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	<title>Lien Social</title>
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31670 Lab&#232;ge
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		<title>Homosexualit&#233; : reconna&#238;tre l'autre dans sa diff&#233;rence !</title>
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&lt;p&gt;Les homosexuels ne seraient-ils accept&#233;s que dans la mesure o&#249; ils se soumettent aux valeurs h&#233;t&#233;rosexuelles ? Si la tol&#233;rance a progress&#233; depuis quelques ann&#233;es, elle est loin d'avoir vaincu tous les pr&#233;jug&#233;s homophobes. Le choix de l'orientation sexuelle qui devrait relever de la libert&#233; de chacun est encore l'objet de haine et de rejet &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; J'&#233;tais dans la salle d'&#233;tude, c'&#233;tait une salle avec une centaine de bureaux. C'&#233;tait vers la fin de l'apr&#232;s-midi. Il n'y avait pas beaucoup de monde. Il y avait un (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les homosexuels ne seraient-ils accept&#233;s que dans la mesure o&#249; ils se soumettent aux valeurs h&#233;t&#233;rosexuelles ? Si la tol&#233;rance a progress&#233; depuis quelques ann&#233;es, elle est loin d'avoir vaincu tous les pr&#233;jug&#233;s homophobes. Le choix de l'orientation sexuelle qui devrait relever de la libert&#233; de chacun est encore l'objet de haine et de rejet&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'&#233;tais dans la salle d'&#233;tude, c'&#233;tait une salle avec une centaine de bureaux. C'&#233;tait vers la fin de l'apr&#232;s-midi. Il n'y avait pas beaucoup de monde. Il y avait un surveillant qui parlait avec d'autres &#233;tudiants. Il y avait un prof aussi. Quatre gars sont arriv&#233;s par la porte arri&#232;re et ils m'ont battu. Ils m'ont frapp&#233; &#224; coups de pied tout en me traitant de fif et d'encul&#233;. Personne, ni surveillant, ni prof, ni &#233;tudiants pr&#233;sents, n'a fait ou dit quoi que ce soit. Apr&#232;s &#231;a, j'&#233;tais tellement convaincu que j'&#233;tais moins que rien, que j'&#233;tais juste un fif et que je m&#233;ritais mon sort ! J'ai m&#234;me pas os&#233; le dire &#224; mes parents parce que j'avais honte de la raison pour laquelle j'avais &#233;t&#233; agress&#233; &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Mort ou fif. La face cach&#233;e du suicide chez les gar&#231;ons, Michel Dorais, VLB (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce t&#233;moignage de Hilaire, jeune qu&#233;b&#233;cois (la belle Province nomme les homosexuels du terme argotique de fif), est l&#224; pour nous rappeler que nos soci&#233;t&#233;s sont encore bien loin d'avoir int&#233;gr&#233; l'homosexualit&#233; comme une orientation sexuelle, qui pour &#234;tre minoritaire, n'en est pas moins aussi l&#233;gitime que l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233;. &#192; cela, rien de bien &#233;tonnant, tant cette particularit&#233; a fait l'objet au cours des deux derniers si&#232;cles d'une pers&#233;cution particuli&#232;rement acharn&#233;e. Pourtant, ce ne fut pas toujours le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre &#171; La tyrannie du plaisir &#187;, Jean-Claude Guillebaud&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='La tyrannie du plaisir, Jean-Claude Guillebaud, Seuil, 1998' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; rappelait que les crit&#232;res moraux &#224; partir desquels l'Antiquit&#233; consid&#233;rait les relations sexuelles, n'avaient que peu &#224; voir avec le sexe du partenaire. Ce qui pr&#233;valait alors, c'&#233;tait le statut de l'un et de l'autre (homme libre ou esclave), ainsi que le r&#244;le actif ou passif adopt&#233; lors des rapports physiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ce qui &#233;tait consid&#233;r&#233; comme la pire des d&#233;ch&#233;ances pour un homme libre qui pouvait alors, de ce simple fait, risquer la mort, ce n'est pas qu'il ait eu une attirance homosexuelle, mais qu'il ait eu des relations passives avec un esclave. Parall&#232;lement, la civilisation grecque avait con&#231;u une relation p&#233;dagogique tr&#232;s particuli&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Histoire de l'homosexualit&#233;. De l'Antiquit&#233; &#224; nos jours, Colin Spencer, 1998, Le (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#233;tablie entre l'&#233;ron&#232;me (un adulte d'une quarantaine d'ann&#233;es) et l'&#233;raste (un adolescent pub&#232;re). Il s'agissait d'un rapport entre un &#233;l&#232;ve et son ma&#238;tre, entre un disciple et son mod&#232;le, entre un apprenti et son a&#238;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si ce lien relevait bien d'une prise en charge &#233;ducative relative &#224; la transmission de savoir et &#224; l'apprentissage des relations sociales, il y avait aussi une initiation aux rapports homosexuels. Cette coutume &#233;tait extr&#234;mement codifi&#233;e, d&#233;butant apr&#232;s l'&#226;ge de 12 ans et cessant d&#232;s que les premiers poils de barbe apparaissaient chez le jeune. Une famille qui ne trouvait pas d'amant pour son fils &#233;tait couverte de honte, son enfant &#233;tant alors suppos&#233; porter quelques tares pour n'avoir point trouv&#233; de protecteur. Il est cocasse d'imaginer que la fine fleur de la philosophie, de la science et de la litt&#233;rature grecques, de tout temps encens&#233;e et port&#233;e aux nues, se retrouverait aujourd'hui derri&#232;re les barreaux pour &#171; agression