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	<title>Lien Social</title>
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	<description>76 rue Garance
31670 Lab&#232;ge
T&#233;l. : 05 62 73 34 40
Fax : 05 62 73 00 29</description>
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		<title>Lien Social</title>
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		<title>La lutte contre la maltraitance : pour un recueil respectueux de la parole de l'enfant</title>
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		<title>&#201;duquer face aux drogues et aux d&#233;pendances</title>
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		<dc:subject>Toxicomanie</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Il existe une quarantaine d'hypoth&#232;ses pour expliquer la toxicomanie, mais on distingue trois approches bien distinctes pour r&#233;pondre &#224; cette probl&#233;matique. Chacune d'entre elles pr&#233;sentant, &#224; peu pr&#232;s, les m&#234;mes taux de r&#233;ussite, chaque toxicomane doit pouvoir choisir celle qui lui convient. Celle qui a &#233;t&#233; longtemps privil&#233;gi&#233;e dans notre pays, avec un m&#233;pris certain pour les deux autres, c'est la psychoth&#233;rapie. Mais il ne faut pas oublier ni les programmes de substitution, ni les communaut&#233;s (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L101xH150/arton93-8f9f9.jpg?1694637269' width='101' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il existe une quarantaine d'hypoth&#232;ses pour expliquer la toxicomanie, mais on distingue trois approches bien distinctes pour r&#233;pondre &#224; cette probl&#233;matique. Chacune d'entre elles pr&#233;sentant, &#224; peu pr&#232;s, les m&#234;mes taux de r&#233;ussite, chaque toxicomane doit pouvoir choisir celle qui lui convient. Celle qui a &#233;t&#233; longtemps privil&#233;gi&#233;e dans notre pays, avec un m&#233;pris certain pour les deux autres, c'est la psychoth&#233;rapie. Mais il ne faut pas oublier ni les programmes de substitution, ni les communaut&#233;s th&#233;rapeutiques. En quoi consistent ces communaut&#233;s ? Ce sont des lieux transitoires o&#249; les adultes vivent en groupe et apprennent &#224; g&#233;rer leurs pulsions, &#224; construire des relations saines avec les autres, &#224; r&#233;soudre les probl&#232;mes de la vie quotidienne et &#224; assurer leurs &#233;quilibres psychique et physique afin de pouvoir ensuite s'int&#233;grer &#224; l'ext&#233;rieur, dans les meilleures conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre pays conna&#238;t peu d'exp&#233;riences de ce type sauf le malheureux exemple du Patriarche. Mais une d&#233;rive, aussi grave soit-elle, ne saurait invalider une d&#233;marche qui conna&#238;t ailleurs des illustrations tout &#224; fait pertinentes. Et c'est l'une d'entre elles que nous d&#233;crit ici l'auteur. S'inspirant d'une mani&#232;re tr&#232;s ?cum&#233;nique du comportementalisme, de l'analyse transactionnelle, de la syst&#232;mie et de la psychanalyse, Georges van der Straten nous explique comment il fait fonctionner sa structure. Elle offre tout d'abord une relation bienveillante, vraie et constructive (il s'agit d'apprendre aux adultes &#224; communiquer de fa&#231;on authentique, &#224; identifier leurs besoins et leurs &#233;motions). Mais elle propose aussi un cadre qui comporte des r&#232;gles, des codes et des limites (ce qui permet de contenir les pulsions destructrices et de travailler sur le contr&#244;le de soi, le respect des conventions sociales et la r&#233;sistance au stress). Elle s'appuie sur la responsabilit&#233; interactive (&#234;tre responsable de soi avec l'aide des autres et r&#233;ciproquement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, elle garantit des r&#233;f&#233;rences &#233;thiques, coh&#233;rentes et des mod&#232;les d'identification cr&#233;dibles (ce qui permet d'accompagner vers un projet de vie et un syst&#232;me de valeurs personnelles). &#192; la base de l'intervention socio-&#233;ducative, on trouve le parall&#232;le entre le processus de d&#233;veloppement des adultes et celui des enfants. Au d&#233;part, un grand besoin d'attention, de signe d'affection et de s&#233;curit&#233;, puis au bout de quelques mois (quelques ann&#233;es chez l'enfant), des manifestations de confiance, d'ouverture, d'identification et d'adh&#233;sion et enfin &#224; quelque temps du d&#233;part (p&#233;riode de l'adolescence chez l'enfant) : contestation, revendications, prises de risques et d&#233;tachement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. Chronique Sociale, 2002 (158 p. ; 15 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Peut-on civiliser les drogues ?</title>
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		<dc:subject>Toxicomanie</dc:subject>
		<dc:subject>678</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Diminution de 70 % de la consommation d'h&#233;ro&#239;ne, r&#233;duction de 75 % de la mortalit&#233; li&#233;e &#224; la contamination par le sida, de 80 % des overdoses mortelles et de 79 % des actes de d&#233;linquance, suivi m&#233;dical r&#233;gulier pour 70 % des usagers ? Ces r&#233;sultats ne sont pas le produit de la &#171; guerre &#224; la drogue &#187; d&#233;clar&#233;e par l'occident qui a connu &#233;chec sur &#233;chec, mais concernent les toxicomanes de notre pays qui sont entr&#233;s dans les programmes de substitution. