeutique &#233;ducatif et psychologique. Qu'est-ce qui justifie une telle mise &#224; l'&#233;cart pour rester ou revenir au final &#224; la case d&#233;part ? L'incasabilit&#233; n'est autre que le rejet de ces institutions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au quotidien, cet enfant est accompagn&#233; par des professionnels conscients des ph&#233;nom&#232;nes de brisures pour l'enfant. D'ailleurs, le CDEF avec ses valeurs cardinales d'inconditionnalit&#233; d'accueil devient quelque part un r&#233;pit pour ces enfants.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fin de prise en charge est alors l'espoir d'un nouveau d&#233;part pour mettre un terme &#224; cette spirale n&#233;gative, dans l'objectif de ne pas enfermer cet enfant dans une stigmatisation &#171; d'incasable &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un nouveau d&#233;part, c'est aussi ce que l'on souhaite &#224; tout enfant sortant du dispositif de l'ASE &#224; sa majorit&#233;. L&#224; encore, la situation est complexe, nombre d'entre eux &#233;tant victimes de &#171; sortie s&#232;ches &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les raisons ? Le jeune ballott&#233; de foyer en foyer, voire d'institutions sociales &#224; m&#233;dico-sociales, n'a pas de v&#233;ritable projet d'autonomie, ce qui conditionne l'obtention d'un contrat d'Accueil Provisoire Jeune Majeur. Il se retrouve doublement exclu&#8230; Mais il y a aussi d'autres exemples : au CDEF, j'ai pu accompagner des Mineurs Non Accompagn&#233;s en Accueil provisoire jeune majeur, cherchant &#224; tout prix &#224; s'en sortir. Une fin de prise en charge &#233;tait alors l'aboutissement d'un processus d'insertion socio-professionnel et&#8230; d'une exp&#233;rience interculturelle unique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_4643 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L300xH340/educ-ime-jiho-d69e0.jpg?1693476308' width='300' height='340' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Que faire en tant que travailleur so&#8211;cial ? Il faut savoir pr&#233;venir les ruptures dans les parcours en protection de l'enfance (2), pour que la case s'adapte &#224; l'enfant et non le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Dulin A. (2018) Rapport de l'avis du Conseil &#233;conomique, social et environnemental &#171; pr&#233;venir les ruptures dans les parcours en protection de l'enfance &#187;. Consult&#233; sur le site : &lt;a href=&#034;https://www.lecese.fr/travaux-publies/prevenir-les-ruptures-dans-les-parcours-en-protection-de-l-enfance-0&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://www.lecese.fr/travaux-publies/prevenir-les-ruptures-dans-les-parcours-en-protection-de-l-enfance-0&lt;/a&gt;
(2) En r&#233;f&#233;rence au titre du rapport pr&#233;sent&#233; par Antoine Dulin le mercredi 13 Juin 2018, au nom de la section des affaires sociales et de la sant&#233; il est &#233;voqu&#233; l'ins&#233;curit&#233; du parcours de ces jeunes alors en &#171; difficult&#233; multiples &#187;.&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;
Par Christine Maurey, assistante sociale en &#233;tablissement m&#233;dico-social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;IL fut un temps (pas si lointain, &#224; vrai dire : la fin du si&#232;cle dernier) o&#249; il n'y avait aucune liste d'attente dans le m&#233;dico-social. &#201;tablissement ou services, il y avait de la place partout. On prenait les enfants, d&#232;s que le dossier &#233;tait complet et pass&#233; devant la commission ad&#233;quate. Puis, on les laissait prendre leur envol, quand on estimait le travail accompli ou l'&#226;ge de prise en charge atteint.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, je ne dirai pas : c'&#233;tait mieux avant ! C'&#233;tait diff&#233;rent : pire par certains c&#244;t&#233;s, mieux par d'autres. Mais on trouvait de la place pour l'enfant ou l'adulte en difficult&#233;. On le sait bien, cette loi de f&#233;vrier 2005 a provoqu&#233; un d&#233;placement du handicap de l'institutionnel vers le milieu ordinaire, donc des places qui se ferment au sein des instituts. Ceci est venu renforcer un mouvement d&#233;j&#224; engag&#233; d'&#171; embouteillage &#187; dans les &#233;tablissements. Les places ont commenc&#233; &#224; manquer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les SESSAD (1) existants, c'&#233;tait souvent &#224; la majorit&#233; du jeune que le service s'arr&#234;tait. Parfois, c'&#233;tait trop. On aurait pu les l&#226;cher plus t&#244;t. Mais on avait du mal, on pouvait encore, on voulait encore&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, on attend pour tout. On attend pour avoir une place dans un CAMPS (2) (un &#224; deux ans), pour la mise en place d'une mesure &#233;ducative de justice (au secours), pour entrer en IME (3), pour passer d'un &#233;tablissement &#224; un autre&#8230; Du coup, il n'y a gu&#232;re que pour sortir d'un service ou d'un &#233;tablissement, qu'on n'attend pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car, qui dit sortie, dit entr&#233;e d'un autre qui attend depuis longtemps. Donc, bien s&#251;r que cette sortie, cette fin de prise en charge sont attendues et souhait&#233;es par ces m&#234;mes &#233;tablissements ou services. Enfin, par l'administratif, les directeurs ou les chefs de service. Car, pour ce qui est des professionnels&#8230; rien d'aussi simple.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'accompagnement, c'est un lien qui se termine, quoiqu'on le veuille, quoiqu'on le dise. Et rompre un lien n'est jamais sans douleur. Les textes parlent d'un service de suite qui pourrait faire une sorte de relai. Mais, pour avoir travaill&#233; dans ce sens et mont&#233; un v&#233;ritable service de suite qui n'&#233;tait pas que de papier, il est presqu'impossible &#224; faire fonctionner.&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; prendre le temps de ces professionnels, d&#233;j&#224; bien occup&#233;s dans leur emploi ? La souplesse que demande un service de suite ne correspond pas &#224; la lourdeur administrative : une ann&#233;e, il y a vingt sorties, l'ann&#233;e suivante cinq&#8230; comment adapter le temps, les postes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, revenons &#224; nos professionnels et &#224; leurs prot&#233;g&#233;s. On ne peut justifier de l'arr&#234;t d'une prise en charge que par le constat commun, amiable, que le travail est fini, que le chemin parcouru permet &#224; l'enfant, au jeune de continuer seul ou avec d'autres services.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est terriblement difficile &#224; trouver cet accord-l&#224;. Rares sont les fins de prise en charge qui se terminent ainsi sur un accord tacite. Souvent, c'est l'enfant ou le jeune qui a peur, qui ne veut pas qu'on le laisse ou bien son parent. Parfois, c'est le professionnel ou le service qui ne le sent pas pr&#234;t &#224; partir et craint pour la suite. Parfois aussi, cause moins avouable : le d&#233;part de l'enfant ou de jeune remet en cause la p&#233;rennit&#233; du poste. Alors, on fait durer&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, de plus en plus, c'est le service ou l'&#233;tablissement qui, d&#233;cidant d'une temporalit&#233; qui les regarde et qui ne s'explique pas toujours, d&#233;cr&#232;te qu'en deux ans, par exemple, on doit avoir fait le maximum pour remettre l'enfant ou le jeune sur les rails et basta ! &#199;a fera l'affaire, les autres attendent et il faut r&#233;pondre. Cruelles et questionnantes ces sorties, voire ces &#171; exclusions &#187; Cela rappelle une certaine chanson : Au suivant ! Au suivant !&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) Services d'&#233;ducation sp&#233;ciale et de soins &#224; domicile (2) Centre d'Action M&#233;dico-Sociale Pr&#233;coce
(3) Institut M&#233;dico-Educatif&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cin&#233; &#8226; L'avenir en vitrail</title>
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		<dc:subject>Formation</dc:subject>