sexuelle sur mineurs de moins de 15 ans &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, toute sexualit&#233; est le produit de conditions historiques sp&#233;cifiques. Ce qui repr&#233;sentait alors un mod&#232;le &#233;ducatif sans doute efficace aurait, de nos jours, des cons&#233;quences dommageables. Cette tradition antique, que l'on retrouve &#224; peu pr&#232;s sur tous les continents, conna&#238;tra avec les H&#233;breux une premi&#232;re remise en cause. Comme tout peuple cherchant &#224; se prot&#233;ger de voisins les mena&#231;ant d'invasion ou d'extinction, ils adopteront des coutumes propres &#224; pr&#233;server leur identit&#233;. Ainsi, sera proscrit le geste consistant &#224; tenir sa verge quand on urine ou plus classique, sera prescrit de purifier tout v&#234;tement ayant &#233;t&#233; en contact avec les pollutions masculines (sperme) ou f&#233;minines (r&#232;gles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un sort particulier et original pour l'&#233;poque sera r&#233;serv&#233; &#224; l'homosexualit&#233; : cette orientation sera honnie, surtout parce qu'elle &#233;tait attach&#233;e au mode de vie des peuples ennemis. Quand le christianisme s'impose, il reprend &#224; son compte une partie des r&#232;gles h&#233;bra&#239;ques. Son attitude face aux interdits sexuels, variera selon les &#233;poques. Le Moyen-Age sera s&#233;v&#232;re sur les principes, mais mod&#233;r&#233; dans ses r&#233;actions : les transgressions ne seront gu&#232;re sanctionn&#233;es que par des je&#251;nes ou des car&#234;mes. La condamnation de la sodomie recouvrira d'ailleurs, tr&#232;s largement, les pratiques sexuelles qui sortent du seul objectif de la procr&#233;ation et de la p&#233;n&#233;tration vaginale : masturbation, fellation, zoophilie, co&#239;t anal, co&#239;t interrompu&#8230; mais aussi rapports sexuels avec un juif ou un musulman !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout s'aggrave avec la mont&#233;e du puritanisme contigu&#235; &#224; celle du capitalisme. Une &#233;poque o&#249; on conseillait &#224; celui qui sentait l'imminence de l'orgasme, de se tenir calmement couch&#233; et de prier Dieu de lui &#233;pargner tout plaisir, pouvait difficilement int&#233;grer avec bienveillance l'amour entre personnes du m&#234;me sexe ! Un arsenal r&#233;pressif implacable s'instaure (entre 1800 et 1834, la Grande-Bretagne fera pendre 24 hommes pour acte de sodomie), bient&#244;t relay&#233; par une m&#233;decine qui n'aura de cesse que de tenter d'&#233;radiquer ce vice, ayant recours pour cela &#224; toutes les barbaries : castration, chocs convulsifs par &#233;lectrochocs ou par substance chimique, lobotomie (ablation d'une partie du cerveau) etc. Sans oublier les th&#233;rapies aversives (associer des images de personnes du m&#234;me sexe &#224; des traitements chimiques ou &#233;lectriques d&#233;sagr&#233;ables).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychanalyse aurait pu jouer un r&#244;le &#233;minent pour aider &#224; modifier les mentalit&#233;s. Sigmund Freud n'affirmait-il pas en 1920 : &#171; Notre libido oscille normalement pendant toute la vie entre l'objet masculin et f&#233;minin&#8230; La psychanalyse s'&#233;rige sur le m&#234;me terrain que la biologie en acceptant comme pr&#233;misse une bisexualit&#233; originelle de l'individu humain (ou animal) &#187;. Il se trouva, pourtant, des successeurs de la th&#233;orie freudienne pour ass&#233;ner des avis bien plus n&#233;gatifs. Ainsi Edmuna Bergler affirmant en 1956 qu'&#171; il n'y a pas d'homosexuel sain &#187; ou encore d'Irving Bieber pr&#233;tendant en 1962 que &#171; l'homosexualit&#233; adulte est un &#233;tat psycho pathologique (&#8230;) L'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; est la norme biologique et (&#8230;) s'il n'y a pas d'interf&#233;rences, tous les individus sont h&#233;t&#233;rosexuels &#187;. Cette vision d'une orientation sexuelle pathologique est rest&#233;e une id&#233;e dominante jusqu'&#224;, il y a finalement peu de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Tony Anatrella, c&#233;l&#232;bre psychanalyste, continue-t-il encore &#224; &#234;tre convaincu qu'il s'agirait l&#224; d'un comportement pr&#233;g&#233;nital et infantile qui maintiendrait &#224; l'&#226;ge adulte l'individu dans le magma incestueux. Pourtant, en 1973, l'association des psychiatres des &#201;tats-Unis supprimera l'homosexualit&#233; de la liste despathologies mentales, suivie deux ans plus tard par l'association des psychologues. En 1993, l'Organisation mondiale de la sant&#233; fera de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses recherches se sont pench&#233;es sur la question de l'origine de l'homosexualit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Comprendre l'homosexualit&#233;. Des cl&#233;s, des conseils, pour les homosexuels, (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Premi&#232;re direction emprunt&#233;e, les conceptions essentialistes qui font remonter l'origine de cette orientation sexuelle &#224; la naissance. On na&#238;trait homosexuel, comme on na&#238;t homme ou femme. Pour d&#233;montrer cette hypoth&#232;se, on a, par exemple, tent&#233; de v&#233;rifier si on ne trouvait pas plus d'hormones masculines que d'hormones f&#233;minines chez les femmes lesbiennes et inversement chez les homosexuels hommes. On est aussi all&#233; rechercher du c&#244;t&#233; des chromosomes en comparant la destin&#233;e des jumeaux (qui partagent le m&#234;me capital g&#233;n&#233;tique) et en constatant que, m&#234;me