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tonnamment, la France qui fut si longtemps marqu&#233;e par (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.lien-social.com/local/cache-vignettes/L93xH150/arton94-dfef1.jpg?1694637269' width='93' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Diminution de 70 % de la consommation d'h&#233;ro&#239;ne, r&#233;duction de 75 % de la mortalit&#233; li&#233;e &#224; la contamination par le sida, de 80 % des overdoses mortelles et de 79 % des actes de d&#233;linquance, suivi m&#233;dical r&#233;gulier pour 70 % des usagers ? Ces r&#233;sultats ne sont pas le produit de la &#171; guerre &#224; la drogue &#187; d&#233;clar&#233;e par l'occident qui a connu &#233;chec sur &#233;chec, mais concernent les toxicomanes de notre pays qui sont entr&#233;s dans les programmes de substitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tonnamment, la France qui fut si longtemps marqu&#233;e par l'opposition consensuelle &#224; toute forme de substitution (identifi&#233;e au &#171; deal en blouse blanche &#187;) est devenue le premier prescripteur en Europe, avec 80 000 patients sous Subutex et 10 000 sous M&#233;thadone. Cette &#233;volution paradoxale est advenue dans le contexte de la pand&#233;mie du sida qui a favoris&#233; l'&#233;mergence d'un nouveau paradigme : la r&#233;duction des risques. La politique de lutte contre la drogue fond&#233;e depuis des d&#233;cennies sur le triangle d'or abstinence/d&#233;sintoxication/&#233;radication a &#233;t&#233; remplac&#233;e par une politique de sant&#233; publique qui affirme : &lt;i&gt;&#171; Il ne vaut mieux pas consommer des drogues, mais si on le fait mieux vaut que cela se fasse dans les meilleures conditions &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'histoire de ce changement majeur que d&#233;crit ici Anne Coppel. Alors que les Pays Bas ont pris ce virage d&#232;s 1982, la Grande-Bretagne en 1987 et la Suisse en 1990, notre pays se contentera longtemps du silence et de l'immobilisme, ne r&#233;agissant qu'&#224; partir de 1995. Plusieurs raisons &#224; ce retard. La culture r&#233;publicaine d'abord, qui a toujours privil&#233;gi&#233; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral sur l'int&#233;r&#234;t priv&#233; (contrairement aux pays anglo-saxons o&#249; l'usage de drogue est reli&#233; au seul choix individuel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La conviction des sp&#233;cialistes ensuite, qui affirment que l'usage de drogue est avant tout le signe d'une souffrance et d'un conflit intrapsychique (les motivations sont multiples et complexes : fuite devant les angoisses de l'existence certes, mais aussi soulagement de la douleur, recherche du plaisir, expansion de la conscience, recherche de performance ?). La r&#233;action s&#233;curitaire enfin, privil&#233;giant le rempart de la loi &#224; toute forme de pr&#233;vention r&#233;duite &#224; 4 % du budget consacr&#233; &#224; la lutte contre la drogue (en France, les toxicomanes devant &#234;tre punis ou soign&#233;s, les programmes de substitution ont fait appara&#238;tre un nombre non n&#233;gligeable d'usagers qui n'ont, pendant des ann&#233;es, &#233;marg&#233; ni &#224; l'une ni &#224; l'autre de ces logiques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la v&#233;ritable h&#233;catombe subie par les toxicomanes au cours des ann&#233;es 80, ainsi que l'&#233;mergence de nouvelles formes de militantisme (DAL, Amnesty, Greenpeace, Act up ?) qui ont fait admettre de nouvelles pratiques telles l'&#233;change de seringue, les testing dans les raves et free-parties ou encore l'utilisation d'abord parcimonieuse puis plus large de produits de substitution. Avant de devenir une cause ou une politique, la pr&#233;vention des risques a &#233;t&#233; une pratique qui a fait ses preuves. Bien qu'en contradiction avec l'&#233;radication des drogues, elle a r&#233;ussi &#224; nous faire rentrer dans la complexit&#233; et &#224; introduire un peu de rationalit&#233; dans un domaine domin&#233; par les passions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#233;d. La D&#233;couverte, 2002, (384 p. ; 25 &#8364;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Pour un recueil respectueux de la parole de l'enfant</title>
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		<dc:subject>Abus sexuel</dc:subject>
		<dc:subject>678</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les r&#233;v&#233;lations de maltraitance ou d'abus sexuels ne sont pas toujours faciles &#224; g&#233;rer pour celle ou celui qui les re&#231;oit. Sa vigilance peut &#234;tre mise &#224; d&#233;faut et la qualit&#233; de l'&#233;coute ainsi malmen&#233;e. On conna&#238;t aujourd'hui les pr&#233;cautions &#224; prendre et les attitudes &#224; adopter. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un petit gar&#231;on est retrouv&#233; couvert de br&#251;lures de cigarettes. L'enfant d&#233;clare qu'il a &#233;t&#233; baillonn&#233; avec du sparadrap et que sa m&#232;re lui tenait les mains pendant que son p&#232;re le punissait en lui br&#251;lant le corps avec le bout de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;v&#233;lations de maltraitance ou d'abus sexuels ne sont pas toujours faciles &#224; g&#233;rer pour celle ou celui qui les re&#231;oit. Sa vigilance peut &#234;tre mise &#224; d&#233;faut et la qualit&#233; de l'&#233;coute ainsi malmen&#233;e. On conna&#238;t aujourd'hui les pr&#233;cautions &#224; prendre et les attitudes &#224; adopter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un petit gar&#231;on est retrouv&#233; couvert de br&#251;lures de cigarettes. L'enfant d&#233;clare qu'il a &#233;t&#233; baillonn&#233; avec du sparadrap et que sa m&#232;re lui tenait les mains pendant que son p&#232;re le punissait en lui br&#251;lant le corps avec le bout de cigarettes allum&#233;es. Le juge des enfants refusera de voir l&#224; le r&#233;sultat de mauvais traitements. Son argumentation ? &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas de la maltraitance, puisque c'est un acte isol&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Quant &#224; l'&#233;ducateur qui exer&#231;ait une mesure d'AEMO, il affirmera : &lt;i&gt;&#171; On conna&#238;t bien la famille, elle n'est pas capable d'avoir fait cela &#187;&lt;/i&gt;. Il faudra la preuve de photos apport&#233;es au magistrat, pour d&#233;montrer qu'il ne s'agit pas d'une crise d'ecz&#233;ma comme le pr&#233;tendent les parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;cit terrible ne date pas &#171; d'avant &#187;, de l'&#233;poque o&#249; l'on se contentait d'affirmer que les enfants mentaient beaucoup quand ils se plaignaient de recevoir des coups. Non, il a &#233;t&#233; rapport&#233; par Genevi&#232;ve Favre-Lanfray, docteur en droit et administrateur ad'hoc, lors des r&#233;centes journ&#233;es d'Anth&#233;a en mai 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 