		<dc:subject>1312</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En chantier de r&#233;insertion, Na&#235;lle, 19 ans, ardente pratiquante de street-art d'un quartier rel&#233;gu&#233;, doit &#224; sa responsable de faire la rencontre de Paul, Compagnon vitrailliste qui entrevoit le potentiel de la jeune fille et y croit. D'abord r&#233;ticent &#8212; le monde des Compagnons est plut&#244;t masculin &#8212;, il prend la jeune fille sous son aile d'artisan. Choc de deux univers : fragile, inhib&#233;e par un sentiment d'exclusion, Na&#235;lle v&#233;hicule une image n&#233;gative d'elle-m&#234;me et aussi une violence &#224; fleur de peau ; de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1312-" rel="tag"&gt;1312&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_4644 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L279xH185/capture_d_e_cran_2022-02-28_a_10.14.20-e1ed7.png?1693476308' width='279' height='185' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; En chantier de r&#233;insertion, Na&#235;lle, 19 ans, ardente pratiquante de street-art d'un quartier rel&#233;gu&#233;, doit &#224; sa responsable de faire la rencontre de Paul, Compagnon vitrailliste qui entrevoit le potentiel de la jeune fille et y croit. D'abord r&#233;ticent &#8212; le monde des Compagnons est plut&#244;t masculin &#8212;, il prend la jeune fille sous son aile d'artisan. Choc de deux univers : fragile, inhib&#233;e par un sentiment d'exclusion, Na&#235;lle v&#233;hicule une image n&#233;gative d'elle-m&#234;me et aussi une violence &#224; fleur de peau ; de surcro&#238;t, elle est prise dans les filets toxiques et violents des ca&#239;ds de sa cit&#233;. Sa rencontre avec le vitrail qui ne sera pas d'embl&#233;e &#233;vidente, lui laissera entrevoir ses comp&#233;tences, gr&#226;ce &#224; une formation pointue et un avenir &#224; sa taille. Elle ira jusqu'&#224; la fiert&#233; d'un travail bien fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sents dans les grandes villes fran&#231;aises (et en lien avec les travailleurs sociaux), les &lt;i&gt;Compagnons du devoir &lt;/i&gt; forment aux m&#233;tiers de l'artisanat. Tailleurs de pierre, vitraillistes, &#233;b&#233;nistes,&#8239;etc. Ils sont fabricants de chefs-d'&#339;uvre et r&#233;gis par des codes, r&#232;gles, traditions sp&#233;cifiques et solennelles. La barre de l'exigence est haut plac&#233;e : r&#232;glement et horaires stricts, planning contraignant et vie communautaire. Forts de leur devise, &#171; &lt;i&gt;Capable, digne, libre et g&#233;n&#233;reux&lt;/i&gt; &#187;, ils revendiquent leur exigence d'excellence. Et, avec leurs rites de passage, font famille. &#201;querre, compas et labyrinthe (symbole du parcours de chacun) sont leurs embl&#232;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Associant professionnels et amateurs, le film est bourr&#233; d'&#233;nergie ; bien document&#233;e, la rencontre des deux mondes fonctionne. Se r&#233;clamant d'un certain r&#233;alisme social, le r&#233;alisateur se r&#233;f&#232;re &#224; &lt;i&gt;La Part des anges&lt;/i&gt; de Ken Loach, ou &#224; &lt;i&gt;Fish Tank d&lt;/i&gt;'Andr&#233;a Arnold (&lt;a href=&#034;https://www.lien-social.com/-942-&#034;&gt;LS n&#176;&#8239;942&lt;/a&gt;). Ici, la transmission du savoir (savoir-faire, savoir-&#234;tre) donne tout son sens au r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jo&#235;l Plantet&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;i&gt;Compagnons&lt;/i&gt;, de Fran&#231;ois Favrat avec Agn&#232;s Jaoui,
Pio Marma&#239;, Najaa Bensa&#239;d - 1 h 40.
Prix du Public au premier festival du film de soci&#233;t&#233; de Royan (9 - 12 d&#233;cembre 2022). Prix d&#8216;interpr&#233;tation &#224; Najaa Bansa&#239;d.
Sortie en salles le 2 mars.&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Cin&#233; &#8226; Force fragile</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Cine-o-Force-fragile</link>
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		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>1312</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#202;tre femme en Bulgarie n'est pas de tout repos : ainsi, la Convention du Conseil de l'Europe sur la pr&#233;vention et la lutte contre la violence &#224; l'&#233;gard des femmes et la violence domestique, n'a-t-elle pas &#233;t&#233; ratifi&#233;e par le pays, des manifestations ayant m&#234;me lieu contre la destruction de la famille et l'encouragement &#224; l'homosexualit&#233; que le texte allait entra&#238;ner. Dans ce pays corset&#233;, deux s&#339;urs se r&#233;voltent radicalement contre le sexisme et un patriarcat tout-puissant : lourdes blagues sexistes au (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1312-" rel="tag"&gt;1312&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_4645 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L287xH147/capture_d_e_cran_2022-02-28_a_10.14.31-1830d.png?1693476308' width='287' height='147' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; &#202;tre femme en Bulgarie n'est pas de tout repos : ainsi, la Convention du Conseil de l'Europe sur la pr&#233;vention et la lutte contre la violence &#224; l'&#233;gard des femmes et la violence domestique, n'a-t-elle pas &#233;t&#233; ratifi&#233;e par le pays, des manifestations ayant m&#234;me lieu contre la destruction de la famille et l'encouragement &#224; l'homosexualit&#233; que le texte allait entra&#238;ner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce pays corset&#233;, deux s&#339;urs se r&#233;voltent radicalement contre le sexisme et un patriarcat tout-puissant : lourdes blagues sexistes au travail, maltraitance des p&#232;res, flicage des maris sur leur &#233;pouse, violence des mecs qui refusent le pr&#233;servatif &#8212; Sonja contracte ainsi le VIH, ce qui fait d'elle une paria jusqu'aupr&#232;s de son gyn&#233;cologue. Et m&#234;me les cigognes haut perch&#233;es, se font tirer dessus par des m&#226;les dominants.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_4646 spip_documents spip_documents_right'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L249xH175/capture_d_e_cran_2022-02-28_a_10.14.38-2bf43.png?1693476308' width='249' height='175' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Comment subsister et cr&#233;er les conditions de son autonomie dans un tel paysage ? Confront&#233;es &#224; l'absurdit&#233; des relations hommes/femmes, nombre de femmes sombrent : d&#233;pression post partum, recherche de mieux-&#234;tre dans l'astrologie, la foi ou certains rituels (marcher sur des braises), crises de folie, pouss&#233;es suicidaires&#8230; Alors, la radicalit&#233; sera n&#233;cessaire pour prendre son destin en main, r&#233;sister &#224; l'emprise d'un compagnon, juste d&#233;cider de travailler, vivre son homosexualit&#233;&#8230; Comble de la marginalit&#233;, Yoana, elle, a suivi des traitements hormonaux pour devenir homme, avant de se raviser, ne voulant pas ressembler &#224; son p&#232;re violent. Et les questions de genre sont ainsi &#233;crites dans la Constitution bulgare, que tout &#233;tat trans est juste inenvisageable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Women do cry est tourn&#233; le plus souvent cam&#233;ra &#224; l'&#233;paule ; les cin&#233;astes assument de bout en bout leur prise de risque et le parfum de scandale que leur film d&#233;gage. Dans cette &#233;prouvante d&#233;monstration, l'avenir point, rendu plus lumineux par la d&#233;termination des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;i&gt;Women do cry&lt;/i&gt;, de Mina Mileva et Vesela Kazakova, avec Maria Bakalova, Ralitsa Stoyanova, Katia Kazakova, Bilyana Kazakova, Vesela Kazakova, Iossif Surchadzhiev - 107 min. Sortie en salles le 9 mars.&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mobilisation &#8226; Le social br&#251;le</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Mobilisation-o-Le-social-brule</link>
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		<dc:date>2022-02-28T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Travail social</dc:subject>