s&#233;par&#233;s &#224; la naissance, ils multipliaient consid&#233;rablement les chances de partager la m&#234;me orientation sexuelle, en comparaison de simples fr&#232;res et s&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre illustration de cette approche, la v&#233;rification de la morphologie des organes g&#233;nitaux (qui serait particuli&#232;re chez les homosexuels) ! La seconde famille d'explications se tourne plut&#244;t vers le social : l'homosexualit&#233; ne serait pas un donn&#233;, mais un construit. Ce serait une exp&#233;rience globale qui inclurait des circonstances &#224; la fois soci&#233;tales, familiales et individuelles. Ainsi, peut-on &#233;voquer la rigidit&#233; des r&#244;les masculin/f&#233;minin qui pr&#233;cipiterait celui ou celle qui se sent attir&#233; (e) par certains traits propres &#224; l'autre sexe, &#224; cultiver des comportements et attitudes typiquement f&#233;minins (alors qu'il est biologiquement un homme) ou masculins (alors qu'elle est biologiquement une femme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression des pr&#233;jug&#233;s constitue aussi une source de radicalisation : l'int&#233;riorisation des convictions homophobes peut fort bien pousser un individu &#224; se croire loin ou au contraire proche d'une orientation sexuelle qu'il subit plus qu'il ne la choisit. La psychanalyse a fourni une illustration de cette pression du milieu social sur le destin de l'orientation sexuelle, en affirmant que l'homosexualit&#233; serait le propre d'un adulte qui, enfant, aurait &#233;t&#233; confront&#233; &#224; un p&#232;re absent et &#224; une m&#232;re surprotectrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces travaux ont donn&#233; quelques r&#233;sultats. Mais aucun n'a pu permettre de trouver une raison g&#233;n&#233;ralisable et universelle : l'explication qui est valable pour l'un ne l'est pas forc&#233;ment pour l'autre. Il est certain que l'homosexualit&#233; est le produit d'un processus qui cumule des facteurs biologiques, socioculturels, familiaux, individuels, psychologiques&#8230; tout comme d'ailleurs l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; ! Et, c'est bien l&#224; la seule r&#233;ponse que l'on puisse vraiment donner &#224; ce questionnement. Car, finalement, l'identification de ces raisons n'appara&#238;t vraiment pertinente qu'&#224; partir du moment o&#249; l'on con&#231;oit l'homosexualit&#233; comme une orientation pathologique. Il est courant, en effet, que l'on essaie de trouver la source d'une perturbation ou d'un &#233;tat malsain. On ne le fait pas dans le cas du bien-&#234;tre et de l'&#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; pr&#233;suppose donc que tout le monde est h&#233;t&#233;rosexuel ou bien (mais ce n'est pas loin d'&#234;tre la m&#234;me chose) que c'est l&#224;, la seule orientation normale. Pour un (e) jeune, d&#233;couvrir ainsi son attirance hors norme, n'est, le plus souvent, pas chose facile. La premi&#232;re difficult&#233; &#224; laquelle il se heurte, c'est l'isolement social. Ce qu'il ressent au plus profond de lui, le coupe trop souvent de ses ami (e) s et de sa famille : en fait, il ne trouve pas grand monde &#224; qui se confier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre complication, celle qui rel&#232;ve de l'&#233;motionnel : face &#224; ses d&#233;sirs &#171; inavouables &#187;, il est fr&#233;quemment envahi par un sentiment de honte et une forte tentation de les cacher au plus profond de lui. L'identification positive &#224; des adultes qui devrait lui permettre d'&#233;laborer sa personnalit&#233; sexuelle est tr&#232;s pauvre : il n'est entour&#233; que d'h&#233;t&#233;rosexuels et de conceptions le plus souvent peu favorables &#224; l'homosexualit&#233;. Enfin troisi&#232;me type de probl&#232;me, d'ordre cognitif : la connaissance des &#233;mois qui l'animent fait l'objet d'une information tr&#232;s limit&#233;e et le plus souvent partiale. Il peut se sentir anormal ou convaincu de l'&#234;tre par les id&#233;es re&#231;ues qui fourmillent en la mati&#232;re. Les r&#233;seaux qui lui permettraient d'y voir un peu plus clair sont, sinon confidentiels, du moins peu accessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel tableau n'est gu&#232;re r&#233;jouissant : il explique peut-&#234;tre pourquoi un jeune homosexuel a, selon certaines &#233;tudes, seize fois plus de risque de faire une tentative de suicide qu'un jeune h&#233;t&#233;rosexuel. Tout jeune qui commence &#224; identifier une attirance pour une personne du m&#234;me sexe est confront&#233; &#224; plusieurs chemins de vie : soit se reconna&#238;tre comme homosexuel, assumer cette orientation et construire sa vie en cons&#233;quence, soit combattre cette pulsion qu'il sent au fond de lui et s'inventer un itin&#233;raire h&#233;t&#233;rosexuel pour essayer de se raccrocher &#224; une pr&#233;tendue normalit&#233;. Il s'agit l&#224; d'une d&#233;cision qui lui appartient pleinement. Il ne peut &#234;tre question de le contraindre dans un sens ou dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des professionnels du secteur socio-&#233;ducatif qui l'entourent est bien de lui faciliter ce choix, en l'accompagnant dans ce cheminement. Cela passe par une r&#233;assurance sur la l&#233;gitimit&#233; de son orientation. La question qui se pose ensuite, c'est bien l'officialisation de son choix de vie. Ce qu'on appelle la sortie du placard. S'il ne s'y sent pas pr&#234;t, quelles implications entrevoit-il au maintien de la dissimulation de ses