mai 1998, Vincent Cottalorda, instituteur de son &#233;tat, est interpell&#233; par les gendarmes et mis en examen pour des faits de violence physique et d'agression sexuelle sur plusieurs enfants. Il est interdit de s&#233;jour dans son d&#233;partement. Le juge d'instruction saisi prend finalement une ordonnance de non-lieu, le 27 mars 2000, en s'appuyant notamment sur l'expertise qui d&#233;crit le t&#233;moignage d'un des jeunes t&#233;moins comme &#171; rocambolesque &#187; : &#171; sur un plan strictement m&#233;dico-l&#233;gal l'abondance des violences physiques d&#233;nonc&#233;es par certains enfants contrastait avec l'absence de toute constatation l&#233;gale &#187; et &#171; sur le plan psychologique, il existait une r&#233;union de plusieurs enfants dont le champ de perception sexuelle &#233;tait perturb&#233; par des comportements familiaux et que le milieu d&#233;l&#233;t&#232;re semblait &#234;tre situ&#233; plus au niveau familial ou environnemental qu'au niveau scolaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux exemples semblent diam&#233;tralement oppos&#233;s. Le premier montre qu'il existe encore des circonstances o&#249; l'enfant n'est pas cru quand il r&#233;v&#232;le &#234;tre victime de maltraitance. Le second montre que sa parole peut &#234;tre parfois prise au pied de la lettre, quand il se plaint, sans pr&#233;caution aucune, provoquant la mise en accusation d'un adulte qui sera relax&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, ces deux situations partagent en commun le manque de discernement des professionnels tant m&#233;dico-sociaux que judiciaires : entre la persistance d'une certaine forme de d&#233;ni et la trop grande pr&#233;cipitation, la souffrance de l'enfant n'a pas &#233;t&#233; prise en compte, &#224; sa juste mesure. Le r&#233;sultat obtenu, c'est une victimisation secondaire : dans le premier cas, un enfant d&#233;j&#224; martyris&#233; a subi les affres du doute et l'incr&#233;dulit&#233; de ceux qui &#233;taient cens&#233;s le prot&#233;ger. Dans le second cas, un adulte a subi injustement l'infamie et le soup&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines &#233;tudes font &#233;tat de 50 &#224; 80 % de victimes qui ne r&#233;v&#232;lent jamais ce qu'elles ont subi. Le poids du pass&#233; p&#232;se encore sans doute beaucoup. Pendant tr&#232;s longtemps, les agressions que subissaient les enfants au sein des familles ont &#233;t&#233; banalis&#233;es, voire ni&#233;es, le r&#233;cit qui en &#233;tait fait &#233;tant consid&#233;r&#233; comme pur mensonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise de conscience qui a &#233;merg&#233; dans les ann&#233;es 1980 a provoqu&#233; une mobilisation des m&#233;dias et des milieux professionnels. La loi de 1989 a p&#233;nalis&#233; la non-d&#233;nonciation de mauvais traitements, les dispositifs de pr&#233;vention et de protection se sont affin&#233;s, les condamnations en justice se sont multipli&#233;es. On ose croire (sinon esp&#233;rer) que les cas d'aveuglement quant &#224; la maltraitance des mineurs se fassent toujours de plus en plus rares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est des accusations non fond&#233;es en direction d'adultes qui, apr&#232;s enqu&#234;te, s'av&#232;rent juridiquement non coupables, on ne dispose pas de statistiques globales. Seuls existent les chiffres propos&#233;s en 2002, par la F&#233;d&#233;ration des autonomes de solidarit&#233;. Cette association qui regroupe 718.000 adh&#233;rents parmi les personnels de l'enseignement public et la&#239;c, aide les professionnels qui sont confront&#233;s aux al&#233;as de la vie professionnelle ou priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1996-1997 et 2002, 486 dossiers lui ont &#233;t&#233; transmis concernant des affaires de m&#339;urs. 201 d'entre eux n'&#233;taient pas encore clos au moment o&#249; ces &#233;l&#233;ments ont &#233;t&#233; rendus publics. Parmi les 285 qui l'avaient &#233;t&#233;, 26 avaient donn&#233; lieu &#224; une condamnation, 3 &#224; un suicide, 165 avaient &#233;t&#233; class&#233;s sans suite et 43 s'&#233;taient traduits par une relaxe. On peut faire dire aux chiffres tout ce que l'on veut. Ce n'est pas parce que sur les 208 dossiers clos, 73 % n'ont donn&#233; lieu &#224; aucune condamnation judiciaire, que cela signifie forc&#233;ment que les personnes mises en cause &#233;taient innocentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t trop ces situations d'agression sexuelle o&#249;, faute de preuve ou parce que la parole de l'enfant s'oppose &#224; la parole de l'adulte ou encore parce que la petite victime a fini par se r&#233;tracter, la justice ne peut pas trancher. N&#233;anmoins, on conviendra qu'il y a, au moins, de quoi s'interroger. Que les adultes responsables d'atteintes inacceptables port&#233;es aux enfants soient poursuivis, stigmatis&#233;s et condamn&#233;s ne fera pleurer dans aucune chaumi&#232;re. Mais quid des mises en cause qui se sont av&#233;r&#233;es erron&#233;es ? Peut-on se contenter de les comptabiliser dans les pertes et profits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui se pose est bien de savoir si l'on dispose ou non des moyens pour essayer d'objectiver un tant soit peu les donn&#233;es livr&#233;es par un enfant qui fait une r&#233;v&#233;lation. La premi&#232;re chose sur laquelle plusieurs &#233;tudes nous &#233;clairent, ce sont ces biais qui peuvent contribuer &#224; fausser le recueil des d&#233;clarations de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier d'entre eux tient dans la particularit&#233; m&#234;me de l'enfance. L'&#234;tre humain n'atteint sa pleine maturit&#233; que tr&#232;s tardivement. La longue p&#233;riode de l'enfance est marqu&#233;e par des traits particuliers qu'on ne peut ignorer quand on a affaire &#224; un jeune public. L'enfant n'a pas toujours confiance et peut se montrer r&#233;ticent vis-&#224;-vis d'un adulte qu'il ne conna&#238;t pas, surtout quand celui-ci va l'interroger sur les atrocit&#233;s qu'il a subies. Cela peut g&#234;ner sa communication. Ses capacit&#233;s linguistiques sont en outre, selon son &#226;ge, limit&#233;es. Il n'a