		<dc:subject>1312</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En profond d&#233;saccord avec la marchandisation du social, un collectif de travailleurs sociaux marseillais se mobilise pour penser comment panser. Attach&#233;s &#224; leur m&#233;tier, ils cherchent &#224; l'exercer autrement dans le respect de leurs valeurs et des publics concern&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les directions des structures du social s'&#233;vertuent &#224; maintenir la t&#234;te hors de l'eau, alors elles ne veulent surtout pas faire de vagues. &#187; Les membres du collectif le Social Br&#251;le &#224; Marseille ont le sens de l'image pour expliquer leur (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1312-" rel="tag"&gt;1312&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En profond d&#233;saccord avec la marchandisation du social, un collectif de travailleurs sociaux marseillais se mobilise pour penser comment panser. Attach&#233;s &#224; leur m&#233;tier, ils cherchent &#224; l'exercer autrement dans le respect de leurs valeurs et des publics concern&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les directions des structures du social s'&#233;vertuent &#224; maintenir la t&#234;te hors de l'eau, alors elles ne veulent surtout pas faire de vagues.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Les membres du collectif le Social Br&#251;le &#224; Marseille ont le sens de l'image pour expliquer leur besoin de se r&#233;unir. Le mouvement a d&#233;but&#233; en 2018 quand deux accueils de jour voient leur dotation baisser radicalement. Le premier rendez-vous a r&#233;uni cinquante travailleurs sociaux, le deuxi&#232;me soixante-dix. Ce mardi 1er f&#233;vrier 2022, le collectif se met &#224; l'unisson des revendications nationales : revalorisation des salaires, des moyens &#224; la hauteur des besoins des publics, arr&#234;t des fusions a minima des conventions.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_4647 spip_documents spip_documents_left'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L400xH249/capture_d_e_cran_2022-02-28_a_10.24.59-06f04.png?1693476308' width='400' height='249' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Des mots d'ordre dans l'actualit&#233; pour les oubli&#233;s du S&#233;gur, m&#234;me si le collectif porte des ambitions plus profondes. &#171; &lt;i&gt;Depuis vingt ans, on a invers&#233; la logique du financement du social. Auparavant, les pouvoirs publics donnaient de l'argent en fonction des besoins que les travailleurs sociaux faisaient remonter. Maintenant, les financeurs octroient un budget et il faut l'attraper sans n&#233;cessairement se soucier des comp&#233;tences. Nous sommes entr&#233;s dans une comp&#233;tition de qui peut faire le plus avec le moins. Les prix de journ&#233;e baissent et les directions nous disent &#171; Nous n'avons pas le choix. La r&#233;ponse serait que toutes les institutions refusent de travailler dans ces conditions, s'unissent pour faire du plaidoyer afin d'obtenir des dotations d&#233;centes&lt;/i&gt;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ducateur sportif faisant fonction de moniteur-&#233;ducateur, &#233;ducateur technique, &#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s, les cinq membres du collectif venus expliquer son fonctionnement et ses objectifs, exercent aupr&#232;s de mineurs non accompagn&#233;s, de personnes en situation de handicap physique ou psychique, de femmes victimes de violences, de demandeurs d'asile&#8230; Tous partagent une passion pour leur m&#233;tier mais regrettent une perte de sens. Tous ont subi des remarques du style &#171; Prends du recul &#187;, &#171; Tu es trop proche des usagers &#187;, &#171; Tu devrais &#234;tre moins dans l'empathie &#187;. Au Social Br&#251;le, la recherche des points communs prime sur les diff&#233;rences et les d&#233;saccords. Chaque r&#233;union attire de nouvelles t&#234;tes et commence par un rituel vidage de sac. &#171; &lt;i&gt;On l&#226;che puis on r&#233;fl&#233;chit. On est une voix aux c&#244;t&#233;s des syndicats, reconnue comme un groupe avec lequel on peut partager et cogiter un travail social autrement. &#199;a permet de reprendre de l'&#233;nergie et de garder l'espoir.&#8239;&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Confront&#233;s au quotidien &#224; la souffrance, ces professionnels ont du mal &#224; se plaindre et juste pas le temps. &#171; &lt;i&gt;Dans nos structures, nous sommes noy&#233;s dans les urgences, il n'y a plus de place pour refuser l'insupportable. Le travail social, c'est un partage mais sans conditions de travail et d'accueil d&#233;centes, &#224; quoi participons-nous ? Quand le week-end, un &#233;ducateur est seul avec quarante personnes dans un profond mal &#234;tre, pas facile de se montrer bienveillant.&lt;/i&gt; &#187; Depuis longtemps, les membres du collectif alertent leurs hi&#233;rarchies sur des conditions d'exercice si d&#233;grad&#233;es qu'il devient impossible de prendre soin des personnes accompagn&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, les directeurs se mobilisent parce qu'ils ne parviennent plus &#224; recruter, &#231;a fait un moment qu'on les pr&#233;vient que &#231;a va craquer mais au lieu d'&#234;tre avec nous, ils le font &#224; c&#244;t&#233; et &#231;a perd tout son sens.&lt;/i&gt; &#187; Face &#224; un projet de soci&#233;t&#233; de marchandisation du social, ces travailleurs sociaux refusent de devenir &#171; des flics de gauche &#187; et cherchent des leviers pour d&#233;fendre une vision et un avenir. &#171; &lt;i&gt;On veut cr&#233;er du lien pour transformer nos col&#232;res en actions.&#8239;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Psychiatrie &#8226; Les pairs entrent par la fen&#234;tre</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Psychiatrie-o-Les-pairs-entrent-par-la-fenetre</link>
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		<dc:subject>Psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>1312</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Marseille, une plateforme de travailleurs pairs en sant&#233; mentale propose de venir renforcer les &#233;quipes de soins psychiatriques. Unique en France, cette nouvelle proposition permet aux h&#244;pitaux et cliniques de profiter de leur savoir exp&#233;rientiel sans s'encombrer des lourdeurs administratives et juridiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Longtemps, les h&#244;pitaux psychiatriques ont cru qu'ils savaient seuls ce qui &#233;tait bon pour leurs patients, &#231;a change, affirme Jean-Pierre Staebler, directeur du centre hospitalier Avignon (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Fabrique-du-social" rel="directory"&gt;Fabrique du social&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1312-" rel="tag"&gt;1312&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Marseille, une plateforme de travailleurs pairs en sant&#233; mentale propose de venir renforcer les &#233;quipes de soins psychiatriques. Unique en France, cette nouvelle proposition permet aux h&#244;pitaux et cliniques de profiter de leur savoir exp&#233;rientiel sans s'encombrer des lourdeurs administratives et juridiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Longtemps, les h&#244;pitaux psychiatriques ont cru qu'ils savaient seuls ce qui &#233;tait bon pour leurs patients, &#231;a change, affirme Jean-Pierre Staebler, directeur du centre hospitalier Avignon Montfavet. Aujourd'hui, il semble important que les personnes porteuses de troubles psychiques puissent reprendre du pouvoir d'agir sur leur vie. Pour y parvenir, la pair-aidance repr&#233;sente une chance dans la prise en charge des maladies chroniques.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Prononc&#233; le 1er d&#233;cembre, ce discours accompagne la signature officielle d'une convention entre l'h&#244;pital public et Esper pro, premi&#232;re association fran&#231;aise de travailleurs pairs en sant&#233; mentale. Depuis 2019, elle constitue un pool de professionnels mobilisables par les &#233;quipes soignantes, les usagers et les institutions.