pr&#233;f&#233;rences ? S'il est d&#233;cid&#233; &#224; le faire, quelles peuvent &#234;tre les cons&#233;quences possibles ? C'est le plus souvent du c&#244;t&#233; de la famille, que les difficult&#233;s vont se pr&#233;senter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;quemment, le jeune a d&#233;j&#224; test&#233; les r&#233;actions de ses parents : en les entendant discourir sur l'homosexualit&#233; ou en leur disant qu'un &#171; copain &#187; a annonc&#233; &#224; sa famille qu'il aimait les gar&#231;ons. Il est difficile d'&#233;tablir des g&#233;n&#233;ralit&#233;s : certains parents accepteront plus ou moins bien, par amour pour leur enfant (et ce ne sont pas forc&#233;ment les plus lib&#233;raux !). D'autres peuvent r&#233;agir tr&#232;s violemment (et ce ne sont pas forc&#233;ment les plus rigides !). Mais, il n'y a pas que la famille : l'&#233;cole, le milieu professionnel, le r&#233;seau amical, le club sportif&#8230; peuvent &#234;tre soit des facteurs d'aide ou au contraire contribuer &#224; transformer la vie du jeune en enfer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; l'importance de l'aider &#224; d&#233;tecter et &#224; se rapprocher d'amis ou de parents susceptibles de l'appuyer, afin qu'il s'entoure d'un r&#233;seau bienveillant. Cet accompagnement, les travailleurs sociaux peuvent &#234;tre amen&#233;s &#224; l'effectuer. Mais, avant m&#234;me que nous puissions accomplir cette t&#226;che qui n'est ni plus, ni moins, que de permettre &#224; ces jeunes d'assumer et d'appr&#233;cier leur diff&#233;rence, il nous faudra, au pr&#233;alable, r&#233;gler nos comptes avec ces pr&#233;jug&#233;s homophobes qui, sous une forme violente ou plus hypocrite, impr&#232;gnent encore beaucoup d'entre nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit pour s'en convaincre de r&#233;pondre &#224; quelques questions : pense-t-on qu'un homosexuel puisse &#234;tre sain et heureux ? Pense-t-on qu'une relation entre personnes du m&#234;me sexe puisse &#234;tre stable et durable ? Pense-t-on qu'il faille rechercher les causes et les raisons de cette orientation sexuelle ? Si l'on croit avec Sigmund Freud, que la bisexualit&#233; est latente chez tout &#234;tre humain, alors admettre la diff&#233;rence du choix sexuel chez l'autre passe par l'acceptation de la part d'homosexualit&#233; que chacun a en soi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mort ou fif. La face cach&#233;e du suicide chez les gar&#231;ons, Michel Dorais, VLB &#233;diteur, 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La tyrannie du plaisir, Jean-Claude Guillebaud, Seuil, 1998&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Histoire de l'homosexualit&#233;. De l'Antiquit&#233; &#224; nos jours, Colin Spencer, 1998, Le Pr&#233; aux Clers&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comprendre l'homosexualit&#233;. Des cl&#233;s, des conseils, pour les homosexuels, leurs familles, leurs th&#233;rapeutes, Marina Castaneda, 1999, Robert Laffont&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Redonner aux jeunes gays et lesbiennes une estime de soi</title>
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		<dc:subject>667</dc:subject>
		<dc:subject>Homosexualit&#233;</dc:subject>

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&lt;p&gt;Paul-Ren&#233; Leraton est sexologue et coordinateur de la ligne d'appel t&#233;l&#233;phonique Azur . Il nous livre les r&#233;ponses qu'il donne aux questions les plus fr&#233;quemment pos&#233;es sur l'homosexualit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai 16 ans et je ne sais pas si je suis homo ou h&#233;t&#233;ro. Je trouve les filles lourdes. Mais ce sont peut-&#234;tre des pr&#233;jug&#233;s&#8230; Je ne parle pas ouvertement de cela autour de moi, seu&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Paul-Ren&#233; Leraton est sexologue et coordinateur de la ligne d'appel t&#233;l&#233;phonique Azur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Une ligne d'&#233;coute pour les homos La Ligne Azur est une des lignes (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il nous livre les r&#233;ponses qu'il donne aux questions les plus fr&#233;quemment pos&#233;es sur l'homosexualit&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai 16 ans et je ne sais pas si je suis homo ou h&#233;t&#233;ro. Je trouve les filles lourdes. Mais ce sont peut-&#234;tre des pr&#233;jug&#233;s&#8230; Je ne parle pas ouvertement de cela autour de moi, seulement par allusion, parfois.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 16 ans, on est dans une phase de questionnement sur sa sexualit&#233; et son affectif. Il ne faut pas se mettre trop h&#226;tivement une &#233;tiquette &#171; h&#233;t&#233;ro &#187; ou &#171; homo &#187;. Tout au contraire, il est pr&#233;f&#233;rable de se laisser du temps, afin de v&#233;rifier comment &#233;voluent les &#233;motions qu'on peut rencontrer vis-&#224;-vis de tel gar&#231;on ou de telle fille. C'est important de ne pas se mettre la pression et surtout de se donner les moyens d'y voir un peu plus clair. Ce n'est pas parce qu'on n'est pas attir&#233; par telle ou telle fille, qu'on n'est pas attir&#233; par toutes les filles. De la m&#234;me fa&#231;on que de ressentir un &#233;motionnel &#224; l'&#233;gard de tel gar&#231;on ne signifie pas qu'on va &#234;tre attir&#233; par tous les gar&#231;ons et qu'on est homo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous n'auriez pas un moyen pour me d&#233;barrasser de mes d&#233;sirs homos ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant des ann&#233;es, l'homosexualit&#233; a &#233;t&#233; class&#233;e comme une maladie et plus particuli&#232;rement comme une maladie mentale. C'est &#233;vident, que beaucoup de gens continuent &#224; le croire et pensent qu'il y a des soins possibles. Cela s'est manifest&#233; encore r&#233;cemment, au travers de cette recherche plus ou moins abracadabrante sur de suppos&#233;es origines g&#233;n&#233;tiques. Or, s'il y a bien une origine g&#233;n&#233;tique, c'est que l'on pourrait transformer cette orientation. On s'interroge beaucoup sur pourquoi on est homosexuel, jamais sur pourquoi on est h&#233;t&#233;rosexuel. Il n'y a pas &#224; gu&#233;rir de quelque chose qui n'est pas une maladie. Quand on a des d&#233;sirs homos, cela fait partie de son identit&#233; et il faut plut&#244;t essayer de vivre cette orientation de la fa&#231;on la plus &#233;panouissante possible, plut&#244;t que de la repousser, parce qu'on n'y arrivera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je me sens pas bien, un &#233;tat d&#233;pressif&#8230; J'aime une fille. Mais, pour elle ce n'est pas pareil, elle dit qu'elle m'aime bien, que je suis une bonne copine. Elle dit que j'ai besoin d'un homme. Qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; le probl&#232;me de tomber amoureux (se) d'un copain ou d'une copine qui ne va pas vous rejeter violemment, mais qui ne va pas non plus r&#233;pondre positivement &#224; votre sentiment. C'est un v&#233;cu basique de la relation amoureuse. &#199;a remplit des tonnes de livres et des tonnes de films. Quand cela intervient dans le cadre d'une attirance entre personnes du m&#234;me sexe, on se sent non seulement rejet&#233; en tant qu'amant (e), mais aussi en tant qu'individu homosexuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Personne dans mon entourage ne sait que je suis lesbienne&#8230; J'ai l'impression de dissimuler 75 % de ma personnalit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de jeunes gays et de jeunes lesbiennes, et cela se poursuit souvent &#224; l'&#226;ge adulte, cachent la partie de leur vie qui est la plus importante, parce qu'il s'agit de leur intimit&#233;, de leur orientation, de leur d&#233;sir, de leur affectif. Ils (elles) craignent &#8212; &#224; tort ou &#224; raison &#8212; des r&#233;actions tr&#232;s violentes de leur entourage et d'&#234;tre victimes de jugement et de rejet. C'est quelque chose de terriblement d&#233;stabilisant que d'&#234;tre oblig&#233; (e) ainsi, de jouer un r&#244;le en permanence. D'une certaine mani&#232;re, on s'installe dans une sorte de schizophr&#233;nie sociale qui, &#224; la longue, devient tr&#232;s, tr&#232;s lourde et qui peut &#234;tre facteur de troubles, de d&#233;pression et m&#234;me de tentatives suicidaires. Reste la solution de la r&#233;v&#233;lation publique (ce que le monde anglosaxon appelle le coming out). Mais, cette r&#233;v&#233;lation publique comporte des risques auxquels il faut r&#233;fl&#233;chir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai 24 ans et je vais bient&#244;t habiter avec mon copain. Mais il va falloir que je dise &#224; mes parents mon homosexualit&#233; et j'ai peur de leur faire mal. Que me conseillez-vous ? Lors des d&#233;bats sur le Pacs, ils disaient que l'on ne pouvait pas permettre aux p&#233;d&#233;s de vivre en couple.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le coming out est parfois souhaitable, il ne doit jamais &#234;tre consid&#233;r&#233; comme obligatoire. Vivre sa vie ne signifie pas forc&#233;ment qu'on doive tout dire &#224; ses parents, surtout quand on ne les sent pas pr&#234;ts. La priorit&#233;, pour le gar&#231;on qui veut s'&#233;tablir avec son copain, c'est l'histoire de couple qui s'installe. Bien s&#251;r, c'est difficile de ne rien dire, parce que cela signifie qu'on va &#234;tre oblig&#233; de mentir et de cacher sa vie. Mais, il ne s'agit pas de s'exposer inutilement &#224; des violences en paroles, au rejet, &#224; des jugements tr&#232;s h&#226;tifs. Il y a un travail de p&#233;dagogie et de pr&#233;paration. Mais, on peut avoir des surprises dans les deux sens. Ce n'est pas parce que des parents sont tr&#232;s violents sur une situation ext&#233;rieure &#224; eux, qu'ils le seront autant quand il s'agira de leur fils. On peut aussi trouver des parents qui sont tr&#232;s tol&#233;rants quand il s'agit des enfants des autres et qui le sont bien moins quand il s'agit des leurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai avou&#233; mon homosexualit&#233; &#224; ma m&#232;re et &#224; ma s&#339;ur il y a un an. Depuis, c'est le rejet total. Pour elles je suis malade, d&#233;natur&#233;, et j'en souffre &#233;norm&#233;ment.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une illustration qui montre que peut-&#234;tre le coming-out n'aurait pas d&#251; &#234;tre fait. Une telle situation est extr&#234;mement difficile &#224; traiter, parce qu'il y a la souffrance du rejet. La personne doit essayer de se reconstruire en faisant le deuil de sa relation familiale. Il faut qu'elle se prot&#232;ge, en s'&#233;loignant. Cela va peut-&#234;tre faire r&#233;agir sa famille qui va se rendre compte qu'elle est en train de perdre un fils et un fr&#232;re. Il n'en reste pas moins que c'est une situation tr&#232;s douloureuse &#224; vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai accept&#233; l'homosexualit&#233; de mon fils. Au d&#233;but j'ai &#233;t&#233; tr&#232;s &#233;go&#239;ste, je voulais des petits enfants, m'en occuper. Le plus dur du travail est fait. Je suis contente de le voir heureux. Je lui ai toujours dit : vis tes choses, ne les &#233;touffe pas dans des apparences sociales.