pas vraiment l'habitude de demander &#224; l'adulte de reformuler quand il n'a pas compris ce qu'il lui a dit. Il pourra r&#233;pondre oui ou non &#224; une question pos&#233;e en des termes non adapt&#233;s &#224; son &#226;ge, sans que cela corresponde vraiment &#224; ce qu'il pense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre &#233;l&#233;ment : sa m&#233;moire est moins apte &#224; g&#233;rer et &#224; hi&#233;rarchiser &#224; la fois les informations r&#233;centes et celles qui sont plus anciennes. Cette m&#233;moire fonctionne plus encore que chez l'adulte, sur une logique de sc&#233;nario : rem&#233;morer un &#233;v&#233;nement revient &#224; reconstituer un tout &#224; partir d'&#233;l&#233;ments &#233;pars, selon une id&#233;e que l'on se fait dans le pr&#233;sent de ce qui a d&#251; se d&#233;rouler dans le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre caract&#233;ristique importante : l'enfant est en position de d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de l'adulte. Il peut &#234;tre spontan&#233;ment amen&#233; &#224; se conformer &#224; ce qu'il imagine &#234;tre le d&#233;sir de celui-ci et lui confirmer ce qu'il sent qu'il veut qu'il dise. Enfin, sa suggestibilit&#233; est forte : tout propos inducteur peut contaminer d&#233;finitivement son r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces limites cognitives et linguistiques que nous venons de souligner ne sont pas &#233;voqu&#233;es ici pour d&#233;cr&#233;dibiliser la parole de l'enfant, mais pour souligner l'importance pour l'adulte d'adopter des attitudes tr&#232;s vigilantes : si sa bienveillance ainsi que sa profonde humanit&#233; sont indispensables, sa capacit&#233; d'observation et d'&#233;coute attentives ainsi que sa proximit&#233; de l'univers et du mode de fonctionnement de l'enfant le sont tout autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces comportements requis chez l'intervenant constituent le second biais auquel il faut porter une attention toute particuli&#232;re. Plusieurs facteurs peuvent venir d&#233;stabiliser ses capacit&#233;s d'&#233;valuation. La dimension affective joue, en la mati&#232;re, un r&#244;le essentiel. Il n'est pas &#233;vident de g&#233;rer les difficult&#233;s d'ordre &#233;motionnel qui peuvent assaillir l'intervenant confront&#233; &#224; l'horreur d'un enfant maltrait&#233;. La n&#233;cessit&#233; d'une stricte neutralit&#233; s'impose (qui n'interdit pas pour autant l'empathie, bien au contraire), l'enfant captant tr&#232;s facilement chez son interlocuteur les moindres attitudes de g&#232;ne, d'angoisse, de rejet, de doute, de d&#233;go&#251;t ou de d&#233;sint&#233;r&#234;t. Il n'est pas forc&#233;ment plus facile de se d&#233;contaminer par rapport aux pr&#233;jug&#233;s ou aux id&#233;es re&#231;ues qui sont particuli&#232;rement pr&#233;gnants sur ces sujets douloureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des adultes que nous sommes avons tendance &#224; croire &#224; ce que nous voulons ou &#224; ce que nous avons besoin de croire. Plus nous adh&#233;rons &#224; une th&#233;orie explicative, plus nous nous y attachons de fa&#231;on ind&#233;l&#233;bile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque enfant r&#233;agit &#224; sa fa&#231;on, en fonction de ses propres m&#233;canismes de d&#233;fense, de ses ressources personnelles, de ses &#233;motions et de ses sentiments : entre celui qui se renferme sur lui-m&#234;me et celui qui raconte ce qui s'est pass&#233; exactement, en livrant tous les d&#233;tails, il y a toute une palette de situations possibles, y compris des r&#233;cits qui ont pu subir des d&#233;formations li&#233;es &#224; des confusions, des symbolisations, des contaminations, voire dans des cas tr&#232;s exceptionnels, des mensonges. &lt;br class='autobr' /&gt;
La difficult&#233; tient pour beaucoup dans le fait que dans ce genre de situation, malheureusement, tout est possible. L'aspect en apparence peu cr&#233;dible de ce qui est relat&#233; n'est pas suffisant pour conclure qu'il est peu probable que cela ait eu lieu. Il faut donc faire preuve &#224; la fois d'une grande ouverture d'esprit et de beaucoup de disponibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit envisager toutes les hypoth&#232;ses possibles en ne privil&#233;giant d'embl&#233;e aucune : ni celle d'un abus, ni celle d'un malentendu, d'une fabulation ou d'un mensonge m&#234;me si, rappelons-le, cette derni&#232;re &#233;ventualit&#233; repr&#233;sente un tr&#232;s faible pourcentage de probabilit&#233;. La seule attitude professionnelle v&#233;ritablement respectueuse de la parole de l'enfant consiste &#224; essayer de comprendre le point de vue de la victime, plut&#244;t que de vouloir &#224; tout prix imposer, face &#224; son v&#233;cu, le sch&#233;ma explicatif dont on est convaincu. Tout cela demande une solide formation, une supervision et un &#233;quilibre personnel indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parole ne sera pas forc&#233;ment le seul support (ni le premier) utilis&#233; par l'enfant. L'intensit&#233; du stress &#233;motionnel qu'il a subi au cours de l'abus peut r&#233;duire fortement la possibilit&#233; qu'il puisse aborder ce qu'il a v&#233;cu par le biais d'une pens&#233;e structur&#233;e et surtout disponible. Mais, ce n'est pas parce que l'enfant ne dit rien qu'il n'a rien &#224; dire. Il peut le dire d'une tout autre fa&#231;on. C'est le r&#244;le jou&#233; par les sympt&#244;mes. L'enfant peut mettre en place des manifestations qu'il investit comme autant de syst&#232;mes de vigilance et de strat&#233;gies de survie. On a &#233;t&#233; tent&#233; d'en &#233;tablir une liste et de l'utiliser comme signal d'alerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, nombre de ces signes de mal-&#234;tre ne sont pas sp&#233;cifiques &#224; une situation d'abus. Ils peuvent se produire en pr&#233;sence de bien d'autres circonstances. Ainsi, des fugues, des conduites r&#233;gressives, du repli sur soi, des troubles du sommeil, des troubles de la concentration de la m&#233;moire ou du fonctionnement intellectuel qui ne constituent pas un signal particulier. Il en va de m&#234;me pour les jeux sexuels spontan&#233;s. Une &#233;tude a d&#233;montr&#233; que sur une population de 200 enfants non abus&#233;s, 50 % de l'&#233;chantillon ont adopt&#233; des comportements sur des poup&#233;es sexu&#233;es qui pourraient faire croire &#224; un abus ant&#233;rieur. La prudence est donc de rigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche s'est aussi tourn&#233;e vers l'&#233;laboration de crit&#232;res fiables et rationnels pour analyser la parole de l'enfant. L'une des m&#233;thodes mises au point s'appelle &#171; l'analyse de validit&#233; de la d&#233;claration &#187; [&#171; Statement Validity Analysis &#187; (S.V.A.)]