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si &#171; &lt;i&gt;&#231;a change&lt;/i&gt; &#187;, il reste compliqu&#233; d'int&#233;grer des professionnels qui ont v&#233;cu la maladie mentale au sein des &#233;quipes de soins psychiatriques. Pour faciliter leur arriv&#233;e, cette plateforme regroupant des travailleurs pairs propose d'intervenir en tant que prestataire ind&#233;pendant. En &#224; peine deux ans et en plein Covid, la structure marseillaise a sign&#233; dix contrats de prestations de service avec des h&#244;pitaux, des cliniques priv&#233;es, des associations ou des organismes de formation et sept conventions-cadres avec des partenaires qui souhaitent favoriser le d&#233;veloppement de la pair-aidance. &#171; &lt;i&gt;Nous renvoyons une image positive du malade&lt;/i&gt;, r&#233;sume Yves Bancelin, coordinateur d'Esper pro. &lt;i&gt;Pour les professionnels, nous incarnons un soin r&#233;ussi, &#224; la fois un d&#233;fi et une reconnaissance. Pour les patients, nous repr&#233;sentons un espoir, nous montrons que l'on peut vivre avec une pathologie psychique, s'adapter &#224; la vie professionnelle, int&#233;grer une &#233;quipe de soin.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_4631 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH253/capture_d_e_cran_2022-02-22_a_11.59.18-4b0ec.png?1693468109' width='500' height='253' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis juillet 2021, la clinique des Quatre-Saisons a dot&#233; son &#233;quipe pluriprofessionnelle psycho-socio-&#233;ducative d'un m&#233;diateur en sant&#233; mentale. Deux pairs-aidants se relaient pour assurer une pr&#233;sence les lundis et les jeudis. &#171; &lt;i&gt;En 2015, nous sommes devenus un &#233;tablissement de psycho-r&#233;habilitation&lt;/i&gt;, explique Nolwenn Philippe, la directrice. &lt;i&gt;Notre pratique est ancr&#233;e dans une approche pluridisciplinaire pour proposer un accompagnement global dans un objectif de projet th&#233;rapeutique individualis&#233;. Pour nous, le travail avec Esper pro constitue une mani&#232;re d'avoir un pied en ville : les pairs-aidants sont dans les murs pour aider les patients &#224; en sortir, sans &#234;tre l&#226;ch&#233;s apr&#232;s un s&#233;jour dans une institution super contenante.&lt;/i&gt; &#187; Situ&#233;e dans l'est marseillais, la clinique se trouve &#224; l'&#233;cart de l'agitation du centre mais permet de s'y rendre en transport en commun sans grande difficult&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce jeudi, Natalie Gedrose, pair-aidante, entame sa journ&#233;e, comme tout le monde, en r&#233;union d'&#233;quipe. Neuropsychologue, infirmier, &#233;ducateur, assistante de service social, orthophoniste, psychiatre&#8230; apportent leur &#233;clairage sur la situation de certains occupants des cent lits de l'&#233;tablissement. Ses coll&#232;gues sollicitent Natalie pour accompagner un monsieur qui a besoin d'aide pour acheter des lunettes m&#234;me si, apr&#232;s des s&#233;ances de simulation trois D, il surmonte sa phobie des transports. Elle doit &#233;galement &#233;changer avec un trentenaire sur son projet d'achat d'appartement. &#171; &lt;i&gt;Il a le budget mais il faut lui faire entendre qu'il a besoin d'un suivi &#224; domicile&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, souligne l'assistante de service social. &#171; &lt;i&gt;Je le vois cet apr&#232;s-midi pour &#233;tablir un plan d'action, discuter de sa recherche, du budget, du quartier, du type d'appartement&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;taille la m&#233;diatrice. &#171; &lt;i&gt;C'est bien, tu l'am&#232;nes sur du concret parce que lui part vite dans le fantasme&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, appr&#233;cie Brigitte Spitz, la cadre de sant&#233;, habitu&#233;e aux envol&#233;es de ce vieil adolescent qui vit l&#224; depuis trois ans, quand la dur&#233;e moyenne d'hospitalisation est de cent vingt jours. Enfin, Natalie sugg&#232;re d'informer une patiente qui pourrait bient&#244;t sortir &#8212; m&#234;me si elle a encore des hallucinations auditives -, de l'existence d'un groupe d'entendeurs de voix &#224; Marseille.&lt;br class='autobr' /&gt;
La journ&#233;e de la pair-aidante se poursuit dans son bureau improvis&#233; dans la salle d'art-th&#233;rapie, par une r&#233;flexion sur la mise en place d'un syst&#232;me de parrainage afin que les anciens r&#233;sidents am&#233;liorent l'accueil des nouveaux arrivants. Avec trois patients, une psychologue et un &#233;ducateur, le projet avance au rythme de la co-construction. Courte pause repas, avant d'enchainer avec la permanence dans la salle commune dans laquelle certains boivent un caf&#233;, d'autres jouent aux cartes. Natalie en profite pour se pr&#233;senter aupr&#232;s de ceux qu'elle ne connaitrait pas encore. Un sexag&#233;naire au langage ampoul&#233; se plaint des effets secondaires de son traitement. &#171; &lt;i&gt;&#192; ta place, j'en discuterais avec les infirmiers, vous allez chercher une solution ensemble.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Il repart en direction de la salle des infirmiers, satisfait d'avoir &#233;t&#233; &#233;cout&#233;. Apr&#232;s cette demi-heure d'aller-vers, retour au bureau o&#249; elle doit recevoir le patient aux lunettes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;J'oriente parfois vers les m&#233;diateurs pairs parce qu'&#224; certains moments on ne sait plus comment d&#233;passer la barri&#232;re patient-professionnel de sant&#233;&lt;/i&gt;, constate Peta Geisler, neuropsychologue. &lt;i&gt;M&#234;me si on ne le ressent pas personnellement et on refuse d'y participer, le contexte culturel en psychiatrie emp&#234;che de transgresser cette hi&#233;rarchie. Les m&#233;diateurs pairs offrent une possibilit&#233; de casser ces codes et d'aller vers une rencontre avec un niveau de sinc&#233;rit&#233; qui se construit diff&#233;remment, le lien n'est pas th&#233;rapeutique. Cette exp&#233;rience partag&#233;e permet une autre approche des probl&#233;matiques.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; En effet, l'histoire de lunettes c&#232;de vide la place &#224; l'appr&#233;hension de se retrouver bient&#244;t en appartement autonome. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Pas de probl&#232;me, on a une &#233;quipe en ville, on pourra voir comment t'accompagner&lt;/i&gt;, rassure Natalie. &lt;i&gt;Je me souviens &#224; quel point chaque petite avanc&#233;e peut &#234;tre &#233;norme. Alors si tu veux qu'on t'aide &#224; t'inscrire dans un club de sport ou autre, dis-le-nous.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; L'homme repart avec une plaquette et leur num&#233;ro, un grand sourire dans les yeux &#224; d&#233;faut de lunettes. &#171; &lt;i&gt;&#8239;C'est super, j'ai besoin de &#231;a &#224; fond, &#231;a va le faire !&lt;/i&gt; &#187; Esper pro peut offrir de poursuivre les suivis &#224; domicile gr&#226;ce &#224; un budget d&#233;di&#233; de l'agence r&#233;gionale de sant&#233; (ARS).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; une semaine de sa sortie d&#233;finitive, une jeune femme compte bien sur ce filet de s&#233;curit&#233; pour &#233;viter une nouvelle rechute. Apr&#232;s quatre hospitalisations entrecoup&#233;es de p&#233;riodes de deux &#224; trois ans, elle vient de passer dix-huit mois &#224; la clinique. &#171; &lt;i&gt;C'est la premi&#232;re fois que je vois des travailleurs pairs au sein d'une &#233;quipe de soin&lt;/i&gt;, constate-t-elle. &lt;i&gt;La rencontre avec Natalie est fluide, je me reconnais en elle puisque qu'elle partage mon exp&#233;rience de l'hospitalisation. On a parl&#233; de la rechute, quand tout devient lourd, que le corps est anesth&#233;si&#233;, cette angoisse sans savoir d'o&#249; elle vient. Avoir aupr&#232;s de soi des personnes qui sont pass&#233;es par l&#224; et qui viennent apporter leur soutien, me rassure et me donne de l'espoir. C'est la preuve que la maladie n'est pas une fatalit&#233;, on peut vivre avec. Pour pr&#233;venir la rechute, l'important c'est d'identifier les premiers signes. Avec Natalie, je vais renforcer le travail que je ferai en h&#244;pital de jour, je ne me sentirai pas seule.&lt;/i&gt; &#187; Elle note dans son agenda : Natalie. D&#233;j&#224;, elle a moins peur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Asile &#8226; Faire famille dans le chaos</title>