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, c'est l'attitude contraire de celle de la situation pr&#233;c&#233;dente. Accepter sa diff&#233;rence est un chemin long et douloureux &#224; suivre pour un jeune. Une fois que les choses ont &#233;t&#233; dites, ce chemin va devoir &#234;tre parcouru, &#224; leur tour, par les parents. Pour eux aussi, c'est quelque chose de difficile. Ils vont &#234;tre confront&#233;s aux &#233;ternelles questions : pourquoi nous ? Qu'est-ce que nous avons rat&#233; dans notre &#233;ducation (imm&#233;diatement, ils vont se culpabiliser et vivre cela comme un &#233;chec) ? Qu'est-ce qu'on a fait pour m&#233;riter cela ? Qu'est-ce qu'on va dire au reste de la famille ? Qu'est-ce que vont penser les voisins, si notre fils vient &#224; la maison avec son copain ou notre fille avec sa copine ? Les parents ont souvent &#224; faire le deuil du projet qu'ils avaient con&#231;u pour leur enfant, parce que celui-ci ne r&#233;alise pas toujours ce qu'ils avaient souhait&#233; pour lui. Mais l&#224;, l'&#233;cart est encore plus important. De la m&#234;me fa&#231;on qu'on se propose d'accompagner les jeunes, il va falloir accompagner les parents. Ils auront aussi besoin d'aide, de soutien et d'&#233;coute pour finir par comprendre que ce qui est important c'est que leur fils ou leur fille soit heureux et &#233;quilibr&#233;. On ne le perd pas. Ce qui change simplement c'est le projet de vie qu'on s'&#233;tait fait, le concernant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je suis beur. J'habite en banlieue, dans une cit&#233;. Je la vis tout seul mon homosexualit&#233;. Dans le milieu maghr&#233;bin et sportif o&#249; je suis, je ne peux en parler. J'ai peur que cela soit su. Il y a un risque physique pour moi. J'ai pens&#233; au suicide&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre gay dans une cit&#233; est aussi douloureux que de l'&#234;tre dans une petite ville de province. L'isolement est le m&#234;me, la connaissance de ce que font les uns, les autres, aussi. Les crispations actuelles terriblement caricaturales autour des repr&#233;sentations de la sexualit&#233; et de l'affectif (machistes, sexistes et homophobes) ne sont pas faites pour arranger la situation. Un (e) jeune beur qui veut vivre son homosexualit&#233; devra le plus souvent quitter sa cit&#233; pour aller dans une partie de la ville plus anonyme o&#249; il pourra mieux vivre et se faire aider par les r&#233;seaux associatifs qu'on peut y trouver. Il lui faudra trouver un travail, un logement. Avec un nom et un physique qui ne sont pas toujours bien accept&#233;s, ce n'est pas si facile que cela. Il y a l&#224; cumul de plusieurs handicaps : l'identit&#233; sociale, la culture, le faci&#232;s, la sexualit&#233;, cela fait beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je me sens homo mais je ne peux pas le vivre. Je suis tr&#232;s isol&#233;. Au lyc&#233;e c'est terrible, je me fais insulter, &#231;a doit se voir que je suis homo. J'ai l'impression d'&#234;tre un cas unique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insulte li&#233;e &#224; l'identit&#233; homosexuelle est inacceptable. Trop souvent elle est banalis&#233;e, l'adulte n'intervenant pas. Il y a un &#233;norme travail d'information, pour qu'il y ait une pr&#233;vention. Tant que l'on pense qu'on est insultable et que c'est l&#224; une chose normale, c'est quelque chose qui est terriblement d&#233;structurant, d&#233;pr&#233;ciatif et dangereux. Ce qui est important c'est que le jeune ne reste pas isol&#233; et trouve des interlocuteurs &#224; qui parler de leurs questionnements, de leurs difficult&#233;s. C'est en pouvant en parler qu'ils vont pouvoir r&#233;cup&#233;rer une chose qui me semble capitale dans le travail de pr&#233;vention : l'estime de soi-m&#234;me. &#192; la Ligne Azur, nous proposons cette &#233;coute. Mais il existe aussi des associations de jeunes gays et lesbiennes qui proposent accueil et accompagnement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Mag Jeunes Gays - 106 rue de Montreuil - 75011 Paris. T&#233;l. 01 43 73 31 (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'important pour le (la) jeune est de ne pas rester seul (e).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Une ligne d'&#233;coute pour les homos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Ligne Azur est une des lignes sp&#233;cifiques de Sida Info Service. Elle s'est mise en place apr&#232;s qu'on ait constat&#233; que les jeunes gar&#231;ons ne se reconnaissant pas comme homosexuels, mais ayant des pratiques homosexuelles, prenaient plus de risques de transmission VIH que les autres. Cela peut s'expliquer par le fait qu'une sexualit&#233; mal accept&#233;e et mal v&#233;cue am&#232;ne &#224; se mettre en danger : pourquoi se respecter si on ne s'aime pas ? La Ligne Azur propose un dispositif d'&#233;coute, d'information et de soutien qui s'adresse aux jeunes qui se posent des questions sur leur orientation sexuelle ou qui, confront&#233;s &#224; l'isolement, &#224; la culpabilit&#233; et &#224; la solitude, ont du mal &#224; la vivre. Une &#233;coute sans jugement, ni directivit&#233; leur permet, eux qui souffrent si souvent d'une image compl&#232;tement n&#233;gative et d&#233;valu&#233;e d'eux-m&#234;mes, d'&#233;changer avec un interlocuteur bienveillant. Il s'agit de leur permettre de mieux ma&#238;triser certaines situations, de r&#233;fl&#233;chir sur leur d&#233;sir et leurs &#233;motions, de prendre par la suite des d&#233;cisions voire d'&#233;laborer certaines prises de position vis-&#224;-vis de leur entourage. La Ligne Azur est &#233;galement ouverte aux adultes (les enseignants, les &#233;ducateurs, les entra&#238;neurs sportifs, les animateurs&#8230;) proches d'un jeune confront&#233; &#224; ces situations et qui souhaitent l'aider.