. D'origine nord-am&#233;ricaine, elle est utilis&#233;e en Belgique par &#171; Parole d'enfants &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Parole d'Enfants &#187; - 107 rue de Reuilly - 75012 Paris. T&#233;l. 0 800 90 18 97. (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; au cours des expertises de cr&#233;dibilit&#233; que lui confie la justice. Cette association, bien connue du public fran&#231;ais pour les colloques qu'elle propose a anim&#233; en d&#233;cembre 2002, une session de formation &#224; cette technique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; L'investigation psychosociale dans les situations de suspicion d'abus (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re pr&#233;caution avant toute pr&#233;sentation c'est d'affirmer que cette m&#233;thode, pas plus qu'une autre, ne constitue une panac&#233;e. Ce n'est pas non plus un d&#233;tecteur de mensonge. Elle permet juste d'envisager la probabilit&#233; de la v&#233;racit&#233; du r&#233;cit recueilli. Elle est construite &#224; partir de la conviction qui veut que ce qui a &#233;t&#233; v&#233;cu v&#233;ritablement sera d&#233;crit diff&#233;remment que ce qui aura &#233;t&#233; invent&#233;. Une grille a donc &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e comportant 19 crit&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;div class='encart'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'analyse de validit&#233; de la d&#233;claration (Statement Validity Analysis)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I Caract&#233;ristiques g&#233;n&#233;rales de la d&#233;claration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Coh&#233;rence (consistance interne, tenue globale du r&#233;cit)&lt;br class='manualbr' /&gt;b) Verbalisations spontan&#233;es (propos surgissant de fa&#231;on d&#233;sordonn&#233;e et non pr&#233;-construit)&lt;br class='manualbr' /&gt;c) D&#233;tails en quantit&#233; suffisante (quantit&#233; d'&#233;l&#233;ments apport&#233;s)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II Contenus sp&#233;cifiques de la d&#233;claration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d) L'ench&#226;ssement contextuel (contexte spatio-temporel du r&#233;cit)&lt;br class='manualbr' /&gt;e) Description d'interactions (relation des gestes pos&#233;s par l'abuseur et la victime)&lt;br class='manualbr' /&gt;f) Rappel des conversations (relation des dialogues entre l'abuseur et la victime)&lt;br class='manualbr' /&gt;g) R&#233;f&#233;rence &#224; des complications inattendues (&#233;v&#233;nements survenus qui ont compliqu&#233; l'action de l'abuseur)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III Particularit&#233;s du contenu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;h) D&#233;tails inusit&#233;s (&#233;l&#233;ments &#233;tranges et inhabituels)&lt;br class='manualbr' /&gt;i) D&#233;tails p&#233;riph&#233;riques (&#233;l&#233;ments ext&#233;rieurs &#224; l'abus)&lt;br class='manualbr' /&gt;j) D&#233;tails non compris, mais rapport&#233;s de fa&#231;on exacte (l'enfant ne comprend pas certains &#233;l&#233;ments mais les d&#233;crit fid&#232;lement)&lt;br class='manualbr' /&gt;k) R&#233;f&#233;rence &#224; des incidents ext&#233;rieurs (&#233;l&#233;ments ext&#233;rieurs &#224; l'abus &#233;voqu&#233;s par l'abuseur)&lt;br class='manualbr' /&gt;l) R&#233;f&#233;rence &#224; ses propres &#233;tats psychologiques (l'enfant d&#233;crit ce qu'il a ressenti au moment de l'abus)&lt;br class='manualbr' /&gt;m) Attribution d'un &#233;tat psychologique &#224; l'abuseur (l'enfant d&#233;crit ce qu'il a per&#231;u de l'&#233;tat et des ressentis de l'abuseur)&lt;br class='manualbr' /&gt;n) Corrections spontan&#233;es (l'enfant modifie son r&#233;cit)&lt;br class='manualbr' /&gt;o) Aveu de blancs de m&#233;moire (l'enfant ignore certains d&#233;tails)&lt;br class='manualbr' /&gt;p) Doutes &#224; propos de sa propre d&#233;claration (l'enfant n'est plus s&#251;r de certains d&#233;tails)&lt;br class='manualbr' /&gt;q) D&#233;sapprobation de sa propre participation (l'enfant &#233;met une certaine culpabilit&#233;)&lt;br class='manualbr' /&gt;r) Le fait d'excuser l'abuseur (l'enfant trouve des raisons &#224; l'abuseur)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV &#201;l&#233;ments sp&#233;cifiques concernant le d&#233;lit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;s) Caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques du d&#233;lit (l'enfant d&#233;crit une chronologie d&#233;j&#224; r&#233;pertori&#233;e)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Cette grille s'attache tout particuli&#232;rement &#224; rechercher des &#233;l&#233;ments que l'on trouve plus rarement dans un r&#233;cit construit artificiellement : la r&#233;f&#233;rence &#224; des complications inattendues survenue au cours de l'abus (g) : un t&#233;l&#233;phone qui sonne, quelqu'un qui frappe &#224; la porte&#8230; Il en va de m&#234;me pour des d&#233;tails inusit&#233;s (h) : &#233;l&#233;ments &#233;tranges ou inhabituels d&#233;crits avec r&#233;alisme comme le port de chaussettes de couleurs diff&#233;rentes ou une particularit&#233; physique de l'agresseur ; mais aussi des d&#233;tails p&#233;riph&#233;riques (i) : &#233;l&#233;ments ext&#233;rieurs &#224; l'abus comme un bruit dans l'appartement voisin, un orage etc. Dans la m&#234;me cat&#233;gorie, on retiendra des d&#233;tails non compris, mais rapport&#233;s de fa&#231;on exacte (j) : l'enfant qui prend les g&#233;missements de l'abuseur