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		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
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&lt;p&gt;Longtemps, l'exil a concern&#233; des hommes seuls. D&#233;sormais, de plus en plus de familles quittent leur pays pour trouver refuge dans un ailleurs inconnu. Comment accompagner la parentalit&#233; dans un contexte de rupture de liens familiaux, sociaux et culturels ? Quand les conditions d'accueil plongent souvent les demandeurs d'asile dans une grande pr&#233;carit&#233;, difficile de se conformer aux standards fran&#231;ais, d'autant que la mani&#232;re d'&#233;lever les enfants en France n'a rien d'universel. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lionella et Sardar (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Longtemps, l'exil a concern&#233; des hommes seuls. D&#233;sormais, de plus en plus de familles quittent leur pays pour trouver refuge dans un ailleurs inconnu. Comment accompagner la parentalit&#233; dans un contexte de rupture de liens familiaux, sociaux et culturels ? Quand les conditions d'accueil plongent souvent les demandeurs d'asile dans une grande pr&#233;carit&#233;, difficile de se conformer aux standards fran&#231;ais, d'autant que la mani&#232;re d'&#233;lever les enfants en France n'a rien d'universel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lionella et Sardar parlent une langue qui leur appartient, un m&#233;lange d'espagnol et d'italien. Elle, 32 ans, est Albanaise, lui, 42 ans, Pakistanais. Depuis 2015 et leur rencontre en Allemagne, le couple se d&#233;bat pour faire famille malgr&#233; le chaos de l'exil. Leur premier fils na&#238;t en juin 2016. Faute de papiers valides pour les autorit&#233;s allemandes, le p&#232;re n'a pas pu reconnaitre son enfant, un d&#233;ni de paternit&#233; v&#233;cu encore aujourd'hui comme une ins&#233;curit&#233;. L'enfant a trois mois quand ils d&#233;cident de poursuivre leur proc&#233;dure de demande d'asile en France. Arriv&#233;e &#224; Marseille, la famille va conna&#238;tre l'h&#233;bergement d'urgence, les nuit&#233;es en h&#244;tel social, le centre d'accueil de demandeurs d'asile, le squat&#8230; Malgr&#233; l'instabilit&#233;, elle s'agrandit : un deuxi&#232;me fils en d&#233;cembre 2017, puis un troisi&#232;me en octobre 2019. La pr&#233;carit&#233; de leur situation administrative emp&#234;che le couple de se marier ou de contracter un pacte civil de solidarit&#233; (Pacs) pour officialiser leur lien de parentalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Jamais pleurer devant les enfants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis octobre 2020, gr&#226;ce &#224; l'accompagnement d'une avocate, Lionella et Sardar vivent avec leurs trois enfants dans une chambre d'h&#244;tel du centre-ville. Lui a enfin obtenu un titre de s&#233;jour pour raison de sant&#233;. Cependant, la mairie continue de leur refuser le mariage, cette fois parce qu'ils vivent &#224; l'h&#244;tel. Le couple reste confiant : en 2022 &#231;a ira mieux. Les deux a&#238;n&#233;s vont &#224; l'&#233;cole et s'en sortent, m&#234;me si l'institutrice de CE1 s'inqui&#232;te du mutisme du plus grand. &#171; &lt;i&gt;C'est la vie en squat, il a vu tant de violence, les descentes de police, les incendies, les bagarres&lt;/i&gt;, explique Lionella. &lt;i&gt;Petit &#224; petit, il se d&#233;tend et s'ouvre aux autres. Il va voir une orthophoniste, il aurait peut-&#234;tre besoin d'un psychologue.&lt;/i&gt; &#187; Les deux autres enfants ne montrent pas de signes de traumatisme et les parents s'astreignent &#224; une r&#232;gle, &#171; &lt;i&gt;on n'a jamais pleur&#233; devant eux, on attend qu'ils dorment&lt;/i&gt; &#187;. Concentr&#233;s sur la survie de la famille, ni Lionella, ni Sardar ne maitrisent le fran&#231;ais. Ils esp&#232;rent pouvoir y rem&#233;dier d&#232;s que leur situation se sera stabilis&#233;e. Ils savent que &#231;a peut alt&#233;rer l'exercice de leur parentalit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Comit&#233; national du soutien &#224; la parentalit&#233; d&#233;finit celle-ci comme le lien entre un adulte et un enfant, dans le but de lui assurer le soin, le d&#233;veloppement et l'&#233;ducation. Elle s'inscrit dans l'environnement social et &#233;ducatif o&#249; vit la famille. Un sacr&#233; challenge pour ces parents en situation de pr&#233;carit&#233; socio&#233;conomique qui, en plus, cumulent l'instabilit&#233; r&#233;sidentielle, la m&#233;connaissance de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise et la barri&#232;re de la langue. &#171; &lt;i&gt;La violence qui a provoqu&#233; la fuite et l'exil vient attaquer le lien social avec la famille et le cercle de proches, elle alt&#232;re la possibilit&#233; d'&#234;tre en lien avec l'autre de mani&#232;re s&#233;curis&#233;e&lt;/i&gt;, analyse &#233;lise Plessis, assistante de service social au centre Primo Levi de Paris qui soutient et accompagne les demandeurs d'asile. &lt;i&gt;En plus, les violences r&#233;p&#233;t&#233;es dans le pays d'origine et sur le parcours d'exil, viennent se prolonger dans des conditions d'accueil d&#233;structurantes. Cette r&#233;p&#233;tition de la violence psychique et physique nourrit le lien parent-enfant et produit un ph&#233;nom&#232;ne de grappe parce qu'il faut faire corps. L'enjeu pour le travailleur social, c'est de remettre de l'&#233;cart, donc du mouvement malgr&#233; des conditions de vie arides.&#8239;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_4648 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH325/capture_d_e_cran_2022-02-28_a_10.39.14-bf4f3.png?1693476309' width='500' height='325' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quotidien d'un demandeur d'asile est fig&#233; dans la proc&#233;dure administrative, une attente mortif&#232;re ponctu&#233;e de r&#233;c&#233;piss&#233;s, de rejets, de proc&#233;dures en appel&#8230; &#199;a peut durer des ann&#233;es, sans pouvoir avancer au niveau de l'insertion professionnelle. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Il faut essayer de produire un mouvement pour eux-m&#234;mes, &#231;a peut passer par des cours de fran&#231;ais, du b&#233;n&#233;volat, des activit&#233;s par lesquelles ils peuvent essayer de retrouver une place sociale&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise l'assistante de service social. Plus prompts &#224; apprendre la langue du pays d'accueil, les enfants se retrouvent au centre des &#233;changes entre l'administration et leurs parents. L'enfant-interpr&#232;te traduit et bataille pour ses parents qui d&#232;s lors n'incarnent plus l'adulte r&#233;f&#233;rent, protecteur. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Pour qu'ils puissent reprendre les r&#234;nes, nous recourons &#224; l'interpr&#233;tariat&lt;/i&gt;, souligne Elise Plessis. &lt;i&gt;L'interpr&#232;te va accompagner sur l'ouverture de droits, ce qui permet un travail d'instruction civique, de transmission de la culture administrative fran&#231;aise et de sa logique. &#199;a les sort d'une position d'&#234;tres soumis, subissant des injonctions sans rien y comprendre.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Pour les enfants, il s'agit de trouver des activit&#233;s qui les remettent &#224; une place d'enfant : l'&#233;cole, le centre de loisirs, le sport&#8230; &#171; &lt;i&gt;Avant la crise du Covid, nous avions un partenariat avec les scouts qui permettait d'exp&#233;rimenter une s&#233;paration qui puisse &#234;tre bienveillante et &#233;panouissante. &#199;a demande du soutien, parce que &#231;a peut cr&#233;er beaucoup de r&#233;ticences dans un premier temps. Il ne s'agit pas de dire maintenant, chacun fait des trucs dans son coin mais de verbaliser ce que provoque cette s&#233;paration, m&#234;me tr&#232;s courte, par rapport &#224; leur histoire.