&lt;br class='autobr' /&gt; L'&#233;quipe de la Ligne Azur est actuellement constitu&#233;e d'un coordinateur et d'un groupe mixte de douze &#233;coutants &#224; Paris. Le financement de la ligne est assur&#233; par la DGS (Direction G&#233;n&#233;rale de la Sant&#233; - Division Sida). La promotion du num&#233;ro est assur&#233;e par l'INPES sous forme de messages radios, de messages dans la presse jeune ou la presse gay ainsi que d'annonces dans les journaux gratuits. La ligne est ouverte les lundis, mercredis, vendredis de 14h &#224; 19h et les mardis et jeudis de 17h &#224; 22h.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ligne Azur : 0 810 20 30 40 - &lt;a href=&#034;http://www.ligneazur.org&#034; class='spip_url spip_out' rel='external'&gt;http://www.ligneazur.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.mag-paris.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Mag Jeunes Gays&lt;/a&gt; - 106 rue de Montreuil - 75011 Paris. T&#233;l. 01 43 73 31 63&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>L'homosexualit&#233; &#224; l'adolescence</title>
		<link>https://www.lien-social.com/L-homosexualite-a-l-adolescence</link>
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		<dc:subject>667</dc:subject>
		<dc:subject>Homosexualit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voil&#224; un ouvrage qui devrait venir garnir toute biblioth&#232;que &#224; destination d'une jeunesse qui se respecte. Il s'adresse directement aux adolescents et aborde ce sujet avec intelligence et pertinence. L'explication est claire, sans d&#233;tour et remet &#224; sa juste place les pr&#233;jug&#233;s et fausses informations. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'homosexualit&#233; s'accepte de mieux en mieux, affirme-t-on souvent. Mais ce mieux n'a pas fait dispara&#238;tre toutes les difficult&#233;s. &#202;tre ado n'est d&#233;j&#224; pas facile, mais &#234;tre ado homo l'est encore moins. Ce qui (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L100xH150/arton145-c8f6d.jpg?1694184815' width='100' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; un ouvrage qui devrait venir garnir toute biblioth&#232;que &#224; destination d'une jeunesse qui se respecte. Il s'adresse directement aux adolescents et aborde ce sujet avec intelligence et pertinence. L'explication est claire, sans d&#233;tour et remet &#224; sa juste place les pr&#233;jug&#233;s et fausses informations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homosexualit&#233; s'accepte de mieux en mieux, affirme-t-on souvent. Mais ce mieux n'a pas fait dispara&#238;tre toutes les difficult&#233;s. &#202;tre ado n'est d&#233;j&#224; pas facile, mais &#234;tre ado homo l'est encore moins. Ce qui pose probl&#232;me et fragilise ce n'est pas tant l'homosexualit&#233;, que les craintes qui l'accompagnent. S'il ne faut pas dramatiser, il ne faut pas non plus banaliser. Ce n'est l&#224; ni un d&#233;faut de fabrication, ni une maladie et &#231;a ne se soigne pas. Aucune cause vraiment identifiable n'a pu &#234;tre &#233;tablie &#224; son propos. Cette attirance pour un &#234;tre du m&#234;me sexe ne fait pas partie des pr&#233;occupations que l'on confie facilement &#224; sa famille ou &#224; ses amis &#233;tant donn&#233;e la foule d'id&#233;es n&#233;gatives qui y sont rattach&#233;es. Elle se distingue radicalement du transsexualisme ou de la p&#233;dophilie et peut prendre bien des formes : occasionnelle ou r&#233;guli&#232;re, exclusive ou bisexuelle, personne ne la vit d'une fa&#231;on identique. C'est au moment de la pubert&#233; que les questions se posent (comme sur beaucoup de sujets &#224; un &#226;ge o&#249; on cherche sa personnalit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'exploration de tous les possibles sortira alors un choix de vie. Si le jeune confirme cette voie, se posera la question de la rendre publique. Car &#171; b&#226;illonner ses sentiments et ses &#233;motions revient &#224; r&#233;duire au silence l'une des parties les plus importantes de soi-m&#234;me &#187; (p.57). Mais mieux vaut s'abstenir d'en parler &#224; sa famille si ses parents sont rigides : il convient alors peut-&#234;tre de remettre &#224; plus tard cette r&#233;v&#233;lation. Reste ensuite &#224; s'accepter. Mais &#234;tre pour un homo bien dans sa peau, il faudrait avoir des raisons d'&#234;tre fiers. Ce n'est malheureusement pas le cas, la tol&#233;rance en la mati&#232;re &#233;tant loin d'&#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Tout au contraire, la soci&#233;t&#233; a tendance &#224; rejeter la marginalit&#233;. Il faut alors accepter qu'on ne pourra sans doute pas vivre la m&#234;me vie qu'un h&#233;t&#233;rosexuel (fonder une famille, se marier etc.), relativiser et d&#233;dramatiser sa diff&#233;rence et affirmer positivement son orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage consacre de nombreuses pages au mode de vie homosexuel. Avec beaucoup de retenues et de pudeur, mais aussi avec un langage vrai et honn&#234;te, il aborde le milieu gay et lesbien, l'amour et la drague : &#171; Tout d&#233;pend en fait des individus : il y a des homos coinc&#233;s et des h&#233;t&#233;ros tr&#232;s coquins ? Tout est question de caract&#232;re, de sensualit&#233; d'&#233;ducation aussi &#187; (p.95). Un livre qui a donc l'immense avantage de faire tomber bien des id&#233;es re&#231;ues et qui contribue, par son style d&#233;contract&#233; et humain &#224; apaiser un d&#233;bat souvent dramatique pour les adolescents.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. La Martini&#232;re Jeunesse, 2002 (110 p. ; 10 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mort ou fif. La face cach&#233;e du suicide chez les gar&#231;ons</title>