pour une souffrance ; mais aussi des incidents ext&#233;rieurs (k) : propos tenus sur un sujet &#233;tranger &#224; l'abus lui-m&#234;me. Autre ressort : des facteurs qui pourraient appara&#238;tre au premier abord comme preuves de non fiabilit&#233; et constituant au contraire une preuve de haute cr&#233;dibilit&#233; : les corrections spontan&#233;es (n) : l'enfant modifie son r&#233;cit ; les aveux de blanc de m&#233;moire (o) : l'enfant ne se souvient pas de certains d&#233;tails ; les doutes &#224; propos de sa propre d&#233;claration (p) n'apparaissent quasiment jamais dans un r&#233;cit fabriqu&#233; puisque son auteur cherche &#224; lui donner la forme la plus parfaite et la moins h&#233;sitante possible. Ici, ils montrent une v&#233;ritable authenticit&#233;, ce qui a &#233;t&#233; v&#233;cu ayant pu &#234;tre m&#233;moris&#233; dans une certaine confusion. Certaines circonstances particuli&#232;res d&#233;-crites renforcent la cr&#233;dibilit&#233; : la description pr&#233;cise des interactions, faits et gestes (e) ; le rappel des conversations tenues par l'abuseur (f) ; la r&#233;f&#233;rence &#224; son propre &#233;tat psychologique (l) : ce que l'enfant a ressenti au moment des faits ; ainsi qu'&#224; l'&#233;tat psychologique de l'abuseur (m). Les caract&#233;ristiques g&#233;n&#233;rales du r&#233;cit sont aussi &#233;tudi&#233;es : sa coh&#233;rence globale (a), son d&#233;roulement spontan&#233; (b), les d&#233;tails en quantit&#233; suffisante qu'on y trouve (c), ainsi que son ench&#226;ssement contextuel : le fait de le placer dans un contexte spatio-temporel (d). Selon la m&#233;thode SVA, plus un r&#233;cit r&#233;pond &#224; ces crit&#232;res (avec un minimum de 8) plus il a de chance d'&#234;tre cr&#233;dible. Encore faut-il que l'entretien se fasse le plus proche possible du t&#233;moignage initial et respecte des modalit&#233;s du r&#233;cit libre (l'enfant est invit&#233; &#224; parler sans &#234;tre dirig&#233; par des questions trop pr&#233;cises), le moins inducteur possible (questions ouvertes et non suggestives) et respectueux de son rythme (en excluant toute pression et contrainte)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;thode n'est en aucun cas fiable &#224; 100 %. Elle ne constitue aucune garantie. Elle permet de prendre de la distance avec sa propre subjectivit&#233; et sa propre &#233;motion et d'apporter un certain nombre d'&#233;l&#233;ments d'objectivit&#233;. On mesure assez facilement l'exigence de qualification qu'implique l'utilisation d'une telle approche. Les services de police et de gendarmerie ont sp&#233;cialis&#233; des intervenants en leur apportant une formation adapt&#233;e. Il n'en va pas de m&#234;me pour les travailleurs sociaux qui ont &#224; g&#233;rer ce genre de situation bien moins fr&#233;quemment. Ne serait-il pas judicieux de concevoir des cellules m&#233;dico-sociales sp&#233;cialis&#233;es qui auraient pour fonction d'accueillir tr&#232;s rapidement les r&#233;v&#233;lations des enfants en amont du signalement, permettant d'aider les professionnels aux prises avec les toutes premi&#232;res paroles des victimes. Cela pourrait assurer un accompagnement efficace et bien moins traumatisant qu'il ne l'est parfois aujourd'hui. Mais, cela impliquerait, comme c'est le cas en Belgique, que la judiciarisation ne soit pas la premi&#232;re &#233;tape apr&#232;s la r&#233;v&#233;lation, mais que les professionnels du social reprennent leur place, celle de l'&#233;valuation des difficult&#233;s et de l'orientation la plus ad&#233;quate. Ce n'est pas ce que pr&#233;voit le dispositif actuel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Parole d'Enfants &#187; - 107 rue de Reuilly - 75012 Paris. T&#233;l. 0 800 90 18 97. mail : &lt;a href=&#034;mailto:parole@swing.be&#034; class='spip_mail'&gt;parole@swing.be&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'investigation psychosociale dans les situations de suspicion d'abus sexuels &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Prendre du temps pour faire un signalement est indispensable</title>
		<link>https://www.lien-social.com/Prendre-du-temps-pour-faire-un-signalement-est-indispensable</link>
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		<dc:subject>Abus sexuel</dc:subject>
		<dc:subject>Enfance maltrait&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>678</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour Nicole Taieb-Flicstein, psychanalyste pour enfants, membre de la soci&#233;t&#233; psychanalytique de Paris, de quelque fa&#231;on qu'on s'y prenne, tout signalement entra&#238;ne un bouleversement psychique pour l'ensemble des personnes concern&#233;es. De plus, un enfant &#233;prouve souvent de l'amour pour ses bourreaux. &#034; Il faut aussi avoir toujours &#224; l'esprit la culpabilit&#233; de cet enfant maltrait&#233; mais qui se sent coupable &#034; rappelle Nicole Taieb-Flicstein. C'est pour cela, pr&#233;conise-t-elle, que prendre du temps pour (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Dossiers" rel="directory"&gt;Dossiers&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lien-social.com/Abus-sexuel" rel="tag"&gt;Abus sexuel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/Maltraitance" rel="tag"&gt;Enfance maltrait&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lien-social.com/-678-" rel="tag"&gt;678&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour Nicole Taieb-Flicstein, psychanalyste pour enfants, membre de la soci&#233;t&#233; psychanalytique de Paris, de quelque fa&#231;on qu'on s'y prenne, tout signalement entra&#238;ne un bouleversement psychique pour l'ensemble des personnes concern&#233;es. De plus, un enfant &#233;prouve souvent de l'amour pour ses bourreaux. &#034; Il faut aussi avoir toujours &#224; l'esprit la culpabilit&#233; de cet enfant maltrait&#233; mais qui se sent coupable &#034; rappelle Nicole Taieb-Flicstein. C'est pour cela, pr&#233;conise-t-elle, que prendre du temps pour signaler est indispensable. Mais ni trop de temps ni pas assez et parfois il faut le faire... imm&#233;diatement. Un imp&#233;ratif en tous cas : &#034; Ne pas agir seul &#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment les travailleurs sociaux peuvent-ils &#233;valuer la parole de l'enfant maltrait&#233; et sa souffrance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a atteinte physique, il est plus facile d'objectiver les cons&#233;quences. Ce qui est plus difficile &#224; mettre en &#233;vidence, quand il s'agit de maltraitance sexuelle et plus encore en cas de maltraitance psychique. Le sadisme psychologique ne laisse pas de traces. La situation est d'autant plus difficile &#224; &#233;valuer que la fronti&#232;re entre la cruaut&#233; mentale et les principes &#233;ducatifs est souvent difficile &#224; &#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; le soup&#231;on s'installe, la tentation est grande de s'identifier &#224; la victime et de se transformer en procureur accusateur. C'est toute une &#233;thique de travail qui est questionn&#233;e. Le premier risque serait de se contenter de craintes et de prendre des mesures qui auraient pour seul but de nous d&#233;charger. La place du travailleur social est essentielle, le plus souvent, il est le premier sollicit&#233;, inform&#233;, confront&#233; &#224; la tension intol&#233;rable qu'entra&#238;nent de telles situations, au risque et &#224; la tentation du passage &#224; l'acte qui le d&#233;chargerait de cette tension, aux exigences de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute situation qui met en cause notre &#233;thique, notre responsabilit&#233; sociale, notre subjectivit&#233;, la n&#233;cessit&#233; est de partager avec un autre ou plusieurs autres, de cr&#233;er un espace de parole, de pens&#233;e qui permettra d'&#233;valuer le risque en cours mais aussi d'&#233;laborer dans l'apr&#232;s coup les situations d&#233;j&#224; v&#233;cues et permettra la r&#233;&#233;valuation de l'intervention pass&#233;e. Ces situations ne peuvent pas s'affronter seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, faut-il d&#232;s la r&#233;v&#233;lation faire un signalement ou prendre le temps d'&#233;valuer les risques que celui-ci peut g&#233;n&#233;rer chez l'enfant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on, tout signalement entra&#238;nera un bouleversement psychique et social pour l'ensemble des personnes concern&#233;es. Il modifiera l'&#233;quilibre de la famille. Il am&#232;nera du tiers, de la loi, l&#224; o&#249; il y avait du secret, du ni&#233;, du honteux. C'est en ce sens que prendre du temps est indispensable. Mais ni trop de temps, ni pas assez. La qualit&#233; du lien &#233;tabli avec l'enfant a une place consid&#233;rable. Un enfant fait confiance &#224; un adulte, alors m&#234;me qu'il est maltrait&#233; par d'autres adultes. Il s'agit de bien comprendre ce qu'il attend apr&#232;s s'&#234;tre confi&#233; et d'&#233;viter au maximum de le d&#233;cevoir &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi avoir toujours &#224; l'esprit la culpabilit&#233; de cet enfant maltrait&#233;, qui a du mal d&#233;sormais &#224; se faire confiance, &#224; se fier &#224; son ressenti, &#224; son jugement. Un enfant qui aime ses bourreaux, qui recherche leur amour et leur reconnaissance. Un enfant qui a per&#231;u la d&#233;tresse de l'adulte maltraitant, le plus souvent ancien enfant maltrait&#233;. C'est une &#233;norme difficult&#233; pour nous travailleurs m&#233;dicaux sociaux, que de pouvoir nous identifier aux adultes maltraitants. Mais &#224; entendre leurs enfants, on d&#233;couvre combien eux, les comprennent, per&#231;oivent leur souffrance et s'y sentent li&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourriez-vous donner un exemple qui illustre cette ambivalence de l'enfant &#224; l'&#233;gard de l'adulte qui le maltraite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r. Par exemple, donc, dans le cadre d'un centre m&#233;dico-psychologique de la banlieue parisienne, l'&#233;cole avait signal&#233; &#224; l'assistante sociale, une enfant en grandes difficult&#233;s scolaire et de comportement, &#233;lev&#233;e par ses grands-parents, sa m&#232;re, toxicomane, ne s'en occupait pas. Le p&#233;dopsychiatre, d&#232;s la premi&#232;re consultation, a pu ressentir un grand malaise envers la petite fille et les grands-parents, malaise qui a persist&#233; et lui a fait suspecter une attitude perverse du grand-p&#232;re. Il m'avait demand&#233; un avis. D&#232;s le d&#233;but, il a &#233;t&#233; tr&#232;s difficile de rester seule avec l'enfant. La grand-m&#232;re et l'enfant ne l'admettaient pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de plusieurs rencontres, la petite fille a montr&#233; dans ses jeux et son discours une &#233;norme angoisse et a mis en sc&#232;ne des mauvais traitements de la part d'une m&#232;re inad&#233;quate et des attitudes ambigu&#235;s de la part d'un grand-p&#232;re tr&#232;s intervenant et collant. Mais d&#232;s que je mettais en mots ce qu'elle racontait, elle entrait dans une grande confusion et m'expliquait qu'elle &#233;tait une mauvaise fille, qu'elle aimait son grand-p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le voisinage, les langues s'&#233;taient d&#233;li&#233;es et nous &#233;tions convaincus de la s&#233;duction du grand-p&#232;re. La d&#233;cision de placement a &#233;t&#233; prise mais en mesurant combien cette petite fille avait eu besoin de prot&#233;ger les grandes personnes qui l'avaient recueillie apr&#232;s le premier abandon de sa m&#232;re. Il nous a fallu du temps pour &#233;valuer une situation dont nous savions tous qu'en prot&#233;geant cette enfant, nous la privions aussi du seul lien qui avait &#233;t&#233; maintenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un enfant &#8212; ce qui peut sembler paradoxal &#8212; peut donc souffrir si l'on s'attaque &#224; celui qui le maltraite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Les situations de maltraitance chez l'enfant posent des probl&#232;mes complexes. Il s'agit, bien s&#251;r, de pouvoir en priorit&#233; prot&#233;ger l'enfant. Mais cette protection ne doit pas ignorer les liens de l'enfant &#224; sa famille si maltraitante soit elle. C'est ce qui fait la difficult&#233; de toute intervention m&#233;dico-sociale. Il