&#8239;&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Accompagner la parentalit&#233; dans l'exil suppose de ne pas attendre des parents qu'ils correspondent aux repr&#233;sentations du pays d'accueil. Souvent, leurs conditions de vie ne le permettent pas, notamment en raison d'une promiscuit&#233; qui emp&#234;che l'enfant de s'absoudre du regard du parent et inversement, mais aussi parce que les racines ne peuvent pas &#234;tre coup&#233;es comme si elles n'avaient aucune valeur. L'accueil institutionnel r&#233;gulier, stable et continu offre de travailler cet &#233;quilibre entre les cultures du pays d'origine et d'accueil. Pour aborder ces questions lors d'ateliers de p&#233;rinatalit&#233;, l'&#233;quipe d'&#233;ducateurs sp&#233;cialis&#233;s et de moniteurs-&#233;ducateurs de l'h&#233;bergement d'urgence pour demandeurs d'asile (Huda) Claire Joie &#224; Marseille, a sollicit&#233; l'accompagnement de l'anthropologue Clotilde O'Dey&#233; (&lt;a href=&#034;http://www.lien-social.com/Entretien-avec-Carole-O-Deye-o-L-accompagnement-en-question&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;voir interview&lt;/a&gt;). Ces places Huda sont r&#233;serv&#233;es &#224; des femmes de 18 &#224; 25 ans identifi&#233;es comme victimes de la traite des &#234;tres humains &#224; des fins d'exploitation sexuelle. Principalement originaires du Nig&#233;ria et de Guin&#233;e, cinquante-quatre personnes, dont douze enfants &#226;g&#233;s de z&#233;ro &#224; 5 ans, sont accompagn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Transmission&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#8239;Ces ateliers nous ont permis de mieux comprendre d'o&#249; elles venaient, en sortant du prisme tr&#232;s administratif et juridique du parcours de demande d'asile&lt;/i&gt;, raconte Marie Monti, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e. &lt;i&gt;Elles ont pu s'exprimer sur leur enfance, sur ce qu'elles avaient envie de transmettre &#224; leurs enfants, la part d'identit&#233; qu'elles d&#233;siraient pr&#233;server tout en s'accommodant du fonctionnement fran&#231;ais. D'habitude, elles ont la sensation d'&#234;tre jug&#233;es, donc de devoir redoubler d'efforts pour faire leurs preuves. L&#224;, c'&#233;tait un vrai partage &#224; partir d'outils tr&#232;s simples, par exemple un &#233;change sur comment nourrir son b&#233;b&#233;. La protection maternelle et infantile pr&#233;conise un protocole identifi&#233; en France ; nous on voulait savoir comment &#231;a se passait ailleurs. En tant que professionnels, nous avons beaucoup appris. &#199;a a aussi valoris&#233; les filles et cr&#233;&#233; du lien autour de leurs points communs de m&#232;res, alors que d'ordinaire elles restent dans leur communaut&#233; sans se m&#233;langer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_4649 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH284/capture_d_e_cran_2022-02-28_a_10.39.53-88acf.png?1693476309' width='500' height='284' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ateliers &#224; l'approche interculturelle ont &#233;galement permis d'aborder le placement. Il est apparu que sans comprendre les raisons d'une telle d&#233;cision, toutes redoutent d'avoir un geste qui pourrait para&#238;tre maltraitant en France et ne le serait pas ailleurs. &#171; I&lt;i&gt;l y avait une esp&#232;ce de flou pour ces femmes tr&#232;s jeunes, isol&#233;es, avec un parcours administratif chaotique qui, vivant en collectivit&#233;, peuvent facilement &#234;tre point&#233;es du doigt&lt;/i&gt;, admet l'&#233;ducatrice. &lt;i&gt;L&#224;, on a pu parler tr&#232;s librement du comment et du pourquoi du placement, expliquer que ce n'&#233;tait pas le but de s&#233;parer un enfant de sa m&#232;re, ce qui a lev&#233; cette menace permanente.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s trois ans de travail &#224; Claire Joie, Marie Monti se dit agr&#233;ablement surprise par leur sens de la responsabilit&#233; collective. Une m&#232;re peut laisser son petit, puisque tout le monde a un devoir de regard et d'attention sur l'enfant. Un fonctionnement aux antipodes de ce qu'elles imaginent &#234;tre &#171; &lt;i&gt;une parfaite maman fran&#231;aise&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. Lors de jeux de r&#244;le, les jeunes femmes en ont donn&#233; une d&#233;finition : elle a peur de tout, donc elle veille en permanence sur son enfant, s'applique &#224; ce qu'il ne fasse pas trop de bruit et aucun autre adulte ne peut le toucher. &#171; &lt;i&gt;Cette vision est un peu effrayante&lt;/i&gt;, s'amuse l'&#233;ducatrice de 29 ans. &lt;i&gt;En tous cas, elles ont fait &#233;voluer mon propre regard sur la maternit&#233;. Je leur dis souvent que le jour o&#249; je serai maman, elles m'aideront &#224; voir la parentalit&#233; compl&#232;tement diff&#233;remment.&#8239;&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'exil a coup&#233; ces familles des solidarit&#233;s familiales &#233;largies. En perdant ce mode de fonctionnement, les exil&#233;s r&#233;alisent &#224; quel point, parfois sans s'en rendre compte, ils s'appuyaient dessus pour partager et all&#233;ger les charges quotidiennes. &#171; &lt;i&gt;Sur le plan psychoth&#233;rapeutique, le travail collectif vient beaucoup soulager les familles&lt;/i&gt;, affirme Bertrand Gu&#233;ry, directeur et psychoth&#233;rapeute du centre Osiris &#224; Marseille, association de soutien aux victimes de torture et de r&#233;pression politique. &lt;i&gt;Nos formations de psy ou de travailleur social privil&#233;gient le mod&#232;le de l'entretien en t&#234;te &#224; t&#234;te mais notre exp&#233;rience montre que se retrouver en groupe dans des conditions o&#249; la confiance peut se r&#233;tablir sans enjeu administratif ou m&#233;dical, constitue d&#233;j&#224; un facteur th&#233;rapeutique. Elles peuvent parler, se soutenir, &#233;changer sur leur propre exp&#233;rience et se reconnaitre &#224; travers celle des autres. La dimension groupale vient compenser un peu la perte de lien li&#233; &#224; l'exil, touche le social et la famille &#233;largie. Du coup, elles parlent beaucoup mieux.&#8239;&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un enjeu majeur ressort de ces discussions : la transmission, l'h&#233;ritage. Pour beaucoup d'adultes qui ont l'exp&#233;rience du d&#233;racinement, l'id&#233;e de refaire sa vie ne peut &#234;tre comprise qu'au travers des enfants. M&#234;me &#224; 35-40 ans, le sentiment de ne pas pouvoir recommencer tout &#224; z&#233;ro domine. Du coup, les parents, en particulier les mamans, ne vivent plus que pour leurs enfants. Donc ceux-ci sont surinvestis, ce qui explique pourquoi ils surinvestissent l'&#233;cole. La petite de 5 ans h&#233;berg&#233;e par l'Huda Claire Joie a beau avoir une maman d'&#224; peine 18 ans, au d&#233;j&#224; lourd pass&#233; traumatique, elle &#233;pate son institutrice qui la trouve tr&#232;s en avance pour son &#226;ge. Il faut dire que les mamans, d&#233;sol&#233;es de ne pas trouver de place en cr&#232;che pour leurs petits, leur montrent des vid&#233;os p&#233;dagogiques pour apprendre l'alphabet d&#232;s l'&#226;ge de 2 ans. L'excellence fran&#231;aise de demain se cache peut-&#234;tre dans des lieux d'accueil pour demandeurs d'asile, les h&#244;tels sociaux, voire les squats.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Liens solidaires &#8226; Un nid pour la parentalit&#233;</title>
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		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
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&lt;p&gt;Dans les quartiers nord de Marseille, une association impulse la cr&#233;ation de liens entre les familles pour d&#233;velopper des initiatives et des pratiques novatrices adapt&#233;es &#224; leurs besoins. Gr&#226;ce &#224; ce savoir exp&#233;rientiel, elle contribue au d&#233;veloppement des connaissances sur les probl&#233;matiques li&#233;es &#224; la vuln&#233;rabilit&#233; et &#224; l'&#233;ducation, souvent en lien avec l'exil. &lt;br class='autobr' /&gt;