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		<dc:subject>Suicide</dc:subject>
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		<dc:subject>Homosexualit&#233;</dc:subject>

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&lt;p&gt;Tous les jeunes qui d&#233;couvrent leur homosexualit&#233; ne font pas une tentative de suicide. Mais cette circonstance multiplie par 16 le risque de passage &#224; l'acte. Il n'y a rien d'&#233;tonnant &#224; cela, tant la stigmatisation sociale est encore forte concernant cette orientation sexuelle. Chaque ann&#233;e, des dizaines de jeunes continuent de mourir parce qu'ils se croient seuls au monde ou monstrueux et sont victimes de l'intol&#233;rance, de l'incompr&#233;hension et, pour tout dire, de la b&#234;tise de leurs contemporains. Car (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Critiques-de-livres" rel="directory"&gt;Critiques de livres (acc&#232;s libre)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Suicide-29" rel="tag"&gt;Suicide&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-667-" rel="tag"&gt;667&lt;/a&gt;, 
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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous les jeunes qui d&#233;couvrent leur homosexualit&#233; ne font pas une tentative de suicide. Mais cette circonstance multiplie par 16 le risque de passage &#224; l'acte. Il n'y a rien d'&#233;tonnant &#224; cela, tant la stigmatisation sociale est encore forte concernant cette orientation sexuelle. Chaque ann&#233;e, des dizaines de jeunes continuent de mourir parce qu'ils se croient seuls au monde ou monstrueux et sont victimes de l'intol&#233;rance, de l'incompr&#233;hension et, pour tout dire, de la b&#234;tise de leurs contemporains. Car l'homophobie, que le Parlement fran&#231;ais vient r&#233;cemment de refuser de placer au m&#234;me niveau que le racisme ou l'antis&#233;mitisme, provoque des d&#233;g&#226;ts consid&#233;rables, surtout quand elle s'attaque aux adolescents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude sociologique qu&#233;b&#233;coise (fif est la traduction locale de p&#233;d&#233;) qui nous est pr&#233;sent&#233;e ici est terrible. Elle s'appuie sur l'entretien avec 32 jeunes hommes (dont 25 ont fait une tentative de suicide). Que le jeune homosexuel soit pr&#233;coce (attitudes ou go&#251;ts f&#233;minins apparaissant tr&#232;s t&#244;t) ou tardif (construction alors d'un itin&#233;raire h&#233;t&#233;rosexuel, puis r&#233;v&#233;lation, &#224; la surprise g&#233;n&#233;rale), il lui est tr&#232;s difficile d'annoncer son orientation &#224; sa famille (m&#234;me si dans la premi&#232;re situation, ce n'est pas forc&#233;ment une surprise). Le jeune est tout particuli&#232;rement sensible au regard de son p&#232;re et &#224; l'amour de sa m&#232;re. Ses craintes sont parfois fond&#233;es : il peut arriver que cette information d&#233;clenche une grave crise pouvant entra&#238;ner une mise &#224; la porte. Un jeune, stigmatis&#233; en raison de la couleur de sa peau ou de son handicap, peut compter sur la solidarit&#233; de sa famille. Ce n'est pas toujours le cas pour l'adolescent homosexuel. Toutes les familles ne dramatisent pas ainsi : &#171; Une famille aimante a toutes les chances d'aider un gar&#231;on &#224; s'accepter tel qu'il est, &#224; reprendre courage, voire &#224; faire face &#224; l'ostracisme &#187; (p.65).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, ce soutien est essentiel &#224; la confrontation au monde ext&#233;rieur et plus particuli&#232;rement &#224; l'&#233;cole. Le danger que le jeune y court n'est pas seulement th&#233;orique : il peut s'y faire harceler ou violenter sans b&#233;n&#233;ficier pour autant de la protection des adultes. Pire, il peut m&#234;me se voir porter la responsabilit&#233; de la situation quand on lui demande de ne pas r&#233;pondre aux provocations ou de se faire discret : la victime devient presque alors la cause du probl&#232;me. Il ne s'agit pas ici d'encourager (pas plus d'ailleurs que de d&#233;courager) une orientation sexuelle mais de d&#233;fendre l'id&#233;e que la diversit&#233; fait partie de la pluralit&#233; humaine et que l'intol&#233;rance est &#224; proscrire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;senter l'homosexualit&#233; comme un choix tout aussi positif que l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; (et non comme une honte qu'il conviendrait de cacher), d&#233;mystifier les croyances erron&#233;es et les pr&#233;jug&#233;s constituent le d&#233;fi qui permettra d'am&#233;liorer le sort des jeunes qui optent pour cette voie. Apr&#232;s le virage de l'&#233;galit&#233; des sexes, celui de l'&#233;galit&#233; des genres reste &#224; suivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;VLB &#233;diteur, 2001 (126 p. ; 13 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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