semble important dans le cas d'une suspicion ou d'une maltraitance r&#233;v&#233;l&#233;e chez un enfant de prendre le temps d'&#233;valuer la situation et ce par une &#233;quipe multidisciplinaire, m&#233;decin, psychologue, travailleur social travaillant de concert et partageant leurs doutes ou leurs conclusions. Prendre le temps ne signifie pas que ce temps soit long mais de pouvoir &#233;valuer les mauvaises conditions de vie de l'enfant et aussi le fonctionnement familial, la possibilit&#233; de collaboration avec un des membres de la famille, prendre en compte les liens d'attachement de l'enfant au parent maltraitant. La plupart de ces enfants maltrait&#233;s se sentent coupables des mauvais traitements dont ils sont l'objet, comme si c'&#233;tait de leur faute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont aussi tr&#232;s attach&#233;s &#224; leurs parents et il s'agit de ne pas disqualifier un parent si mauvais puisse-t-il &#234;tre &#224; nos yeux. Ce serait disqualifier ce que l'enfant a pu int&#233;rioriser de bon et prendre le risque de devenir &#224; notre tour maltraitants. Pouvoir faire passer le droit au respect des besoins de l'enfant sans pour autant disqualifier ses parents est tr&#232;s difficile, complexe, nous demande de nous distancier de l'identification r&#233;volt&#233;e que nous &#233;prouvons pour respecter aussi chez cet enfant ce qui de lui aime ses parents et a besoin de cet amour. C'est toute l'importance, dans ce premier temps, de bien &#233;valuer o&#249; nous mettons les pieds. Nous savons que les adultes maltraitants ont eu eux-m&#234;me affaire &#224; la maltraitance. Ces histoires sont la plupart du temps, des histoires transg&#233;n&#233;rationnelles. Essayer de coop&#233;rer avec les adultes ne peut que b&#233;n&#233;ficier &#224; l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce temps de r&#233;flexion peut aussi pr&#233;senter certains dangers tant pour l'enfant que pour le travailleur social qui re&#231;oit la r&#233;v&#233;lation. Alors ? Comment pouvoir prendre la bonne d&#233;cision ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le signalement, dans l'id&#233;al, devrait &#234;tre inclus dans la d&#233;marche structurante pour l'enfant et la famille. Ce moment lui-m&#234;me est essentiel. Il y a, bien s&#251;r, des situations o&#249; la question ne se pose m&#234;me pas, il faut signaler imm&#233;diatement. Signaler trop t&#244;t ou trop tard peut avoir des cons&#233;quences qui annulent toute la port&#233;e de la prise en charge. Un probl&#232;me social o&#249; la soci&#233;t&#233; a &#224; exprimer clairement sa position de refus face &#224; un ph&#233;nom&#232;ne intol&#233;rable, ce qui est fait par l'ensemble des mesures et des structures pr&#233;vues. C'est une prise de position essentielle du point de vue de la morale et du droit du sujet. Une maltraitance rep&#233;r&#233;e si elle n'est pas d&#233;nonc&#233;e est un acte ent&#233;rin&#233;, o&#249; le social est complice. Chacun de nous, &#224; la place qu'il occupe, mais aussi avec son propre parcours personnel, a tendance &#224; percevoir la situation de son point de vue. Ce qui est in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est la mise en commun, le partage de ces diff&#233;rences qui est indispensable et m&#234;me enrichit l'abord de ces situations en nous permettant de d&#233;passer nos r&#233;actions indign&#233;es. La r&#233;ponse &#224; la maltraitance n&#233;cessite la coop&#233;ration de tous les professionnels concern&#233;s, l'&#233;laboration d'un vrai partenariat o&#249; l'apport de chacun est reconnu, cr&#233;ant ainsi un &#233;tayage pour nous, professionnels, mais aussi pour la famille et l'enfant. Cette action &#233;labor&#233;e et concert&#233;e doit avant tout, &#233;viter l'exc&#232;s alors m&#234;me que la maltraitance nous confronte &#224; tous les exc&#232;s, exc&#232;s dans l'inertie et exc&#232;s de z&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a le sentiment, quand m&#234;me, &#224; vous &#233;couter de ne plus savoir trop quoi faire. Ce qui fait, &#224; tout prendre, qu'on serait tent&#233; d'adopter la moins mauvaise des solutions et de signaler le plus vite possible&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois oui, il faut parfois signaler imm&#233;diatement. Mais faire un signalement, nous le savons, a surtout, dans l'urgence, l'avantage de nous soulager nous-m&#234;mes de l'insupportable mais est un risque de chaos. Il ne s'agit en aucun cas, de se substituer &#224; la justice, et nous sentir tout-puissant. Il est donc important de pouvoir signaler les doutes tout en avan&#231;ant dans la compr&#233;hension de la situation et de ses enjeux, mais aussi de pouvoir imaginer les meilleures ou les moins mauvaises solutions pour l'enfant. Un enfant enlev&#233; souvent dans des circonstances dramatiques &#224; ses parents et plac&#233; en urgence dans un foyer ne sera pas un enfant prot&#233;g&#233; mais un enfant pour qui un traumatisme difficile &#224; &#233;valuer dans l'imm&#233;diat se substituera &#224; une situation traumatique connue. Il nous est n&#233;cessaire de prendre le temps de parler, de nommer les faits, les responsabilit&#233;s, de nous pr&#233;server nous-m&#234;mes du besoin de d&#233;noncer une situation particuli&#232;rement r&#233;voltante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but est que toutes les mesures de protection physiques mais aussi psychiques soient prises et que soient r&#233;unies les conditions qui permettraient une &#233;laboration ult&#233;rieure du traumatisme. Dans le cadre d'un travail d'&#233;quipe, nous avons souvent divis&#233; les t&#226;ches. Un coll&#232;gue, travailleur social ou p&#233;dopsychiatre, informait l'enfant qu'un signalement devait &#234;tre effectu&#233;, que la loi pr&#233;voyait sa protection, mais un autre interlocuteur qui n'intervenait pas au niveau des mesures, rencontrait r&#233;guli&#232;rement l'enfant, qui avait ainsi un lieu pour exprimer sa peur, et aussi sa col&#232;re contre l'adulte qui avait pris la charge du signalement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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