14 heures, mardi 25 janvier, malgr&#233; un froid piquant sous le soleil d'hiver, deux femmes patientent devant l'entr&#233;e d'une maison blanche perch&#233;e (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les quartiers nord de Marseille, une association impulse la cr&#233;ation de liens entre les familles pour d&#233;velopper des initiatives et des pratiques novatrices adapt&#233;es &#224; leurs besoins. Gr&#226;ce &#224; ce savoir exp&#233;rientiel, elle contribue au d&#233;veloppement des connaissances sur les probl&#233;matiques li&#233;es &#224; la vuln&#233;rabilit&#233; et &#224; l'&#233;ducation, souvent en lien avec l'exil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;14 heures, mardi 25 janvier, malgr&#233; un froid piquant sous le soleil d'hiver, deux femmes patientent devant l'entr&#233;e d'une maison blanche perch&#233;e sur une colline. Ce nid se voit de loin et, plant&#233; en haut de l'escalier qui y m&#232;ne, un grand panneau &#171; Maison des familles-les Buissonnets &#187; fait l'effet d'un phare invitant &#224; pousser la porte. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Matin et soir, je suis l&#224;&lt;/i&gt;, affirme Mme I., 55 ans, arriv&#233;e d'Alg&#233;rie en 2017 avec son mari, son fils de 19 ans et sa fille de 17 ans. &lt;i&gt;Mat&#233;riellement, nous ne manquions de rien mais ma fille m'en voulait de l'avoir amen&#233;e dans un pays qui refusait de l'inscrire en terminale alors qu'elle pensait pouvoir passer son bac ; nous &#233;tions victimes d'un marchand de sommeil, notre entourage faisait tout pour que nous repartions, c'&#233;tait moralement tr&#232;s compliqu&#233;. C'est l&#224; que j'ai d&#233;couvert la Maison des familles. Au d&#233;but, j'y ai beaucoup pleur&#233;.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Cr&#233;&#233;e en d&#233;cembre 2014 pour favoriser la rencontre et l'&#233;change entre parents sur des questions d'&#233;ducation, l'association s'associe aux familles dans la r&#233;solution de leurs difficult&#233;s et la modification de leurs conditions de vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cinq ans plus tard, la situation administrative de Mme&#8239;I. reste pr&#233;caire mais ses deux enfants m&#232;nent des &#233;tudes sup&#233;rieures. Pourtant elle essuie encore une larme &#224; l'&#233;vocation de la tombe de son p&#232;re et du pays de ces racines. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Gr&#226;ce &#224; l'&#233;coute et au soutien des b&#233;n&#233;voles, j'ai pu m'apaiser et r&#233;fl&#233;chir &#224; comment trouver ma place en France. Avec une amie rencontr&#233;e ici, on a commenc&#233; &#224; faire des g&#226;teaux pour les f&#234;tes. Puis, comme on &#233;tait b&#233;n&#233;ficiaires des Restos du c&#339;ur, on est devenus b&#233;n&#233;voles pour participer &#224; la solidarit&#233;.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Cet apr&#232;s-midi, elle vient d'ailleurs pr&#233;senter cette activit&#233; et inviter les membres de la Maison des familles &#224; la rejoindre pour une grande collecte en mars. L'entraide et la bienveillance formant l'essence de ce lieu fond&#233; par les Apprentis d'Auteuil et le Rocher oasis des cit&#233;s, association catholique d'&#233;ducation populaire, sa proposition soul&#232;ve donc l'enthousiasme. Orient&#233;e bien-&#234;tre, les sorties au hammam, deux fois par mois, sugg&#233;r&#233;es par madame Y. suscitent &#233;galement l'int&#233;r&#234;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le protocole Covid bouleverse les habitudes. D'ordinaire, le mardi avant de proposer et de discuter de l'organisation des activit&#233;s, les convives cuisinent et partagent un repas. La crise sanitaire interdit ce rituel tant pris&#233;. Mais avec sa terrasse, son jardinet, sa vue d&#233;gag&#233;e et son poulailler, la b&#226;tisse procure quand m&#234;me une a&#233;ration quasi campagnarde. En 2020, deux cent familles sont venues y chercher un r&#233;confort, le temps d'un &#233;change autour d'un th&#233; ou d'une rencontre plus approfondie et suivie. La responsable Jeane Dufour, s'appuie sur une communaut&#233; d'entraide pour cr&#233;er un espace ressources d&#233;di&#233; aux familles en situation de pr&#233;carit&#233; &#233;conomique et/ou relationnelle. Il s'y travaille le lien entre les familles, au sein de la cellule familiale et avec la soci&#233;t&#233;. Situ&#233;e &#224; proximit&#233; de plusieurs cit&#233;s des quartiers nord de Marseille, la maison offre n&#233;anmoins une distance suffisante pour se sentir &#224; l'abri des regards et des jugements. Des &#233;ducateurs du secteur en ont m&#234;me fait &#171; une alternative au fast-food &#187; pour leurs rendez-vous.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;&#8239;Notre ADN, c'est le partenariat&lt;/i&gt;, explique Jeane, dynamique et chaleureuse trentenaire. &lt;i&gt;Nous sommes en lien direct avec le centre m&#233;dico-psychologique (CMP) qui jouxte la maison, aussi il nous oriente des familles et nous leur adressons des enfants. Ensuite, nous travaillons avec les travailleurs sociaux du territoire, les enseignants, les h&#244;pitaux de jour, la protection maternelle et infantile.&lt;/i&gt; &#187; Avec une animatrice-coordinatrice, huit b&#233;n&#233;voles, des stagiaires &#233;tudiants en travail social et des services civiques, l'&#233;quipe fait plus famille que professionnelle. &#199;a tombe bien parce que la parentalit&#233; en exil p&#226;tit souvent de l'explosion de la cellule familiale. &#171; &lt;i&gt;Dans mon pays, quand tu accouches, tu es choy&#233;e pendant plusieurs semaines&lt;/i&gt;, explique Mme R., 35 ans. &lt;i&gt;Quand j'ai accouch&#233; de mon deuxi&#232;me fils en France, je me suis sentie tellement seule, loin de la chaleur de ma m&#232;re et en plus, je devais courir pour les papiers&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_4650 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH285/capture_d_e_cran_2022-02-28_a_10.45.10-18c7c.png?1693476309' width='500' height='285' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discr&#232;te, Mme L. lance des regards pleins d'interrogations. Depuis trois mois en France, &#224; 44 ans, l'Alg&#233;roise ind&#233;pendante ne maitrise plus rien et se sent impuissante. Elle a trois filles et un fils, &#226;g&#233;s de 11, 14, 16 et 21 ans. Elle ne parvient pas &#224; les scolariser, ils se retrouvent donc coinc&#233;s toute la journ&#233;e dans un petit appartement insalubre et sans chauffage. En plus, elle souffre d'une maladie cardiaque mais ne consulte pas, faute de couverture m&#233;dicale. Touch&#233;e par cette situation, une voisine l'a emmen&#233;e pour la premi&#232;re fois aujourd'hui &#224; la Maison des familles. Albanaise, Mme&#8239;A., 32 ans, a aussi v&#233;cu ce sentiment de perte de pouvoir sur sa vie : &#171; &lt;i&gt;Quand tu viens ici, tu trouves comme une famille et en plus, tu es oblig&#233;e de parler fran&#231;ais. Ensuite, il faut que tu ailles voir une assistante sociale pour l'&#233;cole et la sant&#233;.&lt;/i&gt; &#187; La coordinatrice saisit le sujet et apporte une plaquette avec les adresses des permanences d'acc&#232;s aux soins de sant&#233; et les num&#233;ros des assistantes de service social. Ensuite, les femmes s'affairent pour lui expliquer comment s'y rendre avant d'&#233;tablir que l'une d'entre elles l'accompagnera. La panique c&#232;de la place au sourire dans les yeux de Mme L. Le parcours d'int&#233;gration reste long mais elle se sent d&#233;j&#224; moins isol&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
La prochaine fois, elle viendra avec ses enfants. Cet espace leur est aussi d&#233;di&#233;, avec une aide aux devoirs mais aussi une grande salle de jeu, une balan&#231;oire et bient&#244;t un panier de basket. En plus, contrairement aux adultes engonc&#233;s dans leurs probl&#232;mes, les b&#233;n&#233;voles et les services civiques jouent avec plaisir. &#171; &lt;i&gt;En France, les enfants sont bien g&#226;t&#233;s, ils ont beaucoup de libert&#233;, trop&lt;/i&gt;, affirme Mme D. &lt;i&gt;On est loin de ma culture, de mes traditions. Pour l'instant j'arrive &#224; g&#233;rer mais si mon fils de 11 ans veut aller boire un verre dans un bar ? C'est compliqu&#233; de concilier la culture fran&#231;aise et la religion. Comment je vais jongler entre des valeurs qui risquent de rentrer en conflit ? &#199;a m'inqui&#232;te beaucoup. Ici, je peux exprimer mes inqui&#233;tudes, &#231;a me soulage. M&#234;me si on ne trouve pas toujours de solution, on peut explorer des pistes de r&#233;flexion.&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Dans la foul&#233;e de cet &#233;change, Jeane &#233;voque un atelier consistant &#224; r&#233;fl&#233;chir au moyen d'&#233;voquer l'amour et la sexualit&#233; avec les enfants, &#171; &lt;i&gt;&#8239;un sujet qui met mal &#224; l'aise la plupart des parents&#8239;&lt;/i&gt; &#187;. Dans cette ambiance sans tabous, l'&#233;quipe s'emploie &#224; favoriser le d&#233;veloppement du pouvoir d'agir des p&#232;res, des m&#232;res et des enfants. Les femmes y sont majoritaires, enti&#232;rement tourn&#233;es vers l'avenir de leurs enfants. &#171; &lt;i&gt;&#8239;Nous on s'oublie&lt;/i&gt;, ass&#232;ne la jeune Albanaise. &lt;i&gt;Laisse tomber la femme, si les enfants vont bien, les mamans vont bien. L'exil, c'est pour l'avenir des enfants !&#8239;&lt;/i&gt; &#187; Gr&#226;ce &#224; ce nid bienveillant, peut-&#234;tre pourront-elles quand m&#234;me trouver, elles aussi, un moyen de prendre leur envol.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entretien avec Clotilde O'Dey&#233; &#8226; L'accompagnement en question</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Entretien-avec-Carole-O-Deye-o-L-accompagnement-en-question</link>
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		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>1312</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les pr&#233;conisations pour s'adapter au pays d'accueil peuvent sembler aller de soi. Or dans la gestion du quotidien, rien n'est universel. L'interculturalit&#233; consiste &#224; prendre le temps de discuter chaque th&#233;matique pour &#233;viter les interpr&#233;tations et incompr&#233;hensions. &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'apporte l'approche interculturelle dans l'accompagnement des familles en exil ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La parentalit&#233; d&#233;pend du climat, de la vie en soci&#233;t&#233;, de l'organisation des familles. Elle s'exerce diff&#233;remment dans une maison o&#249; vivent quinze adultes que (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/-1312-" rel="tag"&gt;1312&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les pr&#233;conisations pour s'adapter au pays d'accueil peuvent sembler aller de soi. Or dans la gestion du quotidien, rien n'est universel. L'interculturalit&#233; consiste &#224; prendre le temps de discuter chaque th&#233;matique pour &#233;viter les interpr&#233;tations et incompr&#233;hensions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_4651 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L500xH156/capture_d_e_cran_2022-02-28_a_10.48.26-ce53b.png?1693476309' width='500' height='156' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'apporte l'approche interculturelle dans l'accompagnement des familles en exil ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La parentalit&#233; d&#233;pend du climat, de la vie en soci&#233;t&#233;, de l'organisation des familles. Elle s'exerce diff&#233;remment dans une maison o&#249; vivent quinze adultes que dans une famille nucl&#233;aire ou monoparentale. Avec l'exil, tous les codes changent : l'environnement, l'&#233;cole, la sant&#233;, les rapports hommes femmes&#8230; D&#232;s lors, m&#234;me si le fonctionnement du pays d'accueil impose d'&#233;voluer dans ses habitudes, les conseils des accompagnateurs n'ont parfois aucun sens. Souvent, quand des &#233;quipes voient une maman trop peu interagir avec son enfant, elles pensent au traumatisme de l'exil. Or il se peut que cette maman s'interdise de focaliser sur son petit en public, parce que &#231;a porte malheur ou que &#231;a le prive de ses comp&#233;tences. L&#224; o&#249; l'on croit qu'une personne est trop fatigu&#233;e pour entrer en lien, celle-ci a peut-&#234;tre un autre mod&#232;le d'&#233;ducation. Si cette modalit&#233; &#233;ducative n'est pas adapt&#233;e au contexte de l'exil, c'est quand m&#234;me la sienne et &#231;a ne s'accompagne pas de la m&#234;me mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment int&#233;grer cette m&#233;thode d'accompagnement dans sa pratique ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous fonctionnons avec notre propre cadre de r&#233;f&#233;rence. Cela n&#233;cessite d'appliquer une r&#232;gle de prudence consistant &#224; se dire que notre interpr&#233;tation est g&#233;n&#233;ralement fausse. Quand on est surpris par une attitude, au lieu de faire des suppositions en &#233;quipe, mieux vaut d&#233;velopper le questionnement candide avec la famille. Demander de d&#233;crire le quartier d'o&#249; elle vient, la vie d'avant avec les enfants, raconter tous ces invisibles qui font pourtant tout son v&#233;cu. On a tendance &#224; donner des conseils aux gens pour fonctionner ici, en oubliant d'interroger le comment &#231;a se passait l&#224;-bas. Prendre le temps de situer la personne &#224; partir de son pays d'origine, c'est respecter la singularit&#233; de son mode de vie initial. Vous viviez dans des immeubles ou des maisons ? Quels m&#233;tiers y &#233;taient exerc&#233;s ? Comment y &#233;l&#232;ve-t-on les enfants ? En exil, tu dois laisser derri&#232;re toi ta langue, ta repr&#233;sentation du monde, tes proches, c'est bouleversant. Interroger sur ce pass&#233; dont elle a l'expertise, redonne du pouvoir &#224; la personne et remet de la sym&#233;trie dans la relation avant d'aborder les diff&#233;rences d'obligations et de contraintes par rapport au milieu d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Peut-on se servir de cette approche dans des situations de violences ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas relativiser sous pr&#233;texte que les gens viennent d'ailleurs mais mettre en dialogue le sujet. Pour deux tiers de la plan&#232;te, la contrainte, la fatigue, la soumission font partie de l'&#233;ducation. En plus, l'exil peut avoir un effet pervers. Face &#224; une soci&#233;t&#233; qui proscrit la violence, certains se raccrochent &#224; leur mod&#232;le, d'autant plus qu'ils jugent les parents fran&#231;ais tr&#232;s laxistes et leurs enfants tr&#232;s mal &#233;lev&#233;s. Donc il faut jauger la n&#233;cessit&#233; de faire une information pr&#233;occupante, mesurer en quoi l'exil accentue le recours aux punitions corporelles, discuter de cette habitude et des aspects positifs ou n&#233;gatifs qu'ils y voient. Ce type de comportements ne change pas en deux minutes mais il y a moyen d'introduire du questionnement et d'expliquer pourquoi en France, on a fait &#233;voluer nos pratiques &#233;ducatives.&lt;/p&gt;
&lt;HR&gt;
(1) &lt;i&gt;Accompagner la parentalit&#233; en exil&lt;/i&gt;, &#233;d. Presses de EHESP, 2021.&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Asile &#8226; Faire famille dans le chaos</title>
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		<dc:date>2022-02-28T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Parentalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>1312</dc:subject>

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&lt;p&gt;Longtemps, l'exil a concern&#233; des hommes seuls. D&#233;sormais, de plus en plus de familles quittent leur pays pour trouver refuge dans un ailleurs inconnu. Comment accompagner la parentalit&#233; dans un contexte de rupture de liens familiaux, sociaux et culturels ? Quand les conditions d'accueil plongent souvent les demandeurs d'asile dans une grande pr&#233;carit&#233;, difficile de se conformer aux standards fran&#231;ais, d'autant que la mani&#232;re d'&#233;lever les enfants en France n'a rien d'universel. Social actu La plume de (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Longtemps, l'exil a concern&#233; des hommes seuls. D&#233;sormais, de plus en plus de familles quittent leur pays pour trouver refuge dans un ailleurs inconnu. Comment accompagner la parentalit&#233; dans un contexte de rupture de liens familiaux, sociaux et culturels ? Quand les conditions d'accueil plongent souvent les demandeurs d'asile dans une grande pr&#233;carit&#233;, difficile de se conformer aux standards fran&#231;ais, d'autant que la mani&#232;re d'&#233;lever les enfants en France n'a rien d'universel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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